TOUT EST DIT

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lundi 1 juillet 2013

Fillon-Sarkozy : le match commence


L'ancien président et le député de Paris ne se parlent plus que par l'intermédiaire de leurs entourages. Enquête sur une rivalité.
"Je suis toujours affûté!" Dans ses bureaux de la rue de Miromesnil, Nicolas Sarkozy reçoit ce jour-là en short et en baskets. Rien ne semble entamer sa sérénité. Ni la mise en examen de Bernard Tapie. Ni le vote des militants UMP qui s'apprêtent à inscrire dans les statuts du parti le principe des primaires.
Reconverti en conférencier international - il était à Londres vendredi pour le compte de la Deutsch Bank -, l'ancien président jure qu'il est débordé. Son carnet de bal est complet jusqu'à la fin de l'année : des déplacements sur tous les continents et des rendez-vous à Paris dans ses bureaux parisiens où il reçoit, par grappes, députés, sénateurs et candidats aux municipales. Mercredi, il a même accueilli, pour la première fois, une dizaine de membres de l'association de ses amis, sélectionnés par Nadine Morano. Officiellement, il ne prépare pas son retour. Il se dit "très heureux" dans sa nouvelle vie, loin de la politique, et n'a pas l'intention de rompre son vœu de silence avant "au moins un an".
Il savoure les sondages de plus en plus encourageants et observe - avec gourmandise - la dégringolade de François Hollande. Selon lui, la France est au bord du chaos. Jamais, répète-t-il devant ses visiteurs, le pays n'a été aussi tendu. Pour l'heure, seule la rivalité avec Fillon le contrarie. En fonction de l'interlocuteur qu'il a en face de lui, il pousse plus ou moins le curseur des critiques contre son ex-Premier ministre. Le langage est parfois fleuri dans la bouche de celui qui reste un animal politique. "Fillon traite Copé de mafieux puis déjeune avec lui. Faudrait savoir !", confie-t-il à un proche. "François crispe la droite", dit-il à un autre. "Au fond, François veut que je revienne. Ça doit être psychologique", ironise-t-il devant un autre. L'ex-président n'a pas digéré les critiques de François Fillon dans le documentaire de Franz-Olivier Giesbert, diffusé sur France 3 le 8 mai.

"Sarkozy, c'est comme certaines nuits d'amour : t'as pas forcément envie de recommencer"

S'il dément l'écriture d'un livre, Sarkozy se prépare sans le dire. Les choses se mettraient en place de façon "inéluctable" répète-t-il à ses visiteurs sans les éclairer sur la ligne politique de son come-back. À ceux qui lui reprochent sa proximité avec Patrick Buisson, il réplique qu'il n'a jamais eu de gourou. Mais assume préférer recevoir les "conseils" de Patrick Buisson que ceux de Roselyne Bachelot.
Avec Fillon, la rupture est consommée, les deux hommes ne se sont plus vus depuis la fin du mois d'avril. Aucun des deux non plus n'a pris la peine de décrocher son téléphone. Mais les coups partent, d'un camp comme de l'autre. "Le pays tout entier n'est pas en train d'attendre Sarkozy comme le messie", lance Fillon. De son côté, le fidèle ami de Sarkozy, Brice Hortefeux s'amuse de "la promenade de Fillon", comme si la précampagne du député de Paris n'était qu'une manière de chauffer la salle. L'ancien ministre n'a toujours pas digéré la sortie du député de Paris "sur la différence d'approche irréconciliable" sur le FN entre les deux hommes : "Fillon n'a jamais rien fait contre le FN. Nicolas Sarkozy a failli le faire disparaître", s'exclame-t-il. Patrick Balkany raconte, lui, avoir téléphoné à l'ex de l'Élysée après le passage de Fillon sur France 2 : "J'ai dit à Nicolas que j'étais le dernier spectateur devant la télé et encore, c'est parce que je m'étais endormi". Un autre sarkozyste poursuit : "J'ai du mal à imaginer François Fillon avoir le courage de défier Nicolas Sarkozy en vrai." À ces amabilités, un ancien ministre filloniste répond : "En même temps, Sarkozy, c'est comme certaines nuits d'amour : t'as pas forcément envie de recommencer."
En attendant, l'agacement de Sarkozy est sans doute l'un des meilleurs carburants d'un ex-Premier ministre qui peine souvent à montrer "son envie" de France. "Oui, même si tout cela était prévu et prévisible, ce qu'il entend venant de la rue de Miromesnil est un moteur", confirme le député Pierre Lellouche.

Fillon en déplacement au Liban la semaine prochain

Poussé, Fillon multiplie donc les petites provocations. Évoque cette semaine, dans une interview à La Montagne, "notre quinquennat", en parlant de Sarkozy et de lui. Et développe dans sa précampagne le thème du "progrès". "C'était notre idée", a-t-on bondi dans l'entourage de l'ex-président. "Si cette question le passionnait tellement, pourquoi Nicolas Sarkozy n'en a-t-il pas fait le thème central de sa dernière campagne présidentielle?", réplique-t-on côté Fillon où l'on reconnaît avoir décidé "d'accélérer sur le sujet". "Faut se méfier du Sarthois teigneux", s'amuse un filloniste.
Un "Sarthois teigneux" qui s’organise. Son nouveau site internet doit être prêt en début de semaine. D’ici la fin de l’été, tous les responsables départementaux de son écurie, Force républicaine, auront été nommés. Il va aussi lancer des ateliers thématiques, sur une durée déterminée, coordonnés par une équipe de bénévoles pour préparer son programme pour les primaires de 2016. "Ils seront composés de politiques, mais aussi de représentants de la société civile", explique le député Jérôme Chartier. Les amis de Nicolas Sarkozy s’organisent aussi. Ils se retrouveront à la fin de l’été sur le bassin d’Arcachon.
En parallèle, Fillon, qui semble décidé à tenter d’attirer toutes les lumières sur lui, multiplie les déplacements. Il a prévu de se rendre au Liban, à partir de jeudi, pour quatre jours. Un voyage aux allures de visite d’État, puisque Fillon rencontrera sur place toutes les autorités de ce pays francophone. Avant, il aura tenu, mardi, un meeting dans les Hauts-de-Seine. Pas de quoi apaiser les esprits. Cet été, l’ex de Matignon a programmé des vacances françaises, dans son manoir de Beaucé, avec au programme l’écriture d’un livre. Avant sa rentrée politique, prévue elle aussi dans la Sarthe. Le duel à distance s’installe. Jeudi, un militant UMP visiblement peu au fait de ce match a benoîtement tendu une pochette du dernier disque de Carla Bruni à François Fillon : "Vous voudrez bien lui demander une dédicace pour ma femme, monsieur le Premier ministre?" L’ancien "collaborateur" a souri.

Frédéric Mitterrand : «Les socialistes n'ont pas de vision culturelle»


Une année après la nomination d'Aurélie Filipetti rue de Valois, son prédecesseur s'exprime sur une politique culturelle qu'il juge dogmatique.
Le récent limogeage du directeur du Centre national du livre (CNL), Jean-François Colosimo ; le remplacement, à la tête du Centre national du cinéma (CNC), d'Eric Garandeau par Frédérique Bredin, ainsi que la démission «forcée» d'Olivier de Bernon, ancien directeur du musée Guimet, ont choqué Frédéric Mitterrand. Certes, personne n'est propriétaire de son poste et les têtes ont souvent valsé après un changement de majorité - y compris sous Frédéric Mitterrand.

Mais ce dernier estime que «trop c'est trop». Déjà, Aurélie Filippetti avait changé plusieurs directeurs du ministère, ainsi que le secrétaire général. Sans compter la valse à la tête des Centres d'art dramatique, à commencer par Jean-Marie Besset à Montpellier, remercié après son premier mandat, ce qui est une première dans le monde du théâtre subventionné.
LE FIGARO - Vous avez été silencieux pendant un an et soudain…. C'est le débarquement de Jean-Marie Besset, directeur du Centre dramatique national de Montpellier, qui vous fait sortir du bois?
FREDERIC MITTERRAND - Trop c'est trop. Jean-Marie Besset est le détonateur… Mais il n'y a pas que lui. J'ai le sentiment d'une grille dogmatique. Qu'un ministre change son cabinet relève du cours normal des choses, il n'y a rien à redire à cela. Changer les grands directeurs d'administration, c'est déjà plus aléatoire. Normalement, la continuité républicaine devrait jouer.
Moi, je ne travaillais presque qu'avec des gens de gauche, dont certains étaient d'ailleurs loyaux à mon égard. J'étais impartial. Ce n'est plus le cas rue de Valois.
Il y a quelque chose de systématique dans les remplacements, ce qui n'est pas bien. Olivier de Bernon, directeur du musée Guimet, a été viré sans manière, alors que c'est une personne remarquable et que le musée a besoin d'une réorganisation. Jean-François Colosimo, du Centre national du livre (CNL) a été mis dehors alors qu'il a un bon bilan et qu'il était loyal envers son ministre. Eric Garandeau, du Centre national du cinéma (CNC) était compétent. Il a été écarté après deux ans parce qu'il était l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy: son éviction est purement politique. Ce n'est plus la lutte des classes, c'est de la féodalité.
Le premier geste des socialistes, à la Culture, a été d'annoncer un plan d'économies. C'était peut être nécessaire, non?
La maison de l'Histoire de France était un projet politique et j'ai compris, sans l'accepter, pourquoi Aurélie Filippetti y avait mis fin. Mais le Centre national de la musique sur lequel il y avait un large consensus? Je ne comprends, ni n'accepte, ce geste. Quant à Hadopi, on sait bien que le volet pédagogique a fonctionné. Il faudra bien une instance de régulation.
Qu'on le veuille ou non, le ministre de la Culture n'est pas le ministre de la Sécurité sociale, mais celui des artistes. Alors oui, il y a une crise économique mondiale. Mais que pèse le budget de la Culture? A peine 1 % du budget de l'État. François Hollande voulait ré-enchanter la France, et il coupe dans les subventions. Le fond du problème, c'est qu'il ne s'intéresse pas à la Culture, ce n'est pas dans son ADN. Nous avons des technocrates dogmatiques au pouvoir.
Il faudrait pourtant proposer des choses, prendre un pari sur l'avenir, lutter contre le défaitisme ambiant. Je m'étais battu pour la Philharmonie de Paris car je sais, qu'un jour, nous serons fiers d'avoir cette salle de musique, capable d'attirer à nouveau les plus grands chefs d'orchestre. On peut toujours trouver de l'argent ailleurs, notamment du côté des mécènes, s'il en manque. Encore ne faudrait-il ne pas rejeter les entreprises et ne pas mépriser les riches.
Lorsqu'Aurélie Filippetti a été nommée, vous sembliez la soutenir. Pourquoi la critiquer aujourd'hui?
Je la connaissais un peu, j'aimais ses romans, surtout le premier ( Les Derniers Jours de la classe ouvrière ndlr). Lors de la passation de pouvoir, je l'avais aidée. Mais un an après, elle fait montre d'une approche totalement dogmatique de la Culture. La démocratisation, c'est le serpent de mer du ministère, cela tient de l'incantation. On ne va pas forcer les gens à aller au musée comme cela, les choses sont plus complexes. Aurélie Filippetti veut développer l'éducation artistique à école, alors que cela ne dépend pas d'elle, mais de son homologue à l'Éducation nationale, Vincent Peillon. Les enseignants ne veulent s'occuper des arts à l'école. Et tant qu'on n'ouvrira pas une véritable filière pour eux, cela ne marchera pas.
Pourtant, le monde de la Culture reste à gauche. Je vais vous faire une confidence: j'étais toujours bien accueilli par les élus communistes, ce qui n'était pas forcément le cas avec tous les socialistes. Seule Martine Aubry, qui a tout changé à Lille, a du souffle.
Dans le fond, les socialistes sont dans le déni démocratique. Ils décident de manière arbitraire. Regardez ce que Bertrand Delanoë a fait de la place de la République, ou des voies sur berge, à Paris. Ses projets ne tiennent pas compte du passé et de l'histoire du lieu. Les socialistes n'ont tout simplement pas de vision culturelle
Quelles sont vos relations avec Nicolas Sarkozy?
Je ne l'ai revu qu'une fois. Cette dernière année, je me suis tenu à l'écart de lui, comme du reste et des autres, d'ailleurs. C'était très violent d'être ministre, et je n'étais pas du sérail, ce qui a été à la fois ma force et ma faiblesse. Les hommes politiques sont à part. Ils ont un autre ADN.
Comment percevez-vous le climat politique actuel?
Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est la possible émergence d'un terrorisme d'extrême droite. Je redoute un Anders Breivik français. Le mariage pour tous a été mal géré par la gauche, mais aussi par l'UMP. Tout cela a réveillé les démons. On a assisté à des délires homophobes et le sujet est devenu clivant. Dans cinq ans, on ne parlera plus de ce sujet. Entre temps, Marine Le Pen a réussi à dé-diaboliser la Front national et la droite est divisée. Une partie de la droite n'a pas compris que la France est devenue diverse.
Vous sentez-vous orphelin politiquement
J'aspire au retour d'une droite pompidolienne, attentive et modérée. C'est celle de François Fillon. Avec Hubert Védrine et d'autres, il fait partie de ces gens qui peuvent diriger notre pays avec sagesse.

dimanche 30 juin 2013

Les médias français au garde-à-vous devant Valérie Trierweiler

A son arrivée en trombe sous fond de scandales divers, de procès intentés pour port de maillot de bain disgracieux ou pour délit d’écriture du roman de sa vie, Valérie Trierweiler a depuis empilé les comportements douteux, notamment lors de cette visite du président où elle tira par sa capuche un cameraman pour l’empêcher de filmer une scène (http://french.ruvr.ru/2013_04_12/Le-geste-inadmissible-de-Trierweiler/). 

Quelques semaines plus tard, après des déclarations officielles ou officieuses sur le ras le bol du président et du gouvernement sur le « bashing » des journalistes, les médias et quelques humoristes sont désormais sommés de cesser leur acharnement, la troupe doit retourner dans le rang !
Force est de constater en effet que le ton a changé depuis l’arrivée de François Hollande en ce mois de juin, dans les bas-fonds de son impopularité. Après tout juste une année de pouvoir, le président français est en effet tombé au score (truqué) de 31 % de satisfaction, ce qui augure d’un score réel tournant autour de 15-25 %. Mais les chiffres ne peuvent pas toujours mentir et les journalistes français, au garde-à-vous ou non, n’ont pu que se résoudre à écrire que pour la première fois également, François Hollande avait perdu des points dans son propre électorat de base. Les socialistes eux-mêmes, s’il en reste, désertent le terrain. Déconfitures après déconfitures, étrillés par les résultats calamiteux du gouvernement dans tous les domaines, certains observateurs éclairés, notamment des politiciens de diverses formations déclarent que la République elle-même serait en danger.
C’est sans doute la raison qui explique le changement subi de ton et les stratégies un tantinet pathétiques mais bien onéreuses, des missions de la première dame de France. Fière et colérique, cette dernière aura beaucoup de mal à rester cantonnée dans le rôle assez peu en corrélation avec le Gender prônée et légiférée par la fameuse loi de Mme Taubira. Voyage humanitaire à Gao, soutien à des ONG, visite d’enfants malades ou estropiés du Mali et de Syrie, soutien aux femmes victimes de viols au Congo, la leçon, indique Philippe Martinat, grand reporter au Parisien,aurait été retenue : humilité, œuvre de charité, malheureux et affamés, il ne manque plus à Valérie Trierweiler que l’antique pouvoir des rois de France pour soigner les écrouelles et l’affaire sera dans le sac. http://www.leparisien.fr/laparisienne/actu-people/mais-si-valerie-trierweiler-a-change-27-06-2013-2932835.php.
Dans cet article qui va dans le mouvement de l’obéissance nationale, il est aussi écrit que la première dame « hystérisait la relation de François Hollande avec l’opinion »… Etrange similitude entre la détestée et tout aussi maladroite Autrichiennehonnie et malmenée par le peuple qui voyait en elle une insulte à sa condition. Les régimes passent, mais l’histoire reste la même, de Marie-Antoinette et Louis XVI en passant par Danièle Mitterrand et Valérie Trierweiler, la recette du pouvoir est vieille, ou presque aussi vieille que les cabinets d’aisance du palais de l’Elysée. D’une manière amusante, remarquons également que la catégorie dans laquelle ledit article a été placé dans les lignes du grand quotidien français, est « Femmes de tête »… notons que si nous ne lui souhaitons pas de la perdre, son illustre et lointaine homologue la perdit un jour d’octobre 93, place de la Révolution aujourd’hui rebaptisée avec beaucoup d’humour, par des plaisantins que Georges Clémenceau n’auraient pas reniés, place de la Concorde.
 De la concorde toutefois, il en faudra une certaine dose pour que Valérie Trierweiler fasse oublier les maillots de bain, les duels au sabre avec Ségolène Royal et quelques déclarations pas si innocentes sur Twitter. Le compagnon enterré dans les sondages, la compagne attaquée sur le coût des « missions » et du « cabinet » (de travail) de sa fonction de première dame, jamais une épouse d’un président de la République ne fut aussi impopulaire et montrée du doigt que Valérie Trierweiler. En haut lieu, les stratèges se sont mis au travail, après avoir encaissé des coups venus de toute part, elle sera donc poussée sur le devant de la scène pour une confrontation (ou exposition) dans les médias, invitée prochaine de « C à vous » sur France 5 durant 90 minutes, je vous en prie !
Les Français versatiles applaudissaient Marie-Antoinette pour mieux la haïr par la suite. Qu’en sera-t-il de Valérie Trierweiler ? Il y a certes beaucoup de malices pour un historien de faire un parallèle aussi audacieux et de rire de l’affirmation non moins audacieuse de Philippe Martinat «que quelque chose a bougé ». Dans le monolithe de la politique française, il sera difficile aux Français, mêmes extrêmement attentifs, de voir ce qui aurait bien pu commencer à se mouvoir… mais passons. « L’élégance discrète » mise en avant par l’auteur du Parisien fera-t-elle oublier le port de sabots crottés des mois précédents ? Rien n’est moins sûr. Qui vivra, verra. N

La démocratie française entre en agonie

Depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande, tant par le fait des événements internes, qu’internationaux, la vieille démocratie française se dégrade rapidement. Son entrée en agonie apparaît certaine mais personne n’est en mesure de dire le temps qu’elle mettra à rendre l’âme ou si les Français par un mouvement salutaire viendront à son secours avant qu’il ne soit trop tard.

Tous les indices sont dans le rouge, des manifestants sont placés en garde-à-vue pour des prétextes inexistants, des opposants sont arrêtés et emprisonnés parfois dans des conditions inhumaines et dans une violence terrifiante. Dans les manifestations, des agents des RG et des agitateurs stipendiés répandent le chaos afin de discréditer les causes défendues par les protestataires. Dans les rues, les témoignages d’opposants passés à tabac, matraqués, piétinés se multiplient dangereusement. Parmi les témoins certains citent des propos inouïs de policiers en civils, insultes, menaces à peine déguisées, intimidations. Le pouvoir en place entretient également les divisions pour mieux régner, dissolutions de groupes étiquetés à l’extrême-droite et dans le même temps ménagement des forces se trouvant à l’extrême-gauche, le tout en jouant les uns contre les autres en fonction des situations.
Le mauvais exemple règne évidemment surtout en haut-lieu, l’équipe gouvernementale est elle-même entachée d’opprobre, un Premier ministre et quatre autres ministres dont Mme Taubira ont été condamnés à des amendes et à des peines de prison. L’affaire DSK, puis celle de Cahuzac démontrent à quel point les milieux politiciens sont vermoulus et friables à toutes les tentations. Loin de punir, la Justice fonctionne à deux vitesses, de grands coupables reçoivent des peines insignifiantes tandis que de pauvres hères, voir dans le cas des opposants de simples citoyens innocents sont condamnés à des peines disproportionnées. Dans le même temps le pouvoir donne l’exemple de toutes les corruptions, des responsables de parti comme Harlem Désir, grossièrement pris la main dans le sac sont nommés à des postes clés et sapent la confiance populaire.
Cette confiance populaire s’effondre rapidement devant le progrès du népotisme à tous les niveaux de l’Etat. Initié sous l’ère Mitterrand, c’est désormais l’un des traits principaux de la République française : nominations d’amis de François Hollande à tous les postes possibles même sans qualification dans la charge qui leur incombera, distribution de Légion d’Honneur à des personnages louches, étrangers ou n’ayant absolument rien fait pour mériter cette distinction par un service éclatant au pays, l’appareil du pouvoir est à un niveau de putréfaction dont les Français ne ressentent pour l’instant que les relents putrides, mais d’encore beaucoup trop loin. Les exemples sont en effet si nombreux que ceux qui arrivent à la surface et explosent par mégarde dans les journaux ne peuvent cacher l’immense majorité des malversations, vols et passe-droits qui eux ne sont jamais révélés au public.
Ces collusions nombreuses et les viols les plus élémentaires des droits des Français et de la France elle-même, se traduisent par d’inquiétants événements dans les relations extérieures de la France. Dans les médias sous contrôle et d’ailleurs financés par l’Etat partiellement, il ne se passe pas un jour sans que des pays comme la Russie soient montrés du doigt afin de créer un contraste entre le paradis terrestre en France et le reste du monde en proie à la guerre et à la dictature. Cette basse propagande, martèle en permanence des contre-vérités, quand il ne s’agit pas tout simplement de mensonges éhontés. Pendant ce temps, des meurtriers et des islamistes sanguinaires sont armés en Syrie, en Libye et dans nombre de pays d’Afrique et d’Asie. Des régimes fantoches sont fait et défait, des plans sont établis pour l’asservissement de populations ou le contrôle de ressources diverses parfois pour le meilleur profit d’alliés douteux… voir même dangereux comme le Qatar, l’Arabie saoudite ou les USA.
Car la France est aujourd’hui l’ombre d’elle-même au niveau international. Malgré les avertissements de De Gaulle, la France est entrée à nouveau dans l’OTAN par la décision de Nicolas Sarkozy. Ailleurs des interventions militaires coûteuses se développent, au Congo, au Niger, au Mali, sans compter la Libye, la Côte d’Ivoire derrière nous et la Syrie, l’énorme farce syrienne ou un ministre complètement discrédité dans une sombre affaire de sang contaminé, vient vendre aux Français le mirage syrien pour faire couler un autre sang dans des contrées lointaines et souvent au détriment de chrétiens et de petites gens. La situation internationale est sans doute le reflet le plus éclatant de la décomposition de la démocratie française, encore que l’intérieur du pays soit déjà en ébullition et en grand danger.
 Ce danger c’est celui de l’explosion sociale, dans les banlieues les malaises attisent la violence, la haine et le racisme. En réponse à celui visant les populations greffées sur la Nation, progresse le racisme anti-blanc et anti-français, ce dernier d’ailleurs n’étant jamais cité. Des drapeaux français sont brûlés, l’insécurité progresse, des zones sont hors contrôle et à la merci de la moindre étincelle. Dans les rues, la moindre manifestation, même sportive, peut tourner au drame et à la confrontation. Dans les assemblées des politiciens de gauche discutent de l’opportunité de prendre le contrôle d’internet et de museler la parole des oppositions. Partout d’ailleurs, l’ennemi, l’opposant, est qualifié de « fasciste » sans le moindre discernement, ce qualificatif dévoyé est devenu une arme du pouvoir pour faire taire les plus audacieux et effrayer la masse des citoyens apeurés et goguenards.
Dans les mêmes assemblées, le pouvoir confisqué est assuré par deux formations, aujourd’hui souvent réunis sous le qualificatif d’UMPS. La fin de la proportionnelle a écarté toutes les autres formations, certaines comme le FN, le FG ou EELV devraient disposer de dizaines de députés et former des groupes parlementaires puissants mais ne sont représentés souvent que par deux ou trois malheureux députés noyés dans le système. Devant un constat aussi calamiteux certains trouvent encore la force de déclarer que les changements font peur… ou que « la France est le plus beau pays du monde ». Oui mais pour combien de temps encore ?

Croire au retour de la croissance relève de la "méthode Coué", selon un économiste PS


L'économiste Pierre , membre du bureau national du PS et du collectif Roosevelt, affirme, dans un entretien à Sud Ouest Dimanche, que "tout miser sur le retour de la croissance" relève de la "méthode Coué", jugeant que "la solution n'est pas l'austérité mais la justice sociale".
Le retour de la croissance, qu'espère François Hollande, "plus personne ne peut y croire", estime ce conseiller régional PS d'Ile-de-France, qui avait présenté avec Stéphane Hessel une motion au congrès du PS de Toulouse, en octobre 2012.
Évoquant les sorts de l'Allemagne, "retombée en récession", du Japon, "à deux doigts du chaos", ou encore de la Chine, dont la bulle immobilière "explose", il juge que "tout miser sur le retour de la croissance, c'est la méthode Coué".
"Il y a quarante ans, (...) croissance était synonyme de progrès social" mais "ce n'est plus le cas. Plus on attend la croissance, plus on va vers un pourrissement social et politique au risque d'une explosion", soutient M. Larrouturou, membre du collectif Roosevelt, qui réunit politiques et membres de la société civile et défend des thèses autour de thèmes comme la construction européenne ou la séparation des banques de dépôt et des banques d'affaires.
A ses yeux, la crise actuelle "n'est (...) pas une crise de l'État-providence mais bien une crise du capitalisme, dont l'ampleur est telle que l'État-providence n'arrive plus à la compenser. La solution n'est pas l'austérité mais la justice sociale".
La réception de ses arguments à l'Elysée et à Matignon ? "+Très intéressant+, nous dit-on à chaque fois. Mais rien ne bouge", déplore ce partisan du partage du temps de travail, qui rappelle que les solutions avancées par son collectif sont "toutes chiffrées et crédibles. C'est une question de volonté politique".
François Hollande "est sûrement conscient de la situation", poursuit M. Larrouturou, qui prend pour exemple le tournant de 1983, lorsque François Mitterrand et son Premier ministre, Pierre Mauroy, ont "eu le courage de dire que leur programme n'était pas adapté à la réalité".
François Hollande et Jean-Marc Ayrault doivent maintenant faire "preuve du même courage", estime-t-il.
La difficulté "est de reconstruire la justice sociale sans croissance (...) C'est tout à fait faisable", assure-t-il, invoquant un "nouvel équilibre, un nouveau partage des revenus, du travail, de l'accès à la culture et du pouvoir".

Incompétence, idéologie, obsession carriériste : les trois mamelles de la nullité du personnel politique français


Actuellement, les politiques ne tiennent pas un discours de vérité et la plupart des réformes sont ainsi poussées de législature en législature.
Le déficit budgétaire continue de se creuser. C’est ce qu’a annoncé Didier Migaud en rendant son rapport. La Cour des comptes continue ainsi d’enflammer le débat sur le déficit budgétaire. Désormais, tous les clignotants sont au rouge. La nécessité contraint de réduire la dépense publique et les projets de réforme qui viennent de l’extérieur du monde politique accentuent l’idée que nos responsables sont à côté de la plaque. Mais pourquoi sont-ils si nuls ? Le dictionnaire nous dit que nul "n’équivaut à rien, est sans valeur". C’est exactement le sentiment de l’opinion publique française à l’égard des hommes politiques qu’ils soient de droite ou de gauche. "Les politiques sont inefficaces, incapables de délivrer un résultat, démagos, prometteurs". On connait la musique dont le refrain en arrive à remettre en cause leur honnêteté et leur morale. L’air du "Tous pourris" tient la tête des hit-parades.
N’exagérons rien. Les hommes politiques sont nuls aujourd’hui parce qu’ils n’ont aucun résultat correspondant aux attentes des populations : pas d’emploi, pas de progrès, pas de richesses créées mais au contraire le sentiment d’un immense gâchis.

Le personnel politique est nul pour trois raisons majeures

La première raison c’est l’incompétence. Les responsables politiques aujourd’hui n’ont pas la compétence pour comprendre et gérer la complexité des dossiers qui s’imposent dans le monde moderne. La mondialisation, le progrès technologique, les questions de santé, de fiscalité, de commerce extérieur, d’éducation requièrent  des expertises que les élus n’ont pas pu acquérir. Alors ils n’ont, certes, pas nécessairement l’obligation de tout savoir. Ils sont entourés d’une administration, d’une batterie de conseillers. Mais encore faut-il qu’ils sachent de quoi il retourne. Sinon, c’est l’administration qui prend le pas alors qu’elle ne porte pas la responsabilité.
La plupart du temps, l’homme politique fait semblant de connaître les dossiers. Il se croit obligé de donner un avis sur tout et n’importe quoi. Très souvent, une promesse qu’il ne tiendra évidemment pas. Au mieux l’opinion ne le prend pas au sérieux, au pire elle se désespère ou se révolte devant tant de maladresse et d’incompétence. Parce que tout se sait. Un homme politique ne peut plus raconter d’histoires.
Aujourd’hui, les problèmes les plus importants sont d’ordre économique et social. Ils naissent et se résolvent dans l’entreprise et interfèrent avec le fonctionnement des marchés mondiaux. Combien de responsables politiques, députés, sénateurs ou ministres ont travaillé dans l’entreprise ? Combien ont voyagé à l’étranger et pratiqué le commerce extérieur qui est le théâtre de la guerre moderne ? Les hommes politiques qui ont cette expérience sont très peu nombreux à droite comme à gauche.
Résultat, les hommes politiques sont inadaptés aux problèmes. Si encore ils savaient comme autrefois gérer les opinions, leur expliquer, les emporter dans leur élan… Si d’ailleurs, ils avaient de l’élan ! Mais ce n’est plus le cas. Les moyens de la communication moderne nécessitent d’autres qualités charismatiques. L’importance des réseaux sociaux fait que l’information ne descend plus du haut vers le bas. Mais circule de façon transversale. Le chef doit donc travailler autrement s’il veut rester en lien.
La deuxième raison, c’est l’idéologie, une maladie bien française. Le responsable politique s’inscrit dans une idéologie. Cette idéologie commande toutes ses propositions et ses comportements. Les actions politiques ne correspondent pas à une réalité mais à un corps de principes. C’est stupide.
Cette maladie est un héritage de l’histoire politique française, de la culture et de l’éducation. La France est soit de gauche, soit de droite. Le problème c’est que depuis l’effondrement du bloc communiste, ce clivage n’a plus de sens. La planète toute entière fonctionne en économie de marché, sauf peut-être en Corée du Nord… et encore.
L’économie de marché a ses règles, ses contraintes et ses réalités auxquelles on peut difficilement déroger sauf à se retrouver hors-jeu. La France est en train de se mettre hors du jeu international. Le vrai clivage aujourd’hui existe entre ceux qui croient au progrès scientifique, à la confrontation, à la concurrence réglementée. Comme le code de la route permet de circuler dans des conditions de  sécurité acceptables. Le clivage ne passe pas entre la droite et la gauche. Il passe à l’intérieur des familles politiques traditionnelles. D’où la confusion, l’inadaptation, l’incapacité à sortir des choix et des stratégies cohérentes et légitimées par des majorités fortes.

Nous avons à gauche des conservateurs et des hommes de progrès. Nous avons à droite le même clivage. Du coup, c’est ingouvernable ou alors dans une direction floue et nulle.

L’emprise de l’idéologie écarte l’action politique de la réalité et de la responsabilité. Certains viendront combattre la mondialisation ou l’Europe parce qu’ils considèrent que l’ouverture des frontières représente un risque de perte de souveraineté. Ce faisant, ils créent les conditions de l’appauvrissement, ce qui est le meilleur moyen de perdre son indépendance. On s’attaquera aux riches jugés idéologiquement comme déplacés alors que le vrai scandale c’est le nombre grandissant des pauvres. Les riches partiront ailleurs.
Par idéologie, certains politiques iront jusqu’à plaider pour la décroissance alors que l’humanité n’a pas d’autre choix que la croissance si on veut sortir la planète des émergents de la misère. Par idéologie les écologistes s’opposeront à toute expérimentation dans les nouvelles énergies alors qu’ils seront les premiers à réclamer des initiatives économiques capables de créer de l’activité et des emplois.
La plupart des aprioris idéologiques ne tiennent pas devant le principe de réalité. Les hommes politiques ne veulent pas assumer les principes de réalité. Donc ils les nient ou alors ils maquillent les faits et les chiffres. C’est nul.
Troisième raison, l’obsession du marché politique. Le responsable politique en France (et d’ailleurs dans la plupart des démocraties) fait une carrière politique. La politique c’est son métier. Le problème est là. Pour l’exercer et garder son job, il doit être à l’écoute de ses clients, de ses électeurs.
Comme le marché politique peut zapper l’homme politique tous les cinq ans, celui-ci a peu de temps pour agir sauf s’il agit pour faire plaisir à ses clients. Ce qu’il fait. A droite comme à gauche, un président, un ministre, un député agira pour conforter la majorité, l’enseigne, à laquelle il appartient.
Il fera tout pour être élu et réélu. D’où le programme et les promesses généreuses. Puis il fera tout pour se maintenir au pouvoir. Faute de résultats, il fera des promesses encore et toujours et multipliera les boucs émissaires en cas de non-résultats. Ce qui fait qu’un homme politique au pouvoir passe plus de temps à trouver des excuses ou des raisons de ne pas avoir fait ce qu’il devait faire plutôt que de le faire vraiment.
En règle générale, l’homme politique se met publiquement en phase avec son électorat. D’où l’envahissement par la démagogie, le populisme, et finalement le blocage. D’où le double langage : public et privé. "Je ne peux pas dire la vérité, mes électeurs ne le comprendraient pas…". Les principaux dossiers servent par conséquent de livret à des championnats d’Europe d’hypocrisie. C’est vrai sur les impôts, les retraites, les dépenses de santé, les dépenses publiques. Toutes les grandes réformes échouent parce que les hommes politiques n’ont pas le courage d’affronter leur opinion publique. Le temps politique est trop court. Les responsables considèrent qu’une réforme qui ne peut produire d’effets qu’à long terme est politiquement suicidaire.
"A quoi bon sortir telle ou telle réforme si c’est pour se mettre à dos la moitié de la France et être battus aux prochaines élections. A quoi bon ?" La plupart des réformes de fond sont donc repoussées de législature en législature.

Keynes disait très cyniquement, "ne nous occupons que du court terme, à long terme on sera mort !"

Dans des contextes de croissance rapide générant des recettes abondantes, on pouvait raisonner à court terme, aujourd’hui ce n’est plus possible. Keynes est mort. Les hommes politiques ne veulent pas le reconnaître. Ils sont prêts à l’accommoder à toutes les sauces. A droite comme à gauche.
C’est inefficace et beaucoup d’indices montrent que les opinions publiques qui ont des poussées de  fièvre populiste ou d’extrémisme sont aussi prêtes à acheter un discours de vérité. Ce qu’elles ne faisaient pas avant, c’est vrai. En bref,  elles attendent des responsables politiques un peu moins de nullité à court terme pour plus de résultats à long terme. Ce ne serait quand même pas difficile que d’essayer.

Europe bashing : la facture pour le PS sera lourde


Depuis qu'Arnaud Montebourg a qualifié José Manuel Barroso de "carburant du Front national" les dirigeants socialistes se déchaînent contre le président de la Commission européenne. Ils l'accusent d'entretenir l'euroscepticisme en prônant des politiques d'austérité.

La stratégie d’"Europe Bashing" menée par certaines figures du PS, y compris au sein du gouvernement, est-elle authentique ou relève-t-elle plus d’une posture électorale éphémère pour résister à la vague eurosceptique de 2014 ? La montée du Front national motive-t-elle une position plus dure du PS sur la question de l’Europe ?

Alexandre Vatimbella : L’anti-européanisme d’une partie du PS est authentique. Certains socialistes voient depuis toujours cette Europe, selon eux "néolibérale, représentée par l’arrogante Commission de Bruxelles, bras armé d’un capitalisme mondialisé triomphant, comme une adversaire, voire un ennemi qu’il faut combattre et, surtout, abattre.
C’est le cas, notamment aujourd’hui, des deux ministres, Arnaud Montebourg et Benoit Hamon, mais pas seulement.
S’il est indépendant d’une posture électorale ou de la montée du Front national, ce positionnement essentiellement idéologique au départ – faire l’Europe "sociale" contre l’Europe libérale, selon ses défenseurs –, peut se transformer aisément en une stratégie électorale d’un «retour aux fondamentaux» de la lutte des classes d’un PS plus combattif idéologiquement parlant, retrouvant des accents ouvriéristes propres à séduire un électorat populaire de plus en plus anti-européen à qui on a désigné depuis toujours, avec le Parti communiste puis avec le Front national, l’Union européenne comme l’ennemi principal.
Yves-Marie Cann : Pendant longtemps, la construction européenne a bénéficié au sein de l'opinion publique d'un relatif consensus. Cette tendance s'est progressivement inversée, cette inversion se traduisant notamment par la courte victoire du "Oui" au référendum sur le Traité de Maastricht en 1992, puis la victoire du "Non" lors du référendum de mai 2005 sur le projet de traité constitutionnel européen. A l'occasion de ce dernier événement l'euroscepticisme de gauche s'est d'ailleurs pleinement exprimé, jusqu'au sein du Parti socialiste où la campagne du "Non" avait notamment été menée par Arnaud Montebourg et Vincent Peillon.

Aujourd'hui lorsque l'on interroge les Français, on s'aperçoit que le rapport à l'Europe n'est plus structuré par le clivage traditionnel gauche / droite mais plutôt par un clivage  opposant les partis de gouvernement, europhiles, aux partis contestataires, eurocritiques. Tout l'enjeu pour les premiers (PS, UMP notamment) est donc de parvenir à concilier les attentes parfois contradictoires de leurs électorats sur ce sujet. La récente déclaration d'Arnaud Montebourg pourrait ainsi être interprétée comme un signal donné à l'aile gauche du Parti socialiste, et à un électorat de plus en plus critique vis-à-vis de l'Europe.

Quels sont les dangers potentiels pour le Parti socialiste à adopter des postures eurosceptiques ?

 Alexandre Vatimbella : Le PS est un parti qui se définit comme pro-européen et pour une plus grande intégration européenne. Bien évidemment, il existe dans ses rangs des anti-européens et des eurosceptiques mais ils sont théoriquement minoritaires et ont été systématiquement marginalisés avec plus ou moins de réussite par la direction du parti à chaque fois que la question européenne a refait surface.
Pour autant, la crise économique avec ses difficultés et ses conséquences sur l’emploi a libéré cette parole anti-européenne présente, il faut le dire, dans tous les partis. Comme le dit le commissaire français, Michel Barnier, à chaque fois que quelque chose va mal, c’est la faute à l’Europe. Et, évidemment, chaque fois que cela va bien, c’est grâce au gouvernement français ! C’est un grand classique de la politique française.
Pour autant, cette façon de fonctionner n’est pas propre à la France. Elle est pratiquée de manière plus ou moins identique par tous les pays de l’Union européenne, dans cette posture schizophrénique où chacun d’entre eux en est membre par sa propre volonté mais en a fait la méchante aux yeux de sa population, projetant sur elle tout ce qui est mauvais pour lui…
Reste qu’une partie de l’électorat n’est pas dupe et il n’est pas mince pour le PS. Il s’agit, entre autres, mais pas seulement, de ces plus ou moins 10% de sociaux libéraux qui avaient apporté leurs voix à François Bayrou lors de l’élection présidentielle de 2007 et qui lui avait permis d’atteindre, contre toute attente, un score de 18,7%. On était alors deux ans après le référendum sur la Constitution européenne où le non l’avait emporté, notamment grâce aux vociférations des leaders «nonistes» du PS.
Si le PS devait s’aligner sur les critiques d’Arnaud Montebourg sur l’Europe et la Commission de Bruxelles comme a semblé le dire la porte-parole du gouvernement Ayrault, Najat Vallaud-Belkacem, cela aurait certainement un effet négatif sur cette partie de l’électorat dont je viens de parler et qui est plus proche de la position d’un Pascal Lamy, l’actuel directeur de l’OMS (Organisation mondiale du commerce) et qui a critiqué les propos du ministre du redressement productif.
Yves-Marie Cann : L'électorat du Parti socialiste est aujourd'hui majoritairement convaincu que l'appartenance de la France à l'Union européenne est une bonne chose pour notre pays. Il manifeste toutefois des critiques à l'encontre des orientations politiques et économiques actuelles de l'Europe. Dans ce contexte, les récentes prises de position du parti pourraient être une opportunité de répondre aux inquiétudes exprimées, notamment par les catégories populaires. De plus, l'expression d'un discours critique sans pour autant remettre en cause l'existence même du projet européen (auquel restent attachés les sympathisants de gauche), permet au Parti socialiste et à ses leaders de ne pas laisser le champ libre aux partis contestataires, de gauche comme de droite. Tout l'enjeu pour le PS est donc de trouver le bon équilibre en la matière.

Les électeurs eurosceptiques peuvent-ils être séduits par cette stratégie ou vont-ils porter leurs suffrages vers le Front de Gauche ou le FN, partis ouvertement eurosceptiques ?

Alexandre Vatimbella : La posture anti-européenne ou plutôt, en l’espèce, anti-Commission de Bruxelles, tout du moins anti-Barroso, le président de ladite commission étant un homme de centre-droit, ne rapportera que peu de voix au PS.
En politique, le plus souvent, on préfère l’original aux copies. D’autant, qu’ici, il n’y a même pas une différence de prix!
En revanche, elle lui permettra peut-être de ne pas perdre celles de ceux qui seraient tentés de voter pour le Front de gauche ou les partis d’extrême-gauche, voire pour le FN et de se prendre une nouvelle veste lors des européennes de 2014.
Yves-Marie Cann : Les enquêtes réalisées dans la perspective des élections européennes qui auront lieu en 2014 tendent à montrer qu’aujourd’hui c'est le Front national qui capterait en premier le vote eurosceptique. Nous voyons dans nos études que le FN domine très nettement les intentions de vote auprès des électeurs pour qui l'appartenance à l'Union européenne est une mauvaise chose pour notre pays. Le Front de gauche, pourtant très critique sur le sujet européen, peine à rassembler au sein de cette catégorie d'électeurs. Au vu de ces résultats, on peut penser que les prises de position du Parti socialiste ne suffiront pas à elles seules à convaincre un électorat eurosceptique de gauche, d'autant plus que le gouvernement pâtit aujourd'hui d'une défiance élevée.

samedi 29 juin 2013

FRANÇOIS HOLLANDE CHARGE NICOLAS SARKOZY SUR LES LIGNES À GRANDE VITESSE


C'EST PAS MOI C'EST L'AUTRE - En déplacement à Bruxelles, François Hollande avait manifestement très envie de parler des lignes à grande vitesse. Alors que le chef de l'Etat n'est pas interrogé sur le sujet lors d'une conférence de presse, il prend lui même les devants pour évoquer le rapport Duron"C'est toujours intéressant de répondre à des questions qui ne sont pas posées", justifie-t-il. 

Ce rapport sur les infrastructures de transport préconise de miser sur la desserte de proximité et non plus sur la grande vitesse. Résultat : une partie des 70 grands projets élaborés sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en particulier des lignes de TGV, sont menacés. 

Et ce vendredi 28 juin, c'est bien l'ancien président de la République que vise son successeur.


Pour lui, trop de lignes à grande vitesse ont été promise sous le précédent quinquennat : 
(Les lignes TGV) avaient  été promises dans des conditions invraisemblables.
Il y en avait pour 240 milliards, et à chaque fois qu'une autorité se déplaçait elle promettait une ligne TGV.
François Hollande reproche à l'opposition un double discours : d'un côté de demander des économies, de l'autre se plaindre de l'arrêt de ces projets. 
Au même moment où d'un côté de l'échiquier politique on dit : il faut faire des économies. (...) Et maintenant les gens disent  : "vous avez annoncez la ligne TGV" -pas nous, mais nos prédécesseurs- mais qui va la payer ? qui va la financer ?  
"C'est de l'argent public, on doit être responsable et cohérent", se défend le chef de l'Etat, attaquant les critiques : 
C'est tellement facile. On demande devant l'hémicycle plus de dépenses, et devant les contribuables moins d'impôts. A un moment ça ne marche plus. 
Problème, les critiques viennent aussi bien de la droite que de la gauche. Privé de ligne à grande vitesse, Jean-Paul Denanot, président socialiste du conseil régional du Limousin a exprimé "certaines inquiétudes", regrettant que "la LGV Poitiers-Limoges ne soit classée qu'en priorité 2".
La députée-maire de Pau Martine Lignières-Cassou, du Parti socialiste,  mise encore sur l'arbitrage de Jean-Marc Ayrault qui doit avoir à l'esprit un souci "d'aménagement du territoire et de solidarité nationale".
"Notre économie béarnaise est entièrement mondialisée. Nous relier au reste de l'Europe et du monde est une nécessité absolue", plaide la parlementaire. 
Le président socialiste de la communauté urbaine de Marseille, Eugène Caselli, a estimé quant à lui que différer la construction de plusieurs LGV, dont celle de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, serait "un mauvais coup porté à Marseille".
Dans l'Aude, les élus locaux ont même boycotté la venue de ministres. Le député-maire socialiste de Carcassonne, Jean-Claude Perez, a affiché sa solidarité avec les protestataires, "tant qu'une position claire ne sera pas prise concernant le dossier important de la LGV".