TOUT EST DIT

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jeudi 6 mars 2014

Quand le mandat de François Hollande ressemble à un jour sans fin

Remaniement, retour de Sarko, couacs, ouverture vers le centre... Tour d'horizon de tous ces sujets qui reviennent avec la régularité d'un métronome à la une de l'actualité.

Deux ans après l'accession de François Hollande à l'Élysée flotte dans l'air une litanie d'interrogations. Les circonstances ont beau changer, l'actualité s'emballer, rien n'y fait, les mêmes sujets hantent toujours l'esprit des commentateurs, de l'opinion publique et des ministres... Florilège de ces lancinantes questions.
1) Le remaniement, c'est pour quand ?

Le remaniement à la une. Encore. Depuis sa victoire à la présidentielle, François Hollande n'a opéré que des modifications à la marge du gouvernement dirigé par Jean-Marc Ayrault. Dans la foulée des législatives en 2012 et en réaction à des imprévus : la démission de Jérôme Cahuzac, puis le limogeage de Delphine Batho. Alors, depuis des mois, les observateurs, les commentateurs, les acteurs, médiatiques, politiques, lancent des rumeurs et s'en nourrissent. Remanier le gouvernement. Oui, mais quand ? Oui, mais avec qui ? Oui, mais pourquoi faire ? Pour l'instant, il ne s'est rien passé, hormis une campagne souterraine des candidats à Matignon, digne du lobbying pratiqué par les prétendants aux Oscars avant la cérémonie et le sacre. Éventuel.
2) Le retour de Nicolas Sarkozy
Le retour sur la scène politique de l'ancien président ponctue la vie politique avec une régularité de métronome. Un feuilleton orchestré par l'intéressé, qui alterne petites confidences destinées à filtrer et sorties plus spectaculaires, comme lors de la tournée musicale de Carla Bruni ou la campagne municipale de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris. Nicolas Sarkozy ne maîtrise en revanche pas l'aspect judiciaire, alors que son nom revient dans plusieurs affaires (Bettencourt, Karachi, Tapie, etc.). Il ne maîtrise pas non plus le dernier épisode en date de sa saga politique. Ce sont les écoutes clandestines réalisées par son ancien lieutenant Patrick Buisson, et révélées par Le Point, qui sont désormais à l'affiche. Principale victime de cette pratique unanimement condamnée : Nicolas Sarkozy lui-même.
3) Les Verts doivent-ils partir ?
Deux ministres écolos et un nombre de polémiques inversement proportionnel à ce faible taux.Dernière en date ayant entraîné la question, "les Verts doivent-ils quitter le gouvernement ?" : le soutien de Cécile Duflot aux manifestants contre Notre-Dame-des-Landes, projet d'aéroport défendu par Jean-Marc Ayrault. En octobre 2013, le soutien d'EELV aux manifs lycéennes après l'expulsion de Leonarda suivait de près l'accrochage public entre la ministre du Logement et Manuel Valls sur la question de l'intégration des Roms. En août 2013, le maintien au gouvernement était le principal sujet de conversation lors des journées d'été d'EELV. Début juillet, les Verts laissaient planer le (faux) suspense sur un éventuel départ, après le limogeage de la ministre de l'Écologie Delphine Batho. Ils étaient déjà en colère après celui de Nicole Bricq du même ministère un an plus tôt. Ce tour d'horizon est non exhaustif et des reculs probables promettent de beaux lendemains au débat sur le maintien des Verts au gouvernement.
4) L'aile gauche en colère
Ils étaient des socialistes heureux, pendant la campagne présidentielle. Heureux du discours du Bourget et de la promesse de lutter contre la finance folle. Heureux du projet de taxe à 75 % sur les très, très hauts salaires. François Hollande n'était pas leur favori en interne, mais il ferait sans doute un bon président de gauche. Et puis, patatras ! Une fois élu, il a commandé un rapport à Louis Gallois, défendu surtout les entreprises via d'abord la création du CICE, avant de se déclarer social-démocrate et de créer le pacte de responsabilité, de s'afficher avec Pierre Gattaz et de faire un hug aux Pigeons. Sans parler des sujets sociétaux maltraités. La loi famille abandonnée, la jeunesse négligée, le droit de vote des étrangers reporté... Régulièrement, l'aile gauche est au minimum "déçue", souvent "en colère". Dernière révolte en date, un texte publié dans Le Monde intitulé : "Il n'y a pas qu'une seule politique possible".
5) Hollande et Ayrault chutent dans les sondages
À force de chuter dans les sondages, il est incroyable que François Hollande et Jean-Marc Ayrault soient encore au-dessus de 0 % d'opinion favorable. Depuis septembre 2012, tous instituts confondus et quelle que soit la manière de poser la question, le résultat est presque toujours le même : "Hollande, Ayrault : la chute continue".
6) Couacs, couacs, couacs
Depuis septembre 2012, les "couacs" se multiplient au gouvernement. Le Monde en avait, en octobre 2013, recensé une bonne partie. Vincent Peillon favorable à un débat sur la dépénalisation du cannabis, Kader Arif annonçant la libération d'otages français... qui n'étaient pas libérés, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Cécile Duflot réclamant un assouplissement de la politique d'austérité, etc. Sans compter l'affaire Florange, ou la guerre ouverte entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg... Et bien sûr, le magistral cas Jérôme Cahuzac, ou l'aveu du ministre délégué au Budget qu'il possède un compte caché en Suisse après quatre mois de mensonges aux plus hautes autorités de l'État. Vainqueur toutes catégories. Pour le moment.
7) Le coup monté
À droite, les hostilités commencent en novembre 2012 avec l'élection du président de l'UMP. Jean-François Copé et François Fillon se déchirent devant les caméras des chaînes d'info en continu, les deux camps mettent en scène eux-mêmes une télé-réalité. Copé devient le patron sur fond de soupçons de triches. Le livre Le Coup monté des journalistes Bruno Jeudy et Carole Barjon vient rapidement étayer cette thèse. Cette rivalité entre les deux hommes émaille le quinquennat. Au casting figurent aussi de jeunes ambitieux : Bruno Le Maire, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, NKM, Laurent Wauquiez, etc.Tous prétendants aux plus hautes fonctions. 
8) Les coups de gueule de Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon est un homme en colère. Révolté. Contre la gauche en général, contre le PS et contre ses alliés du PCF en particulier, contre la droite, contre l'extrême droite, contre l'Europe, contre les États-Unis, contre les journalistes, etc. Et il le fait savoir. Dans les médias, sur son blog. Une recherche "coups de gueule de Mélenchon" dans Google permet de saisir l'ampleur du phénomène.Cet automne, il nous confiait sa "lassitude". Il plaidait : "Tout ne peut pas reposer sur moi." Mais, à l'approche des élections européennes, son véritable objectif, nul doute qu'il reprend du poil de la bête. 
9) Le centre... Ou pas
Grand absent du débat médiatique de ce début de quinquennat : le centre. François Bayrou espère que la fin de sa longue traversée du désert passera par une victoire à Pau. Jean-Louis Borloo, hospitalisé, est contraint à une cure de silence. Hervé Morin a posté un selfie de lui au Salon de l'agriculture. Pourtant, à l'approche des européennes, en pleine période d'euroscepticisme, leurs voix auraient pu compter dans le débat. 

Le billet de Michel Schifres

Grandes oreilles et petits bras


Parmi les questions posées par l’horreur Buisson, une dépasse les querelles françaises : elle touche la planète ; sa dimension géopolitique est indéniable. Que savait la NSA ? Comment imaginer en effet que la centrale américaine ne se soit pas branchée sur le dictaphone du petit bricoleur de l’Elysée ? Elle qui recueille des dizaines de millions de conversations dans le monde n’aurait pas prêté attention à l’appareil qui ne quittait pas le chauve au costume sombre ?  On espère le contraire. Certes les longues heures enregistrées par Buisson ne sont pas grand-chose par rapport à la masse récoltée par Washington. Mais que les Américains aient choisi de les ignorer signifierait que nous ne comptons guère. Pauvre de nous si les grandes oreilles n’écoutent plus les petits bras.  

mercredi 5 mars 2014

La bourse ou la guerre ?

La bourse ou la guerre ?


Vladimir Poutine va-t-il devoir choisir entre la bourse ou la guerre ? Les bruits de bottes en Ukraine lui ont fait perdre 58 milliards de dollars de capitalisation boursière de vendredi à lundi. Soit 7 milliards de dollars de plus que le coût des Jeux d'hiver de Sotchi. Hier, comme par hasard, la Bourse de Moscou a redressé la tête (+ 5 % en fin de séance au lieu de -10 % la veille) en même temps que Vladimir Poutine baissait d'un ton. S'exprimant dans une conférence de presse très détendue, pour la première fois depuis le début de la crise, il a quelque peu édulcoré sa rhétorique guerrière. Cela a eu pour effet immédiat de rassurer les milieux financiers internationaux.
C'est que la guerre, au-delà des gesticulations militaires, se joue désormais aussi (et peut-être surtout) sur le terrain économique. Le temps n'est plus de la splendeur du colosse soviétique aux pieds… solides. La Russie d'aujourd'hui, gravement désindustrialisée et guettée par la récession, a besoin de relations fortes, principalement avec les Européens qui ont développé avec elle des coopérations technologiques et multiplié les investissements.
D'où la pertinence de l'arme économique brandie comme moyen de pression. Encore conviendrait-il qu'Européens, entre eux d'abord, et avec les Américains ensuite, s'accordent sur le niveau des représailles. Les États-Unis, moins concernés que les Européens par des partenariats industriels, sont les plus véhéments. Au sein de l'UE, les positions sont davantage nuancées entre des États baltes intransigeants, des Anglais réticents sur des sanctions commerciales pénalisant la City, ou encore des Allemands conciliants qui abritent le siège européen de Gazprom.
Aux menaces, la Russie oppose de son côté sa « diplomatie gazière » en oubliant que les USA et les Européens s'emploient à réduire leur dépendance. On voit bien que l'arme économique est à double tranchant et génère un nouvel équilibre de la terreur. C'est pour cela qu'au-delà des discours bravaches, personne n'a vraiment envie de mourir pour Sébastopol.

Sarkoleaks : les trois trahisons de Patrick Buisson (4e extrait)


Suite à la publication par le Canard Enchaîné du verbatim d'une réunion à l'Elysée le 27 février 2011, Atlantico publie des extraits d'un enregistrement de la matinée du samedi 26 février 2011 réalisé par Patrick Buisson à l'insu de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers.

Première trahison

Comme le révélait Le Point il y a trois semaines - sans preuves à l’époque - , Patrick Buisson, longtemps décrit comme l’éminence grise de Nicolas Sarkozy, a donc bien enregistré, à leur insu, l’ancien président ainsi que ses conseillers à l’Elysée.

Pourquoi aucun doute n’est possible. Tout d’abord maître Gilles-William Goldnadel, l’avocat de Patrick Buisson a reconnu l’authenticité de l’enregistrement mentionné par le Canard Enchaîné le 4 mars. A l’écoute de celui qu’Atlantico s’est procuré, réalisé à un autre moment, on entend Patrick Buisson, seul, insérer un enregistreur dans la poche de sa veste puis rejoindre Nicolas Sarkozy et ses conseillers. L’enregistrement d’une durée de plusieurs heures comprend aussi bien les conversations de Patrick Buisson avec différents conseillers  qu’une réunion stratégique organisée le samedi 26 février 2011 à la Lanterne à Versailles. Il se conclut une fois que Patrick Buisson est à nouveau seul, après avoir salué la dernière personne avec laquelle il se trouvait.
Pourquoi il s’agit bien d’une trahison. Contrairement à ce qu’a tenté de laisser entendre l’avocat de Patrick Buisson après la publication de l’article du Canard Enchaîné, Nicolas Sarkozy n’était absolument pas informé des enregistrements pirates de son conseiller. Atlantico en a obtenu la confirmation auprès de différents membres de l’entourage de l’ancien président. Michel Gaudin en particulier, son actuel directeur de cabinet, nous l’a formellement confirmé et ne juge pas du tout crédible que ces bandes aient été des enregistrements de travail comme Patrick Buisson l’a soutenu au cours de la journée du 4 mars par la voix de son avocat.

Deuxième trahison

Plutôt que d’avoir confessé ces enregistrements pirates au moment des révélations du Point et d’avoir prévenu Nicolas Sarkozy du fait que certains n’étaient plus en sa possession, Patrick Buisson n’a retrouvé la mémoire qu’au fur et à mesure de la journée du 4 mars, au terme de laquelle il a fini par reconnaître « de très bonne grâce avoir utilisé un dictaphone » et plus grave, avoir malheureusement laissé traîner certains de ces enregistrements et s’en être, selon lui, fait dérober d’autres par une personne X.
Problème, selon des informations d’Atlantico, Patrick Buisson se serait en fait déjà ému dans le passé auprès de membres de son entourage professionnel du fait que des copies de ces enregistrements puissent être entre les mains d’un de ses familiers avec lequel il se trouve dans un conflit privé violent.
Pendant trois semaines, celui qui dénonçait « un mensonge total et ignominieux » et qui annonçait qu’il portait plainte pour diffamation contre Le Point a tout fait pour convaincre Nicolas Sarkozy et l’ensemble de ses interlocuteurs qu’il ne s’agissait que d’un complot politique.
Bon indicateur de cette volonté de dénégation absolue de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, les « éléments de langage » très buissonniens repris dans le feuilleton épistolaire de Valeurs Actuelles qui dévoile chaque semaine les dessous de la vie politique. Dans l’article « Une ténébreuse affaire » signée de M. de Rastignac mais dont l’auteur est un proche de Patrick Buisson par ailleurs employé au Figaro sur les pages Figarovox, on lisait ainsi comment l‘entretien entre Nicolas Sarkozy et son ex-conseiller se serait déroulé à la veille des révélations du Point. « Les deux hommes évoquèrent rapidement ce qu’ils appelèrent ce "bruit de vespasiennes" pour s’entretenir ensuite de tout autres sujets. Comme pris en faute, Martial Kropoly (NDLR : Nicolas Sarkozy) expliqua pourquoi il avait choisi de se rendre à la réunion publique d’Eleonore de Conygham (NDLR : Nathalie Kosciusko-Morizet) : "j’ai fait tout cela par amitié" s’excusait-il. » Cerise sur le gâteau des éléments de langage buissonniens, à en croire Valeurs Actuelles, ce ne serait pas Nicolas Sarkozy qui aurait pris ses distances avec son ancienne éminence grise mais Patrick Buisson lui-même : « cette conversation était hantée par l’inquiétude qu’à l’ancien chef de l’Etat de perdre son conseiller. On sentait aussi dans l’atmosphère la lassitude du conseiller, adulé en campagne, oublié entre deux élections. »
Toujours selon « Mr de Rastignac »,  « le lendemain [des révélations du Point], après la parution du funeste écho les deux hommes se sont parlé sur l’étrange cornet. Les cornets furent froids et sévères. La malveillance était parvenue à son but. Le jeudi, alors que Martial Kropoly était parti en voyage au bout du monde, son directeur de cabinet appelait M. de Bièvres (NDLR : Patrick Buisson) pour l’assurer de la confiance et de l’amitié du "président". Mais le conseiller ne dissimulait pas sa colère. "Vous direz à Martial Kropoly, a-t-il répondu, que je suis très choqué de son attitude" »
Selon les informations recueillies par Atlantico auprès de l’entourage de Nicolas Sarkozy, l’échange aurait effectivement été très très froid, l’ancien président ayant, lui, été extrêmement choqué par les révélations du Point.
Trois semaines plus tard, avec l’article du Canard Enchaîné et les bandes d’Atlantico, plus question de dénégation de la part de Patrick Buisson. Après plusieurs versions successives des arguments visant à défendre son client, Me Gilles-William Goldnadel en est venu à affirmer : « C’est bien lui qui a procédé mais il m’a expliqué que cela lui servait de notes. Ce n’était pas une fraude. (…) C’étaient des enregistrements de travail pour préparer les prochaines réunions. D’habitude, il les détruisait. Certaines ne l’ont pas été. Aujourd’hui, on en fait un usage malveillant. Ce n’est pas Patrick Buisson qui les a rendus public. Il n’en a pas fait le moindre usage… Il fera un communiqué pour le dire. Ce n’était pas dans un but pervers ou clandestin. D’ailleurs, il n’était pas le seul à user des enregistrements… » a indiqué l’avocat. Une dernière affirmation que rien n’étaye.
Selon le Point, l’ancien journaliste du périodique d’extrême droite Minute n’en serait pas à son coup d’essai. Patrick Buisson avait été soupçonné d’avoir fait installer des micros dans le bureau d’un des actionnaires du journal.

Troisième trahison

Outre le fait d’avoir enregistré Nicolas Sarkozy à son insu, la loyauté de Patrick Buisson envers l’ancien président est également mise à mal par le contenu même de ces enregistrements pirates. A plusieurs reprises et alors qu’il ne se trouve pas avec le président, Patrick Buisson échange avec d’autres interlocuteurs des propos peu respectueux sur Nicolas Sarkozy et son épouse.
Juste avant la fin de l'enregistrement, Patrick Buisson démontre par ailleurs l’estime dans laquelle il tient Nicolas Sarkozy en soulignant l’influence qu’il a sur le chef de l’Etat, notamment sur les questions d’immigration et d’intégration.
L’ancien journaliste de Minute et actuel président de la chaine Histoire, conclut par un rappel de son ADN politique profond… le royalisme.

Verbatim de l'extrait présenté dans cet article

JEAN-MICHEL GOUDARD : Sans nous, il ne le fait jamais. (NDLR : prendre des décisions)
PATRICK BUISSON : Jamais. Ça c’est sûr. Ça fait quand même trois quatre fois que je reviens à la charge depuis un mois…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Ah ouais, ah ouais. Le grand moment, c’est il y a quatre ou cinq jours quand tu balances…
PATRICK BUISSON : … L’immigration.
JEAN-MICHEL GOUDARD : oui.
PATRICK BUISSON : Non mais attends, moi je ne suis pas du genre à subir et à attendre que les autres… Il était temps, il était temps.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Plutôt que de faire se demande Pierre (le sondeur Pierre Giacometti, NDLR), qui n’arrivait à rien… Trois heures pour discuter de la strat’… Là on a joué notre rôle vraiment, dans le style de Nicolas. C’est ce qui se passe dans les 8 jours. D’accord, mais il y a un vrai tournant politique.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Et quelque part on revient aux fondamentaux.
PATRICK BUISSON : Ah bah On revient aux fondamentaux. Pas quelque part. C’est pour ça qu’il ne faut pas qu’il émascule le propos sur les périls. Et l’autre la, le Pierre, dire « oui mais l’intégration »… c’est ça. Au moment où…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Il est gentil euh Nicolas… Quand il a discours bouclé, il veut encore rajouter un truc qui rassemble, le rassemblement etc… entre toi et moi… ça n’a rien à foutre là..
PATRICK BUISSON : Mais rien à foutre, et l’intégration non plus. Au moment où il en arrive 500 000 de plus et on n’a pas intégré les six millions qu’on a.
JEAN-MICHEL GOUDARD : c’est un vrai euh…  Giscardien.
PATRICK BUISSON : Oui !
JEAN-MICHEL GOUDARD : c’est pas un gaulliste…ben toi t’es pas gaulliste non plus…t’es comme papa…
PATRICK BUISSON : Nooon…exagère pas …gaulliste c’est …le Général de Gaulle, c’est un général de guerre civile… Il a pas hésité à faire tirer…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Mais est-ce que tu te sens gaulliste ? Non… Tu te sens ailleurs…
PATRICK BUISSON : Non c’est pas ma référence si tu veux mais en tout cas c’est un homme d’action et puis c’est un homme de décision.
JEAN-MICHEL GOUDARD : C’est quoi ta référence ?
PATRICK BUISSON : Ma référence ? Profondément ? Moi je suis le fils d’un camelot du roi. Je suis monarchiste, je suis royaliste.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Enfin les rois…
PATRICK BUISSON : Oui mais d’accord…mais c’est ma culture, voilà.

Un sondage explosif

Un sondage explosif


Me promenant sur les sites d’actualité d’Internet, je tombe sur une véritable bombe: "Dominique Strauss-Kahn crédité de 56% d’opinions favorables : il s’agit du résultat d’un sondage commandé par Le Parisien magazine pour son édition du week-end du 1er et 2 mars et révélé par France Info mardi. Le sondage réalisé par l’institut BVA teste 14 personnalités politiques en demandant aux sondés si ces dernières étaient capables de faire mieux que François Hollande. Résultat, DSK arrive en tête avec 56%, juste devant Alain Juppé (55%), Nicolas Sarkozy (49%) et Manuel Valls (48%)."D’abord, en toute sincérité, j’ai refusé d’en croire mes yeux. J’ai cru à une erreur, la reprise d’une vieille enquête de 2010… Puis, j’ai compris que ce n’étais pas un gag et j’ai songé à trois hypothèses:
- Un sondage totalement truqué, correspondant, avant une période électorale, à une tentative supplémentaire de brouiller les pistes et d’enfumer l’opinion;
- Un signe de la perte générale des repères intellectuels et moraux du pays, du déclin de l’esprit critique, de la mémoire collective, d’une société décérébrée, prête à accepter tout et n’importe quoi, inexorablement aimantée par la bassesse, le sordide, le sensationnel, le néant du scandale;
-Au contraire une manifestation de l’intelligence populaire,  une gifle à la classe politico-médiatique, un fantastique message de dérision, une réponse au mépris ressenti de la part des élites. Le meilleur, le Roi, c’est lui, c’est DSK, l’homme du Sofitel de New York… Et alors, que dire des autres…
J’hésite entre les trois, mais penche plutôt pour la dernière.

Enregistrements de Sarkozy par Buisson : ce que révèle Le Canard enchaîné


L'hebdomadaire satirique publie ce mercredi le verbatim de l'enregistrement d'une réunion à l'Elysée, réalisé en 2011 à l'aide d'un dictaphone par Patrick Buisson à l'insu de Nicolas Sarkozy.
C'est la bombe politico-médiatique du jour. Le Canard enchaîné et le site internet Atlantico publient mercredi plusieurs extraits d'enregistrements d'échanges entre Nicolas Sarkozy et ses conseillers réalisés à leur insu en 2011 par son conseiller controversé Patrick Buisson. Et voici ce que révèle l'hebdomadaire satirique.
<<<<<< A lire sur le sujet : Sarkoleaks : les trois trahisons de Patrick Buisson>>>>>
Le contexte : 27 février 2011, réunion de travail autour de Nicolas Sarkozy à quelques heures du remaniement qu'il va annoncer. Patrick Buisson, Henri Guaino, le conseiller spécial de l'ex-président, Franck Louvrier, son conseiller en communication, mais aussi le publicitaire Jean-Michel Goudard et le sondeur Pierre Giacometti ont pour objectif de régler les dernières modalités du discours que va faire le président.
Les révélations : Selon Le Canard, le dictaphone de Patrick Buisson tourne et ce à l'insu des protagonistes de la réunion. L'enregistreur retrace dès lors le déroulé de deux heures et demi entre l'arrivée au Palais du conseiller du président et son retour à son domicile. Selon le journal satirique, par exemple, après l'enregistrement de l'allocution dans laquelle il annonce le remaniement, l'ex-président revient: ""On n'a pas entendu ces connards de chiens qui aboyaient" (dans les jardins élyséens)?"
Le Canard poursuit en écrivant : "Buisson spirituel: "Tu parlais des journalistes?" Puis courtisan: 'C'était très bien! Tu avais les bonnes intonations. Tu as bien détaché les phrases importantes. Faut pas y toucher." En clair : le Canard moque le "fayot" Patrick Buisson qui se répand en encouragements et en félicitations auprès du chef de l'Etat.
Lors de cette réunion privée, Nicolas Sarkozy évoque aussi le cas de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur en passe d'être évincé. "Vous n'avez pas d'états d'âme sur Brice ?" demande-t-il. Réponse de Patrick Buisson : "On en a tous. On aime tous Brice. Le problème est de faire un choix politique." Réplique de Nicolas Sarkozy : "Brice dit que le sentiment d'insécurité a régressé. Toutes les études montrent que ce n'est pas vrai."
Patrick Buisson, à l'origine de la stratégie de droitisation de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2012, poursuit : "En matière d'immigration, Brice est inhibé. Une partie de notre électorat manifeste une certaine impatience". A l'issue de cette réunion, le conseiller du chef de l'Etat s'en prendra aussi aux anciens ministres Roselyne Bachelot, Michèle Alliot-Marie ou Xavier Darcos, qu'il qualifie d''archinuls".
Dans un communiqué transmis mardi soir par son avocat Gilles-William Goldnadel à l'AFP, Patrick Buisson se défend : "En tant qu'intervenant essentiel de ces réunions" il "ne pouvait prendre des notes écrites et utilisait ces enregistrements pour préparer la réunion suivante". Ces derniers "étaient détruits au fur et à mesure sauf manifestement quelques uns qui lui ont été dérobés et dont il est fait présentement un usage extravagant et pervers", affirme-t-il.
A moins d'un mois des élections municipales et alors que les rumeurs d'un retour de Nicolas Sarkozy en politique se font de plus en plus insistantes, ce Sarkoleaks ne devrait pas rester sans conséquences.

mardi 4 mars 2014

L’écotaxe fait déjà des dégâts et c’est tant mieux


Catastrophe mes petits amis c’est la panique c’est horrible c’est abominable rien ne se passe comme prévu ! L’écotaxe, qui devait rapporter 450 millions d’euros, a été suspendue et ne pourra donc financer la grosse centaine de projets planifiés ! Et on découvre à peine l’horreur de la situation et l’ampleur des dégâts…
Je résume : à la suite de la gronde aussi mémorable que bretonne de novembre dernier symbolisée par des bonnets rouges, le gouvernement, solidement armé de sa petite paire de raisins secs en guise de gonades, a vaillamment reculé et repoussé son projet d’écotaxe vivifiante et citoyenne en jugeant que ça ne valait peut-être pas le coup de se mettre encore plus mal qu’il ne l’était déjà, municipales approchantes. À la suite de quoi, il a été prudemment décidé de ne mettre en vigueur l’écotaxe qu’à la fin de l’année 2014, lorsque les échéances électorales seraient passées, la courbe du chômage inversée et les conflits en Afrique apaisés avec le brio qu’on peut déjà imaginer sans mal.
Étonnante reculade s’il en est tant cette écotaxe était attendue avec ferveur par tout ce que la France compte d’écologistes enfiévrés qui ont bien compris qu’en rendant l’écologie punitive, en tabassant consciencieusement les citoyens de taxes et d’impôts, on allait enfin rendre à la France son aspect originel d’avant ces années de dérives technologiques, d’avant l’invasion de César et ses légions carbono-dépensières. Et en plus de ce bon fouettement vigoureux des ânes consuméristes et pétro-propulsés, l’écotaxe devait rapporter 800 millions d’euros qu’on vous dit, mais si, mais si.
À l’analyse, bien sûr, n’importe qui pouvait se rendre compte que les chiffres et les assertions péremptoires sur les bienfaits et les rendements de la taxe étaient parfaitement fantaisistes (voire foutaisistes, pour le dire plus clairement) : des entreprises avaient malencontreusement parié sur la capacité de l’Etat à tondre encore un peu plus les contribuables, ces derniers s’étaient rebiffés, l’argent promis ne serait pas là, il fallait en faire son deuil. Et à la limite, si l’une ou l’autre coquine d’entreprise mouillée dans cette désastreuse idée pouvait calancher et montrer que faire des affaires avec l’Etat, c’était dangereux, peut-être toute cette affaire serait-elle finalement bénéfique dans ce pays où la corruption et les petits arrangements sont foison.
En attendant ces (trop hypothétiques) faillites ou cette (utopique) prise de conscience, et comme je l’expliquais en introduction, des effets se font cependant déjà sentir à la suite de la démonstration de pragmatisme de notre gouvernement. En effet, l’État avait tablé que le racket Écotaxe devait lui permettre de détourner 450 millions d’euros de la poche des contribuables vers ses propres paniers percés. Mais avec le petit revirement ayraultique, il n’en est plus question. Dès lors, certains projets tombent à l’eau.
Je sens que quelques uns, à la lecture des lignes qui précèdent, n’ont pas bien compris l’importance de l’information, alors je vais résumer clairement : les recettes de l’État diminuent, certains robinets s’assèchent, des projets idiots vont disparaître. C’est, véritablement, révolutionnaire dans ce pays où la dépense publique n’a pas cessé d’augmenter.
Austerité en France ?
Et quand je dis « projets idiots », je ne prend en réalité aucun risque : à lire les projetsqui ne pourront voir le jour par manque de fonds, on est tout de suite rassuré. Des bus, des trams, des parkings à vélo et autres bricolages intermédiaires à base de tram-train et autres trucmuches fumants, tous réclamés à corps et à cris par … des maires (juste avant les municipales, c’est vraiment commode, hein), dans cette épuisante course à la surenchère équipementière, marque subtile d’une gestion communale irréprochable.
Ah, quelles belles idées que de dépenser des centaines de millions d’euros dans des lignes de trams qui cumulent l’inconvénient des aléas de circulation des bus avec celui des parcours fixes des trains, de surcroît extrêmement coûteux à installer ! Quel principe génial que celui de claquer des sommes colossales de la poche des contribuables dans des aménagements urbains dispendieux alors que les principaux problèmes urbains, les bouchons, sont précisément causés … par les aménagements urbains !
Et puis, c’est tellement agréable de savoir, en tant qu’automobiliste, qu’une partie des taxes qui nous sont ponctionnées contribue à lutter contre la pollution en faisant rouler des bus de 15 tonnes qui crament 40L/100, qui sont vides 80% du temps, et qui distribuent de la particule diesel comme d’autres des flyers électoraux ! Comment ne pas agréer de tout son cœur à l’idée que les camions, puis les voitures, seront ponctionnés au titre de l’écotaxe pour financer à perte des lignes de bus vides, des trams lourds et bruyants et des systèmes de vélos bobos dont on retrouve la trace jusqu’à Bamako … (Z’inquiétez pas, tout ça, c’est de la rumeur : les bus ne sont jamais vides puisqu’ils ont toujours au moins une personne à bord, les trams sont carbone-neutre, c’est une évidence, et les vélos sont bien volés mais ne vont pas jusque dans le Névada, bien sûr.)
Non, décidément, cette histoire d’écotaxe est une superbe démonstration de tout ce qui va mal dans ce pays : les connivences des industriels avec l’État sont en train de se retourner contre eux ce qui aura peut-être le bonheur de calmer les ardeurs des autres prétendants à la sous-traitance du Moloch. Les collectivités se retrouvent avec des trous pour financer leurs lubies pré-électorales, ce qui évitera sans aucun doute l’un ou l’autre naufrage débile et prévisible auxquels elles nous ont déjà pas mal habitué par le passé (Emprunts « toxiques », anyone ?)
Et surtout, l’écotaxe, par la façon dont elle a été repoussée, montre qu’il existe, bel et bien, des façons efficaces de faire reculer l’État et la manie de ponction qui a échappé à tout contrôle du peuple.
Qu’on se le dise.
portique multitaxe Bercy

Copé, le « desesperado »

Copé, le « desesperado »

Incroyable scénario, hier matin au siège de l'UMP ! Sous une mise sombre et un masque fermé se cachait Jean-François Copé le « desesperado », se prétendant victime d'une « véritable chasse à l'homme » et décidé à tirer sur tout ce qui bouge pour sauver sa peau. Nul n'imaginait que la « déclaration solennelle » annoncée la veille, tournerait ainsi au « sulfatage » généralisé. Sommant le milieu politique et le monde médiatique de se soumettre à une loi de transparence absolue, Jean-François Copé a fait sienne l'injonction « Tous à poil ! » qu'il avait brocardée en d'autres circonstances. Du coup, il a moins cherché à se justifier qu'à faire peser des soupçons sur l'ensemble de la société politico-médiatique.
Jean-François Copé a curieusement opté pour une politique de la terre brûlée en choisissant de plaider « tous coupables ». On peut comprendre l'irritation du président de l'UMP devant les « révélations » de l'hebdomadaireLe Point. On lui concédera même que la presse manque parfois de réserve dans des « accroches » qui relèvent plus du marketing que de l'information mesurée. Mais il n'y a pas là matière à crier à l'inquisition.
D'autant plus que Jean-François Copé n'a pas été le dernier à recourir aux artifices de la communication et à pratiquer, dans son langage « décomplexé », des amalgames douteux. Sans oublier que l'élection à la présidence de l'UMP ne fut pas un modèle de transparence. Voici donc Jean-François Copé, le « mal-aimé », lancé dans une improbable croisade où il risque de se retrouver bien esseulé.
Il y avait comme de la retenue, hier, dans les réactions des membres de l'UMP un peu pris en otages par les fulminations de Copé. Ses deux propositions de loi n'ont pas soulevé l'enthousiasme. Tout au plus sèment-elles le trouble dans une campagne que la droite aurait pu souhaiter à l'abri des remous nationaux. Jean-François Copé a abusivement parlé, hier, au nom de l'UMP et même des Français. Il lui sera sûrement reproché, avec son appel véhément au « tous derrière moi », d'avoir maladroitement alimenté l'affligeante rengaine du « tous pourris ».

Aux Césars : le dépit LGBT

Aux Césars : le dépit LGBT


Je me suis trompée. Je voyais la consécration d’Adèle. Et ce fut le sacre de Guillaume le Conquérant. Pour notre plus grand plaisir. Même aux Césars, le pire n’est pas toujours certain !
Ça a mal commencé d’emblée pour Adèle. Dès le « show » d’ouverture qui essayait de singer maladroitement les Oscars, la meneuse de cérémonie Cécile de France s’est gourée et a pris d’emblée Léa Seydoux pour Adèle. « Ce n’est pas moi Adèle », a répondu celle-ci, gênée. Manifestement Cécile de France n’avait pas vu le film, the film. Le ton était donné : Adèle connait pas.
L’humiliation
Et Aujourd’hui en France qui s’était cru autoriser à titrer « La consécration d’Adèle » – il avait préparé sa une à l’avance, la cérémonie des Césars se terminant après le bouclage – s’en est trouvé tout ridicule. La Vie d’Adèle n’a remporté qu’un seul et malheureux César en tout et pour tout, mineur qui plus est, celui du Meilleur espoir féminin pour Adèle Exarchopoulos. Quelque chose qui ressemble à une sacrée humiliation quand on sait la retape monumentale qui a été faite pour ce film et le parti pris militant qui a accompagné sa promotion.
Pourquoi ce camouflet ? Il faudrait chercher paraît-il, du côté des mauvais traitements que le très despotique Abdellatif Kechiche aurait fait subir à ses techniciens sur le tournage. En plein combat des Césars en faveur des intermittents, cet aspect si sympathique de sa personnalité ne serait pas bien passé. Kechiche prévenu sans doute de sa déroute, était d’ailleurs le grand absent de la cérémonie. Les Césars sont désignés par vote secret par les membres de l’Académie des Césars, 4 381 professionnels du cinéma français.
« S’il y en a un qui peut remercier sa mère c’est bien moi ! »

Les Garçons et Guillaume à table ! film très personnel, intelligent et créatif, dont nous avions salué l’originalité dans notre page cinéma, l’a emporté haut la main avec cinq Césars dont celui de meilleur acteur pour Guillaume Gallienne, mais aussi meilleur film et meilleur réalisateur. Il va pouvoir se faire une table basse avec ses Césars. Il a eu non seulement largement le dessus sur La Vie d’Adèle insupportable et fastidieux très long métrage de 3 heures et demie magnifiant le sexe lesbien sous toutes ses coutures, mais aussi sur l’immonde Inconnu du Lac le film pornogay et ses scènes de sexe non simulées. Ce dernier nominé huit fois et ne repartant qu’avec le César du meilleur espoir masculin.
Tout ça n’a pas plus du tout aux critiques qui enragent : « C’est catastrophique pour le modèle du cinéma français », a-t-on pu entendre en coulisse. Les LGBT n’ont pas envahi le plateau, eux aussi ont dû être pris de court. Le sacre à Cannes de La Vie d’Adèle, le jour même de la plus importante des Manif pour tous, avait été brandi par les médias comme la plus belle des ripostes à ces « gros cons » de cathos.
Le gros problème de ces Césars 2014 c’est que « Les Garçons et Guillaume… » n’est pas du tout un film selon leur vœux. C’est l’histoire d’un homme qui affirme, contre sa famille et son entourage, qu’il est hétérosexuel.

Le billet de Michel Schifres

Le poids d'un mot


Reconnaissons-le : lorsque Jean-François Copé a annoncé une déclaration solennelle, chacun a ressenti un choc. Avec ce qui se passe à l’Est, on pouvait craindre le pire. On a été vite rassuré : au fond, fidèle à ses lectures, M. Copé exige simplement que tout le monde soit « à poil ». N’empêche que cet adjectif, « solennel », n’est plus guère utilisé. L’époque préfère le cool à l’emphase et elle adore l’impertinence si la moquerie tombe dans la vulgarité. Même la politesse a du plomb dans l’aile : il n’y a plus guère que quelques animateurs de télévision pour annoncer d’un Monsieur tonitruant des artistes pour peu qu’ils aient un certain âge et durent depuis un peu longtemps. Il faut évidemment faire attention : ainsi, à la relecture, ce billet est vraiment trop solennel !