Les Chinois disent « une photo, mille mots »… pour la police grecque, se serait plutôt « une photo, une visite à l’hôpital ». Les passages à tabac des photo-reporters par les policiers durant les manifestations sont devenus une routine en Grèce.
Marios Lolos : Il existe deux lectures de cette décision. D'un côté, le Tribunal à admis lui aussi qu'un membre des CRS a frappé une photo-reporter, Tatiana Bolari, et l'homme en question a été condamné à 8 mois de prison avec sursis. Il existait déjà une décision de justice pour aggression de journaliste par la police, mais pour aggression de photo-reporter, c'est la première fois, et peut-être la dernière. La seconde lecture de cette décision, négative cette fois, c'est que le policier n'a pas été condamné pour avoir avoir abusé de son pouvoir ou manqué à son service. C'est comme si le Tribunal disait que frapper un reporter fait partie du travail du policier.
Personnellement, j'ai été hospitalisé pour traumatisme crânien, et il s'en est fallu de peu que j'en meure.
Dans mon cas particulier, c'était très facile, parce qu'il n'y avait qu'une section de police à cet endroit-là, c'est-à-dire environ 20 agents, ça n'était pas sorcier.
Parce que personne ne le veut ! Notre Union ne se positionne pas contre le chef de la police, mais contre les dirigeants politiques. Ce n'est pas le policier qui nous intéresse, c'est l'homme politique. Auparavant, Chrysoïdis avait annoncé que les CRS porteraient un matricule permettant de les identifier. Les policiers de la section DELTA non plus, ne portent pas de matricule. Ils ont frappé un confrère de l'agence française, nous avions la plaque d'immatriculation de leur moto, et malgré cela, ils n'ont pas été retrouvés.
À l'étranger aussi, il y a des cas de violence policière, mais il existe une différence : le coupable, ils le trouveront et il sera condamné. Même en Amérique, où les choses sont très violentes, ils sont condamnés. Ici les dirigeants politiques ne veulent pas que soient identifiés les policiers qui cognent, parce qu'ils ne peuvent pas d'un côté leur demander de faire le sale boulot, et de l'autre les condamner. La façon dont les choses se passent ici, ça n'existe nulle part ailleurs.
Quand ils sont arrivés ici, ils portaient des gilets pare-balles et des casques. Et ça, ils ne le font pas partout. Heureusement, personne n'a été blessé, mais j'ai sauvé du passage à tabac beaucoup de confrères étrangers.
Faire des déclarations ou aller voir chaque ministre de l'Ordre Public n'est d'aucune utilité. Nous avons besoin d'un réseau de protection, et ce réseau de protection, ce doit être les gens dans la rue, les manifestants qui, quand ils se rendent compte qu'un policier frappe quelqu'un, ne doivent pas regarder de l'autre côté et partir. Objectivement, c'est la seule façon de se protéger. Ils peuvent brandir leurs matraques, nous effrayer, nous menacer autant qu'ils veulent, nous continuerons à photographier.















