L’arbre de « la » crise cache en fait une forêt de crises – crises au pluriel.
Les politiques parlent toujours de « la » crise – pour nous expliquer comment ils l’ont magnifiquement gérée, ou pourquoi elle les empêche d’obtenir les magnifiques résultats promis. Ce qu’ils ne voient pas c’est que l’arbre de la crise cache la forêt des crises – crises au pluriel. Et le problème, puisqu’ils ne les ont pas réglées au fur et à mesure, c’est que toutes ces crises se sont accumulées et vont toutes nous exploser à la figure en même temps dans les mois qui viennent. C’est ce qui arrive quand on met la poussière sous le tapis !
Sans chercher à être exhaustif, passons-les très rapidement en revue pour voir pourquoi les prochains mois vont être particulièrement difficiles (prenez tout de même une bonne dose de Doliprane avant de poursuivre la lecture !)
Il y a évidemment la crise économique : la croissance est nulle, les entreprises s’écroulent, n’investissent plus, n’exportent plus, le chômage explose, le matraquage fiscal détruit la demande, la construction de logements s’effondre, c’est la spirale de l’effondrement…
Il y a la crise budgétaire : les déficits sont devenus incontrôlables et Hollande aura beau demander à l’Europe de repousser la date du redressement des comptes publics, ce sont finalement les Français qui devront payer l’ardoise de son incroyable négligence (exactement le motif pour lequel Christine Lagarde a été mise en examen).
Il y a la crise financière : les comptes sociaux sont dans le rouge, les retraites ne sont plus financées, les prestations sociales sont compromises par la faillite de l’État, les hôpitaux sont en crise…
Il y a la crise de la dette :la dette est désormais à 2000 Mds d’euros. De quoi donner le vertige et surtout paniquer les générations qui arrivent et qui sont déjà totalement plombées par les ardoises qu’on dépose silencieusement dans leurs berceaux !
Il y a la crise fiscale : les entreprises ont été matraquées et les contribuables rançonnés. Les Français sont ruinés, la colère gronde et l’argent ne rentre plus dans les caisses de l’État. Le socialisme quoi !
Il y a la crise politique : il suffit de voir le discrédit de toute la classe politique et le niveau abyssal de la cote de confiance du Président de la République… Prétendre diriger un pays à ce niveau de défiance est effectivement difficile.
Il y a la crise ministérielle : vous avez vu tous ces ministres qui partent, qui arrivent, qui changent, qui valsent, qui n’ont pas la moindre compétence et qui ne sont nommés à ces postes de responsabilité uniquement parce qu’ils sont membres du Parti… On ne peut pas gouverner un grand pays comme ça.
Il y a la crise institutionnelle : de plus en plus nombreux sont ceux qui cherchent à rendre la Ve République responsable de leurs échecs et nous proposent une « VIe République » qui, évidemment, va tout régler…
Il y a la crise parlementaire : tout le monde voit bien que le système de représentation démocratique ne fonctionne plus. Quel que soit l’estime qu’on porte à ces partis, le fait que le FN n’ait que 2 élus avec 13,6% des voix pendant que les radicaux de gauche en obtiennent 11 avec seulement 1,6% et Europe Écologie les Verts 18 avec 5,4% des voix ne peut pas être considéré comme « démocratique ». La nature a horreur du vide et si toutes les opinions ne sont pas représentées au Parlement, il ne faudra pas s’étonner si elles s’expriment là où elles seront entendues : dans la rue, et par la violence
Il y a la crise de la démocratie qui fait que, contrairement à la Suisse, le Peuple souverain français n’est jamais consulté – ni sur les grandes lois dites de société, ni sur les grandes réformes qui sont décidées par quelques hommes de cabinet et votées par des parlementaires serviles et militants. Et quand il y a un référendum (le dernier date de 2005) et que le Peuple dit NON, les parlementaires corrigent le vote populaire et s’arrogent le droit de transformer ce refus explicite en OUI. Stupéfiante façon de faire naître une démocratie vivante !
Il y a la crise législative : tout le monde sent bien que les lois qui sont votées sont davantage le fruit idéologique d’arrangements entre collègues membres d’un même parti que l’expression de la volonté majoritaire du Peuple souverain. Pire encore – comme on vient de le voir avec la loi ALUR de Cécile Duflot – les lois à peine votées sont aussitôt « détricotées » car jugées mauvaises et nocives pour le pays !
Il y a la crise européenne : qui ne voit pas que l’Europe institutionnelle est totalement absente et incapable d’apporter des vraies solutions aux problèmes qui préoccupent les peuples européens ? La guerre fait rage aux portes de l’Europe et Bruxelles est toujours aux abonnés absents. Enfin pas tout à fait car, heureusement, ils sont là pour règlementer la puissance des aspirateurs ou des ampoules électriques ! Chic.
Il y a la crise internationale : CentreAfrique, Ukraine, Syrie, Irak, État Islamique… Partout la diplomatie Française a fait des moulinets franco-français sans jamais jouer collectif avec ses partenaires européens. Lors des dernières élections européennes, rappelez-vous, on nous avait dit : plus jamais ça ! Dans l’affaire ukrainienne, les sanctions contre la Russie nous reviennent dans la figure comme un boomerang : nos productions agricoles ne s’exportent plus et les importations d’énergie vont être compromises. Mais ce n’est pas grave puisque Fabius est de taille à chatouiller l’ours Russe.
Il y a la crise du vive ensemble : tout le monde voit bien que l’immigration, amplifiée par les crises et les violences au Moyen-orient, pose de plus en plus de problèmes d’accueil et d’insertion des populations réfugiées et qui se pressent à Calais. L’absence de moyens financiers accentuant évidemment le problème… Ceux qui ont suivi les événements de Ferguson aux États-Unis pressentent très bien ce qui risque de se passer lorsqu’une petite étincelle met le feu au poudres. Mais bon, on a Bernard Cazeneuve et donc il n’y aura heureusement pas de violences urbaines en France… Ouf.
Il y a la crise sanitaire : Ebola…. Comme toujours, on nous affirme que tout est sous contrôle et que donc, comme lors de Tchernobyl, « le nuage Ebola » ne passera pas au-dessus de nos frontières… La France « a les moyens de faire face à Ebola » affirme Marisol Touraine pendant que Médecins sans frontières et l’OMS évoquent désormais une « épidémie hors de contrôle »…
Il y a la crise de la liberté d’expression : pour la Gauche sectaire, tout ce qui est une simple critique est aussitôt qualifié de « phobie » : homophobie, islamophobie… vous ne pouvez pas critiquer les projets de Najat-Belkacem ou de la Garde des Sceaux sinon vous êtes qualifié de raciste, de machiste ou de fasciste ou nauséabond… Vous ne pouvez pas non plus critiquer Hollande sinon vous êtes réac, ou sarkoziste, ou nostalgique de Napoléon ! Bref la France vit en plein délire de la pensée unique, du conformisme progressiste et de surveillance du respect de la ligne officielle définis par le Politburo et les médias. On hallucine.
Il y a la crise de la pensée économique. Tous ceux qui nous gouvernent et votent les lois ont un cerveau économique daté au carbone 14 : mix de vieux marxisme sorti de la naphtaline et d’un anti-capitalisme primaire et maladif. Ils veulent ponctionner « les riches », obtenir des « contreparties » des horribles patrons « qui se gavent de dividendes »… Eux, en revanche, multiplient les dépenses payées par la dette et créent des « emplois d’avenir » payés par le contribuable… Ils vénèrent Keynes et haïssent le libéralisme qu’ils qualifient de « sauvage » pour mieux le discréditer alors qu’on est dans un pays où la dépense publique représente plus de 53% du PIB ! Tragique méconnaissance des mécanismes de base de l’économie.
Bon, allez, j’arrête tellement c’est décourageant. Il faudrait encore parler de la crise de l’éducation, de la crise de la formation professionnelle etc., etc. Comme vous voyez, tout est en crise et moi-même je ne me sens pas très bien…
Face à toutes ces crises, demandez-vous uniquement ce que font Hollande, Valls et leurs différents ministres dépensiers. Pensez-vous qu’ils se rendent compte qu’il y a toutes ces crises ? Qu’ils en ont pris la mesure ? Qu’ils sont à la hauteur de ce qu’il faudrait faire ? Qu’ils vont enfin se décider à les prendre à bras le corps, courageusement, et faire quelque chose pour arrêter les dominos qui tombent les uns après les autres ?
La réponse, vous vous en doutez, c’est Claude Bartolone, le président de l’Assemblée Nationale, qui la donne dans une interview à Libération le 28 aout : « On ne touche pas aux totems du progrès social ». Tout est dit : rien ne marche, tout est bloqué, tout va exploser, mais on ne touche à rien : c’est totem et tabou ! Et d’ailleurs pourquoi se bouger puisqu’il n’y a pas de crise. Quelle crise ? Puisqu’on vous dit que le Gouvernement a tout sous contrôle, vous voulez affoler l’opinion, vous êtes alarmiste !
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Le tweet qui tue que Manuels Valls pensait naïvement pouvoir supprimer en douce et qui réapparait sur le web en lui explosant à la figure.
Internet a permis de nombreux développements, notamment celui des sites d’entraide et de partage ou la mise en relation entre particuliers. Du covoiturage à la récupération, de la location de logements inoccupés au prêt entre particuliers, c’est tout un écosystème qui se développe, offrant des solutions moins chères voire gratuites aux consommateurs. Parfois en concurrence avec des entreprises,ces services créent souvent des opportunités inexistantes.
Adèle, 23 ans, est pionnière de BlaBlaCar, site leader de covoiturage. « À l’origine, je n’avais pas le choix pour faire Saumur-Rennes où la SNCF ne propose pas de train direct. »
Mais ce n’est pas au goût de tout le monde. Les professionnels de l’hôtellerie ne voient pas d’un bon œil la concurrence d’AirBnB, et les taxis refusent la concurrence d’alternatives moins coûteuses ; tous deux ont obtenu de l’État qu’il mette des bâtons dans les roues des nouveaux entrants sur leur marché.
Pour Bouldié Chartier-Beffa :
Dès lors que cette mise en réseaux, qui s’affranchit des intermédiaires, se généralise, « on a affaire à un libéralisme sauvage, non structuré qui s’exprime ». Au détriment de l’économie traditionnelle. [...] Biouldé Chartier-Beffa prône une régulation d’urgence de ce marché par les pouvoirs publics, car « ces starts up [sic] n’ont pas les mêmes charges que leurs homologues traditionnelles ni les même salariés, ni les mêmes taxes. » La « guerre » a bien commencé : il suffit de voir la violente opposition entre Uber et les taxis ou entre Rbnb [sic] et l’hôtellerie. « Et, demain, la multiplication des services à domicile est une vraie menace ».
Des solutions innovantes offrant aux citoyens des possibilités nouvelles et plus avantageuses, c’est bien trop libéral, et ça crée une concurrence à l’économie traditionnelle. Vite, règlementons, taxons, interdisons !
Cette concurrence néolibérale débridée, ce capitalisme sauvage qui s’exprime par le partage et l’échange entre adultes consentants menacent directement l’économie. Pour endiguer l’invasion du libéralisme, il faut aller plus loin, et en finir définitivement avec le gratuit et le pas cher, avec le don, l’échange et le service entre particuliers. Interdire non seulement AirBnB, mais aussi Couchsurfing.
Il faut en finir avec le coup de main donné à un ami pour repeindre son salon, qui part d’une bonne intention mais fait concurrence aux artisans locaux. Interdire aux Français d’héberger un ami en plein déménagement, ou de garder pour lui quelques cartons dans un coin du grenier, pour sauver les hôtels et garde-meubles.Traquer les naïfs qui pensent qu’inviter un collègue à diner est un geste innocent et bienveillant sans se rendre compte qu’ils mettent ainsi en péril tout le secteur de la restauration. Pourchasser ceux qui offrent ou vendent pour un prix modique les vieux meubles dont ils n’ont plus l’usage. Enfermer ceux qui prêtent de l’argent à un voisin dans le besoin, et lui évitent de payer des frais bancaires. Il faut en finir avec tous ces pirates. Que dire de la colocation, qui évite à chacun d’avoir à louer son propre appartement ? Ou de l’auto-stop, ce covoiturage gratuit et sauvage face auquel les professionnels du transport sont désarmés ?
Ce n’est pas seulement l’écosystème de la mise en relation entre particuliers qu’il faut tuer dans l’œuf, mais l’idée même de la solidarité et du partage.
À moins de considérer que ces échanges nouveaux entre particuliers, gratuits ou bon marché, ne regardent que ceux qui y prennent part. Qu’il n’y a aucune raison de protéger des modèles simplement parce qu’ils font face à une concurrence nouvelle, aucune raison de privilégier le payant au gratuit, aucune raison pour que les particuliers ne puissent pas librement échanger, directement ou via des intermédiaires, gratuitement ou non.
Et de considérer que c’est au consommateur de choisir, parmi une offre aussi large que possible, s’il préfère économiser sur l’hébergement ou bénéficier des services d’un hôtel, s’il préfère louer une voiture à un particulier ou bénéficier des services et de la flexibilité d’un loueur, s’il veut des meubles neufs ou s’accommode volontiers d’anciens.
Mais ça, bien sûr, c’est du libéralisme sauvage : no pasaran !
En charge des dossiers sensibles de l'immigration et de la sécurité à l'Élysée entre 2007 et 2012, Maxime Tandonnet raconte les coulisses du pouvoir dans Au coeur du Volcan qui paraît cette semaine. Pour FigaroVox, il revient sur ses cinq ans avec Nicolas Sarkozy.
Vous avez passé 4 ans à l'Elysée en tant que conseiller du président de la République en matière de sécurité et d'immigration: un poste particulièrement sensible et exposé. Quels souvenirs marquant gardez-vous de cette période? Que ressent-on lorsqu'on est au cœur du volcan?
Maxime Tandonnet: J'ai longuement hésité à publier ce livre. L'idée qu'il puisse contribuer à l'histoire d'un quinquennat et à l'information du public sur la réalité du pouvoir politique a emporté ma décision. Les souvenirs marquants abondent et on les retrouve dans ces carnets. Je me souviens notamment du déplacement en Charente maritime et en Vendée, dans les terres dévastées par la tempête Xynthia ayant fait une cinquantaine de morts et de la rencontre entre un chef d'Etat et ses compatriotes plongés dans le malheur et le chaos. Comment trouver les mots en pareilles circonstances? Etre au coeur du volcan n'est pas spécialement agréable. On connaît des moments de grande fierté, au début. Puis, sous la pression intense des événements, on finit inconsciemment par culpabiliser, prendre sur soi tout ce qui ne va pas dans le pays, des choses sur lesquelles on a peu de prise en réalité, et en souffrir. L'Elysée, même pour l'entourage, n'est pas la maison du bonheur...
Avec le recul, quel bilan tirez-vous de l'action de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité et de maitrise de l'immigration? A-t-il pu réellement mener sa politique à bien?
Son action s'est traduite par de nombreuses réformes très importantes, par exemple le rapprochement police-gendarmerie au ministère de l'Intérieur, la police d'agglomération parisienne, la «loi anti-bandes» en 2009, pénalisant le seul fait d'appartenir à une bande armée. Le sujet est complexe, on ne peut le traiter que par un travail de fond, pierre après pierre et sur le long terme. Tous ceux qui y ont été confrontés le savent. D'où le décalage bien compréhensible avec l'attente
de l'opinion. Sur l'immigration, de nombreuses mesures ont été prises et des résultats obtenus, contrairement à la caricature véhiculée par les oppositions de gauche et de droite radicale. Par exemple, la signature d'une quinzaine d'accords de gestion de l'immigration avec les pays d'origine, destinés à favoriser la circulation des personnes tout en luttant conjointement contre l'immigration illégale et en favorisant le développement dans les pays sources. C'était un pas décisif dans la bonne direction. A l'expérience, je trouve que l'immigration est un sujet qui devrait être sanctuarisé de la polémique politicienne et faire l'objet d'un consensus, d'un accord entre les partis par delà le clivage droite gauche sur des bases simples et évidentes telles que la condition d'un travail et de conditions de logement dignes de ce nom pour venir s'installer en France.
Vous-même en tant que conseiller, avez-vous eu le sentiment d'influer sur la vie des Français?
Je participais au travail d'une équipe, préparais les dossiers, les discours, animais le travail législatif et réglementaire et n'avais donc pas le sentiment d'influer directement sur la vie des Français, sinon à travers le bilan général d'une politique. Une fois j'ai eu le sentiment d'un impact direct et immédiat de mon action. En 2008, sur décision du président, j'ai été l'un des principaux acteurs d'une opération visant à faire venir en France 500 familles de chrétiens d'Irak menacés de mort pour leur donner l'asile en France. Là, j'ai eu le sentiment d'avoir contribué à sauver des vies.
Dans un passage marquant de votre livre vous décrivez la visite nocturne de Nicolas Sarkozy à la Courneuve, «J'ai l'impression de me trouver dans un pays en conflit, de vivre une scène de guerre en Irak». Les forces de l'ordre ne peuvent plus entrer dans certains quartiers. Comment en est-on arrivé là dans un état de droit?
C'est la pensée qui m'est en effet venue sur le moment, même si l'image peut paraître excessive avec le recul. Les quartiers sensibles sont probablement le résultat de plus d'un demi-siècle d'aveuglement ou d'hypocrisie. On a laissé peu à peu se constituer des enclaves sur le territoire français livrées à l'exclusion, un chômage massif, de près de la moitié des jeunes, l'échec scolaire, le sentiment d'abandon, parfois la violence, le non droit et le repli identitaire. La société française voudrait bien en faire abstraction mais il suffit de parler avec les élus des quartiers, les travailleurs sociaux, les policiers ou professeurs des collèges pour réaliser la gravité de la situation. Beaucoup de politiques sont conduites pour tenter de traiter ce sujet. Dans un pays en crise, c'est extrêmement difficile par manque de moyens. Mon livre montre aussi des côtés positifs et les contacts du chef de l'Etat avec des habitants qui attendent que la République leur tende la main.
A la lecture de votre livre, on a le sentiment que l'Etat est finalement impuissant face à ces questions. Malgré le volontarisme de Nicolas Sarkozy et la multiplication des projets de loi, la plupart des initiatives n'aboutissent pas. Quels sont les principaux obstacles auxquels vous vous êtes heurtés? Sont-ils de nature institutionnelle, politique? S'agit-il tout simplement de la chape de plomb du politiquement correct?
En effet, j'ai été impressionné par la puissance des obstacles à l'action publique, pas seulement sur la sécurité d'ailleurs. Le sentiment de l'impuissance publique pèse en permanence sur les épaules d'un acteur du pouvoir politique. Les causes en sont multiples: la situation budgétaire calamiteuse, la prolifération des jurisprudences, constitutionnelles, européennes, qui limitent énormément le champ des décisions possibles, formant un étroit carcan, le climat de conservatisme et d'inertie générale. Un exemple sur lequel je reviens longuement dans le livre. Le président demandait avec insistance la nomination de 50 inspecteurs des services fiscaux, auprès des policiers dans les quartiers touchés par le trafic de stupéfiants afin de traquer les signes extérieurs de richesse. Il lui a fallu plus d'un an pour y parvenir et cette mesure s'est avérée décisive. Pour faire bouger la réalité, il faut une extraordinaire patience et détermination.
Les juridictions ont-elle une part de responsabilité dans cette situation? Laquelle?
Il me semble que nous vivons dans des sociétés où les contre-pouvoirs, en particulier celui des grandes juridictions, les cours suprêmes, l'emportent globalement sur le pouvoir politique. Il faut bien entendu des contreparties et des contrôles face au pouvoir politique mais lorsqu'un certain point d'équilibre est franchi, on tombe dans la paralysie et tous ceux qui ont expérimenté le coeur du volcan le savent. Il y a les choix politiques qui sont censurés par le conseil constitutionnel, comme la taxe carbone en 2010. On peut s'en réjouir au cas par cas sur certains dossiers, mais sur le long terme, c'est l'autonomie et la marge d'action du pouvoir politique qui ne cesse de se restreindre. En outre joue la force de l'autocensure car le travail de préparation de la décision politique consiste à anticiper en permanence sur la réaction des juridictions. Cela pose le problème dramatique de l'avenir de la démocratie, du pouvoir réel du Parlement élu au suffrage universel qui en est le coeur.
Regrettez-vous que Nicolas Sarkozy ait refusé de recourir au référendum pour surmonter ces blocages?
Ce n'est pas évident, car l'outil est très délicat à manier, avec des risques qu'il se retourne contre vous dans les périodes d'impopularité... Il ne peut pas être d'un usage quotidien en tout cas. Le pouvoir politique dispose d'outils pour faire avancer les décisions, le référendum, certes, mais aussi les ordonnances et la possibilité dans certaines circonstances, de modifier la Constitution pour surmonter les obstacles de la jurisprudence. In fine, c'est la volonté politique, qui doit l'emporter, celle des pouvoirs élus au suffrage universel. Sinon, je ne vois pas bien où nous allons...
A travers votre livre vous revenez également sur le discours de Grenoble qui vous avez été injustement attribué. Que s'est-il réellement passé? Avez-vous eu le sentiment de servir de bouc-émissaire dans cette affaire?
Non, le terme de bouc émissaire est bien excessif. Il y a eu ces dernières années en France des phénomènes de lynchage public de personnalités infiniment plus violents que ma propre mésaventure... Cependant, c'est vrai, j'ai été le témoin privilégié de la mesquinerie qui s'attache à la proximité du pouvoir. A la suite de ce discours ayant fait scandale, mon nom a été livré à la presse, par une personne de l'Elysée, et j'ai été désigné comme responsable de la polémique, alors que je n'y étais absolument pour rien en tout cas dans les aspects les plus explosifs du discours comme l'idée de «déchéance de nationalité» pour les meurtriers de policiers et de gendarmes. Mais le plus incroyable, c'est que 8 mois plus tard, l'entourage présidentiel m'a demandé de quitter l'Elysée au prétexte que ma présence, emblématique, était devenue encombrante dans une optique de recentrage de l'image présidentielle... Pareille mésaventure, sans grande importance en soi, reflète un climat délétère dans les allées du pouvoir qui n'est pas propice au service de l'intérêt général. C'est pourquoi je l'ai narrée et regrette nullement de l'avoir vécue: ce qui ne tue pas rend plus fort.
Vous évoquez «un ouragan de néant déchaîné en vain». Au-delà de ce fameux discours, Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas eu trop tendance à alimenter inutilement les passions sur des sujets déjà sensibles?
Oui, c'est bien ce que j'ai ressenti, une énorme polémique qui a duré des mois et n'a débouché sur rien du tout puisque la mesure de déchéance de nationalité, de toute façon inutile, a été abandonnée... C'est l'évolution de la politique en général qui est en cause, bien au-delà du seul quinquennat de Nicolas Sarkozy. L'action sur le réel étant de plus en plus difficile et complexe, la vie politique bascule de plus en plus dans un monde virtuel fait de communication, de polémiques, d'apparitions médiatiques, d'annonces, de déclarations, de coups de menton, de petites phrases, d'images, de contradictions... Les Français ne sont pas dupes, ils se rendent compte de la supercherie et cela se traduit par des taux d'abstention massifs.
Votre livre est également un portrait en creux de l'ancien chef de l'Etat. Quels sont les aspects de sa personnalité qui vous ont le plus maqués? Avait-il selon-vous les qualités d'un homme d'Etat?
Je ne peux pas répondre à la dernière question, ayant été l'un de ses collaborateurs. Seul le recul historique permet de dire qui a montré les qualités d'un homme d'Etat. Je peux seulement témoigner, en toute sincérité, de sa passion pour le bien commun, de son envie presque obsessionnelle de faire avancer les choses et de servir les Français. Il est comme tout le monde avec des qualités et des défauts. Ceux qui l'ont fréquenté connaissent son charisme, ses qualités d'orateur, sa force d'entraînement et de conviction, son dynamisme, son extraordinaire envie d'agir et d'améliorer les choses, sa créativité, sa générosité et compassion face à la grande détresse. Ses mouvements d'humeurs sont fréquents, liés à l'agacement face aux retards et au temps perdu, mais en général sans méchanceté ni rancune.
Son retour vous apparait-il souhaitable pour la France?
Pardon, je vais répondre à côté de la plaque et vous décevoir... Je trouve que la vie politique française est beaucoup trop polarisée sur les personnes. Je trouve ridicule la course à la présidentielle 3 ans à l'avance! Cela fait partie d'un climat de manipulation générale. En tant que citoyen, je me refuse à toute logique de culte de la personnalité ou idolâtrie quelle qu'elle soit. Je suis convaincu que nul n'est indispensable. La sortie de crise dépend d'une prise de conscience générale des réformes nécessaires et de l'impulsion donnée par une avant garde. Quel visage humain doit prendre ce mouvement? je n'en sais rien! L'histoire passe, revient parfois en arrière, mais rarement. Je suis favorable à un renouvellement en profondeur du personnel politique, à l'émergence d'une nouvelle génération de dirigeants. Certes, avec la présidentialisation du régime, il faut bien que l'alternance passe par le choix d'un homme. Je ne me forgerai d'idée en 2017, que sur la base d'un programme et notamment de la volonté de réformer en profondeur les institutions politiques qui ne fonctionnent plus, ne permettent plus de gouverner, de choisir un destin commun. Dans l'hypothèse où les circonstances voudraient que Sarkozy soit de nouveau appelé à présider le pays, il me paraît évident qu'il devrait s'y prendre tout autrement, avec le recul qui sied à un chef de l'Etat, chargé de définir les grandes orientations en s'appuyant sur un Premier ministre à la tête du gouvernement du pays, responsable devant le Parlement, comme le veut la logique républicaine.
La vérité est là, penaude: le Parti socialiste se montre incapable de gouverner. Sur aucun des défis qui assaillent la France - le totalitarisme islamique à ses portes, la fracture identitaire sur son sol, le désastre économique et social, etc. - la gauche bavarde et rêveuse n'a de réponses cohérentes. Elle hésite à désigner l'adversaire, à choisir son camp, à mesurer les réalités. À vouloir marier les contraires, le hollandisme s'avère un mirage.François Hollande, trempé-guené dimanche à l'île de Sein, mène l'État à son naufrage pour n'avoir jamais jugé utile de construire une doctrine. En se reposant initialement sur ses boucs émissaires (Nicolas Sarkozy, la finance, l'Allemagne, etc.), le chef de l'État a autorisé pour son camp de semblables désinvoltures, dont Arnaud Montebourg est l'aboutissement théâtral. Mais c'est le peuple, effaré par ces incompétences, qui trinque.
La comédie française jouée par cet ambitieux, déjà moqué chez Molière, ridiculise la nation aux yeux du monde. Les grasses impertinences que Montebourg a lâchées, dimanche à Frangy-en Bresse (Saône-et-Loire), ont suffi à déstabiliser l'ensemble du gouvernement.Manuel Valls a bien fait de se séparer, lundi, de ce fantasque ministre de l'Économie qui, dans un pays asphyxié par la dette (2 000 milliards d'euros), soutenait: «La réduction des déficits est une absurdité financière.» Mais ce fut une sottise de l'avoir mis là, sachant ses divergences sur la relance. Il est effarant de constater l'irresponsabilité qui accompagne bien des nominations délicates, décidées sur un coin de table. Avec la même légèreté,Benoît Hamon a choisi de quitter l'Éducation nationale à la veille de la rentrée des classes.
Faut-il leur rappeler cette banalité, à tous ces «claque-dents de tribunes et orateurs de carrefours» (Chateaubriand)? Oui, les temps sont tragiques. Ils n'autorisent pas l'égotisme, l'amateurisme, l'improvisation, la petitesse carriériste. L'épuration des chrétiens d'Orient, l'antisémitisme des cités, l'irrésistible envolée du chômage de masse - ces faits qui ont bousculé l'actualité estivale - obligent les politiques à quitter leurs chaussons et les idées clonées. L'impératif vaut d'abord pour les partis desséchés. Le PS ne produit plus une idée originale depuis des lustres. L'UMP ne vaut guère mieux ; il serait incapable de gouverner au débotté. Quand au FN, ses obsessions antilibérales et anti-atlantistes le rendent incongru en économie et en diplomatie, le choc des civilisations invitant à la solidarité avec le monde libre.
En tordant le bras aux doctrinaires, représentés par ces militants et députés abusés par le Hollande «ennemi de la finance», Valls a enterré le socialisme du XIXe siècle et a accéléré l'explosion du PS. De l'inopérante synthèse entre la carpe et le lapin subsistent la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l'Éducation et la confirmation de ChristianeTaubira à la Justice: deux idéologues n'ayant pas renoncé à dresser les jeunes esprits pour l'une, à relativiser les sanctions pour l'autre. Reste ce constat du tournant libéral que le premier ministre, acclamé mercredi au Medef, impose à son camp avec la nomination à l'Économie d'un ex-banquier de chez Rothschild, Emmanuel Macron. Son social-libéralisme est pareil au libéralisme social de l'UMP. Le virage à droite oblige l'opposition à en faire autant, si elle veut exister. Mais le glissement des plaques tectoniques, qui fissure les bâtisses, pourrait aller plus loin.
Le vrai clivage
En fait, l'épisode Montebourg confirme, à travers la crise des partis qu'il dévoile, la vacuité du clivage droite-gauche. En économie, le couple Valls-Macron pense peu ou prou comme Juppé-Bayrou, duo lui-même guère éloigné du libéralisme de Fillon ou de Sarkozy. Ce que le FN avait diagnostiqué comme «l'UMPS», moquant leurs fausses divergences, devient un fait. Cependant, quand Florian Philippot (FN) présente le nouveau ministre de l'Économie comme un «ultralibéral vorace et féroce», il se rapproche des socialistes momifiés, des mélenchonistes lyriques et de l'ultragauche pavlovienne. Pour leur part, les souverainistes de tous poils parlent d'une même voix lorsqu'ils fustigent le libre marché ou louent le «patriotisme économique». À ceci près que ce dernier credo est également repris parMacron et par les libéraux sensibles au «made in France». Bref, ce méli-mélo appelle à une refondation de la politique.
Faute d'homme providentiel, l'Union nationale est dans l'air du temps. Cette formule, qui associerait les expertises sur quelques points précis, aurait l'avantage théorique d'additionner des compétences et des solidarités, à un moment où la France est vulnérable. Valls n'a pas tort quand il remarque, mardi sur France 2, que «les étiquettes sont surannées» et souhaite que «les formations politiques se rassemblent». Beaucoup de responsables semblent sur la même longueur d'onde, dans un apparent exercice d'humilité que ne semble pas vouloir partager le FN, conforté par les sondages qui le portent. Sa posture présomptueuse arrange l'opposition, qui n'ose aborder le problème de son élargissement à droite. Pourtant, un vrai clivage existe, qui pourrait favoriser une telle Union dépassant également les autres partis: il oppose les défenseurs de l'unité nationale et ses piliers (laïcité, assimilation) aux promoteurs du multiculturalisme et de ses «accommodements», réclamés par l'islam politique. Pour ce dernier, la division est son allié.
Faire bloc contre le califat
Les politiques ne peuvent plus se tromper d'enjeux, ni encore moins d'adversaires. La barbarie sunnite galopante déployée par le califat dans le nord de l'Irak contre les chrétiens, les yazidis et les chiites (décapitations, crucifixions, viols, etc.) oblige à dépasser les indignations et à affronter cette guerre de religion et de civilisation qui menace l'Europe d'un «troisième totalitarisme» (Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, de retour d'Erbil). Hier, à Paris, Hollande a appelé à une «large alliance» contre les djihadistes, en oubliant qu'il y a un an il proposait de bombarder le régime du syrien Bachar el-Assad, qui leur résistait pourtant.
L'Europe, les États-Unis, Israël, la Russie partagent le même ennemi, qui prétend parler au nom de l'islam. À ces pays de faire bloc et de bouleverser les rapprochements, y compris sans doute avec l'Iran chiite. Le Vatican, dérogeant à son habituelle prudence, exige lui-même des responsables religieux musulmans «une prise de position claire et courageuse». Reste aussi aux musulmans de France de se désolidariser, clairement, des premiers loups entrés dans Paris cet été. Pourquoi ceux qui manifestent pour les Palestiniens n'en feraient-ils pas autant pour les minorités d'Orient persécutées?
« Bons baisers des colonies » expose les images stéréotypées des femmes indigènes produites par les colons pour assouvir leurs fantasmes ou leur curiosité. Visite guidée avec la commissaire de l'exposition présentée aux Rencontres d'Arles.
Elles posent, seins nus, droites ou docilement assises. Les femmes indigènes ont longtemps fait figure d'attraction sur les cartes postales que les colons envoyaient à leurs familles restées en France. Ces photographies pleines de grâce ont pourtant répandu des représentations erronées de ces femmes. Inventées pour répondre à la curiosité ou au fantasme d'une société occidentale centrée sur le désir de l'homme. Ainsi, le colon exhibe sa concubine d'Indochine, les seins des femmes du Maghreb et les corps noirs des femmes « sauvages » d'Afrique. C'est cette violence coloniale que montre l'exposition « Bons baisers des colonies », au programme des Rencontres d'Arles jusqu'au 21 septembre. Rencontre avec Safia Belmenouar, commissaire de l'exposition.
Lefigaro.fr/madame.– Comment ont été construites ces images biaisées et stéréotypées des femmes des colonies dans les cartes postales ? Safia Belmenouar.– Les registres de représentation et de fantasme changent selon les aires géographiques. Pour l’Indochine, les colons considèrent qu’il y a une histoire, une civilisation plus proche d’eux. Le terrain du fantasme n’est pas le même puisque les Asiatiques vivaient souvent en ménage avec le colon, dont la femme était restée en métropole dans un premier temps. La congaï apportait sa connaissance du pays. Leur union était installée mais un peu cachée. Puis, quand les femmes des colons ont rejoint leurs maris en Indochine, ces congaïs ont été répudiées. En Afrique noire, les cartes postales présentent des plans serrés, de plein pied, on est dans un registre anthropologique qui suscite la curiosité, la fascination voire la répulsion à cause de la couleur de peau. Tout cela est trop différent pour susciter le fantasme des colons. Au Maghreb, où les femmes et les hommes sont séparés, l’union avec un colon était très mal vue. On est dans l’idée d’une société qui se refuse, qui se dérobe.
D’où le fantasme de pénétrer dans un lieu inaccessible : le harem…Oui. En toile de fond, la peinture orientaliste du XIXe siècle avait déjà offert un terreau fertile à cette représentation et à ce stéréotype. Ces cartes postales en sont la déclinaison photographique, en quelque sorte. La mise en scène de la femme « mauresque » joue des mêmes codes orientalistes, en les accentuant. On retrouve les tapis, les narguilés comme alibis ethnologiques, puis les poses d’odalisques. Pour le colon, il suffirait de passer la porte pour retrouver ces femmes. En réalité, ce genre de harem n’existe pas.
D’autres éléments ont-ils été inventés pour répondre à ce fantasme ?Les seins nus sont l’élément le plus prégnant et visible de la femme mauresque inventée. Elle est représentée de deux façons : voilée et dénudée, l’une étant l’envers de l’autre. On montre ainsi un attribut érotique purement occidental, dont il n’est pas question dans la culture maghrébine. Ce dénudement est une forme de violence vis-à-vis d’une culture qui distingue fortement espaces public et privé.
"Ces femmes nues qui nous attendent au Maghreb"
Existent-ils des cartes postales mettant en scène des hommes ?Oui, mais elles représentent plutôt des paysans ou des petits métiers, des scènes typiques de la vie quotidienne.
Quels étaient les auteurs et les destinataires de ces cartes postales ?Tout le monde. Quand on lit les messages au dos, ils n’ont aucun rapport avec l’image. La carte postale est juste une missive parmi d’autres entre les gens des colonies qui envoient des nouvelles à la famille restée en métropole. Quelques-unes semblent dire tout de même : « regardez ces femmes nues qui nous attendent au Maghreb ».
Cette pratique va-t-elle perdurer jusqu’à la fin des colonies ?La circulation des cartes postales coloniales connaîit son apogée vers 1930. Certaines réalisées en 1910 sont rééditées, avec d’autres couleurs et figent ainsi la représentation que l’on a des colonies pendant vingt, trente ans. Puis la production diminue et à la fin de la seconde guerre mondiale, elles se font plus rares. Les colonies commencent à demander leur indépendance, on change de représentation.
Comment avez-vous trouvé et réuni ces cartes ?Le marché de la carte postale possède bien des sous-catégories… Les coloniales sont faciles d’accès : on en trouve encore au marché aux puces ou sur eBay. C’est ainsi que je les ai collectionnées. Ce qui est amusant, c’est que le prix diffère selon le type d’image. Et évidemment, les femmes mauresques dénudées sont les plus chères.
A peine remis de la crise politique qui a ébranlé le gouvernement, les socialistes ont fait leur rentrée vendredi à l’université d’été de La Rochelle. Certains dirigeants ne cachent pas leur désarroi.
Le constat vient d’un ponte de la majorité : "Tout part en vrille. En une semaine, il y a eu un enchaînement de conneries. Tout le monde en veut à l’exécutif." La rentrée des socialistes à La Rochelle est amère. Difficile de se remettre de la crise politique qui a secoué le gouvernement quatre jours plus tôt. Personne ne s’attendait à voir Arnaud Montebourg et Benoît Hamon quitter ainsi le gouvernement. "C’est un énorme gâchis", concède un proche du Premier ministre. "On se tire des balles dans le pied tous seuls", soupire un député. La parenthèse est désormais fermée et les leçons ont vite été tirées. Plus une tête ne doit dépasser. "Finies les tergiversations, on n’a plus le droit", prévient un proche de Manuel Valls. "Il faut qu’on revienne à la sérénité", plaide un ministre, sans avoir l’air de trop y croire.
"Valls a clairement une ligne sociale-libérale"
Sur la forme comme sur le fond, les départs de deux ministres de l’aile gauche du PS ont rebattu les cartes. L’arrivée d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie suivie de la déclaration d’amour de Manuel Valls aux entreprises devant le Medef a relancé le débat sur la ligne incarnée par le gouvernement. Sociale-démocrate ou sociale-libérale? "Manuel Valls a clairement une ligne sociale-libérale", tranche une ministre, qui a du mal à se reconnaître dedans. "C’est un faux débat, il est social démocrate", répond en écho un proche du Premier ministre. Le patron du parti, Jean-Christophe Cambadélis a choisi son camp : "Le social-libéralisme, ce n'est ni notre langage, ni notre culture, ni notre tradition. Nous pouvons moderniser le pays sans nous renier. C'est la ligne que je défendrai." Le congrès du Parti socialiste, qui pourrait avoir lieu courant 2015, permettra de trancher la question. Et de connaître les poids de chaque courant au sein du PS. Les frondeurs, les aubryistes, les hamonistes, les amis de Pierre Moscovici sont autant de sensibilités qui veulent peser dans le débat. Chaque courant se réunit de part et d’autres de La Rochelle.
"Sortir de l’entre soi"
Dans ces conditions, Jean-Christophe Cambadélis tente comme il le peut de tenir la boutique socialiste. "Il est temps que les socialistes sortent de l’entre soi, de leur bulle", a-t-il lancé vendredi lors d’une conférence de presse. Le premier secrétaire a annoncé des états généraux du parti, qui se tiendront jusqu’en décembre. "Nous allons changer l’organisation de fond en comble", a-t-il prévenu. "S'il faut surmonter nos difficultés, il ne faut pas tuer le débat. Le PS reste un lieu de débats", a assuré le patron de la rue de Solférino, à ceux qui en doutaient. "La vertu de ces états généraux, c’est qu’il n’y a pas de vote derrière, donc ça permettra d’aller au bout des discussions", espère un ministre.
Dimanche, dans son discours de clôture, Manuel Valls devrait appeler à l’unité et au rassemblement. Le Premier ministre pourrait annoncer des mesures pour le pouvoir d’achat. "Il va causer aux Français, redonner du sens et de la cohérence à une politique de gauche raisonnable", explique-t-on dans l’entourage du chef du gouvernement. Plusieurs ministres resteront pour l’écouter. Certains feront même l’aller-retour de Paris. "Je n’avais pas prévu de venir mais vu la période, il me semble utile que des membres du gouvernement soient là", explique une ministre. Un autre quittera la Rochelle dès le samedi soir : "Il y aura les fayots, ça suffit."
Et revoici les combattants de la… 36 e heure ! Ceux qui, après la bataille des 35 heures, remettent sur le tapis la question de la suppression de la loi Aubry. La mèche a été rallumée par Emmanuel Macron, le sémillant ministre de l'Économie, dans une interview publiée hier par Le Point. Notre « Mozart de la finance » aurait commis un couac monumental en menant la charge contre les 35 heures. Du moins est-ce ce que des commentateurs empressés ont retenu des propos d'Emmanuel Macron, pour mieux monter en épingle ce premier couac du gouvernement Valls 2.
En vérité, qu'a donc déclaré Emmanuel Macron dans cette interview antérieure à une nomination dont il prétend qu'il ne savait rien ? Il suggérait que nous puissions « autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d'accords majoritaires, à déroger aux règles sur le temps de travail et les rémunérations ». Pas de quoi pousser des cris d'orfraie, sauf à vouloir gonfler la bulle médiatique. C'est d'autant plus excessif que Matignon a démenti toute remise en cause… tout en disant à peu près la même chose.
Tout au plus peut-on considérer cette interview comme inopportune, même si elle est intervenue dans un timing que l'intéressé ne maîtrisait pas. Il est sûr qu'au lendemain de la « déclaration d'amour » de Manuel Valls à l'université du Medef, cette prise de position pouvait constituer la goutte d'eau faisant déborder le vase. Surtout chez ceux qui, dans ces périodes de révision des dogmes, assimilent le vocabulaire social-libéral à de l'hébreu.
Tout cela est d'autant plus dérisoire que le débat date d'un autre temps. Après les nombreux aménagements intervenus depuis l'an 2000, la loi Aubry n'est plus qu'un totem autour duquel se prosternent les nostalgiques d'une gauche chimérique. Mieux vaut éviter de réveiller les vieilles querelles puisque personne, à droite, n'a eu le courage de briser le tabou pour aborder dans un climat ouvert les lourds dossiers à venir sur l'assouplissement du marché du travail. Il est temps, pour s'en sortir, que tout le monde mette les pendules à l'heure.
Le gouvernement Valls 1 (137 jours) a terminé sa brève existence dans un formidable couac : celui de son ministre de l’Economie, dont la cuvée du redressement, après son cuvage à la Fête de la rose (un rose qui tâche) de Frangy-en-Bresse s’est transformée, en arrivant à Matignon puis à l’Elysée, en vin de la colère. Le sulfureux vigneron Montebourg entraînant dans sa disgrâce les ministres de l’Education et de la Culture. « On va faire péter les bouchons », s’était targué l’organisateur de la fête en s’enivrant de mots. Les bouchons ont effectivement sauté : Montebourg s’en est pris un en pleine figure, tout comme son invité Benoît Hamon et sa pourtant lointaine « supporteur » Aurélie Filippetti.
Le gouvernement Valls 2, après le couac fatal de Valls 1, commence, deux jours à peine après son avènement, par un autre couac. Son auteur en est le nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, qui s’en prend, dans un entretien qu’il a accordé au Point (la veille de sa nomination à Bercy) aux sacro-saints 35 heures : « Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. » Une suggestion marquée au coin du bon sens, partagée aujourd’hui par à peu près tous les économistes. Mais pas par la gauche de la gauche, dont le bon sens n’est pas le fort.
Dès l’intronisation d’Emmanuel Macron, la gauche marxisante a souligné avec aigreur le passage du nouveau ministre de l’Economie à la banque d’affaires Rothschild. En oubliant sans doute un peu vite que l’un de ses parangons, Henri Emmanuelli, venait lui aussi, tout comme Emmanuel Macron, de la même banque Rothschild. Le reproche n’est certes pas nouveau. En 1962, lorsque le général de Gaulle avait nommé Georges Pompidou, ex-fondé de pouvoir de la banque en question, à Matignon, Le Canard enchaîné avait publié une manchette assassine : « RF = Rothschild Frères ? » Le genre d’interrogation qui, formulée par Présent, nous vaudrait sans doute, 50 ans plus tard, d’être poursuivi pour antisémitisme…
D’autres retraités de la banque, d’un niveau certes plus modeste, ont milité ou continue de militer à l’extrême gauche. La plus célèbre étant bien sûr Arlette Laguiller, aujourd’hui également retraitée de la politique. Ou comme, actuellement, l’agitateur de la gauche radicale, Alain Pojolat, organisateur, entre autres faits d’armes, le 17 juillet dernier, de la manifestation pro-palestinienne interdite de Barbès. Les liens de la banque avec la politique, de droite et de gauche, voire d’extrême gauche, sont donc une vieille histoire. Macron comme bien d’autres…
Marche arrière
Ce dernier va-t-il être le dragon des 35 heures, crachant le feu sur elles jusqu’à les carboniser ? La fin des 35 heures, Manuel Valls l’envisageait aussi. Autrefois. En 2011, lors du débat de la primaire socialiste, il avait même fait de leur remise en question l’un des thèmes de sa campagne. Au grand dam de Martine Aubry et avec le résultat que l’on sait : 4,5 % des suffrages. C’est bien pourquoi aujourd’hui, pour ne pas mécontenter davantage un PS au bord de la crise de nerfs et toujours majoritairement opposé à l’augmentation du temps de travail, Manuel Valls s’est dépêché de désavouer son ministre de l’Economie : « Le gouvernement n’a pas l’intention de revenir sur la durée légale du travail à 35 heures. »
Surtout, pas de vagues avec les syndicats. Surtout ne pas défier davantage un PS dont le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a rappelé dans Le Monde daté de vendredi, de manière assez comminatoire : « Arnaud Montebourg ne fixait pas la ligne économique du gouvernement. Il n’y a pas de raison qu’Emmanuel Macron la fixe davantage. Laissons-le travailler, mais je fais une remarque générale : le social libéralisme ne fait pas partie ni de notre vocabulaire, ni de notre tradition. » A bon entendeur, salut…
Cambadélis ajoute par ailleurs : « Nous sommes dans une conjoncture de décomposition politique. (…) Fallait-il y ajouter une crise de l’exécutif ? Je ne le pense pas. Faut-il pour autant que la fermeté soit synonyme de fermeture ? Je ne le pense pas non plus. (…) Le PS doit être le lieu du débat. Je ne serai jamais pour la discipline des consciences, pour un PS caserne. » Avis à l’adjudant-chef Manu… La ligne claire réclamée par Hollande risque de connaître encore, du côté de la rue Solferino, quelques brouillages.
Le premier secrétaire du PS désapprouve donc la façon dont les deux chefs de l’exécutif ont traité le cas Montebourg, en lui cassant un peu trop rudement sur la tête les bouteilles de sa cuvée du redressement.
La jeunesse est à la mode. La France vit une crise sans précédent, crise économique, crise morale, crise politique enfin, quand le premier ministre est obligé de remanier son gouvernement en pleine rentrée pour cause de contentieux idéologique non soldé, mais ce qui frappe avant tout les commentateurs, c'est la jeunesse de la nouvelle équipe gouvernementale. À l'Économie, à la Culture, à l'Éducation, à la Ville, des ministres encore trentenaires ou tout juste quadras. Sur les écrans, l'image est belle. Et les mots qui l'accompagnent le sont plus encore: «dynamisme», «renouveau» Mais derrière l'affichage, il y a surtout l'aboutissement d'un processus idéologique qui caractérise l'époque contemporaine.
La nouvelle ministre de l'Éducation nationale n'a pas la moindre idée des problématiques qui font de ce ministère le cœur même du projet républicain. Et pourtant, l'on se souvient des paroles de Michel Rocard déclarant en 1991 que ce ministère est à ce point fondamental qu'un futur premier ministre devrait prendre en charge lui-même ce portefeuille. Mais peu importe qu'elle incarne l'air du temps dans ce qu'il a de plus convenu, Najat Vallaud-Belkacem est souriante, elle est jolie, l'image est belle. Et que dire de Fleur Pellerin, bonne technicienne sur les dossiers du numérique, mais dont les références culturelles se résument au karaoké et à quelques séries à la mode. Le patrimoine se portera bien.
Hors de question, bien sûr, de nier que «la valeur n'attend pas le nombre des années» et que l'on peut être parfaitement compétent à 40 ans (même si, en l'occurrence, ce n'est visiblement pas ce qui saute aux yeux quand on détaille le casting gouvernemental). Mais la compétence technique est une chose. Une autre est de savoir répondre à des enjeux qui sont ceux d'un pays au bord de la rupture.
Dans l'histoire politique récente, celle du XXe siècle (et les «jeunocrates» nous pardonnerons d'évoquer sous le vocable «récent» des temps qui renvoient à l'époque préhistorique d'avant leur naissance), les grandes crises ont été gérées par des vieux: Georges Clemenceau a 76 ans en 1917, Charles de Gaulle en a 50 en 1940 et 67 en 1958. Pourquoi? Parce qu'ils portaient une vision, une capacité à incarner la Nation, et que cette force est celle que donne d'abord la connaissance de l'Histoire et des Hommes.
Mais comment des esprits contemporains, pétris d'idéologie progressiste, pourraient effleurer un tel raisonnement? Par-delà même cette opposition entre compétences et vision, l'unique justification au fait de nommer des jeunes à la tête des ministères - à la tête de Radio France, à la tête de n'importe quelle autre entreprise, peu importe - repose sur le fait qu'ils sont jeunes. Sublime tautologie!
Dans un monde où le progrès est un absolu, la jeunesse est une vertu. Elle n'est pas un âge transitoire dont on sort mécaniquement, et si possible en ayant acquis ce qui confère à tout homme un peu d'épaisseur, l'expérience. Non, la jeunesse est une valeur. Elle est l'instrument du règne généralisé du Bien, c'est-à-dire du moderne. Car l'un et l'autre se confondent. Un exemple? Ce quinquennat dont tout le monde comprend aujourd'hui qu'il a tué les institutions de la Ve République, pourquoi fallait-il l'adopter? Parce que c'était «moderne». Et que dire de l'argument lancé par une «professeur des écoles» à qui l'on demandait pourquoi ne pas adopter des méthodes d'apprentissage, comme la lecture syllabique, qui on fait leurs preuves, notamment auprès des enfants défavorisés: «Vous ne voudriez pas qu'on enseigne comme il y a cinquante ans!» L'individu raisonnable, à ce stade de la conversation, sent que toute tentative de dialogue devient superflue. On ne dialogue pas avec un mystique. On s'incline devant sa croyance.
Mais l'avantage de ces jeunes biberonnés à l'idée qu'ils sont l'avenir du monde et le rouleau compresseur qui renverra le monde ancien aux oubliettes de l'histoire, c'est que leur jeunesse implique avant tout qu'on s'est gardé de polluer leur esprit conquérant avec les vieilleries que sont la culture et les références anciennes. Karaoké et Game of Thrones, c'est quand même autre chose que ces vieilles carnes qui prétendaient avoir lu Montaigne, Stendhal ou La Princesse de Clèves. Ça évite, surtout, de freiner le mouvement naturel du monde, l'ordre des choses, par un scepticisme de mauvais aloi. Le jeune aime le monde tel qu'il est, il s'y adapte. Et pour cause, il n'a rien qui lui permette de penser qu'il pourrait être autre. Des mauvaises langues rappelleront que c'est pour cette raison que les régimes totalitaires se sont toujours appuyés sur la jeunesse pour faire advenir l'Homme nouveau. Mais ce sont de méchantes langues. Vieilles, sans doute.
Alors, réjouissons-nous de cette «nouvelle génération» qui accède au pouvoir et va mener le monde, elle qui a la chance d'être dénuée de cette affreuse faculté qui fait vieillir: la mémoire. Et oublions ainsi dans la célébration du «dynamisme» que la jeunesse aussi peut parfois être un naufrage.
Vivement qu'il n'y ait plus d'entrepreneur en France, plus de créateurs de richesse pour que l'on s'aperçoive enfin que l'argent ne pousse ni dans les champs, ni dans les ministères, mais que la richesse se créée avec de l'énergie, du talent, et surtout 95% de sueur, et aussi de la prise de risque. Entre temps, on sera passé à 10 millions de personnes avec un travail précaire. Ras le bol de vivre dans un pays ou la réussite est systémariquement mise sur le dos de la chance et pas du travail.
IL N'Y A QU'EN FRANCE OÙ L'ON PEUT SE PERMETTRE DE TELLES BÊTISES LA FRANCE AUX FRANÇAIS.
JUSTICE
Jean-Marc Ayrault - Député socialiste, Maire de Nantes, président de la communauté urbaine de Nantes Métropole, condamné le 19 décembre 1997 à 6 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende, pour "délit de favoritisme dans l'attribution d'un marché public".
Arnaud Montebourg - Ministre du Redressement Productif, président du Conseil Général de Saône-et-Loire, condamné le 23 mai 2012 par le tribunal de grande instance de Paris à 1 euro de dommages et intérêts à verser à chacun des cinq demandeurs et 3000 euros au titre des frais de justice pour "injure publique". Il a fait appel de ce jugement.
QUELQUES VÉRITÉS
Il n'y a pas lieu de désespérer parce que comme l'a dit Margaret Thatcher :"Le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres"
INAPTOCRATIE : un système de gouvernement où les moins capables de gouvernersont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de lasociété les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sontrécompensés par des biens et des services qui ont été payés par laconfiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs endiminution continuelle.
A l'école primaire des socialistes, on apprend les 4 opérations :
- L'addition des impôts - La soustraction des revenus - La multiplication des fonctionnaires et des immigrés - La division du travail.
Aux élections prochaines, votez pour Ali Baba. Au moins vous serez sûrs de n'avoir que 40 voleurs. JEAN D'ORMESSON
COMPTE À REBOURS
AVANT DE LE FOUTRE À LA PORTE, ÇA FAIT DÉJÀ TROP LONGTEMPS QU'IL FAIT DES DÉGATS....CASSE TOI PAUV'CON !!!!!
« Le gouvernement a un bras long et un bras court ; le long sert à prendre et arrive partout, le bras court sert à donner, mais il arrive seulement à ceux qui sont tout près. »
Ignazio Silone
Les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent
C’est moi qui maîtrise la rareté de ma parole politique, pour dire des choses intelligentes quand j’ai besoin de les dire. — Ségolène Royal
J’étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui — Manuel Valls
«Le “canard boiteux” n'est pas à Florange, mais à Matignon! Il n'y a ni cap, ni vision.»RACHIDA DATI
La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose — Pierre Mauroy
Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le syndicalisme, c’est le contraire — Henri Jeanson
Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit — Ségolène Royal
Stéphane Hessel à propos de Hollande:
"On n'en fera pas un Roosevelt !"
Le plus souvent, la liberté d’expression est mal comprise : chacun la revendique pour soi et pour ses amis, c’est-à-dire pour ceux dont on partage les opinions. Il s’agit de la liberté d’expression facile, qui donne lieu à un rituel de célébration inlassablement renouvelé. Mais la défense de la liberté d’expression au sens fort est plus rare. Elle devient en effet plus difficile à pratiquer dès qu’il s’agit d’exiger cette liberté pour ceux qui sont attachés à des idées très différentes, voire totalement opposées à celles que l’on chérit soi-même. C’est alors que la liberté d’expression prend toute sa signification politique : elle devient un combat pour autrui. Pour que « l’autre » puisse professer des opinions auxquelles je suis hostile. Robert Redeker
Etre homme politique, c’est être capable de dire à l’avance ce qui va arriver demain, la semaine prochaine, le mois prochain et l’année prochaine. Et d’être capable, après, d’expliquer pourquoi rien de tout cela ne s’est produit. — Winston Churchill
Quand un politicien se touche le visage il dit la vérité, quand il se gratte l’oreille il dit la vérité, quand il lève le pouce il dit la vérité ; c’est quand il remue les lèvres qu’il ment. — Baptiste Foisy
FRANCE SOCIALISTE
CONTRE LA PENSÉE UNIQUE SOCIALISTE
Nous ne pouvons, nous ne pourrons jamais l'aimer ce nouveau président, qui nous scrute comme si nous étions de mauvais citoyens. Aucune de ses paroles ne me rassure car il est contre mes valeurs. Rien ne pourra me le faire aimer car il a été élu pour de mauvais motifs. Je me sens déjà trahi par ses mensonges par exemple la république irréprochable, alors que son gouvernement ne l'est en rien [...], ou le non cumul des mandats, trahi par son comportement à l'égard de Nicolas Sarkozy et ses gestes ou ses discours équivoques au sein même de l’Élysée, (quelle inélégance à l'égard des 48,7 % de Français), trahi par sa déontologie mesquine et ses états d'âmes moralisateurs, quand on sait que la gauche aime se parer de vertu mais est rarement probe, trahi par cet imposteur de la république, ce petit président, cet énarque élitiste qui veut nous faire croire qu'il aime les gens, qu'il aime le peuple, alors qu'il nous méprise et ne s'adresse qu'à ses amis, trahi parce qu'il brosse tout le temps dans le sens du poil, mais d'économie jamais il ne parle, trahi parce qu'il a su retourner l'opinion en sa faveur grâce à la complicité des journalistes qui ont relayé l'antisarkozysme primaire à longueur d'éditos oiseux [...].Tout cela ressemble à de la petite politique. Augurons qu'il démissionne en proie aux difficultés, ou une cohabitation avec un premier ministre réformiste, ou dans le pire des cas pour nous qu'il soit battu dans 5 ans. Je ne lui souhaite en aucun cas toute la réussite parce que cette réussite ne saurait être celle de la France notre nation, il va insidieusement après avoir pris les commandes de l'ensemble des pouvoirs de la république, lui et ses amis, contribuer à la socialisation lente, rampante, sournoise des esprits.
PHILIPPE BOUVARD
LA VÉRITABLE "EXCEPTION FRANÇAISE": CE SONT LES MÊMES CITOYENS QUI DÉPLORENT QU'UN GOUVERNEMENT N'AIT PAS CONCRÉTISÉ DAVANTAGE DE PROJETS ET QUI, À LA PREMIÈRE VELLÉITÉ DE RÉFORME, DESCENDENT DANS LA RUE