jeudi 25 novembre 2010
Concert d'Elton John aux frais de l'Europe ? L'UE proteste
La Commission européenne demande que l'Italie rembourse une somme de 720.000 euros qui a permis aux autorités de Naples de financer sur des fonds européens un concert du chanteur britannique Elton John l'an dernier.
"Nous avons envoyé une lettre hier aux autorités italiennes (...) les priant de nous rembourser les 720.000 euros provenant de financements européens versés par le Fonds européen de développement régional et utilisés pour ce concert", a dit à la presse Ton van Lierop, porte-parole de la Commission.
Le concert en question faisait partie du Festival Piedigrotta de septembre 2009 qui avait été en partie financé grâce à une subvention totale de 2,25 millions d'euros du Fonds européen de développement régional censée promouvoir la mise en valeur de la région.
L'affaire a été soulevée par le député italien au Parlement européen Mario Borghezio, membre de la Ligue du Nord, qui a demandé l'intervention des autorités.
Un Allemand réclame l'argent des implants mammaires de son ex
Un homme qui avait financé la pose d'implants mammaires de son ex-compagne lui réclame le remboursement de la totalité des frais engagés (4.379 euros), rapporte mercredi le quotidien allemand à grand tirage Bild.
Faute de quoi, il menace son ancienne petite amie de porter plainte auprès de la police et de lui envoyer un huissier.
Le prêteur avait signé un papier selon lequel il s'engageait à lui consentir ce prêt à titre grâcieux à condition qu'elle reste avec lui pendant un an. Or, le couple s'est séparé peu après l'opération, qui a eu lieu en 2009.
Selon Bild, la jeune femme dit avoir transféré 3.000 euros la semaine dernière sur le compte bancaire de son ex-compagnon.
L’euro pour tous, mais chacun pour soi
Face à ce grand marchandage, l'Europe se montre impuissante, passive, marginalisée, divisée. Dans la grande bagarre monétaire internationale, l'euro sert de variable d'ajustement. Après la crise grecque au Sud, la zone est de nouveau mise sous tension, cette fois au Nord, avec l'Irlande. Le risque d'une attaque possible des marchés financiers contre l'une des grandes économies de l'Europe du Sud, voire de la France, se précise. D'autant que l'Union européenne se révèle incapable de mettre en place une véritable politique coopérative. A l'espoir d'une Europe unie a succédé une Europe multipolaire.
L'Allemagne retrouve sa zone d'influence : l'Est
Resté en dehors de l'euro, le pôle britannique conserve sa liberté de manoeuvre. Le Royaume-Uni s'éloigne toujours plus du continent. La baisse de la livre et les liens avec le Commonwealth, avec l'Extrême-Orient, vont lui permettre de stimuler son industrie, voire de jouer le rôle de porte-avions des émergents en Europe.Au sein de la zone euro, le pôle germanique occupe désormais une place centrale, le regard rivé à l'Est. Notre voisin retrouve ainsi sa zone d'influence historique. La menace soviétique et le mur de Berlin l'avaient fait basculer vers l'Ouest. L'Allemagne se tourne désormais vers l'Est et l'Orient. Une Allemagne industrielle qui ne cesse de ravir des parts de marché aux autres pays européens.
Une Allemagne dont les excédents ne sont que l'envers des déficits de ses voisins. Les pays de l'Est sont ses ateliers industriels, la Russie, son gisement de matières premières et d'énergie, la Chine et l'Extrême-Orient, les clients de ses biens d'équipement.
De son côté, l'Europe du Sud part à la dérive. L'Espagne descend aux enfers après l'éclatement de la bulle immobilière, tandis que l'industrie italienne est prise en tenaille entre les coups de boutoir de l'industrie allemande et la concurrence des pays émergents. Reste l'économie souterraine…
Les promoteurs de l'euro n'avaient pas prévu le défaut de coopération
Quant à la France, elle manque d'une stratégie cohérente. La politique d'austérité met à mal son modèle économique basé sur la consommation. Au plan industriel, l'Hexagone a perdu, face aux émergents, les produits de consommation. Les biens d'équipement subissent les assauts répétés de l'industrie allemande. A ce titre, la perte par Alstom d'un marché d'Eurostar face à Siemens est bien plus qu'un symbole. En réalité, le problème de la France est davantage l'Allemagne que la Chine.L'Europe est donc plus désunie que jamais. Alors que la monnaie unique laissait espérer une convergence des économies, la divergence s'est imposée. Chaque pays s'est spécialisé. Cette évolution était prédictible. Il suffisait pour cela de se référer à la théorie des avantages comparatifs.
La spécialisation des pays paraît normale dans une union monétaire. Mais les promoteurs de la monnaie unique n'avaient pas prévu le défaut de coopérations, l'opportunisme des stratégies, la fragilité des solidarités. Finalement, depuis le lancement de l'euro, les intérêts nationaux prédominent.
Et il est trop tard pour faire machine arrière. Une décennie de divergences fiscales, budgétaires, sociales, salariales, industrielles, dans l'innovation, ont laissé des traces indélébiles dans les modèles économiques de chacun.
Les mêmes mécanismes ont provoqué l'éclatement du SME
Le refus du fédéralisme fragilise de plus en plus l'union monétaire. Les pays d'Europe du Sud - et la France - sont confrontés au problème dramatique d'une surévaluation de la devise européenne. Pas seulement face aux pays émergents ! Plusieurs pays ont un grave problème de compétitivité face à l'Allemagne.A y regarder de plus près, bon nombre des mécanismes qui avaient provoqué l'éclatement du système monétaire européen (SME) en 1992-1993 se mettent en place. Sous le coup des attaques des marchés, l'Italie et l'Espagne avaient dévalué, la livre avait été éjectée du SME. En quelques mois, l'ensemble des parités avait été réaménagé. Le mark en était de fait réévalué.
Bien sûr, le contexte est différent. La livre a conservé sa liberté. Avec l'euro, la capacité de résistance est plus forte. Mais aucune dévaluation, ni aucun autre mécanisme, ne permet aux pays fragilisés de retrouver rapidement leur équilibre et leur compétitivité. De la même façon, rien ne contraint l'Allemagne à réévaluer. Ce qui constitue pour elle… une fantastique opportunité.
Journalistes « pédophiles » : un off qui fait encore des vagues
On n’atteint pas encore le buzz du « Casse, toi, pauv’ con », la fameuse phrase prononcée par Nicolas Sarkozy au Salon de l’agriculture en 2008 (vue plus de 2 millions de fois sur le site de notre journal). Mais les propos du chef de l’Etat tenus lors d’un point de presse off, vendredi dernier, en marge du sommet de l’Otan, à Lisbonne, sur les journalistes « pédophiles » font déjà un tabac sur le Web.
On entend le président de la République se justifier longuement sur son implication dans l’affaire de Karachi, expliquant que la presse fait mal son travail en le mêlant à cette histoire. « Il semblerait que vous soyez pédophile, j’en ai l’intime conviction », lance-t-il à un journaliste de l’AFP, pour signifier qu’on ne peut pas mettre quelqu’un en cause « sans preuve ». Puis, après un long échange, il lance sur un ton moqueur, avant de tourner les talons : « Amis pédophiles, à demain. » L’Elysée minimise, en soulignant que ses propos n’avaient pas vocation à être publiés (le off est un échange informel), et que jamais le chef de l’Etat n’a cherché à insulter les journalistes de façon sérieuse.
« Evidemment que c’est une plaisanterie », a justifié, hier, le conseiller du président Alain Minc. Mais les mots utilisés passent mal.
En tout cas à gauche. Ségolène Royal y voit une atteinte à la liberté d’expression, qualifiant ces propos présidentiels « d’injures infâmes ». « Jamais l’interventionnisme d’un pouvoir n’a à ce point menacé le libre exercice du métier de journaliste », attaque-t-elle. « Il n’est pas possible que le président insulte les journalistes ni qui que ce soit, enchaîne le député PS Pierre Moscovici. Ce qu’on attend du président, c’est qu’il ait du sang-froid, de la dignité, c’est la fonction présidentielle qui veut ça. » Quant à Martine Aubry, la première secrétaire, elle juge la sortie du chef de l’Etat « très choquante, on a l’impression qu’il perd son self-control ».
En septembre 2009, nous posions la question suivante : après une crise financière, quels sont les risques de crise bancaire ?… et surtout, quels sont les risques de crise obligataire ?
La BCE fait plus qu’elle ne peut pour empêcher une crise obligataire de se propager en Europe et les Bunds allemands sont redevenus le “safe haven” habituel. Le bon du Trésor américain à 30 ans est retombé à 4,18 % de rendement (par rapport à 4,40 % le 15 novembre, mais il était à 3,55 % le 1er septembre). Enfin, sur ce front là, on devrait pouvoir « passer Noël au chaud ».
Quant aux risques de crise bancaire… Honnêtement, aujourd’hui nous n’en savons guère plus qu’il y a 14 mois. Alors que Bank of Ireland et Allied Irish Banks avaient passé sans encombre les tests de résistance européens en juillet dernier, cela n’a semble-t-il pas suffi, malgré les satisfecits, alors, des ministres des Finances de l’EMU. On le sait, les stress tests se sont concentrés sur les exigences en capital. Ensuite, ils n’ont porté que sur la dette souveraine figurant dans les portefeuilles de trading et non dans les portefeuilles bancaires. Selon Barclays, en appliquant à la dette souveraine du « banking book » les mêmes décotes qu’à celle du « trading book », 22 établissements, dont Allied Irish, sur 91 auraient échoué au test des 6 % de ratio tier one.
L’Irlande évoque ce matin une augmentation de la prise de participation de l’Etat dans Bank of Ireland. Cette montée de l’Etat dans le capital de la banque est évoquée dans le cadre du plan de sauvetage de 85 milliards d’euros de l’Union européenne et du FMI selon la répartition suivante : 48 milliards pour financer le déficit public durant les trois prochaines années et 15 à 20 milliards pour recapitaliser le système bancaire. En marge, 20 milliards supplémentaires seront déposés dans un fonds d’urgence. L’Etat irlandais détient actuellement 36 % de Bank of Ireland et la participation au capital pourrait être portée à 50 %... Oh my Goodness !! Oh my Guinness !!
On le voit sur les marchés ces jours-ci, le fard que représentaient ces stress tests est en train de tomber et les investisseurs - principalement non-européens - vendent autant qu’ils le peuvent tous les papiers bancaires (obligations et convertibles en action, seniors et subordonnés) des établissements de la zone périphérique.
Certaines obligations peuvent commencent à être attractives. BBVA par exemple, après son augmentation de capital de 5 milliards d’euros a désormais une structure de capital robuste (ratio de Core Tier -1 à 9 %) et n’a aucun retard dans son programme de refinancement (i.e. aucun problème de liquidité). Sa dépendance vis-à-vis de la BCE se serait même réduite ces dernières semaines (grâce, en partie, à une croissance en absolu de ses dépôts aux dépends de banques réputées plus faibles). Le risque souverain doit néanmoins freiner toute ardeur d’investissement sur les niveaux actuels (papier senior à 5,25 % de rendement, mid-swaps à plus de 300 points de base ; les papiers subordonnés T1 traitent à 9,8 %). Le flux de ventes risque d’être encore plus massif dans les semaines et mois à venir.
La crise bancaire, c’est un petit peu comme la grippe aviaire : on dépense beaucoup d’argent pour un vaccin, les autorités se veulent tantôt alarmistes, tantôt rassurantes. Mais ça revient et ça migre constamment. Avant que l’Espagne ne connaisse, hélas, des difficultés plus profondes, et avant de se jeter sur des opportunités qui optiquement seraient attractives, écoutons Don Quichotte parler à Sancho Panza : « Tel va chercher la laine qui revient tondu ».
L'effet Harry Potter avait sans doute laissé espérer dans les rangs de la majorité que le « collaborateur » devienne hyper-premier-ministre au simple énoncé de quelque formule magique. Mais l'Assemblée n'est pas l'école des sorciers et François Fillon pas du genre à sortir des clous à grandes enjambées. Même s'il a changé de costume pour s'habiller désormais en taille patron, au cas où il grandirait encore, il est soigneusement resté sur le registre de la voix de son maître. Dans un discours de politique très générale, largement prévisible dans les petites touches distillées depuis une semaine, il a fait la synthèse d'une feuille de route un peu mollassonne pour la présidentielle plutôt qu'un programme de gouvernement.
Certes on a bien réentendu les divergences sur la faillite de la France, la fragilité du pacte républicain, les jurés populaires, mais la rigueur est affirmée, comme le combat pour la sécurité et la lutte contre l'immigration. Le Premier ministre s'est délecté à enterrer le bouclier fiscal mais il fallait gratter profond dans son expression sur la « cohésion sociale » pour dénicher une référence aux malaises exprimés par la rue.
Sauvé de l'usure sondagière par l'effet de miroir inversé, François Fillon a trouvé un indéfectible soutien auprès des députés et des sénateurs qui apprécient ses comportements sans dérapages et son assise républicaine irréprochable. Il leur doit d'avoir survécu à la morosité des journées sans agenda et de ne pas avoir laissé exploser ses rages rentrées contre les collaborateurs de l'Élysée dont Nicolas Sarkozy, lui-même, reconnaît qu'il leur a trop laissé la bride sur le cou. Pourtant le Premier ministre va devoir écoper le paradoxe d'une popularité qui n'évite pas le rejet dans l'opinion de la politique sarkozyenne qu'il assume et dont il est assez souvent l'inspirateur.
Le discours sur la réforme a remis la droite dans la bataille des idées et sur le chemin du travail. Dans les offices grégoriens de l'abbaye de Solesmes, la commune de François Fillon, on appelle cela la voie des hymnes. Nombreux étaient les fidèles qui, hier, les ont chantés. En sachant bien qu'en politique le gloria n'est pas éternel et que l'ordre humain vient toujours interrompre les séraphins de la louange.
Monsieur Bertrand, qui était dans les assurances avant de devenir ministre, nous annonce un « service après-vote » de la réforme des retraites. Pratique et sympa. Et tout de même un peu méprisant pour les derniers manifestants. Comme Monsieur Soubie, le retraité de l’Elysée, qui qualifie ces défilés de « combat d’arrière garde »… Mais au lieu de plastronner, Messieurs Bertrand et Soubie, vous feriez mieux d’aller voir du côté de Renault : chez notre grand constructeur automobile, le « travailler plus longtemps », le meilleur emploi des seniors vanté dans la réforme, s’est traduit hier par l’annonce de la mise en préretraite, à 58 ans, de trois mille personnes. Y’a comme un défaut, aurait commenté Fernand Raynaud. Il est décidément urgent que Monsieur Bertrand diffuse ses beaux prospectus d’après-vote. Et qu’il n’oublie surtout pas d’en adresser un paquet à Renault.
Les experts en conjugalité louent parfois l'efficacité des couples contraires, ceux qui lient des personnalités opposées pour le meilleur et pour le pire. Si cette théorie était avérée, alors le duo Sarkozy-Fillon aurait un avenir rassurant devant lui.
Rien ne se distingue davantage du programme présidentiel de 2007 que le discours de politique générale du chef du gouvernement. A l'élan fusionnel, le Premier ministre a préféré la gestion rationnelle de deux ambitions additionnelles. Au volontarisme volontaire de la première partie du quinquennat devrait succéder la rigueur austère du réalisme filloniste. La France, n'est-ce pas, « ne dispose pas de trésors cachés » pour éviter l'effort.
L'homme qui agaçait l'Elysée dès l'automne 2007 en décrivant les enjeux d'un pays « en quasi-faillite » est un récidiviste de la lucidité, pas un repenti. A Matignon, on ne voit pas la crise finie quand à l'Elysée elle s'éloigne déjà dans le rétroviseur. Optimisme d'un côté de la Seine, pessimisme de l'autre : l'exécutif a rarement été aussi dual qu'en ces lendemains d'hyperprésidence. Un retour aux fondamentaux de la Ve République qui va peut-être tracer le chemin de la fin du mandat de Nicolas Sarkozy.
Démodé, le bling bling de l'acte I. Voici le temps de la vertu, proclamée du haut de la tribune de l'Assemblée. La sobriété nationale, dans les actes comme dans les comportements du pouvoir, c'est bien elle que semblent plébisciter des Français inquiets devant l'endettement du pays. C'est elle aussi que les députés de la majorité ont massivement approuvée.
« Plus de dépenses supplémentaires » pour une relance hypothétique. Rien que du sang, des larmes et du courage. François Fillon s'est voulu churchilien, presque sacrificiel, libérant du même coup le champ de l'audace pour le candidat de 2012. Il endosse par avance toute l'ingratitude d'une mission de sauvetage. Avançant avec son armure de cohérence, il est crédible pour le rôle.
Le soutien dont peut se prévaloir le chef du gouvernement tient à cette constance rassurante quand l'initiative présidentielle vibrionnante laisse souvent une impression de dispersion. Fidèle au regard de son seul mentor - Philippe Séguin - qui théorisait sur l'art d'assumer l'impuissance du pouvoir pour mieux forcer le destin, le Premier ministre a su résister jusque-là à la tentation de l'héroïsme factice.
Hier, c'est un double pacte qu'il a proposé à la fois au pays et au président de la République. Un de ces contrats sans illusions mais déterminés qui sont garants de la solidité des mariages de raison. Comme toujours, pour qu'ils fonctionnent, il faudra que chacun des deux partenaires joue le jeu de la modestie. 2012 exige qu'on dise adieu à 2007.
Sous l'apparence d'un catalogue un brin éventé ¯ excepté le référendum d'initiative citoyenne ¯ François Fillon, ovationné par la droite, a délivré, hier, trois messages. Ils constituent la grille de lecture des dix-huit mois qui conduisent à la présidentielle.
Premièrement, le Premier ministre et avec lui le Président, sont convaincus que les Français leur seront reconnaissants d'avoir eu le courage d'engager jusqu'à la fin des réformes difficiles. Nicolas Sarkozy, d'ailleurs, se plaît à répéter que, dans l'histoire, les grandes décisions ont été contestées dans l'instant, puis appréciées avec le temps.
Deuxièmement, François Fillon estime que la continuité, qu'il incarne et théorise, et notamment la réduction des déficits, est une obligation. Adepte d'une gestion orthodoxe, il considère que le moindre relâchement serait interprété comme une faiblesse qui mêlerait la France à l'effet dominos qui ébranle la zone euro.
Troisièmement, l'argent disponible doit être mieux utilisé. Dans le domaine économique, en privilégiant l'investissement à long terme dans les domaines prometteurs et en adaptant la fiscalité aux exigences de la compétition mondiale. Dans le secteur social, en lançant la concertation sur l'emploi et sur le coûteux financement de la dépendance.
Sur le fond, on peut difficilement critiquer ses intentions et les marges de discussion qu'il offre pour chaque projet. On peut, en revanche, déplorer ¯ mais il n'a plus les moyens de faire autrement ¯ l'écart entre les annonces et les besoins d'un pays où lesinégalités sociales, environnementales, médicales, immobilières et territoriales s'aggravent.
Sur la forme, après la captation par l'UMP « canal historique » de tous les postes clés du pouvoir, les rôles sont parfaitement répartis pour partir à l'assaut de 2012.
À François Fillon, patron plus affirmé de la majorité, le Parlement à qui il doit en partie sa reconduction. À charge pour lui de calmer les agacements de Jean-Pierre Raffarin, qui prétend court-circuiter les ministères pour discuter en direct avec l'Élysée. Et de donner des gages aux centristes, ce qui sera peut-être moins difficile que prévu : courageux dans les couloirs, mais peu téméraires dans l'hémicycle, ils ont massivement voté la confiance au gouvernement.
À Jean-François Copé la charge de dynamiser le parti, de contrôler indirectement le groupe UMP, et de réparer les dégâts du remaniement. L'une de ses missions sera d'éviter un émiettement, d'offrir des responsabilités aux amis de Jean-Louis Borloo et aux libéraux privés de postes ministériels. Voire d'essayer de convaincre Villepin de débattre à l'intérieur du parti, plutôt que dans les médias. Parions qu'au moment d'attribuer les circonscriptions, bien des dissidences se calmeront.
À Nicolas Sarkozy le soin de surveiller ces deux ambitions rivales, de fixer le cap et d'affirmer le rôle de la France. Visiblement, le curseur du partage des pouvoirs bouge un peu ¯ un peu seulement ¯ l'Élysée ne voyant d'ailleurs pas d'un mauvais oeil que François Fillon s'expose davantage.
Un Premier ministre qui s'engage et prend les coups, un parti plus efficace, un Président un peu plus présidentiel : on verra vite si ça suffit à corriger les sondages et à faciliter une seconde candidature.
C'est une copie sans défaut majeur qu'a rendue, hier, devant les parlementaires, le Premier ministre. Dans sa déclaration de politique générale prononcée dix jours après avoir été reconduit à Matignon, François Fillon a su éviter trois des pièges dans lesquels sont si souvent tombés ses prédécesseurs. Le premier était soit de présenter un catalogue de mesures, soit de se concentrer sur un tout petit nombre de priorités, comme la prise en charge de la dépendance et la réforme de la fiscalité du patrimoine. Dans un cas, cela aurait été confondre agitation et ambition ; dans l'autre, vouer le quinquennat à la vieille désarticulation des mandats présidentiels.
Le deuxième piège était, pour celui auquel fut trop vite accolée une étiquette d'hyper-Premier ministre, d'afficher trop de distance à l'égard du président, tandis qu'il n'encourait pas le risque d'un excès d'allégeance. François Fillon a su marquer plus de tempérance sur le chantier de la dépendance, plus de prudence sur la refonte de la fiscalité. Mais, au terme de son intervention, l'impression dominante est celle d'une absence de décalage, sur l'essentiel, entre les deux têtes de l'exécutif. Le chef du gouvernement a su, enfin, se jouer d'un troisième piège, celui de l'horizon. Le danger aurait été de le situer en 2012, donnant à cette dernière année une coloration trop électoraliste ; il aurait été, aussi, de se précipiter dans l'action, donnant le sentiment de vouloir rattraper le temps perdu à s'extirper de cet accident majeur du mandat que fut la crise financière.
Cependant, s'il n'avait réussi, hier, qu'une déclaration d'école, sans vice ni vertu, François Fillon n'aurait fait la preuve que de son habileté, pas de son utilité. Or, non content de rassembler des morceaux épars du réformisme présidentiel sous l'habit de la compétitivité de l'économie, il tente de ramener dans l'orbite intellectuelle de la majorité l'idée du progrès social au moment où elle se rééchappe à gauche.
Ce progressisme de droite, François Fillon l'a appliqué hier à trois domaines. L'emploi, en opposant - notamment en direction des jeunes -au malthusianisme socialiste le développement des entreprises par la recherche et l'innnovation. L'écologie, en la vantant créatrice plutôt que punitive. La justice, en théorisant, à travers la réforme des jurys, ce resserrement si nécessaire, et depuis si longtemps souhaité par la gauche, entre le peuple et ses juges.
Fortes disparités régionales sur l'essor du numérique
L'enquête du think tank Renaissance numérique fait ressortir la persistance d'une fracture entre régions. Les collectivités ont toutefois sensiblement contribué à ce que le pays rattrape en partie le retard qu'il avait dénoncé dans une enquête en 2007.
Quelques avancées
Le portrait des entreprises françaises selon l’Insee
La « nouvelle » classification, qui s'appuie sur des critères économiques (effectifs, chiffre d'affaires, total de bilan) et non plus juridiques, est constituée de 4 catégories d'entreprises :
- les microentreprises (employant moins de 10 personnes et réalisant un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 2 millions d'euros) ;
- les petites et moyennes entreprises ou PME (moins de 250 personnes, chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros ou total de bilan inférieur à 43 millions d'euros) ;
- les entreprises de taille intermédiaire ou ETI (moins de 5 000 personnes, chiffre d'affaires de moins de 1,5 milliard d'euros ou total de bilan de moins de 2 milliards d'euros) ;
- les grandes entreprises (les entreprises qui ne sont pas classées dans les catégories précédentes).
Sans surprise, les entreprises françaises sont, selon l'étude de l'Insee, majoritairement des petites structures : sur les 2,9 millions d'entreprises qui constituent le tissu productif français (non agricole) en 2007, 2,7 millions sont des microentreprises (soit 96 %) qui exercent essentiellement leur activité dans les secteurs du commerce, de l'artisanat et des services, s'adressent à un marché local et emploient 3,2 millions de salariés (soit 21 % du total des salariés).
Bien moins nombreuses, les PME sont au nombre de 164 000. Elles emploient 29 % du total des salariés et occupent en moyenne une trentaine de personnes. Présentes dans tous les secteurs d'activité, les PME sont toutefois surreprésentées dans le commerce de gros, la construction, les industries traditionnelles (métallurgie et métaux, textile, équipements mécaniques…), l'hôtellerie et le nettoyage. 82 % d'entre elles sont des sociétés indépendantes alors que 15 % appartiennent à un groupe français et 3 % à un groupe étranger. Elles ne réalisent que 13 % des exportations.
Des exportations qui sont réalisées principalement par les ETI (4 600 entreprises au total) et les grandes entreprises (242 seulement). Comme le souligne l'Insee, ces entreprises partagent en commun le fait d'être organisées en groupe de sociétés, d'être présentes sur le marché international et d'investir dans les activités de recherche. Les grandes entreprises se distinguent toutefois des autres catégories par l'importance des moyens qu'elles engagent (elles représentent à elles seules 65 % des immobilisations et 59 % du total de bilan des entreprises) et par le développement d'infrastructures en réseau qui leur permettent d'œuvrer dans des domaines tels que l'énergie, les transports, la poste et les télécommunications. Les ETI étant, quant à elles, en grande majorité des entreprises industrielles.
Primaires socialistes : Aubry pour une candidature commune avec Royal et Strauss-Kahn
Martine Aubry a fait état mercredi 24 novembre sur France 2 d'un pacte de non-agression établi entre elle-même, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal, afin de présenter un candidat commun aux primaires socialistes qui désigneront le candidat du PS pour la présidentielle de 2012. "Nous avons déjà dit que nous réfléchissons ensemble. Ségolène dit qu'elle souhaitait aussi réfléchir avec nous et donc nous proposerons une candidature véritablement ensemble, c'est-à-dire pas l'un contre l'autre ou l'une contre l'autre", a précisé Martine Aubry, interrogée lors du journal de 20 heures.
La première secrétaire du PS a également confirmé les dates de cette consultation inédite, que plusieurs "présidentiables" souhaitent voir avancée. "Au printemps nous aurons le projet des socialistes. En juin (...) nous aurons des candidatures et à l'automne – c'est cela notre calendrier – nous demanderons aux Français à nous aider à choisir notre candidat." Priée de dire si sa candidature éventuelle était toujours liée à la décision de Dominique Strauss-Kahn, l'actuel directeur général du Fonds monétaire international, elle a répondu implicitement par l'affirmative. Pour l'heure, seuls deux élus socialistes ont fait acte de candidature officielle aux primaires : Manuel Valls et Arnaud Montebourg.FILLON ET SARKOZY "À CÔTÉ DE LA RÉALITÉ"
Revenant sur le discours de politique générale de François Fillon, prononcé mercredi devant l'Assemblée, Martine Aubry a également regretté avoir eu "l'impression" que François Fillon comme Nicolas Sarkozy vivaient "dans un autre pays". "Les mots forts ne remplacent jamais des actes. J'ai surtout constaté – c'était la même chose pour le président de la République – qu'on a l'impression vraiment que tous les deux sont complètement à côté de la réalité de ce que vivent les Français", a-t-elle assuré.
"Je pense à tous ces jeunes qui n'ont pas de travail, à toutes ces familles qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts. (...) On a entendu François Fillon se féliciter du taux de chômage. On croit rêver ! Se féliciter de l'augmentation du pouvoir d'achat, se féliciter même de la baisse de l'insécurité. (...) On attendait d'un premier ministre qu'il nous dise aujourd'hui comment le pays va sortir de la crise et retrouver le chemin de la croissance et de l'emploi" a souligné la maire de Lille.
Martine Aubry a ensuite défendu plusieurs mesures du contre-plan de relance mis au point par le PS, comme la modulation de l'impôt des sociétés choisissant de réinvestir leurs profits plutôt que de verser des dividendes, ou l'annulation de la défiscalisation des heures supplémentaires.
DSK,
N'ENTREZ PAS DANS LE MARIGOT.
Vous œuvrerez mieux pour la France, là où vous êtes, et ensuite à la tête de la BCE.















