dimanche 2 mars 2014
Casse humaine, sociale et politique : les coûts sous-estimés du chômage pour la société française
La confirmation de l'échec de François Hollande s'inscrit dans une longue lignée de ratés politiques contre le chômage de masse. Si l'on peut évidemment s'inquiéter des conséquences économiques qu'une telle tendance peut avoir sur le pays, il ne faudrait pas oublier que le sous-emploi se paye sur bien d'autres plans.
Jacques Bichot : Le développement progressif du chômage de longue durée, qui s'est particulièrement intensifié pendant l'après-crise (la durée moyenne d'inscription à Pôle emploi ayant grimpé de plus de 100 jours en quatre ans jusqu'à frôler 500 jours en juillet 2013) est évident. Il s'agit là d'un phénomène hautement incapacitant pour les individus qui y sont confrontés, ces derniers étant évidemment de moins en moins susceptibles de retourner sur le marché du travail au fil des mois. S'il n'est généralement pas particulièrement handicapant sur le plan social d'être confronté à des périodes d'inactivités de 3/4 mois, on note une véritable barrière à partir de 9/12 mois. A ce stade, ce n'est plus seulement le chômeur mais une grande partie de son entourage (famille, amis…) qui commence à verser dans la commisération, ce qui finit par marginaliser de plus en plus le principal intéressé. Le département de la Santé britannique a ainsi produit récemment une étude soulignant l'impact insécurisant que peut avoir l'inactivité d'un père de famille sur la psychologie de ses enfants, et ce même plusieurs années après qu'il ait retrouvé un emploi. Est ainsi crée un climat insécurisant qui peut entraîner des échecs scolaires, des difficultés caractérielles qui auront clairement des conséquences sur ces futurs adultes. Par ailleurs, on sait bien que le chômage est un facteur qui joue beaucoup sur les ruptures conjugales (expérimentées par 43,5% des hommes au chômage depuis 2 ans, contre 18,9% pour ceux qui étaient actifs d'après une enquête du sociologue Serge Paugam, NDLR).
On peut aussi évoquer le lien entre hausse du chômage et de la délinquance même s'il est toujours difficile d'affirmer qu'il existe statistiquement une corrélation nette et directe entre ces deux phénomènes. Il est toutefois possible d'affirmer que les résultats obtenus par des chercheurs comme Michel Lagrave (qui avait démontré qu'une hausse d'1 million de chômeurs sur cinq ans générait 14 000 condamnations pénales supplémentaires) ne sont pas des plus ahurissants. Cette propension à la délinquance est évidemment plus forte pour des chômeurs de longue durée (2 ans et plus) qui bénéficient d'un régime bien moins avantageux pour subsister au quotidien.Il ne faudrait pas pour autant penser que la responsabilité pleine et entière de la délinquance est à rejeter sur la pauvreté, sans quoi la "délinquance en col blanc" ne devrait en toute logique ne pas exister...
François Dubet : S'il n'existe, à ma connaissance, aucune enquête traitant spécifiquement du coût du chômage sur le bon fonctionnement du système éducatif, on peut faire quelques hypothèses vraisemblables.Le chômage de masse peut accentuer la compétition scolaire en faveur des formations perçues comme les plus utiles et les plus efficaces, c’est-à-dire les formations les plus sélectives. Le choix des étudiants indique clairement la hiérarchie des formations en fonction de leur proximité réelle ou supposée avec certains marchés du travail. Beaucoup de formations font leur publicité sur cette dimension.
Le chômage a de plus accru la peur de l’échec scolaire. Il s’agit d’abord de se préserver de l’échec scolaire qui induit une quasi-condamnation au chômage et à la précarité. En ce sens, le chômage en développé un climat scolaire anxiogène parce que l’échec scolaire condamne à un échec social.Autre conséquence, dans les milieux sociaux où le chômage et l’échec scolaire sont importants, il n’est pas exclu que l’on observe une perte de confiance dans les études puisque on serait condamné à l’échec et au chômage. C’est là que le chômage de masse peut devenir une dimension de la culture sociale et les élèves ne croient plus dans l’école.
Enfin, il y a un effet mécanique du chômage de masse que l’on peut définir ainsi. D’un côté, les diplômes sont indispensables pour de protéger du chômage. D’un autre côté il peut y avoir une dévaluation relative de certains diplômes peu spécialisés ce qui conduit à allonger les études pour acquérir des biens sociaux qui "coûtent" de plus en plus cher en termes de diplômes afin de ne pas être déclassé. Au bout du compte,le rôle joué par la peur affecte profondément le rapport aux études : recherche des utilités escomptées aux dépens de l’intérêt intellectuel et personnel pour les études. Du côté de l’offre, on peut craindre que ne se développe un marché des diplômes, des écoles et des dispositifs reposant sur des promesses d’accès à l’emploi des plus incertaines. Faute de contrôle de ces formations souvent privées et parfois publiques, se créerait ainsi un "marché de l’angoisse".
David Bourguignon : Nous avions mené il y a maintenant sept ans une étude* sur les différentes visions du monde du travail, la recherche portant notamment sur les étudiants. On constatait ainsi que la "vision fermée" du monde du travail se retrouvait dans un nombre significatif de cas, un fait qui semblait démontrer une baisse de l’appétence pour les études à une époque où la probabilité d'être employé apparaît de moins en moins évidente, même avec un diplôme de haut niveau. Parallèlement la vision "ouverte" qui consiste à voir le travail comme un lieu stimulant et facilement accessible était moins présente, alors que c'est le développement de cette dernière qui a plutôt tendance à favoriser l'insertion professionnelle.
* Bourguignon, D., & Herman, G. (2007). Quand le monde du travail est perçu comme ouvert ou fermé. In. G. Herman (Ed), Travail, chômage et stigmatisation : Une analyse psychosociale (pp. 177-213). Bruxelles, Belgique: De Boeck.
David Bourguignon : La communauté scientifique a longtemps hésité entre deux grandes hypothèses sur le rapport entre chômage et problèmes de santé. La première, baptisée "hypothèse de sélection", théorisait l'idée que ceux qui étaient marginalisés par le monde du travail étaient généralement les moins aptes, voire les plus déficients sur le plan psychologique, ce qui expliquerait leur incapacité à retrouver du travail. On pourrait la qualifier d'approche "darwinienne". La seconde, que l'on appelle "l'hypothèse d'exposition" pense à l'inverse que c'est la perte d'emploi qui serait destructive tant sur le plan du bien-être psychologique et psychique que sur celui de la santé physique. Deux grandes séries de recherches menées dans les années 2000 ont permis toutefois de trancher entre ces deux contradictions : tout d'abord en 2005, une "méta-analyse" (ici une compilation de 110 études) penchait clairement pour "l'hypothèse d'exposition" en relatant l'apparition plusieurs fois constatée de troubles divers en aval de la perte d'emploi (faible estime de soi, humeurs négatives, penchant pour l'alcoolisme et la toxicomanie, voire mortalité dans les cas les plus extrêmes). Ces travaux ont été renforcés en 2009 par une autre méta-analyse portant cette fois sur plus de 300 études, et qui relevait là encore une hausse de la probabilité d'un déficit de santé mentale pour les personnes frappées depuis un certain temps (9 à 12 mois) par le chômage. Cette même méta-analyse avait par ailleurs cherché à trouver d'autres potentielles causes explicatives à la hausse de la mortalité notée chez les chômeurs étudiés, concluant qu'il n'existait effectivement pas d'autre biais clairement envisageables.
Il est du reste nécessaire d'analyser les conséquences du chômage en regardant par effet de comparaison ce que le travail apporte au bien-être d'un individu : au-delà du salaire, l'emploi offre un but, une direction de vie, un lien de sociabilité, une autosatisfaction mais aussi et surtout une identité dans l'échelle sociale. A l'inverse le chômage détruit toutes ces valeurs positives et pousse les individus concernés à l'autodépréciation : les travaux que nous avons menés ont ainsi démontré que sur des tests basiques (test de lecture en l'occurrence) un chômeur sera bien moins performant si on lui a fait savoir que l'on est au fait de son statut. On voit bien ici la paralysie provoquée par une "barrière psychologique", en particulier pour les chômeurs de longue durée.
De plus, on sait que le chômage est un facteur multiplicatif de la probabilité de chute dans la dépression, fait qui multiplie par extension le taux de suicide sur ces populations (Le sociologue Louis Chauvel avait ainsi démontré qu'une augmentation de 3% du taux de chômage pouvait générer une hausse des suicides de 4,4%, NDLR). Un autre fait inquiétant, qui validerait une partie de l'hypothèse de sélection", est l'effet "boule de neige" qui touche les cas dépressifs, ces derniers devenant logiquement de moins en moins aptes à retrouver un emploi au fur et à mesure que leur état mental s'aggrave.
Maxime Tandonnet : Il ne faut pas perdre de vue que l’augmentation du chômage et son maintien à un niveau élevé remontent au milieu des années 1970 et plus particulièrement à la grande crise économique de 1974 déclenchée par le quadruplement du prix du pétrole mais dont les causes étaient évidemment profondes et durables. Les deux millions ont été atteints en 1980, puis les trois millions dix ans plus tard. Aujourd’hui, nous sommes à 3,3 millions sachant que ce chiffre est un indicateur de fiabilité limitée, la réalité de l’exclusion du monde de l’emploi étant plutôt de 5 millions. Après trente années de forte croissance et de plein emploi de 1945 à 1974, dites les Trente Glorieuses, aujourd’hui convient-il de parler des Quarante Honteuses… Le chômage est la pire des inégalités et des facteurs de désintégration sociale puisqu’il frappe surtout les jeunes de moins 25 ans et les prive de l’accès à une vie sociale stable et indépendante. Or, depuis 1974, tous les présidents, gouvernements et majorités successifs placent au premier rang de leur priorité le retour au plein emploi et tous échouent les uns après les autres.
Songeons que 7 alternances politiques sont intervenues depuis 1981, et chaque fois, les espoirs suscités, les promesses annoncées, ont été déçus. D’où l’effondrement continu de la confiance dans la politique, la montée de l’abstention, le déclin continu, sur 40 ans, de la cote de popularité des dirigeants, notamment du chef de l’Etat, sauf en période de cohabitation où il est de facto leader de l’opposition. Même si la situation de l’emploi n’est pas la seule cause de ce phénomène, il n’est donc pas illogique qu’une partie de l’électorat soit tenté par le vote FN, c’est-à-dire historiquement un parti de pure opposition, qui s’est marginalisé par ses prises de position et a donc échappé pendant 40 ans aux alternances successives et à l’exercice des responsabilités. A l’évidence, plus qu’un vote idéologique ou de sympathie, c’est en partie un vote de désespoir et de protestation, proche dans sa logique de l’abstention et qui ne recouvre pas, pour une partie des personnes qui font ce choix, l’espérance d’une amélioration des choses. Il y a sans doute dans la poussée du vote fn une part de pure sanction des majorités gouvernementales successives.
Philippe Crevel : En termes de croissance tout d'abord, si l'on prend en compte la définition "large" (incluant les personnes à temps partiel à la recherche d'un emploi),on considère que si la France avait un taux d'emploi similaire à plusieurs de nos voisins européens (69% pour la Finlande, 70,1 pour le Royaume-Uni contre 63.9 pour l'Hexagone en 2012) notre PIB serait de 200 à 300 milliards d'euros supérieur à ce qu'il est actuellement (2066 milliards d'euros courant en 2013). On pourrait ainsi dire, en théorie s'entend, qu'une grande partie du déficit de nos régimes sociaux seraient couverts si nous avions un taux d'emploi proche de celui de l'Allemagne (72.8 en 2012) actuellement, ce dernier pays n'ayant pas de problèmes majeurs de financement de sa protection sociale aujourd'hui.
Nous aurions par ailleurs, toujours dans l'optique où notre taux d'emploi équivalait à celui d'outre-Rhin, un régime de retraite qui serait proche de l'équilibre en lieu et place des 6 milliards de déficit pour le régime général et le Fonds de solidarité vieillesse en 2013.
Les chemins de l’apocalypse
L’histoire s’écoule comme un grand fleuvequi ne remonte jamais son cours, mais les hommes qui la font ou la subissent ne changent pas beaucoup d’un siècle à l’autre. Le 2 mars 1914, tout juste, commençait l’un des pires scandales de l’histoire politique française, avec le début de la campagne de dénigrement de Joseph Caillaux par le directeur du Figaro, Gaston Calmette, qui finira assassiné dans son bureau de plusieurs balles de revolver par la femme de l’homme politique. Pendant que le pays se passionnait pour ce fait divers, une guerre qui devait saigner toute une génération, ruiner l’Europe et bouleverser le coursde l’histoire, se tramait dans les coulisses.
Pourtant, jamais plus qu’aujourd’hui la vie politique française n’a atteint un tel niveau de médiocrité. Elle n’est plus que scandales, indignations, jappements hargneux, menaces, coups de théâtre, démagogie, supputations débilitantes et annonces stériles, haine, impuissance et gesticulations cyniques. Des évènements d’une gravité inouïe se déroulent en ce moment à l’Est de l’Europe, en Ukraine, peut-être annonciateurs d’une déstabilisation générale, mais cela ne semble en aucun cas troubler le traintrain minable de la classe politico-médiatique française. Un jour, même lointain, des événements titanesques vont se produire et nous exploser à la figure; n’étant pas devin, pas plus que nos anciens de 1914 qui n’ont rien vu venir, nous ne savons pas ni d’où, ni quand, mais ils se produiront un jour, même lointain, cela ne fait guère de doute. Les aboyeurs, les démagogues, les pantins de la télévision, des cabinets et des états-majors politiciens partiront alors se planquer. Et voulez-vous parier, ce sont toujours les mêmes qui vont trinquer, d’une manière ou d’une autre, la chair à canon, les jeunes, la majorité silencieuse qui n’avait rien demandé à personne, sinon vivre et travailler en paix, comme y a cent ans. Et tout cela paraîtra du plus grand normal…
La Troisième Guerre mondiale nous menace-t-elle ?
De quoi nous sommes-nous mêlés de proposer à l’Ukraine une possibilité de rejoindre l’Europe ?
L’Union européenne a été construite dans l’objectif d’éviter une future guerre mondiale, et c’est à cause d’elle que cette Troisième Guerre mondiale risque de nous conduire vers une nouvelle catastrophe. Il fallait laisser le libre choix à l’Ukraine de se prononcer démocratiquement par référendum sans aucune intervention externe, ni d’un côté ni de l’autre.
On ne peut pas obliger un peuple qui ne le souhaite pas dans sa majorité de quitter un allié pour un autre. Nous nous gavons de mots ! Ce pauvre peuple dirigé par des gouvernements corrompus et qui, sous la menace d’une dictature russe, n’aspire qu’à rejoindre nos valeurs, nos lois, notre justice, notre niveau de vie élevé et tout le bien-être que nous pouvons – prétendument – leur apporter, etc. Eh bien, non !
Une moitié de ce peuple ne veut pas entendre parler de l’Europe et on peut même se demander si l’autre moitié en a tellement envie… Aujourd’hui, l’alternative est simple : soit la partition, soit l’affrontement. L’Ukraine de l’Est (Crimée) ne reconnaît pas le gouvernement de l’Ukraine de l’Ouest et vice versa. L’une parle russe, l’autre ukrainien, sans parler des sujets religieux. La Tchécoslovaquie s’y est résolue et cela ne lui a pas si mal réussi.
La Russie a décidé l’envoi de troupes afin de maintenir l’ordre, protéger ses partisans, mais surtout son accès direct à la Méditerranée par Sébastopol, où se trouve la plus grande partie de sa flotte. Qu’allons-nous faire ? L’Union européenne, qui est dans l’incapacité de soutenir la France dans son rôle de gendarme de l’Afrique, va-t-elle envoyer des troupes dans l’Ukraine de l’Ouest ? Lesquelles ? Polonaises, finlandaises ?
Comme elle sera incapable de le faire, ce seront les Américains qui, une fois encore, montreront les dents aux Russes. Et nous revoilà plongés en pleine période de la guerre froide, en 1962, lorsque la flotte et les missiles russes approchaient des côtes cubaines et que nous étions à deux doigts de l’affrontement et de la catastrophe. À l’époque, l’URSS a fait marche arrière ! Mais aujourd’hui, Poutine fera-t-il marche arrière ?
Ce n’est pas l’Union européenne qui fait peur aux Russes, ni à personne d’ailleurs, et nous craignons bien plus qu’eux une Troisième Guerre mondiale. Alors, très vite, un nouveau Yalta (qui justement se situe en Crimée/Ukraine) pour sauver un monde de plus en plus en péril par la folie de quelques dirigeants !
François Hollande se cherche un nouveau costume
Après l’échec confus du changement de discours économique, le Président s’avance désormais dans le domaine symbolique.
Une nouvelle opération de reconquête de l’opinion est lancée par l’Élysée. Après l’échec confus du changement de discours économique, le Président s’avance désormais dans le domaine symbolique.
Par définition, le symbole ne se mesure pas à ses résultats. La gauche est tellement inepte sur le plan économique qu’elle ne peut plus exister que sur la question des valeurs et dans les débats de société. Il est vrai que là, elle bénéficie d’une foule de gens qui se croient journalistes et diffusent en permanence des préjugés enrobés dans une épaisse gangue d’ignorance. Le Président au Salon de l’agriculture, le Président au mont Valérien, la Terre qui ne ment pas et les morts qu’on honore, voilà qui vous rhabille un chef de l’État. Porte de Versailles, M. Hollande a fait semblant d’écouter, le ton faussement intéressé et l’appétit manifestement aiguisé. Le pacte de responsabilité, comme le poumon chez Molière, ça explique tout, ça résout toutes les maladies, même les problèmes agricoles.
Au mont Valérien, c’était plus facile. On pouvait faire vibrer la corde mémorielle. Le Président l’avait dit : l’année 2014 sera consacrée à la commémoration. La posture est triplement avantageuse. Contrairement aux promesses, les souvenirs sont rarement démentis par le futur. Le respect dû à la souffrance, aux martyrs et aux héros fait taire la critique et suscite la communion unanime. De manière subliminale, on peut y glisser quelques touches politiques, de subtiles nuances partisanes. Non seulement elles ne seront pas dénoncées par peur d’être celui qui gâche la cérémonie et doit baisser la tête pour fuir les regards courroucés de l’assistance, mais encore elles introduiront en douce des images mentales, des réflexes idéologiques qui forgeront les esprits et expliquent la conscience collective d’un peuple.
Sur ce plan, Hollande est meilleur que Sarkozy. Ce dernier, dont la culture n’est pas la plus grande qualité, avait bien saisi l’intérêt tactique de la Mémoire. Mais il en avait fait trop, comme à son habitude, en faisant de Guy Môquet, martyr certes, mais militant communiste plus que résistant, le symbole de l’engagement de la jeunesse contre l’occupant nazi. La tentative de récupération qui accompagnait la consternante ouverture à gauche a échoué, mais elle a participé à l’hémiplégie mémorielle de notre pays, qui fait naître son histoire en 1789, et ne prend en considération que les grandes heures de la République gravées quasi exclusivement par des hommes de gauche. Rien, en revanche, ne déroge chez Hollande à la volonté d’instiller subtilement de l’histoire idéologique dans cette année mémorielle. À commencer par la parité.
Le Panthéon est un instrument de lecture idéologique de notre histoire. Non seulement il a connu des entrées et des sorties selon l’air du temps, comme le chassé-croisé entre Mirabeau et Marat mais, encore, il opère une sélection qui ampute notre histoire et notre culture. Sous l’Église transformée en temple mémoriel qui parle de la France, la crypte évoque non pas la France, mais des régimes politiques : le Premier Empire, surreprésenté, et la République prise assez souvent dans le sens restrictif et partisan que la gauche donne à ce mot. On ne doit pas contester la présence de ceux qui y sont, comme Jean Moulin ou André Malraux, mais regretter qu’ils ne soient pas rejoints par d’autres, comme si la France se recroquevillait sur une partie de son passé, sur un passé de parti.
samedi 1 mars 2014
Impôts des Parisiens : les réponses de Capital à Anne Hidalgo
A la suite de la parution de notre article sur les projets fiscaux d’Anne Hidalgo, l’équipe de campagne de la candidate a publié un communiqué remettant en cause la qualité de nos informations et dénonçant de «flagrantes erreurs» dans notre démonstration. Ces critiques sont toutes dénuées de fondement.
1/ METHODOLOGIE
Ce qu’on nous reproche. La comparaison que nous établissons entre l’imposition des Parisiens et celles des contribuables des autres grandes villes serait «malhonnête», car la capitale assume à la fois la compétence d’une commune, d’une intercommunalité et d’un département. Pour que les chiffres soient justes, observe le communiqué, il faudrait tenir compte de ce triple statut dans l’établissement des statistiques.
Ce qu’on nous reproche. La comparaison que nous établissons entre l’imposition des Parisiens et celles des contribuables des autres grandes villes serait «malhonnête», car la capitale assume à la fois la compétence d’une commune, d’une intercommunalité et d’un département. Pour que les chiffres soient justes, observe le communiqué, il faudrait tenir compte de ce triple statut dans l’établissement des statistiques.
Les faits. C’est exactement ce que nous avons fait. Par exemple, pour comparer les charges fiscales, nous avons additionné les impôts payés par les ménages pour l’ensemble des trois structures (ville, communauté urbaine, département) dans toutes les villes, y compris Paris. Il en ressort que les propriétaires parisiens sont, de loin, les plus imposés de toutes les grandes agglomérations. Un ménage ayant acquitté ses droits immobiliers pour l’achat d'un appartement de 70 mètres carrés au prix moyen du marché, par exemple, y paiera au total 3 826 euros d’impôts par an, contre 3 336 à Marseille, 3 186 à Bordeaux et 2 712 à Lyon. Pour la dette, nous avons aussi procédé à une harmonisation, en retenant systématiquement celle des villes et de leur communauté urbaine. Avec 1750 euros d’ardoise moyenne par habitant, la capitale est loin d’être la mieux lotie du classement : Strasbourg, Toulouse, Rennes, Bordeaux sont moins endettées qu’elle.
2/ TAXE FONCIERE
Ce qu’on nous reproche. La «végétalisation des toits», pour un coût de 150 millions d’euros, ne représenterait pas 25%, mais seulement 15% du produit annuel de la taxe foncière versée à la ville, car cette dernière rapporterait 976 millions d’euros, et non pas 600 millions comme nous l’aurions écrit par erreur.
Les faits. Selon le budget prévisionnel 2014, les recettes de la taxe foncière perçues par la ville s’élèvent à 606,45 millions d’euros. (http://www.centraldoc.com/budget_vote_2014/pdf/ville/doc_principaux_ville/rapportbudgetaire_ville.pdf page 43)
Ce qu’on nous reproche. La «végétalisation des toits», pour un coût de 150 millions d’euros, ne représenterait pas 25%, mais seulement 15% du produit annuel de la taxe foncière versée à la ville, car cette dernière rapporterait 976 millions d’euros, et non pas 600 millions comme nous l’aurions écrit par erreur.
Les faits. Selon le budget prévisionnel 2014, les recettes de la taxe foncière perçues par la ville s’élèvent à 606,45 millions d’euros. (http://www.centraldoc.com/budget_vote_2014/pdf/ville/doc_principaux_ville/rapportbudgetaire_ville.pdf page 43)
3/ DETTE
Ce qu’on nous reproche. La dette de la capitale à l’arrivée aux affaires de Bertrand Delanoë ne serait pas «d’à peine un milliard», comme nous l’avons écrit, mais de 1,4 milliard. La dette n’aurait pas quadruplé sous l’ère Delanoë, mais aurait été simplement multipliée par 2,6.
Les faits. Selon le compte administratif de la ville, la dette de la capitale s’élevait à 1,089 milliard d’euros au 31 décembre 2001 ( http://www.paris.fr/politiques/documents-legaux/budget/p9825 , rapport financier 2004 page 12). Elle est aujourd’hui de 3,9 milliards. Elle a donc pratiquement quadruplé.
Ce qu’on nous reproche. La dette de la capitale à l’arrivée aux affaires de Bertrand Delanoë ne serait pas «d’à peine un milliard», comme nous l’avons écrit, mais de 1,4 milliard. La dette n’aurait pas quadruplé sous l’ère Delanoë, mais aurait été simplement multipliée par 2,6.
Les faits. Selon le compte administratif de la ville, la dette de la capitale s’élevait à 1,089 milliard d’euros au 31 décembre 2001 ( http://www.paris.fr/politiques/documents-legaux/budget/p9825 , rapport financier 2004 page 12). Elle est aujourd’hui de 3,9 milliards. Elle a donc pratiquement quadruplé.
4/ PERSPECTIVES
Ce qu’on nous reproche. La perspective d’une augmentation de la dette à 4,9 milliards d’euros d’ici 2015 relèverait de la «fantasmagorie» et «défierait le commentaire».
Les faits. Cette hypothèse - très pessimiste comme précisé dans l'article - n’a pas été établie par nos soins mais par les propres services financiers de la mairie de Paris. Elle est attestée par un document confidentiel, que Capital a pu se procurer :
Ce qu’on nous reproche. La perspective d’une augmentation de la dette à 4,9 milliards d’euros d’ici 2015 relèverait de la «fantasmagorie» et «défierait le commentaire».
Les faits. Cette hypothèse - très pessimiste comme précisé dans l'article - n’a pas été établie par nos soins mais par les propres services financiers de la mairie de Paris. Elle est attestée par un document confidentiel, que Capital a pu se procurer :
5 / PHILHARMONIE
Ce qu’on nous reproche. Le portage de 160 millions d’euros de dette par l’association pour la Philharmonie de Paris aurait été validé par le Préfet. Nous ne serions donc pas fondés à le critiquer.
Les faits. Nous n’avons jamais écrit que ce discret montage, destiné à masquer une partie de la dette de la capitale, était illégal. Nous nous sommes contentés de dire qu’il allait coûter plusieurs dizaines de millions d’euros aux contribuables. Si la mairie avait accepté de s’endetter directement, elle aurait en effet pu bénéficier de taux d’intérêt plus avantageux, 4,2% contre 5,18%.
Ce qu’on nous reproche. Le portage de 160 millions d’euros de dette par l’association pour la Philharmonie de Paris aurait été validé par le Préfet. Nous ne serions donc pas fondés à le critiquer.
Les faits. Nous n’avons jamais écrit que ce discret montage, destiné à masquer une partie de la dette de la capitale, était illégal. Nous nous sommes contentés de dire qu’il allait coûter plusieurs dizaines de millions d’euros aux contribuables. Si la mairie avait accepté de s’endetter directement, elle aurait en effet pu bénéficier de taux d’intérêt plus avantageux, 4,2% contre 5,18%.
6/ DROITS DE MUTATION
Ce qu’on nous reproche. Les droits de mutation payés par les Parisiens lors de l’achat de leur logement ne devraient pas être comptabilisés avec les impôts, comme nous l’avons fait, car beaucoup de ménages n’en payent jamais et qu’il s’agirait d’une «dépense ponctuelle liée à l’achat d’un logement».
Les faits. Avec un tel raisonnement, ni l’impôt sur le revenu (dont la moitié des ménages sont exonérés), ni la TVA (assise sur les dépenses ponctuelles des Français) ne devraient être considérés comme des prélèvements obligatoires ! En réalité, les droits de mutation immobilière, entièrement perçus par la commune et le département, sont l’un des trois principaux impôts supportés par les Parisiens, à peu près à égalité avec la taxe foncière et la taxe d’habitation. Leur montant a triplé depuis l’arrivée de Bertrand Delanoë, et ils sont aujourd’hui deux à trois fois plus élevés que dans les autres grandes villes de France. C’est sans doute pour cela qu’Anne Hidalgo préfèrerait que l’on n’en parle pas.
Ce qu’on nous reproche. Les droits de mutation payés par les Parisiens lors de l’achat de leur logement ne devraient pas être comptabilisés avec les impôts, comme nous l’avons fait, car beaucoup de ménages n’en payent jamais et qu’il s’agirait d’une «dépense ponctuelle liée à l’achat d’un logement».
Les faits. Avec un tel raisonnement, ni l’impôt sur le revenu (dont la moitié des ménages sont exonérés), ni la TVA (assise sur les dépenses ponctuelles des Français) ne devraient être considérés comme des prélèvements obligatoires ! En réalité, les droits de mutation immobilière, entièrement perçus par la commune et le département, sont l’un des trois principaux impôts supportés par les Parisiens, à peu près à égalité avec la taxe foncière et la taxe d’habitation. Leur montant a triplé depuis l’arrivée de Bertrand Delanoë, et ils sont aujourd’hui deux à trois fois plus élevés que dans les autres grandes villes de France. C’est sans doute pour cela qu’Anne Hidalgo préfèrerait que l’on n’en parle pas.
7/ IMPASSE DE 200 MILLIONS D’EUROS
Ce qu’on nous reproche. Notre simulation du budget 2015 réalisée à partir des hypothèses économiques et fiscales d’Anne Hidalgo serait fausse. En lieu et place d’une hausse des impôts de 200 millions, l’exercice budgétaire de l’an prochain devrait se terminer avec un excédent de 400 millions d’euros.
Ce qu’on nous reproche. Notre simulation du budget 2015 réalisée à partir des hypothèses économiques et fiscales d’Anne Hidalgo serait fausse. En lieu et place d’une hausse des impôts de 200 millions, l’exercice budgétaire de l’an prochain devrait se terminer avec un excédent de 400 millions d’euros.
Les faits. Notre simulation a été réalisée par des professionnels de la comptabilité publique, rompus à ce genre d’exercice. Les résultats de leurs calculs sont d’ailleurs en deça des hypothèses des propres services financiers de la mairie de Paris, qui tablent, eux, sur un déficit de 368 à 614 millions d’euros. Anne Hidalgo aurait pu rappeler dans son communiqué que 200 millions d’euros manquent déjà à l’appel cette année. Pour parvenir à combler ce trou dans le budget 2014 sans avoir recours à de nouveaux impôts (impensable en période électorale), Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo ont été contraints de mobiliser les «réserves ultimes» de la ville (encaissement exceptionnel de deux mois supplémentaires de droits de mutation, et rapatriement de toute la trésorerie des ZAC), (http://www.centraldoc.com/budget_vote_2014/pdf/ville/doc_principaux_ville/rapportbudgetaire_ville.pdf pages 5 et 6). L’an prochain, les élus de la capitale, quels qu’ils soient, ne pourront plus compter sur cette manne…
Philippe Eliakim
vendredi 28 février 2014
La France, forteresse Maginot
La France, forteresse Maginot
Les Français ne pensent-ils pas cul par-dessus tête ? Au moment même où l'Ukraine et d'autres pays du Vieux Continent regardent l'Europe avec des yeux énamourés, nous voilà en train de blâmer continuellement cette pauvre Union, d'où viendraient tous nos maux.
Depuis des années, Vladimir Poutine, tsar de poche, tente de développer son union eurasienne sur les décombres de l'Empire soviétique. Son projet a encore essuyé un sérieux échec, le week-end dernier, à Kiev, avec l'arrivée d'un nouveau pouvoir proeuropéen. C'est notre Europe, tant décriée ici, qui a été plébiscitée par les manifestants ukrainiens.
Apparemment, il n'y a qu'en France qu'on l'ignore, mais l'Europe fascine toujours hors de ses frontières et reste la première puissance économique du monde, dont elle représente encore près du quart du PIB, une part certes en recul face à la concurrence des pays émergents.
N'oublions pas l'Histoire : si une partie de l'Ukraine est russophone et russophile, le pays a des comptes à régler avec la Russie depuis qu'au début des années 30 Staline en fit, entre autres, son terrain d'expérimentation pour exterminer par la faim entre 4 et 7 millions de personnes, alors que l'Union soviétique continuait d'exporter du blé !
Une forme de génocide, appelée "Holdomor", curieusement occultée pendant les derniers événements, mais dont l'ombre ne s'est pas encore évanouie dans le pays et qui, plus tard, a inspiré Mao Tsé-toung dans sa politique de la grande famine qui fit une cinquantaine de millions de morts. Après ça, il ne faut pas s'étonner si l'Ukraine regarde surtout à l'Ouest.
Les différents épisodes de la révolution ukrainienne ont montré que l'Europe avait encore des choses à dire et à faire. Mille excuses pour cette constatation pourtant objective : au train où vont les choses, elle ne provoquera, hélas, que des ricanements, au mieux des haussements d'épaules. Comme si la cause était entendue et qu'il valait mieux parler de l'Europe au passé.
La montée du sentiment antieuropéen chez les Français est la conséquence directe de notre "provincialisation" : en deuil de nous-mêmes, nous ne parvenons pas à voir plus loin que le bout de notre nez, note Hubert Védrine dans un essai très revigorant, La France au défi (1). "On se moque, écrit Védrine, des élus américains qui n'ont pas de passeport, mais l'évolution de la classe politique française - et ailleurs en Europe - va un peu dans le même sens."
Trop d'universalisme tue l'universalisme. C'est sa vocation universaliste, fait historique indéniable au XVIIIe siècle et après, qui a fini par convaincre la France qu'elle n'avait rien à apprendre des autres, qui, croyait-elle, attendaient tout d'elle. Observons ce qui se passe aujourd'hui dans la tête de plus en plus de Français à propos des grands enjeux. La bombe de la dette ? La faute à l'euro. Le taux de chômage ? Encore la faute à l'euro. La désindustrialisation ? Toujours la faute à l'euro.
Que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets dans l'insolente Allemagne, peu importe, même si ça devrait nous faire réfléchir. Nous sommes aujourd'hui empégués dans une soupe idéologique régressive qui nous promet des lendemains qui chantent derrière les barbelés d'une nouvelle ligne Maginot, au nom d'un marxisme de supérette, d'un anticapitalisme primaire et d'un culte infantile de Péguy, apôtre d'une théologie de la guerre.
C'est l'économie pour les nuls, les vrais de vrais, et elle trouve d'innombrables gogos pour gober ses fadaises. Comme s'il fallait, pour nous sauver, mettre une croix sur l'Europe, le monde et notre avenir. Comme si nous devions, pour rebondir, choisir la voie de la réclusion en nous bouchant tout : les yeux, les portes, les volets. C'est ainsi que nous autres Français sommes sur la pente du refus de l'Europe et de la mondialisation, vers laquelle, au contraire, tant de pays aspirent.
Il n'y a pas si longtemps, un président français déclarait à Dakar que l'Afrique était en délicatesse avec l'Histoire alors même qu'elle était en train d'y entrer en force avec, dans certains pays, des taux de croissance à faire pâlir les dirigeants français. À l'approche des élections au Parlement de Strasbourg, qui s'annoncent catastrophiques pour la cause européenne, c'est à se demander si ce n'est pas nous qui, malgré tous nos atouts, allons sortir de l'Histoire.
L'excellent Thierry Maulnier, un ancien maurrassien qui pensait à droite, est celui qui a le mieux décrit la xénophobie française avec sa célèbre formule qu'on ne se lassera jamais de citer : "La France est la patrie du genre humain et l'on y est très accueillant aux étrangers, exception faite, bien entendu, pour les amerloques, les angliches, les fridolins, les macaronis, les espingouins, les polacks,les macaques, les ratons, les youpins et autres métèques." À la liste il faut, hélas !, ajouter encore : les romanichels, les chinetoques et peut-être même les Ukrainiens !
1. "La France au défi", Fayard.
Rheims : la démocratie pour les nuls !
La démocratie pour les nuls !
Un vent de renouveau souffle sur la télévision et sur la politique. Une nouvelle génération est en train de s'installer. Nathalie Rheims l'encourage...
Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ambiance dans laquelle le pays aborde la dernière ligne droite des élections municipales n'est pas d'une grande sérénité. Certains spécialistes des médias se demandent même si on ne devrait pas supprimer les caméras dans l'hémicycle lors des questions au gouvernement. Selon eux, les médias et la démocratie ne font pas toujours bon ménage dans le cadre de "la société du spectacle". Le boycott de cette séance à la suite d'un nouveau clash entre les députés de l'UMP et les membres du gouvernement a fourni l'occasion à de nombreux journalistes des chaînes d'information continue d'interpeller les personnalités sur le délabrement de l'image qu'ils donnent de la démocratie politique. Nous sommes pourtant particulièrement fiers, en France, d'être un des principaux berceaux de la démocratie moderne et d'avoir atteint, dans ce domaine, un degré de maturité qui suscite l'envie de bien d'autres nations où les révolutions démocratiques ont tant de peine à s'affirmer et à s'établir.
La démocratie, dans l'exercice que je pratique pour Le Point.fr, consistant à humer, à travers ce que montre la télévision, l'air du temps et de la politique, j'ai l'impression de baigner dedans en permanence. Je ne me suis jamais sentie engagée dans un combat quelconque entre la gauche et la droite. J'ai pu exprimer aussi bien mon admiration pour le courage de Ségolène Royal que pour celui d'Henri Guaino ; j'ai pu applaudir à certaines performances du tribun et grand historien qu'est Jean-Luc Mélenchon, et appeler à ne pas laisser sombrer dans la ruine un grand parti comme l'UMP. Bref, on peut, au Point.fr, en tant qu'invité, s'exprimer dans la plus grande liberté, sans avoir à participer à telle ou telle "opération" ou grande manoeuvre.
La télévision, cette démocratie du quotidien
Déjà, en tant que téléspectatrice, je pointe ma "démocratie quotidienne", à chaque instant, au bout de ma télécommande. Lorsque je zappe, j'ai le sentiment de participer à un vote collectif, portant sur un programme ou sur un présentateur. L'audimat fait partie de cet "habitus" qui relève d'une démocratie intime et directe, où nous savons tous que le pouvoir est nôtre, celui de porter au pinacle ou de faire disparaître des supports idéologiques. C'est ce qui m'avait beaucoup plu en regardant la première de L'Émission pour tous de Ruquier en access prime time. Je trouvais cela "génial" d'offrir à chacun la possibilité de voter sur tout et n'importe quoi. Mais voilà, par la suite, on a vu se refermer les choses sur une sorte de manipulation de l'opinion, via ses chroniqueurs habituels et sa façon biaisée d'interroger le public. La réponse "démocratique", elle, ne s'est pas fait attendre et un audimat décevant confirma que l'opinion n'était pas aussi facilement manipulable. Même avec le plus charmant, le plus sympathique et le plus populaire des animateurs. Depuis Un homme dans la foule, le chef-d'oeuvre d'Elia Kazan de 1957, nous savons qu'aucun animateur, aussi vénéré soit-il par le public, n'est à l'abri de ce genre de déconvenue.
En tant que consommatrice, je baigne aussi dans cette autre démocratie du quotidien. Je le sais lorsque je parviens à "acheter français" ou que je me laisse aller à la mondialisation pour avoir, moi aussi, ma tablette ou mon smartphone ou, pire encore, ma voiture, sans me préoccuper de l'inversion de la courbe du chômage ou du déficit de notre balance commerciale. Ou encore en achetant bio, en pensant constamment aux menaces qui pèsent sur l'environnement et le réchauffement de la planète. Mais je suis toujours dans la démocratie active et souterraine en tant que contribuable. Là, pas d'état d'âme, la démocratie solidaire est sans appel.
La nouvelle génération Y de la politique
C'est dans la complexité de toutes ces micro-implications démocratiques que naît la maturité de mon statut de "citoyen politique" qui surplombe l'ensemble. Sur ce plan, face à l'enjeu des élections locales où cette complexité s'exerce tout particulièrement, puisqu'on y vote autant pour un parti que pour une personne, j'aurais tendance à privilégier les candidats qui acceptent de me traiter comme un citoyen adulte et ne cherchent pas à m'embobiner dans leur "savoir-faire-populaire". Ainsi, j'aime bien ceux qui acceptent de se soumettre aux primaires et n'attendent pas d'un simple jeu d'appareil qu'il les désigne. Je préfère ceux qui, justement, ne sont pas trop facilement populaires, sous prétexte qu'ils savent faire de la politique politicienne, qu'ils ont su obtenir la maîtrise de leur parti, de ses alliés, des dissidents de la vieille garde ou des nouveaux, qui ont envie d'en "croquer" ; des groupes d'influence, des comités de soutien, qui se forgent à coups de subvention ; des complicités médiatiques, qui se construisent au fil des ans à coups de relations publiques... ; toute cette vieille quincaillerie de la cuisine municipale dont on finit par être saturé et que l'on regarde comme une émission de variété ringarde. J'observe avec beaucoup d'espoir toute cette nouvelle génération Y de la politique qui semble vouloir s'éloigner de ces recettes de la popularité démagogique et permettre au peuple d'apprendre, sérieusement, sans y mettre toujours de l'habileté, à maîtriser son destin.
La génération Y ne croit plus à l'ascenseur social : pourquoi la réalité est probablement bien pire que tout ce qu'elle peut imaginer
L'enquête menée auprès de 210 000 jeunes de 18 à 34 ans pour France Télévisions dans le cadre de son opération "Génération quoi" révèle le pessimisme des jeunes. Interrogés sur leur devenir personnel, les jeunes répondants sont près des deux tiers à se déclarer plutôt ou très optimistes. En revanche, le regard qu'ils portent sur le destin de leur génération est extrêmement sombre. "Vingt ans n'est pas le plus bel âge de la vie", pensent-ils majoritairement (à 51 %).
Marie Duru-Bellat : Un patrimoine génétique s’observe chez des gens âgés, qui ont déjà une certaine expérience sociale, c'est-à-dire chez des adultes. Chez l’être humain, on ne peut isoler le génétique, un gène s’exprime dans un milieu, tous les biologistes vous le diront. Si les milieux sociaux sont très différents dans la qualité de vie : la qualité de la nutrition, les soins dans l’enfance et toute la vie. En France, tous les biologistes sérieux diront qu’il est complètement ridicule d’imaginer qu’on puisse isoler le rôle du capital génétique chez l’adulte. Comment peut-on imaginer que les plus riches auraient un meilleur bagage génétique ?
Faut-il comprendre que les explications socio-économiques ne suffisent plus à comprendre les mécanismes de perpétuation des inégalités sociales ? A-t-on sur-estimé les capacités des sociétés à lutter contre les mécanismes de l'héritage dans toutes ses dimensions ?
Nicolas Goetzmann : A mon sens cela ne remet rien en question sur ce qui peut être fait. Si la génétique est le principal facteur, et bien soit, mais on ne peut rien faire pour changer cela alors il faut se concentrer sur ce qui peut être fait.Même si nous avons constamment surestimé la capacité de nos sociétés à favoriser la mobilité sociale, cela n’est pas une raison pour baisser les bras. Car au-delà de la mobilité au sein de l’échelle sociale, le plus important est de permettre à ceux qui sont les moins favorisés de vivre correctement. En luttant contre la pauvreté, en luttant pour le plein emploi, nous n’arriverons peut être pas à rendre la société plus fluide, mais on améliorera le sort des plus pauvres. Clarck le dit lui-même, une société de mobilité à grande échelle est une utopie, mais une société qui lutte contre les effets de ces inégalités est un objectif.
Marie Duru-Bellat : Il est probable qu’on pense trop que l’école peut tout faire. Particulièrement en France, surtout en ce moment avec les questions de genres : on pense qu’on va lutter contre les préjugés en apprenant dans les écoles que ce n’est pas bien. On surestime les capacités de l’école, d’autant plus que les études de Thomas Piketty l’ont bien montré, le patrimoine a de plus en plus d’importance, parce qu’on est dans une phase de faible croissance, donc le revenu a moins de poids que le patrimoine. C’est sans doute plus difficile que prévu, et l’école est peut-être moins puissante que prévu.
Une récente étude du Brookings Institute "the glass floor" mettait en avant la plus grande influence de la richesse par rapport à l'intelligence dans le processus de la mobilité sociale. Les deux visions sont elles contradictoires ?
Nicolas Goetzmann : L’étude du Brookings, même si elle glissait un peu la question sous le tapis, confirme cette situation. La génétique n’est pas ignorée dans cette étude, mais elle traité de façon marginale car le politique n’a pas de prise sur ce point. La question n’est donc pas pertinente politiquement en termes de réformes. Le Brookings s’inquiétait plutôt de voir que malgré la plus grande proportion de gens avec des QI élevés dans les classes sociales supérieures, il n’était pas acceptable de voir que même lorsque cela n’était pas le cas, les inégalités persistaient. Ce phénomène est simplement dû au fait que les enfants favorisés sont protégés par un niveau d’éducation supérieur, et qui profite à des enfants qui ne le « méritent » pas toujours. Mais le Brookings se rend bien compte qu’il n’est pas possible de demander aux parents de ne pas aider leurs enfants…La question revient au point de départ : comment peut-on aider au mieux les enfants les moins favorisés ?
L'enquête menée auprès de 210 000 jeunes de 18 à 34 ans pour France Télévisions dans le cadre de son opération "Génération quoi" révèle une jeunesse qui se définit comme "sacrifiée" ou "perdue". Cette génération fait le constat amer d'instruments de mobilité sociale qui ne fonctionnent pas. Ce constat est-il corroboré par les faits ? L'étude historique des phénomènes de mobilité sociale montre-t-elle que la situation s'est à cet égard dégradée ?
Nicolas Goetzmann : Les différentes études relatives à la mobilité sociale dressent à peu près le même tableau : la mobilité sociale est plutôt stable dans le temps, et reste marginale. Il s’agit plus d’un « incident » qu’autre chose. La problématique actuelle concernant la jeunesse est que la crise produit une sorte de sclérose supplémentaire sur cette mobilité qui est déjà faible structurellement. Un jeune qui s’apprête à voter pour la première fois en 2014 avait 12 ans en 2008, il ne connait que la crise, c’est son horizon. La dernière croissance forte en France, celle de la fin des années 90, n’est même pas un souvenir pour lui. La perception du monde n’est pas du tout la même que pour un aîné, si nous prenons en compte ces éléments.
La principale force de l’élévation économique est la croissance et celle-ci est inexistante depuis 6 ans, ce qui se provoque un phénomène encore plus violent : le déclassement. C’est-à-dire que même en renonçant à l’élévation de son niveau de vie, la situation est telle que la probabilité de chute sociale s’intensifie.
La principale force de l’élévation économique est la croissance et celle-ci est inexistante depuis 6 ans, ce qui se provoque un phénomène encore plus violent : le déclassement. C’est-à-dire que même en renonçant à l’élévation de son niveau de vie, la situation est telle que la probabilité de chute sociale s’intensifie.
Marie Duru-Bellat : Ce qui est ridicule c’est de penser qu’avant il y avait beaucoup plus de mobilité sociale. C’est complètement faux, sauf pendant les années 1960, et éventuellement les trente glorieuses. Tout simplement parce qu’il y avait à la fois assez peu de diplômés et des opportunités d’emploi, notamment d’emplois qualifiés. Seuls les diplômés, c'est-à-dire peu de monde pouvaient monter dans l’échelle sociale. Nous sommes à l’heure actuelle dans un régime de croisière où il y a beaucoup de diplômés et des emplois qualifiés qui n’explosent pas. Mais ce n’est pas une panne momentanée, c’est un nouveau régime qui n’est pas très exceptionnel.
Plusieurs études économiques, notamment aux Etats-Unis, tentent de trouver de nouvelles explications à la persistance des inégalités sociales. Selon l'économiste Gregory Clarck, elles relèveraient avant tout de différences génétiques, et de leur perpétuation. Que faut-il en penser ? Quand bien même on n'adhérerait pas à l'intégralité de ses conclusions, en quoi cette approche peut-elle changer la donne ?
Nicolas Goetzmann : Gregory Clark a fait un travail considérable, aussi bien dans le temps, que géographiquement. De la Suède du XVIIe siècle, à la Chine du XXe, aux Etats Unis du XXIe siècle, le constat est le même : la mobilité sociale relève plus de l’anecdote que d’une quelconque réalité à grande échelle. Clark se base sur l’étude des noms de famille et constate que la perpétuation des inégalités traverse les siècles. Même Mao a échoué à effacer ces différences.
Après avoir éliminé les causes les unes après les autres, Clark conclue que la génétique est la principale force qui explique cette situation. Elle n’est pas la seule, le niveau économique, l’éducation etc. sont également des facteurs mais l’héritage génétique, génération après génération, serait le principal déterminant de nos vies. Comme le dit l’auteur; le constat est désagréable. Et il tente de corroborer son étude en analysant la situation des enfants adoptés. Le constat est que ces enfants ont tendance à reproduire le schéma social de leurs parents biologiques, et non de leurs parents adoptifs.
Après avoir éliminé les causes les unes après les autres, Clark conclue que la génétique est la principale force qui explique cette situation. Elle n’est pas la seule, le niveau économique, l’éducation etc. sont également des facteurs mais l’héritage génétique, génération après génération, serait le principal déterminant de nos vies. Comme le dit l’auteur; le constat est désagréable. Et il tente de corroborer son étude en analysant la situation des enfants adoptés. Le constat est que ces enfants ont tendance à reproduire le schéma social de leurs parents biologiques, et non de leurs parents adoptifs.
mardi 25 février 2014
À LA FRONTIÈRE
À LA FRONTIÈRE
Comme le veut la tradition, les anneaux olympiques seront rangés aujourd’hui après l’ultime épreuve : la finale de hockey sur glace. Haut les cœurs. Le scénario semblait écrit. Les JO de Sotchi devaient se clore par le triomphe de la grande Armée rouge si chère à Vladimir Poutine. Patatras, les favoris ont été balayés d’un coup de crosse par la petite Finlande en quarts de finale. À la fois une catastrophe et une humiliation. Un révélateur également. Car si, hier, la Russie a repris d’un souffle la tête au bilan des médailles, la moisson attendue n’a pas eu lieu. Pire encore, le premier sacre d’une poupée russe en patinage, la toute jeune Adolina Sotnikova, a déclenché l’enthousiasme du public… et un véritable scandale. Comme si la corruption des juges était au patinage ce que le dopage est au cyclisme. Un fléau. Clairement, la grande opération de communication consacrant le renouveau de l’Empire a tourné court. En ce mois de février 2014, l’histoire s’est bien écrite sur les rives de la Mer Noire. Mais de l’autre côté de la frontière, si près et si loin de ce qu’une partie de la presse ukrainienne a baptisé « Les Jeux du Diable ». Au cœur d’une nation qui se débat dans les soubresauts de l’ère post-soviétique et affiche ouvertement aujourd’hui son envie de liberté.
Nantes saccagée par les antifas
Nantes saccagée par les antifas
Une dizaine de policiers hospitalisés, plus d’une centaine d’autres contusionnés, des journalistes molestés, le cœur même de Nantes à feu et à sang… Ce n’est pas là le bilan d’une manifestation contre le « mariage » gay ni d’un rassemblement contre l’enseignement du genre à nos enfants, mais celui de la grande manif organisée samedi par le ban et l’arrière-ban de l’extrême gauche opposés à la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Une manif au cours de laquelle les petits amis « antifas » et altermondialistes de Manuel Valls s’en seront donné, une fois de plus, à cœur joie. Mais, comme le disait le ministre au lendemain de l’« affaire Méric », gardons-nous surtout de tout « amalgame » entre les « groupes d’extrême droite » porteurs de « discours de haine » et « ceux qui, d’une manière ou d’une autre, luttent contre le fascisme »…
Nantes à feu et à sang
« Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement », soulignaient dimanche, dans un communiqué commun, les représentants de la Coordination de toutes les associations opposées au projet. Mais samedi, on aura surtout eu droit à la manière forte : alors qu’Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon paradaient dans le défilé, les essaims de casseurs d’extrême gauche descellaient les pavés pour les lancer, avec les habituelles canettes, billes d’acier et autres fusées de détresse, en direction des forces de l’ordre, contraintes de charger à plusieurs reprises et de riposter à grand renfort de gomme-cogne, grenades lacrymogènes ou encore de lances à eau. Un poste de police et une agence du groupe Vinci ont été saccagés, plusieurs dizaines de vitrines de magasins et du mobilier urbain ont été brisés, et même des caténaires SNCF, afin de bloquer la circulation des trains. Au moins deux engins de chantier, mais aussi une barricade et une voiture, ont également été incendiés… Bref, de véritables scènes de guérilla urbaine, qui étaient hautement prévisibles puisque, comme le soulignait le préfet de Loire-Atlantique, les organisateurs s’appuient sur cette frange radicale depuis le début de ce mouvement. Christian de Lavernée devait d’ailleurs ajouter que « l’opposition institutionnelle à l’aéroport doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé », en pointant directement du doigt les militants anticapitalistes installés dans des squats depuis plusieurs mois pour s’opposer au projet. Des squats, dont on se demande d’ailleurs pourquoi ils n’ont toujours pas été évacués…
Le ministre de l’Intérieur a lui aussi condamné samedi ces violences, sans bien sûr admettre qu’il en est le premier responsable. Dénonçant des faits « inadmissibles » et une « véritable guérilla urbaine », Manuel Valls a surtout mis en cause « ces Black Blocs, qui sont originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers », dont la violence « continuera à trouver une réponse particulièrement déterminée de la part de l’Etat ». Une « réponse déterminée » qui a pris la forme d’à peine une douzaine d’interpellations… Bien loin des véritables rafles organisées lors des manifestations contre le « mariage » gay.
Invitée de l’émission « 12-13 Dimanche » sur France 3, Marine Le Pen devait ainsi rappeler que « M. Valls connaît ces groupes parfaitement, ce sont notamment des groupes “antifas” qu’il se refuse à dissoudre depuis des mois et des mois, qui à chaque manifestation mettent à sac les centres-villes. » Le ministre de l’Intérieur, a-t-elle ajouté, « fait preuve d’une complaisance à l’égard de ces groupes parce qu’il s’en sent proche politiquement, voilà la réalité de la situation et elle est extrêmement grave ».
Précieux maroquins
En fait, ces émeutes de Nantes auront surtout donné lieu à une nouvelle scène de ménage entre socialistes et écologistes au gouvernement. Dimanche en effet, Jean-Marc Ayrault devait estimer, dans une déclaration à Presse-Océan, que « tous ceux qui exercent des responsabilités publiques doivent condamner les squatteurs de la Zad (zone d’aménagement différé dévolue à l’aéroport), organisateurs délibérés de ces violences » et que « Europe-Ecologie-Les Verts doit sortir de l’ambiguïté ». Un message clairement adressé au ministre écologiste Cécile Duflot, qui avait affirmé samedi matin qu’elle soutiendrait « plutôt deux fois qu’une » les opposants au projet si elle n’était pas ministre, et s’était dite « de tout cœur » avec les manifestants. Une nouvelle occasion pour les gros médias, après « l’affaire Delphine Batho » il y a quelque mois, de nous resservir l’habituel feuilleton des ministres écologistes qui vont peut-être, ou peut-être pas, démissionner du gouvernement Ayrault. Car, comme l’écrivait Michel Urvoy dans les colonnes de Ouest France, « si Cécile Duflot, qui soutenait la manifestation, Jean-Vincent Placé et Emmanuelle Cosse, qui y participaient, refusent les décisions prises, ils doivent en tirer les conséquences politiques… » Sauf que c’est oublier un peu vite que la place est bonne et que l’on s’habitue rapidement au maroquin.
Vers une nouvelle approche de Berlin vis-à-vis de la Grèce-presse
BERLIN, 25 février (Reuters) - L'Allemagne envisage d'accorder à la Grèce une plus grande marge de manoeuvre pour décider elle-même des réformes à entreprendre si elle avait besoin d'un troisième plan d'aide international, écrit mardi le quotidien allemand Die Welt, qui cite des sources gouvernementales.
Les créanciers internationaux, ainsi, ne dicteraient plus dans le détail à Athènes la marche à suivre. "Nous voulons en finir avec cette approche, qui venait, avant tout, des pratiques du Fonds monétaire international à l'égard des pays en développement", dit une de ces sources.
Au lieu de dresser la liste de plus de 100 mesures à prendre, les créanciers pourraient communiquer au gouvernement grec une vingtaine d'objectifs à atteindre, ajoute Die Welt.
"Les Grecs pourraient ensuite décider quelles mesures il conviendrait de prendre pour atteindre ces objectifs, dit une source au quotidien conservateur allemand.
La Grèce a bénéficié de deux plans d'aide du FMI et de la zone euro depuis 2010, en échange de réformes structurelles et d'une baisse de ses dépenses publiques. (Sarah Marsh; Eric Faye pour le service français)
Les créanciers internationaux, ainsi, ne dicteraient plus dans le détail à Athènes la marche à suivre. "Nous voulons en finir avec cette approche, qui venait, avant tout, des pratiques du Fonds monétaire international à l'égard des pays en développement", dit une de ces sources.
Au lieu de dresser la liste de plus de 100 mesures à prendre, les créanciers pourraient communiquer au gouvernement grec une vingtaine d'objectifs à atteindre, ajoute Die Welt.
"Les Grecs pourraient ensuite décider quelles mesures il conviendrait de prendre pour atteindre ces objectifs, dit une source au quotidien conservateur allemand.
La Grèce a bénéficié de deux plans d'aide du FMI et de la zone euro depuis 2010, en échange de réformes structurelles et d'une baisse de ses dépenses publiques. (Sarah Marsh; Eric Faye pour le service français)
Dati peu favorable à la stratégie de Sarkozy
L'eurodéputée UMP Rachida Dati a expliqué aujourd'hui sur BFM-TV qu'elle n'était "pas très favorable" à la "stratégie de la carte postale" de Nicolas Sarkozy, qui multiplie les apparitions publiques sans se prononcer sur son avenir. L'ancien chef de l'Etat multiplie depuis plusieurs semaines les apparitions publiques, aux concerts de sa femme, Carla Bruni-Sarkozy, ou à des remises de décoration, sans annoncer d'éventuel retour.
"Je ne sais pas si c'est 2014 l'année du retour, le retour, tout le monde en parle", a commenté l'ex-ministre. Que Nicolas Sarkozy "ait envie" de revenir, "je le pense aussi, je l'ai déjà dit", a-t-elle confié. "Après, il faut que les circonstances s'y prêtent et puis je ne suis pas très favorable à la stratégie dite de la carte postale", a ajouté l'ancienne Garde des sceaux.
Selon elle, "les Français n'ont pas besoin de carte postale, ils ont besoin de gravité, de hauteur et de responsabilité et aussi de dire: c'est quoi la France aujourd'hui". "Tout explose, la gauche a fait exploser nos valeurs, notre cohésion", a accusé la maire du VIIe arrondissement de Paris. "D'abord, il faut restaurer notre Nation (...) Aujourd'hui, les Français ne veulent pas entendre on va abroger les 35h, la retraite à 75 ans...", a-t-elle estimé. "On a besoin de cohésion, de restaurer nos valeurs communes", a conclu l'eurodéputée.
"Je ne sais pas si c'est 2014 l'année du retour, le retour, tout le monde en parle", a commenté l'ex-ministre. Que Nicolas Sarkozy "ait envie" de revenir, "je le pense aussi, je l'ai déjà dit", a-t-elle confié. "Après, il faut que les circonstances s'y prêtent et puis je ne suis pas très favorable à la stratégie dite de la carte postale", a ajouté l'ancienne Garde des sceaux.
Selon elle, "les Français n'ont pas besoin de carte postale, ils ont besoin de gravité, de hauteur et de responsabilité et aussi de dire: c'est quoi la France aujourd'hui". "Tout explose, la gauche a fait exploser nos valeurs, notre cohésion", a accusé la maire du VIIe arrondissement de Paris. "D'abord, il faut restaurer notre Nation (...) Aujourd'hui, les Français ne veulent pas entendre on va abroger les 35h, la retraite à 75 ans...", a-t-elle estimé. "On a besoin de cohésion, de restaurer nos valeurs communes", a conclu l'eurodéputée.
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