TOUT EST DIT

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jeudi 2 juin 2011

Quand l'Allemagne devient une île

"Messieurs, l'Angleterre est une île, et je devrais m'arrêter là..." C'est ainsi qu'André Siegfried, l'un des pères de la politologie moderne, commençait jadis son cours d'histoire britannique à la Sorbonne.

Le tunnel sous la Manche n'y a rien changé. Les préventions du général de Gaulle contre l'entrée du Royaume-Uni dans l'Europe se sont avérées prophétiques : Albion n'a toujours pas les yeux vraiment tournés vers le continent. Mais qu'importe puisque, comme le disait de Gaulle avec humour, "l'Europe, c'est la France et l'Allemagne. Les autres, c'est les légumes".

Le problème, aujourd'hui, c'est qu'à son tour l'Allemagne est en train de devenir une île : si l'on n'y prend pas garde, le Rhin qui nous sépare aura bientôt l'immensité d'une mer. Pas de jour sans une nouvelle discorde ou incompréhension entre nos deux pays.

Que le gouvernement Merkel ait décidé d'organiser au plus tard en 2022 la sortie du nucléaire (23 % de la production totale d'électricité en Allemagne), c'est une nouvelle preuve que nous sommes de moins en moins en phase avec nos voisins : pour l'heure, nous en restons en effet au tout-nucléaire ou presque (75,2 % de la production totale d'électricité).

Malaise qu'il faut ajouter aux différends économiques et financiers qui nous opposent à l'Allemagne. Après avoir subi une rude cure de rigueur, elle supporte de moins en moins d'avoir à payer pour l'irresponsabilité chronique de pays comme la Grèce. Elle n'accepte plus d'être la banque de l'Europe. Au point que l'on peut se demander si, un jour, elle ne voudra pas sortir de l'euro. On rit d'avance en pensant aux cris d'orfraie que pousseront alors les europhobes...

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