TOUT EST DIT

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mercredi 13 mars 2013

Impôts, retraites, politique familiale : comment les classes moyennes vont être contraintes de payer le prix fort

Un rapport qui sera examiné jeudi par le Haut Conseil de la famille estime que les économies à dégager de la branche famille de la Sécurité sociale s'élèvent à 2,2 milliards d'euros d'ici 2016.

D'après le rapport qui sera examiné jeudi par le Haut Conseil de la famille, il faudra réduire les dépenses de prestations familiales de 2,2 milliards d'euros en trois ans pour que la Caisse nationales d'allocations familiales puissent atteindre l'équilibre. Une redistribution des allocations familiales des plus aisés vers les plus précaires serait à l'étude, tout comme un plafonnement à partir d'un certain niveau de salaire. Concrètement, les classes moyennes vont-elle être les premières concernées par ce nouvel effort ?

Eric Verhaeghe : Avec l’annonce gouvernementale d’un effort sans précédent sur les allocations familiales, les classes moyennes s’entendent officiellement dire ce qu’elles supposaient déjà, mais qui était nié par le pouvoir : l’heure de payer vient. Chèrement.
En vérité, les classes moyennes savent depuis plusieurs années qu’elles sont les grandes perdantes de la crise de 2008.
Avec moi, vous aurez la totale.
Pour mémoire, l’Insee, depuis le rapport Stiglitz et Sen commandé par Nicolas Sarkozy, suit avec une attention particulière l’évolution des niveaux de vie selon les tranches de revenus en France. Et ce que montrent les statistiques, c'est que les classes moyennes françaises souffrent depuis 2009. En effet, alors que le niveau de vie moyen français est passé de 20 890 euros en 2004 à 22 470 euros en 2009, puis à 22 590 euros en 2010, soit une augmentation constante, avec un tassement à partir de 2008, la situation des classes moyennes a en revanche empiré à partir de 2009. Seules les personnes appartenant au dernier décile de revenus (c’est-à-dire les 10% les plus riches) ont connu une situation bien plus favorable en 2010 qu’en 2009, avec un passage d’un niveau de vie moyen de 54 020 euros à 56 190 euros. Toutes les autres catégories de population ont vu leur niveau de vie baisser en volume.
Ce phénomène est encore plus marquant, toujours selon l’Insee, quand on retient la catégorie socio-professionnelle des personnes. Dès 2008, les cadres et les indépendants ont connu des baisses de niveaux de vie, qui se sont répétées à partir de 2009. Les ouvriers et les professions intermédiaires étaient, pour leur part, épargné en 2009 par ce phénomène de baisse.
En d’autres termes, il existe un faisceau de statistiques qui convergent toutes dans le même sens : le sentiment de paupérisation qui frappe les classes moyennes françaises est corroboré par les chiffres officiels. Les cadres sont des perdants majeurs des difficultés qui touchent le pays, alors que le dernier décile préserve ses intérêts, et alors que les couches les moins favorisées bénéficient de transferts sociaux qui amortissent la saignée de la crise.
Véronique Langlois et Xavier Charpentier : Les classes moyennes risquent en tout cas de se sentir les premières concernées. Même si elles ne le sont pas au premier chef, financièrement - nous verrons concrètement comment les réformes impacteront chacun - il est probable au regard de ce qu'elles nous disent depuis 6 ans sur nos plateformes qu'elles auront tendance à être hypersensibles à tout changement sur ces questions.
Leur leitmotiv depuis des années - réaffirmé de façon constante dans toutes les études qualitatives comme les notres depuis 2007 - c'est qu'elles payent pour tout le monde. Qu'elles sont trop autonomes - c'est-à-dire responsables, désireuses de s'assumer par leur travail et leur mérite - pour être aidées, et pas assez bien rémunérées pour vivre correctement. C'est-à-dire avec le niveau de confort et de perspectives qui à leurs yeux correspond à l'effort qu'elles fournissent pour s'assurer un revenu décent sans avoir à emprunter comme elles le font par exemple aux Etats-Unis. Quand bien même elles seraient au final épargnées par la réforme qui sera finalement mise en œuvre, en un sens pour elles le problème restera entier. Au-delà de la redistribution des allocations familiales ou de tout autre réforme de la protection sociale, c'est une réforme complète de l'Etat-Providence dans un sens qu'elles jugeraient plus juste, faisant plus de place à ce qu'elles appellent le "mérite" , qu'elles attendent. Certains Français que nous interrogeons régulièrement formulent du reste de façon très claire cette attente de refondation. Une attente sans illusion, qui implique d'ailleurs les entreprises de façon beaucoup plus ouverte que ce que l'on pourrait croire : "puisque notre système est à la dérive et que les dépenses publiques ne cessent de croître, ce sont les entreprises qui doivent faire preuve d’initiative dans les domaines de la santé, de la famille et du pouvoir d’achat. Les entreprises n’ont pas vocation à jouer entièrement ce rôle là mais bon, force est de constater qu’il serait pourtant nécessaire qu’elles participent à l’effort commun." 

Au delà des allocations familiales, dans quels domaines les classes moyennes vont-elles également être mises à contribution ?

Eric Verhaeghe : Dans ce contexte morose, les annonces faites par le gouvernement sonnent le glas pour tous ceux qui espéraient échapper au pire. Voici une illustration de quelques-uns des malheurs qui attendent les bénéficiaires de revenus moyens en France.
Les malheurs immédiats d’abord. Ils sont de deux sortes.
L’augmentation des impôts directs est la couleuvre la plus évidente à avaler, et paradoxalement elle n’est pas forcément la pire. Dans un pays où seule la moitié des contribuables doit payer effectivement une somme annuelle au trésor public - concrètement la moitié la mieux rémunérée, l’assiette de contributions est évidemment très faible. Elle impose des taux de plus en plus exorbitants et de plus en plus douloureux pour les assujettis.
Comme nous savons tous que ce gouvernement est trop décrédibilisé pour imposer des mesures fortes de réduction des dépenses à ses fonctionnaires (les dépenses ont d’ailleurs augmenté depuis 2013...), les premiers à payer l’addition de cet Etat dépensier seront les malheureux assujettis à l’impôt sur le revenu, dont une forte augmentation est inévitable. C’est-à-dire les classes moyennes.
On rappellera ici avec malice les chiffres de l’Insee : seuls les 10% les plus riches de la population ont connu, en 10 ans, une augmentation de leur patrimoine supérieure à 1% (proche de 3% pour être exact). D’ici peu, la moitié du patrimoine des Français sera détenue par ces 10%, qui, par la nature de leurs revenus, sont moins soumis à l’impôt. En revanche, le patrimoine des classes moyennes stagne: le relèvement de l’imposition des revenus d’activité aura donc un effet massif sur eux.
L’autre malheur immédiat que les classes moyennes peuvent redouter, c’est la diminution des transferts sociaux en leur faveur. Le coup donné sur le bec des prestations familiales en est l’indice le plus probant. Selon toute vraisemblance, les prestations destinées à accompagner le mode de garde des enfants seront durement touchées. Pour les cadres parisiens qui n’ont pas de place en crèche parce que titulaires de revenus trop élevés, l’addition va être salée. Quand on connaît le prix au mètre carré à Paris pour loger ses enfants, et le prix des nounous, on mesure rapidement l’impact de cette mesure sur la natalité des classes moyennes.
Des malheurs à plus long terme sont également à craindre. Là encore, il en est de deux sortes.
Première sorte : les malheurs sociaux. Dans la ligne de mire, on trouve au premier chef la dégradation des taux de remplacement des retraites. Avec un déficit abyssal prévisible pour les années à venir, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les revenus dont l’écart-type est le plus large - concrètement tous ceux qui sont au-dessus du plafond du régime général, vont méchamment douiller et voir leur taux moyen de remplacement passer d’un petit 70% à un probable 50, voire 40%.
Autrement dit, là où la pension de retraite équivalait à trois petits quarts du dernier salaire, elle risque de ne même plus en représenter la moitié. Voilà une mauvaise nouvelle qui oblige à préparer ses arrières en dégageant une épargne retraite le plus tôt possible, et dans tous les cas à s’y mettre à 45 ans au plus tard. Le sujet n’est d’ailleurs pas facile, car les bons produits de retraite ne courent pas les rues. Pour les cadres en entreprise qui ne seraient pas déjà couverts, c’est le moment d’adhérer à un syndicat et de réclamer à l’employeur la mise en place d’un plan collectif adapté... Et de suivre ses performances, car les banques prennent plaisir à distribuer des produits sans intérêt pour les salariés, mais juteux pour leurs profits.
Deuxième sorte de malheur : la fiscalité du patrimoine. Car dans la grande folie binaire et idéologique qui conduit le gouvernement à méchamment taxer tous les patrimoines (mais à ne pas baisser le seuil de l’ISF... Peut-être faudrait-il prendre la déclaration de patrimoine de nos élus pour comprendre pour quoi...), ceux qui auront péniblement mis de l’argent de côté pour préparer leurs vieux jours seront soumis à la double peine: ils devront aussi payer sur les quelques fruits de leur patrimoine.
Je pense ici avec empathie aux cadres soumis au forfait dans les entreprises, qui abattent bon an mal an leurs soixante ou soixante-dix heures par semaine, dans des conditions de stress souvent épouvantables. Leurs revenus, puis leur épargne, vont y passer. Car ils forment le grenier naturel de l’austérité : les quelques couches de gras qu’ils peuvent fabriquer au cours de leur vie sont une proie tentante pour un gouvernement aux abois, coincé entre les exigences européennes et la quasi-récession du pays. A moins, évidemment, s’il n’est pas trop tard, de quitter la France.

Quelles vont être les conséquences économiques et sociales ? Une partie de la classe moyenne ne risque-t-elle pas d’être paupérisée ?

Serge Paugam : Les classes moyennes ne constituent pas un ensemble social parfaitement homogène. Quelle est la frange que l’on peut considérer comme favorisée et qui pourrait dès lors contribuer à ces efforts ? Et quelle est la frange qui risque au contraire de basculer si on continue les pressions financières ? Il est difficile de le mesurer sans risque d'erreur. On voit bien qu’il y a des ménages qui, tout en se distinguant des classes populaires, ont des enfants à charge, sont parfois endettés et n'ont pas forcément de garantie face à l'avenir, notamment dans un contexte de crise de l'emploi. Tout effort de solidarité supplémentaire risquerait de les déséquilibrer davantage.  Il est vrai que lorsque l’on parle du déclassement de la classe moyenne, cela ne concerne qu’une frange de la classe moyenne. Parmi les classes moyennes, certaines sont propriétaires et ont des revenus assurés alors que d’autres ménages sont plus fragiles. Je pense d’ailleurs que c’est pour cette raison qu’en 1998, après la commission Thélot, le gouvernement avait fini par estimer qu’il était préférable de revenir sur la réforme mise en oeuvre qui avait conduit de nombreux ménages, au delà d'un certain seuil de revenus, a être privés des allocations familiales, alors même que certains d'entre eux avaient plusieurs enfants et pouvaient compter sur ces allocations pour équilibrer leur budget. De fait, des familles qui avaient trois ou quatre enfants et qui ne disposaient pas pour autant de revenus très élevés ont pu faire l'expérience d'une réduction sensible de leur niveau de vie. L’effort de fiscalisation dont il est question aujourd’hui est de nature différente. La fiscalisation ne signifie pas suppression. Elle se revendique d'une perspective de justice sociale. Elle aurait des conséquences moindres pour les familles nombreuses ou très nombreuses de la classe moyenne. Il est clair néanmoins que dans un contexte de crise et d'instabilité de l'emploi, d'aucuns verront cette mesure comme une menace de plus de difficultés financières.
Véronique Langlois et Xavier CharpentierLa classe moyenne se sent déjà paupérisée- en tout cas celle que nous sondons régulièrement depuis 6 ans et qui exprime à longueur de posts sa peur du déclassement et son sentiment de vivre au jour le jour la baisse de leur niveau de vie, qui est aussi une forme quotidienne de déclassement. Il y a eu beaucoup de débats d'experts autour des chiffres de la croissance ou de la baisse du pouvoir d'achat. Notre point de vue sur cette question est qu'au-delà des chiffres, c'est une perception qui s'impose à elle de façon lancinante. Comme le disait déjà il y a trois ans un Français lors d'une de nos enquêtes, "la misère, ce n'est pas d'aller aux Restos du Coeur, c'est de ne pas arriver à boucler ses fins de mois sans avoir fait aucune sortie, aucun extra."
Nul doute que pour ces classes moyennes qui ont le sentiment de se priver de beaucoup de choses, dans leur consommation courante, depuis des années, le climat actuel est très anxiogène  Car pour elles, qui ont l'impression - c'est même un de leurs marqueurs identitaires - d'être toujours trop riches pour être aidées et trop justes pour vivre comme elles le mériteraient, tout changement peut très vite être perçu comme une menace. Sans préjuger des conséquences économiques et sociales de ce qui est aujourd'hui en discussion, une grande prudence s'impose donc sur ces questions. Entre 2000 et 2005, le niveau des dépenses contraintes dans le budget des ménages de classes moyennes inférieures mesuré par le Credoc a rattrapé celui des classes modestes... Ce phénomène de paupérisation de tous les jours est donc en fait tout sauf nouveau et crée une tension de plus en plus perceptible quand on se met à leur écoute.  Cette hypersensibilité cumulative ne peut bien sûr être ignorée. Surtout quand on parle à un domaine aussi symbolique que la politique familiale, qui est avec la santé au coeur de leurs valeurs et de leurs préoccupations. 

Comment l'Etat gaspille notre argent? 

 Tous les gouvernements se sont confrontés à cette question: comment réduire les dépenses? L'Express a décidé d'enquêter pour trouver les solutions envisageables. L'édito de Christophe Barbier.


Le PS au pied du mur

Le PS au pied du mur


Dans le vocabulaire de la gauche, « austérité » est plus qu’un gros mot. Une insanité. Une insulte à sa générosité revendiquée. L’été dernier encore, le gouvernement Ayrault parlait pompeusement de « redressement dans la justice ». Ces hypocrisies langagières sont détestables. Il est impensable de se réfugier derrière des trompe-l’œil maintenant que la Cour des comptes a rappelé leurs responsabilités aux ministres.
Les magistrats ont souligné que la baisse des dépenses est prioritaire ; pas de maîtrise du déficit sans réduction des dépenses publiques. La dette qui cavale impunément, voilà l’obstacle à attaquer de front.
Cela oblige à une révolution conceptuelle. La gauche a longtemps cru que taxer plus lui permettrait de redistribuer mieux, que secouer les riches serait suffisant pour donner aux pauvres. Or entre les riches et les pauvres, on trouve la vaste et fragile classe moyenne qui, après avoir hissé la gauche de succès en victoires, ne s’y retrouve plus. Elle dérape sur la pente de la précarité sans gagner en aides sociales, perdant au passage ses repères et ses espoirs.
Le drame de la majorité présidentielle est dans cet effet de ciseau venu d’une faiblesse économique doublée d’une menace politique. Les socialistes et les écologistes, qui seront confrontés en 2014 à des élections municipales décisives, en sont encore à danser d’un pied sur l’autre, ne sachant pas quand fixer le moment où le remède de cheval devra se substituer à l’addition insidieuse des purges.
Mais plus ils attendront et plus approchera une échéance encore plus redoutable, la fin d’un quinquennat dans lequel ils ont placé plus que leurs espoirs : leur croyance et leur raison d’être. 
A chacun son heure de vérité !

Le « Hollande tour »

Le « Hollande tour »


Où va Hollande ? Il va en province ! À la question inquiète posée tout uniment par la presse ces derniers jours, l'Élysée a choisi de répondre à sa façon. Le chef de l'État inaugure, aujourd'hui, à Dijon, une série de visites de 48 heures sur le terrain, au plus proche des Français. Ce « Hollande tour », au rythme envisagé d'un déplacement dans l'Hexagone toutes les six semaines, marque une nouvelle phase de la communication présidentielle. Une communication plus directe et plus incarnée. Autrement dit, une communication enjambant les relais intermédiaires, à commencer par le Premier ministre.
Pour celui qui, une fois élu, entendait refuser les excès de la présidentialisation en veillant à la répartition des rôles dans l'exécutif, ce revirement stratégique est l'aveu d'un échec. François Hollande ne voulait pas être le président « qui s'occupe de tout », mais les événements et les sondages lui intiment de devenir le président qui s'explique sur tout. Inutile de souligner l'échec de Jean-Marc Ayrault dans son rôle de « patron » des ministres.
Après une tentative de reprise en main, en début d'année, les « couacs » ont resurgi. François Hollande ne peut plus rester le spectateur muet de ces annonces malencontreuses, confuses et contradictoires sur le diesel, les impôts, les retraites et même sur le « bon dictateur Chavez ». Après la « présidence normale », la « présidence sereine » a vécu. À toujours temporiser, François Hollande pourrait devenir le président d'une force trop tranquille.
Voilà les raisons de ce « Hollande tour » à l'incertain résultat. Comment croire qu'il pourrait suffire de rencontrer et d'écouter les Français pour inverser les courbes ? D'autres s'y sont essayés sans succès. Giscard d'Estaing dînait chez l'habitant, Sarkozy passait en coup de vent dans des « villages Potemkine ». Certes, précise-t-on à l'Élysée pour se démarquer, le président dormira sur place en préfecture. La belle affaire. Cela reste de la com'. Ce qui ne remplacera jamais la politique.

Ayrault, le général Hiver

Ayrault, le général Hiver


Il paraît que gouverner, c'est prévoir. Y compris le temps qu'il va faire. Pas étonnant, dans ces conditions, que l'exceptionnel épisode neigeux intervenu dans la moitié nord de la France ait déclenché l'habituel concert de protestations indignées sur l'imprévoyance de nos dirigeants et des pouvoirs publics. Il s'inscrit dans notre propension à refuser les aléas, climatiques ou autres, qui perturbent le bon ordonnancement de nos habitudes de vie. Dire cela n'empêche pas de compatir à la galère endurée depuis l'autre nuit par les naufragés de la route et du rail, ainsi que celle des 68.000 foyers privés d'électricité. Simplement convient-il de s'interroger sur l'imprévisibilité de tels événements et les moyens d'y faire face.
On notera que ce n'est pas la première fois que les mêmes causes produisent les mêmes effets. À savoir un tollé généralisé. Ce qui pousse le pouvoir à surréagir, au risque de se voir reprocher, après, de ne pas en avoir fait assez, avant. Hier, François Hollande a promu Jean-Marc Ayrault au grade de général Hiver dans ces circonstances « exceptionnelles ».
Chargé d'activer la cellule interministérielle de crise, le Premier ministre a carrément décrété la mobilisation générale contre la « crise climatique ». Rien que ça. Évitons de nous gausser. D'autres, avant lui, n'ont pas fait autrement. Reconnaissons aussi que, face à des situations exceptionnelles, nous serons toujours sous-équipés. Demandons-nous, aussi, si nous sommes prêts à accepter les contraintes d'une politique de précaution.
Dans le cas présent, on peut déplorer que les multiples alertes orange lancées par Météo France n'aient entraîné aucune prise de disposition préventive. Mais il n'est pas sûr que nous en aurions accepté les excès. Même si notre bon général Hiver est arrivé un peu après la bataille, il faut admettre que les Français ne s'accommoderaient pas forcément d'un état d'alerte permanent.

Grand écart socialiste

Grand écart socialiste


François Hollande a donc décidé d'aller vers les Français. Hier à Dijon, bientôt à la télévision, il amorce le récit d'un quinquennat en deux temps : après l'effort, le réconfort.
Pour l'effort, on n'avait pas besoin de discours. Pour le réconfort, on ne demande qu'à croire qu'un peu de croissance, associée au traitement social, finira par contenir le chômage. D'ici là, cette scénarisation, qui sent trop la com', ne dit pas tout : les socialistes ont changé de logiciel.
Être socialiste, en 1936 ou en 1981, consistait à distribuer du pouvoir d'achat et des aides pour relancer l'économie par la consommation. Dans un monde ouvert, cette politique serait désastreuse : elle creuserait le commerce extérieur, en donnant du travail au Chinois, et nos déficits, en mettant la France au banc de l'Europe.
Être socialiste, aujourd'hui, c'est produire au moindre coût les meilleurs services et marchandises possibles. Créer de la richesse avant d'en distribuer les bénéfices. Excepté la justice dans l'effort, on ne sait plus très bien ce qui le distingue de la droite, même si elle ne propose pas grand-chose d'autre qu'une motion de censure.
Tout se passe comme si François Hollande n'osait pas assumer cette révolution, accélérée par la crise et l'Europe. Pour se l'entendre dire, il suffit d'écouter la gauche de la gauche. Dans son cynisme, Jean-Luc Mélenchon a raison.
Même si dix mois de gauche n'équivalent pas dix-sept ans de présidence de droite, il ne sert à rien d'invoquer l'héritage - les Français ont choisi en mai 2012 ! - ni de brandir la crise. Les faits sont les faits. Si la manière d'y répondre a changé, il faut dire, haut et fort, que la politique de l'offre compétitive a remplacé celle de la relance par la demande.
L'opinion déboussolée
En l'assumant mal, la majorité donne le tournis, que les sondages traduisent bien.
L'opinion est déboussolée par une gauche qui protestait, hier, contre la TVA sociale, et qui applique, après bien des contorsions, un crédit d'impôt qui vaut son pesant de libéralisme.
Elle est déconcertée par un PS qui appelait à manifester contre la réforme des retraites et qui admet, aujourd'hui, qu'il faudra cotiser plus longtemps.
Elle croyait avoir voté pour une majorité qui revaloriserait les allocations et les pensions, pas pour une gauche qui pense à les taxer ou laisse filer le prix de l'essence.
Elle se souvient même d'Édith Cresson ministre, qui bloquait les magnétoscopes japonais à Poitiers, et regrette que l'on ne protège pas les briquets Bic du dumping chinois.
Elle déplorait les misères faites, par la droite, aux collectivités locales, sans savoir que la gauche les soumettrait à une diète sévère.
Ces changements de cap, la cacophonie fiscale qui donne l'impression, chaque matin au réveil, que l'on va encore payer cinq milliards de plus, minent le moral et créent de l'attentisme. À défaut de relance par la consommation, la relance par la confiance, elle ne coûte rien, si ce n'est de la clarté et de la cohérence.
François Hollande fait ainsi le grand écart entre des alliés chauds bouillants, une gauche sagement gestionnaire et une base qui espérait mieux. Voilà pourquoi il est aussi risqué que nécessaire d'aller au contact des Français.

En tournée !

En tournée !


En visite à New Delhi, Moscou ou Alger, François Hollande incarne la France, sa culture et ses industries. A Tombouctou, il est le chef d’une armée dont on salue l’engagement. Mais à Dijon, chef-lieu de la Côte-d’Or, qui représente-t-il sinon une majorité amincie et une présidence chahutée ?
Le PS laisse entendre que le chef de l’Etat est sur le point de « parler aux Français ». Mais si une allocution télévisée permet de tracer des perspectives et de développer des projets, elle ne peut pas grand-chose contre une décote d’amour. Face à la débandade des cœurs, rien ne vaut le bain de foule et les rencontres avec « les vraies gens ».
Pas question toutefois de bomber le torse, on n’est pas au Mali. Il faut agir finement, garder ce qu’il faut d’humilité pour montrer qu’on perçoit les angoisses du peuple tout en affichant la détermination de celui qui a un cap et entend s’y tenir. L’habillage du calendrier est décisif. François Hollande passe une trentaine d’heures à 300 km de Paris et cela devient « un voyage de deux jours ». Découcher en province, la belle prouesse ! Mais dans notre monde de signes et de « communication », cette nuitée bourguignonne est là pour écarter l’idée que le président est coupé de ceux qui l’ont élu.
Le bain de foule est l’antidote des sondages acides, la potion de l’élu en déconfiture. Donner à voir les applaudissements des militants est une façon de réactiver le bon vieux principe politique : « si des gens vous applaudissent, c’est qu’au fond ils adhèrent ». C’est pourquoi, même à l’heure de Twitter et de Facebook, quand le chômage touche 3,7 millions de compatriotes, François Hollande doit mettre ses pas dans ceux de Mitterrand, Chirac et Sarkozy, serrer des mains, hocher la tête, souligner qu’il est « à l’écoute » et dire qu’envers et contre tout il faut « garder confiance ».
Métier de président, métier compatissant !

Les niches fiscales auxquelles pourrait s'attaquer le gouvernement

Les niches fiscales sont dans le viseur du gouvernement. Dans ses lettres de cadrage envoyées aux ministres, Jean-Marc Ayrault a demandé à ce que ces dépenses baissent de 5% en 2014 par rapport à leur évolution spontanée. Ce qui représente environ 3,5 milliards d'euros de nouvelles coupes à trouver, selon Les Echos.
Le choix est large : il existe quelques 433 niches, dont le coût est estimé à 70,77 milliards d'euros, selon un document publié en annexe du projet de budget 2013. Mais l'exécutif devrait probablement se focaliser sur 17 mesures, qui concentrent plus de la moitié de ces dépenses. Revue de détail des plus onéreuses d'entre elles, qui représente chacune une charge de plus de 2 milliards pour le contribuable.
 TVA allégée sur les travaux d'entretien et de rénovation des logements
Coût en 2013 : 5,33 milliards d'euros
Actuellement, les travaux de rénovation, d'aménagement ou d'entretien réalisés dans des logements achevés depuis plus de deux ans sont soumis à un taux de TVA de 7%. Cette niche, qui vise à soutenir le secteur du BTP, est la plus onéreuse de toutes : 5,33 milliards d'euros en 2013, après 5,23 milliards l'an dernier. L'avenir de cet avantage fiscal reste flou. En théorie, le taux de TVA doit passer à 10% en janvier 2014, afin de financer le crédit d'impôt compétitivité. Mais des députés socialistes militent pour le redescendre à 5%.
 Crédit d'impôt recherche 
Coût en 2013 : 3,35 milliards d'euros
Les entreprises engageant des dépenses en matière de recherche et développement peuvent récolter ce crédit d'impôt, égal à 30% des dépenses jusqu'à 100 millions d'euros et à 5% au-delà. Environ 14.300 sociétés en ont bénéficié en 2011.
Abattement de 10% sur le montant des pensions
Coût en 2013 : 3,28 milliards d'euros
Les retraités bénéficient d'un abattement de 10% pour le calcul de leur impôt sur le revenu. Compris entre un minimum de 374 euros par retraité et un maximum de 3.660 euros par foyer fiscal, ce dispositif profite à 7 millions de ménages. Il a été récemment contesté par la Cour des Comptes, pour qui les retraités n’ont plus à supporter de dépenses au titre de leurs frais professionnels.

La France malade de sa politique

La France malade de sa politique


Je suis de ceux qui pensent que la politique, le fonctionnement des institutions, conditionne tout le reste: l’économie, l’emploi, la sécurité, la place de la France dans le monde, l’immigration, l’intégration, l’unité nationale contre le communautarisme. En effet, l’impuissance publique, l’incapacité à à décider, à choisir, à gouverner ne saurait produire que le chaos, la décadence, le malheur. Un pays sans direction politique est comme un navire sans gouvernail. Il est voué au naufrage.  En feuilletant Le point de cette semaine, je tombe sur un « confidentiel » faisant état d’une réunion secrète entre les plus proches fidèles du président de la République, qui aurait débouché sur le mot d’ordre suivant: « l’objectif, c’est la réélection de François Hollande en 2017 (sic) »!  Le système politique serait-il devenu fou? Quatre ans à l’avance, la classe dirigeante aurait pour ambition suprême d’offrir à un homme son second mandat. Oh, ce n’est guère mieux du côté des oppositions, je le sais bien! La priorité, ne serait donc pas de sortir les Français de la crise, de la misère, du chomâge, du sentiment d’abandon qu’ils éprouvent, mais déja, de l’emporter au scrutin présidentiel de 2017! Au 19ème siècle, les républicains n’avaient de cesse de fustiger la personnalisation du pouvoir dont ils blâmaient la monarchie. Mais nous sommes aujourd’hui bien au-dela de la personnalisation du pouvoir ! Nous sommes entrés dans l’ère du nombril, l’idéologie du narcissisme forcené!  Comment peut on réformer un pays, prendre des mesures difficiles pour préparer son avenir, avec pour horizon principal le renouvellement d’un quinquennat? La politique Française est malade du mirage élyséen. L’institution présidentielle telle qu’elle existe aujourd’hui, véritable trahison de la conception gaullienne du chef de l’Etat – un arbitre au dessus des partis en charge de l’intérêt national à long terme -,  est devenue un boulet pour la France. Nous ne pourrons en sortir que dans le cadre d’un rééquilibrage du fonctionnement de la République, autour d’un président « de tous les Français », strictement détaché des considérations partisanes, autorité suprême, en charge de l’essentiel, de l’unité nationale, de l’avenir, et d’un Premier ministre qui gouverne auquotidien, applique un programme et assume ses responsabilités devant un Parlement réellement représentatif de la Nation et capable de le sanctionner en cas d’échec. Ce n’est que par une transformation radicale du modèle politique français, fondée sur un retour aux fondamentaux de la Vème République que nous pourrons sortir de l’impasse actuelle.
Nb: je me permets une fois de plus de remercier vivement et sincèrement les intervenants sur ce blog pour la modération habituelle de leur ton et la primauté donnée au débat d’idées sur l’invective et le défoulement verbal (aussi justifié soit-il…)
Maxime TANDONNET

Nicolas Sarkozy reçoit des "propositions" mais "n'est engagé dans aucune"

L'ancien président reçoit des "propositions" mais "n'est engagé dans aucune", a affirmé lundi son entourage à l'AFP, après que le Financial Times a affirmé qu'il était sollicité notamment par le Qatar pour prendre la direction d'un fonds d'investissement.

Quel avenir pour Nicolas Sarkozy? Alors que le Financial Times a affirmé ce lundi que l'ancien président était sollicité notamment par le Qatar pour prendre la direction d'un fonds d'investissement abondé à hauteur de 500 millions d'euros, son entourage dément.  
"Nicolas Sarkozy reçoit régulièrement des propositions, mais ne s'est engagé dans aucune", affirme ses proches à l'AFP, sans confirmer, ni démentir les informations publiées par le FT, le 9 mars. 
Selon le quotidien économique britannique, citant des sources "proches du dossier" non identifiées, le fonds souverain du Qatar associé à d'autres investisseurs débloquerait jusqu'à 500 millions d'euros. A charge ensuite pour Nicolas Sarkozy d'utiliser l'argent pour des investissements dans des pays émergents comme le Brésil, ou soutenir des entreprises espagnoles ou marocaines. 
Un responsable de l'UMP avait affirmé il y a quelques jours à l'AFP que l'ancien chef de l'Etat pourrait créer un fonds d'investissement, pour "investir dans les entreprises qui en ont besoin". Cela permettrait de "préserver de l'emploi", ce qui serait "un bon point pour M. Sarkozy", disait cette source. Sous entendu: s'il voulait revenir en politique. 
Dans des propos rapportés par l'hebdomadaire Valeurs actuellesjeudi dernier, Nicolas Sarkozy a affirmé que son retour éventuelpassait "aussi par une crédibilité économique car les Français ont soif de cela. Et il faut s'attendre à me voir prendre des initiatives économiques fortes", assurait-t-il, sans préciser lesquelles. 

Sarkozy souffle le chaud et le froid

Depuis sa défaite, l'ancien président reçoit énormément de monde dans ses bureaux parisiens de la rue de Miromesnil (VIIIe), dont des patrons du CAC 40, et tient de nombreuses conférences à l'étranger. Il s'est notamment rendu à plusieurs reprises à Abou Dhabi, le plus riche des Emirats arabes unis (EAU). 
Abou Dhabi possède, avec la Norvège, l'un des fonds souverains les plus importants au monde (l'Abu Dhabi Investment Authority - ADIA, plus de 600 milliards de dollars d'actifs gérés). 
Nicolas Sarkozy souffle le chaud et le froid sur son retour éventuel en politique, ce qui lui permet d'entretenir la flamme auprès des sympathisants de droite auprès desquels il reste très populaire. 
Claude Guéant, l'ancien ministre de l'Intérieur qui fut son bras droit à l'Elysée, a affirmé dimanche à l'émission "Tous Politiques" (France Inter/AFP/Le Monde) qu'"aujourd'hui, il n'est pas dans son état d'esprit de revenir à la vie politique". 
S'exprimant devant des journalistes lors d'un déplacement de campagne à Cayenne, le 21 janvier 2012, le candidat Sarkozy avait confié qu'en cas d'échec, il arrêterait la politique, -"vous n'entendrez plus parler de moi"-. Au soir de sa défaite, dans un discours à la Mutualité, il affirmait être redevenu "un Français parmi les Français". 

Vincent Peillon s’attaque à l’école

Vincent Peillon s’attaque à l’école


Ce sera la première grande loi du quinquennat, s’il faut en croire le ministre-idéologue principal du gouvernement de François Hollande ! Vincent Peillon a présenté lundi à l’Assemblée son « projet de refondation de l’école », un texte-fleuve de 51 pages dont Benoist Apparu, au nom de l’opposition, a critiqué la « grande pauvreté ». Erreur de perspective : à le lire dans les détails, on perçoit parfaitement son caractère révolutionnaire, étatiste et idéologique, dans ce que l’on pourrait appeler la continuité augmentée de ce qu’est l’école de la République.
République, c’est le grand mot. Pour mieux comprendre le projet il faut le lire en son premier article et dans la dernière considération de ses annexes : il s’agit d’ajouter aux « valeurs de la République » que la loi entend déjà transmettre par l’école, ces précisions : « parmi lesquelles l’égale dignité de tous les êtres humains, l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité et la laïcité qui repose sur le respect de valeurs communes et la liberté de conscience ».
Et la conclusion de l’annexe du rapport le dit encore plus clairement : « La refondation de l’école s’appuie sur une conception du citoyen et de la République. L’école de la République est une école de l’exigence et de l’ambition qui doit permettre à chaque élève de trouver et de prendre le chemin de sa réussite. C’est un lieu d’enseignement laïc, d’émancipation et d’intégration de tous les enfants. C’est notre maison commune, vecteur de promotion et de justice sociales, lieu de transmission des valeurs de la République, des valeurs fortes que l’on doit enseigner et pratiquer. »
Ce qu’il faut croire, ce qu’il faut espérer, ce qu’il faut faire : tout y est. Pour Vincent Peillon, grand spécialiste de Ferdinand Buisson et de Jean Jaurès et de leur « religion » socialiste ou républicaine, auteur d’un ouvrage intituléLa révolution française n’est pas terminée, c’est bien cet héritage de l’école laïque et obligatoire, au moment de sa plus grande hostilité à l’égard de l’enseignement catholique, qui est au cœur de son œuvre. (Lire à ce propos l’excellente plaquette de Vivien Hoch, Vincent Peillon, prophète d’une religion laïque, disponible sur www.ceru.fr).
Il faudrait un numéro tout entier de Présent pour analyser toutes les réformes et nouveautés que Vincent Peillon veut introduire dans le système éducatif dans son ensemble. Cela va de la scolarisation accélérée des enfants de moins de trois ans – surtout dans les zones d’éducation prioritaire, les zones rurales et d’Outre-mer – à la réorganisation des cycles, la formation des maîtres confiée à des IUFM nouvelle manière, les ESPE : écoles supérieures du professorat et de l’éducation. De la suppression de la liberté par rapport à la carte scolaire à celle de l’orientation précoce (loi Cherpion) qui avait introduit la découverte des métiers en alternance dès le collège.
De cette loi fourre-tout, les médias auront surtout retenu ce qui n’y figure pas : la refonte des rythmes scolaires, même si elle est longuement commentée en annexe. Et le recrutement de 60 000 nouveaux enseignants, sans compter le remplacement de 90 000 autres d’ici à la fin du quinquennat. Ou encore : la réduction des redoublements ou la mise en place d’activités périscolaires à la charge des communes.
Et les députés ne semblent pas y accorder une grande importance : l’hémicycle était plus que clairsemé, lundi.
Le temps et la place manquent ici pour analyser l’ensemble du projet, qui le mérite pourtant. Disons d’emblée qu’il y a plusieurs fils rouges : l’égalitarisme, la lutte contre les stéréotypes de genre, l’introduction massive du numérique à l’école (alors que pour apprendre à penser, il faut d’abord passer par le concret), la mainmise encore mieux verrouillée de l’Education nationale sur les programmes et le « socle commun de connaissances et de culture » imposé à tous, toutes écoles confondues. Si bien que le « conseil supérieur des programmes » chargé entre autres de définir le « contenu du socle commun de compétences et de culture et des programmes scolaires », composé de 16 membres, en comportera 10 directement nommés par le ministre de l’Education nationale.
Quelques lignes choisies du projet de loi :
« Ces inégalités mettent à mal la promesse républicaine, qui est de permettre la réussite de tous. La refondation doit conduire à une réduction de l’impact des déterminismes sociaux et de toutes les inégalités et les discriminations. » En finir – c’est un leitmotiv depuis longtemps mais il prend ici un nouvel élan – avec l’avantage que procure la naissance, l’environnement familial, la culture dont l’enfant est entouré. La culture de l’école visera expressément la « création contemporaine » – on sait ce que c’est.
C’est pourquoi les jeunes professeurs auront bénéficié d’une « formation aux thématiques sociétales (lutte contre tous les stéréotypes comme ceux liés au genre ; éducation à l’environnement et au développement durable ; économie solidaire…) ».
Les élèves en difficulté – davantage repérés par les médecins et infirmiers scolaires – bénéficieront d’aides. Mais là où elle est actuellement « proposée » aux parents elle sera, sous le régime Peillon, mise en place par les « équipes pédagogiques dans les conditions fixées par le ministre chargé de l’Education nationale ». L’étau se resserre ainsi sur les enfants, soumis et re-soumis aux méthodes pédagogiques décervelantes que le ministre n’est pas près de rejeter, sans quoi il l’aurait dit !
Les parents sont au demeurant les parents pauvres de la loi, cités parfois parmi d’autres éducateurs et même vaguement invités à participer à l’œuvre de l’école républicaine – « œuvre patriotique », dit Peillon – en ces termes étonnants : « La participation des parents à l’action éducative est un facteur favorable à la réussite de leurs enfants. Il convient de leur reconnaître une place légitime au sein de la communauté éducative. » C’est prendre la question à l’envers : ils sont les premiers éducateurs, et l’école les seconde !
Tout le monde attend Vincent Peillon au tournant en ce qui concerne « l’enseignement moral et civique », qu’il compte rendre obligatoire en 2015. En deux mots : « L’enseignement moral et civique vise notamment à faire acquérir et comprendre aux élèves le respect de la personne, de ses origines et de ses différences, l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que les valeurs de la laïcité, à former des esprits libres et responsables et à amener les élèves à se forger un sens critique et à adopter un comportement réfléchi. » Tout cela dans le respect des croyances des familles, si, si !
Nous ne disposons pas encore sur ce chapitre d’indications claires. Mais nous savons que dans l’école de Peillon,« Il convient notamment, dès le plus jeune âge, de sensibiliser les élèves à la responsabilité face aux risques sanitaires (notamment pour prévenir et réduire les conduites addictives et la souffrance psychique), à l’éducation nutritionnelle (notamment pour lutter contre l’obésité), à l’éducation à la sexualité, dans toutes ses dimensions. »
En fait, l’histoire du « mariage pour tous » n’est qu’un avant-goût de ce que François Hollande et les siens nous préparent.

Hollande : "Tous ceux qui veulent m'interpeller peuvent le faire"

En visite dans un quartier populaire de Dijon, le chef de l'État a été interpellé abruptement par trois personnes, qui ont été écartées sans ménagement par le service d'ordre.

François Hollande a estimé mardi que "tous ceux qui veulent (l')interpeller peuvent le faire", au lendemain d'une visite dans un quartier populaire de Dijon, où il a été pris à partie par des habitants.
Tête de cul en balade
"Tous ceux qui veulent m'interpeller peuvent le faire. (...) Je ne crains ni ne redoute rien", a déclaré le président de la République, interrogé par la presse en marge de la visite de l'entreprise Urgo, spécialisée dans la fabrication de pansements, dans l'agglomération dijonnaise au deuxième jour de son déplacement en Côte-d'Or. "Chaque fois qu'on peut avoir un dialogue respectueux, c'est bien. Ce que je veux, c'est une culture du compromis, une culture du dialogue, pas une culture du conflit", a-t-il ajouté.
Lundi, tandis qu'il déambulait dans le quartier des Grésilles, le chef de l'État a été interpellé abruptement par trois personnes, qui lui ont demandé où en étaient "ses promesses" avant d'être écartées sans ménagement par le service d'ordre.

"Il y a des moments de doutes, d'impopularité, et alors ? "

"La conception que j'ai de la présidence de la République, ce n'est pas une conception fermée, frileuse. Un certain nombre de réalités doivent être montrées, et quelquefois elles peuvent frapper. (...) C'est la vie, c'est la responsabilité de celui qui est à la tête de l'État", a aussi affirmé François Hollande.
"Passer deux jours, c'est justement aussi un signe de respect, pas simplement arriver, repartir, faire une annonce et être protégé. Moi, je ne demande aucune protection", a expliqué le président de la République, qui a inauguré à Dijon des déplacements de deux jours qu'il compte effectuer désormais dans les régions françaises toutes les six à huit semaines.
"Il y a des moments de doutes, d'impopularité, et alors ? Moi, je dois montrer où nous allons et ce que nous pouvons réussir, c'est le but de ce déplacement", a aussi déclaré François Hollande, en baisse constante dans les sondages.
"On aurait préféré que ce premier déplacement se passe plus calmement (...) les consignes seront plus explicites à l'avenir pour éviter ces excès de zèle", avait concédé lundi un membre de son entourage. En tout cas, avait ajouté un autre, "malgré ces désagréments, on ne change pas de communication".

De dire l'inverse du précédent pour apparaître comme le grand magnanime proche du peuple. Il n'est pas capable de se positionner de lui même, ce type sera-t-il dépendant de Sarkozy pendant tout son mandat ?! Tristesse... Être obligé de repartir en campagne après seulement 10mois, quel aveux d'échec !