TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 24 juin 2010

Ça va faire du monde, tout ça...

C'est toujours le même casse-tête à la veille des journées de mobilisation. Il y a ceux qui prédisent le succès, ceux qui tablent sur le flop et ceux qui attendent le lendemain pour se faire une improbable opinion entre les minima de la police et la surenchère chiffrée des syndicats. Mais cette fois-ci, la projection paraît plus simple. Il devrait y avoir dans la rue, ce jeudi, toutes les personnes opposées à la réforme des retraites, à l'exception de celles qui, sans être favorables au cap des soixante-deux ans, ne sont pourtant pas tout à fait contre un projet qui, pour n'être pas vraiment attractif, n'en semble pas moins inéluctable. Vous suivez ? On vous l'explique autrement. La manif rassemblera l'ensemble des sacrifiés, des énervés et des agacés auxquels il convient cependant d'ôter les résignés, les convaincus et les fatigués. Il suffit d'additionner, de retirer, de faire une règle de trois et le total y est. C'est tout ? Non. Il faudra encore tenir compte de ceux qu'offusquent le job de madame Woerth, les cigares de Christian Blanc, le permis de construire d'Alain Joyandet ou le salaire de la présidente de la Halde... Ça va vite faire du monde, tout ça... Sauf que, attention, il faut soustraire les Bleus sans doute trop épuisés pour aller défiler et Raymond Domenech qui n'aura probablement pas le cœur à brandir des calicots. On pose tout et on retient vingt-trois. Plus un. Cela dit, il est possible aussi que les cortèges s'augmentent des supporters de Stéphane Guillon et de Didier Porte qui viennent de se faire virer de la radio. Et peut-être même, pourquoi pas, des VIP déçus qui se préparaient pour la prochaine garden- party du 14 Juillet et qui ont compris qu'elle n'aurait pas lieu. Un dernier participant à prévoir ? Ah oui, Jérôme Kerviel. Il a appris hier que pour rembourser ce qu'il doit, il lui faudrait bosser plus de dix mille ans. Si avec ça, il ne proteste pas contre l'allongement du temps de travail, c'est à désespérer...


Didier Pobel

Violences à Paris après la défaite de l'Algérie

Des incidents "brefs mais graves", selon un policier, ont éclaté mercredi 23 juin autour du stade Charléty, dans le 13e arrondissement de Paris, après la défaite de l'Algérie face aux Etats-Unis (0-1) à laquelle des spectateurs ont assisté sur un écran géant installé dans le stade. Une vingtaine de voitures ont été renversées ou brûlées, notamment rue Cacheux, et des vitrines brisées, tandis que d'autres violences ont éclaté près de la Cité universitaire, à proximité.

Environ 200 à 250 jeunes ont déclenché ces violences, s'en prenant à un bus et aux forces de l'ordre avec des projectiles divers, a constaté un policier sur place. Les forces de l'ordre avaient procédé vers 20 heures à deux interpellations. Des policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes et tenté d'encercler les supporters fauteurs de troubles. Une foule de supporters jeunes et calmes était maintenue en dehors des incidents par un cordon de police.

LES RESPONSABLES ?: DES ALGÉRIENS, DES ARABES DONC, COMME TOUJOURS, Y'EN A MARRE !

Des héros en somme !

Il y a quelques jours encore, les responsables syndicaux ne cachaient pas leur pessimisme Comment mobiliser leurs troupes contre la réforme des retraites, alors que le Mondial allait tout balayer sur son passage ! Pour la même raison, les stratèges gouvernementaux se félicitaient, espérant qu’une victoire des Bleus ferait tout oublier, la sueur du travail et les larmes versées sur la défunte retraite à 60 ans. L’échec de l’équipe de France pourrait tout chambouler. Si bien qu’on peut se poser la question : et si les joueurs avaient fait exprès de perdre pour ne pas compromettre les chances de la mobilisation du 24 juin ? Des héros du combat social en somme, allant jusqu’à faire une grève préventive pour donner l’exemple !


Bruno TESTA

La débâcle, les retraites… et Freud

Après leur fulgurant parcours en Afrique du Sud, un match nul et deux pâtées, les Bleus vont en majorité prendre leur retraite. Ça tombe bien, parce que les retraites, justement, sont de saison, et que l’élimination calamiteuse de l’équipe de France va fatalement ramener l’attention sur ce nouveau match social.
Dans la mouise, les Bleus ont fait grève (une spécialité française), ce qui a aggravé la crise et provoqué l’intervention radicale de Roselyne Bachelot, notre apothicaire de ministre aux yeux revolver ; ils ne s’en sont pas remis.
En matière de retraites, c’est un peu pareil, le système est à l’agonie, tout le monde est d’accord pour dire que c’est la crise, mais quant à réformer ! Travailler plus longtemps, pour cotiser plus longtemps, sans gagner un kopeck de plus, ce n’est pas très populaire… Alors, nos syndicats (dont certains défendent de sacrés corporatismes) nous préparent un festival social ; selon la CGT, 198 manifestations et rassemblements, arrêts de travail sont prévus pour jeudi… Après quoi on partira en vacances, avant de refaire grève en septembre pour obtenir le retrait de la réforme.
À ce rythme, il y a de fortes chances, pour que notre modèle social, que le monde entier nous envie, finisse comme l’équipe de France. Car enfin, la justice sociale n’existe pas à l’état naturel, et pour y prétendre, comme disait Freud, il faudrait que les plus aisés se refusent « beaucoup de choses, afin que les autres y renoncent à leur tour ou, ce qui revient au même, ne puissent pas les réclamer… » Tout le contraire de notre pratique sociale. Roselyne, au secours !

Philippe LE CLAIRE

La curée et l'Élysée

C'est un parfum écœurant. Celui du sang. Celui de la curée. Quelle est donc cette espèce d'exorcisme national auquel se livre la France depuis l'élimination de son équipe dès le premier tour de la Coupe du monde ? A-t-on à ce point perdu la raison pour remuer tant de morbidité autour d'une défaite sportive ? Les Bleus ont été nuls, d'accord. Domenech a desséché le jeu du onze tricolore avant de le réduire à néant, c'est entendu. Les joueurs ont affiché un comportement scandaleux en refusant de s'entraîner, c'est inadmissible. Mais fallait-il ajouter à ce scénario navrant, une troisième mi-temps politique qui hésite, elle aussi, entre l'outrance, le risible et le pathétique ? En 48 heures, on a vu une ministre de la Santé et des Sports - jusque-là honorable - passer du rôle de Nanny calinothérapeuthe à celui de Cruella procureure impitoyable crucifiant devant les députés ces héros déchus qualifiés tout à coup de « caïds » faisant trembler leurs petits frères « apeurés » Des termes qu'on réserve d'ordinaire aux petites frappes. Qui ont-ils martyrisé ou torturé pour qu'ils se croient obligés à se livrer à des actes de contrition et autres pardons pour expier leurs fautes ? « Débâcle », « indignité », « cataclysme »... Serait-on en juin 40 ? Non, en juin 2010. Les médias et le personnel politique se complaisent dans un vocabulaire anxiogène qui aggrave du même coup la perception de la France, renvoyant au monde l'image, déjà dégradée sur le terrain, d'un peuple déboussolé, dépressif, manquant totalement de sang-froid devant ce qui n'est, après tout, qu'un échec cuisant. Et voilà que le chef de l'État convoque séance tenante une réunion de crise à l'Élysée comme si le pays affrontait un nouveau 11 septembre. En 2005, les JO de 2012 perdus de quatre voix n'avaient pas mérité autant d'attention... Devant ce manque de mesure dans la déception et la colère (légitime), comment le monde entier ne ressentirait pas ce que le New York Times a qualifié - à la une - de « honte totale » ? Dans la panique, le président de la République veut être le sauveur du football français sans même laisser le temps à une Fédération Française - dévastée, responsable et trop longtemps inconsciente, oui, mais puissante - de faire elle-même, sereinement, le grand ménage. Les forces vives de notre pays seraient-elles si affaiblies qu'à chaque problème grave, il faille l'intervention de l'autorité politique suprême pour le régler ? Que le football en 2010, comme la presse en 2009, ait besoin d'États généraux pilotés par le monarque ? Le jour même où la Cour des comptes tirait le signal d'alarme sur la faillite financière de l'État, le gouvernement avait peut-être d'autres priorités vraiment exclusives, elles.

Olivier Picard

Les enjeux de la journée de mobilisation du 24 juin

L'intersyndicale mise sur une journée de grève et manifestation très suivie jeudi contre le projet de réforme des retraites. Objectif : faire pencher en leur faveur le bras de fer engagé avec le gouvernement. Les enjeux de cette journée.
Jeudi 24 juin est la quatrième journée de mobilisation cette année à l'appel d'une intersyndicale composée de six organisations (CGT, CFDT, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa), sur les thèmes de l'emploi, des salaires et des retraites.

Le contexte

Désormais, le projet de réforme des retraites du gouvernement est connu. Le ministre du Travail Eric Woerth en a dévoilé les grandes lignes et détails le 16 juin. Le gouvernement fait du recul de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans le pivot de sa réforme. Or les syndicats y sont tous fortement opposés. Ils réclament le maintien du droit à la retraite à 60 ans. Plusieurs autres sujets comme la pénibilité individualisée et la hausse du taux de cotisation des fonctionnaires sont également décriés. Les syndicats tablent sur le fait que chaque salarié, du privé ou du public, a aujourd'hui pleinement conscience de l'impact de la réforme pour lui-même et espèrent une forte mobilisation. Les fonctionnaires sont attendus en première ligne car l'alignement de leur taux de cotisation sur celui du secteur privé, pourrait se traduire par une baisse de leur salaire. Et ce d'autant plus que la journée d'action se déroule à la veille de négociations salariales qui s'annoncent très tendues avec le gouvernement. Celui-ci envisageant un gel du point d'indice des salaires dans la fonction publique d'ici à 2013.

La mobilisation

Environ 200 manifestations sont annoncées. Les appels à la grève se sont également multipliés dans les transports (SNCF, RATP, transports urbains, Air France). L'intersyndicale espère mobiliser davantage que lors de la précédente journée, le 27 mai, où il y avait 395.000 personnes dans les rues selon le ministère de l'Intérieur, un million selon la CGT. Le numéro un cégétiste, Bernard Thibault, a appelé les Français à être "beaucoup plus d'un million" dans la rue pour que "le chef de l'Etat perçoive qu'ils ne sont pas d'accord" avec la réforme des retraites.

L'union syndicale

Non, elle n'est toujours pas au rendez-vous. Deux syndicats manquent à l'appel. La CFE-CGC, mais surtout Force ouvrière, qui a organisé le 15 juin sa propre mobilisation contre la réforme des retraites. Pour autant, le syndicat n'exclut pas que des militants se joignent localement aux cortèges. FO semble cependant prête à renoncer à sa stratégie de cavalier seul. Ses dirigeants participeront aux discussions de l'intersyndicale en vue de préparer les actions de la rentrée. Le syndicat envisage de rentrer dans le rang.

L'opinion publique

La journée d'action du 24 juin contre la réforme des retraites est soutenue par deux Français sur trois, selon un sondage BVA paru mardi 22 juin dans Les Echos. Les sondés sont 64% à la trouver justifiée. Il faut dire qu'une majorité de Français (56%) est opposée au projet de réforme des retraites du gouvernement. Mais cette hostilité n'est pas virulente. Les Français semblent résignés (27% se disent désabusés car on ne pourra pas empêcher cette réforme, selon le baromètre BVA).
La marge de manoeuvre des syndicats

Elle est étroite. La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a ouvert la voie à de possibles "évolutions" du projet, sur trois sujets : la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés, trois sujets chers à la CFDT. Eric Woerth a toutefois exclu de remettre en cause le report de l'âge légal. "Si on obtient des avancées pour les salariés sur ces sujets, tant mieux, mais cela ne changera pas notre vision globale de la réforme qui est injuste", confie Jean-Louis Malys, chargé du dossier retraites à la CFDT.

Le calendrier social à venir

Les syndicats feront le bilan de la journée de jeudi le 29 juin en présence de FO. Quant au projet de loi, il sera présenté en Conseil des ministres le 13 juillet. Le texte sera examiné au parlement en septembre. Pour les syndicats, ce 24 juin doit servir de galop d'essai pour la rentrée. "La mobilisation est dans un processus de construction, elle monte en puissance depuis les deux dernières journée de mobilisation, explique Eric Aubain, secrétaire confédéral de la CGT. Elle doit encore monter d'ici la rentrée car nous sommes dans un bras de fer avec le gouvernement." "Le texte est peut-être ficelé, mais tout se jouera lors du débat au Parlement. Le gouvernement devra tenir compte du climat social", conclut Jean-Louis Malys.

UN SYNDICALISME MORIBOND, DES IDÉES D'UN AUTRE ÂGE, UNE MOBILISATION ALÉATOIRE CONTRE UNE RÉFORME INÉLUCTABLE, BELLE IMAGE D'UNE FRANCE DE PLUS EN PLUS BÊTE ET RÉTROGRADE.

Wimbledon. L’Angevin Mahut et l’Américain Isner pulvérisent le record du match le plus long

Alors que Nicolas Mahut venait de sauver une balle de match et recollait à 59 partout dans le cinquième set, le match a été interrompu une deuxième fois en deux jours après plus de 10 heures de jeu !! L’Américain John Isner et l’Angevin Nicolas Mahut sont en train d’entrer dans l’histoire du tennis à Wimbledon. Leur match du premier tour ayant dépassé les dix heures de jeu !! Un record de durée pulvérisé. Et ce n’est pas fini !

Les deux hommes sont à égalité 59-59 (!) au cinquième set dans une partie interrompue la veille par la nuit après quatre sets (4-6, 6-3, 7-6, 6-7), et une nouvelle fois interrompue mercredi soir. Ils continueront donc à jouer leur cinquième set jeudi.

Nicolas Mahut et John Isner ont été impressionnants sur leurs services durant ce set mythique, auteurs, à eux deux , de plus de 190 aces. Mais jamais l’un et l’autre n’ont réussi à s’emparer du service adverse, l’Angevin sauvant même quatre balles de match.

Tous les records ont d’ores et déjà été battus dans cette rencontre, que ce soit le nombre de jeux joués, le nombre d’aces ou encore le record de temps passé sur un court. Le précédent record du match le plus long appartenait d’ailleurs aux Français Arnaud Clément et Fabrice Santoro avec un marathon de 06 h 33 à Roland-Garros en 2004.

mercredi 23 juin 2010

WOERTH N'EST PAS BÉRÉGOVOY


Après le fiasco



Les adieux forcés de Guillon et Porte à France Inter

L'humoriste a signé sa dernière chronique mercredi matin. Jean-Luc Hees, patron de Radio France, annonce qu'il ne remplacera pas le «petit tyran» à cette tranche. Didier Porte est également licencié de l'antenne.

«Allez Mesdames et Messieurs, dernière chronique de Stéphanie Guillon, on en profite à fond c'est la dernière !» Tel un saltimbanque alpaguant son public, l'humoriste a annoncé mercredi haut et fort son départ.

Son remerciement se tramait depuis longtemps : déjà en juin 2009, le doute planait sur la reconduite de sa pastille d'humour. Mais le sursis n'a duré qu'un an. Dans une interview au monde.fr, le patron de Radio France, Jean-Luc Hees, a définitivement déclaré Stéphane Guillon persona non grata. «Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais également pour moi. Quel patron d'une grande entreprise accepterait de se faire insulter par un de ses salariés sans le sanctionner ?» Guillon avait à de nombreuses reprises étrillé la politique menée par Jean-Luc Hees et Philippe Val, qu'il accusait d'être inféodés à Nicolas Sarkozy.

«Liquidation totale des humoristes»

L'audience enviable de Guillon n'a pas suffi à le rendre indéboulonnable. La sanction était au contraire indispensable pour Hees, vexé de s'être fait «cracher dessus en direct.» «Je ne m'appelle pas Raymond Domenech», a-t-il lâché dans l'interview.

Fidèle à sa ligne, Guillon qualifie la décision de «politique» et dénonce la «liquidation totale des humoristes» sur les ondes de la station. La suppression de l'interlude humoristique glissé dans la matinale d'Inter est en effet actée : «Il n'y aura pas de remplaçants», a prévenu Hees, ni de changements d'horaire. Ce mercredi matin, une deuxième tête est tombée, celle de Didier Porte, pour qui fait le billet d'humeur à charge sur Nicolas Sarkozy a marqué le début des hostilités avec la direction de la station.

Pour l'amuseur public, «ce petit dérapage sur Villepin et Sarkozy reste un prétexte.» La vraie raison selon lui est plus obscure : «Je sais que Christian Estrosi a récemment écrit à la présidence pour se plaindre d'une de mes chroniques. Je veux pas jouer les martyrs politiques mais ça me semble disproportionné. J'ai l'impression qu'on fait le ménage à deux ans des présidentielles», a-t-il commenté.

Quant à Guillon, les relations tumultueuses qu'il entretenait avec sa hiérarchie étaient un secret de polichinelle. En cause notamment, les sorties bien connues de l'agitateur radiophonique qui avaient placé la direction en porte-à-faux vis-à-vis de certains hommes politiques : la chronique sur la libido prétendument débridée de Strauss-Kahn ou le portrait au vitriol d'Eric Besson restent dans les annales de la provocation signée Guillon.

Alors que son confrère Didier Porte s'était dans un premier temps vu offrir une solution de repli au Fou du Roi, Stéphane Guillon a été radié sans jamais voir l'ombre d'une bouée de sauvetage. Et l'humoriste de clore le chapitre d'Inter la gorge serrée : «Merci à tous du fond du cœur, vous allez me manquer». Les «quatre millions d'oreilles» qui se réveillaient chaque matin avec le trublion vont peut-être aussi regretter cette tranche d'insolence.

HEUREUX DE VOIR CES DEUX TÊTES DE CONS DISPARAITRE DE LA RADIO. LEUR HUMOUR EMPRUNT DE HAINE N'AVAIT MÊME PAS L'EXCUSE DE LA RANCŒUR.

Ireland, stung by France's World Cup denial, launches sombrero-topped fiesta over Mexico win

Ever since Thierry Henry's unpunished hand ball helped deny Ireland its spot on soccer's grandest stage, Ireland has been awaiting its moment of retribution — and is cheering every misstep as France stumbles to the brink of World Cup failure.

Thursday night's 2-0 victory by Mexico over the French inspired Dubliners to don sombreros, down tequila shots and mull whether it's possible to construct a few Henry pinatas in time for France's final group match Tuesday against the World Cup hosts, South Africa.

Even commentators for the Irish state broadcasters RTE covering the France-Mexico match got in the mood, wearing their own sombreros — and wondering aloud why Ireland hadn't managed to defeat the disorganized French during last November's infamous home-and-away playoff.

La France passe la main (presse irlandaise)


Points techniques pour les principales devises

Une nouvelle vague d'inquiétude vient ravager le secteur bancaire : Crédit Agricole a déclaré hier qu'il serait nécessaire de déprécier sa participation dans Emporiki Bank of Greece de 400 millions d'euros. En effet, selon la banque française sa succursale pourrait réaliser une perte pouvant atteindre 750 millions d'euros sur l'exercice 2010. De plus, les investisseurs ont constaté que la reprise du logement américain était au point mort, avec un indice des ventes de logements existants sorti très nettement inférieur au consensus. Un contexte de marché tendu qui s'est fait ressentir expressément sur le marché des changes : les cambistes se sont en effet tournés de nouveau vers les actifs plus sûrs. L'euro s'échange actuellement à 110,80 ¥ alors que le cross eurjpy se positionnait au-dessus des 113 ¥ deux séances auparavant.

Le yen s'est ainsi apprécié de plus de 2% face à l'euro. La monnaie unique a dévissé à 1,2245 $ pendant la séance asiatique, alors que l'euro semblait se ressaisir vers les 1.2315$ quelques heures auparavant. Le dollar effectue une troisième glissade d'affilée face au yen pour s'établir à 90.40 ¥. Le point bas de la séance se situe à 90.31 ¥.

Hier, la livre sterling aura été la devise la plus suivie par les cambistes, alors que le chancelier de l'Échiquier George Osborne prononçait son discours sur les réductions budgétaires britanniques. Fitch avait annoncé le 8 juin que le Royaume-Uni devait faire face à un défi budgétaire considérable, mais il semblerait que les dires et mesures prises par G. Osborne s'inscrivent dans une mouvance rassurante au regard du regain d'intérêt pour la livre sterling face à ses devises de contrepartie. La livre sterling a atteint un point haut hebdomadaire contre l'euro, à 0.8367 gbp.

Saxo Banque

Le commentaire politique de Christophe Barbier du 23 juin

Le calvaire avant l'hallali

C'est fini et mal fini ! Dans la confusion morale et technique qui aura été la marque du chaotique parcours de la France en Afrique du Sud, même l'honneur n'est pas sauf. Mais comment pouvait-il en être autrement au bout de tant d'incohérence de comportement et d'inconsistance d'un fond tactique indigent, indigne de joueurs de ce niveau et du sphinx de pacotille qui leur a servi d'entraîneur dans une compétition où même leur qualification était immorale. Cette défaite qui fait saigner nos amertumes déroule le tapis rouge pour Laurent Blanc. Mais de grâce n'en faisons pas un génie par avance et par comparaison. Sa fin bordelaise et ses propos parfois « doménéchiens » doivent inspirer la réserve.

Un but en trois matches, derniers d'une poule annoncée facile, la spirale infernale de la désillusion? Le calvaire jusqu'à l'hallali qui ne manquera pas de sonner le fiasco d'une génération bleue de mercenaires fragiles et hors de la réalité qui les entoure. Casqués d'oreillettes, murés dans un silence arrogant, ils n'ont à aucun moment entrouvert la fenêtre de l'enthousiasme et de l'espoir, jamais ils n'ont été une équipe. La France n'avait rien à faire là, elle l'a prouvé en étant absente de ses matches et en ne mouillant jamais le maillot.

Cet échec est celui de l'individualisme de vedettes qu'on a juxtaposé en leur versant des cachets et qui ne pouvant offrir un football de qualité ont cherché à exister dans le spectacle médiocre d'une mutinerie dont ils n'avaient même pas le talent. La déception est immense chez les supporteurs qui aspiraient à vibrer dans une communion collective et qui n'ont eu droit qu'au mépris de gosses trop gâtés à qui on n'a rien appris.

Que c'est loin 1998 et sa victoire black, blanc, beur. En douze années on est passé de l'espoir d'une société d'échange et de partage au triomphe de l'individualisme et du sauve-qui-peut. Peut-être cette déconfiture n'est-elle que le symptôme de la crise culturelle d'une société qui ne se reconnaît plus comme société. Qu'au moins dans un ultime sursaut de pudeur on nous épargne les déballages et les pleurnicheries tardives de la ministre. L'heure des comptes et du courage a sonné.

DANIEL RUIZ

Les Bleus, chronique d'une merde annoncée

Pour ne pas dire pire… La défaite des Bleus face à l'Afrique du Sud est en effet le résultat de plusieurs années de travail acharné venant de nombreux acteurs. En voici le récit.

D’un tocard, les meilleurs entraîneurs n’ont jamais fait un pur-sang. Et quand l’entraîneur est lui-même un canasson à bout de souffle, plus personne ne franchit les obstacles. Même les plus modestes comme celui que représentait cet après-midi les Bafana Bafana sur la pelouse du Free Stadium de Bloemfontein. La rencontre a bien failli s’intituler: et un, et deux et trois et quatre zéro… Et, somme toute, abandonner au pays hôte une sorte de passe droit vers les seizièmes de finale aurait constitué une forme de panache.

Mais même cela, les Bleus n’en ont pas été capables. De bout en bout, ils seront restés fidèles à la vision initiale laissée aux Sud-Africains dans le hall de l’aéroport de George, quelques jours avant la cérémonie d’ouverture: une escouade de morveux boudeurs, fermés, cadenassés derrières leurs baladeurs, handicapés du sourire et de la gentillesse face à un comité d’accueil chaleureux et enthousiaste.
A peu près, à la même époque, toutes les autres équipes consacraient un peu de temps à se faire aimer, qui au zoo de Johannesburg, qui sur la Table Mountain du Cap, signant ici ou là des autographes, et surtout multipliant les déclarations d’amour envers l’Afrique du Sud. Qui a entendu un seul tricolore exprimer sa satisfaction de se trouver dans un pays dit émergent, ayant payé cher, et peut être un peu trop d’ailleurs (voir la chronique de Bernard Maris ) le droit d’accueillir le deuxième plus gros événement planétaire ? Le réponse positive à cette question donne droit à un abonnement gratuit d’un an au bulletin de la Fédération française de football FFF)…

ON ne change pas une équipe qui perd


Il y a quelques années Libération avait rebaptisé un (mauvais) film de Francesco Rosi « Chronique d’une merde annoncée ». Il convient parfaitement pour résumer la lente descente aux enfers de cette équipe, amorcée après le Mondial de 2006 et surtout le fiasco de l’Euro 2008. C’est à cette époque que les cadres de la FFF élaborent la nouvelle stratégie du football tricolore : on ne change pas une équipe qui perd. C’est absurde mais c’est ainsi et il faut évidemment se demander pourquoi.

Dans le cas de Raymond Domenech, ce n’est pas très difficile à comprendre : la garantie d’un salaire annuel plus que confortable même si inférieur à celui des entraîneurs de grands clubs. Mais pas que. Dans l’exercice de ses fonctions l’ancien défenseur lyonnais est un vindicatif. Avec les journalistes du moins, ses meilleurs ennemis depuis toujours. Durer, coûte que coûte, aura été son bras d’honneur à la presse. Et à ceux qui ont toujours douté de ses capacités. Avec ma foi quelque raison. On évoque souvent sa faiblesse technique, la pauvreté de ses schémas tactiques : ils ne sont que la conséquence de son impuissance humaine à créer ce qu’il est convenu d’appeler banalement un « esprit d’équipe ».

Aimé Jacquet y était arrivé. Avec, il est vrai, pour cadres de l’équipe, des joueurs matures, pas des saints ni des philanthropes, mais encore un tantinet sensibles aux notions même très diffuses de « respect », de « hiérarchie », de « collectif ». Avec le départ des Deschamps, des Blanc et de quelques autres, Raymond Domenech s’est retrouvé assez vite à la tête d’une collection d’individus plus que d’un collectif, des garçons roulant avant tout pour eux-mêmes, et leur « clan », d’autant plus fascinés par l’argent facile et le bling-bling que personne au plus haut niveau de la FFF n’a jamais songé à le leur reprocher. Avec eux, Domenech s’est révélé un faux dur, alternant des mesures vexatoires pas toujours bien inspirées avant de céder devant les menaces des uns, les caprices des autres, les coup de gueules et les diktats. C’est ce qui s’est passé tout au long de cette triste campagne d’hiver austral. Un exemple parmi tant d’autres mais un des plus significatifs : Ribery voulait la peau de Gourcuff, trop beau, trop bien éduqué, à son goût et aussi celui d’Anelka, comme l’a évoqué dans ces mêmes colonnes David Desgouilles. Trop « blanc » aussi peut-être. Domenech l’a lui a accordée. Ce qui n’a pas empêché même Ribery d’agresser le meneur de jeu bordelais dans l’avion qui les ramenait de l’infamante défaite contre les Mexicains à Polokwane. Le rachat bien tardif du coach n’aura même pas permis à Gourcuff de monter son talent à Bloemfontein, comme si son coup de coude involontaire synonyme d’expulsion, signait l’absolue déconfiture de tout ce qui peut sortir de la maudite marmite bleue.

Tout le reste aura été à l’avenant. Jusqu’aux manœuvres de Zinedine Zidane pour placer ses potes et humilier un entraîneur qu’il n’a jamais aimé. Voilà quatre ans que l’ancien dieu du football français a quitté l’équipe nationale pour se consacrer pleinement à sa grande passion : la pub et l’argent. Or c’est bien la seule valeur que la plupart des joueurs envoyés en Afrique du sud auront partagée.

Le temps des (règlements de) comptes arrive. Problème : qui aura la légitimité pour préparer le futur. Une grande partie de la FFF devrait normalement dégager si l’on se trouvait dans un pays ayant encore le sens du bien public. Il faudra aussi s’attaquer au corporatisme effréné de la direction technique nationale, d’un Aimé Jacquet qui aura usé de toute son influence et de ses réseaux en faveur de son ancien joueur et élève Domenech. Quitte à le soutenir presque jusqu’au bout dans l’erreur malgré la certitude d’une inéluctable catastrophe.

Il faudrait aussi mener un procès politique et moral sur l’état d’une société au bord de la rupture éthique si l’on veut réellement saisir la nature de la triste danse offerte par les Bleus en Afrique du Sud. A l’heure de l’affaire Woerth, et de toutes celles qui ont précédé, c’est un peu compliqué…

Cas de conscience

« Ça ne se fait pas. » L’expression était couramment employée autrefois. Elle paraît aujourd’hui désuète. Il faudrait pourtant en redécouvrir la sagesse. Que signifie-t-elle ? Il y a des choses qui sont légales mais qui ne sont pas appropriées. Parce qu’elles peuvent choquer, parce qu’elles peuvent faire naître un soupçon de malhonnêteté.

L’actualité politique, ces derniers temps, en a donné plusieurs exemples. Le cumul entre une rémunération publique et une retraite de parlementaire, dans le cas de Christine Boutin. Des frais hôteliers ou cigariers pour Rama Yade ou Christian Blanc. Et désormais, s’agissant d’Éric Woerth et son épouse, Florence Woerth, la question qu’a pu poser, jusqu’à une date récente, la coexistence entre leurs activités respectives de ministre de tutelle de l’administration fiscale et de gestionnaire de fortune.

Le problème est que la frontière entre ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas est difficile à fixer. Il n’y a que des cas d’espèce. Cette frontière peut changer avec le temps, les circonstances. Elle ne se situe pas tout à fait au même endroit selon les personnes. Si le cas de Christine Boutin a choqué, c’est parce que son cumul de rémunérations est apparu en contradiction avec son engagement marqué en faveur des catégories sociales les plus vulnérables. Rama Yade, elle, avait précédemment stigmatisé les dépenses d’hébergement de l’équipe de France de football en Afrique du Sud. Éric Woerth a marqué son passage à Bercy par un discours rigoureux à l’égard de l’évasion fiscale.

Le cas de Florence et Éric Woerth est certainement plus cornélien que d’autres. Florence Woerth est une professionnelle reconnue de la gestion de capitaux. Devait-elle sacrifier sa carrière à celle de son conjoint ? Il y avait là un véritable cas de conscience. Mais encore faut-il souligner que la question se posait tout autant à l’autre membre du couple. Faisons crédit à l’un et à l’autre de leur complète honnêteté. Mais, à l’évidence, ils n’ont pas pris une bonne décision car ils n’ont pas perçu que « ça ne se fait pas ».

Guillaume Goubert

Bling

Ce n'est que du foot. Du très mauvais football joué par de mauvais garçons, conduits par un mélange d'imbéciles, d'incompétents et d'irresponsables. Mais que du football... Déjà, certains veulent confondre les deux Nicolas, Sarkozy et Anelka, pour ouvrir le procès de la France bling-bling. C'est donner beaucoup d'importance à ces tristes pantins, que de juger l'état de la France à l'aune de leurs performances. Souvenons-nous aussi de 1998, de l'euphorie de la France « black-blanc-beur », qui ne dura pas plus d'un été. Alors n'en faisons pas trop : nos Bleus ont été nuls et archi-nuls, nous en sommes tristes et un peu humiliés, mais un triomphe n'aurait pas donné de boulot aux chômeurs. Dès aujourd'hui, des milliers de gamins vont retaper dans un ballon, tandis que leurs parents s'inquiéteront pour leurs retraites. Et puis la Coupe du monde continue, avec de vraies équipes…

Heureusement, il reste les vignettes Panini !

C'était quoi, au juste, ce truc bizarre qu'on regardait à la télé hier après-midi ? Vu de loin, c'est vrai, ça ressemblait un peu à un match de foot. Il y avait un terrain vert avec des traits blancs. Des personnages grouillants assemblés dans ce qui pouvait, à la rigueur, passer pour des tribunes. Mais c'est tout. Sans doute, aurait-il fallu une mise en garde comme au cinéma. Toute similitude avec une activité connue ne peut être que fortuite. Non, ce qui se déroulait là devant nos yeux appartenait à un autre univers. Bien malin qui aurait pu le définir. Certes, cela revêtait bien des allures de sport. Mais depuis les épisodes aussi affligeants que grotesques des jours précédents, les repères habituels n'existaient plus. C'était quelque chose comme une vulgaire parodie à laquelle nous assistions. Avec, face à l'équipe bien réelle des "Bafana Bafana", onze, puis bientôt dix intermittents d'un mauvais spectacle payés abyssalement plus cher que des chirurgiens, des infirmières, des gens "utiles". Certains commentateurs employaient encore les mots "compétition" et "honneur". Autant de notions et de vocables qui sonnaient faux. L'équipe de Raymond Domenech, cette bande à Bonnot d'un ballon qui ne tourne pas rond, gesticulait à vide. Pas tellement à cause des actions menées. Car il y a tout de même eu, ultime sursaut, ce but de Malouda à la soixante-dixième minute. Mais parce que, de toute façon, le cœur n'y était plus. Ni celui des joueurs déshumanisés. Ni le nôtre, meurtri, abusé, shooté. C'est fini. On ne nous y reprendra plus avec le mirage de cet opium du peuple qui soudain nous étouffe. Combien de temps tiendra cette résolution ? Le cyclisme a pu renaître des cendres du dopage. Il n'est pas dit que demain le foot ne tente pas de se refaire une virginité. Qu'importe, le seul qui nous intéresse, ne se pratique plus désormais que dans les cours de récréation. Avec les tournois de copains, les vignettes Panini et l'unique bleu qui vaille. Celui de nos enfances éternelles, à jamais championnes du monde de la vraie vie.

Black, blanc… beurk !

Le politiquement correct a ses limites : les icônes de la France « black, blanc, beur » donneraient dans un communautarisme larvé, dépeint sans trop d’aménité par une presse sportive que l’on peut difficilement taxer de racisme ; chez les « Bleus », il y aurait les « Blacks » et les autres, trop « blancs » ou bien élevés, pour faire face aux caïds. Les « beurs » ? Domenech les aurait tous virés pour faire plaisir aux premiers ! Au-delà des fleurs de rhétorique contre nature que l’on se jette au museau dans les vestiaires, la description publique d’un tel contexte est franchement haïssable. Le « buzz » a du coup un peu occulté « l’appel du 19 juin » de ce grand flandrin de Villepin. Lui, qui dans sa détestation pour Nicolas Sarkozy use de tous les artifices de la démagogie pour se forger, à l’antique, un destin de tribun de la plèbe ; allant même jusqu’à draguer « les banlieues » dans l’espoir de capitaliser sur leur détestation supposée pour l’homme du « karcher »…
Villepin a exhibé des « beurs », des « blacks » et des « blancs » lors de son meeting, halle Freyssinet, histoire de montrer à quel point il était « peuple » et non point « people ». Au lendemain de son show, plus de 8.000 Parisiens d’origine asiatique, résidents du quartier de Belleville, manifestaient pour se plaindre de l’insécurité. Sur RFI, un témoin déclarait : « Il y a trop de gens qui sont agressés par des Arabes… ». Libération a décrit des incidents « entre une cinquantaine de jeunes manifestants et de jeunes extérieurs au cortège, d’origine maghrébine et africaine ». On n’y a pas vu de Villepin Solidaire, quant à la République, elle était représentée par les CRS… Communautarisme, superstitions et discriminations, positives ou chromatiques, sont la négation de la République.

Philippe LE CLAIRE

L’image de la France

Quelle différence y a-t-il entre un Christian Blanc qui se fait offrir 12 000 euros de cigares par l’État et Franck Ribéry qui paie 1 500 euros pour qu’on s’occupe de son cigare ? Entre des ministres qui affrètent des avions privés pour convenances personnelles et des joueurs qui affrètent des jets pour aller faire la bringue ? Entre un chef de l’État qui dit « casse-toi pauvre con » à un citoyen et un joueur qui dit « sale fils de pute, va te faire enculer » à son entraîneur ? Pas une grande différence, serait-on tenté de dire, ils représentent tous la France. J’ajouterai une nuance, de taille après tout : ce que fait le gouvernement est encore plus grave, car il le fait avec notre pognon.

Bruno TESTA

De l'air, vite !

C'était hélas écrit ! L'équipe de France a pris ses cliques, et quelques claques de plus, avant de préparer son retour, toute honte bue. Mais le feuilleton n'est pas fini. L'heure est aux explications. On veut savoir ce qui s'est passé à Knysna ce week-end. Pour l'instant on ne connaît qu'une partie du psychodrame. Or une vérité partielle n'est pas la vérité. Il faudra toutefois que les révélations attendues soient de taille XXL pour absoudre les joueurs de l'accusation de sabotage, voire de crime contre la nation ! En ce moment, taper à coups de gourdin sur les joueurs de l'équipe de France est ce qu'il y a de plus facile. Tout le monde s'y met, ça occupe l'espace et ça défoule : autant il est grisant de participer à la victoire, autant personne ne veut épouser la défaite ! Quelle que soit la lumière qui sera jetée sur cette triste période, il est probable que la vérité sera finalement toute bête. Cet échec est d'abord une histoire de stars millionnaires de 24 ou 25 ans, une histoire de gamins grandis trop vite, loin des vrais problèmes. Des jeunes à l'ego démesuré rassemblés pendant des mois dans un environnement claustrophobique. Luxueux mais claustrophobique. Où chaque parole, chaque attitude prenait des proportions exagérées. Les Bleus ont perdu contact avec la réalité. Le foot a parfois des airs de Loft Story. Une histoire de manipulation psychologique. C'est avec Raymond Domenech, et déjà un peu Roger Lemerre, que l'équipe de France s'est retranchée dans ce monde parallèle et paranoïaque. Un monde où les joueurs sont intouchables. Où les gardes du corps et les chargés de presse sont érigés en remparts. Où chacun se prend pour le vrai gardien du temple. Où les agents et "conseils" en tout genre dictent les discours à tenir par textos interposés. De l'artificiel en barre vendu pour de l'or en barre. Le grand ménage est indispensable. Il faut tout reconstruire, revenir aux fondamentaux. En arrivant à la tête de la sélection, Laurent Blanc et le probable successeur de Jean-Pierre Escalettes, lequel n'a guère d'autre choix que de démissionner, auront un premier geste tout simple à faire : ouvrir la fenêtre. Car le grand air est la meilleure des médications pour redonner des couleurs à un groupe qui, comme l'équipe de France, s'est évanoui.

Pascal Coquis

Devoir d'exemplarité

Le calendrier était idéal : Éric Woerth, que certains imaginent déjà à Matignon, dévoilerait la réforme des retraites et son cortège de sacrifices après la victoire des Bleus sur cette modeste équipe mexicaine. Le gouvernement l'adopterait en Conseil des ministres, la veille du 14 juillet et des départs en vacances. Une commission parlementaire, fermée à la presse, en fixerait les détails au coeur de l'été. Le Parlement en débattrait juste avant que la France ne prenne, à l'automne, la prestigieuse présidence du G20...

Patatras ! Le naufrage d'une équipe de football, aux salaires indécents, ne divertit plus la mauvaise humeur des Français. L'opinion, que les sondages disaient ouverte à la réforme, refuse le report de l'âge légal à 62 ans. Les vuvuzelas des syndicatsréunis menacent d'envahir la rue. L'opposition promet de fairedurer le plaisir parlementaire dans l'espoir d'une rentrée chaude.

Bref, la France n'est plus tout à fait le pays exemplaire qui anticipe, dribble les problèmes, met l'adversaire hors-jeu, domine le jeu européen. Les mau-vaises nouvelles ayant pour habitude de voler en escadrille, voici que les ministres multiplient les gaffes.

Rama Yade, donneuse de leçon, trébuche sur le seuil doré de sa chambre d'hôtel en Afrique du Sud. Christian Blanc fait payer, par milliers d'euros, ses cigares par le ministère de la Région capitale. Christine Boutin obtient une consolation, à durée très déterminée, de 9 500 € par mois. Quelques ministres en prennent à leur aise dans les appartements de la République. D'autres cumulent, sans état d'âme, leurs émoluments avec une retraite.

Jusqu'au très sérieux Éric Woerth, ex-ministre du Budget devenu l'avocat de la délicate réforme des retraites, qui n'a pas anticipé que la gestion fiscale, par son épouse, de la première fortune de France, pourrait déclencher un orage politique.

Quel rapport entre le football, les ministres et les retraites ? Très simple : au moment où les Français, surtout les plus modestes, surtout ceux qui ont travaillé tôt et dur, doivent se serrer la ceinture pour sauver les retraites, leurs plus prestigieux représentants multiplient les signes d'appartenance à l'équipe des privilégiés.

Les Bleus, Rama Yade, Christine Boutin ou Éric Woerth, dans des registres différents, semblent vivre dans une bulle qui les rend sourds à l'impact de leurs messages sur une opinion très réceptive. On trouvera toutes les bonnes raisons du monde, tous les arguments pour expliquer tel choix, pour plaider l'intégrité, pour s'en prendre à ceux qui hurlent avec les loups. C'est oublier que le propre de ceux, politiques ou sportifs, qui représentent la France, est de respecter un devoir d'exemplarité si l'on veut empêcher les amalgames, les généralisations et les affirmations sans preuve.

En ces temps difficiles, il faut décupler de précaution, de transparence et d'équité. Faute de quoi, on s'expose aux pires dérives. Ça commence par des lynchages verbaux. Ça continue avec un oubli des règles dont s'exonèrent ceux qui en sont normalement les gardiens. Ça finit par l'affaiblissement général de notre collectif, par le rejet de l'élite démocratique dont tout système a besoin. Cette élite dont la défaillance, en sport comme en politique, est la cause de tous les Waterloo.



(*) politique.blogs.ouest-france.fr