TOUT EST DIT

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mercredi 9 avril 2014

L'occasion manquée de Manuel Valls

Mais où est passé Manuel Valls? Qu'est devenu l'esprit libre qui, jadis, bousculait joyeusement les totems et les tabous de la vieille gauche socialiste? Qu'est-il arrivé à l'ardent iconoclaste qui devait faire souffler sur la France l'air nouveau d'un réformisme de gauche enfin assumé? Hier, ce Valls-là n'était pas à l'Assemblée. Celui qui a parlé à sa place est apparu, sur le fond sinon sur la forme, contraint, emprunté, ligoté - en un mot, hollandisé.
À vrai dire, depuis quelques jours, on s'en doutait un peu. La reconduction, quasiment à l'identique, de ce gouvernement perclu d'échecs et d'impopularité était de mauvais augure. La tonalité de la première intervention télévisée du nouveau chef du gouvernement, tout entière placée sous le signe de la continuité de l'action de Jean-Marc Ayrault, faisait craindre le pire. Les tractations partisanes, dignes des plus beaux jours de la IVe République, qui ont précédé le grand oral du premier ministre ne laissaient rien présager de bon. Depuis hier, il n'est malheureusement plus permis de douter. La gravité de la situation française exigeait un hussard, c'est en équilibriste qu'il s'est exprimé. Manuel Valls, déjà digéré par la machine, ne sera pas le réformateur que l'on espérait.
Certes, le nouveau premier ministre n'est pas Jean-Marc Ayrault. Il a du souffle, de l'énergie à revendre, une rhétorique efficace - quoiqu'un peu surjouée. Ici ou là, dans son discours, un mot, une expression témoignaient heureusement de sa volonté de s'abstraire du dictionnaire des idées reçues socialistes. L'hommage appuyé aux entreprises était bienvenu ; l'exaltation de la fierté française ne manquait pas de panache. Le premier ministre a même osé proclamer que l'euro trop fort était un drame pour nos exportations. Bravo! Mais il ne suffit pas, le menton impérieux, de convoquer à la tribune les mânes de Jaurès, de Clemenceau et dugénéral de Gaulle pour sauver la République!




Manuel Valls a sans aucun doute l'autorité qui manquait à son prédécesseur. Bien des drames et des psychodrames gouvernementaux en seront peut-être évités. Tant mieux! Mais toutes ces améliorations de «forme» et de «style», qui passionnent les commentateurs, ne permettront pas de ranimer la croissance ou de réduire le chômage, ne serait-ce que d'un demi-point. Ce qui compte, c'est le fond. Et, dans ce discours de politique générale où l'on serait bien en peine de trouver une seule proposition originale qui porte la marque du premier ministre, c'est malheureusement le fond qui change le moins. Hier, à l'Assemblée, la musique était bien de Manuel Valls, mais les paroles, du François Hollande pur jus.
Hollandissime, cette obsession de «l'équilibre» qui conduit maintenant Manuel Valls à assortir chaque pas à droite d'un autre pas à gauche pour en amortir la charge symbolique et en neutraliser la portée. Pacte de responsabilité ET de solidarité. Sérieux budgétaire, MAIS PAS austérité. Compétitivité, MAIS sortie du nucléaire. Volonté d'apaisement en matière sociétale, MAIS maintien, si l'on comprend bien, des projets de loi qui divisent les Français (réforme pénale, famille, fin de vie…). Manuel Valls, désormais, «n'a pas d'adversaire à gauche». Au risque de mécontenter des deux côtés…
Hollandissime aussi, cette manière d'entretenir encore et toujours le flou sur les fameux 50 milliards d'économies dont on avait pourtant cru comprendre qu'ils étaient la pierre de touche de la «nouvelle étape». Où les trouvera-t-on? Mystère! Du côté des fonctionnaires, de leur nombre, de leur rémunération? Manuel Valls n'en a pas parlé. Du côté de l'hôpital ou du déremboursement d'un certain nombre de médicaments? Ce sujet-là aussi aura été évité. Tout juste a-t-on compris qu'il y aurait une «mise en cohérence de notre système de prestations». Nous voilà bien avancés…
Ce qui est clair, en revanche, ce sont les dépenses nouvelles d'ores et déjà programmées. Les baisses de charges et d'impôts sur les entreprises prévues par le pacte de responsabilité, à quoi vient s'ajouter - miracle des municipales - un «coup de pouce aux bas salaires». Ce qui est clair, aussi, c'est que le gouvernement va demander un nouveau délai à Bruxelles pour tenir des engagements dont la réalisation recule avec l'horizon. Bruxelles acceptera peut-être, mais les agences de notation?
La situation exigeait un hussard, c'est un équilibriste qui s'est exprimé
Hollandissime, enfin, l'absence quasi totale dans l'intervention du premier ministre de ces réformes dites «de structure», qui ne coûtent rien, qui exigent seulement du courage, et dont Manuel Valls a longtemps soutenu qu'elles étaient les seules à pouvoir libérer la croissance et relancer l'emploi. Rien sur les rigidités du droit du travail et les effets de seuil, qui sont autant de freins à l'embauche! Rien sur les modalités d'indemnisation du chômage, qui découragent la recherche d'un nouvel emploi! Rien sur le temps de travail, qui est pourtant - Valls le disait jadis - notre principal gisement de productivité! La seule réforme ambitieuse évoquée hier est celle des collectivités territoriales. Mais, rassurons-nous, elle ne débutera pas avant 2017 (à la veille de la présidentielle!) ou, pour les départements, 2021! N'est pas Gerhard Schröder - ni Matteo Renzi - qui veut…
On ne voit que trop bien ce qui a conduit Manuel Valls à refuser l'obstacle. La peur de déplaire à sa majorité. La crainte de froisser le président. Mais le danger était-il si grand? Les députés socialistes grognent, grondent, mais ils ne sont pas prêts - on les comprend - à courir le risque d'une dissolution. Quant à François Hollande, qui peut croire, dans l'état d'impopularité où il se trouve, qu'il puisse avant longtemps se payer le luxe de changer de premier ministre? Manuel Valls avait l'occasion de renverser la table et d'imposer sa marque. Il l'a laissée passer. C'est dommage pour la gauche de gouvernement, qui n'accomplira pas aujourd'hui sa révolution réformatrice. C'est triste pour la France, qui devra attendre encore longtemps le moment de se redresser.


lundi 31 mars 2014

La dernière chance de François Hollande

La dernière chance de François Hollande


Ce n'est pas une vague, c'est un tsunami! Le premier tour avait été cruel pour François Hollande, le second est assassin. Amplifiée par une abstention galopante, la débâcle rose est quasi générale. Elle était, au fond, prévisible: de révolte fiscale en Manif pour tous, la colère qui nourrit depuis deux ans l'impopularité abyssale de l'exécutif ne pouvait pas ne pas s'exprimer dans les urnes. Il fallait à nos dirigeants tout l'entêtement satisfait de ceux qui ne veulent rien entendre ni rien voir pour penser un seul instant qu'ils pourraient échapper au désastre.
Cette fois, impossible de nier la réalité! Cette raclée historique, qui en annonce beaucoup d'autres (européennes, sénatoriales, régionales…), est un terrible réquisitoire contre ce quinquennat entamé dans l'illusion et qui, à mi-course, sombre déjà dans le discrédit. Elle sanctionne la faillite d'une politique qui a spectaculairement échoué en matière économique (chômage record, déficits galopants, impôts délirants) mais qui n'a pas su davantage tenir la promesse fondatrice d'apaiser le pays et de réconcilier les Français. Elle sanctionne aussi l'échec d'un homme qui, sauf en de rares occasions, n'aura jamais su se hisser à la hauteur de sa fonction, et qui, sous peine de se voir entraîné dans une spirale de rejet aux conséquences imprévisibles, doit aujourd'hui réagir vite et fort - tout ce qu'il déteste.
Mais que peut faire François Hollande?Remanier son gouvernement? Ce ne serait pas du luxe, tant l'équipe actuelle a brillé par son incohérence et son amateurisme, mais ce n'est évidemment pas à la hauteur du message envoyé par les Français. Changer de premier ministre? Ce n'était pas l'intention du chef de l'État. Au point où en sont les choses, on voit mal, cependant, comment il pourrait y échapper. 50 milliards d'économies, c'est peu de chose au regard de ce qui est nécessaire, mais c'est davantage qu'aucun gouvernement, fût-il de droite, a jamais accompli. Qui peut croire que Jean-Marc Ayrault a encore l'autorité nécessaire pour assumer devant la nation une telle politique, et l'imposer à une majorité que la défaite aura chauffée à blanc? S'il veut sauver ce «pacte de responsabilité» dont il a choisi de faire sa planche de salut, François Hollande doit se séparer de Jean-Marc Ayrault.
Manuel VallsLaurent Fabius? Le rival de demain ou celui d'hier? Celui qui rêve de s'asseoir à la place du président ou celui qui n'a jamais cessé de penser qu'il l'occupait indûment? Un troisième homme qui éviterait au président d'avoir à trancher ce dilemme? Que l'on ne s'y trompe pas: le grand charivari passionnera les journalistes quinze jours, les Français un peu moins longtemps, mais il ne changera rien au fond des choses. François Hollande le sait bien - et c'est pour cela qu'il hésitait hier encore à se séparer d'Ayrault: l'effet d'un changement de premier ministre est un feu de paille s'il ne s'accompagne d'un changement de politique.
«Le tournant! Le tournant! Le tournant!» C'est précisément ce que lui réclame sur l'air des lampions le chœur des éclopés de l'armée rose. Une vraie «politique de gauche», enfin, qui renoue avec les promesses de la campagne! Sus aux «riches»! Haro sur la «finance»! Du pouvoir d'achat et des allocations, financés par le déficit et la dette comme au bon vieux temps! Voilà, n'est-ce pas, qui ramènerait à la gauche ses électeurs enfuis…
Ce tournant, qui va aux antipodes de son pacte de responsabilité,François Hollande l'a dit et redit, il ne l'accomplira pas. Tant mieux! Il n'y a au fond pas grand mérite: le voudrait-il qu'il ne le pourrait pas! Placée sous surveillance par Bruxelles, attendue au tournant par les agences de notation, la France, prise à la gorge par la contrainte extérieure, ne peut tout simplement plus se permettre ce genre de fantaisie. Si François Hollande donnait si peu que ce soit le sentiment d'emprunter le chemin de la facilité, nous serions aussitôt sanctionnés par nos créanciers. Étranglée par le renchérissement de sa dette, la France n'attendrait pas six mois avant de voir débarquer, comme d'autres, les tuteurs du FMI…
Aux vertiges du tournant à gauche, le plus probable est donc que François Hollande va prétendre opposer la logique de la continuité. C'est un moindre mal, mais qui peut penser que c'est suffisant? Bien sûr, le président peut continuer, comme il le fait depuis des mois, à ménager la chèvre et le chou. Reculer d'un pas quand il avance de deux. Proclamer sa conversion à la politique de l'offre et continuer d'accabler les créateurs de richesse de taxes et de réglementations. Afficher à Bruxelles de courageux objectifs de réduction de la dépense publique tout en concédant à Paris les accommodements qui les vident de leur contenu. Il peut même annoncer une baisse d'impôts pour les plus modestes avant d'avoir réalisé la moindre économie! Le hic, c'est que c'est cette politique qui l'a conduit là où il en est - et la France avec lui! Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, s'il continue de finasser en attendant la croissance qui ne sera jamais assez forte pour sortir le pays du marasme où il se traîne, la catastrophe, retardée, ne sera pas évitée. Gare! Après la carte du changement du premier ministre, il ne restera à François Hollande que celle de la dissolution, contrainte et forcée.
Reste «l'autre» tournant. Celui que François Hollande n'a pas su prendre au lendemain de son élection, quand la Cour des comptes lui avait pourtant donné tous les arguments pour l'inscrire sur le compte de «l'héritage» laissé par Nicolas Sarkozy. Un tournant non pas «social-démocrate» (nous n'en sommes plus là!) mais clairement et résolument «social-libéral». Une vraie politique de l'offre qui débarrasse enfin les entreprises de ces contraintes absurdes qui les découragent d'embaucher. Une vraie politique d'économies budgétaires qui se fixe pour objectif l'équilibre de nos finances publiques et la baisse générale des impôts. De vraies réformes de structure pour adapter notre État-providence aux contraintes de la mondialisation et libérer l'emploi… Faire la révolution du socialisme, c'est la dernière chance du président.
Oh!, bien sûr, ce tournant-là sera fort mal accueilli par nombre d'électeurs de François Hollande qui y verront - à juste titre - une trahison des engagements de sa campagne. Le chef de l'État, s'il trouve en lui le courage d'emprunter ce chemin difficile, devra batailler ferme contre sa propre majorité. Sa courbe de popularité, dans un premier temps, n'en sera pas améliorée. Mais il n'est pas exclu (à considérer ce qui se passe chez nos voisins, c'est même le plus probable) qu'une telle politique, à terme, produise des résultats. S'ils arrivent assez tôt pour qu'il en tire un bénéfice politique, François Hollande restera dans l'histoire comme un autre Tony Blair: l'homme de gauche qui n'a pas craint de briser les tabous de la pensée socialiste, et qui a été réélu deux fois. En 2017, tous les espoirs lui resteront permis.
Et si ça ne marche pas, ou trop tard, ou trop peu pour que les électeurs lui en sachent gré? C'est une hypothèse que l'on ne peut évidemment pas écarter. Alors, le président sortant sera battu en 2017, mais avec les honneurs, tel un Gerhard Schröder, réformateur socialiste électoralement malheureux mais à qui l'avenir a rendu justice. Une défaite, fût-elle glorieuse, on conçoit que cela ne fasse pas rêver François Hollande! Mais, à tout prendre, ne vaut-il pas mieux échouer en homme d'État que d'être chassé, tel Georges Papandréou, sous les huées?

mardi 19 mai 2009

La France qui ne défile pas

Historique! Avant même les rituelles processions du 1er Mai, les grands mots étaient de sortie. Historique, l'union des huit centrales syndicales qui n'étaient jamais parvenues à défiler toutes ensemble depuis le début de leur histoire. Historiques, les retrouvailles de Martine Aubry et de Ségolène Royal qui, pour les besoins de la cause, avaient annoncé leur intention de cheminer bras dessus, bras dessous, comme deux amies qu'elles n'ont jamais été. Et historique aussi, cela va de soi, la mobilisation espérée...

Historiques, les slogans scandés par les cortèges promettaient quant à eux de l'être beaucoup moins. «Le maintien de l'emploi», qui pourrait être contre ? «L'amélioration du pouvoir d'achat», qui n'en rêverait ? Mais en quoi les défilés de ce vendredi, après tant d'autres, contribueront-ils si peu que ce soit à la lutte contre le chômage ? En quoi permettront-ils d'améliorer, fût-ce d'un euro, le sort de tous ceux que la crise frappe de plein fouet ? Sarkozy est sommé de «changer de cap»? Mais, au juste, qu'attend-on de lui ? Qu'il distribue l'argent que l'Etat n'a plus depuis longtemps ? Qu'il ponctionne davantage encore les entreprises, seules à même de créer l'activité et les emplois de demain ?

Slogan pour slogan, on aurait rêvé de banderoles enfin révolutionnaires, de calicots qui proclament pour une fois quelques rudes vérités : «La crise est mondiale, la bataille pour les coûts salariaux aussi!»; «Les autres travaillent plus que nous!»; «Les salariés du public ne sont pas les plus malheureux!»; «Les chèques d'aujourd'hui sont la dette de demain!»... Voilà qui, pour le coup, eût été véritablement historique. Allons !, le grand soir des illusions nationales devra encore attendre un peu...

Historique serait aussi, paraît-il, le désamour qui, deux ans après son élection, frappe Nicolas Sarkozy. On comprend que certains soient désireux de célébrer à leur manière l'anniversaire de ce 6 mai 2007 fatal à leurs espérances politiques, mais, là encore, il faudrait revenir à la réalité.

Comme tous les dirigeants de la planète, Nicolas Sarkozy - notre baromètre en témoigne (lire page24)- voit sa popularité durement affectée par la crise : il est plus touché que Merkel ou Berlusconi, moins que Brown ou Zapatero. Mais sa cote de confiance reste nettement plus élevée que celle de François Mitterrand à la fin des années Mauroy, ou que celle de Jacques Chirac à l'époque des grandes grèves contre Alain Juppé. Un récent sondage dont on a moins parlé (réalisé pour le quotidien Sud Ouest) indique même que si l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, Sarkozy obtiendrait au premier tour, à trois points près, le score qui fut le sien le 22 avril 2007 ! Pas si mal, pour un président confronté à la plus grave crise que la France ait connue depuis 1929 !

Vous avez dit historique? En dépit de tout, des légitimes inquiétudes et des inévitables déceptions, des polémiques médiatiques et des couacs à l'Assemblée, des prophéties de ces marchands d'apocalypse qui devinent derrière chaque cortège l'ombre de la Révolution, et des bons conseils de ces drôles d'amis qui clament la nécessité d'augmenter les impôts, le socle électoral du sarkozysme, pour l'heure, n'a pas lâché ! La France «qui ne défile pas» doute parfois, mais elle ne l'a pas abandonné.

Et pourtant, cette France-là est en attente, elle aussi. Convaincue que Sarkozy tient le bon cap, elle est prête à admettre que le capitaine ne puisse lui dire - qui le pourrait ? - quand la tempête va s'apaiser, mais elle voudrait savoir sur quelles terres nouvelles le navire va aborder. Le président de la République lui a dit - ce qu'elle savait confusément - que la crise mondiale allait «transformer pour longtemps l'économie, la société, la politique». Mais il ne lui pas dit en quoi consisterait cette transformation. Il lui a dit que le « logiciel sarkozyste », parce qu'il est fondé sur des valeurs («le travail, l'effort, le mérite, l'excellence, la responsabilité») et non pas sur des recettes économiques ou politiques, n'était pas, bien au contraire, frappé d'obsolescence par la crise. Mais il ne lui a pas fait sentir en quoi ces valeurs pouvaient inspirer (sur l'économie bien sûr, mais aussi l'Europe, la santé, la famille, la sécurité ou l'immigration) un changement fécond.

A toutes ces questions, Nicolas Sarkozy ne répondra pas en nommant Pierre à la place de Paul ni en poursuivant cette « ouverture » qui, à force d'affaiblir les socialistes (ils le font fort bien tout seuls !) ouvre surtout un boulevard à François Bayrou. Il doit - et ce défi-là, vraiment, est historique - retrouver l'esprit et l'inspiration des origines pour dessiner, par-delà la crise, le visage de « la France d'après ».