TOUT EST DIT

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lundi 11 août 2014

« Le Monde » accuse le libéralisme à Gaza

« Le Monde » accuse le libéralisme à Gaza. Où comment se mettre le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate.
Pour Le Monde, qui offre une tribune à François-Xavier Plasse-Couture, le conflit entre Hamas et forces armées israéliennes peut être analysé sous le prisme de « l’économie néolibérale de la violence en Israël » (sic).
À la décharge de l’auteur, malgré la bêtise de l’idée même d’une violence libérale, il satisfait ici les thèses de nombre d’ennemis du libéralisme : Naomi Klein, avec « The Schock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism« , considérait déjà le « néolibéralisme » comme un mélange entre capitalisme de connivence et usage de la force publique pour imposer des mesures libérales impopulaires, salissant au passage le nom d’une des figures associées au libéralisme contemporain : Milton Friedman.
Elle accusait l’économiste d’avoir fourni au régime de Pinochet un soutien et une expertise économique, et le rendait alors coupable de collaboration et complice des méfaits du dictateur. Sa méconnaissance des idées libérales la conduit à ignorer l’ouvrage majeur de Milton Friedman, Capitalism and Freedom, dans lequel il explique comment il est impossible de dissocier liberté économique et liberté politique, et comment on ne peut avoir l’une sans l’autre.
Le libéralisme n’a rien à voir avec ce que beaucoup appellent aujourd’hui « néolibéralisme« . Si une telle chose existait, elle aurait des auteurs et ouvrages de référence (comme le libéralisme et ses différents courants), des représentants, des adhérents. Il n’en est rien. Le « néolibéralisme » est un bouc émissaire, idéologiquement incohérent et inconstant, qui favorise les grandes entreprises au détriment des consommateurs et des citoyens, qu’il détrousse en collusion avec les États.
Si elle s’informait sur les idées libérales, Naomi Klein comprendrait qu’elle les partage en grande partie. Elle refuse que les citoyens soient spoliés par des grandes entreprises tirant les ficelles d’États-pantins. Que la « Guerre contre le terrorisme », qu’elle soit menée de bonne foi ou avec de plus sombres desseins, ne justifie pas la torture et la mort d’innocents par milliers.
Mais elle comprendrait aussi (c’est à espérer) que le seul moyen de garantir des droits à l’individu, c’est de lui garantir les seuls droits de l’homme qui soient et qui puissent être : libertés fondamentales de pensée et d’expression, propriété privée, sûreté ; et de lui en reconnaître un que seul lui peut garantir, le droit de résistance à l’oppression.
En assimilant le vrai libéralisme et le fantasmagorique néolibéralisme, elle fournit des arguments (erronés, qui plus est) aux étatistes, dirigistes, collectivistes ; elle offre aux corrompus protagonistes du capitalisme de connivence l’occasion d’élargir leur champ d’action. Et propage de l’idéologie la moins violente, reposant sur l’idée d’une coopération libre et volontaire entre les hommes, une vision apocalyptique : les néolibéraux aux commandes seraient responsables de la guerre, de la torture et des violations de libertés individuelles pour mieux imposer de violentes privatisations à leur profit.
Notons que Contrepoints défend systématiquement (entre autres), en cohérence avec sa ligne éditoriale libérale :
  • les libertés individuelles, contre la surveillance étatique et les multiples menaces qui pèsent sur elles ;
  • la liberté éducative et de la culture ;
  • les droits des consommateurs, contribuables et citoyens, contre le capitalisme de connivence et le collectivisme ;
  • la pluralité des opinions, notamment en donnant la parole aux climato-sceptiques et aux partisans de choix énergétiques alternatifs (et ce, malgré des divergences parmi l’équipe rédactionnelle ainsi que des auteurs) face à la censure et aux manipulations ;
  • la liberté des salariés de travailler dans des conditions choisies par eux plutôt que décidées par des syndicats notoirement corrompus et nuisibles à l’emploi, notamment dans le choix de leurs horaires de travail.
Difficile de voir là une apologie des collusions entre État et grandes entreprises. Que penserait Naomi Klein des positions d’Arnaud Montebourg sur la concurrence de Free envers les trois opérateurs en place, notoirement influents auprès du gouvernement ?
L’article du Monde commet les mêmes erreurs, en associant les doctrines libérales à des politiques d’optimisation des interventions militaires (sic), à l’influence du complexe militaro-industriel sur l’action de l’État (re-sic) et au blocus (re-re-sic).
Une telle méconnaissance du libéralisme est ahurissante, et incompréhensible de la part d’ennemis déclarés du capitalisme de connivence.
D’un point de vue sémantique, le capitalisme de connivence n’a rien du capitalisme authentique, tel qu’il devrait être compris de tous : le capitalisme de laissez-faire.
On peut s’opposer au capitalisme de laissez-faire. Mais il faut alors des arguments autrement mieux construits que l’associer au poids de l’État dans l’économie, utilisé à de sombres fins par d’influentes corporations. Qui, aux États-Unis comme en France, s’opposait au bail-out des banques ? À la guerre contre le terrorisme ? Aux violations de libertés individuelles ?
Après la chute du communisme, la liberté aurait pu triompher. Mais le sens a été détourné, et la faillite du collectivisme et du dirigisme n’est apparue que comme la faillite d’une certaine forme de collectivisme et de dirigisme. Et une voie intermédiaire a été tracée alors que les idéologues de l’économie mixte triomphaient, selon lesquels il faut encadrer une liberté naturellement chaotique. Le même pouvoir de diriger a survécu, mais a été utilisé désormais au profit non pas du peuple au détriment des entreprises, mais des entreprises au détriment du peuple.
La liberté aurait pu triompher, à condition de bien passer le message que « les entreprises » et « le peuple » ne sont pas ennemis, au contraire, et que la liberté n’est pas ennemie de l’égalité, puisqu’elle repose sur l’égalité de tous en droits.

Budget pour 2015 : pile ou face ?

Le PLF 2015 (projet de loi de finances) va être une suite de décisions qui aboutiront à un choix d'ensemble, à une couleur dominante. Celle de soutenir une activité déficiente ou celle de tenter de poursuivre des efforts relevant de l'austérité. Que décideront les pouvoirs exécutif et législatif dans cette sorte de pile ou face ?

La majorité présidentielle et le décideur public ultime ont désormais parfaitement conscience de l'erreur de diagnostic des gouvernements Ayrault. Inquiets – à juste titre –, de la montée des déficits et des attaques spéculatives sur l'euro en 2012, la France a été engagée dans une politique de réduction de la dépense publique et a ainsi été à même de réduire quelque peu son ratio de déficit public rapporté au PIB. Loin toutefois des propos d'aucuns qui promettaient mordicus les 3 % pour les années suivantes "voire avant"...
Hélas, les pilotes de la politique économique de l'époque ont accumulé des  erreurs incompatibles avec notre statut d'économie d'endettement : "overdraft economy". Ainsi, malgré une visite convaincante du premier ministre en Autriche (après ce qui restera une vraie erreur de diagnostic du gestionnaire de Bercy d'alors), il faut s'interroger sur l'avenir donc sur le choix dominant qui va caractériser le PLF 2015.
1) Un PLF 2015 sous pressions intérieure et extérieure
Le PLF 2015 ne sera pas voté sans psychodrame, car la majorité présidentielle de 2012 ne présente pas une façade unie en 2014, loin s'en faut. Le Front de gauche (lui-même lézardé entre le PCF et les tenants de Jean-Luc Mélenchon : voir impossibilité de tenir une université d'été commune) ou EELV n'ont pas totalement la même approche. De même, ceux que l'on nomme les "frondeurs" au sein du PS, apportent des axes de solution qui ne se recouvrent pas complètement.
Il y aura donc, pour l'exécutif, à donner quelques gages à cette aile gauche de la majorité, d'autant plus que la récente décision du Conseil constitutionnel (sur les allègements sélectifs de cotisations salariales) a rendu inopérante la tentative de restituer du pouvoir d'achat aux plus modestes. En visant court, mais juste, il y aura débat entre un budget qui soutient la demande (Pascal Cherki, Jérôme Guedj), ou qui soutient l'investissement (Gaëtan Gorce) ou qui reste dans les filets de l'orthodoxie budgétaire.
Cette pression intérieure – politique et parlementaire, mais aussi syndicale – ira à l'opposé de la pression extérieure notamment symbolisée par les autorités allemandes et la Commission de Bruxelles qui attendent désormais sans patience additionnelle que la France tienne ses engagements. Car, au grand dam des intérêts supérieurs de notre nation, la politique impressionnante d'endettement des années 2008 et 2009, mais aussi les années 2012 et 2013, on a vu notre dette publique continuer d'augmenter : près de 95 % du PIB, près de 2000 milliards (et 3100 d'endettement hors bilan).
Pour le PLF 2015, nous ne pourrons pas dire l'adage britannique : "right or wrong, it's my country" (à tort ou raison, c'est mon pays !), mais serons absolument obligés d'agir afin que l'on puisse clamer : "we were right for our country" (nous avons eu raison pour notre pays). Sans aucune exagération, mais à la simple lecture des faits qui contraignent notre action publique, le PLF 2015 sera historique. S'il s'inscrit dans le registre de choix erronés, notre nation se rapprochera du désespoir social et de la soumission. On comprend pourquoi ce PLF doit susciter de l'aposiopèse chez le décideur public ultime à qui mille conseils contradictoires doivent être glissés par oral ou par écrit.
2) Quel déficit prévisionnel ?
La matière budgétaire est parfois aride, mais elle demeure un exercice de rigueur intellectuelle sinon arithmétique. Ainsi, lorsque la France indique dans sa trajectoire des finances publiques qu'elle va réduire ses dépenses de 50 milliards d'ici à 2017, cela revient à exercer un effort d'un peu moins de 20 milliards par an.
- À rapprocher des 309 milliards des charges nettes du budget général.
- À rapprocher des 82 milliards de déficits primaires votés pour 2014 avec un scénario optimiste pour la croissance : les 0,5 % qui risquent finalement d'être le chiffre final auront un impact de plusieurs milliards.
L'effort de 20 milliards par an demeure modeste au regard des expériences allemande, canadienne ou suédoise. De plus, inférieur à 10 % des dépenses du seul budget général (État donc hors volet social, etc.) il ne représente qu'un quart du déficit de 2014.
La question logique et un peu glaçante est simple : à quel niveau sera situé le déficit prévisionnel pour 2015 ? Au-dessus de 20 milliards, chacun a mesuré que nous serions en poursuite de dégradation de l'endettement.
3) Quelles approches sectorielles ?
Un budget est l'occasion de soutenir tel ou tel pan de l'activité économique. Après réflexion, il nous semble que l'État serait bien inspiré d'apporter des concours additionnels au secteur du logement.
- Tout d'abord, une forte demande sociétale existe en la matière.
- Puis, en termes méso-économiques (sectoriels), c'est un secteur à intensité de main-d'œuvre et non délocalisable.
- De plus, la transition énergétique serait alors concrètement mise en marche (isolation)
- Enfin, ce serait un moyen politiquement acceptable de plafonner les effets pervers de la loi ALUR.
À défaut d'approches sectorielles, si le PLF se cantonne dans des problématiques de stricte macro-économie, il y aura un fort "ECP" (écart circulaire probable) par rapport aux cibles annoncées et escomptées.
4) Quelle dominante retenir ?
Tout d'abord, il n'est pas interdit d'être créatif. En matière fiscale, il y a eu un avant et un après-Maurice Lauré (concepteur de la TVA en 1954, il y a 60 ans). En matière budgétaire, je veux croire au résultat des intelligences collectives concernées. En guise d'attente d'innovations de Bercy, je repense à la fin du film de Claude Chabrol (Bellamy, 2009) où est citée cette opportune phrase du poète britannique W.H Auden : "Il y a toujours une autre histoire. Il y a plus que ce que l'œil peut voir".
Quittons la poésie et revenons au rapport de la Cour des comptes sur les 112 milliards de la : quelle suite tangible pour 2015 ? Quels efforts de gestion ?
À titre de dominante, le budget doit incorporer les prévisions de croissance du FMI pour 2015 et 2016 qui semblent favorables et écarter le risque déflationniste. Par référence à la déflation décennale du Japon des années 2000, l'Europe doit agir avec précaution face à cette sérieuse difficulté économique potentielle.
Dès lors, le PLF 2015 qui devrait reposer sur une politique de l'offre (et de restauration de compétitivité) risque d'être dépassé par la vitesse de propagation des foyers déflationnistes. Ainsi, il devrait intégrer un soutien à la demande. De facto.
Dans leur livre dédié à la macroéconomie, Olivier Blanchard (économiste en chef du FMI) Daniel Cohen et David Johnson écrivent (page 628) : "L'équivalence ricardienne qui affirme qu'une hausse du déficit sera compensée par une hausse égale de l'épargne, de sorte que le déficit devrait être sans effet sur la demande et la production... /... n'est pas vérifiée".
Le soutien à la demande devra donc avoir des contreparties dans la colonne des dépenses sous peine d'augmentation, in fine, stérile du déficit.
Quant à la politique de l'offre, les mécanismes complexes du CICE ne garantissent pas pleinement l'affectation finale des fonds perçus qui peuvent ainsi s'éloigner – par exemple – des investissements que le mouvement actuel d'innovations rend nécessaires.
En France, ce n'est pas l'État qui – seul – peut conduire une politique de l'offre. Il suffit de se reporter aux pages 324 et 325 du livre d'Olivier Blanchard et alii :
"Il y a une relation très forte entre la variable q de Tobin et l'investissement. Cela tient pourtant sans doute moins à ce que les entreprises suivent passivement les signaux envoyés par le marché financier qu'au fait que le prix des actifs et les décisions d'investissement sont influencés par les mêmes facteurs (profit et taux d'intérêt escomptés)."
La variable q de Tobin est déterminée ainsi : valeur de marché totale des entreprises (somme de leur valeur et des capitaux empruntés) divisée par le coût de remplacement du stock de capital.
Ainsi, il ressort de cette approche l'importance du dynamisme du marché des financements des entreprises (direct ou indirect, donc bancaire). À ce stade, la politique de l'offre voulue par le Président de la République ne peut que se heurter au phénomène du "credit-crunch" ( resserrement du crédit ).
Conclusion
La confiance est, pour l'heure évanouie, et le PLF 2015 sera donc un exercice technique, un arrangement politique, une sorte de statu quo diplomatique et l'occasion d'accélérer vers certains secteurs tout en renouant charnellement avec la nation.
Pour porter véritablement, ce PLF ne pourra donc pas être une sorte d'integumentum que Bernard Silvestris (philosophe du XIIe siècle) définit comme "une sorte de démonstration cachée sous un récit fabuleux enveloppant la compréhension de la vérité". Les comptes doivent être sincères tout autant que leur exposé des motifs et leur présentation aux citoyens.
De toutes les manières, la France est finalement face à un vieux débat et soumise à une tentation dépensière. Gardons en mémoire l'instructive phrase de Jacques Delors issue d'une interview au Monde (8 décembre 2010) : "Entendre les conseillers des banques nous intimer l'ordre de réduire les déficits publics puis, lorsque cela est en bonne voie, s'alarmer de la panne de croissance qui pourrait en résulter est une double peine insupportable".


La France est d'autant plus à la peine que certains membres du gouvernement de 2012 ont gommé certains enseignements deloristes pourtant manifestement forts à propos. 
 

Des trains pas comme les autres, en Grèce le 28 août.

Découvrir un pays à bord de ses trains, voyager avec ses habitants, avancer au milieu de paysages au rythme de la locomotive : il y a partout dans le monde des voies ferrées qui permettent de s’immerger au coeur d’une civilisation, de sa culture, de son histoire et de comprendre un peuple.
Globe-trotteur, Philippe Gougler part à la rencontre des autres en suivant les rails et embarque pour une saison inédite de Des trains pas comme les autres.
Halte en Grèce jeudi 28 août à 21h35 sur France 5.
La Grèce est un pays fascinant, à la croisée des dieux mythiques de l'Olympe et de la spiritualité orthodoxe. Ici, le train permet de parcourir les trésors de ce pays d’Europe chargé d’histoire.
Philippe Gougler commence son voyage à Thessalonique, dans le nord. Dans le train qui l’emmène vers Kalambaka, il se laisse guider au fil de ses rencontres vers les mythiques Météores et leurs incroyables monastères qui semblent suspendus dans le ciel. Puis direction Athènes, la capitale, où Philippe est accueilli par des Evzones. Dans le Péloponnèse, il poursuit son chemin à bord d’un train étonnant qui traverse les montagnes, surplombe les gorges, et s’arrête dans des villages où la rue principale n’est que voie ferrée. La Grèce, c’est aussi 450 îles ! Depuis le fameux port du Pirée, Philippe rejoint Dimitri, un des derniers pêcheurs d’éponges de l’île de Kalymnos, avec qui il plongera dans les secrets de ce métier traditionnel…
CE TRAIN QU'ON APPELLE "TO TRAINAKI" (ΤΟ ΤΡΑΙΝΑΚΗ*) PASSE PAR DES ENDROITS AHURISSANTS, JE L'AI PRIS À L'ÉPOQUE OU ON POUVAIT DESCENDRE DU TRAIN EN MARCHE, LES ENFANTS ÉTAIENT FASCINÉS.
* Le petit train

dimanche 10 août 2014

Des dieux et des bombes

Des dieux et des bombes
À Mossoul, l'ancienne Ninive, la messe n'a pas été célébrée dimanche dernier pour la première fois depuis 1.800 ans. La chute, avant-hier, de Qaraqosh, grande ville chrétienne, les autodafés, l'exode sur les routes, l'errance au désert… Il fallait aider les chrétiens d'Irak, c'est une urgence humanitaire. C'est aussi un défi pour la France qui doit éviter cette fois les erreurs d'appréciation et être à la hauteur des engagements de protection de la charte proclamée par saint Louis en 1250. Le monde libre doit rappeler avec fermeté qu'il n'est pas de terre qui puisse être soumise à un dieu, qu'il n'y a pas de persécution qui soit justifiée parce que des fous qui n'ont que la foi des armes décrètent « califat » une grande région sur laquelle ils n'acceptent aucune autre croyance.
Même si depuis les siècles des siècles, musulmans et chrétiens ont partagé le pain et le sel sur la terre de cet Orient où sont nés les trois monothéismes majeurs, les relations entre les religions du Livre sont depuis toujours complexes et leur coexistence très relative. En Égypte, en Irak, en Algérie, en Syrie et ailleurs, la menace des fondamentalistes extrémistes sur les communautés chrétiennes est une réalité quotidienne.
La peur et la discrimination ne sont pas nouvelles pour ces minorités fustigées comme descendantes des croisés, qu'il faut encore et toujours combattre. Et même si les réactions et condamnations viennent de partout après les exactions et l'exil imposé, la liberté de conscience de ceux qui croient en Dieu et de ceux qui n'y croient pas n'a guère de sens dans ces pays où l'on se fait face sans se parler. La violence intégriste est ici la sanglante confirmation de la volonté des terroristes et des prosélytes salafistes de faire des chrétiens des « cibles légitimes » et de mettre en marche la spirale déstabilisatrice de l'intolérance.
En France, la tentation de l'instrumentalisation de l'islam a très vite pointé le bout de ses arrière-pensées et de ses mots détestables. Mais rien sur nos silences face aux haines et aux persécutions de ces minorités chrétiennes qui aboutissent à un drame heureusement revenu sous les projecteurs de l'actualité. Comme si la guerre des dieux était compatible avec la paix des hommes.

La gifle avant la fessée

La gifle avant la fessée

Gifle, claque, camouflet, tout le vocabulaire de la punition y est passé en attendant la fessée électorale. La seule mesure en faveur des salariés dans le pacte de responsabilité a été retoquée par le Conseil constitutionnel qui a validé presque tout le reste du dispositif et en particulier la baisse des charges des entreprises. La décision des Sages est argumentée et vient sanctionner un ajout bricolé à la va-vite par Manuel Valls pour donner des gages à l'aile gauche socialiste. Pour l'image du gouvernement et celle de François Hollande, ce revers est désastreux au moment où, au c'ur des vacances, on vient de nous prévenir d'une rentrée catastrophique. Certes faire et défaire, c'est toujours gouverner, mais à ce train la lente glissade sur la pente de la crédibilité va se transformer en chute libre.
Si, comme annoncé dès hier par les ministres concernés, des mesures de substitution ne sont pas proposées en septembre, le pacte de responsabilité renouera avec les déséquilibres sociaux que lui reprochaient certains députés et creusera un peu plus le fossé entre les tendances du PS. L'allégement des charges salariales laissait espérer un sursaut de pouvoir d'achat et un bénéfice politique qui faisait tampon avec les frondeurs de la majorité.
L'inattendue censure du texte accentue le sentiment de malaise et renforce l'impression que l'on assiste à la naissance de deux gauches dont rien ne dit qu'elles continueront à cohabiter. François Hollande a beau grimper aux murs, rien n'y fait, lui et son gouvernement ne parviennent pas à redonner du souffle à leur action et à leurs troupes éparpillées. L'exécutif parle beaucoup de réformes, fait la leçon, mais rien de structurel n'aboutit véritablement. S'il veut relancer la machine et ne pas être accusé de changer l'or en plomb, le gouvernement doit trouver le moyen de contourner l'écueil constitutionnel et annoncer des mesures en faveur des ménages les plus modestes.
Peut-être saurons-nous un jour pourquoi le chef de l'État n'a pas dès le début du mandat entrepris la véritable révolution structurelle qu'auraient été les réformes de la fiscalité et de la protection sociale comme promis au Bourget ? Il se serait évité bien des désaveux et reproches sur la justice sociale.

VOUS SAVEZ CE QUE J'EN PENSE...

Les 3 pires arguments contre le libéralisme

Trois arguments reviennent dans toutes les conversations sur le libéralisme…dans la bouche de ceux qui s’y connaissent le moins

Il y a des mauvais arguments à l’encontre de la liberté individuelle qui me sont constamment adressés, et je pense que tous les libéraux les ont entendus au moins une fois. Autant il y a matière à avoir de réelles discussions sur certains sujets, autant ceux-ci sont tout simplement à côté de la plaque et montrent que la personne n’a pas pris 5 minutes ne serait-ce que pour se renseigner sur ce qu’est ou ce que n’est pas le libéralisme. Je voulais donc les recenser une bonne fois pour toutes, parce qu’ils reviennent si souvent que c’en est presque drôle.
1. Le libéralisme c’est aider les grands patrons
Tout le contraire. Il y a une grande culture pro-entrepreneurs chez les libéraux, mais il ne faut pas confondre marché et entreprise. L’économie de marché, c’est défendre la concurrence et non les entreprises établies. Une entreprise qui est dans un marché concurrentiel va utiliser ses profits pour investir et rester dans la course, alors qu’à l’inverse un patron en situation de monopole pourra gonfler ses profits et distribuer des dividendes au lieu d’investir et d’embaucher.
Et si vous croyez que ce n’est que de la théorie, regardez ce qui s’est passé aux États-Unis en 2008. Les entreprises ont la possibilité de financer des partis politiques, et (surprise !) Obama et Romney ont reçu littéralement des dizaines de millions de dollars de soutien de la part d’entreprises américaines, alors que Gary Johnson n’a récolté que 50 000 dollars. Les entreprises américaines savent très bien quels sont les candidats qui défendent le mieux leurs intérêts, et ce n’était pas le Parti Libertarien.
2. Tu veux que les pauvres meurent de faim parce qu’ils n’ont plus d’aides
Cet argument est au mieux drôle, au pire tout simplement insultant. Jamais je n’ai entendu un libéral dire qu’il veut voir les gens mourir de faim plutôt que de payer des impôts. L’immense majorité des libéraux est en faveur d’une redistribution. Ce qui est critiqué par contre, c’est que nous ayons littéralement un tiers du PIB qui est consacré à la sécurité sociale, une bureaucratie énorme, des services publics inefficaces, et tout cela sans régler les problèmes de pauvreté.
Des figures imposantes du libéralisme comme M. Friedman ou F. Hayek ont défendu des mesures proches du revenu de base, qui est une redistribution assez large mais au final plus simple, plus efficace et qui possède moins d’effets pervers que la sécurité sociale que nous avons actuellement. À l’opposé du spectre, il y a les libéraux radicaux qui veulent l’abolition de la sécurité sociale, mais ce n’est pas par égoïsme, c’est parce qu’ils rejettent la notion même d’État.
3. Si l’État ne s’occupe pas de X, alors il n’y aura plus de X
Lors de la chute de l’URSS, des millions de personnes se sont retrouvées dans un monde où l’État n’était plus là pour régenter chaque aspect de leur vie. À tel point qu’ils étaient perdus lorsqu’il s’agissait de trouver un emploi, puisqu’ils n’avaient jamais eu à le faire de leur vie. Même les courses étaient perturbantes pour eux, puisque tout d’un coup il y avait différents produits de différentes marques et il fallait choisir, ce qui leur était totalement inconnu auparavant. Si je parle de ça, c’est qu’il y a la même peur vis-à-vis des services publics que l’État fournit aujourd’hui.
Il n’a jamais été question d’interdire la livraison de courrier ou les transports en commun. J’ai par ailleurs critiqué à de nombreuses reprises le concept même de privatisation. Il s’agit plutôt d’ouvrir ce que l’État fait à la concurrence. Mais ce n’est pas parce que l’État fournit un service aujourd’hui que des individus ne peuvent pas faire de même, que ce soit par l’intermédiaire d’entreprises privées ou par des organismes non lucratifs.

Michel Sapin : "L'iPhone, c'est le machin avec la pomme?"

"Moins geek que Michel Sapin, c'est impossible" : voici la conclusion difficilement contestable tirée par le quotidien "l'Opinion" après avoir interrogé le ministre des Finances sur son rapport aux nouvelles technologies mobiles.

A l'occasion d'un entretien publié vendredi 8 août dans le journal "l'Opinion", le ministre des Finances a étalé son large scepticisme vis à vis des nouvelles technologie et des habitudes qui en résultent. Contrastant ainsi avec la tendance de son prédécesseur Pierre Moscovici, très présent sur les réseaux sociaux, Michel Sapin considère que le réseau social Twitter est surtout un vecteur "d'imbécillité et d'appauvrissement".
Les adeptes de réseaux sociaux ne devraient pas non plus avoir l'occasion de tomber sur un "selfie" du ministre des Finances; une habitude contre laquelle Michel Sapin est encore plus véhément, considérant que leur seule utilité est de donner à leurs victimes des "des gueules de batraciens". 
"Le machin avec la pomme, c'est ça ?" telle est la réponse apportée par le ministre des Finances quand on lui demande s'il dispose bien d'un iPhone.L'intéressé affirme n'utiliser son "machin avec la pomme" exclusivement pour téléphoner, envoyer des SMS et consulter des dépêches. 
Malgré son opposition farrouche à la mode du selfie, Michel Sapin s'est toutefois rendu coupable de quelques écarts, comme en atteste ce cliché furtif réalisé au mois de mars, sur lequel le ministre des Finances apparaît etouré de jeunes. (tellement pourri que je ne le mets pas, il a déjà une tête de con, mais là...)
Il est parfois difficile de résister à la pression populaire.

La sieste au travail, une solution d’avenir !

Même en pleine vacances, il faut se rendre à l’évidence : le travail fatigue. Heureusement, les Français, dont la productivité légendaire ne fait qu’augmenter (d’autant plus que le chômage s’étend) ne sont jamais à cours d’idées lumineuses pour atténuer la souffrance que fait subir le Capitalisme Triomphant sur les Classes Laborieuses Exploitées. Et parmi celles-ci, l’une tient actuellement la tête : la sieste au travail.
Or, si l’article du Figaro explique bien les avantages d’un petit roupillon postprandial pour accroître la productivité de l’après-midi, un de mes lecteurs réguliers (que je remercie au passage) me fait remarquer que le petit articulet n’en oublie pas moins quelques avantages évidents qui seront les bienvenus en ces temps de détresse économique française. À bien y réfléchir, la sieste constitue peut-être la bonne solution pour relancer une croissance en panne, inverser la courbe du chômage, guérir les écrouelles et garantir une place au second tour des présidentielles d’un président de plus en plus transparent.
Par exemple, il est difficile de ne pas noter qu’une petite sieste dans le cours de la journée réduit de fait le temps de travail, mais dans la douceur ouatée d’un petit dodo confortable au contraire des lois Aubry qui furent de nombreux et coûteux casse-têtes pour les entreprises françaises. Pour le coup, cette sieste sera sans aucun doute bien plus facile à faire passer dans certains services qu’une réduction hasardeuse et arbitraire des horaires de travail…
sieste - nap
Et puis, rappelez-vous : le travail n’est qu’un gros gâteau dont la taille, fixe, est déterminée par la loi et le Ministre de l’Economie et du Redressement Productif. Pour que tout le monde en ait, il faudra bien le découper en tranches plus fines, quitte à s’endormir un peu sur le couteau. Par voie de conséquence, on peut s’attendre enfin à une diminution du chômage suite à l’introduction généralisée de la sieste dans les entreprises françaises. Pour le coup, difficile de ne pas louanger ensuite l’entregent et la finesse d’analyse de nos élites lorsqu’enfin la courbe du chômage s’inversera.
La sieste installée définitivement dans les mœurs, la productivité s’en trouvera améliorée, les travailleurs, frais et dispos, pouvant se consacrer d’autant mieux à leurs tâches d’après-midi. Du reste, avec le réchauffement climatique dont on sait pertinemment que rien ne pourra plus jamais l’arrêter, la France rentre de toute façon dans le rang des pays méditerranéens surchauffés qui ont déjà pris l’habitude de ne pas travailler du tout entre midi et 15h. L’instauration officielle de la sieste ne fera qu’entériner un état de fait.
On peut aussi s’attendre à une amélioration notoire de la santé des travailleurs. Entre les accidents du travail évités par une meilleure concentration et une meilleure immunité, un peps plus vitaminé et des humeurs plus contrôlées, le travailleur-siesteur français va faire des jaloux dans le monde. Et diminuera les trous de la Sécurité Sociale que le monde nous enviera d’autant plus.
oh filocheJe passe rapidement sur les effets de bords évidents en terme de relance de l’activité des mobiliers spécialisés (lits, canapés, divans, gros poufs moelleux et autre coussins) pour rappeler qu’en surcroît, l’obligation légale de la sieste en entreprise entraînera inévitablement la création d’une administration apte à vérifier que la pause est effective, bien organisée et correctement appliquée dans les entreprises. On imagine sans mal, une petite larme d’émotion heureuse au coin d’un œil déjà pétillant de bonheur, les armées de petits inspecteurs Filoche vérifiant, outils de mesure précis en main, le moelleux des oreillers norme NF, l’épaisseur réglementaire des coussins de canapés, les temps légaux de pause, pour s’assurer que l’entreprise ne contrevient pas aux obligations légales en la matière.
En tout cas, voilà qui donnera l’occasion d’alléger les listes d’inscrits à Pôle Emploi d’un bon millier d’individus qui seront heureux d’allers écumer les sociétés françaises pour s’assurer que tout le monde y fait dodo comme il faut. Accessoirement, les contrevenants s’exposeront à des amendes lourdes (mais justes, hein, on est en République Française, n’est-ce-pas) qui viendront aider au renflouement des caisses de l’Etat.
Décidément, cette histoire de sieste, c’est vraiment génial quand on y réfléchit deux minutes. Si l’on y réfléchit encore un peu plus, on peut même se dire qu’en étendant le principe sur plusieurs heures, on devrait arriver à la fois à une productivité de folie, un taux de chômage rikiki, une santé flamboyante de la population et de vigoureuses rentrées de fonds pour l’Etat. Et si on y réfléchit encore un peu plus, on se dit que tout ceci est bel et bon, mais il semble bien que cette histoire de sieste serve surtout à compenser un manque de sommeil de plus en plus chronique dans nos sociétés.
Bizarrement, et d’autant plus que la solution « sieste » semble si géniale, personne ne semble s’occuper réellement du problème initial, le manque chronique de sommeil. Plusieurs études montrent pourtant son ampleur : en France, le temps passé à dormir a diminué de 18 minutes en 25 ans. Or, pendant le même temps, la biologie humaine n’a pas évolué pour justifier cette diminution, ce qui veut dire que le phénomène a un impact durablement négatif sur les individus. Cette diminution n’est pas la même partout, mais elle suit assez bien l’augmentation du temps passé devant la télé et, plus insidieusement, celui dans les transports.
Or, si le temps passé devant la télévision (ou, plus généralement, les écrans) tient sans doute d’une mode technologique contre laquelle il semble difficile de lutter, l’augmentation parfois alarmante des temps de transport doit, elle, bien plus à la mauvaise gestion publique de l’aménagement urbain qu’à une mode passagère. Autrement dit, l’introduction de la sieste revient, pour ceux qui la pratiquent, à récupérer du temps de sommeil sur ce qui a été rogné par suite des choix politiques souvent discutables et parfois calamiteux en matière d’organisation des transports en commun, des infrastructures routières et des lois immobilières.
Mieux : la sieste est aussi vantée pour ses bénéfices contre le stress, stress souvent induit par des contraintes entrepreneuriales directement liées, là encore, à des choix politiques douteux (la proverbiale productivité française doit beaucoup à son code du travail momifiant les zacquis sociaux et imposant, par ricochet, les fameuses « cadences infernales » à ceux qui n’ont pas le privilège d’être en CDI, par exemple).
Il est finalement assez éclairant de constater que l’introduction de la sieste au travail pourrait bien apporter, outre les nombreux avantages décrits plus hauts, un peu de cette liberté qui a été grignotée par ailleurs. Et puis, comment ne pas voir dans un pays qui se réfugie dans le petit roupillon plutôt que résoudre ses problèmes un aboutissement logique de 40 ans de fuite devant ceux-ci ?
must not sleep

Au Sénat, le PS vers une troisième défaite de rang

Le 28 septembre, le Sénat renouvellera la moitié de ses membres. La droite espère leur reprendre le contrôle.

C'est une campagne discrète par nature. Avec entrain, le sénateur Didier Guillaume, président du groupe PS au Sénat, passe son mois d'août à sillonner la Drôme à la rencontre des grands électeurs. Ces derniers voteront le 28 septembre pour renouveler 178 des 348 sénateurs. Le PS redoute aujourd'hui la perte de la Haute Assemblée. Tout un symbole : le Sénat a été la première marche vers la reconquête du pouvoir pour les socialistes. Après des municipales et des européennes catastrophiques, il pourrait être le troisième tome du livre noir de ce début de quinquennat.
"Nous sommes passés de favoris à challengers. Ce renouvellement, a priori, ne nous était pas défavorable. La droite a beaucoup plus de sortants", pointe Guillaume. Christophe Borgel, le "Monsieur Élections" du PS, avance les 3 clés du scrutin : le nombre de listes (connu mi-septembre), la capacité du gouvernement à envoyer des signaux positifs sur l'investissement et le sort des départements ruraux ; s'y ajoute la qualité des candidats.
"Aujourd'hui, dans les calculs les plus savants du parti, nous sommes soit à moins 2 sièges, soit à moins 15", confie un hiérarque socialiste. Le PS et EELV n'ont pas réussi à trouver un accord pour cette élection. Ce qui amenuise un peu plus les espoirs de la gauche. "La raison aurait voulu qu'on s'accorde mais le cœur n'y était pas", assume le président du groupe écolo au Sénat, Jean-Vincent Placé. Fin juin, les communistes et le PS avaient engagé de discrètes discussions. "Les négociations ont capoté", annonce un dirigeant socialiste, même si officiellement rien n'est acté. "On est dans le non-dit et Pierre Laurent va venir à notre université d'été pour dire qu'on est des vilains", déplore ce même socialiste.

"Sur le terrain, les maires et les grands électeurs sont perdus"

Même l'accord entre le PS et les radicaux de gauche ne tient qu'à un fil puisque ces derniers accusent les socialistes de ne pas tenir leurs engagements. "Quand nous avons pris le Sénat, c'était une époque de rébellion contre la création du conseiller territorial voulu par Sarkozy", rappelle Jean-Michel Baylet, patron des radicaux et lui-même sénateur. Cette fois, le contexte est tout autre, souligne celui qui brocarde la réforme territoriale de François Hollande. "Fatalement, les textes qui concernent les collectivités ont une influence directe sur cette élection. Sur le terrain, les maires et les grands électeurs sont perdus", appuie-t-il.
À droite, on essaie de contenir son optimisme. Difficilement. "Nos calculs nous donnent entre 8 et 12 sièges d'avance. Tous nos candidats disent qu'il y a deux éléments rédhibitoires contre la gauche : les 11 milliards d'euros d'économies que veut faire la gauche en trois ans dans les collectivités territoriales et le flou complet qui règne sur le futur pouvoir des régions et des départements", note le sénateur UMP Roger Karoutchi.

Éric Ciotti : « Priver les clandestins de prestations »

La pression migratoire dans les Alpes-Maritimes et à Calais sont-elles analogues?
Éric CIOTTI. -À la frontière franco-italienne, nous enregistrons une augmentation très forte du flux des clandestins, avec un rythme d'interpellations qui atteint 100 par jour! Nous avons rejoint le niveau que l'on connaissait lors des printemps arabes de 2010. Cette nouvelle montée en puissance, globalement liée à ce qui se passe en Libye et en Syrie, traduit l'incapacité de l'Europe et de la France en particulier à s'opposer à l'entrée massive de candidats à l'exil victimes de réseaux de passeurs en 
pleine explosion. Il est aujourd'hui temps d'engager une politique de régulation des flux migratoires radicalement différente.

Comment?
L'Europe doit d'abord mieux protéger ses frontières externes, notamment avec la Turquie, qui est une passoire. Ensuite, il est urgent de réformer en profondeur le systèmeSchengen en le dotant d'outils plus fermes pour lutter contre cette immigration irrégulière. Mais le problème est aussi français et il s'est aggravé depuis 2012 par le laxisme du gouvernement. Les expulsions, qui ont baissé de 12.000 en 2013, se font de plus de plus en rares depuis l'affaire Leonarda. Par ailleurs, à peine 5 % des quelque 50.000 déboutés du droit d'asile sont effectivement raccompagnés dans leurs pays d'origine tandis que, dans le même temps, les régularisations ont augmenté avec la circulaire Valls de 2012. La France est devenue l'un des maillons faibles de l'Europe, en offrant de véritables appels d'air aux réseaux criminels.
Que proposez-vous donc?
Changer radicalement de politique migratoire! La France doit être moins attractive, moins généreuse en termes sociaux. L'Angleterre de Cameron s'engage déjà dans cette voie. Il me paraîtrait normal que les prestations sociales versées aux étrangers en situation régulière soient assorties de délais de présence beaucoup plus longs sur le territoire. Il faut aussi très clairement priver les migrants clandestins de toute prestation. J'ai d'ailleurs déposé une proposition de loi visant à limiter l'aide médicale de l'État (AME) uniquement aux cas d'urgence. Aujourd'hui, de véritables filières profitent du système…
ENFIN QUELQUE CHOSE DE RÉALISTE ET QUI VA DANS LE BON SENS

HOLLANDE, FAUT PAS FAIRE N'IMPORTE QUOI, VOILÀ LE RÉSULTAT.