TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 19 mai 2009

IL L'A POURTANT DIT

« C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France . Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et les Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherez-vous de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées. »

CHARLES DE GAULLE

La France qui ne défile pas

Historique! Avant même les rituelles processions du 1er Mai, les grands mots étaient de sortie. Historique, l'union des huit centrales syndicales qui n'étaient jamais parvenues à défiler toutes ensemble depuis le début de leur histoire. Historiques, les retrouvailles de Martine Aubry et de Ségolène Royal qui, pour les besoins de la cause, avaient annoncé leur intention de cheminer bras dessus, bras dessous, comme deux amies qu'elles n'ont jamais été. Et historique aussi, cela va de soi, la mobilisation espérée...

Historiques, les slogans scandés par les cortèges promettaient quant à eux de l'être beaucoup moins. «Le maintien de l'emploi», qui pourrait être contre ? «L'amélioration du pouvoir d'achat», qui n'en rêverait ? Mais en quoi les défilés de ce vendredi, après tant d'autres, contribueront-ils si peu que ce soit à la lutte contre le chômage ? En quoi permettront-ils d'améliorer, fût-ce d'un euro, le sort de tous ceux que la crise frappe de plein fouet ? Sarkozy est sommé de «changer de cap»? Mais, au juste, qu'attend-on de lui ? Qu'il distribue l'argent que l'Etat n'a plus depuis longtemps ? Qu'il ponctionne davantage encore les entreprises, seules à même de créer l'activité et les emplois de demain ?

Slogan pour slogan, on aurait rêvé de banderoles enfin révolutionnaires, de calicots qui proclament pour une fois quelques rudes vérités : «La crise est mondiale, la bataille pour les coûts salariaux aussi!»; «Les autres travaillent plus que nous!»; «Les salariés du public ne sont pas les plus malheureux!»; «Les chèques d'aujourd'hui sont la dette de demain!»... Voilà qui, pour le coup, eût été véritablement historique. Allons !, le grand soir des illusions nationales devra encore attendre un peu...

Historique serait aussi, paraît-il, le désamour qui, deux ans après son élection, frappe Nicolas Sarkozy. On comprend que certains soient désireux de célébrer à leur manière l'anniversaire de ce 6 mai 2007 fatal à leurs espérances politiques, mais, là encore, il faudrait revenir à la réalité.

Comme tous les dirigeants de la planète, Nicolas Sarkozy - notre baromètre en témoigne (lire page24)- voit sa popularité durement affectée par la crise : il est plus touché que Merkel ou Berlusconi, moins que Brown ou Zapatero. Mais sa cote de confiance reste nettement plus élevée que celle de François Mitterrand à la fin des années Mauroy, ou que celle de Jacques Chirac à l'époque des grandes grèves contre Alain Juppé. Un récent sondage dont on a moins parlé (réalisé pour le quotidien Sud Ouest) indique même que si l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, Sarkozy obtiendrait au premier tour, à trois points près, le score qui fut le sien le 22 avril 2007 ! Pas si mal, pour un président confronté à la plus grave crise que la France ait connue depuis 1929 !

Vous avez dit historique? En dépit de tout, des légitimes inquiétudes et des inévitables déceptions, des polémiques médiatiques et des couacs à l'Assemblée, des prophéties de ces marchands d'apocalypse qui devinent derrière chaque cortège l'ombre de la Révolution, et des bons conseils de ces drôles d'amis qui clament la nécessité d'augmenter les impôts, le socle électoral du sarkozysme, pour l'heure, n'a pas lâché ! La France «qui ne défile pas» doute parfois, mais elle ne l'a pas abandonné.

Et pourtant, cette France-là est en attente, elle aussi. Convaincue que Sarkozy tient le bon cap, elle est prête à admettre que le capitaine ne puisse lui dire - qui le pourrait ? - quand la tempête va s'apaiser, mais elle voudrait savoir sur quelles terres nouvelles le navire va aborder. Le président de la République lui a dit - ce qu'elle savait confusément - que la crise mondiale allait «transformer pour longtemps l'économie, la société, la politique». Mais il ne lui pas dit en quoi consisterait cette transformation. Il lui a dit que le « logiciel sarkozyste », parce qu'il est fondé sur des valeurs («le travail, l'effort, le mérite, l'excellence, la responsabilité») et non pas sur des recettes économiques ou politiques, n'était pas, bien au contraire, frappé d'obsolescence par la crise. Mais il ne lui a pas fait sentir en quoi ces valeurs pouvaient inspirer (sur l'économie bien sûr, mais aussi l'Europe, la santé, la famille, la sécurité ou l'immigration) un changement fécond.

A toutes ces questions, Nicolas Sarkozy ne répondra pas en nommant Pierre à la place de Paul ni en poursuivant cette « ouverture » qui, à force d'affaiblir les socialistes (ils le font fort bien tout seuls !) ouvre surtout un boulevard à François Bayrou. Il doit - et ce défi-là, vraiment, est historique - retrouver l'esprit et l'inspiration des origines pour dessiner, par-delà la crise, le visage de « la France d'après ».

Kouchner sort de ses gonds

visite surprise aux lectrices de Femme Actuelle

Cac 40: ceux qui ont bonne presse... et les autres

Le baromètre hebdomadaire L'Expansion-LexisNexis passe au crible chaque semaine 12.000 journaux dans 82 pays pour établir le classement des entreprises françaises les plus louées... ou les plus décriées. Cette semaine, Vivendi en prend la tête. En revanche, Credit agricole, EADS, Arcelor-Mittal et Renault essuient une volée de bois vert.

La presse ne réserve pas toujours de surpirise. Cette semaine (du 11 au 15 mai) le classement de Lexis Nexis, sur les artcicles positifs et négatifs du CAC 40, réflète ni plus ni moins la qualité des résultats trimestriels. La première place échoie à Vivendi. Ses filiales SFR et Canal Plus ont dopé ses ventes sur les trois premiers mois de l'année (+24%). La semaine dernière le groupe de communication se situait seulement au milieu du classement.

Figure logiquement sur la dernière marche, le Crédit Agricole égratigné par des résultats trimestriels diminués de deux tiers par rapport à l'année dernière. L'Assemblée générale de demain mardi s'annonce également houleuse. Le syndicat syndicat Force Ouvrière a demandé la fin des retraites-chapeaux pour les dirigenats de la banque verte qui font justement l'objet d'une résolution soumise aux actionnaires. EADS ne fait pas non plus merveille comptablement (-14% de ses ventes au premier trimetre) et récolte une centaine d'articles négatifs en guise de sanction. Et pour ne rien arranger, le groupe a encore du retrard à la livraison mais cette fois il s'agit de son avion militaire A400M.

dimanche 17 mai 2009

EUROVISION DE CAUCHEMARD.

Eh oui, Patricia Kaas n'a pas Kassé le barraque, sa chanson, du moins ce que j'en ai entendu, me semble sortir d'outre tombe.

samedi 16 mai 2009

Eurovision : bien chanter ne suffit pas#

Samedi dernier, lors du concours de l’Eurovision de la chanson, les téléspectateurs ont élu massivement Dima Bilan, le chanteur russe déjà second au concours 2006. Les téléspectateurs aguerris n’auront pas manqué de noter le vote massif des pays de l’ex-Union Soviétique en faveur de ce chanteur. Est-ce un hasard ? Probablement pas.

Depuis ses débuts, le concours de l’Eurovision reflète les affinités, les sympathies, ou encore le sentiment qu’ont les pays d’appartenir à un groupe. C’est ce qui est révélé par plusieurs travaux scientifiques dont une étude que nous résumons ici. Prenons le cas de Chypre et la Grèce. Sur la période 1975-2005, Chypre donne en moyenne à la Grèce 7,41 points de plus que ce que la Grèce ne reçoit en moyenne. La Grèce ajoute en moyenne 6,46 points de plus au score chypriote moyen. Cette réciprocité se retrouve chez les pays d’Europe de l’Est et dans une moindre mesure chez les pays scandinaves. Les votes à l’Eurovision révèlent également les rivalités entre les pays. La Turquie et Chypre ont toujours voté l’une contre l’autre. L’Allemagne ajoute en moyenne au score moyen de la Turquie sans être compensé par celle-ci. La France, quant à elle, a toujours eu tendance à réduire le score moyen de la Grande-Bretagne alors que celle-ci est plutôt neutre à son égard.

Les votes ont également évolué dans le temps. La France n’a plus gagné le concours depuis 1977, et même si le score de Sébastien Tellier fut meilleur que celui des Fatals Picards, il n’en reste pas moins que la tendance est à la baisse. Certains scores sont d’ailleurs fortement corrélés à certains événements politiques. C’est le cas du score médiocre de la Grande-Bretagne en 2003, lors de son entrée dans le conflit iraquien. Ou encore du vote de sanction des Polonais à l’égard de la France après les propos sur « le plombier polonais ».

À qualité donnée de la chanson proposée, les votes bilatéraux au concours de l’Eurovision dévoilent une proximité culturelle entre les pays. Alors que les économistes restreignent la proximité culturelle au langage commun, à la religion commune ou encore au système légal commun, les sociologues ont une définition beaucoup plus large, qui inclut l’identité commune, l’histoire, les codes vestimentaires ou encore la communication non-verbale. La proximité culturelle n’est donc pas toujours réciproque et peut varier dans le temps. Un pays peut ainsi montrer une certaine sympathie à l’égard d’un autre sans que celle-ci ne soit partagée ou immuable.

Les caractéristiques propres aux votes à l’Eurovision satisfont cette définition plus large. Mais il faudrait encore contrôler pour la qualité de la chanson afin que ces votes ne contiennent plus que de l’information relative à la proximité culturelle. Le style du chanteur mais aussi de sa chanson, la langue dans lequel il ou elle chante, la position de la chanson dans le concours, et bien d’autres particularités propres aux chanteurs mais aussi à la chanson nous renseignent sur cette qualité. Ces votes une fois ajustés de la qualité sont fortement corrélés aux mesures plus traditionnelles de la proximité cultuelle telle que la proximité linguistique, la religion commune, l’ethnicité ou même la distance génétique. Ils constituent donc une très bonne approximation de la proximité culturelle.

Si cette proximité influence les choix des chanteurs, elle doit aussi influencer les agrégats économiques. La proximité culturelle tend à diminuer les coûts de transaction entre les pays. Dans la littérature s’intéressant au commerce international, par exemple, la proximité culturelle est typiquement mesurée en terme de potentiel de commerce. Mais on peut aussi penser que la proximité culturelle affecte le commerce par le biais d’un autre canal qui est celui des préférences mutuelles. En effet, des pays proches culturellement auront également tendance à partager les mêmes préférences pour certains biens.

Notre étude montre que la proximité culturelle a un impact fort sur le commerce bilatéral total des pays. Mais cet effet est principalement dû au commerce de biens différentiés ; des biens qui ne s’échangent pas sur des marchés organisés et qui nécessitent un afflux d’information, donc cette proximité, pour être commercés. La proximité culturelle n’a aucun impact sur les échanges de biens homogènes. L’impact du passage de la plus petite valeur des votes ajustés de la qualité à leur plus grande valeur est équivalent à une réduction tarifaire de 4% à 8% en moyenne, selon les spécifications retenues.

Nous pouvons quantifier les différents canaux par lesquels la proximité culturelle affecte le commerce bilatéral. Nous montrons que l’effet de préférence ne représente que le tiers de l’impact total de la proximité culturelle sur le commerce. Même si cet effet est faible, il est bien existant et signifie que tout le potentiel de commerce dû à la proximité culturelle ne se traduit pas en gains de bien-être.

À l’avenir les votes au concours nous renseigneront sur l’évolution de la proximité culturelle entre les pays de l’Union Européenne et leurs nouveaux membres après l’élargissement de 2004. Il faudra alors analyser si la proximité culturelle tend à concentrer les échanges au sein de blocs culturellement homogènes au détriment des échanges entre pays culturellement plus éloignés. Mais ce qu’il faut retenir avant tout, c’est que même si Sébastien Tellier avait chanté son tube planétaire, « La Ritournelle », cela n’aurait pas influencé son classement. Consolons-nous !

Cette tribune s’inspire des résultats de notre étude (2007), Cultural Proximity and Trade (ancienne version : Tübinger Diskussionsbeitrag No. 305, 2006).

Eurovision: Patricia Kaas est-elle plus forte que la statistique?

Levons d'emblée le suspense. Patricia Kaas, la candidate choisie pour représenter la France, a peu de chances de remporter le concours de l'Eurovision. Les fameux « twelve points » iront sans doute à l'Arménie. C'est en tous cas le pronostic des économistes et des statisticiens.

On croyait que les économistes ne s'intéressaient qu'à la croissance. Faux ! L'eurovision est devenue en quelques années, leur nouveau terrain de jeu. Et pour cause : l'écart de performance entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest lors du concours ressemble à s'y méprendre à une « anomalie de marché ».

Cinq des six pays les mieux notés en finale depuis 2004 sont des pays de l'Est : l'Ukraine, la Russie, la Serbie, la Turquie, et la Bosnie. A eux seuls, ces cinq pays concentrent un tiers des points distribués par le public sur la période récente. A l'inverse, les pays d'Europe de l'Ouest se disputent les dernières places. La France n'a reçu que 122 points au cours de ses cinq dernières participations, soit en moyenne 24 points par prestation. Le Royaume-Uni fait pire avec 105 points. La Belgique et les Pays-bas ont reçu, quand à eux, moins de 10 points depuis 2004 !
L'eurovision en chiffres

450000 euros, c'est le montant de la dotation Française à l'Eurovision. Membre fondateur du concours, la France fait partie des trois plus gros contributeurs.

160 millions. C'est le nombre de téléspectateurs suivent le programme sur le Vieux continent.

8,8 millions. C'est le nombre d'appels téléphoniques et de SMS reçus lors de la finale 2008. Un chiffre en hausse de 22% par rapport à 2004.

30000 à 40000 euros. Ce sont les recettes générées par les appels téléphoniques en France. France Télévision perçoit 25% de cette somme.

Derek Gatherer, chercheur à l'université de Glasgow, s'est penché sur le sujet au début des années 2000. « A l'époque, mes collègues français, espagnols et britanniques trouvaient les résultats des votes de plus en plus bizarres, alors j'ai créé un modèle pour vérifier », explique-t-il. Très vite, les travaux de Derek Gatherer donnent raison à ses confrères : la plupart des votes observés le soir de la finale du concours ont une probabilité très faible de se produire : entre 1% et 5%.

L'explication ne tarde pas à venir : certains pays ont une préférence très marquée - et souvent réciproque - pour d'autres. Le Belarus par exemple, donne systématiquement 12 points (la meilleure note) à la Russie depuis 2004. La Grèce et Chypre s'offrent 12 points chaque année. La Croatie récompense toujours grassement la Bosnie. Et inversement. La France elle aussi, a ses préférences : elle donne à chaque fois des notes très élevées à l'Arménie et à la Turquie. « Aujourd'hui, un tiers des votes est parfaitement prévisible », affirme Derek Gatherer. Du coup, grâce à son modèle, il a pu prédire la victoire de la Serbie en 2007 avec plusieurs mois d'avance !

Le concours de l'Eurovision est-il donc joué d'avance, voire truqué ? « Attention aux amalgames », tempère Farid Toubal économiste à l'Université de Paris 1. « Les échanges de votes lors de l'Eurovision reflètent en partie la proximité culturelle de tel ou tel pays. Cela n'a rien d'anormal. La proximité culturelle explique aussi une partie des échanges commerciaux ». Mais, plus ennuyeux, les études économétriques mettent en évidence un « vote politique ». « Sur la période 1975-2003, les échanges de votes entre les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) restent anormalement forts, même une fois corrigés des effets culturels », confirme Laura Spierdjik, économiste de l'université de Twente aux Pays-Bas. Parfois, les humeurs politiques sont telles qu'il n'y a pas besoin d'études pour les mesurer. Ainsi, la Grande Bretagne, fraîchement entrée dans le conflit irakien, n'a marqué aucun point lors de la finale 2003 ! Une véritable gifle. Et en 2005, en plein débat sur le plombier polonais et la directive Bolkestein, la France n'a reçu que 11 points. « Deux arènes coexistent lors de l'Eurovision », conclut Derek Gatherer : l'une musicale, l'autre politique. Pour compliquer le tout, la religion joue aussi un rôle : l'Irlande (catholique) et le Chypre (orthodoxe) offrent plus de points aux pays qui partagent la même religion, constate Laura Spierdijk, travaux économétriques à l'appui.

Au final, une question se pose : les notes reflètent-elles encore la qualité de la chanson ? Dans le doute, l'Union Européenne de Radio-télévision - l'organisateur de l'Eurovision - vient de modifier le système de vote. Cette année, le public ne comptera que pour moitié dans la note finale. L'autre moitié sera laissée à l'appréciation d'un jury de professionnels. Mais il n'est pas sûr que la France en profite. Derek Gatherer a déjà fait tourner son modèle. Et le verdict est sans appel : c'est l'Arménie qui remportera le concours.

Zemmour et Naulleau virés de France 2? Mais pourquoi donc?

Oui, je sais. Encore Zemmour et Naulleau. Mais que voulez-vous, cette fois-ci, c'est pour une cause juste qui dépasse leur simple personne.

Explications.

C'est Basile de Koch qui, hier, a exposé l'affaire aux yeux du grand public. Oui, depuis quelques jours, le Tout-Paris de "lémédia" comme dirait l'autre, bruisse d'une rumeur insistante: les deux Eric sont menacés de disparition sur France 2. Oui, depuis quelques jours, le pronostic vital est engagé sur leur présence aux côtés de Laurent Ruquier.

Et de vous étonner. Pourquoi cette rumeur absurde? Naulleau et Zemmour ne contribuent-ils pas au succès d'audience de cette émission? Au spectacle? Et de vous répondre, oui, bien évidemment, mais le problème est ailleurs.

Explications (bis).

Pour que Naulleau et Zemmour puissent briller, il faut des opposants à leur rmesure: Lalanne, Breillat, Boccolini, Augustin Legrand (des Don quichotte), Attali, Karoutchi et cie... Imaginez un peu que cette cohorte de victimes promises au bûcher médiatique finisse par déclarer forfait avant même que de pénétrer sur le plateau. Plus de Lalanne, de Breillat, de Boccolini, de Legrand, d'Attali, de Karoutchi et cie à éventrer, découper, éviscerer, dexteriser télévisuellement? Fin du spectacle et de l'audience qui va avec.

En vérité je vous le dis, oui, depuis des semaines la liste des forfaits anti-Zemmour-Naulleau s'allonge. Sophie Davant, Dominique de Villepin, Ségolène Royal, Olivia Ruiz et bien d'autres ont décliné l'offre qui leur était faite de venir subir le martyre du samedi soir. Et parmi les martyrisés patentés, certains ont fait savoir que désormais, ils iraient se faire encenser ailleurs, quelques uns menacant même, forts de leur énorme CN (NDLR: CN: coefficient de notoriété mediatique), de consacrer leur prochaine opération de promotion à d'autres chaînes, voire de mettre leur talent d'acteur ou de chanteur au service de ces mêmes autres chaînes. Du coup, dans les hautes sphères de France 2, on s'interrogerait: n'est-il pas temps d'exfiltrer les deux terreurs et leur vertu avec?

Si c'est le cas, c'est insupportable.

D'abord parce que certaines de leurs victimes se sont fait seppuku sur le plateau de Ruquier sans avoir besoin de leur aide. On se souviendra avec compassion du naufrage de l'Erika Moulet de LCI tout en se demandant quel est le nom de l'attaché(e) de presse complètement neuneu qui a eu l'idée saugrenue de lui suggérer de participer à l'émission.

Ensuite parce que trop c'est trop. Le combat n'est pas nécessairement inégal. On dresse toujours la liste des victimes du duo, et si on parlait de la liste de ceux qui ne se sont pas laissés faire? Tenez, Darmon-Derai par exemple. Les auteurs de "Belle-amie" ont renvoyé dans les cordes Naulleau qui les accusait de racisme sournois envers Rachida Dati. Ou encore François Bayrou. Ce dernier inspire désormais une telle crainte à ses interlocuteurs, il incarne une force de frappe médiatique à ce point dissuasive que lors de la venue du président du MoDem, notre duo de choc a préféré l'échange courtois au combat de rue.

Un mot également sur les personnalités politiques de premier plan qui font implicitement campagne contre le duo. Leur dérobade est symptômatique de la baisse de niveau des responsables publics de ce pays. Prenons un exemple (presque) au hasard: Ségolène Royal.Qu'elle en vienne à refuser une invitation chez Ruquier parce qu'elle refuse de converser avec Naulleau-Ruquier, c'est déjà bien triste. Et si, au surplus, comme certains journaux s'en sont fait l'écho démenti par la suite, elle a prétendu éventuellement accepter l'invitation tout en demandant que les deux impétrants soient interdits d'antenne lors de son passage, c'est pathétique. Quand on veut être président de la république, on ne doit pas avoir peur de Naulleau-Zemmour, sinon, qu'en serait-il face à Poutine? (Sur cette affaire, je renvoie au témoignage d'une personne présente sur le plateau de l'émission le jour où Ségolène Royal devait participer à l'émission, participation annulée à la dernière seconde)

Bref, dans ce contexte, si Naulleau-Zemmour devaient être virés de l'émission, ce serait pour de bien vilaines causes. Si cela devait advenir, nous serions tous obligés de nous mobiliser pour les défendre. Eh oui! Si Patrice Duhamel, sous la pression d'un invisible complot politico-people des médiocres, dégage ce duo que nous aimons tant vilipender, nous ne pourrons faire autrement que de nous dresser et dire: "Non! Pas d'exécution pour de mauvaises raisons!"

Conclusion: si Zemmour et Naulleau étaient ainsi éjectés, cela signifierait la fin de tout espace critique à la télévision. Symboliquement, ce serait insupportable.

Si cela devait advenir, il ne nous resterait plus qu'à saluer le talent de Patrice Duhamel. Car si l'on y réfléchit deux secondes; se dire que l'on devrait défendre nos deux "camarades" (devenus des caricatures de télévision) au nom de grands principes; transformer les procureurs que nous sommes en avocats masos, ce serait faire preuve d'un talent incomparable. J'ignore s'ils en sont conscients, mais les anciens giscardiens sont décidément de grands pervers...

PS: prière d'éviter les réactions sur le thème: "vous vouliez les virer et maintenant non". Je n'ai JAMAIS écrit cela et si vous estimez le contraire relisez attentivement ma prose à ce sujet. Merci.

PHRASE

La phrase la plus bête de la semaine a été dite par le député Européen Daniel Cohn-Bendit
dans le journal La Tribune.

je cite: "Après le Rhin et l'Oder, le troisième rêve de l'Europe sera celui du Bosphore."
Où va-t-il pêcher une telle idée ?
La Turquie n'est pas en Europe ce n'est pas par le fait de sa seule volonté qu'elle y entrera.

QUAND LA PUB NOUS EMMERDE SUR LA NET.

Jean-Michel Aphatie confond RTL et Europe 1

Erika Moulet très genée [itv] Ruquier 110409 Onpc

Lapin de Royal à Ruquier: "C'est bien Zemmour et Naulleau le problème"

Entre toutes les raisons qu'on entend sur l'absence de Ségolène Royal dans l'émission de Laurent Ruquier "On 'est pas couché" diffusée samedi sur France 2, on s'y perd. Qui dit vrai, qui dit faux?

Alors que Télé 7 Jours annonce sur son site mercredi que Ségolène Royal aurait demandé à ce que Eric Zemmour et Eric Naulleau ne soient pas présents sur le plateau lors de sa venue. Une condition refusée par la production d'"On n'est pas couché". Du coup, Ségolène Royal aurait décommandé, la veille de l'enregistrement de l'émission.

Mais dès le jeudi matin, Ségolène Royal dément via un communiqué publié sur le site Désirs d'Avenir: "Après la publication de photos portant atteinte à sa vie privée et destinée à brouiller le sens de son combat politique, Ségolène Royal a préféré reporter sa participation à l'émission "On n'est pas couché". L'émission ou ses animateurs ne sont nullement en cause et la décision a été prise d'un commun accord avec Monsieur Laurent Ruquier. Nous vous tiendrons informés des dates d'une prochaine participation".

Sur Le Post, la production dément l'argument de la présence de Naulleau et Zemmour, et évoque un "problème de calendrier".

Jeudi, Eric Naulleau confiait au Post "Je ne suis au courant de rien. Mais cette annulation, c'est assez déplorable pour son image. Apparement, les fuites venaient de son bureau, c'est vraiment compliqué". Et le journaliste d'ajouter: "Cette annulation, c'est assez déplorable pour son image".

Mais selon les informations du Post, la vraie raison de l'annulation de Ségolène Royal serait bien la présence de Zemmour et Naulleau: "C'est bien Zemmour et Naulleau le problème. Elle ne voulait pas qu'il y ait d'interférences" nous confie une personne présente lors de l'enregistrement de l'émission jeudi soir. "D'ailleurs, quand la production a reçu la demande de Royal, elle était estomaquée. Et le débat a été houleux, car ni Royal, ni la production ne voulaient plier. Royal ne devait pas s'imaginer que ça prendrait une telle ampleur, c'est sûrement pour cela qu'elle a décidé de démentir. Maintenant, va-t-elle revenir? On verra bien".

OBAMA EST AMÉRICAIN !!

Ces tribunaux militaires d'exception, créés par George W. Bush, devront juger certains détenus de Guantanamo, dont les cinq hommes accusés d'avoir organisé le 11 Septembre.

Le président américain Barack Obama a annoncé vendredi qu'il remet en place, en les réformant, les tribunaux militaires d'exception de George W. Bush, pour juger certains détenus de Guantanamo, dont les cinq hommes accusés d'avoir organisé le 11 Septembre.

Barack Obama a pris le risque de s'exposer à l'une des plus grandes controverses depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Les activités des tribunaux militaires d'exception, appelés «commissions militaires», créés en 2006 par le Congrès, ont été suspendues le 20 janvier pour quatre mois, à sa demande, le jour même de son investiture. Pendant la campagne, le président américain avait assuré qu'elles représentaient une «énorme faillite».

Barack Obama doit saisir le Congrès américain, seul à même de modifier la loi régissant les commissions militaires. Républicains et démocrates ont paru ces derniers jours plutôt favorables à l'idée. Selon un avocat militaire travaillant dans le cadre des commissions, et parlant sous couvert d'anonymat, il s'agira notamment d'interdire à l'accusation d'utiliser des éléments à charge, comme des confessions obtenues sous la torture ou la contrainte.

Au cœur du problème qui se pose à Barack Obama, le fait que plusieurs détenus considérés comme «intéressants» par l'Administration Bush ont été torturés par la CIA. Parmi eux, Khaled Cheikh Mohammed, cerveau des attentats du 11 Septembre 2001, a subi la simulation de noyade 183 fois en un mois.

vendredi 15 mai 2009

Récession généralisée en Europe

Toute l'Europe s'est enlisée dans la récession au premier trimestre, dont l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et les pays d'Europe centrale, tous les espoirs de reprise se tournant maintenant vers les Etats-Unis.

Le PIB de l'Union européenne, tout comme celui de la seule zone euro, a enregistré une baisse sans précédent de 2,5% au premier trimestre 2009, plus grave qu'aux Etats-Unis.

La France a annoncé qu'en réalité, cela fait près d'un an qu'elle est en récession. Son PIB a reculé de de 1,2% au 1er trimestre 2009 par rapport au trimestre précédent, selon l'Insee. Mais l'économie allemande flanche encore bien davantage, victime de la chute des exportations et des investissements : l'Allemagne a annoncé vendredi un recul de 3,8% de son PIB au premier trimestre, plus fort que prévu. La première économie d'Europe affiche ainsi sa quatrième contraction trimestrielle et la pire depuis 1970. Au quatrième trimestre, le PIB a reculé de 2,2%.

L'Italie s'est elle aussi enfoncée dans la crise, son PIB reculant de 2,4% par rapport au trimestre précédent. Les Pays-Bas et l'Autriche ont annoncé un recul de 2,8%, le Portugal de 1,5% et la Grèce de 1,2%. L'Espagne a annoncé un recul de son PIB de 1,8% au 1er trimestre après -1% au trimestre précédent. Le 24 avril, la Grande-Bretagne a annoncé un repli de son PIB de 1,9% au 1er trimestre, le pire en 30 ans et le troisième consécutif. La Belgique a elle déjà annoncé un recul du PIB de 1,6%.

Plusieurs pays d'Europe centrale et orientale ont suivi le mouvement. En Hongrie le PIB a diminué de 2,3% au 1er trimestre par rapport au trimestre précédent. En Bulgarie la baisse est de 3,5% sur un an et en Roumanie de 2,6%, sa première contraction en neuf ans. En Slovaquie le PIB a baissé de 5,4% sur un an et en République tchèque de 3,4%, toujours sur un an.
Chiffres moroses en Asie, attente des indicateurs américains

Ne manquent plus pour compléter le tableau que les chiffres des pays scandinaves et la Pologne, qui s'annoncent tout aussi moroses. Ces chiffres ont pesé sur l'euro qui a reculé face au dollar à 1,3534 dollar.

En Asie, les chiffres étaient également moroses vendredi. La Chine a vu s'accélérer la chute des investissements directs en avril (-22,5% sur un an) et le Japon a vu les commandes de biens d'équipement, reflet de l'activité industrielle à venir, reculer de 1,3% en mars, mais moins que prévu. Les prix de gros au Japon ont baissé de 3,8% en avril, signe d'une menace de déflation.

Les économistes attendent maintenant le salut de l'autre côté de l'Atlantique: l'économie américaine devait publier vendredi une batterie d'indicateurs clés, tous attendus en amélioration par les analystes. Ces espérances maintenaient d'ailleurs les Bourses européennes dans le vert vendredi en fin de matinée. Ainsi la confiance des consommateurs devrait se redresser, la production industrielle ralentir sa baisse, tout comme l'activité industrielle de l'Etat de New York, et la balance des capitaux se regonfler.

Les lectrices de Femme Actuelle rencontrent Carla Bruni

Ségolène Royal: "Sarkozy a déprécié la parole politique"

Invitée à Athènes à la conférence sur l’avenir des gauches en Europe, Ségolène Royal a accordé une interview au quotidien espagnol El País.

L'interview est intéressante à plus d'un titre. Intéressante à la fois par les questions posées par les journalistes d'El País qui ont interrogé Ségolène Royal sur le rôle de première dame de France de Carla Bruni, sur Barack Obama et mais aussi bien sûr par les réponses de Ségolène Royal.

A la question sur le rôle de Carla Bruni, Ségolène Royal a répondu qu'elle ne parle que de politique... Mais El País a aussi interrogé la finaliste de l'élection présidentielle de 2007 sur le bilan de Nicolas Sarkozy, une exclusivité du journal espagnol, semble-t-il. Voici l'échange en question qui permet à El País de titrer son interview « Nicolas Sarkozy a déprécié la parole politique ».

El País: "Cela fait 2 ans que Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir. Pourquoi la situation est si mauvaise, à votre avis?"

SR: "Il n'a pas tenu ses principales promesses. Il a dit que les Français allaient travailler plus pour gagner plus, mais il y a plus de chômage, les pauvres sont plus pauvres, les classes moyennes perdent du pouvoir d'achat, et il y a des problèmes dans les universités et les hôpitaux publics. Il y a deux problèmes particulièrement graves: la parole politique est dépréciée et il y a de grands conflits sociaux."

Voici l'interview d'El País dans son intégralité :


« Nicolas Sarkozy a déprécié la parole politique »
Interview de Ségolène Royal, ancienne candidate à l'élection présidentielle du PS français - depuis Athènes.

Le socialisme français, miné par des luttes intestines et menacé par la progression des mouvements anticapitalistes, connaît l'un de ses moments les plus difficiles. Ségolène Royal, 55 ans, est la plus populaire des personnalités politiques, même si elle a chuté de façon spectaculaire dans les sondages depuis quelques mois. L'ancienne candidate à la présidence et candidate potentielle pour les élections de 2012, a déclaré dans une interview à Athènes, hier, que la gauche européenne devait avoir un projet solide pour les citoyens européens. "Nous devons propager l’idée que d'autres politiques sont possibles en dehors de celles de la droite", dit-elle.

Lorsqu'on l’a lui a demandé son avis sur le rôle de première dame de France de Carla Bruni, elle a répondu qu'elle ne parle que de politique. Royal, qui a échoué dans sa tentative de devenir le premier secrétaire du Parti socialiste en novembre dernier, a participé à la soirée du Congrès international sur la Gauche dans la capitale grecque, organisé par le quotidien grec To Vima et El Païs.

El País : Quelle est la situation politique en Europe?

Ségolène Royal : "C’est très paradoxal. Les idées de gauche, le socialisme, sont dominantes à l'heure actuelle. L'intervention de l'État, l'exigence de règles, la demande de protection et de justice sociale, la recherche de l’investissement éthique, la demande d’un retour sur la fiscalité... Mais c’est la droite qui est le plus souvent au pouvoir en Europe. Les valeurs de la gauche correspondent au cœur des peuples de l'Europe et nous devons tenter de transformer ces paroles en action, parce que la droite veut reprendre ces mots, mais maintient sa politique traditionnelle."

EP : Quel est le problème de la gauche, qui fait qu’elle est minoritaire en Europe?

SR : "La social-démocratie doit avoir un projet européen, à l'avant-garde en matière d’initiatives économiques, doit démontrer que d'autres politiques sont possibles en dehors celles de la droite, et en particulier dans le contexte actuel, la gauche devrait lancer des propositions concrètes pour une véritable gouvernance de l'Union européenne. Aujourd'hui, il y a des problèmes de gouvernance de la zone euro. Nous ne voyons pas de réponses suffisamment fortes et convergentes, en particulier en matière de règles pour les banques et en ce qui concerne les plans de relance économique."

EP: Le Parti socialiste français, en revanche, est plus divisé que jamais, et certains disent que vous allez trop loin. Est-ce que cela peut nuire à la prochaine élection présidentielle?

SR : "Ce sont des primaires qui permettront de désigner le candidat à la présidence. Je ne sais pas ce qui va se passer, je ne peux pas le deviner. Pendant ce temps, il nous faut travailler, faire un projet de gauche pour contrer les politiques désastreuses de Sarkozy."

EP : Cela fait 2 ans que Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir. Pourquoi la situation est si mauvaise, à votre avis?

SR : Il n'a pas tenu ses principales promesses. Il a dit que les Français allaient travailler plus pour gagner plus, mais il y a plus de chômage, les pauvres sont plus pauvres, les classes moyennes perdent du pouvoir d'achat, et il y a des problèmes dans les universités et les hôpitaux publics. Il y a deux problèmes particulièrement graves: la parole politique est dépréciée et il y a de grands conflits sociaux.

EP : Dans quelques semaines auront lieu les élections européennes, mais il est prévu que la participation soit très faible. Qu'espère la gauche de cette élection?

SR : "Par-dessus tout, j'espère qu’il y aura beaucoup de participation. L'Europe doit expliquer les avantages qu’il y a à être unis, plus de solidarité, une meilleure protection face à la crise économique. L’Europe est une victoire trop abstraite et en fait si proche."

EP : Après les premiers 100 jours au pouvoir de Barack Obama, êtes-vous toujours un de ses fervents soutiens?

SR : "Bien sûr. Il a permis au peuple américain de se réconcilier avec lui-même. Il se pose en médiateur devant la communauté internationale et fait face avec détermination à la crise économique."


EL PAIS

LE CHAT AVEC RAMA YADE#

jeudi 14 mai 2009

MOMENT DE DÉTENTE.

Sanctionné par l'Europe, Intel va-t-il enfin jouer fair-play contre AMD?

Bruxelles ne plaisante pas en matière d'abus de position dominante. Après Microsoft, c'est Intel qui vient d'en faire l'expérience avec une amende de plus d'un milliard d'euros. Il faut dire que le n°1 des microprocesseurs ne recule devant rien pour asseoir sa domination.

Cette fois, le couperet antitrust est vraiment tombé sur Intel. La Commission européenne a en effet dégainé à l'encontre du n°1 mondial des microprocesseurs la plus grosse amende de son histoire : 1,06 milliard d'euros. Soit 4,15% de son chiffre d'affaires. Microsoft, le précédent détenteur du record avait écopé de 899 millions d'euros.

A cette facture géante s'ajoute l'ordre de mettre fin à des pratiques anticoncurrentielles visant à exclure les concurrents du marché des processeurs x86. Autrment dit, les puces de référence pour les PC.
Plus de 4 ans de bataille pour AMD

Intel a bien évidemment aussitôt fait appel. Mais l'avertissement est sévère pour un groupe qui avait jusque là échappé à toute véritable sanction, en dépit de condamnations par les régulateurs japonais et coréens. D'où la satisfaction de son principal concurrent, AMD, dont les plaintes sont à l'origine de la procédure européenne. "La décision de ce jour est une étape importante dans la mise en place d'un marché véritablement concurrentiel", a ainsi déclaré son PDG Dirk Meyer, dans un communiqué.

Reste que cette victoire est aussi teinté d'amertume. « Cela fait plus de 4 ans que l'on se bat, que l'on paye des sommes absurdes malgré nos finances pour que la justice soit faite et que les pratiques d'Intel soient enfin exposées au grand jour », nous expliquait Tom McCoy, le responsable juridique d'AMD à la veille de la sanction de Bruxelles. Car entretemps, le fondeur de Sunnyvale a accumulé les difficultés et les pertes.

Contraint de céder ses usines de production, le groupe vit depuis deux ans au rythme de réorganisations permanentes - dont la dernière a encore eu lieu la semaine dernière avec le départ du chef de l'activité des microprocesseurs. Et AMD doit se contenter de 22,3% du marché mondial des microprocesseurs contre 77,3% pour son rival, selon le dernier pointage d'IDC. La décision européenne n'est donc vécue que comme une première étape, en attendant de porter enfin la bataille sur le principal marché, les Etats-Unis.
Vers une sanction aux Etats-Unis?

« Les autorités de régulation américaines semblent attendre la décision de l'Europe. Mais en cas de décision en notre faveur, elles pourraient rapidement leur emboîter le pas et accélérer leur enquête contre Intel » prédisait la semaine dernière Tim McCoy. Il misait déjà sur la nouvelle approche de l'administration Obama alors que « l'attitude du précédent gouvernement était de laisser faire Intel, tant qu'il ne s'attaquait pas à une entreprise vitale pour l'économie américaine ».

Coïncidence ? Alors que la rumeur d'une condamnation d'Intel enflait depuis quelques semaines, le ministère américain de la justice a récemment fait savoir que sa division Antitrust aurait désormais les pleins pouvoir pour enquêter et sanctionner les entreprises qui abusent de leur position dominante. "La Division va revenir aux méthodes déjà employées avec succès (et notamment contre Microsoft, NDLR) pour faire respecter nos lois antitrust", indiquait le Ministère. Un discours porteur de tous les espoirs d'AMD.

Dans cette bataille juridique mondiale qui oppose les deux fondeurs américains, tout a en fait commencé au Japon. Intel a forcé des constructeurs informatiques nippons à abandonner les puces de son concurrent sous peine de sanctions. "La stratégie d'Intel est de nous garder au-dessous de 20% de part de marché, car au-delà leur monopole est en péril. Au Japon, on avait dépassé les 25%, c'était devenu dangereux pour eux et ils ont brandi deux menaces - le rationnement des produits et la suppression des remises - aux constructeurs qui travaillaient avec AMD", se rappelle McCoy.
Remises conditionnelles et "paiements directs"

Intel allouait ainsi un très faible nombre de puces aux fabricants d'ordinateurs non-coopératifs, qui dépendaient de lui pour la majeure partie de leur gamme d'ordinateurs. "Quant aux remises, c'étaient en fait des primes de loyauté qui n'étaient versées qu'à condition d'acheter la quasi-totalité de leurs puces chez Intel. Résultat, en trois mois, notre business au Japon s'est effondré", s'insurge le responsable d'AMD. Si la sanction n'a pas été à la hauteur de la condamnation, celle-ci a servi de précédent dans la procédure européenne.

Dans son jugement, la Commission insiste elle aussi sur l'illégalité de ces "remises accordées à des fabricants à la condition qu'ils s'approvisionnent exclusivement ou quasi-exclusivement auprès d'Intel". Elle accuse également ce dernier d'avoir "effectué des paiements directs" au profit du grand distributeur allemand Media Saturn Holding, "à la condition qu'il ne vende que des PC équipés de processeurs Intel".

A cause d'Intel, les Allemands ne pouvent tout simplement pas acheter chez MediaMarkt, la plus grande chaîne informatique européenne, un ordinateur avec une puce fabriquée en Allemagne? dénonce donc AMD qui avait installé en Allemagne sa principale usine de fabrication.

La mainmise d'Intel sur le marché était telle, qu'un fabricant d'ordinateurs a même refusé de recevoir gratuitement un million de processeurs AMD sous peine de perdre la remise d'Intel sur les millions de processeurs qu'il devait encore lui acheter. "Au bout du compte, le fabricant d'ordinateurs n'a accepté gratuitement que 160.000 processeurs", révèle la Commission dans son communiqué.
Quelles conséquences?

La précision et la sévérité du réquisitoire de Bruxelles n'ont pas empêché Intel de contester la sanction, susceptible d'entraîner, selon lui, des conséquences néfastes sur le prix des PC. Ce que réfute son principal concurrent. "Nos tarifs sont de 30% a 50% inférieurs à Intel. Je ne vois pas comment les prix des PC vont augmenter sans la vraie-fausse remise d'Intel. En revanche, Intel va devoir pratiquer des tarifs plus agressifs, ce qui impactera certainement leur marge", estime Nigel Dessau, le responsable des ventes et du marketing chez AMD.

Au delà du prix, la condamnation d'Intel par l'Europe ouvre la possibilité de changements dans un paysage informatique jusqu'ici verrouillé. Outre AMD, le taiwanais VIA et le britannique ARM, qui compte se lancer sur le marché des netbooks, pourraient en être les bénéficiaires. Mais c'est maintenant aux régulateurs américains de jouer.

Les syndicats s'unissent pour exiger une relance de l'Europe sociale

a Confédération européenne des syndicats (CES) appelle à des manifestations à Madrid aujourd'hui, puis à Berlin, Bruxelles et Prague. Elle réclame un « New Deal social » et un « vrai plan de relance » basés sur la sécurité de l'emploi.
Contrairement aux idées reçues, il n'y a pas qu'en France qu'on manifeste contre la crise. A l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), des « euromanifestations » sont attendues aujourd'hui à Madrid, demain à Bruxelles et samedi à Berlin et Prague. Des mobilisations plus locales sont aussi prévues à Luxembourg, Bucarest, Birmingham et Genève. La CES espère réunir, en tout, 200.000 personnes pour réclamer un « New Deal social. » Ce total reste limité, en raison notamment des faibles mobilisations prévues cet après-midi en Espagne (lire-ci dessous), mais il s'annonce toutefois plus important que lors des précédents rassemblements européens. Face à une crise qui n'épargne aucun pays et à l'approche des élections européennes du 7 juin, les syndicats s'attachent de plus en plus à unir leurs forces pour souligner que « seule l'Union européenne est en mesure de soutenir financièrement les Etats afin de combattre la crise et ses conséquences sociales ».

En relais des actions nationales des derniers mois en France, Allemagne, Islande, Grèce ou encore Italie, les 82 syndicats (issus de 36 pays) membres de la CES font de ces mobilisations le point de convergence de leur revendication commune de voir l'Europe se doter de « politiques sociales et de l'emploi mettant l'accent sur la sécurité et non sur la flexibilité ». « C'est à cette condition que l'Europe sociale prendra toute sa dimension », explique la CES, qui propose d'annexer un « protocole de progrès social » aux traités européens.
Dumping social dénoncé

Début mai, Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro, a pronostiqué une « crise sociale » en Europe, potentiellement « explosive » en raison de la flambée du chômage. Mais lors du mini-sommet sur l'emploi organisé la semaine dernière à Prague, l'Union s'est contentée de dresser un catalogue général d'outils face au chômage. Dès lors, la protection de l'emploi et la revalorisation des salaires sont au coeur des revendications des organisations de salariés, qui dénoncent une « fuite en avant par le dumping social ». « La Commission ne cesse d'évoquer le développement de la libre circulation des travailleurs, mais c'est le cheval de Troie de nouvelles dérégulations. Elle s'enfonce dans les politiques qui ont mené à la crise », insiste Joël Decaillon, secrétaire confédéral de la CES.

Face à la menace de réflexes protectionnistes des Etats membres, les centrales réclament l'instauration d'un « vrai plan de relance européen », centré sur une politique industrielle commune et des efforts accrus sur la recherche pour miser sur l'économie verte à la reprise. « L'idée selon laquelle l'addition des 27 plans de relance nationaux ferait un plan européen est absurde. Il faut développer une vraie vision commune à moyen terme pour relancer le marché de l'emploi, sans quoi tous les pays seront vite confrontés, comme en Grèce, à une explosion de la jeunesse », poursuit Joël Decaillon.

Côté français, les 5 centrales membres de la CES (CFDT, CGT, FO, CFTC et Unsa) participeront aux cortèges. Après avoir obtenu fin avril l'abandon du projet de révision de la directive européenne sur le temps de travail, « il s'agit d'affirmer que les travailleurs refusent une Europe de la déréglementation qui a trop longtemps prévalu », résume FO. Bernard Thibault (CGT) défilera à Bruxelles puis à Berlin, et Jean-Claude Mailly (FO) à Bruxelles. François Chérèque (CFDT), retenu pour raisons familiales, sera absent. Il aura l'occasion de se rattraper dès les 27 et 28 mai : toujours sous l'égide de la CES, les leaders syndicaux européens se retrouveront alors à Paris pour débattre de la crise et signer une déclaration commune.

Make The Girl Dance "Baby Baby Baby" ( official video )