TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 27 août 2013

Ayrault contre le front anti-fiscal

Le premier ministre a paraît-il repris la main. Le Monde nous l'explique dans une longue et grande page, samedi dernier. Pour preuve, ces petits symboles que seuls les spécialistes repèrent et qui, il faut l'avouer, n'intéressent personne: Ayrault s'est donc réservé quelques annonces récentes plutôt que de les laisser à ses ministres (renforts à Marseille, réforme des rétraites, titularisation de 28.000 auxiliaires de santé Handicap); il est "plus à l'écoute" d'après Benoît Hamon et, last but least, il a assuré le discours de clôture des Universités d'Eté du Parti socialiste à la Rochelle ! Quelle affaire !
Dimanche soir, l'incroyable suspense d'une séquence présentée à coup de roulement de tambour médiatique se clôturait au journal télévisé de France 2: non, Ayrault n'avait rien à dire de définitif sur la réforme des retraites puisque les rencontres avec les partenaires sociaux débutaient cette semaine.

Plus grave, plus sérieux, plus inquiétant, Ayrault dût réagir tout-de-go au front anti-fiscal. Ce front, pour l'instant composite, comprend sans surprise la droite politique, mais déborde jusqu'à la "droite de la gauche" et quelques ministres, sans compter les innombrables journalistes et éditocrates qui s'auto-commentent. En cause, le poids des "prélèvements obligatoires". Le sujet tombe dans cette actualité de rentrée pour une raison simple: les Français vont recevoir leurs avis d'imposition 2013: impôt sur le revenu, taxe d'habitation, taxe foncière. 

Marie Drucker: "Quand allez-vous mettre un coup d'arrêt aux augmentations d'impôts ?"
Jean-Marc Ayrault: "D'abord je voudrais vous dire que je suis le premier ministre de la détermination à redresser  notre pays et nous allons réussir (...)."
Certes, il y avait donc les retraites à l'agenda de cette si dure rentrée. D'ailleurs, là aussi, on craignait encore davantage de taxes. Taxe, cotisations, impôts, les termes honnis. En quelques jours, quelques semaines tout au plus, le poids de la fiscalité semblait être l'obsession de la rentrée. Même quelques ministres finissaient par s'en inquiéter... 

Pourtant, pouvait-on se rappeler quelques faits ?

1. Depuis quelques années, l'inquiétude était, à juste titre, ailleurs: dans l'effondrement de nos recettes fiscales pour cause de libéralisme incongru qui ne profita qu'à certains. En 2000, le gouvernement Jospin avait, certes, réduit le taux de TVA normal précédemment augmenté par le gouvernement Juppé. Dix-huit milliards de francs, près de 3 milliards d'euros de baisse d'impôt... pour tous. Mais le vrai traumatisme fiscal, dénoncé depuis jusque dans les rangs de la droite, était ailleurs. Depuis cette fichue année 2000, les impôts sur les revenus - travail et capital - rentrent moins puisqu'on les a baissé. "On" les a baissé pour le plus grand bénéfice des plus fortunés, des cadres sup' et autres bénéficiaires de ces tranches supérieurs.

2. Malgré un large réajustement l'an passé, le compte n'y est pas. La plus forte des mesures du gouvernement Ayrault, peu commenté, fut le plafonnement en valeur absolue (sic!) du bénéfice fiscal qu'un foyer fiscal pouvait retirer des niches fiscal. A quelques exceptions près - allez donc vous acheter quelque bien immobilier en Martinique -, il n'y a plus que 10.000 euros de réduction d'impôt par an... Mesurez l'écart, déjà mentionné dans ces colonnes

3. Il est utile de rappeler, à ce stade, que quelques sarkozystes vous expliqueront que leur ancien mentor avait aussi prévu un plafond au bénéfice de ces niches fiscales. C'est vrai, il était de 18.000 euros par an plus 4% des revenus annuels... Plus vous gagniez, plus le plafond était élevé... Sans commentaires.

4. Le gouvernement Ayrault, donc, a assommé quelques-uns de ces drogués du revenu défiscalisé par un coup de massue incroyable: abaissement drastique du plafond, création d'une nouvelle tranche supérieure (45%), intégration des revenus du capital dans le barème de l'iR, le choc fut rude... pour les plus fortunés: car qui paye plus de 10.000 euros d'impôts sur le revenu par an ? Bref, en ces temps de stress fiscal à l'approche de la réception de nos fameux avis d'imposition sur les revenus, celles et ceux concernés par la chose ne sont pas tous logés à la même enseigne: comme l'expliquait notre confrère Melclalex, en octobre dernier, "7,4 millions de contribuables sont concernés par cette décote, dont 4 millions de contribuables les plus modestes verront leur impôt sur le revenu diminuer, 3,4 millions bénéficieront quant à eux d'une neutralisation du gel du barême."

5. Ce front anti-fiscal qui s'organise, et intoxique quelques-uns de nos plus brillants  mais impatients journalistes (sic!), mélange tout et tout de suite. Il y a bien sûr quelques UMPistes. Nous avons entendu Jean-François Copé réclamé 130 milliards d'euros de baisse de dépenses et autant d'impôts. Son collègue Gilles Carrez, longtemps rapporteur du budget au Parlement, dénonçait la stratégie du "tout-impôt". Le même, il y a trois ans, une éternité, accusait ses propres confrères de la droite au pouvoir: "Entre 2000 et 2009, le budget général de l'État aurait perdu entre 101,2 milliards d'euros (5,3 % de PIB) et 119,3 milliards d'euros (6,2 % de PIB) de recettes fiscales". Le gouvernement Ayrault n'a même pas récupéré ces fameux 100 milliards...

De quoi parle-t-on ?

Faut-il interdire le port du voile à l'université?


"C'est par les robes décolletées que s'évapore peu à peu la pudeur des femmes"
Alexandre Dumas fils
Faut-il interdire le port du voile à l'université?
Pour répondre à cette question, il faut selon moi répondre en préalable à une autre question: le voile est-il islamique ou islamiste? Autrement dit, le voile est-il un symbole religieux de l'islam ou est-il le symbole d'une pratique radicale (islamisme) de l'islam?

Si le voile est seulement un symbole religieux de l'islam, il n'y a aucune raison d'interdire le voile islamique à l'université, sauf à interdire tout symboles religieux, ce qui risque de poser un problème de liberté d'expression religieuse (on parle bien entendu là des étudiants, car le personnel enseignant est, lui, soumis à une stricte neutralité religieuse).

Si le voile est le symbole d'une pratique radicale de l'islam, la France peut en revanche interdire dans l'université publique le port du voile islamiste si ce vêtement contrevient dans sa signification aux principes et valeurs de la République.

Or, quelle est la signification du voile? Il s'agit selon ses promoteurs de préserver à la fois la chasteté des hommes et la pudeur des femmes, prescription vestimentaire fondée sur une inégalité entre les hommes et les femmes puisqu'elle ne s'adresse qu'aux femmes et non aux hommes (1). Rien à voir, donc, avec le port - discret ou ostentatoire - d'un signe religieux: croix, étoile de David, main de Fatma ou croissant et étoile.
Partant de là, la France serait tout à fait en droit d'interdire dans l'université publique un symbole d'inégalité entre les citoyens de sexe féminin et ceux de sexe masculin. Et le plus grand mal que l'on ferait à nos compatriotes de confession musulmane serait précisément de confondre l'islam (religion) avec l'islamisme (pratique radicale de cette religion). Car c'est cet amalgame qui ouvre la voie à l'islamophobie(2), dont la progression est inquiétante.


Je note d'ailleurs que la majorité des Françaises de confession musulmane ne porte pas le voile, et que certains États musulmans ont adopté une législation restrictive (exemple: à l'université en Turquie). De fait, rien n'interdit en lisant le Coran de considérer qu'il ne s'agit pas pour les femmes de porter un voile sur la tête mais juste de cacher leurs seins en raison de la spécificité de l'anatomie féminine, hommes et femmes devant cacher leurs parties intimes:
"Ô enfants d'Adam! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures (...) Ô enfants d'Adam! Que le Diable ne vous tente point, comme il a fait sortir du Paradis vos père et mère, leur arrachant leur vêtement pour leur rendre visibles leurs nudités (Sourate 7 - Al-A'raf/Le mur d'A'raf, versets 26 et 27)
"Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté (...)
Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines (...)" (Sourate 24 - An-Nur/La Lumière, versets 30 et 31)
"Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées (...)" (Sourate 33 - Al-Ahzab/Les Coalisés, verset 59)
[Ajout 10/08/2013] Le verset suivant est le plus difficile à interprêter:
"Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées (...)" (Sourate 33 - Al-Ahzab/Les Coalisés, verset 59)
Il pourrait en effet bien s'agir cette fois d'un voile sur la tête afin de ne pas être confondue à l'époque avec une esclave ou une prostituée tête nue (mais aussi seins nus?). Rien toutefois d'explicite.
Bref, si le voile est islamiste et non islamique, j'attends que mes compatriotes de confession musulmane le condamnent, tout comme mes compatriotes de confession catholique ne peuvent pas être confondus de bonne foi avec les intégristes qui refusent toujours l'encyclique Au milieu des sollicitudes (Inter Sollicitudines, 1892) (3).

La vraie question n'est donc pas celle de la pratique ou de la manifestation en France de l'islam, bien entendu libres comme pour toute religion dans la limite des justes exigences de l'ordre public, mais celle du port du voile en soi, s'il marque une inégalité entre les femmes et les hommes, dans une République qui garantit l'égalité entre tous ses citoyens sans distinction d'origine, de couleur de peau, de religion ou de sexe.

Avertissement: il ne s'agit là que d'interrogations personnelles, sincères, sans aucune prétention journalistique, universitaire ou théologique.

(1) Historiquement, le voile a sans conteste pour fondement l'inégalité des sexes (il était chez les Assyriens l'attribut des femmes de haut rang cloîtrées chez elles), y compris chez le chrétien Saint Paul (première épitre de Saint Paul apôtre aux Corinthiens, chapitre 11):
... 3 Je veux cependant que vous sachiez que le chef de tout homme c'est le Christ, que le chef de la femme, c'est l'homme, et que le chef du Christ, c'est Dieu.
4 Tout homme qui prie ou qui prophétise la tête couverte, déshonore sa tête.
5 Toute femme qui prie ou qui prophétise la tête non voilée, déshonore sa tête: elle est comme celle qui est rasée.
6 Si une femme ne se voile pas la tête, qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il est honteux à une femme d'avoir les cheveux coupés ou la tête rasée, qu'elle se voile.
7 L'homme ne doit pas se couvrir la tête, parce qu'il est l'image de la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme.
8 En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme de l'homme;
9 et l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme.
10 C'est pourquoi la femme doit, à cause des anges, avoir sur la tête un signe de sujétion.
11 Toutefois, ni la femme n'est sans l'homme, ni l'homme sans la femme, dans le Seigneur.
12 Car, si la femme a été tirée de l'homme, l'homme aussi naît de la femme, et tout vient de Dieu.
13 Jugez-en vous-mêmes: est-il bienséant qu'une femme prie Dieu sans être voilée?
14 La nature elle-même ne nous enseigne-t-elle pas que c'est une honte à un homme de porter de longs cheveux,
15 tandis que c'est une gloire pour la femme qu'une longue chevelure, parce que la chevelure lui a été donnée en guise de voile?
(2) Comme le dit fort justement Jean-Yves Camus: "Le fait que des organisations islamistes mettent en avant le terme d'«islamophobie» dans un objectif de victimisation de l'islam et des musulmans n'est pas suffisant pour en délégitimer l'emploi (...)".
(3) La comparaison ne vaut que ce qu'elle vaut en raison de la particularité de la hiérarchie catholique, mais l'islam a certainement l'équivalent d'un Luther ou d'un Calvin...

Ça ira mieux demain…

En cette rentrée, droite et gauche ne sont pas en grande forme. Mais les deux voient des raisons d’espérer.

Les socialistes sortent d’une Université d’été, à La Rochelle, marquée par un climat de confiance raisonnable sur lequel on n’aurait pas parié il y a deux mois. Malgré des sondages toujours mauvais, une image du PS dégradée, un chômage et un pessimisme record, ils estiment avoir touché le fond.
Ils considèrent que les réformes sociales vont donner à plein ; que les indicateurs économiques sont porteurs de promesses inespérées ; et qu’ajoutés au retour, spectaculaire, de la confiance dans la zone euro, ils peuvent permettre à François Hollande de concilier croissance et redressement. De passer par le chas de l’aiguille.
La majorité désespère d’autant moins que les écologistes, s’estimant entendus, prolongent la solidarité gouvernementale. Et elle parie que Jean-Luc Mélenchon va s’enliser alors que ses partenaires communistes commencent à comprendre qu’ils n’ont pas d’avenir électoral sans alliance avec le PS.
Pourtant, les socialistes font tout ce qu’il faut pour se tirer des balles dans le pied. Alors que la révolte fiscale menace, il y avait sans doute une autre manière d’annoncer une taxe verte, tout à fait fondée dans son principe, en garantissant que ce serait à prélèvement constant.
Il y avait, pour Manuel Valls et Christiane Taubira, une autre méthode pour débattre de la politique pénale que de se chamailler en public pour peser sur les arbitrages. Jean-Marc Ayrault a prévenu : les enjeux personnels sont des fautes qui peuvent mettre à mal l’effort collectif.
À droite, les choses sont encore plus compliquées. D’abord les centristes, membres d’une UDI toujours en chantier, sont inaudibles tant que Jean-Louis Borloo, ce qui est souvent son cas, est aux abonnés absents.
L’UMP, qui annonce repartir à l’offensive, est en dérangement pour cause d’inventaire. Les rivalités Copé-Fillon font que l’on ne sait toujours pas – et pour un moment – qui parle au nom de quel projet. La droite, pour moitié responsable, n’est qu’en partie crédible quand elle déplore les déficits ou le niveau des impôts.
L’automne va pourtant être dominé par le débat fiscal. Les prélèvements – impôts, taxes et cotisations – ont atteint un niveau à la limite du supportable. Alors que la réforme des retraites nécessitera de nouvelles contributions et que la hausse, déjà prévue, de la TVA rognera le pouvoir d’achat.
Il y a un risque considérable de casser le peu de croissance. Le chiffon rouge fiscal pousse à réduire la consommation ou à reporter ses projets. C’est pour cela que Jean-François Copé prône une baisse des impôts, compensée par… 130 milliards d’économies publiques.
Il y aurait, estime au contraire le gouvernement, le même risque à réduire brutalement la dépense de l’État et des collectivités. Tout est donc affaire de dosage et de choix entre les emprunts pour investir – qui font la richesse de demain – et ceux pour boucler les fins de mois, qui coûtent plus qu’ils ne rapportent.
C’est le vrai débat. Car tant que l’État n’aura pas retrouvé de marge, d’autorité, de souveraineté, le Front National, hantise des prochaines élections et cible privilégiée des socialistes à La Rochelle, se nourrira des impatiences.

Réforme ou replâtrage ?


En cette rentrée déjà plombée par le chômage de masse et le choc fiscal, le gouvernement s'attaque, avec la réforme des retraites, au dossier le plus explosif de tous. Jean-Marc Ayrault termine aujourd'hui son tour de table avec les partenaires sociaux avant de dévoiler ses arbitrages d'ici la fin de la semaine.
À quoi faut-il s'attendre avant la présentation du projet de loi à la mi-septembre ? Pas au grand soir, ni au big-bang. À une réforme de plus, la quatrième en vingt ans. Un replâtrage homéopathique qui, selon le gouvernement, se veut plus juste que les précédents. Un bricolage inopportun selon l'aile gauche du PS mais destiné, toutefois, à combler les 7 milliards d'euros de déficit du régime général attendus en 2020.
Pour y parvenir, pas question, avait sommé le chef de l'État, de toucher à nouveau à l'âge légal de départ, reporté à 62 ans par la droite en 2010. Pas question non plus de s'attaquer aux régimes spéciaux, ni d'aligner le régime du public sur le privé. Les fâcheux calculs politiciens à l'approche des échéances électorales (municipales en mars, européennes en mai 2014) ont tué dans l'oeuf toute réforme d'envergure.
On l'a vu par le passé : coller des rustines à la va-vite sur les flotteurs d'un pédalo à la dérive ne suffit pas dans la durée à le maintenir au-dessus de la ligne de flottaison. Faute de courage politique et d'une indispensable réflexion globale sur l'État providence, on retient qu'il faudra bien un jour remettre le couvert.
Le coût du travail entre en jeu
En attendant, la réforme se dessine sur la base d'une hausse de la durée de cotisation, mais pas avant 2020. Estampillée à gauche avec la prise en compte de la pénibilité, des droits pour les femmes et les jeunes, déclenchera-t-elle l'onde de choc promise le 10 septembre par les syndicats les plus contestataires ? Pas sûr, car la CGT et FO sont loin d'afficher un front uni avec les centrales réformatrices à l'image d'une CFDT plutôt satisfaite. Une certitude : actifs, retraités et entreprises seront mis à contribution pour « sauver » ce système par répartition auquel les Français restent très attachés. Un dispositif qui pèse 13 % de la richesse produite chaque année par le pays.
Maintenant, comment passer à la caisse ? Via une hausse de la CSG, un brin controversée ces dernières heures ? Une hausse des cotisations patronales et salariales ? Un peu des deux ? Le suspense sur le financement demeure.
En recourant à la fiscalité, cet instrument usé par la gauche jusqu'à la corde, l'exécutif prendra-t-il le risque de freiner la consommation des ménages en mal de pouvoir d'achat, de gripper le moteur de la croissance, de mettre à mal la compétitivité de la France qu'il cherche par ailleurs à restaurer ?
(Sur) taxer n'est pas réformer. Pour contrer l'exaspération du patronat, vent debout lui aussi face au ras-le-bol fiscal, le Premier ministre a cherché, hier, à désamorcer la bombe en proposant au Medef une réflexion sur la baisse du coût du travail pour compenser une hausse des cotisations. Manoeuvre politique ou vraie main tendue ? L'avenir va vite nous le dire.

L’Iran, la Russie, la Syrie, les Etats-Unis et les armes chimiques


Beyrouth, le 26 août 2013, minuit. Depuis les premières vidéos et les premières révélations quant à une attaque à l’arme chimique dans la Ghouta de Damas, les informations se font de plus en plus précises. Et, pour l’instant, tout semble prouver que nous ne sommes absolument pas dans le cadre d’un plan à l’américaine faisant état d’armes de destructions massives en Irak pour se donner un prétexte justifiant la guerre dans ce pays.
Médecins sans frontières (MSF), qui est l’une des rares organisations à être sur place, affirme dans un communiqué : « 355 patients présentant des symptômes neurotoxiques sont morts en Syrie dans des hôpitaux, aidés par MSF, et environ près de 3 600 personnes y sont traitées depuis le 21 août… Les symptômes qui nous ont été rapportés, le schéma épidémiologique de cet événement – caractérisé par l’afflux massif de patients dans un laps de temps très court, la provenance des patients et la contamination des secouristes et du personnel ayant fourni les premiers soins – suggèrent fortement l’exposition massive à un agent neurotoxique. »
Pour ma part, je ne doute pas un instant de la véracité de ce communiqué. Mais je peux comprendre qu’on le mette en doute. C’est pour cela que nous allons chercher dans les plis des déclarations officielles un fil d’Ariane qui nous mènera au plus près de la réalité du terrain.
Si, pour la France, l’usage des armes chimiques par le régime ne fait aucun doute, pour la Russie « les soupçons d’utilisation par les autorités syriennes d’armes chimiques sont une provocation planifiée à l’avance ».
Là, chacun est dans son rôle. La Russie en soutien indéfectible du régime, la France dans le camp adverse. Il faut donc aller chercher ailleurs. En particulier du côté de Washington et de Téhéran.
Dès les premières informations, les Américains se sont montrés d’une extrême prudence. Une prudence qui frisait le scepticisme. Disons plutôt que le syndrome « guerre du Golfe » paralysait leur réflexion et leur pouvoir de décision. L’administration Obama ne pouvait en aucun cas se permettre d’affirmer une telle énormité sans l’avoir fait vérifier et revérifier aux meilleures sources. Pourtant on a assisté – et l’on assiste encore, parce que le bras de fer entre Damas et Washington semble avoir commencé – à une sérieuse évolution de l’opinion américaine.
Après une extrême prudence – « Nous ne savons pas si cela s’est vraiment passé comme cela… Nous ne savons pas qui est la partie responsable » – les Etats-Unis accusent, certes encore avec ces formules que l’on peut encore retourner, le régime de Damas d’avoir perpétré ce crime. Mais les faits sont venus nous dire que, pour Washington, les lignes rouges ont bel et bien été franchies.
Il y a eu d’abord l’inhabituel coup de téléphone du secrétaire d’Etat Kerry à son homologue syrien, Walid Mouallem. Ce dernier annonce, dans la foulée, que le régime accepte l’envoi d’observateurs et d’enquêteurs pour étudier, faire les prélèvements nécessaires sur les lieux de l’attaque. Qu’a dit Kerry à Mouallem ? L’une de mes sources – que je qualifierais de très fiable et avec qui nous prenions un verre ce soir – m’a affirmé que Kerry aurait expliqué à Mouallem qu’il n’était pas nécessaire pour les Etats-Unis d’intervenir directement en Syrie mais que des actions ponctuelles, très douloureuses, pouvaient être ordonnées, sans aller jusqu’au modèle Kosovo comme cela se chuchote dans les rédactions. Simultanément, la flotte militaire américaine croisant en Méditerranée faisait route vers la Syrie et le Liban. D’où le changement d’attitude de Mouallem.
Nul n’a entendu les Iraniens pendant les premières heures de l’arrivée et de la diffusion des images. Après 24 heures de silence radio – je dirais même plus de 24 heures – le président iranien Hassan Rohani déclare : « La situation qui domine aujourd’hui en Syrie et la mort d’un certain nombre d’innocents provoquée par des agents chimiques sont très douloureuses… De nombreux innocents ont été blessés et ont souffert le martyre par des agents chimiques, et c’est malheureux. Nous condamnons totalement et fermement l’utilisation des armes chimiques. La République islamique conseille à la communauté internationale d’exercer toute sa puissance pour empêcher l’utilisation de ces armes où que ce soit dans le monde, et notamment en Syrie. »
Rohani ne désignera pas de coupable et c’est cela que nous devons retenir. Je n’omettrai pas de signaler que, porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi avait déclaré jeudi que « si l’information sur l’utilisation d’armes chimiques était confirmée, les rebelles en seraient responsables ». Cela ne compte pas. Ce qui est à retenir pour l’avenir sont les propos de Rohani.
Des propos que nous devons mettre en regard avec d’autres propos que l’on peut relever chez de nombreux responsables iraniens ces dernières semaines, voire ces derniers mois : la relation privilégiée de l’Iran avec la Syrie ne mourra pas avec la chute du régime. A plus d’un signe, nous sentons que Téhéran prépare son après-Assad et ménage ses arrières…
Afin de clore mon propos, il faudrait ajouter que, depuis la révélation du massacre, la Ghouta a été sauvagement bombardée par l’aviation militaire. Est-ce pour effacer les traces et les preuves ? Mais est-ce que des bombardements, même puissants comme ceux d’hier, peuvent détruire ces preuves ? Espérons que les échantillons prélevés sur place pourront être analysés.
Et puis… Eh bien, et puis il y a eu le double attentat à la voiture piégée à Tripoli au Nord-Liban, le lendemain de la diffusion des vidéos. Qui parlait donc encore des massacres de la Ghouta à ce moment-là ? Plus personne.

Ça ira mieux demain...

Ça ira mieux demain...


En cette rentrée, droite et gauche ne sont pas en grande forme. Mais les deux voient des raisons d'espérer.
Les socialistes sortent d'une Université d'été, à La Rochelle, marquée par un climat de confiance raisonnable sur lequel on n'aurait pas parié il y a deux mois. Malgré des sondages toujours mauvais, une image du PS dégradée, un chômage et un pessimisme record, ils estiment avoir touché le fond.
Ils considèrent que les réformes sociales vont donner à plein ; que les indicateurs économiques sont porteurs de promesses inespérées ; et qu'ajoutés au retour, spectaculaire, de la confiance dans la zone euro, ils peuvent permettre à François Hollande de concilier croissance et redressement. De passer par le chas de l'aiguille.
La majorité désespère d'autant moins que les écologistes, s'estimant entendus, prolongent la solidarité gouvernementale. Et elle parie que Jean-Luc Mélenchon va s'enliser alors que ses partenaires communistes commencent à comprendre qu'ils n'ont pas d'avenir électoral sans alliance avec le PS.
Pourtant, les socialistes font tout ce qu'il faut pour se tirer des balles dans le pied. Alors que la révolte fiscale menace, il y avait sans doute une autre manière d'annoncer une taxe verte, tout à fait fondée dans son principe, en garantissant que ce serait à prélèvement constant.
Il y avait, pour Manuel Valls et Christiane Taubira, une autre méthode pour débattre de la politique pénale que de se chamailler en public pour peser sur les arbitrages. Jean-Marc Ayrault a prévenu : les enjeux personnels sont des fautes qui peuvent mettre à mal l'effort collectif.
À droite, les choses sont encore plus compliquées. D'abord les centristes, membres d'une UDI toujours en chantier, sont inaudibles tant que Jean-Louis Borloo, ce qui est souvent son cas, est aux abonnés absents.
L'UMP, qui annonce repartir à l'offensive, est en dérangement pour cause d'inventaire. Les rivalités Copé-Fillon font que l'on ne sait toujours pas - et pour un moment - qui parle au nom de quel projet. La droite, pour moitié responsable, n'est qu'en partie crédible quand elle déplore les déficits ou le niveau des impôts.
L'automne va pourtant être dominé par le débat fiscal. Les prélèvements - impôts, taxes et cotisations - ont atteint un niveau à la limite du supportable. Alors que la réforme des retraites nécessitera de nouvelles contributions et que la hausse, déjà prévue, de la TVA rognera le pouvoir d'achat.
Il y a un risque considérable de casser le peu de croissance. Le chiffon rouge fiscal pousse à réduire la consommation ou à reporter ses projets. C'est pour cela que Jean-François Copé prône une baisse des impôts, compensée par... 130 milliards d'économies publiques.
Il y aurait, estime au contraire le gouvernement, le même risque à réduire brutalement la dépense de l'État et des collectivités. Tout est donc affaire de dosage et de choix entre les emprunts pour investir - qui font la richesse de demain - et ceux pour boucler les fins de mois, qui coûtent plus qu'ils ne rapportent.
C'est le vrai débat. Car tant que l'État n'aura pas retrouvé de marge, d'autorité, de souveraineté, le Front National, hantise des prochaines élections et cible privilégiée des socialistes à La Rochelle, se nourrira des impatiences.

Peines de probation : L’indécence d’Etat

Taubira entend donner ses lettres de noblesse au laxisme


Le président de la République, certes, ne fait pas honte à ceux qui l’ont élu à cause de son comportement personnel et de sa pratique du pouvoir. Le fond de sa politique, c’est autre chose !Le Premier ministre ne cesse de rappeler, tant l’inverse est éclatant, que la seule ligne du gouvernement est de vouloir instaurer une justice à la fois ferme et efficace (France 2).
Mais, quand on a pris acte de cette dignité présidentielle et de cet affichage de rigueur, il y a le reste. Tout le reste.
Ce rapprochement ne regarde que moi mais je n’ai pu m’empêcher de relier ces derniers jours les reniements à répétition faussement habiles de Manuel Valls, le délire des jeunes socialistes éperdus devant Christiane Taubira, le triomphe de celle-ci à La Rochelle, l’annonce de la peine de probation et la mort héroïque, à 61 ans, de Jacques Blondel à la suite d’un vol à main armée à Marignane, dans un bar-tabac, par deux jeunes malfaiteurs dont l’un a tué celui qui avait eu le courage d’intervenir (Le JDDLe ParisienLe Figaro).
Une indécence déchirante et scandaleuse entre la réalité d’une société et ses tragédies au quotidien d’une part et de l’autre les jeux politiciens, le laxisme auquel l’idéologie de Christiane Taubira prétend donner ses lettres de noblesse et les applaudissements frénétiques de militants aveuglés.
Il est évident que le garde des Sceaux n’est pas coupable de chaque transgression délictuelle et /ou criminelle. Elle n’est pas embusquée derrière chaque acte odieux, chaque sauvagerie, chaque dysfonctionnement judiciaire mais le climat qu’elle crée par sa politique ou plutôt son absence oralement somptueuse de politique – attendons le 30 août – ne manque pas d’avoir une incidence sur l’inventivité sombre de notre société et de certains de ses membres, tant la faiblesse proclamée, théorisée et approuvée au plus haut niveau facilite la libération des pulsions délétères de citoyens qui s’accommodent fort bien d’une France qui se laisse aller, qui laisse aller.
Comment en effet ne pas s’émouvoir de l’unique préoccupation de la ministre qui est de réduire la surpopulation carcérale au risque, démontré chaque jour, d’amplifier l’insécurité ? Comment les transgresseurs d’aujourd’hui ou de demain, qui ne sont pas tous obtus et engendrés par la désinsertion sociale, seraient-ils retenus d’accomplir le pire quand seule la prison est dénoncée, et ses conséquences néfastes réelles ou fantasmées, mais jamais son utilité et sa triste nécessité affirmées ?
Le problème crucial, en ces temps où, quoi qu’on pense des statistiques, la délinquance et la criminalité ne baissent pas impose non pas d’éviter coûte que coûte l’enfermement à ceux qui le méritent mais au contraire de mettre fin à la scandaleuse inexécution d’au moins 100 000 peines. Si on tient à s’apitoyer avec efficacité, il s’agit au moins en même temps de composer avec cette surpopulation – qui est une donnée incontestable – en tentant par diverses modalités d’y remédier, tout en assurant la sauvegarde des personnes et des biens. La surpopulation ne démontre pas qu’il y a trop de condamnés mais qu’il n’y a pas assez de prisons. Et qu’on me fasse la grâce de ne pas prendre une telle pensée pour une sévérité maladive mais pour un constat lucide.
Ce qui me semble vicier fondamentalement la mansuétude doctrinaire de la garde des Sceaux est le soupçon absurde, implicitement ou explicitement exprimé, qu’une pluralité de possibles, en face des infractions de toutes sortes, est à la disposition des magistrats qui pourraient choisir à tout coup les solutions non carcérales sans offenser l’intérêt social ni sous-estimer la dangerosité de certains parcours de rupture et de violence.
Cette approche si peu fondée est d’autant plus aberrante que notre système judiciaire, gauche et droite confondues, a poussé jusqu’à ses extrêmes limites, voire ses limites insupportables, l’exigence de la répression, notamment avec le recours carcéral, et sa négation immédiate avec les aménagements. Christiane Taubira n’est pas l’initiatrice de cette contradiction entre la fermeté de la décision pénale et, sans attendre, l’indulgence de son exécution. Rachida Dati, le 28 juillet 2008, avait déjà évoqué la prison hors les murs avant de faire voter la loi pénitentiaire, par certains côtés burlesque, du 24 novembre 2009 qui permettait de désavouer sur-le-champ les jugements des tribunaux correctionnels.
La différence considérable entre l’une et l’autre de ces gardes des Sceaux est que la première agissait avec un empirisme dévastateur et sans souci de logique tandis que la seconde se pique de doctrine, de philosophie et de dogmatisme. Dati improvisait avec désinvolture tandis que Taubira prend sans cesse l’air important pour faire illusion. Le flou désordonné puis le flou pédant maintenant.
Maintenant – quelle gloire d’annoncer cela à La Rochelle devant des militants en manque de vraie gauche compassionnelle, abstraite et absolument pas opératoire ! -, Christiane Taubira sort de l’imagination de ses services influencés et de sa Commission du consensus gouvernée, la peine de probation. Comme si elle faisait un cadeau à la société.
Pour les infractions punies par 5 ans d’emprisonnement au maximum, le tribunal correctionnel pourra ajouter à sa panoplie la peine de probation excluant la prison et prévoyant un encadrement et un soutien pour le prévenu laissé en liberté parmi nous.
Cette sanction, outre qu’elle va encombrer une palette répressive déjà fournie et largement suffisante pour des juges capables d’appréhender la complexité des situations et des mis en cause, la nature de leur profil judiciaire – notamment le sursis avec mise à l’épreuve du même registre -, va obérer encore davantage, sur le plan des moyens humains et matériels, la pénurie des services de l’application des peines.
Celle de probation doit être vraiment inadaptée et impraticable puisque la gauche judiciaire, représentée médiatiquement par Le Monde, en dépit de son inconditionnalité pour la ministre et de son hostilité pour son collègue de l’Intérieur, n’a pas hésité à l’apprécier déjà négativement. C’est dire !
Pour finir, penchons-nous sur le jeune destin – 18 ans – de l’un des deux malfaiteurs, l’autre étant toujours recherché, impliqué dans le vol à main armée et directement ou indirectement dans le meurtre de Jacques Blondel. On a appris qu’il avait été condamné pour une douzaine de délits, notamment pour des vols avec dégradation ou effraction, et à trois reprises par des juges pour enfants. Lors de la perpétration du “braquage”, il exécutait une sanction de quatre mois avec sursis probatoire (quasiment la peine de probation !) et avait répondu à la plupart des convocations. Ce contrôle et cette surveillance avaient été aisément compatibles, pour lui, avec l’acte criminel commis avec un jeune inconnu dans l’intervalle de son apparente normalité (nouvelobs.com).
La peine de probation, si elle est adoptée, aura-t-elle cet effet nul et lamentable sur la sécurité de tous et la sauvegarde des commerces ? A force de vouloir éviter la prison même quand elle est nécessaire, va-t-on laisser les citoyens à la discrétion de la seule bonne volonté de tel ou tel, penchant du bon côté ou acharné à récidiver gravement ?
Je ne veux pas voir se multiplier les victimes, les héros comme Jacques Blondel. Dans une démocratie exemplaire, les caractères d’élite et de courage, les civismes admirables renforcent l’action persévérante et efficace de l’État.
Ils ne s’y substituent pas.

lundi 26 août 2013

LE TRAVAIL DES SENIORS AGGRAVE-T-IL LE CHÔMAGE DES JEUNES ?

LE TRAVAIL DES SENIORS AGGRAVE-T-IL 
LE CHÔMAGE DES JEUNES ?



Le travail des seniors aggrave-t-il le chômage... par rtl-fr

Délire socialiste et paradis perdu


Le délire habite certains esprits rendus infirmes par l’idéologie qui, alors, se targuent de changer l’âme profonde du peuple pour la rendre conforme à leur délire.
Depuis bientôt quarante ans, c’est-à-dire depuis 1974 où la France est entrée dans un cycle long de comportements politiques frisant parfois l’irrationnel, la société civile est tout à fait fondée, me semble-t-il, à procéder à une sorte de droit d’inventaire destiné à clarifier une situation qui, en 2013, se révèle chaque jour plus dramatique.
Imaginez (sic !) un pays bloqué de toutes parts, incapable donc de figurer honorablement parmi les nations de son rang et, tout particulièrement, dont le corps social d’origine, soumis à un tir de barrage anthropologique d’ordre hétérogène permanent, ne cesse plus de se désagréger tant il est rangé sous les lois d’une démocratie verrouillée.
À quelle sorte de fatalité devons-nous la dérive intellectuelle et morale véhiculée depuis cette date fatidique de 1974 jusqu’à nos jours ? Le socialisme, bien sûr, que l’on peut comparer en tout point à une maladie de l’esprit dont les effets, assimilables à ceux qui surviennent sous l’emprise de la drogue, finissent peu ou prou par inhiber le discernement.
Salut, horreurs ! Salut, monde infernal ! Et toi, profond Enfer, reçois ton nouveau possesseur. Il t’apporte un esprit que ne changeront ni le temps ni le lieu. L’esprit est à soi-même sa propre demeure ; il peut faire en soi un Ciel de l’Enfer, un Enfer du Ciel. (...) Ici du moins nous serons libres (...) Ici nous pourrons régner en sûreté ; et, à mon avis, régner est digne d’ambition même en Enfer ; mieux vaut régner en Enfer que servir au Paradis.
— John MiltonLe paradis perdu, chant I.
Un état de fait des plus tragiques qui m’incite à m’interroger solennellement sur la sincérité de nos élites dirigeantes : pour qui un Gouvernement est-il réellement censé agir si ce n’est, régi par l’État de droit, pour garantir aux citoyens leur intégrité et par conséquent leur liberté d’action ? Sauf que, chez nous, l’idéologie vient à se substituer à l’État de droit.
Ainsi, à La Rochelle, Manuel Valls s’est-il exprimé sur nombre de sujets, en particulier la fameuse dissension qui l’opposerait à Christiane Taubira et qui, soyez-en sûr, juré craché, n’existe pas ! En l’occurrence, la posture énervée et même proprement guerrière adoptée à la tribune par le ministre a fini, je l’avoue, par susciter en moi un fort sentiment de malaise. Je dois aussi à la vérité de dire que cette façon sectaire de s’approprier la République, bleu de gauche, blanc de gauche et rouge de gauche, selon la formulation évocatrice d’une seule France puissamment mais abusivement ancrée à gauche employée par M. Valls, m’est apparue tellement outrée qu’elle ne peut avoir été conçue que par un esprit authentiquement exalté.
Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres (...) Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs (...) Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.
—  Alexis de TocquevilleDe la démocratie en Amérique, vol II, 1840.
Ce jugement d’une grande vérité d’un des plus brillants libéraux français, toujours aussi recevable au 21ème siècle qu’au 19ème siècle lorsqu’il fut formulé par Alexis de Tocqueville, démontre le délire qui habite certains esprits rendus infirmes par l’idéologie qui, alors, se targuent de changer l’âme profonde du peuple pour la rendre conforme à leur délire !
Tout le problème est donc véritablement de savoir quel maître (sic !) les Français veulent au plus profond d’eux-mêmes se donner pour enfin parvenir, après tant de vicissitudes, à exorciser de longues décennies de petites et grandes lâchetés politiques et autres faiblesses morales dont la répétition à l’infini a accouché d’une France caractérielle aujourd’hui au pied du mur.
N.B. À l’occasion du rendez-vous annuel de son club Génération France à Châteaurenard, Jean-François Copé, président de l’UMP, a fait son coming out libéral : crois-moi, Coco, plus libéral que lui tu meurs !

Et vous, croyez-vous, comme Hollande, à la prophétie auto-réalisatrice ?


Si Hollande insiste dans son affirmation de réduction du chômage, c’est qu’il espère que la courbe finira par s’inverser, provoquant ainsi l’effet positif qui confirme sa prédiction.
À force de répéter, contre toute évidence, que la courbe du chômage va s’inverser d’ici à la fin de l’année, le Président Hollande doit certainement croire aux vertus de la prophétie auto-réalisatrice. Il nous en avait d’ailleurs donné la preuve irréfutable à propos de la croissance, n’est-ce pas ?
En réalité, je dois lui en être reconnaissant car son attitude m’a ouvert les yeux sur combien ma compréhension de cette théorie était réductrice par rapport à sa portée réelle. Depuis les nombreuses années que je l’enseigne dans mes séminaires de négociation, je n’en voyais que le côté sombre et négatif dont il fallait alerter mes clients.
Comment fonctionne-t-elle ?
La prophétie, appelée aussi oracle, est, selo
n le sociologue américain Robert Merton, une prédiction qui modifie les comportements de telle sorte que l’événement annoncé finit par advenir. En d’autres termes, il s’agit d’une croyance qui se réalise parce que nous agissons comme si c’était déjà vrai : « une fausse définition d’une situation suscite un nouveau comportement qui fait passer pour vraie la fausse conception ».
Prenons l’exemple de ce que certains États appellent « les guerres préventives ». Ils prétendent que leur ennemi voisin ou lointain fomente une agression à leur égard. Du coup, dans le but de mettre cet agresseur potentiel hors d’état de nuire, ils le précèdent en lançant une attaque contre lui. Ceci provoque, bien sûr, une contre-attaque de sa part. Du coup, l’État qui a déclenché la guerre s’auto-justifie en dénonçant le comportement belligérant de son ennemi, alors qu’en réalité il avait provoqué la soi-disant hostilité qu’il craignait.
Paul Watzlawick, l’une des figures principales de « l’École de Palo Alto », explique comment les attitudes agressives de certaines personnes engendrent les situations contre lesquelles elles veulent précisément se protéger mais, qu’ainsi, elles confirment leur conception de la vie d’être une bataille permanente. Il illustre, dans un exemple devenu un classique, les mécanismes de la prophétie auto-réalisatrice avec la rumeur qui se propage annonçant, pour une raison indéfinie, un risque imminent de pénurie d’essence. Les automobilistes se ruent alors dans les stations-service pour faire le plein dont ils n’ont pas forcément besoin et font même des réserves en en remplissant des jerricanes. Du coup, en moins de temps pour le dire… la pénurie survient confirmant ainsi la prédiction.
Il en est de même de la bourse. Si une rumeur annonce que la valeur d’une action va baisser, ses détenteurs, donnant en masse des ordres de vente, finissent par faire baisser effectivement le cours de cette action et valident ainsi la prédiction.
Un autre exemple d’application de ce mécanisme en créativité : si une idée nouvelle surgit et que des membres qualifiés d’un comité de direction disent qu’elle ne marchera pas, autant y renoncer tout de suite. En effet, ces derniers feront tout afin qu’elle échoue rien que pour démontrer qu’ils avaient raison.
La prophétie auto-réalisatrice dans les pratiques de négociation
En négociation, il faut être conscient que si une des parties s’attend à ce que son interlocuteur agisse d’une manière donnée, elle finira par faire en sorte que l’autre agisse ainsi qu’elle le suppose. Concrètement, si, par exemple, vous anticipez que votre vis-à-vis va être compétitif ou agressif, vous vous préparerez à l’être vous-même. Dès lors, votre corps, gestes, attitudes, ton de la voix… finiront par le convaincre que vos intentions sont d’être compétitif. Du coup, il agit de la sorte… confirmant ainsi que votre hypothèse initiale était vraie. Alors, qu’en fait, vous l’avez rendu compétitif ou agressif en agissant vous-même ainsi en premier.
Fisher alerte sur le fait que, face à un négociateur même retors, « il y a peut être plein de raisons de raccrocher le téléphone, mais (il recommande) de ne jamais couper les fils ». Car, si vous le faites, vous vous fermez définitivement à la réalité et à l’opportunité de tester vos hypothèses par la confrontation de vos croyances avec l’autre partie.
Faut-il croire en l’effet magique des mots ?
Comme nous pouvons le constater, dans les cas cités, la prophétie auto-réalisatrice alerte sur des comportements dont la portée, sur une situation ou sur la relation, est plutôt négative. Or, grâce à M. Hollande, je réalise que s’il persiste autant dans sa croyance, c’est qu’il espère faire fonctionner ce mécanisme à l’envers. S’il insiste dans son affirmation de réduction du chômage, c’est qu’il espère que la courbe finira par s’inverser, provoquant ainsi l’effet positif qui confirme sa prédiction. CQFD.
Au-delà de l’ironie, en cherchant un peu, j’ai découvert que des expériences conduites dans les milieux scolaires ont montré que dans une classe plutôt moyenne, si l’enseignant conspue ses élèves sur leur médiocrité, leurs résultats sombrent. En revanche, si celui-ci croit en eux et « surnote » délibérément ses élèves, ces derniers finissent par améliorer concrètement leurs résultats. Ceci démontre à nouveau, qu’une croyance, même fausse au départ, peut contribuer à forger la réalité.
Malheureusement, concernant M. Hollande, quand bien même comme les 3.264.000 chômeurs j’aimerais qu’il en soit ainsi, je crains plutôt qu’il s’agisse d’une autre version de la méthode Coué. Car, suffit-il de répéter comme d’une incantation une espérance pour qu’elle advienne ?
D’ailleurs, qu’est-ce que cela veut dire inverser la courbe du chômage ? Une fois que tous les records seront battus, la descente aux enfers s’arrêtera par la force des choses mais pas grâce aux mesures prises par le gouvernement. Mais, n’en doutons point, ce dernier n’aura aucun scrupule à s’en prévaloir.
Et vous, et afin d’éviter qu’elles ne vous jouent des tours, avez-vous repéré de quelles manières des prophéties auto-réalisatrices sont opérantes dans votre mode de négocier ou de manager ?

Les banques et le bagne

La rubrique des chiens écrasés dans les médias européens s’est enrichie ces derniers jours d’une information sur la mort subite d’un certain Moritz Erhardt, jeune Allemand de 21 ans, qui était stagiaire pour la banque d’investissement londonienne Merrill Lynch, filiale de Bank of America.


Il est décédé jeudi dernier dans son appartement londonien, après avoir travaillé pendant trois jours d’affilée jusqu’à 6 heures du matin. On apprend que pendant les six semaines de son stage ce régime de travail inhumain lui était imposé plus d’une fois par ses patrons qui d’ailleurs appliquaient le même traitement à tous leurs stagiaires qu’ils jugeaient insuffisamment zélés. Il est significatif que le porte-parole de Bank of America qui, avec l’habituelle hypocrisie de circonstance, a fait l’éloge « de l’abnégation exemplaire » de M. Erhardt s’est bien gardé de tout commentaire sur le rythme de son travail ou sur celui des autres stagiaires de la banque.
Il se trouve pourtant que ce détail révélateur est loin d’être l’unique témoignage du fait depuis longtemps établi que les banques d’investissement font travailler leurs stagiaires comme des forçats. Déjà en 2011 un jeune homme de 20 ans avait décrit au journal britannique Evening Standard ce cauchemar de tout stagiaire : « Un taxi vous ramène chez vous à 7 heures du matin et attend que vous vous soyez douché et changé pour vous ramener au travail. Ce rythme infernal s’appelle « carrousel magique ». Un autre « bagnard » a expliqué à ce même journal que «faire 100 heures dans la semaine est le minimum et que la moyenne tourne plutôt autour de 110».
Certes, le lien entre la mort de Moritz Erhardt et ses conditions de travail n'a pas encore clairement été établi. On prétend même que le jeune homme aurait souffert d’épilepsie qui serait susceptible d’être à l’origine de son décès. Soit. D’autant plus que les jeunes stagiaires soumis dans les banques à ce régime de travail inhumain ne meurent pas tous les jours comme des mouches, Dieu merci. Il n’en demeure pas moins que ce rythme de travail représente une violation flagrante des droits de l’homme et du principe d’égalité. Or, on a toutes les raisons de croire que si ce n’était pas la mort tragique de Moritz Erhardt, personne n’aurait prêté attention à cette politique discriminatoire pratiquée depuis longtemps par les banques d’investissement.
Par contre j’imagine facilement le tollé général si la direction de telle ou telle banque osait reprocher à l’un des stagiaires ses mœurs homosexuelles…

Google a inventé une machine à remonter le temps

La société Google a mis au point une machine à remonter le temps baptisée Timelapse interactive. Elle permet de voir la Terre telle qu'elle était il y a 28 ans. Plus de 2 millions d'images de notre planète ont été utilisées pour ce projet.

La société Google a mis au point une machine à remonter le temps baptisée Timelapse interactive. Elle permet de voir la Terre telle qu'elle était il y a 28 ans. Plus de 2 millions d'images de notre planète ont été utilisées pour ce projet.
Chaque personne pourra découvrir un endroit qui l'intéresse, et voir son évolution depuis 1984.
Ainsi, on peut voir la disparition des forêts amazoniennes, la création des Palm Islands de Dubaï, le processus d'urbanisation des villes, etc.
À l'avenir, Google envisage d'affiner sans cesse sa machine à remonter le temps en la dotant d'images de meilleure qualité et plus détaillées. /L

La plupart des riches du monde sont devenus riches... par hasard

Pourquoi certaines personnes sont-elles si riches, et d’autres si pauvres ? Le succès dépend de moins en moins des choix que l’on fait, que de nos origines, affirme Charles Kenny de Businessweek. Il explique que les facteurs qui tiennent du hasard comptent pour 80% de nos revenus d’adulte, et il suggère qu’il est nécessaire de mettre en place des mesures pour corriger ces inégalités de chance dans la vie.
Au Etats-Unis, les 20% les plus riches s’accaparent la moitié du revenu national, alors que les 20% les plus pauvres n’en récupèrent que 5%. En outre, les 10% les plus riches contrôlent environ 70% de la richesse. La société américaine n’est pas la seule à être inégalitaire : même en Norvège, les 20% les plus pauvres gagnent moins d'un tiers de ce que les 20% les plus riches gagnent.
Les choix que nous faisons en tant qu'individus peuvent nous positionner au dessus ou en dessous de la moyenne de nos semblables en terme de revenus, mais cette moyenne de nos semblables dépend de forces en deçà de notre contrôle, tels que l’endroit où nous sommes nés. Ce sont donc des facteurs liés aux hasard, tels que notre famille, qui jouent le plus grand rôle dans la répartition des richesses.
L’une des explications de ce de cette relation, c’est que les parents qui ont étudié sont plus susceptible d’éduquer leurs propres enfants. Depuis 1969, le revenu médian des hommes aux États-Unis s’est réduit de 13.000 dollars, et la plus grande partie de cette baisse provient de la chute des salaires des travailleurs peu qualifiés et non qualifiés.
En outre, l’avantage d’un milieu d’origine favorisé ne s’arrête pas aux diplômes. Selon l’économiste Linda Loury, la moitié de tous les emplois aux États-Unis sont pourvus par l’intermédiaire des familles, ou des réseaux d’amis et de connaissances. D’autres économistes, Miles Corak et Patrizio Piraino, ont conclu que près de 40% des employés ont travaillé dans la même entreprise que leur père, et que pour les 1% les plus riches, ce taux grimpait même à 70%. Un tiers des remplacements de CEOs dans les sociétés cotées américaines sont ourvus par des successeurs liés par des liens de sang ou par un mariage avec le CEO sortant, un fondateur ou un actionnaire important.
Au niveau international, la distribution des richesses dépend encore davantage de la chance. Selon Branko Milanovic, près des deux tiers des inégalités mondiales peuvent s'expliquer par la géographie (.pdf). La géographie et la famille déterminent ensemble environ 80% de notre revenu en tant qu'adulte. Kenny estime que ces faits devraient inciter à la mise en place d’un système fiscal plus progressif, et d'une politique qui permette une plus grande égalité de chances. Tout le monde devrait avoir accès à des services de base : un bon système de santé, une bonne alimentation, une bonne éducation, et la société devrait veiller à ce que ce soient les plus méritants qui aient accès aux meilleures écoles et aux meilleurs emplois, et non pas ceux qui ont les meilleures relations. Enfin, il faudrait prendre des mesures pour encourager la mobilité professionnelle, et permettre à ceux qui le souhaitent de migrer pour postuler à de meilleurs emplois. 

    François Hollande et l'effet bœuf des 0,5% !


    En déplacement à la Rochelle, les proches d'Hollande et les membres du gouvernement ne décrivent plus le chef de l'Etat en Guimauve le Conquérant. Désormais, c'est François le Grand, l'homme des... 0,5% de croissance ! Ou comment transformer un petit frémissement de l'économie en un véritable tremblement...

    Si François Hollande chaussait du 42, désormais, il chausserait du 42,5 et pourrait faire des pas de géant ! Zéro cinq point qui change tout. Zéro cinq point de croissance inespéré, inattendu (si ce n'est par lui), qui lui confère, à en croire ses camarades socialistes, une autre pointure, une autre stature ! Et ils en sont tellement heureux. Du moins, ses proches conseillers et les membres de son gouvernement qui ont arpenté, joyeux, fanfarons même, sourires aux lèvres et lunettes de soleil sur le nez, les quais du port de La Rochelle... 
      

    Qu'importe le thème absurde de cette édition 2013 de l’université d'été du PS : combattre et démasquer le FN. Lorsque l'on est aux commandes du pays, c'est par la politique que l'on mène que l'on barre la route à l'extrême droite et non par trois jours de verbalisme consistant à parler en boucle de « bataille culturelle » (comme si tout le monde avait lu Antonio Gramsci cet été...), mais sans que l'on sache ce que le PS entend vraiment par là...
      
    Qu'importe aussi que cette rentrée politique ait débuté par un méli-mélodrame fiscal autour de la « taxe carbone » annoncée par le ministre de l'Environnement, Philippe Martin, au rassemblement des écologistes, sans qu'aucun de ses collègues du gouvernement n'ait été prévenu (les éléments de langage leur sont parvenus plusieurs heures après sa sortie !). 
      
    Qu'importe enfin l’interminable bataille Valls – Taubira sur la réforme pénale… 
      
    Qu'importe tout ça donc, Hollande, nous explique son entourage en déplacement à la Rochelle, est aujourd'hui plus grand de 0,5% ! « C'est le meilleur économiste de France », lâche (en blaguant à peine) un de ses proches. « Un conseil : vous devriez bien l'écouter et surtout plus le croire », ajoute un autre à l’attention des journalistes, oubliant au passage qu'ils ne sont pas nombreux parmi les socialistes à avoir cru, jusqu’ici, à l'inversion de la courbe du chômage... 
      
    À les entendre, sous l’effet bœuf des 0,5%, Guimauve le Conquérant serait devenu Hollande le Grand,celui qui « ne se décourage jamais ». Hollande, le « sur-intelligent », ce « gros malin » qui a vu avant tout le monde et pensé contre tout le monde l’inversion de la courbe du chômage. Au point de « foutre la trouille à la droite », rien que ça ! Hollande, ce serait pour ainsi dire « Sisyphe » (c'est d'ailleurs ainsi qu'il signait parfois ses cartes de voeux du temps de Solfé), nous explique-t-on, roulant seul le rocher de l'emploi ! 
      
    Oui, mais c’est oublié que Sisyphe recommence inlassablement la même tâche… Et c’est ne pas vouloir voir que ces 0,5% ne sont encore que peu de choses. Un début de frémissement tout au plus. 
      
    Surtout la rentrée s'annonce périlleuse pour l'exécutif. Fin août, Ayrault recevra patronat et syndicats pour leur livrer les grandes orientations de sa réforme sur les retraites. Une manifestation suivra le 10 septembre. À la fin de ce même mois de septembre, le très délicat budget 2014 sera présenté en Conseil des ministres. Puis se déroulera la Conférence environnementale au cours de laquelle Hollande sera bien obligé de donner des gages aux écologistes. On connaîtra aussi et surtout le résultat des élections allemandes du 22 septembre. Si la réélection d'Angela Merkel fait peu de doute, quelle coalition sera-t-elle amenée à gouverner ? Et si les camarades du SPD faisaient partie de la coalition ? Bref, d’ici un mois, on saura vraiment combien chausse François Hollande… 

    "La mafia est chez nous"

    "La mafia est chez nous"


    dimanche 25 août 2013

    Retraites : pourquoi le gouvernement hésite à augmenter la CSG


    Jean-Marc Ayrault reçoit lundi et mardi les partenaires sociaux pour leur présenter les grandes lignes de la réforme des retraites. Le patronat et les syndicats ont déjà dit leur opposition à une hausse de la CSG.

    Augmentera, augmentera pas? Recourir à la CSG pour combler une partie du déficit des retraites apparaît comme une piste "cohérente" pour le gouvernement, mais il devra mettre les formes pour le faire accepter, en plein débat sur un "ras-le-bol" fiscal des Français.
    Instaurée en 1991 pour principalement financer l'assurance maladie, la contribution sociale généralisée (CSG) était de 1,1% à sa création. Son taux a progressivement été relevé pour atteindre 7,5% pour les salaires, 6,6% pour les pensions de retraites et 6,2% pour les allocations chômage.
    Un grand vide dans la tête 
    La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, la dernière au sein de l’exécutif à évoquer son éventuelle hausse, a déclaré mardi que cette option avait "sa cohérence". Tout en précisant que les décisions n'étaient "pas prises".
    De récentes informations de presse, jamais démenties, avaient fait état d'un possible relèvement de 0,2 à 0,5 point, pour combler une partie du déficit des retraites, qui va dépasser les 20 milliards d'euros d'ici à 2020, tous régimes confondus.
    Il est vrai que l'augmentation de la CSG permettrait d'approvisionner immédiatement les caisses, à l'inverse des autres mesures à l'étude, comme l'allongement de la durée de cotisation. Une hausse de 0,2 point apporterait 2,4 milliards d'euros, et jusqu'à 6,1 milliards si le gouvernement la relève de 0,5 point.
    Mais le Premier ministre, qui reçoit lundi et mardi les partenaires sociaux pour leur présenter les grandes lignes de cette complexe réforme des retraites, devra faire preuve de pédagogie: le patronat et les syndicats ont déjà dit leur opposition à une hausse de la CSG.
    "Extraordinairement dangereux politiquement"
    "Les recettes de la CSG doivent être attribuées en priorité à la santé et à la perte d’autonomie. Pour les retraites, l’augmentation modérée des cotisations des entreprises et des salariés est plus logique", a dit dans une interview au JDD Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui va ouvrir le calendrier des ultimes concertations à Matignon.
    La CFTC va aussi faire entendre sa voix. "Lors des premières concertations, cette piste (d'une hausse de la CSG) n'avait pas paru intéresser le gouvernement. Je pense que le Medef a fait pression. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit la bonne réponse et sans doute ne l'appuierons-nous pas lundi lorsque nous verrons le gouvernement", a déclaré Pascale Coton, la numéro deux de ce syndicat.
    Pourtant, le principal syndicat patronal, qui réclame plutôt une augmentation de la durée des cotisations à 43 ans (contre 41,5 actuellement) et de l'âge légal de départ à la retraite à 63 ans (contre 62) n'y est pas favorable. "Ce serait une très mauvaise idée d'utiliser les impôts, la CSG, d'augmenter les cotisations sociales ou patronales car on réduirait la compétitivité de nos entreprises", dit Pierre Gattaz, le patron du Medef.
    Pour le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, le financement des retraites des métiers pénibles doit passer par "une cotisation employeur" et non par une augmentation de cette contribution.
    L'exercice s'avère d'autant plus compliqué pour le gouvernement que le contexte ne s'y prête pas. Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici vient lui-même d'évoquer "un ras-le-bol fiscal des Français". Les prélèvements obligatoires (impôts, cotisations sociales, taxes locales), à 46,3% du produit intérieur brut en 2013, ont atteint un record.
    Et la facture devrait s'alourdir avec la hausse de la TVA à partir de janvier et peut-être l'instauration d'une "contribution climat énergie", annoncée à la surprise générale jeudi.
    Olli Rehn invite la France à cesser d'augmenter les impôts
    Dans les rangs de la majorité, certains font également entendre leur désaccord. Le député PS Jean-Marie Le Guen, spécialiste des questions de santé publique, s'est dit "très réticent". "C'est extraordinairement dangereux politiquement et socialement de donner priorité aux retraites par rapport à l'assurance maladie".
    Le groupe écologiste à l'Assemblée nationale, le MoDem ou le Parti de gauche sont aussi contre, quand des économistes plaident pour une "pause fiscale". Bruxelles aussi met son grain de sel. Pour le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, la France doit "absolument" éviter d'augmenter les impôts. Si elle devait s'y trouver contrainte, le gouvernement pourrait, "à la rigueur", recourir à une fiscalité écologique.