TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 29 juin 2012

Bienvenue en Normalie !

La gauche reprend la politique de Sarkozy mais nous rejoue le grand air des valeurs
Hypocrite comme un journaliste. Ou comme un politologue. Ou comme un élu. Il était assez amusant, le 18 juin, d’entendre les invités d’Yves Calvi sur France 2 commenter le tweetgate avec des accents de vierges éplorées. De Florian Philippot, lieutenant de Marine Le Pen, à Vanessa Schneider, journaliste au Monde, en passant par Dominique Reynié, politologue et débiteur d’affirmations qui ne mangent pas de pain, ce fut un festival de mines outrées et de grands mots.
Comme chacun sait, et comme cela fut abondamment répété, ces histoires d’alcôve n’intéressent pas nos concitoyens. Comme dirait Audrey Pulvar, faudrait pas me prendre pour un jambon ! Ce serait donc par pur masochisme que Le Monde a consacré trois pages à la tragédie politico-amoureuse du Président normal, et que tous les hebdos (à l’exception de Paris Match…) ont changé leur « une » in extremis ? « Les Français, osa encore la consœur, ne supportent pas ce mélange public privé. » Je ne sais pas s’ils supportent, mais ils adorent.
Bien entendu, les estimables personnalités réunies sur le plateau se sont, comme vous et moi et des millions de Français, passionnées pour le duel de chipies qui a pimenté la bataille politique de La Rochelle. Tout simplement parce que, depuis nos rois et reines jusqu’à Nicolas Sarkozy, l’intrusion des passions dans la raison politique intrigue et fascine. Sexe et pouvoir, c’est la grande affaire de l’humanité. Des flots d’encre ayant coulé sous les ponts, on ne reviendra pas sur ce que l’affaire nous a appris de la douceur féminine et de la personnalité de la Première Girl Friend – qui, cherchant un nom pour sa non-fonction, avait retenu, parmi toutes les propositions, « Atout Cœur » et « Première Journaliste ». Et pourquoi pas Informator ? Cet édifiant épisode jette en revanche un éclairage nouveau sur la normalité présidentielle. Oui, François Hollande est normal, trop normal, comme l’annonce notre « une », concoctée par François Miclo avec l’aimable collaboration de Raymond Depardon.
Mais plus le Président répète, sur le mode de la dénégation, qu’il n’est pas Nicolas Sarkozy, plus ce qu’il a en commun avec son prédécesseur apparaît de façon éclatante : ces hommes radicalement différents sont précisément des hommes normaux, peut-être même ordinaires – si on veut être cruel comme Gérard Pussey, écrivain dont je salue l’arrivée dans ce salon. Exceptionnellement doués sans doute, courageux assurément, mais aussi lâches que n’importe lequel de leurs congénères quand il s’agit d’affronter une larme, une bouderie ou une colère de femme – et ne parlons pas de deux. Pour la résacralisation du pouvoir, vous repasserez. Ou pas.
Si le Président est normal, le fond de l’air est désespérément banal. On espérait une bataille d’idées entre la gauche Terra Nova, multiculturelle et antifasciste, et la gauche républicaine attachée à la nation. On dirait que, au moins dans les discours, la première a déjà gagné et que nous sommes condamnés à revoir un film que nous connaissons par cœur, sempiternelle variation sur un scénario éculé, Marine Le Pen ayant simplement remplacé son père dans le rôle du Dr No. Pour le reste, les mêmes injonctions moralisantes des valeureux résistants enfin sortis de la clandestinité à laquelle la répression policière les avait condamnés1, les mêmes niaiseries sirupeuses, les mêmes listes d’idiots utiles et d’alliés objectifs, les mêmes excommunications – et les mêmes médias, qui trouveront dans ce vieux filon une précieuse opportunité de reconversion de leur obsession sarkozyste – seront mobilisés en vue des mêmes fins : renvoyer à la niche ces classes populaires qui résistent avec entêtement aux joies de l’avenir radieux et sans frontières dans lequel elles sont priées de disparaître.
Au PS comme à l’UMP on semble donc avoir fermé avec soulagement le livre du géographe Christophe Guilluy sur les « fractures françaises », qui a fait office d’évangile pendant ces quelques mois où personne n’avait de mots assez doux pour ces prolos sans lesquels nul ne gagne une élection. Du reste, dans l’entretien qu’il nous a accordé, Guilluy explique qu’après une présidentielle qui avait mobilisé ces catégories, les législatives ont été une élection sans le peuple. Retour à la normale : après avoir juré que cette fois on les avait compris, on s’est empressé, une fois le dernier bureau de vote fermé, de dénoncer leur esprit étroit, imperméable aux joies du métissage.
Les commentateurs ont donc unanimement et bruyamment décrété que le résultat des législatives confirmait l’échec de la « stratégie Buisson ». À les entendre, nous aurions subitement retrouvé nos « valeurs » que ce salaud de Sarkozy avait cachées on ne sait où, sans doute dans le même coffre que l’argent qu’il piquait aux pauvres pour le donner aux riches. Maintenant qu’il a cessé de diviser les Français, nous pouvons à nouveau nous aimer les uns les autres – il faudra le dire aux Parisiens qui empruntent la ligne 1 aux heures de pointe, certains ne doivent pas être au courant.
Les chers confrères vont un peu vite en besogne pour décréter que la « droitisation ne paie pas » – sachant qu’ils qualifient de droitisation toute tentative pour répondre aux angoisses exprimées par les classes populaires sur l’immigration et la sécurité. Claude Guéant n’a pas été défait par un tenant de la droite dite « humaniste » (l’humanisme en question consistant paradoxalement à s’asseoir sur les attentes d’une partie des citoyens), mais par un dissident mieux implanté que lui. Et parmi les battus, figurent également François Goulard, Hervé de Charette ou Laurent Hénart, qui ne sont pas, que l’on sache, des représentants de la droite inhumaine et buissonnière.
En réalité, si on place à part l’ouest de la France, qui a peut-être rejoint le camp de ceux qui imaginent pouvoir un jour faire partie des gagnants de la mondialisation, on a plutôt l’impression que si la « stratégie Buisson » a été sanctionnée, ce n’est pas à cause de Buisson, mais parce qu’il était trop évident qu’il s’agissait d’une stratégie. Convaincus que Nicolas Sarkozy, malgré ses discours musclés, ne ferait pas mieux que François Hollande sur les terrains qui les préoccupent, nombre d’électeurs se sont dit : « à tout prendre, autant avoir la retraite à 60 ans. »
La gauche n’ayant aucun autre horizon à proposer que le libre-échangisme et la réduction des déficits – c’est-à-dire la politique menée par Sarkozy –, elle a tout intérêt à camper sur sa supériorité morale. Aussi a-t-elle promptement commencé, notamment par le truchement de Najet Vallaud-Belkacem, professionnelle du fronçage de sourcil à visage humain, à déplorer la porosité, les passerelles, les compromissions entre UMP et FN – l’inénarrable Olivier Ferrand de Terra Nova ayant déjà dressé la liste des agents doubles, dans laquelle figure évidemment votre servante, ainsi que les suspects habituels. À l’UMP, certains, à commencer par Alain Juppé et François Fillon, ont compris qu’ils tenaient là leur seule chance de faire passer une bataille de chiffonniers pour un noble affrontement idéologique. Jambons, vous-mêmes !
En vérité, on voit mal pourquoi il faudrait partager les valeurs du Front national pour comprendre que son succès n’est pas dû à la méchanceté ou au racisme des Français, mais au fait que beaucoup le tiennent – à tort, à mon humble avis – pour le seul parti capable de défendre avec fermeté ce qui leur importe : une justice qui condamne les voyous, une immigration qui s’adapte à la tradition nationale, un système social supporté par tous. Personne ne leur rendra confiance en leur répétant qu’il faut aimer l’autre et que la différence est une source de richesses. Dans ces conditions, comme le montre Daoud Boughezala, il est absurde de poser en termes moraux et sentimentaux la question d’une éventuelle et future alliance entre l’UMP et le FN.
Le jour où les électeurs frontistes auront la conviction que la droite « classique » est capable d’entendre leurs inquiétudes et d’y répondre, le Front national n’aura plus de raison d’exister (on l’a vu en 2007). Et la gauche devra se trouver un nouvel épouvantail. Malheureusement, il semble que ce ne soit pas pour demain. Bienvenue dans le quinquennat anti-Le Pen.

Je rigole, mais fabriquer Marianne et Mediapart dans une cave, ce n’était pas marrant tous les jours.

Première chute dans les sondages


La cote de confiance de l'exécutif a baissé de 7 points depuis fin mai, 51% des Français faisant confiance à François Hollande contre 58% il y a un mois, et 49% à Jean-Marc Ayrault au lieu de 56%, selon l'observatoire CSA/Les Échos rendu public jeudi.

Euros

 Vous connaissez la définition du football par l’avant-centre anglais Gary Lineker ? « Un jeu simple : 22 joueurs courent après un ballon et à la fin, les Allemands gagnent ». Ce n’est certes plus toujours vrai sur le gazon vert, mais ça le reste dans un sommet européen, qu’on pourrait ainsi définir : « Une négociation simple : 27 leaders courent après un accord et à la fin, Merkel gagne ». Notre Président, tout frais arrivé dans la haute compétition, espérait pourtant changer la règle. Bousculer la hiérarchie et tacler la Teutonne. Faire mieux, aussi, que nos footballeurs, fantômes errants de l’Euro. Notre Président aura au moins essayé, dans son style sans fioriture, sérieux et obstiné. Mais on ne défait pas une longue tradition en un seul match. Ce soir, n’en doutons pas, au coup de sifflet final du sommet, c’est la Mannschaft d’Angela qui chantera victoire – et fera des eurobonds de joie.

Mythes économiques : Tout investissement qui crée de l'emploi est bon pour l’économie

Mythe : Tout investissement qui crée des emplois est forcément bon pour l’économie et la création de richesse. D’ailleurs, ce sont les petites entreprises qui créent le plus d’emplois, il faut donc que le gouvernement les privilégient.
out investissement qui crée des emplois est forcément bon pour l’économie et la création de richesse. D’ailleurs, ce sont les petites entreprises qui créent le plus d’emplois, il faut donc que le gouvernement les privilégient.
Pour reprendre l’excellent exemple d’Igor Karbinovsky, supposons que j’écris un article que personne ne veut lire, encore moins me payer pour le lire. Puis, dans un nouveau programme de création d’emploi, le gouvernement me paie pour cet article et tous ceux que j’écrirai dans le futur. Bravo ! Un nouvel emploi a été créé !

Cependant, comme personne n’est prêt à payer pour mon article, la contribution de ma production à l’économie est nulle. Le temps que j’y ai investi et l’argent qui m’a été donné par le gouvernement ont été gaspillés. Pire encore, à l’aide de l’argent qui m’a été donné par le gouvernement, je pourrai acquérir des biens qui eux ont de la valeur. Ma contribution à la société est donc négative (je prends quelque chose, mais je n’apporte rien). Mon nouvel emploi détruit donc de la richesse. C’est un mauvais investissement.
Ainsi, les ressources et les actifs dévoués à la production de biens non-désirés par la société sont gaspillées et réduisent le niveau de vie de la société. Et le seul moyen de savoir si le capital est déployé de manière à bien servir la société, c’est en le soumettant au test du libre-marché, l’agrégation des préférences de la société. Le profit est l’indicateur démontrant si la production rencontre la satisfaction des consommateurs. Le plus vite les entrepreneurs réalisent que leur capital est mal investi et qu’ils gaspillent les ressources, le mieux le niveau de vie de la société s’en portera. Toute interférence dans le processus du marché viendra le troubler et nuire à la création de richesse.
Donc, créer des emplois ne veut pas dire qu’on l’on crée de la richesse. On pourrait créer des milliers d’emplois en rendant les pelles mécaniques illégales. Cependant, cela nous apauvrirait puisque nous devrions alors payer plus cher pour nos maisons, nos édifices, nos routes et toutes ces autres constructions, ce qui réduirait notre niveau de vie considérablement.
Dans un autre ordre d’idées, il semble que les petites entreprises bénéficient d’une sorte d’aura politique, étant considérées comme les plus créatrices d’emplois. Aux dernières élections fédérales, le programme du Parti Néo-Démocrate prévoyait des crédits d’impôts de $1 milliard visant à aider les PMEs, alors que le Parti Conservateur leur consentait $124 millions en crédits d’impôt à l’embauche. Les petites entreprises font aussi souvent partie des discours du Président Obama et sont particulièrement visées par ses politiques interventionnistes. Cela est attribuable au fait que les petites entreprises créent plus d’emplois que les grandes, et l’emploi est un enjeu électoral significatif.
Pourtant, les grandes entreprises ont généralement des employés beaucoup plus productifs que les petites, offrent des salaires supérieurs et paient plus d’impôts. Les pays dont les économies sont plus dominées par les petites entreprises sont moins dynamiques, croient moins vite que les autres (par exemple : la Grèce, l’Italie et le Portugal) et ont des niveaux de vie inférieurs.
Les grandes entreprises récoltent des économiques d’échelles qui sont repassées aux consommateurs sous la forme de prix plus attrayants. Ces économies d’échelles bénéficient donc à la population en augmentant son niveau de vie.
De plus, lorsque les données sont ajustées pour l’âge de l’entreprise, on constate que les petites ne créent pas plus d’emplois que les grandes.
La conclusion est que plutôt que de chercher à privilégier et subventionner les petites entreprises, les gouvernements devraient se concentrer à retirer les entraves au monde des affaires tout en réduisant les impôts, la bureaucratie et la paperasse. Par exemple, en Europe et ailleurs, lorsqu’une firme atteint une certaine taille, elle est sujette à plus de règlementations, ce qui lui donne un incitatif à rester petite. Il y a donc en France un nombre anormalement élevé d’entreprises de 49 employés, car l’ajout d’un cinquantième employé aurait des conséquences règlementaires et fiscales très négatives. En bref, des politiques de libéralisation économique (dérèglementation, privatisation, baisses d’impôts) pour toutes les entreprises serait plus souhaitables que des mesures interventionnistes favorisant les petites entreprises.
Pour en lire davantage:

Du Nutella tarif prison !


Dostoïevski faisait, au 19ème siècle, la constatation qu'on pouvait juger du degré de civilisation d'une société en entrant dans ses prisons. Si cette citation devait s'appliquer maintenant en France, les conclusions qu'on pourrait porter sur la société française seraient stupéfiantes. En pratique (et cela rejoint un récent billet), on en déduirait que le curseur indiquant le degré de civilisation de la société française pointe maintenant vigoureusement sur N'Importe Quoi...
Dans une société à la limite de la civilisation, les prisons sont des mouroirs sordides et glauques dans lesquels la lie de l'humanité se mêle à de pauvres hères condamnés sans clémence dans une lutte épouvantable pour savoir qui aura le privilège de grignoter le dernier cafard.
Dans une société civilisée, les prisons accueillent les condamnés dans un cadre spartiate qui leur permettra de chercher à racheter leur faute tout en les écartant de façon contrôlée du reste du monde dans lequel leurs agissements les ont rendus non désirables. C'est à la fois un lieu d'expiation, de rédemption et de travail sur soi. Évidemment, cette vision est une utopie que les sociétés actuelles tentent d'atteindre avec les moyens limités qui leurs sont alloués. Il n'en reste pas moins que la prison, si elle a pour mission d'isoler les individus néfastes, doit aussi leur permettre de s'amender, de se corriger.
Mais dans la société française actuelle, les prisons n'ont plus rien à voir ni avec la première acception, ni avec la seconde. L'état de décrépitude avancée des finances publiques entraîne naturellement les catastrophes sanitaires et sociales que sont devenues les prisons et leur permettent, bien souvent, de se transformer en de véritables centres de formations alternatifs pour la délinquance chevronnée voire la grande criminalité.
Parallèlement à cette dégradation calamiteuse du domaine carcéral, la République du Bisounoursland progresse tous les jours plus vite vers l'idéal coloré d'une société bordée de câlins et de petites attentions délicates. Voulant à tout prix éviter les heurts et les douleurs de chacun des individus qui la compose, cette société s'emploie donc à distribuer des douceurs avec la clairvoyance qu'on peut imaginer lorsqu'il s'agit d'une gestion étatique. Et ça ne loupe pas : les prisons françaises, bien que décrépies, se muent doucement en surfaces commerciales moyennes avec prix discount et Nutella en promo.
On croit rêver, mais non, c'est bien de pâte à tartiner au chocolat à prix discount dont je parle ici, et il n'y a aucune métaphore scabreuse dont les prisonniers pourraient être friands. En effet, on apprend un tantinet abasourdi, que les produits vendus dans les cantines des prisons le sont à des tarifs défiant toute concurrence. Et c'est normal : ces prix découlent directement de l'application stupide d'une décision typiquement bureaucratique, consécutive au constat de la Cour des Comptes que les prisons -- surprise ! -- étaient mal gérées et que leurs cantines vendaient précédemment ces produits à des prix qui frisaient le farfelu aux petits fers.
En substance, en juillet 2010, la Cour avait dénoncé les abus des cantines, notant des prix de produits courants (café, eau, chocolat...) supportant des marges quasiment capitalistiques de plus de 22% et des écarts de prix de 50% d'une prison à l'autre. Si, maintenant, les prisons se font des thunes en exploitant les détenus, où va-t-on ? On commence comme ça, et on finit par priver les méchants de leur liberté d'aller et venir !
À toute action (de la Cour des Comptes) correspond ensuite une réaction (de l'administration), et cette constatation n'est pas de Dostoïevski mais se borne à retranscrire l'effroyable réalité en France actuellement : rien n'est plus efficace pour saboter le travail de l’État que ... l’État lui-même : une liste de 200 produits prioritaires a été établie, les achats groupés faits en conséquence, et les prix fixés arbitrairement avec la sagacité et la finesse commerciale qui sied à des établissements publics qui ne doivent surtout pas approcher un bénéfice de trop près (ça file, dit-on, des boutons).
Moyennant quoi, le pot de Nutella est passé de 3,13€ (prix public) à 1,11€ en prison, le paquet de riz de 500g de 2,70€ à 0,36€, le pot de confiture de fraise de 450g est passé de 1,45€ à 0,67€, et le Ricoré se retrouve à 3,45€ au lieu de 4,82. C'est Du Bonheur En Shrink-Wrapped, c'est génial, c'est Made In République Du Bisounoursland et tout le monde est content. Enfin, tout le monde, je parle surtout des prisonniers, à tel point qu'une nouvelle tendance est apparue :
« Avant, les familles apportaient de la nourriture aux détenus, ce qui est interdit mais toléré dans les faits. Maintenant, c’est le contraire ! Certains prisonniers ont écrit à leur directeur d’établissement pour que leur famille profite aussi de ces prix bas et ils se mettent à poster des colis. »

Snif, snif, vous la sentez bien, cette petite odeur de n'importe quoi consternant qui s'apparente de plus en plus à du moquage de visage en cinémascope ?
Parce qu'en réalité, le différentiel de prix ne provient pas seulement du diabolique entregent des commerciaux des prisons françaises lorsqu'ils tradent le pot de Nutella comme des malades, avec leurs 6 écrans bloomberg sur les futures et les cours en direct. Non. Plus prosaïquement, et comme toujours, pour s'éviter toute approche malencontreuse avec un équilibre budgétaire qui ferait tache dans l'océan de dettes financières du pays, le différentiel de prix est couvert... par le contribuable.
Et là, les câlins et les bisous sentent soudainement le pâté, et les gardiens de prison, dont le salaire n'est tout de même pas exactement celui d'un ministre, font un peu la tête. On les comprend : ce différentiel englouti pour beurrer les tartines des prisonniers aurait pu permettre d'augmenter leurs salaires… Eh oui : c'est un peu le problème d'être du mauvais côté des barreaux : on ne bénéficie pas de la même clémence des éléments.
Tout pot de Nutella mis à part, vous trouvez que j'exagère ?
Même pas. Pour bien illustrer à quel point Dostoïevski se serait probablement enfoncé le crayon dans l’œil en voyant l'état de la société française, il suffit de tomber sur un article comme celui-ci dans lequel on apprend que des habitants de Saintes doivent supporter les jets de projectiles divers depuis une rue en hauteur, jets qui n'ont pour le moment causé que des dégâts matériels.
Une bande de jeunes s'amuse en effet à projeter des cailloux et autres morceaux de carrelage depuis cette rue vers les habitations en contrebas, provoquant une réponse évidemment ferme, musclée et adaptée des autorités : nettoyage de la rue en question pour l'en débarrasser de ses projectiles potentiels, mise en place de petits panneaux sur le mode "Jeter Des Cailloux, C'est Mal", et une barrière supplémentaire avec interdiction super super forte de la franchir sinon, non mais.
L'option "Choper les morveux et distribuer des claques" n'a pas été retenue au conseil municipal, et envisager de mettre des caméras de surveillance (coûteuses et qui seront probablement détruites assez rapidement) n'a traversé que furtivement les esprits chagrins de Saintes. A contrario, les habitants sont inquiets. Oh, pas du risque de se prendre un morceau de parpaing sur le front. Bien que la probabilité ait augmenté depuis que la bande de voyous sévit, ce n'est pas ce qui les turlupine, les braves gens.
« Ce qui me fait peur, c'est que certains gamins grimpent sur le parapet. S'ils tombent, ça peut se terminer en drame »
Et effectivement, glisser du parapet et se tuer alors qu'on voulait juste lancer un bout de parpaing sur la gueule d'un quidam 30m plus bas, ce ne serait vraiment, mais alors vraiment pas bisou.
Pas de doute : des prisonniers qui bénéficient de Nutella à prix cassé payé par le contribuable, des victimes qui redoutent un sort malheureux à leurs agresseurs, vraiment, vous êtes en République du Bisounoursland.

Fiscalité : le socialiste Noah persiste et signe 


Des vidéos incroyables de la Commission du Sénat où Yannick Noah devait expliquer ses problèmes fiscaux ont été diffusées sur challenges. On y voit le socialiste agresser les parlementaires qui ont le culot de lui poser la question de l’exemplarité. Il explique ensuite que la proposition de François Hollande de taxer les riches à 75% est juste mais qu’il déconseille à son fils de payer ses impôts en France. Puis il explique qu’il était parti vivre en suisse afin de ne pas payer ses impôts « par peur du lendemain ».
Yannick Noah devrait proposer un duo à Trierweiler. Ils pourraient appeler leur chanson « Le beurre et l’argent du beurre », ou bien « Cracher dans la soupe »…
Que dire d’un homme qui parade avec Hollande et qui explique qu’il faut que les riches payent plus d’impôts, alors que lui même est exilé fiscal et qu’il conseille à son fils de ne pas payer d’impôts ?
Surtout, comment François Hollande ose-t-il exploiter la popularité de cet homme au comportement scandaleux ?
Quand on voit que Hollande dénonçait les ministres condamnés par la justice et qu’il en met 3 dans son gouvernement. Quand on voit qu’il promet aucune interférence avec la vie politique française et qu’il donne son soutien à Ségolène. Quand on voit qu’il dénonçait la peoplisation de la politique par Sarkozy et qu’il nous offre le Tweetweilergate. Quand on voit qu’il dénonçait l’austérité et qu’il va en faire une sacrée cure. Quand on voit Delphine Batho et son logement social, Yamina Benguigui et ses propos racistes, Duflot et le cannabis
Quand on voit ce que font le président et se proches depuis leur élection, on se dit que finalement il ne pouvait pas trouver mieux que Yannick Noah pour représenter son leitmotiv : faites ce que je dis, pas ce que je fais !
L’exemplarité, c’est pas maintenant !

PLUS DÉTESTABLE QUE CE "CHOUCHOU" DES FRANÇAIS 
ÇA N'EXISTE PAS !!

Gangrène : les banques du monde entier sont contaminées par des dettes pourries

L’Eurogroupe a accepté ce mercredi la demande d'aide pour recapitaliser les banques espagnoles et chypriotes. Reste que l'Europe devrait ouvrir les yeux sur le fait qu'il est trop tard pour sortir de la crise, plan de sauvetage ou non. Place désormais aux solutions envisagées outre-Atlantique : une gestion ordonnée de la faillite des États les moins solvables et des banques trop exposées aux dettes toxiques.
Alors que les marchés semblaient se réjouir d'un audit chiffrant à « seulement » 62 milliards d'euros le besoin de recapitalisation des banques espagnoles, l'agence Moody's a jeté un froid en dégradant la notation du risque de crédit de 15 grandes banques mondiales, puis en abaissant de nouveau la note de la dette de 28 banques espagnoles. Le motif ? Il y a trop de créances douteuses dans leurs bilans.
Le comble de l'absurde est atteint dans la péninsule ibérique, où des banques en quasi faillite vont recevoir une capitalisation d'un fond de secours public, qui bénéficiera d'un prêt de l’État espagnol, lui même alimenté par des ressources européennes qui restent à déterminer, fournies par des États eux-mêmes proches du surendettement, comme l'Italie ou la France. Et tout cela pour quoi ? Pour qu'elles puissent continuer à prêter à l'État espagnol !

Les investisseurs remboursés par l'argent des nouveaux emprunts : nous avons là un schéma de Ponzi à l'état pur, mais aucun des Madoff à la tête de nos gouvernements n'ira pourrir en cellule, merci pour eux.

L'argent-dette mal utilisé ne peut être remboursé

Comment les États du sud de l'Europe espèrent-ils s'en sortir ? Grâce à... Une relance de la croissance, obtenue par un maintien à un niveau élevé des dépenses publiques, et donc par un creusement de la dette. Un tel niveau de niaiserie économique laisse pantois. Rappelons quelques fondamentaux normalement maîtrisés par tout étudiant en économie. 

La qualité d'une dette dépend de la faculté du débiteur à s'inscrire dans une chaîne de création de valeur suffisamment performante pour le rembourser. Si une entreprise investit sa créance dans des outils de production performants, dont les produits séduisent les consommateurs, aucun problème. Si cette chaîne de valeur permet aux salariés de voir leur rémunération augmenter, ceux-ci peuvent sans souci avoir recours au crédit.
Mais que la proportion de dettes mal utilisées augmente, et la capacité de remboursement des débiteurs est menacée. C'est ce qui se passe en Europe. L'illusion de prospérité créée par la monnaie unique a permis à des agents économiques de pays peu performants d'emprunter pratiquement au même prix que les Allemands, et le faible coût de cet argent facile a favorisé des utilisations de mauvaise qualité. Pour le secteur privé, trop de ressources ont été allouées, par exemple, à des maisons sans acheteur, comme en Espagne ou en Irlande. Quant aux États européens, il y a longtemps que tous utilisent leurs déficits pour financer les voies d'eau de leurs dépenses courantes, sans aucun bénéfice pour leur compétitivité.
Aussi la dette augmente-t-elle bien plus vite que la capacité de remboursement des emprunteurs. Et il ne faut pas compter sur une hypothétique croissance pour la résorber : dès 2010, la banque des règlements internationaux, dans une étude restée hélas confidentielle, montrait que pour ramener en 10 ans leur dette simplement au niveau d'avant crise, en 2007, les États européens devaient améliorer leur balance primaire de 5 à 10% de leur PIB, voire 15% pour certains PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne et Irlande).

Malgré les cris des adversaires d'une austérité encore timide, aucun État n'a effectué le tiers des efforts nécessaires à cette stabilisation. Et la croissance nécessaire à une telle performance sans effort budgétaire significatif est inenvisageable dans une zone Euro qui n'a guère brillé en ce domaine depuis l'adoption de la monnaie unique.

La dynamique actuelle des dettes publiques est insoutenable

Il faut se rendre à  l'évidence : la dynamique actuelle des dettes publiques est insoutenable. Or, l'exposition des grandes banques européennes à ces dettes se chiffre de 50 à 100 milliards par établissement, sans compter les produits dérivés, et il faut y ajouter les dettes privées non remboursées, qui atteignent aujourd'hui 8% des créances en Espagne. D'où l'inquiétude légitime de Moody's vis à vis du secteur financier.
Tout laisse croire que la crise entre dans une nouvelle phase d'aggravation très douloureuse. Si l'on s'en tient au cas de l'Espagne, une recapitalisation des banques signifie que celles-ci ne pourront pas continuer à garnir leurs portefeuilles d'obligations de leur État souverain, brisant la chaîne de Ponzi. Or, l’État espagnol a besoin de plus de 270 milliards de refinancement en sus de la recapitalisation de ses banques d'ici à la fin 2014 [ii]. Seuls les mécanismes européens de « stabilité », il faut le dire vite, pourront lui apporter ces sommes... Mais tous les États qui contribuent à ces fonds sont eux-mêmes surendettés ! Tôt où tard, les investisseurs décideront que l'Allemagne ne pourra pas à elle seule garantir le comblement de toutes les voies d'eau de la maison Europe : qui paiera alors les renflouements ?

Les stratégies de bricolage de fonds de « secours » ou d'Eurobonds supposés résoudre les problèmes de dette des États nationaux par une mutualisation au niveau européen sont en train, à l'évidence, d'échouer lamentablement. Et Mario Draghi (président de la BCE) a fort heureusement fait savoir que les mesures exceptionnelles de création monétaire artificielle depuis la BCE ne sauraient devenir la règle, sous peine d'un retour à des inflations insupportables. Il faut donc imaginer rapidement d'autres moyens d'assainir la situation.

D'autres solutions sont possibles...

Lorsqu'une entreprise est insolvable, elle doit soit négocier un accord de réduction de dette, généralement en échange de capital de l'entreprise faillie, soit être liquidée. Un État ne peut être liquidé (essayez de faire saisir le Parthénon par un huissier...), il faudra donc, pour les États insolvables, négocier des remises de dette (« haircuts ») avec leurs créanciers.
Évidemment, certains objecteront qu'un défaut souverain d'importance entraînerait nécessairement la faillite de nombreuses banques détentrices de ces titres, menaçant l'économie d'un grippage total. Pour éviter un tel phénomène, les États-Unis ont adopté au mois de mai un dispositif de mise en redressement des grandes banques piloté par la FDIC (l'assureur fédéral des comptes courants) prévoyant un assainissement d'une grande banque en faillite par un mécanisme de transformation progressif de ses dettes en capital [iii], et surtout aucun appel au contribuable, contrairement aux plans de sauvetage récents.

Récemment, Michel Barnier, pour le compte de la Commission européenne, a présenté des propositions philosophiquement proches [iv]. Ces propositions ne sauraient résoudre tous les problèmes, elles n'empêcheront pas des ajustements douloureux des États-providence, qui devront de toute façon réduire considérablement leur empreinte économique, et leurs détails techniques posent encore quelques questions. Mais ces plans permettraient, si leurs promoteurs se révèlent capables de les mettre en œuvre, de s'assurer que de grosses faillites bancaires n'empêcheraient pas cette économie que l'on dit « réelle » de fonctionner tant bien que mal pendant que l'économie financière subirait une très grande purge de ses dettes toxiques.

Malheureusement, faute d'avoir envisagé de telles dispositions dès 2008, bien que quelques économistes de renom s'en soient dès lors faits les chantres, il est peu probable qu'un tel dispositif européen de gestion des grandes faillites bancaires voit le jour avant 2015.

Pourtant, il y a urgence à ce que les États cessent de faire semblant de croire qu'ils peuvent sortir de la crise en « bidouillant » des plans de sauvetage mobilisant des milliards qu'ils n'ont pas, et en creusant leur endettement sans retenue. Il est trop tard pour essayer de sortir de la crise en comptant uniquement sur un assainissement des comptes publics courants, quand bien même celui ci reste indispensable. Une gestion ordonnée de la faillite des États les moins solvables et des banques trop exposées à ces dettes toxiques est plus que jamais indispensable, quelle qu'en soient les difficultés politiques.


[i] BIS Working Paper n°300, « The future of public Debt », mars 2010 http://www.bis.org/publ/work300.pdf?noframes=1
[ii] Sources: analyses de JP Morgan et Royal Bank of Scotland
[iii] Détails sur le site de la FDIC: http://www.fdic.gov/news/news/speeches/chairman/spmay1012.html
[iv] Les échos, 6 juin 2012 : « Michel Barnier :  Les banques doivent payer pour les banques »


Non-cumul des mandats: le PS en marche-arrière?


Alors que le PS dans l'opposition avait ratifié un texte enjoignant de montrer l'exemple dès 2012 en anticipant la future loi sur le non-cumul des mandats, les socialistes au pouvoir ne semblent plus aussi pressés. Explications. 
En matière de non-cumul des mandats, le changement est-il vraiment pour maintenant? A en croire certaines déclarations, cette promesse forte des socialistes pourrait patienter encore un peu dans les cartons.  
Pour bien comprendre, il faut remonter le temps: en 2009, le PS ratifie un texte dans lequel il promet de mettre fin au cumul des mandats. Il annonce une loi - s'il accède au pouvoir en 2012 - qui interdira à tous les élus de cumuler un mandat de parlementaire et un exécutif local (maire ou maire adjoint, président(e) ou vice-président(e) de conseil général ou de conseil régional). 
Mais le PS va encore plus loin, il promet d'anticiper cette loi en montrant l'exemple "dès 2012". Le texte soumis et adopté par les militants socialistes est très précis: "Tout candidat à une élection parlementaire abandonnera ses mandats exécutifs locaux dans un délai maximum de trois mois après la tenue du scrutin." Conclusion, tous les députés socialistes élus depuis 17 juin vont devoir abandonner leurs fonctions exécutives locales.  
Mais aujourd'hui, certains au PS semblent vouloir s'exonérer de cet engagement. Il faut dire que de nombreux élus (et pas seulement socialistes) ont pris goût au cumul des mandats. Du coup, Bruno Le Roux, le nouveau patron des députés PS, mais surtout Alain Vidalies, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, se sont montrés particulièrement ambigus sur le sujet, histoire de ne pas froisser les élus cumulards de sa majorité.  
Dans un entretien au Figaro, le premier se contente de vouloir "anticiper le non-cumuls des mandats qui devra être adopté avant les élections locales de 2014". Le second, sur FranceTVInfo se montre encore plus flou: "Ce serait mieux qu'à l'intérieur du Parti socialiste, il y ait une anticipation...", répond-t-il laconiquement.  
"L'exemplarité, c'est de ne pas attendre la loi que nous ferons voter"
En coulisses, certains élus souhaitent en fait attendre les élections municipales, cantonales et régionales prévues en 2014 pour régulariser leurs situations. Et qu'importe s'il faut s'asseoir sur les engagements pris devant les militants. "L'exemplarité, c'est de ne pas attendre la loi que nous ferons voter dans les premiers mois du quinquennat. (...) La réalité, c'est de tenir compte par des adaptations transitoires des enjeux locaux face à une droite qui s'exonérera de ces exigences tant qu'une loi ne les y obligera pas" est pourtant écrit noir sur blanc dans le texte ratifié en 2009. 
D'autant que le projet de loi sur le non-cumul n'est pas encore à l'ordre du jour. "On peut penser qu'il sera adopté avant les prochaines élections, d'ici à 2014", assure Alain Vidalies sans plus de précision. Pourtant là encore, le texte du PS était parfaitement clair: "le Parti socialiste inscrira dans le projet présidentiel le vote d'une loi dès l'été 2012 sur le non-cumul des mandats et le statut de l'élu".  
Ce n'est pas la première fois que "les cumulards du PS" tentent de retarder l'échéance. Lors des sénatoriales de 2011, François Rebsamen et Gérard Collomb avait dealé avec Martine Aubry un report de la règle du non-cumul pour le 1er octobre 2012 grâce à l'appui de François Hollande désireux de ne pas heurter certains élus socialistes à l'approche de la campagne présidentielle. 

Europe: la responsabilité de François Hollande


Monsieur le président de la République, il faut désormais sortir de l’ambigüité!
Le Premier secrétaire du Parti socialiste que vous avez été a consacré beaucoup d’énergie à maintenir au sein de votre parti une unité de façade entre partisans et adversaires de l’intégration politique en Europe. Le Ps s’est, il est vrai, durablement déchiré  lors du référendum de 2005.
Mais aujourd’hui, vous avez été promu par vos compatriotes au rang d’homme d’Etat destiné à fixer un cap à la France.
Or, il n’est plus temps de finasser.
Jusqu’à l’été 2011, l’Allemagne a pu donner le sentiment, y compris parmi ses élites, de se lasser de cette construction européenne, déséquilibrée, branlante, ingrate. Se voir réduit à n’être qu’un cochon de payeur n’est pour aucun peuple au monde gratifiant.
Contre les vents mauvais, Angela Merkel a su, depuis, convaincre ses compatriotes que l’avenir passait par davantage d’Europe. Elle a proposé une Union politique qui reste à définir.
Quelle est votre réponse?
Certes, il faut accepter de se plier aux règles du jeu. Dès aujourd’hui, notre souveraineté budgétaire est partagée. La Belgique a pris conscience de cette réalité, en décembre 2011, lorsque la Commission, au vu de ses propres calculs, l’a obligée à revoir son budget pour tenir le seuil des 3% du PIB. La France aura à subir, cet automne, le même exercice. Légitimement mandatés par nos engagements, les eurocrates vérifieront la sincérité du projet de budget débattu au parlement.  Pour notre pays, cela revient à cesser de jouer avec les chiffres, à engager la réduction des dépenses publiques, à se déprendre de l’illusion de recettes fiscales mirifiques supplémentaires.
La France doit adopter une démarche de transparence et d’honnêteté vis-à-vis de l’Allemagne et de nos autres partenaires.
Sinon, notre voisin d’outre-Rhin pourrait légitimement tourner la page de l’aventure européenne. Il se contenterait de la survie d’un marché unique où ses entreprises, à n’en pas douter, continueraient à engranger de juteux bénéfices.
L’Europe politique serait morte. Et ce  par la volonté de la France. Comme, voici soixante ans, l’Europe de la défense fut gelée, le temps de deux générations, à cause du rejet par Paris de la Communauté européenne de défense.
Le jeu des institutions fait qu’il vous incombe d’éviter cette issue funeste. Ou d’en endosser la responsabilité devant l’Histoire.

Manuel Valls est un nazi…


« Il n’y aura pas de régularisations massives des sans-papiers », a déclaré le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Encore heureux !
Cette simple phrase lui a valu les foudres de tous les immigrationnistes forcenés de la classe politique et des médias qui voient en lui « le champion de l’aile droite du PS », « un ministre sarkozyste oublié dans le gouvernement Ayrault », un Mariniste en puissance, un réac, un nazi…
Valls a affirmé qu’il ne ferait pas plus que ses prédécesseurs et régulariserait environ 30 000 personnes par an. Ce qui est déjà joli. L’équivalent d’une ville entière comme Mont-de-Marsan ou Dieppe. On voit en effet où nous ont menés la saine politique d’immigration de ses prédécesseurs et sa répercussion à tous les étages : chômage, santé, scolarité, insécurité, islamisme. Comme chacun sait, le poids de l’immigration massive ne pèse en rien dans aucun de ces secteurs.
Mais ne nous leurrons pas, comme toujours, les socialistes sont dans un double langage : Manuel Valls dit « pas de régularisation massive » mais il assouplit les critères de régularisation. Et c’est ce message que la France envoie à tous ceux qui aspirent à venir chez nous.
Il signe l’arrêt des centres de rétention pour les familles de clandestins (horresco referens), le seul outil concret et indispensable de la reconduite à la frontière. Comment les personnes interpellées en situation illégale vont-elles se soumettre à la loi de la République ? Pour les beaux yeux bleus de Manuel Valls ? Nous faire croire qu’elles vont revenir en obéissant à une simple convocation, c’est se payer notre tête.
« Lorsque les socialistes espagnols ont appliqué cette politique », rappelle le député UMP Eric Ciotti, « il y a eu un afflux d’immigrés en situation irrégulière extrêmement important ».
Cet effet risque d’être encore amplifié par la mise en place du nouveau permis de séjour de trois ans (au lieu d’un an renouvelable comme aujourd’hui) et la fin de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers qui limitait les possibilités d’embauche d’étudiants étrangers ayant fait leurs études en France. Le texte qui demandait aux préfets d’instruire « avec rigueur » les demandes d’autorisation de travail des étudiants et d’exercer un « contrôle approfondi » des demandes de changement de statut des étudiants étrangers, va disparaître de l’arsenal des préfectures.
Le gouvernement peut bien dire aux Français ce qu’ils veulent entendre par la voix de son « facho » de ministre de l’Intérieur, il va être obligé de rendre des comptes à ses alliés de gauche. Les députés du Front de gauche menacent déjà de ne pas voter la confiance au Premier ministre mardi à L’Assemblée « si les orientations prises se confirment ». Les écolos sont verts. Déjà furieux de l’éviction de Nicole Bricq, ces partisans d’une immigration effrénée qui mettent leur point d’honneur à ce que la gauche donne toujours plus de droits et d’avantages aux immigrés qu’aux Français, ne voyaient pas la politique d’immigration du gouvernement comme ça.
Il faut lire entre autres l’édito du jour du Progrès de Lyon pour comprendre quelle est l’idéologie terroriste de ces faux utopistes, faux « doux rêveurs », à la responsabilité entière, chantres des papiers pour tous, de la France métissée, pluriculturelle, pluriethnique et plurireligieuse (c’est-à-dire en réalité sous domination du plus fort, l’Islam) :
« Le changement, c’est quand ? C’est pas maintenant, à en juger par les premières décisions de nos nouveaux gouvernants. Voyez M. Valls, qui jure vouloir expulser autant de sans-papiers que son prédécesseur, le si décrié M. Guéant (…) On nous expliquera sans doute qu’il faut savoir être patient, qu’on ne peut tout avoir ici et maintenant. Jean-Jacques Rousseau, né en ce jour il y a exactement trois cents ans, l’avait énoncé autrement : “On jouit moins de tout ce qu’on obtient que de ce qu’on espère”. Préparons-nous en ce cas à de grandes jouissances. »
Est-ce que ce n’est pas magnifique de malfaisance et de connerie ?
Le parti communiste lui aussi rappelle à Manuel Valls qu’il y a des comptes à rendre :
« On ne peut accepter que la gauche mette ses pas dans ceux de Claude Guéant en poursuivant la politique du cas par cas. Il faut au contraire définir des critères qui permettent à tous d’être à égalité loin d’une conception d’un autre temps selon laquelle les immigrés seraient un problème alors même que toutes les études démontrent le contraire. »
Toutes les études… Les études scientifiques communistes sans doute. Et la réalité de ce que vivent les Français chaque jour.

jeudi 28 juin 2012

Robert Sabatier, auteur des Allumettes suédoises, est décédé

L'écrivain français disparaît ce jeudi à l'âge de 88 ans, laissant derrière lui une oeuvre engagée et poétique. 
Robert Sabatier est décédé ce jeudi en région parisienne à l'âge de 88 ans, a-t-on appris auprès de son éditeur Albin Michel.  
Doyen de l'Académie Goncourt, l'écrivain s'est imposé comme un grand de la littérature populaire avec Les allumettes suédoises, une saga autobiographique qui connut un énorme succès à la fin des années 1960, mais aussi comme un poète exigeant, auteur d'une monumentale Histoire de la poésie française. Cet enfant de Montmartre, qui peuplait ses livres de personnages truculents et fit revivre dans une vingtaine de romans le Paris gouailleur, insouciant, un peu anar, des années 1930. "J'écris par besoin, pour essayer de rejoindre quelque chose que j'ignore", disait-il, encore étonné par son parcours improbable dans la vie littéraire.  
Né le 17 août 1923 à l'emplacement de ce qui fut le domicile de Verlaine, il passe son enfance sur les escaliers de la butte. Orphelin à 12 ans, il quitte pourtant Paris pour la Haute-Loire où il apprend le métier de typographe. En 1943, le jeune Sabatier prend le maquis, puis rentre à Paris au lendemain de la guerre pour vivre sa passion de la littérature. Son premier roman, Alain et le nègre (1953), est salué par la revue Les lettres françaises comme "le premier roman français antiraciste" et adapté par Julien Duvivier au cinéma.  
Une saga autobiographique vendue en millions d'exemplaires
Encouragé par Albert Camus et quelques figures de l'après-guerre, il publie une quinzaine de livres en quinze ans. Mais c'est avec Les allumettes suédoises (1969), premier volet des aventures du jeune Olivier, orphelin lui-même, qu'il rencontre le succès populaire. Une histoire de poulbot pur jus, dont il eut bizarrement l'idée en observant jouer des gamins de New York. "Le manuscrit a été assez vite achevé et je l'ai porté à mon éditeur qui a trouvé cela charmant, tout en prédisant que cela ne se vendrait pas parce que mon enfance n'intéressait que moi", racontait-il, la pipe vissée à la bouche. Les allumettes suédoises ratent de peu le Goncourt, mais Sabatier ajoutera sept épisodes en trente ans aux aventures d'Olivier: Les noisettes sauvages (1974), David et Olivier (1986), Olivier et ses amis (1993)... La saga s'est vendue depuis à des millions d'exemplaires dans le monde et France 2 a adapté Les allumettes... en 1996 pour un téléfilm en trois épisodes.  
Un poète parmi les jurés du Goncourt
Recalé au Goncourt, Robert Sabatier entre pourtant en 1971 au jury du prix, dont il sera un membre influent pendant une quarantaine d'années. Le romancier célébrissime mettait la poésie au dessus de tout. Au point de lui consacrer une Histoire de la poésie française en neuf volumes, pour laquelle il disait avoir lu 25 millions de vers en 40 ans. Il a publié lui-même une dizaine de recueils de poèmes -Les fêtes solaires (1952), Dédicace d'un navire (1984)... -dépouillés, austères, à l'opposé de la prose truculente du romancier. En 1969, il obtient le Grand prix de poésie de l'Académie française. L'auteur de best-sellers savait aussi être plus grave, avec des romans comme Les années secrètes de la vie d'un homme(1984) ou Diogène (2001). Sabatier, gamin de Paris, ne rigolait pas avec la littérature. En 1994, il n'hésita pas, à 71 ans, à boxer l'écrivain Louis Nucéra avec qui il était en désaccord pour l'attribution d'un prix littéraire: "Ca s'est transformé en pugilat au cours duquel j'ai flanqué une raclée à Nucéra", racontait-il, amusé de cet épisode inattendu de la vie littéraire. 

La raison et la vertu

Dans le présent article, je vais m'appliquer à démontrer pourquoi nous ne pouvons pleinement développer notre raison sans notre vertu. Ce faisant, je montrerai également qu'il est une autre voie pour arriver à la raison que la religion et je nommerai cet autre moyen d'y accéder la voie laïque.

En préambule, rappelons que j'entends par vertu la même chose que le dictionnaire, à savoir : "Force morale avec laquelle l'être humain tend au bien, s'applique à suivre la règle, la loi morale. [...] Disposition à accomplir des actes moraux par un effort de volonté" (Le Robert). Pour ma part, je la définirai comme suit : elle est le désir ardent d'accomplir le bien.
Notons aussi qu'il y a au moins trois sortes de rationalité qui couvrent tout le spectre de nos acceptions du mot de raison : la rationalité pratique, qui nous permet d'assouvir nos désirs, la rationalité scientifique, qui nous permet d'expliquer le monde, et la rationalité morale, qui nous permet de critiquer nos propres désirs pour leur substituer des buts moraux. On voit ainsi que, si la rationalité pratique est, pour parodier Hume, "la servante des passions", la rationalité morale, au contraire, est leur maîtresse en les soumettant à ses commandements. Mais l'on va comprendre ici que la rationalité morale a aussi besoin de nos passions, et plus particulièrement de la vertu, pour pouvoir se déployer. Car la vertu est bel et bien une passion en tant que "désir ardent de faire le bien".
Admettons que nous ne soyons pas du tout rationnels. Comment alors devenir moraux ? Il y faut la vertu et nous allons voir comment elle naît.
Les Grecs disaient que l'être humain idéal possédait au plus haut point la kalokagathía. Le mot est composé des adjectifs kalós kaì agathós qui signifient littéralement "bel et bon". Pour les Grecs, la bonté était inséparable de la beauté. La bonté morale était aussi une beauté morale. Nous retrouvons en français cette intuition quand nous disons de quelqu'un de bien qu'il est une "belle personne", qu'il a une "belle personnalité".
Il est donc inutile d'être rationnel pour aimer la bonté morale ; il suffit de l'admirer en y décelant la kalokagathía des Grecs. Et la vertu consiste précisément en ce désir ardent, né de l'admiration de la bonté morale, de l'imiter et de devenir bon soi-même.
La vertu est même, en dehors de la religion, le seul autre moyen de se "convertir" à la rationalité morale. C'est pourquoi je l'ai nommée voie laïque.
Nous pouvons en effet nous convertir à la bonté morale pour obéir à l'ordre que nous donne une divinité d'agir ainsi. C'est la voie religieuse. Cette dernière comporte cependant une contradiction ou, du moins, une tension internes. Comment en effet se convertir à la rationalité morale au nom de religions dont les dogmes, par ailleurs, sont une insulte à l'intelligence et à la raison ? Comment être raisonnablement bons en effet au nom d'une religion qui, par exemple, nous demande de déraisonnablement croire que son prophète est le fils de la divinité, qu'il est revenu à la vie trois jours après son exécution et qu'il est ensuite "monté au ciel", si tant est que cela veuille dire quelque chose, etc. ?
Inversement la raison toute seule et par elle-même ne peut nous amener à être rationnellement bons car elle se heurte rapidement aux limites que lui impose la faiblesse de la volonté. Par exemple, je peux être rationnel et savoir que la cigarette est mauvaise pour la santé, mais cette connaissance seule ne suffira pas à me faire arrêter de fumer, tous les fumeurs invétérés le savent bien.
La vertu est donc une passion irrationnelle, un amour irraisonné de la raison, qui nous poussera à écouter notre rationalité et à arrêter de fumer. De la même façon, je peux très bien savoir qu'il est mal, moralement inacceptable de faire ceci ou cela et, pourtant, ne pas pouvoir m'empêcher de le faire. Pour m'en empêcher, c'est-à-dire pour obéir aux recommandations de ma raison qui voudrait que je fisse le bien, il me faudra l'assistance d'une autre passion, plus puissante que celle qui me pousse à faire le mal tout en sachant que c'est mal, et cette autre puissante passion est la vertu.
Bien sûr, la vertu en elle-même est dangereuse si elle n'est pas tempérée par la raison. On l'a bien vu sous la Terreur où la vertu était constamment invoquée par Robespierre et Saint-Just pour justifier les actes les plus irrationnels.
Mais, inversement, la raison sans la vertu sera impuissante. Il se pourrait par exemple que j'adhérasse à la rationalité pratique mais que je ne voulusse pas passer ensuite au stade supérieur d'accomplissement de la raison, la rationalité morale. C'est par exemple le cas de ceux qui, à l'instar de la philosophe américaine Ayn Rand, affirment la pertinence de l'égoïsme rationnel. Or il n'est pas rationnel d'être égoïste, en quoi l'égoïsme rationnel est une contradiction dans les termes, puisqu'il n'est pas moralement rationnel de sacrifier les intérêts des autres, si besoin est, à ses propres intérêts, ce que l'égoïsme soi-disant rationnel de Rand nous recommande pourtant de faire.
Cependant, admettons que je vous démontre ainsi l'inanité de cet égoïsme pseudo-rationnel et que vous me répondiez "Oui, et alors ?". Vous pourrez très bien continuer à vous servir de votre rationalité pratique sans vous astreindre à la rationalité morale car, après tout, rien ne vous y oblige.
Je pense d'ailleurs que ce dernier cas est de même farine que celui de la faiblesse de volonté : dans les deux exemples, vous avez beau savoir que ce que vous faites est mal, rien n'y fait.
Pour vous convertir à la rationalité morale, il faut donc que vous succombiez à une passion plus forte que votre envie de fumer ou votre égoïsme et cette passion est la vertu.
Cela explique pourquoi des gens très intelligents peuvent être de parfaites crapules morales et, réciproquement, des gens peu instruits de vrais héros : les premiers sont dépourvus de ce que les seconds ont en abondance, la vertu.
On voit donc par là qu'il ne saurait y avoir d'accomplissement de la raison sans les passions : la raison est vaine sans la vertu. Mais, tout à l'inverse, la vertu est dangereuse sans la raison. Les passions ont tout autant besoin de la raison.
Si nous ne sommes pas encore rationnels, alors la vertu, avec la religion, est le moyen premier d'accéder à cette rationalité morale qui, en retour, guidera notre vertu. Or on peut être vertueux sans être religieux, sans croire le moins du monde en une divinité ; donc la vertu trace effectivement devant elle une voie laïque vers le bien.
Comment cultive-t-on la vertu ? Par l'exemple de sa propre conduite et par l'éducation que l'on donne à ses enfants.
Si je ne suis pas encore rationnel, notamment dans l'enfance, la vertu est en effet le seul moyen de justifier à mes yeux mon effort pour être moral. Car la vertu me représente le bien comme beauté morale, beauté que je perçois dans l'être moral et que je veux imiter par admiration pour lui.
Si je ne suis pas encore rationnel, je n'ai pas forcément raison d'être vertueux car quelque Ayn Rand particulièrement retorse pourrait me démontrer que le fait que nous trouvions tous unanimement belle la bonté morale ne prouve en rien que nous ayons raison de vouloir l'imiter. Il se pourrait en effet que nous eussions tous très mauvais goût de la trouver belle. Oui, mais comme je ne suis pas encore rationnel, nul argument rationnel ne pourra me convaincre ni d'être bon ni d'être plutôt égoïste. Seule la vertu le pourra et nous devrons nous en contenter.
Ce n'est que postérieurement et non antérieurement à notre conversion à la rationalité morale par le truchement de la vertu que nous comprendrons la justification rationnelle de la vertu.
Car même si la vertu n'est pas rationnelle, il est en effet nécessaire de recourir à cette déraison pour passer de la raison en puissance à la raison en acte. La vertu est l'amour passionnel et déraisonnable de la raison. Elle peut être vertu religieuse ou vertu laïque.

Dépense publique, austérité et croissance

Le débat  doit être tranché : il faut choisir entre austérité et croissance. Ce sera nécessairement soit l’un, soit l’autre, ces deux notions s’excluant mutuellement. C’est en tout cas ce que les médias ressassent à longueur de journée. Évidemment, poser la problématique sous ces termes biaise le débat.

Cela correspond d’ailleurs à une manipulation de rhétorique assez grossière, identifiée par Arthur Schopenhauer dans son livre L'art d'avoir toujours raison sous la dénomination de ‘fausse alternative’. Il s’agit de donner le choix entre deux options A et B, suggérant par là même que l’univers des possibles se réduit à ces deux choix et qu’ils s’excluent l’un l’autre. Si nous ne sommes pas pour B, alors nous sommes nécessairement pour A. Ou alors vous êtes pour A, donc vous êtes contre B. Et pour mieux emmener son interlocuteur où l’on veut, une des deux propositions doit être communément admise. Dans le cas présent, nous ne pouvons être que pour la croissance, donc nous devons rejeter l’austérité. CQFD.
D’ailleurs, les médias ne cessent de le rappeler : l’austérité a déjà été testée et est responsable de la situation économique actuelle. Et qui plus est, elle vient d’être rejetée en bloc par les électeurs grecs et français. On aboutit ainsi à cette conclusion absurde que pour sortir de cette crise de la dette, il faut… plus de dettes !
Selon wiktionnaire, l’austérité est une « politique visant à réduire la dépense publique ». Regardons donc l’évolution des dépenses publiques sur les 5 dernières années connues :

On voit que la zone euro est loin d’avoir subi une cure d’austérité massive puisque l’on observe juste un léger reflux en 2010 et 2011, après une nette augmentation entre 2006 et 2009. On ne constate des baisses qu’en Espagne et surtout en Grèce. Sinon, les dépenses publiques restent à chaque fois au-dessus du niveau d’avant crise. La France a de son côté augmenté de manière ‘remarquablement’ régulière ses dépenses publiques. Celles-ci sont passées de 952,6 à 1 118,5 milliards d’euros entre 2006 et 2011, soit une progression de 165,9 milliards d’euros.
Pour compléter voici ci-dessous les évolutions non plus en euros courants mais en pourcentage du PIB

On le voit clairement, les dépenses publiques ont significativement augmenté jusqu’à 2009 avant de redescendre en 2010 et 2011, sans retrouver leurs niveaux de 2006. À noter que la décrue la plus faible entre 2009 et 2011 a eu lieu en France, là où précisément les dépenses publiques étaient pourtant les plus élevées.
Les Français ne sont toutefois pas aussi réticents à l’austérité que l’on veut bien le croire. En effet, un récent sondage montrait que pas moins de 60% d’entre eux plébiscite cette solution pour relancer la croissance. De nombreuses études (par exemple ici et ) ont d’ailleurs montré que pour ramener un budget à l’équilibre il convenait de privilégier les baisses de dépenses plutôt que les hausses d’impôts. Cette deuxième étude, menée par l’American Enterprise Institute, détermine même une configuration optimale : 85% de baisse des dépenses et 15% de hausse des impôts.
Mais l’austérité entraînerait-t-elle une baisse du niveau de vie ? Réduire les déficits affecte nécessairement le train de vie : on vit toujours mieux à crédit qu’à budget équilibré ! Mais chacun comprend que cela n’est pas un mode de vie soutenable (même pour un État), que la fuite en avant ne peut durer éternellement et que la réalité finit toujours par nous rattraper. Quant au niveau absolu des dépenses publiques, il est neutre pour le pouvoir d’achat global des citoyens d’un État. En effet, comme l’avait justement noté l’économiste français Frédéric Bastiat, « l'État ne peut rien donner aux citoyens qu'il n'ait commencé par le leur prendre ».
L’augmentation des dépenses publiques, qui a creusé les déficits, est défendue par la théorie keynésienne comme un remède censé pallier une baisse de l’activité économique. Pour analyser l’efficacité de cette relance keynésienne, on étudie donc la corrélation entre la croissance et l’évolution de la dépense publique :

Alors que l’on aurait pu s’attendre à court terme à une augmentation (certes payée à crédit) de l’activité économique plus importante dans les pays ayant procédé à une relance keynésienne, les résultats empiriques font au contraire apparaître une corrélation négative de -20% entre les deux variables. L’augmentation des dépenses publiques pour relancer la croissance n’est donc en général même pas efficace à court terme, elle est contre-productive.

Le destin de l'Europe est-il suspendu à l'état psychologique d'Angela Merkel ?

"Moi vivante, il n'y aura pas d'eurobonds". La chancelière a catégoriquement rejeté mardi l'idée de mutualisation des dettes avancée par Hollande. La politique allemande du "nein" obsessionnel aux propositions européennes en général, et aux propositions françaises en particulier, est-elle l'expression de la personnalité, de ses convictions, ou simplement le reflet de la culture allemande ?
L’intransigeance allemande, le « Nein » obsessionnel de la Chancelière à toutes les propositions, aux propositions Françaises en particulier, croissance, euro-bonds, assouplissement vis-à-vis des Grecs, prennent une dimension tragique. L’Allemagne est-elle sur le point de quitter l’Euro et l’Europe ? Le veut-elle ? En prend-elle le risque lucidement et délibérément ? Est-ce l’appel du vide ou la tentation d’une  rupture : « du passé faisons table rase ? ». Prétendrait-elle se débarrasser des chaines  d’une conception dépassée de l’Europe pour aller vers un futur européen riant et heureux ?
Cette politique, est-elle, celle personnelle, d’Angela Merkel ? La Chancelière  exprimerait dans une attitude cabrée, une personnalité, une culture et des convictions essentielles.  Ou bien, est-ce la traduction de ce que « tous les Allemands » pensent ? Pourtant, cette expression même, «  Tous les Allemands », mérite qu’on s’interroge sur son vrai sens.
C’est par là qu’il faut commencer pour comprendre : l’attitude de l’Allemagne est-elle l’attitude de « tous les Allemands » ? « Tous les Allemands » ont vécu une expérience « Union Monétaire ».  Ils n’en sont pas morts, ni ne se sont retrouvés ruinés mais la fusion des deux Allemagnes n’a pas été  un petit bout de chemin sympathique vers l’unité. Lorsque les lumières de la fête unitaire se sont éteintes, le petit matin est arrivé, blême et glacé.
Les Allemands de l’Est, les «Ossi» », ont découvert un monde auquel ils ne s’attendaient pas qui les a infériorisés et ruinés. Ils ont payé cher, moralement et socialement,  les paysages ensoleillés que leur annonçait H.Kohl. Les Allemands de l’Ouest, les «Wessi» », quant à eux, ont payé pour ensoleiller les paysages ! En vingt ans, 1300 milliards d’euro, la moitié du PNB allemand de 2008, 65% de la dette publique allemande auront été déversés sur l’Est de l’Allemagne, peuplée,  aux yeux des «Wessi» » de paresseux, d’incapables et de profiteurs. Aujourd’hui, l’Unité allemande est faite des aigreurs de l’Est et des rancœurs de l’Ouest.
Alors, payer pour les Grecs ? Peut-on imaginer que les Allemands l’envisagent comme une bonne nouvelle ? Même si l’addition est moins élevée?
Les «Ossi» ne peuvent décemment pas prendre le problème grec à cœur. N’ont-ils pas été, « les Grecs de l’Allemagne » ? La Chancelière Allemande est une «Ossi». Elle a vécu cette contradiction sociale et morale : être une «Ossi» pour qui le meilleur vient de l’Ouest et être considérée par ses « compatriotes Wessi» comme membre d’une sous-catégorie d’incapables et de paresseux. Par extension, la Chancelière ne peut pas se présenter comme le défenseur d’une Europe ruinée et malmenée. Une «Ossi» qui défendrait des frères en laxisme, laisser-aller et amateurisme ! Y croirait-elle elle-même ? Toute attitude compassionnelle ne lui est-elle pas interdite, à elle qui a peut-être envie d’être réhabilitée pour devenir une authentique Allemande?
Les Allemands, «Ossi» ou «Wessi», n’ont pas envie de recommencer le film.
C’est aussi une bonne occasion de rompre avec le passé ! Celui du poids des responsabilités. Celui où il fallait se taire ou se limiter à dire « oui » aux bonnes idées françaises. La Chancelière se conformant et répercutant l’hostilité des Allemands à un nouvel effort pour une Union, quelle qu’elle soit, leur permet  de briser les chaînes de la Défaite de 1945. La Chancelière se fait ainsi le héraut de trois générations d’Allemands. Celle de l’après-guerre qui a dû dire pardon pour les fautes des générations antérieures. La seconde, priée d’être reconnaissante aux Alliés, à qui elle devait liberté et protection. La troisième, celle de l’après Empire Soviétique, qui juge qu’elle ne doit plus rien à personne et qui estime avoir assez payé, moralement et économiquement pour tous. Ce n’est pas une mission difficile pour elle : La chancelière ne doit rien aux Vieux Européens Occidentaux. Elle n’était, pendant qu’ils construisaient l’Europe, qu’une «Ossi» » !
Cette politique de rupture que semble affectionner la Chancelière ne serait alors que la façon nouvelle dont l’Allemagne entend se comporter en Europe et, plus tard, dans le monde : elle larguerait les amarres qui la retenaient encore prisonnière du passé et  appellerait les peuples et les gouvernements d’Europe à suivre l’idée allemande, quitte à ce que cela soit dur au début et que cessent les plaisirs de la facilité. Quand elle en appelle à davantage de Fédéralisme, quand elle annonce que rien n’est plus possible sans Unité renforcée, elle sait qu’elle prend à revers les Français qui ont toujours voulu donner des leçons « d’européanisme » et les Anglais qui n’en ont jamais voulu. Dans tous les cas, elle rompt avec les tenants d’une « vieille idée de l’Europe » comme avec ses « vieux adversaires ».
Ce serait donc positif ? L’Allemagne, simplement, voudrait dire des choses simples à l’Europe, pour l’Europe ! La Chancelière ne détruirait pas : elle proposerait de construire le futur sur de nouvelles bases.
Mais lesquelles ? Et quel futur ? La politique veut le bonheur des peuples. Quel bonheur ? Parce que si on sait bien ce dont la Chancelière ne veut pas et ce qu’elle ne veut plus, on ne sait pas ce qu’elle veut. Or, le « plus de fédéralisme », ça ne se mange pas, ça ne donne pas de travail, ça n’a jamais été une garantie de croissance économique. La Chancelière a-t-elle seulement des idées précises sur ce que doit être l’Europe du futur, cette « nouvelle Europe » que les Allemands appelleraient de leurs vœux, qui serait meilleure et coûterait moins cher ?


SMIC 
Coup de pouce au smic : dans l’œil, ouais ! Tous les observateurs rigolent (sauf les syndicats) : 1,4 d'inflation, 0,6% d'augmentation= une baguette de pain par semaine !

Le rapport pipeau du Conseil économique, social et environnemental sur la dette publique

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), vaste organe de concertation lourdement subventionné, vient de publier un rapport intitulé : « La dette : un pont entre passé et avenir ».
Le rapport publié est loin d’apporter une analyse et des propositions de qualité. Il s’agirait presque d’une gentille mascarade, censée prouver que la dette n’est pas aussi capitale que ça, et que des arrangements à la marge seraient possibles, quitte à créer un autre modèle de société, dont rien ne sera dit…

À la lecture approfondie de ce rapport, pas de propositions nouvelles autre que des vœux pieux formulés dans un langage aux circonvolutions et euphémismes navrants : « évaluer systématiquement les niches fiscales », procéder « à une véritable évaluation des politiques publiques », et une « analyse critique » des coûts de protection sociale ou mettre en place « un nouveau modèle de développement responsable et durable, créateurs d’emploi »…
La mesure phare du rapport semble être la préconisation de modifier le rôle des agences de notation, et de créer « un gendarme des agences de notation » qui seraient (avec une certaine légitimité, reconnaissons-le) « incapables d’anticiper les crises financières ».
On aurait à ce sujet une critique des administrations en tout genre des multiples instances publiques de contrôle qui ont également échoué dans cet exercice. Mais l’analyse de la responsabilité de l’État semblait ne pas faire partie des objectifs du rapport.
Plus grave que l’absence de propositions concrètes, ce rapport, regorge d’une jolie collection de perles et d’approximation idéologiquement grossières. Les pires sont celles imputant l’origine de l’endettement des États depuis les chocs pétroliers à la fin des politiques Keynésiennes au profit de « politiques plus libérales », du « dogme de l’économie néolibérale mondialisée », favorisant « une vision de plus en plus à court terme pour attirer des capitaux »… S’en suivent les litanies à l’encontre de la dégradation du partage de la valeur ajoutée travail / capital (qui n’a pas bougé en France)…

La dépense  publique a pris 10 points depuis 1980

Et encore ! La malhonnêteté devient patente quand le texte laisse entendre que les baisses d’impôts opérées depuis 2000 sont responsables de la plus grosse partie de la dette (au moins 400 milliards), alors que le niveau de prélèvements obligatoires  est resté à « un niveau remarquablement stable depuis plus de 15 ans » (Graphique 3 du rapport (page 12) à l’appui).
Le même graphique vient d’ailleurs contredire l’affirmation du rapport sur la tendance à la baisse des dépenses publiques (hors crise) alors qu’elles ont pris au moins 10 points depuis 1980 (par rapport au PIB) !
Enfin, pour couronner le tout, des sources largement orientées, aussi bien dans le choix des personnes auditées que dans les publications citées en références. Sur les 6 personnalités nommées, 4 sont ancrées résolument à gauche. Pour contrebalancer le parti pris idéologique, un seul parlementaire, Gilles Carrez, plutôt modéré (partisan de l’équilibre budgétaire) et un spécialiste de la finance (Dautresme) sont appelés à la rescousse.
Les références bibliographiques sont encore plus parlantes et placent clairement la barre à gauche : 27 publications, livres et articles cités, dont 10 pour la seule revue Alternatives Économiques, 5 ouvrages dans la mouvance des idées écologistes et d’Attac (par exemple : « Les dettes illégitimes, quand les banques font main basse sur la politique publique »). Les publications pouvant être classées dans le registre libéral ou financier sont au nombre de 5 seulement.
Vu le parti pris de l’étude, se cachant à peine de son idéologie, pas étonnant que l’ensemble des représentants des entreprises aient voté contre l’avis !
L’indigence du rapport et la faiblesse des propositions porteraient à sourire si le CESE n’était pas financé par le contribuable, pour la bagatelle de 40 millions € par an. Il conviendrait de mettre un terme à son existence une bonne fois pour toute, Attac et Alternatives économiques n’ont pas besoin d’un organe subventionné pour faire entendre leurs thèses

Entre idéologie et banalité


Heureusement qu’il y a la philo. Cette particularité française de faire plancher les candidats au baccalauréat, quelle que soit leur orientation, est une survivance étonnante d’une époque où l’examen ouvrant aux études supérieures vérifiait, aussi, une capacité à penser, à argumenter, à analyser. Les sujets de cette année – je m’en tiendrai aux séries scientifiques et littéraires – comportaient de beaux sujets de dissertation.
« Avons-nous le devoir de chercher la vérité ? » Et : « Serions-nous plus libres sans Etat ? » De facture classique, les sujets de philosophie des Terminales S permettaient une réflexion de fond. Pour les littéraires, la richesse des dissertations pouvait être grande aussi, voire magnifique : « Que gagne-t-on en travaillant ? » Et : « Toute croyance est-elle contraire à la raison ? »
Se posent tout de même deux problèmes. Celui de la capacité des jeunes à raisonner, rudement mise à mal chez beaucoup par une formation qui réduit l’analyse à la portion congrue et aboutit à ce que la plupart des élèves de Terminale ne savent pas tirer une idée générale d’un texte. Et – deuxième difficulté – la charge idéologique des sujets, qui peuvent aboutir à une correction orientée. Il n’est pas certain que le fait de citer Benoît XVI et ses réflexions sur les nécessaires rapports entre foi et raison assure une bonne note…
Pour les autres matières, les épreuves ont varié entre l’encyclopédique (et donc la superficialité), le banal et le carrément orienté.
Les textes à étudier à l’épreuve de français anticipée étaient pourtant rassurants, eu égard à l’insistance des autorités éducatives à mettre au programme des œuvres lestes et des films « explicites ». Les « S » devaient se pencher sur la satire, à travers quatre poèmes de Du Bellay, La Fontaine, Verlaine, Rimbaud – on se dit qu’ils apportent par ailleurs la preuve qu’ils pouvaient mieux faire. Chaque texte était assorti d’un lexique plus que miséricordieux. On peut être en première, ont dû se dire les rédacteurs des sujets, et ne pas comprendre que « par ses ongles » veut dire, pour un lion, « par ses griffes », et que « me doit échoir » se dit, en bon français, « doit me revenir ». On apprend aussi, en note : Seigneur : apostrophe conventionnelle en début de sonnet ; Du Bellay adresse son poème à un puissant. » Ou que ce qui « me dépite », m’irrite et me peine. « Surplis » et « frac », « appareil » (comme dans « plus simple appareil) et « drille » (il en est de joyeux), « cornac » sont supposés inconnus.
Le sujet d’invention était, comme vous allez le voir, du plus haut intérêt : « Vous imaginerez un dialogue entre deux critiques littéraires au cours d’un débat sur la poésie. L’un pense que la poésie doit être utile et éveiller l’esprit critique du lecteur ; l’autre estime que l’on ne saurait la réduire à cette seule fonction. »
Pour les littéraires les textes étaient axés sur le bon sauvage, les « victimes de la colonisation » et la découverte de l’autre à la Renaissance. Sujet pipé. Deux textes sur quatre étaient de Jean de Léry : son voyage au Brésil, raconté en 1578, lui a permis de gagner une relative notoriété que la qualité de sa plume n’eût pas expliquée. « Que je lui dis, qu’elle me dit », tel est « presque » le niveau de son reportage à propos de ses rencontres amérindiennes. Et là aussi, il y a un lexique : mais passons.
L’histoire-géographie permet aussi de faire passer l’idéologie avant les faits. Les élèves de 1re de la série S, qui passaient pour la première fois une épreuve anticipée sanctionnant un programme vaste comme le monde, devaient parler de « la guerre d’Algérie » – gare ! – ou bien de « la mutation de la population active de 1850 à nos jours » – ce qui pourrait bien occuper dix sociologues pendant trois ans au CNRS.
Les Terminales S de cette année planchaient sur le programme désormais caduc, et des sujets non moins chargés dans tous les sens du mot : « La décolonisation de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 1960 » et « La Ve République : institutions et vie politique ». Deux gros manuels de première année de droit ne suffiraient pas à répondre en la matière…
Le sujet de sciences anticipé en Première L était attendu car pour la première fois il comportait le fameux thème lié à la théorie du genre, « Féminin-masculin, devenir homme, devenir femme ». Les élèves n’ont pas été interrogés sur ce point mais en revanche ils ont dû plancher sur le meilleur moyen de traiter une stérilité dans un cas concret : insémination artificielle avec ou sans donneur extérieur au couple, fécondation in vitro avec ou sans les gamètes du couple. Frais.
Les littéraires ayant choisi une option science en Terminale ont planché sur une « pasta party » à avaler avant un marathon, et un thème au choix. Le premier, « la place de l’homme dans l’évolution », comportait cette citation mémorable : « L’homme ne descend pas du singe comme on le dit trop souvent. C’est un singe. » Le propos d’André Langaney était soutenu par une note fournie par les rédacteurs du sujet : « 99 % des gènes sont communs aux deux espèces. » L’option maths, d’une simplicité quasi enfantine en ce qui concerne le calcul, invitait les candidats à réfléchir à l’indice de masse corporelle, à vérifier si une jeune fille était anorexique et à calculer sa perte de poids en fonction de son régime…
En SVT, l’épreuve générale des Terminales S les a fait entre autres travailler sur l’hypogonadisme, l’affection qui fait que les garçons, à la puberté, des organes génitaux trop petits. Frais, encore. Les « spécialistes » étaient épargnés.
Quant aux épreuves écrites de langues vivantes en espagnol et anglais, elles ont été d’une banalité, voire d’une vulgarité consternante par le choix des textes, pris dans des romans ou des articles de journaux tous postérieurs à 2005, au langage relâché, argotique ou médiocre. Quant aux questions posées, elles consistaient presque toutes à chercher des informations dans les textes et à les restituer telles quelles.
Avec tout ça, les correcteurs auront comme tous les ans des consignes de clémence et on remontera les notes qu’il faudra !