TOUT EST DIT

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lundi 23 janvier 2012

François Hollande le fil-de-fériste


À ce moment de la campagne, François Hollande est attendu au tournant. On lui reproche d'être en tête sans le vouloir, d'avancer vers une victoire annoncée sans la mériter, de peut-être devenir président de la République sans avoir été choisi.


Les tenants d'une mystique gaulliste de « la rencontre entre un homme et le pays » ne s'y retrouvent pas, le candidat ne s'étant pas encore offert à la nation, ni la nation au candidat. Les nostalgiques d'une gauche messianique sont déçus par un candidat qui n'a pas encore promis le nirvana social au peuple de gauche.


On reproche à François Hollande de n'être ni François Mitterrand, ni Ségolène Royal. Le premier n'avait pas hésité à promettre la lune, sur un arrière-plan de mythologies ouvrière et républicaine mélangées. La seconde pensait que son seul charisme suffirait à soulever les foules et à les tenir dans une attitude extatique jusqu'au jour sacré du vote.


Mais François Hollande n'est pas François Mitterrand, ni Ségolène Royal, et les moments ne sont pas les mêmes.


Dans un contexte de crise économique aiguë, il est le favori face à un président sortant donné, au-jourd'hui, largement battu. Il est sûr d'arriver premier, à condition de ne pas tomber. Or, il marche sur un fil tendu au-dessus du vide.


À droite l'attend Nicolas Sarkozy, qui imprime sa marque et son rythme. Il provoque le candidat socialiste, lui tend des pièges, l'invitant à se découvrir, à promettre et promettre encore pour mieux le lui reprocher ensuite.


À gauche l'attendent les plus radicaux, qui exigent du souffle social, du nerf idéologique, de l'audace politique, au risque de faire peur aux Français, qui savent que le pays ne peut plus tout se permettre.


Jean-Paul Sartre était prêt à taire la vérité du socialisme soviétique pour ne pas désespérer Billancourt. François Mitterrand à promettre une impossible rupture avec le capitalisme pour l'emporter en 1981. François Hollande est-il prêt à faire gagner la gauche sur un malentendu, ou prendra-t-il le risque de la faire perdre en ne promettant que ce qu'elle pourra tenir ?


Ses discours prochains et son programme bientôt dévoilé le diront.


C'est un tournant pour le Parti socialiste français et la social-démocratie européenne.


Ou bien mener une campagne à gauche toute pour mobiliser son camp par d'audacieuses promesses, et gagner, avant de décevoir et de repartir dans l'opposition pour vingt ans.


Ou bien faire campagne sur un projet équilibrant l'économique et le social, prêchant la patience et un minimum d'efforts, tout en se démarquant d'une austérité de droite, et ne pas être sûr du résultat.

François Hollande commence à fendre l’armure

La  salle était archicomble , les applaudissements et les "Hollande président"  explosaient à intervalles réguliers. Mais au-delà de  la mise en scène , peut-on dire que François Hollande a réussi son rendez-vous du Bourget, dimanche 22 janvier ? La réponse est oui. Il commence à fendre l'armure.

Le favori des sondages, qui peine à susciter l'enthousiasme, avait deux interrogations à lever : l'une d'ordre personnel – a-t-il la carrure ? –,l'autre d'ordre programmatique – a-t-il un  projet ? Il est parvenu à donner un peu plus d'épaisseur aux deux, en une heure et demi de discours qui mêlait le récit et  des propositions concrètes.
Pour densifier son personnage, François Hollande a emprunté tous les registres :  l'émotion – "j'aime les Français, quand d'autres sont fascinés par l'argent" –,  l'évidence – "trente ans de socialisme, une fidélité, une ténacité " –, son histoire personnelle et l'Histoire avec un grand H. Il  a évoqué quelques noms : Mendès France, Mitterrand et quelques dates 1981, 2002. Mais il s'est surtout servi de Nicolas Sarkozy comme d'un contre-modèle pour défendre sa "présidence normale".  Jamais, il n'a cité le nom du président de la République mais, constamment, il s'y est référé dénonçant "la voracité", "les zig-zags", le système "clanique" qui ont, selon lui, marqué le quinquennat. Il y a opposé "la dignité de la fonction", la "quête de l'intéret général",  le rejet des pompes et des ors, la concertation. Les Français, martèle-t-il, veulent "l'apaisement, le respect, une constance."
Pour densifier son projet, François Hollande s'est servi du  "rêve républicain" en se fixant  comme objectif que la jeunesse de 2017 vive mieux que celle de 2012. L'invocation de la  République  lui permet de déborder du seul cadre de la gauche et d'intensifier encore ses critiques contre le sarkozsyme, qu'il cherche visiblement à présenter comme une simple parenthèse dans l'histoire française. Il dénonce "les puissances de l'argent" ,  la "sécession des riches", brandit  "l'égalité", "la justice", défend "la laicité", promet d'inscrire dans la constitution la loi de 1905 et vante la République diverse "où chacun trouve sa place".
A-t-il gauchi son discours pour plaire  à ceux qui, à gauche, le trouvent trop mou ? Oui dans ses tirades contre les dérives de la finances,  dans l'annonce d'une loi bancaire dès le début du quinquennat, dans sa volonté d'encadrer les honoraires  médicaux ou de   bloquer les loyers dans les zones où les prix deviennent exorbitants. Non, dans sa volonté réitérée  de revenir à l'équilibre des finances publiques en 2017 ou  dans son refus de créer des postes de fonctionnaires, tout devant se faire par redéploiement. Pour prouver qu'il est de gauche, Hollande préfère la méthode Mendès à celle de Mitterrand : le temps long pour les réformes de structure comme la fiscalité, et  quelques urgences comme l'emploi, le logement, la santé.
Au Bourget, François Hollande a commencé à revêtir son habit de candidat à la présidentielle avec cependant un gros angle mort : l'Europe. Le sujet, visiblement, ne passionne pas ses troupes. C'était le moment de son discours où la salle a failli décrocher. François Hollande a du mal à convaincre qu'un nouveau traité de l'Elysée qu'il souhaite conclure avec l'Allemagne remettra l'Europe sur le chemin de la prospérité. C'est la limite de  son opération présidentialisation. Il s'est crédibilisé sur la scène nationale mais pas sur l'échiquier européen.

QUELQUES COMMENTAIRES AU HASARD DU WEB.
Je ne donne pas 6 mois avant que les Français ne le regrettent (Sarkozy) après la victoire de Hollande. Car il y a plus versatile que les politiques, ce sont ceux qui les élisent.

En effet, si la tempête se calme on peut changer de capitaine. Cependant, un capitaine de pédalo ne semble pas la meilleure solution pour gouverner le navire.
 
Messieurs les Français, je vous suggère cette nouvelle devise :
Bavardez moins pour travailler plus.
…… et vous verrez, tout ira mieux


Il a dit , l’autre que ses ennemis étaient les financiers! C’est bien, sauf que les financiers qui nous intéressent ne sont pas en France. Dommage pour lui, ce qui est désolant c’est qu’il y a des français pour le croire. Après la tempête j’ai peur de voir arriver l’ouragan. Angela a du eclater de rire. Vient voir mon petit François, je vais t’apprendre à me lécher les bottes.


La gauche va perdre. Pourquoi ? Parce-qu’elle ne veut pas voir la réalité en face.
Retraite à 60 ans ? Impossible ! Comment la financer ? Quasiment tous les pays europ. sont à 65 ans voir 67 ans !!
Engager 60 000 profs en 5 ans ? Comment ?! Il y a de moins en moins d’étudiants pour réussir les concours ! L’an dernier, il y a eu moins d’embauches que prévus car les étudiants n’étaient pas assez qualifiés !
Une banque d’investissement française ? Qui va mettre sur la table les milliards nécessaires ?
Un impôt de 45 % sur les revenus sup annuelles à 150 000 euros ? Ok ! : Multiplication des niches fiscales + !
Aucun mot sur la note de Fitch sur la france Lundi alors que 3 jours avant, c’était la catastrophe ! RIDICULE
Bref, si il passe, dans 3-4 ans on saura au niveau de l’Espagne ou du Portugal..
Bref, un candidat qui veut diminuer la dette française ? Qu’on me laisse rire…


Et dans six mois le France s'appellera FRANCIA CONCORDIA

Sarkozy cible Hollande et se voit président après mai

Nicolas Sarkozy a multiplié dimanche à Cayenne les attaques contre le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, qui prononçait au même moment au Bourget, à 7.000 km de là, son premier grand discours de campagne.
Le chef de l'Etat, qui briguera probablement un second mandat, adressait ses voeux à la France d'Outre-mer et a paru, tout au long de son discours, ne pas envisager d'autre issue que sa réélection, bien que les sondages le donnent battu.
Sans jamais nommer François Hollande, il a invité les Français d'Outre-mer, qui représentent environ 4% de l'électorat, à ne pas faire confiance à un homme qui "dirait toujours oui, parce que ça cacherait quelque chose".
Il a qualifié d'"un peu folklorique" la visite d'une demi-journée effectuée lundi dernier par le candidat du PS à Cayenne.

Nicolas Sarkozy a défendu sa conception d'un "développement endogène" des départements et territoires d'Outre-mer (Dom-Tom), dans laquelle le dirigeant socialiste, qui prône un "développement solidaire", voit un désengagement de l'Etat.
Lors de sa récente tournée aux Antilles, François Hollande avait estimé que le mot "endogène" faisait penser à "indigène" - un jeu de mot dénoncé par le chef de l'Etat - "Il ne faut pas plaisanter avec ça", a-t-il dit.
Nicolas Sarkozy a également opposé sa vision d'un système d'incitation fiscale pour stimuler l'économie, auquel il dit ne pas vouloir toucher, à la conception, prêtée à la gauche, d'une politique de subventions directes.
"ICI CE N'EST PAS LE FAR WEST"
Plus généralement, il a accusé la gauche d'ambiguïté envers les indépendantistes des Dom-Tom.
"J'appartiens à une famille politique qui n'a jamais considéré qu'il fallait accompagner les Outre-mer vers l'indépendance. Je n'ai jamais été l'allié d'un parti indépendantiste et je ne le serai jamais", a-t-il dit.
Le chef de l'Etat a longuement défendu sa politique envers les Dom-Tom mais s'est aussi attaché à "tracer des perspectives pour l'année qui vient", comme si la défaite, le 6 mai, était pour lui exclue. Un message qu'il s'est d'ailleurs efforcé de distiller tout au long de sa visite de deux jours en Guyane.
"Je suis là et je reviendrai encore", a-t-il ainsi déclaré samedi matin à des Amérindiens du Haut-Maroni.
"La Guyane, j'y viens très souvent et j'ai bien l'intention de continuer", a renchéri le soir, devant des gendarmes et des militaires, Nicolas Sarkozy, qui est venu six fois dans ce Dom en tant que ministre de l'Intérieur et chef de l'Etat.
Et d'annoncer dimanche qu'il irait dans l'Océan indien et à La Réunion "au premier semestre de cette année", sans préciser si ce serait pendant la campagne ou après l'élection.
Dans un département, la Guyane, où faits divers sanglants et règlements de compte entre orpailleurs clandestins défrayent régulièrement la chronique, il a par ailleurs renoué avec les thèmes sécuritaires qui lui avaient permis en 2007 d'y devancer son adversaire socialiste de l'époque, Ségolène Royal.
"Le combat (...) contre les mafias de l'orpaillage clandestin comme contre les mafias de la délinquance quotidienne sera sans relâche", a-t-il lancé. "Ici, ce n'est pas le Far West et ça ne deviendra jamais le Far West."
Il a promis de ne pas laisser les chercheurs d'or illégaux, en majorité brésiliens comme les neufs orpailleurs qui se sont entretués vendredi, importer sur le territoire de la République française "des pratiques mafieuses."
Dans un Dom où les étrangers représentent 37% de la population, il a réaffirmé son opposition au vote des ressortissants non-communautaires aux élections locales, défendu de nouveau par François Hollande dans son discours du Bourget.
Mais Nicolas Sarkozy a également multiplié les promesses à l'adresse des Dom-Tom, comme le développement de l'offre de formation dans ces territoires en proie à un chômage plus de deux fois plus élevé qu'en métropole, ou la négociation de réductions de tarif avec les opérateurs de téléphonie mobile.

Les créanciers privés de la Grèce ont fait leur "offre maximale"

Le représentant des créanciers privés de la Grèce a déclaré dimanche que ces derniers avaient atteint les limites des pertes qu'ils étaient prêts à concéder dans le cadre d'un échange de dette "volontaire", ajoutant que la balle était désormais dans le camp des bailleurs de fonds internationaux d'Athènes.
La Grèce négocie depuis des mois avec ses créanciers les modalités de l'effacement d'une partie de sa dette, condition essentielle à la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards. Du fait de longues formalités d'application, le pays a besoin d'un accord sur ce plan de participation du secteur privé (PSI) dans les tout prochains jours, sous peine de faire défaut dès la fin du mois de mars.
Pour y parvenir, le gouvernement grec doit trouver un accord avec le secteur privé, mais aussi obtenir le feu vert de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI), qui insistent sur le fait que l'endettement grec soit suffisamment réduit pour redevenir viable.
Des sources proches des pourparlers ont rapporté ce week-end qu'Athènes et ses créanciers obligataires se rapprochaient d'un accord mais que de nombreux détails devaient encore être réglés. Selon elles, les discussions s'orientent vers une perte de 65 à 70% pour les investisseurs privés.
La Grèce et ses créanciers se sont globalement mis d'accord sur le fait que les nouvelles obligations auraient une maturité de 30 ans et un taux d'intérêt progressif atteignant 4% en moyenne.
"Ce sur quoi je suis confiant, c'est que notre proposition, qui a été transmise au Premier ministre (Lucas Papadémos), est la proposition maximale par rapport à un PSI volontaire", a déclaré Charles Dallara, directeur général de l'Institut de la Finance internationale (Ifi), le lobby bancaire qui représente les créanciers privé dans les négociations.
S'exprimant au micro de la chaîne Antenna TV, il n'a pas donné de détails sur l'accord ou le niveau du coupon.
Le caractère "volontaire" de la restructuration de la dette est important car il doit permettre d'éviter que l'opération soit considérée comme un événement de crédit, ce qui déclencherait le paiement des 'credit default swaps' (CDS), assurances contre le risque d'un défaut grec.
PRESSIONS DU FMI
L'attention va désormais se porter sur la réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi, le marché se demandant si les Européens et le FMI considéreront que le niveau de décote négocié est suffisant.
"Maintenant tout repose sur la réaction des institutions européennes et bien sûr le FMI à cette proposition", a ajouté Charles Dallara.
Le FMI insiste pour qu'un accord permette à la dette grecque d'être réduite à 120% de son produit intérieur brut (PIB) contre 160% actuellement, comme décidé lors d'un sommet européen en octobre. Le Fonds a également averti que des efforts supplémentaires devaient être entrepris, soit par les créanciers privés, soit par les Etats, pour compenser la détérioration des perspectives économiques grecques.
Une source bancaire proche des discussions a déclaré que le FMI souhaitait que le coupon des nouveaux titres soit inférieur à la moyenne de 4% évoquée par Athènes et ses banques.
"Le FMI fait pression pour un coupon plus bas sur les nouvelles obligations", a dit la source.
Après plusieurs séances de négociations de mercredi à vendredi, Charles Dallara et son conseiller spécial Jean Lemierre ont quitté Athènes samedi mais les tractations devaient se poursuivre par téléphone durant le week-end.
"Nous sommes à la croisée des chemins et je reste plutôt optimiste", a déclaré Charles Dallara dimanche soir.
Un des points clés reste de savoir si les créanciers adhéreront massivement à ce plan de participation volontaire.
"Nous travaillons avec le gouvernement grec, les bailleurs de fonds européens et internationaux et nous pouvons mobiliser une très, très forte participation (du secteur privé)", a dit le patron de l'Ifi.
Avec George Georgiopoulos, Jean Décotte pour le service français

dimanche 22 janvier 2012

La Berd met en garde contre un débat sur la sortie de la Grèce de l'euro

Le patron de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement estime que les conséquences seraient "désastreuses".
Le patron de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), Thomas Mirow, met en garde contre l'ouverture d'un débat sur la sortie de la Grèce de la zone euro, dans un entretien à paraître lundi. "Je considère comme particulièrement spéculatif et dangereux le débat sur une sortie de l'euro et un retour de la Grèce à la drachme. Personne ne sait quelles réactions une telle décision provoquerait", a dit l'Allemand Thomas Mirow au quotidien allemand Handelsblatt. Selon lui, "les investisseurs hors d'Europe verraient une sortie de la Grèce de la monnaie unique comme une raison de remettre en cause l'architecture de l'espace monétaire".
Un tel débat aurait des conséquences désastreuses sur l'avenir de la zone euro et pourrait provoquer une panique bancaire, ajoute-t-il, dans cet entretien partiellement rapporté au style indirect. Thomas Mirrow estime par ailleurs que la Grèce nécessitera pendant des années des aides financières, étant donné les réformes de longue haleine qu'elle doit entreprendre. "Il faut des réformes structurelles. Cela ne se fait pas en quelques mois, cela dure des années", a-t-il dit.

La riposte de l'UMP contre celui "qui n'a de Mitterrand que le prénom"

Comme l'indiquait samedi Le Monde, la "cellule riposte" de l'UMP, animée par l'ancien ministre de l'intérieur Brice Hortefeux, était réunie ce dimanche 22 janvier au siège de l'UMP, à Paris, pour dégainer ses arguments contre le candidat socialiste au moment même où il prononçait son discours.

Ce fut fait au moment où François Hollande s'exprimait, avec la publication, sur le site www.lechangementcestmaintenant.fr d'un faux "discours du Bourget" de "François... euh Hollande", reprenant l'essentiel de l'argumentaire de l'UMP contre le candidat socialiste depuis son investiture.
Sur le site Internet de l'UMP, trois heures après la fin du discours de François Hollande, six communiqués avaient été publiés, pour attaquer le candidat socialiste tant sur ses propositions que sur sa personne.
>> Lire : Le récapitulatif des propositions de François Hollande
  • La laïcité, "déjà dans la constitution"
Après le discours, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a critiqué la proposition d'inscrire la loi de 1905 sur la laïcité dans la constitution.
"La Constitution dispose déjà que la France est une République laïque", a affirmé M. Guéant à l'AFP. De plus, selon lui, "l'ensemble des textes qui existent sur la laïcité – et il en est bien d'autres que la loi de 1905, nous avons récemment fait un recueil que nous allons baptiser 'code de la laïcité et de la liberté religieuse' – suffisent à faire vivre la laïcité".
Enfin, il a estimé que "la portée du propos de M. Hollande serait forte si lui et ses amis avaient voté un texte aussi laïc que celui interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public". Lors du vote de la loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public, le PS n'avait pas pris part au vote.
Sur Twitter, le secrétaire d'Etat au logement, Benoist Apparu, a également posé la question de l'Alsace et la Moselle, sous concordat : "Loi de 1905 dans la constitution ? Quid de l'Alsace et Moselle ou cette loi ne s'applique pas ?"
  • Les attaques contre la finance, "idiotes"
Invité de l'émission "Le Grand Jury" RTL/Le Figaro/LCI, le ministre de l'économie, François Baroin, a critiqué les attaques de François Hollande contre la finance, désignée par le candidat socialiste comme son "véritable adversaire" : "C'est aussi idiot que dire je suis contre la pluie", a réagi M. Baroin.
  • Le blocage des loyers, "vraiment démago"
Toujours concernant les propositions du candidat socialiste, Benoist Apparu, a réagi sur Twitter quand M. Hollande a abordé les question de logement. Il a jugé l'idée d'un blocage des loyers dans les zones où ils sont excessifs "vraiment demago !" et s'est demandé "depuis quand augmenter le plafond du livret A cela permet de construire plus de logements !".
Il s'est en revanche déclaré "d'accord" avec la proposition de renforcer les sanctions contre les communes ne respectant pas la loi SRU, qui impose d'avoir 20 % de logements sociaux.
"IL N'A DE MITTERRAND QUE LE PRÉNOM"
D'autres critiques ont visé plus directement le candidat socialiste, lui reprochant une nouvelle fois ses "incohérences", son "flou".
Sur Twitter, Guillaume Peltier, membre de la "cellule riposte" de l'UMP, secrétaire national chargé des sondages, a estimé : "On attendait un souffle d'avenir, on a eu le vent du passé ; on attendait le rêve de 2012, on a eu le songe de mai 68 et 81."
Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP a estimé que "dans ce discours fondateur, François Hollande n'a pas fendu l'armure et aura surtout fait la démonstration qu'il n'avait de Mitterrand que le prénom." Dans un communiqué, il reproche au discours de n'avoir apporté "aucun élément nouveau, beaucoup d'annonces non financées, numéro de théâtre autour du thème de l'égalité, beaucoup de formules creuses".
Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP, a de son côté jugé dans un communiqué que "l'incantation, même faite avec réel talent, ne remplace pas un projet de société. François Hollande a d'abord beaucoup parlé de lui. Puis, comme à son habitude, il a beaucoup promis mais en ne disant jamais comment il y parviendrait. La montagne a accouché d'une souris. En une phrase : tout ça pour ça."
HOLLANDE "ESSAYE DE FAIRE SON DISCOURS DU 14 JANVIER"
Dimanche matin, la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, avait estimé sur Radio J que François Hollande,"obsédé" par Nicolas Sarkozy, était "en train d'essayer de faire son discours du 14 janvier" 2007.
Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy avait prononcé à la porte de Versailles un discours considéré comme celui qui lui a permis de prendre l'ascendant, auprès de l'électorat, sur sa principale concurrente, Ségolène Royal. Après ce discours, le rapport de force dans les sondages s'était définitivement établi en faveur du candidat de l'UMP.
"On a l'impression qu'on a un candidat socialiste qui veut parler de lui, mais je crois que ça n'intéresse pas les Français", a encore affirmé la ministre du Budget sur le sujet.
Lors de son discours du 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy avait pourtant beaucoup parlé de lui. C'est à cette occasion qu'il avait lancé son fameux "j'ai changé", répété à dix reprises.

Le secret du succès danois

Alors que la plupart des pays coupent dans le budget de la culture, rigueur oblige, le cinéma danois est devenu l’un des plus importants d’Europe grâce à une politique volontariste de subventions et d’investissement sur la jeunesse. 

Alors qu’ici, au Portugal, on continue à débattre sur les politiques de financement des arts, plus au nord, le Danemark, deux fois plus petit et moins peuplé que notre pays, est devenu l’un des plus importants pays producteurs cinématograhiques.
Comment y est-il parvenu ? En concentrant ses efforts sur les enfants et les jeunes.  Quel est l’intérêt de dépenser l’argent du contribuable pour subventionner des films ? Pourquoi ne peuvent-ils pas "prendre soin" d’eux-mêmes ? Henrik Bo Nielson, le directeur du Det Dansk Filminstitut (Institut du cinéma danois), nous explique que les politiciens ont déjà répondu à ces questions de manière convaincante et dans une perspective à long terme au début des années 1970.
Au Danemark, ce furent des questions importantes, mais qui ne font plus débat. De plus, les réponses prenaient en considération les ambitions que l’on se fixait par rapport aux citoyens et, notamment, aux enfants.

60 spectateurs par séance

Cela se reflète parfaitement dans la loi qui, dans les années 1980, a établi qu’un quart du montant total des subventions versées chaque année au cinéma – environ 70 millions d’euros – devait être investi dans des activités et des productions visant les enfants et les jeunes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : chaque année, au Danemark, il se vend près de 13 millions de billets dans les 162 salles de cinéma du pays, ce qui fait une moyenne de 60 spectateurs par séance.  Dans le Top 20 des films les plus vus, le nombre de productions danoises varie entre cinq et huit en fonction de l’année.
L’Etat finance en moyenne 25 longs-métrages et 30 documentaires ; le budget moyen par film est de 2,5 millions d’euros, et l’Etat finance près de 33% des dépenses. Au Portugal, en 2010, il s’est vendu 16,5 millions de tickets ;  22 longs-métrages nationaux ont vu le jour, mais aucune production portugaise est entrée dans le Top 40. Le marché cinématographique danois, qui inclut la projection dans les salles obscures et la diffusion sur les chaînes de service public, compte près de 22% de films nationaux (au Portugal, ce pourcentage est de 2,5%).
Bo Nielsen n’a aucun doute sur le fait que ces chiffres sont le fruit de la qualité atteinte par le cinéma danois, des aides financières, mais surtout du "talent" et du "plaisir" qui ne cessent de grandir depuis des années. "Si c’est ce qu'on souhaite, poursuit-il, alors il est nécessaire de mettre en place une politique cinématographique nationale, avec des subventions. Il nous est impossible de vivre de la marchandisation actuelle du cinéma  tout en produisant des films de bonne qualité.
Heureusement, presque tous les pays européens considèrent qu’un soutien financier est nécessaire. L’idée, qui traverse toute l’Europe, est que chacun veut avoir la possibilité de raconter sa propre histoire. On constate que les citoyens danois qui financent les films par leurs impôts profitent de ces derniers, comme le montrent les chiffres de fréquentation."

L'attention portée aux plus jeunes

Mais cette histoire à succès a commencé lorsque l’attention portait sur la formation des professionnels du secteur, bien avant que cette politique de subventions n’entre en vigueur. L’Ecole de cinéma danoise, qui a reçu d’énormes subventions de l’Etat, a fleuri dans les années 1970. Les années exceptionnelles, elle arrive à lancer six réalisateurs sur le marché, dont un ou deux viennent d’un autre pays scandinave. Cela crée un climat de compétition qui attire des jeunes créatifs.
"Il n’est pas nécessaire de consacrer la majeure partie du budget à des films que la plupart des gens vont voir, dit Bo Nielson. Si on le faisait, les aides financières seraient presque toutes consacrées aux comédies familiales et aux films de vampires. Comme pour les aides aux arts, il faut se concentrer sur ce que le marché tend à snober. Avoir des politiciens qui acceptent d’investir près de 1,5 million d’euros dans un film que peu de gens voient, à condition qu’il soit artistiquement intéressant, continuera à faire progresser le cinéma."
La clé du succès est l’attention portée aux plus jeunes. Un quart du budget total annuel pour du secteur cinématographique est investi dans des films pour enfants. Cela a un impact colossal. Cela veut surtout dire qu’il devient plus facile de financer des productions d’autres genres quand le nombre de spectateurs augmente. En 2010, par exemple, un quart des centaines de milliers de spectateurs de la Cinémathèque de Copenhague avait moins de 7 ans.
Il y a donc une stratégie établie, une stratégie qui s’étend jusqu’au marketing et la distribution des films, régulièrement projetés dans des séances réservées aux écoles. Chaque année, les programmes sont élaborés pour s’assurer que tous les enfants d’âge scolaire ou préscolaire y ont bien accès. Il y a des guides pour les professeurs (également accessibles aux parents), pour que les films puissent être étudiés. Une importante collection de plusieurs centaines de courts-métrages et de documentaires peuvent être téléchargés gratuitement sur le site géré par l’institut.
Pour Bo Nielsen, l’aide au cinéma pour les jeunes et les enfants est également une question de justice sociale. "Il est évident que les enfants des classes moyennes et supérieures vont souvent au cinéma. Ils reçoivent une bonne éducation. Mais les enfants des classes plus défavorisées auront-ils l’opportunité d’aller au cinéma si l’Etat n’intervient pas ? La réponse est non, ils ne l’ont pas.”


Palmarès

Un cinéma très récompensé

En plus de la fréquentation des salles de cinéma, la bonne santé du cinéma danois se traduit par la moisson de prix que récoltent les films “made in Denmark”.
Rien qu’en 2011, Hævnen (In a Better world), de Susanne Bier a obtenu un Golden Globe award et un Oscar pour meilleur film étranger, alors qu’au festival de Cannes, Melancholia, de Lars von Trier, a eu le prix d'interprétation féminine (Kirsten Dunst) et Drive, de Nicolas Winding-Refn, celui de la mise en scène. L’année précédente, le documentaire Armadillo, de Ronnie Fridthjof, avait reçu le Grand prix de la semaine de la critique.
Parmi les films pour la jeunesse, Kidnappet, de Vibeke Muasya, a obtenu deux Elephant d’or au Festival d’Hyerabad, tandis qu’en 2010, au Festival de Zlín (République tchèque), le plus ancien pour cette catégorie de films, Karla og Jonas, de Charlotte Sachs Bostrup, a eu le Don Quixote Award et Storm, de Giacomo Campeotto, le prix The Golden Apple.

Vers l’Union sans enthousiasme

Le 22 janvier, la Croatie doit ratifier par référendum son traité d’adhésion à l’Union. Mais, au moment d’entrer dans une Europe en crise, la campagne a surtout été marquée par les doutes et une nouvelle rhétorique nationaliste.
Après la signature du traité d’adhésion de la Croatie à l’UE [le 9 décembre 2011], le plus beau, le plus touchant et le plus original message de bienvenue n’est pas venu de Zagreb ni de Bruxelles, mais de Pologne. Sur YouTube, de nombreux Polonais, notamment des jeunes, ont souhaité la bienvenue à la Croatie sans hypocrisie ni faux pathos, dans une ambiance de joie spontanée [en cas de oui au référendum du 22 janvier, la Croatie entrera dans l’UE le 1er juillet 2013].
Les Polonais ont ainsi prouvé que l’Europe actuelle, secouée par la crise, les doutes et les divisions, peut et doit être l’Europe des valeurs communes, de la joie et de l’espoir. Bruxelles a tendu la main à la Croatie, mais la Pologne a ragaillardi l’âme croate.
Les Polonais sont eux-mêmes entrés dans l’Europe en nourrissant de nombreuses craintes, notamment celle de la perte de leur souveraineté et de la mort des paysans. Comme en Croatie, l’Eglise catholique polonaise a plaidé pour l’Europe avec la crainte à peine dissimulée que les grands pays voisins ne se mettent à refaçonner le passé et l’avenir du pays.

Les Croates, plus européens que l'Europe

Contrairement à ces craintes, la Pologne a montré qu’on peut réussir son adhésion à l’UE au moment où la plupart des grands pays, puissants et riches, traversent une crise profonde. La Pologne est restée Pologne et est devenue Europe. Il n’a pas été nécessaire de créer une nouvelle Euroslavie dans les Balkans pour que la Croatie obtienne son ticket d’entrée dans l’UE.
L’histoire des négociations d’adhésion, aussi longues que pénibles, a été pavée des préjugés, d’idées reçues, de peurs et d’ignorance, en jouant les cordes catastrophiste, xénophobe, nationaliste et provinciale, mais également cosmopolite et supranationale.
Ainsi, l’ancien président Tudjman, qui plaidait pour l’Europe a-t-il claqué la porte dans un excès d’orgueil en refusant de rejoindre le Groupe de Visegrad (composé de la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la Slovénie), en considérant que la Croatie n’avait pas besoin de s’allier avec les anciens satellites de la Russie.
D’autres, en revanche, à l’instar de l’ancien Premier ministre Sanader, ont été prêts à accepter n’importe quoi pour accélérer l’adhésion, au prix de fausses promesses, comme celles selon laquelle la Croatie allait entrer dans l’UE en même temps que la Bulgarie ou la Roumanie.
L’Europe ne tolère plus d’adhésion au rabais, mais elle n’a pas “détesté tout ce qui était croate”, comme certains ont voulu le croire. Cette Europe s’est employée à pacifier la poudrière balkanique, mais elle n’a pas hésité à reconnaître les acquis de chaque pays sur la voie du respect des conditions imposées.
Après la Slovénie, c’est la Croatie qui a amarré le plus rapidement dans le port européen sans devoir attendre ses voisins.
L’Europe actuelle n’est pas un pays de cocagne. Dans le contexte de la crise, même les plus grands pays, comme l’Allemagne ou la France, ont accepté de se priver d’une part de leur souveraineté.

Une jeunesse libérée des mythes toudjmaniens

Dans cette Europe, personne ne plaide pour la refondation d’une nouvelle Yougoslavie ni pour la résurrection du communisme. Dans cette Europe, la langue croate est reconnue comme une langue officielle, et Zagreb a le droit de demander la protection de tout ce qui relève de son patrimoine, sa tradition ou ses particularités.
Après la signature du traité d’adhésion, de nombreux mythes nationalistes se sont écroulés et les préjugés régionaux sont devenus caducs. Le référendum se prépare sans bagage mythomane, mais avec certaines nouvelles questions posées par la jeune élite intellectuelle, libérée des mythes toudjmaniens. Toutefois, cette dernière propose des réponses qui ne sont pas moins dangereuses.
Dans ses généralisations simplistes cette élite affirme que l’Europe a depuis longtemps trahi ses principes, voire qu’elle s’est elle-même balkanisée bien avant que les Balkans ne deviennent européens, de même que la Croatie s’est balkanisée avant de devenir européenne.
D’après ce courant de pensée, on n’a pas besoin de cette Europe enfoncée dans la crise économique, ni de celle des valeurs, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Bref, on exige une Europe parfaite pour une Croatie qui est elle-même loin de cet idéal.
Ces nouveaux Croates “irréprochables” se montrent plus arrogants que les Français, plus têtus que les Anglais et plus irresponsables que les Grecs. Ils ne s’excuseront jamais de leurs prophéties ratées, mais ils sont prêts à condamner la Croatie tout entière à un avenir stérile en se considérant comme étant plus européens que l’Europe.
Jadis, on se vantait d’être “le plus ancien des peuples européens” ; aujourd’hui, on est fiers d’être “le peuple le plus exigeant”.

Pronostic

Le “oui” sur la bonne voie

Selon l’un des derniers sondages avant le référendum du 22 janvier, réalisé auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, le oui à l’adhésion à l’UE l’emporterait avec 60% des voix. Kukuriku, la coalition de centre gauche au pouvoir depuis novembre, ainsi que le HDZ (conservateur), qui était au pouvoir lors des négociations et qui est aujourd’hui le principal parti d’opposition, ont appelé à voter oui. Tout comme l’Eglise catholique.
Les adversaires de l’adhésion à l’UE, qui pourraient recueillir 31% des suffrages dimanche, se recrutent parmi les partisans des petits partis de la droite nationaliste et les sympathisants de la gauche anticapitaliste. Le oui mène largement dans la population diplômée, gagnant 500 euros ou plus, et vivant dans la capitale Zagreb et dans la province d’Istrie. Les enquêtes prévoient une participation au référendum d’environ 60%.

François Hollande : "Je serai le Président de la fin des privilèges"

On lui reprochait de trop se comparer à Nicolas Sarkozy sans faire de propositions concrètes. Alors, à l'occasion de son premier grand meeting de campagne ce dimanche au Bourget (Seine-Saint-Denis), devant une foule estimée à quelque 25 000 personnes (parmi lesquelles 10 000 militants), François Hollande s'est attelé à faire exactement l'inverse.
A une exception notable toutefois, lorsqu'il s'est agi pour lui d'évoquer sa propre conception de l'exercice de la fonction suprême : "Présider la République, c'est refuser que tout procède d'un seul homme, d'un seul raisonnement, d'un seul parti qui risque de devenir un clan. Présider la République, c'est accepter de partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions, c'est ne pas nommer les présidents des chaînes et des radios du service public, c'est garantir l'indépendance de la justice en écartant toute intervention du pouvoir sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d'information."
Pour le reste, le candidat socialiste s'est donc, comme prévu, surtout résolu à parler de lui, revendiquant "une simplicité qui n'est pas une retenue mais la marque de l'authentique autorité. Mon secret, que j'ai gardé depuis longtemps : j'aime les gens quand d'autres sont fascinés par l'argent". Puis d'émettre sa première proposition forte dans la foulée : "Le vote d'une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit et de spéculation. Les produits financiers sans lien avec les nécessités de l'économie réelle seront purement et simplement interdits. Les stock options et les bonus seront encadrés."
"Avec nous"
Le monde de la finance serait en effet "son veritable adevsrsaire", d'où une batterie de mesures à l'échelle européenne pour tenter de le "maîriser", où figurent la création d'"une agence publique de notation" et d'"une taxe sur toutes les transactions financières" qui ne serait pas "le rétablissement de l'impôt de bourse mais une véritable taxe avec ceux en Europe qui voudront la mettre en place avec nous". Une Europe dont il veut faire "une Europe de croissance, de solidarité, de protection", qui s'appuierait sur "l'élaboration d'un nouveau traité franco-allemand, un demi-siècle après le traité de de Gaulle et Adenhauer", qu'il compte lui-même proposer à Angela Merkel d'ici janvier 2013.
La France ? Le candidat a évidemment eu quelques mots pour elle, dans un discours penchant ostensiblement plus à gauche que les précédents. En commençant par plaider pour la mise en place d'une "banque publique d'investissement" pour aider à la "réindustrialisation" du pays. Puis en rappelant son engagement à ce que "la part du nucléaire soit réduite à 50% d'ici à 2025", le temps d'élaborer un plan de sortie viable. Avant de promettre un retour à "l'équilibre budgétaire en fin de mandat", au moyen de la suppression des "niches accordées aux ménages les plus aidés et aux grandes entreprises".
"Divisé par deux"
"Je serai le président de la fin des privilèges parce que je ne peux pas admettre que pendant que certains s'enrichissent sans limite, 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, dont beaucoup trop d'enfants. L'égalité, ce n'est pas l'égalitarisme, c'est la justice ; ce n'est pas l'assistanat, c'est la solidarité. Les Français n'ont rien à craindre de l'égalité, de la redistribution", a-t-il, au passage, mis en avant. Promettant alors que "le livret A verra son plafond doublé afin que tous les Français puissent financer le logement social". Puis que des "zones de sécurité prioritaires" seront créées "là où il y a les taux de délinquance les plus élevés", pour que "ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas" ne lui échappent plus.
Dernière grande thématique abordée par François Hollande, peut-être celle sur laquelle il mise le plus : la jeunesse. "La promesse républicaine, c'est que chaque génération vivra mieux que la précédente. Cette promesse est trahie. C'est avec la jeunesse que je veux présider la France. A la fin du quinquennat, le nombre de jeunes sortant sans qualification du système scolaire doit être divisé par deux." Au contraire du nombre de fonctionnaires, donc. Puisqu'il a également promis d'abroger la règle du non remplacement de la moitié de ceux partant à la retraite s'il est élu. Tandis que, suivez son regard, "ceux qui ont commencé à travailler tôt pourront partir en retraite à 60 ans à taux plein".
Ses autres propositions :
- introduire "le non-cumul des mandats pour les parlementaires"
- instaurer le droit de vote des étrangers aux élections locales (c'est sûr, ils voteront socialiste)
- égalité salariale hommes-femmes, droit au mariage et à l'adoption "pour tous"
- inscrire la loi de 1905 sur la laïcité "dans la Constitution" car la laïcité est "une valeur qui libère et qui protège" face "aux communautarismes"
- réduire "de 30 %" les salaires du président de la République et des ministres
- encadrer "les loyers là où les prix sont manifestement excessifs"
 ET N'OUBLIONS PAS LES COIFFEURS, IL IMPOSERA LE RASAGE GRATIS

CES "ARTISTES" QUI VOTERONT HOLLANDE

LES LAIDS LES HAS-BEEN OU FUTUR CHÔMEURS.

BALASKO LA GRANDE GUEULE VULGAIRE.

PODALIDES QI VOTERA AVEC SES PIEDS

BENJAMIN LE PIOLET DANS LE DOS

LES DEUX CRÉTINS DE SERVICE

ANÉMONE, LA RATÉE

NOAH LE MILLIONNAIRE QUI VIT AUX ETATS UNIS (POUR PAS PAYER D'IMPOTS EN FRANCE)

"Dans la zone euro, c'est le marché qui gouverne"

La politique ne se fait pas à la corbeille", lançait le général de Gaulle le 28 octobre 1966 quand la Bourse plongeait, après avoir exagérément monté, en 1962. L'économiste André Orléan, directeur de recherche au CNRS, rappelle cette formule pour montrer, dans un entretien au Monde, que le pouvoir politique est aujourd'hui assujetti aux décisions des marchés financiers. De la même façon, il trouve "disproportionné" l'affolement qui a suivi la dégradation de la note de la France par l'agence de notation Standard & Poor's.

André Orléan, 61 ans, vient de recevoir le prestigieux prix Paul-Ricoeur pour son ouvrage L'Empire de la valeur. Refonder l'économie (Seuil, 2011). Il déploie dans ce livre une critique de fond des économistes "néoclassiques", qui veulent faire croire à l'"objectivité" des valeurs financières, quand lui décrit un système subjectif. Pour éviter les fausses évaluations, les crises et les krachs cycliques, mais aussi les politiques de rigueur imposées aux populations, André Orléan affirme qu'il faut repenser la notion de valeur, en comprendre les limites, redonner sa force au pouvoir politique.
C'est pour s'atteler à cette réflexion qu'André Orléan préside l'Association française d'économie politique (AFEP), qui milite pour le pluralisme dans l'enseignement et la recherche en économie. Il est aussi un des quatre signataires du Manifeste d'économistes atterrés (éd. Les liens qui libèrent, 2010), qui remettent en cause la politique de l'Union européenne dans le traitement de la dette souveraine. Le quatuor vient de publier aussi Changer d'économie ! Nos propositions pour 2012 (éd. Les liens qui libèrent).
Qui gouverne en Europe ?
Dans la zone euro, c'est le marché. Le pouvoir politique se conforme à ses priorités et craint ses évaluations. On le voit encore avec la dégradation de la note de la France par Standard & Poor's. En même temps, le marché financier est un souverain profondément erratique et incohérent. Il n'est jamais satisfait, comme on le constate avec ces politiques de rigueur qui s'accompagnent d'une croissance faible, elle-même source de nouvelles difficultés. Au final, on a l'impression que, dans la zone euro, la confiance ne reviendra jamais.
Historiquement, la primauté du politique, c'est-à-dire sa capacité à encadrer les intérêts financiers, a eu comme instrument essentiel la banque centrale. Il ne faut pas perdre de vue cette réalité : c'est par le biais de la puissance monétaire qu'il a été possible de faire prévaloir l'intérêt collectif. Mais cela suppose que la banque centrale soit placée sous l'autorité du pouvoir politique. C'est ce qu'on constate dans les grandes démocraties. Cependant cette architecture, qui a fait ses preuves, n'a pas été adoptée par la zone euro. Une Banque centrale européenne (BCE) coupée du politique est une très mauvaise chose. Elle est, en elle-même, l'expression d'une crise très profonde de la démocratie européenne, de son impuissance congénitale.
D'ailleurs, il serait plus exact de dire que l'autonomie radicale de la banque centrale, plus que le résultat d'une doctrine, est la conséquence du fait qu'il n'existe pas de facto de souveraineté européenne. Car l'histoire montre qu'un véritable souverain sait capter à son profit l'institut d'émission, quel que soit son statut juridique. Autrement dit, le premier geste d'un véritable pouvoir politique européen serait de placer la banque centrale sous son autorité.
Quand on entend que "les marchés imposent leurs vues", de quels marchés est-il question ?
Quand on dit "les marchés", on ne dit pas l'économie de marché, ni les marchés de biens. On parle des marchés financiers. On en parle comme s'ils résumaient toute l'économie, et qu'ils étaient rationnels et stables. S'ils étaient aptes à produire des estimations correctes des valeurs et des prix, leur rôle serait utile. Le problème vient du fait qu'il n'en est rien. Ils sont, de ce point de vue, très différents des marchés de biens. Ceux-ci traitent de marchandises réelles, ayant une utilité que les consommateurs peuvent juger, alors que les marchés financiers reposent sur des paris subjectifs, spéculatifs. Ce sont des marchés de promesses. On y vend et achète des anticipations. Leur logique est d'une nature mimétique : chaque investisseur se positionne en fonction de ce que les autres vont faire. Ils ressemblent fortement à ces médias qui cherchent à découvrir non les informations importantes mais celles susceptibles d'être appréciées par le public.
Pour cette raison, un marché financier est par nature mobile, instable, plein de dérapages incontrôlés. Il s'y produit inévitablement des bulles, qui explosent quand l'écart à la réalité devient trop énorme pour être nié. Or la théorie libérale veut nous faire croire que les marchés financiers donnent des valeurs pertinentes, des prix objectifs, et qu'au final l'autorégulation va l'emporter. C'est ainsi que la financiarisation a été vendue aux populations.
Cette construction a été démentie par les crises qui se succèdent, depuis 1987 jusqu'au tsunami financier de 2007 et à la crise d'aujourd'hui. On ne peut se fier aux prix financiers, que ce soit un taux d'intérêt, un taux de change ou le prix d'une action.
Pourquoi leur stratégie finit-elle toujours par l'emporter ?
Il n'en a pas toujours été ainsi. Nous vivons même une situation complètement originale. Dans les capitalismes qui l'ont précédée, qu'ils soient "fordien", "rhénan", "managérial" ou autre, le contrôle des entreprises était soit dans les mains de leur propriétaire, soit, lorsque le capital était trop dilué, dans les mains des directions d'entreprise. Il s'ensuivait une forte diversité des points de vue et des évaluations. Dans ces capitalismes, seul le "flottant" était laissé au marché, le reste était géré au sein d'institutions spécifiques, que ce soient des familles, des banques, à la manière du capitalisme rhénan, ou l'Etat, comme dans le cas français.
A partir des années 1980, on a liquidé progressivement les blocs de contrôle, jugés trop coûteux, et parce que les jeux du marché faisaient apparaître de fortes opportunités de profit. Ce faisant a émergé une forme nouvelle de capitalisme, financiarisée, où la diversité des points de vue est bien moins marquée car le marché y constitue le coeur des évaluations économiques.
Le capital financier finit-il par englober toute l'activité ?
Que ce soit le marché des actions, qui définit la norme de rentabilité exigée, le marché des changes, qui détermine la valeur de l'euro, ou le marché de la dette, qui impose une rigueur budgétaire, la sphère financière domine tous les choix. Or, à la différence des marchés de biens, la finance a une dimension directement collective. Elle saisit l'économie dans sa totalité à partir d'une analyse de sa macroéconomie, de ses institutions et de sa politique. En conséquence, la primauté du politique sur le terrain de l'évaluation globale se trouve battue en brèche par la finance. C'est une situation inédite, qui met en danger la vie démocratique.
Ainsi, Standard & Poor's justifie sa dégradation de la note française en estimant que l'accord européen du 9 décembre 2011 sur la "règle d'or" budgétaire ne constitue pas "une avancée suffisamment importante" pour sortir la zone euro de la crise. Il n'y a pas lieu de s'offusquer d'un tel jugement : la démocratie suppose la liberté des opinions, et Standard & Poor's peut estimer que la politique suivie met en danger le remboursement de la dette publique.
Ce qui pose problème, c'est le poids disproportionné qui est accordé à cette opinion. A-t-on oublié que ces agences se sont trompées à de multiples reprises - lors de la crise du Sud-Est asiatique en 1997, lors de l'affaire Enron ou lors de l'évaluation des produits titrisés à l'origine de la crise actuelle ? Ce poids disproportionné est le reflet de l'impuissance des autorités politiques à faire valoir une autre vision du monde que celle des intérêts financiers.
Si vous deviez donner un exemple du pouvoir des marchés, ce serait lequel ?
Fin décembre 2011, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de prêter 489 milliards d'euros aux banques au taux très bas de 1 %. Dans le même temps, un pays comme l'Italie doit emprunter, aux banques cette fois, à 5 % ou 6 %. Beaucoup de citoyens s'étonnent de cette différence de traitement au profit des banques. La BCE est bien la véritable puissance financière en Europe. Près de 500 milliards d'euros, c'est considérable, et des prêts à 1 %, pour trois ans, c'est du jamais-vu ! Pourtant, les banques ne se prêtent plus entre elles, leurs notes ont été dégradées, leurs bilans sont encore opaques, la défiance règne. Et de plus, elles n'ont pas vu venir la crise des subprimes, elles ont montré une incompétence notable, et elles ont été sauvées par l'argent public... Nous sommes loin du dogme d'autorégulation des marchés financiers ! En outre, pour une part importante, le financement octroyé aux banques européennes ne va nullement à l'économie réelle mais reste stocké sur des comptes auprès de la BCE !
Pourquoi ces 489 milliards de la BCE vont-ils aux banques et non directement aux Etats ?
La BCE a les moyens d'intervenir pour racheter de la dette. Mais dès qu'il s'agit de soutenir les Etats en difficulté, nos dirigeants et économistes protestent : "Cela va faire de l'inflation, nous allons plomber les actifs de la BCE." Lorsqu'il s'agit des banques, on ne parle plus des risques inflationnistes ou de solvabilité... On met les Etats endettés entre les mains des marchés financiers, qui vont fixer à leur guise le prix de leur aide : actuellement, pour dix ans, 6,5 % pour l'Italie et 5 % pour l'Espagne. Les pays du Sud européen sont condamnés à consacrer une part considérable de leurs recettes budgétaires au remboursement de leur dette, produisant une réduction drastique des dépenses publiques, dramatique pour leur population.
La BCE n'a donc pas le droit de prêter aux Etats. Doit-on le regretter ?
Oui. C'est un choix discutable. Il existe un dogme de l'indépendance de la BCE vis-à-vis des Etats, en vérité imposé par l'Allemagne. Or, il serait rationnel de soutenir des pays solvables qui connaissent des difficultés du fait de l'instabilité des marchés. D'ailleurs, c'est ainsi qu'agissent tous les grands pays, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, mais pas l'Europe. Racheter de la dette ne résoudrait pas tous les problèmes. Mais cela changerait profondément le climat actuel.
L'Allemagne impose l'indépendance de la BCE parce qu'elle craint l'insolvabilité de pays du Sud. Se trompe-t-elle ?
On confond crise de solvabilité et crise de liquidités. L'Italie a des dettes importantes mais elle reste solvable. Il est stupide et dangereux de laisser ce pays payer des intérêts élevés. Si la BCE rachetait de la dette publique, les taux d'intérêt se détendraient immédiatement. On pourrait alors aborder les questions fondamentales, sociales, écologiques, sans oublier la croissance.
Mais nous sommes paralysés par l'intransigeance allemande. Nous sommes dans une situation proche de l'entre-deux-guerres, quand déjà les pays européens menaient des politiques déflationnistes, ce qui a conduit au chômage de masse. Il en est ainsi parce que l'Europe reste très marquée par son adhésion au capitalisme financiarisé.
Comment redonner toute sa force à la gouvernance politique ?
Les historiens nous apprennent que la démocratie ne s'identifie pas à des règles formelles. Si le suffrage universel est un élément important de la vie démocratique, il ne suffit pas de convoquer tous les ans le Parlement européen pour avoir une véritable démocratie. Celle-ci reste formelle si elle ne réussit pas à produire une véritable communauté. Or, rien de tel n'existe en Europe - c'est la juxtaposition de 27 corps politiques qui jamais ne se mêlent. La politique européenne se réduit à des rencontres d'experts dominées par les questions techniques - voyez la "règle d'or" - sans que la question du consentement européen soit posée. Le seul modèle véritablement européen proposé à la discussion est celui qu'avancent les marchés financiers ! Il faut dire que l'Europe est intoxiquée par la financiarisation, ce dont témoigne l'omniprésence des hommes de la finance dans les lieux de pouvoir. Aujourd'hui, Goldman Sachs a supplanté l'ENA pour ce qui est des élites européennes.
Le repli nationaliste est-il une solution ?
Je comprends que la crise européenne puisse conduire certains à avoir la nostalgie de ce qui existait "avant" et même souhaiter y revenir : "Quittons l'euro, nous allons pouvoir faire bouger les taux de change, gérer la dette, décider d'une politique industrielle nationale, etc." Mais l'industrie s'est mondialisée. Les leviers dont nous disposerions en revenant à des communautés nationales ne seraient plus à la hauteur des problèmes. J'ai peur que nous n'ayons d'autres choix que de faire émerger une politique européenne.
En même temps, tout montre que c'est là un projet problématique. En supposant même que les gouvernements nationaux abandonnent leur engagement actuel en faveur d'une Europe financiarisée, il sera très difficile de faire en sorte que la juxtaposition de peuples aux destins séparés accouche d'un peuple nouveau. C'est affaire d'histoire commune, pas de gestion.
Ce manque de solidarité européenne ne provient-il pas aussi de la profonde crise sociale que connaissent les populations ?
Il y a certainement un grave malaise en Europe, l'idée que l'ascenseur social ne fonctionne plus, que les politiques ne protègent plus les populations et laissent les services publics se dégrader. La précarisation s'étend, la paupérisation aussi, on assiste à un délitement syndical, beaucoup de gens ont l'impression que rien ne peut être changé. Une sensation d'irrémédiable gagne. Cela joue dans la crise de la représentation politique européenne, qui apparaît de plus en plus comme déconnectée des réalités.
Pourquoi, avec d'autres, avoir fondé les Economistes atterrés et publié le livre "Changer d'économie !" ?
Malgré l'impact mondial de la crise des subprimes, le diagnostic dominant n'a jamais remis en cause le rôle central des marchés. Dans les différents G20, on a certes critiqué l'opacité des opérations financières, les bonus des traders, les erreurs des agences de notation, les paradis fiscaux, mais la financiarisation n'a jamais été remise en cause. Le mot d'ordre est celui d'une finance rendue efficace parce que devenue transparente. Aux Economistes atterrés, nous ne sommes pas d'accord. Côté transparence, les réformes avancent très lentement. On n'a pas vu grand-chose, si ce n'est l'obligation pour les banques de se constituer de nouveaux fonds propres. On voit surtout des lobbys bancaires qui résistent tant qu'ils peuvent. Notre diagnostic est que la finance a acquis trop de poids dans la macroéconomie.
Pour changer l'économie, je mets l'accent sur la promulgation d'un nouveau Glass-Steagall Act. Cette réforme qui fut adoptée aux Etats-Unis en 1933, puis abandonnée en 1999, institue une incompatibilité radicale entre les métiers de la banque de dépôt et de la banque d'investissement. Ce faisant, il s'agit de faire connaître publiquement la dangerosité de la spéculation et d'en protéger le circuit des dépôts et du crédit.
Une des propositions des Economistes atterrés est que les pays de la zone euro devraient pouvoir pratiquer des politiques budgétaires autonomes - cela implique que la BCE garantisse les dettes. Nous proposons aussi de réduire les niches fiscales et d'imposer plus fortement les plus hauts revenus. J'ajouterai que les banques doivent être incitées à faire leur métier, à savoir investir dans l'économie réelle, créatrice de biens et d'emplois. Il faut réorganiser le métier bancaire, le détourner de la spéculation. Et, chaque fois qu'est proposée une innovation financière, se demander si elle est bonne pour l'économie réelle. Ce serait là un complet changement d'orientation.

FN : Marine le Pen ironise sur le meeting de François Hollande

La candidate du Front national a ironisé ce dimanche sur le meeting que doit tenir François Hollande au Bourget.
« Moi, je fais un grand meeting tous les dimanches, jusqu'au premier tour ». Devant la presse à Bordeaux, Marine le Pen veut rappeler à tout le monde qu'il n'y a pas que le PS qui organise un meeting ce dimanche. La candidate du Front national qui elle aussi doit s'exprimer à ses militants ironise sur la campagne de son adversaire de gauche : « Je ne le fais pas à l'Américaine (...) il n'y aura pas 32 caméras, 18 grues... et Euro RSCG derrière moi (…). Il y a juste une salle avec des Français auxquels plus personne ne s'intéresse et à qui moi, j'ai un grand nombre de messages à faire passer » a-t-elle souligné.
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La présidente du parti d'extrême droite devait ensuite se rendre sur une exploitation viticole afin d'évoquer les problèmes auxquels la filière est confrontée. « La viticulture se porte mal et elle est la victime de ce que je dénonce depuis bien longtemps : la volonté de voir disparaître les indépendants au bénéfice des grandes structures ». Selon Marine le Pen « le vin français est vraiment le produit qui pouvait s'en sortir le mieux au niveau mondial, mais il va mal, ça veut dire que la mondialisation est destructrice et non constructrice ».

Signatures : "Encore loin du compte"

Marine le Pen en a également profité pour faire le point sur son nombre de signatures. « Nous sommes encore loin du compte, le rythme actuel ne nous permet pas d'être rassurés sur la présence qui serait la mienne aux élections présidentielles ». Le 11 janvier, elle disposait de « moins de 300 » promesses de signatures d'élus, selon son directeur stratégique de campagne, Florian Philippot, alors qu'il faut en réunir 500 d'ici au 16 mars pour se présenter à la présidentielle.

Hollande : "Un nouveau traité franco-allemand en janvier 2013"

Cet article sera mis à jour régulièrement pendant le discours de François Hollande. Rafraîchissez la page pour voir les actualisations.

François Hollande tient ce dimanche 22 janvier son premier grand meeting de campagne au Bourget (Seine-Saint-Denis), annoncé comme "un rassemblement de masse" avec quelque 10 000 personnes attendues.
Comme prévu, le candidat socialiste a donné une tonalité très personnelle à son discours. "Je revendique une simplicité qui n'est pas une retenue mais la marque de l'authentique autorité mon secret, que j'ai gardé depuis longtemps : j'aime les gens quand d'autres sont fascinés par l'argent."

Public Senat - Direct par publicsenat
L'ancien premier secrétaire du PS a évoqué le 21 avril 2002, jour où le candidat socialiste Lionel Jospin a été éliminé du permier tour de l'élection présidentielle au profit de Jean-Marie Le Pen : "une blessure que je porte encore sur moi, j'en ai encore la trace. J'en ai tiré toutes les leçons, moi je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n'a jamais rien fait pour aider ces classes-là. Je ne laisserai pas une formation politique se présenter comme la voix du peuple alors qu'elle veut simplement se servir de lui."
Le député de Corrèze a rejeté le mode de gouvernance adopté par Nicolas Sarkozy depuis cinq ans. "Présider la République, c'est refuser que tout procède d'un seul homme, d'un seul raisonnement, d'un seul parti qui risque de devenir un clan, a déclaré François Hollande. Présider la République, c'est accepter de partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions, (...) c'est ne pas nommer le président ou les présidents des chaînes et des radios du service public, (...) c'est garantir l'indépendance de la justice en écartant toute intervention du pouvoir sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d'information. Présider la République, c'est être impitoyable à l'égard de la corruption."
François Hollande a également ciblé "le monde de la finance", son "véritable adversaire". "Il ne sera jamais candidat, et ne sera donc jamais élu. Et pourtant, il gouverne", a fustigé le candidat socialiste. "Maîtriser la finance commencera par le vote d'une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit et de spéculation. Les produits finaciers sans lien avec les nécessités de l'économie réelle, seront purement et simplement interdits. Les stock options et les bonus seront encadrés", a-t-il annoncé.
Le député de Corrèze a également plaidé pour "une agence publique de notation au niveau européen" et pour "une taxe sur toutes les transactions financières, non pas le rétablissement de l'impôt de bourse [mais] une véritable taxe avec ceux en Europe qui voudront la mettre en place avec nous". Une Europe qu'il veut "une Europe de croissance, de solidarité, de protection".
Il compte sur l'Allemagne pour réactiver le moteur franco-allemand : "En janvier 2013, si les Français m'en donnent mandat je proposerai à la chancelière d'Allemagne, l'élaboration d'un nouveau traité franco-allemand, un demi-siècle après le traité de de Gaulle et Adenhauer."
Le récapitulatif des propositions de François Hollande :
- introduire "le non-cumul des mandats pour les parlementaires"
- instaurer le droit de vote des étrangers aux élections locales
- inscrire la loi de 1905 sur la laïcité "dans la Constitution" car la laïcité est "une valeur qui libère et qui protège" face "aux communautarismes"
- réduire "de 30 %" les salaires du président de la République et des ministres
- la séparation des activités de crédit et de spéculation au sein des banques
- une "agence publique de notation au niveau européen"
AUBRY APPELLE LES SOCIALISTES À "SE BATTRE JUSQU'AU BOUT"
Dimanche matin, Martine Aubry, première secrétaire du PS, a appelé les socialistes à "se battre à fond et jusqu'au bout" derrière leur candidat pour la victoire à la présidentielle, dans un discours très offensif où elle accusé Nicolas Sarkozy et l'UMP de tirer la campagne "au ras du caniveau".
"Le projet de notre candidat nous devons le porter partout, dans les campagnes, dans les villes, à la sortie des usines dans les banlieues, auprès de ceux qui aujourd'hui se sentent oubliés, humiliés et qui sont parfois indignés, révoltés", a déclaré Mme Aubry.
UN DISCOURS ANNONCÉ COMME TRÈS PERSONNEL
Le discours du candidat socialiste, prévu peu après 15 heures, est annoncé comme très personnel. François Hollande a confié samedi au Monde vouloir "montrer d'où je viens, le sens de mon action depuis vingt ans, comment je me suis préparé à cette fonction".
ET QUE DIT-IL LE GNÔME, CLÔNE DE MITTERRAND, SUR SON SALAIRE ? 
LE BAISSERA-T-IL ?