TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 25 octobre 2011

La presse se fait l'écho des tensions entre dirigeants après le sommet de Bruxelles

Au lendemain du sommet de Bruxelles sur la crise de l'euro, la presse européenne s'accorde à dire que si les priorités font consensus – restructuration de la dette grecque, recapitalisation des banques et déploiement du Fonds européen de stabilité financière –, peu de solutions concrètes ont émergé. "Chacun a été clair sur ce qu'il fallait faire pour le sort de l'Europe. Mais pourtant le succès semble incertain", rappelle Der Spiegel.

De Berlin à Londres, les quotidiens nationaux constatent l'absence de solutions pérennes et attendent de voir le second sommet programmé, mercredi 26 octobre. Peu étonnant, constate Die Zeit, car "la crise est tellement complexe", de l'aveu même des dirigeants européens.
A défaut de solutions concrètes, les quotidiens européens relèvent les dérapages verbaux entre dirigeants européens qui ont émaillé la rencontre de Bruxelles.
"SHUT UP"
La Une du Guardian, le 24 octobre.
La Une du Guardian, le 24 octobre. DR

En Angleterre, c'est le "shut up" qu'a laissé échapper Nicolas Sarkozy à l'adresse de David Cameron qui a retenu l'attention. "You have lost a good opportunity to shut up" ("Vous avez perdu une bonne occasion de vous taire"), a rétorqué le président français face aux critiques anglaises. Mais si tous les journaux britanniques relaient l'anecdote, c'est pour mieux souligner le rôle joué par David Cameron pendant ce sommet.
Le premier ministre britannique a pris la tête de la fronde des pays membres de l'Union européenne mais pas de la zone euro, en obtenant un sommet à 27 mercredi – et non pas à 17 comme initialement prévu. "Le Royaume-Uni craint qu'une nouvelle régulation financière entre membres de la zone euro nuise à la City, centre de la finance globale", s'alarme The Telegraph.
Pourtant, David Cameron joue une partie complexe, rappelle The Guardian. Lundi, au lendemain du sommet, les députés britanniques réfléchissent à un éventuel référendum sur l'Union européenne. "Une mauvaise question au mauvais moment", indique le ministre des affaires étrangères, William Hague, repris sur tous les sites.
ARROGANTS COMME ZIDANE
Il Giornale (Italy)Il Riformista (Italy)
En Italie, aussi, on regrette l'attitude de Nicolas Sarkozy et ses "sourires ironiques" au cours d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel . "Sarkozy comme Zidane", titre Il Giornale. "Quand ils sont en difficulté, les Français deviennent arrogants", juge l'éditorialiste. Avant d'avancer son explication : les Français sont jaloux d'avoir perdu la présidence de la Banque centrale européenne au bénéfice de l'Italie.
Mais en Italie comme au Royaume-Uni, les préoccupations nationales prennent le dessus. Les quotidiens italiens se concentrent sur les conséquences du sommet, synonyme pour le gouvernement italien d'une réforme des retraites qui doit être étudiée lors d'une réunion  exceptionnelle du conseil des ministres, lundi à 18 heures. Une mesure qui suscite déjà une levée de bouclier de la part des anciens alliés de la Ligue du Nord et des partis d'oppositions, comme le souligne Le Corriere della Serra.
Quand ce n'est pas Nicolas Sarkozy, seul, qui irrite, c'est son association avec Angela Merkel. "Merkozy", tel qu'on les surnomme dans les travées des institutions européennes. "On se souviendra des amabilités qu'ils se sont échangées", tance un économiste italien dans une tribune publiée par la Repubblica, mais ils n'ont eu aucune réponse à apporter, continue-t-il. Même sentiment du côté de la BBC, où l'on s'interroge sur la subite crainte que suscite l'Italie. Pourtant, "l'Italie est aussi endettée que la France ou le Canada", explique la chaîne anglaise, savants calculs à l'appui.
DES DIRIGEANTS PAS À LA HAUTEUR
En Espagne aussi, on regrette l'attitude d'Angela Merkel, qui a demandé des efforts supplémentaires à Madrid. Alors que, rappelle El Pais, l'Espagne n'est plus à la pointe de la crise et ne craint plus la contagion. Même Nicolas Sarlozy l'a dit, insiste le quotidien.
Une contagion que redoutent de plus en plus les pays membres de l'UE qui ne font pas partie de la zone euro. Pologne, Suède et Royaume-Uni ont fait part de leur inquiétude au cours du sommet, car l'Union européenne n'est pas l'union monétaire, insiste El Pais. "Le mécontentement ne fait qu'augmenter parmi les pays non membres de la zone euro", analyse le quotidien espagnol. Assiste-t-on à la naissance d'une Union européenne "à deux vitesses, où la zone euro prédomine et où les autres Etats ne peuvent que suivre le mouvement" ?
Le sommet européen de dimanche aura donc soulevé plus de problèmes qu'il n'en aura résolu. Pour le Wall Street Journal, les dirigeants européens n'ont pas été à la hauteur de l'enjeu. Pourtant, écrit-il, "les décisions qui vont être prises dans les prochaines semaines détermineront le destin de l'Europe pour des générations".

lundi 24 octobre 2011

La Grèce s'inquiète des effets d'une décote de 50 % de sa dette

La zone euro est "relativement proche" d'un accord avec les créanciers privés de la Grèce sur les pertes qu'ils devront subir, a assuré, lundi 24 octobre, Amadeu Altafaj, un porte-parole de la Commission européenne, rappelant que l'Europe "préfère un accord négocié" à une mesure imposée aux banques. Selon une source diplomatique européenne, le lobby bancaire qui négocie avec les Etats a porté son offre de décote volontaire à 40 % sur les créances grecques détenues par les banques.


La décote constitue la part de la dette grecque que les banques créancières sont prêtes à passer par pertes et profits. Cette part était à 21 % dans l'accord conclu le 21 juillet sur le second plan d'aide à la Grèce. Les Etats européens cherchent eux à obtenir 50 à 60 % de décote pour assurer la soutenabilité de la dette grecque, selon des sources européennes concordantes. Les grandes banques, réunies au sein de l'Institut de la finance internationale (IIF), ont prévenu qu'il y avait "des limites à ce qui peut être considéré comme volontaire" au niveau de la dette publique grecque.
>> Consulter notre lexique "Comprendre les mots de la finance"
INQUIÉTUDES EN GRÈCE
La Grèce s'alarme des conséquences pour ses banques et ses caisses de retraite d'une telle décote. La presse en particulier dramatise les répercussions pour l'économie grecque dans son ensemble. "Décote profonde, on joue avec le feu", titre le journal Ta Nea alors que le quotidien financier Naftemporiki craint "des répercussions sur les caisses de retraite". Eleftherotypia craint pour sa part que la nationalisation de la Banque nationale de Grèce (BNG), principal établissement du pays, et de la petite Attica Bank, n'aboutisse qu'à une "mise sous tutelle"
Actuellement, la marge des banques grecques est très limitée, sinon inexistante. Du fait des provisions passées en application de l'accord du 21 juillet (prévoyant une décote de 21 %), mais aussi pour faire face à la montée des prêts défaillants, les quatre principaux établissements – BNG, Eurobank, Alpha et la Banque du Pirée – ont déjà essuyé des pertes cumulées de 3,2 milliards d'euros au premier semestre. En cas de décote à 50 %, ils devront être recapitalisés à hauteur de 8,9 milliards d'euros pour maintenir leur niveau de fonds propres durs à 9 %, selon les calculs de Natixis. Au total, les banques grecques et les caisses de retraite détenaient à la fin août pour 52 milliards d'obligations grecques, soit 15 % de la dette souveraine grecque, estimée à 350 milliards d'euros.
Faire appel aux marchés ? Hormis le fonds du Quatar, qui va investir dans le capital de la nouvelle banque à naître de la fusion entre Alpha et Eurobank, les investisseurs privés ont plutôt tendance à vendre leurs titres. La Bourse d'Athènes a clôturé lundi en recul de 4,51 %, entraînée par la dégringolade des titres bancaires.
Joignant ses critiques à celle d'économistes et du dirigeant de la Banque du Pirée, le patronat grec a mis en garde contre les conséquences catastrophiques pour l'économie réelle d'une décote de la dette grecque de 50 %. Car non seulement elle ne réduira son montant que de 43,6 milliards d'euros, mais elle conduira à une "dévaluation du patrimoine financier et immobilier" des Grecs et à "l'asphyxie du secteur privé".
RECAPITALISATION
Quant au besoin de recapitalisation de l'ensemble des banques européennes, il est estimé entre 100 et 110 milliards d'euros, mais certaines peuvent réduire les bonus ou puiser dans leurs bénéfices. Pour les établissements français, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a précisé, lundi, que le besoin de renforcement des fonds propres serait inférieur à 10 milliards d'euros. "C'est quelque chose qui est parfaitement absorbable par les banques elles-mêmes et qu'elles sont tout à fait à même de réunir sans aucune aide de l'Etat."
Les marchés financiers tablent sur un besoin de recapitalisation des banques allemandes de 5,5 milliards d'euros environ, a rappelé pour sa part Christian Brandt, le président de la fédération allemande des banques publiques. "Je crois qu'un renoncement à plus de 21 % des créances est possible, du moment que celui-ci représente un investissement dans l'avenir de la zone euro et de l'ensemble de l'Union européenne" a-t-il ajouté.

Allemagne : la fin du nucléaire passe par le charbon

L'hiver qui commence à se faire sentir en Allemagne prend, cette année, un relief particulier. Huit des dix-huit réacteurs nucléaires étant arrêtés depuis le printemps, l'Allemagne pourrait être menacée de black-out ou être contrainte d'importer massivement de l'électricité. Ce sera le premier test que devra affronter ce pays qui, après la catastrophe de Fukushima, au Japon, a décidé d'abandonner le nucléaire en 2022.
D'ici là, il y aura bien d'autres obstacles à franchir. La loi votée (à la quasi-unanimité) le 30 juin sur la sortie du nucléaire n'est qu'un début. "Le vrai travail commence maintenant", a reconnu Philipp Rösler, ministre de l'économie et des technologies, devant le Parlement, le 19 octobre. Le ministre s'est fixé trois objectifs : "Assurer la sécurité des approvisionnements et protéger l'environnement, le tout dans des conditions financières acceptables." A ses côtés, Norbert Röttgen, le ministre de l'environnement, a affirmé des priorités légèrement différentes : "Les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique sont les deux piliers de la nouvelle politique énergétique", a-t-il dit.

Ces deux approches résument le débat allemand. Maintenant que la décision d'arrêter le nucléaire est prise (un neuvième réacteur va être arrêté en 2015, un en 2017, un en 2019 et les six derniers en 2021 et 2022), les financiers sont surtout soucieux d'assurer la sécurité des approvisionnements, quitte à investir dans des centrales à énergies fossiles classiques. Pour ceux qui sont surtout sensibles aux questions d'environnement, il ne suffit pas de sortir du nucléaire, il faut entrer, enfin, dans l'ère des énergies renouvelables. Tels sont d'ailleurs les objectifs de la loi : leur part doit passer de 17 % à 35 % en 2020 et 80 % en 2050.
Malgré la fermeture des centrales nucléaires, qui assuraient, au printemps, 22 % de la production d'électricité du pays, l'Allemagne affirme qu'elle réduira ses émissions de CO2. En 2020, celles-ci devraient être de 40 % inférieures à ce qu'elles étaient en 1990. La tâche est immense : il faut notamment développer l'énergie éolienne dans le nord du pays, construire des réseaux à haute tension pour la transporter dans le sud, là où sont les industries, prévoir des centrales classiques pour les jours où il n'y a ni vent ni soleil et investir dans l'isolation du parc immobilier.
Les six mois qui viennent de s'écouler n'ont été qu'à moitié convaincants. La Commerzbank affirme que c'est notamment en raison des importations d'électricité au second trimestre que la croissance a été si faible (+ 0,1 %). L'Association des industries électro-intensives (VIK) s'est plainte, le 19 octobre, que le prix de l'électricité avait augmenté et que sa qualité était moindre. En 2012, ses adhérents devraient voir leur facture croître de 9 %. Malgré tout, le pays a supporté la fermeture de huit réacteurs et la part des énergies renouvelables est passée de 17 % à 20,8 % de l'électricité produite.
Combien va coûter la révolution énergétique en cours ? Nul ne le sait. Seule certitude : l'agence de l'énergie estime qu'il faudra développer 4 500 km de lignes électriques à haute tension dont le coût oscille entre 22 et 29 milliards d'euros. Pour réduire de dix à quatre ans la construction de ces lignes, le gouvernement a limité le pouvoir des Etats-régions avec un argument à la clé : tout kilomètre de ligne à haute tension donnera lieu à un dédommagement de 40 000 euros à la commune concernée.
Pour financer les réseaux et la transition énergétique, l'Allemagne dispose de deux outils principaux. Le premier est le fonds climat-énergie, qui va être alimenté par la vente aux enchères des quotas de CO2 octroyés aux industriels et dont on attend environ 3 milliards d'euros par an. Le second est le prélèvement "énergies nouvelles" sur la facture d'électricité payée par les particuliers - la plupart des entreprises en sont exonérées. En 2010, ce prélèvement qui permet aux producteurs d'énergies renouvelables de vendre leur électricité à un prix supérieur à celui du marché s'est élevé à 13 milliards d'euros. En 2012, il se traduira par un prélèvement de 3,59 centimes par kilowattheure (kWh) consommé, en légère hausse par rapport à 2011. En moyenne, ce prélèvement coûte 120 euros par an à un ménage (14 % de sa facture).
Alors que le mégawattheure coûte, en Allemagne, environ 60 euros, ce prix s'élève à 90 euros pour l'énergie éolienne, 150 pour l'éolien offshore et 370 pour le solaire. Les énergies renouvelables ont un coût mais les Allemands l'acceptent : selon un sondage réalisé par TNS Infratest, 79 % d'entre eux jugent le prélèvement "énergies nouvelles" "raisonnable". Seuls 15 % le jugent "trop élevé".
Malgré tout, pour assurer la transition énergétique, le gouvernement prévoit également de subventionner de nouvelles centrales au gaz mais aussi une dizaine de centrales au charbon très polluantes. Il estime les besoins à environ 10 000 mégawatts. Au grand dam des écologistes, 5 % du fonds climat-énergie (soit 150 millions d'euros) pourraient être utilisés pour subventionner jusqu'à 15 % de ces centrales. A condition que Bruxelles autorise ces aides auxquelles seuls les industriels qui possèdent moins de 5 % de parts de marché en Allemagne peuvent prétendre.
Principaux intéressés : les 900 régies municipales, mais aussi des producteurs étrangers comme EDF, GDF Suez, voire Gazprom. Avec la sortie du nucléaire, l'Allemagne vit une véritable révolution industrielle, suivie de près tant par les industriels occidentaux que par les financiers. En témoigne l'annonce en août par le fonds américain Blackstone d'un investissement de plus de 1 milliard d'euros dans un parc éolien en mer du Nord.

en hommage




Jean Amadou et le sens de l’humour de François... par deuxanes

Pour nous aussi, l'euro est un casse-tête

Difficile, dans la jungle des discussions de l'Europe - Bruxelles étant la capitale de la jungle -, de s'y retrouver. De comprendre qu'il ne reste que quelques jours pour sauver l'euro. De croire que deux sommets y suffiront. Difficile de déambuler entre les chiffres : plus la crise s'aggrave, plus la Grèce se rapproche du précipice, plus la facture enfle. Et encore nous explique-t-on, à nous, citoyens ingénus mais pas dupes, qu'on ne fera pas appel à l'argent public. On parle maintenant de 108 milliards pour recapitaliser les banques et compenser les pertes subies à aider la Grèce à effacer la moitié de sa dette. Dans le langage de la jungle, la restructurer. Nous en sommes là, nageant dans la confusion, entre fébrilité des marchés et désaccords franco-allemands. Il ne nous a certes pas échappé que la jungle est inextricable. Que si les dirigeants européens ont jusqu'à présent évité le chaos, ils ont aussi, un accord finalisé en été devenant obsolète à l'automne, un plan de sauvetage chassant l'autre, cherché à gagner du temps. Nous avons noté qu'il faudra régler une fois pour toutes la crise de la dette grecque avant d'espérer stabiliser la zone euro. Passer du compromis de circonstance à un nouveau système, une nouvelle Europe. Pour l'heure, dans une apparence de panique générale, la vieille Europe est divisée. L'Allemagne mène la danse, la résistance. Le président français est condamné à s'entendre avec une chancelière de fer. Hier toutefois, un accord s'esquissait. La preuve, Angela Merkel a offert à Nicolas Sarkozy un ours en peluche pour la naissance de Giulia. Un ours dans la jungle ?

Tout n’est pas noir


Pour rester un sport de voyous joué par des gentlemans, le rugby se complaît dans la complexité de ses règles et se repaît de coups du sort avec son ballon en olive aux rebonds fantasques. Ainsi hier, le XV de France a perdu la finale qu’il méritait de gagner d’une Coupe du monde qu’il ne lui revenait pas de soulever, au vu de l’ensemble de son œuvre.

Chez eux, sur leur archipel où les Britanniques, défaits au XVIII e siècle par les guerriers maoris devenus de redoutables défonceurs-plaqueurs sur les terrains, ont laissé le rugby pour garantir une mixité sociale durable, ces Néo-Zélandais féroces et véloces devaient nous blackbouler.

Ils voulaient effacer 24 ans d’humiliations dans leur pré-carré, subies le plus souvent à cause de ces imprévisibles Français, sans compter celle du naufrage du « Rainbow Warrior ».

Mais il ne suffit pas de crier haka et de se prendre pour des faucons fondant sur leurs proies pour plumer 22 coqs indignés ayant démonté leurs egos pour remonter sur leurs ergots au fil de l’épreuve. En autogestion salutaire, après avoir abandonné son entraîneur lunaire à ses déboires avec la presse, cette équipe de France a su vaincre ses individualismes, ses contradictions et ses à peu près pour entrer en rébellion et en construction.

En cela, ils ont été exemplaires. Trouillomètre à zéro, regards dans les chaussettes, les Néo-Zélandais marchaient la tête à l’envers quand les nôtres la relevaient en même temps que la mêlée noire et leur défi collectif. Nos héros ont perdu. Ils reviennent glorieux. Tout n’est pas noir dans cette drôle d’histoire du bout du monde.

Le dos au mur

Promis, juré ! Enfin, des solutions à la crise devraient sortir du Conseil européen et du sommet de l’Eurogroupe! Aussi bien sur une recapitalisation des banques, sur le sauvetage de la Grèce via une décote de sa dette que sur une extension «non bancaire» du Fonds de stabilité FESF... Oui, mais quelles décisions? Il faudra attendre mercredi, peut-être jeudi matin, pour les connaître. En espérant que d’ici là, les marchés sauront patienter.

Officiellement, ce retard a pour cause la «complexité technique» des mesures à prendre. En réalité, la chancelière Merkel doit d’abord rendre compte aux commissions du Bundestag et obtenir leur aval. L’exercice, certes, honore la démocratie, mais étale au grand jour les faiblesses innées de la monnaie unique. En montrant que faute d’une gouvernance propre à la zone euro, il est impossible d’agir dans l’urgence, quitte à encore accélérer la crise qui déjà se nourrit à la vitesse électronique des ordres de marchés. De surcroît, les gouvernements sont prisonniers de traités dépassés, datant d’une autre époque et pourtant à respecter à la lettre. Lancé par beau temps économique, l’euro n’a pas été conçu pour résister aux tempêtes, car il n’y a pas de pilote aux commandes hormis le pilote automatique basé sur un logiciel sous contrôle de la BCE et jamais mis à jour depuis les années 1990...

Apparemment, il y a enfin une prise de conscience de cette paralysie, puisqu’il est désormais question d’une refonte des institutions, d’une révision des traités. Un beau sursaut de réalisme qui, malheureusement, n’aboutira pas du jour au lendemain, et certainement pas sans nouveaux psychodrames et autres poussées nationalistes.

Cette même étincelle de réalisme vient aussi de jaillir face à la crise grecque. Pourtant, voilà plus d’un an que l’évidence saute aux yeux : jamais la Grèce anémiée par les plans d’austérité imposés en guise de remède ne pourra rembourser sa dette. Une restructuration sous une forme ou une autre s’imposait déjà à l’automne 2009. Mais faute de décisions courageuses impossibles à obtenir dans un système basé sur l’unanimité et qui n’a jamais envisagé une possibilité de faillite, que de temps perdu en perfusions, bricolages et replâtrages. Moins pour sauver la Grèce que pour éviter – ou retarder – l’effet domino dans la zone euro. Un effet domino qui déjà ébranle l’Italie, la troisième économie de l’UE...

Les Dix-Sept de l’euro sont le dos au mur. La situation est certes inconfortable, mais elle a l’avantage de pousser au sursaut. Elle semble aussi avoir ressoudé l’entente franco-allemande en mettant les divergences sous silence. Pourvu que les décisions reportées à mercredi soient à la hauteur des espoirs!

Europe : encore un peu de patience !

Face à une tâche aussi gigantesque que de sauver l'euro et l'Europe - un défi sans précédent dans l'histoire - il n'est pas choquant, en soi, que les politiques réclament un peu de temps. La complexité des solutions à apporter nécessite une appréciation aussi rigoureuse que possible des conséquences dans un environnement mouvant, incertain et souvent hostile. Une recapitalisation mal calibrée des banques et cela peut être la catastrophe pour les banques elles-mêmes, les États, les contribuables. Une digue mal construite pour sauver la Grèce et c'est le doute ravageur qui s'instille pour les édifices suivants, italien en tête.

Il serait évidemment injuste d'accabler les politiques, car ils ont su agir ces derniers mois : venir au secours de l'Irlande et de la Grèce, créer un fonds permanent de solidarité européen... Il serait tout aussi irresponsable de les dédouaner sans autre forme de procès, tant ils font d'efforts pour démontrer, avec une constance désarmante, qu'ils ont le bras un peu court depuis le début de la crise. Et ce n'est pas la timide esquisse de révision du traité de l'Union qui semble y changer grand-chose.

Le sommet de Bruxelles renforce plutôt ce que les révélateurs irlandais et grecs dessinent depuis un an. Les patrons politiques de l'Europe font trop peu, trop tard, trop incohérent. Trop peu ? Ils passent leur temps à abonder, laborieusement, des fonds et des plans de soutien qui se révèlent chaque fois trop justes ! Trop tard ? Avant même que le plan d'aide à la Grèce du 21 juillet ne soit adopté avec une lenteur démocratique un peu désespérante, la roue de l'histoire était déjà passée à la phase de l'effacement d'une partie de la dette grecque !

Trop incohérent ? C'est peu dire que la communication a été et reste désordonnée, décousue, contradictoire. Faussement rassurante, donc contre-productive, auprès des marchés toujours prêts à s'enflammer à la moindre mèche de petite phrase, comme auprès des opinions déboussolées.

En fait, le problème central de l'Europe, souligné plus que jamais ce week-end, réside dans l'absence cruciale d'une gouvernance solidaire, bâtie sur un projet, une politique économique et un destin communs. Bref, fédéraliste. Les désaccords multipliés entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ne sont pas seulement affaire de culture, de contexte politique interne ou de tempérament (il serait trop pressé, elle serait trop lente.) Ils traduisent l'existence d'un handicap majeur de vision partagée qui pourrait s'avérer mortifère.

L'Europe manque cruellement d'un patron incontesté et incontestable, parce que ses deux leaders naturels ont des philosophies politiques assez antinomiques. La querelle du moment sur les rôles du fonds européen de solidarité et de la Banque centrale (BCE) illustre, une fois de plus, le fossé qui sépare profondément l'Allemagne « rigoriste » qui rechigne à sortir le chéquier, d'une France plus volontariste mais qui semble parfois « dépensière. »

Le souci, l'énorme souci, c'est qu'à force de tergiverser, on se rapproche un peu plus d'une vraie cassure franco-allemande et de la déflagration nucléaire que constituerait l'éclatement de la zone euro. Alors que déjà deux autres crises inquiétantes se greffent, aujourd'hui, sur celle des dettes souveraines. Économique : la France a un bon pied dans la récession et l'Allemagne s'en rapproche. Sociale : la capacité des peuples à accepter la situation fait de plus en plus débat et défaut. Pas seulement en Grèce.

Disparition : Jean Amadou, l'art d'en rire

Voix de la radio et figure de la télévision, ce chroniqueur cher aux Français était un lettré et un passionné.

Jean Amadou est mort ce soir, a annoncé RTL sur son site Internet. La disparition de l'humoriste, a été confirmée peu après par son ami Jacques Mailhot, directeur du Théâtre des Deux Ânes à Paris qui lui fut si souvent associé sur scène, à la radio ou à la télévision depuis les années 70. «Jean était malade depuis quelques mois. Il est décédé vers 18h chez lui. Il a joué aux Deux Ânes jusque en février 2010. Il avait démarré ici en 1996», a confié Jacques Mailhot qui avait connu son compère «en 1974, aux Théâtre de Dix Heures». Célèbre pour sa collaboration au «Bébête Show» de TF1 dans les années 80, le chansonnier était âgé de 82 ans.

Originaire de Lons-le-Saunier (Jura), Jean Amadou débute à Lyon. Il monte à la Capitale dans l'espoir de devenir acteur mais échoue au troisième tour du concours du Conservatoire. Il devient chansonnier à Paris en 1958 au Théâtre de Dix-Heures puis au Don Camillo. Il doubla les films de De Sica mais c'est à la radio que sa belle voix chaude devint familière aux Français. À France Inter dans «L'Oreille en coin» dans les années 70. Puis à Europe 1 en duo avec Maryse Gildas. Depuis 15 ans, il était «sociétaire» des «Grosses Têtes», l'émission de Philippe Bouvard sur RTL. A la télévision, il collabora à l'écriture des textes du «Bébête Show» en compagnie de Stéphane Collaro et Jean Roucas, pamphlet en direct qui égratigne les politiques et prélude au «Guignols de l'Info». Il participa à «Tournez Manège», autre émission historique de la télévision des années 80 sur TF1.

«Jean Amadou était extrêmement cultivé», a rappelé Jacques Mailhot. «C'était un grand amateur d'histoire, imbattable sur les XIXe et XXe siècles. Rien ne lui échappait de l'actualité. Il aimait les citations et avait une très jolie plume. C'était un grand chansonnier, dans la grande tradition de notre métier. Il a apporté une vraie modernité à la radio, mais aussi à la télévision avec «Sérieux s'abstenir» et le «Bébête Show». À la télévision, il a traîné sa longue silhouette : «Samedi Soir» animé par Bouvard, «Tournez Manèges» (TF1). Grand amateur de sports Jacques Amadou a commenté pour France Inter et le quotidien L'Équipe leTour de France, le tournoi des Cinq Nations et la Coupe d'Europe de Football. Ce soir sur RTL, Philippe Bouvard a rendu hommage à son ami, malade depuis plusieurs mois. « C'était quelqu'un de discret, courtois, qui appartenait à la race des amuseurs rares.»

Mort du chansonnier et humoriste Jean Amadou

Le chansonnier et humoriste Jean Amadou, 82 ans, célèbre notamment pour sa collaboration au "Bébête Show" de TF1 dans les années 80, est décédé dimanche à Paris, a-t-on appris auprès de son ami Jacques Mailhot, directeur du Théâtre des Deux Ânes à Paris.



Jean_amadou par ContribuablesAssocies

"Jean était malade depuis quelques mois. Il était très fatigué ces derniers temps. Il est décédé vers 18h00, chez lui. Il a joué aux Deux Ânes jusque en février 2010. Il avait démarré ici en 1996", a expliqué Jacques Mailhot, précisant qu'il avait connu son compère "en 1974, aux Théâtre de Dix Heures". Originaire de Lons-le-Saunier (Jura), Jean Amadou avait débuté sa carrière de chansonnier à la fin des années 50 à Paris.
Homme de théâtre et de radio (France Inter, Europe 1), auteur de plusieurs livres, il fut aussi le créateur, avecf Stéphane Collaro et Jean Roucas, de l'émission satirique Le Bébête Show, diffusé par TF1 de 1983 à 1995. Dans cette émission quotidienne, des marionettes des principaux hommes politiques commentaient l'actualité du jour.


dimanche 23 octobre 2011

100 milliards d'euros pour recapitaliser les banques

Les ministres européens des Finances préparent le terrain pour le sommet de ce dimanche. Il semblerait que les 27 se soient accordés sur le chiffre de 100 milliards pour recapitaliser les banques. Les ministres des Finances discutent aussi de la participation du secteur privé au deuxième plan d'aide à la Grèce. 

L'une des grandes questions à devoir trouver une réponse d'ici la fin du week-end, c'est de quelle ampleur sera la participation du secteur privé, autrement dit des banques, au deuxième plan d'aide à la Grèce. 

Cet été, les dirigeants européens avaient conclu que les banques qui détenaient de la dette grecque perdraient 21% de leur mise. Mais ils veulent désormais qu'elles acceptent des pertes plus importantes. On parle désormais de 50%. C'est le chiffre qui est sur la table et qui aurait l'assentiment des ministres. 

Recapitalisation

En contrepartie de cet effort, les Etats s'engageraient dans une recapitalisation du secteur. Le fonds monétaire avait chiffré cette recapitalisation à 200 milliards d'euros il y a plusieurs jours mais les chiffres qui se dégagent aujourd'hui sont bien en deçà. On parle désormais de 90 à 100 milliards d'euros.
  
Quel mécanisme pour doper le fonds de secours de la zone euro ?

A côté de ces deux questions essentielles, participation du privé et recapitalisation, il y a un troisième dossier qui divise encore la France et l'Allemagne : c'est la mécanique qui sera utilisée pour doper le fonds de secours de la zone euro. 

La France aurait aimé que le fonds devienne une institution financière pour qu'elle puisse s'approvisionner auprès de la banque centrale européenne. Ce que rejette l'Allemagne et la BCE elle-même. La France serait prête à céder sur point.

Quoi qu'il en soit, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se retrouveront ce soir, avant les deux sommets prévus demain, pour tenter d'afficher une position commune. 

Euro: solution "très complexe" (Sarkozy)

Le président français Nicolas Sarkozy a expliqué ce dimanche, à l'issue d'un sommet européen, qui sera prolongé par une réunion des dirigeants de la zone euro, que la résolution de la crise est "très complexe". Ce qui explique pourquoi aucune décision ne sera prise aujourd'hui.

"Les négociations avancent sur la question des banques, sur la question de la Grèce, les choses progressent", a-t-il déclaré, en renvoyant à mercredi la résolution des négociations européennes. Selun lui, "un accord assez large se dessine sur le renforcement du FESF".  Angela Merkel a ajouté que les modèles envisagés n'impliquaient cependant pas la BCE, comme le préconisait la France.


Nicolas Sarkozy a indiqué par ailleurs qu'un accord franco-allemand était crucial. "Nous sommes conscients des reponsabilités particulières qui reposent sur les épaules de l'Allemagne et de la France". Selon le président français, "il faut qu'il y ait un accord mercredi". Les difficultés ne sont "pas seulement techniques", mais aussi "financières", a-t-il précisé, après avoir été interpellé sur la persistence des divergences franco-allemandes.

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré lors de la conférence de presse, qu'aucune décision ne serait prise lors du sommet européen et de la rencontre des dirigeants de la zone euro. Les discussions reprendront mercredi. "Dans les heures à venir, nous discuterons de la façon dont les pays d'Europe conduiront leurs réformes", a-t-elle déclaré.

Les dirigeants des pays de l'Union européenne se sont rencontrés ce dimanche à Bruxelles avec l'objectif de tenter de surmonter leurs divergences sur les moyens d'enrayer la crise de la dette qui déstabilise la zone euro. Cet après-midi, le sommet se prolongera par une réunion des chefs d'État des 17 pays de la zone euro.

Soyons optimistes et patients

Un ami français de longue date, camarade de promotion à la fac de droit, né en Tunisie et toujours amoureux de Carthage et de la « proconsulaire » m’a appelé hier de Paris pour me demander « Alors comment ça va »… avec une petite vague d’inquiétude dans  la voix ! Je me suis empressé de la tranquilliser …
La Tunisie  se porte comme un  charme, on a de la pluie… Dieu merci, la sécurité est rétablie et l’industrie tourne à bloc à nouveau. Bon ! il y a le tourisme qui piétine encore, mais la reprise n’est pas loin… Et ce bon cher Claude de me rappeler à l’ordre : « Ecoute l’Arabe, je ne t’ai pas appelé pour ça… alors ces élections ça se passe bien et où vont –elles mener la Tunisie ! » C’est dire si les amis de notre pays et ils sont nombreux de par le monde, attendent avec la plus grande impatience l’orientation du cours des événements et la coloration de la future assemblée constitutionnelle.
Pour lui répondre je vais d’abord paraphraser  le Cheikh Rached Ghannouchi lui-même : « Le 23 octobre n’est pas la fin du monde… » et quel que soit le résultat  des élections et les forces  élues en présence la vie  suivra son cours et la terre continuera sa ronde autour du soleil et dans le Cosmos !
Par ailleurs quelles que soient nos appréhensions, nos joies ou nos déceptions les uns et les autres à la lumière des résultats de demain, il faut être plutôt heureux sereins et fiers d’avoir engagé la Tunisie sur la voie de la démocratie pluraliste et l’Etat de droit. La Tunisie semble être rentrée et pour longtemps dans l’ère de la différenciation structurelle et idéologique et l’alternance politique par la grande porte. Nous rejoignons ainsi au moins les pays de l’Est de l’Europe qui se sont débarrassés des systèmes totalitaires à partir des années 1980, comme la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, la Tchécoslovaquie et l’Allemagne de l’Est.
Certes la révolution n’est pas totalement accomplie, mais là encore tout dépend des orientations idéologiques et des ambitions. Il y a la révolution sociale  qui plaide pour l’égalitarisme, une meilleure distribution des fruits du travail  et de la croissance et la révolution libérale qui s’apparente à la social démocratie européenne et qui vise le développement économique la relance de l’investissement, la protection des libertés individuelles et politiques, tout en se mobilisant pour soutenir les classes moyennes et celles plus démunies et plus fragiles. C’est dire la difficulté du genre.
L’autre débat  est lié à la spécificité culturelle et identitaire de la Tunisie qui appartient à l’espace arabo-musulman.
Là, il va falloir prouver que les mouvements politiques islamistes sont réellement capables de régénérer l’islam démocratique malgré le despotisme qui a régné dans ses pays depuis des siècles. J’ai lu avec attention les déclarations des uns et des autres et je peux croire jusqu’à preuve du contraire qu’elles sont plutôt  rassurantes et les leaders de ces formations ont l’air  de vouloir jouer le jeu convenablement.
Dans le pire des cas que risquerions nous !... Certainement pas un retour à la dictature corrompue de Ben Ali. La dessus il y a consensus global et irréversible.
A la limite  un ralentissement de la cadence qui nous obligerait à revoir les ambitions de notre peuple et ses élites à la baisse ce qui serait pour le moins réellement improbable.
Non !... La Tunisie est sur les rails… Cette fois les bons. Soyons optimistes et fair-play comme disent les sportifs. Apprenons la modestie dans la victoire et la patience du courage et de l’honneur dans la  défaite. Après tout nous sommes au début du processus et ceux qui  n’auront pas la faveur du suffrage, peuvent rectifier le tir, réviser leurs programmes  et se préparer pour l’avenir.
Il fallu plus de 30 ans de combat à François Mitterrand et deux défaites pour battre la droite en France un certain soir de 1981 et renvoyer les Gaullistes vers les bancs de l’opposition au Parlement.
La démocratie c’est aussi cela !
Sa vertu est dans l’acceptation de la défaite, librement et dignement.
Mais pour cette fois-ci, ce qui est lumineux dans cette journée d’initiation générale à la véritable démocratie, c’est que nous sommes tous gagnants.
Alors ! Soyons optimistes… Le meilleur est à venir ! Patience !

Dans les bureaux de vote tunisiens, l'affluence "dépasse toutes les attentes"

L'affluence des Tunisiens pour élire une assemblée constituante "dépasse toutes les attentes", a déclaré dimanche à la mi-journée le président de la commission électorale Kamel Jendoubi, en dépit de quelques "irrégularités" pour ce scrutin historique. "L'affluence a dépassé toutes les attentes. Le taux de participation pourrait dépasser les 60%", a déclaré M. Jendoubi lors d'un point de presse à Tunis.

Le président de la commission a noté certaines "irrégularités" dans le déroulement du scrutin. "Certains partis continuent leur campagne et n'ont pas respecté le silence électoral" en vigueur depuis vendredi minuit, a-t-il déclaré. Il a notamment cité des "pressions sur les électeurs analphabètes" et des "SMS envoyés pour influencer le vote", sans citer aucun parti. "Ces pratiques peuvent nuire aux premières élections libres, démocratiques et transparentes" de la Tunisie, a ajouté M. Jendoubi, en mettant également en garde contre "toute tentative d'achat de voix".
Interrogée sur les files d'attentes séparées d'hommes et femmes dans certains bureaux, notamment dans les quartiers populaires de Tunis, une responsable de l'Isie, Monia al-Abad, a répondu: "ce ne sont pas les présidents de bureau qui ont décidé cela, ce sont des citoyens qui ont décidé de s'organiser de cette manière". Elle a salué "le comportement civique" des électeurs.
Plus de 7 millions de Tunisiens doivent élire une assemblée constituante de 217 membres qui sera chargée de rédiger une nouvelle constitution, neuf mois après la chute de Ben Ali. Dès l'ouverture du scrutin dimanche à 7 heures, de longues queues s'étiraient devant les bureaux de vote.

Les impétrants comme dirait l'autre...

CRISE DE LA DETTE L’Europe à un moment crucial de son histoire

La crise de la dette pousse la zone Euro à se réinventer, bien au-delà de la simple union monétaire.?Mais ce processus la place devant des choix démocratiques fondamentaux auxquels tous les pays ne sont pas forcément prêts.

Une tradition des “petits pas” devenue insuffisante

Après la Seconde Guerre mondiale, les Européens ont volontairement décidé de mettre en commun certains des pouvoirs dévolus jusqu’à présent aux Etats-nations afin d’assurer paix et prospérité à leur continent. Ce processus contrôlé et à pas comptés est désormais battu en brèche par l’irruption des marchés financiers. Ceux-ci réclament une intégration plus ambitieuse et surtout plus rapide pour éviter, assurent-ils, la disparition pure et simple de la monnaie unique.

Un besoin urgent de gouvernance économique

Face à ce constat d’un manque de coordination budgétaire, deux sommets européens sont donc convoqués, aujourd’hui et mercredi. Le renforcement de la gouvernance de la zone Euro figure parmi les trois grands sujets à l’agenda des dirigeants européens. Il s’agit avant tout d’améliorer le pilotage en commun de la zone Euro, dont le pêché originel est l’absence de gouvernement économique, selon plusieurs économistes. Faute de cette indispensable coordination économique, les 17 pays de la zone naviguent aujourd’hui à vue, “en haute mer et ils n’ont pas d’autre option que de négocier maintenant les détails” de cette gouvernance économique, juge Jonathan Story, professeur à l’Insead, près de Paris.
La BCE, la France, et quelques autres pays, dont l’Allemagne qui s’est ralliée aux vues françaises, appellent de leurs vœux la création d’un gouvernement économique en Europe, ou à tout le moins la nomination d’un ministre des Finances ayant le pouvoir de s’imposer aux États membres.

La question brûlante de la solidarité financière

“La crise actuelle ne pourra pas être résolue sans une forme explicite et acceptée de fédéralisme budgétaire”, analyse Nicolas Veron de l’institut Bruegel, un centre d’analyse économique basé à Bruxelles. Pour lui, ce changement interviendra avec la même ampleur que celui amené par le traité de Maastricht, à l’origine de la naissance de l’euro. Mais revenir devant les électeurs, pour approuver un nouveau traité, n’est pas sans risque, comme le rappelle l’échec de 2005.
Ce besoin de changement pose surtout une question brûlante : “Partageons-nous le même destin au point d’accepter une véritable solidarité financière ?”, se demande ainsi le chercheur.
Une question essentielle, non seulement pour des pays sous perfusion des Européens comme la Grèce, l’Irlande ou le Portugal, mais aussi pour des pays comme l’Italie ou l’Espagne.
Mais quelle que soit l’issue des sommets organisés cette semaine, l’Europe commence un nouveau chapitre de son histoire.

Notre cher ami Kadhafi

Il y a quarante ans, Mouammar Kadhafi prenait le pouvoir. Depuis, les pays européens oscillent entre l'hostilité envers un "Etat voyou" soupçonné d'alimenter le terrorisme et le désir de se rapprocher d'un partenaire potentiel riche en pétrole. Aujourd'hui, note la presse européenne, c'est le dirigeant libyen qui s'impose à coups de dédommagements, d'excuses officielles, d'humiliations et de contrats pétroliers.

Aucun chef d'Etat de l'Union européenne – mis à part le président de Malte – n'a assisté aux cérémonies du 40ème anniversaire de la révolution libyenne à Tripoli, mardi 1er septembre. Les relations entre la Libye et les puissances occidentales n'ont pas toujours été recouvertes du voile de scandale et de polémique qui les caractérisent actuellement. Dès le départ, elles ont été marquées par un va-et-vient constant entre confiance et méfiance, estime le quotidien allemand Tagesspiegel. "D'abord Kadhafi avait la réputation d'être incorruptible. Mais très vite, son image a changé avec le début du programme nucléaire libyen et le financement de divers rebelles et groupes terroristes dans tous les coins du monde".

Des lettres ministérielles embarassantes

L'attentat de Lockerbie en 1988 [270 morts] et la destruction d'un avion français au dessus du Niger un an après [170 morts] ont fait basculer Kadhafi dans "un statut de paria", assorti "de sanctions internationales pendant plusieurs décennies à la Libye", rappelle le Tagesspiegel. Puis, la confiance s'est réinstallée, quand Kadhafi a admis la responsabilité de la Libye dans les attentats de Lockerbie et accepté de verser un dédommagement aux familles des victimes. "De paria d'hier", le colonel Kadhafi est donc devenu l'ami des chefs d'Etat européens, une amitié alimentée par les nombreux marchés commerciaux signés avec la Libye.

Le regain de tension entre l'UE et la Libye à la suite de la libération anticipée d'Ali Al-Megrahi, condamné en Ecosse pour l'attentat de Lockerbie, et de son retour triomphal à Tripoli, le 21 août, n'a pas fini d'embarrasser le gouvernement britannique. Le Sunday Times vient de révéler le contenu de lettres ministérielles selon lesquelles le ministre de la Justice Jack Straw avait initialement l'intention d'exclure Al-Megrahi d'un accord de transfert de prisonniers avec la Libye. Mais, note le quotidien britannique "le gouvernement de Gordon Brown a changé d'avis suite à des négociations entre la Libye et BP [British Petroleum] sur un contrat d'exploration pétrolière de plusieurs millions de livres". Cependant, selon le Guardian, cette polémique pourrait imploser s'il s'avérait que "Al-Megrahi était innocent dans l'attentat de Lockerbie. Une idée qui, depuis des années, provoque un malaise dans le monde juridique écossais".

La Ligue arabe tire les oreilles de la Grande-Bretagne

Pour l’hebdomadaire roumain Dilema Veche, "la libération d'Al-Megrahi nous dit quelque chose d’important sur l’Occident : entre 1988 et 2009, il y a eu des changements majeurs de mentalités et d'attitudes. Aujourd'hui de manière impensable, on accepte que la Ligue Arabe tire les oreilles de la Grande-Bretagne en ce qui concerne l’application de la justice." Le quotidien français Le Monde estime néanmoins qu'à terme, la libération d'Al-Megrahi est un obstacle de moins entre l'UE et la Libye, "susceptible d'améliorer les relations avec l'ancien régime paria du Maghreb, alors que la Commission européenne mène de délicates négociations en vue de signer un accord-cadre avec Tripoli. En effet, la Libye exigeait du Royaume-Uni un tel geste pour accélérer le rapprochement".

Plusieurs voix, se font entendre pour dénoncer les provocations à répétition et l'ascendant que semble prendre la Libye sur le théâtre de la diplomatie. L'Espresso accuse ainsi le colonel Kadhafi de mener un "double jeu" avec ses partenaires, et notamment avec l'Italie, au surlendemain de la visite de Silvio Berlusconi à Tripoli dans le but de poser la première pierre de l'autoroute qui doit relier la capitale libyenne à Bengazi – financée par l'Italie à titre de dédommagement pour la colonisation. L'hebdomadaire romain accuse en particulier la Libye d'acheter des armes à des intermédiaires occidentaux pour ensuite approvisionner les rebellions et les guerres civiles en Afrique. L'Espresso évoque en particulier une enquête du parquet de Pérouse sur un trafic d'armes dans lequel seraient impliqués des intermédiaires italiens, ainsi qu'une ONG libyenne.

La périlleuse stratégie de la repentence

"La rage et l'humiliation" titre Le Temps en référence aux déboires de la Suisse face à la Lybie. Depuis un an, les relations diplomatiques entre Berne et Tripoli n'en finissent pas de se dégrader depuis l'arrestation musclée d'Hannibal, un des fils du Colonel, en juillet 2008, pour avoir frappé deux de ses domestiques dans un palace genevois. Le 21 août, le président de la Confédération suisse, Hans-Rudolf Merz, s'est rendu à Tripoli pour présenter au Guide de la révolution des excuses officielles, rappelle le quotidien genevois, espérant ainsi accélérer la libération de deux citoyens Suisses retenus en Libye depuis un an et désamorcer la crise. Mais la libération des otages, qui devait survenir avant le 1er septembre, se fait toujours attendre,Tripoli ayant réclamé une caution de 500 000 euros.

Ainsi, note Le Temps, la stratégie du repentir, souvent adoptée par les Européens, peut parfois s'avérer dangereuse : "Hans-Rudolf Merz s’en est aperçu face à la Libye, les excuses sont un instrument diplomatique redoutable qu’il faut manier avec grande précaution". Dans le cas de Silvio Berlusconi – qui s’était excusé pour la colonisation italienne en Libye, tout en obtenant en retour que Tripoli s'engage à bloquer l’immigration clandestine vers l'Italie, fournisse du pétrole et donne accès à des marchés libyens aux entreprises italiennes – comme dans celui du président suisse, "c’est le leader libyen qui a su utiliser les excuses de ses interlocuteurs pour exprimer sa soif de revanche sur l’Occident."

L’apothéose de Hollande

François Hollande se rappellera longtemps la semaine qui s’achève aujourd’hui, puisqu’elle aura marqué pour lui une double apothéose : apothéose au sein de la gauche, apothéose dans les sondages face à Nicolas Sarkozy.L e candidat désormais officiel du PS n’aura en effet jamais autant dominé le reste de la gauche qu’en cette fin du mois d’octobre 2011.

Il vient de s’imposer au sein de sa propre famille socialiste avec le score sans appel de plus de 56 %. Personne ne peut contester la clarté et l’ampleur de sa victoire.
Le rassembleur naturel de l’ensemble du Parti socialiste

De plus, le fait que les quatre candidats éliminés au premier tour de l’élection primaire, le radical de gauche Jean-Michel Baylet, le vigoureux social-libéral Manuel Valls, l’immarcescible Ségolène Royal et le mirobolant Arnaud Montebourg, se soient tous prononcés en sa faveur en fait le rassembleur naturel de l’ensemble du Parti socialiste. En se plaçant résolument et nettement au service du candidat proclamé, Martine Aubry complète avec intelligence le tableau.

Désormais, François Hollande représente et dirige pleinement la famille socialiste avec beaucoup plus d’autorité et de légitimité qu’il n’en a jamais eues durant les onze années pendant lesquelles il fut le premier secrétaire du PS. Jamais personne depuis François Mitterrand n’y était parvenu et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, pour parvenir à ce résultat, François Hollande a justement repris dans les moindres détails la méthode du charisme patient et opiniâtre de François Mitterrand.

Cela lui vaut, dans les sondages comme dans la réalité, un ascendant spectaculaire sur le reste de la gauche. Les deux candidats trotskistes demeurent pour l’instant totalement invisibles. Jean-Luc Mélenchon, étrangement calme depuis le début de la primaire socialiste, mesure mieux que quiconque l’ascendant nouveau de François Hollande sur sa famille politique, puisqu’il en est lui-même issu.

Quant à l’aigre Eva Joly, elle a beau menacer le candidat socialiste de refuser tout accord gouvernemental si François Hollande ne s’engage pas à renoncer au nucléaire, elle n’est pas en position de force. Les Verts ont plus besoin d’un accord électoral que les socialistes et, sans accord gouvernemental, un accord électoral risque d’être beaucoup moins accommodant. A gauche, le paysage se dégage. Cette accalmie sera cependant de courte durée.

La crise aiguë de l’euro rendra à Jean-Luc Mélenchon un espace pour développer ses thèses altermondialistes. Aujourd’hui éclipsé par l’intronisation de François Hollande, le champion du Front de gauche attend son heure pour reprendre l’offensive avec d’autant plus de virulence qu’il a été plus entravé. De même (avec moins de talent) Eva Joly repartira-t-elle à l’attaque contre François Hollande en multipliant exigences et menaces. Aucun des deux candidats ne constitue un péril pour François Hollande mais tous deux vont tenter de le contester et de le grignoter. L’apothéose d’aujourd’hui ne durera pas, même si de ce côté l’essentiel est acquis.

Face à Nicolas Sarkozy, François Hollande fait aujourd’hui figure de grand favori, le président de la République se trouvant dans la situation totalement inédite sous la V e République d’être à la fois le chef de l’Etat sortant et le simple challenger du principal candidat de l’opposition. Dans les sondages, le candidat socialiste culmine en effet à des hauteurs inaccessibles, avec des chiffres le situant jusqu’à 39 % au premier tour et 64 % au second tour (enquête BVA) des évaluations aussi spectaculaires qu’artificielles.

Personne, et surtout pas François Hollande, n’imagine un instant que de tels sommets puissent être durables. Depuis six semaines, la primaire socialiste a bénéficié d’une exposition médiatique sans précédent. Elle s’est achevée en apothéose pour François Hollande. Les sondages le saluent chapeau bas, avec une triple révérence. Au même moment, la crise européenne assombrit tous les jours le climat et le gouvernement annonce sans cesse de nouveaux efforts.
Sarkozy incarne l’impuissance des dirigeant européens

Nicolas Sarkozy incarne cette phase sacrificielle et personnifie l’impuissance des dirigeants européens à reprendre fermement le contrôle de la situation. Lui-même fait de surcroît l’objet d’un rejet personnel de la part d’un tiers des Français, en chiffre rond, exaspérés par son style et déçus par son action. Dans ces conditions, il se retrouve aussi distancé actuellement par François Hollande que François Mitterrand le fut par Valéry Giscard d’Estaing six mois avant l’alternance de mai 1981.

Ce rapport des forces se modifiera inéluctablement. François Hollande va devenir la cible obsessionnelle de la droite, comme Nicolas Sarkozy l’est depuis quatre ans et demi de la gauche, du centre et de l’extrême droite. Chaque événement, chaque péripétie sera l’occasion d’un duel indirect avec le chef de l’Etat. Celui-ci parviendra peut-être, on le verra dans les deux semaines qui viennent, à déployer sur la scène européenne et au G20 son énergie et sa capacité d’entraînement. La crise et la dramatisation qui vont de pair ne cesseront de s’accentuer jusqu’à l’élection présidentielle. Elles ne le desservent pas. On voit bien apparaître déjà en tout cas le casting du film présidentiel, avec le favori en homme tranquille de la gauche et le challenger en homme d’action de la droite.

Les débuts difficiles du livre de Banon en librairie

D'après les libraires interrogés par le Figaro, le livre qui revient sur l'affaire DSK ne ferait pas recette malgré un tirage important et une belle mise en place.

L'histoire de Tristane Banon fait le buzz sur Internet mais ne déplace pas les foules en librairie. Selon nos informations, son livre, Le Bal des hypocrites, sorti en librairie jeudi 13 octobre ne se vend pas bien. «Le livre bénéficie d'une belle mise en place mais il ne démarre pas fort, explique un libraire parisien. Nous en avons vendu cinq seulement et les chiffres ne sont pas meilleurs chez nos confrères».

Même impression à la librairie Mollat de Bordeaux où quatre livres ont été vendus le premier jour mais où seulement trois on été vendus depuis. «Le livre marche gentiment, explique l'un de ses vendeurs. Mis à part les clients du premier jour qui l'attendaient, nous n'en vendons pas beaucoup : je ne pense pas qu'il s'annonce comme un succès de librairie». La plupart des librairies parisiennes qui communiquent leurs ventes sur le serveur Datalib n'en ont ainsi pas vendu plus de quatre à cinq.

«Rebondissement dans l'affaire DSK»

Ce livre revient sur l'affaire DSK vue par celle qui a porté plainte en France pour tentative de viol. «Personne ne réalise que «l'Affaire», c'est juste une vie qu'on a jetée à la poubelle», écrit la jeune auteure qui ne cite jamais DSK mais lui préfère le sobriquet d'«homme babouin» ou «l'ancien gros». Suffisant pour «faire de la presse» mais pas pour faire des ventes si l'on en croit les libraires interrogés mardi matin par Le Figaro. «Ce genre de livre est typique de l'essai qui intéresse les journalistes et a beaucoup d'articles mais qui ne marche pas bien en librairie, explique l'un d'eux. Les gens ont lu les bonnes pages dans la presse et estiment avoir tout vu».

La fin à venir de l'affaire DSK-Banon et l'arrêt probable des poursuites de la romancière ne sont pas non plus de nature à doper les ventes. Le verdict des libraires n'est toutefois pas définitif. «Il suffit d'un nouveau rebondissement dans l'affaire DSK aux Etats-Unis ou ailleurs pour que le livre se mette soudainement à marcher», explique un libraire dans le 7e arrondissement de Paris.

Panne française

Le moteur franco-allemand de l’Europe a-t-il été relancé hier ? À très petite vitesse, en cahotant, en fonctionnant sur le seul cylindre allemand entraînant le français en roue libre…


C’est la première leçon à tirer des conclaves européens débutés vendredi avec la réunion des ministres des Finances pour enfin donner une réponse à la crise de l’euro, peut-être mercredi. Car le plan français consistant à étoffer le Fonds de sauvegarde FESF jusqu’à 2000 milliards d’euros (au lieu de 440), à le transformer en « banque » pour emprunter auprès de la BCE de Francfort, a été abandonné. Il se heurtait surtout à Angela Merkel au nom du respect des traités et par doctrine monétariste. Également pour des raisons politiques. On semble vouloir ignorer à Paris que l’Allemagne est une démocratie parlementaire avec de forts tiraillements au sein de sa majorité gouvernementale. Conforté par les arrêts de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, le Bundestag ne veut pas être une chambre d’enregistrement : la chancelière n’a pas mandat pour aller au-delà de ce que les députés ont voté fin septembre pour le FESF.


Reste sur la table la proposition de Berlin qui ferait de ce FESF une assurance garantissant les emprunts jusqu’à concurrence des 440 milliards, non plus à 100 %, plutôt à 20 % ou 30 %. La « couverture » du FESF serait élargie… et trouée à force d’être tirée : par exemple, au lieu de 100 milliards entièrement garantis, le Fonds cautionnerait 300 milliards à 30 %. Certainement insuffisant.


Pour la France qui espérait un FESF « bancaire » et ne plus avoir à s’adresser aux marchés au risque de perdre son triple « A » par surendettement, le coup est rude. Certes, l’officielle bonne entente franco-allemande obligeant, le choc va être amorti sous un emballage de compromis que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devaient élaborer hier soir au cours d’un énième tête-à-tête. Mais une épée de Damoclès plane toujours sur la note française. Une menace d’autant plus grande que la recapitalisation des banques européennes avec 100 milliards (dont une dizaine pour les françaises) devrait tenir compte d’une décote à hauteur de 60 % de leurs engagements grecs. Les banques sauront-elles absorber cette recapitalisation ? Ou vont-elles de nouveau s’adresser à l’État ? Les renflouer avec de l’argent public, de surcroît emprunté, serait aussi désastreux en période électorale que la perte du triple « A ».


Enfin, il y a toujours la grande crise, celle de la zone euro. Jusqu’à présent, pas de miracle à Bruxelles !

François Hollande, "ce grand naïf au regard de chien fidèle"

En quelques années, celui qui est désormais le candidat du PS a changé d'apparence, perdant du poids pour gagner en épaisseur. Mais seul son look est véritablement nouveau, estime le quotidien autrichien Der Standard.

"Franchement, vous imaginez Hollande président de la République ?", interrogeait récemment Laurent Fabius, une des sommités du Parti socialiste français (PS) [qui soutenait la candidature de Martine Aubry]. Et pourtant, c’est bien François Hollande, cet éternel pitre, ce bon vivant à l’air finaud, ce grand naïf au regard de chien fidèle, qui aspire aujourd’hui au poste suprême ! Les élites parisiennes ont du mal à le croire mais d’après les sondages, il est bien le candidat le mieux placé pour prendre la place de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en mai 2012.

En 2007, François Hollande était encore la risée des Français. Sa compagne et ancienne candidate, Ségolène Royal, venait de le mettre à la porte après avoir découvert sa relation avec une journaliste, Valérie Trierweiler. Cela avait achevé de le convaincre qu’il était temps de perdre du poids et de prendre des mesures radicales pour enfin se débarrasser de son image de brave homme ordinaire. Fils d’un médecin de Normandie, François Hollande n’a pas ménagé ses efforts pour afficher moins de rondeur. A présent, il commence toutes ses phrases par un "je veux", accompagné du geste idoine de la main droite que recommandent tous les spécialistes de media training.

Mais tout cela ne suffisait pas : encore lui fallait-il avoir de la chance. Or, au printemps dernier, Dominique Strauss-Kahn, qui portait les espoirs de la gauche, est soudain soupçonné de viol et mis hors jeu. François Hollande s’empresse de se présenter comme "nouveau" candidat. "Nouveau" est un bien grand mot, car après plus de trente ans de carrière politique, ce diplômé de l’ENA est moins "nouveau" que ses adversaires Ségolène Royal et Martine Aubry. Seul son look est véritablement nouveau. Et la chance, de nouveau : les Français en ont plus qu’assez des gesticulations de Nicolas Sarkozy et de ses manières de nouveau riche. Un homme normal et sympathique a tout pour leur plaire.

François Hollande parle bien et a le sens de la répartie. Mais que dit-il au juste ? Il "veut" réduire la dette mais d’abord créer 60 000 postes de nouveaux professeurs. Il "veut" sortir du nucléaire mais aussi soutenir la recherche dans le domaine. Il "veut" augmenter les pensions de retraite mais seulement pour certaines catégories. François Hollande, l’homme du consensus, voudrait être agréable à tout le monde. Cela le rend dangereux pour Sarkozy : il attire beaucoup d’électeurs du centre. Mais peut-on devenir président en étant si "simplement normal" ? L’intéressé répond par une pirouette : "Je sais que je n’ai pas la tête d’un président, mais il y en a beaucoup qui l’ont et qui ne le deviennent jamais."

Grèce: pertes "substantielles" en vue des banques créancières



ATHÈNES SOUS LES DÉTRITUS









CRISE DE L'EURO. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont-ils au bord du divorce ?

Le sommet européen de ce dimanche suivi d'un autre rendez-vous mercredi sera décisif pour l'avenir de l'euro. Ce qui n'empêche pas la zizanie de régner parmi les 27. D'autant que Paris et Berlin ne sont pas en reste. 

Les rixes européennes ont déjà perturbé la cérémonie d’adieu de Jean-Claude Trichet à Francfort, mercredi. L’arrivée inopinée de Nicolas Sarkozy, puis l’heure et demi de réunion qui a suivi, ont empêché le grand argentier d’assister à la première partie du concert donné en son honneur… Pourtant, au fur et à mesure que se multiplient téléconférences et coups de fil, que se succèdent réunions formelles et informelles, les malentendus croissent, et l’eurozone se fragilise.
Initialement le Conseil européen de la dernière chance devait avoir lieu lundi et mardi derniers. Repoussé à ce dimanche, on sait d’ores et déjà qu’il ne règlera pas tous les problèmes, et que mercredi prochain les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouveront à nouveau. Avec l’espoir, promettent-ils d’aplanir la majorité des problèmes. Il y a quelques semaines, ils avaient déjà promis un règlement définitif au sommet –finalement reporté- des 17 et 18 octobre !

Les trois pommes de discorde
Sur les cinq points à l’ordre du jour de la réunion de dimanche, deux sont assez consensuels et sans difficulté, parce que lointains ou encore imprécis –la relance de la croissance et la gouvernance-. En revanche, trois sujets sont problématiques, et d’ailleurs intimement liés. Ce sont eux qui suscitent tant de déclarations contradictoires entre Paris et Berlin : le règlement du problème grec, la situation des banques et la question de fonds européen de stabilité financière (FESF).
Sur la Grèce, un conseiller de l’Elysée assure : "tout le monde cherche à aider Athènes, à rendre sa dette soutenable". Mais en accordant une décote de combien ? C’est là que le bât blesse. Il y a un quasi consensus pour dire le niveau de 21%, décidé le 21 juillet dernier, est désormais insuffisant. Alors faut-il monter jusqu’à 60%, comme l’a suggéré le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, au grand dam de beaucoup ? Et à quelle hauteur les banques participeront-elles à ce sauvetage ?
Second point, justement, les banques. Ont-elles assez de fonds propres, ou doivent-elles monter en puissance, comme le suggérait à la fin de l’été la nouvelle directrice générale du FMI, Christine Lagarde, faisant - dans un premier temps - hurler Paris et ses banquiers. Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo Securities, analyse : "il y a désormais un accord des Européens sur le fait que le système bancaire a besoin de fonds propres additionnels du fait de son exposition au risque souverain" (cliquer ici pour lire son analyse complète). A Bruxelles, on parle aussi d’accélérer le calendrier des accords de Bâle 3, qui prévoyait une augmentation des fameux fonds propres. Pour l’heure les négociations se focalisent sur une fourchette supérieure à 6 et inférieure à 10.
Transformer le FESF en banque ? Pour Berlin, c'est "nein"
Dernier, et plus gros point noir entre Paris et Berlin, le Fonds européen de stabilité financière, FESF. L’accord du 21 juillet avait prévu que le montant de ce fonds augmente (il atteindra 440 milliards d’euro) et que son rôle soit accru, pour qu’il serve notamment à prévenir de nouvelles crises de confiance chez des membres de l’eurozone. Le torchon brûle entre la France et l’Allemagne sur les moyens d’augmenter sa puissante de feu, ce qu’on appelle l’effet de levier. Dans l’Hexagone, on aimerait en faire une banque, ce que refusent absolument la BCE et nos voisins Outre Rhin. Eux souhaitent que le fonds fonctionne comme une assurance… Ce que Bruno Cavalier appelle "un rehausseur de crédit : c’est l’option très en vogue depuis quelques jours : le FESF assurerait, pour un certain pourcentage de perte, les investisseurs qui souscriraient aux nouvelles émissions de titres publics".
Mettre un terme à la cacophonie
En ce début de week-end, deux constats unissent les protagonistes de la zone euro, Paris et Berlin notamment. Premier constat, souligné par un diplomate français : "en aucun cas les décisions qui seront prises ne doivent conduire à repasser devant les Parlements. On a frisé la catastrophe avec la ratification de l’accord du 21 juillet, et le suspens slovaque. Ne recommençons pas !".
Deuxième constat : que s’arrête la cacophonie européenne. Il s’agit de ne pas se soumettre à cette tyrannie des marchés que les bisbilles européennes attisent. Il s’agit, aussi, de ne pas se faire, une fois encore, tancer par les Américains, comme ce fut le cas avec Timothy Geithner il y a quelques semaines à Marseille. Dernier souhait, émis par la Commission européenne, celui-là : cesser de traiter les problèmes un à un, comme cela a été fait depuis mai 2010 : après la Grèce, l’Irlande, puis le Portugal, puis le FESF, puis encore la Grèce. "Il est temps que les Européens mettent tous les thèmes sur la table", s’exclame un responsable de Bruxelles. "Le moment est décisif", s’est exclamée à plusieurs reprises Angela Merkel. Décisif pour l’Euro et l’Europe. Sans compter que le règlement du problème du Vieux continent n’est qu’un préalable. D’autres thèmes cruciaux seront au menu à Cannes au sommet du G20, le 3 novembre prochain.