- La Banque centrale européenne achète toute la dette publique de tous les états de la zone euro, à leur valeur faciale, en n’en laissant sur le marché que l’équivalent de 50 % du PIB de chaque pays.
- Immédiatement, elle cesse d’exiger un intérêt sur cette dette qu’elle détient. L’effet boule de neige de la dette s’arrête immédiatement et les efforts de rigueur peuvent commencer à porter leurs fruits.
- Car la contrepartie de ce rachat massif est l’inscription dans la Constitution de chaque état membre d’un objectif contraignant d’équilibre budgétaire sur les sept dernières années.
- A l’échéance de ces dettes, la BCE les remet si et seulement si le pays a profité de cette respiration pour rétablir les comptes publics. Si tel n’était pas le cas, les dettes ne seraient pas effacées et porteraient intérêt.
lundi 11 juin 2012
Dettes publiques : l’heure de l’effacement est venue !
Portrait de François Hollande : Une photo ratée de Depardon est-elle encore une œuvre d’art ?
Une photo comme tout le monde : Ratée !
Donc, pas de pied pour éviter le « bougé », pas de calculs savants pour éviter le « flouté », pas de travail sur l’intensité lumineuse pour éviter contre-jour et effets d’ombres. Le résultat est à la hauteur de ce qu’il voulait : il y a du flouté, du bougé et du contre-jour. Si la photo avait été prise par le neveu avec son nouvel appareil, on aurait souri : « il y a encore quelques progrès à faire ». Avec Depardon on a aussi souri. Mais, là c’était un sourire de connivence. Il avait tout raté comme il le voulait. Pas plus qu’il n’était nécessaire. Juste le ratage souhaitable.
On voit bien que le travail de l’artiste, n’était rien autre ici que de porter un message fort. Celui du "Grand Roi", celui du "Roi Soleil". C’est évidemment la même chose lorsque Depardon rate les photos du président. C’est l’annonce d’un programme. Derrière chaque détail de cette photo, quelque chose est dit de la France, des Français, de leur président, du Monde, du temps qu’il fait et des lendemains qui chantent. Parler de la France en ratant une photo, ce n'est pas parler d'un raté. C'est commettre une œuvre d'art !
Foin des palais et des honneurs !
Des Draps ou des Drapeaux ?
Non, décidément, il n’y a pas de hasard dans un grand œuvre par un grand artiste. La symbolique est encore plus forte, quand on s’aperçoit, muni d’une loupe, d’une longue vue ou d’un regard de Lynx, qu’il s’agit des drapeaux. Le Français et l’Européen. Le symbole du drap nuptial est complètement élucidé. Union de l'Homme et de sa Nation, Union de la Nation à Europe. Le drame antique est joué. Le drap teinté de rouge est mis à la fenêtre. Consumatum est.
La France n’est-elle qu’un fond de photographie ?
Renvoyer les drapeaux au statut de draps, n’est-ce pas énoncer que le président n’est pas « que » président des Français? N’est pas « que » un membre éminent de l’Europe ? N’est-ce pas aussi, parler du président, libéré des Palais, libéré des temps anciens, libéré de toutes ces vieilleries qui entraveraient cette marche, dont on a vu, qu’elle va de l’avant.
Vers nous, et d’abord vers Depardon, qui, sûrement, ému a su transcrire en flouté-bougé le frisson artistique que cette marche décidée lui a inspiré.
Le président de l’ombre ?
Depardon a tout simplement figuré que l’espace du président n’est pas celui des ors et des fastes des Palais. Il est celui, calme et tempéré, de nos jours habituel, où l’ombre suit la lumière. Il nous dit suivant Valery : « … Mais rendre la lumière, Suppose d'ombre une morne moitié ». C'est pour cela que le président d'après Depardon, fait plutôt morne ?
Rien dans les mains, rien dans les poches
Attention, il ne faut prêter à Depardon une intension politique de type anarchiste. On ne doit pas dire de lui qu’il a roulé tout le monde en photographiant le Président pour montrer « Rien ». Depardon est ici au paroxysme du message. En effet, pourquoi, avoir photographié un personnage aux mains ballantes, pendues au bout de bras ballants ? Parce que le Président qui émerge vient au monde des chefs d’Etats, avec rien dans les mains. C’est clair. C’est montré. La veste est solidement fermée. Il n’y a pas de protubérance indiquant un portefeuille bien rempli. Il n’a rien dans son portefeuille. L’homme est au premier plan, devant nous, à portée de nos mains. Il n’a rien. On ne peut rien lui prendre. Il n’a rien à donner. Il se livre à nous dans le dénuement le plus total.
Un demi président
la République a-t-elle définitivement exclu le peuple ?
dimanche 10 juin 2012
11e circonscription du Pas-de-Calais : Jean-Luc Mélenchon dénonce de nouveaux faux tracts
Pour contrer Merkel, Hollande resserre les liens avec le SPD allemand
Le chef de l'Etat va recevoir trois
dirigeant du parti social démocrate allemand, qui, comme lui, veulent
inclure des mesure de relance dans le traité budgétaire européen
Pas de ratification en Allemagne sans approbation du SPD
A l'instar du président français, le SPD veut compléter le traité budgétaire européen par des mesures de relance de la croissance. Le gouvernement de la chancelière Merkel est dépendant des voix des sociaux-démocrates pour faire ratifier par le parlement allemand le traité budgétaire car elle a besoin d'une majorité des deux tiers. Idéalement, Angela Merkel voudrait le voir avaliser avant la pause estivale parlementaire, c'est-à-dire avant le 6 juillet. Le 30 mai, l'ex-chancelier allemand social-démocrate Gerhard Schröder avait estimé dans la presse française que si le SPD s'abstenait de "copier le programme" du nouveau président français François Hollande, il aurait une "chance" de gagner les législatives en Allemagne à l'automne 2013. Les sociaux-démocrates n'ont pas encore déterminé qui des trois caciques, Gabriel, Steinmeier ou Steinbrück, sera le prochain candidat à la chancellerie.
Une élection de choix
Si, à l’inverse, les électeurs choisissent la droite, le pays retrouvera une situation de cohabitation qu’il a déjà connue, certes. Mais ce bug politique s’était produit à la fin des deux mandats de François Mitterrand (1986-1988 et 1993-1995) ou après deux ans de présidence de Jacques Chirac (1997-2002). Sous le régime du septennat, de surcroît. En ce printemps, le vote contradictoire surviendrait à la même saison et démentirait un vieil adage de la science politique – science inexacte il est vrai – selon lequel, à courte échéance, « le suffrage universel ne se déjuge pas ».
Dans les deux cas – paysage électoral tout en rose ou concubinage forcé entre PS et UMP – le pays se trouvera donc dans une configuration originale par la grâce d’un mode de scrutin… dont les mois sont comptés. En effet, la prochaine échéance, en 2017, devrait avoir lieu avec une dose de proportionnelle, puisque le principe en est défendu aujourd’hui sur l’ensemble de l’échiquier politique. Le mode actuel est ultra-favorable aux deux partis les plus puissants ; les autres formations, même avec un très bon score ne peuvent compter que sur un nombre infime d’élus. La loi est dure pour elles, mais elle va changer.
Ce rendez-vous des législatives revêt aussi une dimension locale qui accroît encore son intérêt. Le bulletin déposé dans l’urne peut parfois privilégier la dimension humaine par rapport à l’étiquette politique.
Les Polonais pas encore à l’euro
Et voilà que l’Ukraine, le copropriétaire du tournoi de football, gâche l’opération de com polonaise en enfermant la belle Ioulia Timotchenko, icône de la révolution orange, et en déshonorant les droits de l’Homme et la dignité de la femme avec son programme « un supporter une prostituée ». Et voilà que l’équipe nationale est privée d’une victoire en ouverture du tournoi par la Grèce, ce parangon des vices budgétaires et footballistiques en Europe.
La Pologne, c’est le pays modèle du moment, la destination à la mode, l’endroit où il fait bon investir, qu’il est de bon ton de vanter dans les chambres de commerce. Le soleil en moins, cette embellie polonaise rappelle furieusement la gloire de l’Espagne olympique des années 1990 dont on célébrait la croissance, les performances économiques et sportives, les équilibres budgétaires et l’entrée dans l’euro. On a vu cette semaine ce qu’il est advenu du miracle espagnol. Dans la foulée de l’euro de foot, la Pologne se voyait aussi intégrer le club de l’euro. Les instances de l’Europe l’ont ramenée à la raison et l’idée est repoussée... aux calendes grecques.
Il n'est désormais plus question de se demander si l'Espagne va faire appel à l'aide européenne. Et si hier, les annonces évoquant un prêt pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros, visaient à dédramatiser le plus possible la mesure, il n'en reste pas moins qu'un quatrième pays de la zone euro ne peut faire autrement qu'afficher sa faiblesse. La volonté farouche du gouvernement de Madrid de tenter de s'en sortir seul a atteint ses limites. Tout comme son système bancaire. Cette fois, contrairement à la Grèce ou au Portugal, la crise ne vient pas d'une gestion trop « laxiste » de la dette publique, mais des conséquences de la bulle immobilière des années 2000, spéculation qui a plombé les établissements bancaires d'actifs douteux. Comme un parfum de retour aux origines de la crise initiale des subprimes américaines d'il y a quatre ans... Et, une fois encore, il va falloir « sauver les banques » afin d'éviter un krach plus dévastateur encore... La solidarité entre états de l'Union est donc indispensable. Car un embrasement de la quatrième puissance de la zone euro pourrait cette fois provoquer une vraie crise systémique dont aucun pays ne ressortirait indemne. Mais, de plan de sauvetage en plan de sauvetage, avec une Allemagne les pieds sur le frein et une commission de Bruxelles hors du coup - sinon pour admonester la France en exigeant d'elle une politique plus libérale - le système européen continue de vaciller. Au-delà des mesures d'urgence immédiates, c'est bien un destin politique commun qu'il faudra parvenir à bâtir. Et celui-ci ne pourra se faire sans les peuples.
Les législatives peuvent-elles réserver des surprises ? Un mois après la présidentielle, on imagine mal un changement brutal d'inclinaison de l'électorat. En revanche, l'incertitude demeure sur la volonté des électeurs de donner au seul parti socialiste une majorité absolue à l'Assemblée nationale ou de l'obliger à composer avec chaque formation de gauche ayant appelé à voter François Hollande le 6 mai. Il n'est pas exclu que les citoyens souhaitent aussi une opposition forte pour faire entendre la voix de ceux qui, en particulier, s'inquiètent des conséquences économiques des choix sociaux affichés par le nouveau pouvoir. Aucun sujet de fond n'a vraiment été abordé au cours de cette campagne. Le PS a tout misé sur l'effet Hollande appuyé par des décisions symboliques concernant les retraites, la prime de rentrée et la confirmation de réformes à venir plutôt à l'horizon 2013.
L'UMP secouée par l'échec de Nicolas Sarkozy a tout fait pour limiter les dégâts et éviter d'être laminée. Entre la conquête d'une majorité et la recherche d'une position de choix pour conduire une opposition dynamique, les sujets qui fâchent et les différends entre responsables ont été minorés. Dès le 18 juin, le scénario sera autre et des décisions sur le fond vont devoir être prises. Tenter de satisfaire tout le monde avec des mesurettes séduisantes à l'effet limité n'a qu'un temps. Aussi le rapport des forces à l'intérieur de la nouvelle majorité comptera beaucoup pour orienter et donner de la densité au changement. Le président de la République et le Premier ministre auront-ils les mains totalement libres pour agir ou devront-ils composer en permanence pour assurer le vote des lois ? Là est la clé, d'autant que l'utilisation limitée de l'article 49-3 ne permet plus de s'affranchir des humeurs parlementaires en cascades.
Eurozone crisis: United States of Europe may be the only way to save euro
"We need new solutions. Everything's on the table," Hollande pledged, meaning he would force Merkel to remove the noseclip and consider things that give off a foul odour in Berlin, foremost among them eurobonds – Germany solving the crisis at a stroke by agreeing to underwrite the debt of Spain, Greece, Italy and all the rest. Fat chance.
By Saturday the growth versus austerity contest had receded as Merkel turned the tables on Hollande.
It was her turn to declare there should be no taboos in grappling with the hard options facing Europe's leaders as they wait to see what will happen in Greece and Spain, and plot their next moves at what is shaping up to be a momentous summit at the end of the month.
Merkel appeared to be calling not only Hollande's but France's bluff. By announcing there could be no censorship of the eurozone to-do list, she meant tabling radical, federalist steps involving gradual loss of national sovereignty over budgetary, fiscal, social, pensions, and labour market policies with the aim of forging a new European political union over five to 10 years.
The USE – United States of Europe – is back. For the eurozone, at least. Such "political union", surrendering fundamental powers to Brussels, Luxembourg and Strasbourg, has always been several steps too far for the French to consider.
But Berlin is signalling that if it is to carry the can for what it sees as the failures of others there will need to be incremental but major integrationist moves towards a banking, fiscal, and ultimately political union in the eurozone.
It is a divisive and contested notion which Merkel did not always favour. In the heat of the crisis, however, she now appears to see no alternative.
The next three weeks will bring frantic activity to this end as a quartet of senior EU fixers race from capital to capital sounding out the scope of the possible.
Herman Van Rompuy, president of the European council, Mario Draghi, head of the European Central Bank, Jean-Claude Juncker, Luxembourg leader and longstanding head of the eurogroup of single currency countries, and José Manuel Barroso, chief of the European commission, are to deliver a eurozone integration plan to an EU summit on 28-29 June.
All four are committed European federalists.
Before the summit there is a fateful Greek election and French parliamentary polls, while time appears to be running out for the Spanish banking sector. The finance minister in Madrid, Luis de Guindos, says that the fate of the euro will be decided over these weeks in Spain and Italy.
The quantum leap in integration being mulled will not save Greece, rescue Spain's banks, sort out Italy, or fix the euro crisis in the short term.
The leaders may even run out of time, exhausting the reserves of brinkmanship and last-minute calls that have characterised the "crisis management" of the past 30 months.
But they hope that by unveiling a medium-term strategy for a fiscal and political union in the eurozone they will convince the financial markets of their resolve to save the euro, that the currency is irreversible, and that the heat will be off.
The impact of "the project" will be immense, if it takes off.
Logically, you would need a new European treaty. That will be tortuous. You would probably need a new German constitution, which may prove a step too far.
The current perennially cited "democratic deficit" in how the EU is run would widen exponentially without a radical overhaul of the electoral underpinning of eurozone government. What would be the point in voting for a government in, say, Slovenia, when in a eurozone political union the tax, spending, pensions, or labour policies are decided in Brussels?
A much more entrenched two-speed Europe would emerge, with key decision-taking centred in the eurozone and not in an EU of 27 or 28.
The gap between Britain and core Europe might become unbridgeable, generating only mutual rancour and ultimately ending the UK's unhappy EU dalliance, although the "political union" is precisely what David Cameron and George Osborne are recommending as the "remorseless logic" of sharing a currency.
In the third year of muddling through, the choices facing Europe's leaders are getting starker – the death of the euro or the birth of a new European federation.
"Il faut trouver de nouvelles solutions. Tout est sur la table", a promis François Hollande, signifiant ainsi qu’il obligerait Angela Merkel à retirer la pince à linge qu’elle a sur le nez pour examiner des projets qui dégagent pour Berlin une odeur nauséabonde, au premier rang desquels la création d’euro-obligations – l’Allemagne résoudrait ainsi la crise en deux coups de cuillère à pot en acceptant de garantir les dettes de l’Espagne, de la Grèce, de l’Italie et de tous les autres. L’espoir fait vivre.
Mesures fédéralistes draconiennes
Samedi dernier, le duel croissance contre austérité avait déjà perdu de sa virulence, Angela Merkel ayant choisi d’inverser les rôles avec François Hollande. C’était à son tour de déclarer qu’il n’y aurait pas de tabous dans l’examen des choix épineux auxquels sont confrontés les dirigeants européens tandis qu’ils attendent de connaître le sort de la Grèce et de l’Espagne, et qu'ils préparent ce qui s’annonce comme un sommet capital à la fin du mois.Angela Merkel a donné l’impression de mettre au pied du mur non seulement François Hollande, mais la France entière. En annonçant qu’il n’y aurait aucune censure au sujet de la liste des changements qui attendent la zone euro, elle faisait allusion à des mesures fédéralistes draconiennes prévoyant des pertes progressives de souveraineté nationale sur les politiques budgétaires, fiscales, sociales, les retraites et le marché du travail, dans le but de donner naissance à une nouvelle union politique européenne d'ici cinq à dix ans.
Les EUE – Etats-Unis d’Europe – sont de retour. Pour la zone euro, tout au moins. Ce type d’"union politique", qui implique de céder des pouvoirs essentiels de l’Etat à Bruxelles, au Luxembourg et à Strasbourg, est toujours apparu aux yeux des Français comme un objectif trop éloigné pour qu’ils l’envisagent.
Mais Berlin laisse entendre que, s’il doit payer les pots cassés pour ce qu’il considère comme les défaillances des autres, il va falloir se rapprocher de manière progressive mais néanmoins franche d’une union bancaire, budgétaire et au bout du compte politique au sein de la zone euro. C’est là un projet clivant et controversé qui n’a pas toujours eu les faveurs d’Angela Merkel. Mais au plus fort de la crise, elle semble désormais n’avoir pas d’autre option.
Les trois semaines à venir verront une grande effervescence autour du projet, puisqu’un quatuor de mécanos de l’Europe se rendra de capitale en capitale afin de sonder le champ des possibles. Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, Mario Draghi, patron de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg et chef de longue date de l’Eurogroupe (composé des membres de la zone euro), et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, doivent présenter un projet d’intégration de la zone euro lors du sommet des 28 et 29 juin. Tous les quatre sont des fédéralistes convaincus.
Politique de la corde raide
Le sommet sera précédé d’élections fatidiques en Grèce [17 juin] et d’un scrutin législatif en France [10 et 17 juin], alors que le secteur bancaire espagnol semble manquer de temps. Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, déclare que le sort de l’euro se jouera dans les semaines à venir en Espagne et en Italie.Le bond de géant vers l’intégration, à l’étude aujourd’hui, ne suffira ni à sauver la Grèce, ni à renflouer les banques espagnoles. Il ne remettra pas non plus d’ordre en Italie, ni ne réglera la crise de l’euro à court terme. Le temps pourrait même venir à manquer pour des dirigeants européens qui arrivent au bout de leur politique de la corde raide et lancent des appels de dernière minute, caractéristiques de la "gestion" de la crise ces trente derniers mois.
En dévoilant cette stratégie de mise en place d'une union budgétaire et politique dans la zone euro, ils espèrent convaincre les marchés financiers de leur détermination à sauver la monnaie unique. Mais aussi que ce "coup de chaud" ne durera pas éternellement et que l'adoption de l'euro est irréversible.
Les répercussions du projet, s'il voit le jour, seront immenses. Logiquement, un nouveau traité européen devra être rédigé. Ce qui ne serait pas une mince affaire. Il faudrait alors une nouvelle constitution allemande – ce serait sans doute aller un peu loin.
Le "déficit de démocratie" dont souffre la gouvernance de l’Union européenne se creuserait de manière exponentielle sans un remaniement draconien du mode de désignation des élus dans la zone euro. A quoi bon élire un gouvernement, par exemple en Slovénie, si, au sein d’une "union politique de la zone euro", les décisions politiques concernant la fiscalité, le budget, les retraites et le marché du travail sont prises à Bruxelles ? Une Europe à deux vitesses émergerait et les décisions clés seraient tranchées dans la zone euro et non dans une Europe à 27 ou 28.
Le fossé qui sépare la Grande-Bretagne du cœur de l’Europe deviendrait alors impossible à combler, ce qui aurait engendrerait des rancœurs mutuelles et mettrait fin à la relation sans enthousiasme du Royaume-Uni avec l'UE, même si l’"union politique" qualifiée de "suite logique" du partage d’une même monnaie, est précisément ce que recommandent David Cameron et George Osborne.
Après trois années de gestion laborieuse de la crise, les choix auxquels sont confrontés les dirigeants européens se radicalisent : c’est soit la mort de l’euro, soit la naissance d’une nouvelle fédération européenne.
L’union politique, plus facile à dire qu’à faire
La chancelière allemande veut donner plus de pouvoir à Bruxelles. Le 7 juin, à la télévision allemande, Angela Merkel a affirmé qu’une union monétaire devrait s’accompagner d’une union politique “donnant plus de possibilités de contrôle à l’Europe”.Le transfert de compétences est une opération extrêmement difficile. Du point de vue de la politique étrangère, son prix est la division de l’UE dans une Europe à deux vitesses. Merkel en est consciente, mais cela ne la dérange plus.
C’est au seul juge de décider de la limite [dans laquelle un transfert de compétences est possible]. Pour une véritable union politique, il faudra passer par un référendum sur une nouvelle Loi fondamentale [la Constitution allemande]. L’évolution vers l’union politique se fera probablement de manière insidieuse par une coopération entre tous les partis politiques.
la chancelière allemande, que l’on disait à l’Elysée “isolée”, n’a pas attendu les législatives [françaises, les 10 et 17 juin] pour remettre à sa place son nouvel interlocuteur. L’appel insistant du président français en faveur d’une mutualisation des dettes européennes vient de s’attirer une réplique attendue : le fédéralisme budgétaire qu’il appelle de ses voeux n’ira pas sans fédéralisme politique. [...] Il va devoir expliquer aux Français que la crise de la zone euro oblige à d’importants transferts de souveraineté.
Pour François Hollande, la situation est particulièrement inconfortable. [...] L’éventualité d’une nouvelle réforme du pacte budgétaire, et de sa ratification, présente à ses yeux une réelle difficulté. [Il] doit tenir compte du club des “nonistes”, dont deux représentants ont été nommés au Quai d’Orsay. [...] La balle a été lancée par la chancelière dans le camp français, François Hollande devra, tôt ou tard, la saisir.
C'était d'abord le soixantième anniversaire du couronnement de la reine Elizabeth d'Angleterre. Femme forte, s'il en est, qui a su résister à bien des épreuves, d'abord celle de la guerre qu'elle traversa courageusement en prenant part aux opérations de secours lors des bombardements aériens, mais aussi en supportant les autres difficultés qui surgirent dans l'après-guerre : celles du ravitaillement d'un pays exsangue, celles de la reconstruction puis, plus grave encore, celles issues de la coupure de l'Europe, de la menace à l'Est.
Certes, en tant que souveraine, elle n'était pas directement impliquée dans les décisions de ses gouvernements successifs, mais elle les assumait en s'efforçant de sauvegarder la cohésion et l'unité de son peuple. Ce long règne aura vu des bouleversements considérables dans tous les domaines, mais la Reine est toujours là, admirable dans sa sérénité, au-dessus de la mêlée, assurant la pérennité de la démocratie.
Le deuxième anniversaire était celui du Débarquement du 6 juin 1944, une épopée invraisemblable qui aurait pu se terminer en fiasco terrible, une entreprise considérable dont le président de la République a rappelé les tenants et aboutissants. C'était au Mémorial de Caen, haut lieu où l'on peut méditer sur les raisons et les buts du conflit des années 1940. Il s'agissait alors d'un combat qui dépassait de loin les oppositions traditionnelles entre nations européennes. L'enjeu était ni plus ni moins que la disparition ou la survie de la démocratie dans nos pays. Tel est le message du Mémorial.
L'émergence d'une conscience européenne
Or, le président de la République l'a rappelé : « La barbarie a été possible au XXe siècle. Elle peut revenir au XXIe... Seule l'émergence d'une conscience européenne commune nous prémunira contre le retour de la haine, du nationalisme, de l'extrémisme, du populisme... Il s'agit de savoir d'où l'Europe vient et où elle doit aller. »
C'est bien de cela que dépend l'avenir de la démocratie et de la paix. C'est cela que nous devons avoir à l'esprit au moment de décider de voter ou de s'abstenir demain. On voit où est notre devoir qui est aussi une forme d'engagement plus simple, moins radical que celui des combattants d'autrefois. Mais au regard de leur sacrifice, nous ne pouvons nous mettre hors-jeu comme si nous étions devenus indifférents à cette démocratie pour laquelle ils ont souffert, pour laquelle beaucoup d'entre eux sont morts.
Cela nous impose de ne pas laisser décliner cette manière si précieuse de vivre ensemble. L'histoire nous a montré combien l'absence de cette forme de société est douloureuse et combien il est difficile ensuite de la restaurer. Voter, c'est construire la démocratie.
samedi 9 juin 2012
Pour Philippe Tesson, la majorité à venir n'a rien d'homogène. Pour gouverner, Hollande devra trahir soit ses alliés, soit ses idées.
Ils ont acheté la presse
Charles Gave, de l’Institut des Libertés, nous présente ici
une recension du livre de Benjamin Dormann, « Ils ont acheté la
presse », dans laquelle l’auteur explique l’actuel biais de la presse en
faveur des thèses économiques keynésiennes et socialistes.
“Ils ont acheté la Presse” de Benjamin Dormann
sous titre: “Pour comprendre enfin pourquoi elle se tait, étouffe ou encense”
Éditeur: Jean Picollec
Depuis toujours, je commence entre deux et cinq livres par semaine.
Il m’arrive rarement de les terminer tous tant la qualité soit de
l’écriture soit des arguments développés peut être faible.
La première partie de l’ouvrage consiste en une description d’un certain nombre de personnalités de ce monde très spécial et des méthodes qu’ils ont employées pour arriver la où ils en sont, dont on peut dire sans crainte qu’elles ne sont pas « jolies, jolies ». Le but essentiel de tous ces gens semblent être en effet de s’enrichir de façon éhontée tout en jurant la main sur le cœur qu’ils sont « de gauche », ce qui vaut indulgence pleine et entière de la part des journalistes que par ailleurs ils asservissent et qui sont sous leurs ordres. Je laisse au lecteur le plaisir de découvrir le nom et les pratiques de tous ces bienfaiteurs de l’humanité souffrante qui pratiquent allégrement trafic d’influence et concussion avec la meilleure conscience du monde. Cette première partie mérite à elle seule les 23 Euros que coûtent cet ouvrage.
La deuxième partie, pour un homme comme moi, pas très versé dans les gens mondialement connus à Paris et sur les réseaux qui font et défont les réputations dans notre beau pays, est encore beaucoup, beaucoup plus intéressante.
De temps en temps,un lecteur me pose la question la question : comment se fait-il que je ne sois jamais interviewé , si ce n’est par BFM (de temps en temps, ce dont je les remercie). Je réponds toujours que c’est sans doute parce que je suis rarement en France et que je ne fais guère d’efforts pour être connu des journalistes.
Mais je me demandais quand même pourquoi des hommes éminents comme Pascal Salin, Alain Cotta, Jean-Jacques Rosa, etc… ne passaient jamais sur les ondes, sans avoir de vrai réponse ?
Ce livre m’en a donné — enfin — l’explication.
La quasi totalité des économistes que nous voyons constamment sur les ondes appartiennent en fait à deux « clubs de réflexion », très reliés l’un à l’autre et au Parti Socialiste et dont les financements sont pour le moins obscurs, venant parfois de pays étrangers.
Ces deux clubs se nomment Terra Nova et Le Cercle des Économistes.
De grands « débats » sont bien sûr organisés dans les médias « officiels » sur les sujets brûlants, mais comme la puissance invitante fait presque toujours aussi partie du même « club », ne seront invités que les membres du club, ce qui est après tout le privilège du rédacteur en chef : inviter qui il veut. Et c’est la où se situe la tromperie.
Les intervenants seront présentés comme monsieur X, professeur à Polytechnique, monsieur Y professeur à Normal Sup’, monsieur Z professeur à Sciences Po’ Paris, ce qui laisse croire à l’auditeur que ce qui leur a valu cette invitation est leur compétence professionnelle tout à fait remarquable puisqu’ils enseignent dans ces prestigieuse écoles.
À aucun moment n’est mentionné le fait qu’ils appartiennent tous ou presque aux mêmes clubs de réflexion, qu’ils sont copains comme cochons, qu’ils ne doivent leurs positions éminentes qu’à leur engagement dans le Parti Socialiste et qu’ils ont sans doute passé les heures qui précédent le débat à se repartir les rôles dans le débat qui allait suivre.
Le pauvre auditeur a l’impression qu’il écoute des gens compétents et de bonne foi, alors qu’il n’en est RIEN et en tire la conclusion que puisqu’ils disent tous la même chose, eh bien cela doit être la vérité. En fait, il assiste à un débat entre la Pravda et les Izvestia, les deux grands journaux de l’ex URSS dont le seul but est de le manipuler, LUI.
En ce qui me concerne, je ne comprends pas que des hommes d’honneur puissent dévoyer à ce point l’idée très haute que j’ai de la Démocratie, du rôle des journalistes mais encore plus de l’intégrité morale qui devrait être la caractéristique des intellectuels.
On imagine mal Raymond Aron, Jacques Rueff, Alfred Sauvy, Bertrand de Jouvenel ou enfin Jean-Francois Revel accepter de participer à ce sordide théâtre d’ombres.
C’est de ce genre de pratiques que la France crève.
Le livre donne tous les détails sur ceux qui se livrent à ces méfaits, sur les réseaux qui les soutiennent, sur les radios ou télévisions, payées par nos impôts sur lesquels ils sévissent et je ne saurai donc trop en recommander la lecture, et ce d’autant plus que cet ouvrage, qui est une vraie et remarquable enquête, n’a bénéficié d’aucune couverture de presse et que je l’ai trouvé par hasard en me promenant à la Procure à Paris.
20 milliards en un mois : premier bilan de François Hollande
Le réveil risque d’être douloureux pour les Français quand ils réaliseront que les folies budgétaires qu’offre le gouvernement vont mettre à mal sur le long-terme l’ensemble du système social à la française. C’est une question de bon sens : on ne peut pas éternellement dépenser plus que l’on ne gagne.
La France (comme tous les pays industrialisés) n’a pas les moyens de vivre comme pendant les 30 glorieuses, où le pays ne connaissait pas le chômage de masse, où la croissance était soutenue et où la pyramide démographique était surtout beaucoup plus favorable. Avec l’allongement de la durée de vie, les travailleurs ne peuvent plus assumer le prix de retraites de plus en plus longues.
Et quid du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ? Qui peut penser qu’avec l’informatisation de l’administration, les besoins en personnel public n’ont pas diminué… Et au-delà même des besoins, le fardeau de la fonction publique est trop lourd à porter et coûte tout simplement trop cher.
Quant au Smic, on connait tous les effets pervers de cette mesure sur l’emploi et sur les salaires intermédiaires… 20 milliards en un mois… On espère que François Hollande va se calmer car il lui reste 59 mois à passer à l’Elysée !


















