TOUT EST DIT

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dimanche 21 novembre 2010

Mélenchon : «Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas»

Ca sonne à l'oreille comme une chanson de ... Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche (PG), a déclaré dimanche qu'il était «le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas», se campant une fois de plus, devant ses partisans réunis en congrès au parc des expositions du Mans (Sarthe) en aiguillon de la vie politique. 

Ainsi a-t-il souligné que le Front de gauche n'était pas un «supplétif de circonstance» du . Il l'a dit dans un discours d'une heure et demi, clôturant la troisième journée de débat du PG : son parti peut espérer un score «à deux chiffres» à la présidentielle de 2012. Et fort de ce score, il «ne participera à aucune coalition contre nature». D'autant que l'eurodéputé est «capable d'emmener le peuple français mieux que ne le fera jamais le directeur général du FMI», a lancé Jean-Luc Mélenchon dans une nouvelle pique à Dominique Strauss-Kahn.
S'en prenant à la politique de Nicolas Sarkozy et aux soupçons de rétrocommissions dans l'affaire Karachi qui «empuantissent l'atmosphère», il a par ailleurs plaidé pour «le partage» en «prenant tout ce qui dépasse au dessus d'une certaine somme» pour la nationalisation de «l'eau et l'énergie». «Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas», a-t-il lancé.
Puis revenant sur le «populisme» -début novembre, le secrétaire général du PCF Pierre Laurent avait mis en garde Mélenchon contre une campagne aux accents populistes en vue de la présidentielle- qu'il avait assumé il y a quelques semaines, il a assuré «regarder cette injure avec gratitude», clamant: «je ne suis pas avec le peuple, je suis du peuple !».

ENFIN ! UN DIGNE SUCCESSEUR À GEORGES MARCHAIS, LA BÊTISE EN PLUS.

La force des mythes


L'air est connu, la France est un pays de râleurs, de protestataires et de grévistes. Tous les prétextes y sont bons pour brandir le drapeau rouge et battre le pavé. La récente réforme des retraites, dont la loi vient tout juste d'être promulguée, nous en aurait offert un exemple qui se passerait de démonstration. Pendant les quelques mois où le mouvement a battu son plein, voilà le genre de vérités qui nous ont été assénées jusqu'à plus soif. La presse anglo-saxonne s'en est particulièrement délectée. Et certains de conclure de façon péremptoire que la France est un pays ingouvernable. On serait même justifié de se demander si, au fond, ce fameux modèle français — et tant qu'à y être européen — est viable.

Les excentricités du salon du luxe à Vienne




La France championne de l'infidélité ?



Le plateau de Saclay, un défi pour l'avenir

En regroupant de 15 à 20 % de la recherche française, ce site de la région parisienne va-t-il devenir un pôle d'innovation d'envergure mondiale ? L'Elysée a relancé ce projet à 4 milliards d'euros. Et la communauté scientifique semble prête à suivre.

Ce 24 septembre, le plateau de Saclay est en ébullition. Nicolas Sarkozy a décidé de s'inviter une nouvelle fois pour réaffirmer, lors d'une visite éclair, toute l'importance qu'il accorde à la création d'un campus de classe mondiale sur ces vastes terres agricoles situées à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. Un projet élevé au rang de "chantier présidentiel" et suivi de près, à l'Elysée, par le secrétaire général, Claude Guéant, et le conseiller scientifique Bernard Belloc. "Ici se joue exactement une partie de l'avenir de la France", conclut solennellement - et à juste titre - Nicolas Sarkozy, après avoir officialisé l'arrivée de nouvelles grandes écoles, toutes plus prestigieuses les unes que les autres : Centrale, ENS Cachan, Mines-Télécoms, AgroParisTech, Ensae... Lesquelles rejoindraient le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), le CNRS, Polytechnique, Supélec, ou encore HEC... Excusez du peu! 
Faut-il enfin y croire? Voilà plus de cinquante ans que l'idée de faire émerger une cité scientifique à Saclay chemine en vain. Au fil des décennies, les velléités des différents gouvernements n'ont abouti qu'à des transferts au coup par coup - et dans la douleur ! - d'établissements certes illustres mais isolés les uns des autres. Si bien que le plateau demeure un étrange no man's land, occupé de-ci, de-là par des "bâtiments bunkers", des lotissements sinistres perdus dans un milieu hostile et repliés sur eux-mêmes. L'inverse des campus à l'anglo-saxonne, où il fait si bon vivre. 

Ni simple campus, ni Silicon Valley
Sur place, toutefois, les signes d'un frémissement apparaissent. Quelques grues ont fait leur apparition et deux nouveaux bâtiments sont presque achevés. C'est que, depuis dix-huit mois, l'Etat a fermement repris la main sur ce dossier. En mars 2009, un périmètre de 7700 hectares, situé à cheval sur les départements de l'Essonne et des Yvelines, a été défini et son aménagement confié à un établissement public.  
Surtout, il y a de l'argent à la clef. Beaucoup d'argent. Près de 3 milliards d'euros au total, entre la manne du plan campus de Valérie Pécresse, le "milliard Saclay" du grand emprunt, que le président de la République a directement fléché sur l'opération, et d'autres fonds qui seront attribués sur appels d'offres. Bref, toutes les bases d'un vrai départ. 
Autre élément favorable: le milieu de la recherche, longtemps connu pour ses cloisonnements, a amorcé sa mue. L'heure est à l'"interdisciplinarité", aux frottements entre disciplines jugées propices à l'innovation. Et les rapprochements s'opèrent. A Saclay, ce mouvement a conduit pas moins de 23 acteurs (2 universités, 10 grandes écoles, 6 organismes de recherche, 1 pôle de compétitivité, etc.) à se réunir au sein d'une Fondation de coopération scientifique. C'est elle qui a permis à ses membres de décrocher la plus grosse dotation du plan campus: 850 millions d'euros ! Et tous promettent de continuer à jouer collectif.

"L'intérêt prodigieux de Saclay, c'est que nous travaillons tous main dans la main", témoigne Paul Vialle, président de la fondation. Poussant plus avant la logique d'intégration, celle-ci prendra bientôt ses décisions à la majorité - et non plus à l'unanimité - avec pondération des voix selon le poids des acteurs. Une avancée majeure. 
Les conditions semblent donc réunies pour créer à Saclay un ensemble inédit en France... à tel point qu'on peine à le nommer ! Il ne s'agit ni d'un simple campus universitaire ni d'une Silicon Valley ; il s'agit plutôt d'un pôle d'excellence scientifique situé à la croisée des mondes de la formation, de la recherche et de l'innovation et ouvert sur son territoire. Une "cluster cité", tente Pierre Veltz, président de l'établissement public d'aménagement. D'ici à 2020, le plateau pourrait ainsi réunir de 15 à 20 % de la recherche française et exceller dans des domaines aussi variés que les sciences dures (physique, chimie, nanotechnologies), l'ingénierie, les technologies de l'information, la santé-biologie ou l'énergie et le climat. Une concentration exceptionnelle... qui effraie. 
Un culte à l'excès de l'excellence?
"Saclay, c'est un trou noir ! s'étrangle Isabelle This-Saint-Jean, vice-présidente (PS) du conseil régional d'Ile-de-France. Tout le monde s'y précipite sans aucune logique scientifique, juste parce qu'il y a de l'argent." L'ancienne présidente du collectif Sauvons la recherche met en cause cette "hyperconcentration", qui déséquilibre le paysage français de la recherche, et lui préfère de loin la "mise en réseau" des équipes. Le discours est semblable du côté de la ville de Paris, dépossédée de plusieurs de ses établissements de renom. 

"Saclay ne doit pas être un bunker qui se suffit à lui-même", avertit Jean-Louis Missika, adjoint (PS) au maire de Paris, chargé de l'innovation et de la recherche. Les dernières annonces présidentielles ont passablement irrité Bertrand Delanoë, qui assure avoir été mis devant le fait accompli. "Si, pour financer leur déménagement, les écoles en venaient à vendre leurs locaux à des promoteurs prompts à les convertir en spas ou en résidences de luxe, on serait alors chez Ubu roi !" alerte Jean-Louis Missika. L'hôtel de ville l'assure: il usera de tous les moyens en sa possession pour maintenir la vocation universitaire des bâtiments. 
Les détracteurs du projet Saclay avancent d'autres arguments. Selon eux, l'opération cultiverait à l'excès le culte de l'excellence au détriment du reste de la science et ferait la part trop belle à la valorisation économique. "L'Etat suit un raisonnement de court terme, martèle Isabelle This-Saint-Jean. Ce serait une grave erreur que d'abandonner une recherche fondamentale désintéressée." A demi-mot, certains pointent du doigt le CEA, qui ferait tout pour attirer à lui les jeunes thésards dont il a besoin, afin de négocier le grand virage des énergies alternatives au nucléaire. "Si nous sommes des forces de proposition, c'est au profit de l'intérêt collectif", se défend Yves Caristan, directeur du site de Saclay du CEA. 
Le point noir des transports
Sur un plan pratique, beaucoup s'interrogent sur les chances de succès de l'opération en l'absence d'un... réseau de transport adéquat. "Certains jours, des chercheurs internationaux de très haut niveau arrivent par le RER B, puis montent sur le plateau, leur valise à la main. Vous trouvez cela normal?" interroge Yves Caristan. Soit tout de même une "balade" de quinze minutes depuis la station Lozère et... 300 marches à gravir ! Pour améliorer la situation, les collectivités locales défendent de longue date le déploiement d'un réseau de bus en site propre (c'est-à-dire avec une voie réservée). Une solution insuffisante pour dissuader le recours massif à la voiture individuelle. 


Tous les espoirs se portent donc sur le fameux métro automatique à grande vitesse imaginé par l'ancien secrétaire d'Etat au Développement de la région capitale Christian Blanc, et repris à son compte par le président de la République. "On ne peut pas faire un campus moderne et être à plus d'une demi-heure du centre de Paris", a rappelé Nicolas Sarkozy lors de sa venue, en confirmant la réalisation de la boucle Versailles-Saclay-Massy du métro, la plus éloignée de la capitale. "C'est celle qui sautera la première !" pronostique Jean-Paul Huchon, président (PS) du conseil régional d'Ile-de-France. En cause : son coût (4,8 milliards d'euros pour 36 kilomètres) et la faiblesse estimée de son trafic (de 6 000 à 8 000 voyageurs seulement sur ce tronçon aux heures de pointe). Et quand bien même sa construction irait à son terme, l'inauguration ne pourrait intervenir avant... 2023. Soit de cinq à huit ans après l'arrivée des nouvelles écoles sur le plateau. 
Malgré tout, la petite équipe missionnée par l'Etat travaille d'arrache-pied. "La réussite du campus passe par son aménagement et le ménagement du territoire", indique joliment Pierre Veltz. Pour éviter les erreurs du passé, il faudra construire dense, mutualiser les espaces, mêler les fonctions universitaire, économique et urbaine, préserver l'environnement... Autrement dit, faire émerger un lieu de vie, avec des laboratoires, des entreprises, des facs, certes, mais aussi avec des bistrots et des terrasses. Un défi jamais relevé à cette échelle. C'est pour cette raison qu'il a été décidé d'y transférer la majeure partie de l'université Paris XI, avec ses 15 000 étudiants et ses 4 000 salariés. Un choix audacieux... et coûteux, puisque l'addition s'élève à plus de 1,1 milliard d'euros. 
On le voit : la feuille de route est redoutable. Mais l'enjeu est de taille. Diverses études ont montré que, mieux organisé et imbriqué avec le secteur privé, le potentiel scientifique et technologique rassemblé aujourd'hui à Saclay pourrait entraîner la création de dix fois plus d'emplois. Déjà, de nouvelles entreprises lorgnent du côté du plateau. EDF va y transférer sa direction de la recherche. Et Total finalise un projet d'implantation dans le domaine des cellules photovoltaïques à couches minces... A la Fondation de coopération scientifique, on espère susciter la création de 100 jeunes pousses par an à partir de 2015. 
Les collectivités locales ont claqué la porte
Reste que, pour boucler l'intégralité de l'opération, il faut réunir la bagatelle de 4,4 milliards d'euros. "Il en manque un, au bas mot", estime Guy Couarraze, président de Paris XI. Dans ces conditions, l'apport des collectivités locales (agglomérations, départements, région...) est indispensable. Or celles-ci, furieuses d'être considérées comme quantité négligeable, viennent de claquer la porte du conseil d'administration de l'Etablissement public. "Définir un schéma d'aménagement sans les élus qui se coltinent les habitants est tout simplement inimaginable, insiste François Lamy, député maire (PS) de Palaiseau (Essonne)." 
Si les collectivités locales finissaient par apporter, comme espéré, environ 400 millions d'euros, l'équilibre financier ne serait d'ailleurs toujours pas atteint. "Beaucoup d'écoles se bousculent au portillon, mais il va falloir faire des choix", reconnaît Pierre Veltz. Son espoir ? Engager suffisamment le mouvement pour créer une impulsion irréversible, afin de hisser le plateau parmi les 10 premiers campus du monde d'ici à 2020. Et imposer "Paris-Saclay" comme une marque mondiale, à l'image du MIT, d'Oxford ou de Stanford. Un sacré défi. 


1946 Le CNRS s'implante à Gif-sur-Yvette (Essonne). 
1952 Le CEA s'installe à Saclay (Essonne). 
1955 Premières implantations de la future université Paris XI en Essonne, à Orsay et à Bures-sur-Yvette. 
1964 HEC déménage à Jouy-en-Josas (Yvelines). 
1975 Supélec s'installe au Moulon (Essonne). 
1976 Polytechnique rejoint Palaiseau (Essonne). 
2010 Le plateau réunit 43 000 personnes, dont 9 200 chercheurs et enseignants, 4 000 doctorants et 17 500 étudiants. Soit 10% de la recherche française. 
2020 Le plateau devrait regrouper 68 000 personnes, dont 12 000 chercheurs et enseignants, et plus de 30 000 étudiants. Soit de 15 à 20% de la recherche française. 




Une défaite de l’État républicain


La délinquance en France est trois à cinq fois plus élevée que ne l’admet le ministère de l’Intérieur. Ce n’est pas un journal d’opposition qui fait le calcul, mais le très officiel Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, après une vaste enquête, au cours de laquelle plus de 16 500 personnes ont été interrogées, en liaison avec l’Insee. Pas moins de 4,7 millions de Français ont été victimes de vols, l’année dernière (7,5 % de la population !), et 1,2 million ont subi des violences physiques ou sexuelles. On est loin des chiffres brandis en début d’année (1,5 million de vols et 200 000 à 250 000 faits de violence) par Brice Hortefeux, qui se vantait à cette occasion d’une « baisse » de la délinquance ! Certes, tout le monde ne porte pas plainte, ce qui témoigne d’ailleurs d’un fatalisme trop souvent justifié. Mais ici, la distorsion dépasse tout ce que l’on imaginait. La validité des chiffres qui servent d’indicateurs au gouvernement est remise en cause dans sa globalité. Le même débat est ouvert depuis des années concernant les chiffres du chômage…


Plus d’un Français sur cinq se sent aujourd’hui en insécurité : la hausse est incessante depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant fait de ce thème l’un de ses grands chevaux de bataille, avec l’augmentation du pouvoir d’achat. Deux combats perdus jours après jour…


La défaite est d’abord celle de l’État républicain, de plus en plus directement visé dans ce qu’il représente : les policiers, les gendarmes les médecins, le personnel hospitalier, les arbitres de football, les pompiers, les inspecteurs du travail subissent une hausse régulière d’insultes, d’agressions, de blessures. Dernier incident en date : un policier a été volontairement percuté et grièvement blessé, vendredi, par un motard.


Avant son élection, Nicolas Sarkozy avait multiplié les défis aux voyous, sur la dalle d’Argenteuil contre la « racaille », à La Courneuve en brandissant le « Karcher ». Ces rodomontades n’ont eu aucun effet dissuasif, bien au contraire. Elles ne pouvaient d’ailleurs pas être mises en œuvre, puisque l’une des premières mesures de l’actuel chef de l’État a consisté à édicter le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, ce qui entraîne une baisse continue des effectifs de police. Malheureusement, il ne suffit pas d’injurier les délinquants pour leur faire peur.

La leçon afghane ?

Certes, il y a le langage diplomatique chargé de circonvolutions. Mais quand les Etats-Unis, leurs 27 alliés de l'Otan, plus les pays fournissant des contingents à l'ISAF au nom de l'ONU, annoncent le « retrait combattant » d'Afghanistan en 2014, c'est bien reconnaître l'échec d'une politique. Une politique militairement mal engagée avec des stratégies fluctuantes depuis 9 ans. Une politique qui semble avoir renforcé le terrorisme islamiste sur fond de corruption généralisée trop longtemps tolérée. Sans oublier l'argent de la drogue avec ces champs de pavot cultivés au vu et au sus des forces internationales.
Que l'Otan, maître d'œuvre en Afghanistan sous égide américaine, ait fait cette déclaration en conclusion du sommet de Lisbonne marque un changement de cap. L'Alliance abandonne progressivement son rôle de « gendarme du monde » autoproclamé. Le rapprochement avec la Russie dans une vraie coopération sur la question du bouclier antimissile signe aussi -côté occidental- la fin de l'esprit de la guerre froide qui a encore longtemps régné dans les états-majors, surtout outre-Atlantique. La ratification par Washington du nouveau traité START sur la réduction des vecteurs nucléaires américains et russes devrait concrétiser cette nouvelle ère. Mais il est vrai que, Barack Obama ayant perdu la majorité au Congrès, cette ratification s'inscrit désormais au chapitre de la politique intérieure américaine...
Malheureusement, le monde n'est pas devenu plus sûr pour autant. Le projet de bouclier antimissile qui n'englobe plus une éventuelle menace russe (selon l'arrière-pensée de George W. Bush) gagne toute légitimité face à des Etats affichant ouvertement leur agressivité : Nicolas Sarkozy a cité l'Iran. Et il y a toujours le terrorisme. L'Afghanistan a appris que les chars, les drones et les bombes ne l'éradiquent pas.
La nouvelle stratégie de l'Alliance atlantique sera plus fine, avec moins de gros bataillons et moins d'états-majors (au grand dam des galonnés et étoilés). Elle veut aussi se concentrer sur les cyberattaques avec, d'une certaine façon, Internet et ses « messages » pour champ de manœuvres. Tout en gardant le « credo » à l'origine de l'Otan : une agression contre un membre de l'Alliance est une agression contre tous.
Il est vrai que la crise économique avec ses coupes drastiques dans les budgets militaires est aussi passée par là...


Soupçons


C’est un soupçon qui s’insinue dans la République, que des Français sont morts à Karachi en mai 2002 par la faute de nos gouvernants, victimes d’une corruption qui aurait mal tourné. Il n’y a rien de pire que le soupçon, quand il transforme sans preuve des politiques en criminels malgré eux, quand il arrache le cœur des enfants des victimes (1), stupéfaits de ne trouver que l’évitement ou la lâcheté.

Vendredi, Michel Mercier, néo-garde des Sceaux et prétexte centriste, a apporté sa contribution à l’écœurement. Il n’interviendrait jamais dans une instruction judiciaire, bredouillait-il sur Europe 1, interrogé sur les demandes de levée du secret-défense réclamées par les familles des victimes. Ce formalisme masquait deux mensonges. 1. Le secret-défense, opposé aux enquêteurs de l’affaire de Karachi, ne dépend que de la volonté politique pour être modulé. 2. Le juge Van Ruymbeke, qui enquête sur d’éventuelles corruptions, y compris politiques, dans le contrat d’armement pakistanais, mène une instruction en sursis, sous la menace d’un appel du parquet. En refusant d’ordonner au parquet, dont il est le supérieur, de laisser Van Ruymbeke opérer, en refusant de souhaiter la levée du secret-défense, le ministre Mercier participe à l’étouffement. Ponce Pilate rembourse sa nomination.

Soyons précis. On ne sait pas si de l’argent opaque, né du contrat pakistanais, a nourri la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le premier lieutenant ; on ne sait pas si Jacques Chirac et Dominique de Villepin, en asséchant après leur victoire les intermédiaires de ce contrat (par vertu ou par revanche politicienne), ont provoqué un attentat. On sait simplement que les enquêtes – sur la corruption possible, et sur ses conséquences – butent sur un Etat cadenassé. Paradoxe : les secrets et les dénégations n’empêchent pas des protagonistes d’accuser et leurs accusations de fuiter. Les piteuses défenses de l’Etat renforcent la vertu de quelques journalistes (2) et la rage des victimes, et forgeront peut-être la conviction populaire: tant de précautions doivent bien cacher quelque chose. Le pire?

C’est une affaire du sarkozysme, peut-être, que le Président a eu tort de qualifier un jour de "fable", même de bonne foi. La fable vit et le soupçon s’impose, faute d’enquête sans entrave. C’est une affaire française, nouvelle illustration de notre débilité démocratique. La France est un pays où l’Etat vend ou fait vendre des armes et s’en est sali les mains ; où le gouvernement contrôle une partie de la justice ; où les politiques entretiennent une conception hautaine d’un Etat hors de tout contrôle ; où un même pouvoir peut être à la source d’un scandale et superviser sa résolution. L’anomalie française n’est pas née de Nicolas Sarkozy. Mais par contraste, on se souvient qu’il portait l’espoir d’une république libérée. Fatalité ? Il ne reste, parfois, que le poison des doutes.
1. On nous appelle “les Karachi”, Magali Drouet et Sandrine Leclerc, Fleuve noir.
2. Le Contrat, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, Stock.

Quel est le propre de l'homme ?




<div class="alt"><a href="http://www.universcience.tv/media/1933/le-propre-de-l-homme.html" target="_blank" title="Le propre de l&#39;homme">Le propre de l'homme <img alt="Le propre de l&#39;homme" border="0" src="https://lh3.googleusercontent.com/blogger_img_proxy/AEn0k_vsAcyimwhqYzC4ICAqAZG-MDONRTuTZJ1rSO9qI6DcrPb1LdXhbFeEYeHGdFzCRPeixulDLO9Z6SCNz5J6YrlvAKYBC7rn58Ad2scfTiW6J29GUV1JYRnD_GIw6AMDiCu_hozA8Iczpo7jqtyxE1JzMFo6Vg=s0-d"></a> <p>Pour Rabelais, le propre de l'homme c'est le rire ! Et pour le paléoanthropologue Pascal Picq, serait-ce l'amour, la guerre, l'outil, le langage, la morale ou la bipédie ? Petit cours d'éthologie au tableau blanc pour relativiser notre place dans l'évolution.</p><p>&#160;</p><p>Précédents épisodes de la série <em>Pascal Picq au tableau ! </em>dans MENU / Vidéos de la série.</p><p>&#160;</p><p>Réalisation : Roland Cros</p><p>&#160;</p><p>Production : Universcience 2010</p></div>

La France taxe-t-elle vraiment trop le travail?

Le poids des cotisations sociales supportées par les entreprises françaises est régulièrement pointé du doigt par le patronat comme facteur de moindre compétitivité vis-à-vis de nos principaux partenaires commerciaux. De fait, la France est le pays développé qui taxe le plus le travail, selon une étude réalisée par PwC en partenariat avec la Banque mondiale et la SFI. Mais l'attractivité fiscale d'un pays ne se résume pas seulement au taux global d'imposition.

 En France, le travail est taxé à 51,7%
C'est le taux d'imposition du travail (cotisations sociales supportées par les employeurs) le plus élevé de l'ensemble du classement réalisé par PwC en partenariat avec la Banque mondiale et la SFI, qui porte sur 183 pays. Grâce à un faible taux d'impôt sur les bénéfices (8,2%) et autres impôts (5,9%), la France n'est cependant pas dernière mais 163e sur le critère du taux d'imposition, avec 65,8%. Celui-ci ne résume cependant pas à lui seul l'attractivité fiscale d'un pays. Peu d'impôts à payer et temps passé en obligations déclaratives réduit : la France se classe respectivement 9e et 36e sur ces deux critères. Au final, la France a gagné quatre places par rapport à l'année passée et pointe à la 55e place du classement "Paying taxes 2011".

samedi 20 novembre 2010

Maître chanteur

En se disant « spécialement inquiet » pour les otages enlevés au Mali, mardi soir, le président Sarkozy a anticipé les mauvaises nouvelles tombées hier. Contrairement à d’autres dossiers, qui ont pu, ou pourront, se régler par des contacts plus ou moins directs avec les ravisseurs, et dans lesquels l’argent peut — notoirement — jouer un rôle décisif, les terroristes qui détiennent nos compatriotes dans la région du Sahel ont placé leurs victimes au cœur d’un chantage qui touche à la politique mondiale.

En liant la libération des prisonniers au retrait des troupes françaises d’Afghanistan, ce ne sont pas seulement l’image ou le prestige de la France, ni même des intérêts économiques, qui sont attaqués, mais des options cruciales de sa politique extérieure et de sécurité : sa participation à la mise en œuvre d’un mandat des Nations unies (contrairement à la guerre en Irak, que Paris avait refusée), sa solidarité avec ses partenaires de l’Alliance atlantique, son choix — peut-être naïf — de croire aux chances de faire émerger en Afghanistan une société libérée de l’obscurantisme des talibans. Aucune de ces options n’est indiscutable. Certaines sont d’ailleurs contestées chez nous, tout comme aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni. Mais ces critiques se situent dans le cadre d’un débat démocratique, médiatique et public.

Avec leur message-chantage, les preneurs d’otages du Sahel nous ramènent sur le terrain de la vraie guerre, dans toute sa dureté, où les vies humaines n’ont guère de valeur, dans tous les camps d’ailleurs. Le pessimisme est donc justifié, en effet. À moins qu’un art du contact ultrasecret ne réussisse à conserver une place derrière les menaces et les outrances. On a parfois vu, dans l’histoire, des liaisons étonnantes s’établir dans l’ombre de confrontations sanglantes, et n’être révélées que des années après les faits.

Mais pour que de tels échanges aboutissent, il aurait fallu que les sbires de Ben Laden au Maghreb, qui le mettent en scène comme maître chanteur, donnent son adresse. Elle est très recherchée.

Au sommet de l'OTAN, Sarkozy désigne l'Iran comme principale menace de l'Alliance

"La menace, c'est L'Iran", a déclaré, samedi 20 novembre, à Lisbonne, le président Nicolas Sarkozy. A l'issue du sommet que l'OTAN tenait dans la capitale portugaise, le président français a clairement désigné Téhéran comme le pays qui menace le plus les pays de l'Alliance et a justifié de ce fait le projet de bouclier antimissile de l'Alliance, approuvé la veille. Le texte adopté vendredi ne mentionnait aucune menace précise, pour satisfaire notamment la Turquie, qui refusait toute allusion à l'Iran ou au Moyen-Orient.

"Si, un jour, un tir de missile survenait, il serait souhaitable qu'on puisse l'intercepter", a indiqué le président. Selon lui, le projet de l'OTANcorrespond à ce que souhaitait Paris : il ne sera pas unilatéral, pas coûteux, pas hostile à la Russie, au contraire.
"TRAVAILLER AVEC LA RUSSIE"
Samedi après-midi, un Conseil OTAN-Russie devait évoquer la participation éventuelle de Moscou à ce projet, à l'égard duquel elle formule toujours une série de critiques et d'exigences. Les pronostics étaient que le président Dmitri Medvedev pourrait accepter le lancement d'une étude conjointe sur le dossier. Pour M. Sarkozy, il importe de "travailler avec la Russie, dans le cadre d'une nouvelle relation apaisée et confiante".
Le président a répété par ailleurs que l'approbation par Paris du projet de bouclier ne changerait rien au maintien de la dissuasion nucléaire française, ni à ses propres projets militaires. Elle compte d'ailleurs disposer d'ici à 2020 d'un satellite national d'alerte précoce qui pourra être "articulé" avec le système antimissile de l'OTAN.
Quant au coût estimé du projet, compris dans une fourchette – large – de 80 à 150 millions d'euros, il n'assèchera pas les budgets européens de la défense, assure le président. Et la France maintiendra ses budgets militaires : "377 milliards sur 10 ans".

Le France sera de retour sur les mers du monde

Comme son prédécesseur, il a été conçu par les ingénieurs des bureaux d’études des chantiers de Saint-Nazaire. Plus fin et bien plus élégant que la plupart des énormes « villes flottantes » construites ces dernières années par les tour-opérateurs et les grands armateurs, le nouveau France est prévu pour accueillir 600 passagers seulement, à l’occasion de croisières luxueuses. Selon ses concepteurs, il aura pour point commun avec l’ancien « de porter haut les couleurs de l’exception culturelle française sur toutes les mers du monde ». Ses cheminées ressemblent d’ailleurs à celles de son aîné. « Nous les avons élargies et agrandies pour qu’elles deviennent des lieux de vie et accueillent les cabines », explique Didier Spade, à l’origine du projet « Le nouveau paquebot France ».

Une palmeraie de 1.500 m2 et une succession de ponts descendants vers la mer en feront un navire différent de tous les autres. 500.000 € viennent d’être levés pour assurer la dernière phase de conception du navire. Toujours confiée aux ingénieurs de Saint-Nazaire, elle porte sur les aménagements intérieurs, la répartition des espaces (le zoning). « On essaie de rendre le bateau le plus intelligent possible », indique Didier Spade. Coût total du prochain fleuron de la marine française : 300 millions d’euros.

Les magasins déjà prêts pour Noël





L’Otan s’accorde sur un bouclier antimissile



Sarkozy agacé par le président roumain



Les pistolets low cost se vendent comme des petits pains

Face au durcissement des lois sur le port d'armes, le trafic des pistolets d'alarme modifiés connaît un essor en Europe. Bon marché et impossibles à tracer, ils sont de plus en plus utilisées par les criminels. 

A dix ans Massimo Tanfoglio emballait déjà des pistolets dans l’usine de son père. Aujourd’hui, à 57 ans, il est le directeur de l’usine d’armes Fratelli Tanfoglio, à Gardone Val Trompia, dans le nord de l’Italie.
En parcourant les rues de la petite ville, on voit partout des petites usines d’armement et des enseignes sur lesquelles figurent les mots armi, fucili, cartucce ou guns. Gardone (12 000 habitants) vit déjà depuis 500 ans de l’industrie de l’armement grâce à l’association du minerai de fer, du bois et de l’énergie hydroélectrique de ses montagnes. Elle compte environ 80 entreprises, des petits ateliers familiaux de fabrication de fusils de chasse jusqu'au célèbre Beretta.
Les pistolets de Tanfoglio, appréciés par les amateurs de tir sportif, sont devenus une référence auprès des experts en armement. Ces dernières années, entre 1 500 et 2 000 pistolets Tanfoglio du modèle GT 28 ont été utilisés pour commettre des délits aux Pays-Bas. Il s’agit d’un pistolet d’alarme bon marché qui a été transformé en arme à feu dans des ateliers clandestins du nord du Portugal.

Un marché en plein essor

Plusieurs fusillades mortelles récentes [aux Pays-Bas] soulèvent la question de la facilité de se procurer des pistolets et de leur provenance. Le succès des pistolets à gaz ou pistolets d’alarme est frappant dans toute l’Europe. Ils ont un grand nombre d’avantages pour un criminel : il sont bon marché, en vente libre dans de nombreux pays, et leur transformation est assez simple. N’étant pas enregistrés, la police a du mal à en établir la traçabilité. Plus la loi devient sévère, plus on se tourne vers des armes qui n’ont pas besoin d’être enregistrées.
Massimo Tanfoglio sait bien que des criminels font un mauvais usage de son pistolet d’alarme à bas prix (100 euros). D’après la police néerlandaise, sa transformation est un jeu d’enfant : un fraiseur suffisamment adroit parvient à percer le bouchon placé au bout du canon et à le remplacer. "Les polices française et allemande m’ont posé des questions sur notre pistolet d’alarme", raconte Tanfoglio.
Pour ne pas ternir d’avantage sa réputation, il dit avoir retiré le GT 28 de la production. Par l’intermédiaire de son importateur portugais, les pistolets d’alarme de Tanfoglio partaient en toute légalité au Portugal. Mais c’est là que commençait la zone d’ombre. Ils étaient modifiés dans de petits ateliers clandestins près de Valença do Minho, au bord de la rivière qui marque la frontière avec l’Espagne.
En 2005, la police portugaise a mis fin à l’activité de ces ateliers, et en 2006, la loi sur les armes a été renforcée. Les armes d’alarme et à gaz sont désormais interdites au Portugal. Mais ce n’est pas encore le cas de son voisin, l’Espagne.
En octobre 2008, la police de Séville a arrêté une bande qui faisait modifier les armes au Portugal et les réimportait clandestinement. En argot espagnol, ces armes trafiquées s’appellent toujours des "portuguesas".

80 euros pour transformer son arme sur Internet

Des armes sont également modifiées en Espagne. Ainsi, la police de la région de Murcie est récemment intervenue contre une bande qui avait un atelier dans le sud du pays. Selon Alfredo Perdiguer, du syndicat de police espagnol, les offres de transformation sur l’Internet sont légion. Et cela à partir de 80 euros.
Alors que la source Tanfoglio semble tarie, de nouvelles voies détournées se présentent aux trafiquants : ainsi la police suédoise a confisqué récemment un lot considérable de pistolets à gaz de fabrication turque qui avaient été modifiés au Kosovo. Dans certains cafés de Pristina, des trafiquants demandent 80 euros pour des armes qui tiennent dans la paume de la main.
Les ventes d’armes turques connaissent une forte expansion. Par exemple, l’Ekol Tuna, fabriqué à Istanbul par Ekol Voltran, ressemble à s’y méprendre au Tanfoglio GT 28, dont la forme n’est pas brevetée, contrairement à la partie technique.

La Turquie, l'un des trois principaux fournisseurs d'armes en Europe

La police néerlandaise soupçonne Tanfoglio d’avoir vendu une licence et peut-être aussi de l’outillage aux Turcs, ce que Massimo Tanfoglio nie avec force. Les Italiens voient avec défiance l’essor du commerce des armes en Turquie. Au grand dam des habitants de Gardone, les Turcs ont même racheté l’usine de la respectable famille Bernardelli, en conservant son nom prestigieux.
La Turquie constitue désormais, avec l’Allemagne et l’Italie, l’un des trois principaux fournisseurs d’armes en Europe. Crise ou pas, 2009 a été une année record pour les vendeurs d’armes turques : les exportations ont augmenté de 16%. Ekol Voltran gagne chaque année entre 1,3 et 3 millions d’euros dans ce commerce et vit en grande partie de la vente de pistolets à air comprimé et de pistolets d’alarme.

La vente d'arme de poing interdite mais la criminalité augmente

Le responsable des exportations d’Ekol Voltran, Mesut Cakici, est un instant pris de court en voyant les photos du Tanfoglio et de l’Ekol Tuna modifiés. Comment explique-t-il la similitude frappante entre son pistolet et celui des Italiens ? Il admet sans sourciller que l’Ekol Tuna est une copie parfaite. "Tout le monde sait que nous vendons une copie. C’est ce que les clients demandent".
Le Beretta, le Browning, tous les modèles célèbres de pistolets sont imités dans les usines des concurrents. Le brevet tombe au bout de 25 ans et on peut alors faire ce que l’on veut. Cakici sait-il également que l’on rencontre son Ekol Tuna aux Pays-Bas, transformé en arme réelle ? "Je mentirais si je disais que je n’ai jamais entendu parler de ces pratiques".
En Europe, chaque arme fabriquée ou importée doit être testée et approuvée par un banc d’essai de l’Etat. La Turquie n’a pas de banc d’essai ; la seule obligation à laquelle Cakici est soumis est de transmettre les numéros de série de ses pistolets deux fois par mois à la police turque.
"Pour les Turcs, c’est facile", commente Massimo Tanfoglio. "L’Union européenne nous impose de plus en plus de règles. Toutes les autorisations sont contrôlées par la police et chaque fusil quitte le pays avec sa propre carte d’identité. Mais les criminels s’en fichent. Il suffit de regarder le Royaume-Uni : depuis 1998, la vente d’armes de poing y est complètement interdite, mais la criminalité n’a fait qu’augmenter !"
La boucle est bouclée : le combat de la République de Venise contre les Turcs a été à l’origine du développement de l’industrie des armes de Gardone il y a 500 ans. Et aujorud'hui, les habitants de la petite ville sont battus par les Turcs avec leurs propres armes.

L’Ouest se meurt, l’Est de l’Europe est orphelin

Le sommet de l’Alliance atlantique qui se tient à Lisbonne les 19 et 20 novembre marque la montée de l’influence russe, regrette un éditorialiste roumain, pour lequel le lien entre l’Est de l’Europe et Washington reste essentiel. 

 Bonjour et bienvenue au XIXe siècle ! A partir d'aujourd'hui, le premier jour du sommet "historique" de l'OTAN à Lisbonne, nous sommes dans une autre réalité et une autre époque géopolitique. Le sommet est "historique", mais il l'est pour d'autres raisons que celles évoquées par les officiels de l'OTAN et les dirigeants politiques.
Il ne s'agit pas de l'inauguration d'une nouvelle Alliance, plus efficace, plus souple – comme cela est écrit dans les documents de promotion de l'événement – mais bien de la reconnaissance officielle du décès de "l'Occident" en tant que concept stratégique et militaire, et de la transformation de l'OTAN en un club politique UE-Russie, avec la participation extraordinaire des Etats-Unis.

L'Afghanistan a creusé le fossé entre les Etats-Unis et leurs alliés

D'une certaine manière, c'était inévitable. La disparition de l'Union soviétique, l'ennemi de la guerre froide, a fait de l'OTAN la victime de son propre succès. Les guerres des Balkans ont révélé la faiblesse militaire de l'Europe, et la guerre en Afghanistan a creusé le fossé entre les Etats-Unis et leurs alliés européens.
L’impuissance de ces derniers à contribuer de manière significative à la victoire contre les talibans, et ultérieurement à la stabilisation du pays, ou le fait que certains alliés se soient montrés incapables de s'engager dans la bataille, alors que d'autres subissaient la majeure partie des pertes, ont contribué à l'effritement de l'Alliance. 
Pour certains commentateurs le fait que l'OTAN meure au même lieu que l'Union soviétique, en Afghanistan constitue une ironie de l'histoire. Mais l'Irak a constitué le premier vrai moment de crise au sein de l'Occident. 

Retour aux sphères d'influence du XIXe siècle

 Et il y a aussi le "problème" de la Russie. L'arrivée au Kremlin de Vladimir Poutine et de son équipe d'anciens officiers de la KGB a anéanti les maigres progrès en terme de démocratie et d'Etat de droit faits au temps d'Eltsine. Malgré tout, les pays occidentaux ont fermé les yeux devant les abus et la fermeture de la société russe en échange de l'accès au gaz et aux matières premières bon marché.
Le résultat s'est traduit par une déchirure encore plus forte entre les Alliés qui se sont rencontrés au sommet de Bucarest [en 2008], où Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont défendu corps et âme le statu quo, rejetant le Plan d'Action pour l'Adhésion (MAP) de l'Ukraine et de la Georgie, et reconnaissant implicitement le droit de véto de Moscou dans les affaires de l'OTAN. En conséquence, la Géorgie a été envahie quelques mois plus tard et nous sommes revenus de facto à la politique des sphères d'influence du XIXe siècle, celle du "concert européen" étouffé dans le massacre de la Première Guerre mondiale.
Le nouvel ordre va être officialisé demain, par l'invitation adressée à la Russie de se joindre au bouclier anti-missile. Une étude publiée récemment par l'European Council on foreign relations parle déjà d'une nouvelle architecture de sécurité européenne réalisée dans le cadre d'un dialogue trilatéral UE-Russie-Turquie. L'OTAN n'entre pas dans l'équation.

Merkel a fait des promesses sans consulter ses partenaires

Mais l'UE ne signifie pas vraiment l'Europe des Vingt-Sept. Merkel a fait des promesses à Medvedev concernant la politique européenne sans consulter ses partenaires, et il n'est pas sans importance symbolique que le président russe ait d'abord décliné l'invitation du secrétaire général de l'OTAN de venir à Lisbonne, avant d'accepter celle du couple Sarkozy-Merkel.
Bien sûr, les Américains ne vont pas disparaître de la région, parce qu'ils doivent défendre leurs intérêts au Moyen-Orient et s'occuper du bouclier antimissile. Même si l'administration Obama a fait table rase du passé et que la Maison-Blanche est prête à accorder à la Russie la présomption d'innocence, le renforcement de l'alliance avec les Etats-Unis reste la meilleure option de sécurité devant l'axe Paris-Berlin-Moscou.
Ça serait une ironie de l'histoire de voir qu'après nous être débarrassés des troupes russes du temps du communisme, les militaires russes reviennent sur le territoire roumain en tant que "conseillers" pour l'installation du bouclier auquel ils sont invités à participer.

Justice pour la justice

Au fond, c'est un très noble débat, à la fois intellectuel et politique. C'est aussi une question de conscience pour une démocratie. Et elle est posée à notre classe politique toute entière. L'avenir de la justice française mérite mieux, beaucoup mieux, que des effets de manche et elle doit à tout prix échapper aux procès en sorcellerie. Elle ne peut guère, en effet, s'offrir cette fantaisie. L'heure a sonné depuis longtemps.
Le gouvernement le sait. En entrant à l'Élysée en 2007, puis en 2008, Nicolas Sarkozy a eu la clairvoyance de faire de son ambition pour le monde judiciaire une priorité budgétaire en dotant la chancellerie d'une sensible augmentation de ses crédits. Une option qui a même résisté à la crise et au tour de vis de Bercy.
L'effort, incontestable, n'a pas suffit. Le livre blanc rédigé par les syndicats de magistrats met au jour des carences, à peine croyables parfois, indignes en tout cas d'une grande nation développée. Aujourd'hui, les juges ne cachent plus leur désarroi devant les manques de moyens de plus en plus caricaturaux qui ralentissent décisions et procédures. Parfois même, le droit n'est plus le maître du système. L'argent - ou plutôt, le manque d'argent - si...
Comment, dans de telles conditions, imaginer des réformes de progrès ? Comment transformer enfin l'émotion, saine, provoquée par le naufrage d'Outreau en un sursaut national ? L'impuissance de l'État à changer la donne est désespérante et porte en elle un germe dangereux pour notre citoyenneté. Il ne reste plus que des intentions, accueillies par le doute. Et la bienveillance du pouvoir. Personne ne doute de celle du nouveau garde des Sceaux, Michel Mercier, un centriste presque trop tranquille qui voudrait incarner la sérénité de l'institution devant les défis qu'il doit affronter. Au-delà de ses qualités humaines, le personnage aura-t-il l'envergure suffisante pour porter des missions aussi écrasantes.
Imposée par l'Europe, la réforme de la garde à vue s'annonce comme une épreuve d'obstacles jalonnant l'éternel affrontement entre sécurité et liberté. Quant à l'introduction des jurés en correctionnelle et auprès des juges des libertés, elle porte en elle une charge ambivalente. D'un côté, elle veut rapprocher le peuple de sa justice - un souhait exprimé par une large majorité de la société, mais qui est plus instinctif que rationnel : la réforme est pratiquement irréalisable en période de crise. De l'autre, elle conforte la méfiance envers un monde judiciaire soupçonné - le plus souvent à tort - d'être coupé des réalités avec l'éternelle mise en examen de son laxisme supposé. Si on veut réconcilier la justice avec les Français, il faudra commencer par être juste avec elle, et lui accorder un minimum de confiance.


SÉGOCRATIE




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vendredi 19 novembre 2010

Strauss-Kahn : l'UE doit adopter une stratégie de croissance commune

Pour résoudre le "grave problème de croissance" actuel au sein de l'Union européenne, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a préconisé, vendredi 19 novembre, l'adoption d'une "stratégie commune" et de mettre fin à une "coopération [qui] avance trop lentement" au sein de l'Union européenne.
"Comme nous nous inquiétons des déséquilibres mondiaux, nous devrions également nous inquiéter des déséquilibres au sein de la zone euro", a-t-il déclaré vendredi, en marge de la conférence des banques centrales de Francfort. Ce rendez-vous, organisé pour la sixième fois par la Banque centrale européenne, réunit cette fois-ci le gratin de la finance mondiale pour tirer les leçons de la crise économique.
HARMONISER LE MARCHÉ EUROPÉEN DU TRAVAIL
Dominique Strauss-Kahn a pris comme exemple le marché européen du travail, estimant que des réformes nécessaires pourraient être accélérées en harmonisant les législations au sein de la zone euro. "La zone euro ne peut atteindre son véritable potentiel avec un patchwork déroutant de marchés du travail segmentés", a-t-il expliqué. "Il est temps de mettre sur un pied d'égalité les travailleurs européens, notamment en ce qui concerne la taxation de la main-d'œuvre, les systèmes de prestations sociales et de portabilité et les législations sur la protection de l'emploi."
Dominique Strauss-Kahn a également évoqué la question de l'immigration et l'appel de travailleurs étrangers pour combler les besoins en main-d'œuvre : "La croissance à long terme pourrait bénéficier d'une approche moins restrictive concernant l'immigration. (…) Cela a du sens d'avoir recours à l'immigration pour gérer des problèmes de qualification comme cela s'est fait en Amérique du Nord."
RÉFORMER DAVANTAGE LE SECTEUR FINANCIER

Le directeur du FMI a enfin cité la "lenteur de la réparation du secteur financier", ainsi que la nécessaire diversification des sources de croissance des Etats, évoquant notamment la nécessité pour l'Allemagne d'accroître sa demande intérieure. "Les déficits des comptes courants dans certains pays européens vont devoir être réduits, et dans le même temps dans d'autres pays, tels que l'Allemagne la croissance devra être davantage alimentée en interne", a-t-il ajouté.
Les déclarations de Dominique Strauss-Kahn font écho à la "profonde inquiétude" exprimée par le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, concernant la durée de la crise, les menaces sur la stabilité de la zone euro et la manière dont les pays gèrent ensemble leurs problèmes économiques et budgétaires.
Jean-Claude Trichet, qui a appelé jeudi lors du congrès de Francfort à un "changement conséquent" du mode de gouvernance européen, avait déjà estimé il y a deux semaines que les réformes proposées par les Etats pour renforcer la discipline budgétaire dans l'Union n'allaient "pas assez loin", au vu "du bond en avant" nécessaire. La BCE redoute notamment l'absence de contrôles et de sanctions automatiques pour les Etats en cas de non-respect des règles budgétaires et d'endettement en zone euro.

Devedjian contre Sarkozy père et fils

Dans un entretien au Monde, Patrick Devedjian raconte ce qu'il appelle "la véritable histoire" de sa défaite à la présidence de l'UMP des Hauts-de-Seine.
L'ex-ministre de la relance a été battu, le 15 novembre, par 319 voix contre 180 par Jean-Jacques Guillet, maire UMP de Chaville. De son récit, il ressort que Nicolas Sarkozy serait intervenu par téléphone auprès de plusieurs élus du département en faveur de M. Guillet. "Le 15 octobre, j'ai été convoqué de toute urgence par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Il m'a dit que j'aurais bientôt 'une surprise'".
M. Devedjian met en cause le cabinet du chef de l'Etat et des responsables nationaux de l'UMP qui ont, selon lui, donné des "consignes" en faveur de M. Guillet. "J'ai appris qu'Olivier Biancarelli, attaché parlementaire de l'Elysée, et Eric Cesari, directeur général de l'UMP, téléphonaient aux principaux responsables politiques des Hauts-de-Seine pour leur dire de voter pour Jean-Jacques Guillet", déclare-t-il.
Le président du conseil général des Hauts-de-Seine rapporte le témoignage d'un élu UMP de Colombes auprès de qui Jean Sarkozy aurait exercé des "pressions" pour les dissuader de voter en sa faveur. Candidat à sa propre réélection en mars 2011, à la tête de l'assemblée départementale, M. Devedjian confie : "Je ne doute pas que pour me faire battre à la présidence du conseil général, ils utiliseront la même méthode qu'aujourd'hui."

DEVEDJIAN, PAUVRE INCOMPÉTENT, IL N'A JAMAIS BRILLÉ, NI DANS LES SALONS, NI DANS SES PRISES DE POSITIONS. 
CE N'EST QUE JUSTICE DE LE VOIR ÉCARTÉ DE TOUT MANDAT. 
IL NE LUI RESTE QUE SES PETITS PAPIERS...D'ARMÉNIE.

Martine Aubry en panne

Aveuglée par une forme aiguë de délire anti-sarkozyste, le PS s’était installé ces dernières semaines sur un petit nuage rose. Le président de la République malmené par le malaise social provoqué par la réforme des retraites, le PS espérait bien capitaliser sur le soutien et la participation de ses ténors à toutes les manifestations.


Martine Aubry et Ségolène Royal s’en donnèrent à cœur joie. La préparation du programme sur l’égalité réelle imprudemment confiée par la première secrétaire à son porte-parole Benoît Hamon allait déboucher sur le tome 2 du fameux « Changer la vie » de François Mitterrand en 1981 et la désignation du futur adversaire socialiste de M. Sarkozy à l’élection présidentielle pouvait prendre son temps. Un rêve passait sur la rue de Solferino.
Malheureusement pour Martine Aubry, les nuages noirs n’ont pas tardé. La réforme des retraites a été promulguée et la majorité des Français la croient irréversible, même en cas de défaite de la droite en 2012. Le catalogue signé Hamon ressemble plus à la hotte du Père Noël qu’à un programme de gouvernement crédible. Multiplier les crèches, rendre les étudiants autonomes financièrement, résoudre la crise du logement, abaisser les loyers, augmenter les salaires, faire payer les riches : cela ressemble davantage à l’économie de Marchais qu’à l’économie de marché en crise mondiale.
La sanction par les sondages a été brutale : la dernière enquête Harris interactive ne donne que 20 % des voix à Mme Aubry au premier tour au moment où le président de la République était au sommet de l’impopularité.


Dans ces conditions et face au dispositif de combat mis en ordre par l’Elysée ces derniers jours, le PS peut-il attendre l’automne 2011, soit encore douze mois pour connaître son candidat ? Ce calendrier acadabrantesque avait pour objectif affiché de permettre à Dominique Strauss-Kahn de finir son mandat au FMI et pour objectif caché de permettre à Martine Aubry de s’imposer comme la candidate incontournable.


C’est tout le contraire, et DSK, reçu en grande pompe à l’Elysée par le président de la République, progresse lentement mais sûrement.

SI MON ÂNE SE PRÉSENTAIT, IL AURAIT PLUS DE CHANCE QUE MARTINE AUBRY D'ACCÉDER À LA PRÉSIDENCE DE NOTRE RÉPUBLIQUE; C'EST DIRE !!!