L’enquête Solidaris/Le Soir/RTBF sur le moral des Belges nous
révèle que 10% des sondés souffrent d’angoisse et de dépression et que
57% estiment avoir besoin d’un accompagnement psychologique. Si tant de
Belges sont déprimés, ce n’est peut-être pas parce qu’ils sont
abandonnés au jeu des forces brutales du marché mais, tout au contraire,
parce qu’ils sont prisonniers d’un système social qui les dévitalise.
Nous sommes, affirmait Spinoza (1632-1677), constamment sujets à des
"ocursus", c’est-à-dire à des "rencontres" (de personnes, d’êtres,
d’objets, d’idées, de principes, de systèmes, etc.) dont certaines nous
affermissent et dont d’autres nous détruisent. Telle noble cause anime
nos passions, telle musique surélève l’âme, tel prédicateur empoisonne
le cœur du jeune islamiste, tel projet fait jaillir notre créativité,
tel entourage professionnel nous démotive, tel entraîneur fait exploser
nos limites, etc. De là, découle une éthique : est bon ce qui augmente
ma "puissance d’agir". Est mauvais ce qui la diminue. Chaque jour, notre
humeur est déterminée par de petites gratifications pour l’ego (un
sourire, des compliments, etc.) ou, au contraire, par de petites
vexations, déceptions et autres blessures (on essuie un refus, une
personne feint de nous ignorer, etc.). Les premières accroissent notre
puissance d’agir (la joie est un tremplin), les secondes nous rendent
fragiles et chagrins. Une conduite avisée consiste à sélectionner les
"ocursus", s’unir avec ce qui convient à sa nature, augmenter ainsi sa
puissance d’agir et éviter soigneusement de vivre au hasard des
rencontres. A contrario, la passivité consiste à suivre les contours
sinueux des variations de cette ligne mélodique, en subir les effets et à
gémir ou accuser lorsque ces derniers engendrent les innombrables
"passions tristes".
L’enquête Solidaris/Le Soir/RTBF sur le moral des Belges nous révèle
que 10% des sondés souffrent d’angoisse et de dépression, que 8% ont
déjà pensé au suicide (contre 3% il y a dix ans), que 57% estiment avoir
besoin d’un accompagnement psychologique, etc. On peut évidemment
soupçonner le principal commanditaire de l’étude, Solidaris (ex
Mutualités Socialistes) de vouloir noircir le tableau à dessein, surtout
lorsque son secrétaire général, Jean-Pascal Labille, estime que des
moyens doivent être débloqués pour améliorer la prévention et
l’accessibilité aux soins psychologiques. Mais, cette tentative à peine
masquée d’émousser les résolutions gouvernementales de restriction
budgétaire, ne doivent pas nous faire ignorer la réalité de ces chiffres
interpellants.
Pour donner du sens à ce phénomène, il existe évidemment une
explication clé sur porte. On peut même gagner du temps en se reportant
directement à l’une de ses matrices théoriques, à savoir "La Misère du
Monde" publié il y a vingt ans par le sociologue Pierre Bourdieu. Selon
cette grille d’analyse victimisatrice, c’est évidemment au marché et au
pouvoir dissolvant de l’ultralibéralisme qu’il faut imputer ce mal-être
généralisé qui s’accentue au fil des crises. Face à ce sempiternel
diagnostic (atomisation du corps social, désintégration, déclassement
social, exclusion, précarisation, perte d’identité, société de la peur,
etc.), on invoque les sempiternelles recettes socialistes ou
socio-démocrates visant à "retisser le lien social" grâce à des
politiques ambitieuses et à un accompagnement médical, psychologique,
psychiatrique, psychothérapeutique renforcé et à des coûts plus
accessibles.
Le seul problème avec ce discours, c’est que le mal empire alors que
ces même remèdes sont prescrits et administrés à forte dose depuis des
décennies. Il est, par ailleurs, pour le moins étonnant que notre
système de santé, considéré à juste titre comme l’un des plus généreux
et des plus performants au monde soit accusé de manquer de moyens.
Tentons d’y voir plus clair et croisons certains chiffres. Les Belges
sont, avec les Français, les premiers consommateurs mondiaux de
produits psychotropes (anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs,
analgésiques, etc.). Par ailleurs, la Belgique et la France figurent
toutes deux au top du palmarès mondial de pression fiscale et
parafiscale. La Belgique supplante de peu la France dans un autre
domaine : elle détient le taux le plus important de fonctionnaires de
tous les pays de l’OCDE. : 820.000 (le chiffre correspondant, pour la
Belgique, à la moyenne européenne serait de 600.000). Osons, dès lors,
une interprétation à 180° de celle du promoteur de l’enquête
susmentionnée : si tant de Belges sont déprimés, ce n’est peut-être pas
parce qu’ils sont abandonnés au jeu des forces brutales du marché mais,
tout au contraire, parce qu’ils sont prisonniers d’un système social qui
les dévitalise. S’ils se sentent démotivés, ce n’est peut-être pas par
la baisse de leur pouvoir d’achat consécutive aux crises mais en raison
d’un système qui stérilise leur "puissance d’agir".
Dans notre pays, les allocations chômage correspondent (tous
avantages inclus) à ce que la littérature économique appelle "salaire de
réservation", c’est-à-dire un montant qui n’incite pas ces acteurs
économiques rationnels que sont les demandeurs d’emploi à se mettre
activement à la recherche d’un emploi, à enrichir leur CV voire même à
accepter l’emploi proposé si les perspectives de gains présents ou
futurs attachés à cet emploi sont inférieurs aux perspectives de gains
présents ou futurs attachés au chômage. Faute de s’accomplir, ils
dépriment. Ils souffrent moins d’un sentiment d’inquiétude quant au
futur que d’un sentiment d’inutilité, de honte et d’impuissance.
Un jeune Bruxellois sur trois est sans emploi. Si, à 15 ans, vous
êtes assuré, quoique vous fassiez, de jouir d’une allocation jusqu’à la
fin de vos jours, allez-vous conserver la détermination de traverser les
épreuves et consentir aux sacrifices propres à l’acquisition d’une
formation ? Ce système distend dangereusement ce ressort qu’est la
puissance d’agir. C’est avec des représentants de cette jeunesse
démotivée, que Chirac s’entretenait il y a quelques années. "Votre peur,
je ne la comprends pas. À vrai dire, cela me fait de la peine." Dans la
litanie des contrevérités véhiculées à propos des jeunes, il y a
celle-ci : "on ne leur laisse aucune raison d’espérer". En réalité,
l’État-Providence a ôté, non pas tout espoir, mais, au contraire, tout
motif d’inquiétude quant au futur matériel de ces jeunes et tué ainsi
une puissante incitation à se dépasser.
L’État-Providence, magnifique conquête du siècle passé, a dégénéré en
une vaste machine hypertrophiée et anxiogène qui pressure la partie
productive de la société pour emprisonner l’autre partie dans une
logique d’assistanat.
On connaît la complainte : il n’y a pas assez de travail. Faux :
c’est le système nécrosé qui engloutit les moyens humains et matériels
nécessaires à la création de ce travail. Nous avons besoin non de
victimisation mais de responsabilisation. Plutôt que de pousser, "à
titre préventif" les adolescents dans la salle d’attente des
psychologues, il faut revitaliser leur puissance d’agir. Comment ? En
"relançant", non pas la consommation, mais la détermination à
travailler. En ouvrant le champ des possibles par une réduction des
charges patronales et des taux d’imposition du travail couplé avec une
baisse substantielle des dépenses ramenant l’État-Providence à sa juste
dimension. Seul un afflux d’oxygène peut relancer l’activité économique
et revitaliser la population. Restaurer la puissance d’agir, c’est aussi
restaurer l’estime de soi. Se respecter soi-même, c’est refuser de se
mentir à soi-même et se poser les questions suivantes : ai-je donné tout
ce que je pouvais donner ? Me suis-je appliqué dans mes études ? Ai-je
une formation qui me permette de rencontrer l’offre de travail ? Ai-je
toujours saisi les perches qu’on me tendait ? Ai-je pris le temps de me
recycler ? Ai-je accepté de prendre des risques ? Etc.
Loin de démontrer la nécessité de tempérer la (modeste) politique
d’austérité et de réduction fiscale menée par l’actuel gouvernement,
cette étude prouve tout au contraire qu’il faut amplifier cette
dernière.
samedi 23 juin 2012
Une population dévitalisée
Pourquoi la France sera la prochaine cible des marchés financiers
Les marchés financiers réagissent plus favorablement aux plans
d’austérité axés essentiellement sur la baisse des dépenses plutôt qu’à
ceux qui font la part belle aux augmentations d’impôts. Quand on
constate que le programme du président Hollande prévoit des
augmentations d’impôts considérables sans coupes budgétaires, on peut
penser que la France a toutes les chances de devenir la prochaine cible
des marchés financiers.
![]() |
| L'homo-crétinus en période de sommeil, à rapprocher de l'homo-Ça pionce. |
La faille, car faille il y a, il faudra la chercher dans l’assortiment de mesures utilisées.
Pour avoir la paix sociale, les gouvernements et parlements concernés ont tendance à couper le moins possible dans les dépenses publiques (fonctionnaires, allocations sociales, retraites) et préfèrent plutôt, autant que faire se peut, augmenter les impôts.
Or, l’expérience montre que les politiques ayant le mieux réussi, aussi bien dans le domaine de la relance économique que dans celui de la recherche de l’équilibre budgétaire, sont celles qui ont entraîné une diminution (et non pas une augmentation) des impôts.
Prenons d’abord le cas d’une crise économique qui, pour être peu connue du grand public, n’en fut pas moins dévastatrice : celle qui frappa l’économie américaine en 1920, avec une chute de 23% de la production industrielle et un chômage passant de 2% à 14% en quelques mois.
Le président américain de l’époque, Warren Harding, décide alors de réduire, et les dépenses publiques et les impôts, et parie sur les entreprises privées pour faire le reste. Résultat : en 1922 la production industrielle augmente de 27% et le chômage retombe à 3% en 1923 [1]
Une dizaine d’années plus tard entre en scène la Grande Dépression. Et avec elle deux présidents interventionnistes : Edgar Hoover d’abord, ensuite Franklin Roosevelt, père du New Deal.
Tous les deux ignorent le succès de la politique de Harding et recourent à un autre genre de mesures : augmentation massive des dépenses publiques, protectionnisme (loi Smoot-Hawley), entraves aux licenciements et aux diminutions de salaires, et augmentation des impôts, via, entre autres, un impôt sur les bénéfices non distribués.
Cette panoplie de mesures volontaristes n’empêche pas l’économie américaine de tomber en 1937 dans ce qu’on appelle une « dépression dans la dépression ». Le Dow Jones chute de 49% entre mars 1937 et mars 1938, la production industrielle se rétrécit de 40% entre août 1937 et janvier 1938, et le chômage grimpe de 14% à 19%.
Le président Roosevelt rectifie le tir et introduit un ensemble d’incitations aux investissements privés et à la création d’emplois par le secteur privé. Parmi ces mesures, mentionnons la libéralisation du marché du travail et la réduction, jusqu’à l’élimination, de la taxe sur les profits non répartis. La reprise économique durable commence à ce moment et non pas – comme on a l’habitude de marteler – lors du lancement en 1933 des grandes dépenses publiques associées au New Deal. [2]
Pour lutter contre la stagflation des années 70, Margaret Thatcher et Ronald Reagan se feront connaître par les réformes structurelles et les baisses d’impôts (encore elles), qui marquent le début d’une période de forte croissance économique.
Contrairement à la diminution des impôts, les dépenses publiques ne s’avèrent pas être un moyen efficace pour relancer une économie. Si c’était le cas, l’économie japonaise – qui a fait un usage démesuré de ce genre de dépenses [3] – ne se trouverait pas dans une léthargie qui dure depuis plus de vingt ans. Et ni la Grèce ni l’Italie, pays où l’État a toujours fait montre d’une grande prodigalité, ne seraient aujourd’hui aux prises avec la récession. Quant à la France, sa légendaire gourmandise en matière de dépenses publiques (56% du produit intérieur brut) ne l’a pas empêchée d’enregistrer ces dernières années une croissance économique poussive, inférieure à celle des pays de la zone euro ayant taillé sur les dépenses, telles que la Suède et l’Allemagne.
Rien d’étonnant qu’une étude menée par les économistes Alberto
Alesina et Silvia Ardagna, de l’université de Harvard, couvrant les 107
plans d’austérité des 30 dernières années, signale que les plans les
plus efficaces sont ceux qui ont comporté des coupes dans les dépenses
publiques sans augmentations d’impôts. L’étude va plus loin encore et
souligne que les plans comportant des hausses d’impôts ne parviennent
pas à réduire la dette publique et risquent de surcroît de provoquer une
contraction de l’économie [4].Une équipe du Fonds monétaire international arrive à une conclusion semblable : les coupes des dépenses publiques et les réformes structurelles sont les seuls moyens de réduire durablement la dette souveraine d’un pays [5].
C’est pourquoi les marchés financiers – qui ont pour principal souci de recouvrer leurs créances – réagissent plus favorablement aux plans d’austérité axés essentiellement sur la baisse des dépenses plutôt qu’à ceux qui font la part belle aux augmentations d’impôts.
Ainsi, quand on constate que le programme du président Hollande prévoit des augmentations d’impôts considérables (entre autres 28 milliards d’euros de charges supplémentaires sur les entreprises, ce qui fera plomber davantage encore leur compétitivité), et qu’on remarque une frilosité certaine à l’égard des coupes budgétaires, on est en droit de penser que la France a toutes les chances de devenir la prochaine cible des marchés financiers.
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Notes :
- Alhambra Investment Partners, “A Dearth of Austerity”, 20 mai 2012; et James Grant, “A Cure for What Ails Us”, Wall Street Journal, 8 juin 2012. ↩
- Voir Harold L. Cole et Lee E. Ohanian, “New Deal Policies and the Persistence of the Great Depression”, Journal of Political Economy, 2004. ↩
- A. Gary Shilling, “Japan’s Unsustainable Debt-Financing Model”, Bloomberg, 6 juin 2012. ↩
- Large Changes in Fiscal Policy: Taxes versus Spending. ↩
- Paulo Mauro (ed.) Chipping Away at Public Debt: Sources of Failure and Keys to Success in Fiscal Adjustment (John Wiley and Sons, 2011). ↩
Pourquoi l'économie allemande ralentit... (et si c'était aussi une bonne nouvelle pour l'Europe ?)
L'indice des directeurs d'achats PMI au plus bas depuis 3 ans, des chiffres du chômage en demi-teinte : l'Allemagne traverse actuellement une situation particulièrement difficile. L'occasion de réorganiser l'équilibre des forces économiques de la zone euro.
Batho, Taubira : guerre entre deux ministres irréprochables
Le nouveau gouvernement de Jean-Marc Ayrault est sensiblement
le même que le précédent. Il aura pourtant mis une chose en valeur : la
guéguerre de fillettes jalouses que se livrent Delphine Batho et
Christiane Taubira, deux ministres qui feraient mieux de se montrer
discrètes tant leurs profils ne sont pas compatibles avec la gouvernance
irréprochable prônée par le président.
On croirait Ségolène Royal et Valérie Trierweiler tant Delphine Batho
et Christiane Taubira ont fait preuve d’imaturité : en moins d’un mois
de ministère partagé, les deux femmes ont trouvé le moyen de se
déchirer.
« Je ne suis tenue au courant de rien. Même la nomination du nouveau porte-parole du ministère. Je n’ai pas d’attributions précises (…) je me demande pourquoi j’ai été nommée », a rapidement pesté Delphine Batho, dont le poste consistait finalement à être dans l’ombre de Christiane Taubira, ce qui ne plaisait guère à cette femme de la lumière. De son côté, Christiane ne voulait pas non plus d’une minette dans les pattes pour lui faire de l’ombre.
La tension est vite montée entre les deux femmes avides de gloriole, si bien que « la situation devenait invivable », comme l’explique Europe 1. Le nouveau gouvernement Ayrault a donc permis la séparation des deux femmes avant que leur haine n’éclate au nez du président, comme ce fut le cas avec celle de Trierweiler envers Royal.
L’amusant, dans cette histoire, c’est que ces deux femmes qui se livrent une guerre publique partagent un passé peu glorieux et devraient rester discrètes, tant elles illustrent les renoncements et le reniement du président.
Scandale Batho : elle vivait dans un logement social
En effet, Delphine Batho a vécu pendant plusieurs années dans un logement social qu’elle payait environ 37% de moins que le prix du marché, alors qu’elle gagnait plus de 7 000 euros mensuels. Un logement social qu’elle a longtemps refusé de déserter, malgré les attaques violentes des Verts et des associations pour le logement comme Jeudi noir qui avaient déclaré « que quand elle s’en va (si jamais elle s’en va) ce seront des familles en difficulté, en galère, donc les plus prioritaires qui seront hébergées. Moralement c’est indéfendable ! »Même certains élus socialistes, ulcérés par ce comportement abusif d’enfant gâté, comme Bertrand Delanoë, avaient dénoncé cette situation honteuse. La Régie immobilière de la ville de Paris lui avait vivement demandé, ainsi qu’à Chevènement qui était dans la même situation, de « résilier leur bail pour des motifs déontologiques. » Morale, déontologie, le changement c’est maintenant !
Taubira condamnée : « licenciement injustifié » et « rupture de CDD abusive »
De son côté, Christiane Taubira n’est pas en reste. Sa simple nomination comme ministre était un désaveux de François Hollande de ses promesses de campagne. Il avait juré qu’il ne nommerait jamais de ministre condamné et avait fait la leçon à la droite sur sa présidence irréprochable (Moi Président…blablabla…) alors que la ministre de la Justice (un comble) a bien été condamnée. Une condamnation qui sonne comme une double hypocrisie et un double mensonge de la gauche puisqu’il s’agit d’une affaire de « licenciement injustifié » et de « rupture de CDD abusive ». La gauche n’est elle pas censée défendre la justice sociale et les travailleurs ? On voit ici son vrai visage…Comme Hollande avec sa présidence normale et ses aventures conjugales politico-médiatiques, comme Montebourg dont la femme voudrait rester journaliste partout alors qu’il dénonçait violemment Béatrice Schönberg qui était dans la même position en 2006, les deux femmes symbolisent à merveille l’âme du le Parti socialiste : on donne de belles leçons de morale et on fait exactement l’inverse de ce qu’on exige de nos adversaires.
Pour revenir sur la guéguerre entre les deux ministres, en nommant Delphine Batho Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, l’arbitre Jean-Marc Ayrault a donné son verdict : victoire du logement social sur le licenciement abusif !
Hollande cède à l'inflation ministérielle
L’armée mexicaine est de retour. Avec le dernier remaniement
ministériel post- législatives et l’ajout de quatre portefeuilles, le
gouvernement de Jean-Marc Ayrault compte désormais 39 membres, premier ministre compris. Même si François Hollande
n’avait fait aucune promesse en la matière durant la campagne, voilà
qui ne relève guère de l’Etat modeste. L’équipe Ayrault dépasse
désormais la moyenne des effectifs de la Vème République, qui est de
35,6 membres, selon une étude réalisée en 2011 par Raymond Ferretti,
maître de conférences en droit public à l’Université de Lorraine.
Mais François Hollande n’a voulu laisser personne de coté. Ainsi, le bon vieux ministère des Anciens combattants, occupé par Kader Arif, est toujours là, après avoir disparu pendant une brève période sous Nicolas Sarkozy. De même, le ministère des Français de l’étranger a été maintenu histoire de s’assurer les votes des expatriés aux législatives. De quoi rendre fou de rage la CFDT du Quai d’Orsay, mis au régime sec depuis plusieurs années. Selon elle, ce ministère est une "structure redondante, coûteuse, et guère opérationnelle", le syndicat listant trois solides arguments. D’abord, l’Etat dispose déjà de la Direction des Français à l'étranger (DFAE) et du centre de crise, créé par Bernard Kouchner. Ensuite, "la ministre déléguée n'a pas autorité sur cette même DFAE, ce qui en dit long sur la réalité de ses capacités d'action". Enfin, la représentation des Français de l'étranger est déjà assurée par onze députés, depuis 2012, qui s'ajoutent à douze sénateurs et 155 conseillers des Français de l'étranger.
Pas sans conséquences sur les effectifs des cabinets
La réalisatrice Yamina Benguigui, qui détenait ce portefeuille ainsi que celui de la francophonie, était-elle surchargée de travail ? En tout cas, le remaniement a été l’occasion de séparer son ministère en deux, Benguigui conservant la francophonie et les Français de l’étranger revenant finalement à la sénatrice Hélène Conway. Parmi les innovations hollandaises, on trouve aussi un ministre délégué uniquement chargé de l’agroalimentaire, Guillaume Garot, nommé ce 21 juin, ce qui ne manquera pas de faire plaisir au lobby concerné. L’intitulé du poste de George-Pau Langevin, chargée de la réussite éducative, semble aussi légèrement abscons.
Quelles conséquences ce mini-remaniement aura-t-il sur les effectifs des cabinets ministériels ? Dans un souci louable d’économies, Matignon a limité le nombre de conseillers à quinze par ministres et dix par ministres délégués, ce qui permettait de ramener le nombre de collaborateurs à 430, contre 511 dans le dernier gouvernement Fillon et 668 sous Jean-Pierre Raffarin. Désormais, ce total va remonter à 480. Et encore, il ne s’agit que des conseillers officiels. "Certains ministères régaliens ont tendance à contourner les directives en recrutant des chargés de mission", confie un membre de cabinet.
ÇA NOUS FAIT UN GOUVERNEMENT
"AYRAULT-HIC"
Evasion fiscale : Noah se fâche devant la commission du Sénat
L'ancienne
gloire (relative) du tennis français était auditionnée ce mardi par les sénateurs.
Yannick Noah n'a pas apprécié qu'on évoque son contentieux personnel
avec le fisc. Guy Forget a de son côté défendu les joueurs expatriés.
Yannick Noah
est sorti visiblement agacé mardi 19 juin de son audition devant la
commission d'enquête du Sénat sur l'évasion fiscale. Alors que
l'ex-tennisman était entendu par les parlementaires pour mieux
comprendre les raisons qui poussent les sportifs français à s'expatrier,
la discussion a tourné pendant quelques minutes autour du cas
particulier du chanteur. Ce qu'a peu goûté le principal intéressé.
En effet, comme l'a révélé Le Canard enchaîné le 31 août 2011,
Yannick Noah est en contentieux avec le fisc depuis 1996, soit depuis
plus de 15 ans. En 1993 et 1994, le tennisman avait déménagé en Suisse
pour alléger sa feuille d'impôt. Mais après une minutieuse enquête,
effectuée notamment au moyen de relevés téléphoniques, le fisc français
estime que le sportif a passé plus de temps en France que de l'autre
côté des Alpes pendant ces deux années.
Du coup, le Trésor public lui réclame près d'un million d'euros. Un
montant qui a été réévalué depuis à environ 500.000 euros, avec la prise
en compte de certaines déductions fiscales et l'annulation d'une amende
pour mauvaise foi.
Reste que le bras de fer entre l'une des personnalités préférées des
Français et le ministère du Budget se poursuit en justice. Dernier
épisode en date : le Conseil constitutionnel a débouté le chanteur en septembre.
Interrogé par le sénateur UMP Louis Duvernois pour savoir s'il n'y
avait pas une ambigüité entre sa situation fiscale personnelle et ses
commentaires favorables à une tranche d'imposition à 75%, le chanteur
s'est d'abord agacé, indiquant qu'on lui avait assuré que ce sujet ne
serait pas abordé lors de son audition.
En tout cas, l'ancien champion n'en démord pas. Tant qu'il n'aura pas
été condamné définitivement en justice, l'ex-tennisman considère qu'il
"ne doit rien" à l'Etat. Dans sa démarche, il assure simplement se
défendre "comme tout citoyen" et estime qu'il n'est pas là pour évoquer
"quand et combien (il) reverse à la société".
Soutiens inattendus
Ce "traitement de faveur" accordé au cas personnel du chanteur a
d'ailleurs provoqué un vif débat entre le président de la commission
d'enquête, le sénateur UMP Philippe Dominati, et le sénateur PS Yannick
Vaugrenard. Ce dernier s'interroge : ces questions sont-elles liées à
l'engagement politique de l'ancien champion, alors qu'il est rare de
mettre en cause directement une personne auditionnée au Sénat ?
Un peu plus tôt, la sénatrice centriste Nathalie Goulet avait assuré
qu'elle n'était "pas contre les riches" et qu'en tant que parlementaire,
"on avait parfois un certain nombre de difficultés à faire comprendre
nos rémunérations, nos modes de retraite, etc. et qu'il y a un gros
problème en France avec les gens qui gagnent de l'argent".
Fisc : Noah s'agace devant le Sénat quand on... par Challenges
Je ne peux m’empêcher d’être en colère et d’avoir le goût du sang dans la bouche. Il n’y a plus aucune limite chez cette partie de la population qui semble avoir acquis ses valeurs dans un univers virtuel ; mais tellement réel pour les familles de leurs victimes !
J’apprends que Abdallah Boumezaar pourrait être mis en examen avec sa compagne. Il était incarcéré jusqu’au mois de septembre dernier ! Il s’agit d’un multirécidiviste incontrôlable qui bénéficie de l’abandon d’une justice étouffée par un pouvoir politique bien-pensant ! Quel est l’intérêt d’une information judiciaire face à de tels actes ? Demander à des gendarmes d’auditionner des membres de sa famille afin de pouvoir dire que c’est un adulte qui a connu une enfance difficile ? Lui trouver des circonstances atténuantes ou un début d’explication à son acte barbare ? Dépenser une fois de plus l’argent du contribuable pour influer sur la décision de la cour d’assises ? Connaître, à travers des expertises et contre-expertises, les angles de pénétration des balles avec lesquelles il a tué les gendarmes ? Avec un peu de chance les délais des expertises lui permettront de ressortir avant son jugement et de pouvoir fuir ; voire faire de nouvelles victimes pour devenir une star du petit écran !
Le ministre de l’intérieur nous explique que la nation va rendre hommage à nos deux collègues décédées alors que dans le même temps M. HOLLANDE souhaite abolir les peines plancher qui « sont contraires au principe de l'individualisation des peines». La justice publique est venue brider la justice privée en lui promettant d’être dissuasive et de protéger l’individu. Où en sommes-nous aujourd’hui ? 90€ pour un dépassement de 6 km/H en agglomération avec un système de recouvrement plus onéreux que la créance et une violence galopante épargnée par un pouvoir condescendant...
Je suis chef de groupe enquêteur en unité de recherches au sein de la gendarmerie nationale (l’Institut pourra relayer vos messages car je me suis clairement identifié auprès de lui et il a pu vérifier mon appartenance à l’institution). Je sors de mon devoir de réserve et de mon anonymat pour crier ma colère. Je suis âgé de 40 ans et cela fait maintenant 18 ans que j’accompagne les victimes. Je me suis investi corps et âme durant plusieurs années de mon existence pour mon métier et au détriment de ma famille. Je ne regrette aucun de ces moments offerts aux victimes et à leur famille. Aujourd’hui je ne me reconnais plus dans ce système régenté par les statistiques et qui permet aux délinquants de faire partie du paysage audiovisuel entre deux sujets d’information au journal télévisé ; quand ce n’est pas entre deux publicités !
Nos représentants ont le devoir de nous protéger des prédateurs qui menacent la cité. Je me tourne vers chacun d’entre vous messieurs et mesdames nouvellement élus. Rappelez-vous que vous avez promis de défendre les intérêts et de garantir les droits de chacun de vos concitoyens. Comment pouvez-vous tolérer et permettre de telles choses qui durent maintenant depuis de si nombreuses années ! Les policiers et les gendarmes sont-ils en guerre ? Doivent-ils mener le combat de la paix publique seuls ? Ne serions-nous pas en droit de brûler des voitures ou des containers à poubelles pour être entendus à notre tour ? Est-ce ainsi que vous apportez votre soutien aux garants des libertés individuelles ?
Je croise les doigts régulièrement pour que l’un de mes proches ne soit pas victime d’un tel individu car je sais que cela aura pour conséquence de m’anéantir. Dois-je prendre les armes pour protéger ceux qui me sont chers ?
Je crains malheureusement que notre justice ne soit de plus en plus défaillante dans les années à venir. J’invite donc toute personne, qui aura pris connaissance de ce mail, à rejoindre l’Institut pour la justice et à inviter les membres de son entourage à faire de même.
Ma colère et mon inquiétude ne sont malheureusement pas apaisées à l’issue de ce message mais mes pensées vont aux proches de mes deux collègues décédées.
Je laisse ce texte à la pertinence de l’Institut qui pourra en faire l’usage le plus opportun à ses yeux.
Un citoyen qui veut croire
Vous aussi, vous pouvez agir en transmettant ce message à tous vos contacts et en signant nos pétitions adressées aux pouvoirs publics.
Si vous n'avez pas encore participé à notre grand référendum sur la Justice, faites-le dès maintenant en cliquant ici. Nous avons créé une vidéo spéciale sur les dysfonctionnements les plus révoltants de la Justice (ici).
Il y a quelques jours, nous avons rassemblé plus de 260 000 signatures contre le laxisme de la justice des mineurs. Si vous n’avez pas encore signé la pétition, vous pouvez le faire en cliquant ici.
Et pour ceux qui souhaiteraient adhérer ou faire un don à l’association, merci de cliquer ici.
Avec tous mes remerciements pour votre action. Ensemble, nous pouvons faire la différence.
Pour les victimes. Pour nos enfants et nos petits-enfants.
vendredi 22 juin 2012
Il est peut-être temps de dire "Auf Wiedersehen"
Chaque jour qui passe en est la preuve criante : il apparaît de
plus en plus clairement, et surtout depuis l’élection française, que le
problème pour l’euro, n’est pas la Grèce, l’Espagne ou l’Italie mais
bien l’Allemagne.
Maintenant que les élections législatives grecque sont passées, les
partis pro-renflouement ont semble- t-il acquis assez de sièges,
l’Europe peut ainsi revenir à son cycle régulier de « panique,
soulagement, déception et panique renouvelée », que nous avons observés
pour les deux dernières années. Cette fois, cependant, le point de
relais devrait être encore plus court que d’habitude, puisque
l’attention du marché va bientôt passer d’Athènes à Madrid, Paris et,
surtout, à Berlin.
Si cette situation persiste, alors deux choses peuvent se produire. Les pays débiteurs pourraient se résigner à la dépression permanente et la faillite car ils sombreront alors davantage dans les trappes à dette et les crises de style grec, qui finiront par les pousser hors du système euro un par un. Ou bien les opprimés pourraient choisir de se retourner contre l’oppresseur allemand.
Au lieu de laisser l’Allemagne imposer sa philosophie économique et politique sur la Grèce, l’Irlande et le Portugal et dans un avenir proche sur l’Espagne, l’Italie et probablement la France, les pays du Club Med pourraient s’unir et imposer leur philosophie économique à l’Allemagne. Car, après tout, chaque jour qui passe en est la preuve criante car il apparaît de plus en plus clairement, et surtout depuis l’élection française, que le problème pour l’euro, n’est pas la Grèce, l’Espagne ou l’Italie mais bien l’Allemagne. Cette même Allemagne qui insiste pour convaincre les pays de la nécessité de l’austérité budgétaire, rendant ainsi intolérables les conditions politiques pour les pays débiteurs. C’est bien l’Allemagne qui bloque de son veto l’assouplissement quantitatif de la BCE qui pourtant pourrait plafonner les rendements obligataires et ainsi soulager les pièges de la dette déflationniste. Et c’est l’Allemagne à nouveau qui décourage la dévaluation de l’euro face au dollar (ce qui pourtant relancerait les exportations) et refuse même de défendre ses propres politiques nationales en matière budgétaire.
Supposons en cas d’école,qu’Angela Merkel refuse toujours de faire des compromis sur la mutualisation de la dette ou sa monétisation par la BCE lors d’une crise politique. La réponse évidente des autres pays de la zone Euro devrait alors être de souligner que l’Allemagne est devenue l’obstacle à une résolution de la crise euro. On pourrait alors être en droit de demander à Mme Merkel, une dernière fois, de respecter les décisions majoritaires nécessaires à la survie de l’euro et conformes à l’intérêt du plus grand nombre de ses membres. Si elle refuse de le faire, l’Allemagne pourrait alors être remerciée. Si Mme Merkel refuse alors de rentrer dans le rang ou de quitter volontairement l’euro, les autres pays pourraient alors facilement la désavouer en créant des conditions qui seraient inacceptables pour le public allemand. Le moyen le plus évident de le faire serait de voter au sein de la BCE un assouplissement quantitatif illimité pour la monétisation de la dette. L’opinion publique allemande devrait certainement s’opposer à cela, mais ils ne pourraient l’empêcher parce que l’Allemagne ne dispose que de deux voix au Conseil de la BCE - et même en supposant le soutien de l’Autriche, la Finlande, les Pays-Bas et la Slovaquie, la faction allemande ne détient que 6 voix sur 23. Si les deux représentants allemands de la BCE ont été contraints de démissionner en signe de protestation (encore !), il est facile d’imaginer l’opinion publique allemande devant ce scénario envisagé plus haut. Un DM nouveau pourrait être rapidement émis par la Bundesbank et, tandis que les banques et compagnies d’assurance allemandes devraient subir des pertes importantes en raison d’une inadéquation entre leurs actifs en euros et leurs nouveaux D-Mark passifs, elles pourraient facilement être recapitalisées par un gouvernement soudainement libéré des passifs éventuels imposés précédemment par le reste de la zone euro.
Ce scénario de rupture de la zone euro aurait au moins le mérite d’être le moins perturbateur pour l’ensemble comparé à un scénario de "panne" causée par la dévaluation de la Grèce ou l’Espagne. Dans le cas d’une réévaluation allemande, il n’y aurait pas de contagion ou la fuite des capitaux, comme cela serait le cas si la Grèce, puis l’Espagne, puis l’Italie et la France étaient éliminées de la zone euro un par un. Il n’y aurait pas des poursuites par les créanciers mécontents.
Le scénario le plus protecteur, à la fois du point de vue juridique et du point de vue économique, serait donc de conserver l’euro existant et, grâce à un retrait allemand, de survivre en tant que monnaie pour les autres pays de la zone euro. Avec l’Allemagne en dehors de l’Euro, la France, l’Italie et l’Espagne pourrait rapidement se dévaluer un chemin vers un retour à la compétitivité au sein de l’Europe et aussi au niveau international, en encourageant les nouveaux euros à dévaluer aussi rapidement face au dollar, au yen ou au yuan. Sans opposition allemande, la BCE pourrait imiter la Fed et la Banque d’Angleterre, et acheter des obligations sans limite de manière à réduire les taux d’intérêt à long terme. Et si l’assouplissement quantitatif produit un euro encore plus faible ou même crée de l’inflation, tant mieux, car les pays de la Zone Euro méditerranéens ont toujours compté sur la dévaluation afin de promouvoir la croissance des exportations et sur l’inflation pour éliminer les dettes. On ne change pas des équipes qui gagnent.
D’autre part, à l’international, un éclatement de l’euro causé par le départ de l’Allemagne serait très favorable pour tous les actifs à risque mondiaux, à l’exception évidente de l’exportation allemande et des valeurs bancaires. Les obligations allemandes devraient également subir des pertes énormes, puisque le gouvernement allemand pourrait décider de rembourser ses obligations en euros hérités du passé, plutôt que de re-libeller toutes ses obligations en nouveau DM. Pour un gouvernement qui a choisi de financer des centaines de milliards sur la recapitalisation de ses banques pour les pertes qu’elles ont subies en France, en Espagne et en Italie, il serait tentant de pendre haut et court les détenteurs d’obligations étrangères, plutôt que de leur offrir une manne de devises supplémentaires.
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Traduit de l’anglais par l'Institut des libertés.
Source Gavekal “It might be time to say “Auf Wiedersehen”?
L’Europe allemande n’aura pas lieu
La cause paraît entendue : l’Allemagne va imposer sa vision
politique et son ordre économique à l’UE. Pas si simple, estime Gazeta
Wyborcza, car son modèle social décline déjà et qu'elle n’est pas mieux
préparée que les autres à l’union politique.
Le second mythe prétend qu'en dépit de la crise, l'Allemagne se porte aujourd'hui si bien qu'elle aurait perdu tout intérêt pour l'Europe et qu'elle chercherait désormais de nouveaux partenaires en Chine ou au Brésil. En effet, au cours du premier trimestre de 2012, c'est le commerce avec ces pays qui a permis à l'économie allemande d'enregistrer une croissance malgré la mauvaise conjoncture économique. Cependant, les exportations allemandes dépendent toujours de la zone euro, qui absorbe plus de 40 % de sa production (contre 6% écoulé sur le marché chinois). Ainsi un effondrement de l'euro, ou une éventuelle déstabilisation sociale et politique dans la zone, seraient probablement ressentis plus brutalement en Allemagne que dans tout autre pays européen.
Fin de la symbiose
Les sources du problème allemand de l'Europe, ou du problème européen de l'Allemagne, sont bien plus profondes. Premièrement, la crise frappe l'Allemagne de plein fouet. Pas dans le sens économique, mais politiquement et moralement. On n’est pas au début d'une "Europe allemande" mais au contraire, à sa fin. La monnaie unique a été construite selon les schémas allemands avec la Banque centrale européenne, copie conforme de la Bundesbank.L'effondrement de cette "Europe de Maastricht" remet en cause deux importantes convictions de la politique allemande, à savoir que les recettes allemandes sont les meilleures pour l'Europe et que l'essor du modèle allemand va de pair avec le développement de l'intégration européenne.
Avant la crise, ces deux convictions avaient un sens. Quand l'Allemagne défendait l’idée d’une intégration accrue, de la mise en place d'un marché unique et de l'introduction de l'euro. Cela a servi l'Europe. Mais cela était aussi un pré-requis à la prospérité allemande de l’après-guerre, basée sur la reconstruction de sa réputation internationale et le développement d'une économie orientée vers les exportations. Ces dernières décennies, les Allemands avaient pris l'habitude de croire que ce qui était bon pour l'Allemagne était bon pour l'Europe. Cette symbiose est bel et bien terminée.
Pour sauver l'Europe, l'Allemagne va devoir non seulement puiser dans son portefeuille, mais aussi modifier sa vision de l'Europe et de l'économie. C'est un défi politique et intellectuel considérable.
La crise a balayé le principe sacré selon lequel chacun est responsable de ses propres dettes. Elle a aussi renversé un autre dogme allemand, celui qui voudrait que le seul rôle de la Banque centrale européenne soit celui de gardien de la stabilité de la monnaie, et sûrement pas celui d'acteur clé dans le sauvetage de plusieurs pays menacés par la faillite.
Il est paradoxal de voir l'Allemagne obligée de se réinventer alors que son modèle actuel multiplient les réussites : l'économie est en plein essor et le chômage à son plus bas niveau historique. Changer de cap dans ces conditions relève d'un courage et d'une persévérance qu'Angela Merkel n'a pas.
La faiblesse du géant
Une autre raison, moins évoquée, du dilemme européen de l'Allemagne concerne la situation économique et sociale du pays. Les bénéfices de la réussite économique allemande au cours des dernières décennies ont été très inégalement répartis dans la société. Pendant le boom économique, les inégalités matérielles ont plus augmenté que dans les autres pays industrialisés. La compétitivité allemande sur les marchés étrangers était largement basée sur des coûts de main-d'œuvre relativement faibles, c’est-à-dire sur les bas salaires.La réduction du chômage a effectivement été profitable aux personnes sans travail. Mais la qualité de la plupart des nouveaux emplois est sans commune mesure avec les confortables conditions de travail qui prévalaient du temps de ce qu'on appelé le "capitalisme rhénan". Aujourd'hui l'Allemagne a la plus forte proportion de "contrats-poubelles" en Europe.
A cela s'ajoute le problème des énormes dettes de certaines municipalités allemandes qui, contraintes aux coupures drastiques, ferment des institutions d'utilité publique, des piscines, des centres culturels et réduisent l'assistance sociale. L'érosion du modèle social allemand s'est accélérée depuis l'introduction de l'euro et pendant la période de croissance qui a suivi.
Alors que l'Europe voit en Allemagne une puissance économique qui domine le continent, les Allemands eux, voient, malgré le boom économique, l'effondrement du modèle de l'Etat-providence et de promotion sociale qui était le leur depuis la Seconde Guerre mondiale.
Problème de démocratie
Le troisième problème allemand avec l'Europe touche à la démocratie. Les Allemands refusent l'idée des euro-obligations ou d'autres solutions plus radicales en disant que de tels transferts de pouvoirs vers l'UE exigeraient d’amender leur constitution. La Cour constitutionnelle fédérale l'a d'ailleurs confirmé, en fixant les limites de l'intégration à ne pas dépasser.L’UE a un vrai problème avec la démocratie aujourd'hui. L’une de ses nombreuses facettes est la technocratie qui fait que, comme l'écrit Ivan Krastev dans le dernier numéro de Przegląd Polityczny [Revue Politique], en Grèce ou en Italie, "les électeurs peuvent changer de gouvernement, mais pas leur politique économique".
L'autre aspect de cette crise démocratique tient au manque de volonté politique des peuples (et pas seulement des Allemands) à céder davantage de pouvoirs au niveau européen. La seule chose qui puisse sauver l'Europe est peut-être un grand pas vers l'union politique, mais c'est précisément ce que refuse l'opinion publique des pays membres.
L'économiste américain Raghuran Rajan écrivait il y a quelque temps que les hommes politiques ne sont pas en mesure de répondre efficacement aux menaces dont ils ignorent l'ampleur. C'est une bonne explication de l'attitude de Merkel. La politique allemande s'était jusqu'à présent employée à limiter les dégâts et à tenter de préserver ce qu'elle pouvait de l'Europe allemande.
Ces derniers jours, la chancelière a évoqué la nécessité de construire une union politique, dont les dirigeants européens devraient discuter lors du sommet européen, fin juin. Il se peut que Paris, et non Berlin, soit le plus grand obstacle à sa réalisation. Le dilemme actuel – "la désintégration de l'UE ou l'union politique" – est devenu très réel. Mais la plus grande négligence de Merkel est peut-être de n'avoir préparé l'opinion publique à aucun de ces deux scénarios.
La rate qui se dilate, le foie qu'est pas droit... Et autres 9 672 bobos dont vous souffrirez dans votre vie !
Explosion de la “bulle de la normalité” : les hebdos déjà lassés de François Hollande ?
Les hebdomadaires français, plutôt enthousiastes et cléments envers François Hollande depuis son élection, ont cette semaine brusquement retourné leur veste. A l’unisson, leurs Unes deviennent plus virulentes… Comment expliquer une telle concomitance, et pourquoi aujourd’hui ?
Ces rapports entre presse et pouvoir politique caractérisent-ils un phénomène nouveau ?
Ce phénomène touchant la presse (du moins celle de gauche) est-il une spécificité française ?
Peut-on penser que la « bulle de normalité » qui entoure François Hollande, et qu’il a lui-même revendiquée, est en train d’exploser ?
Sur un plan plus médiatique, cette concomitance au sein de la presse vous semble-t-elle normale ? Ne caractérise-t-elle pas un mouvement un peu « moutonneux » des organes de presse ?
Montebourg : la désindustrialisation, c’est maintenant !
Arnaud Montebourg s’est fait connaitre par ses sorties
lyriques contre la désindustrialisation. Du coup, il a été nommé
ministre du Redressement productif, censé relancer l’industrie
française. Effet psychologique de l’élection d’Hollande et de ses débuts
politiques maladroits, premiers impacts des positions démagogiques de
Montebourg, ou simple problème conjoncturel, la France devrait connaitre
sa pire période de désindustrialisation avec le ministre Montebourg au
pouvoir.
Avec 139 fermetures d’usines attendues en 2012, soit 36% de plus par rapport à la même période l’année dernière, la situation industrielle de la France est catastrophique. On parle de 8600 emplois menacés et les économistes sont particulièrement inquiets. Patrick Artus estime que « des milliers d’entreprises risquent d’aller au tapis », si le gouvernement continue dans cette voie là.
Bien sûr, on ne peut pas mettre tout sur le dos du pauvre Montebourg, déjà accablé par ses problèmes de mensonges et d’hypocrisie pour défendre sa compagne Audrey Pulvar. Il est clair que le contexte économique mondial et européen est le principal responsable de notre situation industrielle.
En même temps, François Hollande a passé sa campagne présidentielle à dire à Sarkozy que la crise ne faisait pas tout et que lui il parviendrait à trouver des solutions. Montebourg tenait le même discours. On ne peut pas critiquer un président en refusant de voir le contexte international quand on est dans l’opposition, puis rejeter tous les problèmes sur le contexte international une fois au pouvoir. Les socialistes ont rejeté tous les torts sur le pouvoir politique pendant la campagne, il est logique qu’ils en assument désormais la responsabilité.
Et puis, avec leurs positions absurdes et démagogiques, avec les 75%, la hausse d’impôts et de charges, la hausse du cout du travail, le Parti socialiste a décidé de faire le contraire de tout ce que font les autres pays du monde et de délaisser complétement notre compétitivité. Il est fort probable que l’élection de François Hollande, puis son comportement et celui de Montebourg depuis sa nomination aient eu un effet psychologique sur les entrepreneurs et sur les investisseurs mondiaux qui ne voient pas pourquoi entreprendre en France et se faire surtaxer pour financer les intermittents de la fête de la musique.
On comprend mieux pourquoi l’électorat ouvrier s’est détourné définitivement de la gauche…
Une commissaire de police virée par la diva Trierweiler ?
Pas un jour ne se passe sans que Valérie Trierweiler ne
repousse plus loin les bornes de l’indécence et du mélange des genres.
La journaliste indépendante et « twittos » officielle de la présidence
Hollande, aurait, selon Le Point, fait virer une commissaire de police
en charge de sa sécurité. La cause : elle aurait été importunée par une
ombrelle…
Une commissaire chargée de la sécurité de la Première concubine et qui n’aurait pas plu à l’ombrageuse Madame Trierweiler. En cause selon Le Point, deux incidents survenus au cours de la campagne (il est de tradition que le président élu conserve l’équipe de sécurité qui l’a accompagné pendant la campagne).
Tout commence à la Réunion, où le couple Hollande-Trierweiler assiste sous un soleil de plomb à une cérémonie d’hommage dans le cimetière des esclaves. Par politesse, la commissaire de police protège Valérie Trierweiler sous une ombrelle. La Première concubine ne réagira que plus tard (comme elle l’a d’ailleurs fait avec Ségolène Royal)…
Quelques jours plus tard, Valérie Trierweiler ne retrouve plus certains effets personnels laissés dans une loge pendant un meeting de François Hollande. Elle entre alors dans une colère noire et invective la commissaire… avant de réaliser que ses affaires avaient simplement été déplacées par des militants.
Selon Le Point, ces deux micro-affaires auraient justifié que cette commissaire de police soit le seul membre de la sécurité de l’Elysée à avoir été remercié depuis l’élection de François Hollande.




















