On n'imagine pas les dommages collatéraux des conflits sociaux. Le jour de ma rencontre avec la baronne Ariane de Rothschild, la puissante vice-présidente de la holding Edmond de Rothschild, je traverse Paris à pieds -faute de moyens de transport -, sous les cris des manifestants en colère : « Y'en a ASSEZ ! ASSEZ ! ASSEZ d'cette société qui engraisse les actionnaires et vire les salariés ! Y'EN A ASSEZ ! »
lundi 20 décembre 2010
Portrait : Ariane de Rothschild
On n'imagine pas les dommages collatéraux des conflits sociaux. Le jour de ma rencontre avec la baronne Ariane de Rothschild, la puissante vice-présidente de la holding Edmond de Rothschild, je traverse Paris à pieds -faute de moyens de transport -, sous les cris des manifestants en colère : « Y'en a ASSEZ ! ASSEZ ! ASSEZ d'cette société qui engraisse les actionnaires et vire les salariés ! Y'EN A ASSEZ ! »
La vie au bureau : Le bal des hypocrites
L'entretien individuel, moment d'échange rituel entre managers et collaborateurs se transforme trop souvent en règlement de comptes.
Le Guilloux excelle en Excel
Ambiance feutrée au bureau d'études
Dernière ligne droite pour effacer vos plus-values boursières
Chaque fin d'année, un bilan de vos plus ou moins-values mobilières s'impose, pour éviter une fiscalité trop lourde. Avec la suppression du seuil de cession en 2011, l'opération est plus que jamais salutaire.
Gagner de l'argent en Bourse, c'est bien. Optimiser le traitement fiscal des plus-values obtenues, c'est encore mieux. Il est généralement conseillé de dégager ses moins-values en fin d'année, pour les soustraire de ses gains et adoucir ainsi la fiscalité applicable.
C'est d'autant plus indispensable en cette fin d'année que le projet de loi de Finances pour 2011, prévoit un alourdissement sensible de la fiscalité applicable aux plus-values boursières. Voici, selon les conseils de Mai Trinh-Brunswick, responsable de l'ingénierie patrimoniale au Credit Suisse, les différentes stratégies à mettre en oeuvre pour minimiser la fiscalité applicable aux portefeuilles boursiers et aussi profiter une dernière fois du seuil de cession.
1 Profiter une dernière fois du seuil de cession
Il y a plus-value quand on constate une différence positive entre le prix d'achat d'un titre et son prix de vente. Sur le gain ainsi enregistré, le particulier va subir une double taxation : le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL, 18 %) et les prélèvements sociaux (PS, 12,1 %) soit au total 30,1 %. Actuellement, il bénéficie cependant d'une exonération de ces plus-values, tant que le montant annuel de ses cessions n'excède pas un seuil fixé à 25.830 euros. C'est le fameux seuil de cession, en deçà duquel les plus-values boursières sont donc exonérées d'impôt - les prélèvements sociaux sont, eux, dus, dès le premier euro de cession.
La loi de Finances, votée mercredi, prévoit de supprimer ce seuil dès 2011. En clair, toute vente de titre, quel que soit son montant, donnerait lieu à taxation de la plus-value au titre du prélèvement fiscal libératoire et des prélèvements sociaux. Sans compter que ces deux postes sont aussi revus à la hausse pour l'an prochain, le premier passant de 18 % à 19 %, les seconds de 12,1 % à 12,3 %, soit au total des impôts et taxes qui passent de 30,1 % actuellement à 31,3 %. En cette fin d'année, il faut donc profiter une dernière fois des bienfaits du seuil de cession, en vendant jusqu'à 25.380 euros vos titres en plus-value. Quitte à les racheter dans la foulée (voir ci-dessous).
2 La technique de l'acheté-vendu
Cette opération permet d'éviter ou de réduire l'imposition sur les plus-values boursières. Elle ne vaut que si vous avez dépassé le seuil de cession et que vous êtes donc imposable. Concrètement, vous vendez des titres en plus-value pour les racheter immédiatement au même cours. Parallèlement, vous vendez aussi vos titres en moins-values. Dans votre portefeuille, rien n'a changé, puisque vous rachetez les titres que vous souhaitez conserver. Mais, fiscalement, vous y avez gagné, les moins-values externalisées annulant les plus-values. Signalez-les auprès de la banque comme un acheté-vendu fiscal, pour obtenir des frais de courtage réduits.
3 Clôturer un PEA en moins-values
Si vous détenez à la fois un PEA dans lequel vous avez des moins-values latentes et un compte titres en plus-value, vous pouvez avoir intérêt à clôturer votre PEA. Cette opération doit être réalisée moins de cinq ans après l'ouverture de votre PEA (elle concerne donc ceux ouverts après 2005), car, après cette date, la fiscalité particulière du PEA vous interdit d'imputer les moins-values.
Dans un contexte de marché où bon nombre d'actions françaises ou européennes affichent aujourd'hui des baisses significatives, la clôture du PEA permet de constater des moins-values, lesquelles seront imputables sur les plus-values réalisées au sein du compte titre dans les dix prochaines années. L'inconvénient de cette opération est de perdre l'antériorité du PEA clôturé. Mais, en parallèle, vous pourrez ouvrir un nouveau PEA pour bénéficier d'une exonération future de vos plus -values (lire « Les Echos Patrimoine » du 5 novembre).
Zone euro : "Pas de restructuration de dettes à l'ordre du jour ", déclare Lagarde
Elle a déclaré au journal belge De Tijd qu'aucune restructuration de dette n'était envisagée pour la Grèce ou pour d'autres Etats.
L'inquiétude entourant la capacité des Etats périphériques de la zone euro à maîtriser leur dette a été ravivée vendredi, lorsque l'agence Moody's a annoncé avoir abaissé de cinq crans sa note souveraine de l'Irlande (voir ).
Les dirigeants européens, qui se sont réunis jeudi et vendredi à Bruxelles, n'ont toutefois pas décidé d'engager dans l'immédiat de nouvelles mesures pour juguler la crise.
Dans une autre interview accordée au Wall Street Journal, Christine Lagarde a reconnu que les dirigeants de la zone euro avaient délibérément choisi "d'enfreindre" les règles de l'Union en sauvant la Grèce et l'Irlande de la faillite, afin de protéger la zone euro.
Lors du septième sommet européen de l'année, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept se sont entendus pour pérenniser à partir de 2013 le Fonds européen de stabilité financière (FESF) créé en mai et doté de garanties des pays de la zone euro à hauteur de 440 milliards d'euros.
Christine Lagarde a jugé que cette décision représentait un "ajustement majeur" mais nécessaire après la crise budgétaire qui a frappé l'Europe cette année.
Elle a qualifié les sauvetages de l'Irlande et de la Grèce, ainsi que la création du FESF de "transgressions majeures" du Traité de Lisbonne.
"Nous avons enfreint toutes les règles car nous voulions resserrer les rangs et vraiment sauver la zone euro", a-t-elle déclaré.
"Le Traité de Lisbonne est très clair. Pas de sauvetage."
Lors du sommet de jeudi et vendredi, les Vingt-Sept ont décidé d'ajouter un paragraphe à l'article 136 du traité afin de pérenniser à partir de 2013 le mécanisme de crise décidé en mai.
dimanche 19 décembre 2010
je te reprends assouline !!!!#
On pourrait s’en tenir à sa qualité de première en tout (première femme reçue à l’Ecole Normale supérieure, première femme élue professeur au Collège de France, première femme élue à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sans oublier son rang au Concours général, à l’agrégation etc) mais on verserait dans le Livre des records qui n’était pas son livre de chevet. De Jacqueline de Romilly, qui vient de s’éteindre à 97 ans, nous préférons retenir une leçon. Un modèle. Un exemple. Ne jamais plier, ne jamais renoncer, ne jamais abandonner. Cette helléniste en colère avait une idée fixe et elle s’y est tenue durant toute la seconde moitié de sa vie jusque dans sa nuit au cours de sa dernière décennie : sauver les Humanités coûte que coûte. Marteler encore et encore dans tous les médias qui voudraient bien lui tendre un micro le principe selon lequel les langues anciennes étant le socle des idées contemporaines, pas seulement la démocratie mais le sens même de l’humain, tout honnête homme se doit d’en passer par elles. Mais si son incessante propagande partait bien de la défense du grec et du latin, les langues sans oublier les cultures assorties, elle s’étendait naturellement à celle d’un enseignem
Au lieu d’en appeler au sauvetage d’un enseignement des humanités au bord de l’abîme, elle a chanté haut et fort la grandeur de la langue grecque. Aidée de Monique Trédé, qui dirige le Centre d’Etudes anciennes de l’Ecole Normale Supérieure, Jacqueline de Romilly poussait à nouveau son cri de guerre sous forme de chant d’amour dans Petites leçons sur le grec ancien (176 pages, 15,50 euros, Stock). La lecture en est passionnante car fluide, légère, ailée même. On en oublierait la densité du propos. D’autant que les auteurs ne résistent pas au plaisir de moquer les précieux ridicules, ces pédants et faux-savants des médias et d’ailleurs, qui mettent par exemple de la “problématique” (art de poser les problèmes) à toutes les sauces, là où “problème” suffit amplement. Tout pour la langue. Ce qui ne fut pas toujours le cas dans l’abondante bibliographie de l’helléniste, plus souvent consacrée à Thucydide, au pathétique dans la tragédie ou à la modernité d’Euripide. J’en ai surtout retenu un chapitre sur la faculté du grec ancien à
Membre d’innombrables académies étrangères, juive selon Vichy, convertie au catholicisme il y a peu par le prêtre maronite libanais le père Mansour Labaky (« La première communion et la confirmation, à 95 ans, il était temps ! »), elle se vit accorder la nationalité grecque en hommage à son dévouement à la cause. Toutes choses que Jacqueline Worms de Romilly, née David, accueillait avec une grande élégance et une authentique humilité, sans regard et sans famille, ne cessant jamais de rendre hommage à celle à qui elle disait tout devoir : une romancière aujourd’hui oubliée du nom de Jeanne Malvoisin, qui n’était autre que sa mère.
(”Jacqueline de Romilly chez elle en 2004″, photos Olivier Roller)
Jacqueline de Romilly, une vie au service des belles lettres
L'académicienne Jacqueline de Romilly, spécialiste de la civilisation et de la langue grecques, est décédée samedi 18 décembre, à l'âge de 97 ans
L’immense femme de culture que nous connaissions aussi pour son franc-parler avait déclaré un jour à une consœur journaliste ceci, qui devrait nous rendre modeste : «Sachant que je parle à une journaliste, je persiste et signe. Un texte n’est sauvé que par sa qualité d’expression et sa qualité humaine. Par définition, l’article écrit rapidement pour le lendemain n’a aucun de ces deux avantages ». Passant outre ces sévères propos, nous n’avions pas regretté, pour notre part, de publier récemment une longue rencontre avec cette indémodable « Athénienne ».
Une extrême délicatesse de sentiment
Immortelle, sûrement, dans le souvenir qu’elle nous lègue. D’abord à cause d’une extrême délicatesse de sentiment. On peut en relever une jolie trace dans son discours de réception à l’Académie, la tradition voulant que l’on prononce l’éloge de son prédécesseur au fauteuil duquel l’on succède : que pouvait-elle bien dire d’André Roussin, maître du théâtre de boulevard, à cent lieux de son univers ?
Elle trouva le propos juste et qui touche au cœur : « Il s’est inquiété, une fois, de ce que le mot «gentil» pouvait avoir de protecteur et de légèrement méprisant. Pour moi, il exprime au contraire un éloge sans réserve. C’est un mot qui rayonne. Associée à l’intelligence, la gentillesse étonne et charme… »
Son pur amour de la richesse des mots
Plus loin, Jacqueline de Romilly s’incline devant Racine et sa Bérénice, éblouie par la sobriété du verbe choisie pour exprimer un sentiment si fort : « Depuis cinq ans entiers chaque jour je la vois, et crois toujours la voir pour la première fois ».
L’élégance – si l’on devait tenir compte de sa modestie – voudrait que l’on passât sous silence la litanie de ses nombreux titres. Qu’elle nous pardonne encore : les énumérer donne une idée de son éclectisme. Née à Chartres en 1913, fille de Maxime David, professeur de philosophie mort pour la France en 1914 et de Jeanne Malvoisin, romancière, à qui elle disait tout devoir, elle devient la première femme professeur au Collège de France en 1973, première femme membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1975 et seconde femme à entrer à l’Académie française après Marguerite Yourcenar.
Elle n’a jamais cessé de transmettre généreusement son savoir
Elle n’appartenait pas à l’école héllénistique inspirée par le structuralisme et incarnée par Louis Gernet, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet ou Claude Mossé. Mais ses travaux, de facture plus classique, entendaient éclairer nos sociétés, d’autant plus que Jacqueline de Romilly, loin de s’enfermer dans une tour d’ivoire universitaire, n’a jamais cessé d’enseigner, de transmettre généreusement son savoir.
Elle résumait ainsi, en 2004, pour le magazine Lire les quelques convictions essentielles qu’elle en tirait : « On découvre dans l’étude de ces langues le point de départ des principales idées contemporaines. C’est vrai pour la démocratie… mais aussi de tous les mots qui aujourd’hui, désignent les grands principes et les grandes valeurs de la vie quotidienne. »
L’idée grecque qui l’aura jusqu’au bout fascinée le plus est « le sens de l’humain. Tous les textes grecs parlent de l’homme et fondent les vertus sur l’idée suivante : 'je suis homme comme lui, et cela pourrait m’arriver'… Ce qui est à l’œuvre ici, ce n’est pas la charité du pardon mais bien le sens de l’humain ».
Son cheminement vers le catholicisme
L’important est de faire connaître les expériences passées, non pas comme des modèles à imiter mais comme des références pour comprendre le présent. Il faut à tout prix sauver la formation littéraire, qui non seulement apporte aux jeunes des éléments de comparaison leur permettant de juger, mais leur donne aussi une force intérieure », affirmait-elle (Les Échos, 1996).
Cette force dont elle-même donna l’exemple jusqu’au bout, malgré la fatigue, la quasi-cécité : «Avoir traversé le siècle, c’est fatigant. Aujourd’hui j’arrive au terme. Je ne redoute pas la mort, disait-elle au journaliste de la Croix Laurent Larcher, qui l’interrogeait l’été dernier, mais l’effondrement intellectuel, le « gâtisme », la dépendance. »
Elle lui confiait surtout son cheminement vers le catholicisme et avoir été préparée par le P. Mansour Labaky, prêtre maronite libanais, à la première communion et à la confirmation : « A 95 ans, il était temps ! », concluait-elle avec humour.
(1) Jacqueline de Romilly était engagée dans deux associations qui encouragent l'étude des humanités et le renouveau des valeurs civiques : Sauvegarde des enseignements littéraires ( www.sel.asso.fr ) et L'élan nouveau des citoyens ( www.elandescitoyens.org ).
La flamme de l'hélléniste Jacqueline de Romilly s'est éteinte
Académicienne, Jacqueline de Romilly a écrit une oeuvre considérable sur cette Athènes du Ve siècle (d'avant JC) d'où «tout est sorti brusquement»: la philosophie, l'histoire, la tragédie, la comédie, les sophistes.
«Emerveillée» par cette époque, elle a ainsi beaucoup travaillé sur l'historien Thucydide (un des «hommes de sa vie», disait-elle), Homère, Eschyle ou Euripide. On lui doit également un livre sur la Provence, un roman et quatre volumes de nouvelles.
«Je regrette que l'on n'oeuvre pas suffisamment pour ce qui développe la formation de l'esprit par la culture, par les textes et l'intimité avec les grands auteurs, perdant ainsi un contact précieux avec ce que les autres ont pensé avant nous», estimait-elle.
Jacqueline David est née le 26 mars 1913 à Chartres (Eure-et-Loir). Son père, juif, normalien, philosophe, est tué au front quand elle a un an. Sa mère, romancière, l'élève. Elle rencontre un homme «aux trois quarts juif» dont elle divorcera. Sa famille s'appelle Worms et possède «Le Petit Echo de la mode». «Au moment de la Révolution française, dira l'hélléniste, les Worms avaient acheté le château de Romilly, ajouté froidement +de Romilly+ et s'étaient appelés Worms de Romilly».
Elle est tour à tour la première lauréate au Concours général, la première normalienne intégrant la rue d'Ulm, la première femme, en 1973, professeur au Collège de France. Elle ne fut toutefois que la deuxième, en 1989, après Marguerite Yourcenar, à siéger à l'Académie française, après avoir enregistré un premier échec.
La modernité des Grecs anciens l'intéressait plus que la mythologie à proprement parler. Elle admirait cette démocratie qui a eu le mérite d'avoir été inventée là, même si elle excluait nombre de catégories, notamment les femmes et les esclaves.
Jacqueline de Romilly savait parler de la pertinence de cette période historique dans l'Europe actuelle.
«On veut que les enfants sachent ce qui se passe autour d'eux. Mais quelle merveille de découvrir un monde autre pendant une heure. Pourquoi tirerait-on davantage d'une rencontre avec n'importe qui que d'un tête-à-tête avec Andromaque ou Hector ?», demandait-elle.
Elle déplorait que l'ensemble des connaissances soit aujourd'hui miné par l'utilitarisme. Sous-entendu: une société qui néglige Homère finira par oublier Voltaire.
Pour elle, le grec ancien devrait être accessible à tous. Elle a d'ailleurs écrit la préface de la seconde édition de l'Assimil du grec ancien, qui fut un inattendu best-seller.
Grand Croix de la légion d'honneur - seule une poignée de femmes y a eu droit -, Jacqueline de Romilly disait avec malice ne pas avoir eu, «bien sûr», la vie qu'elle souhaitait: «Avoir été juive sous l'Occupation, finir seule, presque aveugle, sans enfants et sans famille, est-ce vraiment sensationnel ? Mais ma vie de professeur a été, d'un bout à l'autre, celle que je souhaitais».
Ni nostalgie pourtant, ni pessimisme chez cette grande intellectuelle qui jugeait les années 2000 «inquiétantes et pleines de périls», mais restait confiante dans la «possibilité humaine de se reprendre, de se redresser et, avec l'aide du passé, d'inventer quelque chose de mieux».
Les Grecs contemporains l'adoraient et lui avaient souvent exprimé leur gratitude. Membre correspondant étranger de l'Académie d'Athènes, Jacqueline de Romilly avait obtenu la nationalité grecque en 1995 et avait été nommée ambassadrice de l'hellénisme en 2000.
UNE CERTAINE IDÉE DE LA GRÈCE.
Elle a rejoint ses "chers Grecs", Thucydide, Hérodote, Eschyle, Euripide ou Sophocle. Première femme professeur au Collège de France, l'académicienne Jacqueline de Romilly avait lié sa vie à la Grèce antique, partageant ses émerveillements pour les trésors de sa littérature et la naissance d'idées majeures.
L'immense helléniste s'est éteinte samedi à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt, selon son éditeur Bernard de Fallois. Elle avait 97 ans.
Toute sa vie, la philologue avait mené un combat en faveur de l'apprentissage des langues anciennes et de la connaissance des mots pour faire barrage à la violence de la société. A ses yeux, l'enseignement des humanités donnait la possibilité de "retrouver l'élan intérieur, la simplicité première et l'éveil".
Sa carrière est jalonnée de nombreux ouvrages sur les auteurs de l'époque classique (comme Thucydide et les tragiques) ou sur l'histoire des idées et leur analyse dans la pensée grecque, particulièrement la loi et la démocratie, la douceur, la psychologie.
En 1995, elle avait reçu la nationalité grecque avant d'être nommée six ans plus tard ambassadeur de l'hellénisme. "J'ai beaucoup plus rencontré Périclès et Eschyle que mes contemporains", confiait-elle au magazine "Lire" à 91 ans. "Ils peuplent ma vie, de mon réveil à mon coucher".
Née à Chartres le 26 mars 1913, la fille de Jeanne Malvoisin, auteur de romans et de contes, et de Maxime David, professeur de philosophie tué pendant la Première guerre mondiale, se passionne très vite pour les lettres classiques. Alors au lycée Molière, elle obtient des prix de grec et de latin au concours général en 1930, première année où les filles peuvent concourir. "Rien par la suite ne m'a jamais rendue aussi heureuse", dira-t-elle plus tard.
Ses études la conduiront à Louis-le-Grand, l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm et la Sorbonne. Et c'est un "hasard" -une lecture d'été- qui l'amènera à travailler sur Thucydide, historien du Ve siècle avant Jésus-Christ. "En phrases denses, chargées de sens, hautaines, subtiles, Thucydide pensait pour moi, en avant de moi", écrira-t-elle dans "Pourquoi la Grèce?" (1992).
Agrégée de lettres (1936), docteur ès lettres (1947), la jeune femme, qui épousera en 1940 Michel Worms de Romilly -dont elle divorcera-, enseigne quelques années durant dans des lycées, puis se voit contrainte d'arrêter, le statut des juifs d'octobre 1940 l'empêchant de dispenser des cours. La guerre finie, elle deviendra professeur de langue et de littérature grecques à l'université de Lille (1949-1957) avant de rejoindre la Sorbonne de 1957 à 1973, date à laquelle elle sera la première femme nommée professeur au Collège de France, où sa chaire s'intitulera "la Grèce et la formation de la pensée morale et politique".
En 1975, Jacqueline de Romilly sera aussi la première femme à devenir membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, qu'elle présidera en 1987. Et huit ans après Marguerite Yourcenar, elle sera la deuxième femme à rejoindre, en 1988, l'Académie française.
"C'est incontestable, j'ai été gâtée", avouait-elle en 2007 au "Point". "J'ai eu la chance d'appartenir à une génération où les femmes accédaient pour la première fois au podium, où les portes s'ouvraient enfin".
Sa connaissance de la Grèce ancienne lui vaudra des honneurs à l'étranger: elle est membre de nombre d'académies et docteur honoris causa de plusieurs universités en Europe, au Canada et aux Etats-Unis. Faite Grand-Croix de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite, elle est également commandeur des Palmes académiques, des arts et lettres. Plusieurs distinctions lui seront décernées, dont le Grand prix d'Académie française (1984) et le prix Onassis pour la culture (Athènes, 1995).
Le grand public la découvrira en 1984 à l'occasion de son passage dans l'émission télévisée "Apostrophes" pour son livre "L'enseignement en détresse". Un cri d'alarme qu'elle ne cessera de lancer, fondant Sauvegarde des enseignements littéraires et Elan nouveau des citoyens, deux associations pour "réveiller les valeurs de la démocratie" et les "remettre au coeur du débat citoyen".
En 2007, cette femme à la formidable énergie avait signé un appel lancé aux candidats à la présidentielle pour dénoncer la "catastrophe éducative". "Pas très optimiste", elle espérait un sursaut, sinon, prévenait-elle, "nous allons vers une catastrophe et nous entrons dans une ère de barbarie".
Invitée à dévoiler son secret de jouvence, Jacqueline de Romilly se disait habitée par la "conviction" et portée par la "force" que cela procure. Mais la vieillesse est un "terrible combat", "tout se dégrade, se défait, pouah, affreux!", lançait la philologue, pratiquement devenue aveugle.
L'helléniste qui "n'aimait l'histoire que dans la mesure où elle explique la littérature", se déclarait passionnée dans les textes grecs par "la rencontre avec la naissance de la pensée raisonnée" et "l'irruption de la lumière" dans "un monde encore confus et obscur".
En marge de ses ouvrages savants, Jacqueline de Romilly avait écrit des livres grand public, des nouvelles et un roman, "Ouverture à coeur", à 75 ans. Dans l'un de ses derniers livres, paru en 2008, le "Sourire innombrable" -des "mémoires pour rire"-, elle évoquait sa mère avec tendresse. Un livre loin de la Grèce Ancienne mais dont le titre même rappelait la puissance des liens qui l'unissaient à ses auteurs. A sa source, un vers d'Eschyle: "le sourire innombrable de la vague marine"...
Impossible de se tromper ! Viktor Loukachenko, président du Belarus (ou Biélorussie) au pouvoir depuis 1994, le « dernier dictateur d’Europe », sera triomphalement réélu aujourd’hui avec sans doute plus de 70 % des voix. Et une présidence à vie en perspective.
Comme les précédentes, cette élection est une mascarade. Elle a les aspects formels de la démocratie en présentant, face à Loukachenko, huit autres candidats… dans l’incapacité de s’exprimer, voire de se faire connaître en dehors des milieux intellectuels. Le KGB - au Belarus, la police secrète n’a même pas changé de nom ! - veille. D’ailleurs, selon l’agence russe Novosti, 18 % des électeurs ont déjà voté en raison d’une curiosité de la loi électorale. Pour Loukachenko, évidemment, car il s’agit surtout de salariés d’entreprises d’État menacés dans leur emploi en cas de mauvais choix, de militaires aux ordres ou d’étudiants qui pourraient être radiés de leurs facultés et résidences universitaires.
Certes, l’Union européenne, après avoir promis des milliards en cas de vraie démocratisation (sur quel budget ?) va s’indigner. Peut-être, via le Parlement de Strasbourg, va-t-elle remettre, comme en 2006 à Alexandre Milinkevitch, un nouveau « Prix Sakharov » à un défenseur de la démocratie. Quelle hypocrisie ! Elle fait rire le « Petit Père », le surnom populaire de Loukachenko : Allemagne en tête, les États européens, même les voisins les plus critiques envers Minsk, font d’excellentes affaires avec le Belarus.
Voilà un pays discipliné, ancienne manufacture de l’URSS avec de grandes compétences en sous-traitance et aux salaires très bas convertis en euros. Un rêve pour capitalistes réticents à des aventures extrême-orientales !
Mais il faut aussi reconnaître l’évidence. Le régime Loukachenko a su éviter au Belarus les errements de la Russie postcommuniste à la Boris Eltsine en gardant des structures héritées de l’ère soviétique. Avec une reconnaissance assurée dans les kolkhozes, avec l’émergence d’une classe moyenne… comme en témoignent les embouteillages à Minsk. Que l’UE l’admette ou non, Loukachenko possède une certaine assise populaire qui s’exprimera aujourd’hui. En ignorant les « suicides » de journalistes et les « disparitions » d’opposants.
Longtemps, les Européens ont espéré que Moscou allait « lâcher » le voisin biélorusse éternellement en conflit avec Gazprom. Il n’en est rien. Medvedev et Loukachenko s’embrassent de nouveau devant les caméras. Une façon de montrer qu’à 18 mois de la présidentielle russe, avec le retour prévisible de Poutine à la tête de l’État, le Kremlin garde la main sur son « étranger proche ». Sur l’Ukraine aussi, retombée dans le giron de Moscou.
Bref, rien de nouveau à l’Est de l’UE, après quelques parenthèses…
Le Louvre en état de Grâces
Un trou d'un million d'euros
Une occasion unique
Mort de l'académicienne Jacqueline de Romilly
Spécialiste de la civilisation et de la langue grecques, elle est l'auteur de très nombreux ouvrages sur cette période, notamment sur l'historien Thucydide, le théâtre d'Eschyle et d'Euripide et la guerre du Péloponnèse.
Née le 26 mars 1913 à Chartres (Eure-et-Loir) d'un père professeur de philosophie et d'une mère romancière, Jacqueline David a très vite été première: deux fois lauréate du Concours général, ouvert pour la première fois aux femmes en 1930, elle sera la première femme reçue à l'Ecole normale supérieure en 1933, puis à l'agrégation de lettres en 1936. Professeur de lycée à partir de 1939, elle est nommée maître de conférences (1949), puis professeur titulaire (1951) à la faculté des lettres de Lille, avant d'être professeur de langue et littérature grecques à la faculté des lettres de Paris (1957-1973). Elle est ensuite titulaire au Collège de France de la chaire "La Grèce et la formation de la pensée morale et politique" (1973-1984). "Maître en ces 'humanités' qu'elle enseignait depuis si longtemps, Jacqueline de Romilly était elle-même l'humaniste par excellence", a déclaré le ministre dans un communiqué. "Sa science du passé en faisait une femme éminemment actuelle", a-t-il poursuivi.
"Jacqueline de Romilly aura gardé jusqu'au terme de son existence presque centenaire, un même enthousiasme, une même passion, une même énergie inlassable pour défendre non seulement l'enseignement du grec et du latin mais aussi celui de notre langue", a souligné Frédéric Mitterrand.
"Elle voulait que les nouvelles générations continuent à disposer d'une langue riche et diversifiée, qu'elles gardent le sens du mot juste, dont dépend la qualité et la justesse de la pensée elle-même", a-t-il ajouté.
Le ministre a rappelé que "sa connaissance, sa pénétration du monde et de la culture grecs étaient si profondes, si complètes, si intimes qu'elles lui avaient valu [...] de recevoir en 1995 la nationalité grecque et d'être, quelques années plus tard, en 2001, nommée Ambassadeur de l'hellénisme".
Jacqueline de Romilly, "phare" (Bayrou)
Le président du MoDem François Bayrou a salué aujourd'hui la mémoire de l'helléniste et académicienne Jacqueline de Romilly, décédée hier, estimant qu'elle était "un phare" de la pensée.
"Au moment où Jacqueline de Romilly s'en va, nous sommes nombreux à avoir envie de lui dire notre affection et notre reconnaissance", a déclaré François Bayrou. Elle "était un phare, à la fois par l'immense culture, la volonté de se battre sans cesse pour défendre les bases de cette culture à laquelle elle croyait - et en particulier la langue grecque - et aussi une infatigable volonté d'être présente par l'écriture", a-t-il poursuivi.
"Jacqueline de Romilly vivait la culture grecque et aimait la langue grecque comme une langue et une culture vivantes. Pour elle, les Grecs du Vème siècle étaient des contemporains en Humanité. Elle découvrait par eux l'idée que la liberté accomplit la nature humaine et que la démocratie comme projet politique est l'accomplissement de cet épanouissement", a-t-il ajouté.
"Toute la sensibilité de cette femme exceptionnelle et son inaltérable engagement ont été et seront, pour tous ceux qui partagent sa conviction et son combat, un repère et un encouragement", a-t-il conclu.
BAYROU, PAUVRE INCULTE, PARLE-IL SEULEMENT UN PEU LE GREC ?
Jacqueline de Romilly
samedi 18 décembre 2010
Du brouillard au sommet de l’UE
Les hauts diplomates polonais en poste à Bruxelles font honneur à leur fonction quand on leur demande, le soir autour d’une bière, si leurs compatriotes veulent toujours de la monnaie unique.
La plupart laissent échapper un soupir. "Oui, l’euro", il est en crise celui-là. N’empêche. Cela ne changerait rien à la volonté de Varsovie de troquer ses zlotys contre la monnaie européenne. Mais quand ? Cela reste une question ouverte. S’ensuit un clin d’œil diplomatique. Avant cela, il faut voir si les plans de sauvetage suffisent et si les pays arrivent à rembourser leur montagne de dette. Certes, ces dernières semaines, on a plutôt été soulagé de ne pas être membre de la zone euro, mais c’est bien compréhensible, non ?
Des propositions franco-allemandes sans saveur
Les Polonais éprouvent le même sentiment à l’égard de l’euro que bon nombre de chefs de gouvernement européens à l’égard des propositions allemandes pour sortir de la crise : ils sont partagés. Entre rejet total et soutien absolu, la plupart des Etats membres tergiversent, explique un haut diplomate d’un petit pays. Oui, les Allemands ont souvent raison en la matière. Mais on ne veut pas toujours rester collé aux basques de Berlin. Ni de Paris d’ailleurs. "Nous n’avons plus d’appétence pour les propositions franco-allemandes", confirme un haut diplomate d’un grand pays.Les hésitations des chefs de gouvernements ne font qu’ajouter à cette ambivalence. Nicolas Sarkozy voulait encore convaincre ses partenaires d’emprunter plusieurs milliards d’euros avant la fin de l’année. Cet argent devait créer un "choc de croissance" et propulser l’Europe hors de la crise. Un peu de temps et deux paquets de sauvetage plus tard, l’entreprenant Français semble n’être que l’ombre d'Angela Merkel.
Parmi les nouveaux hésitants figure à présent le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. Celui-ci a tenté à grand renfort d’interventions de convaincre ses partenaires de financer une partie des dettes par des emprunts communs, sans grand succès. Après le refus clair et net de Paris et de Berlin, les emprunts communs ne sont pas à l’ordre du jour du sommet européen.
Par ces déclarations, le gardien désigné de l’euro ne fait qu’augmenter le désarroi autour de la monnaie unique. Il agace en outre certains de ses camarades qui laissent entendre d’où viendrait l’idée des emprunts communs. Ces derniers expliquent que dans l’usine à concepts de Bruxelles et de la Commission européenne se trouvent des fonctionnaires et des économistes engagés qui cherchent à amener les pays européens dans une union toujours plus étroite.
Quelque chose de bizarre dans le comportement des chefs d'Etat
Bon nombre d’entre eux sont issus des pays fondateurs de l’Europe. Ils voudraient à présent définir des normes économiques et sociales communes. Le repli national que l’on observe dans de nombreux pays va toutefois à l’encontre de leur projet. C’est pourquoi les commissaires européens se gardent bien d’en parler officiellement.Pour comprendre que les atermoiements des politiques n’aident en rien à régler cette crise, il suffit de regarder la réaction des Bourses et des décideurs financiers. Ces derniers ne s’intéressent que modérément à l’agitation de Bruxelles et continuent de miser contre l’euro. Juste avant le sommet européen, les agences de notation ont menacé de rabaisser la note d’autres pays lourdement endettés [l’Espagne et la Belgique].
Par conséquent, les chefs d’Etat et de gouvernement tentent de faire passer leurs réunions pour de simples conférences de travail. A Berlin, on parle de "sommet parfaitement normal". Il y a pourtant quelque chose de bizarre dans leur comportement. Même le patron de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, est annoncé. Voilà qui est inhabituel. Il était déjà présent au sommet extraordinaire de mai dernier à propos de la crise grecque. Deux jours après, l’Union européenne adoptait un plan de stabilisation de 750 milliards d’euros.
De vraies décisions, SVP !
Les Etats dits périphériques de la zone euro souffrent de problèmes structurels qui les empêchent d’être compétitifs. A cela s’ajoute une dette souveraine faramineuse qu’il est, à l’heure actuelle, fort peu probable de voir un jour entièrement remboursée. Le fait de remettre les réformes à plus tard ou de ne pas reconnaître leur nécessité n’a fait qu’aggraver la situation. Toutefois, le véritable problème de la zone euro est son manque de stratégie.
Il est aujourd’hui évident que les Etats de la zone euro n’ont pas véritablement réfléchi à une stratégie de sortie de crise. Tant que cette crise des liquidités ne concerne qu’un petit pays, ses partenaires sont capables de lever relativement vite les fonds nécessaires pour couvrir ses besoins de financement pour quelques années. Toutefois, si c’était un pays important qui se trouvait en difficulté, ses voisins mêmes les plus solides pourraient avoir du mal à trouver les financements nécessaires.
Le rôle de la BCE n'est pas de venir en aide aux pays endettés
Il est clair aujourd’hui que personne n’a sérieusement analysé la situation. Si l’idée de faire reprendre les dettes des pays en difficulté par la BCE pouvait être concevable comme solution d’urgence il y a quelques mois, elle ne peut en aucun cas être considérée comme une solution définitive.Tout d’abord parce que le rôle de la BCE n’est pas de venir en aide aux pays endettés mas de garantir la stabilité de la monnaie unique. La BCE a beau souligner qu’elle "stérilise" ses rachats d’actifs en retirant du marché le surplus de base monétaire qui en résulte, le fait que la stabilité des prix ne soit pas son objectif principal discrédite son action. Or, c’est sur ce degré de crédibilité que les consommateurs se fondent pour anticiper le niveau de l’inflation.
L’opacité des processus de décision européens est un autre problème préoccupant. Il existe trois centres décisionnels en Europe : le président de la commission, José Manuel Barroso, le président du conseil européen, Herman von Rompuy, et le "super duo" formé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Les deux premiers, qui essaient de définir une solution cohérente pour l’ensemble des Etats membres, découvrent subitement que toutes les décisions ont déjà été prises lors de la rencontre Sarkozy-Merkel. Cela ne serait pas si dramatique si leurs propositions étaient compatibles. Hélas, elles sont un compromis entre deux approches radicales : une union des transferts / obligations et une union d’Etats autonomes. Ce genre de compromis débouche rarement sur des solutions pertinentes.
Les marchés financiers ne croient plus les responsables européens
La crainte d’un effondrement de la zone euro pourrait, au bout du compte, contribuer à l’émergence d’une solution acceptable. Les marchés financiers ne croient plus les responsables européens. Ils ne réagissent plus à l’annonce des divers plans de sauvetage. En réalité, Berlin est même opposé à toute nouvelle levée de fonds pour aider l’Espagne. Aujourd’hui, les responsables européens doivent prendre des décisions concernant l’ajournement du remboursement des dettes accumulées par leurs partenaires en difficulté.La perspective d’une dislocation de la zone euro n’inquiète pas seulement les pays périphériques, les grandes économies se font également du souci. Ce sont en réalité ces pays qui ont le plus profité de l’arrivée de l’euro. C’est grâce à la monnaie unique que l’Allemagne est devenue le premier pays exportateur au monde en l’espace de dix ans. Plus de 40% de ses exportations sont destinées à d’autres pays de la zone euro. Si l’euro était abandonné et que les monnaies nationales étaient réintroduites, le deutsche mark enregistrerait la plus forte hausse de valeur. L’Allemagne perdrait toute sa marge de compétitivité tandis que les pays aujourd’hui frappés par la crise redeviendraient compétitifs.
C’est paradoxalement l’Allemagne qui le plus profité de l’euro et devrait faire le maximum pour sauver ce grand projet européen. Pour ce faire, l’Europe a besoin de mesures drastiques et décisives, et non de compromis ou de manœuvres dilatoires.
Captain Beefheart, musicien et peintre, est mort
Le musicien et artiste-peintre Don Van Vliet, plus connu sous le pseudonyme de Captain Beefheart, est mort en Californie à l'âge de 69 ans, a annoncé vendredi la Michael Werner Gallery de New York exposant ses tableaux. Il souffrait de sclérose en plaques.
Né le 15 janvier 1941 à Glendale, en Californie, Van Vliet et le Magic Band ont publié leur premier album, Safe as Milk, en 1967. Deux ans plus tard, ils enregistrent "TroutMask Replica", un disque acclamé par la critique mais qui ne rencontre pas le succès musical.
Captain Beefheart poursuit sa route, les membres du Magic Band changent. En 1982, il livre avec Ice Cream for Crow son dernier album avant de se consacrer à la peinture.
Stuttgart, voie de garage pour Merkel?
La prospère capitale du Bade-Wurtemberg cristallise, autour de sa gare, les difficultés de la chancelière.
Emmenés par un catho pratiquant, les écolos menacent la CDU
Crise de la dette : le grand écart du Traité de Lisbonne
L'introduction de deux petites phrases dans le texte du traité révolutionne la philosophie de l'Union monétaire, désormais aussi bancale que la situation financière de la zone euro.
Les vingt-sept se sont félicités, après le Conseil européen qui s'est tenu jeudi et vendredi, d'avoir procédé à une révision « light », mineure, du traité de Lisbonne. Pour preuve, il ne s'agit que de deux phrases ajoutées à l'article 136, qui ne concerne que les pays de la zone euro. Cette modification ne nécessitera d'ailleurs pas une révision en bonne et due forme du traité mais une procédure simplifiée : pas de convention préalable, pas de conférence intergouvernementale, un simple avis conforme de la Commission et du Parlement européen, la signature des chefs d'Etat et de gouvernement et une ratification nationale par chaque Etat membre. « Il n'y a pas de transfert de compétences à l'Union. C'est pourquoi les ratifications dans les Etats passeront par un simple feu vert parlementaire et n'exigeront certainement pas de référendum », soulignent les diplomates.
Henri IV retrouve sa tête
Retrouvée dans l'armoire d'un retraité et authentifiée par une équipe de légistes, la tête momifiée d'Henri IV devrait rejoindre le reste de la dépouille royale à la basilique Saint-Denis, près de Paris, où sont enterrés les rois de France.
Leurs conclusions ont été publiées jeudi par le British Medical Journal: la tête brunie, où l'on distingue la trace d'une barbe et d'une moustache aux poils roux et blancs mêlés, est bien celle d'Henri IV, dont le cadavre avait été exhumé et décapité à Saint-Denis par les révolutionnaires en 1793.
Les détails des recherches scientifiques devaient être présentés jeudi à Paris lors d'une conférence de presse au Grand Palais. Des légistes, des historiens, des paléopathologues (spécialistes des pathologies, symptômes et maladies d'autrefois) mais aussi des parfumeurs ont participé à l'étude.
Ils se sont fondés sur les caractéristiques connues du visage d'Henri IV, qui avait une tache sombre sur le nez, portait une boucle d'oreille à l'oreille droite et avait une cicatrice aux lèvres datant d'une tentative d'assassinat en 1594.
Le crâne correspond au moulage fait juste après la mort du "Vert galant" conservé à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, qui porte un grand front, un gros nez et un menton carré.
TRIBULATIONS ENTRE FRANCE ET ALLEMAGNE
Même si les techniques scientifiques les plus avancées ont été utilisées, aucune analyse ADN n'a pu être réalisée, peut-on lire dans le British Medical Journal.
"Il était impossible de retrouver des traces d'ADN mitochondrial non contaminé sur les échantillons et donc aucune comparaison n'était faisable avec les autres reliques du roi ou de ses descendants", explique l'équipe, dirigée par le Pr Philippe Charlier, déjà célèbre pour avoir révélé l'empoisonnement d'Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII.
L'étude des méthodes d'embaumement a fourni d'autres indices décisifs, souligne l'étude.
Henri IV avait demandé avant sa mort, à 57 ans, d'être embaumé "selon la mode italienne", qui consistait à ne pas ouvrir le crâne et permettait une conservation dans le meilleur état de la tête.
Cette dernière a été retrouvée en 2008 par un journaliste-documentariste, Stéphane Gabet, chez un retraité de 84 ans habitant dans l'ouest de la France.
Cette découverte a mis fin à plus d'un siècle de "tribulations, réapparitions et disparitions" de la tête, entre la France et l'Allemagne, raconte Jacques Perot, qui préside la Société Henri IV.
"C'est la fin d'une vraie enquête policière avec de nombreux rebondissements", s'enthousiasme l'ancien conservateur du château de Pau, où était né Henri IV en 1553.
FUNÉRAILLES OFFICIELLES ?
Le crâne, qui était passé entre les mains de plusieurs collectionneurs au tournant du XXe siècle, était emballé dans un linge et rangé dans un coffret en bois sur l'étagère d'une armoire, à l'insu des enfants du retraité.
Après la décapitation de 1793, on perd la trace de la tête jusqu'au milieu du XIXe siècle.
En 1919, un antiquaire de Dinard, Joseph-Emile Bourdais, l'acquiert lors d'une vente aux enchères. Il la montre dans un "petit musée de Montmartre avant de la proposer au Louvre, qui la refuse, doutant de son authenticité", raconte Jacques Perot.
Le crâne est ensuite racheté à l'héritière de Bourdais et on perd sa trace. "Qu'on l'authentifie cette année est une sorte de couronnement du 400e anniversaire, un clin d'oeil de l'Histoire", souligne l'historien, qui a vu "en face-à-face" le roi à qui il a consacré "une grande partie de sa vie".
Si l'étude publiée à Londres évoque une "cérémonie de funérailles officielles" pour réunir la tête et le corps d'Henri IV, à la basilique Saint- Denis, nécropole des rois de France, on est encore sous le coup de la surprise totale.
"Pour l'instant, rien n'est prévu", dit Patrick Monod, administrateur de la basilique, "mais il ne serait pas anormal que ce crâne revienne ici d'une manière ou d'une autre".
La maison Bourbon, héritière des rois de France, serait favorable à un retour à Saint-Denis, cinq ans après celui, en grande pompe, du coeur de Louis XVII, le fils de Louis XVI et Marie-Antoinette.
Mais cela pourrait tourner au casse-tête juridico-administratif, note Patrick Monod.
"C'est à la fois un objet archéologique, le morceau d'une histoire privée et familiale et un objet mobilier qui appartient à l'Etat au titre des collections de la basilique", fait-il valoir.
Un homme politique pour le réveillon ? Non merci
Pas question de passer le réveillon de Noël avec un homme ou une femme politique, disent six Français sur 10, selon un sondage BVA pour Canal+ diffusé vendredi.
Sept personnalités politiques ont été proposées aux personnes interrogées et 61% ont répondu qu'elles souhaitaient n'en inviter aucune.
Ceux qui consentent à partager la bûche avec une personnalité politique préfèrent Dominique Strauss-Kahn (23%). Viennent ensuite François Fillon (20%) puis Nicolas Sarkozy (14%), à peine plus souhaité que Ségolène Royal (13%) et Dominique de Villepin (12%).
Les invités les moins désirés sont Martine Aubry (10%) et Marine Le Pen (8%).
Sondage réalisé par internet du 14 au 15 décembre auprès d'un échantillon de 1.058 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.



















