TOUT EST DIT

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lundi 12 octobre 2009

Les médias étrangers indignés par l'affaire Jean Sarkozy

REVUE DE NET - La presse et les internautes du monde entier jugent sévèrement la possible nomination du fils de Nicolas Sarkozy à la tête de La Défense à Paris, stigmatisant le «népotisme français».

Népotisme. En anglais, en italien, en espagnol, en chinois, le terme revient systématiquement dans les nombreux articles que la presse étrangère consacre à la possible nomination de Jean Sarkozy, 23 ans, à la tête de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (Epad).

Jamais en reste pour chroniquer les frasques de Nicolas Sarkozy, la presse anglaise tire à boulets rouge sur cette affaire. «La dynastie Sarkozy s'est une fois de plus embourbée dans une histoire de népotisme», expliquait ainsi le Guardian vendredi.

Pour le Times de Londres, Nicolas Sarkozy a provoqué «l'embarras de ses alliés politiques» et cite des critiques anonymes au sein de l'UMP, qui trouveraient que les choses vont, cette fois «trop loin». Le quotidien rappelle l'ascension «météorique» de Jean Sarkozy, qui «a été grandement aidé par l'influence de son père».

Sur son blog, le correspondant du journal en France, Charles Bremner, est plus féroce. «Le terme de République bananière a été utilisé par un couple d'amis», raconte-t-il, parlant d'un «stupéfiant acte de népotisme». «Sarko junior, qui passe sa licence de droit, a été élu l'an dernier au Conseil général de ce département [les Hauts-de-Seine, NDLR] à la réputation scabreuse. On lui a aussitôt confié la direction de l'Union pour un mouvement populaire de papa», rappelle le journaliste.

«La notion de dynastie se porte bien», note un journal indien

En Italie, le Corriere della Sera fait figurer le sujet dans sa «une» et rappelle que la Défense est «le plus grand centre d'affaires d'Europe», au «potentiel stratégique énorme» et que sa direction est «tout sauf triviale». Le journal s'amuse de la «continuité dynastique» des Hauts-de-Seine et de l'irruption de «Sarkozy II, le Jeune».

En Espagne, où l'agence EFE a consacré une dépêche à l'histoire, plusieurs médias évoquent l'affaire, qui amuse également le quotidien conservateur américain New-York Post .

L'affaire rebondit jusqu'en Inde, où l'Express India note que Nicolas Sarkozy a «été critiqué» pour «gérer en famille» ses affaires. Le site DNA y consacre même un édito sur les dynasties politiques, notant que cette notion familière à l'Inde «se porte bien dans le monde et devient commune même dans les soit-disant méritocratiques démocraties occidentales». On parle de Jean Sarkozy jusqu'en Australie, où The Australian reprend un article du Times de Londres.

Comme le relève Christophe Grébert, élu municipal Modem de Puteaux, la commune voisine de la Défense, et initiateur d'une pétition contre la nomination de Jean Sarkozy qui a déjà recueilli plus de 7.000 signatures, l'affaire fait également jaser en Chine, où la télévision nationale lui a consacré un sujet :

Et puis il y a Internet. Outre la pétition, plusieurs blogeurs ont également porté la contestation sur Twitter, où les internautes s'amusent à ajouter le «hashtag» (une convention qui permet d'associer un mot-clé à tous les messages sur le même sujet) «#jeansarkozy» partout à leurs messages. Ce qui a donné lieu à un concours de bons mots au sujet du jeune homme, qui se poursuit lundi.

Mitterrand : deux Français sur trois contre sa démission

Tandis que Xavier Bertrand estime, dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France publiée lundi, que «L'affaire Mitterrand est terminée», les Français semblent s'être fait leur opinion sur le scandale propagé la semaine dernière autour du livre du ministre de la Culture, «La mauvaise vie», et de ses déclarations relatives à l'arrestation de Roman Polanski.
Pour 67% des personnes sondées par BVA pour la Matinale de Canal +, Frédéric Mitterrand ne doit pas démissionner de son poste de ministre de la Culture et de la Communication.

Le détail de ce sondage en fonction des sympathies politiques montre que le ministre est sensiblement plus soutenu à droite (78% contre sa démission) qu'à gauche (63%). Un écart que l'on retrouve en fonction des catégories socio-professionnelles : 73% contre sa démission chez les cadres et professions libérales, 62% chez les employés et ouvriers.

Dans toutes les catégories, la proportion de sondés favorables à sa démission reste très largement minoritaire. Elle l'est même chez les sympathisants du Front National (35% pour, 55% contre), alors que l'offensive est venue de ce parti, avec l'intervention de Marine Le Pen lors de l'émission «Mots croisés», sur France 2. .

Sondage de l’Institut BVA réalisé par téléphone les 9 et 10 octobre auprès d’un échantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. Représentativité de l’échantillon assurée par la méthode des quotas, appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille après stratification par région et catégorie d’agglomération.
ENFIN !
N'en déplaise à beaucoup, cet homme est le seul capable de nous faire oublier Jack Lang, cet olibrius qui nous a pondu des fêtes à ne plus savoir qu'en foutre.

L'avertissement des Etats-Unis au futur président afghan

Quel que soit le résultat de l'élection présidentielle du 20 août, le prochain président de l'Afghanistan devra faire plus pour répondre aux problèmes du pays, explique au Today Programme de BBC Radio 4, Hillary Clinton. La secrétaire d'Etat américaine a commencé samedi une tournée européenne, qui l'a emmenée à Zurich puis Londres, Dublin et Belfast. Elle doit prononcer lundi un discours en Irlande du Nord afin de soutenir le processus de paix entre catholiques et protestants. Elle est attendue lundi soir à Moscou.
Pour Mme Clinton, le prochain président devra établir une nouvelle relation avec la population, son armée et les Etats-Unis. "Nous sommes impatients d'avoir les résultats finaux de l'élection", explique-t-elle, rappelant que Hamid Karzaï a été "très utile sur de nombreux fronts. (...) Mais nous sommes très clairs sur un point : si le résultat du scrutin mène à sa réélection, il devra y avoir une nouvelle relation entre lui et le peuple afghan, entre son gouvernement et ceux qui soutiennent ses efforts pour stabiliser et sécuriser l'Afghanistan."

Les autorités électorales afghanes vont bientôt terminer leurs enquêtes sur les accusations de fraudes. Un représentant électoral a indiqué lundi qu'une annonce – le nom du prochain président afghan ou la tenue d'un second tour – "pourrait tomber d'ici cinq à sept jours".

Pour la secrétaire d'Etat, l'examen de la stratégié américaine en Afghanistan apporte quelques éclaircissements bienvenus. La secrétaire d'Etat confirme que le but des Américains reste le démantèlement et la défaite d'Al-Qaida et de ses alliés extrémistes, mais qu'il s'agit de savoir qui est réellement allié au réseau d'Oussama Ben Laden. "On a tendance à négliger les progrès réalisés en Afghanistan car il reste encore de vrais défis à relever."

Dimanche, le New York Times laissait entendre que le président Obama s'impatientait des lenteurs du développement des institutions civiles, du système judiciaire et des forces de sécurité en Afghanistan. Le président Obama a annoncé en mars l'envoi de centaines de conseillers civils pour aider au développement du pays, mais la détérioration des conditions de sécurité n'a pas permis leur arrivée sur le terrain.

RELECTURE DANS L'EXPRESS


CHERCHEZ L'ERREUR

Genève : un parti antifrontaliers gagne haut la main des élections locales

Le Mouvement citoyen genevois (MCG), avec son slogan "Genève et les Genevois d'abord", a séduit les électeurs confrontés à la crise, dimanche 11 octobre, lors des élections au Grand Conseil, le parlement du canton genevois. Ce parti populiste local assure qu'il y a un lien direct entre la présence des travailleurs français frontaliers et le taux de chômage à Genève, le plus élevé de Suisse (7 % en septembre contre 3,9 % au niveau national). Pour le président du mouvement, Eric Stauffer, Genève risque de devenir un "déversoir pour les 2,9 millions de chômeurs français". Le MCG a presque doublé sa représentation au Grand Conseil, qui passe de 9 à 17 sièges, se trouvant ainsi propulsé deuxième force politique du canton derrière le Parti libéral (droite), qui passe à 20 sièges (- 3).
Le parti populiste de droite UDC, familier des diatribes xénophobes, a bien tenté de disputer le terrain au MCG en faisant de la surenchère anti-frontaliers mais subit un revers en passant de 11 à 9 sièges.
Durant la campagne, l'UDC a publié un encart publicitaire dénonçant la "racaille" et les "criminels étrangers" qui, selon le parti populiste, envahiraient Genève si une nouvelle liaison ferroviaire transfrontalière était établie avec la ville française frontalière d'Annemasse. Cette rhétorique a provoqué l'indignation de la gauche genevoise et du maire d'Annemasse Christian Dupessey qui a annoncé son intention de porter plainte contre l'UDC.
JE LES COMPRENDS, LES FRANÇAIS SONT NOS POLONAIS POUR EUX.

Affaire Mitterrand : et si on inculpait Léon Blum ?

Par Bernard-Henri Lévy, écrivain, directeur de la revue La Règle du jeu
Marine Le Pen n’y suffisait pas : il a fallu que la jeune garde socialiste, Benoît Hamon en chef de file, vole au secours du nouvel ordre moral qui, depuis quinze jours, semble tourner des têtes que l’on croyait immunisées contre le moralement correct cher à nos Pères et Mères la Pudeur, type Christine Boutin ou Philippe de Villiers.

Et voici donc un événement considérable, et qui semblait impensable à ceux qui, comme moi, avaient mis leur espoir dans ce groupe de quadras - Benoît Hamon donc, mais aussi Manuel Valls, Arnaud Montebourg... - qui portaient, avec d’autres, les couleurs de la rénovation à gauche : l’alliance folle, profondément contre-nature, suicidaire, entre des héritiers de Jaurès et le parti d’un homme qui, jadis, à Alger, partit faire du tourisme parachutiste autrement plus olé olé que celui dont Frédéric Mitterrand a fait lui-même, il y a quelques années, dans un livre unanimement salué par la critique, l’aveu public et désolé.

Une fois de plus, et comme dans l’affaire Polanski dont cette affaire-ci est, hélas, la suite à la fois logique et délirante, il ne s’agit pas d’excuser des pratiques que leur auteur a eu la franchise de révéler en son temps, et à son entier détriment.

Mais il s’agit, premièrement, d’observer le spectacle navrant de cet escadron de vertueux, estampillé socialiste, qui fonce droit dans le piège tendu par ses pires adversaires.

Et il s’agit, deuxièmement, de savoir si l’on va, désormais, devoir fouiller dans la vie de chacun d’entre nous pour évaluer, dans notre passé, pourquoi pas dans notre adolescence, ou même dans notre prime enfance, notre degré de «moralité».

Responsables, ou futurs responsables, qui, dans vos écrits ou confessions, aurez pris le risque de rapporter telle ou telle histoire, passion, bonne ou mauvaise action, apprenez désormais à vous taire ou sachez, à défaut, que vous serez du gibier de média et d’agora.

Artistes, romanciers, diaristes, journalistes, qui, dans vos fictions et vos autofictions, croiriez bon de nous instruire de telle ou telle tentation, perdition, perversion, turpitude, regardez-y à deux fois car vous devez savoir qu’à gauche comme à droite, au nom de la défense des bonnes mœurs, on vous jettera en pâture à l’opinion et l’on sonnera contre vous l’hallali.

André Malraux, qui fit publiquement l’aveu d’un penchant pour les paradis artificiels contracté dans sa jeunesse et jamais véritablement conjuré, ne resterait, aujourd’hui, pas ministre cinq minutes.

Blum à qui il arriva, au temps de La Revue blanche, de faire l’éloge de l’adultère et de l’extrême liberté de mœurs pour les jeunes filles emprisonnées dans le carcan des familles, devrait se tenir à carreaux de peur d’être dénoncé comme pédophile par les Benoît Hamon de service.

Gide ne publierait pas Corydon ou ne prendrait plus, s’il l’avait fait, la présidence des Comités antifascistes de 1934 ; Jean-Jacques juge de Rousseau finirait avec ses Confessions pendues autour du cou ; et ne parlons pas de Jean Genet dont le Journal d’un voleur ne trouverait tout simplement plus éditeur.

La nouvelle Brigade des mœurs veille. Triste époque.

[Bernard-Henri Lévy est membre du conseil de surveillance de «Libération».]

Gorbatchev : «On a évité une troisième guerre mondiale»

INTERVIEW EXCLUSIVE - Le dernier président de l'URSS donne sa version personnelle des événements qui ont conduit à la chute du mur de Berlin et à l'effondrement du bloc communiste. Et dit ce qu'il pense d'Obama, de Medvedev et de Poutine.

LE FIGARO. - Il y a vingt ans, vous étiez au pouvoir en Union soviétique au moment de la chute du mur de Berlin. L'aviez-vous vue venir ou vous a-t-elle pris par surprise ?
Mikhaïl GORBATCHEV. - Il aurait été difficile de me surprendre à cette époque-là. Ces événements étaient le résultat d'un long processus. Cela faisait longtemps que j'étais dans les cercles du pouvoir et je connaissais parfaitement la situation. Quand je suis devenu le leader de l'Union soviétique, l'une des pierres angulaires de ma vision du monde était de considérer l'Europe comme notre maison commune. J'avais d'ailleurs proposé, au cours d'une visite en France, que nous bâtissions cette maison commune. Et la question allemande faisait partie de cette vision. L'unification de l'Allemagne a été possible parce qu'elle a été précédée de grands changements en URSS, en Europe centrale et de l'Est, dans les relations avec les pays occidentaux et particulièrement avec les États-Unis, avec qui nous étions alors en très mauvais termes. Quand je suis arrivé à la tête de l'URSS, les responsables soviétiques et américains ne s'étaient pas rencontrés depuis six ans. Quelques années plus tard, nous avions changé cela. Et c'est l'ensemble de ces changements qui a entraîné la possibilité de la réunification. Lors d'une visite en RDA en 1989, à l'occasion du 40e anniversaire de la République est-allemande, j'ai été très impressionné par ce que j'ai vu. J'ai longuement parlé avec le président Erich Honecker et il m'a étonné. Je pensais qu'il ne comprenait pas ce qui se passait. Ou qu'il refusait d'accepter le processus qui était en cours et qui, de toute évidence, mettait la question de l'unité de l'Allemagne sur la table. Il y avait un grand défilé, les vingt-huit régions de la RDA étaient représentées. Les jeunes qui participaient à la manifestation criaient des slogans qui prouvaient que le pays était en effervescence et qu'il allait y avoir de grands changements très bientôt… Le premier ministre polonais, Mieczyslaw Rakowski, s'est approché de moi en me demandant si je comprenais l'allemand. J'ai répondu : suffisamment pour savoir ce que disent les pancartes et les slogans. Alors il m'a dit : c'est la fin. J'ai dit oui.

À vous entendre, c'est presque comme si vous aviez vous-même planifié tout cela ?
Non, je ne l'ai pas planifié. D'ailleurs, en juin 1989, à l'occasion d'une visite en RFA, après un entretien avec Helmut Kohl, un journaliste m'a demandé si nous avions évoqué la question allemande. J'ai répondu que oui. J'ai déclaré que la division de l'Allemagne était un héritage de l'histoire, de la Seconde Guerre mondiale. Mais que c'était à l'histoire de dire ce qu'il en adviendrait. Les journalistes n'étaient pas contents et ils ont insisté en me demandant quand aurait lieu la réunification. J'ai répondu que cette question serait probablement résolue au XXIe siècle et que ce serait l'histoire qui déciderait. Vous voyez, c'était ma position quelques mois avant la chute du Mur… Et puis il y a eu les changements en URSS, en Europe centrale et de l'Est, la « révolution de velours », les nouvelles relations avec les États-Unis, le désarmement. Tout cela a entraîné la spirale des événements, même si la RDA était encore une sorte d'île dans cette mer de changement.

Avez-vous eu la tentation de recourir à la force pour arrêter les mouvements à l'œuvre en Europe de l'Est ?
Vous savez, quand mon prédécesseur, Konstantin Tchernenko, est mort, en 1985, les leaders des pays du pacte de Varsovie sont venus aux funérailles à Moscou. Nous nous sommes réunis dans mon bureau. Je les ai remerciés et je leur ai dit : nous ne ferons rien qui puisse compliquer nos relations avec vous. Nous respecterons nos obligations, mais vous êtes responsables de votre politique, de votre pays, et nous sommes responsables de notre politique, de notre pays. En 1985, donc, je leur ai promis que nous n'interviendrions pas - et nous ne sommes jamais intervenus. Si nous l'avions fait, alors je ne serais probablement pas là aujourd'hui, avec vous… Cela, je peux vous l'assurer.

Que se serait-il passé, selon vous ?
On aurait pu avoir une Troisième Guerre mondiale… À l'époque, l'Europe était pleine d'armes nucléaires. Il y avait environ deux millions de troupes des deux côtés du rideau de fer… Imaginez simplement ce qui aurait pu arriver si nous avions utilisé la force…

Quelle était, à cette époque, votre vision de l'avenir de l'Union soviétique ?
C'était une vision qui nous a conduits à engager des changements démocratiques, à ouvrir le pays, à réformer notre union et notre économie, à rendre leur liberté de mouvement aux citoyens, à introduire la liberté d'expression et de religion. À cette époque, je n'avais aucune hésitation, je savais que c'était le chemin à suivre. Et j'ai cru que l'on pourrait ainsi préserver l'Union soviétique. Mais, après les élections libres de 1989, certains, au sein du Parti communiste, ont réagi férocement contre toutes ces réformes. Le parti était alors divisé : 84 % des députés en étaient membres, mais la nomenklatura avait perdu les élections. J'avais toutes les raisons de croire que la perestroïka était soutenue par la majorité. Il n'empêche que la nomenklatura a essayé à plusieurs reprises de me renverser, de me démettre lors des réunions du Soviet suprême. Les adversaires de la perestroïka n'ont pas été capables de s'opposer à nous légalement, politiquement. C'est pour cela qu'ils ont organisé un coup d'État en 1991. Nous avons sous-estimé le danger, nous aurions dû agir avec plus de fermeté pour empêcher cela. Je pense que les défenseurs de la perestroïka, y compris moi-même, nous avons été trop confiants. Nous croyions être sur la bonne voie. À cette époque, nous avions préparé un programme pour redresser la situation économique en URSS. Ce programme avait été soutenu par toutes les Républiques, même les Républiques baltes. Début août, nous avions aussi préparé un nouveau traité pour l'Union. En novembre 1991, nous voulions tenir un congrès pour réformer le parti. Nous pensions que, dans cette situation, il aurait été irresponsable pour quiconque d'organiser un coup d'État. Malheureusement, ils l'ont fait, et certains de ceux qui ont organisé le coup faisaient partie de mon entourage, de mon cercle rapproché.

Comment interprétez-vous aujourd'hui la nostalgie de l'empire et de l'Union soviétique qui se manifeste au sein du pouvoir et de la population russes ?
Je connais la situation. Je pense qu'il ne faut pas exagérer cette tendance. Dans un sondage réalisé en 2005 pour le 20e anniversaire de la perestroïka, 55 % des gens estimaient que les changements avaient été nécessaires, alors qu'ils étaient minoritaires dix ans plus tôt. Les deux tiers des Russes se disent favorables aux élections libres, à l'économie de marché et à la liberté de mouvements…

Oui, mais Staline est plus populaire aujourd'hui qu'hier…
Je ne le pense pas. Il est vrai que certains manifestent dans la rue avec des portraits de Staline. Cela prouve surtout que la Russie n'a pas totalement réussi son processus de changement. Mais cela, on le savait déjà. Quoi qu'il en soit, il n'y aura pas de retour vers le passé. On ne peut pas faire marche arrière. Cela n'arrivera pas.

Quel jugement portez-vous sur la politique du tandem Medvedev-Poutine ? Ces deux hommes mènent-ils la Russie sur la bonne voie ?
Le premier mandat de Vladimir Poutine était plutôt positif. Il a mis fin au processus de désintégration de la Russie, qui était extrêmement dangereux. Il a stabilisé la situation : ne serait-ce que pour cela, il aura sa place dans l'histoire. Mais je ne vois pas de véritable effort de modernisation, c'est le principal problème. Les conditions étaient favorables, grâce à l'augmentation du prix du pétrole… Mais je m'interroge sur la manière dont ont été utilisés ces millions de pétrodollars. Je crois qu'ils ont permis à leurs amis d'acheter les Champs-Élysées et le reste de la France… Je plaisante, mais je pense qu'une grande partie de cet argent a été gaspillée et qu'il n'a pas été utilisé pour moderniser le pays. Ils auraient dû agir beaucoup plus tôt pour améliorer la situation économique, moderniser la Russie et aussi la démocratiser. D'un côté, ils ont arrêté l'incendie ; de l'autre, ils ont commis des erreurs.

Le problème essentiel relève-t-il selon vous de la politique économique ou de la corruption ?
Ce qu'il faut au pays, c'est un nouveau système, un nouveau modèle de développement. Et, pour le bâtir, il faut venir à bout de la corruption. Pour l'instant, je vous l'accorde, ce n'est pas le cas. Mais qui vivra verra.

Pensez-vous que Medvedev et Poutine vont saisir la main tendue par Barack Obama ?
Ce n'est pas seulement Barack Obama qui est à l'origine de cette opportunité dans la relation russo-américaine. Mais c'est une personne sérieuse, qui comprend la situation de crise, qui milite en faveur de la dénucléarisation et qui a pris la mesure des problèmes environnementaux. C'est un bon interlocuteur pour nos dirigeants, parce que c'est aussi ce qu'ils souhaitent. J'ai un sentiment positif à l'égard du président américain. Et, oui, je crois que la Russie veut saisir cette chance. Mais on ne sait jamais…

Vous avez reçu le prix Nobel de la paix en 1990. Pensez-vous que celui qui vient d'être décerné à Barack Obama est mérité ou prématuré ?
Je lui ai écrit pour le féliciter. J'ai dit que c'était le bon choix car je me sens proche de sa vision du monde. Il lui faudra beaucoup de détermination, d'autorité internationale et de talent de communication pour la mettre en œuvre. Je lui souhaite de réussir.

Vous avez retiré les troupes russes d'Afghanistan. Vingt ans après, Barack Obama s'apprête à décider, ou non, l'envoi de renforts américains dans ce pays. Que lui conseilleriez-vous ?
Nous avons traversé une période identique à celle que connaît Obama en Afghanistan. Nous aussi, nous avons dû remettre à plat notre stratégie et nos politiques. Je pense que l'objectif ultime des Américains devrait être le retrait de leurs forces. Mais je n'ai pas de recommandation à lui faire. Sans doute aurait-il mieux valu ne pas s'y engager… Pendant que nous nous retirions d'Afghanistan, les Américains travaillaient avec les Pakistanais pour créer les talibans, alors qu'ils nous affirmaient vouloir un pays « libre et stable, en bons termes avec nos deux nations »… Aujourd'hui, ils en récoltent les fruits. D'un autre côté, j'admets qu'il est nécessaire d'agir contre les noyaux terroristes…

Vous êtes à la tête de Green Cross (« la croix verte »), une ONG vouée à la protection de l'environnement : êtes-vous confiant avant la réunion mondiale prévue en décembre à Copenhague sur le réchauffement climatique ?
Je veux croire que ce sera une étape majeure dans la bonne direction. De solides travaux préparatoires ont eu lieu. Les problèmes environnementaux nous étranglent : nous devons faire en sorte d'éviter une catastrophe, d'échapper au désastre. Il ne faut pas que la température moyenne de la planète augmente de plus de 2 % : même cet objectif sera très difficile à atteindre. Les États doivent maintenant prendre des mesures décisives.

Les déclarations de Benoît Hamon sur "l'affaire Mitterrand" provoquent une polémique au PS

Après avoir pris connaissance de la mise au point de Frédéric Mitterrand assurant que "le tourisme sexuel est une honte", Benoît Hamon avait prévenu : "L'affaire laissera des traces." Celles-ci n'épargnent pas le Parti socialiste. Les déclarations de son porte-parole dénonçant les écrits d'un "ministre-consommateur" et jugeant "choquant", dans la foulée du FN, "qu'un homme puisse justifier, à l'abri d'un récit littéraire, le tourisme sexuel", ont déclenché, vendredi 9 octobre, une nouvelle tempête dans les rangs du parti.
En réagissant aux propos de Marine Le Pen qui s'en était pris au livre La Mauvaise Vie du ministre de la culture, M. Hamon "n'exprimait en aucun cas une position collective du Parti socialiste", a protesté Harlem Désir, qui occupe le rang de numéro deux du PS. Le député européen est proche de Bertrand Delanoë, qui a pris la défense de Frédéric Mitterrand en dénonçant "une offensive populiste".

Harlem Désir considère "qu'en politique, tous les coups ne sont pas permis" et dénonce une "chasse à l'homme". "Nous combattons avec la plus grande rigueur le tourisme sexuel et la pédophilie", mais "nous n'avons pas à pratiquer l'amalgame et la calomnie", assure-t-il. M. Hamon rétorque qu'il "assume la totalité de (s)es propos" et juge "honteux" d'être accusé d'avoir emboîté le pas à Marine Le Pen.

A peine avait-elle lancé un appel à l'unité des dirigeants socialistes que Martine Aubry est une nouvelle fois contrainte de ramener le calme. "Comprenons aussi que Benoît Hamon a pu avoir une réaction de sensibilité, comme tous les Français qui liraient ce livre", estime la première secrétaire, qui souhaite que l'on évite "de faire des amalgames". D'autres membres de la direction apportent leur soutien à Benoît Hamon. "Sa prise de position n'était pas nourrie par des considérations morales mais par la question sociale", insiste le fabiusien Guillaume Bachelay, convaincu que, "quand on est de gauche, on ne peut que combattre le commerce tarifé des corps".

Patrick Bloche plaide également en faveur du porte-parole du PS. Il juge qu'on lui "intente un procès injuste". "Dommage qu'il ne soit pas intervenu dès qu'a éclaté l'affaire Polanski", remarque toutefois le député et maire du 11e arrondissement de Paris. Quant à Razzy Hammadi, proche de Benoît Hamon, il assure que le porte-parole du PS "a répondu avec nos principes et nos valeurs, n'en déplaise à une certaine élite parisienne." L'ancien président du Mouvement des jeunes socialistes estime que "même si l'on appartient à une élite culturelle ou politique, on a quand même des comptes à rendre sur ces questions". Il assure que l'offensive "anti-Mitterrand" ne visait pas à mettre en porte à faux le ministre de la culture, "qui est un homme de droite", avec l'électorat conservateur.

Une fois n'est pas coutume, le député de l'Essonne Manuel Valls soutient aussi Benoît Hamon. Pour lui, les dissonances au sein du Parti socialiste sur l'affaire Mitterrand expriment "un clivage générationnel autour de ce que doivent être la liberté et les règles".

Mais d'autres considérations, plus internes, ont sans doute aussi joué. Des critiques sont adressées de façon récurrente au porte-parole du PS par ceux qui estiment que Martine Aubry, liée par l'accord passé avec l'aile gauche du PS à l'issue du congrès de Reims, lui octroie une trop grande liberté de manoeuvre. Dans un communiqué, le député européen Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, déplore des "initiatives personnelles" qui "mettent à mal la cohérence de notre expression" et traduisent un déficit de "délibération collective". Plus direct, Julien Dray remarque que "la fonction de porte-parole implique des devoirs et ne donne pas simplement le droit à la parole". Le député de l'Essonne dénonce "une tactique de mise au pied du mur de tout le Parti socialiste qui n'est pas acceptable".
Jean-Michel Normand

HAMON DEVRAIT SÈRIEUSEMENT PENSER À DÉMISSIONNER

dimanche 11 octobre 2009

Selon Mahmoud Ahmadinejad, aucune puissance n'osera agresser l'Iran

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a de nouveau lancé, mardi 22 septembre, une mise en garde contre toute velléité d'attaque militaire contre l'Iran, appelant les puissances étrangères à retirer leurs troupes de la région. "Aucune puissance n'osera développer dans son esprit l'idée d'agresser l'Iran", a déclaré M. Ahmadinejad lors d'un discours à l'ouverture d'un défilé militaire annuel.

"Nos forces armées couperont n'importe où dans le monde la main de quiconque voudra tirer une balle en direction de l'Iran avant même qu'il appuie sur la gâchette", a-t-il affirmé, ajoutant que la capacité militaire de l'Iran était uniquement "défensive".

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou n'a jamais écarté l'option d'une frappe militaire contre l'Iran, insistant sur le fait qu'Israël ne permettrait pas que le régime de Téhéran, qui affirme vouloir rayer l'Etat hébreu de la carte, puisse disposer de l'arme atomique. Cette année, l'armée iranienne a fait défiler des systèmes antimissiles et des missiles Shahab-3 et Sejil, d'une portée proclamée d'environ 2 000 kilomètres. C'était la première apparition du missile Sejil, à deux étages et utilisant du combustible solide, alors qu'une escadrille d'avions de combat Saegheh, de fabrication locale, volait au-dessus du parcours.

Faisant allusion au programme nucléaire controversé iranien, M. Ahmadinejad a assuré que "le monde devait savoir" que l'Iran défendrait "avec force ses droits et son territoire". Le renforcement des capacités militaires de l'Iran, en particulier le développement du programme balistique, inquiète les grandes puissances. M. Ahmadinejad a ensuite quitté Téhéran pour New York, afin de participer à l'Assemblée générale des Nations unies, où il prononcera mercredi 23 septembre un discours.

L'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) doivent se retrouver le 1er octobre pour parler des propositions iraniennes sur le dossier nucléaire. Téhéran est soupçonné par les puissances occidentales de vouloir acquérir la bombe atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce qu'il nie. Revenant sur les négociations avec les puissances du groupe 5+1, le ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a déclaré que l'Iran espérait bâtir une "confiance élargie" avec ces puissances lors des négociations du 1er octobre, selon l'agence iranienne IRNA.

Pour sa part, le principal négociateur du nucléaire iranien, Saïd Jalili, a déclaré que l'Iran "entrait dans les négociations avec puissance, logique et initiative", a rapporté la télévision d'Etat. Dans le même temps, l'Iran a souligné sa détermination à poursuivre son programme nucléaire en annonçant la construction d'une nouvelle génération de centrifugeuses.

"Nos scientifiques ont fabriqué une nouvelle génération de centrifugeuses et des cascades de 10 centrifugeuses chacune sont actuellement à l'essai", a déclaré le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, cité par l'IRNA. Selon lui, ces nouvelles centrifugeuses sont en mesure de multiplier par "plus de cinq" la capacité iranienne à enrichir de l'uranium et Téhéran a pour "objectif de parvenir à décupler" au total cette capacité. Il a aussi ajouté que poser "des conditions préalables pour entrer dans les négociations n'était pas logique". Jusque-là, les puissances du groupe 5+1 demandaient à l'Iran de suspendre son enrichissement d'uranium pour commencer des négociations. Cette condition a été abandonnée.

DEPUIS QU'OBAMA EST PRIX NOBEL DE LA PAIX, CELA VA ÊTRE DUR D'ATTAQUER L'IRAN !

Trois condamnations à mort après les manifestations de juin en Iran

Trois Iraniens ont été condamnés à mort pour avoir participé aux manifestations antigouvernementales qui ont suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, a annoncé l'agence iranienne ISNA samedi 10 octobre. Selon l'agence, qui rapporte les propos d'un porte-parole du tribunal provincial de Téhéran, la sévérité de la sentence est due aux liens entre les accusés et des organisations promonarchistes et des exilés d'extrême gauche
"Ces sentences ont été rendues en raison de [leur] implication dans les événements postélectoraux et leur appartenance à des associations monarchistes iraniennes et au PMOI [Moudjahiddine du peuple, mouvement de gauche prônant le renversement du régime au pouvoir en Iran]", a déclaré le responsable judiciaire, précisant que "ces sentences sont susceptibles d'appel devant une juridiction supérieure".

Kassovitz persiste et signe ce vendredi


COMMENT UN CONNARD COMME LUI PEUT-IL ENCORE DIRE ÇA ?

Critiqué, le comité Nobel défend le prix d'Obama

OSLO — Face aux critiques, le comité Nobel norvégien, au lendemain de son inattendu prix de la Paix à Barack Obama, a défendu son choix samedi, en estimant que le risque aurait été de récompenser l'action du président américain trop tard.

Si félicitations et encouragements ont afflué après l'attribution surprise du prix, beaucoup ont émis des réserves, et trois précédents lauréats, dont Lech Walesa, l'ont ouvertement désapprouvé, le jugeant décerné pour trop peu et surtout trop tôt, moins de neuf mois après le début de la présidence Obama.

"Il aurait pu aussi l'avoir trop tard", a répliqué samedi le président du comité Nobel, l'ex-Premier ministre travailliste norvégien Thorbjoern Jagland, lors d'un point de presse au centre Nobel de la Paix à Oslo.

"Est ce que quelqu'un peut me dire qui a fait plus que lui cette année ?", a-t-il demandé. "Il est difficile de désigner un vainqueur du prix de la paix qui soit plus proche du testament d'Alfred Nobel qu'Obama", a-t-il dit à des journalistes.

"Nous attrapons l'air du temps, la nécessité de l'époque", s'est-il encore défendu.

Vendredi, M. Jagland et les quatre autres membres du comité avaient fait sensation en attribuant le prix Nobel au premier Noir élu à la Maison Blanche "pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples".

Si la presse mondiale était divisée samedi, le président du comité Nobel, en poste depuis février, a aussi dû affronter chez lui en Norvège des critiques venues principalement de l'opposition de droite, et pas uniquement sur le prix.

Elu le mois dernier à la tête du Conseil de l'Europe à Strasbourg, Thorbjoern Jagland s'est vu reprocher une double casquette qui, selon l'opposition, pourrait le pousser à éviter de fâcher des membres influents du Conseil, comme la Russie, en récompensant opposants ou militants russes.

Siv Jensen, la patronne du principal parti d'opposition, le parti du Progrès (populiste), a réclamé sa démission.

"Il serait politiquement intelligent que Jagland, après avoir étudié la situation, dise qu'il démissionne pour éviter une double casquette malencontreuse", a-t-elle dit au quotidien Bergens Tidende.

L'autre formation de droite, le parti conservateur, a également critiqué sa double fonction, une accusation que Thorbjoern Jagland avait déjà rejeté fin septembre au moment de son élection à Strasbourg.

Mais le prix Nobel de Barack Obama a suffi à relancer la polémique, au moment où les sceptiques soulignent que le prix de la Paix aurait plutôt dû revenir à un opposant persécuté qu'à l'homme le plus puissant de la planète et au chef d'une armée en guerre en Irak et en Afghanistan.

Réagissant au prix vendredi, le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg l'a qualifié d'"enthousiasmant", mais aussi de "surprenant", adjectif très rarement utilisé en Norvège en pareille circonstance.

Le quotidien de référence norvégien, Aftenposten, écrivait samedi dans un éditorial qu'"Obama a obtenu le prix sans avoir fait quoi que ce soit pour le mériter".

En Suède, terre natale d'Alfred Nobel et où sont remis les autres prix, les réactions ont aussi été mitigées.

"Beaucoup trop tôt", titrait le quotidien de référence suédois Dagens Nyheter dans son éditorial. "Le comité Nobel norvégien a rendu un mauvais service tant à Obama qu'au prix", en augmentant les attentes irréalistes qui pèsent déjà sur le président américain, écrit le quotidien.

"Quelle honte!" s'indignait en une le tabloïde Aftonbladet, estimant que "le comité Nobel s'est tourné en ridicule auprès du monde entier".

samedi 10 octobre 2009

Mauvais service rendu à Obama

Faut-il supprimer le prix Nobel de la paix ? La question est posée après son attribution, vendredi, à Barack Obama. Cette décision, qui suinte le politiquement correct, est une fausse bonne idée.
Certes, cette récompense, contrairement aux Nobel scientifiques ou de littérature, ne couronne pas le fruit d'une longue recherche ou l'œuvre d'une vie. Elle est, en principe, destinée à une ou plusieurs personnalités contribuant au rapprochement des peuples, à la propagation des droits de l'homme et de la liberté.

Considérations qui s'appliquent sans doute au nouveau président américain. L'homme incarne la rupture, après l'ère Bush. Son verbe est pacifique : à l'endroit des musulmans (discours du Caire), en faveur du désarmement nucléaire (discours de Prague). Ses projets politiques sont empreints d'humanité : la réforme de la santé aux États-Unis. Ses ambitions internationales cultivent la réconciliation : en Irak, en Afghanistan, au Proche-Orient. Enfin, l'homme incarne la nouvelle Amérique, celle qui porte à sa tête un Noir, quarante ans après l'assassinat de Martin Luther King.

N'était-ce pas d'ailleurs le peuple américain lui-même qu'il convenait à ce titre de récompenser ? Lui a osé braver ses préjugés passés et présents pour élire un chef issu d'une de ses minorités. Lui a envoyé un signal concret, exemplaire, au reste du monde. Ce n'est pas si fréquent, même dans les démocraties les plus avancées.

Obama a de belles intentions, mais suffisent-elles à en faire un grand président ? Certainement pas. Il n'occupe sa fonction que depuis dix mois. Sa route s'annonce longue et semée d'embûches. Rien ne dit qu'il ne soit pas renvoyé à la fin de son mandat comme l'un de ses prédécesseurs démocrates, Jimmy Carter, Nobel de la paix lui aussi. Mais en 2002,vingt-deux ans après sa retraite de la Maison-Blanche.

Obama, lui, est en plein exercice. Si ce prix a encore une valeur, il ne peut que compliquer sa tâche, contraindre son action, l'exposer à tous les chantages. Et si le nouveau Prix Nobel devait dénouer l'imbroglio iranien par la force ? En politique, la fin justifie les moyens. Pour vaincre, les beaux principes, les grandes idées doivent souvent s'accommoder, en coulisses, d'un inavouable cynisme et de certains compromis.

L'Académie Nobel, qui a couronné Arafat en 1994 mais ignoré le Mahatma Gandhi, ne rend pas service vendredi à Barack Obama.
Yves Threard (le figaro)
Je me demande souvent de qui est fait ce jury qui decerne le prix Nobel, leur âge leur qualification....hein ?

La Pologne a ratifié le traité de Lisbonne

Le président polonais Lech Kaczynski a signé, samedi 10 octobre, à Varsovie le traité de Lisbonne, parachevant ainsi sa ratification par la Pologne. "Le changement de décision du peuple irlandais a fait que le traité a repris vie et qu'il n'y a plus d'obstacles pour le ratifier", a déclaré M. Kaczynski. "Aujourd'hui est une journée très importante pour l'histoire de la Pologne et de l'Union européenne", a-t-il ajouté.
La cérémonie au palais présidentiel à Varsovie a réuni notamment le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le président du Parlement européen Jerzy Buzek, ainsi que le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.

Après la large victoire du oui au référendum irlandais et la signature du document par le président Kaczynski, seule la République tchèque n'a pas achevé le processus de ratification du traité réformateur. Pour que le texte entre en vigueur, le chef de l'Etat tchèque, Vaclav Klaus, doit parapher le document déjà ratifié par voie parlementaire dans son pays. M. Klaus attend aussi le verdict de la Cour constitutionnelle tchèque, saisie d'un nouveau recours contre le texte par ses alliés politiques.

Adversaire déclaré du traité de Lisbonne, le président tchèque vient de plus de demander une dérogation pour son pays concernant la Charte des droits fondamentaux, pour empêcher toute restitution des biens des Allemands des Sudètes confisqués après la Seconde guerre mondiale.

Mis en cause dans une nouvelle polémique, Frédéric Mitterrand réplique

Il y a des semaines comme cela où rien ne va. Frédéric Mitterrand en sait quelque chose. Après la polémique sur son ouvrage La mauvaise Vie, le ministre de la culture est aux prises depuis vendredi avec un témoignage de moralité qu'il a apporté à deux hommes accusés de viol. Samedi, le ministre de la culture décide de contre-attaquer : Frédéric Mitterrand "se réserve le droit" d'aller devant la justice pour défendre "son honneur et sa réputation" explique-t-il dans une mise au point publiée samedi, après la divulgation du témoignage de moralité qu'il a apporté lors du procès de deux jeunes accusés de viol à la Réunion.
Vendredi, le Quotidien de la Réunion a révélé que le ministre de la culture était cité en tant que témoin de moralité dans un procès d'assises en appel qui se déroulera fin octobre à la Réunion où doivent comparaître trois hommes poursuivis pour le viol collectif d'une jeune fille de 16 ans. La révélation de ce témoignage intervient alors que le ministre, face à l'ampleur de la polémique sur son livre publié en 2005 déclenchée par le Front national, est venu s'expliquer jeudi dans le journal de 20 heures sur TF1.

M. Mitterrand avait apporté son témoignage à deux des accusés, dont l'un est son filleul, lors du premier procès devant la cour d'assises des mineurs de Saint-Denis-de-La-Réunion en mars dernier. Les trois hommes avaient été condamnés à des peines allant de 8 ans de prison à 15 ans de réclusion. Dans une interview au Journal du Dimanche samedi, le ministre a dit "ne plus supporter ces attaques". "C'est immonde ! (...) J'ai apporté mon témoignage sur la moralité d'une famille, celle de mon ancienne maquilleuse sur France 2". "Je suis indigné qu'on vienne me chercher sur cette affaire. Je le répète : c'est dégueulasse !", ajoute-t-il, jugeant que "ce qu'on (lui) fai(sait) était honteux".

A propos ce témoignage, le cabinet du ministre assure qu'"Il s'est engagé simplement personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion de ces jeunes après leur condamnation", ajoutant que "M. Mitterrand réprouve les faits qui sont d'une extrême gravité. Il s'est porté témoin de moralité pour les parents qu'il connaît de longue date et non pour leurs enfants".

Dans sa lettre à en-tête de la Villa Médicis, M. Mitterrand précisait qu'"en tant que directeur de l'Académie de France à Rome", il "s'engageait personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion". Il évoquait la possibilité de stages de formation à la Villa Médicis. Ces stages de formation sont non rémunérés, a souligné son cabinet. Interrogé sur le fait que cette lettre était à en-tête de la Villa Médicis, le cabinet du ministre a répondu qu'il s'agissait "de montrer qui vous êtes quand vous écrivez à un juge, sans plus". "La seule chose qu'on pourrait lui reprocher c'est quasiment un délit d'humanité", a-t-on ajouté. Dans cette lettre, M. Mitterrand écrivait en outre à propos des deux accusés: "Il sont assurément conscients de la gravité des faits qui leur sont reprochés".

NE POURRAIT-ON PAS LUI FOUTRE LA PAIX ? ET MIKAEL JACKSON ALORS, QU'A T-IL FAIT ?

Les sanctions contre les dépassements d'honoraires pourraient être durcies

Les dépassements d'honoraires abusifs sont dans le collimateur du ministère de la santé. Selon le quotidien La Tribune à paraître samedi 10 octobre, les médecins les pratiquant pourraient voir les sanctions à leur encontre alourdies.

Une source au ministère de la santé a confirmé à l'AFP qu'un décret était en préparation et qu'il pourrait être publié d'ici la fin de l'année, tout en précisant que son contenu devait encore faire l'objet d'une concertation. Il devrait reprendre pour l'essentiel les sanctions déjà prévues dans un décret de décembre 2008, au titre notamment des refus de soins (avec des sanctions financières pouvant atteindre près de 6 000 euros) et des dépassements abusifs.
Les dépassements d'honoraires, autorisés pour les médecins dits en "secteur 2", désignent les sommes non prises en compte dans le calcul du remboursement effectué par la Sécurité sociale. Selon La Tribune, les médecins qui récidiveraient dans la pratique des dépassements abusifs pourraient se voir retirer leur droit à pratiquer des dépassements pour une durée maximale de cinq ans, sur décision des directeurs des caisses d'assurance-maladie.

Un jour comme un autre

On cherche en vain le climat prérévolutionnaire ou l'insurrection populaire que promettaient avec délectation quelques irresponsables au printemps dernier.

Premier rendez-vous officiel d'une rentrée sociale qu'on nous annonçait à haut risque, le mouvement de protestation organisé hier par sept syndicats dans le cadre de la Journée mondiale en faveur du travail décent et contre la précarité est passé totalement inaperçu. Une poignée de manifestants ici ou là, un rassemblement symbolique devant le siège parisien du Medef, quelques opérations escargot sur les routes… On cherche en vain le climat prérévolutionnaire ou l'insurrection populaire que promettaient avec délectation quelques irresponsables au printemps dernier. À peu de chose près, hier fut un jour comme un autre. Et personne, à commencer par les salariés qui se cramponnent à leur emploi, ne s'en plaindra : les difficultés des entreprises sont suffisamment grandes pour qu'on ne les pénalise pas davantage avec des grèves ou des blocages dans les transports.

Malgré le flop de cette journée de mobilisation, la France ne se trouve, bien sûr, pas à l'abri d'une de ces poussées de fièvre sociale dont elle a le secret. Mais le pire n'est jamais certain. D'abord, parce que les manifestations à répétition du printemps dernier ont montré leurs limites. Les Français ont beau craindre pour leur avenir, ils savent que l'on n'arrête pas une crise de cette ampleur avec des défilés. Ensuite, parce qu'ils constatent que le gouvernement n'est pas resté les bras croisés. Parallèlement au plan de relance, de nombreuses mesures ont été prises en faveur des chômeurs, des familles modestes et des jeunes, donnant au passage satisfaction à un certain nombre de demandes des syndicats. À défaut de stopper la crise, ce dispositif a permis d'en atténuer le choc.

Enfin, et c'est peut-être le plus important, parce que les syndicats eux-mêmes se trouvent placés devant leurs responsabilités. Depuis le changement des règles sur la représentativité, qui leur impose d'atteindre 10 % des voix aux élections dans les entreprises pour exister, les voilà sommés de revoir leurs pra­tiques. De tourner le dos à la «gréviculture», à ces mouvements décidés entre soi dans les états-majors parisiens, pour redécouvrir la réalité du terrain dans les entreprises. Hier, il fallait se frotter les oreilles pour être sûr d'avoir bien entendu les principaux leaders demander à leurs troupes d'accepter que «l'action syndicale ne se traduise pas toujours par des manifestations» ou les appeler à trouver des formes plus originales de mobilisation. Si un renouveau du dialogue social s'installait dans le pays, la France n'aurait pas tout perdu avec la crise.

Frédéric Mitterrand: Hamon, Valls, Montebourg et le FN qui livrent aux chiens l'honneur d'un homme

Les quadras du PS ont accablé Frédéric Mitterrand dans la foulée du FN. Et si cette opération en préparait d'autres du même genre au sein du PS, quand viendra le temps des primaires?
Terrible journée que celle du 8 octobre 2009, passée à contempler les descendants de Jaurès, Blum, Mitterrand, les héritiers de Salengro et Bérégovoy, ces jeunes gens qui ont la bouche pleine du mot « Rénovation », se comporter comme une meute.

J'ai entendu Manuel Valls dire: "Cela n'a rien à voir avec sa vie privée ou avec sa vie sexuelle, là il s'agit d'une apologie de l'exploitation sexuelle, du tourisme sexuel", ce qui est un mensonge. Je me suis demandé ce qu'il en était vraiment. Manuel Valls a-t-il seulement lu le livre? Si non, c'est grave. Si oui, c'est encore plus grave, voire criminel.

J'ai entendu Razzy Hammady sur Europe 1 « assumer » de se livrer à la même campagne que le Front National, avec les mêmes armes, la même dialectique, la même cible, le même vomi et en tirer comme une sorte de fierté sur le thème: « je suis tout à fait à l'aise! », rappelant ainsi le triste souvenir de ces socialistes perdus qui assumèrent aussi, en leur temps, une proximité avec l'extrême droite sur fond de pacifisme. On sait où cela mena certains d'entre eux.

J'ai lu le communiqué d'Arnaud Montebourg: "il est impossible qu'un ministre représentant de la France puisse encourager la violation de ses propres engagements internationaux à lutter contre le tourisme sexuel. La révocation s'impose donc". Déception de constater que Montebourg a décidé de céder lui aussi aux facilités de l'amalgame, de la démagogie et du populisme. Montebourg se voulait la réincarnation de Mendès-France au 21e siècle, il a enfilé hier le costume qui sied à un Guy Mollet de Saône et Loire. On ne peut que souhaiter que cela soit provisoire.

Et ce matin, à nouveau Benoît Hamon qui, réagissant à l'intervention de Frédéric Mitterrand hier, estime que celui-ci est responsable de l'amalgame homosexualité-pédophilie. Hamon en pompier pyromane: le comble! Reconnaissons cependant un point à Hamon: oui, cette affaire laissera des traces, mais pas nécessairement comme il l'imagine. Hier, j'ai discuté avec beaucoup d'électeurs encore fidèles au PS et qui m'ont dit qu'ils feraient comme Georges Kiejman. Tant qu'Hamon portera la parole du parti de Jaurès, Blum, Mitterrand, pas question de lui donner une voix.

Cela étant, nous sommes au PS, donc ne soyons pas dupes de la double visée de l'affaire. Cette opération de la génération des quadras est en fait une opération iceberg. Pour le moment, il y a la partie visible émergente: attaquer Mitterrand l'homosexuel en le travestissant en apologue de la pédophilie, afin de flatter les bas instincts d'un électorat populaire chauffé à blanc par quinze ans d'ultra-médiatisation d'affaires du genre. Mais il existe aussi une partie immergée. Cette campagne est aussi destinée à préparer en interne les futures primaires socialistes. Nos jeunes quadras rénovateurs, auto-proclamés gardiens d'une inquisition morale à la sauce américaine version française, expliqueront sans doute, le moment venu, en public et en cachette, que le futur candidat socialiste à l'élection présidentielle devra être sentimentalement, sexuellement, hétérosexuellement, monogamiquement, moralement exemplaire. On se demande bien qui sera visé... Pour ma part, j'ai déjà deux noms en tête...

Cela dit, tirons la première conclusion de cette affaire. Une conclusion qui « bouclerait la boucle » en quelque sorte, où il s'agirait de reprendre du Mitterrand dans le texte pour défendre un Mitterrand.

Toutes les explications du monde ne justifieront pas que le Front national ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et qu'il se soit trouvé des socialistes pour s'en repaître au prix d'un double manquement aux lois fondamentales de notre république, celles qui protègent la liberté et la dignité de chacun d'entre nous.

PS; à tous les futurs mécontents, petit rappel: ceci est un blog, un espace personnel, j'y écris ce que je veux, selon mon humeur, affranchi des régles journalistiques traditionnelles.

J'aime ma boîte, moi non plus

C'est une drôle d'idée, par les temps qui courent, d'organiser une journée qui s'appelle : J'aime ma boîte !

- "Pourquoi les salariés n'auraient-ils pas le droit de dire qu'ils apprécient l'entreprise dans laquelle ils travaillent" ? Ben oui, quoi !

La blonde qui a eu cette idée s'appelle Sophie de Menton, elle préside un club de patrons crée par Yvon Gattaz, qui s'appelle ETHIC. Pour Sophie de Menton, je cite, "L'idée est simple : les manifestations sont en général négatives, contre les patrons ou le gouvernement. Là, il s'agit de rompre avec la lutte des classes, pour mieux intégrer les salariés et détendre les relations sociales"… Et toc ! C'est beau, hein, c'est bien dit !

Cette année, la grande Sophie a claqué la porte de la commission du Medef qui se penchait sur les salaires des patrons, mais on peut toujours l'entendre dans l'émission de radio "Les grandes gueules" – vous voyez le style.

- Et alors quel est le programme de cette journée J'aime ma boîte ?

Oh y'a plein de trucs chouettes, ça va vous plaire. On ne vous demande pas d'aller faire des mamours à votre patron. C'est décentralisé, hein, chacun fait comme il veut. Il y en a qui font un concours culinaire sucré/salé. D'autres organisent un repas galette-saucisse. Il y a une photo de groupe, tout à l'heure, avec 800 entrepreneurs portant un T-shirt "Mon entreprise, c'est moi"… Un vrai collector !

Notre secrétaire d'Etat au commerce, Hervé Novelli, inaugure en région parisienne un immeuble avec crèche, coiffure, et gymnastique. Les organisateurs suggèrent, si vous êtes en panne d'idée, de faire un concours du "bureau le mieux décoré", ou alors un atelier photo "qui est qui", pour connaître ses voisins… Vous voyez, la barre est mise assez haut.

- Vous vous moquez, Simon, mais l'ambiance au travail, c'est très important…

Bien sûr que c'est important (on le voit dans ce studio tous les matins), bien sûr qu'il y a un lien entre l'efficacité au boulot et l'épanouissement personnel. Et heureusement qu'il y a plein de gens qui aiment leur entreprise.

Si l'on en croit le sondage réalisé à cette l'occasion pour les joyeux lurons patronaux, 73% des salariés aiment leur boîte. Mais ce que ne disent pas les gentils organisateurs, c'est que dans le même sondage il y en a aussi 48% qui ne voient pas ou peu de perspective d'évolution de carrière, 50% qui se plaignent de ne pas être reconnu dans leur travail, et 58% qui se disent mal payés… Le côté "chouette on fait la fête" avec des langues de belle-mère pour détendre les relations sociales a des limites… quand la plupart des boîtes cherchent toujours plus de rendement avec moins de personnel.

Le lien entre l'efficacité au boulot et l'épanouissement personnel, je suis certain que les salariés de France Telecom le voient très bien - du moins ceux qui n'ont pas succombés à la "mode du suicide".

L'amour de l'entreprise existe d'évidence chez les Molex, les Conti, Caterpillar, Serta, Amora, New Fabris… toutes ces entreprises ou les salariés ont été "déboîtés", jetés comme des kleenex.

Parmi les sponsors de cette journée J'aime ma boîte, il y a aussi Pôle Emploi : une boîte en fusion. Il y a la BNP : J'aime mes bonus. Il ne manque que la Poste, version J'aime ma boîte… à lettres !

Sophie de Menton, il faut lui rendre justice, est appréciée pour son franc-parler, alors elle a reconnu que le Medef lui a dit : "On n'est pas là pour être aimés"… Effectivement, certain s'en étaient déjà aperçus…

Bon, il faut que je vous quitte : on m'a demandé d'instaurer des moments de bien-être qui n'existeraient pas… J'hésite entre galette-saucisse et le "bureau le mieux décoré"…

Youpi !

LE PHILOSOPHE S'EXPRIME.


"La planète Internet est devenue une immense foule lyncheuse" dénonce le philosophe Alain Finkielkraut.

vendredi 9 octobre 2009

Nobel : la presse américaine dénonce un prix "prématuré"

"Au réveil, je suis allé sur le site du New York Times, écrit Richard Kim, du site de gauche progressiste The Nation, et j'ai cru que j'étais en fait sur le site The Onion [un site satirique, ndlr]", à propos de l'attribution, vendredi 9 octobre, du prix Nobel de la paix à Barack Obama. "Je ferais mieux de refermer les yeux et de me réveiller dans la réalité", poursuit-il.
Pourtant, ce n'est pas un rêve. Barack Obama a bien été désigné par le comité Nobel, et "quiconque pense que ce prix est sans précédent, n'avait pas bien fait attention auparavant", défend Robert Naiman, de Common Dreams. Le site de gauche est un des rares à défendre ce prix récompensant les promesses et les efforts du président américain. Pour lui, c'est de la même manière que Desmond Tutu avait reçu, en 1984, le prix avant que l'apartheid ne soit totalement éradiqué d'Afrique du Sud. Ce prix l'avait justement aidé à accomplir cette tâche. "C'est ce que le comité Nobel essaie de faire pour Obama", conclut Robert Naiman.

Mais la voix de Common Dreams semble bien seule dans le concert de commentaires étonnés. Massimo Calabresi de l'hebdomadaire Time y voit une "accolade prématurée, d'ordinaire réservée à ceux qui ont atteint des résultats considérables et tangibles dans la poursuite de la paix". "Ces résultats considérables", l'ensemble de la presse américaine souligne que M. Obama ne les a pas encore accomplis. Pour Andrew Leonard, du site Internet Salon, "Barack Obama tente de construire un système de soins, de réparer la machine économique, de prévenir le réchauffement climatique sans oublier de sortir les troupes d'Irak et de trouver une solution au conflit afghan. S'il réussit tout cela, il méritera un prix. Mais certainement pas encore". Un chroniqueur de Slate, John Dickerson, note ironiquement qu'après avoir perdu les Jeux olympiques, vendredi 2 octobre, et avoir remporté le Nobel, vendredi 9, Barack Obama "devrait garder un créneau libre dans son agenda vendredi prochain, car apparemment tout peut arriver".

LES CONSERVATEUR TRÈS CRITIQUES

Les éditorialistes conservateurs vont plus loin dans leur critique de ce prix. Mark Halperin, qui tient le blog politique du Time, The Page, explique : "Les personnes critiques envers Barack Obama l'accusent depuis longtemps de se contenter de discourir (…). Cette incroyable décision de lui attribuer le Nobel simplement sur sa rhétorique va rendre plus furieux ses détracteurs qu'elle ne va contenter ses supporteurs."

En effet, Glen Greenwald, sur Salon, estime que le comité Nobel s'est "ridiculisé". Les éditorialistes du conservateur Weekly Standard s'en donnent à cœur joie, remerciant le Comité, qui leur épargne ainsi des difficultés pour trouver leurs blagues de la semaine. Plus sérieusement, l'un d'eux fait remarquer qu'au moment des nominations pour le Nobel Barack Obama n'était à la Maison Blanche que depuis onze jours. "En 2010, note Jennyfer Robin, de Commentarymagazine.com, le prix ira à Mahmoud Ahmadinejad pour avoir accepté de s'asseoir à la table des négociations."

Mickey Kaus, de Slate, avait bien un conseil à donner à Barack Obama : "Qu'il ne l'accepte pas ! Qu'il refuse poliment. Qu'il dise être honoré, mais qu'il n'a pas encore eu le temps d'accomplir les tâches qu'il souhaite. Résultat : il obtient tout de même la gloire venant de la récompense et fait un pas vers la résolution de son problème narcissique." Mais Barack Obama a déjà annoncé qu'il irait en personne recevoir son prix à Oslo.
Antonin Sabot

Barack Obama "étonné et touché" par le prix Nobel de la paix#

Lors d'une courte allocution prononcée devant la Maison Blanche, Barack Obama s'est dit "étonné" et "touché" par le prix Nobel qui lui a été décerné, vendredi 9 octobre. "Ce matin, en écoutant les nouvelles, ma fille est entrée et m'a dit : 'Papa, tu es Prix Nobel de la paix'", a-t-il déclaré.

"C'est une surprise, quelque chose qui me touche au plus profond de moi-même", a poursuivi le président américain, avec une certaine humilité. "Pour être honnête, je n'ai pas l'impression que je mérite de me retrouver en compagnie de tant de personnalités qui ont transformé leur époque et qui ont été récompensées par ce prix."


"Ce prix reflète le monde que les Américains et d'autres essaient de construire, à la hauteur des attentes de nos Pères fondateurs", a-t-il estimé, voyant dans ce prix "un appel à relever des défis", notamment sur les armes nucléaires et la question du changement climatique. "Ces défis peuvent être relevés à condition qu'ils ne soient pas portés par une seule personne", a-t-il prévenu.

"Voilà pourquoi mon gouvernement cherche à ouvrir une nouvelle ère ou l'ensemble des nations portent la responsabilité d'établir la paix. Toutes les nations ont la responsabilité de démontrer leurs intentions pacifiques", a-t-il expliqué.

Barack Obama a ainsi dit vouloir "redéfinir la manière dont nous nous percevons les uns les autres, favoriser le dialogue interculturel et interreligieux", qui doit être "basé sur le respect réciproque".

French 'boy sex' minister defiant

A French politician has refused to resign over comments that he enjoyed paying for "boys" in Thailand.

Frederic Mitterrand, 62, the culture minister, denied that passages of his book, The Bad Life, described sexual encounters with underage boys.

Interviewed on French TV, he condemned sex tourism and paedophilia, saying he had only paid for sex with men his age.

Mr Mitterrand, nephew of late President Francois Mitterrand, faced criticism from left and right in recent weeks.
His book was little-noticed when it was first published in 2005.

However it returned to the headlines after Mr Mitterrand made an impassioned defence of film director Roman Polanski, who was recently arrested in Switzerland on child sex charges.

Mr Mitterrand said the behaviour of the United States, in seeking his extradition, was callous and "horrifying".

His comments in support of Polanski led the right-wing National Front to lead the criticism of Mr Mitterrand over events in his past.

France's Socialist opposition has also been sharply critical of Mr Mitterrand.

'Not a crime'

Mr Mitterrand appeared on a French TV news programme on Thursday evening visibly angry and far from apologetic.

"I absolutely condemn sexual tourism [and] I condemn paedophilia in which I have never in any way participated," Mr Mitterrand said.
"All the people who accuse me of that type of thing should be ashamed."

People "should not confuse paedophilia and homosexuality", the culture minister insisted, describing his actions in Thailand as an error - "without a doubt" - but not a crime.

"Each time I was with people who were my age, or who were five years younger - there wasn't the slightest ambiguity - and who were consenting," he said.

Mr Mitterrand said he retained the confidence of current President Nicolas Sarkozy and that he had not offered to resign over the controversy.

He had committed what he thought was an "offence against... human dignity", but strongly denied any accusations of illegal sexual activities.

'Kind of a diva'

French political analyst Michel Gurfinkiel said Mr Mitterrand's description of sexual encounters in the book was clearly referring to young adults, rather than minors.

"He very clearly talks about young adults and not minors," Mr Gurfinkiel told the BBC's The World Today programme.

He added that should the "media storm" surrounding the story continue into the weekend Mr Mitterrand may well have to resign, but that his position may well be safe should coverage fade away.

"[Mitterrand] is seen as a kind of a diva, and a lot of people love to hate him for that," said Mr Gurfinkiel.

When Mr Mitterrand's book, described by his publishers as a novel based on autobiography, was written, it received literary praise and did not generate controversy.

When he was appointed to the French government in June 2009 Mr Sarkozy described his new minister as "talented and courageous".