TOUT EST DIT

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vendredi 27 août 2010

Les failles de La Rochelle

Qui veut voyager loin? Ménage ses pointures. Plus qu'une question de personne ou de charisme et plus encore que les sondages, le choix du candidat socialiste à la présidentielle devra être dicté par le contexte politique. Et de grâce ne sortons pas nos boules de cristal pour décrypter au-delà du raisonnable les failles de La Rochelle, cette rentrée PS trop habituelle pour avoir grand intérêt. Il ne s'agit que d'un rituel du calendrier socialiste aoûtien qui, comme souvent, s'accompagne d'une littérature dont l'originalité est inversement proportionnelle aux gorges chaudes que l'on en fait. La meilleure des tactiques pour le PS sera celle qui, au moment opportun, fera coïncider l'impétrant et son programme.

La stratégie socialiste n'est certainement pas arrêtée. Si elle l'était elle donnerait l'impression dévastatrice que les primaires ne sont qu'un amuse gogo. Reste que le PS devra trancher entre deux alternatives prévisibles qui lui imposent la patience et la vigilance face aux sirènes des opinions favorables. Les candidats les mieux placés dans les sondages dix-huit mois à l'avance ne sont que rarement les vainqueurs de la lutte majeure. D'autant que le climat social et les propositions que doit faire la gauche, si elle veut marquer sa différence avec les méthodes des sortants, joueront un rôle déterminant.

Si les chances de victoire passent pour le PS par un fort rassemblement pour éviter la dispersion des voix de la gauche, ce qui supposerait qu'elle soit raisonnable, alors, dans la logique des primaires, le candidat socialiste sera Martine Aubry ou peut-être François Hollande de plus en plus dans la course.

Si, par contre, l'éparpillement de la gauche et le taillage de croupières habituels font courir au parti socialiste le risque de la jospinisation, il doit alors choisir DSK, qui mieux que les autres peut élargir l'électorat PS vers le centre. Sa limite c'est qu'il risque de perdre à gauche ce qu'il gagnera de centristes. Avec une sagesse qui n'a pas toujours été leur principale caractéristique, les socialistes attendent le meilleur moment et ne se grillent pas dans des combats sans intérêt pour 2012. Il sera temps quand sera lancée la campagne de parler d'économie, de social et de sécurité.


DANIEL RUIZ

Au bal de La Rochelle

Sur le dépliant de la colonie de vacances estivale des socialistes, rien que du fun. Et quelle météo ! Des soleils partout sur les cartes de la presse politique qui contrastent avec les nuages noirs sur Nicolas Sarkozy donné largement battu en 2012 par un sondage publié cette semaine (61 % des Français ne souhaiteraient pas qu'il se représente), les orages sur un ministre du travail empêtré dans les affaires, et une pluie de critiques sur le gouvernement touché par les grêlons d'une polémique qu'il a lui-même déclenchée.
Ah, les délices de l'opposition sans l'acidité des responsabilités du pouvoir ! C'est la première fois depuis longtemps, et la dernière avant longtemps, que le PS pourra profiter de ces rituelles journées d'été avec une certaine légèreté. Il pourra se contenter de ne faire que du positif. Parler social, les yeux vers le ciel, en passant bien au large du piège sécuritaire tendu par le pouvoir. Et puis penser, réfléchir gravement à « La vie qu'on veut », le programme-ligne d'horizon absolument sans danger de ce rassemblement atlantique. On pourra même s'embrasser sans serrer son poignard dans la poche. Et sans hyprocrisie. Enfin, presque... C'est que la compétition interne n'a pas encore commencé. Chacun peut encore croire qu'il sera le champion des siens et entonner, bras dessus, bras dessous avec les six ou sept autres prétendant(e)s, ce refrain, façon chant de marin : non, non, non, il n'y aura pas de « bal des ego ». L'an prochain, dans le vent mordant des primaires, le couplet, à coup sûr, sera moins sautillant.
Le PS veut avaler encore un peu d'oxygène avant de plonger dans les remous de cette année 2010-2011 pré-présidentielle plus périlleuse pour lui qu'il n'y paraît. Il en ressent déjà la pression. L'annonce de Martine Aubry sur sa probable candidature, les interrogations sur un DSK superfavori mais absent, et les menaces à peine voilées d'une Ségolène Royal distancée mais qui n'a pas renoncé à jouer perso (sans 2012 pourrait-elle seulement exister ?) sont autant d'incertitudes inquiétantes.
La perspective d'une victoire aiguise les appétits, pas encore les imaginations. Les socialistes, ils le savent, sont attendus à la balise des propositions. Les Français ne comprendraient pas qu'ils se contentent de hisser un pavillon de gauche conservateur ou de brasser une eau tiède mélangeant toutes leurs contradictions, comme ils l'ont fait sur le dossier des retraites. Sont-ils capables de conjuguer le verbe qu'ils ont tant utilisé : changer ?

Olivier Picard

Réinventer le courage


Quand le climat s'assombrit de mauvaises nouvelles climatiques, sociales et politiques, pourquoi ne pas retrouver l'usage de quelques mots forts qui peuvent donner du coeur au ventre ? Il en est un qui a fait ses preuves historiques, morales et civiques : le courage.

Mot bien dédaigné et oublié. On ne l'apprend guère à l'école, et pas si souvent dans les familles. Seul le petit monde (si mal reconnu, si mal aidé, si mal sollicité) des associés et des militants, des bénévoles et des volontaires, des lutteurs isolés et désespérés tente de lui donner du sens. Et pourtant, comme son retour pourrait ragaillardir notre démocratie !

C'est en tout cas ce qu'une philosophe, Cynthia Fleury, qui avait naguère exploré Les pathologies de la démocratie, vient de rappeler très opportunément dans son nouvel ouvrage, La fin du courage (1). Pour surmonter le désarroi et la déprime. Pour cesser de nous complaire dans la mélancolie, le narcissisme ou le repli et refuser la démission, la capitulation, l'impuissance et, finalement, la décadence. Pour combattre « l'entropie démocratique », cette perte en ligne d'énergie civique et morale, déjà signalée au XIXe siècle par Tocqueville, qui nous empêche de voir notre « intérêt bien entendu ».

Pour retendre le ressort collectif et réarmer l'individu, réinventons donc « une éthique du courage ». Ayons « la volonté de ne pas laisser la dégénérescence l'emporter si facilement ». Parce que « désespérer, c'est déserter », comme disait déjà Victor Hugo en défiant Napoléon le Petit.

L'injonction vaut d'abord pour nos dirigeants, souvent prêts à confondre le vrai et le faux, feignant de briser les tabous, mais si prompts à stigmatiser et à désunir quand il faudrait rameuter au nom du droit, de la justice et même ¯ autres vieux mots oubliés ¯ de la raison, de l'intelligence et de la vertu. Ah ! Nos politiques si soucieux d'abord de ne pas déplaire, si soumis à l'opinion et aux sondages...

Le manque de courage, c'est aussi le refus de l'initiative, les élites qui oublient le peuple, les petits malins qui ne rêvent qu'au profit immédiat, ceux qui cultivent une passivité désarmante, se crispent sur les avantages et les « modèles » acquis. Sans oublier les individus décomplexés, qui n'ont rien à faire du collectif et préfèrent faire joujou entre eux mais sur écrans. Nos médias aussi entretiennent la couardise et le cynisme, quand ils confondent le spectacle et l'information, l'image et le réel.

Pourtant, prenons-y garde, le découragement galopant menace la démocratie. Seul l'acte courageux, individuel et collectif, redresse la chute, change la fuite en assaut, jugule l'égoïsme, ouvre aux autres vertus. Seul le courage peut unir la morale et la politique. Seul, il prend le risque de dire une vérité mais aussi nous fait accepter de l'entendre et de la laisser circuler entre nous tous, même si elle déroute ou blesse. Bref, le courage anime la démocratie. Malraux avait raison dans L'Espoir : « Le courage est une chose qui s'organise, qui vit et qui meurt, qu'il faut entretenir comme les fusils. »

(1) La fin du courage, Fayard, 204 p., 14 €.

(*) Historien.

L'homme le plus seul de la planète

Il est isolé au coeur de la forêt amazonienne depuis des années. Pour combien de temps encore?
L'homme le plus isolé de la planète passe toutes ses nuits dans une hutte recouverte de feuilles de palmier dans la partie brésilienne de l'Amazonie. Les insectes sont partout, les singes-araignées patrouillent à la cime des arbres, les cochons sauvages explorent les sous-bois. Et cet homme restera à jamais un détail anonyme du paysage, camouflé à en devenir quasiment invisible. Cette description ne s'appuie que sur des hypothèses invérifiables, mais elle ne doit pas tellement s'éloigner de la réalité. L'isolation de cet homme est tellement extrême et dure depuis tellement longtemps qu'un journaliste ne prend pas de véritable risque à le dépeindre en train de vivre en silence un moment de solitude totale.

Cet homme est un Indien dont les autorités brésiliennes ont conclu qu'il était le dernier survivant d'une tribu qui n'a jamais eu le moindre contact avec le monde extérieur. Ils ont pris connaissance de l'existence de cet homme il y a une quinzaine d'années, et ont lancé pendant dix ans de nombreuses expéditions à sa recherche, afin d'assurer sa sécurité et établir un contact pacifique. En 2007, l'élevage et l'exploitation forestière se rapprochant dangeureusement de son lieu d'habitation, le gouvernement a déclaré propriété privée la zone de 50km² qui entoure sa hutte.

C'est censé être une zone sûre, et il s'y trouve toujours. Seul.

L'histoire offre peu d'exemples de gens qui peuvent rivaliser avec la solitude de cet Indien. C'est peut-être celle qu'on appelait «The Lone Woman of San Nicolas» (Ndt: la femme solitaire de San Nicolas) qui s'en rapprocherait le plus. Une Indienne aperçue pour la première fois en 1853 par un chasseur de loutres, et qui vivait seule sur une île proche de la côte californienne. Les prêtres catholiques qui envoyèrent un bateau pour la ramener ont pu établir qu'elle était la dernière survivante de sa tribu, décimée 18 ans auparavant. Mais les détails de sa survie n'étaient pas plus étoffés que ça. Elle mourut quelques semaines après son «sauvetage».

Nul doute qu'au cours de l'histoire, d'autres survivants de ce genre sont morts dans l'indifférence générale. Mais ce qui fait de cet homme au Brésil un cas unique ce n'est pas le degré extrême de son isolement, ni le fait que le gouvernement est au courant de son existence, mais plutôt la réaction de ce dernier.

Nos sociétés modernes ont toujours assimilé et décidé du sort des populations autochtones, quelles qu'elles soient. Mais le Brésil est en plein milieu d'une expérience: si un contact pacifique est établi avec cet Indien solitaire, c'est qu'il en aura lui-même décidé ainsi. Le gouvernement a appelé ça la «Politique de non-contact». Après des années de tentatives aux conséquences souvent tragiques d'intégrer dans la vie moderne ces populations qui vivent encore dans les régions les plus sauvages de la planète, cette décision est un pas dans une direction totalement différente. Et c'est le cas complexe de cet Indien qui va permettre de la tester.

Quelques habitants avaient déjà entendu parler de cet homme solitaire en 1996, lorsque les bûcherons du Rondônia, un état situé au nord-ouest du pays, ont commencé à faire circuler une rumeur: un sauvage vivrait dans la forêt, et il serait apparemment seul. Les agents de terrain du gouvernement brésilien spécialistes des tribus isolés ont rapidement trouvé une de ses huttes –un minuscule abri de chaume avec un mystérieux trou creusé au milieu. En poursuivant leurs recherches, ils ont découvert que l'homme était en fuite, et qu'il allait de cabane en cabane, les abandonnant à mesure que les bûcherons –et les agents du gouvernement– se rapprochaient. Aucune tribu connue ne vivait comme lui, creusant des trous rectangulaires de plus d'un mètre cinquante de profondeur au mileu des huttes sans but apparent. Il ne semblait être le survivant d'aucune tribu répertoriée.

Les agents ont fini par le retrouver; il ne portait aucun vêtement, avait dans les 35 ans (il a aujourd'hui un peu moins de 50 ans) et ne se séparait jamais de son arc et de ses flèches. Ces rencontres se soldaient toujours par un échec, situation frustrante et parfois même tragique puisqu'une fois, l'Indien a délivré un message clair à un agent qui poussait trop loin les tentatives de contact, sous la forme d'une flèche dans la poitrine.

Les contacts de ce genre se sont toujours révélés compliqués, mais ces rencontres ont permis aux agents d'établir le profil de cette homme au passé tragique. Lors d'une opération de débroussaillage, on a retrouvé les ruines de plusieurs huttes détruites par des bulldozers (14 en tout), avec dans chacune d'elle le même trou rectangulaire que l'Indien solitaire avait creusé dans ses abris. Les autorités en ont alors conclu qu'il s'agissait du site de son village, détruit en 1996 par d'avides propriétaires terriens.

Ces affrontements ne sont par rares: la constitution brésilienne de 1988 garantissant aux Indiens la propriété des terres traditionnellement occupées par leur tribu, cela a poussé les colons à chasser hors des terres convoitées des tribus qui n'avaient jamais eu de contact avec le monde extérieur. Quelques mois avant de commencer la traque de l'Indien solitaire, des agents avaient réussi à établir un premier contact pacifique avec deux tribus vivant dans la même région. L'une d'entre elles, les Akuntsu, ne comptait plus que 6 membres. Tous les autres, expliqua le chef, avaient été tués lors d'un raid par des hommes armés de pistolets et de tronçonneuses.

Aujourd'hui, si vous vous rendez dans le Rondônia, tous les propriétaires terriens locaux nieront avoir connaissance de ces massacres. Mais beaucoup d'entre eux n'ont pas peur d'exprimer leur mépris vis-à-vis de la création de réserves pour ces minuscules tribus. Ils vous diront qu'il est absurde de protéger 50km² de terre pour la bénéfice d'un seul homme, alors qu'un gros ranch pourrait produire de la nourriture pour des milliers de gens.

Un argument de moins en moins valide, en partie à cause de ces milliers de mètres carrés de forêt amazonienne nettoyés mais désespérément vides et laissés à l'abandon. Le seul modèle économique dans lequel l'augmentation de la production dépend de façon vitale d'un nettoyage accru est strictement local. La question du profit –défrichage contre préservation– ne concerne que deux personnes: l'industriel et l'Indien.

Les agents du gouvernement le savent, c'est pour cette raison qu'ils considèrent la protection de cet homme comme une question de droit humain, et non d'économie.

Il se nourrit principalement de gibier sauvage, qu'il chasse avec son arc ou piège dans des trous hérissés de pointes. Il a planté quelques cultures autour des ses huttes, du maïs et du manioc entre autres, et recueille souvent le miel des ruches que les abeilles sans dard installent dans le tronc de certains arbres. Certaines marques laissées sur les arbres portent à croire que cet Indien a une vie spirituelle, ce qui selon les experts pourrait l'aider à surmonter la détresse psychologique qu'il y a à se retrouver, d'une certaine manière, le dernier homme sur terre.

Mais combien de temps peut encore durer cet isolement? Avec Facebook je sais ce que des gens qui habitent à l'autre bout de la planète ont mangé au petit-déjeuner, entreprises et gouvernement sont plus que jamais à la recherche de ressources monnayables; comment se fait-il que personne n'ait encore éliminé cet homme? En 2010, peut-on vraiment vivre en-dehors du système?

Certains Brésiliens estiment que c'est la rapidité du progrès technologique lui-même qui protège cet Indien au lieu de le menacer. Les agents qui étudient son cas depuis 1996 pensent que plus l'histoire de cet homme complètement isolé se propage –et rien n'est plus facile de nos jours– moins il aura à craindre ces raids anonymes organisés par les propriétaires locaux et qui ont déjà décimé des dizaines de tribus par le passé. Des technologies telles que Google Earth et d'autres programmes de cartographie peuvent aider à surveiller les frontières de son territoire. Au lieu de lancer des expéditions intrusives pour s'assurer de la sécurité des tribus indiennes, les autorités brésiliennes ont annoncé qu'ils allaient tenter une expériences avec des capteurs de chaleur installés sur des avions qui voleraient assez haut pour ne pas perturber ces populations.

La première fois que j'ai entendu parler de cet Indien solitaire, c'était il y a cinq ans, alors que je travaillais comme correspondant pour le Washington Post en Amérique du sud, et que j'interviewais quelqu'un qui dirigeait un organisme du gouvernement fédéral brésilien pour la protection des tribus isolées de l'Amazonie. Il a mentionné cet homme en aparté, me racontant la dernière tentative de forcer le contact avec lui, cette expédition où un agent s'est pris une flèche dans la poitrine.

J'avais dessiné une grosse étoile et trois points d'exclamation dans la marge de mon carnet alors qu'il changeait de sujet. Ces rappels, pour ne pas que j'oublie d'y revenir, étaient parfaitement inutiles, puisque je ne pensais à rien d'autre que cet homme solitaire et toutes ces tentatives téméraires d'établir le contact.

Aujourd'hui, ce qui occupe mes pensées est un brin différent: toujours cet homme solitaire, et la retenue sans précédent dont font preuve les agents pour ne pas que l'histoire se répète.

Monte Reel. Il est l'auteur du livre: The Last of the Tribe: The Epic Quest To Save a Lone Man in the Amazon (Le dernier de la tribu: Une aventure épique pour sauver l'homme seul de l'Amazonie).

Traduit par Nora Bouazzouni

Sortie de crise pour les hôtels parisiens Avec 36 millions de nuitées estivales, les hôteliers parisiens sont ravis.

D'atant qu'ils ont augmenté leurs tarifs :La nouvelle ne manquera pas d'être étudiée à la loupe par les conjoncturistes: les professionnels du tourisme ont retrouvé le sourire à Paris et prévoient d'atteindre le chiffre inespéré de 36 millions de nuitées en 2010 comme l'excellent année 2007. "Il y a un an, nous avions envisagé trois scénarios pour 2010 et pour le moment on observe une situation meilleure que notre scénario le plus optimiste", jubile Paul Roll, le directeur de l'Office de Tourisme de Paris.
Tous les indicateurs sont au vert. Entre janvier et juin et malgré le black out de plusieurs jours en raison de l'éruption du volcan islandais, 8,2 millions de touristes ont choisi Paris (+12%), les nuitées hôtelières ont augmenté de 7,3 % avec un taux d'occupation des chambres de 77,8 % (+3,7 points) et un prix moyen de 145 euros en hausse de près de 3 %.

Non seulement les hôtels parisiens ont mieux vendu leurs chambres mais en plus ils ont nettement augmenté leurs prix moyens. Principal moteur de ce redémarrage, le tourisme d'affaires, celui qui rapporte le plus, est en hausse de 12% avec 8,3 millions de nuitées enregistrées sur les six premiers mois de l'année.



Paris vu du Ciel de Yann Arthus-Bertrand
envoyé par mairiedeparis. - L'actualité du moment en vidéo.


Autre phénomène, les Français sont venus plus nombreux (+13,4% par rapport à 2009). "On constate une tendance lourde des touristes en direction du tourisme urbain et une attractivité forte de la destination Paris par rapport à ses concurrents européen Berlin, Amsterdam, Rome ou Vienne", souligne Jean Bernard Bros, adjoint au maire de Paris en charge du tourisme.

Enfin, alors que le nombre très important de touristes européens et nord américains en en léger retrait, la croissance vient des pays émergents dont le poids ne cesse d'augmenter dans le tourisme parisien. Parmi eux, la Chine (+33,6% de nuitées), l'Asie du Sud Est, l'Inde, la Russie, le Brésil et le Mexique ainsi que les pays du Proche Orient dont les nuitées ont augmenté de près de 30% également. Ces chiffres concernant le premier semestre de l'année, ne devraient pas être contredit par le reste de l'année car le calendrier est rempli de congrès et événements drainant un fort tourisme d'affaires.
La mairie de Paris en profite au passage pour s'attribuer une partie de ce succès. "Nous avons beaucoup travaillé pour rendre Paris très attractive, grâce à Paris Plage, au Vélib, et aux efforts des différents sites historiques de la capitale, nous allons maintenant développer l'attrait de Paris la nuit et réaménager les voies rive droite et une partie de la rive gauche", assure Jean-Bernard Bros.
Mais la meilleure publicité pour Paris cette année, a été offerte gratuitement et indirectement par Google qui a consacré un spot à Paris, diffusé le soir du Super Bowl à la télévision américaine.

Jean-François Arnaud

Deux conceptions différentes du Front national

Alors que Bruno Gollnisch veut d'abord rassembler la droite nationale, Marine Le Pen veut faire du FN un « grand parti populaire ». Et elle s'applique à « dédiaboliser » le Front national en insistant sur les thématiques économiques et sociales.
Sur le papier, leurs CV semblent calqués l'un sur l'autre. Marine Le Pen et Bruno Gollnisch sont tous deux nés à Neuilly-sur-Seine, sont titulaires d'un DEA de droit pénal, sont avocats de profession, sont vice-présidents du Front national et occupent les mêmes fonctions électives de conseiller régional et de député européen. Tout juste peut-il se targuer d'avoir été, en plus, député pendant deux ans à la faveur de la proportionnelle (de 1986 à 1988) et professeur de langue et de civilisation japonaises. Pour autant, il existe entre eux quelques différences majeures :

· La génération

C'est la distinction la plus évidente. Et elle pourrait beaucoup jouer dans la campagne interne. Agée de quarante-deux ans, la fille de Jean-Marie Le Pen incarne davantage la relève que son rival, qui accuse dix-huit années de plus et a subi, en 2007, un quadruple pontage coronarien. Compagnon de route de Jean-Marie Le Pen depuis plus qu'un quart de siècle, Bruno Gollnisch est, lui, un représentant de la vieille garde. Tentant d'en faire un avantage, il met en avant son « expérience » et sa « grande fidélité » au chef. « Il n'est de mo-dernité viable qu'enracinée dans la tradition », insiste-t-il, disant savoir se servir « d'un iPhone et même d'un iPad ».

· La stratégie

Bruno Gollnisch joue la carte du rassemblement de toute la droite nationale, éclatée en différentes chapelles « un peu orphelines ». Un rassemblement qui pourrait aller - selon lui -jusqu'aux souverainistes, notamment le MPF de Philippe de Villiers, allié à l'UMP. « Quand on veut gagner, exercer le pouvoir, il faut faire 50 % plus une voix. On ne peut pas se concentrer sur une portion réduite de l'électorat traditionnel », rétorque Marine Le Pen, qui voit dans le FN un « grand parti populaire » capable de parler aux « déçus de la gauche ».

· La ligne politique

Celle de Marine Le Pen tient en un mot : « dédiabolisation ». Tout en restant ferme sur les fondamentaux du parti, la fille de Jean-Marie Le Pen ne ménage pas ses « efforts » pour donner au FN une image plus respectable. Non contente d'avoir pris ses distances avec les dérapages de son père sur la Seconde Guerre mondiale, elle défend la laïcité et met plus en avant que Bruno Gollnisch les thématiques économiques et sociales. C'est sous son influence que Jean-Marie Le Pen avait relégué l'immigration et la sécurité au second plan en 2007. « Il ne faudrait pas, au nom de la lutte contre la diabolisation, altérer notre discours ou amoindrir nos convictions », martèle Bruno Gollnisch, qui insiste sur sa « sûreté doctrinale » et relève que sa rivale reste, « malgré l'image qu'elle veut donner, dans une stricte orthodoxie frontiste ». Au-delà de l'accent mis sur tel ou tel sujet, aucun n'a pris ses distances avec des mesures défendues par l'autre. « Il y a une différence de style, mais pas de différences programmatiques importantes », estime le politologue Pascal Perrineau. Du moins jusqu'au congrès de janvier. « Elle a compris qu'elle ne peut prendre le parti sur une ligne de différenciation », assure un fin connaisseur du FN.

Apple : spéculations sur les prochaines nouveautés

Le géant américain a prévu une conférence le 1er septembre à San Francisco, sans en préciser le contenu. Les spécialistes informatiques s'attendent à une présentation de sa nouvelle gamme d'iPod et au lancement d'une offre de locations de programmes TV.
Mais que peut bien cacher cette guitare ? Les spéculations vont bon train sur ce que le groupe informatique américain dévoilera le 1er septembre. L'invitation, envoyée à l'ensemble des spécialistes, n'indique quasiment rien d'autre que le lieu et la date de l'événement. Et pour seul indice…une photo de guitare acoustique ! Certains avancent que l'iPod et la boutique en ligne iTunes seront les principaux sujets de cette conférence.

«C'est l'heure de l'actualisation des iPod Touch» affirme ainsi Rob Enderle du Enderle Group dans la Silicon Valley. Cet expert explique que le groupe a «tendance à rafraîchir l'iPod» à la rentrée pour mieux se vendre lors des fêtes de fin d'année. Selon lui, le nouvel iPod Touch sera doté d'une caméra pour permettre le chat vidéo et d'une meilleure résolution d'écran.
Un nouveau service de location de séries télé

La deuxième grande nouveauté qui pourrait être dévoilée lors de cette conférence est le lancement d'un service de location de programmes TV sur iTunes, selon l'agence Bloomberg. Une offre qui devrait permettre aux utilisateurs d'iPhone, d'iPad, ou d'iPod Touch de louer un épisode d'une série pendant 48 heures, pour seulement 0,99 dollar, dès le lendemain de sa diffusion. Le tout sans publicité. Une avancée majeure, car jusque là, les utilisateurs ne pouvaient qu'acheter les séries télé, à un prix compris entre 1,99 et 2,99 dollars.

Les spécialistes s'attendent également à la présentation d'un nouveau boîtier Apple TV qui fonctionnerait sous iOS, le système d'exploitation qui motorise l'iPhone et l'iPad. Ce dispositif pourrait permettre d'accéder à la boutique iTunes depuis l'écran de sa télévision, sans passer par un ordinateur.

Enfin, un iPad moins cher et de taille réduite, avec un écran de 7 pouces contre 10 actuellement, pourrait être dévoilé par la marque à la pomme. Une hypothèse cependant écartée par la plupart des spécialistes.
Cultiver le mystère

Le géant informatique américain est un habitué des annonces énigmatiques, efficaces pour faire le buzz. La mystérieuse photo de guitare n'est qu'un exemple parmi d'autres. Déjà en 2007, les invitations envoyées à la presse montraient seulement une silhouette en train de se déhancher en écoutant un iPod, avec comme slogan «The beat goes on», sans aucune autre information.

Rob Enderle avait alors présagé, avec un air de déjà lu : «Il s'agit de rafraîchir l'iPod, voilà le sujet du mystère». Apple avait en effet présenté des versions améliorées de ses iPod, et avait surtout lancé l'iPod Touch. Ses prévisions seront-elles à nouveau justes ?

Université d'été du PS : le débat sur les primaires relancé

Alors que s'ouvre aujourd'hui à La Rochelle l'université d'été du PS, un livre d'un journaliste de « Libération » rouvre le débat sur les primaires. François Hollande estime que les conditions sont réunies pour accélérer le processus.

Décidément, Martine Aubry n'a pas de chance avec les livres qui sortent au moment de l'université d'été de La Rochelle ! », s'amuse un dirigeant du PS. L'année dernière, un ouvrage (1) prétendait révéler les fraudes commises par le camp Aubry pour s'emparer du PS à l'issue du congrès de Reims. Cette année, un autre essai, « Petits Meurtres entre camarades », du journaliste David Revault d'Allonnes (Editions Robert Laffont), publié la veille de l'ouverture des débats dans la ville portuaire, présente - notamment -la première secrétaire comme une femme au franc-parler vachard. Surtout, une petite phrase de la maire de Lille dans ce livre relance le débat sur les primaires pour la désignation du candidat socialiste à la présidentielle. « Je prendrai ma décision avant le début de l'année 2011, explique Martine Aubry au journaliste. Je ne sais pas quel sera le climat politique à ce moment-là et quel sera le candidat le mieux placé. » Elle poursuit : « Si j'étais candidate, bien sûr, je ne serais plus première secrétaire. »

Il n'en faut pas davantage pour « polluer » le début de ce midi de l'université d'été à laquelle la première secrétaire a l'intention de donner un tour très politique et combatif, à quelques jours de la mobilisation contre la réforme des retraites, sur fond de rentrée scolaire tendue, d'offensive sécuritaire et d'affaire Woerth-Bettencourt.
Eteindre les flammèches

Invitée hier soir, comme c'est la coutume, par la fédération socialiste organisant l'université d'été, en l'occurrence celle de Charente-Maritime, Martine Aubry a utilisé la lance à incendie pour éteindre les flammèches allumées par le livre. « La France va mal, elle n'est pas sortie de la crise, la rentrée scolaire va être très difficile, la sécurité est une catastrophe et vous me demandez si je vais prendre ma décision de candiature en décembre ou en janvier ? », a lancé la première secrétaire à des journalistes. « Les Français s'en foutent », a-t-elle à plusieurs reprises martelé.

« Il n'y a rien de nouveau, assurait, avant qu'elle ne s'exprime, le député Jean-Christophe Cambadélis. Martine Aubry a toujours dit qu'elle se déciderait avant la fin de l'année. Le livre est sorti en même temps que des sondages très favorables à Dominique Strauss-Kahn et sa phrase apparaît en quelque sorte comme une réponse à ces sondages. Ce n'est pas le cas. » Dans le dernier sondage TNS Sofres publié cette semaine dans « Le Nouvel Observateur », Dominique Strauss-Kahn est crédité de 59 % des intentions de vote contre 41 % pour Nicolas Sarkozy, tandis que Martine Aubry obtiendrait 53 % face au chef de l'Etat. Pour Jean-Christophe Cambadélis, « on les présente comme des rivaux alors que c'est le contraire : un seul des deux se présentera aux primaires socialistes ».

Il n'empêche, depuis le couac entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn sur l'âge légal de départ à la retraite, le discours que la première secrétaire tenait, reposant sur le fait que DSK ou elle, c'était peu ou prou la même chose, a volé en éclats. La maire de Lille manifeste depuis en privé son impatience et elle aurait la tentation de forcer « Dominique » à se décider un peu plus tôt que prévu. « Cela fait plusieurs mois qu'elle nous dit que Dominique devra lui avoir dit à l'automne ce qu'il compte faire, confirme un membre du bureau national. Dominique cherche à éviter que la porte se ferme et Martine veut que la porte s'ouvre davantage. » Selon Pierre Moscovici, quelles que soient les agitations des uns et des autres, il n'est pas imaginable que le calendrier des primaires (lire ci-contre), qui prévoit un dépôt des candidatures au mois de juin, soit chamboulé. « On ne peut plus attendre jusque-là, explique-t-on à l'inverse dans l'entourage de François Hollande. Au moment où la situation politique à droite est dégradée et que la perspective d'une victoire à gauche n'a jamais été aussi forte, on ne peut pas donner aux Français l'impression que les socialistes sont encore éparpillés. » Alors que les candidatures de Nicolas Sarkozy, Eva Joly, François Bayrou sont quasi acquises, « nous sommes les seuls à renvoyer à la fin de 2011 le choix de notre candidat, déplore François Hollande. Le plus étonnant aujourd'hui n'est pas que Martine Aubry envisage d'être candidate, mais qu'elle l'envisage maintenant et que la course aux primaires débute dès le mois de janvier. On ne peut pas avoir dix mois de campagne interne ! »


RENAUD CZARNES

Le sarkozysme à l'épreuve de l'international

L'Europe m'a changé », avait dit Nicolas Sarkozy à l'issue de sa présidence de l'Union en 2008. Du traité de Lisbonne à la guerre russo-géorgienne, elle lui a surtout bien réussi et a permis de faire remonter sa cote de popularité. Mais peut-il aujourd'hui faire bouger le monde comme il avait « essayé de bouger l'Europe » ? Le chef de l'Etat s'apprête à prendre, en novembre, la présidence du G20 puis, en janvier 2011, celle du G8 avec l'intention de s'en servir comme tribune pour ses projets de réformes du système monétaire et de gouvernance du monde.

En présentant son plan de bataille pour les prochains mois à l'ouverture, mercredi, de la 18 e Conférence des ambassadeurs, Nicolas Sarkozy a détaillé ses « ambitieux » projets pour le G20-G8. Certes, les lignes ne dérogent pas à ses prises de position depuis le début de la crise, voire à une certaine idée française de régulation, mais il les a énumérées avec force. Ainsi, le président souhaite une réforme du système monétaire international, tout en repoussant l'idée d'un retour au système de Bretton Woods. Il invite les grandes puissances à réfléchir aux conséquences de la forte volatilité des changes, suggérant la création d'un nouvel instrument de réserve internationale pour renforcer la stabilité du système et mettre ainsi un terme à la suprématie du dollar. Même réflexion sur l'extrême volatilité des prix des matières premières, en premier lieu agricoles. Il faudrait selon lui ouvrir le chantier d'une réforme du fonctionnement des marchés de produits dérivés des matières premières. La réforme de la gouvernance mondiale passe aux yeux du président - du moins pour discuter des monnaies -par la substitution du G20 (qui comprend les puissances émergentes) au G7, le club fermé des grandes puissances dominantes du XX e siècle (Etats-Unis, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, France, Italie et Canada). « Comment peut-on parler aujourd'hui des taux de change sans la Chine ? », s'est-il interrogé.

Mais les propositions françaises risquent de se heurter à un certain nombre de réticences, en premier lieu des Américains, qui, notait un diplomate, restent « très loin de notre concept de régulation ». Sur les changes, Washington a jusqu'à présent préféré s'adresser directement à Pékin pour lui demander une réévaluation du yuan. De même, Barack Obama a mis en tête de son agenda le rapprochement avec la Russie du président Dimitri Medvedev, avant ses relations avec les pays européens. En outre, si la France est bien décidée à maintenir le G8, qui comprend quatre pays européens, Barack Obama, plus pragmatique, estime que désormais le « vrai lieu » de la concertation internationale est le G20. Surtout que, comme on le rappelle en marge de la Conférence des ambassadeurs, les pays émergents comme l'Inde se demandent pourquoi il y a « autant d'Européens » au sein du G20 (quatre pays plus deux représentants de l'Union). Et les Américains ne sont pas insensibles à cette préoccupation. Sans oublier non plus que, même si Barack Obama a montré des signes d'essoufflement, il occupe toujours le devant de la scène internationale. Un signe qui ne trompe pas : c'est à Washington que les dirigeants israélien Benyamin Netanyahu et palestinien Mahmoud Abbas doivent se retrouver le 2 septembre pour reprendre des négociations directes. De même, en dépit de la promesse de Nicolas Sarkozy de maintenir l'armée française en Afghanistan et du retour de la France au sein du commandement intégré de l'Alliance atlantique, la stratégie et la date d'un retrait de l'Otan sont fixées par les Etats-Unis. Enfin, pour le chef de l'Etat français, 2010 n'est pas 2008, quand le président Bush arrivait en fin de course sur la scène internationale.

De plus, la France est sur la sellette dans de nombreux pays non seulement pour l'expulsion des Roms et les déclarations fracassantes sur ce sujet, mais aussi pour l'interdiction du port de la burqa. Sans oublier que les moyens mêmes de la diplomatie française, comme l'ont souligné non seulement les anciens ministres Alain Juppé et Hubert Védrine mais aussi des ambassadeurs, n'ont cessé de diminuer.

Il reste que le président français est toujours bien décidé à faire preuve de volontarisme. Il aura un an à la tête du G20 pour faire ses preuves. Et le terrain n'est pas neutre. Surtout si Dominique Strauss-Kahn, actuellement directeur général du FMI, se lançait dans la course présidentielle de 2012.



Jacques-Hubert Rodier

Sage décision

On peut avoir macroéconomiquement raison et politiquement tort. C'est ce qu'a compris Nicolas Sarkozy, qui a décidé de maintenir intact le dispositif fiscal favorisant le logement étudiant. On s'en souvient, François Baroin avait annoncé dans nos colonnes la fin du cumul de la demi-part fiscale et de l'aide au logement dont bénéficiait chaque famille ayant un étudiant à charge. Le ministre du Budget pensait à bon droit qu'à l'heure où l'on cherche 10 milliards d'euros d'économies sur les niches fiscales, en supprimer une qui présente un tel avantage, profitant de surcroît autant aux classes aisées qu'aux foyers modestes, n'avait rien de scandaleux. D'autant moins que son efficacité entretenait année après année un véritable effet pervers : celui de rendre artificiellement solvable une demande pour des petites surfaces dont les prix défient l'entendement, contribuant du même coup à la paupérisation croissante de la population des jeunes. Il est vrai que cette générosité de l'Etat avait permis de masquer l'une de ses carences : celle d'avoir laissé se développer une situation où, dans notre pays, les 2,2 millions d'étudiants recensés ne se voient offrir chaque année que 160.000 logements en résidence universitaire.

Autant d'arguments solides, donc, qui n'ont pas empêché le chef de l'Etat de faire marche arrière. Une décision courageuse puisque, ce faisant, il prend le risque d'être accusé de laxisme à l'heure où les groupes de pression se mobilisent pour tenter d'atténuer la portée de la réduction des avantages fiscaux annoncée par le gouvernement. Mais, pour une fois, on ne pourra reprocher au chef de l'Etat de rester sourd aux revendications des élus de terrain au nom de l'ardente obligation de réformer la France. Le tollé soulevé par le projet, dans les rangs de l'opposition comme d'ailleurs dans ceux de la majorité, était, il est vrai, à la mesure d'une décision dont l'effet psychologique était potentiellement désastreux. Car chacun sait que les classes moyennes seront en première ligne face à la politique antidéficits décrétée par l'Elysée. Dans ce contexte, faire mine de s'attaquer à leur progéniture, c'était frapper au coeur même de ce qui suscite leur angoisse. Tous les sondages le montrent : ce qui nourrit le pessimisme récurrent des ménages français, c'est moins leur situation personnelle que le sentiment qu'elle sera encore pire pour leurs enfants. Dans un climat où le chômage des 15-24 ans n'a jamais été aussi élevé, alors que l'OCDE ou le BIT parlent d'une même voix d'une « génération sacrifiée » dans toute l'Europe, il n'était sans doute pas utile, en cette rentrée, de rajouter un nouveau boulet aux chevilles d'une catégorie de Français, les jeunes, dont l'humeur pèse d'un poids très lourd dans l'équilibre politique et économique de notre pays.



Daniel Fortin

Contraction de la haute atmosphère terrestre liée à l'activité solaire

De fortes fluctuations dans la quantité d'énergie solaire émise ces dernières années a provoqué de fortes contractions passagères et inattendues de la haute atmosphère terrestre, selon une recherche publiée jeudi.

Cette partie de l'atmosphère appelée thermosphère, qui commence à 90 km d'altitude et s'étend jusqu'à plus de 500 km, s'est contractée momentanément en réaction à une forte baisse des niveaux de radiation de rayons ultraviolets émis par le soleil, ont indiqué les chercheurs, du Centre national américain de la recherche atmosphérique (NCAR) à Boulder dans le Colorado (ouest).

L'émission d'énergie solaire est tombée à des niveaux très bas de 2007 à 2009, une période de calme plat du soleil particulièrement longue, durant laquelle les scientifiques n'ont observé quasiment aucune tache ou éruption.

En réaction, la thermosphère terrestre s'est refroidie de 23 degrés Celsius en 2008 comparativement à 1996, entraînant sa contraction de 30%, du jamais vu en 43 ans d'exploration spatiale, selon ces chercheurs.

"Nos travaux démontrent que les cycles du soleil, normalement de onze ans, peuvent varier dans les périodes d'activité minimum", explique Stanley Solomon, un chercheur du NCAR (National Center for Atmospheric Research), le principal auteur de cette étude parue dans la revue Geophysical Research Letters.

La plus faible densité de la thermosphère sous l'effet de cette diminution du flux thermique du soleil est une bonne nouvelle pour les satellites et la Station spatiale internationale (ISS) car cela signifie qu'ils pourront rester plus longtemps sur orbite, relève Thomas Woods, professeur à l'Université du Colorado et co-auteur de cette communication.

"C'est une bonne nouvelle pour les satellites actuellement en exploitation mais en même temps une mauvaise nouvelle car des milliers de débris et objets orbitaux demeureront plus longtemps dans l'espace, présentant un risque accru de collision", ajoute-t-il.
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jeudi 26 août 2010

Découvrez la carte des bons et des mauvais élèves de la zone euro

Au sein de la zone euro, les indices se suivent et ne se ressemblent pas. L'économie allemande plastronne avec sa croissance à 3 % alors que les dettes et déficits publics de l'Irlande, de l'Espagne et de la Grèce ne laissent pas d'inquiéter.
Quel est le point commun entre l'économie allemande, toute pimpante de sa forte croissance, et l'économie irlandaise, fraîchement déclassée par l'agence de notation Standard and Poor's ? L'euro. La zone monétaire européenne affiche en effet en son sein une forte disparité en dépit — ou à cause, diront certains — de ses taux d'intérêt uniques de la Baltique à l'Algarve fixés à Francfort par la Banque centrale européenne (BCE).

Les optimistes qui avaient espéré que les pays de l'euro convergeraient après la crise liée à la dette publique de plusieurs d'entre eux, en premier lieu la Grèce, en sont pour leurs frais. En abaissant d'un cran sa note sur la solidité financière de l'Irlande, Standard and Poor's vient de rappeler que la zone euro est loin d'être sortie d'affaire.Pour ajouter à la fébrilité sur les maillons faibles de la zone euro, les désormais fameux Pigs (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne), le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a décidé de diriger en personne, aujourd'hui jeudi, la réunion de ses principaux ministres chargés de l'économie et des comptes publics.

À l'inverse, la première économie de la zone euro, l'Allemagne, fait preuve d'un insolent optimisme, relayé avec une moindre amplitude par ses voisins néerlandais et autrichien. Le climat des affaires outre-Rhin atteint un pic : en août, l'indice Ifo, relevé auprès de quelque 7.000 firmes, est, contre toute attente, au plus haut niveau depuis trois ans. Les firmes allemandes peuvent se financer au très favorable taux d'intérêt bas commun valable pour les 16 pays de l'euro, presque au risque d'une prochaine surchauffe. La banque centrale allemande prédit du coup une croissance de 3 % cette année en Allemagne et, surtout, que le déficit public allemand va retomber dès 2012 au seuil de 3 % du produit intérieur brut (PIB), fixé par le Pacte de stabilité européen.

Le rêve de la France

Une performance dont rêve la France, même si sa croissance au deuxième trimestre (+ 0,6 % par rapport à l'hiver dernier) n'est pas des plus mauvaises. Avec l'Italie (+ 0,4 % de croissance au printemps), la France fait partie de ce groupe de pays de la zone euro dont le PIB progresse mais qui inquiètent, en particulier les marchés financiers, sur leur capacité à réduire nettement et fortement leurs déficits et dettes publics. Le directeur de la recherche chez Natixis, Patrick Artus, distingue, lui, les pays « qui profitent peu de la croissance du commerce mondial et de celle des pays émergents » et « où la profitabilité des entreprises est insuffisante » (France, Espagne, Italie, Portugal) et ceux qui, à l'instar de l'Allemagne, savent tirer profit des économies émergentes.

Le spectre d'une restructuration de la dette grecque hante à nouveau les salles de marché. "Nous n'imaginons pas un défaut d'un pays de la zone euro", rassure Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires. Mais l'absence de cohésion dans la zone euro fait débat. "Un important conflit autour des orientations des politiques économiques s'annonce", anticipe Patrick Artus. La politique monétaire de la BCE est ainsi excessivement favorable à l'Allemagne et, peut-être, pas assez pour les "mauvais élèves".

Robert Jules et Frank Paul Weber

Le possible et l'idéal

L'incertitude rendait le retour des gouvernants à la table du Conseil des ministres un peu plus pesant que ne l'est habituellement ce marronnier de fin de vacances. Jusqu'à La Forestière, la veste bleue du Premier ministre à Brégançon que l'on avait chargée de tous les symboles du remaniement, attendu comme la solution aux embarras de Nicolas Sarkozy. Pourtant à y regarder de près, nous sommes dans une de ces crises cycliques que connaissent tous les présidents de la 5e République après deux ou trois ans de mandat. La seule vraie différence c'est que Pompidou, Giscard et Mitterrand avaient, sans états d'âmes, viré Chaban, Chirac, Mauroy et Rocard tandis que Nicolas Sarkozy est bien embarrassé pour trancher le cas de François Fillon.

Même si nous donnons l'impression de le redécouvrir à chaque fois, nos présidents arrivent, tous, au pouvoir avec une ligne idéologique très ferme, construite dans l'euphorie mais sans jamais avoir rapproché le possible de l'idéal. Et à ne pas se préoccuper de la jonction des belles théories avec l'aspiration populaire, ils s'écartent de l'intérêt général. La réalité de notre société vient de se rappeler au bon souvenir de l'idéologie dans ces jours charnières où commence la deuxième partie du quinquennat.

La relance de la mécanique personnelle du président de la République passe par un renouvellement obligé de sa politique, par la rénovation de son image et, probablement, par un changement de Premier ministre. Car pour important que soit le chamboulement du gouvernement, il ne pourra donner le sentiment fort du changement en gardant le pourtant populaire François Fillon.

Nicolas Sarkozy peut alors opter pour un Premier ministre technicien et remanier l'équipe des conseillers de l'Élysée. Son autre choix serait d'organiser un repli stratégique, en choisissant la ligne chiraquienne qu'il a combattue et en se mettant à l'abri derrière un chef de gouvernement solide et maître de sa politique. En cas d'échec ou de relance trop molle, Nicolas Sarkozy dirait « Je n'y suis pour rien » et proposerait une politique alternative. Le profil idéal pour ce Matignon-là serait Alain Juppé dont on a bien du mal à croire qu'il n'aspire qu'aux Affaires Étrangères.

DANIEL RUIZ

L'ombre de DSK planera sur La Rochelle

Comme depuis 2006, Dominique Strauss-Kahn ne sera pas à La Rochelle pour le rassemblement de sa famille politique. Et pourtant, son nom sera dans toutes les bouches.

Qu'il se rende en France ou reste à Washington, qu'il prenne la parole ou garde le silence, Dominique Strauss-Kahn continue d'attirer tous les regards, spécialement à la veille de l'université d'été du PS. Et même s'il désire, pour le moment, attendre dans l'ombre, d'autres se chargent de le pousser dans la lumière.

Parmi les plus actifs, le président du Conseil régional de Bourgogne et sénateur, François Patriat. Après avoir publié une tribune sur LEXPRESS.fr intitulée "DSK, le recours", il en cosigne une nouvelle, sur le site internet du Monde cette fois-ci. Dans son sillage, une vingtaine de sénateurs socialistes.

C'est justement dans les salons de la chambre haute qu'est en train de se tisser un réseau national, déterminant dans la course élyséenne. Au cours de petits-déjeuners, des élus de toute la France se retrouvent pour affirmer leur soutien à une candidature de DSK.

Chaînon indispensable, les Bouches-du-Rhône. Aux dernières nouvelles, Jean-Noël Guérini, l'homme fort du département, n'a pas (encore) assisté à ces réunions, mais des sénateurs du coin y étaient. Marquer du sceau DSK cette fédération est déterminant en vue des primaires. Et pour assurer le coup, des clubs Génération DSK commencent à pousser un peu partout. Aucune trace pour l'instant d'une structure estampillée Bouches-du-Rhône. Ça viendra sans nul doute.

Silence et discrétion

La difficulté autour d'une éventuelle candidature du patron du FMI reste la même: il faut s'organiser pour ne pas se faire griller par la concurrence, comme en 2006 avec la victoire de Ségolène Royal. Mais dans le même temps, il faut rester discret. Les strauss-khaniens historiques l'ont compris depuis longtemps. Les néo commencent aussi à chuchoter lorsqu'ils évoquent le nom de DSK.

François Patriat, accompagné d'une vingtaine de sénateurs, avait ainsi prévu il y a quelques mois de prendre la parole lors du rassemblement de La Rochelle. Ce ne sera finalement pas le cas: "ça aurait fait cacophonie. On va plutôt se retrouver dès vendredi et juste en parler entre nous. Il n'y aura pas de mise en scène ou de plan com'".

Après tout, pourquoi organiser une manifestation pro-DSK quand sa seule absence suffit à faire parler de lui.

DSK FAIT BIEN DE SE POSER LA QUESTION; SA PLACE OU LE MARIGOT FRANÇAIS ? SI C'EST LE MARIGOT, IL SAIT PARFAITEMENT QU'IL N'Y A PAS D'AUTRE POLITIQUE POSSIBLE (à peu de chose près) QUE CELLE QUE MÈNE NICOLAS SARKOZY EN CE MOMENT. AURA-T-IL LE COURAGE POLITIQUE DE MENTIR AUX FRANÇAIS ?

Politique : quelle place pour les jeunes ?


Trois quarts des jeunes, 72 % des 18 à 25 ans, disent « penser politiquement » comme leurs parents. Seul un quart déclare ne pas s'inscrire dans leur filiation, qu'elle soit de droite ou de gauche. Ils ne sont en revanche que 5 % d'une génération à s'opposer aux choix idéologiques de leur père et/ou de leur mère.

Ce constat fait par Anne Muxel, directrice de recherche au CNRS, est intéressant à un double titre.

D'abord, comment se construisent les choix des jeunes ? La famille continue d'être le creuset de leur identité politique, même s'ils négocient avec cet héritage, y compris pour le rejeter. L'école transmet des savoirs qui participent à la formation d'une culture politique, mais elle compte beaucoup moins que la famille. Viennent ensuite les rencontres avec les événements qui marquent une époque. On se souvient, par exemple, de la mobilisation, en 2006, contre le CPE (contrat première embauche). Enfin, les échanges avec les amis, les proches, les relations de travail ont une influence sur les trajectoires politiques.

Le jeune est de plus en plus en négociation avec son environnement immédiat, et il est de moins en moins porté par des collectifs et des organisations constituées. Il veut conserver un libre arbitre, une marge de manoeuvre, il est moins prêt qu'auparavant à épouser une seule et même ligne. L'interactivité des réseaux sociaux (Facebook, Twitter) lui va mieux que l'écoute d'un discours unique.

En dix ans, les filiations de gauche et de droite ont diminué de 7 points (passant de 49 %, en 1997, à 42 % en 2007), tandis que le positionnement « apolitique » a progressé de 6 points, passant de 22 à 28 %. Cette évolution pose la question : comment la conscience politique des nouvelles générations va-t-elle se forger ?

Le monde des adultes peut-il se passer de la lecture critique des jeunes alors que, toutes catégories sociales confondues, leur soif de justice, de tolérance, de respect de l'environnement ou de liberté semble constituer une « culture commune » (Ipsos-mars 2009) ? Les responsables politiques doivent, face à cette génération, relever un défi : ils doivent s'adresser à de futurs citoyens qui se font de moins en moins d'illusions sur leur représentation démocratique, mais dont les aspirations, humanistes ou écologistes, constituent un terreau fertile pour de vrais débats.

L'engagement de la nouvelle génération est « à la fois plus réflexif et plus flexible », résume Anne Muxel. Aux adultes de prendre le temps de les éclairer, et surtout de leur donner une vraie place dans le débat politique.


Jean-Michel Djian

L'inquiétude et la loi

Ce n'est pas une surprise. Le président de la République n'avait pas d'autre choix. Malgré le pape. Malgré les réserves de plus en plus nombreuses au sein de sa propre majorité. Malgré les commentaires sévères du Times ou des quotidiens américains... Que pouvait-il faire d'autre que de soutenir bruyamment les mesures sécuritaires de Brice Hortefeux et les expulsions de Roms ? S'il ne le faisait pas, s'il avait choisi la discrétion, s'il avait seulement montré l'ombre d'un doute, il était laminé : cela équivalait à l'aveu d'un excès. D'un abus. Impossible.
La stratégie qu'a choisie le chef de l'État l'oblige à aller toujours plus loin, toujours plus en avant, pour justifier le démantèlement musclé des camps et le ciblage d'une communauté parmi d'autres. Voilà maintenant que l'Élysée met sur la table des statistiques spectaculaires sur l'augmentation phénoménale des délinquants roumains. Et tant pis si la divulgation de ce genre de comptage par nationalité est inédit ! Elle apportera un élément de preuve irréfutable.
Car il en va, en effet, de la « loi », qui doit être respectée. Personne n'a prétendu qu'elle ne devait pas l'être mais on fera comme si. Nicolas Sarkozy fait semblant de ne pas voir que c'est l'esprit des reconduites à la frontière, et les méthodes employées, plus encore que les mesures elles-mêmes, qui choquent et provoquent une large réprobation. Cette - comment dire - « instrumentalisation » de faits bien réels pour flatter les réflexes xénophobes d'une partie de l'opinion, qui provoque « une certaine inquiétude » de la commission européenne, saisie, pourtant, par le Premier ministre lui-même.
A Bruxelles comme ailleurs, personne, pourtant, ne doute de la réalité du dossier Rom. Si l'Europe ne peut pas non plus se contenter de déclarations d'intention, elle rappelle sagement que rien ne pourra être réglé par des coups à l'emporte-pièce avec des dispositifs estivaux aussi imprégnés de manifestes arrière-pensées électorales qu'inopérants.
Le niqab au printemps, les Roms à l'automne. Les urgences élyséennes sont tout de même très sélectives - un segment étroit, diraient les gens du marketing - dans une période où la France doit faire face à des défis autrement plus décisifs pour son avenir. Le président préfère entretenir sciemment cette polémique interminable. S'il savait comme on préférerait parler d'autre chose.


Olivier Picard

Leçon des profondeurs

Forcément, la légende (et Hollywood) s’emparera de l’histoire si extraordinaire des 33 mineurs rescapés d’un accident de leur mine de cuivre et d’or au Chili, le 5 août dernier, et repérés, tous vivants, dimanche dernier. Forcément, après l’euphorie de les savoir sains et saufs, commence une longue attente, bien rude encore. Et quand ils seront enfin sortis, restera le souvenir – peut-être le traumatisme – de cet angoissant enfermement forcé à 700 mètres sous terre.

Mais pour l’heure, grâce aux journalistes de l’Agence France-Presse et aux médias locaux, nous parviennent des informations sur la force d’âme de ces hommes. Ils ont entre 19 et 63 ans ; certains sont mariés, d’autres célibataires. Sans doute la dureté de ce métier et ses traditions de fraternité les ont-elles préparés à affronter l’épreuve avec courage. Ils ont résisté et espéré ensemble ; ils se sont partagé les maigres réserves de nourriture, se sont organisés en tours de garde, mettant à profit les savoir-faire et les spécialités de chacun… On imagine les plus forts soutenant ceux qui flanchent. On sait aussi leur joie immense quand ils ont appris qu’aucun de leurs copains n’était mort dans la catastrophe. On raconte qu’ils ont chanté l’hymne national à pleine voix, un hymne qui parle du ciel bleu et pur du Chili ! L’un, parmi ces mineurs, s’est imposé comme leur chef et c’est lui qui a pu envoyer le message inespéré : « Nous allons bien, les 33 dans le refuge. » Les secours désormais veillent sur leur alimentation, leur santé, leur moral. Pour cela, les familles sont mises à contribution, qui doivent les encourager à coups de petits messages d’amour et d’humour. Une tendresse qui, dans les jours ordinaires, ne s’exprime pas toujours : « Je n’ai jamais reçu un mot de lui comme cela, il n’a jamais été aussi romantique », raconte une épouse.

Tout un peuple, fier de ce dont ils ont été capables, promet de ne pas les laisser tomber. Dans les noirceurs de l’actualité, il est des histoires à lire comme une allégorie pour le temps présent : où il est question, face à l’adversité, de courage, d’une autorité acceptée et partagée, de solidarité et d’espérance.


Dominique Quinio

LA MORT PROGRAMMÉE DU CAMESCOPE

Caméras de poche, appareils photo compacts ou reflex, « smartphones »… Il est désormais possible de prendre des films à partir de multiples terminaux, avec une qualité d'image en net progrès. De quoi menacer l'avenir des Caméscopes.
Il ne manquait que lui ou presque. Le fabricant d'électronique Panasonic vient d'annoncer son entrée sur le marché des caméras de poche ou « pocketcams », avec la commercialisation, dès le mois de septembre, du HM TA1. « Vu le succès actuel de ces produits, nous ne pouvions pas être absents », juge Laurent Roussel, directeur général de Panasonic France. De fait, en quelques mois, les « pocketcams » sont devenues un véritable phénomène de mode. Ces minicaméras ultralégères et qui tiennent dans la poche, permettent de poster en quelques secondes des vidéos sur Internet grâce à des logiciels intégrés. Tout cela pour un coût abordable, puisqu'elles affichent un prix moyen de seulement 116 euros en France.

Entre janvier et juin de cette année, 117.000 caméras de poche se sont vendues en France, selon GfK. Sur l'ensemble de l'année, GfK s'attend à ce que les ventes de « pocketcams » atteignent les 380.000 unités. « En un an, on a assisté à la naissance d'un marché à part entière » souligne Noëlie Joire, analyste chez GfK. Si Cisco a été pionnier en la matière avec le lancement de la caméra Flip à l'automne 2009, la plupart des constructeurs (JVC, Kodak, Sony, Toshiba, Samsung…) sont à leur tour entrés sur le marché. Il ne reste que Canon qui, à l'heure actuelle, reste muet sur ses intentions.
Démocratisation

Le succès des « pocketcams » est révélateur de la mutation actuelle du marché de la vidéo. « La vidéo se démocatrise et devient une fonctionnalité presque banale pour les produits électroniques. Cela devient un critère d'achat », note Laurent Roussel, directeur général de Panasonic France. Longtemps seul terminal permettant de filmer dans de bonnes conditions, le Caméscope est du coup concurrencé par une série d'autres terminaux. C'est le cas des appareils photo numériques compacts, dont près de 100 % des modèles proposent une fonction vidéo. « L'avantage de ce format, c'est qu'on peut l'emmener facilement avec soi et prendre des vidéos en instantané. Surtout, on a fait des progrès importants en termes de qualité, avec le développement de la haute définition, qui équipe 40 % des compacts présents sur le marché », juge Marc Héraud, secrétaire général du Sipec, qui regroupe les professionnels de l'image et de la photographie. La tendance est la même sur les « smartphones », qui proposent de plus en plus cette fonction. La Full HD fait même son apparition pour certains modèles haut de gamme.

Cette année, c'est au tour des reflex d'être touchés par la mode vidéo. Selon GfK, 50 % des reflex vendus au cours du premier semestre incorporaient une fonction vidéo, contre 30 % l'an dernier. « Le mode vidéo reflex ouvre de nouveaux champs. Il apporte une meilleure qualité - on peut changer d'optique -que le Caméscope et permet de filmer avec un grand angle », souligne Laurent Roussel.

Dernière avancée technique en date, l'arrivée de l'autofocus en mode vidéo, ce qui permet à l'utilisateur de régler son sujet comme pour une prise photo, et qui sera proposé à la rentrée par le D3100 de Nikon. De quoi toucher un public d'amateurs éclairés, voire de professionnels. Autant d'évolutions qui annoncent une redistribution des cartes sur le marché. Le Caméscope en fait déjà les frais. Au premier semestre, 245.800 unités se sont vendues en France, un chiffre en baisse de 14,3 %, selon GfK. Le bon vieux film à la papa a du souci à se faire.


Maxime Amiot

Face à la dématérialisation, le marché du développement photo mise sur les services personnalisés

Si les Français prennent de plus en plus de photos, ils privilégient, pour les développer, les albums ou impressions à domicile plutôt que les tirages en laboratoire.
Le chiffre laisse rêveur. Selon un sondage TNS Sofres publié le 9 août dernier, 25 % des Français - sur un échantillon représentatif de 1.000 personnes -ne comptent développer aucune photo de leurs vacances d'été. Leurs clichés de plages au sable fin ou de retrouvailles familiales resteront stockés sur leur ordinateur, DVD, voire disque dur externe. C'est là un paradoxe : avec le numérique, les Français prennent de plus en plus de photos, mais ils développent de moins en moins. Ainsi, en 2009, les possesseurs de reflex ont pris en moyenne 1.942 clichés, tandis que les possesseurs de compacts ont pris 936 photos. « A l'époque de l'argentique, on était sur une moyenne de 100 films par an et par appareil », souligne le Sipec. Las, la facilité de prendre des clichés en numérique, le développement des réseaux sociaux et la diversification des modes de stockage ont rendu la gâchette des photographes plus facile.
Le tirage professionnel recule

Difficile de développer une telle masse de documents. Selon Futuresource Consulting, le marché du tirage photo en France s'est effrité pour la première fois en 2009, de 3 % en volume et de 9 % en valeur, à 376 millions d'euros. Reste que cette dématérialisation ne touche pas toutes les formes de développement. Elle touche principalement le tirage numérique professionnel qui recule de 9,2 %.

Qu'il s'agisse des bornes de tirage photos disponibles dans les grandes surfaces ou dans les gares, ou de laboratoires photos classiques (FNAC, photographes…), ce tirage fait moins recette que par le passé. Il est même moins prisé que les développements à domicile - sur imprimantes personnelles -qui représentent 30 % des tirages environ. Selon le baromètre Ipsos-API, 57 % des Français ont imprimé chez eux au cours de l'année 2009, loin devant le recours à des services professionnels (46 %).

Pour les professionnels, le salut se trouve finalement du côté des services personnalisés, comme la constitution d'albums photo, de calendriers, de « pêle-mêle », et autres cartes multiformats… Ces ventes sont en hausse constante, avec notamment un boom des ventes d'albums personnalisables, dont les ventes ont bondi de 50 % en 2009 pour représenter un marché de 54 millions d'euros. Photobox, Photoweb, Photoways… Autant d'acteurs qui surfent sur ce succès et affichent des taux de croissance élevés.

La bosse des maths

Malgré ce que répètent les atrabilaires, le génie français se porte bien. A preuve, les deux médailles Fields - considérées comme les prix Nobel de mathématiques -que viennent de remporter deux jeunes chercheurs français. Ces brillantes distinctions consolent du médiocre rang des universités françaises au fameux classement de Shanghai ou des performances moyennes de notre pays à la course aux Nobel. Et elles sont d'autant plus convaincantes que, sur les cinquante-deux médailles décernées depuis la création du concours, onze sont allées à la France, classée ainsi au deuxième rang juste après les Etats-Unis (13). Mieux même : au cours des trois dernières sessions (quadriennales), les Français ont remporté quatre médailles. Nul doute qu'ils ont la bosse des maths.

Cette relative distorsion entre les classements internationaux tient peut-être en partie à ce que cette discipline souffre moins de la tyrannie de l'anglais, qui se faufile ailleurs dans les innombrables publications fondant les autres classements. Comme la musique, la mathématique se joue de ces frontières… Cette remarque anecdotique n'ôte rien au fait que l'école française est l'une des meilleures, sinon la meilleure du monde. Les lauréats eux-mêmes imputent cette excellence à celle de nos classes préparatoires aux grandes écoles et à leurs résultats. La leçon est à l'adresse de ceux qui les dénoncent pour « élitisme » (ce qui est bien l'objectif), en s'appuyant sur des calculs qui ne sont pas théoriques, mais électoraux.

Elle tient donc aussi à la préférence nationale traditionnelle pour l'intelligence pure, la théorisation, la performance humaine face aux énigmes vertigineuses. L'époque veut qu'à celles-ci un nombre malheureusement croissant de zélateurs prétendent répondre par l'obscurantisme ou des caricatures de religions. Il est réconfortant que des Français occupent un tel rang dans le camp d'en face, celui des Lumières.

L'embellie de l'emploi et son ombre

Cette fois-ci, le gouvernement a raison de se réjouir de la baisse du chômage en France. Le nombre de demandeurs d'emploi a diminué en juillet pour le deuxième mois d'affilée. L'ascension semble enfin enrayée, après un bond de 700.000 en deux ans. Ce renversement s'inscrit logiquement dans un paysage de l'emploi redevenu plus favorable : création de plus de 60.000 postes en six mois, recul des plans sociaux, dynamisme de l'intérim, signaux encourageants du côté des cadres, reprise de l'embauche des jeunes, et même difficultés à recruter dans une entreprise industrielle sur cinq. Il est certes trop tôt pour crier victoire. Le halo du chômage s'étend encore sur 4 millions d'hommes et de femmes dont 2,7 millions de sans-emploi. L'activité n'est pas assez assurée dans les prochains mois pour garantir la poursuite du reflux mois après mois. Et la grande majorité des Français continue à s'inquiéter de la situation du marché du travail, redevenue leur premier souci. Mais il y a clairement une embellie. Et le gouvernement est légitime à en revendiquer une part, ne serait-ce que sur l'emploi des jeunes soutenu par la création de dizaines de milliers de contrats aidés.

Le regain de l'emploi est d'autant plus encourageant que l'activité reste molle. Au-delà des aléas trimestriels, la production est sur une pente de progression de 1,5 %, et c'est sans doute le maximum atteignable pour au moins deux ou trois ans. Or cette pente était considérée jusqu'à présent comme le seuil de déclenchement de l'embauche. Il semble aujourd'hui que la France soit capable de créer du travail en deçà.

Cette bonne nouvelle toutefois a son revers. Car les postes créés sont souvent fragiles, proposés en intérim ou en contrat à durée déterminée. Avec la crise, la distance s'est creusée entre le noyau dur de l'emploi - des postes plutôt sûrs, avec des salaires corrects -et la périphérie. Comme l'expliquent les économistes Pierre Cahuc, Tito Boeri et Samuel Bentolila sur le site Voxeu.org, les réformes adoptées ces dernières années pour assouplir le marché du travail, en France comme ailleurs en Europe, ont exercé leurs effets uniquement sur cette périphérie. La situation est tendue chez ceux qui n'ont pas encore franchi les couches successives de l'emploi stable - un jeune actif sur quatre est au chômage. Elle l'est aussi chez ceux qui en ont été exclus - le chômage continue de progresser chez les plus de 50 ans, ce qui ne facilite pas le recul souhaitable de l'âge de la retraite. Pour revenir à plus d'équité, il faut compléter les réformes en refermant l'éventail des statuts du travail, qui vont aujourd'hui de la sécurité absolue à la précarité totale. Une embellie de l'emploi devrait profiter à tous.



Jean-Marc Vittori

mercredi 25 août 2010

La compétition présidentielle relancée au Parti socialiste

L'heure était officiellement à la trêve des egos chez les socialistes français, mais un sondage favorable à Dominique Strauss-Kahn et des confidences de Martine Aubry ravivent le feu présidentiel à la veille de l'université d'été de La Rochelle.

Quasiment silencieuse pendant tout l'été, le premier secrétaire a relancé les spéculations sur sa candidature, dans un ouvrage à paraître jeudi, où elle déclare qu'elle se décidera avant le début de l'année prochaine.

"Je ne sais pas quel sera le climat politique à ce moment-là et quel sera le candidat le mieux placé", dit la maire de Lille dans "Petits meurtres entre camarades" du journaliste David Revault d'Allonnes (Robert Laffont).

Tenu à distance de la politique française par son mandat à la tête du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn sera le seul ténor absent de l'université d'été marque traditionnellement la rentrée politique du PS.

Mais l'étude Sofres pour Le Nouvel Observateur, à paraître jeudi, selon laquelle il écraserait Nicolas Sarkozy au deuxième tour de la prochaine présidentielle avec 59% des voix, sera dans tous les esprits sur les bords de l'Atlantique.

"On ne constate aucun trou dans sa montée en puissance: un leadership tranquille est en train de s'installer", se félicite François Kalfon, chargé de décrypter les études d'opinion au PS mais aussi pour le compte de l'ancien ministre de l'Economie, qui n'a toujours pas dévoilé ses intentions pour 2012.

Autre motif de satisfaction pour la garde rapprochée de "DSK": les bons reports de voix de l'extrême gauche, 71% des sympathisants d'Olivier Besancenot affirmant qu'ils voteront pour lui au deuxième tour.

"On ne peut plus dire que DSK le libéral fracture la gauche et peut nous faire perdre 2012", se réjouit un proche.

Loin d'être convaincus, certains dirigeants de la gauche du PS entrevoient pourtant une campagne délicate pour le chef du FMI.

ROYAL SUR TOUS LES FRONTS MÉDIATIQUES

"Il va avoir un gros problème de différenciation avec la droite sur la stratégie de sortie de crise: l'UMP va jouer sur l'idée que c'est lui qui a imposé la rigueur", prédit un secrétaire national.

Surtout que Dominique Strauss-Kahn n'est plus le seul candidat socialiste en mesure de battre Nicolas Sarkozy: Martine Aubry recueille 53% des intentions de vote selon la Sofres.

Ce sondage prouve qu'on "en a deux qui ont un permis de conduire l'Etat en période de crise et que tous les autres n'interviennent que pour exister", estime le député Claude Bartolone, artisan de l'ascension de Martine Aubry au PS.

Tous se gardent bien de faire du triomphalisme: un sondage à deux ans du but n'a jamais fait une élection et, au premier tour, l'étude Sofres place Nicolas Sarkozy en tête devant tous les candidats potentiels du PS, son socle électoral restant, comme en 2007, aux alentours de 30%.

L'ancien premier secrétaire François Hollande recueille 16% des intentions de vote au premier tour et fait jeu égal avec l'actuel chef de l'Etat au deuxième (50%). Seule Ségolène Royal s'inclinerait comme en 2007, par 49/51%.

"A deux ans de l'élection, ça ne veut pas dire grand-chose", relativise-t-on dans le camp Royal où le score de Dominique Strauss-Kahn fait sourire. Après trois ans d'absence de la scène politique nationale, "c'est une sorte de figure idéale éthérée", estime un député.

Portée par la résurgence des questions de sécurité, la présidente de Poitou-Charentes orchestre seule sa rentrée politique depuis une semaine, suggérant au PS de reprendre ses idées en la matière et attaquant un président qu'elle accuse de "produire de la violence".

"Elle n'attend personne pour dire son fait à Nicolas Sarkozy", explique le député-maire de Laval, Guillaume Garot, l'un des derniers "royalistes" officiels qui dément une stratégie de concurrence délibérée avec Martine Aubry.

"Elles ont chacune un espace politique propre et un grand sens des responsabilités", assure-t-il.

Les deux dirigeantes seront pourtant en compétition par écran interposé vendredi soir: le premier secrétaire est l'invité du journal télévisé de TF1 au moment où l'ex-candidate à l'Elysée répondra en direct aux questions de France 2.

BEN ? ET LES PRIMAIRES ALORS ????

Le Pen voulait montrer à ses enfants "des vaches au lieu des Arabes"

Une séquence d'un documentaire diffusé en avril 2010 sur Public Sénat est passée injustement inaperçue. On y voit le président du Front national se livrer à un nouveau dérapage anti-maghrébins.
C'est un documentaire diffusé en avril 2010 sur la chaîne Public Sénat. Intitulé "Le Pen, le dernier combat", ce reportage du journaliste Thomas Raguet suit le président du Front national durant la campagne des élections régionales.

Depuis le début août, un même extrait de ce film a été publié par plusieurs utilisateurs sur les plateformes YouTube et Dailymotion. Passée relativement inaperçue lors de sa diffusion initiale, la séquence d'une minute pourrait bien s'inviter dans la campagne pour désigner le successeur de Jean-Marie Le Pen à la présidence du parti frontiste.

On y voit en effet le fondateur du parti d'extrême droite, de passage à Manosque début février, évoquer divers épisodes de sa vie avec une journaliste du magazine VSD. Il explique ainsi avoir "acheté une maison de campagne pour permettre à [ses] enfants qui habitaient le XVe arrondissement de voir des vaches, au lieu des Arabes".
Devant l'air gêné de son interlocutrice, il assume: "Vous savez, ça ne me gêne pas. Moi, je n'ai pas peur de la poursuite. Je fais l'objet d'une enquête sur plainte de SOS-Racisme pour avoir dit que 90% des faits divers étaient le fait d'immigrés ou de descendants d'immigrés. Ce n'est pas permis de dire cela."

Avant de s'esclaffer: "Si j'étais UMP, on dirait que c'est un dérapage. Moi, cela fait longtemps que je ne dérape plus, je suis en hors-piste depuis longtemps!"

Contacté par LEXPRESS.fr, l'auteur du film se souvient parfaitement des conditions de tournage. "Lors d'un petit-déjeuner dans un hôtel, nous étions en petit comité, raconte Thomas Raguet. Lorsque Jean-Marie Le Pen a sorti sa remarque, l'autre journaliste cherchait un regard auquel se raccrocher. Lui et ses proches rigolaient et à aucun moment ils ne m'ont fait la moindre remarque sur le fait que je filmais la scène."

Le journaliste qui a suivi le leader frontiste pendant deux mois de campagne en a tiré un documentaire de 52 minutes, sans interview, ni voix off. "L'idée était de le laisser s'exprimer pour montrer sa pensée profonde", explique l'auteur.

Bizarrement, la blague du leader du FN, imprimée dans le reportage de VSD et diffusée une dizaine de fois sur Public Sénat, n'a suscité aucune réaction, ni de la classe politique, ni des associations antiracistes, d'habitude promptes à saisir la justice. A LEXPRESS.fr, l'entourage de Jean-Marie Le Pen confirme: "Nous étions étonnés que ça ne ressorte pas ailleurs..." Une phrase qui sonne presque comme un regret.

CET ARTICLE DE L'EXPRESS EST UNE INTERLOPE JOURNALISTIQUE.C'EST PAS BIEN, MESSIEURS LES BIEN PENSANT,DONNEURS DE LEÇON