vendredi 26 novembre 2010
Après l'Irlande, le Portugal inquiète l'Europe
La Banque centrale européenne et une majorité de pays de la zone euro font pression sur le gouvernement portugais pour qu'il sollicite à son tour une aide de l'UE et du FMI, selon le Financial Times Deutschland du vendredi 26 novembre. "Même si les banques portugaises ne sont pas considérées comme surendettées, à la différence de leurs homologues irlandaises, elles dépendent elles aussi des liquidités de la BCE pour leurs activités", écrit le quotidien, sans citer de source précise. Les pressions pour que le Portugal demande une aide rapidement auraient pour arrière-pensée d'éviter à l'Espagne de se retrouver dans une situation difficile, poursuit le FTD.
Le ministère des finances allemand a aussi démenti faire pression sur le Portugal, un porte-parole affirmant que ce n'était "pas du tout la position de la maison. Exercer des pressions n'est pas un mécanisme envisagé par le bouclier de protection de l'euro", a-t-il dit. Lisbonne "dément toute pression de la BCE ou des pays européens pour que le Portugal demande de l'aide", a indiqué, le cabinet du premier ministre, José Socrates, qualifiant les informations du Financial Times Deutschland de "totalement fausses". L'Espagne indique n'exercer aucune pression sur le Portugal afin qu'il demande une aide financière européenne pour soulager ses finances publiques. "Ce que veut l'Espagne, c'est que le Portugal adopte son budget et mette en œuvre son plan de stabilité", a dit, vendredi, une source gouvernementale à Madrid.
José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement socialiste espagnol, a précisé, vendredi, sur la radio catalane RAC1 qu'il écartait "absolument" l'éventualité d'un plan de sauvetage financier de l'Espagne, comme cela a été le cas pour l'Irlande. "Ceux qui misent contre l'Espagne à court terme vont se tromper", a-t-il assuré, insistant : "il n'y a aucun scénario" dans le sens d'un sauvetage de l'Espagne. "Ce n'est pas que je veuille transmettre la confiance simplement par ma volonté, mais à partir de faits concrets", a-t-il dit, citant notament le faible niveau de la dette publique espagnole.
Après l'annonce du sauvetage de l'Irlande, le Portugal s'est retrouvé en première ligne des marchés financiers, convaincus qu'il sera le prochain pays de la zone euro à faire appel à l'aide de l'Union européenne et du FMI. Indice de l'inquiétude des investisseurs, les taux d'intérêt de la dette portugaise à dix ans continuaient jeudi à évoluer au-dessus de 7 %, un seuil historique atteint pour la première fois à la mi-novembre. Le Parlement portugais doit définitivement adopter vendredi le budget d'austérité pour l'an prochain, qui doit permettre au pays de réduire son déficit public de 7,3 % du PIB cette année à 4,6 % fin 2011.
Ce plan a déclenché une grève générale historique, mercredi, à l'appel des deux principales centrales syndicales portugaises, CGTP et UGT, unies pour la première fois depuis vingt-deux ans. Pour le moment seule la Grèce, au printemps, a bénéficié du plan de soutien à la zone euro sous forme de prêts européens et du FMI. Mais l'Irlande devrait devenir le deuxième bénéficiaire.
Crise financière: Le Portugal va-t-il appeler à l'aide?
«Cet article de presse est complètement faux, il n'est fondé sur rien», a cependant démenti vendredi un porte-parole du gouvernement. Le Premier ministre José Socrates a affirmé à plusieurs reprises ces derniers jours que son pays n’avait pas l’intention de demander une aide financière.
Sauver l’Espagne
L’objectif, selon le Financial Times Deutschland qui ne cite pas ses sources, est toutefois d’éviter que l’Espagne, cinquième économie d'Europe, ne soit obligée de faire de même.«Si le Portugal sollicite le fonds, ce sera bénéfique pour l'Espagne, car le pays est lourdement engagé au Portugal», explique au quotidien un responsable du ministère allemand des Finances. Ce dernier n’a pu être joint dans l’immédiat.
Crainte de contagion
Une demande qui illustre en tout cas l'inquiétude des membres de la zone euro d'une possible contagion de la crise financière à d’autres pays fragiles.>> La crise irlandaise peut-elle contaminer d'autres Etats? Lire le décryptage de 20minutes.fr
Selon une enquête réalisée cette semaine par Reuters, 37 économistes sur les 50 interrogés estiment que Lisbonne va emboîter le pas à la Grèce et à l’Irlande et solliciter le Fonds européen de stabilisation financière (FESF). Une autre étude fait apparaître que l'Espagne inspire bien plus confiance: seuls quatre économistes sur 50 la voient recourir à une aide européenne.
Mais l’UE veut écarter tout risque car une aide à l'Espagne pourrait épuiser le filet de sécurité de 750 milliards d'euros constitué par la zone euro, l'Union européenne et le Fonds monétaire international en mai dernier.
>> Pour tout comprendre au mécanisme d'aide aux pays de la zone euro en difficulté, cliquez ici
«Aucun danger»
Jeudi, de hauts responsables européens ont tenté de rassurer les marchés sur la pérennité de la monnaie unique. Car la crise financière irlandaise préoccupe les investisseurs. Cela s’est directement traduit par une flambée du coût de l'emprunt pour l’Irlande, le Portugal mais aussi l’Espagne.Le directeur du FESF Klaus Regling a cependant affirmé jeudi qu'il n'y avait «aucun danger» d'éclatement de la zone euro, reconnaissant toutefois que la situation était «grave».
Mardi 16 novembre, Nicolas Sarkozy s’était attaché à donner une image plus consensuelle, plus sereine, plus rassurante que celle que lui connaissent les Français. C’était, en creux, une façon de faire son autocritique sur le style de gouvernance qu’il a imposé au pays depuis 2007. Pour son discours de politique générale, hier, François Fillon n’a rien changé. Il a fait du Fillon : sobre, sérieux, combatif. Il a démontré que, pour lui, la constitution d’un gouvernement peu différent du précédent n’aura été qu’une péripétie. Et que si remaniement il y a, il est à chercher du côté de l’Élysée et non de Matignon.
Il y a pourtant une vraie rupture politique, qui a été imposée à l’attelage exécutif par la crise, par l’échec des grandes options choisies en 2007, ainsi que par Bruxelles. François Fillon martèle qu’il assume son bilan, et qu’il continuera les réformes. Encore faut-il savoir lesquelles ! Celles qui sont à venir, sur le plan budgétaire, prennent l’exact contre-pied de celles d’il y a trois ans : le bouclier fiscal va être supprimé, la baisse des impôts est oubliée et le mot « rigueur », qui était tabou, est réhabilité, au moins dans la bouche du Premier ministre.
François Fillon continue d’affirmer qu’il n’y aura pas de hausse des impôts. Or, l’augmentation des recettes fiscales est déjà enclenchée ! Pour l’instant, elle porte le nom de « rabotage des niches ». Un terme anodin et trompeur, car la facture du plus grand nombre va s’envoler. Et ce n’est pas fini : pour atteindre l’objectif de « produit constant » de l’imposition malgré la suppression annoncée de l’ISF, il faudra « raboter » bien plus encore, et sur une surface plus large. Il y a fort à parier qu’en échange de la suppression de l’injuste bouclier fiscal, on va répartir sur les classes moyennes la taxation du patrimoine qui ne touche, pour l’instant, que les très riches.
Rien, en tout cas, ne sera gratuit : l’instauration d’une assurance « dépendance », promise par Nicolas Sarkozy, se fera, a précisé François Fillon, en parallèle avec la « régulation » des dépenses de santé. Là encore, la réforme à venir pourrait déshabiller Pierre pour habiller Paul. On se demande d’ailleurs comment rogner encore une assurance maladie déjà exsangue. La première partie du quinquennat a creusé le déficit. Les dix-huit mois restants seront consacrés, par la force des choses, à gérer et à répartir la pénurie.
Monsieur Minc, avare ni de ses conseils, ni de son mépris, estime que notre Premier ministre incarne la France provinciale de droite. Il est vrai que François Fillon cite Charles Péguy et Victor Hugo, garnitures prisées des bibliothèques bourgeoises.
Mais il a fait hier beaucoup plus, prodiguant une belle énergie au service de la réforme dans la rigueur - ou le contraire, peu importe : ça voulait dire tout changer, sans dépenser un sou de plus. Il a fait moins, aussi, que notre Président, qui n’est pas son mentor mais demeure son supérieur : il n’a pas su, au-delà de l’ovation de commande, susciter la passion de la majorité.
On a vérifié là une vérité de la politique française, que rien ne vaut l’onction de l’élection au suffrage universel. François Fillon a beau faire, il reste de ce point de vue un collaborateur de notre Président. Jusqu’au jour où, peut-être, à son tour…
Plus de 7.000 euros le mètre carré ! L'immobilier bat tous ses records à Paris, où un simple WC coûte désormais le prix d'une Renault Clio. Cette flambée est folle. Ramenés aux loyers ou aux revenus, les prix à la vente dépassent largement les tendances de long terme. Ce n'est pas tenable. La folie ne peut pas s'expliquer par la seule pénurie, brandie à l'envi par les professionnels du secteur, tous intéressés à la montée des prix, qui arrondit leurs commissions. Paris manquait déjà cruellement de logements dans les années 1990, quand les prix ont baissé de près de 40 % ! Elle a au moins deux autres explications, qui reflètent la pagaille présente des marchés financiers. D'abord l'effet refuge. Paris est à l'immobilier français ce que l'or est aux marchés mondiaux de matières premières : un produit à la fois rare et très visible. Dans un monde financier où tous les repères disparaissent, comme dans un tremblement de terre, beaucoup d'investisseurs se raccrochent à l'or et à la pierre. Ils sont prêts à payer de plus en plus cher, dès lors qu'ils font leurs achats sur des places qui n'ont pas été trop vérolées par les excès des années passées. Ensuite l'effet taux d'intérêt. Achat de long terme, l'immobilier se finance à des taux d'intérêt à long terme. Or ces taux sont actuellement au plus bas. Les acquéreurs peuvent espérer emprunter à moins de 3 % sur quinze ans. Un niveau très bas, qui reflète la fantastique déformation des marchés financiers à l'oeuvre. Les investisseurs achètent massivement des obligations, convaincus que c'est le seul produit financier capable de résister à la tourmente. Les dirigeants des Etats font tout pour renforcer cette conviction qui conditionne leur possibilité de lever les centaines de milliards d'euros nécessaires à leur survie financière. En Europe, ils sont ainsi venus au secours de la Grèce, puis de l'Irlande. Mais ceux qui dépendent le moins des créanciers, comme l'Allemagne, commencent à se poser des questions. En attendant, les achats massifs d'obligations font baisser les taux d'intérêt. Cette baisse exerce fatalement des effets pervers - dont la flambée de l'immobilier parisien n'est que le plus visible.
Pour les gouvernants locaux et nationaux, cette situation est redoutable. Elle chasse de la capitale les ménages modestes, les classes moyennes et aussi les étudiants ou les chercheurs étrangers qui pourraient être attirés par la France. Elle risque de rendre la ville aussi joyeuse qu'une salle de coffres-forts. Et dès que les taux d'intérêt remonteront, les prix vont dévisser. Beaucoup de professionnels le disent d'ailleurs. Le marché va alors se gripper, sevrant Paris de plusieurs centaines de millions d'euros de droits de mutation. Même si la ville continuera alors de manquer de logements.
Des élections à Haïti ? Franchement, pour quoi faire ? Pour reconduire un gouvernement incapable de gouverner car sans moyens, donc sans pouvoir ? Ou le remplacer par un autre tout aussi inapte pour les mêmes raisons ? Sans oublier la corruption généralisée dans les milieux politiques et dans l'administration, ou du moins ce qu'il en reste. Une corruption inexcusable mais qui pousse si bien sur la misère.
Et c'est le vrai problème d'Haïti. Que de compassion après le tremblement de terre de janvier et que d'argent promis ! Mais où sont les premiers des 10 milliards de dollars claironnés par les pays donateurs ? Et les maisons -des cabanons, plutôt- à construire pour 1,5 million de sans-abri qui, la plupart encore, vivent sous des tentes ? Certes, des projets ont été réalisés comme ces 500 maisonnettes achevées fin août, sous l'égide de la Croix-Rouge française, sur 30 000 annoncées, plus 4 000 autres (de 18 m² !) sur les 10 000 relevant d'un programme coordonné par l'ONU. Une lenteur qui serait aussi à attribuer à la bureaucratie haïtienne freinée par des propriétaires fonciers peu désireux de céder des terrains à leurs compatriotes sinistrés.
Fin juillet, donc six mois après le séisme du 12 janvier, une enquête canadienne avait estimé que seulement 1,9% (bien 1,9% !) de la tranche de 5 milliards à verser dans les deux ans aux Fonds de Reconstruction de Haïti (géré par la Banque mondiale, l'ONU et divers organismes) avaient effectivement été payés.
Depuis, l'aide a été accélérée. Mais le compte n'y est toujours pas. Les ONG restées sur place dans un sentiment d'abandon font ce qu'elles peuvent. Comment déblayer les décombres quand les bulldozers et les engins lourds fièrement exhibés par l'armée américaine les jours qui ont suivi le tremblement de terre ont été rembarqués ? Comment réparer les réseaux d'eau potable et réaliser les indispensables travaux d'assainissement pour empêcher la propagation de l'épidémie de choléra ?
Ah, si Haïti était une banque américaine ou irlandaise en péril, menaçant le dollar ou l'euro ! Les milliards, n'en doutons pas, tomberaient du ciel. Et avec cette manne, une foule d'experts pour reprendre les comptes en mains. Or, c'est ce qui manque à Haïti : une tutelle internationale dotée de fonds conséquents pour, un temps du moins, gérer le pays. Et non le laisser à de trop longues dynasties de « Papa Doc », de « Bébé Doc », d'Aristide, de Préval ou à d'autres prédateurs. A la classe des possédants surtout préoccupés par le maintien de ses privilèges...
Mais qui s'intéresse à Haïti ? Le pays est vraiment trop pauvre, sans ressources naturelles et même sans la moindre importance stratégique. Le monde des riches a bien d'autres soucis...
La volatilité de l'euro, premier frein aux envies d'exportation des PME françaises
Des risques importants
Des destins très différents
En ouvrant le 93 e Congrès des maires de France, Nicolas Sarkozy a tenté d'amorcer sa réconciliation avec ces élus. Elle était devenue indispensable depuis que son Premier ministre y avait essuyé à sa place une bronca, dont il ne s'était d'ailleurs pas trop mal sorti. Et d'autant plus urgente que se profilent des cantonales, lesquelles influeront ensuite sur la future composition du Sénat. Sous cet angle politique classique, l'invité des maires a fait ce qu'il fallait, et dans la tradition. Comment en effet ne pas être approuvé par cet auditoire lorsqu'on proclame qu' « il n'y a pas trop de communes en France », symboles du « savoir-vivre à la française » ou qu'on demande « le respect pour ceux qui ont eu le courage de se présenter devant le suffrage universel » (Villepin appréciera) ? Mais l'enjeu va bien au-delà. Le président a en effet engagé une série de réformes qui dérangent le paysage familier : la réorganisation des cartes judiciaire, militaire ou hospitalière déplace les marques des acteurs locaux. La réforme territoriale, avec son « conseiller territorial », bouscule les repères des candidats aux conseils généraux ou régionaux. La suppression de la taxe professionnelle inspire des craintes sur ses ressources de substitution… C'était le lieu de se présenter, même chargé de tous ces soupçons, devant les seuls élus locaux dont la fonction n'était pas menacée. Leur privilège de « compétence générale » a au contraire été réaffirmé, alors qu'il est en cause pour les départements, et on promet de faire le ménage dans le fatras de normes administratives qui les étouffent. Sur ces points, le président a même recueilli quelques applaudissements, ce qui était bien le but. Il en aurait sans doute reçu davantage s'il avait déclaré abandonner ses réformes, car elles déstabilisent les habitudes. Ses adversaires sur le terrain seront bien obligés de lui reconnaître, en tout cas, le courage de les poursuivre.
jeudi 25 novembre 2010
Pour lever les critiques, les banques européennes seront soumises à de nouveaux stress tests
Les tests de résistance menés en juillet dernier sur 91 banques ne s'étaient soldés que par sept échecs. Or parmi eux ne figurait aucune banque irlandaise, alors que Dublin appelle à une aide de l'Europe et du FMI
Un analyste estime que la crise irlandaise invalide les tests menés cette année. "Comme aucune banque irlandaise n'a raté le test, les investisseurs n'ont guère envie de croire les hommes politiques qui affirment que les banques portugaises et espagnoles sont différentes", ont écrit des analystes techniques de la Société générale dans une note publiée mercredi.
La rigueur s’arrête à Bruxelles
"C'est une victoire embarrassante pour Bruxelles, remarque Le Figaro. A l'heure où la Commission met les Etats à la diète, la Cour de Justice de Luxembourg a donné raison aux fonctionnaires européens qui défendaient leur droit à une hausse de 3,7% des salaires. Une revalorisation dure à avaler pour les Vingt-Sept, qui voulaient diviser cette hausse par deux ‘afin de tenir compte de la crise’."
Dans son arrêt rendu le 24 novembre, explique le quotidien français, la Cour a estimé que le Conseil européen "n'avait pas la marge d'appréciation" pour modifier la rémunération des 45 000 fonctionnaires en temps de crise car leur salaire est revalorisé automatiquement chaque année. Une décision logique, donc, mais "le timing est désastreux, car la décision tombe le jour d'une grève générale historique contre l'austérité au Portugal et de la présentation d'un plan de rigueur drastique par l'Irlande", note Le Figaro.
"L'affaire risque aussi de durcir le bras de fer sur le budget communautaire engagé entre le Parlement européen et les Vingt-Sept, qui veulent plafonner la hausse des dépenses à 2,9%." En attendant que la Commission présente un nouveau projet, le budget 2011 est bloqué.
Grèce: pourquoi l'Allemagne est-elle aussi sévère?
Berlin se montre intransigeante en matière budgétaire envers la Grèce et le reste de la zone euro.
En matière de discipline budgétaire, la chancelière allemande, Angela Merkel, se veut intransigeante.
Opposée à une aide financière européenne à la Grèce, elle s'est aussi montrée favorable à la possibilité d'exclure les mauvais élèves de la zone euro. Une sévérité qui est loin de faire l'unanimité.
Elaboré lundi par les ministres des Finances de la zone euro, un plan de sauvetage sera pourtant proposé aux chefs d'Etat et de gouvernement la semaine prochaine à Bruxelles. L'idée est d'être prêt si la Grèce en faisait la demande et qu'une" telle nécessité devait se présenter", a assuré Jean-Claude Juncker, chef de file de l'Eurogroupe.
Mais pour Angela Merkel, "une manifestation de solidarité rapide ne peut pas être la bonne réponse", a-t-elle répété hier devant le Parlement allemand. Il faut au contraire "attaquer le problème à la racine".
En clair, que la Grèce remette elle-même de l'ordre dans une gestion publique pointée du doigt depuis des années.
Un changement radical de stratégie puisque les traités affirment pour l'instant le caractère irréversible de l'entrée dans la l'Union européenne monétaire (UEM).
Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a d'ailleurs jugé "absurde" une telle hypothèse, dans un entretien ce jeudi à l'hebdomadaire Le Point.
"Quand on est premier de la classe, on a des responsabilités envers l'ensemble de la collectivité. Si la Grèce en est là, c'est qu'elle n'a pas respecté les règles du contrat et c'est donc à elle de sortir ses comptes du rouge", analyse-t-elle pour E24.
"Paris sait qu'elle est la prochaine sur la liste: son niveau de dette et de déficit ne sont pas satisfaisants. Une aide de l'Europe à la Grèce lui permettrait d'éviter d'affronter en face la réalité de ses finances publiques", explique ainsi Isabelle Bourgeois.
"Il y a ici un problème d'aléa moral. Bruxelles a mis en œuvre des règles budgétaires strictes, comme le Pacte de stabilité (…) La Grèce, comme beaucoup d'autres, ne les respecte pas depuis des années. Si l'Europe accepte aujourd'hui de lui venir en aide financièrement, alors elle n'incite pas les autres Etats, demain, à se comporter vertueusement", analysait ainsi Antoine Berthou, économiste au Cepii, centre de recherche en économie internationale.
Comment l'Allemagne utilise la crise irlandaise pour parvenir à ses fins
Au risque de se mettre à dos les autres pays européens...
Comme lors de la crise grecque, le pays est isolé dans l’UE face aux déboires irlandais. Car la chancelière allemande, Angela Merkel, compte sur cette nouvelle crise pour faire passer des réformes controversées.
Règles budgétaires allemandes
En mai dernier, l’Allemagne avait traîné des pieds avant d’accepter le plan de sauvetage de la Grèce. Cette fois-ci, le gouvernement a fait pression sur l’Irlande pour qu’elle demande une aide financière.>> Grèce: pourquoi l’Allemagne est-elle aussi sévère? La réponse de 20minutes.fr, par ici
Il faut dire que les banques allemandes sont très exposées à cette crise. Mais pour Angela Merkel, la situation de l’euro est surtout «exceptionnellement grave». Son ministre des Finances a même affirmé que l’avenir de la monnaie unique «était un jeu».
Le gouvernement allemand appelle donc à une reforme ambitieuse des règles budgétaires en Europe. Et en tant que plus gros bailleur de fonds de l’UE, il compte bien imposer ses vues.
Faire payer les investisseurs
Les 27 doivent se mettre d’accord sur un «mécanisme de crise permanent» qui doit remplacer en 2013 le fonds de soutien européen instauré en mai dernier pour les pays de la zone euro en difficulté.La chancelière allemande souhaite notamment faire payer les marchés financiers, responsables, selon elle, des turbulences en zone euro. Elle souhaite ainsi que les investisseurs qui ont acheté de la dette d’un pays mettent la main à la poche en cas de crise budgétaire.
En 2013, ces obligations d’Etat pourraient donc comporter une clause de révision des conditions et du calendrier de remboursement.
Panique sur les marché
L’alarmisme de l’Allemagne et cette proposition affolent cependant les marchés. Certains pays européens reprochent à Angle Merkel d'avoir provoqué un mouvement de panique ces derniers jours qui pourrait renforcer la crise dans la zone euro.Pour rassurer les investisseurs, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a affirmé dans un entretien publié jeudi par le journal allemand Rheinischer Merkur qu’il n’était pas inquiet «ni pour la survie de l'euro ni pour celle de l'Union européenne».
«Je crains toutefois que l'Allemagne, le gouvernement fédéral et les autorités locales perdent peu à peu de vue le bien commun européen», a-t-il regretté.
Accord entre YouTube et trois sociétés françaises de gestion collective des droits d'auteurs
YouTube, plate-forme de partage de vidéo la plus populaire du Web, filiale du mastodonte américain Google, a annoncé, jeudi 25 novembre, la signature d'un accord avec trois sociétés françaises de gestion collective des droits d'auteurs : la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), la SCAM (Société civile des auteurs multimédia) et l'ADAGP (arts visuels : peinture, sculpture, etc.). En septembre, elle s'était déjà mis d'accord avec la SACEM (pour la musique).
ATTIRER DAVANTAGE DE PUBLICITÉ
Si YouTube accepte aujourd'hui de "passer à la caisse " pour des contenus en ligne, alors que le modèle économique de sa maison mère, Google, est quasi-exclusivement basé sur une offre de services et de contenus diffusés gratuitement, contre la vente d'espaces publicitaires, c'est pour une raison stratégique.
YouTube a besoin de contenus de qualité, de court-métrages, de clips musicaux, de séries TV, pour attirer davantage de publicités. Aujourd'hui, la plate-forme a beau séduire des centaines de millions d'internautes, les annonceurs restent réticents à acheter des espaces publicitaires en face de vidéos "amateurs" aux contenus peu contrôlables.
Cécile Ducourtieux
Et les comptes de campagne d'Edouard Balladur furent validés...
Président du Conseil constitutionnel à l'époque, Roland Dumas, qui déclare aujourd'hui au Monde être favorable à la publication des procès-verbaux de la séance, actuellement couverts par le secret de la délibération, a pesé de tout son poids lors du vote final. C'est lui qui a donc emporté la décision.Les comptes de M. Balladur comportaient pourtant une anomalie : le versement suspect de 10,25 millions de francs (1,56 million d'euros), en espèces. Cet argent pourrait provenir de rétrocommissions, selon une hypothèse privilégiée dans l'enquête menée par le juge Renaud Van Ruymbeke sur la vente de sous-marins au Pakistan, en 1994.
Selon les informations du Monde, dès l'ouverture des débats au Conseil, M. Dumas met en garde ses collègues. Les comptes de Jacques Chirac, leur rappelle-t-il, présentent, eux aussi, des recettes injustifiées et une sous-estimation des dépenses. Et il insiste : si on annule les comptes de l'ancien premier ministre, il faudra aussi annuler ceux du président élu.
Il observe que les dépassements chez celui-ci sont "beaucoup plus sérieux". "Peut-on prendre le risque d'annuler l'élection présidentielle et de s'opposer, nous, Conseil constitutionnel, à des millions d'électeurs et ainsi remettre en cause la démocratie ?", fait-il valoir.
Maurice Faure, éphémère ministre de la justice de François Mitterrand en 1981, rechigne pourtant. "Je n'accepte pas cette solution", dit-il. Il est l'un des seuls à s'émouvoir publiquement. Les rapporteurs, eux, continuent de batailler. A quoi donc ont servi leurs investigations si c'est pour capituler ?
M. Dumas décide alors de suspendre la séance. Il demande aux rapporteurs de revoir leur copie et de modifier les modes de calcul qu'ils ont retenus. Les comptes de campagne d'Edouard Balladur seront finalement validés après cinq jours de débats houleux, malgré l'avis négatif des rapporteurs.
Raphaëlle Bacqué et Pascale Robert-Diard
Le socialiste Roland Dumas fut président du Conseil constitutionnel de 1995 à 2000.
Mincir plus pour grossir plus
L'expertise de plusieurs régimes alimentaires vient confirmer qu'ils entraînent, à long terme, une prise de poids.
Mauvaise nouvelle pour les adeptes des régimes alimentaires : 95 % de ceux qui ont limité leurs apports, à un moment ou à un autre, dans le but de perdre du poids, finissent par reprendre plus de kilos que ce qu'ils ont perdu. C'est l'une des conclusions d'une équipe de médecins chargés par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) de réaliser une évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires. Explications du docteur Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition de l'institut Pasteur de Lille (Nord) et président de ce groupe de travail.
Jean-Michel Lecerf : Non. L'expertise scientifique de quinze régimes - Atkins, californien, citron détox, chrononutrition, Cohen, Dukan, Fricker, Mayo, Montignac, régime de la soupe au chou, Weight Watchers... - ne fait que confirmer ce qu'on savait déjà : après un régime, de très nombreuses personnes n'arrivent pas à stabiliser leur poids et reprennent quelques kilos supplémentaires. Pour celles qui multiplient les expériences malheureuses, cela peut être dramatique. Car l'efficacité des régimes diminue avec le temps. Et la reprise de poids est plus importante après chaque nouvelle interruption. La raison est bien connue : les restrictions alimentaires perturbent durablement le métabolisme. En prévision d'une nouvelle période de disette, l'organisme stocke tout ce qu'il peut. C'est d'ailleurs pour cela que des personnes qui n'avaient pas véritablement de problème de poids avant de se lancer dans des régimes peuvent finir par s'en créer. Globalement, on perd du muscle et on reprend du gras.
-Tous les régimes ont-ils les mêmes effets néfastes ?
Il faut particulièrement se méfier des régimes "de masse", notamment de ceux proposés sur Internet. Ils sont souvent trop restrictifs et déséquilibrés. Dans plus de 80 % d'entre eux, les apports en protéines sont supérieurs, voire très supérieurs, aux apports nutritionnels conseillés. Et la plupart contiennent trop peu de fibres, de vitamines, de minéraux et de sucres. Ces régimes peuvent entraîner une diminution de la masse osseuse, et donc des risques de fracture à un âge relativement jeune. Autres problèmes : la réduction en acides gras polyinsaturés "indispensables", la formation de calculs biliaires avec les régimes très hypocaloriques et le risque de cancer colorectal avec les régimes pauvres en sucres complexes et en fibres. De plus, à force de se priver, les personnes peuvent développer de véritables troubles du comportement alimentaire. Certaines deviennent des "handicapées de l'alimentation", qui ne savent plus ressentir leur faim, ni leur rassasiement, leur satiété, qui sont angoissées à chaque fois qu'elles mangent. Leur vie sociale est aussi souvent perturbée. Alors elles finissent par craquer.
-Quel est votre conseil ?
Il ne faut pas que les gens aient une obsession du poids. Et ceux qui ont réellement des kilos à perdre doivent consulter un médecin. L'obésité ne se traite pas par correspondance. C'est une maladie chronique, une maladie du tissu adipeux, qui nécessite une prise en charge globale et personnalisée. Elle doit tenir compte des différents facteurs de risque, des conditions de son apparition, des facteurs psychologiques, de l'activité physique... Si un régime est nécessaire, il doit être adapté et jamais trop restrictif. Enfin, les patients ne doivent surtout pas "en faire plus" que ce qui leur est demandé pour maigrir plus vite, ni tenter d'atteindre un poids trop bas, ce serait la catastrophe assurée. À la fin du régime, le seul but est de stabiliser le "nouveau" poids et de retrouver une bonne relation avec la nourriture.
Georges Frêche, confidences post mortem
Georges Frêche parle fort, chante faux - "le seul regret de ma vie" -, engloutit n'importe quoi, du jambon, de la tarte, du chocolat, des Post-it... Il est spontané, amusant, mais aussi macho, grossier, enfantin, agaçant. Humain, lorsqu'il pleure en meeting, assurant être "un tendre".
Pendant six mois, Yves Jeuland a collé sa caméra au pas traînant de Georges Frêche, en campagne pour sa réélection en Languedoc-Roussillon. Le président* est un portrait troublant, parce que celui d'un homme insaisissable. Sentiment renforcé par son décès le 24 octobre, à l'âge de 72 ans.
On retrouve, pendant une heure trente-cinq, le Frêche médiatique qui assume ses multiples provocations, comme "la tronche pas catholique" de Fabius. Mais il faut le voir demander à son équipe "Qui c'est ce gars ?", lorsque le ministre Luc Chatel apparaît à l'écran... On rit, avant de percevoir un personnage de comédie politique et humaine. Les autres gravitent autour de lui pour le divertir.
Parfois pointe la mélancolie. Lorsqu'il avale au petit matin son yaourt, assis à la table de sa cuisine en djellaba, ses yeux se perdent dans le vide, alors qu'autour ses conseillers rient aux éclats à la lecture des piques de l'opposition. Pense-t-il alors qu'il s'agit de sa dernière bataille, lui qui "n'a peur que de deux choses : que le ciel [lui] tombe sur la tête et la retraite" ? Souvent, Frêche se plaint d'être "crevé", "fatigué", "épuisé". Il est mort un dimanche soir, dans son bureau. Il ne s'entendra jamais chanter, si faux, "demain j'ai 20 ans, c'est un âge charmant".
Bande Annonce "Le Président"
envoyé par LePresident-LeFilm. - Les dernières bandes annonces en ligne.


















