TOUT EST DIT

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mercredi 8 mai 2013

Paris : l'UMP redoute l'échec, NKM veut changer les règles

Seulement 3.000 personnes se sont inscrites pour voter à la primaire de la droite en vue de la municipale de 2014 à Paris, quand il en faudrait 58.000 dans trois semaines, explique-t-on à l'UMP. Pour éviter l'accident industriel, Nathalie Kosciusko-Morizet a demandé à Antoine Rufenacht, président du Conseil supérieur de la primaire, de mettre en place un vote dans un bureau en complément du vote électronique.

Soupe à la grimace : la fédération parisienne de l'UMP se demande dans quelle galère elle s'est embarquée avec la primaire ouverte à tous les sympathisants de droite pour désigner son candidat à la municipale de 2014. En deux semaines, seulement un peu plus de 3.000 personnes se sont inscrites sur Internet, étape obligatoire pour participer au processus. Pour que le dispositif soit rentable, il faudrait 58.000 inscrits avant la date de clôture, le 28 mai à 19 heures. On s'achemine vers un four. "Il y a un vrai problème de mobilisation", reconnaît-on dans l'entourage de la favorite, Nathalie Kosciusko-Morizet. "Les militants ne sont pas là-dedans."
Ils ont un balai dans le cul ou quoi ? ALLO !!
En cause : le casting d'abord. Depuis l'abandon de Rachida Dati, la primaire manque d'autres noms comparables à celui de l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy. Surtout, de nombreuses personnes "pensent que c'est déjà gagné pour NKM", explique un cadre de la fédération. Il y a aussi le dispositif : un vote par Internet sur plusieurs jours avec pré-inscription obligatoire. "C'est un peu le bordel", juge ce cadre. Autre grief, le manque de soutien de la direction nationale du parti. "L'UMP ne joue pas le jeu", lance un proche de Nathalie Kosciusko-Morizet. "L'UMP a un peu l'attitude de Ponce Pilate", renchérit auprès du JDD.fr Claude Goasguen, maire du 16e arrondissement et soutien de l'ancienne maire de Longjumeau.

"C'est service minimum"

Faux, rétorque-t-on rue de Vaugirard, au siège du parti. "Des initiatives ont été prises", assure-t-on dans l'équipe de Jean-François Copé. Et de citer la bannière présente sur le site Internet du parti et renvoyant sur le site Internet de pré-inscription en ligne. "C'est service minimum", répond le cadre de la fédération parisienne. Mais l'UMP trouve que c'est déjà beaucoup : "On ne peut pas garantir l'indépendance des fédérations et faire de l'ingérence", explique-t-on au siège. "Et puis on ne va pas tourner autour du pot, tout le monde sait qu'il n'y a pas d'enjeu et ce n'est pas nous qui avons choisi le mode de scrutin. Rendons à César…"
La mayonnaise ne prend pas et l'équipe de NKM est très inquiète. Ce manque de mobilisation au départ de sa campagne risque de se transformer en boulet pendant son duel face à Anne Hidalgo, la candidate socialiste. Pire, "moins il y aura de votants, plus les petits candidats ont à y gagner", analyse le cadre de la fédération. Personne n'imagine la favorite victime d'une énorme surprise, mais Jean-François Legaret ou Pierre-Yves Bournazel pourraient dans ce cas forcer un second tour.

NKM demande un vote dans un bureau en complément

L'équipe de NKM a donc tiré un trait sur les objectifs de départ. "Les 58.000 participants, c'est oublié! Si on atteint au moins trois-quarts des militants UMP, voire 20.000 inscrits, ce sera déjà bien."De là à annuler dès maintenant la primaire? "Il n'y a pas d'hésitation à avoir. Maintenant, on fonce!", répond Claude Goasguen. "Il n'en est pas question pour l'instant", assure-t-on dans l'entourage de Nathalie Kosciusko-Morizet. L'équipe de la candidate se retrousse toutefois les manches pour éviter l'accident industriel. "On fait en sorte de provoquer un sursaut". NKM a passé sa journée de mardi à faire du porte-à-porte dans Paris pour conquérir de nouveaux électeurs. "Si dans 15 jours, on est à 5.000, 10.000 inscrits, il y aura un vrai problème." L'aiguille tourne.
La candidate a donc décidé de contre-attaquer. Elle a demandé, dans un courrier envoyé ce mardi, à Antoine Rufenacht, président du conseil supérieur de la primaire, de mettre en place un vote physique en complément du vote par Internet. Cela permettrait aux personnes qui n'ont pas Internet ou ne savent pas s'en servir de se déplacer pour voter - toujours de manière électronique - dans un bureau. "Nous sommes dans la logique de demander la possibilité pour les sympathisants peu habitués à Internet de pouvoir voter physiquement", confirme au JDD.fr Vincent Roger, porte-parole de la candidate. Et d'ajouter : "Notre stratégie n'est pas basée sur une faible participation."
Lire aussi l'interview de Claude Goasguen : 
Pour la primaire à Paris, "l'UMP n'en fait pas assez"

Sarkozy à Las Vegas: quel est son état d'esprit, un an après sa défaite?

Nicolas Sarkozy était attendu ce mardi à Las Vegas pour une conférence. A moins d'être sourd, il devient difficile de ne pas percevoir son envie de retour, un an après la victoire de François Hollande... Mais l'élection présidentielle de 2017 est encore loin.


Il est arrivé en retard, ne s'est pas installé à la place qui lui était réservée. Le 15 avril, Nicolas Sarkozy assiste aux obsèques d'Antoine Veil au cimetière de Montparnasse, à Paris, en présence de nombreuses autres personnalités. A l'issue de la cérémonie, il salue les uns et les autres. Au moment où sa main s'apprête à serrer celle de l'un de ses anciens ministres, Jean-Pierre Jouyet, l'ami de François Hollande, il tourne les talons. Est-il resté, n'en déplaise à ses proches qui voudraient croire à sa nouvelle sagesse, l'impétueux qu'il fut hier, le meilleur de ses ennemis? 
Ce même jour, il se rend à Boulogne-Billancourt, au siège de la chaîne L'Equipe 21. Il a demandé que le secret autour de sa visite soit respecté. Ce passionné de sports prend du bon temps. Evoquant le talk-show du soir, il plaisante: "je ne serais pas le plus ridicule si j'étais invité!" Mais il fait aussi, toujours, de la politique. L'attribution de ce canal n'allait pas de soi pour le Conseil supérieur audiovisuel, et pour un peu l'ancien président décrirait maintenant jusque dans les moindres détails comment, depuis l'Elysée, il avait forcé la main de l'instance pour obtenir gain de cause. 
La veille, comme au bon vieux temps, il a longuement discuté avec ses compagnons de quinquennat, Patrick Buisson et Jean-Michel Goudard. Certains de ses plus proches conseillers continuent à travailler pour lui. Camille Pascal lui présente des personnalités de la société civile et planche sur ses discours. C'est à lui que l'on doit la réminiscence du dicton "Faites comme à Liège, laissez pleuvoir", lâché le 27 mars, à l'occasion d'une remise de décoration à un ministre belge, par Nicolas Sarkozy lors de sa première apparition après sa mise en examen 
Il dégaine aussi vite que lorsqu'il était encore dans le métier. Le 31 mars, le Journal du dimanche (JDD) publie un écho: Jean-Pierre Raffarin y complimente François Fillon dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017. Dès le lendemain, le téléphone du sénateur de la Vienne sonne: il est convié dans les bureaux de l'ancien chef de l'Etat, rue de Miromesnil. L'ex-Premier ministre n'avait plus de nouvelles depuis qu'il avait livré son analyse sans concession du mandat dans un texte publié dans L'Etat de l'opinion (2013) - TNS Sofres (Seuil). 

Un festival de piques contre François Fillon, "M. Egal"


Pendant sa petite traversée du désert consécutive à la victoire deJacques Chirac, en 1995, Nicolas Sarkozy apprenait l'anglais. Avec, la suite le démontrerait, des résultats mitigés. Cette fois, il apprend une autre langue qui lui est tout autant étrangère, le silence. Avec des résultats là encore mitigés. La vraie-fausse interview dans Valeurs actuelles, en mars, a jeté un certain trouble. Lui-même n'a pas tout de suite su qu'en penser.  
Deux semaines plus tard, il se déplace en Libye. Il a d'abord dit non, ne voulant pas réapparaître en public. Puis oui: il a même accepté de s'adresser au Parlement. "Je ferai un grand discours sur la Méditerranée." Le voilà qui annule: pas d'allocution. Il ira à Tripoli et aussi, à l'improviste, à Benghazi - mais il ne quittera pas sa voiture, que la foule enthousiaste secoue. 




Les Français broient du noir, mais deviennent de plus en plus lucides

Les Français broient du noir, mais deviennent de plus en plus lucides


La France serait-elle actuellement défrisée par un vent de pessimisme ? Le Français auraient-ils trop tendance à voir le mauvais côté de leur situation ? C’est ce que tendent à démontrer plusieurs sondages effectués dans six pays européens (Le Monde daté du 7 mai) qui donnent tous le même résultat : la France emporte haut la main la pierre noire du pessimisme. Et pourtant, nous dit Claire Gatinois, qui compile et commente ses enquêtes d’opinions, « Les Français vivent presque comme les Allemands et semblent crier avant d’avoir mal ». Ainsi, « quand seuls 26 % des Espagnols et 29 % des Italiens parviennent à épargner, 43 % des Français mettent de l’argent de côté, contre 37 % en moyenne pour les Européens. Un chiffre qui frise le record des Allemands (44 %) qui eux vivent la crise comme une abstraction ».
Justement : l’Allemagne dans les années 1990 se trouvait dans le même marasme économique et social qu’actuellement la France. Un marasme social-démocrate aggravé par une réunification qui coûta à l’Allemagne (et aux contribuables de ce pays) la bagatelle de 500 milliards de marks. Mais, dès le début des années 2000, sous l’impulsion du chancelier (pourtant social-démocrate) Gerhard Schröder, l’Allemagne engagea une série de réformes, souvent drastiques et douloureuses, qui permirent son rapide (et durable) redressement. Des réformes que la France aurait dû, elle aussi, entreprendre depuis quinze ou vingt ans, mais qui ont été reportées année après année, nos politiciens ayant eux choisi le déni mensonger et l’évitement des efforts, remplacé par un endettement continu. La crise venue, les Français se sont donc retrouvés fort démunis, sans autre réserve que nos déficits et notre monstrueux endettement.
Nous aurions dû écouter Molière
Les Français vivent peut-être encore « presque comme les Allemands » mais demain (un lendemain très proche), ils savent bien qu’ils vivront beaucoup, beaucoup moins bien… Si la crise est une « abstraction » pour le peuple allemand, elle se concrétise et se matérialise de plus en plus pour les Français. Il y a trois siècles et demi Molière avait dit tout cela bien plus joliment que n’importe quel économiste contemporain :
Les dettes aujourd’hui, quelque soin qu’on emploie,
Sont comme les enfants que l’on conçoit en joie,
Et dont avecque peine on fait l’accouchement.
L’argent dans une bourse entre agréablement ;
Mais le terme venu que nous devons le rendre,
C’est lors que les douleurs commencent à nous prendre.
Faute de s’être fait arracher une ou deux dents au bon moment, nous nous retrouvons aujourd’hui avec toute la bouche infectée. Quelle que soit la douleur à venir, il faut maintenant passer par la chirurgie d’un rééquilibrage économique que nous ne pouvons plus différer. A l’inverse des Allemands, nos jours pénibles, par l’impéritie de nos dirigeants, sont toujours devant nous. C’est d’ailleurs en espérant que les remèdes de l’hypnotiseur Hollande seraient peut-être un peu moins cuisants que ceux du chirurgien Sarkozy que beaucoup de Français, peu tentés jusque-là par les socialistes, ont néanmoins, en mai 2012, voté pour leur candidat. Pas de chance : l’hypnose du docteur Hollande n’était, comme la plupart des médecines douces, qu’infâme charlatanerie.
Ses échecs à répétitions, dont on vient cette semaine de dresser le bilan, ne dissuadent pourtant pas complètement notre vendeur d’orviétans de continuer à nous proposer ses poudres de perlimpinpin. Surtout ses épigones, qui font pression sur lui pour qu’il ne change pas le contenu de ses flacons euphorisants. Franz-Olivier Giesbert (dont nous ne partageons bien sûr nullement l’engagement européiste) écrivait fort pertinemment dans Le Point de la semaine dernière : « La stratégie de l’évitement qui nous a conduits où nous sommes est donc toujours à l’ordre du jour. Mélangez morphine, hallucinogènes, paresse intellectuelle et vous aurez le texte du PS, un copier-coller des bouffonneries involontaires que l’on peut lire dans Le Monde diplomatique ou dans Alternatives économiques, nos deux bibles du vaudouisme appliqué aux finances publiques. »
En effet, le mot d’ordre des socialistes est toujours : « Continuons comme si de rien n’était. » En stéréo socialo et à crédit… sur fond d’incantations magiques ! Qu’importe que notre dette enfle encore puisque, comme le dit Mélenchon, un rebouteux (grand pourfendeur de Solfériniens) encore pire que le médicastre Hollande, « nous ne la paierons pas ». Ce n’est plus seulement de l’endettement, mais de la banqueroute organisée et de l’abus de confiance.
Le retour du bon sens et de nation ?
Ils existent tout un tas de divisions entre les hommes (sans que celles-ci soient nécessairement conflictuelles) : les convictions religieuses ou politiques, les idées, les intérêts, les classes sociales, mais aussi bien sûr les tempéraments, dont les deux grandes catégories se partageant entre pessimistes et optimistes. Les Français, vu le contexte social, politique et économique qui les entoure, n’ont aucune raison d’être exagérément optimistes. Surtout ceux qui endurent plus que d’autres les duretés de la crise : chômeurs en fin de droits, jeunes en quête d’un premier emploi, ménages dont le pouvoir d’achat s’amenuise sans cesse, petits retraités, salariés ne parvenant plus, à cause du prix des loyers, à se loger décemment (à moins bien sûr d’être immigrés). Pour le reste de nos compatriotes, la situation dans laquelle leur pays se trouve plongé (en grande partie par la faute de dirigeants imprévoyants, on ne le répétera jamais assez) explique leur sentiment « d’inquiétude » et « d’amertume ». Un pessimisme plus proche de la lucidité que du défaitisme.
Mal en point eux aussi, les Anglais gardent malgré tout une dose d’optimisme plus grande que nous : ils préfèrent penser que « tout cela est cyclique » et que leur pays va rebondir. Les Français, avec une industrie en capilotade – fermetures d’usines, délocalisations et appareil productif vieillissant, donc moins performant, parce que l’excès de charges sociales empêche les patrons d’investir dans leur renouvellement –, se demandent eux comment ils pourront bien rebondir. Un sentiment d’impuissance qui accentue sans doute leur déprime.
Impuissance aussi contre les ravages d’une mondialisation incontrôlée qui leur donne le sentiment, malheureusement pas inexact, d’être dans le camp des perdants de l’économie planétaire. Malgré tout, comme des gens désemparés qui ne savent plus trop à quoi se raccrocher, 55 % de Français pensent encore « que l’appartenance à l’UE reste un atout ». Alors que, et c’est là peut-être l’information la plus importante de ce panel de sondages, « 57 % des Allemands pensent qu’il s’agit d’un handicap ». L’Allemagne sera peut-être, demain, la première à sortir de la zone euro, et pourquoi  pas de l’UE, de concert avec les Anglais. Et la France, souhaitons-le…
Oui au protectionnisme, non à l’immigration !
Autres faits positifs de ces euro-sondages : les Français sont de plus en plus demandeurs de protectionnisme et de plus en plus hostiles à l’égard de l’immigration. « Cette hostilité se retrouve chez les Britanniques, pour qui l’immigration est le problème à résoudre en priorité. Les étrangers représentent une concurrence déloyale, alors que les Français (…) leur reprochent la charge qu’ils font peser sur les comptes sociaux, assimilant immigration et assistanat. Le remède à la crise se résume ainsi : Ne plus permettre l’arrivée massive de personne n’ayant rien à faire en France (…), Redonner le goût du travail aux gens (…) Faire respecter notre pays, nos règles et lois. Un retour au bon sens tel que l’a toujours prêché le mouvement national.
Pour redonner le moral aux Français il faut impérativement changer de politique, donc de dirigeants. Et substituer à ces derniers des gouvernants n’ayant, pour guider la France dans les eaux tumultueuses de la mondialisation, où le risque d’un tsunami financier est désormais permanent, qu’une seule boussole : celle des intérêts nationaux. Tout le reste est idéologie mortifère.

mardi 7 mai 2013

Boucher les trous

Boucher les trous


Récrire le droit fiscal en France reviendrait presque à vouloir tirer du Balzac d’une émission de téléréalité : plus on y cherche du sens, moins on en trouve. Plutôt qu’une réforme risquée de la fiscalité, devenue injuste et inégalitaire à force de complexité, le choix politique semble donc de boucher les trous.
Les fuites, en l’occurrence, c’est la fraude fiscale. L’affaire Cahuzac a été trop retentissante pour ne pas obliger à réagir. La création d’un parquet financier national répond à une noble optique, qui est de réintroduire de la morale dans les liens entre argent et pouvoir.
Mais cette mesure, avant même de s’être montrée efficace ou pas, constitue un geste embarrassant : certains verront là un désaveu des compétences judiciaires et policières déjà en charge de ces questions, et souvent en manque cruel de moyens.
Surtout, ce projet a un parfum d’alibi. Il se veut radical et ciblé, alors que la fraude fiscale a pris des allures pour le moins diffuses et dispersées. À un nouvel outil répressif, un de plus, on pouvait préférer la refonte d’un système de contributions qui lui-même élève « l’optimisation » fiscale au rang de sport national. Toutes les niches sont bonnes, ou presque, pour faire le plus petit chèque possible au fisc.
Lorsqu’un pays use à son aise de l’impôt pour favoriser la natalité, l’investissement, la construction, etc., les contribuables peu scrupuleux peuvent se sentir incités à l’évasion, au nom même de cette course sans fin pour payer moins. D’autant que l’exemple le plus désastreux vient d’en haut : les distorsions de fiscalités entretenues par les États visent aujourd’hui encore à se subtiliser réciproquement capitaux et fortunes privées, y compris au sein de l’Union européenne. Disposer d’un nouveau bras armé contre la délinquance financière pourra, au plan national, être jugé méritoire ou dérisoire. Face aux paradis fiscaux et aux circuits occultes, c’est d’une guerre sans frontières que l’Europe a besoin.

Entrepreneur cupide : réponse d’un entrepreneur à Jean-Luc Mélenchon

Aux accents tribuns de Jean-Luc Mélenchon répond une utilisation fallacieuse des mots, de la notion d’entrepreneuriat et surtout une méconnaissance de la vie de l’entrepreneur.

Lundi 29 avril dernier, le Président de la République a cherché lors de son discours de clôture des Assises de l’Entrepreneuriat à refermer la cicatrice ouverte lors de l’adoption de nombreuses mesures fiscales qui sont venues alourdir la fiscalité des entreprises de plus de 20 milliards d’euros fin 2012. La révolte des Pigeons, première contestation de l’impôt en France par les réseaux sociaux, aura eu le grand mérite de souligner l’importance des entrepreneurs en France, et leur place centrale dans la créativité, le dynamisme et la création d’emplois.

Le Président de la République a en outre proposé l’instauration d’un «programme sur l'entrepreneuriat de la sixième à la terminale», qui se définirait sous forme de stages ou d'intervention d'acteurs économiques dans les établissements scolaires.
On peut ici souligner l’extraordinaire travail de fonds mené depuis de nombreuses années par l’association «100.000 entrepreneurs» sous l’impulsion de Philippe Hayat, en faveur de la valorisation de la notion d’entreprendre auprès des jeunes collégiens, lycéens et étudiants. Son action a permis de faire murir l’idée selon laquelle l’entrepreneuriat et la prise de risque relèvent avant tout d’une réelle culture.
À la proposition du Chef de l’État, le Président du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon a répondu que les élèves n’avaient pas à « se faire enseigner la cupidité », cupidité qui serait donc selon lui le moteur de l’entrepreneur. Aux accents tribuns de Jean-Luc Mélenchon répond en fait une utilisation fallacieuse des mots, de la notion d’entrepreneuriat et surtout une méconnaissance de la vie de l’entrepreneur.
En effet, qu’est-ce que l’entrepreneuriat ? Au risque de vous surprendre, le mot «Entreprendre» n’est pas d’origine anglo-saxonne. C’est bien Richard Cantillon (1680–1734), un français d’origine irlandaise qui pour la première fois a défini ce qu’est un entrepreneur. C’est celui qui, pour reprendre une analogie du monde agricole, sait combien il va dépenser pour planter, entretenir ses terres et ses cultures, sans être sûr du revenu qu’il en retirera. Dès lors, on comprend bien qu’un entrepreneur est bien celui qui prend des risques financiers, matériels et personnels afin d’accomplir un projet suivant son intuition, sans être sûr de pouvoir en retirer un revenu suffisant pour égaliser ses investissements et les dépenses engagées. Tout est donc question de pari, de confiance dans l’avenir et de prise de risque.
Joseph Schumpeter, économiste autrichien, disait de l’entrepreneur qu’il était « un Homme dont les horizons économiques sont vastes et dont l’énergie est suffisante pour bousculer la propension à la routine et réaliser des innovations ». S’il précisait aussi qu’«entreprendre consiste à changer un ordre existant», rien de cela donc ne ramène l’entrepreneur à la seule quête de la cupidité.
Dès lors où est la cupidité, ce «désir excessif du gain et de l’argent» que Jean-Luc Mélenchon assimile au fait d’entreprendre ?
Si les 500 000 créateurs d’entreprises par an en France n’entreprenaient que par cupidité, soyez donc assurés que nombre d’entre eux ne se lanceraient pas dans la création d’entreprise. Pour preuve, un salarié qui quitte son emploi, sa sécurité et son salaire, voit ses revenus mensuels fortement diminuer quand il parvient enfin à se rémunérer sur son entreprise. Sans parler de l’angoisse, de l’incertitude profonde quant à la réussite du projet et des implications personnelles qu’entreprendre supposent (vie familiale, cautions bancaires, temps de travail…). Sans compter enfin ces millions d’entrepreneurs qui se battent chaque jour pour conserver leur entreprise et sauver les emplois de leurs salariés – qui sont souvent bien plus que des collaborateurs.
Les entrepreneurs sont habités par la confiance en l’avenir, l'excitation de la prise de risque, l’envie de convaincre, l’envie de réussir personnellement et non financièrement parlant. Croyez-vous un  seul instant que ce qui a motivé les Jean-Jacques Granjeon (Vente-privée.com), les Xavier Niel (Free), les Marc Simoncini (Meetic) – et les millions d’entrepreneurs français –, soit uniquement le «désir excessif du gain et de l’argent» ?
La France est en pleine crise d’identité et a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes qui croient en l’avenir, qui prennent les risques pour créer les emplois d’aujourd’hui et de demain, pour améliorer le quotidien de tous et répondre aux besoins sans cesse nouveaux des acteurs économiques.
M. Mélenchon, enseigner la culture d’entreprendre, ce n’est pas enseigner la cupidité, c’est bien inciter chaque jeune à entreprendre tout simplement sa propre vie, à mener ses projets, à réaliser ses rêves et à les partager avec le plus grand nombre.
Décidément, c’est peut-être bien vous qui devriez retourner sur les bancs d’école... Ou enfin peut-être prendre des risques en créant une entreprise, des emplois, en payant chaque mois et chaque trimestre des impôts et des charges sociales, et cela va de soi, sans faire appel à l’argent public ou devrions-nous dire l’argent des contribuables.

Copé : "Les cons du mur des cons, c'est nous, c'est vous..."



Les lunettes de Google regardent vers l'avenir... et vers l'iPhone

Les Google Glass ont vocation à mettre en permanence devant vos yeux les informations qui vous sont utiles. Elles peuvent déjà évoluer et devraient être compatible avec l'iPhone.

Aux Etats-Unis, il est de plus en plus difficile de passer à côté des Google Glass... Ces lunettes que prépare Google ont vocation à mettre en permanence devant vos yeux les informations qui vous sont utiles. Plus besoin de baisser les yeux sur votre smartphone ni même de vous en emparer pour chercher une information sur internetou prendre une photo : les Google Glass obéissent à votre parole et votre regard.  Pour se faire une idée de tout ce qu'elles promettent, Google a mis en place un site très grand public qui résume tout cela en vidéo.
Le plus souvent on s'adresse aux lunettes par la voix en prononçant la formule magique "OK Glass" pour les avertir qu'un ordre par commande vocale va suivre. Cela donne donc quelque chose comme cela : "Ok Glass, prends une photo", "Ok Glass, enregistre une vidéo", "OK Glass, recherche sur internet des images de tigre", si vous voulez un modèle pour dessiner par exemple... Dans de courtes vidéos, Google pointe aussi  l'avantage de ces lunettes pour tous veux qui veulent faire partager des moments forts à des amis :  concours hippiques, loopings en avion ou montagnes russes, plus rien ne leur échappera. Si vous les appelez avec Google Hangout, une version maison de Skype, ils peuvent ainsi suivre en direct et en vue subjective vos aventures en vidéo sur leur ordinateur.
Tout est parti d'une bonne idée

Ces lunettes ne sont pas encore sorties dans le commerce mais dans la Silicon Valley et sur la "geekosphère", les sites internet et blog dédiés aux nouvelles technologies, il est devenu  impossible d'y échapper. Depuis quelques semaines, des centaines, des milliers d'articles et billets y sont consacrés. Tout est parti d'une bonne idée de Google. Le géant du Web a beau avoir finalisé une version opérationnelle de ses lunettes équipées d'une caméra, d'un micro et capables de se connecter à Internet par wifi ou Bluetooth, il n'est pas encore en mesure de distribuer ces lunettes prometteuses au plus grand nombre. Qu'à cela ne tienne, Google a décidé de faire de la situation une opportunité pour sa recherche et son marketing. Le groupe américain a commencé à envoyer des prototypes de ses lunettes à 1500 volontaires triés sur le volet après une sélection sur les réseaux sociaux Twitter et Google +.

Ces "Explorer", comme Google les a baptisés, ont commencé à recevoir leurs versions des lunettes, il y a deux semaines. Déjà accros pour la plupart d'entre-deux, ils ne les quittent plus. Mieux que ça, ils ont commencé à utiliser les lunettes et deviennent des ambassadeurs du produit. L'un deux, un jeune professeur de physique, soutenu par Google, a, par exemple, fait partager en direct sa visite de l'accélérateur de particules du CERN en Suisse à une classe du Michigan et consacre désormais un blog exclusivement à l'enseignement via les Glass.

Le clignement d'œil qui prend une photo
Très investi, au propre comme au figuré dans ses lunettes, Google prépare déjà la suite. Il projette d'ouvrir son interface à des développeurs. Comme avec les applis pour téléphone que chaque entreprise peut créer, il sera possible de développer de nouvelles applications pour améliorer les Glass. Parmi les premières créations des développeurs, une application baptisée Winky permet ainsi de prendre des photos en clignant simplement des yeux.
Google projette aussi de jouer l'ouverture côté téléphone. Pour utiliser les fonctionnalités de lectures de SMS ou de guidage par GPS, il est en effet nécessaire de lier sans fil ses lunettes à un téléphone, Android pour l'instant, le système de Google utilisé notamment par Samsung. Mais selon le site américain Techcrunch, Google rendra bientôt ses lunettes compatibles avec l'iPhone.
Google, qui annonçait la commercialisation de ses lunettes futuristes pour 2013, a demandé il y a une semaine à ses clients de s'armer de patience. "Il est encore extrêmement tôt. Google fait de nombreux tests sur les versions bêta jusqu'à ce que nous soyons bons", a tempéré le directeur exécutif Eric Schmidt. Elles sortiront finalement en 2014.

Un an de gouvernement socialiste

Un an de gouvernement socialiste


Célébration au goût amer pour la première année de l’élection du candidat socialiste à l’Elysée. Une année de promesses non tenues et de paris perdus, qui n’en finit plus de grisailler. François Hollande voulait  « renégocier » le traité budgétaire européen et, assurait-il,  « réorienter l’Europe par la croissance », en mettant un terme aux « politiques budgétaires  restrictives ». Les partenaires de la France l’ont très  sèchement renvoyé à ses songeries. Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, on enregistre « plus de 1 000 chômeurs de plus par jour ». En  comptant l’Outre-mer, ont franchi cette année le cap des cinq millions. Voilà au moins un cap dont on connaît avec certitude la trajectoire. Même si ce n’est pas exactement celui annoncé, puisque le candidat Hollande promettait à ses dupes « d’inverser la courbe du chômage avant la fin de 2013 ». La seule inversion qu’il aura réussi c’est celle du mariage gay. Celui qui voulait « réorienter l’Europe » aura désorienté tout le monde. Notamment en desserrant, en une « tension amicale », les liens qui unissaient la France à l’Allemagne. Le promoteur du mariage pour tous s’est révélé, en cette occasion, un redoutable briseur de ménage diplomatique…

Mais si le président des Français s’est fait remettre à sa place de chef d’un Etat en faillite, il vient tout de même de recevoir une petite obole. Bruxelles lui a accordé vendredi deux ans de sursis pour ses objectifs mal engagés de réduction budgétaire. Un petit cadeau d’anniversaire, mais empoisonné…

La religion de l’impôt

 Pour les Français, ces douze mois de gouvernance socialiste auront d’abord  été une année terrible d’incessant matraquage fiscal : TVA, cotisations sociales, impôts directs et indirects… « Les prélèvements représenteront 46,3 % de la richesse nationale, contre 44,9 % en 2012 . » Hausses et taxes en alternance… Même Le Monde, soutient du régime,  dénonçait dans son éditorial du 2 mai dernier cette France qui a « la religion de l’impôt », allant jusqu’à s’inquiéter : « En  France la question du bon usage de l’argent public est trop rarement posée. » Après trente ans de gaspillages insensés il serait temps, en effet, de la mettre sur le tapis. Religion de l’impôt ? Disons un dogme, dont les ministres socialistes sont les desservants fanatiques et qui a ses persécutés, en l’occurrence les contribuables. Et ne parlons pas des prévaricateurs, comme Cahuzac, prédicateur défroqué …

François Hollande, qui accusait Nicolas Sarkozy d’avoir, « divisé » les Français, voulait lui « rassembler » et « apaiser ». D’une provocation l’autre, notamment avec son mariage pour tous, il s’est en fait comporté comme un incendiaire. 

Hollande, ce fut l’un de ses slogans de campagne les plus porteurs, se targuait aussi, s’il était élu, et par contraste avec son prédécesseur jugé trop « bling-bling », d’être un président « normal ». Mais des tweets de sa compagne au « Mariage pour tous », en passant par toutes sortes d’incongruités – le fait par exemple d’envoyer un ministre aux obsèques de Chavez, mais pas à celles de Margaret Thatcher – le président de la République s’est enfermé, jour après jour, dans une sorte d’anormalité, soulignée par toutes les diplomaties étrangères. A moins que la normalité ne consiste, pour François Hollande,  à abaisser la fonction de président de la République en une présidence « pépère » de conseil régional ? Avec un comportement d’élu local discourant dans les comices agricoles ? Sa « normalité » semble de plus en plus anormale à  de plus en plus de Français. Elle l’est d’ailleurs tout autant au-delà de nos frontières. Comment trouver « normale » une ligne politique qui paraît de plus en plus  incompréhensible, y compris aux  électeurs et aux élus de gauche ? En un an, Hollande a rétréci la majorité de Français qui lui faisaient confiance en un minuscule 24 %… Un exploit. Ah ! si seulement il réduisait nos déficits avec le même talent !

Jean-François Copé résume : « L’échec de François Hollande se constate sur le plan régalien (la délinquance explose), social (chômage et effondrement du pouvoir d’achat), économique (la récession nous menace), international (isolement de la France). Question : Peut-on encore gouverner en étant aussi impopulaire ? Difficilement. En revanche les institutions de la cinquième République, combattues en leurs temps par les socialistes, permettent à ce président discrédité de se maintenir et de durer… »

Monsieur bricolage ou François la honte ?

La presse américaine a trouvé une formule pour décrire l’impression d’hébétude  que lui donne François Hollande sur la scène internationale : « Un lapin ébloui par les phares… ». Hollande aura, plus que tout autre, collectionné les surnoms :Flanby, Guimauve le conquérant, couilles molles (dixit Martine Aubry), Lapin Duracell (à qui il manque les piles), Fraise des bois, Monsieur Petites blagues, Pépère, le Commandant de pédalo, Le louvoyeur, Monsieur bricolage, le pingouin… A noter qu’à part le dernier sobriquet, dû à l’inspiration chansonnière de Carla Bruni, tous les autres sobriquets lui ont été attribués, en toute camaraderie, par des hiérarques du PS. Des gens qui le connaissent trop bien depuis longtemps.

Mélenchon et ses balayeurs

« Il fait honte à la France »  clamait cette semaine Valeurs Actuelles, accusant le chef de l’Etat de faire de la France « la risée du monde ». Toutefois pour être juste il faut ajouter que depuis quarante ans  Hollande n’est malheureusement pas le seul chef de l’Etat français contribuant à jeter l’opprobre sur son pays. Mais lui ajoute à cet abaissement une notion de ridicule. Et d’ailleurs ce sont des électeurs de gauche trompés, « ridicoculisés » en quelque sorte, pour reprendre un vieux néologisme forgé par Edmond Rostand, qui se montrent les plus virulents à l’égard de « François la honte ». Ce sont eux qui dimanche, ont en quelque sorte, autour de Jean-Luc Mélenchon, soufflé la bougie vacillante de ce triste anniversaire… Le « camarade Méluche » proposait à ses troupes de donner « un coup de balai pour purifier l’atmosphère politique ». Mot d’ordre qui, ayant déplu aux communistes – on balaie la poussière, des déchets, des ordures – a été ramené à l’expression plus civilisée de « défilé contre l’austérité et pour une VIe République ». Néanmoins beaucoup de sympathisants de Mélenchon étaient venus avec leurs balais. Ils auraient pu aussi amener des serpillières pour éponger les déficits.

Et dire que toute la presse avait stigmatisé une militante qui, mercredi dernier, avait défilé dans les rangs du Front national avec un saucisson accroché à son drapeau. Au Pays du boudin noir et de la Rosette de Lyon, le saucisson est tout de même moins subversif que le balai destiné à nettoyer le gouvernement de ses détritus sociaux-démocrates… 

Mélenchon et ses alliés communistes espéraient réunir cent mille manifestants. Ils en ont rassemblé à peine la moitié, ce qui, pour autant, est loin d’être négligeable. Comme le soulignait l’éditorialiste du JDD : « Jamais la gauche n’a manifesté contre François Mitterrand durant ses deux septennats. » C’est pourtant ce qui arrive à François Hollande après seulement un an d’exercice du pouvoir. « La période d’essai est terminée. Le compte n’y est pas. Si vous ne savez pas comment faire, nous nous savons », a lancé le tribun du Front de gauche, reprenant ainsi son antienne du coup de balai : Qu’ils partent tous ! Mélenchon, qui a réitéré dimanche son offre de devenir  Premier ministre (d’un président de la République qu’il méprise ?) a terminé son laïus sur une phrase de Victor Hugo : « Rien n’est plus puissant qu’une idée  dont l’heure est venue. »  Mais l’heure qui arrive au cadran des prochaines élections, est plus celle de Marine Le Pen que de Jean-Luc Mélenchon. La première inquiète l’UMPS tout entière. Tandis que le second  agace un peu l’Elysée et  fait sourire la droite.

A noter la prise de parole dimanche  à la Bastille d’Eva Joly, qui ressemble de plus en plus à une caricature d’elle-même : « Je suis heureuse d’être ici, avec ceux qui veulent que ça change vraiment. » L’ancienne magistrate a notamment exhorté François Hollande à « retrouver l’esprit du Bourget », quand le candidat socialiste prétendait vouloir déclarer la guerre à la finance. Les financiers à la lanterne ! Eva Joly promenait dimanche à la Batille, avec ses lunettes et son écharpe verte, l’esprit subversif  du « Mur des cons » cher aux juges rouges du syndicat de la magistrature.
Cacophonie, déception, colère… Un an après son accession (par défaut) à la présidence de la République, François Hollande, ce brise-tout,  n’a plus autour de lui  qu’une majorité fracassée dont il essaie, tel un  raccommodeur de faïence maladroit,  de recoller les morceaux…
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Le jardinier de Matignon 
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François Hollande s’étant prudemment défilé, Jean-Marc Ayrault est venu dimanche soir à la télévision assumer seul  le bilan calamiteux de ce premier anniversaire de gouvernement. Exercice difficile. Le Premier ministre s’en est tiré par une métaphore bucolique. « Quand vous semez, quand vous êtes jardinier, ça ne pousse pas dans les minutes qui suivent. » Un jardinier peut-être, mais sans méthode de jardinage, dont l’instrument favori (sorti de la boîte à outils présidentielle) est le ratissoire fiscal …   


Mauvais anniversaire !



lundi 6 mai 2013

Borloo (UDI) prône l'union politique autour d'un programme "républicain" d'urgence


L'UDI de Jean-Louis Borloo a proposé lundi que toutes les forces parlementaires s'unissent autour d'un programme "républicain" de "redressement national" en dix points pour sortir de la crise, axé sur la relance, une baisse accélérée du coût du travail et un frein à la pression fiscale.
"Il y a quelques mesures d'union républicaine sur lesquelles on peut se mettre d'accord", a plaidé, au siège de l'UDI, M. Borloo, en soulignant "la dégradation très rapide dans les domaines économiques et sociaux", un an après l'élection de François Hollande.
"Il n'y a aucun piège", "pas de prise d'otage", selon lui. "Nous ne voulons pas tirer la couverture", mais "ça nous paraît indispensable compte tenu de l'urgence", a ajouté le député du Nord, entouré du président du conseil national de l'UDI, Hervé Morin, et du porte-parole du groupe UDI à l'Assemblée nationale, Jean-Christophe Lagarde.
Pour relancer la croissance, l'UDI propose notamment d'avancer à juin 2013 et de simplifier la baisse des charges de 20 milliards d'euros pour les entreprises décidée par le gouvernement, ainsi que la hausse de la TVA prévue en parallèle.
La TVA devrait en revanche être baissée à 5,5% pour le logement social et les travaux dans le bâtiment.
Pour M. Borloo, il est également urgent de relancer le secteur des services à la personne -"pas un élu ne vous dira le contraire"- et certains grands travaux. Sur le front de l'emploi, l'UDI prône notamment le soutien aux 100.000 emplois d'avenir décidés par le gouvernement, un programme de doublement de l'apprentissage, le recrutement de 150.000 apprentis dans les trois fonctions publiques ou encore la construction de 200.000 logements pour les étudiants et les jeunes travailleurs.
Concernant la fiscalité, M. Borloo a plaidé pour un "engagement solennel républicain de ne plus augmenter les impôts" d'ici à 2017 et une baisse des dépenses publiques de dix milliards d'euros par an.
Autre proposition, la réunion d'"assises nationales des centrales d'achat", "sur la base du volontariat", pour réorienter les commandes vers la France et l'Europe. "Pas du protectionnisme" mais "des mesures d'empreinte écologique", a assuré M. Borloo.
Au sujet de l'Europe, l'ancien ministre a plaidé pour le maintien des efforts pour la réduction des déficits publics, mais, "en échange", il faut "poser le débat du financement par la Banque centrale européenne (BCE) des Etats eux-mêmes", "une mesure indispensable".
Le patron de l'UDI a assuré qu'il ne faisait aucune offre de gouvernement mais a exposé sa méthode: d'ici quinze jours, les présidents de groupes parlementaires se mettent d'accord sur des priorités; puis, avec les bons offices des présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, un compromis définitif serait ensuite trouvé pour une "loi d'union républicaine pour le redressement" d'ici à fin juin-début juillet.
"Il n'y a pas un point qui n'est pas soutenu discrètement par tous les acteurs", selon M. Borloo, qui a affirmé avoir pris des contacts avec d'autres partis mais qui est resté flou sur ces discussions. "Mais bougre d'âne! On crève dans le bâtiment. On crève dans les services à la personne (...) Il faut se redresser", a-t-il lancé, plus véhément.
Un an après la présidentielle, le leader de centre-droit a critiqué la "politique incroyablement injuste et anti-sociale" de M. Hollande, en déplorant notamment une réduction des "aides à la lutte contre l'exclusion", du nombre global des "contrats aidés", et la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires.
ENCORE UN QUI VEUT BOUFFER AU RATELIER.

Hollande : les militants UMP célèbrent "un an d'échecs"

L'opposition a lancé dimanche une campagne d'affichage et de tracts-chocs, résumant en une formule, "l'échec", la première année de François Hollande à l'Élysée.

Un président sous l'eau, littéralement : c'est l'image qu'a voulu retenir l'UMP pour illustrer le début de quinquennat de François Hollande. L'affiche, qui sera placardée un peu partout en France par les militants, a été tirée à 150 000 exemplaires. Elle n'a qu'un seul mot pour légende, "l'échec", et le logo de l'UMP accompagné du slogan "rejoignez l'UMP". Dans le même temps, l'opposition diffusera tout le mois de mai un tract de quatre pages (voir ci-dessous), tiré, lui, à trois millions d'exemplaires et reprenant le visuel de l'affiche.
À l'intérieur du prospectus, le parti de Jean-François Copé invite les Français à "renouer avec l'espérance" et décline quelques propositions : "libérer la croissance", "baisser la dette", "gagner la bataille de l'emploi", "renforcer l'autorité" et "réduire l'immigration". Les sympathisants de droite sont également invités à diffuser sur les réseaux sociaux les multiples revers prêtés au président de la République : échec sur le pouvoir d'achat, la dette, la croissance, le chômage ou encore sur la "République exemplaire", égrène le site internet de l'UMP.
Il est amusant de noter qu'il y a cinq ans, en mai 2008, le Parti socialiste se livrait peu ou prou au même exercice: des affiches et un tract imprimés en masse venaient sanctionner "un an de Sarkozy, un an d'illusion, un an de régression". Le PS constatait alors les "mauvais résultats" de l'ex-président et exposait lui aussi quelques solutions alternatives. Bref, anti-sarkozysme hier, anti-hollandisme aujourd'hui : les hommes changent, les vieilles recettes restent.

DOCUMENT. Regardez l'UMP et le PS, un an d'opposition, même combat :

IL FAUT DEMANDER UNE ANALYSE PSYCHIATRIQUE DE CET HOMME.