Tout ministre de la culture, à peine nommé, n'oublie jamais de citer, parmi ses priorités, la démocratisation de l'accès aux oeuvres culturelles. Autrement dit, que les livres, théâtres, opéras ou musées ne soient pas monopolisés par les g
ens diplômés, riches et habitant dans les grandes villes. Une enquête sur les pratiques culturelles des Français vient d'être rendue publique. En matière d'accès à la culture, les résultats sont cinglants pour l'action de l'Etat, mais aussi pour les collectivités locales.
La situation, en effet, a empiré par rapport aux enquêtes similaires de 1988 et 1997. Hormis le cinéma, l'art le plus démocratique, les gens modestes abandonnent toujours plus les pratiques et désertent les lieux culturels. La lecture est le domaine le plus alarmant. Les non-lecteurs chez les ouvriers ont augmenté de façon spectaculaire. L'autre échec est lié à l'aménagement du territoire. En dix ans, le fossé s'est creusé entre les Parisiens, toujours plus consommateurs de culture, et les "provinciaux", qui le sont de moins en moins.
Il est vrai que la puissance des industries culturelles, les évolutions techniques, les mouvements démographiques, les tendances sociétales pèsent plus lourd que l'action publique dans la façon dont une nation s'empare ou non de son offre culturelle. Et la situation serait sans doute plus grave si l'Etat n'avait rien fait. Il faut, par exemple, saluer le mouvement de construction de bâtiments culturels - musées, salles de concerts, théâtres, bibliothèques - lancé depuis le début des années 1980, notamment sous l'impulsion du tandem François Mitterrand - Jack Lang. Ou encore la mesure récente offrant aux jeunes un accès gratuit dans les musées.
Il n'empêche : en matière de culture, offrir plus ne suffit pas à élargir la demande. Les spécialistes savent que cette politique profite surtout aux mordus de théâtre ou d'art. En fait, l'Etat ne s'est jamais vraiment donné les moyens de toucher les exclus de la culture. Ses actions envers les adultes sont sans cesse rognées. Et la sensibilisation des jeunes à l'école reste un serpent de mer.
Le ministère de la culture a l'image d'une forteresse repliée sur les "beaux-arts", déconnectée du large public imprégné par la culture d'écran. Ainsi, l'Etat aurait dû s'emparer, très vite, du problème du piratage des musiques, en poussant les majors du disque à offrir une riche offre légale sur le Net. Il ne l'a pas fait. Mais, hors la défense du droit d'auteur, peu de responsables du ministère de la culture semblent s'occuper des nouveaux médias.
(Illustration non contractuelle.)
vendredi 16 octobre 2009
Echec culturel
INTERNET- L'écran : toute une nouvelle culture
La généralisation d'internet depuis 10 ans a modifié les conditions d'accès à la culture des Français, qui continuent néanmoins à fréquenter en masse les cinémas, les théâtres ou les musées. L'évolution des pratiques culturelles se fait en revanche au détriment de la lecture ou de la télévision chez les jeunes
(Rédaction internationale) - Douze ans après le dernier rapport, le ministère de la Culture a dévoilé les résultats de son enquête* sur les pratiques culturelles des Français. En 1997, seuls 1% des foyers avaient Internet, le téléphone portable était balbutiant et l'on achetait encore des CD. Aujourd'hui, à l'ère du numérique, tout a changé.
Si dans les années 1990, les pratiques de l'écran se limitaient à la consommation de programmes télévisés, les Français consacrent aujourd'hui environ 10 heures par semaine aux écrans (AFP) hors programmes télé. Plus de la moitié des Français utilisent aujourd'hui Internet quotidiennement en dehors de leurs obligations professionnelles. Et il y a un phénomène de vases communicants entre le web et la télé. Le temps moyen passé devant la télévision (21 heures par semaine) reste stable car les séniors, eux, restent fidèles à leurs programmes de télé préférés. Mais pour la première fois, le temps que les Français lui consacrent a cessé d'augmenter, et il a même diminué chez les jeunes. Les plus jeunes et les plus diplômés sont les plus assidus devant les écrans, et les hommes délaissent plus la télé que les femmes, au profit des jeux vidéo.
Les Français aiment les sorties culturelles
Malgré Internet, la fréquentation des cinémas, les concerts, les expositions ou même le théâtre ne faiblit pas. En gros, plus on aime son écran, plus on sort! Ceux qui téléchargent continuent à aller voir les films en salle. De bons chiffres surement liés au boom des multiplex, qui ont permis de récupérer un public occasionnel.
La musique est partout
Les ventes de CD sont sinistrées, mais l'écoute de la musique progresse, pour toutes les tranches d'âge. La nouvelle culture de l'écran sert aussi à se cultiver chez soi : beaucoup écoutent des CD sur l'ordinateur ou téléchargent de la musique. La radio est un média délaissé par la jeunesse, qui ignore le classique, et préfère le rap ou l'électro au rock et la pop, qui s'embourgeoisent.
La lecture en baisse
Le lectorat, des livres comme des journaux, vieillit. Chaque génération lit moins que la précédente. De plus en plus de Français (30 %) ne lisent aucun livre dans l'année. Le roman, très mal en point, est "sauvé" par les femmes (34 % ont lu dix livres ou plus dans les douze derniers mois). Conséquence logique, les bibliothèques sont moins fréquentées.
Il ressort de ce rapport que la pratique culturelle en France est encore implacablement liée aux générations, au milieu social, à l'emplacement géographique. La démocratisation de la culture reste un vœu pieux.
«Ce n'est pas mon fils qui est visé, c'est moi»
La majorité traverse une zone de turbulences. Que pensez-vous de cette détérioration du climat politique ?
Il n'est pas interdit de prendre un peu de recul. Je suis aujourd'hui à mi-mandat. Je vous invite à comparer la situation politique dans laquelle nous nous trouvons avec celle de mes prédécesseurs au même moment. En 1967, deux ans après la réélection du général de Gaulle, la majorité de l'époque ne l'emporte que d'un siège aux législatives. L'année suivante, ce s
ont les événements de Mai 1968. Deux ans après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, en 1976, il rompt avec son premier ministre Jacques Chirac. Son septennat ne s'en remettra pas. En 1983, deux ans après l'élection de François Mitterrand, c'est le tournant de la rigueur, qui se solde par l'échec de la majorité socialiste, trois ans plus tard. Deux ans après l'élection de Jacques Chirac en 1995, c'est la désastreuse dissolution. Deux après son élection de 2002, 20 régions sur 22 sont perdues par la majorité. La situation de l'actuelle majorité est bien différente puisqu'elle vient de gagner les élections européennes. Le front social est apaisé malgré une crise économique sans précédent. Quant aux élections partielles qui sont traditionnellement mauvaises pour le gouvernement en place, nous en avons gagné l'immense majorité et notre candidat David Douillet a fait 45 % au premier tour dimanche dernier. J'en tire la conclusion qu'il ne faut pas confondre le climat du milieu médiatique, qui est par construction politisé et agité avec la réalité de la société française qui attend du gouvernement qu'il apporte des solutions concrètes aux problèmes des Français : le chômage, la sécurité, l'éducation de leurs enfants, le pouvoir d'achat.
Depuis trois jours la polémique monte, y compris au sein de la majorité, sur la future élection de votre fils Jean à la tête de l'Epad. Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de «népotisme» ?
Il y a 45 conseillers généraux dans le département des Hauts-de-Seine, élus par le suffrage universel. Ils ont tous le droit de postuler à un poste d'administrateur à l'Epad. Sauf un ! Et pourquoi ne peut-il pas ? Parce qu'il est mon fils. La présidence de l'Epad, est un poste non rémunéré. Il ne s'agit donc pas d'une prébende. C'est une élection, il ne s'agit donc pas de népotisme. A travers cette polémique, qui est visé ? Ce n'est pas mon fils. C'est moi. Ceux qui ne se sont jamais faits à mon élection et qui n'ont rien à dire sur le fond essayent d'attaquer sur tous les sujets avec une mauvaise foi et une méchanceté qui ne trompera pas les Français.
Vous avez été élu sur un certain nombre de valeurs : le travail, le mérite, la République irréprochable. Votre fils n'est-il pas, à 23 ans, trop jeune pour accéder à cette responsabilité ?
Y a-t-il un âge pour être compétent ? Je souhaite le rajeunissement de nos élites politiques qui ont bien vieilli. J'ai été le premier surpris lorsque Jean a voulu se lancer en politique. Mais il m'a impressionné par sa ténacité, il travaille énormément et fait face avec beaucoup de courage à la dureté et à la brutalité des attaques. J'ajoute qu'il faut avoir 21 ans pour être candidat à l'élection cantonale. Il a réussi. Une fois élu il n'a pas plus de droit qu'un autre mais pas moins non plus.
A vos yeux, l'affaire Frédéric Mitterrand est-elle désormais close ?
Je suis président de la République. Je dois défendre certaines valeurs. Je ne laisserai donc personne assimiler homosexualité et pédophilie. C'est un retour au Moyen-Age qui fait honte à ceux qui ont employé cet argument. Quand je vois le porte-parole du PS, emboîter le pas à Marine Le Pen et avec quel enthousiasme ! Je me demande où sont passées les valeurs humanistes de ce grand parti républicain. Frédéric Mitterrand n'a jamais fait l'apologie du tourisme sexuel et il l'a même condamné en termes très forts. Il ne faut pas confondre confessions intimes avec prosélytisme. Le livre est intitulé La Mauvaise Vie, c'est assez clair.
Mais Frédéric Mitterrand n'en a-t-il pas trop fait ?
Frédéric Mitterrand a reconnu que sa déclaration était une erreur et a dit qu'il la regrettait. Je ne saurais mieux dire. Je comprends que l'on soit choqué par la gravité des accusations contre Roman Polanski. Mais j'ajoute que ce n'est pas une bonne administration de la justice que de se prononcer 32 ans après les faits alors que l'intéressé a aujourd'hui 76 ans.
Depuis deux ans et demi on a tout dit sur vos relations avec François Fillon. Vous avez dit vous-même qu'à mi-mandat, la question d'un changement de premier ministre se poserait. Où en êtes-vous de votre réflexion ?
Il est normal qu'on m'interroge sur mes relations avec le Premier ministre. C'est un grand classique de la vie politique depuis le début de la Ve République. François Fillon et moi nous travaillons main dans la main. Ni lui ni moi ne nous reconnaissons dans les commentaires qui sont faits sur nos relations. Il est partie prenante à toutes les décisions. J'ai confiance en lui. Nous sommes complémentaires. Pourquoi voudriez-vous que je prenne une initiative politique, voire politicienne, qui viendrait compliquer le travail de modernisation de la France qui est déjà bien assez complexe et sur lequel je ne céderai pas.
Regrettez-vous le forfait de plusieurs ministres pour les régionales de mars ?
Un ministre, et un seul, a déclaré forfait, et je l'ai regretté. Il s'agit d'Hubert Falco. Brice Hortefeux et Roselyne Bachelot, je leur ai demandé de ne pas être tête de liste. J'ai souhaité que le ministre de l'Intérieur se consacre à 100 % à la politique de sécurité, je le dois aux Français. Je ne céderai pas un millimètre de terrain sur la question de la sécurité qui est ma priorité. J'ai en outre demandé à Brice Hortefeux de relancer avec beaucoup d'énergie la lutte contre la délinquance routière. Les assassins de la route seront réprimés avec une grande sévérité. Quant à Roselyne Bachelot, c'est une excellente ministre de la Santé et son engagement se devait d'être total face au risque de pandémie de grippe H1N1. Elle ne pouvait être candidate.
Souhaitez-vous poursuivre l'ouverture ?
Autant il convient de se méfier de la cohabitation ou des coalitions, qui favorisent les manœuvres d'appareil et le système des partis, autant je crois plus que jamais à l'ouverture. Les ministres d'ouverture font un travail formidable. Ils démontrent chaque jour que les compétences et les talents n'appartiennent pas à un seul camp. Le sectarisme est un défaut rédhibitoire. Chaque jour j'essaye de demeurer ouvert aux idées comme aux autres c'est mon devoir.
Que pensez-vous du débat sur «la cagnotte scolaire», qui choque à gauche comme à droite ?
Je veux dire ma grande réticence à envisager une récompense financière pour les élèves qui renonceraient à l'absentéisme. Je ne peux accepter qu'on puisse récompenser des élèves simplement parce qu'ils vont à l'école. En revanche je partage l'idée de Martin Hirsch de valoriser et de récompenser ceux qui font plus que leur devoir. Le mérite doit être encouragé, le non respect de la règle doit être sanctionné.
Jean-Pierre Raffarin propose une évolution vers un régime présidentiel avec raccourcissement à quatre ans du mandat présidentiel, suppression du droit de dissolution. Etes-vous d'accord avec cette idée ?
Ici aussi le débat ne me choque pas mais quatre ans, ce serait une erreur car en réalité, il n'y aurait que deux années utiles, la première année étant consacrée à l'installation et la quatrième à la campagne. Par ailleurs, je ne suis pas favorable à la suppression du poste de Premier ministre. On n'est pas trop de deux pour assumer la responsabilité d'un pays de 65 millions d'habitants. Quant à la suppression du droit de dissolution, ce serait tourner le dos à la Ve République.
Regrettez-vous d'avoir commenté l'affaire Clearstream et l'emploi du mot «coupables», lors de votre dernière interview télévisée ?
Ce que je voulais, c'est que la vérité éclate. Elle est en train d'éclater. Le mieux à faire est de laisser se dérouler ce procès, de faire confiance à la justice et de s'abstenir de tout commentaire. J'aurais été mieux inspiré de le faire dès le début.
Faut-il durcir la loi sur les multirécidivistes ?
Il est profondément anormal qu'on laisse sortir de prison des malades sans leur imposer des règles très strictes au premier rang desquels un traitement médical. J'ai demandé que passe au Parlement, dès le mois de novembre, le texte sur les délinquants sexuels. Un criminel sexuel ne devra sortir de prison qu'après exécution de sa peine, c'est bien le moins, et après s'être engagé à suivre un traitement chimique qui contiendra sa libido.
La fermeture de la jungle de Calais a été difficile. Que vous inspire l'évolution des questions d'immigration en France ?
Eric Besson a eu raison d'être déterminé. Cette situation de non droit était intolérable. Il nous reste encore une question à traiter, celle des deux ordres de juridiction administrative et judiciaire - qui ont à se prononcer sur la rétention des étrangers en situation irrégulière. A mes yeux, il n'en faut qu'un. Et s'il faut une réforme de la Constitution pour cela, nous la ferons.
Vous êtes à mi-mandat. Serez-vous à nouveau candidat en 2012 ?
C'est une question qui se posera dans le courant de l'année 2011 pas avant. Je veux faire de mon mandat cinq années utiles pour la France. J'ai à mes côtés un très bon premier ministre, un gouvernement qui fait preuve d'une grande solidarité et un parti majoritaire qui a atteint un niveau que nous n'aurions jamais imaginé, alors qu'autrefois on regardait la CDU allemande comme un géant. Je suis déterminé à me battre contre toutes les forces de l'immobilisme et de la réaction. Je veux une France compétitive, juste, moderne, de plain pied dans le XXI ème siècle. Pour la suite, en conscience, je ne suis pas encore prêt à répondre. Et croyez bien que cette réponse est sincère.
L'économie montre quelques signes encourageants. Sommes-nous en train de sortir de la crise ?
L'année dernière à la même époque, on nous prophétisait la violence dans les banlieues, l'explosion sociale et la paralysie Outre-mer. Un an après ? La France doit revoir ses prévisions de croissance à la hausse parce qu'elles étaient trop pessimistes. La France est, de tous les pays industrialisés, celui qui a le moins souffert de la crise. Nous aurons cette année une récession de l'ordre de 2 % alors que nous avions prévu 3 % et les signes de reprise sont plus marqués que partout ailleurs en Europe, comme en témoigne la hausse de 1,8 % de la production industrielle au mois d'août. Le gouvernement a géré au mieux cette crise sans précédent. Nous avons mis en œuvre un plan bancaire, un plan auto, un plan de relance qui ont été imités dans le monde entier… Cette stratégie porte ses fruits : les résultats sont là mais on ne sera sorti de la crise que quand le chômage diminuera.
Mais les déficits se creusent et la dette s'envole dans des proportions dangereuses…
D'abord, avec un déficit de 8,2 % du PIB en 2009, la France fera mieux en valeur relative que les autres pays. Ensuite, ceux qui crient le plus fort sont ceux qui ont laissé déraper les déficits pendant des années et qui, curieux paradoxe, critiquaient notre plan de relance jugé trop timide. Avec la crise, la France a perdu 57 milliards d'euros de recettes, ce qui explique la dégradation des comptes publics. Nous sommes maintenant sortis de la dépression, mais si l'on relâche nos efforts, l'économie risque de rechuter et la situation des comptes sera pire. Le G20 a d'ailleurs été unanime sur ce point : il faut soutenir la croissance. Voici la priorité. C'est ainsi que nous combattrons les déficits. Par ailleurs nous continuerons de réduire les dépenses publiques courantes. Je rappelle que nous avons diminué de 100 000 le nombre de fonctionnaires, dont le coût représente près de la moitié du budget de la France. Alors que la France avait créé un million d'emplois publics depuis 1992. Qui pourrait imaginer qu'on puisse continuer ainsi ?
Même en cas de retour de la croissance, la France ne devra-t-elle pas, tôt ou tard, se résoudre à augmenter les impôts pour combler ses déficits ?
Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas. Nous avons fait ce choix déterminé pour rompre avec une politique menée depuis vingt ans et qui a conduit à détruire des emplois en handicapant la compétitivité de notre économie. Je ne toucherai pas au bouclier fiscal car je crois au principe selon lequel on ne peut prendre à quelqu'un plus de la moitié de ce qu'il gagne. Si on laisse passer une exception, comme par exemple la CSG, ce n'est plus un bouclier. S'agissant des niches fiscales, nous verrons au cas par cas. Certaines peuvent être modifiées. Dans l'immobilier, par exemple, il n'y aura plus d'avantage fiscal si l'immeuble concerné n'est pas labellisé basse consommation.
Une majorité de Français continue de s'inquiéter de l'instauration de la taxe carbone…
Les Français ont compris que l'environnement pèse sur la santé publique, c'est donc une priorité pour notre avenir. Il y a urgence à agir pour modifier nos comportements : produire propre et consommer propre. Cette taxe sera intégralement remboursée aux ménages à l'euro près dès février prochain. Pourquoi la France sera-t-elle écoutée à Copenhague ? Parce qu'elle a été à l'initiative. Nous allons entraîner le monde entier à prendre des engagements pour protéger l'avenir de la planète. Par ailleurs, nous obtiendrons la taxe carbone aux frontières de l'Europe. Ainsi, enfin, les importations financeront notre modèle social.
La suppression de la taxe professionnelle suscite un tollé dans les collectivités locales, qui craignent de perdre des ressources financières…
La taxe professionnelle était dénoncée de toutes parts comme un «impôt imbécile», qui taxait les investissements des entreprises. Cela a conduit à des délocalisations désastreuses, qui ont ravagé nos régions. La France doit rester une terre de production et d'industrie. Nous devons garder, préserver, défendre nos emplois. Pour cela, il faut supprimer la taxe professionnelle qui n'existe nulle part ailleurs en Europe. C'est une réforme difficile, qui suscite des inquiétudes dans les collectivités, mais elle est nécessaire. Une négociation s'est engagée avec les élus et je suis sûr que nous allons trouver des solutions. Mais, au même titre que l'Etat diminue ses effectifs, il va falloir que les collectivités corrigent des mauvaises habitudes : l'an dernier, leurs effectifs ont augmenté de 36 000 personnes, alors qu'aucun domaine de compétence nouveau ne leur a été transféré.
Le déficit de la Sécurité sociale atteindra 30 milliards d'euros l'an prochain. Comment le résorber ?
Ce déficit est imputable pour les trois quarts à la baisse conjoncturelle des recettes liées à la crise, la réponse est donc dans le retour de la croissance. Par ailleurs, nous avons pris des mesures d'économies supplémentaires comme la hausse du forfait hospitalier de 16 à 18 euros. Je note que la plupart de ces mesures ont été proposées au gouvernement par les conseils des caisses gérant les différents régimes c'est-à-dire les partenaires sociaux. Ainsi, ils font preuve d'un grand sens des responsabilités.
Allez-vous modifier le régime des retraites comme vous l'aviez promis ? Seriez-vous prêt à revenir sur la retraite à 60 ans ?
Nous ouvrirons le débat sans aucun tabou, je dis bien sans aucun tabou. Il sera lancé en 2010 et nous prendrons les décisions à la fin 2010. Je ne souhaite pas prendre position avant ce grand rendez-vous, où chacun s'exprimera sans aucune idée préconçue. Mais je dis aux Français que je n'éluderai pas mes responsabilités. Je garantirai la pérennité de notre modèle social.
Pourquoi ne pas privatiser, comme s'apprête à le faire la Grande-Bretagne ?
Puisque vous parlez de la Grande-Bretagne, vous noterez que son budget était excédentaire lorsque j'ai été élu, alors que le nôtre était en déficit d'un peu moins de 3 % du PIB ; elle est aujourd'hui dans le rouge à plus de 10 % et nous de 8 %. Nous n'avons donc pas à rougir de notre situation. Nous ne nous interdisons rien en matière de privatisation, mais ce n'est pas à l'ordre du jour et ce ne serait par exemple certainement pas le meilleur moment pour vendre une partie de nos actions dans Renault…
Sur les banques, vous avez été particulièrement dur ces derniers mois. Etes-vous aujourd'hui satisfait de leur comportement ?
Les banques ont répondu à nos attentes et deviennent exemplaires. Elles ferment leurs filiales dans les paradis fiscaux et le dispositif retenu par la France pour encadrer les bonus des traders s'est imposé au reste du monde lors du G20. L'aide que leur a fournie l'Etat a été profitable pour les contribuables. Les banques auront à la fin du mois remboursé 13 milliards sur les 20 que nous avions engagés. Au jour d'aujourd'hui cela a rapporté au budget de l'État 716 millions d'euros. Comme elle semble dépassée la polémique sur l'argent prétendu donné aux banques !
Qu'attendez-vous du grand emprunt ?
Un pays en crise a tendance à se replier sur lui-même. La France, qui sacrifie depuis trop longtemps l'investissement au profit des dépenses de fonctionnement, a besoin de projets porteurs d'avenir. Il nous faut avoir les meilleures universités du monde : encore faut-il leur donner les fonds propres nécessaires pour attirer les meilleurs. Même chose pour les PME. Seulement 400 indépendantes sont exportatrices, faute de fonds propres suffisants. Il faut impérativement y remédier. Par ailleurs, pourquoi ne pas mettre en œuvre un grand programme sur les énergies renouvelables, à l'image de celui qui a fait le succès du nucléaire français ? Pourquoi ne pas lancer un grand programme de recherche sur la dégénérescence des cellules, à l'origine de maladies comme le cancer, le sida ou Alzheimer, en associant public et privé ? Pourquoi, alors que les Chinois préparent des concurrents d'Airbus, ne pas travailler sur l'avion du futur ? C'est tout l'objet des réflexions autour de cet emprunt et j'attends beaucoup des travaux de la Commission Juppé-Rocard.
Quelles seront les modalités de l'emprunt ? Ferez-vous appel aux particuliers ?
Les modalités sont secondaires. Seuls comptera l'utilisation que nous en ferons pour préparer l'avenir.
Quelles réponses apportées après les vingt-cinq suicides qu'a connus France Télécom depuis deux ans ?
Il ne faut pas exploiter ces drames humains douloureux. Mais ils viennent rappeler que le travail des salariés doit être placé au-dessus du reste. Ils doivent évoluer dans un environnement de qualité et recueillir le fruit de leurs efforts à travers le salaire, l'intéressement et la participation. Trop longtemps, la vie des entreprises a tourné autour du cours de Bourse et du court terme, au détriment des conditions de travail et des relations sociales. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu en finir avec les bonus excessifs des traders. Des salariés heureux au travail sont un élément de la compétitivité d'une entreprise. On a trop privilégié dans certaines entreprises l'avis des analystes financiers et ainsi on a oublié la qualité des relations sociales. La moralisation du capitalisme doit nous amener à changer cette détestable habitude.
Les agriculteurs organisent une grande manifestation ce-jour, en raison de la baisse de leur revenu ? Quelles réponses comptez-vous apporter aux difficultés répétées que traverse ce secteur ?
L'agriculture et la ruralité sont deux éléments de notre identité nationale. A ce titre ils doivent être au cœur des préoccupations du Chef de l'État. J'ajoute que l'agriculture est un élément décisif de notre compétitivité économique. Je n'accepterai jamais que l'agriculture française, comme européenne, soit sacrifiée sur l'autel d'une mondialisation anarchique. On a vu où a failli nous conduire la dérégulation de la finance. Il nous faut porter une nouvelle régulation agricole qui considérera les agriculteurs comme des entrepreneurs, qui ne craindra pas la préférence communautaire et qui assurera la sécurité alimentaire des consommateurs européens, et qui enfin garantira aux agriculteurs un juste prix de leur travail. La France sera au premier rang de ce combat. Avant la fin du mois, je prendrai des initiatives fortes sur l'ensemble de ces sujets.
Les Etats-Unis s'apprêtent à envoyer 13 000 hommes supplémentaires en Afghanistan. La France doit-elle aussi renforcer son contingent sur place ?
Faut-il rester en Afghanistan ? Je réponds oui. Et rester pour gagner. Pas contre l'Afghanistan, mais pour l'Afghanistan. Si nous partons, c'est le Pakistan, puissance nucléaire, qui sera menacé. Mais la France n'enverra pas un soldat de plus. Ma conviction, c'est qu'il faut davantage de soldats afghans. Ce sont eux qui seront les plus efficaces pour gagner cette guerre, parce que c'est leur pays. Mais il faut les payer davantage afin d'éviter des désertions au bénéfice des Talibans.
Si l'Iran n'accepte pas de coopérer avec l'AIEA avant la date limite de décembre que vous avez fixée, quelles sanctions faudra-t-il prendre ?
Attendons les contrôles de l'AIEA. L'Iran et ses dirigeants sont maintenant au pied du mur. Ce serait une bonne nouvelle qu'ils laissent ces contrôles s'effectuer jusqu'au bout. Sinon, ils auraient à en assumer toutes les conséquences. Et je me félicite en ce sens des déclarations récentes du président russe Medvedev.
Comment jugez-vous le refus du président tchèque Vaclav Klaus de signer le traité de Lisbonne ?
Ce refus est d'autant plus inadmissible que le Parlement tchèque a voté en faveur du traité et que le gouvernement tchèque est favorable à sa ratification. Mais le président tchèque ne pourra pas jouer sur les deux tableaux. L'heure du choix arrive pour lui et il ne sera pas sans conséquence. En tout état de cause, cette question sera réglée à la fin de l'année.
Une fois Lisbonne ratifié, Tony Blair peut-il être un bon candidat à la présidence de l'Union européenne ?
Il est trop tôt pour le dire. Il y aura un débat. Nous sommes en présence de deux thèses : faut-il un président fort et charismatique ou un président qui facilite la recherche du consensus et qui organise le travail ? Personnellement, je crois en une Europe forte politiquement et incarnée. Mais le fait que la Grande-Bretagne ne soit pas dans l'euro reste un problème.
jeudi 15 octobre 2009
mercredi 14 octobre 2009
Traité de Lisbonne : le président tchèque n'est pas prêt à revenir sur ses objections
Le président tchèque, Vaclav Klaus, a déclaré mercredi qu'il n'était pas prêt à revenir sur les objections qu'il a formulées à l'encontre du traité de Lisbonne, alors que la Commission européenne le presse de signer le texte.
M. Klaus se trouvait en visite à Moscou, où il a rencontré son homologue russe, Dmitri Medvedev, dans sa résidence de Barvikha, près de la capitale russe.
"J'ai expliqué que je crains et que je ne suis pas seul à craindre un approfondissement de l'intégration de l'Union européenne. Pour moi c'est une chose d'importance vitale", a-t-il déclaré lors d'un point de presse commun à l'issue de la rencontre. "A mon avis, les conditions que j'ai formulées pour signer l'accord sont sérieuses et l'idée que je peux oublier mes objections est mal fondée."
Le président de l'exécutif européen, José Manuel Barroso, avait exhorté mardi M. Klaus à ne pas prendre le reste de l'Europe en otage et à respecter "les valeurs et principes" de l'Union européenne. Le gouvernement tchèque a déjà signé le traité de Lisbonne et les deux chambres du Parlement l'ont ratifié. Mais il manque encore la signature de M. Klaus, devenu aujourd'hui chef de l'Etat.
L'hôtesse de l'air se lâche
A l'arrivée à l'aéroport de Toulouse, une hôtesse de l'air assaisonne les consignes de sécurité à sa sauce. Désopilant.
Il y a manière et manière. Là, l'hôtesse de l'air a décidé d'aller au-delà des banales consignes de sécurité après l'atterrissage à Toulouse pour ajouter quelques remarques de son cru. Génial.
Barroso adresse une mise en demeure au président tchèque
Seul manque à la ratification du traité de Lisbonne, la signature de l'eurosceptique Vaclav Klaus.
Bruxelles en a assez
010ARTFIG00141-traite-de-lisbonne-les-tcheques-s-obstinent-.php">des bâtons dans les roues et des intrigues du président Klaus : le chef de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exhorté mardi les Tchèques à «honorer les engagements pris» et à signer le traité de Lisbonne, sans lui opposer davantage d' «obstacles artificiels».
L'avertissement, lancé en présence du premier ministre tchèque, Jan Fischer, confirme l'exaspération qui gagne les capitales européennes. «Il est dans l'intérêt de la République tchèque de ne pas retarder davantage les choses», a martelé José Manuel Barroso. Il a appelé Prague «à la bonne foi et à une coopération loyale» avec ses partenaires européens.
Le paraphe du président tchèque reste l'ultime mais incontournable obstacle de la course. Dix jours après le «oui» des Irlandais, quatre jours après la signature polonaise, l'espoir est douché d'un dénouement rapide. Pire, les alliés de Vaclav Klaus signalent de nouvelles manœuvres de retardement : ils envisagent d'ajouter d'autres arguments au recours anti-Lisbonne déposé devant la Cour suprême de Brno.
Suspendu au stylo de Vaclav Klaus, le calendrier des réformes européennes ne cesse en parallèle de déraper, y compris pour le choix des deux visages qui incarneront l'UE de l'après-Lisbonne : le président à plein temps du Conseil et le haut représentant, futur «ministre» des Affaires étrangères des 27. Ces nominations emblématiques, prévues pour le sommet européen de fin octobre, pourraient être repoussées à un Conseil extraordinaire en novembre, voire à la mi-décembre, lâchait-on mardi de source diplomatique à Bruxelles. La Commission Barroso II, elle, risque d'attendre le 1er février, ou même le 1er mars, pour voir le jour une fois achevée l'audition par le Parlement de tous les pressentis.
L'impatience européenne grossit, déjà signalée lundi à Paris par le président Sarkozy et le premier ministre bulgare, Boïko Borissov. Mais elle ne fournit pas, pour le moment, d'issue à la crise. Vaclav Klaus, provocateur obstiné, trouvera sans doute dans les remontrances de quoi fourbir son combat personnel contre l'Europe «supranationale» de Bruxelles.
Boîte de Pandore
Une autre question est de savoir jusqu'où il est prêt à aller. Et de lui offrir une porte de sortie honorable, sans bien sûr avoir à rouvrir la boîte de Pandore : toute renégociation du contenu du traité de Lisbonne avec Prague impliquerait à nouveau vingt-sept ratifications, un scénario que José Manuel Barroso décrivait mardi comme «absurde et surréaliste».
Pour engager son combat d'arrière-garde, Vaclav Klaus a choisi un terrain politique miné en République tchèque : il conditionne son paraphe à une garantie européenne prohibant toute restitution des biens des Allemands des Sudètes, confisqués après l'effondrement du IIIe Reich. Pour l'obtenir, il exige que son pays jouisse d'une exemption à la Charte européenne des droits fondamentaux, document intégré au traité de Lisbonne.
Le président Klaus joue sur la hantise, bien ancrée dans la mentalité tchèque, d'hypothétiques procédures judiciaires en restitution venues d'Allemagne, plus de soixante ans après l'éviction. L'argument juridique est un peu mince, la ficelle démagogique un peu grosse. Mais ça marche. À Prague, la majorité de centre droit et l'opposition de gauche prennent d'ordinaire de sérieuses distances avec le président «europhobe». La critique se fait plus rare depuis qu'il a réveillé le spectre des Sudètes. La classe politique tchèque prépare, il est vrai, les législatives de mai.
Le plus affaibli dans l'affaire est Jan Fischer. Partisan d'une ratification rapide, il voulait jouer les bons offices entre Bruxelles et Vaclav Klaus. À ses yeux, le compromis passe par une «déclaration politique» qu'approuveraient les 27 dirigeants européens au sommet d'octobre. Le texte réglerait le point soulevé par le président tchèque, sur le modèle des garanties offertes l'an dernier à l'Irlande. Mais le raidissement en cours risque de réduire le rôle du premier ministre à passer les messages.
President Sarkozy and Carla Bruni in health scare after outbreak of scabies at Elysee Palace
French President Nicolas Sarkozy and his First Lady Carla Bruni were at the centre of a health scare today following an outbreak of scabies at the Elysee Palace.
Three sergeants works at the Paris mansion, official home for heads of state in France for centuries, were diagnosed with the unpleasant skin disease on Monday.
It is highly contagious, prompting fears that it could have affected Mr Sarkozy or Miss Bruni themselves.
He added that plaster was falling off walls, with some staff sleeping on collapsible beds in overcrowded rooms which were badly ventilated.
Some sheets offered to staff were so old that servants were forced to buy new ones themselves. Bedding was seldom changed, with vermin including rats and mice commonplace, the source added.
A spokesman for President Sarkozy said: 'Work is currently being carried out in the military quarters in order to prevent people having to live so close together - a common cause of scabies.
'Those suffering with the illness are being treated, while being kept isolated from other staff.
'They are expected to make a full recovery.'
Mr Sarkozy and Miss Bruni spend a great deal of time
working and entertaining at the Elysee but, unlike previous presidential couples, tend to sleep at a private house some two miles away in Paris's 16th arrondissement.
The £2million mansion is owned by Miss Bruni, who is massively wealthy in her own right, as she is a former supermodel and heiress to a fortune built up by her industrialist father.
Miss Bruni has often complained that she finds the Palace too stuff and formal.
She has also been concerned about her husband's health recently, after he collapsed while out jogging in the summer.
Ces Américains soignés par tirage au sort
En Virginie, des médecins prennent en charge gratuitement les exclus du système de santé.
La santé est une loterie. Plus que n'importe qui, les 75 personnes qui font la queue en silence, ce mardi, devant le bâtiment flambant neuf de la clinique privée gratuite d'Arlington en Virginie, pourraient souscrire à ce banal constat. Car aujourd'hui, ils participent à un tirag
e au sort bien particulier. Celui qui leur donnera, ou non, accès à des soins médicaux dont ils sont privés faute d'être détenteurs d'une assurance-maladie comme 47 millions de citoyens ou résidents légaux à travers l'Amérique. Pour certains, c'est une question de vie ou de mort. L'espoir de traiter enfin un diabète ou une insuffisance cardiaque qu'on a laissé s'installer… Pour d'autres, il s'agit de financer une chimiothérapie, après un cancer opéré aux urgences d'un hôpital. «Beaucoup ont des problèmes de santé graves car ils ne se soignent pas. Ils viennent quand ils ne peuvent faire autrement », explique Corrine Lahti, médecin volontaire à la clinique.
L'espoir d'une guérison
Une responsable distribue des lettres de l'alphabet sur papier orange aux participants. Enrique Castillo, le bras droit lourdement plâtré, a tiré le «N». Ce citoyen américain d'origine mexicaine, qui vit à Arlington depuis quinze ans et touchait un bon salaire dans le bâtiment jusqu'à la crise, a perdu son travail en même temps que son assurance-maladie. S'il est «chanceux» et s'il remplit les critères de l'établissement (habiter le comté d'Arlington depuis plus d'un an, avoir plus de 18 ans et moins de 65, n'être détenteur d'aucune assurance), sa fracture sera prise en charge. Mais s'il ne fait pas partie des 20 heureux élus, il devra retenter sa chance dans quinze jours. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que le sort lui sourie. «C'est le moyen de sélection le plus juste que nous ayons trouvé», soupire Jody Kelly, responsable de l'administration, qui avoue avoir «de plus en plus de mal» à supporter cette procédure poignante.
Sous le regard plein d'espoir des patients installés dans le hall, c'est pourtant elle qui plonge sa main dans l'urne pour le tirage. Le silence est lourd. Il y a beaucoup de Latinos et de Noirs. Fortunata, une Américaine d'origine péruvienne qui a sacrifié sa matinée de travail chez Macy's où elle gagne 7,60 dollars de l'heure, tripote nerveusement son «J».
Des classes moyennes fragiles
Clinique gratuite à Inglewood, en Californie.
Clinique gratuite à Inglewood, en Californie. Crédits photo : AFP
«B», dit Jody. Plusieurs personnes se lèvent cachant mal leur joie. Jody recommence. Cette fois, c'est «N». «J'ai de la chance», dit sobrement Enrico, soulagé. C'est en faisant de la peinture chez des particuliers qu'il est tombé d'une échelle et s'est cassé le bras. Il a été emmené aux urgences. Montant de la facture : 60 000 dollars ! Enrico dit que l'hôpital a accepté un échelonnement de sa dette et que «ses amis vont l'aider» en attendant qu'il retravaille. Mais sans la clinique gratuite, il ne pourrait se payer la rééducation de son bras. Comme la loi américaine l'y oblige, l'hôpital l'a opéré quand il a été amené aux urgences. Mais se désintéresse de son cas, puisqu'il n'est pas assuré.
Une histoire typique, affirme Jody. Car si certains patients sont des sans-papiers, la plupart sont «des Américains de la classe moyenne inférieure n'entrant pas dans les critères de Medicare et Medicaid, assurances d'État fournissant une couverture maladie aux plus pauvres, aux personnes âgées et aux enfants». «C'est toute l'ambiguïté du débat sur la réforme Obama, explique-t-elle. Les gens pensent qu'elle avantage les marginaux, mais ceux-là sont déjà couverts ! Le projet Obama vise les classes moyennes fragilisées, qui gagnent trop pour coller aux critères de Medicaid et pas assez pour avoir une assurance ! Les opposants à la réforme ne réalisent pas que la ligne de partage entre les assurés et les autres est ténue ! Avec l'envolée des coûts des polices privées, beaucoup doivent renoncer à leur couverture ». Avec la crise économique, le problème acquiert des proportions colossales, près de 10 000 personnes perdant leur assurance chaque semaine selon la Maison-Blanche.
C'est parce qu'ils ne supportaient plus de voir dans leurs cabinets des patients incapables de payer, que des médecins d'Arlington se sont mobilisés il y a quinze ans pour créer la clinique gratuite et pallier, à leur manière, les failles béantes du système de santé du pays le plus riche du monde. Une fondation financée par des donations a été mise en place. Quelque 500 volontaires dont 150 médecins donnent de leur temps. Le remarquable travail de la clinique illustre le rôle clé du caritatif et du volontariat dans une Amérique, où l'État, à l'inverse de la France, reste minimaliste. Mais Jody Kelly souligne que la clinique, avec ses 10 000 consultations par an «ne parvient pas à faire face aux demandes croissantes». L'hôpital fédéral d'Arlington, qui a lui aussi des patients au parcours similaire, affiche une liste d'attente «de plusieurs mois» et ne rembourse pas les médicaments.
«Le résultat, dit Jody, c'est que les gens finissent aux urgences avec des maladies gravissimes.» Vu le nombre de patients insolvables, les frais d'opération sont finalement souvent payés par le contribuable, démultipliant les coûts du système. «Il vaudrait mieux une option d'assurance publique, qui permette de mettre l'accent sur la médecine préventive», dit Jody Kelly, hostile à un «statu quo intenable». «Le système actuel est cher et les gens ne sont pas protégés !», insiste-t-elle. Fortunata, la Péruvienne américaine, elle, n'a pas vraiment d'avis. Elle froisse sa lettre J, referme son sac. «C'est bien le 20 octobre que vous tenez la prochaine loterie ?», demande-t-elle résignée à revenir.
Arnold -- She Just Doesn't Listen!!!
Les cigarettes bientôt en vente sur Internet
Les Français vont bientôt pouvoir acheter leurs cigarettes sur Internet, à un prix encore toutefois inconnu. La France s'apprête à autoriser la vente de cigarettes sur le Web, dans le but de se mettre en conformité avec le droit européen, rapportent Les Echos datés de mercredi 14 octobre. Selon le quotidien économ
ique, le gouvernement devrait présenter "un texte en ce sens" à l'Assemblée nationale à l'occasion de l'examen de la loi des finances rectificative (collectif budgétaire) après la mi-novembre.
Il s'agit de mettre le droit français en accord avec une directive européenne de décembre 2008 avant le 1er avril 2010. Cependant, soulignent Les Echos, "une des pistes à l'étude au sein du gouvernement consiste à faire en sorte que le prix final sur Internet soit proche de celui en vigueur dans les circuits traditionnels en France. On ne devrait donc pas pouvoir acheter ses cigarettes sur Internet en France au prix espagnol, deux fois moindre". Le projet suscite en effet "la plus vive émotion chez les débitants de tabac", qui détiennent le monopole de la vente du tabac. Les buralistes avaient déjà jugé "inacceptable" la future hausse des prix du tabac évoquée par le gouvernement. Les prix devraient augmenter de 10 % en janvier ; l'annonce serait faite dans le cadre du plan cancer que Nicolas Sarkozy doit présenter à la fin octobre.
Le petit-fils de Staline débouté de sa plainte contre un journal russe
Le petit-fils de Staline Evguéni Djougachvili a perdu, mardi 13 octobre, le procès pour "atteinte à l'honneur" qu'il avait intenté au journal d'opposition russe Novaïa Gazeta. Il s'était plein de la publication d'articles sur les crimes du Petit Père des peuples.
Le tribunal de Moscou qui examinait l'affaire depuis la mi-septembre a débouté M. Djougachvili de sa plainte, a rapporté l'agence Ria Novosti, précisant que le jugement serait rendu public ultérieurement.
M. Djougachvili réclamait à Novaïa Gazeta 10 millions de roubles (230 000 euros) de dommages-intérêts après la publication en avril d'un article sur les "crimes" de l'ancien dictateur soviétique. Dans son article, le journaliste Anatoli Iablokov avait écrit que Staline avait signé personnellement les ordres d'exécution de citoyens soviétiques et de plusieurs milliers de prisonniers polonais abattus par le NKVD (ancêtre du KGB, services secrets de l'ex-URSS) à Katyn, en Russie, en 1940.
Qui décide quoi à l'Epad ?
FOCUS - L'Etablissement public d'aménagement de la Défense, dont Jean Sarkozy est candidat à la présidence du Conseil d'administration, a la charge d'aménager le plus grand centre d'affaires d'Europe.
Que représente l'Epad ?
3,3 millions de mètres carrés de bureaux, 2.500 entreprises et 150.000 emplois : le quartier de la Défense, situé se,+Puteaux,+Hauts-de-Seine,+Ile-de-France&ll=48.881764,2.283955&spn=0.08173,0.154324&t=h&z=13">au nord-ouest de Paris abrite les sièges sociaux de nombre d'entreprises du CAC 40. Il est sorti de terre à l'initiative du général de Gaulle, qui, en 1958, décide d'aménager le vaste espace s'étendant après les Champs-Elysées, entre les communes de Neuilly, Puteaux et Courbevoie. Pour ce faire, il crée un Etablissement public chargé d'aménager ce quartier, baptisé la Défense. L'Epad est né.
Quel est son rôle ?
Dans la zone de la Défense, décrétée «opération d'intérêt national», l'Etat délivre lui-même les autorisations de construire. Tel est l'essentiel de l'activité de l'Epad, qui se charge des études d'urbanisme et de la vente des droits à construire, par laquelle elle se finance. Elle a également la haute main sur l'aménagement des infrastructures du quartier. Son budget avoisine cette année les 115 millions d'euros.
L'Epad doit fusionner début 2010 avec l'Epasa (Etablissement Public Seine Arche à Nanterre), chargé d'aménager 320 hectares à Nanterre. Le nouvel établissement, l'Epadsa (Etablissement public d'aménagement de la Défense Seine-Arche) aura en charge, outre les 160 hectares originaux et les 320 de Nanterre, près de 300 autres situés entre cette dernière et La Garenne-Colombes. Au total, plus de 770 hectares.
Comment sont désignés les dirigeants de l'Epad ?
Le décret en date 9 septembre 1958 qui fonde l'Epad en précise la répartition des pouvoirs. Elle est double : d'une part, un directeur général se charge de la partie exécutive. Il est nommé
par arrêté ministériel. Depuis le 1er octobre 2008, c'est Philippe Chaix, ancien conseiller de Paris et ancien secrétaire général de la Préfecture des Hauts-de-Seine, qui assure cette fonction. le directeur général est nommé par décret par l'Etat.
L'autre instance décisionnaire de l'Epad, c'est son conseil d'administration, composé de 18 membres nommés pour moitié par l'Etat et pour l'autre par les collectivités locales. Parmi ces derniers, un représente la ville de Paris, trois les communes de Nanterre, Courbevoie et Puteaux ; un autre le Syndicat des transports d'Ile-de-France ; un la chambre de commerce et d'Industrie de Paris et un la région Ile-de-France.
Restent deux représentants du département des Hauts-de-Seine, désignés par le conseil général. Ce devrait être le cas de Jean Sarkozy, qui attend la démission d'un administrateur déjà en poste, Hervé Marseille, maire de Meudon. Ironie du sort, Hervé Marseille était aussi en lice pour la présidence du groupe UMP au Conseil général des Hauts-de-Seine, mais les conseillers lui ont préféré... Jean Sarkozy.
Ce conseil d'administration élit en son sein un président. Sur RTL, mardi, François Fillon a affirmé : «Le président de l'Epad est élu et choisi -c'est la loi qui le dit- parmi les élus du conseil général des Hauts-de-Seine.» Ce qui est faux. Selon le décret du 9 décembre 1958, «le président du conseil d'administration est élu par le conseil d'administration», sans plus de précision.
Qui a vraiment le pouvoir au sein de l'Epad ?
C'est le conseil d'administration qui détermine le budget et la stratégie de développement de la zone, et qui décide des opérations à entreprendre ainsi que des conditions de leur financement. Le président du conseil d'administration convoque les réunions du conseil d'administration et il a d'une voix prépondérante en cas d'égalité lors d'un vote du conseil. Il bénéficie donc surtout d'une certaine visibilité, stratégique pour un élu local. Nicolas Sarkozy le sait, puisqu'il a présidé ce conseil du 1er avril 2005 à décembre 2006.
Le directeur général exécutif est chargé de gérer l'établissement au quotidien et de mettre en œuvre opérationnelle des décisions du conseil d'administration prises en accord avec l'Etat.
Depuis septembre 2007, c'était Patrick Devedjian, président du conseil général et ministre en charge de la Relance, qui présidait le conseil d'administration de l'Epad. Mais il a atteint la limite d'âge de 65 ans. Selon les informations du Figaro, Matignon s'apprêtait à signer un décret prorogeant son mandat, mais l'Elysée a demandé qu'il n'en soit rien.
mardi 13 octobre 2009
Redécoupage électoral : Martine Aubry dénonce un "tripatouillage"
La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a accusé mardi 13 octobre le gouvernement et sa majorité de "tripatouillage" électoral le redécoupage des circonscriptions pour les prochaines élections législatives.
L'Assemblée nationale a commencé, mardi, l'examen de ce projet de loi présenté par Alain Marleix, secrétaire d'Etat chargé des collectivités territoriales. Il propose de supprimer 33 circonscriptions et d'en créer 33 autres, le nombre de sièges de députés restant fixé à 577. Parmi les nouvelles circonscriptions, 11 concernent les Français de l'étranger qui, contrairement au Sénat, ne sont jusqu'ici pas représentés à l'Assemblée nationale.
"Faute de pouvoir gagner ou de craindre de pouvoir gagner les élections par les urnes, par la démocratie, le gouvernement tripatouille, je crois qu'il faut le dire ainsi, les modes de scrutin ou les circonscriptions", a déclaré Martine Aubry, ajoutant que le PS n'était pas opposé à une réforme demandée "à juste titre" par le Conseil constitutionnel pour tenir compte des évolutions démographiques.
Selon Mme Aubry, le gouvernement a pris "les circonscriptions qui sont entre 47 et 53 % et qui, en général, basculent au moment où le Parlement passe à gauche ou à droite et on a fait en sorte de les maintenir à droite". Sur les 33 circonscriptions créées, 24 sont favorables à la droite et, sur les 33 supprimées, on en trouve 23 de gauche.
"Une voix de gauche n'aura plus le même poids qu'une voix de droite puisqu'il faudra pour la gauche avoir plus de 51,3 % des suffrages pour être majoritaire à l'Assemblée nationale", a-t-elle précisé. Le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, a confirmé que son groupe saisirait le Conseil constitutionnel dès le vote de la réforme par le Parlement.
DROITE ET GAUCHE DOS-À-DOS
Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, estime quant à lui que "le Parti socialiste y va un peu fort". "C'est un sujet sur lequel on a travaillé en détail. Ce redécoupage a été fait sur la base de critères démographiques et géographiques", a-t-il argumenté. "Les socialistes le contestent, c'est de bonne guerre. En même temps, quand vous faites le compte, vous vous apercevez que de droite comme de gauche il n'y a pas beaucoup matière à contester", a estimé M. Copé.
Le porte-parole des députés communistes, Roland Muzeau, a pour sa part renvoyé droite et gauche dos-à-dos.
"Lorsque les ciseaux sont tenus par une main droite ou par une main gauche c'est toujours injuste. Un redécoupage ne peut être ni juste, ni démocratique", a-t-il dit avant de plaider pour l'instauration d'un scrutin à la proportionnelle.
Sarkozy veut remettre les langues au coeur du lycée
Le chef de l'Etat, qui présentait mardi matin sa réforme du lycée, a également annoncé le bouleversement du système d'orientation et des mesures pour renforcer l'autonomie des élèves.
• Les langues vivantes, une priorité. «Tous nos lycéens doivent devenir bilingues et pour certains, trilingues». Le chef de l'Etat a avancé plusieurs idées pour en faire une priorité, a travers ce qu'il a qualifié de «plan d'urgence» : «Il faut plus privilégier l'oral», «pousser l'élève à plus participer», «organiser des séjours linguistiques», «changer les épreuves au baccalauréat».
• Bouleversement du système d'orientation. Il «va connaître une véritable révolution», a assuré Nicolas Sarkozy, car nous souhaitons que l'orientation «devienne progressive et surtout, réversible». «Nous allons donc instaurer un droit à l'erreur. Le redoublement va devenir l'exception. Les élèves qui souhaitent se réorienter auront accès à des stages passerelles de remise à niveau qui leur permettront d'éviter le redoublement». Soit pendant les vacances, soit pendant la scolarité, a précisé le chef de l'Etat.
• Sauver la série Littéraire. «Aujourd'hui, elle est en perdition», a-t-il assuré. Pour la sauver, le chef de l'Etat a insisté sur trois points :
- «Créer un enseignement de langues et de civilisations étrangères, afin de faire de la filière littéraire une filière littéraire internationale».
- «Introduire de nouvelles matières, comme le droit».
- «Créer un enseignement culturel et artistique de haut niveau».
• Accompagnement personnalisé pour tous les élèves. «D'un côté, trop d'heures de cours, de l'autre, aucune plage horaire n'est prévu pour vous aider», a déclaré Nicolas Sarkozy. Ainsi, dès la rentrée prochaine, «tous les élèves bénéficieront d'une aide de deux heures par semaine en petits groupes». L'enjeu ? «Mieux préparer les élèves à l'enseignement supérieur. (...) On est loin de toute forme de cocooning», a-t-il expliqué. Le chef de l'Etat a tenu au passage à rendre hommage aux professeurs, «véritables artisans de la transformation de l'école». La réforme du lycée n'a «d'autre but que de faciliter l'exercice de leur métier», a-t-il assuré.
• Replacer la culture française au lycée. La part des activités artistiques au lycée est «scandaleuse», «misérable», voire «anecdotique» a estimé le chef de l'Etat. Or «le devoir de l'école est de valoriser toutes les compétences et tous les talents (...) et de développer le regard critique des élèves», a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a avancé dans ce sens un certain nombre d'idées, comme celle de créer dans chaque lycée «l'équivalent d'un ciné club». Il a également annoncé avoir demandé à France Télévisions de constituer une vidéothèque en ligne de films classiques à usage des lycéens.
• La conquête de l'autonomie. «Le lycéen a besoin de prendre des initiatives, a besoin de se confronter au monde». Pourtant, actuellement, «un élève qui prend des responsabilités (type association) n'est aucunement encouragé dans ce sens», a rapporte le chef de l'Etat. C'est pour contrer cela qu'a été imaginé par Martin Hirsh «le livret de compétences» : «Les initiatives que vous prendrez seront prises en compte dans votre parcours, et deviendront un élément d'appréciation pour votre rentrée dans l'enseignement supérieur», a-t-il assuré. Le chef de l'Etat a par ailleurs avancé l'idée de déléguer aux lycéens certaines compétences relatives à la vie scolaire.
Benoît Hamon jugé par ses pairs
Le porte-parole du PS se voit reprocher par certains de ses camarades son rôle lors de la polémique sur les propos controversés de Frédéric Mitterrand. Polémique qui se propage rue de Solférino. L'heure de l'explication en interne a sonné
Le bureau national du PS a lieu tous les mardis. C'est son instance exécutive. On y décide collectivement la ligne politique.
La semaine dernière, ce ne fut pas vraiment le cas. Alors que l'affaire Mitterrand éclatait et que le porte-parole du parti Benoît Hamon venait de prendre bruyamment position en se déclarant choqué qu'un "homme puisse justifier, à l'abri d'un récit littéraire, le tourisme sexuel", on évoqua les élections allemandes ou la votation sur la Poste, mais jamais le cas Frédéric Mitterrand.
Du coup, face aux caméras, Hamon s'est retrouvé seul sur le front, vite accusé de défendre sa ligne personnelle et non celle - pourtant non définie - du PS. Dès vendredi, Harlem Désir, numéro 2 du PS, ouvrait le feu sur le porte-parole. Et enclenchait une polémique interne.
Hamon est convaincu qu'il a été lâché
Cet après-midi, en bureau national, l'heure de la grande explication va sonner. Hamon s'est-il exprimé trop hâtivement, sans nuances? L'intéressé lui-même a bien l'intention de ne pas se laisser égratigner sans réagir. Il ne devrait pas mâcher ses mots. Il est convaincu qu'il a été lâché. Mercredi dernier, il envoyait un SMS au député PS de Paris Patrick Bloche, qui venait de pilonner le ministre de la culture : "Mille mercis pour ton soutien. Je crains que ça ne se bouscule pas beaucoup au portillon." Et, c'est vrai, cela ne s'est guère bousculé au portillon.
La première secrétaire Martine Aubry, qui n'a pas lu le livre, a d'abord minimisé le sujet avant de défendre son porte-parole du bout des lèvres : "Benoît a pu avoir une réaction de sensibilité" à la lecture du récit de Frédéric Mitterrand, a-t-elle lâché. Puis, elle a décidé de tourner la page presto. Cet après-midi, elle aurait bien aimé que le sujet ne soit pas abordé. Mais cette fois, impossible de couper à la séance de thérapie collective. C'est ce qu'on appelle le retour du refoulé.
Exclusif - Jean Sarkozy: "Je veux être jugé sur mes actes"
La probable élection de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad, l'établissement chargé de l'aménagement du quartier de la Défense, a déclenché une vague de protestations. Le fils du chef de l'Etat s'explique dans un entretien exclusif acc
ordé, ce lundi, à Metro.
A 23 ans et avec un CV encore mince, votre nomination à la tête du quartier d’affaire de la défense n’est elle pas choquante ?
On a voulu faire croire à une nomination. C’est un mensonge. Il s’agit au contraire d’une élection ou plutôt de trois élections successives. Au sein de mon groupe tout d’abord, par l’assemblée départementale ensuite, et par les administrateurs de l’Epad enfin. Depuis le début de mon parcours politique, je n’ai jamais été nommé, toujours élu. Est-ce que je suis illégitime pour me présenter à une élection au prétexte que je m’appelle Sarkozy ? C’est ça la question.
Votre âge ne pose donc pas problème ?
Il y a une loi qui existe. Elle autorise à être candidat à une élection à partir de 18 ou 21 ans. Et La loi de la république est la même pour tous. Au final ce sont 44 élus, qui ont reçu la confiance de plusieurs centaines de milliers d’électeurs, qui auront à juger de la crédibilité de ma candidature. C’est fort de cette légitimité et du travail que j’ai accompli depuis deux ans que je leur propose ma candidature.
Mais vous avez conscience que si vous ne vous appeliez pas Sarkozy, vous ne seriez pas où vous en êtes aujourd’hui ?
Je ne peux pas vous laisser dire ça. J’ai conscience que le fait de m’appeler Sarkozy rend les choses plus difficiles, comme le prouve les violentes attaques personnelles dont je fais l’objet depuis le début. On a voulu faire croire que j’étais parachuté sur des sujets que je ne connaissais pas. C’est totalement faux. Depuis deux ans, je n’ai eu de cesse de m’engager sur le combat des transports, un sujet central pour l’avenir de la Défense. Je préside aussi la majorité départementale et pas un jour ne s’est passé sans que j’ai à négocier avec des acteurs économiques. Je voudrais dire aux gens qui peuvent s’interroger que je veux les convaincre sur mes actes, mes idées, ce que je peux apporter à la Défense.
Que répondez-vous aux accusations de népotisme ?
Je ne demande aucun droit supplémentaire, mais je n’en demande pas moins non plus.
Votre ascension dans les Hauts-de-Seine est fulgurante. Est-ce que vous ne bénéficiez pas d’un traitement de faveur ?
Les critiques qui sont formulées à mon encontre depuis quelques jours, vous appelez ça un traitement de faveur ?
Un administrateur de l’Epad vous a cédé sa place pour que vous puissiez vous présenter à la présidence…
On ne m’a pas cédé la place pour que je puisse me présenter.
Hervé Marseille, membre du Nouveau Centre, ne souhaitait pas prendre la succession de Patrick Devedjian atteint par la limite d’âge. Il n’avait donc pas vocation à rester administrateur de l’Epad.
Votre carrière ne va pas trop vite ?
Vous me parlez d’empressement, je préfère parler de passion. Quand on a une vocation quelle soit artistique, professionnelle, ou politique, on la vit pleinement.
Que pense votre père de votre candidature ?
J’ai pris ma décision. Je l’en ai informé comme tous ceux qui me sont proches.
Vous évoluez comme lui à ses débuts dans les Hauts-de-Seine. Quelles sont vos ambitions politiques ?
J’ai choisi de faire de la politique là où ma vie et mes racines m’en donnaient la légitimité. Si j’avais été dans la Creuse ou le Béarn, j’en connais qui auraient dénoncé un parachutage.
Je n’ai pas caché mes ambitions politiques en proposant ma candidature pour la responsabilité d’administrateur de l’Epad Dans les Hauts-de-Seine, je pense franchement que le nom que je porte me crée plus de devoir et ne me donne aucun droit supplémentaire. J’ai été élu conseiller général et le suffrage universel n’est pas moins légitime dans les Hauts-de-Seine qu’ailleurs.
Vous poursuivez vos études en deuxième année de droit ?
J’ai fait le choix exigeant de mener en parallèle mon engagement politique, mes responsabilités d’élu et mes études. Il me reste un an et demi avant d’obtenir ma licence.
Le consensus mou bien français frappe encore, sans comprendre que ce n'est pas fait, que c'est une élection, donc qu'il n'est pas parachuté, qu'il n'est pas encore en poste, la presse attaque, le con français suit, le con international suit, mais au travers de ce "népotisme" c'est Nicolas Sarkozy qui est attaqué, comme toujours.
La ringardise française est contagieuse, c'est pire que la grippe H1N1
Une cinquantaine d'opposants arrêtés à Moscou après la victoire de Russie unie aux municipales
Une cinquantaine d'opposants dénonçant des irrégularités aux élections municipales à Moscou, remportées haut la main par le parti Russie unie du premier ministre Vladimir Poutine, ont été interpellés lundi 12 octobre dans la capitale, selon une sour
ce policière citée par la radio Echo de Moscou.
Lolita Tsaria, dirigeante du Front citoyen uni, mouvement de l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, et des opposants qui s'apprêtaient à participer à une manifestation non autorisée sur la place Pouchkine, au cœur de Moscou, ont été appréhendés par les forces de l'ordre, précise l'agence Interfax. Le leader du mouvement d'opposition Nous, Roman Dobrokhotov, a également été interpellé à la station de métro Pouckhine, au moment où il effectuait des déclarations à des journalistes, selon la même source.
A Moscou, la liste Russie unie conduite par le très controversé maire de la capitale, Iouri Loujkov, a remporté 66 % des suffrages, soit près de 20 points de plus que lors du précédent scrutin en 2005 (47,25 %), selon les chiffres de la commission électorale centrale. Maire depuis 1992, il a été accusé de corruption par ses détracteurs durant la campagne, et notamment d'avoir fait la fortune de sa femme, Elena Batourina, à la tête d'une entreprise de travaux publics omniprésente à Moscou. Malgré cette victoire, les médias continuent à spéculer sur son limogeage avant la fin de son mandat en 2011 – le maire de Moscou et les gouverneurs étant nommés par le président – tant ce personnage surpuissant agace.
"Nous avons de très gros doutes concernant les résultats de l'élection de l'Assemblée de Moscou", a réagi Sergueï Mironov, président du parti et du Conseil de la Fédération, le Sénat russe. Dans soixante-quinze autres régions, Russie unie remporterait près de 80 % des sièges à pourvoir, tandis que les opposants libéraux de Iabloko et Pravoe Delo n'en décrochent aucun.
"Les violations du processus électoral ne permettent pas de conclure (...) à des élections honnêtes, libres et concurrentielles", a jugé, dans un rapport, l'association Golos, qui surveille le déroulement des scrutins en Russie. Le président de la commission, Vladimir Tchourov, a lui qualifié d'"hystériques" les accusations de fraudes.
Les incidents les plus graves rapportés concernent la ville de Derbent, au Daguestan, dans l'instable Caucase russe, où un tiers des bureaux de vote n'ont jamais ouvert, tandis que la police faisait pression sur les électeurs pour assurer la victoire du maire sortant.
"Ce qui s'est passé à Derbent ouvre une nouvelle page de l'histoire électorale russe. Pour la première fois, l'appareil administratif a été utilisé pour empêcher les citoyens de voter", estimait lundi le quotidien Kommersant. Enfin, Joaquim Crima, candidat noir dans la région de Volgograd et coqueluche des médias durant sa campagne, s'est réjoui de ses 4,75 %. "Je ne m'attendais pas à plus de 1 %. Et je suis arrivé troisième !", s'est félicité ce Bissau-Guinéen naturalisé Russe, promettant de participer aux prochaines élections dans son district de Sredniaïa Akhtouba.
Les Verts refusent la main tendue de Bayrou pour les régionales
Le secrétaire national des Verts, Jean-Vincent Placé, affirme, dans une interview publiée lundi soir 12 octobre sur le site Internet du Figaro, que les Verts ne sont pas prêts à saisir la main tendue par François Bayrou pour les régionales. "Notre ligne est très claire. Au premier tour, nous sommes pour le rassemblement de tous les écolos. Nous ne cherchons pas d'accord au niveau national", indique M. Placé.
Le secrétaire national des Verts se dit en revanche "favorable à des accords régionaux", notamment en Alsace, en Haute-Normandie et dans les Pays de la Loire avec Cap 21, fondé par l'ancienne ministre Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem, et le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter.
Mais "le MoDem n'est pas clair et uniquement tourné sur l'ambition personnelle d'un homme", dit-il en estimant que Verts et MoDem n'ont pas "la même vision des enjeux de la planète". "Et, en politique, quand ce n'est pas clair, 1 + 1 ne font pas forcément 2 et font rapidement 0,5 !", conclut-il.
lundi 12 octobre 2009
Le Royaume-Uni va privatiser pour réduire son déficit public
Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a annoncé, lundi 12 octobre, que le gouvernement vendra pour 16 milliards de livres d'actifs sur deux ans, soit plus de 17 milliards d'euros, afin d'aider à redresser les finances publiques.
Dans un discours devant des économistes à Londres, le premier ministre a indiqué que son gouvernement prévoit de céder une série d'actifs non-financiers, dont des infrastructures de transport, qui devraient rapporter de l'ordre de 3 milliards de livres (3,2 milliards d'euros). Il s'agira notamment d'High Speed One, la seule ligne ferroviaire à grande vitesse du Royaume-Uni, qui relie le Tunnel sous la Manche à Londres, de la participation britannique dans le consortium nucléaire européen Urenco (33 %), de la maison de paris Tote, et d'une société spécialisée dans les prêts aux étudiants, a précisé le premier ministre. Le reste du programme proviendra de la vente de biens immobiliers et d'autres actifs détenus par des collectivités locales, a ajouté Gordon Brown.
Le ministre des finances, Alistair Darling, a assuré de son côté que le gouvernement ne procéderait à aucune vente-éclair, alors que l'opposition craint qu'il ne soit tenté de s'en séparer au plus vite. Il a promis sur BBC Radio Scotland que toute cession n'interviendrait "que lorsque nous penserons que les conditions sont bonnes". "Nous n'allons pas nous précipiter pour vendre quelque chose, si nous estimons que nous pourrions en tirer un meilleur prix en patientant", a-t-il expliqué.
Ces annonces interviennent alors que les finances publiques devraient être un thème majeur des prochaines élections législatives, qui se dérouleront au plus tard en juin. Le gouvernement travailliste s'est engagé le mois dernier à réduire le déficit public de moitié sur les quatre ans qui suivront la fin de la récession, y compris en réduisant les dépenses publiques. Les Conservateurs, en tête des sondages depuis des mois, n'ont quant à eux de cesse de critiquer la dérive de la dette publique et ont eux-mêmes commencé à détailler leurs plans pour résorber le déficit. Les travaillistes les accusent de préparer des coupes claires qui pourraient miner la reprise économique. Gordon Brown a d'ailleurs repris cet argument dans son discours. "On doit redresser les finances publiques de façon à soutenir la croissance, et non à la détruire", et "si on n'y arrive pas, nous risquons une décennie d'austérité", a-t-il lancé.
Ces ventes devraient permettre de réduire un peu le déficit public du Royaume-Uni, tout en évitant d'avoir à tailler trop sévèrement dans les dépenses publiques, alors que le pays n'est pas encore sorti officiellement de la récession. Le déficit, qui a été gonflé par les plans de sauvetage bancaires et les mesures de relance sans précédent adoptées face à la crise, devrait atteindre 175 milliards de livres (près de 190 milliards d'euros) cette année, soit 12,4 % du produit intérieur brut, selon les projections du gouvernement.
Le parti de Poutine et le maire de Moscou raflent la mise aux élections
Le très controversé maire de Moscou, Iouri Loujkov, a remporté haut la main des élections municipales dénoncées par l'opposition et, fort de ce résultat, il a annoncé lundi 12 octobre, qu'il resterait à son poste, malgré des accusations persistantes de népotisme.
Le parti Russie unie du premier ministre, Vladimir Poutine, a aussi raflé la mise lors des élections locales – municipales, de district ou régionales – organisées dans d'autres régions du pays. A Moscou, la liste Russie unie conduite par M. Loujkov a remporté 66 % des suffrages dimanche, soit près de 20 points de plus que lors du précédent scrutin en 2005 (47,25 %), a annoncé la Commission électorale dans la capitale.
M. Loujkov, 73 ans et maire depuis 1992, a été accusé de corruption par ses détracteurs durant la campagne, notamment d'avoir fait la fortune de sa femme, Elena Batourina, à la tête d'une entreprise du bâtiment, travaux publics, omniprésente à Moscou.
Malgré cette victoire, les médias continuent à spéculer sur son limogeage avant la fin de son mandat en 2011 – le maire de Moscou et les gouverneurs étant nommés par le président – tant ce personnage surpuissant agace.
"Loujkov sait que le Kremlin veut le changer depuis longtemps", écrivait lundi l'hebdomadaire Newsweek dans son édition en langue russe. "Je me considère comme l'un des artisans de Russie unie à Moscou, et nous dominons (...) Arrêtez toutes les spéculations, je ne compte pas partir!", a réagi M. Loujkov.
Outre Russie unie, seul le Parti communiste, avec 13,27 %, franchit la barre des 7 % nécessaires pour être représenté à l'Assemblée, conduisant tous les autres mouvements politiques à dénoncer des fraudes.
Même le parti Russie juste, favorable à Vladimir Poutine et au président Dmitri Medvedev, a dénoncé ces résultats.
"Nous avons de très gros doutes concernant les résultats de l'élection de l'Assemblée de Moscou", a réagi Sergueï Mironov, président du parti et du Conseil de la fédération, le Sénat russe. Ailleurs dans soixante-quinze régions, Russie unie remporterait près de 80 % des sièges en jeu, tandis que les opposants libéraux de Iabloko et Pravoe Delo n'en décrochent aucun, a indiqué Léonid Ivlev, de la commission électorale centrale. Observateurs et opposition dénoncent aussi des irrégularités.
"Les violations du processus électoral ne permettent pas de conclure (...) à des élections honnêtes, libres et concurrentielles", a jugé, dans un rapport, l'association Golos qui surveille le déroulement des scrutins en Russie.
Le président de la commission, Vladimir Tchourov, a lui qualifié d'"hystériques" les accusations de fraudes.
Les incidents les plus graves rapportés concernent la ville de Derbent, au Daguestan, dans l'instable Caucase russe, où un tiers des bureaux de vote n'ont jamais ouvert, tandis que la police faisait pression sur les électeurs pour assurer la victoire du maire sortant.
"Ce qui s'est passé à Derbent ouvre une nouvelle page de l'histoire électorale russe. Pour la première fois, l'appareil administratif a été utilisé pour empêcher les citoyens de voter", estimait lundi le quotidien Kommersant. Enfin, Joaquim Crima, candidat noir dans la région de Volgograd et coqueluche des médias durant sa campagne, s'est réjoui de ses 4,75 %. "Je ne m'attendais pas à plus de 1 %. Et je suis arrivé troisième!", s'est félicité ce Bissau-Guinéen naturalisé Russe, promettant de participer aux prochaines élections dans son district de Sredniaïa Akhtouba.













