mardi 9 novembre 2010
Les Français mauvais élèves en économie
Bonnet d'âne pour les Français en économie. Un sondage TNS Sofres réalisé à l'occasion des Journées de l'économie qui se déroulent jusqu'au 11 novembre à Lyon pointe vertement nos lacunes. Le verdict n'est pas glorieux puisque les personnes interrogées soumises à un test de connaissances n'obtiennent qu'un piètre 8,3 sur 20. Le score des personnes diplômées d'un 2e ou d'un 3e cycle n'est guère plus enthousiasmant puisqu'il se situe à peine au-dessus de la moyenne avec une note de 10,5 sur 20. Quant aux personnes âgées (7,5 sur 20) et aux femmes (7,7 sur 20), elles auraient besoin de sessions de rattrapage plutôt intensives. Les hommes, à peine plus éclairés, décrochent un médiocre 9 sur 20.
Phénomène peut-être plus surprenant encore à l'heure où le gouvernement se félicite du nombre croissant d'autoentrepreneurs dans le pays, nos concitoyens, les yeux rivés sur le CAC 40, ne savent pas que le tissu économique de l'Hexagone est essentiellement constitué de petites entreprises de moins de 10 salariés.
Pour Yves Crozet, professeur d'économie à l'université de Lyon, «les Français ne sont pourtant pas idiots, ils sont même plutôt malins quand il s'agit d'épargner ou d'investir dans l'immobilier. Mais ils savent aussi que l'économie est faite de contraintes et ils préfèrent feindre de les méconnaître».
Vulgarisation
Presque paradoxalement, ces lacunes se doublent d'un étonnant appétit en faveur de cette discipline. Car plus de 6000 personnes se sont inscrites pour participer aux 3es Journées de l'économie qui se déroulent jusqu'au 11 novembre à Lyon. Ambition de ces rencontres? Tenter justement de réconcilier les Français avec les mécanismes économiques les plus abscons. Les participants ne seront pas déçus, ils auront notamment pour pédagogues de choc Christine Lagarde, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, ou encore Michel Camdessus, ex-patron du FMI, tous prêts à vulgariser leurs connaissances. Leur thème de prédilection? La gouvernance. Dans l'entreprise. En Europe mais aussi dans le mille-feuille des collectivités locales.«Il faut arrêter d'avoir des positions idéologiques et faire de la pédagogie, martèle Isabelle Knock-Meo, instigatrice du sondage, tout le monde doit s'y mettre, enseignants, journalistes, experts. L'école surtout doit valoriser les élèves qui optent pour cette discipline. L'économie doit être enseignée dès le collège. Pourquoi pas en primaire car pour comprendre les mécanismes financiers, il faut aussi avoir quelques bases mathématiques, savoir faire une règle de trois ou calculer un taux d'intérêt. Or, ces opérations simples ne sont plus apprises sur les bancs de l'école et les Français, on le voit dans le sondage, ne savent pas les résoudre.» Alors, pas très doués en économie et cancres en maths, les Français? Là encore, le sondage le laisse douloureusement présager.
(1) Il s'agit d'une diminution du montant de retraite auquel on a droit quand on part avant l'âge correspondant au taux plein et que le nombre d'annuités est insuffisant.
Joffrin défend les aides d'Etat à la presse
Obama 2.0 et le piège de la cohabitation
Hermès révise ses objectifs après un très solide 3e trimestre
Hermès, deux semaines après l'irruption de LVMH dans son capital, a une nouvelle fois mardi révisé en hausse ses objectifs annuels après un chiffre d'affaires en très forte progression au troisième trimestre.
Confirmant la poursuite du rebond du secteur du luxe, les ventes du groupe de la rue du Faubourg Saint-Honoré ont grimpé de 30,5% sur le trimestre, à 590,1 millions d'euros, et la croissance organique est ressortie à 20,2%, un chiffre nettement supérieur aux attentes des analystes qui tablaient généralement sur une progression comprise entre 14% et 15%.
Le marché attend surtout, à l'occasion d'une conférence téléphonique prévue à 9h30, des indications de la direction d'Hermès sur la stratégie du groupe face à la prise de participation de 17% de LVMH dans son capital, que le sellier juge hostile et qui fait l'objet d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF).
Fort de sa croissance, le fabricant des célèbres sacs Kelly ou des carrés de soie, a une nouvelle fois révisé à la hausse ses objectifs, par rapport à de précédents chiffres unanimement jugés prudents par les analystes.
Il dit maintenant anticiper une progression de ses ventes de l'ordre de 15% à taux de change constants, alors qu'il tablait fin août sur une croissance de l'ordre de 12%, et sur une hausse de un à deux points de sa marge opérationnelle, après avoir anticipé une amélioration d'"au moins un point" par rapport aux 24,2% de 2009.
Le titre a ouvert en forte hausse à la Bourse de Paris en réaction à ces chiffres, gagnant 3,8% à 160,20 euros vers 9h05.
Après avoir atteint un sommet historique à 207,75 euros le 25 octobre, après l'annonce de la prise de participation de LVMH, la spéculation s'est dégonflée sur un titre dont le flottant est aujourd'hui très limité.
A ce niveau de cours, le titre Hermès affiche encore un gain de 69% depuis le début de l'année, pour une capitalisation boursière de 16,6 milliards d'euros.
Au troisième trimestre, les ventes d'Hermès ont été une nouvelle fois tirées par celles de la maroquinerie, division phare et principal centre de profit du groupe, qui ont grimpé de 20%. Cette progression est d'autant plus remarquable qu'elle intervient après une hausse de 17% un an plus tôt. Les sacs de cuir, emblématiques produits de la maison, avaient alors fait la preuve de leur résistance face à la crise.
Celles des vêtements et accessoires ont progressé de 15,8% tandis que celles de la soie ont grimpé de 27,5%.
En Asie (hors Japon) la dynamique asiatique est restée extrêmement vigoureuse (+35%), tandis que le marché nippon, plombé depuis plusieurs années par la crise, est redevenu très légèrement positif (+0,4%).
Les ventes ont aussi profité d'une très solide demande en Europe (+22,4%), qui a bénéficié d'importants flux touristiques, mais aussi sur le continent américain (+20,3%).
Londres veut faire travailler ses chômeurs gratuitement
Faire travailler gratuitement les 1,4 million de demandeurs d'emploi longue durée que compte l'Angleterre. Le Premier ministre britannique, David Cameron, ne manque pas d'idées pour lutter contre le chômage qui touche 5 millions de personnes au Royaume-Uni. Cette mesure, qui n'est pas nouvelle, figure dans le cadre d'une projet de réforme du système d'allocations chômage britannique.
Selon ce projet, pour conserver leur allocation hebdomadaire de 65 livres sterling (75 euros), les chômeurs de longue durée devront effectuer au moins trente heures de travail gratuit par semaine au profit de la collectivité, pour une période de quatre semaines. Ils réaliseraient des travaux manuels ou d'entretien de la voirie au bénéfice de services municipaux ou associations. Ces programmes seront obligatoires, et les chômeurs qui refuseraient d'y prendre part perdraient leur allocation chômage pendant au moins 3 mois.L'Eglise anglicane s'en mêle
Le ministre du Travail et des retraites, Iain Duncan Smith, a défendu ce mardi le projet controversé. «5 millions de personnes en âge de travailler sont au chômage, dont 1,5 million depuis dix ans», rappelle-t-il. «Demander à quelqu'un qui est sans travail depuis longtemps de participer à un programme de travail pour stimuler son estime de soi n'est pas une recette de désespoir mais une façon de réparer des vies briséees», a souligné le ministre.
Il réagit ainsi dans le «Daily Mail» aux critiques formulées par l'archevêque de Canterbury. Le chef de l'Eglise anglicane s'est dit très inquiet. «Je ne pense pas que celà soit juste», a réagi l'archevêque de Canterbury Rowan Williams. «Les gens qui se battent pour trouver du travail, et qui se battent pour un avenir sûr, sont entraînés encore plus dans une spirale d'incertitude, et même de désespoir lorsqu'ils sont mis sous pression de la sorte», a-t-il commenté.
Mardi matin, la presse conservatrice tirait à boulets rouges sur le chef de l'Eglise anglicane : «Gauchiste chevelu», s'exclame le «Daily Express», pour qui l'archevêque a «passé la plus grande partie de sa vie dans une tour d'ivoire». Le Times suggère que l'archevêque a fait preuve d'une «passion» disproportionnée sur le sujet, et qu'il est mieux inspiré lorsqu'il s'agit de questions touchant à l'église.
Benoît XVI, un pèlerin polémique
Le pape n’a pas profité de "cette occasion exceptionnelle pour unir foi, raison et culture", regrette El País, car "il s’est imposé la tâche herculéenne de combattre la sécularisation inarrêtable de l´Europe", dont "l’Espagne serait bizarrement le centre opérationnel". Il est vrai que l’Espagne "n’est plus la lumière de Trente", le concile qui a lancé la Contre-Réforme au XVIe siècle, et que les fidèles étaient moins nombreux que prévu, note le quotidien, mais "Ratzinger exagère et a perdu une bonne occasion de rapprocher l’Eglise de l’Etat."Qui l'a aussi mal conseillé ?
A Barcelone, estime La Vanguardia, le message papal a été "la continuation logique de la complainte ecclésiastique sur la perte des racines chrétiennes de l´Europe et ses possibles conséquences". Dans le même journal, Enric Juliana estime que "le catholicisme dispose aujourd’hui d’un Pape carolingien" qui parle avec un "langage didactique qui n’a rien d’offensant", assure l’éditorialiste.Quiconque a conseillé Benoît XVI lors de son voyage en Espagne lui a rendu mauvais service, juge en revanche la Süddeutsche Zeitung. Le quotidien de Munich condamne "cette comparaison funeste avec les années 30", lorsque la République espagnole essayait de réduire le rôle de l’Eglise dans le pays. Cela montre une nouvelle fois que le Vatican aime occulter son histoire, en l’occurrence que "le clergé espagnol, agressif et meurtrier, a fait la courte échelle au franco-fascisme victorieux“. "Pourquoi Benoit XVI évoque-t-il cela maintenant ? Parce qu'en matière sociale, l'Espagne est arrivée au présent. Le mariage homosexuel, le divorce dans des délais supportables, l'avortement, l'éducation sexuelle – voici le catalogue des péchés que – aux yeux du Vatican – l'Espagne ne peut pas expier.“
A Varsovie, en revanche, Rzeczpospolita met en garde contre "le dangereux anticléricalisme". "Les paroles de Benoît XVI sur le retour du sentiment anticlérical en Espagne ont été décrites par la plupart des médias européens comme une attaque contre le gouvernement de José Luis Zapatero. Mais le fait est que, depuis 6 ans, les croyants espagnols ont eu des raisons de se sentir comme des citoyens assaillis et acculés dans un coin."
Les Tchèques peu réceptifs à la personnalité du pape
Dès lors, considère Rzeczpospolita, "lorsque les politiciens restent silencieux, il n’est pas étonnant que le pape doive s’exprimer. De la même manière que nous faisons preuve d’une grande sensibilité lorsqu’il s’agit de radicalisme de droite. Nous devrions être préoccupés lorsque la gauche adopte des vues extrêmes. Particulièrement parce que l’anticléricalisme politique n’est plus une chose exotique en Pologne".A Prague, Lidové noviny s’étonne en Une : "'Les irréligieux!' gronde le pape à propos des Tchèques". Benoit XVI a en effet cité la République tchèque comme exemple de la perte de religiosité de l’Europe. Pourtant, remarque le quotidien sondage à l’appui, les Tchèques ne sont pas tant anti-catholiques que peu réceptifs à la personnalité du pape. D’autre part, alors que le pape s’inquiète que "le vide spirituel qui est en train de se créer en Europe laisse la place à l’Islam", Lidové noviny souligne que "l’islam a moins de chance de s’installer chez nous que dans les pays du catholicisme vivant".
Les remarques pontificales, prévient le quotidien tchèque, pourrait accentuer un reflexe "de résistance hussite" dans le pays où Jan Hus a voulu réformer l’Eglise au XVe siècle. Mais "le pape, qui aime argumenter par la vérité et sa relation à la liberté, pourrait ainsi alimenter le vieux et inoubliable slogan [hussite] anti-catholique : la vérité vaincra."
Pékin achète notre silence
Personne n'a parlé publiquement d'achats de dette souveraine, mais la diplomatie portugaise pouvait avoir le sourire. La Chine est une puissance émergente incontournable, et un petit pays comme le Portugal a tout à gagner à la compter parmi ses partenaires. Les affaires avec Pékin ont cependant une autre facette.Pas de réponse commune à l'ascension de la Chine
Il y a la question de l'influence croissante de la Chine dans le monde, et celle de la démocratie et des droits de l'homme. Comment concilier ces deux versants de l'ascension du géant chinois, c'est précisément tout le problème. Et il n'y a pas de réponse commune.L'Europe risque de ne plus être perçue comme un espace de liberté
La Banque de France prévoit 0,5% de croissance au 4e trimestre
La Banque de France prévoit une croissance de 0,5% du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre dans son enquête mensuelle de conjoncture publiée mardi.
Le premier chiffre officiel de la croissance du troisième trimestre sera publiée vendredi. La Banque de France l'attend à 0,3%.
L'enquête de la BdF sur le climat des affaires en octobre reflète une légère augmentation de l'activité industrielle: l'indicateur du climat des affaires dans le secteur a progressé d'un point à 103 après 102 en septembre.
Le taux d'utilisation des capacités de production industrielles a légèrement diminué, à 76,4% contre 76,8% en septembre, précise la Banque de France. Il reste nettement inférieur à sa moyenne de longue période (82).
Les carnets de commandes sont jugés conformes aux attentes et les entrées de nouvelles commandes ont continué de progresser à un rythme comparable à celui des mois précédents.
Parallèlement, l'activité des services a légèrement progressé grâce à l'orientation favorable du travail temporaire, précise la Banque de France. L'indicateur du climat des affaires dans les services ressort stable à 96.
Vive de Gaulle ! Sans cesse, cette acclamation montait à nos lèvres, du fond de notre coeur, durant ces longues années noires de l'Occupation. De Gaulle, ce nom prédestiné à rétablir la France dans la liberté, à lui redonner son rang dans le monde après cette sinistre défaite qui l'avait abattue.
Vive de Gaulle ! C'était le cri de ceux qui ne se résignaient pas. Pourtant, nous ne connaissions pas cet homme. Nous ne l'avions jamais vu. Peu nombreux étaient ceux qui connaissaient sa voix. Et puis, quelques tracts largués par avion nous parvinrent. La photo du Général était encadrée d'une bordure tricolore et l'on pouvait lire, au verso, le fameux appel du 18 juin 1940 : « La France a perdu une bataille, mais elle n'a pas perdu la guerre... »
De Gaulle poursuivit le combat. Sa vision débordait largement les frontières de la France et même celle de l'Europe. Il avait immédiatement compris que la guerre, à travers les empires britannique et français, allait s'étendre au monde. Il avait pressenti les changements d'alliance entre l'Allemagne et l'URSS et l'entrée en guerre de la puissante Amérique.
Il avait affirmé sa foi dans l'héroïque Angleterre qui, presque désarmée, se dressait seule, alors, pour faire face à l'armée allemande au sommet de sa puissance.
L'un des plus grands
Sa foi en la France le rendait certain d'être entendu par les Français. Il savait pouvoir rallier autour de lui ceux qui voulaient poursuivre le combat. Il savait que, soumis à une occupation de plus en plus dure, les Français se rebelleraient un jour et que ceux qui collaboraient avec l'ennemi seraient de moins en moins soutenus. Et tout cela se produisit, en effet, mais à travers bien des vicissitudes. Cependant, de Gaulle, inébranlable, persistait et s'imposait de plus en plus aux Alliés comme un partenaire à part entière, malgré sa faiblesse et son isolement.
Il eut, un jour, la satisfaction de constater que les Français l'encourageaient de loin. Sa mère, réfugiée à Paimpont, en Bretagne, y mourut. Sa tombe était fleurie régulièrement par des mains inconnues. Une photo fut prise et lui parvint, ce qui lui fit dire : « Vous voyez, ils sont avec moi. »
De Gaulle était, pour nous, l'étendard de l'indépendance et de la liberté. Nous l'attendîmes durant quatre ans. Puis, il nous apparut aux balcons de nos hôtels de ville, au milieu du peuple de Paris, à Notre-Dame, sous une fusillade inexpliquée. Plus tard, ce furent les épisodes politiques, souvent dramatiques, jusqu'au départ définitif dans la solitude des rivages irlandais ; jusqu'au soir où il s'éteignit à la Boisserie, il y a quarante ans aujourd'hui. Le pays plongea dans la stupeur et la tristesse.
Nous sûmes alors que nous avions été contemporains d'un homme qui faisait partie des quelques grands personnages qui avaient fait notre histoire. Il fut sans nul doute, parmi eux, l'un des plus grands.
Qu'ils sont admirables, nos voisins italiens ! Ils ont, après guerre, vécu des décennies sans vrais gouvernements pour le plus grand bien de leur économie, surtout parallèle. Ils ont supporté avec courage les « années de plomb » de l'ultra-gauche terroriste. Ils résistent à la mafia... et ils tolèrent depuis quinze ans Silvio Berlusconi. Ses frasques, sa gouaille, sa faconde vulgaire de « nouveau riche » qui se croit tout permis, jusqu'à faire plier la justice. Il est vrai aussi que dans l'opposition divisée, face à Berlusconi, il n'y a guère de leader, exception faite de l'intermède Romano Prodi, trop triste, trop sérieux comparé au « Cavaliere »...
« Basta », enfin ? Gianfranco Fini, président de la Chambre, fort de ses quarante députés indispensables à la majorité gouvernementale, vient de demander la démission de Silvio Berlusconi. Pour mille raisons politiques, tout en avançant celles de la morale toujours chère à cet ancien dirigeant du MSI néo-fasciste. Un autre parti étrange, cette Ligue du Nord qui rêve de Lombardie et de sécession, semble vouloir emboîter le pas. L'Italie entre en crise gouvernementale... Finalement, tout cela pour une nouvelle « lolita », une de plus ! Les « parties fines » du barbon de 74 ans, après avoir longtemps flatté un certain machisme italien, ne font plus rire.
Surtout pas le monde des affaires. Il se bat dans une conjoncture difficile, comme partout en Europe, pour vendre le « made in Italy » et se passerait volontiers de la publicité Berlusconi. Encore moins l'Eglise catholique toujours influente dans la Péninsule qui, dans un subtil exercice de casuistique, traite désormais le « Cavaliere » d'« homme malade ».
Mais cette crise italienne intervient au plus mauvais moment. Elle s'ajoute à d'autres faiblesses en Europe. A celles de la France dont l'exécutif atteint des records d'impopularité. A la coalition d'Angela Merkel de plus en plus chancelante. Au gouvernement Cameron du Royaume-Uni, à peine élu et déjà contesté. Et que dire de l'Espagne, du Portugal, de la Grèce ? Sans même évoquer les Pays-Bas en pleine crise identitaire ou la Belgique depuis des mois inscrite aux abonnés absents...
En mal de crédibilité, les moqueries sur la situation italienne en plus, les gouvernements européens font piètre figure à la veille du G20 de Séoul où Américains et Chinois voudront imposer leur politique. Et il serait vain de s'appuyer sur l'Europe institutionnelle de l'UE. Ses chanoines sont bien trop occupés par leurs querelles de lutrins...
Il est entré dans l’Histoire de France sans carton d’invitation. Aucun politicien raisonnable n’aurait misé un kopeck, à l’été 1940, sur le destin de l’officier rebelle qui s’agitait à Londres. Général d’une armée morte que lui prétendait ressusciter par la seule magie du verbe…
Au regard des bien-pensants, ce résistant lyrique passait pour un factieux. Bien penser, à l’époque, consistait à serrer la main d’Hitler et voter les pleins pouvoirs à Pétain.
Un “agité du képi”, donc. Ou, sinon, personnage shakespearien “de l’étoffe dont on fait les rêves”. Les siens étaient de grandeur, alors que la petitesse gagnait partout. À chevaucher pareille chimère, que diable pouvait-il conquérir ? L’honneur et l’indépendance. L’homme du 18 juin, quoi qu’on pense ensuite de sa carrière de chef d’Etat, nous a rendu l’essentiel.
40 ans après son décès, “tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change”, il trône au Panthéon de l’imaginaire français. De Gaulle a rejoint Jeanne d’Arc et Bonaparte dans la galerie des héros “providentiels” qui nourrissent le récit national.
Un mythe, dira-t-on. Et heureusement ! “Les pays qui n’ont plus de légende seront condamnés à mourir de froid” prophétisait le poète Patrice de la Tour du Pin.
Ce matin, au cimetière de Colombey, le président Sarkozy viendra se recueillir sur la tombe du grand Charles. Pas sûr que ça suffise à réchauffer le peuple, ni les sondages.
Quel anniversaire ! Villepin vilipende Sarkozy, Sarkozy tacle Copé, Fillon tance Sarkozy, Chirac est renvoyé en correctionnelle... Gardons-nous certes de toute nostalgie: le gaullisme n'a jamais été un champ de roses, et la grandeur du Général a couvert bien des petitesses. Mais tout de même, il se confirme en ce jour anniversaire que l'histoire dégringole toujours de la tragédie à la farce. Il serait injuste et absurde de reprocher aux petits-enfants du Général de ne plus être gaullistes. Les temps ne sont plus à l'héroïsme, notre époque n'a plus rien d'épique. On n'entre pas en Résistance contre un dérèglement des marchés, ou pour la retraite à 60 ans. Non, ce qui gêne dans la comédie actuelle, c'est que les petits-enfants jouent encore au Général. Un peu comme Napoléon III, dit Napoléon le Petit, car il fut Petit bien davantage que Napoléon.
Le rapport qui vient d'être remis au Sénat pour réguler la pratique des sondages arrive à point nommé. La manie sondagière, particulièrement marquée en France, est amplifiée par la combinaison de l'audiovisuel et d'Internet : sans cesse, des chaînes de télévision, des partis, des groupes d'intérêt demandent au public de se prononcer, via le Web, sur toutes sortes de questions, ce foisonnement de mini-scrutins donnant une impression trompeuse d'« hyperdémocratie ». Les enquêtes réalisées par les instituts professionnels, tenus de respecter certaines règles, sont certes plus fiables -à condition de savoir que leurs résultats sortent d'une « chaîne de fabrication » dont chaque étape comporte un risque d'erreur. D'abord, en amont, le libellé des questions : les rédiger sous une forme neutre, qui ne suggère pas en elle-même la réponse, est un exercice parfois impossible, parce que certains mots ont une connotation indélébile. Autre aléa, le moment de l'enquête : le résultat ne sera pas le même selon qu'elle se déroule en pleine crise ou à froid, la tension passée. De même, à propos des intentions de vote, l'état d'esprit du sondé, qui peut exprimer une réaction épidermique différente du choix qu'il fera dans l'isoloir. Vient ensuite l'élaboration des chiffres : comme les personnes ayant accepté de répondre ne constituent jamais un « échantillon représentatif » de la population (par âges, régions, niveaux de revenu, etc.), les instituts procèdent à des « redressements ». Selon quelle méthode ? Mystère : chaque institut a la sienne, qu'il garantit « scientifique », mais qu'il refuse de dévoiler, même à la Commission des sondages, respectable institution créée en 1977. Curieuse attitude : la méthode scientifique n'implique-t-elle pas que le chercheur qui présente un résultat expose en même temps les conditions de l'expérience ? La loi qui devrait suivre le rapport remis au Sénat n'effacera pas toutes ces incertitudes, mais elle rendra sans doute plus nette, en matière de sondages, la frontière entre l'« à peu près » et le « n'importe quoi ».
Sortie de crise : toutes les entreprises n’y sont pas prêtes !
Démocratie, une utopie ?
Mais la Démocracie tant vantée est elle une bonne solution et surtout est elle pratiquée dans le sens de la déclaration de Lincoln ? Non. Depuis qu´ont a donné aux gens le droit de voter chaque faction exprime ses désirs. Les candidats s´emploient bien sur á prouver á ces factions qu´ils peuvent être le digne représentant de leurs aspirations. Les factions élisent donc des représentants qui représentent des buts et idées diverses qui sont souvent en contradiction avec celles d´autres factions.
La Démocracie donne donc d´emblée lieu á débats , á contradictions et opposition. Elle n´est donc pas un lien. Au contraire elle est le théatre ou les acteurs (les représentants des factions) se battent pour faire prévaloir les idées de ceux qu´ils sont censés représenter. Lorsque par hasard le peuple s´unit et vote pour un homme en qui il voit un sauveur, un guide on appelle cet homme rapidement un despote, un dictateur. Erreur puisqu´il fait l´unanimité des factions.
La Démocracie donne marge á dissenssions et á négotiations, á bras de fer, et á manifestations á grêves et á paralisation d´un pays. Elle donne rarement pour ne pas dire jamais marge á l´union. Et pourtant on la vante et on prétends l´imposer la ou n´existe pas. Combien de pays soit disant démocratiques ne sont qu´un travesti de la démocracie ? On ne les compte pas. En plus les élus sont sujets á pression "d´interest groups" appellés lobbies, souvent dénigrés, et qui au fond ne font que représenter des factions du peuple.
Alors la Démocracie est elle un systéme valable ou comme disait Churchill " le moins mauvais des systémes " Dans les pays occidentaux on peut dire sans risque de se tromper qu´elle marche avec des cannes. Dans les pays émergents elle n´existe pratiquement pas bien qu´on se dise "démocratique" á haute voix.
Il convient de rappeller pour ceux qui voient dans la Démocracie le régime idéal qu´il s´agit d´une gouvernance. Or une gouvernance dirige, commande, manie, tient les rènes du pouvoir ! Donc cette Démocracie qu´on tend à confondre avec liberté ne l´est qu´en apparence.
Et en plus que font les gouvernements au nom de la démocracie ? Ils partent en guerre, pour des raisons souvent louches, qui ne servent que leurs intérêts. La Démocracie se prête donc á toute sortes d´actions et trouve facilement des justifications puisque ses représentants ont été élus. Autrement dit on tuera au nom de la Démocracie ! Les féodaux faisaient de même mais invoquaient au moins Dieu pour justifier leurs batailles.
La Démocracie devient donc un travesti et nous sommes loin de la phrase de Lincoln et de son sens original. Mais puisqu´on tient tant á cette formule de gouvernance on pourrait avoir la pudeur de la décrire autrement. La démocracie est certainement un régime qui permet aux gens de s´exprimer.
Nous pourrions donc opter pour la définition suivante: "Le gouvernement du peuple qui a le droit de donner de la voix". Je ne crois pas qu´on puisse aller plus loin. C´est déja ça au fond vu que dans les régimes autoritaires on n´a même pas ce droit.
lundi 8 novembre 2010
Les syndicats en quête d'un difficile compromis
Les divergences stratégiques s'amplifient entre syndicats, qui doivent décider ce lundi soir des suites à donner au mouvement contre la réforme des retraites après une huitième journée de mobilisation en net reflux.
Deux thèses s'affrontent : la CGT, FSU et Solidaires entendent prolonger la contestation quand la CFDT, la CFE-CGC, l'Unsa et, dans une moindre mesure, la CFTC jugent qu'il est délicat de s'opposer à une loi votée et sur le point d'être promulguée sauf censure du Conseil constitutionnel.
L'intersyndicale, qui se réunit à partir de 18h00 au siège de la CGT à Montreuil, a adopté jeudi dernier le principe d'une nouvelle journée d'action pour la semaine du 22 au 26 novembre et doit en décider les modalités précises dans la soirée.
Si la réunion de l'intersyndicale de lundi promet d'être "sportive", selon les mots d'un dirigeant syndical, toutes les confédérations, à l'exception de Force ouvrière, se disent à la recherche du bon compromis pour ne pas briser l'unité qui prévaut depuis le printemps.
La CGT estime qu'il faut battre le fer tant que la loi n'entre pas en vigueur, en juillet 2011, mais beaucoup sont entrés dans la séquence d'après, évoquant le retour à des grandes manifestations pour la défense de l'emploi et du pouvoir d'achat, sur le modèle de ce qui avait été fait à l'hiver 2009.
Après une mobilisation citoyenne inégalée depuis des années, même si les syndicats n'ont pas obtenu gain de cause sur le fond de la réforme, "on ne doit pas faire au gouvernement le cadeau de se désunir", prévient Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa.
"VOIES DE PASSAGE"
"L'enjeu, c'est de montrer que sur un des éléments essentiels du pacte social français, les organisations syndicales sont capables de se retrouver: cela vaut pour les retraites et pour l'avenir", ajoute-t-il.
Cette volonté de faire durer le front commun coûte que coûte, notamment son duo de tête CGT-CFDT, pourrait déboucher sur une feuille de route la plus souple possible.
Tout en appelant à la poursuite de la mobilisation et en fixant la date exacte de la journée d'action, probablement le mardi 23, l'intersyndicale renverrait à des actions locales telles que des rassemblements devant les préfectures ou des manifestations décentralisées.
"Multiplier les formes d'action différentes, c'est ce qui a fait la force du mouvement", rappelle Bernadette Groison, qui dirige la FSU.
Son syndicat défendait l'idée d'une manifestation nationale le samedi 26 novembre mais il regardera lundi soir "ce qu'il est possible de faire ensemble", a-t-elle dit.
"Des débats vifs et sincères, il y en a toujours eu entre nous depuis le début. Notre force a été de trouver à chaque fois des voies de passage", ajoute la dirigeante syndicale qui n'a "pas le sentiment que l'intersyndicale soit au bord de l'implosion".
Les critiques de Force ouvrière, qui parle désormais ouvertement de "gâchis" dans la gestion du conflit, viennent alourdir l'ambiance.
Formellement, le syndicat de Jean-Claude Mailly ne fait pas partie de l'intersyndicale et prône une journée de grève générale depuis le printemps mais il s'est joint à toutes journées d'action de ces six derniers mois.
Le bureau confédéral de FO doit se réunir dans l'après-midi pour décider de sa participation, ou non, à l'intersyndicale de lundi soir.
"Il n'est pas question de tourner la page des retraites", souligne son secrétaire confédéral Jacques Valladon, pour qui la mobilisation de samedi était "encore tout à fait respectable".
Quant à passer à des manifestations aux mots d'ordre plus généraux, le dirigeant syndical est plus que sceptique. "En 2009, on a fait des manifs en janvier, en mars, en mai et en juin pour des clopinettes, dit-il. "Pas sûr qu'on en sera à nouveau ce coup-là".
















