TOUT EST DIT

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dimanche 26 août 2012

Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune, est mort

Le premier homme à avoir marché sur la lune est décédé à l'âge de 82 ans de complications après une opération cardiovasculaire. Le premier homme à fouler le sol lunaire est mort. L'astronaute américain Neil Armstrong est décédé à l'âge de 82 ans de complications après une opération cardiovasculaire, a confirmé samedi la famille, après une information de la chaîne de télévision NBC News. Il avait été opéré du coeur au début du mois.

Embarqués à bord de la navette Apollo 11, Neil Armstrong et son co-équipier Buzz Aldrin avaient marché sur la lune le 20 juillet 1969. Neil Armstrong est «un héros américain contre son gré» qui a «servi sa nation avec fierté, comme pilote de la marine, pilote d'essai, puis astronaute», a souligné la famille dans un communiqué. «Neil fait partie des plus grands héros américains, pas seulement de son temps, mais de tous les temps», a réagi le président des Etats-Unis, Barack Obama.
L'astronaute est né le 5 août 1930 à Wapakoneta, dans l'Ohio. Il a commencé sa carrière dans la Nasa, l'agence spatiale américaine, en 1955. Il avait été chargé de commander la première mission lunaire américaine à bord de la capsule Apollo 11 avec les astronautes Buzz Aldrin et Michael Collins. Il s'était posé sur la lune à bord du module Eagle, et avait assuré sa place dans l'Histoire en déclarant, en foulant le sol lunaire: «C'est un petit pas pour l'homme mais un bond de géant de l'humanité». Cet homme modeste était instantanément devenu un héros planétaire, une icône de l'odyssée de l'espace. L'astronaute avait ensuite peu parlé en public, fuyant micros et caméras, et vivait depuis des dizaines d'années dans une ferme reculée de l'Ohio.
Le jeune Armstrong avait été fasciné dès son enfance par les avions. Il prend des cours de pilotage à 15 ans et obtient son brevet de pilote un an plus tard. Plus tard, il devient pilote de l'aéronavale et effectue 78 missions pendant la guerre de Corée. Armstrong étudie aussi l'ingéniérie aéronautique à l'Université de Purdue et obtient une maîtrise dans cette même discipline à l'Université de Californie du Sud. En 1955, il devient pilote d'essai et vole sur 50 différents types d'avion. Sept ans après, il est sélectionné par la Nasa pour devenir astronaute. En septembre 1966, il effectue un vol avec David Scott pour la mission Gemini 8. Le vaisseau s'amarre à un autre véhicule non habité, réalisant le premier amarrage orbital de deux modules spatiaux. Puis ce sera la mission Apollo 11 et l'entrée de Neil Armstrong dans l'Histoire.
Interrogé sur CBS sur cette mission historique, il avait par ailleurs déclaré: «C'est un endroit intéressant. Je le recommande.» Peu après cette mission, Armstrong a mis fin à sa carrière d'astronaute et a été nommé en 1970 administrateur adjoint pour l'aéronautique au siège de l'agence spatiale américaine (Nasa).
Il quittait la Nasa l'année suivante pour enseigner la technologie aérospatiale à l'université de Cincinnati.

«Il était le meilleur»

Hissé au rang de héros, Armstrong n'a jamais réellement compris l'engouement suscité autour de sa personne, qui avait notamment conduit son coiffeur à vendre ses cheveux à un collectionneur pour 3.000 dollars.
«J'imagine que nous aimons tous être reconnu non pas pour un seul coup d'éclat mais pour l'ensemble de notre travail quotidien», déclarait-il en 2005 dans l'émission «60 minutes» diffusée sur CBS. Prié de dire ce qu'il ressentait à l'idée que ses traces de pas resteraient imprimées sur la surface de la lune pendant plusieurs milliers d'années, il avait répondu: «J'ai l'espoir que quelqu'un ira sur place un de ces jours et les effacera.» Interiewé par France 2 dix ans après sa mission sur la Lune, il décrivait aussi la fragilité de la Terre vue de l'espace.
Michael Collins, présent à bord de la capsule Apollon 11 aux côtés de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin, a rendu hommage samedi à son coéquipier par l'intermédiaire du porte-parole de l'agence spatiale américaine, Bob Jacobs. «Il était le meilleur, il va me manquer terriblement», a-t-il déclaré. Dans un communiqué, la Nasa présente «ses condoléances pour la mort de Neil Armstrong, ancien pilote d'essai, astronaute et premier homme sur lune.»
Après l'annonce de la mort de Neil Armstrong, samedi, les hommages à un «héros discret» et patriote se sont multipliés durant la nuit aux Etats-Unis.
Neil Amstrong avait beau dire qu'il n'était pas un héros et n'avait fait que son travail, c'est ainsi que l'Amérique veut se souvenir de lui. «Neil était parmi les plus grands héros américains, pas seulement de l'époque actuelle, mais de tous les temps», a affirmé Barack Obama dans un communiqué, en se disant «profondément attristé» de la disparition de l'astronaute, dont le décès à 82 ans a été annoncé samedi par sa famille. «Quand lui et ses équipiers ont décollé à bord d'Apollo 11 en 1969, ils emmenaient avec eux les aspirations d'une nation tout entière», a rappelé Barack Obama, qui avait un peu moins de huit ans lors de cette mission historique.
«Ils avaient décidé de montrer au monde que l'esprit américain peut voir au delà ce qui paraît inimaginable, qu'avec suffisamment de motivation et d'ingéniosité, tout est possible», a ajouté le président. «Et lorsque Neil a posé le pied à la surface de la Lune pour la première fois, il a offert un moment de réussite humaine qui ne sera jamais oublié», a-t-il encore dit.
«Aujourd'hui, l'esprit de découverte de Neil continue à animer tous les hommes et les femmes qui ont consacré leur vie à explorer l'inconnu, dont ceux qui font en sorte de nous faire aller encore plus haut et plus loin dans l'espace», selon Barack Obama.
«Cet héritage continuera, alimenté par un homme qui nous a appris le pouvoir énorme d'un petit pas», a conclu le président, qui passait le week-end dans la résidence officielle des dirigeants américains à Camp David.

«Neil a inspiré des générations d'Américains»

Mitt Romney, candidat républicain pour la présidentielle de novembre prochain, a affirmé que «la Lune pleurait son premier fils terrien». Neil Armstrong «a aujourd'hui sa place au panthéon des héros. Avec un courage démesuré et un amour sans limite pour son pays, il a marché là où aucun homme auparavant n'avait marché», a-t-il ajouté.
L'adversaire de Barack Obama a indiqué avoir «rencontré et discuté avec Neil Armstrong il y a juste quelques semaines». «Sa passion pour l'espace, l'univers et sa dévotion pour l'Amérique m'inspireront toute ma vie», a-t-il assuré.
Buzz Aldrin, son compagnon d'équipage sur Apollo 11, lui a également rendu un hommage émouvant samedi, évoquant sa grande «tristesse» d'avoir perdu un partenaire, mais aussi un ami. «Quand je regarde la Lune, cela me rappelle ce moment, il y a plus de quarante ans, lorsque j'ai réalisé que même si nous avions été plus loin de la Terre que personne auparavant, nous n'étions pas seuls», a-t-il indiqué.

Un clin d'oeil à la Lune

Pour l'ancien astronaute, Neil Armstrong était «un vrai héros américain et le meilleur pilote» qu'il n'ait jamais connu. «Mon ami Neil a fait un petit pas, mais un pas de géant qui a changé le monde et restera à jamais comme un moment important de l'histoire de l'humanité», ajoute-t-il.
Comme l'a indiqué sa famille dans le communiqué annonçant sa disparition, Neil Armstrong a toujours considéré qu'il n'avait fait «que son travail». «Il a servi fièrement son pays, en tant que pilote de chasse et astronaute», indique-t-elle, ajoutant que le natif de l'Ohio était resté un passionné de l'aviation et de l'exploration spatiale. Pour sa famille, Neil Armstrong reste «un exemple pour les jeunes qui, à travers le monde, travaillent dur pour réaliser leurs rêves, avec le souhait d'explorer et de repousser les limites, ainsi que de servir de manière désintéressée une cause beaucoup plus grande qu'eux-mêmes».

Apollo 11- Neil Armstrong - Premier pas sur la... par napo73
Afin d'honorer la modestie de Neil Armstrong, sa famille souhaite ainsi que chacun lui rende hommage ainsi: «La prochaine fois que vous marchez dehors par une nuit claire et que vous voyez la Lune qui vous sourit, pensez à Neil Armstrong et faites-lui un clin d'oeil.»

Les dates clés de la conquête spatiale
3 novembre 1957. Premier être vivant dans l’espace, la chienne Laïka à bord de Spoutnik 2.
12 avril 1961. Le cosmonaute russe, Youri Alexeïevitch Gagarine, marque l’histoire en étant le premier homme à aller dans l’espace. Il fait une révolution d’une 1 h 48 autour de la terre à bord de la capsule Vostok 1.
16 juin 1963. La cosmonaute Valentina Tereshkova monte à bord de Vostok 6 et réalise 48 orbites autour de la terre en 70 heures et 50 minutes. Elle est la première femme dans l’espace.
21 juillet 1969. Neil Armstrong et Buzz Aldrin premiers hommes à fouler le sol lunaire.
24 décembre 1979. Lancement de la première fusée Ariane, à partir de la base de Kourou, en Guyane française.
21 avril 1981. Premier décollage de la navette spatiale Columbia. Le véhicule aérospatial américain est lancé par l’agence spatiale américaine, la Nasa. Il est le premier engin à pouvoir emmener de gros satellites en orbite et à pouvoir les rapporter sur terre.
26 janvier 1986. Challenger explose au décollage. La navette spatiale américaine prend feu après quelques secondes de vol. 7 morts.
Janvier 2004. Deux robots, Spririt et Opportunity atterrissent sur Mars lors de la mission Mars Exploration.
28 avril 2001. Dennis Tito est le premier touriste dans l’espace.
Nuit du 5 au 6 août 2012. Atterrissage du Robot Curiosity sur Mars. Il doit étudier la planète, ce qu’aucun astronaute n’a pu faire.



Malgré-nous : le poids des mots 


Les Alsaciens restent légitimistes. Et la présence d’un ministre, hier à Obernai, pour le 70 e anniversaire de l’incorporation de force, a satisfait une majorité des anciens Malgré-nous. Que son arrivée ait été annoncée in extremis, la veille de la manifestation, n’avait que peu d’importance. Dans le cas contraire, d’aucuns auraient sans doute exprimé leur incompréhension, voire leur colère. Grâce aux conseils avisés de Roland Ries, sénateur-maire PS de Strasbourg, le gouvernement a évité un faux pas. Pire, une faute, qui n’aurait pas manqué d’être interprétée politiquement, dans une région ancrée à droite.
On peut regretter que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ait décliné l’invitation du président du conseil régional de présider la cérémonie d’hier. Car sur le fond, le représentant du nouveau gouvernement s’est montré prudent. Sans qu’on sache si cela procède d’une réflexion ou si plus vraisemblablement le ministre ne voulait pas trop s’avancer, pour ne pas ouvrir la porte aux revendications des associations d’orphelins… Certes, Kader Arif, le ministre délégué aux Anciens combattants, a rendu hommage à ces hommes et à ces femmes « laissés seuls face à leur destin, au moment où, en France, les autorités publiques faillirent ». Il a même estimé, un peu curieusement, que « l’Alsace fut un élément de résistance ». Mais à aucun moment, il n’a parlé de « victimes de crime de guerre », à propos des incorporés de force, comme l’avait fait, en 2010 à Colmar, Nicolas Sarkozy. Et encore avait-il fallu attendre 65 ans après la fin de la guerre pour qu’un président de la République aborde les conséquences de l’annexion de fait. Et le ministre n’a surtout pas repris hier l’expression « crime contre l’humanité » de Philippe Richert.
Ces mots forts, témoignant de la continuité républicaine, n’auraient sans doute pas été inutiles dans une région encore trop souvent sur la défensive. On aurait aimé entendre aussi un engagement pour que ces pages, singulières et douloureuses, de l’histoire de l’Alsace puissent être intégrées dans l’Histoire de France. Kader Arif a préféré parler de réconciliation entre notre pays et l’Allemagne. Il est vrai que l’Alsace y a pris sa part. Toute l’Alsace, car autant il était important de rendre hommage aux Malgré-nous, autant il ne s’agit pas d’oublier les autres victimes. Mais ce n’était pas le sujet d’hier.

Un duo à accorder 


Avant même son élection, et juste après, Nicolas Sarkozy avait semblé incarner une proximité inédite, et pour tout dire décalée dans la V e République, du chef de l’exécutif avec les patrons. On se souvient que certains à-côtés de cet enthousiasme et leur excès d’affichage presque trivial ont refroidi certains chefs d’entreprise qui avaient indubitablement voté pour lui. Même la très affranchie Laurence Parisot, présidente du Medef, qui avait accueilli Nicolas Sarkozy à ses universités d’été avant et après l’élection, avait fini par comprendre la nécessité d’ajuster la distance et de préciser les rôles.
Et justement, l’édition 2012 du grand barnum intellectuel du Medef s’ouvre mercredi à Jouy-en-Josas. François Hollande n’y mettra pas les pieds, dit-on. Mais le chef du gouvernement intervient en ouverture, et de nombreux ministres sont annoncés, dont Moscovici, Sapin ou Cahuzac. Ils ont bien raison, car le mouvement patronal qui ne manque ni de têtes pensantes ni de sponsors dépensant fait bien les choses et favorise des échanges denses et de bonne tenue.
On ne pourra donc pas jauger, sur le campus d’HEC il est vrai mal desservi par les transports en commun, le niveau de compatibilité hollandaise avec les dirigeants économiques français. François Hollande, plus discret que son prédécesseur dans ce registre, dispose de relais personnels dans le patronat. Fidèle à sa manière, il vient de recevoir à l’Elysée, sans tam-tam, douze grands patrons. Autant d’apôtres de mesures favorisant la compétitivité des entreprises françaises. Une question clé qui n’a pas reçu, à ce jour, d’arbitrage ou de parti pris bien clair. Mais certaines décisions sont clairement perçues comme antiéconomiques par les entreprises.
La majorité sait très bien qu’il ne suffit pas d’aller prêcher la croissance à Bruxelles ou Berlin pour faire redémarrer l’économie française, seul aliment budgétaire possible. Il faudra bien, et le plus tôt serait le mieux pour le patronat, plonger les mains dans un cambouis politique qui s’appelle durée, coût et organisation du travail.

À La Rochelle, le PS tente de contenir son aile gauche

C’est comme une petite brise dans le port de La Rochelle qui soulève légèrement les nappes et provoquent quelques frissons. Le traité budgétaire européen s’immisce dans les discussions et perturbe régulièrement la mise en scène « heureuse et studieuse » voulue par Martine Aubry pour cette université d’été. La première secrétaire veut du soutien au gouvernement et du débat. Ça tombe bien, l’aile gauche du parti réclame aussi du débat sur le TSCG, autre nom du texte que Hollande voulait renégocier pendant la campagne.
On montre beaucoup du doigt chez les socialos !
Des députés –Razzy Hammadi et Jérôme Guedj- ont même prévenu qu’ils ne voteraient pas pour un tel pacte budgétaire. Trop peu renégocié, avec trop peu de croissance à l’intérieur. Alors, ce traité, ça peut se discuter ? « On peut s’exprimer sur tous les sujets », assure Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux Affaires européennes de sa voix toujours apaisée… « dès lors qu’il y a rassemblement à la fin. » Et l’ancien porte-parole de campagne d’égrener ses arguments. La douceur de son ton dissimule mal sa fermeté. Chaque suffrage manquant serait considéré comme un affaiblissement du président dans les autres négociations européennes à venir, considère Cazeneuve. Martine Aubry se fait plus pressante. « Si j’étais au gouvernement et que je n’étais pas d’accord avec ce traité, j’en tirerais moi-même les conséquences », assène-t-elle aux turbulents Verts ajoutant que ce principe s’appliquait aussi aux socialistes. Avis à Benoît Hamon et ses partisans.

« Pas de motions de posture » (?)

La question est plus large. « On ne peut pas avoir un débat qui ne porte que sur le TSCG », plaide Marie-Noëlle Lienemann, elle aussi sceptique sur ce texte. « La question est plus largement quelle sortie de crise ? » Et quelle stratégie pour l’aile gauche du parti ? Au PS, la marche vers le rassemblement suit ce chemin : contributions, motions et enfin synthèse au congrès. Hamon a posé sa contribution, mais a plaidé vendredi devant son courant pour s’en tenir là, laissant le champ largement libre à la motion Aubry-Ayrault. Pour le ministre de l’Economie sociale et solidaire, la motion n’est pas la meilleure stratégie pour peser sur la ligne du parti. Son courant, divisé sur la question, se donne toutefois un temps de réflexion. La date butoir est fixée au 11 septembre.
Lienemann entend présenter son texte, avec Guedj. « Il vaut mieux un débat au sein du PS plutôt qu’un affrontement entre une gauche contestataire et une gauche gestionnaire », souligne la sénatrice alors que Jean-Luc Mélenchon tente d’imposer cet antagonisme depuis une semaine. « On nous accuse de diviser sur des idées, mais quand il s’agit de s’empoigner pour avoir un poste, ça ne dérange personne de se diviser », ajoute Lienemann avec une ironie mordante.
Les tenants de la majorité évacue la question, « moins importante que celle du traité », considère Aubry. « On n’est pas là pour se compter », insiste-t-elle cependant. La première secrétaire ne veut pas de motion qui servirait à démontrer son poids dans le parti et à obtenir un nombre de postes en conséquence. « On est dans un congrès de victoire », renchérit Gilles Pargneaux, le premier fédéral du Nord. « Les motions ne doivent pas être artificielles, elles ne doivent pas être des motions de posture. On doit dire quelles politiques les socialistes doivent mener. » De l’amical avertissement à la recommandation plus menaçante, l’aile gauche aura connu à La Rochelle toute la palette des pressions.

Réhabiliter Auguste Comte

Les éditions Hermann ressuscitent un penseur majeur du XIXe, injustement discrédité, dont l’influence souterraine se fait sentir aussi bien chez Michel Serres que Régis Debray.
La republication de six des leçons de philosophie positive d’Auguste Comte (1798-1857) par les éditions Hermann conduit à une prise de conscience : l’oubli dans lequel est tombé le père du positivisme. Il y a quelques décennies encore, Comte était une référence. On ne manquait pas de s’appuyer sur ses oeuvres pour penser. Son nom et ses idées émaillaient aussi bien les copies des élèves de classe de philosophie que les articles de journalistes et les discours de politiciens. Même réduite à quelques formules, sa pensée restait familière à tous. Auguste Comte n’est plus aujourd’hui qu’un nom de rue. Comme une plaque sur une tombe.

Pourtant, l’ascendant de Comte fut, pendant un siècle, immense. Aussi bien dans les sciences, dans la philosophie que dans la politique. La devise inscrite sur le drapeau du Brésil – “Ordre et progrès” – est un hommage explicite au philosophe français. La physiologie et la méthode de Claude Bernard – précisément la médecine expérimentale – , la lexicologie d’Émile Littré, la littérature de Jules Verne sortent directement de la pensée de Comte. Les œuvres d’Émile Durkheim, de John Stuart Mill, d’Alain et de Charles Maurras sont profondément marquées par ce penseur. Qu’est-ce qui lui valut cette gloire ?
Entre 1820 et 1850, Comte est le premier à proposer un système d’explication globale du monde appuyé sur le développement des sciences. Du plus petit détail jusqu’aux plus grandes réalités, la cohérence cosmique s’avère parfaite. La célèbre loi des trois états – théologique, métaphysique puis positif – passe pour la clé ouvrant à la compréhension de cette cohérence. L’existence individuelle résume celle de l’humanité : « Chacun de nous ne se souvient-il pas qu’il a été successivement, quant à ses notions importantes, théologien dans son enfance, métaphysicien dans sa jeunesse, et physicien dans sa virilité ? »
L’indice de cette virilité, commun à toutes les connaissances lorsqu’elles parviennent à leur plein épanouissement, se reconnaît à la substitution du savoir par les lois au savoir par les causes. La science cherche à découvrir des lois, non plus des causes.
La philosophie positive est le concentré de l’ensemble des connaissances concernant les différents ordres des phénomènes naturels. Pour l’achever, il faut l’étendre aux phénomènes sociaux, constituer une « physique sociale ». Fonder la sociologie – science dont la paternité est imputée à Comte – constitue l’un des objets des leçons rééditées par Hermann. La sociologie, dont l’humanité est l’objet propre, couronne le savoir en tant que science finale. Comte édifie cette sociologie comme inséparable d’une politique – la “politique positive” dont Maurras s’inspirera. Pourtant, en dépit de Durkheim, les sociologues, à partir de la seconde moitié du XXe siècle, occulteront leur ancêtre. Ce dernier – qui fit l’éloge de la dictature – est devenu une sorte de père maudit, infréquentable, dont il faut occulter le souvenir. “Ordre et progrès”, voilà une maxime insupportable aux sociologues contemporains !
Il a souffert d’être assimilé au scientisme
Pourquoi tant de haine ? Marx fit de Comte le paradigme de la bêtise. Flaubert représenta en Monsieur Homais le comtisme incarné. On habilla ce marginal, cet esprit libre, ce visionnaire de haut vol, cet érudit infini en théoricien de l’ordre bourgeois et en idéal type du petit-bourgeois. On lui imputa le scientisme – cette religion naïve de la science – qui embruma les âmes cent ans durant. Un jour vint où le climat intellectuel du XIXe siècle fut condamné. Auguste Comte, qui passait pour son représentant le plus éminent, fut condamné avec lui.
Cependant l’oeuvre de Comte continue d’exercer une influence secrète, de catacombes, sur quelques penseurs contemporains.
Michel Serres écrivit toute la série des Hermès – quelques formidables livres de philosophie des sciences – dans la foulée de la pensée comtienne. Il arrive à Régis Debray de citer Auguste Comte. D’une part parce que la médiologie n’est pas étrangère à la façon comtienne de voir l’histoire de la connaissance. D’autre part parce qu’on retrouve chez Debray le grand concept comtien : le pouvoir spirituel.
Voyons-y aussi la preuve qu’au-delà de l’oubli, le grain semé par Comte n’est pas mort autant que la raison suffisante pour se plonger aujourd’hui dans la lecture de ces fascinantes leçons.
Cours de Philosophie positive, d’Auguste Comte, Hermann, 480 pages, 48 €.

Comment la France soigne ses clandestins

Plus de 200 000 étrangers en situation irrégulière bénéficient de l’aide médicale de l’État. Un système dont le coût (600 millions d’euros) est encore alourdi par les fraudes.
C’est une “erreur”, comme on en découvre souvent quand on s’intéresse à la Sécurité sociale. Elle concerne l’aide médicale d’État (AME) mise en place pour soigner les immigrés clandestins résidant sur le territoire français. C’est Bernard Debré, député de Paris, qui l’a révélée : en vertu d’une circulaire de la caisse primaire d’assurance maladie de Paris (CPAM), les bénéficiaires de l’AME pouvaient exiger les médicaments de marque au lieu des génériques proposés par les pharmaciens, sans faire aucune avance de frais. Les sans-papiers étaient donc mieux traités que les assurés français ou étrangers en situation régulière, qui ne bénéficient du tiers payant que sur les médicaments génériques.
Cette anomalie, finalement corrigée par la CPAM, est symbolique d’un système totalement dérogatoire au droit commun : l’aide médicale de l’État, créée par Lionel Jospin et Martine Aubry en 1999. Pas de carte Vitale, pas de médecin traitant, pas de ticket modérateur, pas d’avance de frais pour les soins médicaux et dentaires, pas de forfait journalier à l’hôpital, pas de participation forfaitaire sur les médicaments ni de franchise médicale sur les transports sanitaires… L’État dispense les clandestins des contraintes, toujours plus nombreuses, qu’il fait peser sur les autres patients. La Sécu les prend en charge à 100 % sous trois conditions : justifier de leur identité, résider en France depuis trois mois et disposer de ressources inférieures à un plafond (661 euros par mois pour un célibataire).


La droite n’en conteste pas le principe. L’AME répond à des considérations « éthiques et sanitaires », écrivait Claude Goasguen (UMP) dans un rapport publié l’an dernier. Le devoir d’humanité commande de soigner un homme malade et l’intérêt de tous est d’éviter la propagation de maladies contagieuses. « Encore peut-on se demander si les crédits destinés à l’AME ne seraient pas mieux employés dans le cadre de la coopération », note le député UMP des Bouches-du-Rhône, Dominique Tian, auteur d’un rapport remarqué sur les fraudes sociales.
Beaucoup s’alarment en revanche des abus liés à l’AME, favorisés par la générosité d’un dispositif mal contrôlé – d’autant plus que le PS vient d’abroger les quelques mesures que la droite avait votées pour limiter ces dérives, notamment un droit d’entrée de 30 euros. Le candidat Hollande l’avait promis aux associations d’aide aux sans-papiers. « En supprimant les restrictions que nous avions instaurées en 2011, la gauche a fait de l’idéologie pure », s’insurge Claude Goasguen. Le député de Paris vient de rédiger, avec Christian Jacob, une proposition de loi limitant l’aide médicale d’État aux soins relevant de l’urgence et de la prophylaxie, sauf pour les enfants et les femmes enceintes. Mais la gauche préfère maintenir en l’état un système dont le coût est encore alourdi par les fraudes et les trafics.
UN DISPOSITIF TRÈS COÛTEUX
Le nombre d’étrangers bénéficiant de l’aide médicale de l’État a triplé en douze ans : 73 000 en 2000, environ 220 000 aujourd’hui. La moitié vit à Paris et en Seine-Saint-Denis. Ce nombre a diminué pour la première fois l’an dernier, la droite ayant ôté aux associations le droit d’instruire les demandes d’AME. Il devrait repartir à la hausse cette année.
Les crédits consacrés à l’AME par l’État ont augmenté plus vite encore que le nombre de ses bénéficiaires : 75 millions d’euros en 2000, 588 millions en 2012. « C’est un effort considérable », soulignait Roselyne Bachelot l’an dernier – et pourtant insuffisant ! Votés chaque année par le Parlement, ces crédits sont régulièrement sous-évalués. L’État, qui est censé rembourser à la Sécurité sociale les dépenses liées à l’AME, a donc contracté une dette colossale vis-à-vis de la Sécurité sociale : 920 millions d’euros à la fin de l’année 2006 (remboursés en 2007), puis 278 millions en 2008 et encore 83 millions fin 2010 ! Les crédits de cette année seront encore insuffisants. L’inspection générale des Affaires sociales (Igas) avait estimé le coût de l’AME à 640 millions d’euros en 2011 : 2 900 euros en moyenne par immigré clandestin.
Plusieurs rapports ont souligné la responsabilité des hôpitaux publics dans ce dérapage des dépenses. Curieusement, les patients bénéficiant de l’AME ne sont pas soumis au système de la tarification à l’activité (T2A), comme les autres assurés : les hôpitaux facturent les soins qu’ils leur prodiguent sur la base d’un tarif spécifique – et surtout plus élevé ! Une façon pour les établissements déficitaires de se procurer un surcroît de recettes grâce aux titulaires de l’AME, dont ils prolongent volontiers le séjour. Acquitté par l’État, le surcoût lié à cette différence de tarifs atteint, au bas mot, 150 millions d’euros : 25 % du coût annuel de l’AME ! En 2010, Dominique Tian avait tenté d’obtenir que les hôpitaux appliquent la T2A aux bénéficiaires de l’AME. Le gouvernement Fillon avait prudemment opté pour une réforme moins ambitieuse, tenant compte des spécificités de ces patients « et surtout des intérêts des hôpitaux ! », précise avec malice un haut fonctionnaire des Affaires sociales.
Dominique Tian avait en revanche obtenu que le “panier de soins” auquel ont accès les titulaires de l’AME soit défini plus strictement pour éviter certains abus, comme celui que révélait le professeur Lantiéri dans l’Express en septembre 2010 : un patient égyptien, qui avait eu le doigt coupé bien avant d’arriver en France, lui demandait une opération de reconstruction consistant à prélever un orteil pour remplacer le doigt manquant. « En réalité, ce monsieur s’était d’abord rendu en Allemagne, mais il jugeait bien trop élevée la facture qu’on lui avait présentée là-bas. Une fois en France, il avait obtenu l’AME et il estimait avoir droit à l’opération ! »
L’Igas et l’inspection générale des Finances signalent d’autres abus dans un rapport de 2010 : « À Paris, 22 bénéficiaires de l’AME ont eu des facturations d’actes au titre de l’assistance médicale à la procréation. Le total des dépenses enregistrées pour 21 d’entre elles s’élevait en 2009 à plus de 99 000 euros. » Deux des bénéficiaires « avaient dépassé l’âge de 43 ans au moment de la réalisation de l’acte », alors que la Sécurité sociale ne rembourse pas ces actes au-delà de 42 ans.
En octobre 2011, le gouvernement Fillon avait donc pris un décret pour exclure la procréation médicalement assistée et les cures thermales de l’aide médicale de l’État. Ce texte soumettait aussi la prise en charge des soins hospitaliers coûteux (plus de 15 000 euros) à l’agrément préalable de l’Assurance maladie. Non sans raison : les dépenses hospitalières représentent environ les trois quarts de la dépense de soins liés à l’AME. Elles se concentrent sur un petit nombre de patients : « En 2009, à Paris, 439 personnes ont consommé 45,4 millions d’euros de soins », signalait Roselyne Bachelot en 2010.
Mais la gauche a supprimé l’agrément préalable en même temps que le droit d’accès de 30 euros. « Irresponsable ! », s’exclame Dominique Tian, qui dénonce les injustices liées à ce système : « Un travailleur déclaré qui vit au niveau du seuil de pauvreté (950 euros de revenu mensuel) paie, directement ou indirectement, plus de 3 500 euros par an de charges, CSG et cotisations de mutuelle pour bénéficier d’une couverture maladie équivalente à celle d’un étranger en situation irrégulière pris en charge à 100 % gratuitement par l’AME, explique-t-il. Un système inégalitaire et absurde qui incite évidemment à la fraude… »
DES FRAUDES TROP NOMBREUSES
C’est un chiffre que l’on trouve en cherchant bien dans le dernier “Rapport annuel de performance” des services publics : l’an dernier, les contrôles effectués par l’Assurance maladie sur 7 % (seulement) des bénéficiaires de l’AME ont révélé que 51 % d’entre eux avaient fait de fausses déclarations de ressources. Fraude intentionnelle ou conséquence d’une ignorance des textes ? Toujours est-il que le « taux de divergence » (selon l’expression pudique du rapport) entre les ressources déclarées et les revenus constatés est particulièrement élevé !
Jusqu’en 2010, la fraude était d’autant plus facile que l’attestation AME n’était qu’un papier aisément falsifiable. Depuis deux ans, ce document est progressivement remplacé par une carte avec photo, dont le coût de fabrication avoisine 30 euros (d’où le montant du droit d’accès fixé par la droite). La diffusion de cette carte n’a pas mis fin aux fraudes, car les pièces fournies à l’appui de la demande sont parfois douteuses. La Caisse nationale d’assurance maladie précise encore sur son site que les demandeurs peuvent joindre à leur dossier une déclaration sur l’honneur à défaut de fournir les justificatifs de leurs ressources. Par ailleurs, l’Igas signalait en 2010 que les cartes de bénéficiaire de l’AME n’étaient pas récupérées en cas de changement de statut (admission à la couverture maladie uni verselle complémentaire, par exemple), « ce qui pourrait avoir pour conséquence le maintien en circulation de titres annulés et l’alimentation d’un trafic ».
Fraudes à l’admission mais aussi aux prestations. Elles seraient peu nombreuses, affirme l’Igas. Il ressort pourtant de son rapport que 12 % des fraudeurs détectés à Paris en 2009 bénéficiaient de l’AME, alors qu’ils représentent seulement 4 % des personnes gérées par la CPAM. Ils auraient donc fraudé trois fois plus que les assurés sociaux. « Les bénéficiaires de l’AME n’ont pas de carte Vitale, rappelle Dominique Tian. Certains en profitent pour faire la tournée des pharmacies et récupérer en grandes quantités, et gratuitement, des médicaments, parfois des stupéfiants, qu’ils revendent ensuite, en France ou à l’étranger. »
Certains titulaires n’hésitent pas à prêter leur attestation à des proches pour qu’ils bénéficient eux aussi de la gratuité des soins. « Une patiente, bénéficiaire de l’AME, vient me demander de lui prescrire un examen en me disant qu’elle craint d’avoir le sida, raconte un médecin du Val-d’Oise. Un laboratoire procède au test : positif. Quand je l’en informe, elle m’avoue qu’elle avait agi pour le compte d’une amie qui, munie de mon ordonnance, avait fait l’examen à sa place. Résultat : j’avais involontairement violé le secret médical et j’ai dû prescrire à la première patiente un autre test pour m’assurer qu’elle n’était pas elle-même séropositive ! » Deux actes au lieu d’un, pris en charge par l’État.
« Rien n’est plus facile à falsifier qu’une ordonnance, ajoute un pharmacien parisien. On voit souvent des prescriptions contradictoires, avec des produits liés à des pathologies très différentes : un antiinflammatoire avec un anti-épileptique, par exemple ». À la fraude s’ajoute alors un soupçon de trafic.
DES TRAFICS INADMISSIBLES
Cette fois, c’est un médecin généraliste du Val-de-Marne qui raconte l’anecdote : « Il y a quelques mois, j’ai reçu dans mon cabinet une patiente, d’origine africaine, qui m’a soumis une liste d’une cinquantaine de médicaments et de pommades, la plupart contenant de la cortisone. J’ai refusé de les lui prescrire, elle est partie. Renseignements pris, cette patiente – qui bénéficiait de l’AME – avait fait le tour de dizaines de confrères en quelques mois ! Les Africaines, explique-t-il, utilisent des crèmes à la cortisone pour s’éclaircir la peau. C’est très dangereux, mais le marché est florissant… »
Autre trafic rémunérateur, la revente de produits de substitution à l’héroïne, comme le Subutex, assimilé depuis cette année seulement à un produit stupéfiant. En 2007, la police avait démantelé un important trafic à Paris : des médecins indélicats remplissaient des ordonnances aux noms de malades bénéficiant de l’AME ou de la couverture maladie universelle, dont les organisateurs du trafic avaient dérobé les coordonnées sociales. Des pharmaciens complaisants les approvisionnaient gratuitement et se faisaient rembourser par la Sécurité sociale. Une officine aurait ainsi écoulé 12 000 boîtes de Subutex en quelques mois ! Estimation du préjudice : entre 500 000 et un million d’euros. Le trafic avait des ramifications internationales.
En 2010, l’Onu s’inquiétait encore de l’ampleur de ces détournements dans le rapport annuel de l’OICS (Organe international de contrôle des stupéfiants) : « L’abus de comprimés de buprénorphine [Subutex] acheminés clandestinement en grandes quantités depuis la France continue d’être une source de préoccupation dans les pays européens et dans d’autres régions. » Selon l’Onu, 20 à 25 % du Subutex délivré en France était détourné vers le marché illicite. Dans son rapport, l’Igas recensait 82 affaires de trafic de substituts à l’héroïne relevant d’une fraude à l’AME, à Paris et en Seine-Saint-Denis, en 2009.
« La délivrance de Subutex fait désormais l’objet d’une ordonnance sécurisée, ce qui a permis de réduire la fraude », affirme un pharmacien de la Nièvre. Tout en précisant que d’autres médicaments peuvent être détournés : des produits psychoactifs, des corticoïdes, des antibiotiques…
En novembre 2010, un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France avait révélé que les Français souhaitaient majoritairement une réforme de l’AME : 49 % pour la création d’un droit d’entrée, et même 31 % pour sa suppression. La droite avait opté pour une remise en ordre préservant le principe de soins, jugeant que le maintien de l’AME ne pourrait s’accommoder d’un excès de dépenses. Interpellée sur ce sujet par Dominique Tian à l’Assemblée, le 17 juillet, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a préféré lui répondre que les fraudes qu’il évoquait relevaient du « fantasme ».

À lire également dans "Valeurs actuelles" :
Entretien : le "J'accuse" de Bernard Debré",
Europe. Nos voisins plus sévères que la France
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Robert Ménard : “La gauche est le bain naturel des médias”

Robert Ménard n’est pas surpris par les résultats de la consultation sur les journalistes, publiée dans la revue qu’il a fondée, “Médias”.
Pourquoi ce sondage ? Comme tout le monde, je pressentais que les journalistes étaient majoritairement de gauche – ce que semblaient confirmer les simulations de vote organisées par des étudiants en journalisme à l’occasion de la présidentielle. J’ai voulu en avoir le coeur net. C’est fait !
Néanmoins, peu de journalistes ont répondu à cette enquête… Ce n’est pas un sondage mais une consultation. Harris Interactive a proposé de consulter les journalistes inscrits sur Twitter… et ils sont nombreux ! Répondait qui voulait. Le résultat confirme clairement ce que chacun sait : les journalistes penchent nettement à gauche.
Pourquoi ? Il n’y a pas de complot, ce n’est pas le résultat d’une action concertée décidée par l’extrême gauche ou par le PS. Ils n’ont pas lancé leurs militants à l’assaut des médias. Je crois même que beaucoup de journalistes seraient surpris de se découvrir de gauche. Ils ne sont pas encartés, à quelques exceptions près. Seulement, les idées aux quelles ils croient leur semblent naturelles, donc indiscutables : pour eux, l’immigration est forcément une chance pour la France, la prison produit toujours des criminels, les gens qui gagnent de l’argent sont des salauds… Défendre ces idées, c’est incarner le bien. La gauche, c’est le bain naturel des médias. Parce qu’elle est réputée gentille, attentive aux faibles, aux opprimés… En fait, les journalistes pensent ce qu’ils pensent que l’on doit penser ! Comme s’il était admis, une fois pour toutes, qu’il y a le camp du bien – ceux qui adhèrent à ce catéchisme – et le camp du mal – ceux qui osent simplement en débattre. Alors que les journalistes devraient faire profession d’impertinence, nous sommes dans l’ordre de la croyance et de l’autocensure. Il est inconcevable de contester ce qu’il est de bon ton de penser !
Les journalistes forment-ils vraiment une classe homogène ? Dans un entretien accordé à Médias en 2005, Régis Debray affirmait qu’il y a autant de différences entre un agencier et le directeur d’une rédaction nationale qu’entre le bas et le haut clergé en 1789. Qu’il y ait des nuances, sans doute, et je connais bon nombre d’éditorialistes qui encensaient Nicolas Sarkozy en 2007… comme ils encensent aujourd’hui François Hollande ! Certains agissent moins par conviction que par intérêt. Mais la dernière campagne électorale l’a prouvé : la profession reste majoritairement à gauche et la promotion du “bas clergé” dans la hiérarchie n’y changerait rien. Il faut n’avoir jamais mis les pieds dans une rédaction pour croire que le directeur d’une rédaction impose aux journalistes ses valeurs et ses convictions !
Et les actionnaires ? La gauche accuse le “capital” de contrôler la presse… Je sais bien que certains cèdent à la tentation d’intervenir, mais l’influence qu’exerce le propriétaire d’un journal sur son contenu est souvent limitée par les sociétés de rédacteurs et par les syndicats. Le souci de ne pas déplaire aux annonceurs me paraît plus problématique… Je regrette surtout que la profession s’abrite derrière ces raisons pour ne pas se remettre en cause et s’interroger sur ses pratiques.
Pour une profession censée informer l’opinion, ce conformisme est plutôt inquiétant… L’informer, la former ou la déformer ? Je me pose souvent la question ! Un exemple : il a fallu attendre quarante-huit heures pour que les médias révèlent le prénom (Souleymane) du collégien suspecté d’avoir tué l’un de ses camarades à Rennes, le 22 juin, alors que cette information circulait partout sur Internet! Pourquoi ? Par peur d’attiser l’islamophobie. Il y a toujours de bonnes raisons pour taire un fait qui dérange. C’est de cette bonnne conscience que se meurt la presse française, car elle excuse tout, y compris la dissimulation d’informations.
Les médias sont-ils assez puissants pour influencer un vote ? Leur influence se fait sentir d’abord sur les questions de société. Les médias pèsent surtout par l’idéologie qu’ils diffusent, par les poncifs qu’ils répètent, par les sondages qu’ils commandent, par les experts et les intellectuels qu’ils invitent – toujours les mêmes ! Une chose est sûre : s’ils n’étaient pas contraints de respecter un certain équilibre, les grands médias n’auraient quasiment pas donné la parole aux “petits candidats” ! Peu importe qu’ils aient des choses à dire, on les récuse parce qu’ils ne sont pas connus. C’est cette absence de curiosité qui est inquiétante. En fait, bien que beaucoup votent Mélenchon, il n’y a rien de moins révolutionnaire qu’un journaliste ! Ils prennent leur individualisme forcené pour une marque de liberté. Les deux tiers des journalistes n’ont pas pris part aux élections professionnelles qui viennent de s’achever. Quoi qu’on pense des syndicats de la presse, c’est consternant.
Leur influence n’est pourtant pas sans limites. En 2005, par exemple, la quasi-totalité des éditorialistes étaient pour le traité européen, que les Français ont rejeté. Parce qu’ils sont capables de recul, heureusement ! Les Français se défient des journalistes : pour eux, nous faisons partie d’une élite qui néglige leurs préoccupations. Cette rupture, pour le moins inquiétante, se mesure dans les urnes.
Comment garantir le pluralisme de la presse ? Vous n’hésitez pas à prendre position dans vos interviews. Les journalistes doivent-ils afficher leur engagement ? Cela, c’est ce qu’exigeait la gauche dans les années soixante-dix : “D’où parlez-vous ? ” Non, je ne crois pas qu’il faille en arriver là. J’ai défendu pendant vingt-cinq ans la liberté de la presse, ce n’est pas pour recourir aujourd’hui à des méthodes inquisitoriales que je réprouve ! Je me dis juste que les journalistes devraient, de temps en temps, essayer de “penser contre eux”.
Faut-il revoir la formation des journalistes ? D’abord, un constat : dans les consultations organisées dans diverses écoles de journalisme, rares sont ceux qui ont osé voter Sarkozy, encore moins LePen, ce qui est quand même préoccupant sachant qu’un Français sur deux vote à droite ! Les journalistes sont formés par des journalistes, ce qui se comprend techniquement mais favorise la “reproduction”, comme disait Bourdieu – d’autant plus que ces formateurs sont souvent issus des médias les plus dominants. Et qui forment-ils ? Les futurs cadres de la profession. La boucle est bouclée. Le milieu est trop consanguin.
Faut-il interdire aux conjoints des responsables politiques de faire du journalisme politique ? Oui : le mélange des genres discrédite la profession. Souvenez-vous de François Mitterrand interviewé par Anne Sinclair et Christine Ockrent, épouse ou compagne de deux de ses ministres : cela ne se voit dans aucune démocratie ! On peut bien aimer qui l’on veut, mais il faut en tirer les conséquences. Cette règle ne doit souffrir aucune exception.
Vous avez dirigé Reporters sans frontières. La presse étrangère est-elle moins monolithique ? Il y a dans la presse anglo-saxonne une impertinence qu’il n’y a pas ici. Et ce n’est pas seulement une question de moyens, cela se constate aussi dans les interinterviews. En France, un politique peut choisir ou récuser tel ou tel journaliste. C’est inconcevable aux États-Unis !
Votre revue, Médias, va cesser de paraître après huit années de présence en kiosques. Pourquoi ? Parce que nous avons perdu 80 % de nos annonceurs en deux ans, effrayés par la réputation prétendument “sulfureuse” de la revue. C’est un mot dégueulasse, “sulfureux”, qui laisse tout entendre sans jamais rien prouver ! En huit ans, nous avons publié des entretiens avec Régis Debray, Bernard-Henri Lévy, Stéphane Hessel, Michel Onfray, Pierre Bergé, Edgar Morin, Philippe Sollers… Pas vraiment des gens de droite ! Et de quoi m’accuse-t-on ? D’avoir écrit avec Emmanuelle Duverger, la rédactrice en chef de Médias, un livre intitulé Vive Le Pen ! Mais combien de ceux qui me le reprochent l’ont vraiment lu ? Beaucoup de mes procureurs ont instruit mon procès sur le seul fondement de ce titre, avant même la sortie du livre !
Vous êtes plus nuancé dans ce livre que son titre ne le laisse entendre. Fallait-il céder à la provocation ? Ce procès d’intention démontre qu’il existe en France des tabous dont la presse ne veut pas s’affranchir. Si nous avions titré “Vive Pol Pot !”, personne n’aurait bronché, sauf, peut-être, deux ou trois associations dont les protestations n’auraient pas eu beaucoup d’écho… Je pensais quand même que mes confrères feuilletteraient au moins le livre avant de se récrier. Médias a fait les frais de ce conformisme.
Dernier ouvrage paru : Vive l'Algérie Française !, par Robert Ménard et Thierry Rolando, Mordicus, 2012.

Récupérer

Le tic est déjà ancien ; mais sa généralisation confine aujourd’hui au pataquès. C’est ainsi qu’une radio nationale a annoncé qu’un cambrioleur avait été tué par un bijoutier au moment où il venait « récupérer » les bijoux du coffre. “Récupérer”, si l’on en croit le Petit Robert, veut dire « rentrer en possession de ».
Dès lors, ou bien le cambrioleur, s’il venait récupérer des bijoux, c’est-à-dire rentrer en possession de bijoux qui lui appartenaient, n’était pas un cambrioleur, ou bien, s’il l’était vraiment, les bijoux ne lui appartenaient pas et il ne pouvait que difficilement les récupérer. Le même jour, comme une autre radio nationale nous interrogeait sur le français tel qu’on le parle ou le déparle, nous avons cité ce mot si malheureux – et bien mal nous en prit : on nous remontra que le sacro-saint “usage” voulait, c’est-à-dire exigeait, que l’on dît maintenant “récupérer” dans le sens nouveau que l’on entend partout – qui n’est rien d’autre qu’un contresens. Ce sont les mêmes qui crient au fascisme à la moindre règle de grammaire ou au moindre scrupule sémantique qui exigent pour les caprices et les bévues de l’“usage” le respect le plus absolu. Il est curieux comme ce genre d’esprits passe vite d’“il est interdit d’interdire”, la maxime dont, en bons enfants du siècle, ils se flattent, à “il est interdit” tout court. Les gardes champêtres ne sont pas toujours là où l’on croit… 

L'encombrant monsieur Raffarin, acte II

Jean-Pierre Raffarin a à nouveau demandé à François Fillon de ne pas se présenter à la présidence de l'UMP, lui conseillant, vendredi sur Europe 1, de se "réserver pour 2017". " Fillon a toutes ses chances pour la présidentielle", a-t-il ajouté, oubliant que Jean-François Copé, celui qu'il soutient dans l'élection interne, vise également cette échéance.
Il soutient Jean-François Copé mais conseille à François Fillon de se "réserver" pour 2017. Jean-Pierre Raffarin n'en finit pas de faire des déclarations alambiquées et pas forcément positives pour le champion qu'il s'est choisi. Sur Europe 1 vendredi matin, le sénateur de la Vienne a lancé, à propos de la compétition pour la direction du principal parti d'opposition : "On a plus besoin d'un architecte pour le parti que d'un pilote pour la présidentielle. François Fillon a toutes ses chances pour la présidentielle, qu'il se réserve pour l'échéance de 2017, là, il s'agit de construire le parti pour l'alternance". Pourtant, Jean-François Copé non plus ne cache pas ses ambitions pour l'élection présidentielle. Et ce n'est pas la première fois que le héraut du Poitou conseille à François Fillon de se retirer de la course, arguant que celle-ci n'est pas de son niveau.
Dans Le Monde fin juillet, Jean-Pierre Raffarin expliquait déjà, à propos de François Fillon, que "son profil ne semble pas être celui d’un chef de parti". Un mois plus tard, il précise donc qu'il verrait mieux l'ancien Premier ministre faire la compétition pour l'Elysée et ne dit pas la même chose pour son champion. Dans cet entretien au quotidien du soir, il s'était déjà fait remarquer en critiquant quelques aspects du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Des prises de distance régulières avec le sarkozysme mal perçues par les historiques. "Raffarin plus Dati, cela me pose problème", reconnaissait ainsi Brice Hortefeux, évoquant il y a quelques semaines les alliés de Copé.

Raffarin n'a plus la cote

L'homme de Chasseneuil-du-Poitou reste-t-il un allié de poids dans le système Copé? Pas sûr. Ses positions critiques vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, alors que Jean-François Copé tente de coller le plus possible à l'image d'héritier du précédent président, son positionnement toujours un peu à l'écart de l'UMP ne font peut-être plus de lui un rouage essentiel. Fin juillet, Jean-François Copé voulait l'associer à son "ticket", en lui réservant soit le futur rôle de vice-président, ou de secrétaire général ou de trésorier si l'élu de Meaux devenait président de la formation.
Le vent semble avoir tourné depuis et Copé aurait abandonné cette idée. Il préférerait réserver la place à Luc Chatel par exemple. Plus sarkozyste, plus jeune et dont la motion "Réforme et liberté" est créditée des meilleurs sondages auprès des sympathisants. "Jean-François Copé a passé deux jours de vacances chez Jean-Pierre Raffarin en Haute-Savoie", corrige l'entourage de Jean-François Copé, pour évacuer toute prise de distance entre les deux hommes.







Hollande utilise l'histoire pour vanter son action

A l'occasion de son discours pour la commémoration de la Libération de Paris, en 1944, le chef de l'Etat a notamment évoqué la situation de la Syrie.

Il ne voulait pas être le seul à être absent des écrans radars médiatiques ce week-end. La bataille pour la présidence de l'UMP est engagée à droite, entre François Fillon et Jean-François Copé, les amis de Nicolas Sarkozy sont réunis à Nice, les socialistes et tout le gouvernement se retrouvent à La Rochelle… François Hollande ne pouvait pas en rester là. Alors le président de la République a saisi l'occasion de la cérémonie de commémoration de la Libération de Paris en 1944 pour prononcer un premier discours de rentrée, quelques minutes, d'ailleurs, avant que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ne s'exprime de son côté en Charente-Maritime.
Dans l'entourage du président, on avait promis une «parabole» invoquant l'histoire pour éclairer la rentrée. Dans une intervention d'une vingtaine de minutes, après avoir rendu hommage aux Compagnons de la Libération (ils ne sont plus que 25 et à partir du 16 novembre la direction de l'Ordre de la Libération sera transférée au conseil des «cinq villes compagnons») le chef de l'Etat a essayé de lier histoire et actualité. «Je recevais ce matin le premier ministre grec et il me disait sa fierté d'être reçu en France le jour de la commémoration de la libération de Paris», a-t-il observé entre deux bourrasques de vent.

La «souveraineté de la France» de nouveau menacé

Sans chercher à remettre en cause les clichés de l'imaginaire national, François Hollande a repris l'idée que le combat français pour la liberté guiderait le monde entier. «Ce combat a toujours servi de référence au monde», a-t-il assuré. «Encore aujourd'hui, c'est vers Paris que des résistants, des opprimés, des rebelles se tournent quand ils se lèvent pour renverser un tyran. Je pense en cet instant au peuple syrien, opprimé par un régime qui n'est plus animé que par la peur de disparaître», a-t-il poursuivi. «La France a pris et prendra les initiatives nécessaires en faveur de la révolution syrienne». C'est une réponse à ceux qui ont accusé François Hollande de tarder à agir. Un «mauvais angle d'attaque», juge-t-on d'ailleurs à l'Elysée. Sur les questions internationales, on revendique une forme de continuité.
L'autre parallèle entre la France de 1944 et celle de 2012 concerne le «redressement» de la France. «Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale l'effort fut d'autant plus librement consenti qu'il fut justement partagé», a asséné François Hollande en évoquant un peu plus tard les «nouvelles menaces» qui pèsent sur la «souveraineté de la France»: «elles sont économiques, financières, commerciales», a-t-il énuméré. Autres leçons de l'histoire, François Hollande a mentionné le combat contre l'antisémitisme et la xénophobie, et la place de l'enseignement de l'histoire à l'école.
Pour conclure, le président a enrôlé une dernière fois l'histoire pour justifier son action. Il a même repris un de ses slogans de campagne: «le rêve français». «Il devait bien mobiliser tous ceux qui se battaient pour la libération de Paris», a assuré François Hollande. Alors que sa popularité est en berne, le président de la République ne veut rater aucune occasion d'éclairer son action sous le jour le meilleur.

"Hollande utilise l'histoire pour vanter son action"
Si l'histoire est là (mais pas écrite par lui) où est l'action?

"Les sanglots longs des violons de l'automne bercent mon coeur d'une langueur monotone"
Pourvu que ça dure !







Détourner le virus du sida pour lutter contre le cancer

Si les premiers résultats, obtenus sur des cellules en culture, sont confirmés, le VIH pourrait aider à traiter différentes maladies.
Le redoutable virus du sida, responsable de tant de morts dans le monde, pourrait-il se transformer en un vecteur de vie, en un "outil biotechnologique" au service de notre santé ? C'est en tout cas l'objectif d'une équipe du laboratoire Architecture et réactivité de l'ARN au sein de l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS à Strasbourg. Grâce à la machinerie de réplication du VIH, les chercheurs ont réussi à sélectionner une protéine mutante particulière qui, associée à un médicament anticancéreux dans des cellules tumorales en culture, entraîne une meilleure efficacité du traitement. Ces travaux, publiés dans la revue PLoS Genetics du 23 août 2012, laissent entrevoir des applications thérapeutiques à long terme dans le traitement du cancer et sans doute d'autres pathologies.

Profiter de ce virus mutant

Pour comprendre le "détournement" de cet agent particulier, il faut savoir que le virus de l'immunodéficience humaine utilise les cellules humaines pour se multiplier, notamment en insérant son matériel génétique dans le génome des cellules hôtes. La principale caractéristique de ce virus est de muter en permanence et, par conséquent, de générer au cours de ses multiplications successives plusieurs protéines mutantes (ou variants). C'est pourquoi ce virus est capable de s'adapter à de nombreux changements environnementaux, il contrecarre les traitements antiviraux mis au point jusqu'à présent et c'est également pourquoi il est si difficile de préparer un vaccin contre lui.
Les chercheurs strasbourgeois ont eu l'idée d'exploiter cette stratégie de multiplication du VIH pour détourner le virus à des fins thérapeutiques, et plus particulièrement pour le traitement du cancer. Ils ont d'abord introduit dans le génome du VIH un gène humain qui est présent dans toutes les cellules, celui de la déoxycytidine kinase (ou dCK), une protéine permettant d'activer les médicaments anticancéreux. Depuis plusieurs années, ces scientifiques cherchaient à produire une forme plus efficace de cette protéine dCK. Or, via la multiplication du VIH, ils ont sélectionné une "librairie" de près de 80 protéines mutantes qu'ils ont testées sur des cellules tumorales, en présence de médicament anticancéreux. Ainsi, ils ont identifié un variant de la dCK plus efficace que la protéine sauvage (non mutée) provoquant la mort des cellules tumorales testées.

Les études précliniques vont commencer

C'est ainsi que ces scientifiques sont parvenus à une efficacité identique des médicaments anticancéreux, mais à des doses jusqu'à 300 fois moins importantes que celles actuellement prescrites. Cette possibilité de diminuer les posologies devrait permettre non seulement de réduire les problèmes de toxicité et les effets secondaires, mais surtout d'améliorer l'efficacité des traitements. Il faut quand même souligner que ces protéines mutantes n'ont, pour l'instant, été testées que dans les cellules en culture. Il reste désormais à mener, dans les années à venir, des études précliniques (chez l'animal) pour la protéine mutante isolée. Les chercheurs, optimistes, estiment déjà que bien d'autres applications thérapeutiques sont envisageables à partir de ce système expérimental qui détourne le virus du sida.
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samedi 25 août 2012

Le sourire de Breivik 


Comment condamner le Mal ? En infligeant une peine de 21 ans de prison à Anders Breivik, la Norvège l’a déclaré responsable de ses actes. Le verdict a satisfait les parents des 77 victimes de l’extrémiste. Breivik lui-même a souri à l’énoncé de sa peine. Il avait laissé entendre que le pire des châtiments qui pouvait lui être infligé serait de l’enfermer dans un asile.
Aux yeux de la loi, Breivik est donc « normal ». Une idée qui révulse, quand on songe que cet extrémiste a abattu de sang-froid 77 personnes au nom de théories inspirées du nazisme. La question de la « normalité » des responsables de la solution finale en Europe a été souvent posée, notamment par la philosophe Hannah Arendt, qui avait suivi le procès Eichmann.
Dès le procès de Nuremberg, la question de l’état psychique des dirigeants du III e Reich avait été abordée, tant l’énormité de leurs crimes dépassait l’entendement. Pourtant, ils furent condamnés, la plupart à mort. Cette condamnation n’était pas destinée à banaliser leurs actes. Les juges de Nuremberg, comme ceux d’Oslo, ont jugé qu’il fallait infliger la plus lourde peine prévue par la loi commune à des criminels qui rêvaient d’être hors du commun, mais qui ne restent que des assassins.
Une telle décision implique de croire en une valeur suprême : la vie d’un être humain vaut toutes les autres vies. Tuer une femme, un enfant ou un homme à cause de sa race, de sa religion ou pour une quelconque différence est un acte impardonnable. Le nombre des victimes ajoute certes à l’horreur. Mais comment condamner Breivik 77 fois à la prison à vie, ou Goering à être pendu six millions de fois ?
La Norvège, pays paisible mais touché par la résurgence extrémiste, a tenu à faire de Breivik un exemple. Lui, qui se veut exceptionnel, n’est après tout qu’un homme, parmi des milliards d’autres et, à ce titre, ne mérite pas une condamnation hors normes. À y réfléchir, c’est peut-être la pire des punitions qu’on pouvait lui infliger : le réduire à un statut banal. Alors, qu’importe son sourire ou son salut de nazillon. Breivik a perdu. Il n’est plus rien qu’un condamné.

Traité européen : l'aile gauche du PS sous pression maximale

Surtout, ne pas raviver le spectre des divisions sur l'Europe. À La Rochelle, derrière l'apparente morosité des universités d'été, les discussions vont bon train sur le vote du traité européen renégocié par François Hollande le 29 juin dernier. «Finalement, les deux seuls sujets de ces universités d'été, c'est la succession d'Aubry et les discussions autour du Traité», relève un député socialiste. Alors? L'approuver ou pas? Sur l'aile gauche du PS, le débat fait rage.
Réuni vendredi soir dans une salle de La Rochelle, le courant de Benoît Hamon s'est copieusement empoigné sur le sujet en débattant autour d'une question: présenter, ou pas, une motion lors du prochain congrès de Toulouse? Le leader de l'aile gauche et ses proches se sont succédés à la tribune pour répondre non. Ou alors pour bâtir une motion qui ne soit pas entièrement axée sur la question européenne. Mais d'autres membres du courant soutiennent mordicus l'idée de présenter un texte. D'où blocage.

Pour tenter de pousser l'aile gauche du PS à voter le traité européen, les proches de Hollande, les membres du gouvernement et les dirigeants actuels du parti se relaient pour accentuer la pression sur le courant de Benoît Hamon. Avec un argument central: si le traité n'est pas voté largement, il sera difficile au président de la République de poursuivre la réorientation de la construction européenne. «Il faut qu'il y ait beaucoup de responsabilité et de maturité. Pouvait-on obtenir davantage? Non. Donc, engrangeons», a résumé le ministre de l'intérieur Manuel Valls à son arrivée à La Rochelle. «Personne ne conteste que François Hollande a obtenu des avancées avec le pacte de croissance. Il faut s'appuyer sur ce que l'on a obtenu, c'est une base pour aller plus loin. Tout le monde devrait être sur cette bannière là», assure Kader Arif, ministre des anciens combattants et proche du chef de l'état.

En tirer les conséquences

De son côté, le ministre des affaires européennes Bernard Cazeneuve a reçu des représentants de l'aile gauche, par groupe de trois, pendant près d'une heure et demi chacun. Objectif: bien faire passer le message. «Je ne peux pas imaginer, compte-tenu de l'enjeu, que l'on rendrait impossible ce que l'on dit désirer», glisse Bernard Cazeneuve. Un membre de l'aile gauche reçu par le ministre pour entendre ses arguments le reconnaît: «ça s'entend...» Mais ce n'est pas le cas de tous. Samedi, le mouvement la gauche durable devait s'adresser à François Hollande dans une tribune publiée dans Le Monde pour lui demander de «nous donner envie de voter ce traité».
Pour les durs d'oreille, Martine Aubry s'est montrée assez menaçante vendredi soir à La Rochelle en recevant quelques journalistes. «Il faut engranger cette réforme pour aller vers l'Europe que nous voulons. Si certains ne sont pas d'accord avec ça, c'est qu'ils ne sont pas d'accord avec la politique menée (...) Si j'étais au gouvernement et que je ne partageais pas des décisions aussi importantes, j'en tirerais les conséquences», a indiqué la première secrétaire du PS. Même tonalité à Matignon ou un très proche du premier ministre se montre encore plus clair: «On ne peut pas voter non lorsque l'on est dans la majorité et dans le gouvernement. Les partisans de Benoît Hamon, c'est leur devoir de voter le traité budgétaire européen». Pour ne pas raviver les fractures de 2005 sur la constitution européenne? Bernard Cazeneuve assure ne pas croire au réveil de ce clivage traditionnel au sein du PS. «Je ne pense pas que ce risque existe», dit-il. Pour l'instant.

Le prix de la haine

A priori, il est déstabilisant de donner raison à un criminel, surtout de cette cruauté. Breivik réclamait d’être déclaré responsable de ses meurtres. La justice norvégienne l’a suivi.
Il faut pourtant savoir mettre un mouchoir sur l’agacement de voir ce tueur reconnu «sain d’esprit» – alors que l’énormité du crime dépasse l’entendement. Ce jugement constitue une illustration du recul qu’est capable de prendre une société se voulant évoluée. À la barbarie, elle oppose ce qu’elle estime relever de la raison : une sanction par la prison plutôt que l’asile d’aliénés.
En condamnant Breivik comme un droit commun, donc en lui déniant l’excuse psychiatrique, le tribunal ne rend que plus monstrueux des idées et des actes froidement revendiqués. Ce verdict d’Oslo avertit des extrémités aberrantes auxquelles des thèses nationalistes ou xénophobes peuvent servir de justification.
Les juges norvégiens sont dans leur rôle d’exemplarité. Leur sentence signifie que diffuser, même en sourdine, même sans y prétendre, la musique de la détestation d’autrui n’est jamais anodin. Un esprit plus faible comme Breivik ou un groupe plus radicalisé peuvent y trouver la légitimation à de meurtrières pulsions.
On l’a vu par le passé. On le revoit en Norvège avec ce jugement. Le prix de la haine ne sont pas les 21 ans ou plus ou moins que purgera Breivik. C’est le sang versé au prétexte d’idéologies prédatrices.

Sécurité, prison, réinsertion 


Notre pays vient de battre un nouveau et lamentable record : 67 000 détenus en prison pour 57 000 places en juillet ! La situation devient impossible à gérer, non seulement au plan humanitaire mais aussi au regard de la loi. De plus en plus souvent, l'État est l'objet de plaintes de la part des détenus à propos de leurs conditions d'enfermement : hygiène, promiscuité... L'État est de plus en plus souvent condamné. Actuellement, l'inacceptable prison de Nouméa défraie cette triste chronique.
Mais, inacceptable est aussi la condition des personnels pénitentiaires condamnés à un exercice professionnel impossible, c'est l'efficacité de la prison qui est en cause. « La prison est un lieu de ravage, y règne la loi de la jungle (vol, menace...). Les détenus en sortent la haine au coeur, avec le désir de se venger de la société. Ce n'est pas normal », a déclaré récemment le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, M. Jean-Marie Delarue.
De ses rapports, il ressort que les détenus, en France, sont deux fois plus nombreux qu'il y a quarante ans, 35 000 à l'époque, alors que la délinquance n'a pas augmenté dans une telle proportion. On a accru les peines. On est de plus en plus sévère. On pratique de plus en plus les petites peines, les trois mois et les peines plancher qui ont souvent pour effet de rompre, pour des délits légers, l'insertion sociale et professionnelle.
M. Delarue précise : « 80 000 personnes entrent, chaque année, en prison ; autant en sortent. Qu'est-ce qu'on en fait ? Il faut une prison où les gens soient traités, respectés comme des êtres humains. Les délinquants doivent être punis, mais ils doivent être réinsérés. C'est aussi le rôle de la prison que de contribuer à cette réinsertion. »
Améliorer la sécurité
Et le Contrôleur des prisons de s'interroger : « Qu'est-ce que produit la prison ? Des malfaiteurs ou des bienfaiteurs ? Que faire ? Construire de nouvelles prisons à un coût faramineux ou trouver des aménagements de peines pour les détenus qui ont moins de six mois de détention à accomplir ? »
C'est à cette question que s'est attelée Mme Taubira, nouvelle garde des Sceaux, mais elle est mal comprise par une société toujours plus désireuse d'une sécurité, évidemment souhaitable.
Mme Taubira estime que la politique pénale actuelle accroît la récidive. Dans un manifeste, des magistrats et des chercheurs se montrent sévères : « Ce système pénal est un échec, la promesse d'une faillite, c'est une course à l'abîme. » (1)
La garde des Sceaux en est consciente. Très certainement, elle a fait sienne la recommandation du Conseil de l'Europe de janvier 2006 : « Ne placer en détention les délinquants (sauf les criminels) qu'en dernier recours et leur infliger une peine dans la communauté, c'est-à-dire dans la société et non pas en prison. Le condamné aura des devoirs et des obligations et un suivi intense pour éviter la récidive. » (1)
On irait ainsi vers davantage de peines de substitution et, probablement, vers cette peine de probation, sorte de suivi sur mesure, qui éviterait la désocialisation. Les prisons non surpeuplées pourraient alors mieux favoriser la réinsertion sociale des détenus, ce qui améliorera la sécurité de tous.
(1) Le Monde, le 21 août 2012.

Pas de loyer, pas de remboursement ? Alors un impôt !

Toujours plus loin dans l’ignominie… Voici la nouvelle idée socialiste : vous faire payer des impôts sur le loyer que vous ne payez pas !
Les lecteurs réguliers de mes chroniques sont habitués au parallèle que j’aime faire entre notre statut de citoyen français du XXIe siècle et celui de serf du Moyen-Âge. Le fond de cette comparaison tient au fait que rien ne nous appartient, que tout est intrinsèquement propriété de l’État qui nous laisse, sous condition de versements, une jouissance limitée et réglementée de biens dont il se réserve le droit absolu de reprise et de modification unilatérale des droits d’usage.
Eh bien, nous allons encore un petit peu plus loin dans le raisonnement. Nous dépassons même le stade du serf. Si aujourd’hui vous achetez votre résidence principale, vous devez acquitter un impôt supplémentaire, la taxe foncière, voire d’autre taxes si votre résidence est considérée comme « luxueuse » ou si sa quote part d’intégration dans le patrimoine vous fait assujettir à cet impôt discriminatoire et confiscatoire qu’est l’ISF. Vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez de votre « soi-disant » propriété. Vous ne pouvez pas la laisser vide, pas choisir à qui la louer en fonction de critères qui sont les vôtres, pas la louer le prix que vous voulez (pas assez cher, vous êtes redressés sur la base de la valeur locative unilatéralement décrétée par le seigneur, trop cher, vous êtes condamnés par la justice du seigneur). Si vous la vendez à un prix qui ne plait pas au seigneur, celui-ci s’arroge le droit de vous imposer sur la base du prix qu’il estime juste, si vous avez vendu trop peu cher, ou de confisquer la majeure partie de votre plus value si vous avez bien vendu. Si vous décidez de vendre, de toute manière, une part fixe de la valeur de la transaction revient au seigneur…, normal c’est lui et lui seul le vrai propriétaire. Si vous ne vendez pas, au moment de votre décès, vous ne pouvez pas décider seul de qui pourra jouir du bien que vous avez « soi-disant » acquis. Il y a des règles, fixées par le seigneur, de « transmission » que vous ne pouvez enfreindre. En fonction de ces règles, une part fixe plus ou moins importante de la valeur de l’habitation ira encore au seigneur, en dédommagement versé au « vrai » propriétaire pour laisser l'usufruit à celui désigné.
Voilà la situation actuelle. On peut déjà considérer que nous sommes à des années « lumières » du monde que les « révolutionnaires » de 1789 ont cru bâtir. En fait de « lumières », nous nageons en plein servage. Mais le maître a toujours de zélés serviteurs, comme hier des serfs quelquefois très riches à servir bien le hobereau trop occupé à chasser ou guerroyer, qui toujours cherchent à pressurer quelque peu plus la vile canaille. Dans le genre, je vous présente le dernier né des « think tank » socialistes : « Cartes sur table ». Un groupe particulièrement choyé par les bobos de Médiapart qui jusqu’à maintenant était le seul média à se faire l’écho des élucubrations des ces « politistes » (sic), composé de « consultant spécialisé dans le domaine de l’énergie », « économiste à Harvard » (resic), « diplômé de Paris-Dauphine, engagé associatif » (re re sic) et moult « doctorants », bref de ces gens « normaux », modestes et ne cherchant pas à se monter du col. Que nous ont pondu ces zigotos qui puisse ainsi faire sortir de sa réserve bienveillante votre serviteur ?
Le REVENU FICTIF !
Accrochez-vous, nous passons à la vitesse supérieure ! Ces beaux esprits partent du principe que lorsque vous avez fini de rembourser les emprunts grâce auxquels vous acquérez votre propriété principale, n’ayant plus rien à payer pour votre hébergement, vous dégagez en fait un « revenu fictif », en comparaison à celui qui reste locataire. Ce revenu fictif devra générer une taxation qui, elle, n’aura rien de fictif, croyez-moi ! C’est fort, non ? Même le droit à l’illusion de la propriété est aujourd’hui contesté. Je ne vais pas vous faire un couplet sur l’aspect totalitaire du régime que nous fait vivre le seigneur qui décide de tout jusque dans les aspects les plus intimes et les plus privés de notre vie. Eh bien, voici encore une illustration parfaite de ce qu’est le totalitarisme. Le seigneur État décide de la part de votre revenu qui DOIT être attribuée à votre hébergement. Et si d’aventure, les hasards de la vie ou votre « réussite » (bouh, le vilain mot !) vous conduisent à ne plus avoir à dépenser cette part pour vous loger, alors le seigneur s’arroge le droit de vous la ponctionner pour son propre profit. Perclus de taxes, d’impôts, de redevances, que fera le serf concerné ? Il vendra et s’en ira vivre dans l’appartement collectif mis à sa disposition par le soviet de quartier qui aura reçu préalablement l’avis favorable de la cellule ouvrière de l’usine dans laquelle le Parti lui aura trouvé un emploi correspondant, dans un esprit citoyen et solidaire, aux besoins de la collectivité et non aux aspirations petit-bourgeoises qui l’auront, dans sa jeunesse, conduit à faire des études choisies par esprit égoïste et non par intérêt de classe. À moins que, comme des millions d’opprimés du XXe siècle, il puisse, moyennant le paiement de l’« exit tax » déjà mise en place, choisir de voter avec ses pieds.

La bête immonde vit toujours.
Pour ceux qui aiment se faire mal : 100 propositions toutes aussi intéressantes les unes que les autres, celle que je viens de vous commenter est la N°83…
À ce jour, personne au sein du Parti Socialiste ou au sein du gouvernement n’a jugé bon de se désolidariser de cette proposition.

Hollande en baisse de forme

Il est sidérant de voir l'inactivisme des socialistes enfin arrivés à ce pouvoir tant envié. Depuis, ce ne sont que des mesurettes qui frôlent souvent le ridicule, avec Montebourg en vedette ! En réalité, c'est tout bête : ils n'ont pas de programme, contrairement à ce qu'auraient pu laisser croire les batailles de chiffonniers qu'ils menèrent à ce sujet pour élaborer un consensus mou.
Comme le disait Giscard (eh oui, il eut des moments de lucidité) :

Le socialisme, ça ne marche pas, mais seuls les socialistes peuvent le prouver.

On est en plein dedans. Conclusion : ils vont reprendre des trucs de droite, comme Valls qui dénonce les 69% d'augmentation de délits par les Roumains (Attention, devinette, quelle est la dénomination habituelle de ces "roumains" ? Si vous le dîtes, vous aurez des ennuis pour incitation à la haine raciale). Qui dénonçait les chiffres de Guéant à ce sujet, déjà ?

François Hollande doit garantir l’appartenance de la Grèce à la Zone Euro !

Angela Merkel n’a rien laissé transpirer suite à son entretien top secret avec Antonis Samaras, le patron Grec. Le communiqué s’est limité à une platitude rare. La Grèce doit réaliser les désidératas de la Troïka (dirigée par un allemand)… (mais n’oublions pas que la Troïka est: Jose Manuel barroso, Mario Draghi et Christine Lagarde…). Mais apparemment… l’Allemagne veut continuer à imposer l’austérité (strenge) aux pays qui empruntent trop !
OUI la Grèce a joué avec le feu (German money à travers la BCE et target II, (GS pour falsifier ses données économiques), pour les connaisseurs…). Mais devons nous expulser les grecs ou leur faire comprendre que faire partie du club implique des « décisions difficiles » ( comme dirait le président du FESF (Allemand btw… ? Hier)) et le ministre des finances Allemand qui envisqge une expulsion « temporaires » de la Grèce…..
François Hollande doit assurer ce matin que la Grèce ne sera pas expulsée. Il en va de la survie de l’Euro. Qui peut prédire ce qu’il se passera en cas de retour à la Drachme..?
François Hollande doit frapper un grand coup à propos du berceau de la démocratie, même si ils ne payent pas leurs impôts… C’est une question de principe. La Grèce ne représente que 2,5 % du PIB de la Zone Euro !!!!
Mario Draghi ne veut pas que la Grèce soit expulsée.. donc la Grèce restera au sein de la Zone Euro en faisant les efforts nécessaires si François Hollande le désire.

QUE VA FAIRE NOTRE JANUS NATIONAL ?

Quand la France oublie ses racines, 
c’est la mauvaise herbe qui s’installe



C’est un sondage Gallup conduit au niveau mondial qui l’affirme : au classement de 57 pays par revendication de l’athéisme de la part de la population, la France est au quatrième rang, avec 29 % d’athées revendiqués. Auxquels s’ajoutent 34 % qui se décrivent comme « non religieuses ». Le nombre d’athées revendiqués a plus que doublé en sept ans : il était de 14 % (la moyenne européenne) en 2005 aux termes d’une enquête similaire, mais portant sur 39 pays. Contre 58 % de personnes disant alors être « religieuses » il n’y en a plus que 37 % aujourd’hui (malgré l’augmentation de la population musulmane ?)
Les sondages ont leurs limites, nous le savons : celui-ci, en France, a été conduit auprès de 1 671 personnes par internet, et non en direct ou par téléphone comme cela a été le cas dans la plupart des pays. Mais enfin une tendance se dessine de manière massive. De plus en plus de personnes en France ont éliminé Dieu de leurs vies, que ce soit de manière consciente ou par une forme d’oubli. On attend les commentaires de l’Eglise de France devant ce cuisant constat d’échec qui est avant tout une tragédie.
Pour ce qui est de l’athéisme revendiqué, la France se trouve ainsi avec 29 % derrière la Chine (47 %), le Japon (31 %), la République tchèque (30 %, mais elle compte le moins de personnes se disant religieuses, 20 %). Après la France, le taux dégringole à 15 % pour la Corée du Sud et l’Allemagne.
La France, fille aînée de l’Eglise…
Faut-il s’étonner que les Français aient élu un Président qui promet d’inscrire la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat dans la Constitution ?
Sans doute non, mais plus gravement, il faut souligner les conséquences de cet état de choses. Tourner le dos à Dieu, c’est refuser l’idée d’un fondement transcendant du bien et du mal, diluer la responsabilité des êtres humains, réduire la moralité à une « éthique » vaguement consensuelle et ouverte à toutes les formes de tyrannie visibles ou cachées. La société sans Dieu glisse nécessairement vers la loi du plus fort ; elle est aussi le lieu d’une désespérance fondamentale que par charité, il faut nommer et combattre. La France est dépressive, on le sait. Et les psychotropes sont le véritable opium du peuple…
Cet état de choses doit également aiguiser le regard sur une information qui vient de tomber. Dans une lettre ouverte virulente, la Fédération de la Libre Pensée, présidée par Marc Blondel, ancien secrétaire général de FO, vient de demander au président de la République l’abrogation de la loi Debré du 31 décembre 1959 afin de rétablir le « principe républicain fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privée ».
Adopté à son congrès annuel à Sainte-Tulle, le texte rappelle à Hollande, qui en est bien convaincu, qu’il est le « garant de la laïcité de l’Etat et de l’Ecole ».
La loi Debré constitue « une tumeur maligne dans le corps de la laïcité de l’Ecole », assure la lettre. « Si la liberté d’ouvrir des établissements privés d’enseignement doit être garantie, néanmoins la Nation a pour unique devoir d’assurer les conditions de la formation de citoyens libres et éclairés dans la République », poursuit le texte, affirmant qu’il faut « rétablir dans sa plénitude le monopole de la définition des programmes et des diplômes ».
Il serait donc urgent de réserver les financements publics aux seuls établissements publics d’enseignement : « les seuls qui garantissent aux jeunes consciences d’apprendre à l’abri de tous les dogmes ».
C’est Jules Ferry. Rappel logique de la part de la Libre Pensée, certes. Mais c’est Jules Ferry que François Hollande a honoré de son premier acte public « choisi ».
Le contexte irréligieux français doit conduire à ne pas prendre tout cela comme du verbiage ou comme une vaine menace : on est bien en train d’achever de vider le mariage de sa substance !
Ce samedi 25 août, nous fêtons la saint Louis. Il veille toujours sur la France… Et si nous fleurissions ses statues pour faire un pied-de-nez aux sondeurs et aux bouffeurs de curé ?

Euro: Merkel donne espoir à la Grèce et joue l'apaisement avec Samaras

La chancelière allemande Angela Merkel a joué la carte de l'apaisement vendredi en assurant le Premier ministre grec Antonis Samaras de son soutien et en défendant la place de la Grèce dans la zone euro.
"Depuis le début de la crise, j'ai toujours clairement dit que la Grèce faisait partie de la zone euro et que je voulais qu'elle y reste", a affirmé la chancelière, lors d'une conférence de presse commune avec M. Samaras.
Le nouveau dirigeant grec a effectué à Berlin sa première visite officielle à l'étranger. Accueilli avec les honneurs militaires, il s'est entretenu environ une heure avec Angela Merkel, avant une conférence de presse commune.
Les deux dirigeants ont ensuite prolongé leur entretien, a indiqué la chancellerie.
Ils se sont tous les deux réjoui, devant les journalistes, d'un "bon" et "nouveau départ dans la relation entre les deux pays.
Angela Merkel s'est dit persuadée que le nouveau gouvernement grec "fai(sait) tout pour résoudre tous les problèmes" du pays, alors qu'Antonis Samaras s'engageait à mener à bien les réformes engagées.
Comme il l'avait déjà fait savoir dans plusieurs interviews à la presse, il a toutefois demandé un peu de souplesse dans les échéances d'assainissement des finances publiques pour ne pas étouffer toute tentative pour le pays de repartir.
"Nous ne demandons pas plus d'argent mais du temps pour respirer", a-t-il déclaré, faisant de "la croissance" sa priorité.
Avant toute révision des exigences imposées à la Grèce, Mme Merkel a réaffirmé vouloir attendre le rapport de la troïka (UE, FMI et BCE), une position partagée par le président français François Hollande avec qui elle a dîné jeudi soir.
Pour sa part, Antonis Samaras s'est dit convaincu que ce rapport, attendu en septembre, "signalera que le gouvernement (grec) aura très vite des résultats".
La rencontre, dont on n'attendait pas grand chose, a laissé de marbre les marchés boursiers, les principales Bourses européennes évoluant tout de même légèrement dans le rouge, à l'instar du Dax de Francfort qui perdait 0,35% à 13H40 GMT.
Les dirigeants allemand et grec ont multiplié les efforts pour afficher leur unité et leur compréhension réciproque, alors que plusieurs responsables allemands avaient récemment évoqué la possibilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro.
Entre autres, le président du groupe parlementaire CDU/CSU Volker Kauder a déclaré vendredi sur la chaîne ZDF que l'on ne pouvait "négocier ni les délais ni le contenu" du programme réclamé à la Grèce et que sa sortie de la monnaie unique "ne serait pas un problème pour l'euro".
Berlin, qui voit s'approcher l'échéance législative de septembre 2013, fait face à une opinion publique hostile à toute indulgence à l'égard de la Grèce et encore plus, à toute nouvelle sollicitation de son portefeuille.
"La cacophonie crée des problèmes" et "les déclarations toxiques ne peuvent être que négatives", a déclaré Antonis Samaras, demandant à l'Allemagne que cessent ces attaques, surtout au moment où Athènes s'est lancé dans un programme de privatisations.
"Nous sommes un peuple fier. Nous n'aimons pas dépendre de l'argent prêté", a insisté le Premier ministre grec.
Angela Merkel a aussi été dans le sens d'un apaisement des tensions. "Je trouve que c'est mon devoir de faire en sorte que les efforts des autres soient reconnus", a-t-elle déclaré. "Nous devons travailler pour que la majorité des Grecs et la majorité des Allemands voient la même chose", a-t-elle ajouté.
La chancelière a assuré qu'elle allait tout faire pour que l'Allemagne soit "d'une aussi grande aide que possible" afin d'aider la Grèce à remplir ses devoirs.
Le ballet diplomatique de rentrée, avec la crise de la zone euro en toile de fond, doit se poursuivre samedi avec la rencontre d'Antonis Samaras et de François Hollande à Paris. Le président français doit ensuite se rendre à Madrid et à Rome, tandis que Mario Monti est attendu à Berlin mercredi.