TOUT EST DIT

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mercredi 30 octobre 2013

Grèce – Un cimetière en mer Egée


De plus en plus de réfugiés syriens meurent dans l’indifférence en tentant la traversée vers l’Europe.

Le 19 mars 2013, sur une côte de Lesbos, en mer Egée, les corps d’une femme et de ses deux enfants ont été repêchés, ainsi que ceux d’une jeune femme enceinte de 17 ans, d’un mineur et d’un homme. Il s’agissait de réfugiés syriens. 

Dans la barque qui les transportait, il y avait d’autres personnes, qui sont portées disparues. Parmi elles, une famille de cinq personnes, ainsi qu’un jeune homme de 14 ans. Tous vivaient en Grèce et avaient été contraints de retourner en Syrie à cause de la crise économique qui s’est abattue sur notre pays. Mais quand la guerre civile a éclaté en Syrie, ils ont décidé de faire le chemin en sens inverse pour revenir là où ils avaient vécu des années, là où sont nés leurs enfants et où ils ont grandi – sans pour autant obtenir des droits ou des papiers. 

On ne s’intéresse pas assez à la douleur qui se cache derrière les mots “immigré clandestin” et les données statistiques sur les immigrants illégaux ou sur ceux qui ne sont pas arrivés dans notre pays parce qu’ils se sont noyés. La tragédie de Lampedusa a mis en lumière la situation horrifiante que l’on peut voir aux frontières maritimes de l’Union européenne et l’application d’une politique élaborée pour interdire l’approche de la “forteresse Europe” aux migrants et aux réfugiés. La mer Egée pourrait raconter de très nombreuses histoires dramatiques, puisque, depuis des années, elle est l’un des principaux itinéraires par lesquels les réseaux de passeurs acheminent les immigrés illégaux en Europe. 

Ces derniers temps, l’augmentation des contrôles aux frontières terrestres dans la région d’Evros, dans le nord du pays, a conduit les réseaux d’“esclaves” à reprendre la voix maritime. Ainsi, au premier trimestre 2013, les garde-côtes ont procédé à 880 interpellations pour “entrée illégale” sur le territoire et à 13 pour “organisation de passage”, alors qu’à la même époque l’année dernière il n’y avait eu que 31 interpellations et 1 arrestation pour les mêmes motifs. 

Les réseaux de passeurs, surtout d’origine turque mais agissant souvent avec des collaborateurs grecs, chargent des familles entières (qui ont payé très cher) sur des embarcations misérables. Ceux qui ne se noient pas, à cause de leur embarcation, en arrivant dans les eaux grecques ou près des côtes provoquent eux-mêmes le chavirement pour contraindre les garde-côtes ou d’autres bateaux à repêcher et à sauver les migrants et leur permettre d’arriver en Europe – même s’ils sont mis en détention. Or, très souvent, dans ce genre de situation, le chavirement de l’embarcation de fortune fait que ses passagers se noient. 

Rares sont ceux qui s’en émeuvent. Les trafiquants ont déjà été payés et, pour les autorités grecques et européennes, les immigrés clandestins sont souvent un poids. D’ailleurs, des “batailles navales” entre garde-côtes grecs et turcs se seraient récemment déroulées : chacun cherchait à pousser une embarcation chargée de migrants dans les eaux territoriales de l’autre. Quel est le bilan en mer Egée ? Pour 2011, on dénombre 7 morts et 44 disparus, contre 36 morts et 5 disparus en 2010 et 24 morts et 59 disparus en 2009. Il n’y a pas de données pour 2008. L’organisation Forteress Europe parle de 662 morts et 842 disparus en mer Egée entre 1988 et 2013. 

Il s’agit d’une tragédie sans fin. Le 26 juillet dernier, les corps de 6 migrants, dont 2 enfants, ont été repêchés sur l’île de Kos, dans le Dodécanèse. Le 14 janvier, 3 corps avaient été découverts à Chios. Le 15 décembre 2012, on dénombrait 20 corps sur les côtes de Lesbos – un seul naufragé avait pu être sauvé. Le 6 septembre 2012, 67 migrants, dont 31 enfants, s’étaient noyés près des côtes de Smyrne. 

Giannis Elafrou

Nouveaux visages industriels à l'Ouest

Nouveaux visages industriels à l'Ouest


Licenciements, plans sociaux et fermetures de sites se succèdent dans nos régions de l'Ouest. Les coups de massue se multiplient pour les salariés. Nos régions doivent aussi faire face à des problèmes qui leur sont propres : éloignement des marchés porteurs, remise en cause de certains soutiens européens, prédominance de productions basiques, donc très concurrencées...
Indépendamment des décisions que le gouvernement s'apprête à prendre concernant l'écotaxe, et qui ne résoudront pas, loin s'en faut, toutes les fragilités de nos industries, il convient de ne pas perdre de vue les activités nouvelles qui surgissent déjà. Elles sont bien positionnées sur des marchés porteurs, et animées par une myriade d'entreprises, de tailles plutôt modestes, comme c'est souvent le cas à l'Ouest.
La plupart de ces entreprises, en s'appuyant sur des technologies nouvelles (biotechnologies, nanotechnologies, matériaux avancés...), ont fait de l'innovation et de la créativité les facteurs clés de leur compétitivité. Produire des biens nouveaux (ou améliorés), à plutôt forte valeur ajoutée, ou adopter des outils de production plus efficaces, leur assure un avantage compétitif durable. Elles échappent ainsi à l'implacable concurrence par les coûts et se mettent plus sûrement à l'abri de délocalisations ravageuses. L'Insee a confirmé que les firmes de l'Ouest, y compris celles de l'agroalimentaire, avaient, pour l'innovation et la recherche-développement, une appétence plus importante que la moyenne.
Gare à ne pas trop rêver
Ainsi se profile la lente construction d'un nouveau visage industriel. Certes, celui-ci reposera encore longtemps sur des pans d'activités qui ont traditionnellement fait la marque de l'Ouest : agroalimentaire, automobile, construction navale et aéronautique, télécommunications... Mais ce nouveau visage reposera, de plus en plus, sur ces activités qui s'efforcent de répondre à des demandes nouvelles, sur des marchés proches ou lointains : économie numérique, économie de l'environnement, logiciels, activités liées à la santé, valorisation des richesses marines...
Devant une telle mutation, il faut toutefois se garder de trop rêver ! Outre que ces nouvelles activités ne seront pas en mesure de générer les taux mirifiques de croissance du temps des « Trente glorieuses », il apparaît surtout que les effets sur le marché du travail de ce nouvel essor de l'emploi industriel seront quand même limités.
Implacablement, l'accroissement de la productivité s'imposera et les machines automatisées remplaceront les tâches routinières. Ce sont déjà les firmes les plus économes en travail qui progressent le plus. Malgré de nombreuses créations dans ce domaine industriel, la baisse des postes offerts risque donc de se poursuivre.
Conclusion : il faudra chercher ailleurs que dans une croissance industrielle effrénée la solution à nos problèmes d'emploi. À cet égard, bon nombre d'activités de services, souvent nécessaires au développement des activités industrielles, constitueront des opportunités intéressantes sur le marché du travail. À condition que soient mieux prises en compte les articulations entre les problèmes de qualification et d'emploi, et beaucoup mieux soutenues les possibilités de reconversion professionnelle.

"Touche pas à ma pute", le manifeste des "343 salauds" qui défend la prostitution

Un manifeste à paraître dans Causeur en novembre, et relevé par Libération, proteste contre la proposition de loi qui vise à sanctionner les clients de prostitués. Les signataires ? Frédéric Beigbeder, Eric Zemmour, Nicolas Bedos et l'avocat de Dominique Strauss-Kahn.
Quel est le point commun entre Frédéric BeigbederEric Zemmour, Nicolas Bedos et Richard Malka, l'avocat deDominique Strauss-Kahn ? Ils vont "aux putes", y sont allés ou connaissent des copains qui y vont. Ces "homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages", comme ils se qualifient eux-mêmes, viennent de signer un manifeste à paraître dans le prochain numéro du magazine Causeur,relèveLibération. Son petit nom : "Touche pas à ma pute ! Le manifeste des 343 salauds." 
Tous protestent contre la proposition de loi qui vise à sanctionner par une amende les clients de prostituées et à abroger le délit de racolage public. Déposée le 14 octobre par le groupe socialiste de l'Assemblée, elle devrait être débattue fin novembre. 
"Emmerder les féministes d'aujourd'hui"
Ce manifeste rappelle une autre initiative, celle des "343 salopes", publiés en avril 1971 dans Le Nouvel Observateur, pour défendre la liberté d'avorter. Proposé par Frédéric Beigbeder, qui a récemment lancé le magazine Lui, la directrice de la rédaction de Causeur, Elisabeth Levy, a été séduite. Elle explique dans Libération que  ce manifeste répond surtout "à l'envie d'emmerder les féministes d'aujourd'hui", notamment celles d'Osez le Féminisme!, ces "brigades des plumeaux" parce qu'elles "ne s'intéressent qu'au partage des tâches ménagères".  
Autres signataires : Ivan Rioufol, l'écrivain Philippe Caubère, l'écrivain et journaliste Benoît Duteurtre ou le mari de Frigide Barjot, Basile de Koch. Dans leur texte, ils se défendent d'être "les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d'une répression déguisée en combat féministe". Ils refusent "que des députés édictent des normes sur [leurs] désirs et [leurs] plaisirs". Et ils s'inquiètent : "Aujourd'hui la prostitution, demain la pornographie, qu'interdira-t-on après-demain ?" Ils rappellent cepandant qu'ils condamnent le sexe "sans consentement", "la violence" et "le trafic des êtres humains". 
Ces hommes "se préoccupent plus d'utiliser ces dames que de les défendre"
Dans une tribune dans LeMonde, Anne Zelensky, Présidente de la Ligue du droit des femmes et signataire du manifeste de 1971,  dénonce déjà ce texte qui "s'inscrit dans la guéguerre que se livrent les sexes". Pour elle, les signataires "se préoccupent plus d'utiliser ces dames que de les défendre." Elle s'interroge : "Quelle filiation peut-il bien y avoir entre nous, les "salopes" qui réclamions la liberté interdite de disposer de notre corps, et ces "salauds" qui réclament aujourd'hui la liberté de disposer contre rémunération et sans pénalité du corps de certaines femmes ? Dans le premier cas, il s'agit de lever une oppression, dans le second, de la reconduire.
Pour Anne Zelensky, "la liberté de disposer de son corps, revendiquée dans le "Manifeste des 343", se voit étendu à des pratiques  -  liberté de se prostituer  - qui en constituent le contraire."

La gauche cible les chaînes d'info


La gestion calamiteuse de l'affaire Leonarda a avivé les tensions entre les médias et le pouvoir. La communication de l'Elysée est à revoir
Les faits - La séquence Leonarda a révélé samedi dernier les failles dans la communication présidentielle, mais aussi l’impact des chaînes d’information en continu, que le pouvoir socialiste a largement sous-estimé depuis le début du quinquennat. Du coup, les critiques fusent au sommet de l’Etat contre ces robinets à image. Le gouvernement cherche la parade.
On n'en veut pas
C’est devenu un leitmotiv: le couplet contre les chaînes d’information en général, et contre BFM-TV en particulier, revient en boucle dans les allées du pouvoir. Ainsi Arnaud Montebourg vocifère-t-il contre une « bfm-isation » de la vie politique. Michel Sapin s’emporte de son côté contre « l’emballement médiatique » suscité par le traitement de l’information des chaînes en continu, dans lequel « une tornade chasse l’autre ». Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, ironise sur « Fox News… pardon BFM ». Dans les cabinets ministériels, on ne parle plus que de « B-FN », tant la chaîne d’Alain Weill serait « populiste », « bas de gamme », coupable de produire à jet continu des « fast news » sans recul ni analyse.
Nées à la fin des années 1990, LCI, i-Télé et BFM ont décollé durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Au point que Franck Louvrier, chargé de la communication de l’ancien président à l’Elysée, prédisait dès juin 2011 que « la campagne de 2012 se ferait sur les chaînes d’info ». De fait, les principaux candidats ont séquencé leur agenda de campagne en fonction des chaînes d’info. D’une visite de Rungis au petit matin au meeting du soir, il s’agissait avant toute chose, pour François Hollande comme pour son rival UMP, d’abreuver d’images la grille de ces chaînes.
Chaque jour il est vrai, plus de 9 millions de personnes regardent BFM-TV, alors que les trois journaux télévisés historiques (les 20 heures de TF1 et France 2 et le 19-20 de France 3) affichent près de 17 millions de téléspectateurs à eux trois. L’audience de BFM représente 2 % de part de marché en France alors qu’en Grande-Bretagne, Sky News est à 0,8% et, aux Etats-Unis, Fox News à 1,5%. Autant dire que les chaînes d’info concurrencent sérieusement les grandes chaînes. La miniaturisation des moyens techniques leur permet désormais de faire du direct d’où elles le souhaitent, quand elles le souhaitent : sortie du conseil des ministres, salle des Quatre-Colonnes, siège de l’UMP, trottoir devant le ministère de l’Intérieur, etc.
Du coup, le temps s’accélère et, comme le souligne Michel Sapin, « une information chasse l’autre ». Syrie, Roms, rythmes scolaires, travail du dimanche… Les polémiques enflent aussi vite qu’elles se dégonflent. Et l’émotion véhiculée par l’image l’emporte largement sur la réflexion induite par l’écrit. Ainsi, le jour où le Conseil constitutionnel valide en partie le projet de loi sur la transparence de la vie publique, décision lourde de conséquences, comme l’avenir le montrera, l’actualité est-elle dominée par la fronde des élues de gauche de l’Assemblée contre un député UMP coupable d’avoir caqueté dans l’hémicycle la veille alors qu’une députée écologiste prenait la parole. Il est vrai que la première information ne pouvait s’appuyer que sur un plan de la façade du Conseil constitutionnel, tandis que la seconde était illustrée par l’image inédite de plusieurs dizaines de députées en colère. « On est dans la société du rire, où l’info légère, anecdotique, qui fait du buzz, est préférée au fond, déplore le conseiller en communication d’un ministre. Le gouvernement ne s’est pas adapté à cette nouvelle forme de communication. La gauche doit faire une révolution copernicienne ».
C’est bien ce qu’a montré l’affaire Leonarda : l’Elysée a été surpris de découvrir sur les écrans samedi la jeune collégienne répliquer en direct au président de la République, quasiment sur un pied d’égalité. « C’est étonnant car les caméras campaient depuis trois jours devant le domicile de la famille de Leonarda, raconte un journaliste de BFM. Idem pour France Info ou France 2. L’Elysée pouvait très bien anticiper qu’elle serait interrogée après l’intervention de François Hollande ».
« L’époque où vous aviez un président à l’Elysée, atteint d’un cancer et entretenant de surcroît une seconde famille, est révolue depuis longtemps », concède un proche de François Hollande, qui milite pour un président qui s’expose davantage et donne le tempo, et pour un service de communication qui vive au rythme de « l’actu chaude ». Le hic, c’est que François Hollande « ne veut pas faire comme Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire intervenir au gré des émotions », relève un ministre. Par ailleurs, « la démarche du président, qui est de rechercher le compromis sur tous les sujets, et qui donc nécessite du temps, est contradictoire avec ce système de traitement de l’information en accéléré». « François Hollande ajuste en permanence sa politique par rapport à l’opinion portée par les journaux, mais se préoccupe peu des chaînes d’information », ajoute un responsable socialiste.
Un conseiller ministériel relève aussi qu’on est passé « de journalistes de presse écrite qui prennent le temps de réfléchir et d’analyser une information à des journalistes précarisés et pressurisés des chaînes d’info, qui se contentent de relater les faits. Du coup, on va arriver à une information à deux vitesses, pointue et payante pour les classes supérieures; gratuite, rapide et sans valeur ajoutée pour le peuple. C’est un vrai problème ».
De fait, l’influence de plus en plus large de ces chaînes inquiète au sommet de l’Etat. « Elles tirent toujours plus vers le bas, observe un conseiller de l’Elysée. Ce qui est clair, c’est que cela influence le fonctionnement et la fabrication des 20 heures, car les gens sont alimentés toute la journée par le robinet à images, et ils les revoient le soir dans les JT. On ne sait pas si ça produit des effets directs sur les citoyens, mais ce qui est clair, c’est que ça occupe les yeux et les oreilles ».
L’exécutif s’interroge donc au positionnement à adopter dans cette bataille de l’image. « Les chaînes d’infos sont là, on n’est pas la Corée du Nord, on ne va pas les supprimer, donc il faut faire avec, et essayer de les gérer », estime le conseiller d’un pilier de la majorité. « On ne va pas changer ces chaînes et leur mode de fonctionnement, donc c’est à nous d’essayer d’être plus intelligents qu’eux », approuve un autre conseiller. En attendant, « tous les politiques se précipitent sur nos plateaux », fait remarquer Céline Pigalle, directrice de la rédaction d’i-Télé. Ce qui relativise les critiques d’une classe politique qui a toujours tendance à considérer les médias comme le support de sa communication.

Heureusement pour François Hollande, il n'est plus "normal"


En chute libre dans le baromètre BVA-L'Express -73% des Français (+7) disent aujourd'hui avoir une "mauvaise opinion" de lui-  à quoi, légitimement, François Hollande peut-il maintenant s'adosser pour tenir et présider, sinon aux institutions de la Vème République, que la gauche avait jadis combattue dans la rue en pourfendant "le pouvoir personnel" ? Des institutions qui protègent le "monarque républicain", élu pour cinq ans et non pour dix-huit mois, et le hissent au-dessus... Disons: au-dessus des citoyens.
Encore faut-il ne se pas se présenter comme cela a été le cas au lendemain du 6 mai, façon Europe du nord, comme un président "normal". Un président "normal", une simple tempête le balaie. Pour un monarque républicain, il faut un ouragan, et l'ouragan, c'est plus rare. Heureusement pour l'Elysée, la sotte parenthèse de la "normalitude" a été assez vite close.

Nouvelles solutions

Nouvelles solutions


Puisque le gouvernement n’a pas reculé, juste écouté, qu’il va négocier (pardon, dialoguer) et que l’écotaxe n’est pas renvoyée aux calendes grecques mais suspendue, chacun se doit de proposer des solutions. Modestement nous en suggérons quelques-unes. Que les poids lourds ne paient que lorsqu’ils roulent à vide. Que le prix soit acquitté uniquement les jours fériés. Ou les journées de pluie dans les régions ensoleillées et de soleil dans les pluvieuses. Quant aux portiques, leur usage est tout trouvé : seules les voitures de l’administration auront à verser leur obole, ce qui satisfera le goût du pouvoir pour l’impôt sans augmenter la dépense publique. Si rien ne marche, on pourra toujours décréter un nouveau délai, puis un report, ensuite un sursis, enfin un moratoire.

La suspension de l’écotaxe divise la région


Le retrait temporaire de la taxe sur les poids lourds réjouit professionnels et UMP, mais énerve les Verts.

Face à l’opposition des Bretons, le Premier ministre a annoncé, hier, la suspension à l’échelle du pays de l’instauration au 1er janvier de l’écotaxe. Le retrait, dont la durée n’est pas fixée, vise à « donner le temps nécessaire d’un dialogue national et régional. Suspension n’est pas suppression, et ce dialogue aura pour objectif d’améliorer les dispositions propres à la filière agricole et agroalimentaire » , précise Jean-Marc Ayrault.

Les milieux économiques respirent

« Il faut mettre en place des politiques écologiques mais, devant une inquiétude économique extrême, il faut savoir prendre le temps de dialoguer. C’est aussi ça proposer une gouvernance moderne » , commente Antoine Homé, le président du groupe PS à la Région. « Si l’écotaxe doit être repoussée aujourd’hui, alors qu’elle a été élaborée en 2008 dans le cadre du Grenelle, c’est uniquement parce que le dossier a été mal ficelé au préalable par le gouvernement Fillon » , poursuit le maire de Wittenheim.
Faux, répond l’UMP. « La suspension du projet n’a pour seule cause que les mouvements en Bretagne. Au même titre que dans l’affaire Leonarda, ce recul illustre l’ambiance ‘’sauve qui peut’’ du gouvernement face aux pressions » , avance le député sélestadien Antoine Herth.

« Le mouvement de protestation correspond à une exaspération liée à une multiplication des taxes et impôts, qui entraînent un réel rejet de toute nouvelle proposition fiscale , surenchérit Philippe Richert, le président de la Région. Cette nouvelle marche arrière est cependant une mauvaise réponse à un projet qui a traversé des aménagements successifs certes, mais qui faisait désormais consensus et recueillait l’unanimité des parlementaires. »
Refusant de rentrer dans des considérations politiques, Michel Chalot, le président de l’Union régionale du transport d’Alsace, pointe pour sa part que « la décision du gouvernement enlève aux transporteurs un sacré poids sur les épaules. Nous allons pouvoir retravailler sereinement avec nos clients, car les négociations sur les prix de nos prestations ont été polluées par la question de l’écotaxe ces derniers mois ».
Et pour cause : « Certains transporteurs alsaciens pourraient avoir à payer jusqu’à 200 000 € de taxe par an. Cette somme, ils devront la reporter sur leurs clients qui feront de même sur les consommateurs. Ceci est juste impensable en cette période de crise durant laquelle le pays ne produit pas de richesses » , déplore Jean-Luc Heimburger, le président de la CCI du Bas-Rhin, qui promet de « poursuivre son lobbying » contre l’écotaxe. « Nous allons aussi continuer à sensibiliser les élus car, si elle passe, cette taxe coûtera cinq millions d’euros par an aux agriculteurs alsaciens , lâche Denis Ramspacher, de la FDSEA 67. Il faut aller donc plus loin qu’une suspension ! »

Des négociations à venir

« Cinq pays européens, dont l’Allemagne, ont déjà instauré des taxes similaires et cela se passe très bien. Nos décideurs nationaux et régionaux manquent juste de volonté et de courage » , lance le conseiller régional Europe Ecologie-Les Verts Jacques Fernique. Mettant en exergue l’aspect environnemental de l’écotaxe qui pourrait réduire le nombre de camions sur les routes, l’élu propose de « profiter de la suspension nationale pour lancer l’expérimentation d’une taxe dans la région, comme il était prévu de le faire depuis la loi Bur de 2005 ».
Silence gêné d’Antoine Homé. Tout en expliquant « comprendre » l’idée de son ami écologiste, le socialiste n’y souscrit pas. « Avant de faire quoi que ce soit au niveau régional ou national, comme l’a dit le Premier ministre, il faut prendre le temps d’examiner les choses de façon très précise » , martèle le socialiste.
Pour l’UMP, Antoine Herth, il est surtout venu le moment « de reparler des projets que le gouvernement a décidé de ne pas financer dans la région, comme la deuxième phase de la LGV Rhin-Rhône. Il ne peut pas à la fois demander des recettes supplémentaires à travers l’écotaxe et ne rien redistribuer. » Selon lui donc, la question de la taxe sera au cœur du débat sur le volet transport inhérent au contrat de plan 2013-2017 que les collectivités et l’État doivent étudier en décembre. D’ici là, elle le sera aussi lors de la séance plénière du conseil régional du 22 novembre, à laquelle le préfet doit participer.

Hollande : le grand dévissage

Hollande : le grand dévissage


De turbulences impétueuses en reculades tumultueuses, ce gouvernement de pompiers pyromanes ne cesse de courir éteindre les incendies qu’il a lui-même allumés. Cela finit par ressembler à un film burlesque où le chef de l’Etat se ridiculise et perd le peu d’autorité et de crédibilité, déjà bien minces, qui lui restaient. Pas étonnant s’il bat aujourd’hui ses propres records d’impopularité. Et, à chaque fois, ces embrasements mal maîtrisés laissent dans l’atmosphère une irritante odeur de cendres chaudes et d’imperceptibles traces de substances inflammables susceptibles, à force d’accumulation, de mettre le pays à la merci de la moindre étincelle…
On l’a vu avec la mesure d’uniformisation au taux unique (et inique) de 15,5 % des prélèvements sociaux sur les plans d’épargne logement (PEL), plans d’épargne en actions (PEA), « certains contrats d’assurance-vie » et l’épargne salariale. Epargne notre épargne, ont grondé les épargnants en colère. On le constate encore avec les manifestants bretons toujours vent debout contre l’écotaxe et ses portiques espions, que le gouvernement envisage également « d’aménager ». Car, contrairement à ce que les mauvais esprits prétendent, le gouvernement ne recule pas : il « amende » et « aménage ». Certains disent même qu’il « déménage ». En l’occurrence, ce dernier mot recouvre ici deux sens différents. On peut dire du gouvernement, lorsque ce dernier abandonne furtivement les projets qu’il nous annonçait, qu’il « déménage » à la cloche de bois. Mais plus vraisemblablement ses dénigreurs entendent, avec ce terme, dire que le gouvernement déraisonne. Qu’il franchit de plus en plus les limites du raisonnable, d’où la grogne, la rogne et la hargne des Français à son égard.

La Bretagne, ex-fief de gauche…

La Bretagne, bastion socialiste jusqu’aux dernières élections, marque de façon ô combien symbolique ! le désenchantement de l’électorat à l’égard du gouvernement. Dans les quatre départements bretons, François Hollande avait obtenu 56,35 % des voix en mai 2011. Que reste-t-il de cet enthousiasme déçu ? Beaucoup de colère. La Bretagne, où les socialistes avaient succédé – via un clergé progressivement et progressistement glissé à gauche – aux démocrates chrétiens, était l’une des régions les plus européistes de France. Aujourd’hui désillusionnés, les Bretons bernés conspuent Bruxelles.
« Un double désastre », souligne cruellement le billettiste du Monde : « L’exécutif et sa majorité n’ont plus prise sur rien, ils sont attirés dans une spirale infernale. Aux ratés succèdent les reculs qui alimentent la défiance et l’inquiétude. “On ne peut plus rien toucher”, se désespère un ministre, après que le gouvernement a dû, une nouvelle fois, revoir sa copie fiscale. Désormais, il apparaît d’une totale vulnérabilité, incapable de résister à la moindre bourrasque ». Alors que les météorologues de la politique nous annoncent des avis de tempête tous azimuts…
Il y a quinze jours, pour rendre compte des primaires socialistes à Marseille, l’éditorialiste Jacques Camus avait forgé un mot-valise amusant et très expressif : la « brouillabaisse ». On pourrait aujourd’hui acclimater ce néologisme dans les jardins de l’Elysée pour qualifier la politique incertaine et aux ingrédients douteux mitonnée par le chef de l’Etat le plus impopulaire de toute la Ve République.

L’ère des entreprises "hub" et des salariés nomades

Donner aux collaborateurs davantage de marge de manœuvre dans leur façon de travailler et de s’organiser est une tendance qui devrait s’imposer. Car tout le monde y gagne.
Ce vendredi matin, Julie Rieg, directrice des études du cabinet de prospective Chronos, n’est pas allée au bureau. Elle a travaillé tard la veille et a préféré troquer son temps de trajet contre trois quarts d’heure de sommeil supplémentaires : elle travaillera sur ses dossiers, mais de chez elle. Dans quinze jours, cette ­Parisienne d’adoption a prévu de partir se ­ressourcer en Alsace, sa région d’origine, pendant une semaine… Elle n’aura pas besoin de poser de vacances : là encore, elle «télé­tra­vaillera». Julie est peut-être le parfait exemple de ce qui nous ­attend demain. Un mode de fonction­nement et d’organisation flexible, adapté aux contraintes professionnelles et ­personnelles de chacun.
Télétravail généralisé. Le nomadisme tel que le pratique Julie est déjà courant chez les commerciaux et certains consultants. Mais, grâce aux nouvelles technologies, ce qui constituait une exception est en train de devenir la règle. Premier coin enfoncé dans le fonctionnement traditionnel de l’entreprise (des salariés tous réunis au même endroit, au même moment, sous les yeux de leur supérieur hiérarchique), le télétravail fait tomber les réticences à ­mesure qu’il se ­généralise. Au­jourd’hui, 14% des salariés le pratiquent de façon formelle – via un avenant à leur contrat de travail – ou informelle. La moitié des entreprises du CAC 40 ont signé un ­accord sur le sujet : Air France, Alcatel-Lucent, Hewlett-Packard, HSBC, Canal+, L’Oréal, Capgemini, Accenture, Areva, Bouygues Telecom, Michelin, Renault, Axa, Orange, SFR ou, tout récemment, La Poste.

Productivité accrue. Si l’objectif ­affiché est d’offrir une meilleure qualité de vie au ­salarié – moins de transport, plus de calme qu’en open space –, les entreprises ont vite compris l’avantage qu’elles pouvaient elles aussi en tirer. «Les collaborateurs se montrent plus motivés, plus efficaces, et c’est un excellent outil pour les fidéliser», ­résume Eric Couté, chargé du télétravail chez Renault. D’ailleurs, 1 450 salariés de la firme au losange, soit 9% des métiers de l’ingénierie et du tertiaire (la population con­cernée par l’accord), ont opté pour cette formule de un à quatre jours par semaine. Selon certaines étu­des, la productivité d’un télétravailleur serait supérieure d’environ 25%. «Le principal risque n’est pas que le salarié “bulle” sur son canapé, mais au contraire qu’il travaille trop, souligne Michel Barabel, professeur de management à l’université Paris-Est et auteur de “Manageor” (Dunod). La priorité pour les managers est de s’assurer que le col­la­borateur réussisse à décrocher de son poste.»
Pour répondre à cet appel à une flexibilité accrue, de plus en plus de sociétés proposent à leurs salariés de travailler dans des lieux annexes, plus faciles d’accès, qu’el­les mettent à leur disposition. IBM, par exemple, compte sept télé­centres répartis dans toute l’Ile-de-France. La moitié des 4.000 salariés du siège de Bois-Colombes y aurait régulièrement recours. Renault, de son côté, a ouvert depuis peu des «business centers» au sein de ses différents sites. «Certains collaborateurs sont souvent en déplacement, explique Eric Couté. L’idée est de leur offrir une salle dans laquelle ils peuvent s’installer lorsqu’ils ne sont pas sur leur lieu de travail habituel.»
Trajets studieux. Autre formule en plein essor, les espaces de «coworking», du type La Cantine, La Ru­che ou Soleilles Cowork. Ces lieux ne sont plus réservés aux seuls travailleurs indépendants en mal de sociabilité. «De plus en plus d’entreprises les envisagent comme des lieux d’accueil potentiels pour leurs salariés, confirme Frantz Gault, directeur général de LBMG Worklabs (cabinet spécialisé dans le nomadisme). Mais le modèle économique reste à trouver : payer pour ses propres locaux, en louer d’autres et prendre en charge les frais des collaborateurs en télé­travail, cela fait beaucoup.» Dans les faits, ce sont les moyens de transport – bus, métro, train… – qui deviennent les «tiers lieux» (ni locaux de l’entreprise ni domicile) privilégiés des salariés : ils sont en effet de plus en plus nom­breux à profiter du temps de trajet pour travailler. «On pourrait imaginer, à terme, que l’entreprise considère le temps de transport comme un temps de travail à part entière», propose Julie Rieg, de Chronos.
Moins de hiérarchie. Il n’y a pas que les murs de l’entreprise qui tombent. Les barrières hiérarchiques aussi tendent à s’effacer. Google France est, en la matière, un cas d’école. La plupart des services sont éclatés sur plusieurs lieux, ce qui modifie en profondeur les relations de travail. «A Paris, la moitié des 500 salariés ont leur manager fonctionnel dans un autre pays, en Allemagne, en Angleterre ou aux Etats-Unis, décrit Dorothée Burkel, la DRH. Le principe, c’est la confiance a priori. Il est donc impératif que les collaborateurs soient responsabilisés.» Les objectifs sont fixés chaque trimes­tre par le manager au cours d’une réunion qui rassemble physiquement tous les membres de l’équipe. Et chaque semaine, un point individuel avec le collaborateur – en tête à tête ou par vidéoconférence –permet d’évoquer les difficultés rencontrées. Autre particularité qui pourrait, d’ici à quelques années, devenir la règle : les managers sont eux-mêmes évalués par leurs équi­pes, qui vont noter, par exemple, leurs qualités d’écoute ou leur capacité à les faire évoluer.
Leaders "fonctionnels". «Dans tous les secteurs, on voit émerger des organisations plus plates qu’aupa­ra­vant, avec des organigrammes réduits et une autonomie accrue accordée aux salariés», observe Isaac Getz, professeur de leader­ship à l’ESCP Europe. Rien qu’en France, on dénombre une ­quinzaine d’entreprises qui ont fait de la responsabilisation des salariés leur nouveau credo : l’équipementier automobile Favi, la biscuiterie Poult… «Attention, l’absence de manager ne signifie pas qu’il n’y a personne pour coordonner l’activité ou encadrer l’équipe, précise Isaac Getz. Mais ce leader est “fonctionnel” et, bien ­souvent, désigné par l’équipe elle-même.»
IMA Techno­logies, un centre d’ap­pels de 400 person­nes situé près de Nantes (lire l’encadré page 51), a fait sa révolution il y a un an et demi : un niveau hiérar­chique a été supprimé, et si le terme «manager» n’a pas encore disparu du vocabulaire, dans les faits, tous ses attributs ont été abandonnés. Exit les places de parking réservées et les grands bureaux fermés. Terminé également le contrôle de l’information : des rapports financiers aux notes de frais des salariés, tous les documents de l’entreprise sont désormais affichés dans les couloirs. ­Enfin, fini, le «flicage» des collaborateurs. «Je considère que, sur un plateau d’appels, les conseil­lers clientèle sont les mieux placés pour régler les questions opération­nelles qui relèvent de leur activité», explique Christophe Collignon, directeur général de l’en­treprise depuis treize ans.
Mode projet. Autre évolution qui pourrait, elle aussi, s’imposer de plus en plus à l’avenir : le fonctionnement en mode projet. Chez IMA Technologies, il a été généralisé : en plus de son activité, chaque salarié participe à des «groupes d’inno­vation». Il en existe 40, qui traitent de questions aussi bien externes (les nouveaux produits à développer…) qu’in­ternes (leurs travaux ont débouché en juin dernier sur un accord de télétravail, y compris pour les télé­opérateurs). «Un de nos conseillers a, par exemple, piloté la mise en place d’une nouvelle offre – une formation à la relation client – pour les entreprises. Cette activité va générer 500 000 euros de chiffre d’affaires dès cette année, s’enthousiasme le directeur. En temps de crise, faire fonctionner 400 cerveaux au lieu d’un seul, c’est loin d’être un luxe.»
Travail à distance, généralisation du mode projet, fin de l’obsession de la présence du salarié sur le lieu de travail, rapport à la hiérarchie plus décomplexé… Pour les experts, pas de doute, les modes d’organisation comme les façons de travailler vont devenir de plus en plus souples. «C’est obligatoire, car le modèle traditionnel est en bout de course, analyse Michel Barabel. Il ne répond ni aux impératifs d’innovation et de performance des entreprises, incapables de sortir de la crise, ni aux exigences des nouvelles générations de salariés qui souhaitent davantage de liberté et une meilleure prise en compte de leur vie privée… Sans oublier le pro­blème des temps de transport entreprise-domicile, qui ont tendance à s’accroître constamment.» Frantz Gault, de LBMG Work­labs, se risque à une hypothèse : «L’en­treprise de demain sera une sorte de hub, un lieu de convivialité où les salariés viendront deux ou trois fois par semaine pour participer à des réunions d’équipe, gérer des dossiers en commun, pren­dre un café entre collègues ou, tout simplement, profiter de la salle de sport.» Mais les autres tâches se ­feront ailleurs.
 Laure Cailloce

Hollande, à genoux devant les banques


Premier acte de la tartuferie : la mise en place d’une taxe sur les transactions financières en août 2012. Cette taxe en carton-pâte ne visait que l’achat d’actions de groupes français dont la capitalisation dépasse 1 milliard d’euros. Les entreprises étrangères ainsi que des pans entiers de la spéculation n’étaient donc pas touchés.
Il faut savoir que la spéculation mondiale s’organise autour de quatre grands marchés : le marché des actions, le marché des produits dérivés, le marché des obligations et le marché des matières premières. La taxe actuelle ne concerne qu’un seul secteur de spéculation, épargnant le plus important et le plus explosif d’entre eux, celui des produits dérivés, aujourd’hui estimé à 800.000 milliards de dollars (vous avez bien lu). Il aurait donc été plus juste d’appeler cette taxe : « Taxe sur certaines transactions financières ».
Ce marché des produits dérivés est en partie assuré par des ordinateurs ultrasophistiqués qui effectuent les opérations d’achat et de vente en quelques microsecondes. C’est ce qu’on appelle le trading à haute fréquence. Dit comme cela, ça n’en a pas l’air, mais il s’agit ni plus ni moins d’une bombe à retardement.
Le 8 octobre, la commission des finances de l’Assemblée nationale a voté pour un amendement qui étendait le champ de la taxe sur les transactions financières aux opérations de trading à haute fréquence. Par ce mécanisme, on se serait attaqué de front aux produits dérivés.
Mais c’était sans compter sur Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget, qui a décidé d’enterrer le projet, au motif que cette mesure risquerait d’amputer la liquidité de la place financière. Notre ministre ignore certainement que c’est à cause d’un excès de liquidité injecté dans l’économie virtuelle (l’économie réelle en aurait eu grand besoin) que se créent toutes les bulles spéculatives modernes. Une telle « amputation » aurait été en vérité un bienfait pour l’humanité. La “gogôche”, qui se gargarise pourtant de sa supériorité morale, et Hollande, ennemi autoproclamé de la finance, ne l’ont pas jugé ainsi.
Nous tenons à souligner que même si la finance avait été taxée, elle s’en serait sortie à très bon compte. En effet, la finance se présente comme le carburant de l’économie réelle. Mystification. La finance est un monde virtuel qui pour survivre suce le sang de l’économie réelle. Très concrètement, nos banques, devenues folles, préfèrent utiliser leurs capitaux pour spéculer sur les marchés précités plutôt que de financer l’économie réelle, et en particulier nos PME.
La finance, avec le libre-échange et l’ultra-fiscalité, est un vecteur du plombage de notre économie.
De ce constat, il apparaît que la finance est un danger pour la société française, un mal en soi, un mal profitant à une infime minorité et faisant souffrir l’immense majorité. Comme tout mal, il ne doit pas être aménagé mais anéanti.
De même qu’on ne taxe pas le viol, la rapine ou l’assassinat, il ne faut pas taxer la finance mais la prohiber.

François Hollande en instance de divorce avec l'opinion


Après l'affaire Leonarda et sur fond de fronde fiscale, la cote de François Hollande a chuté à 26% de bonnes opinions. Le chef de l'État est bel et bien entré en cohabitation avec son propre peuple. 
Par temps de pluie, un escalier se transforme en toboggan. Les sondages de François Hollande, président qui fait pleuvoir, en sont là, comme le montre l'"observatoire de la politique" réalisé cette semaine par BVA pour L'Express, France Inter, Orange et la presse régionale.  
L'affaire Leonarda n'est pas un incident, elle est la goutte d'eau qui fait déborder le vase du désaveu populaire. A 26% de bonnes opinions, la cote du chef de l'Etat approche de la zone d'illégitimité, ce trou noir dont un politique ne revient jamais. En cet automne 2013, les Français ont décidé de faire chambre à part, de battre froid ce président qu'ils n'estiment plus et dont ils souhaitent se séparer au plus vite.  

Fiscalité : le grand malaise des artisans et commerçants


S'estimant «asphyxiés» par les taxes, ces petits entrepreneurs menacent de lancer une opération de protestation «d'envergure». Un cri d'alarme adressé au gouvernement.
Les artisans sont en colère et bien décidés à le faire ­savoir. Aprèsla manifestation organisée le 13 septembre dernier par les artisans du bâtiment, c'est l'ensemble des entreprises de proximité (artisans de tous métiers, commerce d'alimentation et hôtellerie-restauration), sous l'égide de leur syndicat l'UPA, qui se prépare à une «opération d'envergure» d'ici à la fin de l'année. «Ce ne sera pas une manifestation dans les rues, mais une action qui se verra, et vise à montrer au gouvernement qu'il asphyxie les entreprises artisanales», confie l'un d'eux.
Pourquoi ce coup d'éclat? «Nous ne pouvons plus accepter aujourd'hui que l'on pénalise ceux qui produisent de la richesse et de l'emploi», explique Jean-Pierre Crouzet, artisan-boulanger et président de l'UPA, soulignant que le secteur a créé 100.000 nouvelles entreprises et 650.000 nouveaux emplois en dix ans. «Nous ne pouvons plus souffrir sans réagir», ajoute-t-il. «On est en train de disparaître les uns après les autres. Le silence serait la pire des agonies», renchérit Patrick Liebus, artisan-couvreur, président de la Capeb, le syndicat des artisans du bâtiment.
Le gouvernement est donc ­prévenu. «Ça n'est facile pour personne», leur a répondu Michel Sapin, jeudi dernier lors du colloque de l'UPA. Cherchant à calmer le jeu, le ministre du Travail a mis en garde les artisans contre «des visions trop simplistes où il y aurait, d'un côté, ceux qui ne font rien, de l'autre ceux qui travaillent dur et ne seraient pas payés en retour».
Mais sur le terrain le malaise des artisans, qui se présentent collectivement comme la première entreprise de France, est palpable. S'estimant «sacrifiés pour contribuer au redressement des comptes publics», ils énumèrent, comme dans un inventaire à la Prévert, l'alourdissement de la fiscalité, un coût du travail excessif, les hausses de la TVA au 1er janvier 2014, la concurrence jugée «déloyale» des autoentrepreneurs, la difficulté à former des apprentis, la réforme des retraites qui va se traduire par une hausse des cotisations vieillesse et la création d'un compte «péni­bilité» qui pourrait se révéler ingérable pour les entreprises.

«Coup de massue»

«Nous estimons à 1,1 milliard d'euros les prélèvements supplémentaires sur les entreprises d'ar­tisanat au titre de l'année 2013, ­affirme Jean-Pierre Crouzet. Il est malheureusement évident que certaines entreprises ne vont pas se remettre de ce coup de massue». Et de plaider, pour sortir de l'impasse, en faveur d'une réduction des dépenses publiques.
Au-delà de ce qu'elle qualifie de «harcèlement fiscal», l'UPA ­dénonce aussi le manque de visibilité: «les charges fiscales, parafiscales et sociales changent en permanence, affaiblissant encore les trésoreries des entreprises déjà ­mises à mal par la crise, affirme Jean-Pierre Crouzet. Cette incertitude empêche les chefs d'entreprise d'anticiper et les incite à l'immobilisme quand il faudrait au contraire encourager le développement, l'investissement et l'embauche.»
Enfin, s'agissant de la formation des jeunes, où les artisans se retrouvent en première ligne, l'UPA préconise que la taxe d'apprentissage soit «davantage fléchée vers les structures qui forment réellement et massivement des apprentis». Surtout, «nous souhaitons revaloriser le travail manuel dont on dit souvent qu'il est vil comparé au travail intellectuel qui, lui, serait noble», conclut Patrick Liebus. De fait, l'artisanat offre chaque année des milliers de postes non pourvus, dans un pays qui compte plus de 3 millions de chômeurs…

La Grèce au FMI : «Les Grecs ont donné leur sang et tout ce qu'ils avaient»


Alors que la troïka doit faire un nouvel audit sur les comptes de la Grèce, le président grec a assuré qu'il ne cédera pas aux pressions de ses créanciers internationaux qui réclament de nouvelles mesures d'austérité.
Les Grecs, frappés de plein fouet par l'austérité, n'ont plus rien à donner, a déclaré lundi le président grec Karolos Papoulias aux créanciers de l'UE et du FMI, à l'approche d'un prochain audit fiscal en vue de nouveaux emprunts. «Aujourd'hui, les Grecs ont donné leur sang et tout ce qu'ils avaient pour surmonter la crise, et cela doit être respecté par l'Europe. Le peuple grec ne peut rien donner de plus», a-t-il soufflé à la fin d'une parade militaire en commémoration de la résistance grecque au fascisme, à Thessalonique, dans le nord du pays.
La Grèce ne cédera pas aux pressions de ses créanciers internationaux qui réclament de nouvelles mesures d'austérité, a promis ce lundi le président. «Ils ne doivent pas croire que nous céderons au chantage. Le peuple grec n'a jamais cédé au chantage», a-t-il ajouté, évoquant le «non» à l'ultimatum de Benito Mussolini, qui sommait Athènes de laisser les armées de l'Axe entrer en Grèce.
Une équipe de vérificateurs de la troïka composée du Fonds monétaire international, de la Commission et de la Banque centrale européenne doit passer au crible début novembre les réformes mises en place dans le pays. Elle craint que la Grèce n'atteigne pas ses objectifs budgétaires en l'absence de nouvelles mesures d'austérité. Les Grecs, qui ont perdu 40% de leur pouvoir d'achat depuis 2008, s'y refusent.
D'après les estimations de la troïka, la Grèce est exposée à une insuffisance financière de 10,9 milliards d'euros d'ici à 2015, dont 4,4 milliards en 2014. Les experts devraient pousser à plus de coupes budgétaires, mais la fragile coalition gouvernementale d'Antonis Samaras a prévenu que le pays, frappé par la récession, ne pouvait pas se permettre de baisser davantage les salaires et les pensions.
La Grèce a plongé dans la récession en 2008, après avoir été frappée par la crise économique mondiale. Les coûts d'emprunt élevés sur sa dette massive l'ont poussée à chercher une aide financière en 2010. Jusque-là, l'Union européenne et le Fonds monétaire international ont engagé un total de 240 milliards d'euros pour la Grèce dans le cadre de deux plans de sauvetage. Depuis trois ans, le gouvernement grec a dû augmenter les taxes tout en taillant dans les allocations, les salaires et les emplois. Depuis 2008, le taux de chômage a triplé, à 27,6%, tandis que l'économie s'est repliée de 22%.

PETITE DÉPENSE DE HOLLANDE A NEW YORK ????

Bien que de nombreux commentaires avait déjà été édités dans le blog, il est toujours bon de faire quelques petits rappels du moment que  notre président fait ses petites dépenses.


Comme la plus importante,  "étant l inconstitutionnalité de l abaissement de leur salaire de 30 %"  
M. HOLLANDE  avait su  clamer haut et fort lors d  un journal télévisé du 20 Heures sa résolution pour le faire, mais il n a jamais indiqué que la constitution avait refusé. 

Il est toujours plus facile de faire de telles promesses sachant qu elles ne pourront jamais être mis en application.

Si on mettait tout les politiques dans un sac et à la mer, je pense que même les requins n en voudraient pas par peur de s empoisonner.


Dépenses Diverses ILS NE MANQUENT PAS D'AIR CES GENS LA 

Heureusement qu'il y a les médias étranger pour nous informer. 

Hollande à New York: Une facture de... 930.000 euros pour deux jours !!! La crise, il ne connait pas ! 

INTERNATIONAL - le président "normal" dépense encore plus que Sarkozy...> > 
Toujours est-il que le déplacement de Hollande, de Trierweiller et de toute son équipe (100% socialiste) à New York aura coûté en tout 930.000 euros révèle Le Parisien, soit 100.000 euros de plus que Sarkozy l'année dernière qui, lui, était resté quatre jours...

Le président s'est exprimé 8 minutes à l'ONU, les 61 personnes de la délégation auront notamment dépensé 216.000 euros pour la réception des 1.500 Français de New York dans la prestigieuse salle de Broadway, le Roseland Ballroom. 

Pour le précédent locataire de l'Elysée, la facture de la même réception s'était élevée à 180.000 euros. 

A noter que le clan Hollande, qui prétend depuis le 6 mai réduire les dépenses liées au train de vie de l'Etat, s'est encore illustré en la matière !... Hollande a occupé la plus luxueuse suite de l'hôtel Setai sur la Cinquième avenue. 

Certes, on lui avait négocié le prix: 10.000 dollars la nuit, contre les 30.000 ordinairement facturés... 
Cette facture de 930.000 euros (détails dans Le Parisien) laisse un goût amer chez beaucoup d' internautes Français... 

Pour information : Ce petit voyage de 2 jours du président normal coûte quand même 760 années du salaire d'un travailleur Français qui trime au SMIC... 

Eh bien figurez-vous que les journalistes.............ne le savaient même pas !!! 

Vérifié sur le site du Conseil Constitutionnel. 

Cette décision existe bel et bien. La baisse des revenus (Président, Ministres...) a été déclarée inconstitutionnelle et donc annulée... dans le plus grand silence ! 

Vous avez dit complicité ? Par décision n°2012-654DC du 9 août 2012 le conseil constitutionnel a déclaré non conforme à la constitution l'article 40 de la loi de finance rectificative qui prévoyait la baisse de salaire de 30% du président, du premier ministre et du gouvernement. 

Donc, maintenant, ils sont beaucoup plus nombreux qu'avant... et payés autant. 

Comme c'est curieux, personne n'en parle.... 

Bizarre!! vous avez dit bizarre !! 

Parce que finalement cela faisait bien de faire des déclarations d'économie pour montre l'exemple. Ne s étaient-ils pas renseignés avant depuis le temps qu ils étaient dans l opposition??? 

Totalement vérifiable à cette adresse : 


A l'heure où Mario Monti renonce à son salaire et qu'on nous annonce qu'en Russie il n'y a qu'une centaine de députés.  

Je crois qu'il faut faire exploser le web français avec ce message plein de bon sens ! peut-être qu'ils finiront par comprendre ??? 

Quel homme politique, de gauche comme de droite, aura le courage de l'admettre et surtout de se battre pour le faire ??? 

C'est peut-être le plan de rigueur que l'on va nous annoncer un jour... 

Je ne sais pas si les chiffres sont bons, mais pour le principe, puisqu'on supprime 1 fonctionnaire sur 2, voire 2 sur 3, on devrait alors supprimer 1 sénateur sur 2 et 1 député sur 2 en effet à l'heure où la situation financière est telle que l'on cherche en hauts lieux désespérément de l'argent et que l'on va encore s'acharner sur le peuple pour le faire payer et en trouver, une réflexion s'impose !