Pour faire face à l'encadrement des bonus, les banques mettent en place de nouveaux éléments de rémunérations : rachats des parts différées ou augmentations de salaire fixe sont fréquents.
Le propre d'une règle est d'être enfreinte. À dix jours du G20 de Séoul et un an après le sommet historique de Pittsburgh, le premier bilan sur les rémunérations dans la finance est mi figue mi raisin. D'abord parce qu'après un millésime 2009 exceptionnel, les bonus touchés début 2010 ont été juteux. Certes, les banques ont généralement fait des efforts en termes de rémunérations. Toutefois, les excès persistent pour les meilleurs traders et banquiers.
"Globalement, les bonus sont en baisse d'environ 30 % mais pour des recrutements ciblés sur des métiers en croissance, les banques continuent à proposer des rémunérations attractives", explique Tania Petersen, du cabinet de recrutement CTPartners. Les établissements les plus agressifs sont les challengers ou ceux qui tentent de s'imposer parmi l'élite. Les noms de Royal Bank of Scotand, Nomura, Barclays, Lloyds, parfois Credit Suisse ou UBS reviennent le plus souvent. Les banques françaises, de leur côté, semblent s'être assagies pour le moment (voir encadré).
retour du "welcome bonus".
Les profils recherchés sont ceux de responsables de produits structurés, des ventes, des spécialistes des matières premières ou des pays émergents en Asie.
Pour décrocher ces talents, les banques sont prêtes à courber l'échine pour répondre à leurs demandes. Face aux règles du G20 qui interdisent notamment les bonus garantis au-delà d'un an, elles utilisent de nouvelles astuces. « En valeur absolue, les meilleures rémunérations ne baissent pas, mais leur composition a beaucoup changé », souligne Marie Clark, du cabinet Vendôme Associés.
Puisque les régulateurs ont fortement encadré les bonus, les banques ont compensé sur d'autres éléments. De nouveau à la mode, le « welcome bonus », ou bonus de bienvenue, peut atteindre une année de rémunération pour attirer les traders. Mais l'arme la plus efficace devient le rachat de bonus différés. Depuis deux ans, les banques ont accentué le versement des parts variables sur trois ans. Lorsqu'elles embauchent, elles peuvent alors racheter les bonus différés des nouvelles recrues afin qu'elles ne perdent pas leurs primes passées. À la différence près que c'est le nouvel employeur qui prend en charge le coût du bonus qu'aurait dû payer l'ancienne banque. Autre avantage, ces rachats peuvent être payés en cash alors que tout ou partie des bonus différés est normalement versé en actions.
Dernier outil de rémunération massive, les salaires. Honnis par les banques car ils étaient considérés comme des coûts récurrents, ils pèsent de nouveau dans les offres des banques. Pour pallier la baisse des bonus, la plupart des établissements financiers, notamment ceux aidés par les états ont considérablement augmenté les salaires fixes. De Royal Bank of Scotland à Morgan Stanley en passant Merrill Lynch ou UBS, les bases de rémunération ont bondi de 30 % pour les juniors et jusqu'à 100 % pour les plus gradés. Même les banques françaises, plutôt modérées sur les bonus, s'y sont pliées pour quelques cas. "Une partie des bonus a été réintégrée dans les salaires fixes", ajoute Marie Clark. De fait, les banques ont ressuscité les bonus garantis sous une autre forme.
lundi 1 novembre 2010
Bonus : comment les banques contournent les règles imposées par les Etats
Les obsèques de plus en plus chères
Les obsèques coûtent en moyenne 3 500 euros, d’après la dernière étude 2008 de l’UFC Que Choisir. En dix ans, leur coût a augmenté de 34%. Autre solution de fortune pour ces ménages : obtenir un échelonnement des frais auprès des entreprises de pompes funèbres. Ainsi, Michel Marchetti, coprésident de la Confédération des professions du funéraire et de la marbrerie (CPFM), propose « aux foyers modestes d’échelonner le paiement des frais d’obsèques, à raison de 20 ou 30 euros par mois ».
Pour prévenir les abus et la surfacturation des services, les professionnels devront se soumettre à un modèle imposé de « devis funéraire ». La mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2011.
Lagarde : «Depuis ce matin, la loi protège mieux les surendettés»
Accélération des procédures, prise en charge des propriétaires,maintien des services bancaires… la ministre de l’Economie et des Finances,Christine Lagarde, détaille la loi qui s’applique dès aujourd’hui.
Le volet de la loi Lagarde de réforme du crédit à la consommation, qui entre en application ce matin, concerne directement les victimes de la surconsommation de crédit. Sur les 9 millions de Français adeptes du crédit, 2,6 millions sont aujourd’hui inscrits sur le fichier national pour au moins un incident de paiement. Parmi eux, 770 000 font l’objet d’une procédure de surendettement.
CHRISTINE LAGARDE. Le premier objectif, c’est d’accélérer les procédures de traitement du surendettement. La Banque de France devra orienter les dossiers qu’elle reçoit en trois mois au lieu de six jusque-là. La majorité des procédures de rétablissement personnel iront trois fois plus vite. J’ai également souhaité protéger au maximum les personnes surendettées. Le texte vise aussi à leur permettre de rebondir rapidement dès lors qu’elles ont rempli leurs engagements.
Combien de personnes sont-elles concernées ?
Cent vingt mille personnes vont sortir du fichier FICP des incidents de paiement dès aujourd’hui. C’est important car cela représente un ménage surendetté sur six qui va pouvoir retrouver une vie normale et rebondir.
Pourquoi ?
Parce que la loi réduit la durée d’inscription à ce fichier de dix ans auparavant à cinq ans pour les personnes qui étaient en plan de surendettement, et de huit à cinq ans pour celles qui étaient en procédure de rétablissement personnel. Comme les nouveaux délais s’appliquent de plein droit aux situations actuelles, les 120000 personnes qui se trouvent, selon leur situation, entre cinq et dix ans ou entre cinq et huit ans, peuvent sortir du fichier dès le 1er novembre.
Qu’en est-il des poursuites des créanciers ?
C’est la deuxième mesure importante : les personnes dont le dossier est accepté par la commission de surendettement ne pourront plus faire l’objet de poursuites par des créanciers. C’est ce qu’on appelle la suspension des poursuites. On peut considérer que 200000 personnes bénéficieront de cette disposition chaque année.
Reste le problème des expulsions…
Dans la même logique que pour les créanciers, dorénavant les expulsions de logement pourront être suspendues sur décision du juge. Ces deux mesures sont importantes car, le principe de cette réforme, c’est de sortir les gens de l’excès de crédit au plus vite et dans les meilleures conditions. Si vous avez en même temps des huissiers qui cherchent à saisir vos biens et une expulsion… ça ne peut pas marcher.
Les banques étaient soupçonnées d’accroître les difficultés des surendettés en se servant en premier. Pourront-elles continuer ?
Non. Elles n’ont plus le droit de fermer le compte bancaire d’un client au prétexte qu’il est surendetté. Elles ne peuvent plus non plus solder le découvert au moment où elles apprennent l’ouverture d’une procédure comme on a pu l’observer. Ce découvert sera traité dans le cadre de la procédure.
Beaucoup de propriétaires se plaignaient d’être exclus des dispositifs de sortie du surendettement. Votre texte en tient-il compte ?
C’est vrai : dans certains départements, des propriétaires se voyaient fermer la porte de la commission qui leur suggérait de vendre d’abord leur logement et de revenir ensuite si nécessaire. C’était un mauvais calcul car souvent ces propriétaires vendaient dans de mauvaises conditions, se retrouvaient à devoir payer un loyer… ça pouvait accentuer gravement leurs difficultés. A partir du 1er novembre, les commissions de surendettement ne pourront plus refuser le dossier d’une personne surendettée parce qu’elle est propriétaire.
Matignon - Fillon-Borloo : le match
Alors que le remaniement ministériel ne devrait pas survenir avant la mi-novembre, François Fillon et Jean-Louis Borloo sont aujourd’hui les prétendants à Matignon les plus crédibles.
La succession de François Fillon à Matignon, attendue après le G20 des 11 et 12 novembre à Séoul (Corée du Sud), n’en finit plus d’échauffer les esprits. Alors que le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a affirmé il y a dix jours que Nicolas Sarkozy « n’a pas encore fait son choix », deux prétendants font la course seuls en tête : Fillon et le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo. A défaut d’être arbitrée, la compétition est ouvertement commentée dans les rangs politiques.
« Je trouve que la politique suivie par Fillon n’est pas la bonne sur beaucoup de sujets, mais que lui est honorable dans sa fonction », a estimé François Bayrou, hier sur Europe 1 ( qui est ce sinistre abruti pour dire des trucs pareils ?), avant de critiquer en creux Jean-Louis Borloo : « La fonction de Premier ministre exige une solidité, une stabilité », a asséné le président du Modem. Un argumentaire également développé à gauche, où l’on se gausse de l’expérience du ministre d’Etat. « Borloo a fait quoi ?, feint de s’interroger Laurent Fabius. Il s’est occupé de la ville… au moment des émeutes de 2005, c’est ça ? Il a été trois semaines ministre de l’Economie et des Finances, le temps pour lui de dire qu’il était pour la TVA sociale. Et, enfin, il s’occupe des transports, de l’essence… et de l’écologie, au point que le président de la République vient de dire : “l’écologie, ça suffit !” »
51 % des Français votent Fillon
Invité de Canal+ hier, Borloo s’est moqué de ses détracteurs. « J’ai l’impression de revoir le même film, pointe-t-il en allusion à son ascension à Valenciennes puis au gouvernement. Tout d’un coup, je deviens brouillon, je suis mal coiffé ou trop bien coiffé, ou je n’ai pas la tête de l’emploi… » Le président du Parti radical a soigné son image sociale, estimant que cela pouvait correspondre à un « besoin ». « Ce que j’ai entendu de la rue, c’est que plus il y a de crise, plus il y a besoin de justice. De justice sociale, de justice fiscale et de respect », a-t-il dit.
Au sein du gouvernement, l’hypothèse Borloo gagne du terrain. Patrick Devedjian (Relance) estime que « l’annonce précoce d’un remaniement important a créé une attente qui rend la désignation d’un nouveau locataire à Matignon presque inévitable ». Marc-Philippe Daubresse (Jeunesse), proche de Borloo, développe : « Il nous faut un animateur, quelqu’un qui va incarner ce qui est la suite du film. » Mais les Français, qui plébiscitent le ministre de l’Ecologie dans le cas où la succession à Matignon est ouverte (30 %), lui préfèrent encore François Fillon : 51 % d’entre eux sont favorables à son maintien au poste de Premier ministre, d’après un sondage BVA publié jeudi.
Nicolas Sarkozy, lui, ne semble pas pressé de trancher. « Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, a-t-il déclaré vendredi, après la septième journée de manifestations. Il faut prendre le temps de réfléchir sereinement, calmement, profondément. »
Son profil
Titulaire d’un DEA de droit public, cet amateur de courses automobiles et d’alpinisme adhère au RPR en 1977. Elu député de la Sarthe en 1981, il rencontre Philippe Séguin, qui devient son mentor en politique. Gaulliste social, nommé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 1993, il fait campagne pour Edouard Balladur contre Jacques Chirac en 1995. Ce dernier l’enrôle toutefois dans le gouvernement Juppé, où il est en charge des Technologies de l’information et de la Poste. En 2002, il devient ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité avant d’œuvrer, deux ans plus tard, à l’Education nationale, à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. En 2007, après avoir conseillé Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, il est nommé à Matignon.
Son style
Sobre, presque austère, il s’efface volontiers derrière le chef de l’Etat, privilégiant la discrétion. Sa communication est cadrée, contrôlée, mais rarement langue de bois.
Ses atouts
L’adoption de la réforme des retraites
Sa proximité avec les parlementaires
Sa capacité à rassembler la droite
Sa loyauté envers le président de la République
Ses handicaps
Sa longévité à Matignon
L’érosion de sa popularité
L’annonce d’un « grand » remaniement
Sa fidèle au gouvernement
Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports
Ce qu’en dit l’Elysée
« Le Président a l’habitude de travailler avec lui. Il est fidèle, populaire et a une très bonne relation avec le Parlement. » (Claude Guéant)
Son profil
Brillant avocat, il s’est fait connaître du grand public en gérant les affaires de Bernard Tapie dans les années 1980. Devenu président du club de football de Valenciennes, il fait ses premiers pas en politique avec un premier mandat de maire de la ville en 1989. Cofondateur de Génération Ecologie, il est élu député en 1993. Ce centriste entre au gouvernement en 2002, sous la présidence de Jacques Chirac, qui le nomme ministre de la Ville puis ministre de l’Emploi. Nicolas Sarkozy lui confie en 2007 la charge de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, un poste qu’il doit quitter un mois plus tard, après les élections législatives, à cause d’une gaffe sur la TVA sociale. Il devient alors ministre d’Etat délégué à l’Ecologie.
Son style
Flamboyant, il a le verbe haut et le geste fort, rodés dans les prétoires d’avocat. Sa communication dérape parfois.
Ses atouts
Son étiquette centriste : il est président du Parti radical
Sa relation de confiance avec les syndicats
Sa capacité à incarner le virage social souhaité par l’Elysée
Sa popularité croissante
Ses handicaps
Son « retard à l’allumage » dans la gestion de la crise du carburant
Son franc-parler
La défiance des parlementaires
Ses fidèles au gouvernement
Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, et Valérie Létard, secrétaire d’Etat aux Technologies vertes et Négociations sur le climat
Ce qu’en dit l’Elysée
« C’est un orfèvre en matière sociale et il a l’oreille des syndicats. » (Claude Guéant)
dimanche 31 octobre 2010
Retraites : pour Besancenot, la mobilisation n'est pas terminée
Le mouvement contre la réforme des retraites n'est pas terminé, à en croire Olivier Besancenot. Pour le porte-parole du NPA, interviewé par Le Parisien, "la bataille n'est pas terminée". Mettant en garde "ceux qui crient aux victoires définitives", il pronostique même "plus de monde dans la rue le 6 novembre", date de la prochaine journée de mobilisation décidée par les syndicats.
Olivier Besancenot tacle également une partie de la gauche, assurant que "ceux qui misent sur le fait que la réforme passe dans l'impopularité pour ouvrir un boulevard à la gauche se trompent. Nous ne sommes pas à la fin du mouvement car Nicolas Sarkozy n'attendra pas 2012 pour continuer à taper. Si on ne l'arrête pas il touchera aux RTT, aux congés payés, il y aura un plan d'austérité globale".
Autre attaque, cette fois dirigée précisément contre le PS et sa contre-proposition sur les retraites : "dire, comme les socialistes qu'il faut défendre la retraite à 60 ans tout en appelant à un allongement de la durée de cotisation, c'est illogique et totalement contradictoire", estime le jeune responsable d'extrême-gauche, qui compte sur les mouvements sociaux pour refaire une santé à son parti en retrait lors des régionales.
Un autre politique a fait le bilan de cette réforme, dimanche 31 octobre: François Bayrou. Invité d'Europe 1, le leader du MoDem a expliqué qu'il était en faveur d'un référendum sur la réforme, également proposé par Ségolène Royal, mais raillé à gauche comme à droite comme une solution simpliste et démagogique. Pour le chef de file centriste, syndicats et gouvernement sont "perdant-perdant" dans cette réforme. Mais François Bayrou ne souhaite pas une suite des mobilisations. "La loi sera promulguée et maintenant qu'elle est votée, il serait inimaginable que la promulgation n'intervienne pas", estime-t-il.
Ce qui ne l'empêche pas de critiquer la méthode de la réforme. Ni de proposer la sienne : "Elle devrait être : premièrement, j'organise au vu et au su des Français (...) une solide séquence de discussions dans laquelle chacun amène ses questions et ses réponses. Après ça, le gouvernement fait ses choix, il les expose au pays. Ces choix sont examinés devant le Parlement et, après, si c'est une grande question qui engage le destin du pays, c'est le peuple qui tranche", par référendum.
Autre réaction, celle du gaulliste Pierre Mazeaud, ancien président du conseil constitutionnel. Invité de LCP, il a estimé, à l'instar d'Olivier Besancenot, que le mouvement contre la réforme était avant tout "contre l'injustice" et irait "jusqu'au bout, avec le soutien de l'opinion publique". Assez hostile à Nicolas Sarkozy, il estime par ailleurs que "là se pose la question politique. Ce n'est pas à moi d'en parler, mais je connais la solution".
Novembre 2010 : mise en place des réformes pour le rachat de crédit et le surendettement
Le calendrier de la réforme du crédit à la consommation prévoit la mise en application des mesures concernant le surendettement et le rachat de crédit au mois de novembre 2010. Celles-ci doivent aller dans le sens d’un crédit plus responsable.
La mise en application des mesures concernant le surendettement et le rachat de crédit prévues par la réforme du crédit doit intervenir au mois de novembre 2010. En ce qui concerne le surendettement, cela entraînera une accélération dans les délais de procédures et de traitement des dossiers des surendettés, qui se verront également accorder un soutien accru.Pub Yoplait
envoyé par marmousse123. - Plus de trucs et astuces en vidéo.
Consommation - Bientôt la fin des soldes flottants?
Hervé Novelli avait chargé à la mi-septembre l'Institut français de la Mode et le Crédoc, centre de recherche sur la consommation, d'une mission sur les soldes flottants, dont les résultats doivent être remis en novembre.
Selon le JDD, ce document devrait enterrer le principe des soldes flottants car les traditionnelles promotions, dont l'usage a été simplifié et assoupli par la LME, suffiraient aux commerçants.
Cette loi d'août 2008 a raccourci à cinq semaines les soldes d'été et d'hiver, mais permet également aux commerçants de choisir deux semaines supplémentaires dans l'année, consacrées aux soldes flottants.
Une partie des commerçants estiment que ces soldes flottants pèsent sur leur chiffre d'affaires et déroutent les consommateurs qui ne savent plus quel est le bon moment pour acheter. Le Conseil du commerce de France a demandé qu'ils soient supprimés.
Bayrou contre le cumul parlementaire/avocat d'affaires à l'instar de Copé
"Il ne devrait pas y avoir des parlementaires qui soient avocats d'affaire en même temps", a affirmé le président du MoDem dans l'émission "Le Grand Rendez-Vous Europe" 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France. "Cette situation est une situation dangereuse et selon moi inacceptable", a-t-il ajouté.
Jean-François Copé est-il dans ce cas, lui a-t-il été demandé ? "C'est un exemple connu de tous", a-t-il répondu.
"Qu'il puisse y avoir des avocats qui défendent la veuve et l'orphelin -et selon moi gratuitement- je le comprends mais que l'on soit dans des +deals d'affaire+, qu'on prépare des +deals d'affaire+, qu'on ménage des +deals d'affaire+ (...) ça ne devrait pas être accepté dans la fonction parlementaire", a fait valoir M. Bayrou."En France, on n'a pas fait ce qu'il fallait pour empêcher les conflits d'intérêts", a-t-il jugé.
Au Parlement européen, selon lui, les euro-députés ne participent pas aux votes quand "ils ont des intérêts" dans une entreprise qui "va être atteinte par la décision prise".
"En France ça n'existe pas", a-t-il déploré. "Je pense qu'il faut une commission indépendante sur les conflits d'intérêts et qu'il y ait une déclaration préalable des intérêts qu'on a ou qu'ont ses proches", a avancé le candidat à la présidentielle de 2007.
Par ailleurs, il s'est félicité de l'ouverture d'une information judiciaire dans l'affaire Bettencourt, où est cité le nom du ministre du Travail, Eric Woerth.
"Il était temps que cela se fasse et cela aurait dû se faire beaucoup plus tôt", a-t-il dit.
Enfin, François Bayrou s'est dit opposé à la présence de jurés populaires -qui ne siègent aujourd'hui que dans les cours d'assises- dans les tribunaux correctionnels et entend se battre contre cette "surenchère". Le président Nicolas Sarkozy a demandé à l'UMP de "travailler" à cette hypothèse.
L'Académie des sciences finasse
Néanmoins, ces réfractaires, qui forment un petit noyau dur autour de Claude Allègre au sein de l'Académie des sciences, ont su arracher de petites concessions. Par exemple en faisant inscrire parmi les conclusions : "Tous les mécanismes pouvant jouer un rôle dans la transmission et l'amplification du forçage solaire ne sont pas encore bien compris." C'est une évidence, mais une évidence que les climatosceptiques sauront sûrement mettre à profit pour continuer à prétendre que le doute existe et pour dénoncer l'existence d'un complot mondial des scientifiques du GIEC.Reste à s'interroger sur la valeur scientifique de ce rapport de l'Académie des sciences, fondé, certes, sur l'avis de 120 scientifiques, mais qui n'ont eu que sept minutes chacun pour s'exprimer au cours d'une seule journée. Un débat très peu transparent en l'absence de la presse. Bref, ce rapport ressemble fort à un coup d'épée dans l'eau.
Les menaces de Ben Laden nous sortent brutalement de nos petits problèmes, on vivait dans la menace des pompes à essence vides et on se réveille avec le spectre de représailles sanglantes contre nos concitoyens, avec la fatwa lancée par l’instigateur des attentats du 11 septembre 2001 à New York. Que faut-il faire ? D’abord un constat négatif : comment se fait-il, dix ans après, que les services américains et occidentaux n’aient pas réussi à arrêter ou à éliminer Ben Laden ? Puis un constat positif : depuis les attentats de Madrid en 2004 et de Londres en 2005, l’organisation terroriste islamique n’a pu commettre d’attaques d’envergure en Occident.
Raison de plus pour prendre les menaces au sérieux et pour cesser de ricaner, comme l’ont fait certains hommes politiques, quand le ministre de l’Intérieur a commencé à mettre les Français en garde. Car la France est probablement aujourd’hui le pays le plus ciblé par les terroristes d’al-Qaida pour deux grandes raisons, son engagement auprès des forces de l’Otan en Afghanistan, marqué déjà par cinquante soldats tués, et sa politique déterminée de lutte contre les manifestations de l’islamisme radical à l’intérieur de l’Hexagone. Les lois successives sur le voile à l’école et, tout récemment, sur l’interdiction du voile intégral sur la voie publique ont déclenché l’ire des extrémistes et de leurs relais internationaux. Faut-il renoncer à notre double engagement, à Kaboul et à Paris, évidemment non !
Il est hors de question de modifier notre politique dans ses composantes républicaines et internationales et, fort heureusement, il existe en France un consensus national de la gauche et de la droite sur ce point, dont ne s’écartent que quelques marginaux et quelques Munichois.
Notre fermeté nationale face à la menace terroriste ne doit pas nous cacher une réalité inquiétante : les otages français détenus ici et là sont en grand danger et aucun citoyen français ne doit prendre de risques inconsidérés en voyageant à travers le monde. La nébuleuse terroriste est affaiblie, mais comme le disait Bertholt Brecht à propos du nazisme : « Le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde. »
Le regard de Philippe Sollers
samedi 30 octobre 2010
A sauts de cabri, comme disait de Gaulle, l'Europe se jette à nouveau dans le brouillard. Pour la bonne cause, bien sûr. Échaudée par la crise grecque, qui a failli la faire imploser, elle veut renforcer sa ligne de défense financière pour dissuader de nouvelles attaques. Louable objectif, mais c'est ensuite que les choses se compliquent. Pour rendre possible un mécanisme durable d'aide financière, il va falloir modifier une clause de ce diable de traité que les Européens avaient fini par ratifier après un long psychodrame.
Les 27 vont donc plonger encore dans une lourde incertitude car même une simple modification ouvrira la boîte de Pandore des surenchères, en particulier chez les plus euro sceptiques. Et comme les Européens ne s'étripent jamais à moitié, l'autre sujet de discorde portera sur les sanctions prévues en cas de dérapage des comptes publics. La survie de la zone euro passe par le renforcement de la discipline budgétaire et la coordination des politiques économiques, mais les débats à venir seront vifs.
D'autant que l'euro fort, qui pose déjà problème dans le bras de fer mondial des monnaies, n'améliore pas pour autant la visibilité sur les perspectives de croissance. Malgré les performances de l'Allemagne dont les clignotants sont au vert, les autres pays sont lancés dans des politiques de rigueur et de réduction budgétaire aux résultats moins probants. Le pilotage s'annonce donc à hauts risques dans cette zone de l'euro flou. Le contexte d'austérité ne facilitera pas non plus le débat sur le budget européen, donc sur la prochaine révision de la PAC.
L'Europe va donc se livrer à d'inévitables mais sévères empoignades sur une longue période, à un moment où la défense de ses intérêts dans la compétition mondiale exigerait au contraire une vision commune et plus offensive. On en est loin malheureusement, sur les enjeux industriels, agricoles ou ceux de la connaissance. Quant à la diversité des modèles sociaux, c'est peu dire qu'elle appelle une vraie pédagogie européenne. À commencer par la France qui s'est illustrée jusqu'à la caricature par sa crise des retraites.
HISTOIRE DROLE !
Le mouvement contre la réforme des retraites semble marquer le pas et, dans les manifestations, les opposants au texte entendent prendre leur revanche dans les urnes en 2012. Si le Parti socialiste et les autres partis de gauche sont présents dans les cortèges, ils ne proposent pas les mêmes solutions au problème du financement des régimes de retraites. Un seul point fait consensus : la "méthode Sarkozy" est jugée brutale et unilatérale, et tous promettent de véritables négociations avec les syndicats. Revue des principales positions de la gauche et du centre sur le mouvement et la réforme des retraites.
![]() |
| LES PATHÉTIQUES DE GAUCHE. |
PARTI SOCIALISTE
Faut-il poursuivre le mouvement ?
"La suite de la lutte, ça ne dépend pas que de nous, mais je pense que la mobilisation enjambera les vacances de la Toussaint", estime Benoît Hamon, porte-parole du PS, qui a appelé à toutes les manifestations depuis le début du mouvement. Même après la journée d'action du 6 novembre, il faut "continuer à dire en quoi le texte est mauvais et exiger de vraies négociations". Sur les grèves, Benoît Hamon "comprend que la répétition, avec les jours non payés, soit difficile pour certains", mais soutient les décisions de l'intersyndicale. Et rappelle que le PS n'entend pas cesser la bataille politique : "Nous avons déposé un recours au Conseil constitutionnel, pour poursuivre la bataille sur le terrain juridique."
Le PS demande en premier lieu la non-promulgation du texte pour permettre "l'ouverture de négociations qui remettent tout à plat", rappelle Benoît Hamon. Quelle réforme en 2012 ?
Dans son contre-projet sur la réforme des retraites, le PS propose un retour à l'âge légal de départ à 60 ans et à 65 ans pour la retraite à taux plein. Il défend également une prise en compte de la pénibilité plus importante que celle prévue par le gouvernement. Surtout, rappelle M. Hamon, il insiste sur une "meilleure répartition du financement entre capital et travail", avec une mise à contribution des revenus du capital et une augmentation "modérée et étalée dans le temps" des cotisations patronales et salariales.
Le PS prévoit également un allongement de la durée de cotisation, qui passerait à 41,5 ans d'ici à 2020. Lors d'un "rendez-vous en 2025", une nouvelle augmentation est envisagée, "limitée à la moitié des gains de l'espérance de vie". Martine Aubry s'est engagée à ce que la nouvelle réforme soit votée en 2013.
LES VERTS-EUROPE ÉCOLOGIE
Faut-il poursuivre le mouvement ?
"Il faut attendre le 6 novembre pour voir si la mobilisation faiblit tant que cela, souffle Jean-Vincent Placé, secrétaire national adjoint des Verts. Et attendre de voir la suite, si des jeunes bougent notamment." Pascal Durand, délégué général Europe Ecologie, est plus prudent, soulignant qu"il ne [lui] appartient pas en tant que parti de mener le mouvement, il faut être respectueux des syndicats et des manifestants. On soutient, appuie, relaie", rappelle-t-il.
Après le remaniement du gouvernement, "le nouveau premier ministre devra s'interroger s'il veut ouvrir un nouveau round de négociations", estime Jean-Vincent Placé. "Il y a eu des cas comme le CPE, de lois promulguées mais pas appliquées."
Quelle réforme en 2012 ?
"Il faut construire une alternative, une contre-réforme d'ici à 2012", affirme Pascal Durand. Mais des divergences persistent au sein d'Europe Ecologie et des Verts, qui s'étaient illustrées par un accrochage entre Daniel Cohn-Bendit et Jean-Vincent Placé au printemps dernier. Pascal Durand estime aujourd'hui que les écologistes doivent se distinguer "en n'affirmant pas comme les autres partis avoir des solutions toutes faites, mais en construisant avec les syndicats, dès maintenant, en vue de 2012, une contre-réforme". En respectant le "marqueur de solidarité" du départ à 60 ans, mais en ne disant pas non plus que "tout est figé".
Jean-Vincent Placé renvoie lui vers la "position officielle" du parti, plus marquée à gauche, qui prévoit notamment un retour à l'âge légal de départ à 60 ans et à 65 ans pour la retraite à taux plein. Il évoque même un retour à une durée de cotisation de quarante ans, "un point à négocier avec nos partenaires, dont le PS". Pour assurer le financement, les tracts des Verts proposent des "solutions écologistes durables", de taxer les plus-values, les revenus boursiers et du patrimoine, de revenir sur les exonérations de taxation des heures supplémentaires et une hausse des cotisations sociales, patronales et salariales.
FRONT DE GAUCHE
Faut-il poursuivre le mouvement ?
Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a été très clair, jeudi matin, sur RTL : "Le rendez-vous c'est le 6 novembre prochain et malheur à qui rompt les rangs au moment où l'intersyndicale nous appelle au combat." Pour le Parti de gauche comme pour le PCF, il faut poursuivre la mobilisation et soutenir les syndicats. Le Front de gauche a également lancé des collectes de soutien aux grévistes.
Pour Jean-Luc Mélenchon, le temps n'est pas à la présidentielle, mais bien à la poursuite du mouvement : "Là, nous sommes dans la bataille, donc ce n'est pas le moment de commencer à spéculer sur demain, après-demain et le reste."
Quelle réforme en 2012 ?
Le Parti de gauche comme le Parti communiste, qui participent au Front de gauche, ont déjà annoncé qu'ils reviendraient sur toutes les mesures de l'actuelle réforme : retour sur le droit à la retraite à 60 ans et à 65 ans à taux plein. Les communistes veulent tenir compte de la pénibilité par branche d'activité pour permettre des départs anticipés. Les députés PCF et PG avaient déposé en septembre une proposition de loi qui propose une réforme alternative à celle du gouvernement avec un changement radical du financement. Il s'agit notamment d'assujettir les revenus financiers des entreprises à une contribution d'assurance-vieillesse (30 milliards d'euros), de moduler les cotisations patronales selon que les entreprises privilégient l'emploi ou la spéculation, de revenir sur l'exonération des heures supplémentaires.
La proposition visait également à taxer d'avantage les stock-options, les parachutes dorés et autres indemnités de départ. Le Parti de gauche propose également (voir ses propositions) d'"assurer un taux de remplacement moyen d'au moins 75 % du dernier salaire".
MOUVEMENT DÉMOCRATE Faut-il poursuivre le mouvement ?
Le parti centriste n'a pas participé au mouvement contre la réforme des retraites, "mais nous avons soutenu ceux qui considéraient comme nous que cette réforme est injuste et insuffisante", nuance Robert Rochefort, vice-président du MoDem et responsable de l'économie au sein du "cabinet fantôme" du parti. François Bayrou avait estimé, au début du mouvement, que le passage à 67 ans à taux plein était une injustice pour de nombreux salariés, notamment les femmes.
"Nous avons trouvé que les directions des syndicats ont été responsables", assure-t-il, même s'il souligne que "le MoDem n'a pas trouvé que les blocages des raffineries était quelque chose de très astucieux. La mobilisation des jeunes a aussi pu sembler étrange". "On sent que le mouvement est en train de reculer et que les syndicats ont un problème pour gérer la fin de la mobilisation car le gouvernement les a pratiquement humiliés en ne lâchant rien", tranche-t-il.
Aujourd'hui, "il ne faut pas ne pas promulguer le texte. C'est mauvais pour la démocratie", assure Robert Rochefort.
Quelle réforme en 2012 ?
Le MoDem assume le passage à 62 ans pour l'âge légal, étalé sur une durée de huit ans, mais prône un retour à 65 ans pour la retraite à taux plein. Comme le PS, il défend une augmentation de la durée de cotisation à 41,5 ans. Le parti centriste envisage "des taxes sur les revenus complémentaires au salaire, comme l'intéressement ou la participation", une "hausse de la contribution des salariés et de la contribution des revenus du capital, dans une proportion similaire", souligne Robert Rochefort.
Le vice-président du MoDem promet également que son parti "réfléchira à la mise en place d'un système de retraite à points, qui permet de gagner des points en fonction qu'on travaille plus ou moins, au lieu de comptabiliser uniquement les trimestres". Sur le long terme, François Bayrou plaide depuis longtemps en faveur d'une refonte de tous les régimes de retraite, dont les régimes spéciaux, avec la mise en place d'une "retraite à la carte". Une proposition qui figurait déjà dans ses propositions en 2007.
Les socialistes se disputent la jeunesse en pensant à 2012
Les manifestations lycéennes imposent le thème dans le futur débat présidentiel.
Mercredi soir, la réforme des retraites à peine votée, Ségolène Royal a demandé aux jeunes de ne pas laisser retomber leur fièvre mobilisatrice. «C'est cette fièvre qui maintiendra le monde à la bonne température. Car quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde se glace», a-t-elle lancé lors d'une réunion de préparation de la convention du PS sur l'égalité réelle, à Décines, près de Lyon. Au passage, l'ex-candidate en a profité pour rappeler comment, en 2007, elle avait réussi à mobiliser les jeunes des quartiers. Elle a surtout lancé sa proposition d'un «pacte national de confiance pour l'emploi des jeunes».Présente dans la salle, la présidente du Mouvement des jeunes socialistes a apprécié. Pour Laurianne Deniaud, «il y a eu un sursaut des socialistes sur la jeunesse. Cela fait du bien de voir que les leaders s'intéressent aux jeunes».
«Donner du contenu»
À vrai dire, ils se penchaient déjà sur le sujet avant les manifestations contre la réforme des retraites. Mais pas au point d'envisager de l'inscrire en tête de leurs préoccupations. Seul François Hollande en avait fait jusqu'alors le cœur de sa réflexion, avec l'idée que le thème pourrait s'imposer en 2012 comme celui du travail en 2007 ou de la sécurité en 2002. «Les manifestations ont donné de l'actualité à mes propos», note l'ancien premier secrétaire du PS qui, beau joueur, ne revendique aucune antériorité. «Les idées n'appartiennent à personne. Il ne suffit pas de dire “j'ai été le premier”, il faut maintenant donner du contenu.»C'est là que ça se complique. Le PS doit arrêter sa position en décembre lors de la convention sur l'égalité réelle que préside Benoît Hamon. Dans le même temps, le MJS milite pour l'organisation d'une convention sur la jeunesse au printemps prochain. Depuis plus d'un an, le mouvement travaille sur trois chantiers dans le cadre de son programme «Perspective 2012» «Martine Aubry est très à l'écoute. Elle était présente à notre congrès où elle a prononcé un discours très offensif. Suite à notre travail sur l'emploi, j'ai présenté nos propositions en bureau national», raconteLaurianne Deniaud. L'allocation d'autonomie pour les jeunes, que demande le MJS, figure en principe dans le programme du PS. Mais cette idée devra d'abord être validée par le futur candidat. Or François Hollande, plus attaché à l'idée d'un prêt étudiant, ne la partage pas. En 2007, Ségolène Royal s'était aussi montrée réticente, en refusant le principe de «l'assistanat».
En dehors du cadre de la convention sur l'égalité réelle, François Hollande a prévu de s'exprimer à nouveau sur la jeunesse, en publiant un document ou en prononçant prochainement un discours pour réexpliquer son idée de «contrat de génération». Du côté de Ségolène Royal, on réfléchit aussi à l'idée d'éditer un document reprenant les propositions de l'ex-candidate. Pour les socialistes, il y a un autre intérêt à se pencher sur la jeunesse: c'est celui d'enjamber l'échec de leur opposition à la réforme des retraites. Et de passer à autre chose.
Sécu : le coup de sang de Nadine Morano à l'Assemblée

Une décision qui a visiblement agacée Nadine Morano. La secrétaire d'Etat à la Famille a eu des mots très vifs envers sa majorité UMP et avec le président de séance Maurice Leroy, député du Nouveau centre. Hors micro, alors que le vote commençait, la représentante du gouvernement a reproché au centriste de ne pas lui avoir demandé l'avis du gouvernement.
«Je ne pouvais pas rester silencieuse et j'ai demandé à pouvoir donner l'avis du gouvernement. C'est d'ordre réglementaire», a réagi dans la soirée la secrétaire d'Etat. Pour obtenir le droit de donner cet avis, Nadine Morano s'est alors «mise à vociférer», a accusé une source parlementaire UMP, ce qu'elle a démenti. «Je démens catégoriquement avoir tenu des propos virulents devant l'Assemblée, les enregistrements ainsi que le compte rendu de séance sont là pour le prouver. C'est un simple incident de procédure», a-t-elle assuré.
«Le gouvernement ne supprime rien»
Lors de cet échange hors micro, Maurice Leroy lui a soutenu qu'elle venait de s'exprimer longuement. La secrétaire d'Etat avait en effet expliqué en substance que cette mesure permettrait d'économiser 64 millions d'euros en 2011, sans supprimer aucune prestation.Après un premier vote qui ne lui a pas été favorable, Nadine Morano a demandé une suspension de séance. Dans les couloirs de l'hémicycle, elle a poursuivi son explication avec Maurice Leroy qui lui a concédé un nouveau vote. Il «a lui-même reconnu avoir fait une faute», a affirmé la secrétaire d'Etat.
De retour dans l'hémicycle, avant ce nouveau vote, tournée vers les députés UMP, elle a repris son argumentaire avec énergie, expliquant en substance qu'il n'y a pas de petites économies. «Le gouvernement ne supprime rien», a-t-elle argumenté , évoquant des «mesures d'harmonisation» avec d'autres prestations. «La France consacre 100 milliards d'euros à sa politique familiale», a-t-elle poursuivi, rappelant «une prime exceptionnelle de 150 euros versée en juin aux familles modestes».
Las, le nouveau vote a confirmé le premier, maintenant le versement de l'allocation de base de la Paje à la naissance de l'enfant, et non le mois qui suit.
Le marché du foie gras français se porte bien
Attention patrons, ils sont en colère
Les opposants à la réforme contre les retraites n’ont pas obtenu gain de cause et risquent de le faire payer à leurs patrons. C’est en tout cas ce que craint Denis Monneuse, sociologue et directeur de projet chez "Entreprise & personnel", une association qui réunit 130 groupes français parmi lesquels Renault, L'Oréal, Axa, la Société générale, EDF ou encore la SNCF.
Frustrations = plus grandes revendications
Selon lui, les tensions sociales qui se sont développées face à la réforme des retraites vont peu à peu se reporter ailleurs et notamment au sein de la cellule professionnelle. Le phénomène est le même qu’avec la mauvaise humeur qu’un rien envenime, note Denis Monneuse."La frustration qui peut exister chez certains peut nourrir des revendications encore plus fortes, notamment sur les négociations obligatoires sur les salaires", qui devraient intervenir sous peu, explique Denis Monneuse à Europe 1. Le risque est donc que les employés en colère reportent "des revendications sur les retraites vers la question des salaires", s’inquiète-t-il.
Un dialogue musclé risque ainsi de s’installer dans les semaines à venir dans les entreprises. Et pas seulement sur les questions salariales. Pour Denis Monneuse, l’emploi des seniors sera probablement un sujet portant à discussions.
Pour Mme Dati, la grosse artillerie
Chez l’économiste amateur, ici, il y a sans doute un cochon qui sommeille. Et un sacré lourdaud. Reste que la justice aussi utilise la grosse artillerie. L’interpellation du suspect au petit matin, la perquisition de son appartement, la saisie de son ordinateur, passe encore. Mais pourquoi lui infliger 48 heures de garde à vue, alors qu’il reconnaît les faits? On ignorait que le délit “d’outrage” méritât tant de rigueur et d’investigations.
En France, les nécessités de l’enquête ont bon dos. C’est le genre d’abus que la cour européenne sanctionne régulièrement. Et que le gouvernement a d’ailleurs promis de faire cesser.
Du coup, le procureur de Valence se trouve suspecté à son tour par l’opinion. De zèle intempestif. Il s’en défend, bien sûr, et ne voit “rien de disproportionné” dans la procédure. N’empêche, à Nanterre, son collègue Philippe Courroye s’est montré nettement plus mesuré avec les protagonistes de l’affaire Bettencourt. Quel doigté, là-haut, que de prévenances !
A croire que la gauloiserie menace davantage la société que les entourloupes politico-financières.
La réforme passe, l'affaire continue: les retraites sont réformées, mais la retraitée la plus célèbre de France demeure sur l'avant-scène. Est-elle d'ailleurs retraitée, Liliane Bettencourt ? Prend-on sa retraite, quand on est la rentière la plus riche de France ? Peu importe, l'essentiel est son affaire, qui nous distraie par ses rebondissements quotidiens. Après avoir perturbé la grande réforme du quinquennat, et plombé un ministre naguère d'avenir, l'affaire Bettencourt a ces derniers jours obligé le juge Courroye à jeter la toge, déclenché une épidémie de vols d'ordinateurs de journalistes, et réveillé le spectre des barbouzes... «Je ne bois pas trop de vin, parce que je fatigue», commente notre retraitée, qui cependant fanfaronne: «Si on m'abuse, c'est que je me laisse abuser». Et nous, Français, si on nous amuse avec cette affaire, c'est qu'on se laisse amuser ?
Assez de sang, assez de morts et d'exécutions capitales dans cet Irak meurtri, ravagé par la guerre.
Après tant de souffrances, on pouvait s'attendre à quelques efforts en vue de la paix intérieure et de la réconciliation. Apparemment, il n'en est rien. Les règlements de compte vont bon train. Les exactions sont nombreuses et de toutes origines.
À cela, le gouvernement et la justice irakienne ajoutent des rafales de peines de mort, incluant des personnes déjà jugées et condamnées à des années de prison. Comme si cela ne suffisait pas, on ajoute des procès nouveaux aux procès anciens, comme si on voulait à tout prix obtenir une condamnation à la peine de mort.
C'est ce qui vient d'arriver à Tarek Aziz, ex-vice-Premier ministre de Saddam Hussein et chef de la diplomatie irakienne. Il vient d'être condamné à la peine capitale avec deux dignitaires de l'ancien régime. Cela ressemble à une vengeance plus qu'à une expression sereine de la justice. De toutes parts dans le monde, s'élèvent des demandes de grâce. Le Vatican a demandé qu'il ne soit pas exécuté, non parce qu'il est chrétien, mais parce que le Vatican s'affirme désormais opposé à la peine capitale. Du reste, il était déjà intervenu en faveur de Saddam Hussein pour tenter d'empêcher son exécution.
Malgré ces appels à la clémence, depuis six ans, des centaines d'exécutions capitales ont eu lieu. D'après Amnesty International, un millier de condamnés, dont dix-sept femmes, attendent leur exécution dans les prisons irakiennes et quelles prisons ! 120 personnes auraient été pendues en 2009, s'ajoutant aux 120 000 morts irakiens depuis 2003.
La peine de mort avait été abolie par les Américains. Elle a été rétablie par le gouvernement irakien, désireux sans doute de faire place nette. Désormais, ce pays est l'un de ceux où l'on applique le plus la peine de mort qui pourtant ¯ et heureusement ¯ régresse dans le monde.
Le gouvernement irakien se grandirait en cessant ces pratiques d'un autre âge, au lieu de continuer par ce moyen inhumain à terroriser ses opposants. Ce n'est pas ainsi qu'il réconciliera les communautés et favorisera la réhabilitation du pays. Ce n'est pas ainsi qu'il fera renaître la confiance des nations à son égard.
















