TOUT EST DIT

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lundi 22 septembre 2014

Retour en soute

Retour en soute

En vérité il n'est jamais parti. D'affaires qui restent à vérifier, en habiles cartes postales, de main à la poche des sympathisants pour payer sa dette de campagne en retour au bercail des ex-jeunes loups, son omniprésente ombre portée a empêché l'avènement d'un leader et provoqué un dévastateur combat fratricide à l'UMP. Comme si son hypercommunication élyséenne ne l'avait pas desservi jusqu'au rejet, Nicolas Sarkozy « tease » son retour. Il quitte la coulisse pour tenter de nous convaincre qu'il a « changé ». Sans doute François Hollande, qui s'éreinte à donner du sens à sa gouvernance, se réjouit-il, in petto, de cette bonne nouvelle. Oubliés la pluie de mécontentements, le livre assassin, les frondeurs, les ministres tricheurs : Sarkozy reprend le parti, les manchettes des journaux et s'installe sur Facebook comme Jospin sur son fax !
L'ex-président n'ignore rien des dangers de ce retour. Le « Sarko-bashing » va reprendre et il lui sera bien difficile d'éviter la polémique. Le candidat à la succession de Jean-François Copé va élargir la famille, la rebaptiser, mais a-t-il bien mesuré qu'il revient aux affaires à la tête d'un parti en jachère et sans l'appareil d'État comme cela a toujours été son cas ?
Revenu en première ligne, comme chef des opposants, attaqué sur ses glissades buissonesques vers l'extrême droite, Nicolas Sarkozy n'aura guère d'autres solutions que de renouer avec le clivage et un peu de populisme s'il veut éviter les débats sur son action, sur la multiplication des procédures judiciaires et sur l'impuissance des présidents à changer le cours des choses. Il sait pourtant qu'en politique, l'échec est dans les comportements plus que dans les résultats. Une fois revenu dans l'impitoyable bac à sable de la politique, l'ancien président va se banaliser et perdre son statut particulier de sauveur caché de la patrie pour devenir le redresseur de l'UMP.
Bagarre à droite, bagarre à gauche : les deux partis de gouvernement sont au fond du trou, les attaques et les coups tordus de cette prévisible campagne de deux ans et demi vont accentuer le climat de morosité de notre pays. Au moins le retour prendra-t-il un peu de la lumière du Front national, trop bien éclairé par le délitement du système.

dimanche 8 juin 2014

Les violons de la liberté

Les violons de la liberté


Le jour le plus long des télés ! La commémoration du Débarquement de Normandie a failli se transformer en « opération overdose ». L'émotion et la hauteur de vue dont on fait preuve François Hollande et Barack Obama devant les croix blanches du cimetière américain de Colleville sont fort heureusement venues à bout de la tentation télévisuelle de transformer ce moment crucial de notre histoire en émissions de variétés.
La dignité et le souvenir du sacrifice humain pour terrasser, définitivement croyait-on alors, la barbarie nazie, ont été plus forts que les insupportables fanfreluches de l'information télévisée en continu.
Comme à l'époque, l'affrontement pour la domination a été palpable hier entre Russes et Américains. Comme à l'époque, ils ont traité les Européens comme de vieux bouquins d'histoire compressés entre deux serre-livres représentant l'oncle US et le Soviétique barbu. Comme à l'époque, les Américains veulent tuer la concurrence en commençant par les navires Mistral et la BNP. Et cette guerre-là a cent ans.
Le meilleur facteur de paix est aujourd'hui l'Europe. C'est une des leçons qu'il faut retenir du succès diplomatique remporté par François Hollande qui a réussi à renouer le fil du dialogue sur la crise ukrainienne. Il faut quand même, à nouveau, regarder en face le monstre de la guerre et remarquer que ce qui se passe entre la Russie et l'Ukraine rappelle les rivalités franco-allemandes pour l'Alsace-Lorraine. Ne soyons pas passifs, profitons des témoignages, des images de villes rasées, des rediffusions de films pour contribuer sans répit à l'éveil des jeunes consciences et redire que l'océan était rouge du sang des morts quand s'acheva le jour le plus long.
La guerre est loin de nous. Mais en restituant les faits dans le présent, plus que dans la mémoire, on voit bien qu'elle n'a pas disparu. Dans les Balkans il y a peu, en Ukraine, en Afrique, la flamme qui rallume les bombes brûle toujours. Et encore plus après des élections qui ont vu la montée des nationalismes oublieux de l'union et des valeurs qui ont permis le retour à la liberté.


Tout est relatif, sans le travail de A. Merkel, rien n'eut été possible, tant Poutine est con, borné  et imbu de sa personne.
Hollande, excusez du peu, mais il n'a fait que compter les coups, pauvre type. Il était beau en camelot, hier au marché au fleurs avec son rosier, aux côtés d'une Reine flanboyante, et d'une mairesse de Paris ridicule et male fagotée?
BRAVO LA FRANCE, AVEC CE RAMASSI DE GAUCHOS, J'AI HONTE.
notes de moi-même.

samedi 22 mars 2014

La tirade des mais

La tirade des mais


Ah ! Non ! C'est un peu court millefeuille ! On pourrait avec un peu de verve affirmer que c'est un gouffre, un tonneau des Danaïdes, une nasse où se prennent les meilleures intentions. Et même variant l'exemple : le voilà donc cet épouvantail qui de notre nation a détruit l'harmonie ! L'organisation territoriale ? C'est une erreur, un abus, un gâchis… ! Un moyen de prébendes, une manière d'avoir pignon sur rue et il faudrait grand courage pour s'attaquer à la simplifier autrement que dans les mots. Si ce n'est que cela qui nous titille l'orgueil du clocher, nous n'avons pas besoin du quart de la moitié des collectivités existantes. L'audace en la matière est suicidaire et bien peu, toutes couleurs confondues, sont prêts à sortir le couperet. Ceux qui s'y sont risqués n'ont réussi qu'à trancher leurs propres ailes.
Car il y a pléthore de mais quand au simple énoncé de la nécessité un téméraire s'aventure. Mais qu'en adviendra-t-il de la proximité, mais le département fait partie de notre histoire, mais les régions sont à taille européenne, mais l'intercommunalité est une efficace mise en commun, mais on va ainsi réduire encore l'emploi, mais c'est ignorer qu'il faut être au contact du terrain pour bien décider et gouverner à Paris.
Dans cette tirade des mais que régulièrement on nous sert, jamais vous n'entendrez parler de clientélisme, de cumul de mandats, de laxisme, d'indemnités, de blocages clochemerlesques, de ces élections où les signatures d'élus sont si importantes… Et pourtant il est temps d'interrompre cette dérive que l'on est bien aimable de baptiser du nom d'une pâtisserie alors que c'est d'une folie dépensière qu'il s'agit. 36.786 communes, le record d'Europe, et un empilement de pouvoirs qui défie le bon sens quand la crise ne fait que creuser les inégalités et les déchirures territoriales en accroissant les tensions sociales et politiques.
Demain dans 64 communes les électeurs ne voteront pas faute de candidats. On s'est lamenté d'abondance sur ce qui serait une perte de vitalité de la démocratie locale. Or ce n'est que le sens de l'histoire. Il faut mordre dans le millefeuille, rassembler les communes et les adosser aux métropoles pour en faire les outils du mieux vivre partout et pour tous.

samedi 30 novembre 2013

Effets secondaires

Effets secondaires



Il y a des effets secondaires à la liberté comme il y en a au progrès ou à certains médicaments. Pour la première fois, cette semaine, aurait dû être plaidée devant la Cour européenne des droits de l'homme une affaire sur la question du voile intégral. C'est une jeune française musulmane qui a assigné son pays en contestant la loi, en vigueur depuis 2011, qui interdit la burqa dans l'espace public. L'audience a été reportée, mais il reste le fond et cette attaque contre la République laïque par le plus obscur des communautarismes. Dans les pays moyenâgeux où la loi religieuse impose cet accoutrement discriminant la plaignante aurait sans doute été réduite au silence ou lapidée.
Ainsi va notre démocratie qui pour protéger la liberté de conscience de ses citoyens protège aussi ceux d'entre eux qui nient ses principes fondateurs et bafouent les règles du vivre ensemble. Notre démocratie tellement démocratique que ses ennemis ont compris que l'on peut en France porter n'importe quel drapeau sans risquer de se faire couper la main. Et même s'inspirant de la loi du Talion chère aux talibans, contester l'État de droit.
Jusqu'au-boutiste du défi, la jeune femme et ses manipulateurs vont même jusqu'à arguer du non-respect de sa vie privée et de ses convictions. Étrange vie privée que celle où l'on se grillage pour échapper au regard de l'autre. Étranges convictions religieuses que celles qui prétendent que le droit peut être différent selon la communauté à laquelle on appartient. La Cour, en tout cas peut-on l'espérer, lui répondra que la laïcité est un principe constitutionnel qui édicte que les convictions d'un clan ne peuvent pas s'imposer à la loi générale. Peut-être devrait-on lui faire dire aussi qu'au nom de croyances, non religieuses celles-là, dans la force des marchés et les vertus du libéralisme de graves violences économiques et sociales sont commises.
Quel paradoxe en ces jours où l'on salue la « Marche des beurs » de 1983 comme une victoire de l'égalité sur la violence raciste. Éphémère victoire puisqu'il faut encore manifester pour tenter de provoquer un sursaut républicain et revendiquer les mêmes droits pour tous ceux qui sont différents.