TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 27 septembre 2011

On va droit au “génocide financier”

Ainsi les Grecs “refusent d’économiser” ? Un juriste de Vienne, qui a un pied-à-terre à Athènes, les a observés au quotidien. Sa conclusion : ils économisent à en crever. 

On ne peut rester sans réagir aux diverses déclarations des plus hauts responsables de toute l’Europe, certaines frisant l’imbécillité, au sujet de ces "fainéants" de Grecs qui "refusent d’économiser".
Depuis 16 mois, je dispose d’une résidence secondaire à Athènes, et j’ai vécu cette situation dramatique sur place. On se plaint que les plans d’économie ne fonctionnent pas parce que les revenus fiscaux chutent. On remet en question la volonté des Grecs d’économiser. Quelle surprise ! Voici quelques faits :
- Réductions des salaires et des retraites jusqu’à 30%.
- Baisse du salaire minimum à 600 euros.
- Hausse des prix dramatique (fioul domestique + 100% ; essence + 100, électricité, chauffage, gaz, transports publics + 50 %) au cours des 15 derniers mois.

Le renflouement de l'UE repart à 97% vers l'Union

- Un tiers des 165 000 entreprises commerciales ont fermé leurs portes, un tiers n’est plus en mesure de payer les salaires. Partout à Athènes, on peut voir ces panneaux jaunes avec le mot "Enoikiazetai" en lettres rouges – "A louer".
- Dans cette atmosphère de misère, la consommation (l’économie grecque a toujours été fortement axée sur la consommation) a plongée de manière catastrophique. Les couples à double salaire (dont le revenu familial représentait jusqu’alors 4 000 euros) n’ont soudain plus que deux fois 400 euros d’allocations chômage, qui ne commencent à être versées qu’avec des mois de retard.
- Les employés de l’Etat ou d’entreprises proches de l’Etat, comme Olympic Airlines ou les hôpitaux, ne sont plus payés depuis des mois et le versement de leur traitement est repoussé à octobre ou à "l’année prochaine". C’est le ministère de la Culture qui détient le record. De nombreux employés qui travaillaient sur l’Acropole ne sont plus payés depuis 22 mois. Quand ils ont occupé l’Acropole pour manifestation (pacifiquement !), ils en ont rapidement eu pour leur argent, à coups de gaz lacrymogène.
- Tout le monde s’accorde à dire que les milliards des tranches du renflouement de l’UE repartent à 97% directement vers l’Union, vers les banques, pour éponger la dette et les nouveaux taux d’intérêt. Ainsi le problème est-il discrètement rejeté sur les contribuables européens. Jusqu’au crash, les banques encaissent encore des intérêts copieux, et les créances sont à la charge des contribuables. Il n’y a donc pas (encore ?) d’argent pour les réformes structurelles.
- Des milliers et des milliers d’auto-entrepreneurs, chauffeurs de taxis et de poids lourds, ont dû débourser des milliers d’euros pour leur licence, et ont pris des crédits à cet effet, mais ils se voient aujourd’hui confrontés à une libéralisation qui fait que les nouveaux venus sur le marché n’ont presque rien à payer, tandis que ceux qui sont présents depuis plus longtemps sont grevés par leurs énormes crédits, qu’ils doivent néanmoins rembourser.
- On invente de nouvelles charges. Ainsi, pour déposer une plainte à la police, il faut payer sur le champ 150 euros. La victime doit sortir son porte-monnaie si elle veut que sa plainte soit prise en compte. Dans le même temps, les policiers sont obligés de se cotiser pour faire le plein de leurs voitures de patrouille.
- Un nouvel impôt foncier, associé à la facture d’électricité, a été créé. S’il n’est pas payé, l’électricité du foyer est coupée.
- Cela fait plusieurs mois que les écoles publiques ne reçoivent plus de manuel scolaire. L’Etat ayant accumulé d’énormes dettes auprès des maisons d’édition, les livraisons ne sont plus effectuées. Les élèves reçoivent désormais des CD et leurs parents doivent acheter des ordinateurs pour leur permettre de suivre les cours. On ignore complètement comment les écoles – surtout celles du Nord – vont régler leurs dépenses de chauffage.

Où est passé l'argent des dernières décennies ? 

- Toutes les universités sont de fait paralysées jusqu’à la fin de l’année. Bon nombre d’étudiants ne peuvent ni déposer leurs mémoires ni passer leurs examens.
- Le pays se prépare à une vague d’émigration massive et l’on voit apparaître des cabinets de conseil sur la question. Les jeunes ne se voient plus aucun avenir en Grèce. Le taux de chômage atteint 40% chez les jeunes diplômés et 30 % chez les jeunes en général. Ceux qui travaillent le font pour un salaire de misère et en partie au noir (sans sécurité sociale) : 35 euros pour dix heures de travail par jour dans la restauration. Les heures supplémentaires s’accumulent sans être payées. Résultat : il ne reste plus rien pour les investissements d’avenir comme l’éducation. Le gouvernement grec ne reçoit plus un sou d’impôt.
- Les réductions massives d’effectif dans la fonction publique sont faites de manière antisociale. On s’est essentiellement débarrassé de personnes quelques mois avant qu’elles n’atteignent leur quota pour la retraite, afin de ne leur verser que 60 % d’une pension normale.
La question est sur toutes les lèvres : où est passé l’argent des dernières décennies ? De toute évidence, pas dans les poches des citoyens. Les Grecs n’ont rien contre l’épargne, ils n’en peuvent tout simplement plus. Ceux qui travaillent se tuent à la tâche (cumul de deux, trois, quatre emplois).
Tous les acquis sociaux des dernières décennies sur la protection des travailleurs ont été pulvérisés. L’exploitation a désormais le champ libre ; dans les petites entreprises, c’est généralement une question de survie.
Quand on sait que les responsables grecs ont dîné avec les représentants de la troïka [Commission européenne, BCE et FMI] pour 300 euros par personne, on ne peut que se demander quand la situation finira par exploser.
La situation en Grèce devrait alerter la vieille Europe. Aucun parti prônant une raisonable orthodoxie budgétaire n’aurait été en mesure d’appliquer son programme : il n’aurait jamais été élu. Il faut s’attaquer à la dette tant qu’elle est encore relativement sous contrôle et avant qu’elle ne s’apparente à un génocide financier.

Vu d’Athènes

Les Grecs “sacrifiés sur l’auteul de la Troïka”

Les Grecs “sacrifiés sur l’auteul de la Troïka”Les "nouveaux sacrifices" réclamés par le gouvernement pour éviter la faillite de l'Etat frappent "les victimes habituelles", "sacrifiées sur l’autel de la Troïka" (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI), écrit Ta Nea. Le nouvelles coupes budgétaires, adoptées le 21 septembre pour obtenir le débloquage de la sixième tranche d’aide financière des trois institutions, visent "les retraites, les salaires et 30 000 fonctionnaires". Ces derniers seront placés en chômage technique d’ici la fin de l’année. De plus, le seuil minimal d’imposition a été baissé. L’annonce de ce nouveau plan a provoqué la colère des Grecs. Les syndicats des transports publics et les taxis se sont mis en grève le 22 septembre, de même que les enseignants et les employés municipaux et les contrôleurs aériens. Le secteur public dans son ensemble a annoncé un arrêt de travail le 5 octobre. Une grève générale devrait être organisée le 19 octobre.

L’hypothèque grecque

Bien des raisons militent en faveur d’un retrait de la Grèce de la zone monétaire européenne alors que l’opinion dominante est de tout faire pour l’y maintenir. Ce paradoxe illustre le malentendu qui mine la construction européenne depuis 35 ans. A force de vouloir regrouper, dans un ensemble ingérable à force de compromis et de concessions, des Etats aux performances hétérogènes, on a fini par bloquer le fonctionnement de l’Union.
L’Europe ne résoudra pas la crise de l’euro en forçant sur sa mécanique défaillante. Sans politique budgétaire intégrée, il n’est pas de contrôle possible des déficits dans un ensemble aussi disparate que sa zone monétaire.
Tout le monde ou presque s’est assis sur le pacte de stabilité monétaire et, quand la nécessité s’est imposée, un voile pudique a été jeté sur l’indépendance de la BCE. Le plus drôle est qu’un nouveau pacte se concocte dans les institutions européennes alors que le problème est ailleurs et que, suprême humiliation, l’Europe se fait donner des leçons par ceux qui ont disséminé le virus des subprimes dans tous les actifs de la planète. Rien ne marche, mais on persiste dans l’erreur comme si on voulait forcer le destin de l’Europe.
L’erreur, justement, c’est la Grèce, Etat défaillant et corrompu, bénéficiaire d’une aide qui n’en finit pas de s’allonger. Si on isole son cas du contexte politique européen, l’assistance qui lui est accordée est injustifiable pour deux raisons majeures :
•  Les contraintes imposées sont trop fortes et le gouvernement grec est  politiquement et techniquement incapable de prendre les mesures correspondantes.
•  L’aide européenne supportée à titre principal par la France et l’Allemagne repose sur un engagement de dépenses qui, compte tenu de l’état de leurs comptes publics, sera financé par l’emprunt. Comment expliquer au contribuable français qu’il devra  en assumer la charge pour 30 milliards d'euros (sans les intérêts) pour soutenir un Etat qui compte près d’un fonctionnaire sur quatre actifs et dont les entreprises sont redevables au fisc d’une somme d’un montant identique?
Nos autorités agissent comme si elles redoutaient moins les réactions des contribuables qu’un éclatement de l’Europe, attitude qui ne s’explique que par la pression exercée par les marchés sur lesquels se financent les dettes souveraines et pour lesquels une solution fédérale s’impose. Ceux qui en rêvent ne manquent pas d’idées : des euro-obligations pour mutualiser la dette, voilà qui fait solidaire ; un gouvernement économique européen, cela paraît être du pur bon sens ! A ceci prêt que toutes ces généreuses solutions impliquent des transferts de souveraineté dont on ferait bien de mesurer les conséquences. Au détour de la crise, renaît la tentation de recourir à une intégration dont, faut-il le redire, les peuples ne veulent pas parce qu’ils ne n’entendent pas se dissoudre dans une identité européenne diluée par l’extension hâtive de son périmètre.
Alors que faire ? Le recours à la vieille boutade du bon père Queuille selon laquelle « il n’est pas de problème qu’une absence de solution ne saurait résoudre » conduirait la Grèce à sortir d’elle-même de la zone monétaire puisque, incapable de satisfaire aux exigences du plan de soutien d’une part, et les marchés financiers en euros lui étant devenus inaccessibles d’autre part, elle devra rétablir la drachme avant de procéder à une sévère dévaluation. Certes, les créanciers en seront pour leur frais, le système financier grec souffrira, mais les Grecs devront affronter des réalités dont ils sont seuls responsables avant de retrouver la confiance des investisseurs. Hélas, cela ne se fera pas sans perturbations sociales et politiques.
Pourtant, ce parti pris énergique est loin d’être aussi désastreux qu’on pourrait le croire.
•  La crainte d’une crise systémique est exagérée. Si on peut être certain de l’incapacité de la Grèce à tenir ses engagements, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande ou le Portugal ne présentent pas les mêmes risques.
•  En descendant les marches de la zone monétaire, la Grèce ne se retrouvera pas à la rue. Elle ne sera pas jetée à la porte de l’Union européenne et continuera d’émarger à ses différents fonds structurels.
•  Les détenteurs de la dette grecque sont à 80% des établissements financiers européens et non de petits épargnants, ce qui relativise les sacrifices à consentir.
•  Ceux qui prétendent que l’euro ne s’en remettra pas ne sont pas crédibles. Au contraire, ce précédent conduira les Etats les plus endettés à prendre les mesures adéquates car aucun d’entre eux n’a intérêt à quitter la zone monétaire en pleine crise mondiale puisque les dévaluations dans un contexte d’échange déprimé sont peu productives. La discipline budgétaire des Etats s’en trouvera donc renforcée sans avoir à céder aux sirènes du fédéralisme.
•  L’hémorragie alimentée par les plans de soutien successifs – on en est à 219 milliards d'euros pour les seuls Grecs - sera enfin stoppée au grand soulagement du contribuable. Il nous coûtera moins cher de refinancer nos banques les plus exposées à la dette grecque, que de jeter l’argent dans la mer Egée.
Enfin, l’évènement d’un retrait grec de la zone euro imposera le constat qu’une Europe mal bâtie n’a pas d’avenir. L’actualité est suffisamment démonstrative pour que se posent les vraies questions et que s’ouvrent des débats accessibles aux peuples d’Europe. La démocratie y trouvera mieux son compte. Claude Valleix, préfet honoraire

L’euro court à sa perte

Dans leurs négociations avec le FMI, les gouvernements européens se sont engagés à prendre “toutes les mesures nécessaires” pour empêcher un effondrement de la zone euro. Mais comme le souligne le prix Nobel d'économie Paul Krugman, jusqu’à présent, ils n’ont fait que fragiliser la monnaie unique. 

Est-il possible d’avoir peur et de s’ennuyer en même temps ? C’est ce que m’inspirent les négociations en cours sur les moyens de réagir à la crise économique en Europe, un sentiment dont je me dis qu’il doit être partagé par d’autres observateurs.
D’un côté, l’Europe est dans une situation vraiment, vraiment effrayante : un tiers des pays de la zone euro étant désormais visés par des attaques spéculatives, c’est l’existence même de la monnaie unique qui se trouve menacée – et un effondrement de l’euro pourrait infliger de terribles dégâts dans le monde entier.
De l’autre, les décideurs européens semblent disposés à s’enferrer dans la voie qu’ils se sont tracée. Ils vont probablement réussir à offrir plus de crédits aux pays en difficulté, ce qui pourrait ou non dissiper le spectre d’un désastre imminent. En revanche, ils ne semblent pas prêts du tout à admettre un fait essentiel – à savoir que sans davantage de politiques fiscales et monétaires expansionnistes dans les économies européennes plus solides, tous leurs efforts seront vains. 
[…]

L'austérité ne peut pas fonctionner pour tout le monde

Alors, que faire ? La réponse de l’Europe [à la crise économique et fiscale et à la chute de la confiance des investisseurs dans les obligations des nations périphériques] a été d’appeler les débiteurs en difficulté à une austérité fiscale sans merci, en particulier à des coupes sombres dans les dépenses publiques, tout en colmatant les brèches financières jusqu’au retour de la confiance des investisseurs privés. Cette stratégie peut-elle fonctionner ?
Pas pour la Grèce qui, en fait, s’est montrée prodigue quand la conjecture était positive, et qui doit plus qu’elle n’est logiquement en mesure de payer. Probablement pas pour l’Irlande et le Portugal qui, pour des raisons différentes, sont eux aussi lourdement endettés. Mais avec un environnement extérieur favorable – plus précisément, avec une économie européenne robuste et une inflation modérée – , l’Espagne, fortement endettée, mais qui présente des déficits étonnamment modestes, pourrait peut-être s’en tirer.
Malheureusement, les responsables européens semblent décidés à priver ces débiteurs de l’environnement dont ils ont besoin. Considérez la chose sous l’angle suivant : la demande privée dans les pays débiteurs a plongé avec la fin du boom financé par la dette. Pendant ce temps, les dépenses du secteur public sont brutalement réduites dans le cadre de programmes d’austérité. Donc, d’où sont censés venir les emplois et la croissance ? Des exportations, principalement vers d’autres pays d’Europe, c’est la seule solution.
Mais les exportations ne repartiront pas à la hausse si dans le même temps les pays créditeurs mettent en place des politiques d'austérité, risquant fort de plonger l'ensemble de l'Europe dans la récession.En outre, les pays endettés doivent réduire les prix et les coûts par rapport à des pays créditeurs comme l'Allemagne, ce qui ne serait pas trop difficile si cette dernière avait 3 ou 4 % d'inflation, permettant aux débiteurs de remonter la pente avec une inflation faible ou nulle.

Relever les taux d'intérêt, l'erreur de la BCE

Mais la Banque centrale européenne (BCE) tend à privilégier la déflation – elle a commis une grave erreur en relevant les taux d'intérêt en 2008 au moment même où la crise financière prenait de l'ampleur, puis a montré qu'elle n'avait pas retenu la leçon en refaisant la même erreur cette année.
Résultat, les marchés s'attendent maintenant à une très faible inflation en Allemagne – environ 1 % sur les cinq prochaines années – , ce qui entraînera une importante déflation dans les pays débiteurs. Cela va se traduire à la fois par un ralentissement accru de leur activité et par une augmentation du fardeau réel de leurs dettes, si bien que les tentatives de sauvetage seront plus ou moins vouées à l'échec.
Et je n'ai pas l'impression que les responsables politiques européens soient prêts à renoncer à leur orthodoxie en matière de liquidités et d'austérité.
Une partie du problème vient peut-être du fait que ces élites politiques ont une mémoire historique sélective. Elles n'aiment rien tant que d'évoquer l'inflation allemande du début des années 20, un épisode qui n'a guère de rapports avec la situation actuelle.
En revanche, elles ne parlent presque jamais d'un exemple bien plus pertinent : les politiques de Heinrich Brüning, chancelier allemand entre 1930 et 1932, qui par son acharnement à équilibrer les budgets et à préserver l'étalon-or a rendu la Crise de 29 encore pire en Allemagne que dans le reste de l'Europe – préparant ainsi le terrain à ce que vous savez.
Cela étant, je ne m'attends pas à ce qu'une telle catastrophe survienne dans l'Europe du XXIe siècle. Mais il y a un fossé très important entre ce dont l'euro a besoin pour survivre et ce que les dirigeants européens sont prêts à faire, ou même parlent de faire. Et ce fossé n'incite guère à l'optimisme.

Record battu

La victoire de la gauche au Sénat dépasse les rêves les plus osés des dirigeants socialistes. Ceux-ci — comme la droite d’ailleurs – envisageaient un résultat « ric-rac », dans lequel les succès de la gauche attendus dans les départements urbains risquaient d’être contrebalancés par quelques gains de l’UMP dans les départements ruraux. Calcul erroné : la progression du PS et de ses alliés est uniforme, y compris dans les secteurs regroupant de petites communes dont les élus se disent massivement apolitiques. Si l’on excepte la Moselle, où la gauche perd un troisième siège conquis à la surprise générale en 2001, à cause de la division extrême de la droite, les résultats sont une longue liste de claques à l’UMP, qui perd même la Lozère ! Le ministre centriste de la Ville, Maurice Leroy, est battu dans le Loir-et-Cher : c’est la cerise sur le gâteau socialiste.

Le résultat des municipales de 2008, déjà favorable à la gauche, a été largement amplifié. La France des élites rurales divorce à son tour d’avec la majorité présidentielle. La réforme territoriale a braqué les maires, et le style Sarkozy a joué un rôle non négligeable dans cette rupture. Les élus locaux veulent être considérés, pas bousculés. Il ne sert à rien de multiplier les visites sur le terrain, si c’est pour survoler les villages en hélicoptère sans prendre la peine de se mettre à l’écoute et de boire un verre.

La réforme territoriale était nécessaire. Comme celle des tribunaux et de la carte militaire, elle a été menée à la hussarde et a été ressentie douloureusement par la France « d’en bas ». Cette défiance a de quoi inquiéter le chef de l’État, au moment où commence la campagne électorale. Le plus grave, pour lui, n’est pas dans la perte du Sénat. La gauche a pu gouverner à trois reprises, depuis 1981, contre l’opposition de la Haute assemblée, qui n’a jamais le dernier mot dans le processus législatif. Une certitude, toutefois : le vote de la « règle d’or » est désormais totalement impossible. Mais le dossier était déjà en coma dépassé avant les sénatoriales d’hier.

Le plus tragique, pour Nicolas Sarkozy, c’est la grogne qui monte dans des couches traditionnellement acquises à la droite. Mis à part les législatives qui ont suivi son élection, en 2007, le président de la République aura perdu absolument tous les scrutins intermédiaires de son mandat. C’est un record d’impopularité.

Affaire Karachi : la fille d'Hélène de Yougoslavie affirme que sa mère a menti

Milena Gaubert a affirmé lundi 26 septembre sur Europe 1 que sa mère, témoin-clef d'une affaire de corruption présumée lors de la présidentielle de 1995, avait menti dans le but de nuire à son père, Thierry Gaubert, en l'accusant d'en avoir été un rouage important.

Samedi, Hélène de Yougoslavie avait déclaré sur Europe 1 que son mari, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, avait rapporté de l'argent en espèces après des voyages en Suisse en compagnie de Ziad Takieddine, autre suspect du dossier. "Il y a quelques mois, ma mère m'a confié qu'elle voulait emmerder mon père", a déclaré Milena Gaubert sur Europe 1, se disant "très choquée" par les propos de sa mère.

"C'est allé trop loin, c'est trop grave maintenant ce qui se passe, je peux pas laisser faire ça", a-t-elle ajouté, mettant en cause la santé mentale de sa mère. "Elle rend publique cette histoire, donc moi je rends public ce qu'elle m'a dit", a-t-elle conclu.
En instance de divorce avec Thierry Gaubert, Hélène de Yougoslavie avait contesté avoir fait ces déclarations par intérêt. "Je n'ai aucun compte à régler dans l'histoire de mon divorce", avait-elle affirmé sur Europe 1. Et d'ajouter qu'elle était victime de pressions depuis son témoignage.
Milena Gaubert a pour sa part démenti témoigner à la demande de son père. "Mon père n'est pas du tout au courant (...) C'est entre moi et ma mère", a-t-elle affimé. Thierry Gaubert a été mis en examen le 21 septembre pour "recel d'abus de biens sociaux" dans ce dossier de financement politique présumé de la campagne d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole, en marge de contrats de vente d'armes au Pakistan.

Une solution libérale à la crise

La Grèce est au bord de la faillite. Sans nouvelle aide, d’ici un mois et demi, elle devrait se retrouver à court de liquidités et entrainer, par effet domino, dans sa chute de nombreux autres pays. Parmi ceux qui commencent ainsi à voir la gestion de leurs finances critiquée par les agences de notation se trouvent notamment l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et maintenant l’Italie. Quid de la France ? Et bien, elle  risque d’être la prochaine sur la liste.

Alors que les politiciens de l’extrême-gauche à l’extrême-droite s’empressent tous de nous délivrer leurs solutions miracles pour nous sauver, réemployant les méthodes qui nous ont plongés dans cette situation. Notre choix devrait donc selon eux se faire entre le keynésianisme le plus total augmenté d’un financement à fonds perdus de pays dont la gestion a été encore plus irresponsable que la nôtre (quel exploit !)  et le repli identitaire stoppant net la construction européenne et rétablissant des frontières dignes de temps anciens ainsi  que l’« État fort » qui va nécessairement avec.

Et les libéraux dans tout ça ? Accusés par tous, écoutés nulle part ! Et pour cause, nous sommes divisés, nous ne savons quel projet soutenir voyant partout la menace d’un État qui, profitant de la crise qu’il a causée, en profiterait pour renforcer ses prérogatives ou celle d’un Léviathan technocratique encore plus éloigné des citoyens et qui, de Bruxelles, nous dicterait nos moindres faits et gestes.
Face à ce constat pour le moins effrayant, j’aimerais humblement vous présenter une autre solution, une solution libérale… Correctement appliquée, je crois qu’elle nous permettrait non seulement d’éviter le mur vers lequel nous nous dirigeons actuellement mais aussi de retrouver le chemin du marché libre et de la responsabilité, le chemin de la paix et de l’ouverture, le chemin de la croissance et de la prospérité. En un mot, le chemin de la Liberté !
Cette solution, la voici : tout d’abord, l’aide à la Grèce ne peut se faire que dans le cadre d’un fédéralisme européen, un fédéralisme qui nous permettrait de dépasser les États-nations qui nous ont entraînés dans les deux guerres les plus meurtrières de l’Histoire de l’Humanité. Mais un fédéralisme qui ne serait pas un prétexte des politiciens pour accroître l’emprise de la bureaucratie sur les citoyens et les accabler de régulations et de taxes tout aussi fantaisistes qu’abondantes. Ce qu’il nous faut, c’est une nouvelle constitution, une constitution que j’aimerais être inspirée de celle qui incarne le mieux dans le monde l’esprit de la Liberté, j’entends la constitution américaine. De plus, l’opinion publique européenne étant en moyenne plus libérale que la française, nous libéraux avons tout à y gagner. Enfin, la création d’un Gouvernement européen élu démocratiquement (et non plus seulement un Parlement supervisant plus ou moins une bureaucratie gigantesque) et ayant des prérogatives propres n’implique pas la disparition des échelons nationaux qui auraient, eux aussi, leurs domaines réservés dans lesquels ils pourraient se faire concurrence. Pour preuve, il suffit de regarder une nouvelle fois les Américains qui restent très attachés à leur État et méfiants envers l’État fédéral (ce qui les amène forcément à exiger plus de clarté de sa part) et profitent de la concurrence entre les États fédérés, leur évitant ainsi l’émergence d’un État-Providence à l’européenne, en garantissant des impôts faibles et des réglementations claires, fixes et peu nombreuses.
Pour en revenir à la Grèce, ce fédéralisme nous permettrait d’accompagner les plans d’aide interétatiques et l’émission d’eurobonds par la BCE par une vraie responsabilité budgétaire, il nous serait ainsi possible d’instaurer une règle d’or stricte à tous les échelons européens (car il nous faut des réformes structurelles) et un plan d’austérité généralisé (pour résoudre la crise actuelle).
Enfin, vient le problème de l’euro. La BCE a jusqu’ici évité une politique trop inflationniste sous la pression des libéraux allemands. Mais, face aux conditions actuelles de la crise, il pourrait être tentant pour les politiciens de faire tourner la planche à billets afin de ne pas avoir à appliquer une austérité budgétaire, accusant ensuite le grand méchant marché de la hausse des prix et de la prochaine crise. Pour mettre fin à cela de façon définitive, il nous faudra faire preuve de pédagogie pour expliquer à tous que, sans rattachement de la monnaie à l’or, celle-ci continuera à perdre sa valeur (ce qui touchera les plus pauvres en premier) et à provoquer bulles immobilières et financières et donc crises destructrices.
En conclusion, un fédéralisme démocratique pourrait donc nous permettre à la fois, sur le court terme, de sauver les pays en difficulté financière (dont nous faisons partie) par une aide responsable car conjuguée à un plan d’austérité et, sur le long terme, d’établir une saine méfiance envers l’État fédéral en profitant notamment du plus grand libéralisme du reste de la population européenne, ce qui nous rendrait capables de l’astreindre définitivement à la responsabilité financière, réglementaire et monétaire. Enfin, et ce n’est pas le moindre, cela nous permettrait aussi de finaliser la construction européenne, ce qui ferait de l’Union Européenne la première puissance mondiale, nous permettant, ensemble, de tenir à nouveau notre place sur la scène politique internationale aux côtés de nos alliés, notamment américains, et de redevenir le modèle que nous avons longtemps été pour le reste du Monde.

Royal veut « mettre les banques au pas »

Lors d'un meeting à Parempuyre, en Gironde, la candidate a prononcé hier un réquisitoire contre le secteur et ses profits.
 A deux semaines du premier tour de la primaire socialiste, le sillon tracé par Ségolène Royal passait hier après-midi par Parempuyre, une commune de la banlieue de Bordeaux. C'est là qu'elle compte un de ses rares soutiens chez les élus girondins, en la personne du maire, Béatrice de François.

Devant quelque 400 personnes acquises à sa cause, Royal jubilait manifestement à l'idée de rendosser les habits de 2007 : la voix de la gauche, c'est elle ; la rassembleuse autoproclamée, c'est encore elle. « Le 15 octobre 2008, j'étais déjà ici, à Parempuyre, après la première crise financière. Et je prônais la réforme du système bancaire et l'entrée de l'État au capital des banques. Il faut mettre les banques au pas. Je le dis depuis longtemps, les autres candidats me rejoignent maintenant sur ces propositions. J'ai la capacité de changer le système », plaidait-elle lors d'une brève rencontre avec la presse.
À gauche toute
Les banques, Ségolène Royal en a longuement parlé lors de cette après-midi girondine. Elle a redit le péché mortel que constituait selon elle le renflouement sans contrepartie desdites banques. « Quand ça va bien, on privatise les profits. Quand ça va mal, les contribuables contribuent. Les banques nous ont-elles remboursé à 17 %, le taux auquel elles prêtent à la Grèce ? Non ! » s'est-elle exclamée avant de dérouler un catalogue de mesures censées déborder ses adversaires PS sur leur gauche : mise à plat des tarifs bancaires, nouveau pacte républicain au sein de l'Éducation nationale, lutte contre la fraude fiscale « qui sera une priorité ». « Je ferai rentrer dans les caisses ce que les plus riches doivent au peuple avant d'augmenter les impôts des autres », a-t-elle asséné.
Royal ne pouvait pas rester silencieuse sur la multiplication des scandales politico-financiers. Sous les vivats, elle s'est prononcée pour un retour à la morale publique. « Tout élu condamné à une peine de privation de liberté pour ses turpitudes devra démissionner immédiatement. Il sera inéligible à vie », a-t-elle proclamé.
À cet instant de communion collective, la salle avait sans doute oublié que le premier secrétaire du PS durant cet interlude de la primaire est un député européen nommé Harlem Désir, condamné en 1998 pour recel d'abus de confiance. Interrogée sur le sujet à sa sortie, Ségolène Royal a éludé. « J'envisage des mesures pour le futur. On ne va pas se mettre à faire des lois rétroactives », a-t-elle tranché. Et voilà Harlem Désir rassuré…
ÇA Y EST ILS SONT À PEINE AU SÉNAT QU'ELLE PÊTE LES PLOMBS !!!!

lundi 26 septembre 2011

Socialiste ou pas ?

Les médias en France ont cet énorme avantage de ne jamais laisser passer la moindre occasion de faire un scandale pour la moindre déviance publique au Vivre Ensemble courageusement proclamé sur toutes les ondes. Avec l’avènement d’internet, ces mêmes médias se sont aussitôt empressés de vérifier que chaque petit paquet IP disposait de son cachet Egalité-Taxes-Bisous dûment apposé. Et lorsqu’une application pour iPhone déroge à la règle, ça tire de la sonnette d’alarme à tour de bras et ça lève massivement du bouclier.

Ainsi, lorsqu’on a appris qu’un odieux vicelard certainement nazi à tendance xénophobe et antisémite avait mis en ligne une application, Juif Ou Pas Juif, permettant, sur la base du nom de famille, de déterminer si une personne est juive ou pas, immédiatement les médias se sont emparés de l’affaire pour réaliser une vraie bonne grosse tempête de polémiques idiotes.

D’une part, il s’est très rapidement avéré que l’odieux facho qui avait osé cette abominable application … était juif et le revendiquait. D’autre part, son application s’est essentiellement contentée de rassembler des données déjà existantes. Comme l’explique son créateur, un certain Lévy,
Evidemment, rassembler ces données, c’est très moche dans le pays de l’égalitarisme et de l’absolue indifférenciation. Tout le monde le fait, mais, surtout, personne ne doit le dire. Et comme notre imprudent programmeur a fait ouvertement ce que tout le monde fait discrètement, il s’est fait chopper et une plainte contre lui a rapidement été déposée par l’une de ces myriades d’associations très utiles pour solutionner les vrais problèmes.

Car oui, en France, grâce à un Vivrensemble agressivement gentil, on va réussir à faire condamner un juif pour antisémitisme.

Au passage, on notera que cette application a eu une couverture médiatique phénoménale dispensée par des douzaines de frétillants choqués, des aimables connes permanentées et autres spécialistes de l’indignation télévisuelle millimétrée, au contraire de douzaines d’autres (comme celle-ci, celle-ci ou celle-là).

Et à peine cette polémique calmée, on apprend qu’est apparue sur ce réseau diabolique une nouvelle application, « Mon Fils Est-Il Gay ?« , dans laquelle, au moyen d’une poignée de questions fines comme une livre de saindoux, une mère de famille peut enfin savoir si son fils est homosexuel ou pas.

Et cette nouvelle application est bien évidemment la goutte d’eau qui met le feu aux poudres chez Demaerd Corporation, la société tentaculaire spécialiste de tout, depuis le boulon pour montre de précision jusqu’aux engins de terrassement pour mines australiennes.

Sans attendre, la corporation (célèbre pour ses applications Demaerd, ses politiciens Demaerd et ses solutions Demaerd à la crise) nous propose une application iPhone pour déterminer enfin si votre politicien est socialiste, ou pas.

Voici les 10 questions illustrées. A chaque réponse positive, votre politicien gagne un Point Socialie. A 10 Points Socialie, inutile de vous voiler la face : votre politicien est socialiste. Acceptez-le, sachez que c’est un choix totalement assumé de sa part, et qu’il fera tout pour continuer si ça peut lui rapporter quelque chose.
Si vous l’avez déjà vu repartir avec des valises, des enveloppes kraft, des chèques pour des associations diverses, s’il a été mis en examen pour prise illégale d’intérêts, trafic d’influence, ou encore association de malfaiteurs, répondez oui à cette question.
Si votre politicien n’a jamais été pauvre, a toujours émargé aux frais du contribuable, s’il aime bien le luxe, si ses dernières déclarations d’impôts le placent dans le dernier centile de la population, répondez oui avec soulagement.
S’il a créé de la dette, creusé les déficits, distribué de l’argent gratuit des autres à la ronde, répondez oui. Si vous êtes en France, ce sera difficile de répondre non. Et vous pourrez lui attribuer deux points Socialie s’il est dans une Commune Dexia.

S’il ouvre régulièrement sa grande jatte pour expliquer comment il faudrait faire pour s’en sortir vraiment, mais qu’il a marqué le pays par son incompressible nullité lorsqu’il était lui-même au pouvoir, alors n’hésitez pas : répondez oui là encore.
Si, pour lui, les banques doivent être nationalisées, étrillées, réduites en petits morceaux, s’il estime qu’elles nagent dans un océan de non-régulation et si, de surcroît et bien que ne captant absolument rien à la finance, votre politicien réclame qu’on applique à ces établissements des solutions qui ont déjà foiré dans le passé en coûtant des milliards aux contribuables, alors répondez oui, haut et fort.
Si en revanche votre politicien fricote avec les banquiers pour toujours arrondir leurs angles, leur fait des petits bailouts dans le creux de l’oreille, leur susurre qu’une recapitalisation sera agréable parce que payée par l’état, là encore, répondez oui.
Si en revanche votre politicien fricote avec les banquiers pour toujours arrondir leurs angles, leur fait des petits bailouts dans le creux de l’oreille, leur susurre qu’une recapitalisation sera agréable parce que payée par l’état, là encore, répondez oui.Si votre politicien fait des bulles dans le jacuzzi malthusien, s’il s’ébroue joyeusement dans l’économie de comptoir en imaginant un monde merveilleux où le travail ne se crée pas mais est à l’économie ce que « c » est à la physique, une constante, alors vous pourrez répondre oui le cœur léger.

Si votre politicien pense que la scène internationale est un champ de jeux interminables et aux rebondissements rigolos, s’il aime aller fourrer son nez, votre argent, vos fils et vos maris dans des conflits lointains, s’il aime transformer des problèmes intestinaux purement internes en gros borborygmes internationaux, alors là encore, vous pourrez vous exclamer, joyeux et soulagé, « oui » à cette nouvelle question.
Votre politicien n’a jamais fait d’erreur et n’a jamais demandé pardon pour l’enfilade de perles monumentales qu’il a lâchées dans sa carrière ? Il trouve toujours chez l’autre des raisons de revendiquer une victoire chez lui ? Vous décrochez la timbale et gagnez un oui de plus.
Et comme votre politicien prône des solutions qui ont déjà été tentées par d’autres, comme il a déjà prouvé son inefficacité, comme il propose plus de la même chose pour compenser une très longue enfilade d’échecs, il ne se rend pas compte que la seule constante dans le paysage, c’est sa médiocrité. Dans ce cas, vous répondrez par « oui » à cette dernière question.

À partir de 1 point, vous êtes en présence d’un socialiste un peu mou. En dessous de 6 points, il s’agit d’un socialiste traditionnel.

Et au dessus, c’est un socialiste honteux ou assumé, mais indécrottable.











Alerte rose pour Nicolas Sarkozy

Le Sénat, chambre méconnue, feutrée, couleur bleu nuit ? Le Sénat, voué à demeurer à jamais un bastion conservateur en raison d'un mode de scrutin si singulier qu'on parle d'anomalie démocratique en ce qu'il favorise les communes rurales et sous-représente les populations urbaines ? Eh bien ! Il a vécu hier une folle journée, un chahut politique tel qu'il vire au rose. Bref, une alternance historique. La gauche y est désormais majoritaire en sièges, autrement dit, arithmétiquement, elle est en position d'enlever le « plateau », quand bien même la droite n'a pas perdu tout espoir d'y maintenir l'un des siens lors du troisième tour, l'élection du président. Car au Sénat, les équations personnelles, sinon les petits arrangements, ont leur importance et la frontière droite-gauche s'avère parfois sinusoïdale ! Quoiqu'il en soit, la gauche a gagné et, s'il fallait s'en convaincre, il suffirait de dresser la liste des caciques UMP battus. Ce renouvellement consacre, voire amplifie, la poussée de la gauche qui a remporté depuis 2007 municipales, régionales et cantonales. La série noire continue donc pour Nicolas Sarkozy. Il enregistre un quatrième revers électoral de rang et voit fondre sur lui la mauvaise humeur de la France profonde des élus locaux, irrités par les réformes et la suppression de la taxe professionnelle. Plus qu'un symbole, il s'agit d'un camouflet pour le président qui, en plus de la crise et des affaires, aborde la dernière ligne droite avant la présidentielle avec une probable cohabitation au Parlement. Elle ne pourra que contrarier le cours des projets de loi et rendre la fin du quinquennat pas si « utile » qu'il l'espérait.

Sénat, la leçon d’arithmétique

Le Sénat ancré à droite, c’était écrit dans le marbre. Depuis le début de la V e République, la Haute Assemblée s’est parfois montrée frondeuse et les sénateurs grognons. Mais jamais au point de renverser la table.

D’ailleurs dans les rangs de la gauche, on ne manquait pas de dénoncer une institution désuète, dépassée, le professeur Jospin allant jusqu’à la qualifier “d’anomalie”. De là à la rayer de la carte politique de la France… Même le général de Gaulle avait songé à fermer le palais du Luxembourg ou au moins à le réduire à une coquille vide. Folle ambition, c’est lui qui dût rendre son tablier.

Les critiques se doublaient de soupçons plus ou moins avoués. À l’évidence le mode d’élection des sénateurs était taillé sur mesure pour la droite. La gauche pouvait bien s’agiter, le Sénat resterait un bastion imprenable.

Et voilà depuis hier la Haute Assemblée repeinte en rose et vert. La chambre haute connue pour ses tractations de coulisses et ses alliances feutrées avait bâti sa réputation sur la glorieuse incertitude du vote. Mais cette fois-ci, l’arithmétique a parlé. Froide et implacable.

Les grands électeurs qui ont voté hier et qui sont majoritairement issus de la gauche depuis les régionales, les cantonales et surtout les municipales pouvaient-ils reconduire une assemblée conservatrice ? Pour le coup, le Sénat serait vraiment passé pour une anomalie…

Automne

L’automne est ensoleillé sur la France, mais décidément pluvieux sur l’Elysée. Comme si un micro climat de perturbations s’acharnait sur notre Président…

La semaine dernière, il a vu deux amis très proches, messieurs Gaubert et Bazire, être mis en examen. Puis un autre très proche, monsieur Hortefeux, se faire prendre les doigts dans la prise du téléphone. Et c’est maintenant le Sénat, éternelle maison de la droite, qui vacille et menace de tomber à gauche. Pis, les troupes se débandent, le dissident Pierre Charon est élu, l’amie Isabelle Balkany est battue. Alors certes, perdre une élection n’a jamais empêché de gagner la suivante, et l’on a déjà vu des VRP en casseroles se faire réélire. Mais cumuler les affaires plus les revers, ça commence à faire beaucoup. Pas sûr que la naissance d’un petit Bruni-Sarkozy dans une semaine suffise à annoncer le printemps de notre Président.

Alerte rose pour le pouvoir

Pour la première fois depuis le début de Vè République, le Sénat change de couleur. La gauche y remporte une majorité absolue indiscutable, contredisant les pronostics trop confiants du président UMP sortant, Gérard Larcher. C'est un coup de semonce à sept mois de la présidentielle et un coup au moral pour le parti majoritaire. François Hollande et Martine Aubry, exceptionnellement présents hier soir sous les ors du Sénat, ne se sont pas trompés sur l'importance et le sens de cet événement.

À défaut de victoire absolue, la poussée de la gauche socialiste et écologiste était attendue pour des raisons assez évidentes. Ses victoires successives dans les élections locales auraient fait du maintien éternel à droite du Sénat une incongruité politique, soulignant « l'anomalie démocratique » dont parlait Lionel Jospin. L'évolution de la sociologie des grands électeurs, qui avait permis à la gauche de gagner 23 sièges il y a trois ans, laissait prévoir au moins une progression de l'opposition.

Les concurrences internes, plus nombreuses à droite qu'à gauche, n'ont pas arrangé les choses. Même la victoire de Pierre Charon, à Paris, est un désaveu pour Nicolas Sarkozy qui venait de remercier son conseiller. Le fait que le Morbihan, département installé à droite, envoie trois sénateurs de gauche au palais du Luxembourg est un échec spectaculaire pour le parti de Jean-François Copé.

Mais il faut surtout retenir les explications de fond. Chez les élus locaux aussi, l'antisarkozysme s'est durci au fil du temps. Souvent malmenés dans le discours présidentiel en début de quinquennat, ils vivent mal un regroupement intercommunal conduit à marche forcée, un éloignement de l'État de territoires dont les sénateurs sont les représentants et les défenseurs, une perte d'autonomie financière des collectivités.

Enfin, l'actualité immédiate a pu jouer en dernier lieu : l'affaire de Karachi qui mine le sommet de l'État, l'annonce qu'il faudrait encore repousser l'âge de la retraite... Sans compter que le Sénat, placé comme jamais sous les projecteurs implacables des médias, apparaît de plus en plus comme une institution, au-delà des efforts réalisés, qu'il faudrait réformer de fond en comble, dans son fonctionnement et dans son mode d'élection.

Cette alerte rose pour le pouvoir va avoir des conséquences immédiates. Elle rend incertaine la réforme des collectivités locales en 2014. Elle rend impossible la convocation du Congrès pour faire voter, à la majorité des trois cinquièmes, une réforme constitutionnelle intégrant la « règle d'or » anti-déficits. Elle va changer la vie parlementaire et fragiliser une UMP condamnée à se soumettre à l'arbitrage des centristes, plutôt renforcés par ce scrutin.

Parions que l'examen d'un budget 2012 d'austérité, qui démarre dans quelques semaines, va donner lieu à des affrontements d'autant plus rudes que la Haute Assemblée va devenir, pour la gauche, une tribune de plus dans la campagne.

Précisément, à sept mois de l'échéance, c'est un très mauvais signal pour la majorité, un grand coup au moral pour un parti présidentiel déjà en plein doute. Même si la succession de Gérard Larcher, samedi, peut encore réserver des surprises. Et même s'il ne suffit pas à la gauche - l'histoire l'a souvent montré - de remporter les élections intermédiaires pour gagner la présidentielle.

L'idée d'un défaut grec gagne du terrain

La possibilité d'un défaut de la Grèce sur sa dette a pris de l'ampleur vendredi, et même l'engagement du G20 à faire le nécessaire pour empêcher que la crise en zone euro ne sape les banques et l'activité économique n'est pas parvenu à apaiser les marchés financiers mondiaux.

Athènes a démenti des informations de la presse grecque affirmant que l'un des scénarios envisagés pour sortir de la crise était un défaut ordonné avec une décote de 50% pour les détenteurs d'emprunts souverains.

Le ministère grec des Finances a réagi à ces articles en assurant que le pays était déterminé à mettre en oeuvre le deuxième plan d'aide international, de 109 milliards d'euros, défini le 21 juillet. "Toutes les autres discussions, les rumeurs, les commentaires, les scénarios détournent notre attention de cet objectif central", a dit le ministre Evangelos Venizelos dans un communiqué.

De son côté, Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a estimé que le scénario d'un défaut grec ne pouvait plus être écarté, devenant ainsi le premier banquier central de la zone euro à admettre la perspective d'une telle issue, longtemps exclue par les dirigeants européens.

"C'est l'un des scénarios", a-t-il dit au quotidien néerlandais Het Financieele Dagblad. "Tous les efforts visent à prévenir cela, mais je suis désormais moins certain d'exclure une faillite qu'il y a encore quelques mois", a-t-il ajouté, se demandant "si les Grecs se rendent compte de la gravité de la situation".

LES BANCAIRES GRECQUES À LA PEINE

L'aversion au risque s'est encore accentuée après que Deutsche Bank a déclaré que la décote que les investisseurs privés ont accepté de passer sur les titres de dette souveraine grecs dans le cadre du deuxième plan de sauvetage d'Athènes pourrait être supérieure aux 21% retenus lors de la définition du programme.

Les Bourses européennes effaçaient leurs pertes en fin d'après-midi mais dans un marché toujours très nerveux, les investisseurs étant de plus en plus sceptiques quant à la capacité des gouvernements à sortir de la crise de la dette souveraine et du marasme économique.

L'euro restait sous pression, tout en regagnant du terrain au-dessus de 1,35 dollar après son plus bas de huit mois touché la veille contre la devise américaine.

En particulier, les investisseurs semblent déçus par le fait qu'aucune mesure précise n'accompagne l'engagement des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 à agir pour endiguer la crise.

Dans un marché toujours très volatil, les valeurs bancaires se sont retournées à la hausse dans l'après-midi, semble-t-il après des propos d'Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, jugeant qu'il serait peut-être souhaitable de réintroduire les appels d'offres à un an.

Mais les banques grecques chutait de 8% après l'abaissement par l'agence de notation Moody's des notes de huit établissements du pays.

LA RECAPITALISATION AU CENTRE DES DÉBATS

Dans ce contexte, la question d'une recapitalisation des banques européennes les plus vulnérables paraît de plus en plus pressante aux yeux des investisseurs.

Les banques grecques n'ont pas besoin d'être nationalisées mais devraient recevoir un soutien direct du fonds de sauvetage de la zone euro, a préconisé le chef d'une délégation de l'Union européenne chargée d'aider Athènes à mettre au point son programme de réformes.

Selon le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF), entre 15 et 20 banques européennes ont besoin d'une recapitalisation. Jean-Pierre Jouyet a en outre appelé à "retrouver des investisseurs privés qui viennent augmenter le capital de ces banques".

Mais la Commission européenne a assuré qu'il n'y avait aucun plan de recapitalisation des banques prévu au niveau européen, jugeant les établissements du continent bien plus solides qu'il y a trois ans.

Quelque 420 milliards d'euros de capital ont été injectés dans les banques européennes depuis la crise financière de 2008 et cette recapitalisation se poursuit, a souligné lors d'une conférence de presse Olivier Bailly, porte-parole de l'exécutif européen.

Si l’Allemagne quitte la Zone Euro

Les keynésiens estiment qu’une sortie de la zone euro ne serait pas bénéfique à l’Allemagne du fait d’une appréciation de sa devise qui minerait son économie. Mais, à long terme, un tel scénario ne serait pas une catastrophe. Explications.

Si on écoute les keynésiens / mercantilistes de ce monde, s’il fallait que l’Allemagne quitte la Zone Euro, sa devise s’apprécierait fortement, ce qui nuirait à ses importations et minerait l’économie. Je suis en désaccord. Évidemment, il y aurait un impact négatif à court terme, comme pour n’importe quel scénario touchant le sort de la Zone Euro. Mais à long terme, je ne crois pas que ce serait une catastrophe.
1) Certains biens exportés par l’Allemagne ne seront pas remplacés par des substituts même si leur prix augmentait en devises étrangères car la demande pour certains biens est moins ou pas élastique (pensez aux produits pharmaceutiques, aux voitures de luxe et à certains biens de haute technologie).
2) Comme presque tous les pays, l’Allemagne consomme beaucoup de produits importés. Une appréciation de devise augmenterait le pouvoir d’achat de 100% de la population Allemande. Les gens auraient plus de revenu disponible pour acheter d’autres biens, dont certains sont produits en Allemagne, ce qui amortirait l’impact de la baisse des exportations.
3) L’Allemagne produit des voitures et des biens industriels, mais elle ne produit pas beaucoup de ressources (acier, nickel, zinc, cuivre, métaux rares, pétrole, gaz naturel) qui entrent dans leur fabrication. Une appréciation de la devise viendrait donc faire grandement baisser les coûts des intrants de production et amortir l’impact.
4) Qu’arriverait-il aux taux d’intérêt en Allemagne dans un tel scénario? Ils baisseraient. Donc les coûts de financement des entreprises Allemagne diminueraient, ce qui amortirait aussi l’impact de la baisse des exportations.
5) Les entreprises Allemandes pourraient utiliser leur devise appréciée pour faire des acquisitions à l’étranger. Le rapatriement des profits viendrait gonfler les recettes fiscales de l’État, ce qui améliorerait encore plus sa flexibilité budgétaire, si bien qu’il pourrait peut-être même diminuer les impôts des entreprises, ce qui viendrait aussi amortir le choc de la devise.
Pour moi il ne fait aucun doute que ce scénario est le meilleur pour le peuple Allemand, et c’est d’ailleurs ce que la population souhaite. Il faudra voir si les politiciens respecteront les désirs du peuple. N’est-ce pas cela la démocratie? Est-ce que les keynésiens/gauchistes sont prêts (encore) à cracher sur la démocratie pour arriver à leurs fins? Je n’en serais pas surpris…
Comment je sais que tout cela se produira ainsi? Parce que le Canada est passé par là! Notre devise est passée de $0.65/USD à plus de $1.00/USD. Je vous invite à faire une moyenne des principaux indicateurs économiques du Canada et du Québec pendant la période où notre taux de change était inférieur à $0.70 et à les comparer à ceux de l’ère $0.95-$1.05. Quel Canada/Québec préférez-vous? Moi je choisi le second sans hésiter! L’Allemagne devrait faire de même.

Fin de quinquennat au Sénat

En 2007, Nicolas Sarkozy avait promis qu’avec lui «tout serait possible». Il a tenu parole au-delà de cette promesse puisque le Sénat a basculé à gauche. Une première dans l’histoire de la V e République dont le président se serait bien passée.

Le fonctionnement normal des institutions, pourtant, ne sera pas affecté par ce bouleversement qu’on savait envisageable mais dont on doutait de la probabilité: l’Assemblée nationale, élue au suffrage universel direct, conserve sa prééminence législative et en cas de conflit avec le Sénat sur un texte de loi, c’est elle qui, de toute façon, a le dernier mot. À la limite, cette cohabitation en mode mineur ne sera pas moins confortable pour le gouvernement qui ne sera plus obligé de tout négocier pied à pied avec les sénateurs de son propre camp, et pourra tout simplement imposer sa lecture... Ni le budget de l’État, ni celui de la Sécurité sociale pour 2012, les deux grands rendez-vous de ce trimestre ne pourront être bloqués, et le PS a déjà promis qu’il n’avait pas l’intention de se livrer à une stratégie d’obstruction.

Tout de même. Le Congrès de la Règle d’or est définitivement à l’eau dans le bassin de Neptune. Désormais, le chef de l’État sait qu’il n’arrivera jamais à réunir une majorité des deux tiers pour l’adopter à Versailles. Par ailleurs, le PS exploitera la tribune que lui offrirait le contrôle du «plateau» au palais du Luxembourg pour donner plus d’écho encore à la critique de l’action gouvernementale avec, en ligne de mire, les élections de 2012.

Mais le plus grave, pour la majorité, est ailleurs. Nicolas Sarkozy et François Fillon ont beau affirmer - dans une figure imposée par les éléments de langage - que la «poussée» de la gauche ne les a pas surpris, la «perte» de la Haute assemblée est un symbole qui fait mal, très mal à sept mois d’une présidentielle. Car cette fois, ce ne sont ni les soubresauts de la crise économique, ni même le climat des affaires qui ont provoqué la quatrième défaite du camp présidentiel - sur cinq scrutins - depuis le début du quinquennat. Ce qui est en cause, c’est la gouvernance de l’exécutif et la gestion brutale de la réforme territoriale, courageuse, mais imposée par la force.

Le président de la République paie aussi son incapacité à tenir les troupes de la droite qui se sont divisées au-delà du raisonnable. L’atmosphère de règlements de comptes qui régnait hier soir autour du secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, en dit long sur les ressentiments divers et variés qui, par-delà les rivalités naturelles, minent le mouvement.

Nicolas Sarkozy est loin d’avoir encore perdu la présidentielle mais ce désastre sénatorial ternit son image - de l’intérieur cette fois - concourt à contester un peu plus encore son autorité déjà entamée parmi les siens et nourrit les doutes sur la pertinence d’un éventuel second mandat. Le premier s’est achevé hier soir.

Le climat économique se dégrade fortement en France

L'indicateur synthétique du climat des affaires dans l'industrie manufacturière a baissé de six points en septembre, tandis que la confiance des ménages français  s'est nettement dégradée durant l'été.

Le climat général des affaires en France s'est fortement détérioré en septembre, selon l'enquête mensuelle de conjoncture publiée ce vendredi par l'Insee. L'indicateur synthétique du climat des affaires dans l'industrie manufacturière a baissé de six points à 99, repassant sous le seuil de 100 qui correspond à la moyenne de longue période de cet indicateur. Il retrouve ainsi son niveau d'août 2010.
L'indicateur du climat des affaires dans son ensemble, en incluant les services, le bâtiment, le commerce de gros et le commerce de détail, a parallèlement baissé de huit points à 97. "Le climat conjoncturel se dégrade dans tous les secteurs à l'exception du bâtiment", souligne l'Insee. L'indicateur des services chute quant à lui de huit points à 95. L'indicateur de retournement, en léger repli depuis avril, "bascule nettement en zone défavorable".
Par ailleurs, la confiance des ménages français s'est nettement dégradée durant l'été, toujours selon l'Insee. L'indicateur synthétique de la confiance des ménages ressort à 80, en baisse de cinq points par rapport à juillet, et se situe désormais au plus bas depuis février 2009.
Tombé à 77 en octobre 2008, ce baromètre du moral des consommateurs était remonté à 91 début 2010. Il évolue depuis septembre 2007 en dessous de sa moyenne historique de 100. Dans un contexte dominé par la crise de la dette et la baisse des marchés financiers, l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle future baisse rapidement, précise l'Insee dans un communiqué: le solde correspondant cède six points en septembre par rapport à juillet.
De plus, les ménages jugent que le moment est nettement moins favorable pour épargner, le solde correspondant abandonnant huit points et repassant sous sa moyenne historique. Les craintes d'évolution du chômage sont en forte hausse tandis que le solde des réponses sur l'évolution du niveau de vie futur chute.

Le sans-faute de Christine Lagarde après 100 jours au FMI

L'ex-ministre de l'Economie française a su se couler dans l'héritage réformiste de son prédécesseur, Dominique Strauss-Kahn, tout en préservant son indépendance et son style.

Souriante sous les flashs des photographes, Christine Lagarde a entamé jeudi une fin de semaine marathon. Devant une salle de presse archicomble, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) s'est livrée à un exercice qu'elle maîtrise à la perfection, en préambule aux assemblées générales du FMI, qui débutent officiellement ce vendredi. Peu avant, Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, avait salué "les compétences, la vision et le leadership d'une partenaire inestimable dans ces moments difficiles pour l'économie mondiale".
Près de cent jours après sa prise de fonctions, le 5 juillet, l'ex-ministre de l'Économie française fait l'unanimité, hors et dans une institution où elle commence à prendre ses marques. "Jusqu'à présent, elle a été à l'écoute. Elle a posé de nombreuses questions aux membres du Conseil, ce qui est plutôt inhabituel pour un directeur général, explique Domenico Lombardi, président de l'Oxford Institute for Economic Policy et ancien administrateur du Fonds pour l'Italie. Elle a entamé un débat avec eux sur le futur rôle du FMI dans les crises internationales, sans a priori. Les représentants des économies émergentes ont ainsi pu avoir des opportunités pour exprimer leurs inquiétudes."
Depuis son intronisation, Christine Lagarde a également multiplié les interviews et les interventions publiques, comme à New York devant l'influent think tank Council on Foreign Relations (CFR) ou tout récemment face aux caméras de CNBC, la puissante chaîne d'informations financières. Sa sortie la plus remarquée reste son discours à Jackson Hole, lors du symposium annuel des banques centrales. "Elle m'a particulièrement impressionné, se souvient Steven Dunaway, membre du CFR et ancien directeur du département Asie-Pacifique du FMI. Elle a attiré l'attention sur les dangers de la rigueur budgétaire." Devant les grands argentiers de la planète, la nouvelle directrice générale du FMI a prouvé "qu'elle n'hésiterait pas à exprimer ses opinions" alors que les gouvernements européens se sont engagés dans des plans massifs d'économies, ajoute Edwin Truman, du Peterson Institute for International Economics. "Il était important qu'elle prouve rapidement qu'elle servait les intérêts de tous les pays, et pas seulement ceux des Européens", poursuit cet ex-secrétaire adjoint du Trésor américain.
Bâtir sa crédibilité
En affirmant publiquement qu'une recapitalisation des banques européennes était "urgente", Christine Lagarde s'est certes attiré les foudres des responsables politiques européens. Mais "elle a aussi montré qu'elle s'adaptait aux vues du personnel du FMI et aux recherches qu'ils avaient effectuées avant son arrivée", estime Edwin Truman. "Elle s'est attachée à défendre l'indépendance de l'institution, à bâtir et à renforcer sa crédibilité personnelle et à montrer qu'elle n'avait pas l'intention de se plier aux pressions émanant des dirigeants européens", renchérit Domenico Lombardi. Une absolue nécessité vis-à-vis des autres membres du Fonds, dont certains redoutaient qu'elle ne soit qu'une simple "exécutante", une "marionnette" aux services de ses ex-collègues du Vieux Continent. "Mais si la Grèce ne parvient pas à remplir ses promesses d'ajustements, passera-t-elle outre les éventuelles pressions politiques pour refuser de fournir de nouvelles aides financières ? Osera-t-elle dire non aux responsables européens ?", s'interroge Steven Dunaway.
Dilemme en perspective
Pour l'instant, le FMI ne veut pas mettre en péril les programmes d'aide aux économies en difficulté de la zone euro. Mais cela pourrait bien changer : au sein de l'institution, notamment parmi les représentants des pays émergents, le scepticisme grandit. Si bien que certains envisagent de ne pas cofinancer les prochains plans de sauvetage. Un potentiel dilemme en perspective pour Christine Lagarde, qui y jouera à nouveau sa crédibilité en tant que directrice d'une institution indépendante. "Le Fonds sera bien plus prudent avant de s'engager, estime Domenico Lombardi. Dominique Strauss-Kahn aurait certainement milité pour une attitude plus active et agressive." Mais "la substance de son message envers les Européens est sensiblement la même, nuance Edwin Truman. Il y avait dans les propos de son prédécesseur le même sens de l'urgence face à la situation en Grèce".
Trois mois après son arrivée, Christine Lagarde n'a pas rompu avec l'héritage de Dominique Strauss-Kahn, dont le travail au sein de l'institution a été unanimement salué. Elle devrait ainsi s'efforcer de mener à bien la réforme du FMI, même si les Européens se montrent toujours réticents à tout changement qui réduirait leur poids et leurs droits de vote. "Elle va essayer d'influer sur les membres du Fonds durant ces assemblées générales pour qu'ils acceptent la réforme" votée en décembre 2010, avance Domenico Lombardi. "Avec le temps, elle fera probablement des choix différents de ceux que DSK aurait pu faire", anticipe Edwin Truman. Elle imprimera alors sa marque de fabrique.

«Un coup de semonce pour Sarkozy»


Le basculement du Sénat à gauche augure d'une prériode de difficile pour la majorité. Philippe Goulliaud, chef du service politique du Figaro, analyse l'impact de cette défaite pour l'UMP à la veille de la présidentielle.

LA GAUCHE MAJORITAIRE AU SÉNAT ; SCÉNARIO


Sénat à gauche : la fin de la «règle d'or» budgétaire

Même si l'Assemblée nationale a toujours le dernier mot sur les textes de loi, une majorité de gauche au Sénat va compliquer les choses pour le gouvernement français, à sept mois de la présidentielle, en particulier pour le débat budgétaire qui risque d'être explosif. Adieu la fameuse «règle d'or» budgétaire souhaitée par .
  Larcher : sur les budgets «la discussion va être tendue». «Un Sénat clairement dans l'opposition, cela veut dire par exemple un débat sur le projet de loi de Finances qui serait d'une autre nature», avait dit  le président UMP sortant du Sénat Gérard Larcher, avant le scrutin. Pour lui, de toutes façons, la discussion des budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale pour 2012, qui vont décliner le plan de rigueur du gouvernement, va être tendue. «J'ai dit à François Baroin (Economie) et (Budget): avec la majorité sénatoriale qui va sortir, attendez-vous à un rendez-vous d'automne exigeant», a prévenu .

La «règle d'or» ne peut pas être inscrite dans la Constitution. Avec une majorité de gauche au Sénat, le président de la République n'a plus la possibilité de réunir le Parlement en congrès pour faire adopter une modification de la Constitution pour laquelle il faut une majorité des 4/5e, comme par exemple l'inscription de la règle d'or budgétaire. Par ailleurs, la gauche pourra retarder l'adoption des textes.

Une meilleure représentation de la gauche.
Par ailleurs, un président du Sénat de gauche - considéré comme le 2e personnage de l'Etat car assurant l'intérim du président de la République en cas d'incapacité ou de décès - présent au côté de Nicolas Sarkozy dans les grandes manifestations républicaines aura une portée symbolique et politique forte. Sans compter les pouvoirs de nomination qu'il possèdera notamment au Conseil constitutionnel ou au Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Le PS veut rendre au Sénat «son rôle politique» et rénover les liens avec les élus locaux.  La gauche avait connu une situation identique durant le premier septennat (1981-1986) de François Mitterrand, puis de 1988 à 1993 et ensuite pendant la troisième cohabitation (1997-2002), lorsque Lionel Jospin était Premier ministre. «Nous n'avons aucune volonté d'obstruction», a promis d'ores et déjà le chef de file des sénateurs socialistes, Jean-Pierre Bel. «Nous entendons rendre au Sénat tout son rôle politique» alors que Gérard Larcher «s'est aligné sur le gouvernement en ce qui concerne par exemple la réforme territoriale ou celle des retraites», avait-il  dit à l'AFP. «Une de nos obligations sera de rénover le lien avec les élus locaux et pour cela nous allons organiser très rapidement des états généraux pour préparer un Acte 3 de la décentralisation», avait-il annoncé.

Un sérieux atout si la gauche gagne la présidentielle. A plus long terme, un Sénat de gauche «sera pour le prochain président de la République, s'il est de gauche, un sérieux atout», a pronostiqué François Hollande, candidat à la primaire socialiste. «Pour la première fois, l'Assemblée nationale, le Sénat et le président de la République pourraient être de gauche, ce qui aura un poids important en cas de révision constitutionnelle», fait valoir le politologue Bruno Jeanbart (OpinionWay).

Résultat sénatoriales : Historique ou arithmétique ?

A chaque élection ses tics de langages. La gauche parle de résultat « historique ». La droite tente de minimiser l'évènement en parlant de résultat « arithmétique »
« Historique », clament en cœur les leaders de gauche, trop heureux de voir le Sénat basculer dans leur camp pour la première fois de l'histoire de la Ve République. Contacté par FranceSoir.fr, Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, a salué comme beaucoup d'autres de son camp un « résultat historique », « beaucoup plus spectaculaire que ce qu'on attendait ».

Déjà à l'annonce des résultats, Jean-Pierre Bel, chef de file des sénateurs PS au Sénat, donnait une grande valeur au basculement de la haute chambre. « Ce 25 septembre 2011 est un jour qui marquera l'Histoire. Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, le Sénat va connaître l'alternance, a-t-il délcaré devant la presse. Pour la première, oui, pour la première fois, le changement est en marche. La gauche vient de gagner ce 25 septembre, elle vient de gagner les élections sénatoriales. C'est un véritable camouflet pour la droite. »
A droite, en revanche, on ne partage pas vraiment cette vision. Jean-François Copé a « pris acte » de la défaite de la droite aux élections sénatoriales. Pour autant, le secrétaire général de l'UMP se refuse à parler d'évènement historique. Pour lui, la défaite « est une déception mais ce n'est pas une surprise ». Elle est la « conséquence des défaites successives aux municipales, aux régionales, aux cantonales. » Chantal Jouanno, élue à Paris, n'a pas dit autre chose, en parlant de défaite « arithmétique ». 
La défaite de la droite était donc attendue. C'est ce qu'a reconnu lui-aussi Patrick Ollier. « Il n'y a pas de poussée de la gauche, c'est mathématique, cela aurait pu être pire », a déclaré le ministre chargé des relations avec le Parlement.

L’Europe vers le joug mondialiste, par Frédéric Courvoisier et Spencer Delane

Nous pouvons affirmer ce soir avec la certitude la plus absolue que le premier point de l’agenda que nous avons détaillé la semaine dernière, à savoir un troisième plan de « sauvetage » pour la Grèce, sera décidé avant la mi-novembre, et qu’une des conditions sine qua none dictée par Bruxelles sera la mise sous tutelle directe et totale de ce pays par un triumvirat composé de cadres du FMI, de la BCE et de la Commission européenne.
La Grèce ne sortira pas du piège de l’euro
Certains esprits brandissent l’article 50 du Traité sur l’Union européenne (TUE), prétendant qu’il est possible pour la Grèce de sortir de la zone euro. L’article 50 du TUE ne parle pas de l’euro ni de la zone euro, mais de l’Union européenne. Peu importe. Que dit cet article ?
1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
Intéressant. Donc, s’il n’y a pas majorité qualifiée au sein du Conseil ( soit 55% des membres du Conseil, comprenant au moins quinze d’entre eux et représentant des Etats membres réunissant au moins 65% de la population de l’Union), il n‘y a pas de voie de sortie. Que nous apprend encore l’article 218 paragraphe 3 ?
3. La Commission, ou le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité lorsque l’accord envisagé porte exclusivement ou principalement sur la politique étrangère et de sécurité commune, présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l’ouverture des négociations et désignant, en fonction de la matière de l’accord envisagé, le négociateur ou le chef de l’équipe de négociation de l’Union.
On le comprend bien. C’est théoriquement possible, mais pratiquement conçu pour être irréalisable.
Admettons que, par quelques miracles, la Grèce sorte tout de même de l’euro. Sur quelle base pourrait-t-elle émettre une monnaie nationale et ramener son économie sur les rails ?
Pour recréer sa monnaie, la Grèce devrait indexer sa dette publique sur un panier de référence de monnaies – qui pourrait être constitué du dollar, du yen, du franc suisse, etc. – de façon à protéger les détenteurs de la dette publique – et par voie de conséquence toutes les dettes, puisque la dette publique sert de référence – contre les effets, les dommages collatéraux, qui pourraient résulter de sa sortie de la zone euro. Car même si la Grèce se met en situation de défaut, même partiel, il va bien falloir trouver une solution pour ses créanciers.
La Grèce aurait donc besoin que d’autres pays investissent massivement dans son économie – des montants qui dépasseraient de très loin sa dette actuelle. Car si elle ne trouve plus personne pour se financer elle se retrouvera très vite au niveau économique du Sierra Leone ou du Burundi – une éventualité qui devrait être de nature à calmer très vite la rue et ses prétendus « insoumis », toutes tendances confondues. La Grèce pourrait-elle autofinancer sa monnaie ? Et comment ? Grace à l’or qu’elle n’a pas ? En empruntant à des banques étrangères alors que sa situation actuelle menace de les mettre en faillite ? En imposant un impôt spécial à toutes les fortunes qui ont déjà mis les voiles ? L’euro est un piège dans lequel il n’y a pas d’issue. Il ne fallait pas y entrer.
La contestation des « masses » ne servira à rien
L’Euro est en effet un piège, car en empêchant les Etats membres de la zone de retrouver leur monnaie nationale, et d’en dévaluer sa valeur, elle permet de dévaluer le prix du travail et donc, comme nous avons tenté de l’expliquer dans une série d’articles, d’utiliser cette crise afin de reconfigurer l’économie.
Il est donc nécessaire, conformément à nos points 2 et 3 de l’agenda, que la crise s’amplifie encore de sorte à ce que la Grèce soit contrainte à un défaut partiel, qui entrainera une série de faillites bancaires à travers l’Europe et le défaut d’autres pays européens déjà en difficulté.
Nous aurions tort de penser que les masses pourraient empêcher le cours des catastrophes en se révoltant. L’histoire moderne n’a pas été avare d’exemples contraires, illustrant plutôt, chez les dites masses, une assez constante détermination à ne pas se révolter en dépit de ce qu’elles savaient, et même à ne pas savoir en dépit de l’évidence, ou du moins à se comporter en comme si elles ne savaient pas
Un plan « clandestin » pour imposer une Europe fédérale
La société dans laquelle nous vivons n’est pas aussi transparente qu’elle le prétend, ou elle ne l’est pas comme elle le prétend. Elle ne parait si déconcertante que parce que les intérêts agissants y sont la plupart du temps cachés, et les rapports de causalité falsifiés. Dans un entretien accordé la semaine dernière au quotidien Le Monde (1), Jacques Sapir, économiste renommé et directeur Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS), bien que l’axe central de son analyse diffère de la notre, explique comment certaines de nos élites politiques ont manœuvré, au moins depuis 1985, afin de préparer le terrain à la situation actuelle :
« Il faut rappeler le rôle extrêmement néfaste qu’ont eu un certain nombre d’hommes politiques français, ainsi que des hauts fonctionnaires, qu’il s’agisse de Jacques Delors, de Pascal Lamy ou d’autres, dans la déréglementation financière généralisée que nous avons connue en Europe à partir de 1985-1986. Sur le fond, on a voulu faire avancer la solution d’une Europe fédérale sans le dire aux populations.
La construction européenne a été faite de telle manière qu’elle incluait des déséquilibres structurels dont les pères de l’Europe espéraient que les solutions iraient chaque fois un peu plus en direction du fédéralisme. Ce fédéralisme furtif, ou clandestin, comme l’on veut, ne tenait pas compte des réactions des peuples, et ne tenait pas compte de l’enracinement extrêmement profond des nations qui constituent l’Europe. On peut toujours aujourd’hui reprocher aux différents pays leurs égoïsmes, on peut toujours aujourd’hui reprocher aux classes politiques de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, leur manque d’initiative et leur aveuglement face à la crise de l’euro, qui était une perspective inévitable depuis 2009.
Mais sur le fond toutes ces incompétences renvoient en réalité à un projet politique. Ce projet qui avait été refusé lors du référendum de 2005, que ce soit en France ou aux Pays-Bas, et que l’on a cherché à imposer malgré tout via la notion de contrainte économique. »
Vers une division de la zone euro en deux monnaies…
L’idée de mutualisation de la dette ou celle de l’émission massive par la banque centrale européenne (BCE) de crédits au profit des Etats membres ayant été enterrées par un arrêt du tribunal de Karlsruhe – pour lequel nous rappelions il y a quelques jours qu’il est garant de la souveraineté de l’Allemagne – ces deux solutions, qui n’auraient d’ailleurs été efficaces qu’à court terme, peuvent être oubliées.
Comme nous l’indiquions dans le point 4 de notre agenda, la dissolution de la zone euro n’étant pas à l’ordre du jour, la dernière option passe par une scission de la monnaie unique en deux entités : l’euro mark pour les pays du nord et Israël dans l’immédiat, puis l’intégration progressives des pays de l’est dont l’économie le permet, et l’euro franc pour les pays du sud, les pays des Balkans et, à terme, la Turquie et les pays du Maghreb, après qu’ils aient été restructuré par quelques « révolutions arabes »
… et l’intégration de l’Union pour la Méditerranée
Nous pensions que l’Union pour la Méditerranée (UPM) était en panne depuis 2008, et voilà que, galvanisée par l’opportun « printemps arabes » et la propice « crise de la dette des Etats », il renait de ses cendres. C’est ce que son secrétaire général, Youssef Amrani, écrivait le 13 septembre dernier dans le quotidien Le Monde (2) : Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Union pour la Méditerranée. Extraits :
« Avec le « printemps arabe », une nouvelle ère s’est ouverte en Méditerranée. Les partenaires euro-méditerranéens doivent être à la hauteur de ce processus historique de transformation : il faut soutenir la transition démocratique et favoriser le développement économique et social pour construire un espace euro-méditerranéen démocratique, apaisé, stable et prospère. »
(…) Les révolutions qui ont eu lieu dans certains pays arabes nous appellent à travailler sur les priorités stratégiques déjà identifiées mais aussi à innover pour sortir des schémas classiques.
(…) L’Union pour la Méditerranée apparaît aujourd’hui comme une initiative visionnaire. (…) Il faut maintenant engager une nouvelle étape. (…) Pour faire face aux nouveaux défis, de nouveaux outils de financement doivent être créés, avec la Commission européenne et les institutions financières spécialisées telle la Banque européenne d’investissements, fonds d’assistance technique, mécanismes de garanties (…)
Tout ceci ne s’improvise pas. Ce processus multidimensionnel se construit avec l’adhésion de tous les acteurs clés de la région, avec l’appui de l’Union européenne et de la communauté internationale (…)
Il nous incombe de veiller à ce que les objectifs et les principes de la nouvelle politique européenne de voisinage actuellement à l’examen de l’Union européenne convergent avec ceux qui guideront la trajectoire de l’UPM.
(…) L’ancrage de plus en plus fort des économies méditerranéennes au marché intérieur de l’UE plaide aujourd’hui pour un objectif plus ambitieux allant au-delà du libre-échange, et s’inscrivant à terme dans la réalisation d’un espace économique commun. »
Après quelques tergiversation, pour nous prévenir autant que nous endormit, sur le mode « une nouvelle ère », « innover pour sortir des schémas classiques » , « de nouveaux outils de financement doivent être créés », l’objectif est finalement lâché : « la réalisation d’un espace économique commun » avec l’Union européenne. Mais comme l’indique l’indique Youssef Amrani : « tout ceci ne s’improvise pas »
Que faire ?
Ceux qui répètent les mensonges officiels diffusés en boucle par la propagande médiatique nous diront bientôt que les choix qui vont nous être imposé permettront en réalité la survie de notre civilisation, que la perte de la souveraineté des Etats européens et l’abolition de la démocratie ne seront que provisoires et que, au final, nous ressortirons plus fort de ces crises.
L’artifice de la propagande consiste en effet à affirmer à la fois que l’avenir est l’objet d’un choix conscient que l’humanité doit faire collectivement, comme un seul homme et en toute connaissance de cause puisqu’elle est instruite par des experts, des politique et des journalistes qui ne veulent que notre bonheur, et que de toute façon nous n’avons pas le choix, ou plutôt que celui-ci se résume à vivre selon les directives de l’oligarchie régnante ou de périr parce que l’on sera resté sourd à leurs mises en garde.
Tout se déroule devant nous, au grand jour, et il faut être aveugle ou complice (l’un n’étant pas incompatible avec l’autre) pour ignorer les forces désertificatrices et négatives à l’œuvre dans leur travail de renversement et de prise de possession négative, satanique. Car tel est le signe de la haute provocation des temps qui sont les nôtres : l’obligation devant laquelle on se trouve tenus d’utiliser ce terme aux résonances bien anciennes, étranges à nos actuelles habitudes de discours.
Cependant notre rôle reste, dans un présent écrasé par la probabilité du pire, d’étudier les diverses possibilités qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

Grèce-télé : des étudiants font irruption

Un groupe d'étudiants grecs a fait irruption dimanche soir sur le plateau du bulletin d'informations de la chaîne de télévision publique entraînant l'interruption des émissions, a annoncé un porte-parole du gouvernement.
Au même moment la police faisait usage de gaz lacrymogènes contre une manifestation d'étudiants à proximité du Parlement. "Il y a eu occupation de la chaîne de télévision publique NET et nous oeuvrons au rétablissement de la situation", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement Elias Mossialos. "Ce sont des étudiants. Ce n'est pas un problème lié à la chaîne", a-t-il ajouté sans plus de détails.