jeudi 29 septembre 2011
La Droite populaire rejoint en partie le programme du FN
Parmi les 12 propositions avancées mardi 27 septembre par la Droite populaire, certaines reprennent des thèmes mis en avant par Marine Le Pen, mais ce ne sont pas non plus des "copiés-collés" du programme du FN. Revue de détails.
UNION EUROPÉENNE ET RÔLE DE L'ÉTAT
Au chapitre des différences, l'Europe et le rôle de l'Etat figurent en bonne place. Chez Marine Le Pen, l'idée est claire : il faut sortir de l'Union européenne pour bâtir un "Etat stratège" et interventionniste.
Pour la Droite populaire, il faut "corriger (…) le trop plein de l'Etat providence et ses effets néfastes". Et il n'est pas question de sortir de l'UE. Il faut en outre "redonner confiance en l'Europe en fixant trois priorités : la gouvernance économique et la libre circulation des hommes et des biens tout en maintenant un contrôle extérieur rigoureux aux frontières".
La Droite populaire reprend notamment la taxe Tobin, qui vise à taxer les flux financiers, mais le Front national apparaît d'une manière générale comme plus interventionniste économiquement. La Droite populaire défend notamment l'idée d'un CDI plus flexible et la disparition des CDD.
PATRIOTISME ÉCONOMIQUE
Sur le soutien aux PME et TPE ou la lutte contre la grande distribution, les propositions de la Droite populaire et du FN se font écho.
Comme le FN, la Droite populaire envisage des "barrières douanières modulables pour les importations en provenance des pays qui ne respectent pas les normes sociales et environnementales" dans le cadre de ce qui est nommé une "TVA protection de l'emploi".
Une proposition qui n'est pas sans rappeler le protectionnisme "raisonné" du FN, qui préconise des "écluses douanières" non pas aux portes de l'Europe mais aux frontières françaises. Des droits de douanes qui ne frapperaient pas "de manière uniforme tous les produits importés, mais seraient ciblés selon des critères intelligents et utiles", comme les normes sociales, environnementales et sanitaires.
De la même manière, Droite populaire et Front national défendent un "patriotisme économique".
PARTICIPATION SALARIALE
Évidemment, ce sont sur les thèmes de la sécurité, de la lutte contre l'immigration, de la lutte contre la fraude sociale, de la "laïcité", ou encore sur "le refus du communautarisme" que les points communs sont les plus nombreux.
Il en va ainsi de la limitation "au strict minimum vital" de l'Aide médicale d'Etat (AME) pour les sans-papiers, de l'opposition au droit de vote pour les étrangers, ou des conditions renforcées d'acquisition de la nationalité française.
Ainsi, Marine Le Pen veut supprimer "l'acquisition automatique de la nationalité. Il faudra faire preuve d’un talent, d’une ambition, d’une envie particulière pour devenir français". La Droite populaire aussi, en mettant en place "un droit de la volonté" pour "l'acquisition de la nationalité française à 18 ans".
FN et Droite populaire mettent également en avant une politique de codéveloppement pour inciter les populations candidates à l'immigration à rester dans leur pays d'origine. Côté UMP, on parle d'un "plan Marshall du codéveloppement en jumelant chaque nation européenne à tous les pays de bonne gouvernance".
Côté FN, on veut "prendre l'initiative d'organiser régulièrement une conférence euro-africaine réunissant les pays concernés afin de déterminer les besoins et de mettre en œuvre les moyens destinés à fixer les populations (...) dans leurs pays d'origine", comme le décrit le site du parti d'extrême droite.
Sur plusieurs sujets, le FN va plus loin que la Droite populaire. Ainsi, la Droite populaire veut "restreindre" le regroupement familial "en supprimant son automaticité". Le FN veut, lui, le "supprimer".
Le parti d'extrême droite parle de "rétablir l’expulsion des délinquants multirécidivistes étrangers" quand la Droite populaire veut "rendre possible le non renouvellement du titre de séjour à tout étranger condamné à une peine d'au moins un an de prison".
Ou encore, quand l'aile droite de l'UMP parle "d'instaurer des sanctions renforcées pour les trafiquants", Marine Le Pen, elle, s'est prononcée à plusieurs reprises pour le rétablissement de la peine capitale pour "les gros trafiquants".
LES AIDES SOCIALES
A première vue, le Front national peut paraitre plus "social" que la Droite populaire concernant les aides. Sur le RSA notamment, Marine Le Pen déclare que "le RSA est un minimum auquel ont légitimement droit de nombreux Français particulièrement démunis, et il apparaît totalement stupide de vouloir réduire les revenus de ceux qui ne font aujourd’hui que survivre".
De leur côté, les députés de la Droite populaire veulent "limiter la perception du RSA dans le temps et instaurer une compensation au versement", c'est-à-dire un temps de travail obligatoire. Si la position du FN semble plus "généreuse", il ne faut pas oublier que, concernant les aides sociales ou le logement social, tout passe, au Front national, par le tamis de la "préférence nationale" – véritable pierre angulaire du programme – qui entend réserver les aides aux seuls Français, ce qui n'est pas le cas de l'aile droite de l'UMP.
LUTTE CONTRE LA FRAUDE SOCIALE ET DÉMOCRATIE DIRECTE
La fraude sociale est aussi un des thèmes majeurs que FN et Droite populaire se partagent. Ils tombent d'accord sur la création d'une carte vitale sécurisée ainsi que sur la volonté de renforcer les fichiers existants. Pour le FN, en autorisant le croisement de fichiers, pour la Droite populaire, en créant un registre national centralisé et coordonné.
Au chapitre des institutions, Droite populaire et Front national tombent d'accord sur l'instauration d'un référendum d'initiative populaire, sur le modèle suisse.
Abel Mestre
Eureca, le "plan secret" pour venir en aide à la Grèce
Le casse-tête grec n'en finit pas de faire réfléchir les économistes. Cette fois, c'est le cabinet allemand Roland Berger Consultants qui propose un nouveau plan pour voler au secours de la Grèce et de la zone euro. Baptisé "Eureca", ce projet vise à alléger la dette grecque sans nuire aux créanciers, et à relancer l'économie du pays pour stabiliser l'euro. Un programme ambitieux, dont le mécanisme est calqué sur la Treuhand, le système mis en place en Allemagne au moment de la réunification, en 1990, pour restructurer et privatiser près de huit mille cinq cents entreprises de l'ex-RDA.
Grâce à ces fonds dégagés, la Grèce pourrait alors rembourser une partie de sa dette auprès des pays de la zone euro. Selon les évaluations des experts, cette opération aurait pour effet immédiat de ramener à 88 % son ratio dette/PIB, au lieu de 145 % aujourd'hui. De plus, "l'exposition de la BCE à la dette grecque serait réduite à zéro, ce qui ne peut qu'exercer un effet apaisant sur les contribuables européens".
ÉVITER DE "BRADER" LES ACTIFS GRECS
Le holding européen, de son côté, pourrait restructurer ces actifs grecs avant de les privatiser. Ils seraient privatisés et non plus bradés, ce qui serait le cas s'ils devaient être vendus maintenant, dans l'urgence. C'est ce qui fait toute la force de ce projet, pour l'économiste Jean-Paul Fitoussi, directeur de recherche à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : "On a poussé la Grèce à effectuer un vaste plan de privatisations, et ce que l'on sait, c'est que vendre des actifs à l'heure actuelle serait une catastrophe tant les marchés financiers ne savent pas à quel saint se vouer, et ne savent pas apprécier ces actifs", analyse-t-il. Vendre ces actifs aujourd'hui reviendrait donc à "les brader". Dans cette perspective "si un système est inventé qui permet de différer leur vente, c'est une excellente chose".
Pour maximiser la valeur des actifs privatisés de l'Etat grec, l'institution fiduciaire européenne devrait investir environ 20 milliards d'euros supplémentaires pour les restructurer. Une partie des recettes réalisée grâce à ces privatisations serait alors réinjectée dans l'économie grecque pour relancer la croissance et créer des emplois. Un vaste stimulus qui représenterait 8 % du PIB du pays, et qui permettrait "d'améliorer les recettes fiscales, de créer deux cent cinquante mille emplois, et de relancer la Grèce dans une spirale où elle peut aller vers une réduction de sa dette", selon Charles-Edouard Bouée, membre du comité exécutif du cabinet de stratégie Roland Berger, interrogé par France Info.
"LA DETTE REDESCENDRA SOUS LES 70 % DU PIB"
Les experts allemands tablent ainsi sur une reprise de la croissance grecque "d'environ 5 % par an au cours des trois ou quatre prochaines années, au lieu des 5 % de récession qu'elle affronte aujourd'hui." Une reprise de la croissance "qui permettrait également de faire en sorte d'augmenter les recettes fiscales de l'Etat", selon Bruno Colmant, associé chez Roland Berger, cité par le webmagazine économique belge Express.be.
Le holding serait chargé de piloter la privatisation de ces actifs, avec une échéance fixée à 2025 pour "déboucler" (clore) les opérations. Un horizon beaucoup plus long que la durée de vie de la Treuhand, créée en 1990 et fermée en 1994, "même si un certain nombre d'opérations se sont finalisées au cours des années 2000", note La Tribune. Les économistes de Roland Berger Consultants ont calculé que, même si aucune privatisation n'était réalisée – hypothèse peu probable, souligne le quotidien économique – "la dette de la Grèce redescendra mécaniquement sous les 70 % du PIB, ce qui est une amélioration notable par rapport à la situation d'aujourd'hui".
RÉTICENCE DES BANQUES ET DES MARCHÉS
Ce nouveau plan pourrait apporter une bouffée d'oxygène à une économie grecque asphyxiée par la pression des marchés. "C'est une solution qui pourrait être extrêmement attractive pour les Grecs, car il s'agit d'une relance économique, et en même temps cela permettrait d'arrêter la spéculation", analyse Charles-Edouard Bouée. Les spéculateurs devraient en effet encaisser leurs pertes, ce qui devrait freiner la spéculation sur d'autres dettes et limiter la casse dans la zone euro.
Toutefois, ce plan ne fait pas l'unanimité. Le gouvernement allemand et certains responsables de la troïka (l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international) se sont prononcés en faveur d'une telle mesure. Mais le projet risque de se heurter à l'opposition des banques et des marchés financiers, "les premières parce qu'elles ont probablement leur idée sur la privatisation des actifs grecs, les seconds parce que la situation d'incertitude actuelle permet des jeux multiples et rémunérateurs", analyse La Tribune. D'autant que de nombreux acteurs financiers doutent déjà des estimations de base retenues par le cabinet pour développer leur plan. Notamment celles concernant le montant de la dette grecque, qui aurait aujourd'hui dépassé les 145 % évoqués dans le rapport.
mercredi 28 septembre 2011
Barroso : la crise de la dette est "le plus grand défi de l'histoire" de l'Europe
Le président de la Commission européenne a rejeté la proposition franco-allemande d'un gouvernement de la zone euro piloté par les États.
La crise de la dette est "le plus grand défi de l'histoire" de l'Union européenne, a estimé, mercredi, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, dans un discours devant le Parlement européen. "Nous sommes aujourd'hui confrontés au plus grand défi qu'ait connu notre Union dans toute son histoire", a-t-il déclaré en jugeant non seulement "possible", mais aussi "nécessaire" de résoudre la crise "financière, économique et sociale" que traverse actuellement l'Europe.
La question des euro-obligations divise
Il a confirmé que ses services allaient prochainement présenter des options possibles pour la mise sur pied d'euro-obligations dans les prochaines semaines. "Certaines de ces options pourront être mises en oeuvre dans le cadre du traité existant, tandis que des euro-obligations à part entière nécessiteraient un changement de traité", a-t-il souligné.
"Une fois que la zone euro sera dotée des instruments nécessaires pour assurer tant l'intégration que la discipline (économique), l'émission de dette commune sera considérée comme un pas naturel et avantageux pour tous", a-t-il dit tout en posant la "condition que de telles euro-obligations soient des obligations de stabilité". Les États membres pourront "saisir pleinement les avantages d'un plus grand marché pour l'émission de dette souveraine", a-t-il encore plaidé.
La question des euro-obligations divise aujourd'hui les États européens. Alors que des États en difficulté comme la Grèce plaident pour leur création, la France ne les exclut pas à terme, tandis que l'Allemagne, le meilleur élève de la zone euro qui bénéficie aujourd'hui des meilleures conditions d'emprunt sur les marchés, ne veut pas en entendre parler. Berlin redoute notamment que cela ait des conséquences néfastes sur les taux qui lui sont proposés.
Les euro-obligations, mécanisme de mutualisation de la dette des pays, sont perçues par leurs promoteurs comme le seul moyen de régler durablement la crise de la dette dans l'Union monétaire.
Plus d'institutions
José Manuel Barroso a par ailleurs rejeté de facto la proposition franco-allemande d'un gouvernement de la zone euro, piloté par les États, estimant que cette fonction revenait à ses services. "La Commission (européenne) est le gouvernement économique de l'Union, pour cela nous n'avons assurément pas besoin de davantage d'institutions", a-t-il déclaré.
En août, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient proposé la constitution d'un "gouvernement économique" de la zone euro pour aider au pilotage des politiques nationales. Ils ont proposé que le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, en prenne la tête. Ce qui est mal perçu par la Commission, l'exécutif européen ayant le sentiment d'être marginalisé par ce projet. Pour ce faire, "nous avons besoin plus que jamais de l'autorité indépendante de la Commission. Les gouvernements ne peuvent le faire seuls. Pas plus que cela ne peut être réalisé par des négociations entre gouvernements", a martelé le président de la Commission européenne.
Les femmes ont mis plus de quarante ans à conquérir le monde du travail
1972. L'égalité de salaire homme-femme garantie par la loi. Inscrite au code du travail, elle est renforcée en 1983 par la loi Roudy qui interdit la discrimination professionnelle en raison du sexe. Deux ans auparavant était créé par François Mitterrand l’éphémère ministère des Droits de la femme, disparu en 1986.
1992. Nicole Notat élue secrétaire générale de la CFDT. C’est la première femme à diriger un syndicat de salariés.
2001. Loi Génisson sur l’égalité professionnelle homme-femme. Comme les deux précédentes, elle peine à être appliquée.
2005. Laurence Parisot au Medef. Première femme à la tête du patronat français, elle a été réélue en 2010.
2006. Loi sur l’égalité salariale homme-femme. Elle prévoit de supprimer les écarts de rémunérations en 2010.
2011. Christine Lagarde au FMI. C’est la première femme élue à la direction générale du Fonds depuis sa création, en 1944.
Le plan secret allemand pour sauver la Grèce
Comment résorber le surendettement grec, relancer l'économie du pays et ruiner les spéculateurs ? Réponse dans le plan Eureca concocté par d'influents consultants allemands.
Équation difficile à résoudre et que n'intègrent pas les plans en cours de discussion aujourd'hui. Ce plan existe. Baptisé « Eureca », il a été mis au point par des consultants très influents auprès du gouvernement d'Angela Merkel, pilotés par Martin Wittig, CEO du groupe Roland Berger. Il se décline en six phases essentielles, que l'on peut résumer ainsi :
?1. La Grèce cantonne l'ensemble de ses actifs publics (banques, immobilier, téléphonie, ports...) dans une structure commune, sorte d'équivalent de la Treuhandanstalt créée en 1990 en Allemagne pour privatiser quelque 8.500 entreprises est-allemandes, Ces actifs sont évalués à 125 milliards d'euros, en fonction des valorisations déjà connues sur un certain nombre de biens figurant dans la liste de privatisations « officielle ».
?2. Cette structure est achetée par une institution européenne, financée par les États, dont le siège pourrait être situé au Luxembourg, proche de celui du Fonds européen de stabilisation financière. Cette structure est chargée de piloter la privatisation de ces actifs, avec une échéance fixée à 2025 pour déboucler les opérations (ce qui est beaucoup plus long que la durée de vie de la Treuhand, fermée en 1994, même si un certain nombre d'opérations se sont finalisées au cours des années 2000).
?3. Les 125 milliards d'euros ainsi libérés servent à la Grèce pour racheter ses obligations à la BCE et au FESF, ce qui a pour effet immédiat de ramener à 88 % son ratio dette/PIB, au lieu de 145 % aujourd'hui. L'exposition de la BCE à la dette grecque est réduite à zéro, ce qui ne peut qu'exercer un effet apaisant sur les contribuables européens... Les taux d'intérêt sur la dette grecque baissent de 50 %, ce qui permet à Athènes de revenir éventuellement sur les marchés.
?4. Cette institution européenne investit 20 milliards d'euros dans la restructuration des actifs cantonnés afin d'augmenter leur valeur d'environ 50 milliards d'euros. Le montant de ces investissements peut être augmenté de 10 à 15 milliards provenant des fonds structurels européens que la Grèce ne peut pas utiliser en ce moment. Cette injection d'argent dans l'économie, équivalant à 8 % du PIB, desserre l'étau autour de l'économie grecque, et remet le pays sur la voie de la croissance, environ 5 % par an au cours des trois ou quatre prochaines années, au lieu des 5 % de récession qu'elle affronte aujourd'hui. Avec l'augmentation des recettes fiscales ainsi générée, la Grèce s'engage dans un programme de rachat de sa dette de l'ordre de 1 % du PIB par an, ce qui la fait repasser, en 2018, sous la barre des 60 % du PIB.
?5. Les opérations de privatisation sont débouclées en 2025. Si ces opérations dégagent une plus-value, elle est versée à la Grèce, déduction faite des intérêts et frais de gestion. Si elles dégagent une moins-value, la Grèce la prend en charge, mais les économistes de Roland Berger ont calculé que, même si aucune privatisation n'était réalisée (ce qui est une hypothèse extrêmement peu probable), la dette de la Grèce redescendra mécaniquement sous les 70 % du PIB, ce qui est une amélioration notable par rapport à la situation d'aujourd'hui.
?6. Ce plan réduit à néant les gains des spéculateurs qui ne croient pas au sauvetage de la Grèce ou de la zone euro et qui parient sur un effondrement du cours des obligations grecques, mais aussi espagnoles, italiennes et irlandaises et qui devront assumer une baisse des spreads sur les CDS.
Opposition des banques
Quelles sont les chances de ce programme d'être adopté par la Grèce et les gouvernements européens, qui travaillent sur d'autres pistes ? Il repose en grande partie sur un pari : celui de rassembler l'essentiel des actifs publics grecs, soit une liste bien plus large que celle que la Grèce a rendue publique dans le cadre du plan de privatisation de 50 milliards d'euros figurant dans l'accord du 21 juillet. Il porte la conviction que les opérations de privatisation ainsi centralisées hors de Grèce (même si les capitaux grecs se voient accorder une priorité dans les opérations de cession) échapperont au risque de corruption et d'opacité.
Ce plan a d'autres mérites : il propose une voie nouvelle alors que l'Europe tourne en rond depuis le mois de juillet sur le sauvetage de la Grèce ; il évite à Athènes une cure d'austérité des plus graves et donne le temps de mettre en oeuvre les réformes structurelles que le gouvernement s'est engagé à réaliser ; il crée de la croissance immédiate et permet à la Grèce d'entrer à nouveau sur le marché ; il éloigne la perspective d'une crise systémique de l'Europe et il discrédite les spéculateurs. « Notre plan de redressement poursuit un objectif clair: aider financièrement la Grèce à restructurer son bilan et à générer une croissance pérenne », explique Martin Wittig, CEO de Roland Berger.
Même si ce plan est « porté » par un groupe de consultants, il est très probable qu'il n'a pas été conçu en dehors de l'entourage d'Angela Merkel et des experts de la Troïka. Roland Berger est par ailleurs un bon connaisseur du sujet des privatisations puisque c'était déjà ce groupe qui était à la manoeuvre dans la conduite des opérations de la Treuhand... Il lui faudra néanmoins compter avec l'opposition des banques et des marchés financiers, les premières parce qu'elles ont probablement leur idée sur la privatisation des actifs grecs, les seconds parce que la situation d'incertitude actuelle permet des jeux multiples et rémunérateurs.
Primaires PS : Il va y avoir du sport !
A dix jours du premier tour des primaires socialistes, les six candidats devraient montrer leurs muscles ce soir sur i-Télé, deux semaines après un premier débat télévisé un peu tiède.
"L’adversaire de Hollande, c’est Sarkozy"
L’interjection peut surprendre au lendemain d’une grève qui raconte à elle seule un malaise général français. Mais oui, vive l’école ! Quelle autre cause serait capable de faire descendre dans la rue des dizaines de milliers de personnes ?
Peu importent les comptages dérisoires qui, comme d’habitude, montrent un décalage entre les services du ministère et les syndicats : la mobilisation a été suffisamment large pour avoir un sens. Que M. Chatel se rassure : la journée d’hier est représentative d’une incompréhension et d’une exaspération bien plus denses, encore, que les cortèges. Mais combien de temps encore faudra-t-il couvrir de protestations le dialogue de sourds entre le pouvoir politique et la communauté éducative ?
C’est toujours le même symptôme. La panique devant le défi comptable récurrent posé par la massification de l’école frappe le ministre de cécité. Incapable, tout à coup, de discerner l’essentiel. En toute bonne conscience, la France néglige son école élémentaire à laquelle elle a si longtemps accordé une confiance illimitée : n’était-elle pas « la meilleure du monde » ? Mais elle ne l’est plus. Pire : elle reproduit les inégalités qu’elle est censée aplanir. Elle les aggrave, même, trahissant chaque jour la promesse de la République.
Même s’il est au-dessus de la moyenne des investissements pour les collégiens et les lycéens, notre pays est l’un de ceux qui consacrent le moins d’efforts au primaire. Là où tout se joue ou presque. Sans oser l’avouer, les gouvernements successifs se contentent du fait que 70 % à 75 % des écoliers s’en sortent à peu près correctement à la fin du CM2. Ce n’est jamais dit non plus, mais ce pourcentage est jugé, au fond, satisfaisant. Il n’a jamais justifié un élan de révolte pour le faire évoluer. On se rassure même avec des études qui montreraient l’absence de lien entre les effectifs des classes et la réussite…
Les 25 % à 30 % d’élèves qui traînent leurs lacunes de classe en classe n’empêchent pas les politiques de dormir. Ils sont passés en pertes et profits. Toute la différence avec les pays scandinaves, où l’on ne lâche pas la main d’un élève en difficulté avant qu’il ne soit tiré d’affaire, est là.
M. Chatel peut bien s’émerveiller du modèle finlandais — ça ne coûte pas cher — il faudra bien qu’un jour il accepte de tirer les conséquences de ses voyages d’études. Et qu’il ait, enfin, le courage de mettre les Français devant leurs responsabilités. Si nous voulons une école égalitaire pour tous — gage de dynamisme national et de cohésion sociale — alors il faudra s’en donner les moyens. Comment pourrions-nous sérieusement nous exonérer d’un effort monumental pour l’encadrement des jeunes élèves ? Quant à l’école, acceptera-t-elle, de son côté, de se remettre en question pour améliorer son efficacité au quotidien ?
Les enfants méritent cette double révolution des mentalités. Les politiques sauront-ils en faire une ambition ?
Les syndicats enseignants sont responsables de la paupérisation des professeurs
Le triomphe de la gauche aux sénatoriales cache son divorce avec le peuple
Le triomphe de la gauche aux sénatoriales cache son divorce avec le peuple.
Tout dépend cependant de la façon dont vous définissez le peuple...
Mais ces minorités ne s'inscrivent-elles pas elles-aussi dans le peuple ?
Aujourd'hui, le peuple ne se tourne-t-il pas de toute façon vers le Front national ?
La chasse aux riches est ouverte
Bouée pour la Grèce, béquille pour l’euro
Alors, le pire deviendrait certain
François Fillon accuse la gauche de "fouler aux pieds" la présomption d'innocence
François Fillon a accusé la gauche de "fouler aux pieds" la présomption d'innocence dans le dossier Karachi et dénoncé un climat de suspicion qui mine selon lui les institutions républicaines, mardi 27 septembre, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
M. Fillon répondait à une question du chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, sur le basculement du Sénat à gauche et sur la politique du gouvernement. Mais il s'est emporté en évoquant une précédente question posée par Noël Mamère (EELV), sur Karachi, à laquelle il avait laissé répondre le garde des Sceaux Michel Mercier. François Fillon s'est dit "scandalisé" par les "amalgames émanant d'un élu de la République qui ose accuser des membres de la majorité et du gouvernement d'avoir du sang sur les mains".
Mamère : "Certains responsables ont sans doute... par lemondefr
Affaire Karachi : Fillon répond à Mamère par lemondefr
Sous le désespoir, le rire
Ersi Georgiadou connaît bien les Allemands. Elle enseigne leur langue aux Grecs. Ce qui est moins facile qu’à une époque. Cette année, les élèves n’avaient pas de manuel à la rentrée. Ils ont reçu un CD et doivent désormais imprimer les premiers chapitres chez eux ou se procurer les photocopies. Ersi Georgiadou se prend la tête à deux mains et se met à rire. Là aussi, un acte de désespoir.
La sorcière à tuer
Elle doit vivre avec l’idée que, désormais, aux yeux du monde – des Allemands – les Grecs passent pour des voleurs et des tire-au-flanc. Et que la frange de la population qui s’est vraiment rendu coupable de vols a également volé l’avenir du pays. "On ne sait pas ce qui nous attend d’une semaine sur l’autre", soupire Ersi Georgiadou. "Les gens ne pensent qu’au lendemain. On ne parle plus que de survie". Mercredi, c’est le jour de la paie, et l’enseignante ne sait toujours pas quel pourcentage de son salaire elle touchera.D’un côté, un gouvernement incompétent qui panique et brasse de l’air sans stratégie, comme le pensent la plupart des gens ; de l’autre, des voleurs et des fraudeurs, à qui on n’a demandé pour l’heure aucun compte. Ersi Georgiadou se reprend à rire, nous parle de l’île de Zakynthos, où un habitant sur cinq s‘est déclaré aveugle, ce qui serait surprenant d’un point de vue médical, à moins que ce ne soit lié à cette lucrative allocation versée aux non-voyants. Le gouvernement vient d’envoyer des ophtalmologues sur l’île pour en avoir le cœur net. Ersi Georgiadou avoue qu’elle a commencé à stocker des vivres. De l’huile, du riz, du miel. "Mais j’essaie de rester positive". Un jour ou l’autre, les choses finiront bien par se tasser. "Dans dix, quinze ans peut-être ? Vous ne pensez pas ?"
Il faut que les choses bougent. Certains partent, les autres crient leur colère de tous leurs poumons, d’autres encore se tuent. Le suicide a toujours été tabou dans cette société où l’Eglise orthodoxe exerce une emprise totale. Les chiffres officiels du suicide n’ont jamais été fidèles à la réalité : la honte empêche les familles d’avouer que l’un des leurs s’est donné la mort. "Nous, les Grecs, on n’est pas des gens dépressifs. On est bruyants et extravertis. On n’a jamais eu beaucoup de suicides", assure le psychologue Aris Violatzis. "Aujourd’hui, on enregistre la plus forte progression mondiale".
Souvent, l’élément déclencheur est la situation sociale ou économique, analyse le thérapeute. Selon lui, c’est donc au gouvernement d’agir. "Ces gens-là ne veulent pas mourir. Ils veulent tuer leur douleur. C’est là que commence la responsabilité de l’Etat". Il a également un message à l’adresse des Européens : "La diabolisation de la Grèce défie le bon sens. Les Européens paniquent et se disent : on n’a qu’à brûler une sorcière pour purifier le reste d’entre nous. Mais est-ce vraiment la petite Grèce et ses dix millions d’habitants qui ont provoqué ce cataclysme financier ? C’est une chasse aux sorcières".
L'époque se prête à la comédie
D’autres préfèrent reconnaître les torts du pays. Comme Costas Bakouris, de Transparency International, ancien entrepreneur à succès. "Individuellement, nous sommes très talentueux. Mais collectivement, nous sommes une vraie catastrophe", lâche-t-il au sujet des Grecs. "Nous devons revoir nos valeurs". Le tableau n’est pas complètement noir pour autant. Le tourisme explose, les exportations sont en hausse de plus de 10%. Et, en 2010, la corruption a reculé pour la première fois en Grèce.Certains refusent de croire même à cette lueur d’espoir. "C’est une question de dignité", avance Thanos Tzimeros. L’homme a fait ce qu’il devait faire. Il a écrit une lettre à Angela Merkel, cette chancelière allemande que tant de médias grecs s’emploient à diaboliser. Ce courrier est un réquisitoire contre la Grèce – doublé d’un appel à l’aide. Il y est question de "transactions obscènes", d’une "illégalité orgiaque", et naturellement du "premier violateur des lois", c’est-à-dire l’Etat grec lui-même. Thanos Tzimeros souhaite que les Européens ne donnent plus un seul centime à son pays aussi longtemps que les observateurs de l’UE n’auront pas constaté l’observance de la totalité des promesses de réformes. Les Allemands devraient également être chargés de ces contrôles. Thanos Tzimeros veut aujourd’hui fonder un nouveau parti.
Où trouver de l’humour en enfer ? Quand le coupable est ligoté à la roue et que l’on fait tirer les cordes, millimètre par millimètre, jusqu’au grand craquement qui annoncera la rupture des membres ? "Précisément là !", assure l’auteur et metteur en scène Michalis Repas. Ah bon ? L’époque se prête-t-elle donc à la comédie ? La réponse fuse comme une balle : "A merveille".
"A merveille", confirme Thanasis Papathanasiou, son coauteur. Tous deux sont des metteurs en scène de théâtre et de cinéma reconnus, et ont écrit une pièce qui porte un nom allemand, "Raus" [Dehors !]. Elle parle du gérant d’une maison de passes qui fait passer son établissement pour un institut culturel auprès de l’Union européenne, et d’un inspecteur allemand dépêché à Athènes pour vérifier que l’argent a été employé à bon escient.Pourquoi un Allemand ? "Ce sont de tels modèles de rigueur", répond l’un. "Et ils font formidablement peur", poursuit l’autre. "Raus" est joué depuis déjà plus d’un an.
Tous deux ne se contentent pas de faire rire ; ce sont deux auteurs politisés qui tentent également, dans leurs comédies, de s’attarder sur ce nouveau spécimen parti à la conquête du monde et qu’ils ont baptisé "l’homme cupide". Lequel finit par se dévorer lui-même. Michalis Repas et Thanasis Papathanasiou sont des Européens convaincus et n’éprouvent aucune gêne à traiter le sujet de ces Allemands aujourd’hui si décriés en Grèce. Leur nouvelle pièce est une adaptation d’une farce anti-nazie d’Ernst Lubitsch, Jeux dangereux [To be or not to be].
Merkel veut "une Grèce forte"
La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé ce mardi vouloir "une Grèce forte dans la zone euro", lors d'un point presse commun avec le Premier ministre grec Georges Papandréou, mais répété que l'avis des bailleurs du pays serait incontournable pour les futures aides.
"Nous voulons une Grèce forte dans la zone euro", a dit Mme Merkel, en assurant que l'Allemagne était "prête à fournir toute l'assistance nécessaire" pour aider Athènes sur la voie des réformes.
Mme Merkel a toutefois fait savoir que l'avis de la "troïka", c'est-à-dire des envoyés de l'Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE), serait décisif pour débloquer les prochains versements de l'aide promise à la Grèce.
"Nous suivons l'avis de la troïka", a-t-elle dit à la chancellerie avant un dîner de travail avec le Premier ministre grec. Le retour des chefs de mission de la "troïka" des bailleurs de fonds à Athènes aura lieu mercredi ou jeudi, avait annoncé un peu plus tôt le chef de file de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

















