TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

dimanche 23 mai 2010


Vendre Normale n'est plus élémentaire

Parce que la voie était royale, leur destin était souvent impérial. Que de normaliens devenus célèbres par leurs travaux scientifiques, tels Pierre-Gilles de Gennes ou Louis Neel, tous deux prix Nobel, par leurs ouvrages littéraires à l'instar d'Aimé Césaire ou Jean Giraudoux, par leur réflexion philosophique comme Raymond Aron ou Jean-Paul Sartre, et même par leur action dans le champ politique à la manière d'Alain Juppé ou Laurent Fabius.

Bref, quand on sortait d'Ulm, de Cachan ou de Fontenay, on avait toujours une place de choix dans la société sans avoir besoin de prouver que l'on était quelqu'un. C'était écrit dans le parchemin. Et même si l'on choisissait tout simplement l'enseignement, l'affectation était à la mesure du diplômé. Il ne fallait guère de temps pour rejoindre l'université. Aujourd'hui, ils ne sont plus tout à fait logés à la même enseigne... Le concours est toujours une redoutable épreuve, mais les brillants sujets qui décrochent la timbale ne sont plus assurés d'un rutilant avenir. Les postes en fac se font rares, et ils peuvent être nommés dans des établissements de zones difficiles où leur savoir n'est pas forcément valorisé. À quoi bon avoir bossé sur
la langue d'oïl d'Aucassin et Nicolette ou le choc des boules de Malebranche, s'il faut apprendre le français de base et la règle de trois à ses élèves... Ainsi la directrice de la rue d'Ulm voit-elle ses élites s'enquérir de juteux pantouflages en dehors de la sphère professorale. Il paraît que la "com et la pub" font désormais fureur. À telle enseigne que la célèbre institution multiplie les conventions avec certaines grandes écoles, style HEC, jugées plus adaptées au monde moderne. Certains n'en ont pas eu besoin pour devenir des stars. Il n'y a qu'à voir BHL. Pour lui savoir vendre Normale, c'était élémentaire.


Hélène Pilichowski

Les créanciers paieront

Les économies contemporaines sont assises sur une montagne de dettes. En France, elle représente plus de trois fois la valeur de ce que nous produisons annuellement. Des dettes publiques (1.500 milliards fin 2009), bien sûr, contractées par l’Etat et les organismes de protection sociale pour combler leurs déficits. Mais aussi des dettes privées, contractées par les entreprises (2.000 milliards fin 2008), les organismes financiers (2.300 milliards) ou les ménages (1.000 milliards). Tout le monde emprunte en promettant de rembourser demain, et cela fait tourner la machine économique.

Jusqu’à présent, les dettes privées étaient jugées moins sûres que les dettes publiques. Rien ne dit en effet que l’entreprise ou le ménage pourront honorer leur parole. En revanche, l’Etat a toujours le pouvoir de lever l’impôt et de forcer ainsi le contribuable à payer. Dans les pays développés, le risque qu’un Etat fasse défaut était, jusqu’ici, à peu près nul. Mais avec la crise de l’euro, ce n’est plus le cas.

Le peu de croissance économique dans les pays européens tient presque partout au déficit public, qui gonfle la demande grâce aux emprunts. Les prêteurs commencent à douter : les remboursements de demain devront être financés par de nouveaux emprunts faute de pouvoir l’être par une croissance trop faible. On sait, depuis Madoff, où cela mène: à la faillite. Alors l’euro plonge, plombé par la dette publique, devenue potentiellement douteuse.

La solution existe, pourtant. C’est l’inflation. Des millions de Français, dans les années 1960 ou 1970, ont remboursé en monnaie de singe les emprunts grâce auxquels ils avaient acheté leur logement. Entre 1950 et 1980, la grande éponge de l’inflation a permis à la France de se moderniser et à l’Etat d’effacer ses dettes: avec 5% d’inflation par an, les 1.500 milliards d’euros de dettes publiques ne vaudraient plus dans dix ans que 900 milliards d’aujourd’hui. La Banque centrale européenne, en décidant de racheter les titres publics devenus douteux, s’apprête au fond à financer les besoins des Etats par de la création de monnaie - donc, à terme, par l’inflation - plutôt que par l’emprunt. Les créanciers paieront: chaque année leurs titres se déprécieront.

Immoral? Peut-être. Mais préférez-vous les solutions alternatives que sont les baisses de salaires, le chômage croissant dans une économie décroissante et, pour finir, l’appauvrissement de tous?


Denis Clerc - Le Journal du Dimanche

Aubry ne fait pas la guerre à DSK

La patronne du PS ne veut pas répondre au directeur général du FMI, qui récusait jeudi le "dogme" de la retraite à 60 ans.

Elle ne voulait pas le regarder, juste se le faire raconter ensuite par ses « veilleurs » habituels. Mais quand elle a lu la dépêche AFP à 20 h 30, Martine Aubry a changé d’avis et s’est postée devant sa télé. La patronne du PS a préféré écouter elle-même Dominique Strauss-Kahn s’affranchir du "dogme" de la retraite à 60 ans. Et elle a appelé immédiatement le porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui était sur le plateau de France 2 face au ministre du Travail, Eric Woerth. "Ne te laisse pas faire, l’âge légal n’est pas un dogme, mais un droit, une garantie, une liberté et une justice. Le dogme est une théorie, nous, nous sommes réalistes."

Et Aubry a redéroulé à son porte-parole l’argumentaire qu’elle déploie depuis des semaines: une grande part des salariés a déjà cotisé plus de 41 années avant d’atteindre ces fameux 60 ans, beaucoup se sentent usés à cet âge fatidique et deux tiers des salariés sont au chômage entre 55 et 60 ans. Benoît Hamon connaît tous ces chiffres par cœur. Il est lui aussi très attaché au symbole de l’âge légal de départ à la retraite, et sait ce qu’il incarne pour le peuple de gauche.

"Il existe un anti-strauss-kahnisme de gauche"

Ce jeudi soir, Razzy Hammadi accompagnait son ami Benoît dans les coulisses d’A vous de juger. Secrétaire national au service public, Hammadi avait participé, il y a deux semaines, à un meeting sur les retraites organisé par la Fondation Copernic aux côtés de la Verte Cécile Duflot, de Marie-George Buffet, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot. Hier, Razzy Hammadi confiait au JDD: "On ne défend pas un dogme mais une réalité que la majorité des Français connaissent", ajoutant en soupirant, "d’ici à ce qu’on vive jusqu’à 100 ans, de l’eau aura coulé sous les ponts". Autant pour DSK, qui avait sorti sur le plateau l’argument des 100 ans d’espérance de vie…

Voici donné le signal de l’opposition à Strauss-Kahn au cœur même de son parti? "Il existe un anti-strauss-kahnisme de gauche, en dehors du PS, et qui est en train de monter, et que ces déclarations sur les 60 ans vont alimenter", reconnaît Pierre Moscovici, qui souhaite une candidature de DSK à l’Elysée. Au PS même, l’opposition frontale au très populaire patron du FMI n’est pas encore de mise. Mais on sent que la gauche du parti n’est pas très à l’aise. "On n’avait pas besoin que Strauss-Kahn, qui nous demande de le laisser travailler, vienne mettre un petit coup de canif à notre boulot sur le projet socialiste qu’on est en train d’écrire", se désole Pouria Amirshahi, autre proche d’Hamon.

Moscovici s’interroge sur l’utilisation possible du thème des 60 ans par Martine Aubry, si elle devait affronter DSK. Interrogation prématurée, ou vaine. La patronne du PS et ses proches minimisent le désaccord ramené au rang de "buzz journalistique", et ne veulent surtout pas faire de Strauss-Kahn un martyr du modernisme face aux ringards attachés à l’âge légal. Ils tiennent juste à faire remarquer que personne, y compris chez les proches de DSK, n’a remis en cause la retraite à 60 ans, dans le parti comme dans les médias.

La direction du PS préfère jouer sur l’ambiguïté

Le document adopté mardi soir en bureau national stipule "le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans, car c’est une garantie pour ceux qui ont atteint leur durée de cotisation, c’est une protection pour les salariés usés par le travail et qui souhaitent partir, et c’est une liberté de choix pour tous les Français". Le texte a été adopté à l’unanimité, moins trois abstentions, celles de Malek Boutih, Gérard Collomb et Manuel Valls, Les déclarations de Strauss-Kahn tombent au pire moment, mais la direction du PS préfère jouer sur l’ambiguïté même des mots et de la situation de DSK. Il a 61 ans, explique-t-on, et il est loin, loin de la réalité sociale de la France…

En contraste, insiste-t-on, Aubry (59 ans) se veut résolument proche des Français. Elle ne veut pas ouvrir la guerre avec DSK, elle qui ne sait toujours pas si elle sera candidate, et qui, surtout, passe son temps à panser les plaies des socialistes en mal d’ego. Elle se refuse dogmatique, mais se revendique réaliste et surtout aux côtés des gens, des salariés qui sont fatigués à 60 ans. Mercredi dans son bureau rénové de la rue de Solferino, Aubry recevait les journalistes pour assurer le service après-vente de sa réforme des retraites. Elle précisait sans coquetterie: "Je vais avoir 60 ans cette année, je vois des femmes dans le textile dans le Nord qui ont mon âge et qui font dix ans de plus." C’est à elles et à tous les autres salariés fatigués que la patronne du PS veut penser, au moment où le gouvernement, veut revenir sur le "dogme" des 60 ans.

Copernic inhumé en Pologne, 467 ans après sa mort

L'astronome Nicolas Copernic dont les restes ont été identifiés récemment, a été enterré à nouveau, samedi 22 mai, à la cathédrale de Frombork dans le nord de la Pologne, au lendemain du 467e anniversaire de sa mort.

Lors d'une cérémonie religieuse, le cercueil de Copernic a été à nouveau enfoui sous le sol de la cathédrale construite au XIVe siècle, au pied d'une tombe neuve en granit noire frappée d'une représentation d'un modèle du système solaire. Copernic élabora la théorie héliocentrique, qui fait état du double mouvement des planètes, sur elles-mêmes et autour du Soleil.Dans un discours, l'archevêque Jozef Zycinski a déploré les "excès de zèle de défenseurs autoproclamés de l'Eglise". Il a rappelé, dans ce contexte, la condamnation en 1616 par le pape Paul V de l'œuvre de l'astronome, considérée à l'époque comme contraire aux Ecritures. Copernic et ses disciples ont été depuis réhabilités par le Vatican.

Le grand astronome, mathématicien, économiste, médecin et chanoine à Frombork fut enterré dans la cathédrale en 1543, l'année de sa mort, mais aucune indication du lieu exact de son inhumation n'a été laissé. Il est mort peu connu dans son pays et son enterrement anonyme n'était pas lié à des accusations d'hérésie. De fait, son principal traité De la révolution des sphères célestes" a été publié à la fin de sa vie et il a seulement reçu copie de l'ouvrage le jour de sa mort.

Depuis deux siècles, des chercheurs polonais, français et allemands ont en vain tenté d'identifier sa tombe. En 2005, l'archéologue Jerzy Gassowski, professeur à l'Institut d'anthropologie et d'archéologie de Pultusk, a réussi à le faire et a conduit à l'identification des restes du savant, en coopération avec des chercheurs suédois d'Uppsala. L'ADN des dents et des os correspondait avec celui de cheveux retrouvés dans l'un de ses livres, ce qui a conduit les scientifiques à en conclure que, selon toute probabilité, ils avaient finalement retrouvé la dépouille de Nicolas Copernic. (Lire : La tombe de Copernic identifiée grâce à son ADN)

La découverte du crâne de l'astronome a permis de reconstituer virtuellement le visage de l'homme mort à 70 ans, dont l'oeuvre fut à l'origine du bouleversement scientifique du XVIIe siècle.

Cette cérémonie intervient quelque 18 ans après la réhabilitation de l'astronome italien Galilée par le Vatican. Ce dernier avait été persécuté durant l'Inquisition pour avoir développé la révolution copernicienne.


L'héliocentisme, des savants, une controverse, sur le site de la Cité des Sciences

Jean Matejko: "Copernic paralant avec les dieux"

Les anti-patriotes


...Vous avez dit dignité de la femme ?

Au fond, la burqa est une forme de nudité, mais en plus obscène. Dans un cas, c’est la nudité du corps, dans l’autre, la nudité sans le corps. » Oui, il faut interdire, en France, le port de la burqa ; ou, plus exactement, faire en sorte qu’effectivement n’apparaissent plus de femmes intégralement voilées dans l’espace public. Il suffit d’une décision, d’une circulaire, en arguant d’un principe de sécurité publique : pas de visage masqué !Ce qui marqua, sans doute, la naissance de la civilisation, ce fut l’apparition de l’agora. Du forum, c’est-à-dire de cet espace réservé à l’enchevêtrement des regards préludant à celui des reconnaissances : j’existe par la preuve que je reçois de l’existence de l’autre, en tant que le regard de cet autre me renvoie la preuve de ma propre existence, et ces deux existences, qui s’affirment en se découvrant, s’identifient dès lors à des dons qu’on se fait l’un à l’autre pour s’aider à mieux exister. Or, la burqa, c’est l’abolition de l’agora. L’escamotage du forum puisqu’on en a retranché cette part de l’altérité qui garantit la pérennité de la vie elle-même. Culture de mort en somme. Et pas seulement sociale. Ces femmes qui ne veulent pas être vues, n’habitent-elles pas généralement dans des espaces qu’on ne veut pas voir ?

L’humain réduit à son emballage ? Pire : l’escargot réduit à sa coquille.

La femme n’est même plus quelqu’un qui parle chiffon, c’est un chiffon. Le pire des hommes va en prison. Elle, fut-elle la meilleure, sa prison, elle la porte. Non ! Même pas, car cela signifierait qu’elle lui est extérieure. C’est en fait sa prison qui la porte...


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samedi 22 mai 2010

Retraites: Les jeux sont faits?

Plusieurs médias dévoilent ce samedi les pistes qu'aurait privilégiées le gouvernement pour mener à bien sa réforme des retraites. Celles-ci portent à la fois sur un allongement de la durée du travail (et un possible report de l'âge de la retraite à 63 ans) et sur la recherche de nouvelles ressources. Le ministère du Travail dément en bloc.

Le projet de réforme des retraites voulu par le gouvernement serait déjà bien ficelé.
C'est en tout cas ce qu'avancent de manière concordante trois médias ce samedi, Les Echos, Le Monde et L'Express, sans pour autant dévoiler leurs sources. Du côté des pouvoirs publics, on dément ces allégations, le document d'orientation transmis dimanche dernier par Eric Woerth aux partenaires sociaux faisant office, à ce jour, de seule base à la concertation. Selon ce texte, le ministre du Travail confirme vouloir aborder le problème du déséquilibre des comptes par le prisme démographique, sans pour autant trancher entre un report de l'âge légal de départ à la retraite – fixé à 60 ans depuis 1982 – et un allongement de la durée de cotisation – 41 ans à compter de 2012. Or, selon les informations parues dans la presse ce week-end, ce sont ces deux voies qui devraient être explorées conjointement.
Les syndicats dans la rue le 27 mai

Les Echos ou L'Express se font très précis en indiquant qu'à partir du 1er janvier 2011, l'âge légal de départ à la retraite augmenterait d'un trimestre par an et pourrait, à terme, être repoussé à 62, voire 63 ans. Quant à la durée de cotisation, elle pourrait croître d'un semestre à l'horizon 2020, voire d'un an (ou plus) d'ici 2030. Autant de dispositions qui pourraient donner du grain à moudre aux syndicats. Vent debout contre de tels projets, plusieurs responsables n'avaient d'ailleurs pas manqué de faire part de leur inquiétude récemment. "On a eu confirmation que la retraite à 60 ans était fortement remise en cause, témoignait ainsi Eric Aubin, négociateur CGT, interrogé mercredi dernier par leJDD.fr à la sortie d'un nouvel échange avec Eric Woerth. Les pistes privilégiées par le gouvernement sont effectivement l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge de la retraite." Et le syndicaliste d'appeler à une large mobilisation des salariés le 27 mai, dans le cadre d'une vaste journée d'action.

Toutefois, il n'y pas que sur le "front démographique" que les syndicats pourraient avoir à ferrailler. En effet, selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), l'augmentation de la durée du travail - quelles qu'en soient ses modalités – ne suffirait pas à équilibrer le système. La recherche de nouvelles ressources – le gouvernement serait à la recherche de 3 à 4 milliards d'euros par an - serait donc capitale. Or, sur ce point, et toujours à en croire les informations parues dans la presse, l'exécutif aurait également quelques idées bien arrêtées. Ainsi, alors que la taxation des hauts revenus ne devrait rapporter que 600 millions d'euros - soit la somme que "perd" l'Etat avec la mise en place du bouclier fiscal – d'autres pistes, plus fructueuses, devraient être lancées.
Augmentation des cotisations?

Le Monde affirme ainsi que les stock-options et les revenus du capital pourraient être davantage taxés. Mais l'essentiel des recettes viendrait d'ailleurs. Le quotidien du soir met en avant une augmentation des cotisations retraite – ce que le gouvernement a pour l'heure toujours écarté – mais contrebalancé par une baisse des cotisations chômage. Une solution à hauts risques, car tributaire de la potentielle bonne santé du marché de l'emploi. Ce qui, à l'heure actuelle, est loin d'être le cas.

Enfin, comme Eric Woerth l'avait précisé dans son document d'orientation, le rapprochement entre privé et public pourrait, au nom de "l'équité", s'accélérer. S'il ne devrait pas revoir le mode de calcul des pensions actuellement en vigueur - basé sur les six derniers mois pour les fonctionnaires, sur les 25 meilleures années pour les salariés du privé – le gouvernement pourrait opter pour un alignement du niveau de cotisation des premiers (actuellement de 7,85%) sur celui des seconds (fixé, lui, à 10,55% en moyenne). Une solution qui aurait l'avantage de rapporter rapidement, conclut Le Monde.

LA DÉBILITÉ DES SYNDICATS FRANÇAIS N'A D'ÉGALE QUE CELLE DES SYNDICATS GRECS, ILS MÈNENT DES COMBATS PERDUS D'AVANCE, ILS VONT CONTRE LE COURANT DE L'ÉVOLUTION TANT HUMAINE QUE SOCIALE.
TOUS DANS LA RUE LE 27 MAI ? POUR QUOI FAIRE ? PERDRE UNE JOURNÉE DE SALAIRE...NON MERCI !

Réforme des retraites: l'âge légal va passer à 62 ou 63 ans

Le projet du gouvernement se précise. Il comportera à la fois une hausse de la durée de cotisation et de celle de l'âge légal. Les ressources nouvelles s'élèveraient à 3,5 ou 4 milliards d'euros. La cotisation des fonctionnaires pourrait bien augmenter.
-L'âge légal de départ en retraite (60 ans) sera allongée de un trimestre par an à partir de janvier 2011. Jusqu'à 62 ou 63 ans. En conséquence, l'âge de la retraite à taux plein (65 ans aujourd'hui), c'est à dire celui où l'on ne subit plus de décote du fait d'une durée de cotisation insuffisante, passerait respectivement à 67 ou 68 ans.

-La durée de cotisation continuera d'augmenter, très probablement comme le prévoit la loi Fillon de 2003 : à 41,5 ans en 2020 et à 42 ans et un trimestre en 2030.

- 3,5 à 4 milliards d'euros de nouvelles recettes pour les retraites (à l'horizon 2020)devraient compléter la réforme : la taxe sur les hauts revenus, confirmée le 10 mai par Nicolas Sarkozy, pourrait bien s'élever à quelques 600 millions d'euros. Un chiffre qui ne doit rien au hasard: c'est le montant que l'Etat perd actuellement du fait de l'existence du bouclier fiscal. Celui-ci est maintenu, mais cette contribution supplémentaire sera acquittée par tout le monde, y compris par les bénéficiaires du bouclier. En outre, certaines niches fiscales ou sociales seront supprimées ou rabotées. Un transfert de cotisations de l'Unedic vers l'assurance-vieillesse aura lieu quand les comptes du chômage se seront redressés.

-Les fonctionnaires:

La piste privilégiée est une hausse de leur cotisation retraite ( 7,85 % aujourd'hui) car cette mesure rapporte plus que la modification du calcul des pensions ( actuellement 75 % du salaire des six derniers mois de la carrière). Pour éviter une baisse brutale du pouvoir d'achat des fonctionnaires, l'augmentation de la cotisation serait progressive et, en partie, compensée par des mesures salariales.

Qui sera concerné?

Le gouvernement penche pour fixer les règles de départ en retraite de tous ceux qui la prendront d'ici à 2030. Même si les conditions se durcissent, il estime qu'il est plus rassurant de connaître son sort le plus longtemps possible à l'avance.

France-Algérie, le match sans fin

À Cannes, jamais le Palais des festivals n'a autant mérité son surnom de "bunker". Hier matin, à l'heure du laitier, un bataillon de CRS se trouvait mobilisé là. Avant d'entrer, les journalistes mal réveillés éprouvèrent le délice d'une "fouille à corps". Des fois qu'une grenade se soit infiltrée quelque part...

Craignait-on de revivre le terrorisme d'antan, lorsque les cinémas d'Alger sautaient ? Il ne s'agissait pourtant que d'un film. Des tas de gens, qui ne l'avaient pas vu, manifestaient contre le fait qu'on puisse le voir. C'est un peu bête.

Dans "Hors-la-loi", Rachid Bouchareb évoque brièvement le carnage de Sétif en mai 1945. Soit la répression sanglante, par la France, d'émeutes nationalistes qui préfiguraient la guerre d'indépendance. Le réalisateur a beau revendiquer une "fiction", d'aucuns l'accusent de révisionnisme. Un certain parti pris aurait guidé sa caméra. Il ne montre pas, par exemple, que des Européens innocents furent aussi massacrés par les "indigènes" survoltés. 103 morts d'un côté, 15 000 de l'autre, mais quand même...

Voici donc un long-métrage manquant à la rigueur historique. Pas plus qu'"Apocalypse Now", remarquez, qui poussa
jadis l'Amérique à regarder "son" Vietnam en face. Une mini-polémique dans les salles obscures permet parfois d'ouvrir un débat au grand air. En rectifiant, au passage, ce qui doit l'être.

N'est-ce pas, ici, une bonne occasion de solder notre douloureux passé colonial ? Bien sûr, l'intelligence commande la repentance.

M. Bouteflika, pour sa part, devrait lancer une superproduction sur le destin de l'Algérie depuis 1962. On y verrait à l'œuvre le patriotisme désintéressé des descendants du FLN, leur généreuse application à reconstruire le pays. Sans rire.


Gilles Debernardi

Mémoires

« Hors-la-loi », c'est du cinéma, affirme Rachid Bouchareb. Sans doute, et d'ailleurs sans génie. Mais ce n'est certainement pas, comme le prétend encore son réalisateur, que du cinéma : évoquer le 8 mai 1945 à Sétif, les meurtres de Français puis la répression contre les Algériens, une centaine de morts puis des milliers de morts, cela torture toujours les mémoires. Pas toutes, cependant, car la plupart des Français d'aujourd'hui, comme ceux de l'époque en métropole, ne savent rien de ce 8 mai honteux, totalement éclipsé par l'autre, le glorieux, le 8 mai de la victoire contre l'Allemagne. Depuis, trois générations ont passé, le temps nécessaire pour que l'Allemagne surmonte son passé. Et si la France et l'Algérie en faisaient de même, enfin, ensemble ? Quand cette paix-là sera conclue, un film, même partisan, même médiocre, ne pourra plus rallumer la guerre des mémoires.

Déficits : l'Europe prête à des sanctions

Les ministres européens des Finances sont d'accord pour de nouvelles mesures répressives «financières et non financières» contre les États les plus laxistes.

À Bruxelles

La fièvre sur les marchés les poussait à serrer les rangs. Vendredi à Bruxelles, les ministres européens des Finances ont fait front commun, tout en s'apprêtant à avaler la potion de discipline budgétaire prônée par l'Allemagne pour sortir enfin de la crise de la dette.

Le «groupe de travail» placé sous la houlette du président du Conseil, Herman Van Rompuy, est tombé d'accord sur quatre grands objectifs: intensifier la discipline budgétaire, réduire les divergences de compétitivité, mettre en place un mécanisme de gestion de crise efficace, et renforcer la gouvernance économique. Pour les modalités pratiques, il faudra attendre: les conclusions finales seront publiées en octobre, avec un rapport intermédiaire en juin.

«Nous essayons de voir ce que nous pouvons faire très vite », a assuré Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue allemand, Wolfgang Schäuble. L'heure est en effet à l'apaisement. « On est dans un travail de rassemblement. Aucun membre de l'Eurogroupe ne sera laissé sur le bord de la route», a ajouté la ministre française. L'apparente cacophonie européenne, notamment autour de la décision unilatérale de l'Allemagne d'interdire les ventes à découvert, avait largement contribué à inquiéter les marchés cette semaine. Vendredi, «les progrès ont été beaucoup plus importants que beaucoup le prévoyaient», a ajouté M. Schäuble.

Sur cette base, aucune décision n'a été arrêtée sur les positions radicales de l'Allemagne, qui fait le forcing pour une stricte orthodoxie budgétaire. Et prône des sanctions draconiennes pour les paniers percés : blocage de certaines subventions, suspension temporaire des droits de vote… La Commission avait proposé la semaine dernière d'imposer un examen des budgets nationaux par l'UE avant le vote des Parlements nationaux. Berlin souhaite que cet examen soit mené par la BCE ou un «cercle d'instituts de recherche indépendants ».

Mise en faillite des États

L'Allemagne voit là une contrepartie à son feu vert au gigantesque plan de stabilisation de la zone euro. Elle va jusqu'à envisager une possibilité de mise en faillite des États trop endettés. «Cela ne rentre pas dans les thèmes évoqués », a assuré Mme Lagarde.

Certaines propositions allemandes nécessiteraient une modification des traités - ce qui fait tiquer la Commission et de nombreux pays. «On va le plus possible travailler dans le cadre du traité actuel», a souligné M. Van Rompuy. Mais «il y a un consensus sur le principe qu'il faut des sanctions, financières et non financières », a-t-il ajouté.

D'autres pistes, plus inattendues, ont également été évoquées. Certaines ont sans doute peu de chances d'aboutir, comme l'idée d'une mutualisation d'une partie de la dette souveraine des pays respectant la discipline budgétaire. L'Allemagne, en effet, y est très hostile.

La réunion de vendredi a aussi permis aux seize ministres de l'Eurogroupe de faire rapidement le point sur le gigantesque mécanisme de stabilisation de la zone euro décidé il y a deux semaines.

Agriculture: Sarkozy tacle Chirac

L'actuel chef de l'Etat a profité d'un déplacement dans le Lot-et-Garonne, vendredi, pour fustiger à mots couverts la politique agricole de son prédécesseur, pourtant encensé par le monde paysan.


A droite, on règle ses comptes (aussi) à la ferme. A mots souvent couverts, mais qui ont le don de faire systématiquement mouche. Nicolas Sarkozy en a fait une tonitruante démonstration vendredi, lors de son déplacement dans l'exploitation lot-et-garonnaise d'un producteur de fraises. Alors qu'il cherche à prouver son volontarisme face à la crise que traverse le monde agricole - il s'agissait de sa troisième virée à la campagne depuis le début de l'année - le chef de l'Etat a tombé le masque devant les journalistes en s'attaquant au totem Jacques Chirac, considéré, en son temps - et même depuis - comme un ardent défenseur de la cause paysanne.
"Folklorique"

"On a souvent traité l'agriculture de façon folklorique, c'est ce que je pense…", a lâché le président de la République, suscitant la curiosité de son auditoire. Et d'enchaîner, sans laisser la moindre place au doute: "On était très content, on allait dans une ferme, on flattait la vache, on passait des heures au Salon (de l'Agriculture), on goûte de tout, on s'en va, on vous aime, au revoir et merci!" Lapidaire, le jugement n'en constitue pas moins une violente critique des méthodes de son prédécesseur, dont la popularité auprès des agriculteurs n'est pourtant plus à démontrer. Sa visite triomphale du Salon de l'Agriculture en 2008 – la première après la fin de son mandat présidentiel - a pu en témoigner. Trois jours plus tôt, Nicolas Sarkozy, auteur au passage de la fameuse sentence "Casse toi pov'con", avait en revanche eu droit à un accueil bien moins chaleureux.

Deux ans après ces événements, et malgré une activité palpable face au malaise agricole depuis plusieurs semaines (recadrage de la grande distribution, projet de loi sur la modernisation de l'agriculture, notamment), le chef de l'Etat peine toujours à convaincre les campagnes. "Il a un problème avec le monde paysan", déclarait même en début d'année Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA. "Je pense que l'agriculture a besoin que le chef de l'Etat s'y implique, parce que le dossier agricole c'est européen, international, structurel en France", a, vendredi, tenté de rectifier Nicolas Sarkozy, tout en sachant que la campagne peut être un terrain glissant pour lui. C'est en effet les pieds dans la paille que Dominique de Villepin avait lancé aux journalistes son désormais célèbre "Il ne vous rappelle pas quelqu'un?", en désignant le petit cochon qu'il tenait dans ses bras…

ON NE PEUT PAS, COMME SARKOZY FAIRE DE L'INTERNATIONAL EFFICACE ET TÂTER LE CUL DES VACHES DE CORRÈZE, COMME CHIRAC, CHACUN SA SPÉCIALITÉ.

Rigueur et indépendance


Certains s'indignent au nom de l'indépendance nationale parce que davantage de coordination entre les pays de la zone euro dans l'élaboration de leur budget vient d'être demandé par Bruxelles.

Cependant, sans un minimum de coordination, c'est la monnaie euro qui est mise en danger. Tout le monde le sait et tout le monde sait aussi que, si l'euro disparaissait, ce serait une tourmente qui s'abattrait sur chacun des pays européens. Au lieu de la coopération entre les États européens à laquelle on s'efforce depuis la création de l'Union européenne, ce serait la rivalité qui s'instaurerait entre chacun de ces pays. De telles rivalités pourraient s'exacerber jusqu'à déboucher sur une bataille économique sans précédent entre États membres et créer, entre eux, des oppositions de plus en plus violentes qui risqueraient, un jour, de compromettre la paix elle-même sur notre continent.

L'indépendance nationale est une chose précieuse, évidemment indispensable. Cependant, dans ce monde global où tout réagit sur tout, chacun des pays européens, même les plus grands en population comme en produit intérieur brut, ne font pas le poids. Or, l'Europe peut être entendue et considérée par le reste du monde, notamment par les très grands pays émergents. Ce n'est plus le cas de chacun des pays européens pris isolément. Déjà, des pays comme la Chine savent très bien utiliser à leur avantage les divergences entre membres de l'Union européenne et cela au détriment, tour à tour, de chacun de ses membres. L'indépendance à sauvegarder fait obligation à chacun de nos pays de s'unir aux autres pour faire face.

Lucides, vigilants, responsables

L'indépendance est une valeur essentielle, mais certains discours l'instrumentalisent à des fins politiciennes confinant à une démagogie qui pourrait conduire aux aveuglements propices à la perte de cette indépendance.

En ces mois de printemps où nous commémorons le 70e anniversaire des événements dramatiques et désastreux du début de la Seconde Guerre mondiale, nous devrions nous montrer plus vigilants, plus lucides et plus responsables.

Aujourd'hui, la bataille est financière et économique. Comme hier, dans la guerre, il nous faut des alliances et des alliés courageux auxquels nous devons montrer notre fidélité et prouver notre volonté de dominer l'épreuve. Cela signifie, dans le cas qui nous inquiète tant aujourd'hui, que nous ne pouvons nous contenter d'observer, de critiquer les faiblesses ou les erreurs des autres. Il faut aussi considérer les nôtres et prendre alors, pour nous-mêmes, les décisions qui s'imposent.

Tous les pays européens ont vécu, ces dernières années, au-dessus de leurs moyens. Nous avons fait de même. On voit où cela nous conduit. La lucidité nous impose de constater qu'on ne peut pas toujours vivre à crédit, que la dette est un fardeau qui ne peut s'alourdir davantage. Elle pourrait, en effet, entraver l'action des générations futures en pesant trop lourdement sur elles. Dans ces conditions, aujourd'hui, le devoir est de prendre les mesures nécessaires au redressement.

Quand on a été trop longtemps laxiste, quand on s'est trop laissé aller à la facilité, un beau jour, la rigueur, oui la rigueur, s'impose. Sinon, le pire peut survenir et menacer ce que justement nous voulons défendre : notre indépendance !

La biohumanité

La biodiversité ne concerne pas que les baleines. Elle est dans notre proximité autant que dans les films de Jacques Perrin, les publicités de Nicolas Hulot ou les images de Yann Arthus-Bertrand. La biodiversité, c'est la manière dont on habite l'espace et dont on organise le travail sur la planète. « L'environnement ça ne commence pas à suffire », il est au contraire grand temps que face à l'économie-casino nous pesions de tout notre poids si nous voulons faire chanter les oiseaux des lendemains de nos enfants. En finir avec la souffrance du monde paysan serait un premier pas. Le suivant pourrait être l'éducation de tous les acteurs de terrain pour que l'on ne recommence pas des destructions aussi catastrophiques que les remembrements et le massacre des haies.

La disparition des Inuits du Groenland est aussi importante que celle des phoques. Et c'est une coupable déviation intellectuelle de ne défendre que le végétal et l'animal en oubliant d'intégrer l'homme à notre approche de la diversité. Le plus sûr moyen de réconcilier l'homme avec la planète c'est de lui rendre sa place dans la biodiversité. Les génocides aussi sont des atteintes à l'équilibre du monde.

Les grenouilles se sauveront en cohabitant avec les hommes sur le Cézalier, les écrevisses avec les pêcheurs de l'Artense, les sangliers iront d'autant mieux qu'ils ne seront pas des cochongliers, les truites qu'elles n'auront plus des manches courtes et la queue rognée et le saumon sera sauvé quand on en prendra à nouveau sous Vieille-Brioude. Arrêtons de faire comme si l'homme était un martien par rapport à l'environnement et intégrons-le dans toutes les chaînes y compris la chaîne alimentaire. L'homme prédateur est un maillon de l'ensemble. À lui de préserver son milieu et de se souvenir que ce n'est jamais le lion qui met jamais le feu à la savane.

Le nuage islandais nous a donné une belle leçon en nous rappelant que nous sommes dépendants de ce qui se passe aux pôles et à notre porte. Écouter Descartes et se considérer au-dessus de la nature c'est oublier que l'unité de base de notre monde c'est la planète. Ou bien vouloir prendre la place Dieu et c'est une autre forme de folie.

DANIEL RUIZ


Le danger et la monnaie


Un démenti trop insistant ressemble souvent au commencement d'un aveu. « L'euro n'est pas en danger » : la formule a été tellement répétée tout au long de la semaine par les dirigeants européens et jusque dans la bouche du directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qu'elle traduit une réelle anxiété devant la capacité de la monnaie unique à résister à la tempête.
Pour la première fois depuis 2002 elle échappe aux débats d'experts pour redevenir un sujet de conversation courante dans l'opinion. Paradoxalement, c'est au moment où elle semble affaiblie que les Européens se l'approprient vraiment. Comme si la menace qui pèse sur elle stimulait les sentiments à son égard.
Bien sûr, le fantasme du retour aux monnaies nationales resurgit. Même s'il ne s'appuie sur aucune réalité, il entretient quelques nostalgies. Ne matérialise-t-il pas la revanche, peut-être provisoire, des sceptiques ? L'abandon de souveraineté que représentait l'avènement de l'euro fut un tel prix à payer pour l'avenir de l'Union qu'il cristallise aujourd'hui bien des rancoeurs et cimente les critiques contre un outil beaucoup plus fragile que ne l'avaient prétendu ses promoteurs.
Il devait être un instrument de puissance pour le rêve européen et le voilà ballotté par les appétits des spéculateurs. Décevant destin. Lui qui incarnait l'unité laborieuse mais résolue d'un continent s'est transformé en un symbole de complexité... et d'inégalité. Sa crise de croissance met cruellement au jour les contorsionnismes d'une construction si complexe qu'elle vacille sous les assauts de l'histoire. L'Europe n'a jamais semblé aussi diminuée dans le rééquilibrage du monde qui caractérise ce début de XXIe siècle.
DSK vise juste quand il met en avant les risques d'un euro malade, bien plus certains que ceux d'un euro éclaté. La vulnérabilité face au marché représente bien davantage qu'une épreuve économique passagère. Elle érode du même coup le symbole européen tout entier en laissant derrière elle le souffle amer du déclin.
C'est en faisant douloureusement leurs comptes que l'Allemagne et la France mesurent, pourtant, tous les avantages de la monnaie unique. Il a fallu qu'on envisage le péril d'une disparition pour qu'on s'aperçoive à quel point elle serait tout simplement impossible. Une preuve par l'absurde qui oblige tous les membres de la zone euro à avancer, et à sortir du piège par le haut.



Olivier Picard

La Grande-Bretagne refusera tout nouveau transfert de pouvoirs à Bruxelles

Tout nouveau premier ministre britannique, David Cameron se retrouve face à un paradoxe qu'il aurait sûrement préféré éviter. Réputé eurosceptique, il doit se confronter à une volonté de plus en plus forte des Etats membres de l'Union européenne de sortir de la crise actuelle par un supplément d'Europe.
A l'occasion de sa première tournée sur le continent cette semaine, David Cameron a donc marché sur des œufs, désireux de se montrer fidéle à ses promesses de campagne tout en n'obérant pas le sauvetage de la zone euro. A Berlin, vendredi 21 mai, il a ainsi défendu une zone euro "forte", mais sans dissimuler ses réserves sur la régulation des marchés financiers défendue par la chancelière Angela Merkel.

Il a surtout réaffirmé qu'il s'opposerait à toute modification des traités européens qui donnerait davantage de compétences à Bruxelles. "Nous ne voulons pas voir de transfert de pouvoir de Westminster à Bruxelles" a-t-il ainsi martelé.

Or Berlin propose, pour réformer le pacte de stabilité qui régit la monnaie unique, certaines dispositions qui exigent des modifications. "La Grande-Bretagne n'est pas dans la zone euro et ne va pas la rejoindre, et en conséquence la Grande-Bretagne n'approuverait pas un quelconque arrangement qui nous amènerait à soutenir la zone euro", a précisé M. Cameron.

MERKEL TUTOIE CAMERON

Pas de quoi toutefois refroidir la chancelière allemande, Angela Merkel, qui, devant les journalistes, a tutoyé le premier ministre britannique et l'appelant "David", Mme Merkel s'est réjouie d'une "coopération très active, très sincère et amicale", notamment pour les sommets à venir du G8 et du G20. M. Cameron lui a d'ailleurs apporté son soutien sur plusieurs points, au premier rang desquels la nécessaire stabilité de la zone euro et la volonté de réduire les déficits. "Nous voulons une zone euro forte et stable", essentielle pour le commerce extérieur britannique, a indiqué l'hôte du 10 Downing Street.

Mais sur les autres aspects de la régulation, chère à Angela Merkel, qui subit la pression de l'opinion publique allemande surtout depuis sa défaite à un scrutin régional, le premier ministre britannique n'a pas caché ses réserves. Concernant les fonds spéculatifs, dont le projet de régulation adopté mardi doit encore être discuté par les députés européens, M. Cameron a déclaré que la Grande-Bretagne avait des "inquiétudes".

Selon lui, ces fonds ne sont pas responsables de la crise financière. L'Allemagne en revanche "a soutenu" ce plan, a rappelé Mme Merkel. "Les fonds spéculatifs doivent être régulés", selon elle. Même chose selon elle en ce qui concerne les ventes à découvert d'obligations partiellement interdites mercredi à la surprise générale par Berlin. M. Cameron s'est bien gardé de critiquer directement la décision allemande, mais a affirmé qu'il fallait traiter les "causes" des problèmes économiques, et non "les symptômes".

AUCUN PAYS EUROPÉEN N'A A SE COMPORTER COMME UN VASSAL DE L'ALLEMAGNE.

Déficit excessif : consensus au sein de l'UE pour des sanctions

Le président de l'UE Herman Van Rompuy a assuré vendredi qu'un "consensus" s'était dégagé lors de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne pour appliquer "des sanctions" aux pays qui ne respecteraient pas à l'avenir le Pacte de stabilité.
"Nous avons décidé des sanctions. L'une des conclusions est qu'il est apparu très clairement qu'il existait un large consensus sur des santions financières et non financières", a dit M. Van Rompuy à l'issue de la réunion qu'il avait convoquée à Bruxelles.
"Nous devons arriver à une plus grande discipline budgétaire, avons besoin de renforcer le Pacte de stabilité et le rendre plus efficace, tout le monde est d'accord", a insisté M. Van Rompuy.
Les ministres des Finances de l'UE étaient réunis à Bruxelles pour réfléchir aux moyens de renforcer la discipline budgétaire, sous la pression de l'Allemagne qui souhaite imposer de nouvelles sanctions controversées et la mise en faillite de pays trop endettés.
Il s'agissait de la première réunion d'un groupe de travail chargé d'"explorer toutes les options" permettant de durcir la surveillance budgétaire des Etats de l'UE. Il compte rendre ses conclusions en octobre. Il y aura deux autres réunions de ce groupe travail d'ici l'été, a indiqué M. Van Rompuy.

vendredi 21 mai 2010

Dette : les Européens assurent s'être mis d'accord sur des sanctions plus strictes

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a assuré vendredi 21 mai qu'un "consensus" s'était dégagé lors de la réunion des ministres des finances des Etats membres à Bruxelles. Selon lui, les ministres se sont entendus pour appliquer "des sanctions" aux pays qui ne respecteraient pas à l'avenir le pacte de stabilité.
"Nous avons décidé des sanctions. L'une des conclusions est qu'il est apparu très clairement qu'il existait un large consensus sur des santions financières et non financières", a dit M. Van Rompuy à l'issue de la réunion qu'il avait convoquée à Bruxelles.

De son côté, la ministre de l'économie française, Christine Lagarde, était moins affirmative. Selon elle, les ministres se sont mis d'accord sur la nécessité de règles budgétaires plus strictes, sans parler précisément desquelles. A la question de savoir s'il fallait des règles budgétaires plus rigoureuses, "l'ensemble des réponses" ont été positives, a dit la ministre de l'économie. Quant à savoir s'il fallait renforcer la gouvernance économique, "la réponse là aussi a été globalement positive", a ajouté Christine Lagarde.

Elle a également dit que l'ensemble des participants s'étaient ralliés à sa proposition de se concentrer sur les mesures de court terme, qui peuvent être mises rapidement en place, soit parce que c'est possible juridiquement, soit parce qu'elle font l'objet d'un consensus général. Le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, l'a confirmé lors d'une brève conférence de presse commune avec Christine Lagarde, ce qui semble être un signe d'apaisement dans les relations quelque peu bousculées ces derniers jours entre Paris et Berlin.

Les ministres des finances de l'UE étaient réunis à Bruxelles pour réfléchir aux moyens de renforcer la discipline budgétaire, sous la pression de l'Allemagne, qui souhaite imposer de nouvelles sanctions controversées et la mise en faillite de pays trop endettés. Il s'agissait de la première réunion d'un groupe de travail chargé d'"explorer toutes les options" permettant de durcir la surveillance budgétaire des Etats de l'UE. Il compte rendre ses conclusions en octobre. Il y aura deux autres réunions de ce groupe de travail d'ici l'été, a indiqué M. Van Rompuy.

Pourquoi la France et l'Allemagne ne se comprennent pas

En dépit d'une unité de façade, la crise de la zone euro a provoqué des frictions à répétition entre la France et l'Allemagne. Les explications de Jacques-Pierre Gougeon, directeur de recherche à l'IRIS.

Derrière les déclarations d'unité, les relations franco-allemandes semblent tendues depuis la crise grecque. Qu'en pensez-vous ?

Les relations sont en effet beaucoup moins fluides entre les deux pays qu'à l'époque du G20 de Londres, où Paris et Berlin étaient apparues particulièrement soudées. C'est d'ailleurs ce qui avait donné lieu à l'adoption rapide de mesures. Mais la crise grecque a mis un coup d'arrêt à cette entente. La question de la gouvernance économique européenne reste un sujet de friction très important: l'Allemagne ne veut pas donner à l'Europe un rôle décisionnel, et la France veut une intégration politique plus forte.

La France semble reprocher l'Allemagne d'avoir fait preuve d'égoïsme national pendant la crise grecque?

La France a mal compris la position allemande pendant la crise grecque. Mais pour comprendre ces divergences il faut bien avoir à l'esprit que les deux pays ont une culture économique très différente. Alors que la France privilégie l'interventionnisme et la relance par la croissance, l'Allemagne, elle, s'évertue à préserver la stabilité et la solidité monétaire. Du coup les moyens d'actions de l'un et de l'autre sont divergents. Même s'il est toujours difficile de concevoir cela du côté français, l'Allemagne a fait un véritable effort, notamment en acceptant que la BCE adhère au principe d'acheter de la dette publique pour se porter au secours des Etats. Pour Berlin, c'était une petite révolution qu'il faut saluer.

Les dirigeants des deux pays ne cessent de se contredire. Quand Merkel dit "l'euro est en danger", Lagarde répond que ce "dernier n'est absolument pas en danger". Que faut-il en penser ?

C'est dangereux, cela perturbe considérablement les marchés, qui retiennent avant tout la désunion entre les deux pays. Mais cela montre aussi que les pouvoirs en place n'ont pas réussi à surpasser leurs querelles de personnes...

C'est-à-dire ?

Personne n'ose vraiment le dire mais tout le monde sait qu' Angela Merkel est parfois très irritée par l'attitude de Nicolas Sarkozy. Quand au lendemain de la réunion européenne pour le sauvetage de l'euro, ce dernier est le seul homme politique à rester sur place pour faire une déclaration officielle, il y a de quoi être légèrement agacé. Toute la presse allemande s'en est d'ailleurs largement fait écho.

Récemment, c'est pourtant Angela Merkel qui a fait cavalier seul, en interdisant la vente à découvert. Décision qui a eu pour conséquence de faire plonger l'ensemble des Bourses...

C'est vrai. La chancelière allemande est actuellement dans une position délicate : son ministre des finances a des problèmes de santé, elle vient de subir un désaveu politique en Rhénanie du Nord-Westphalie, et doit faire face à de nombreuses critiques sur son manque de réactivité. Résultat, elle a pris les devants, en proposant seule cette interdiction. Et s'est fait prendre à son propre piège...

Angela Merkel semble aussi vouloir redonner à l'Allemagne toute sa puissance, notamment au niveau européen. Qu'en est-il ?

Pendant longtemps l'Allemagne a été considérée au sein de l'Europe comme un géant économique, mais un nain politique. Elle finissait toujours par s'incliner devant les décisions de Paris, comme lorsqu'elle a accepté d'abandonner le deutschemark pour intégrer l'euro. A cette époque, l'Allemagne a énormément payé pour le reste des pays européens, quand d'autres Etats faisaient cavalier seul, à l'image de la Grande Bretagne. Mais avec l'arrivée des nouvelles générations au pouvoir, l'Allemagne a redécouvert les concepts de puissance nationale et d'intérêts nationaux. La crise actuelle n'a fait qu'accentuer ce sentiment. Et pour cause, aujourd'hui, elle a une économie qui tient la route, alors qu'elle a été très affectée pendant la crise, bien plus que la France, et un taux de chômage de seulement 7,5%, quand en Hexagone il frôle les 10%. Sur beaucoup de sujets elle refuse donc de recevoir des leçons de la France, notamment en matière sociale. Et cela, la classe politique française a du mal à le concevoir.

Quels sont les risques associés à ces tensions ?

Une mauvaise coordination franco-allemande est toujours à craindre. D'autant plus que les dossiers à venir sont très importants, comme la régulation financière par exemple. Mais sur ce point je ne suis pas particulièrement inquiet. Les deux pays partagent plus ou moins les mêmes convictions, et présentent les mêmes intérêts. Par contre, si l'on prend l'exemple de la PAC, qui doit bientôt faire l'objet de négociations, alors là, la France, dont les intérêts nationaux sont évidents, pourrait y perdre.

Le PCF se dit prêt à discuter avec Jean-Luc Mélenchon pour 2012

Finies les bisbilles entre le PCF et les amis de Jean-Luc Mélenchon, le Front de gauche doit se structurer. C'est le sens du courrier envoyé par Marie-George Buffet et Pierre Laurent à leurs partenaires du Parti de gauche et de la Gauche unitaire, rendu public mercredi 19 mai.
La secrétaire nationale du PCF et son successeur disent à Jean-Luc Mélenchon qu'ils sont prêts à discuter d'une candidature commune pour 2012 et proposent un "élargissement" de leur rassemblement. Un peu à l'image de ce que tente Europe écologie.

Le congrès du PCF approchant – il se tient le 18, 19 et 20 juin à la Défense –, il fallait à la direction communiste donner un cap. Les premières assemblées générales militantes se tiennent sans heurts mais surtout sans passion. Mme Buffet sent que sa base est convaincue que la poursuite du Front de gauche est le seul projet dans lequel sa base puisse croire et y voir un avenir pour le PCF. Il était aussi urgent de répondre aux sollicitations pressantes d'un Jean-Luc Mélenchon qui ne cesse de se dire "capable" d'être le candidat du Front de gauche en 2012. Les derniers échanges aigres-doux entre dirigeants communistes et "mélenchonistes" ont fait mauvais effet dans les rangs militants.

Les cortèges côte-à-côte mais distincts lors des dernières manifestations de même. D'autant que les initiatives et rencontres communes annoncées se font encore attendre. Il fallait donc un signe pour montrer que l'alliance n'était pas qu'un contrat électoral ponctuel. "Si on veut créer une dynamique, il faut cesser la période de statu quo", explique la numéro un du PCF. Les deux leaders communistes annoncent donc qu'ils veulent faire entrer le Front de gauche "dans une autre dimension".

"PAQUET ÉLECTORAL"

D'abord par des actions de riposte communes face au gouvernement. En élargissant ensuite le cartel pour le transformer en "un front social, populaire et intellectuel". Les communistes tentent d'ouvrir le rassemblement en proposant des réunions publiques locales afin de "créer des espaces d'engagement" et attirer des acteurs du mouvement social mais ne veulent pas des adhésions directes proposées par M. Mélenchon.

Enfin, sans le dire, ils reprennent l'idée du "paquet électoral" proposé par le président du Parti de gauche pour les prochaines échéances électorales (cantonales, présidentielle et législatives). "Il faut examiner à quelles conditions et avec quels objectifs il serait possible d'envisager une candidature de rassemblement", écrivent ils. Le ton est prudent mais l'avancée réelle : l'éventualité d'une candidature communiste risquant un score marginal ne semble plus à l'ordre du jour. Ils préviennent cependant que la désignation devra "s'appuyer sur une projet partagé et non le précéder" et qu'elle ne se règlera que dans " un large débat militant ". En clair, pas de précipitation. La réponse des partenaires est maintenant attendue place du Colonel Fabien.

M. Mélenchon a déjà donné le "la" : "Enfin on avance ! Le 'paquet' que j'ai proposé pour 2011 et 2012 y est", se réjouit l'ex-socialiste. Mais il entend poursuivre son forcing sur 2012. "On ne va pas attendre 2011 pour faire nos propositions ! Nous sommes un partenaire en qui les communistes peuvent avoir confiance... on leur a même proposé un parti commun", dit encore M. Mélenchon. Christian Picquet, lui, affirme qu'il "n'a d'obstacle à aucune candidature".
Sylvia Zappi

SUR UN AIR DE GAINSBOURG....JE T'AIME MOI NON PLUS...QU'ILS SONT BEAUX.

Les députés allemands adoptent le plan d'aide à la zone euro

L'Allemagne a adopté, vendredi 21 mai, une loi autorisant sa participation au plan de soutien à la zone euro mis sur pied au début du mois. Deux semaines jour pour jour après l'adoption d'un plan de soutien très controversé à la Grèce, les deux chambres du Parlement, le Bundestag et le Bundesrat, ont ainsi approuvé la contribution du pays, à hauteur d'un maximum de 148 milliards d'euros, aux prêts et garanties d'un total de 440 milliards d'euros débloqués pour stabiliser l'euro sous pression.
Selon des premiers chiffres, sur 587 présents, 319 ont voté oui à la loi d'"octroi de garanties dans le cadre d'un mécanisme de stabilisation de l'euro", 73 se sont prononcés contre et 195 se sont abstenus. Les deux principaux partis d'opposition, sociaux-démocrates et verts, avaient appelé à s'abstenir.

L'adoption du texte a fait l'objet d'une procédure accélérée, qui a irrité un certain nombre de parlementaires. Début mai, le déblocage de l'aide à la Grèce avait donné lieu au même procédé, alors que le processus législatif prend d'ordinaire des mois, mais il avait été adopté à une majorité beaucoup plus confortable.

LA COALITION GOUVERNEMENTALE FRAGILISÉE

Durant le débat, dans la matinée, le ministre fédéral des finances, Wolfgang Schäuble a appelé à voter rapidement parce que "les marchés retrouveront confiance seulement quand [le plan] sera adopté". "C'est une réalité, les marchés regardent plus vers l'Allemagne que vers la Grèce ou Malte", a-t-il ajouté.

Dans l'opinion, le plan massif de soutien des pays fragilisés de la zone euro, décidé dans l'urgence pour sauver la monnaie unique, a fait moins de vagues que l'aide à la Grèce, pour laquelle l'Allemagne va débourser au plus 22 milliards d'euros. Mais la coalition gouvernementale est de moins en moins populaire, selon un sondage vendredi : l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel et son allié libéral (FDP) perdent chacun trois points en une semaine, à 38 % et 3 % des intentions de vote respectivement.

Les députés ont réclamé en contrepartie des engagements du gouvernement à pousser à un renforcement de la discipline budgétaire en Europe et à une régulation des marchés financiers. M. Schäuble présentera vendredi après-midi à Bruxelles les propositions de Berlin pour ramener les pays de la zone euro sur le chemin de la vertu budgétaire, incluant des sanctions fortes en cas de violation, et, en dernier recours, une procédure de mise en faillite des Etats.

MANQUE DE "SIGNAUX CLAIRS" POUR L'OPPOSITION
Au menu, établissement d'un lien entre aides européennes et discipline budgétaire, possibilité de retrait de leurs droits de vote aux mauvais élèves, introduction d'un plafonnement constitutionnel de l'endettement à l'allemande, ou encore création d'une procédure de mise en faillite d'un Etat membre. Dans le cadre plus large du G20, Angela Merkel a promis de s'engager en vue d'une taxation des marchés financiers, telle que son parti et, après un revirement spectaculaire, même ses alliés libéraux, la réclament.

Toutes ces promesses n'ont pas suffi à amadouer l'opposition. "Vous devez envoyer des signaux clairs selon lesquels vous placez vraiment les gens avant les marchés", a exigé au cours du débat la députée sociale-démocrate Nicolette Kressl, mais "cela ne ressort pas" de vos actes, a-t-elle reproché à la chancelière. Et on grogne même dans la majorité. Dans une interview vendredi, Horst Seehofer, président de la CSU, aile bavaroise de la CDU, a jugé pour sa part que la population se sentait "bafouée" par les allers-retours du gouvernement.

ACH ZO ! CES ALLEMANDS.
ILS TERGIVERSENT, PALABRENT ET...DISENT OUI; EN UN MOT:
"ILS TORDENT DU CUL POUR CHIER DROIT*" COMME DIRAIT NOTRE BON JOURNAL D'IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST.
* expression normande de la Manche (50)

Ami

Depuis longtemps déjà, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Depuis Facebook, l'amitié non plus. Car enfin, comment baptiser « ami » un individu capable de vous dénoncer à votre patron ? C'est arrivé à trois salariés qui avaient brocardé leur hiérarchie sur le réseau Facebook. Rien de bien méchant, le genre de méchancetés gratuites qui font du bien au stress, qu'on débite devant la machine à café en vérifiant l'absence de petit chef à l'horizon. Mais l'ami Facebook a imprimé la page, l'a transmise au patron, qui a licencié les mauvais esprits… Le premier enseignement est : mort au potin numérique, vive la machine à café ! Le deuxième est qu'on ne peut prétendre être à la fois connecté avec le monde entier et à l'abri des regards indiscrets. Le troisième, enfin, a été chanté : dès qu'on est plus de quatre, on est une bande de c…, au faisceau des Facebook, on ne verra pas le mien.



Francis Brochet

Le risque et la vertu

Valéry Giscard d'Estaing sera ravi de savoir que Nicolas Sarkozy lui emboîte le pas en voulant inscrire dans la Constitution une règle d'équilibre des comptes publics. Il y a déjà longtemps en effet que l'ancien président de la République avait suggéré l'encadrement du déficit. Le contexte a bien changé depuis et il y a fort à craindre que la proposition d'hier, si elle peut se concevoir comme un garde-fou pour l'avenir, ne soit guère productive dans l'immédiat et face à l'urgence de combler, au moins en partie des déficits de l'État. Le temps n'est plus où l'on aurait fait marcher la planche à billets ou dévalué feu notre bon vieux franc de 10 %. Et puis faut-il encombrer notre constitution d'appendices sur les politiques conjoncturelles ? On a gravé dans son marbre le droit au travail sans pour autant empêcher le chômage.

Le problème est connu et vient de ce que l'on ne crée plus richesses dans notre pays qui doit faire face à des frais fixes qui ne diminuent pas. En fait la crise est plus une crise des recettes que des dépenses. Si l'on considère que l'on ne pourra pas apurer les unes sans augmenter les autres, alors l'augmentation des impôts n'est pas loin. C'est toujours le même cercle vicieux, on ne peut pas se contenter de limiter les dépenses pour ne pas freiner la croissance et risquer une trop forte période déflationniste.

Même s'il est vital de traiter le problème des déficits abyssaux, l'inconvénient de ce débat serait qu'il devienne le seul sujet de la bataille de 2012 et anesthésie toutes les autres confrontations sur la réforme de l'État et des comptes publics. La France doit mettre à profit ces moments difficiles pour faire preuve d'imagination et continuer à avancer sans s'obnubiler sur l'unique et castratrice vertu budgétaire.

Déjà bien secouées par la réforme institutionnelle et celle du mode de scrutin, les collectivités territoriales voient aujourd'hui se profiler le gel des dotations et la rigueur. En leur fermant le robinet pour cause de dette, on prend le risque de neutraliser l'action publique alors que ce dont on a besoin c'est d'un pacte national de reconstruction des services publics. On fait toujours mieux ensemble que séparément.

DANIEL RUIZ

Options sociétales

Assainir les comptes publics suscite une grande peur que les palabres des techniciens et des experts n’apaisent pas. Les règles impératives qui doivent s’appliquer aux finances publiques conduisent à un choix de société pouvant se révéler le cœur du débat de la prochaine présidentielle.
La magie onéreuse du tout social est un mirage dangereux. À moins que les Français choisissent une politique de survie s’appuyant sur le triptyque, taxation, imposition, confiscation qui, à terme, dissuadera les plus courageux de travailler où les encouragera à exprimer leurs talents ailleurs. Peut-on imaginer une société de l’assommoir fiscal qui dicte les règles du bien-être en congestionnant l’espérance sous le marteau-pilon du prélèvement ? Mais peut-on concevoir une société créatrice de valeur ajoutée, utilisant l’intelligence économique pour stimuler la croissance qui ne répartisse pas équitablement les exigences de solidarité inscrites dans notre pacte républicain ?
Les plus aisés n’ont pas à être dispensés d’un effort plus appuyé pour concourir à la correction des dérives qui plombent la règle d’équilibre structurelle des finances publiques, toujours virtuelle en France. Les entreprises qui réussissent mieux n’ont pas à être essorées pour combler les trous dont elles n’ont pas la paternité.
Il y a entre la démagogie, la poudre aux yeux qui sont d’excellents ingrédients du déclin et l’effort justement partagé, exigeant, prompt à une société du rétablissement, deux contrats sociaux. Aux Français de choisir.

Hervé CHABAUD