Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, assure que le président Nicolas Sarkozy ne souhaite pas le départ de son premier ministre, Fra
nçois Fillon. "Le président considère que leur collaboration fonctionne bien. Cette question n'est absolument pas à l'ordre du jour (...). Il n'y a aucune perspective européenne pour François Fillon à court terme", dit-il dans un entretien publié sur Le Figaro.fr.
Claude Guéant juge "absurdes" des rumeurs évoquant une nomination de François Fillon à de hautes fonctions européennes. "Les nominations vont se faire en novembre. Les contacts sont déjà en cours entre chefs d'Etat et de gouvernement. Il n'y a de ce fait aucune perspective européenne pour François Fillon à court terme", dit le secrétaire général de l'Elysée. François Fillon, irrité par les interrogations sur son sort, a dit le 8 septembre qu'il continuerait son action tant qu'il bénéficierait de la confiance du président et de la majorité.
Interrogé sur le nom du candidat que la France pourrait proposer pour le poste de haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères — "Bernard Kouchner ? Hubert Védrine ? Michel Barnier ?" —, M. Guéant élude la question. "Ce n'est un secret pour personne que la France proposera Michel Barnier comme commissaire européen. Reste à savoir à quelle fonction", poursuit-il.
Michel Barnier, ex-ministre UMP, ancien commissaire européen, est actuellement élu du Parlement européen, où il préside la délégation française du groupe PPE (Parti populaire européen). Son nom est souvent évoqué à Bruxelles depuis plusieurs mois pour le poste de commissaire au marché intérieur à l'occasion du renouvellement de la Commission. Quant à François Fillon, son avenir suscite des spéculations dans la majorité, où certains lui prêtent des intentions de départ après bientôt deux ans et demi à Matignon, alors qu'il est en baisse dans les sondages.
mercredi 7 octobre 2009
Pas l'ombre d'une brouille entre Nicolas Sarkozy et François Fillon
lundi 5 octobre 2009
Michel Déon dans sa campagne irlandaise
En marge de son entretien pour L'Express, l'écrivain et académicien a répondu à quelques questions de Marianne Payot.
Bruce Willis au secours du groupe de spiritueux Belvédère
L'acteur américain a décidé de s'investir financièrement dans la société française et d'entrer au conseil d'administration. Belvédère, qui est endettée à hauteur de 550 millions d'euros, doit présenter un plan de rééchelonnement de la dette devant le tribunal de commerce de Dijon ce 12 octobre.
Emblème international de la marque Sobieski, Bruce Willis, de passage à Paris, a confirmé aux dirigeants de Belvédère son intention de s'investir personnellement et financièrement dans la société afin d'accélérer le développement de la vodka 'Sobieski ' mais également les autres marques du g
roupe dans le monde.
Il souhaiterait devenir un actionnaire de référence aux côtés des dirigeants et s'associer à la stratégie marketing du groupe. A cet effet, il entrera au conseil d'administration de Belvédère. Sa nomination sera proposée à la prochaine Assemblée Générale. A Paris, lundi matin, l'action du groupe bondissait de 12,62%, à 35,25 euros.
Conscient de la guerre économique dans laquelle les dirigeants de Belvédère sont actuellement engagés, Bruce Willis souhaite apporter son soutien total au développement de la société.
Belvédère, endetté à hauteur de "550 millions d'euros", a été placé sous procédure de sauvegarde en juillet 2008 avec un délai de six mois, afin de lui permettre de procéder à sa restructuration financière. Ce délai avait été prolongé en janvier dernier.
Le 2 septembre, des créanciers de Belvédère avaient fait part de leur opposition au plan de sauvegarde du groupe, estimant dans un communiqué que "dans un contexte de crise économique, les prévisions de croissance et de rentabilité de l'entreprise et les opérations financières prévues sont hautement irréalistes".
Le 14 septembre, le tribunal de commerce de Dijon a reporté au 12 octobre son audience d'homologation du plan de rééchelonnement de la dette présenté par le groupe français de spiritueux Belvédère, a-t-on appris auprès du PDG du groupe, Jacques Rouvroy.
"La loi prévoit que les créanciers doivent être consultés sur le plan dans un délai de trente jours précédant l'audience par les mandataires désignés par le tribunal, mais de nombreux créanciers résidant à l'étranger, pour certains d'entre eux le délai n'était pas expiré", a expliqué M. Rouvroy.
"Néanmoins, le tribunal a examiné l'ensemble du plan et plus précisément certains aspects", a fait valoir M. Rouvroy, sans préciser lesquels.
"Compte tenu du déroulement de cette audience et des éléments en sa possession, la société considère que tout sera réuni pour que le tribunal rende son jugement le 12 octobre", a-t-il ajouté.
dimanche 4 octobre 2009
Un site pour Carla, un Twitter pour le climat
Ces dernières semaines, le Web politique a vu fleurir de nouveaux sites, du très remarqué et parodié desirdavenir.com de Ségolène Royal à celui du Club Villepin, clubvillepin.fr. D'autres initiatives sont par ailleurs attendues de l'Elysée.
Le site de L'Express a annoncé samedi le lancement, lundi 5 octobre, du site officiel de la Première dame de France, carlabrunisarkozy.org. Un nom de domaine réservé le 6 avril 2008, soit deux mois après son mariage avec le président Nicolas Sarkozy.
Ce dernier comprendra trois parties : la première consacrée à sa fondation dont l'objet est de "soutenir des projets pour les sans-abri, le milieu carcéral, les handicapés" et "lutter contre l'illettrisme" (La Tribune du 21 avril), la deuxième à son rôle d'ambassadrice du Fonds mondial de lutte contre le sida et la troisième à son action en tant que Première dame de France. Aucune section ne relaiera les projets musicaux de Mme Bruni-Sarkozy, le site carlabruni.com continuant cette fonction.
"On ignore encore si le site de l'Elysée redirigera d'un clic vers le site de la Première dame, ou si le Facebook du président informera de son ouverture officielle", s'interrogeait samedi le site gala.fr.
APRÈS CARLA, LE CLIMAT
A l'occasion du sommet climat de Copenhague prévu en décembre, l'Elysée ouvrira un compte sur le site de socialisation Twitter où sera détaillée "la démarche" du président Nicolas Sarkozy durant cette négociation. "Le président n'utilisera pas lui-même Twitter, mais on détaillera sa démarche tout au long du sommet et l'évolution des négociations", a précisé le responsable de la communication de l'Elysée, Franck Louvrier, au Journal du Dimanche de samedi.
La présidence s'est par ailleurs fixé comme objectif d'élaborer un site Web 2.0 - un site très interactif - pour la fin de l'année.
Le Monde.fr
Votation citoyenne : les organisateurs espèrent un "non" massif contre la privatisation de La Poste
Le dépouillement de la "votation citoyenne" sur l'avenir de La Poste a débuté samedi 3 octobre, le quartier général parisien tentant de centraliser les résultats de cette consultation apparemment très suivie, notamment en milieu
rural. La remontée des résultats venant de toute la France est lente et dispersée, ont indiqué samedi après-midi les militants présents au dépouillement de la votation. Le scrutin, que certains préfets ont tenté d'empêcher en assignant des mairies devant des tribunaux administratifs, n'a pas de valeur juridique au sens d'un référendum, mais les organisateurs estiment qu'il a une valeur test politique, notamment au regard du nombre de participants dans toute la France. Les résultats devraient être annoncés lundi.
Selon un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche, 59 % des Français souhaitent que le gouvernement organise un référendum national sur l'avenir de La Poste, qui sera transformée en société anonyme à capitaux publics le 1er janvier 2010. Les syndicats et l'opposition de gauche dénoncent une privatisation rampante remettant en cause la mission de service public de l'entreprise, qui sera confrontée à la concurrence européenne dès janvier 2011. Le gouvernement répond que La Poste restera "à 100 %" publique et conteste la légitimité de la consultation. "A n'en pas douter, ça fera du 99 % contre, et donc ce n'est pas un vote. Il n'y a aucun contrôle sur ces urnes, ça rappellera les grandes heures de l'Union soviétique", a déclaré samedi le ministre de l'industrie Christian Estrosi.
"ON PEUT ESPÉRER BLOQUER CETTE PRIVATISATION"
Dans la rue, devant des bureaux de poste, sur des marchés, dans des supermarchés et autres points de rencontre, les citoyens de 18 ans et plus, quelle que soit leur nationalité, étaient appelés à répondre à la question "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ?" Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, a répondu "non" samedi matin en glissant son bulletin dans une urne installée dans le hall d'entrée de sa mairie, à Lille. "Le gouvernement n'a pas besoin de faire cette réforme, la Banque postale est déjà sur le marché financier et si le gouvernement ne prenait pas des centaines de millions d'euros à La Poste chaque année, La Poste aurait les moyens de son développement", a-t-elle affirmé.
Olivier Besancennot, porte-parole du Nouveau parti anti-capitaliste (NPA), a également voté "non" devant son bureau de poste du 18e arrondissement de Paris. Postier de profession, il souhaite que cette consultation, pour laquelle il attend plus d'un million de votants, serve de "leçon de choses" à Nicolas Sarkozy et l'incite à organiser un référendum en bonne et due forme. "On peut espérer bloquer cette privatisation", a-t-il insisté.
La consultation est organisée par une soixantaine de syndicats, associations et partis de gauche qui s'appuient sur la possibilité offerte théoriquement par la réforme constitutionnelle de juillet 2008 d'organiser un référendum d'initiative populaire sous conditions (1/5e des parlementaires soutenus par 1/10e des électeurs inscrits). Mais le décret d'application du texte n'est pas encore publié. "Cette votation citoyenne est aussi la conséquence d'un engagement présidentiel non tenu", estime Laurent Fabius dans Le Journal du Dimanche daté de samedi. Nicolas Sarkozy "s'était engagé à rendre possible un référendum d'initiative populaire sur ce type de sujet, et pourtant, il a tout fait pour l'exclure en refusant de publier le texte d'application indispensable", souligne l'ancien premier ministre socialiste.
IL FAUT DIRE QUE LA POSTE EST UN FIEF DE COMMUNISTES RÉTROGRADES ET DE SOCIALISTES EN PEINE DIDÉE.
samedi 3 octobre 2009
Aubry, mains et poings liés
Martine Aubry est une adepte de la méthode Coué. Ce qui lui permet d'affirmer sans rougir que le référendum pour la rénovation du PS est « une superbe leçon démocratique » donnée «à toute la France ». Mais peut-elle dire autre chose ? Non, et c'est bien son problème.
Passons sur les faits. Moins d'un militant sur deux a voté, par devoir, ce qui n'est pas une gifle, mais pas un succès non plus. Quant au reste des Français, s'ils s'y intéressent, ils ont appris à se méfier des scrutins internes au PS depuis les révélations de tricherie qui ont entouré l'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire. Accusations qu'elle n'a pas attaquées en justice.
Si Martine Aubry n'est pas libre de ses propos, elle ne l'est pas plus de ses choix. Ainsi était-elle obligée de passer par l'épreuve de ce référendum dont elle se serait bien passée. Ignorée par les grands barons régionaux (Collomb, Guérini, Percheron), contestée par les quadragénaires (Valls, Peillon, Montebourg), elle n'avait pas d'autre option possible que de se montrer plus ouverte au dialogue. Ce qu'elle fit à l'université d'été de La Rochelle, avec la promesse du référendum d'octobre.
Régulièrement débordée par les imprévisibles déclarations de Ségolène Royal, sur la taxe carbone par exemple, elle devait aussi tenter de reprendre la main sur sa meilleure ennemie. Quand Royal apparaît moderne, souriante et imaginative aux yeux de beaucoup, Aubry présente une image démodée, classique, voire dogmatique.
Acculée, la première secrétaire du PS n'avait même pas la maîtrise des questions posées jeudi soir aux militants. Onze au total, dont quatre sur le non-cumul des mandats et l'organisation de primaires ouvertes pour désigner le candidat à la présidentielle. Deux thèmes sensibles, chers aux quadras, qu'elle n'avait pas prévu d'aborder si tôt. Deux thèmes certes plébiscités jeudi soir, mais qui seront très difficiles pour elle à mettre en musique sans fausses notes.
Ainsi va Martine Aubry, et donc le parti. Un bateau ivre. Un capitaine qui n'a pas l'initiative, une formation qui cherche son cap. Et pendant ce temps, Georges Frêche, pourtant exclu du PS, se frotte les mains. Les militants du Languedoc-Roussillon ont choisi son homme de confiance, contre l'avis de la Rue de Solferino, pour les représenter aux prochaines élections régionales. À lui seul, cet épisode résume tout de l'absence d'autorité dont souffre le PS.
YVES THRÉARD
A Moscou, M. Kouchner face au pessimisme de l'ONG Memorial
La journée avait bien commencé. En visite à Moscou, jeudi 1er octobre, le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner, avait eu des entretiens cordiaux avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, puis avec le président, Dmitri Medvedev. Le huitième conseil franco-russe de sécurité confirmait l'entente actuelle, symbolisé par le dossier du nucléaire iranien.
Mais avant de quitter la Russie, le ministre s'est rendu dans les locaux de l'organisation Memorial et à Novaïa Gazeta, l'hebdomadaire où travaillait Anna Politkovskaïa avant d'être assassinée. Au-desssus de sa tête, le ciel se gâta à grande vitesse.
A Memorial, la plus célèbre des ONG russes, le ministre a écouté, sourcils froncés, le récit de Svetlana Gannouchkina. Cette militante de longue date a demandé à Paris d'accorder des visas aux Tchétchènes en grande détresse. Elle a exprimé un pessimisme glaçant. Selon elle, le premier responsable en est le président tchétchène, Ramzan Kadyrov, soutenu par Moscou. "C'est un garçon cruel et terrifiant (...) C'est très facile de faire sortir un mauvais génie de la bouteille, mais beaucoup plus dur de l'y remettre", dit la militante. Memorial a mis en cause M. Kadyrov dans l'assassinat de sa représentante à Grozny, Natalia Estemirova.
Alexandre Tcherkassov, spécialiste du Caucase, a rappelé un chiffre édifiant. "Plus de 3 000 personnes ont disparu. Nous savons bien qu'elles ont été exécutées et que les criminels restent impunis." Avant de partir, M. Kouchner a signé le livre d'or. "Chers amis de Memorial, vous êtes indispensables au monde. Vous êtes notre espoir et notre petit courage. Merci."
"C'est pas gai tout ça"
A Novaïa Gazeta, M. Kouchner a été accueilli par le rédacteur en chef, Dmitri Mouratov. Le journaliste a dressé un constat alarmant de la situation dans le Caucase. "Si le but des assassinats de Politkovskaïa et d'Estemirova était de stopper les informations en provenance du Caucase, il est atteint. Il n'est plus possible de travailler là-bas." Pour lui, les méthodes brutales de M. Kadyrov ont "commencé à faire tache d'huile sur l'ensemble de la Russie". Un phénomène que Memorial appelle "la tchétchénisation de la Russie".
M. Mouratov voit cependant une différence entre les deux visages de l'exécutif russe. "Si Kadyrov est le projet de Vladimir Poutine, il n'est pas celui de Dmitri Medvedev." Bernard Kouchner aussi veut croire à cette différence. Que faire, sinon s'indigner ? "C'est pas gai tout ça", a-t-il laissé tomber à plusieurs reprises, devant ses interlocuteurs.
Piotr Smolar (Moscou, envoyé spécial)
La "cagnotte" pour inciter à l'assiduité scolaire dans les lycées crée la polémique
Avis de polémique. Elle touche le haut-commissaire à la jeunesse, Martin Hirsch, ricoche sur le ministre de l'éducation, Luc Chatel, en passant par le recteur de Créteil, Jean-Michel Blanquer. L'orage a été déclenché par l'annonce d'une "expérimentation" consistant à encourager l'assiduité de lycéens professionnels au moyen d'une "cagnotte", qui sera destinée à financer certains projets éducatifs collectifs.
Particularité inédite : les protestations proviennent de tous les horizons politiques, syndicaux et associatifs de l'éducation. Aussi limitée soit-elle, le recours à une incitation financière dans le cadre scolaire choque des milieux très différents.
Qui se serait douté qu'un des 165 projets rendus publics le 16 juillet dernier par le Haut-Commissariat à la jeunesse, dans le cadre du Fonds d'expérimentations pour la jeunesse, ferait autant de bruit ? Il est vrai que l'annonce était des plus sobres et tient en une ligne dans la liste : " Académie de Créteil, lutte contre l'absentéisme scolaire".
"PROJET ÉDUCATIF"
Le contenu a été révélé par Le Parisien du 2 octobre, sous le titre "De l'argent pour les bons élèves". Pour lutter contre l'absentéisme, trois lycées professionnels de l'académie de Créteil vont expérimenter à partir du 5 octobre, dans certaines classes, la mise en place d'une cagnotte collective pour financer un "projet éducatif" défini avec les élèves. Si les lycéens respectent les engagements pris en termes d'assiduité et de comportement, cette somme, d'abord fixée à 2 000 euros, sera abondée tout au long de l'année, jusqu'à pouvoir atteindre un maximum de 10 000 euros. Elle pourra être consacrée à financer des projets du type passage du permis de conduire ou voyage scolaire.
Selon les précisions données le 2 octobre par le rectorat, environ 150 élèves sont concernés dans trois établissements volontaires : les lycées Lino-Ventura à Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne), Gabriel-Péri à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) et Alfred-Costes à Bobigny. Cette expérimentation sera évaluée par l'Ecole d'économie de Paris et pourrait être étendue, si elle fait ses preuves, à 70 classes (soit environ 2 000 élèves en 2010-2011).
Le rectorat se défend de vouloir acheter la présence des élèves. "Notre expérimentation est aux antipodes de l'individualisme consumériste !, a déclaré le recteur Blanquer dans Le Parisien. Elle est à la fois collective et responsabilisante : c'est la présence de tous qui contribue au succès de tous." Le recteur se démarque d'une expérience menée depuis 2008 au Royaume-Uni, où environ 200 000 élèves de familles défavorisées sont payés de 11 à 33 euros par semaine pour aller en cours.
Cette affaire "a été un peu montée en épingle", a confié au Monde Luc Chatel, qui ne désavoue ni le recteur de Créteil ni le fond du projet, mais souligne que "des centaines d'expérimentations sont en cours dans les lycées". Pour le ministre "il faut arrêter de dire qu'on donne de l'argent aux élèves, car on finance un projet de classe collectif". "Le gouvernement, insiste-t-il, a décidé de lancer la guerre contre l'absentéisme et le décrochage scolaire. C'est une expérimentation sur un nombre limité d'établissements. On verra bien si ça marche." Et Martin Hirsch s'est exprimé dans le même sens.
Ces explications n'ont pas enrayé les protestations. Pour Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), classée à gauche, c'est une "perversion du sens de l'école" que de vouloir "régler par l'argent un problème d'éducation". La Fédération des Parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), classée à droite, s'est déclarée par la voix de son président, Philippe Vrand, "très réservée et même un peu inquiète" : "On ne veut pas, a-t-il dit, que l'argent soit le levier pour motiver les élèves." Le président socialiste du conseil régional d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, s'est inquiété de "risques de graves dérives ". Le Snalc (syndicat national des lycées et collèges, "apolitique") dénonce un "scandale" mais l'attribue à "l'idéologie de "l'élève au centre"". Pour l'association SOS Education, d'inspiration libérale, ce projet "non seulement naïf, mais aussi immoral", est un "véritable camouflet aux professeurs".
Luc Cédelle
. "Nouveau départ" pour le PS (Aubry)
La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a estimé ce matin sur France Info après la consultation jeudi des militants socialistes que c'était "un nouveau départ pour le Parti socialiste".
A une large majorité, plus de 92.000 militants ont approuvé les onze questions pour rénover leur parti, avec en tête celles des primaires ouvertes en vue de désigner leur champion pour 2012 et du renforcement du non-cumul des mandats. 68% des militants ont dit "oui" à une primaire ouverte "aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012" pour choisir le candidat socialiste, 70% souhaitant intégrer d'autres formations de gauche.
"Le visage du Parti socialiste ne sera plus le même après ce 1er octobre", a affirmé Mme Aubry, en estimant que c'était "une grande fierté d'être socialiste aujourd'hui, un peu à l'avant-garde démocratique". Interrogée sur le cas du Languedoc-Roussillon, où Didier Codorniou, un proche de Georges Frêche, exclu du parti après des dérapages verbaux, a été plébiscité jeudi par les militants face à Eric Andrieu, Mme Aubry a affirmé que la direction "n'allait pas réintégrer" M. Frêche. M. Codorniou a toujours prévenu qu'il laisserait sa place de tête de liste à M. Frêche.
"Nous allons faire le tour de nos partenaires, Verts, Radicaux, Citoyens, leur demander comment garder cette région où l'équipe régionale a fait un très beau travail mais où il y a des difficultés d'acceptation des uns et des autres", a poursuivi la numéro un du PS. "Nous allons parler et discuter avec Georges Frêche, a-t-elle dit, en insistant sur le fait que les militants socialistes avaient pour "objectif la rénovation et garder cette région".
Les Vingt-Sept lancent l’idée d’une taxe carbone au sein de l’UE pour lutter contre le changement climatique
C'est une première : les ministres des finances des Vingt-Sept ont évoqué, vendredi 2 octobre à Göteborg, l'opportunité de créer une taxe carbone étendue à l'ensemble de l'Union européenne (UE). L'initiative esquissée par la Commission s'inspire des exemples scandinaves, notamment celui de la Suède, qui préside l'Union jusqu'à la fin de l'année. C'est "une très bonne source de revenus", et un "modèle très efficace" pour réduire les émissions de CO2, a fait valoir le ministre suédois des finances, Anders Borg.
L'idée rejoint la démarche française, tandis que le débat fait rage à Paris sur les modalités, et l'impact de la taxe carbone annoncée le 10 septembre par Nicolas Sarkozy. "Le fait d'introduire une nouvelle taxe dans l'UE n'a jamais été facile et cela l'est encore moins en période de crise économique et financière", a reconnu Laszlo Kovacs, le commissaire en charge de la fiscalité, "mais il est évident que le changement climatique est un défi mondial aux conséquences plus désastreuses que la crise actuelle".
RÉPARTIR LA CHARGE
Aux yeux de ses promoteurs, la taxation généralisée du carbone peut, entre autres, constituer une précieuse manne pour financer l'aide européenne à la lutte contre le réchauffement climatique. L'UE promet d'accorder entre 2 milliards et 15 milliards d'euros par an aux pays non industrialisés, en cas d'accord lors de la conférence de Copenhague, en décembre, sur les quelque 100milliards nécessaires, selon elle, à partir de 2020.
En pleine crise économique, les Vingt-Sept s'étripent encore sur la meilleure façon de se répartir la charge. M. Borg souhaite combiner "la capacité à payer, et la responsabilité en termes d'émissions". Vendredi, la Pologne, et de nombreux pays d'Europe centrale, dont le niveau de pollution est élevé, ont refusé une nouvelle fois de cotiser davantage que les pays les plus riches de l'Union.
La taxe carbone européenne concernerait toutes les activités, comme les transports et l'agriculture, qui ne sont pas couverts par le mécanisme d'échange des quotas d'émissions de CO2. Ce dispositif, mis en œuvre par les Vingt-Sept afin d'inciter les industries polluantes à l'être moins, ne vise que 40 à 45 % des émissions européennes. L'idée serait de taxer les émissions de CO2 de tous les autres secteurs, par le biais d'une révision du cadre communautaire concernant la fiscalité sur l'énergie.
Vendredi, M. Kovacs a assuré n'avoir entendu "que des avis encourageants" de la part des ministres. Au moins deux pays, la Grande-Bretagne, et l'Autriche, ont pourtant montré des réserves, alors que les décisions fiscales requièrent l'unanimité au sein des Vingt-Sept. Mener à bien un tel projet sera "difficile, mais il faut y travailler", a dit la ministre française de l'économie, Christine Lagarde, devant ses homologues. La Commission pourrait faire une proposition concrète courant 2010
Philippe Ricard
vendredi 2 octobre 2009
Derrière le référendum irlandais, l'obstacle tchèque
Rien n'aura été épargné au traité de Lisbonne. Les électeurs irlandais se prononçaient, vendredi 2 octobre, pour la seconde fois en quinze mois, pour ou contre le document destiné, sur le papier, à améliorer le fonctionnement de l'Union européenne (UE). En cas de nouvelle victoire du non, le traité largement inspiré par la défunte Constitution rejetée en France et aux Pays-Bas sera définitivement enterré, dans une ambiance sans doute pesante. Mais un vote positif en Irlande ne lèvera pas pour autant les incertitudes entourant son entrée en vigueur.
Derrière les Irlandais se cache en effet un autre obstacle de taille : la signature du traité par les présidents eurosceptiques polonais, Lech Kaczynski, et surtout tchèque, Vaclav Klaus. Le premier s'est engagé à rentrer dans le rang si le oui l'emportait vendredi. Le second, qui se décrit comme un "dissident européen", espère un non irlandais et pourrait, dans le cas contraire, faire traîner les choses.
Le risque est pris très au sérieux par les capitales européennes, Paris et Berlin en tête : ces dernières espèrent clore les interminables débats institutionnels engagés depuis huit ans au sein de l'UE. Très remontées contre M. Klaus, elles promettent de faire feu de tout bois pour l'inciter à signer au plus vite. "Le problème, c'est que personne ne sait vraiment comment faire pression sur le président tchèque, qui pourrait tirer parti de son isolement en jouant sur la fibre nationaliste", dit un haut responsable européen. Certaines voix réclament la tenue d'un Conseil européen extraordinaire à Bruxelles le 8 octobre pour faire monter la pression, mais la présidence suédoise de l'Union renâcle, par crainte de braquer l'intéressé.
Dans cette partie de poker, M. Klaus dispose d'atouts. Trois jours avant le vote irlandais, un groupe de sénateurs proches de ses idées a déposé à Prague un nouveau recours contre le traité de Lisbonne et ses grands ancêtres, les traités de Rome et de Maastricht. Si la plainte est jugée recevable, M. Klaus se fera un plaisir de ne pas signer le texte avant la décision des gardiens de la Constitution. Le chef de l'Etat tchèque peut espérer gagner du temps dans l'espoir que les conservateurs britanniques arrivent au pouvoir à l'occasion des élections prévues au printemps 2010 et organisent un référendum sur le traité.
"Ne pas perdre une minute"
Son calcul n'est pas totalement irréaliste. Les tories britanniques, opposés au traité, sont favoris pour ces élections. "Si ce traité est encore en débat en Europe (dans huit mois), nous fixerons une date de référendum durant la campagne et nous l'organiserons immédiatement après l'élection. Et je défendrai le non", a répété David Cameron, mercredi. En revanche, a-t-il ajouté, "si les Polonais et les Tchèques l'avaient ratifié d'ici là, si les Irlandais lui avaient donné leur satisfecit, alors les circonstances seraient différentes. Et nous devrons reconsidérer le sujet".
Dans cette perspective, M. Klaus pourrait jouer son va-tout, en résistant, seul contre tous, aux pressions. Si le président tchèque s'obstine, certains envisagent de priver son pays de commissaire dans la Commission qui doit être formé d'ici à la fin de l'année. L'équipe de M. Barroso devra compter moins de 27 membres si elle devait être composée selon les règles du traité de Nice, actuellement en vigueur. D'autres suggèrent de suspendre certains financements européens dévolus à la République tchèque.
Autre contrainte pour M. Klaus : à peine saisi, le président de la Cour constitutionnelle, Pavel Rychetsky, un ancien dissident et ministre de la justice proeuropéen, a déclaré, jeudi, qu'il comptait examiner "dans le mois" le recours déposé par les proches du chef de l'Etat. Des copies de la plainte de plus de deux cents pages ont été remises à la présidence, au gouvernement et au Parlement qui devront transmettre sous quinze jours leurs commentaires. Arbitre des joutes politiques tchèques, la cour s'est d'ores et déjà mise au travail et "ne perdra pas une minute", a précisé M. Rychetsky. Ce dernier a déjà reçu la visite de l'ambassadeur allemand, qui voulait s'informer de la procédure et, surtout, du temps qu'elle prendra.
Philippe Ricard avec Virginie Malingre (à Londres) et Martin Plichta (à Prague)
Ardi, la plus vieille femme du monde
Après plus de quinze ans d'analyses, les découvreurs d'Ardipithecus ramidus, un squelette d'hominidé datant de 4,4 millions d'années, sont convaincus d'avoir trouver le plus vieil ancêtre de l'humanité. La découverte dans les années 1990 en Ethiopie
de ce squelette dévoile une nouvelle étape dans l'évolution de l'homme, qui nous rapproche de l'ancêtre commun des humains et des singes, selon des travaux parus jeudi 1er octobre.
La mise au jour entre 1992 et 1994 de ce squelette fossilisé, morceau par morceau, ainsi que de dizaines d'autres fossiles appartenant à cette même espèce d'hominidé baptisé Ardipithecus ramidus, a montré des caractéristiques biologiques jusqu'alors inconnues du premier jalon dans l'évolution de l'homme depuis ses origines, selon les résultats des analyses de ces chercheurs.
Ce fossile d'une femelle nommée Ardi, d'1,20m pour 50 kilos, est le plus ancien squelette connu de la branche humaine de la famille des primates, qui comprend les Homo sapiens ainsi que des espèces plus proches de l'homme que les chimpanzés et les bonobos, expliquent ces paléo-anthropologues, dont onze études sont publiées dans la revue américaine Science du 2 octobre.
VIEILLE BRANCHE
La mise au jour d'Ardi permet une nouvelle compréhension de la manière dont les hominidés – qui englobent la famille des grands singes, dont les humains, les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans –, descendraient d'un ancêtre commun, précise Giday WoldeGabriel, du Los Alamos National Laboratory (Nouveau Mexique, sud-ouest) qui a mené les études de datation géologique du site. Avant Ardi, le jalon le plus ancien connu dans l'évolution de l'homme était Lucy, découverte dans la région de l'Afar et ayant vécu il y a 3,2 millions d'année.
Après la découverte de Lucy, les paléo-anthropologues espéraient, en découvrant ultérieurement des fossiles d'hominidé plus ancien, trouver l'ancêtre commun de l'homme et du chimpanzé, en se fondant sur les très grandes similarités génétiques entre les deux. Ardi ne sera pas celle-là, note Tim White, professeur au Centre de recherche sur l'évolution humaine de l'université de Berkeley (Californie, ouest), l'un des principaux auteurs de cette vaste recherche.
Il n'empêche que, selon lui, "cette créature est une mosaïque intéressante, ni chimpanzé ni humain [...]. [En] nous rapprochant comme jamais auparavant de l'ancêtre commun des singes et de l'homme, [elle] nous permet vraiment d'imaginer ses traits […]. Le seul moyen de savoir à quoi ressemblait cet ancêtre sera de le trouver", a-t-il conclu, citant Charles Darwin, qui mettait en garde contre des extrapolations à partir des singes.
L'UMP loin devant au premier tour, les Verts talonnent le PS
% pour Europe Écologie. Ce qui est un peu mieux qu'en juin, où les listes de Daniel Cohn-Bendit avaient recueilli 16,18 % et les socialistes… 16,48 %. Mais globalement, le PS n'a pas de quoi pavoiser.À six mois des régionales, les présidents socialistes sortants (20 sur 22 régions) vont devoir batailler dur pour éloigner la menace électorale écologiste au premier tour. Et contenir les ambitions de l'UMP au second ! Avec seulement trois points d'écart, il n'est pas impossible que des têtes de listes vertes dépassent celles du PS dans une ou deux régions. Jean-Paul Huchon (Ile-de-France) et Jean-Jack Queyranne (Rhône-Alpes) sont de loin les plus menacés.
Si la percée écologiste se confirme dans l'enquête OpinionWay, le déclin du MoDem se poursuit. Les listes de François Bayrou ne seraient en mesure d'obtenir que 7 % des voix. Les Verts continuent donc de mordre, à belles dents, sur l'électorat centriste. Traditionnellement, les scrutins locaux ne sont jamais bons pour le Béarnais qui pourrait être tenté de se rapprocher des écologistes pour éviter un nouveau revers et maintenir intactes ses chances de compter lors de la présidentielle de 2012. Ce pas de deux entre centristes et écologistes a déjà été esquissé, à la fin du mois d'août et en septembre, par Marielle de Sarnez, la n° 2 du MoDem, qui s'est affichée à plusieurs reprises avec Daniel Cohn-Bendit.
Quatre régions pour l'UMP serait «un miracle»
À droite, l'UMP se maintient autour de 32 %. Un score très rassurant pour Nicolas Sarkozy plus de deux ans après son élection à l'Élysée. Mais cette bonne nouvelle en cache une mauvaise. «Si le PS a un problème politique au premier tour, l'UMP en a un au second», analyse Bruno Jeanbart, directeur politique d'OpinionWay. Ce problème, c'est celui des réserves de voix.
Quand la gauche totalise 43 % des voix toutes listes confondues au premier tour, la droite n'en compte que 36 %. Or les régionales, à la différence des européennes, sont des élections à deux tours. Résultat : l'UMP n'est pas du tout certaine de remporter autant de conseils régionaux qu'elle l'espérait. Prudent, le patron de l'UMP Xavier Bertrand, qui a commandé de nombreux sondages région par région, explique par avance que «ce serait déjà un miracle si la majorité remportait quatre régions».En Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'UMP risque par exemple de devoir affronter en triangulaire le FN. Si l'extrême droite n'est créditée que de 6 % au niveau national, Jean-Marie Le Pen, qui conduira la liste en Paca, est en mesure de franchir le seuil qualificatif pour le second tour de 10 %. À l'autre bout de l'échiquier, le Front de gauche des communistes alliés à Jean-Luc Mélenchon et le Nouveau Parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot se partagent les voix de la gauche de la gauche. Dans ce combat singulier, l'ancien socialiste devance toujours le facteur trotskiste. Dernier enseignement de l'enquête : les enjeux locaux (57 %) semblent le plus motiver les électeurs. Sans pour autant faire des régionales une «grande municipale».
L'Irlande s'apprête à voter à nouveau sur le traité de Lisbonne
Il y a quinze mois, les Irlandais avaient dit "non" au traité de Lisbonne. Ils devront se prononcer à nouvau vendredi 2 octobre et cette fois l'Union européenne espère bien un "oui" qui débloquerait la réforme des institutions européennes.
Le premier ministre irlandais Brian Cowen a sonné le rappel, jeudi, dans une déclaration appelant "tout le monde à voter". "Le soutien en faveur du oui est solide mais il ne faut rien considérer comme acquis", citant des sondages favorables à l'adoption du traité avec de 48 % à 68 % de "oui" contre 7 % à 33 % pour le "non".
Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Dick Roche, a de son côté mis en garde contre "un excès de confiance", mais on voit bien que l'attitude de Bruxelles est bien loin de celle qui prévalait en juin 2008, avant le premier référendum. Les sondages étaient pessimistes et les 4,3 millions d'Irlandais, soit moins de 1 % des Européens, avaient finalement rejeté Lisbonne à 53,4 %.
"SPÉCIFICITÉS CELTIQUES"
L'Irlande, seul pays tenu par sa Constitution d'organiser un référendum, a accepté de faire revoter la population moyennant des contreparties. L'UE a assuré qu'elle ne toucherait pas aux "spécificités celtiques" : l'interdiction de l'avortement, la neutralité militaire et un faible taux d'imposition. De plus, si le traité est adopté, l'Irlande continuera à disposer de "son" commissaire européen. "Ces garanties sont irréfutables… et ont modifié de manière substantielle la dynamique du référendum", avait assuré mercredi 30 septembre le premier ministre Cowen.
Dans les pubs de Dublin, le traité de Lisbonne a suscité bien moins d'intérêt que le récent 250e anniversaire de la Guinness, d'où les précautions de Brian Cowen et Dick Roche. Conscientes de l'apathie d'une population à qui l'on demande de voter deux fois sur le même texte, les forces du "oui" ont fait jouer la corde sensible de l'économie et surtout des emplois.
"En votant oui, vous aiderez l'Irlande à rétablir son économie", a asséné le premier ministre Cowen, recevant l'appui marqué de certains des plus grands hommes d'affaires du pays. Le patron de Ryanair, Michael O'Leary, achète des pleines pages de journaux barrées d'un grand "oui à l'Europe".
Les "nonistes" dénoncent une campagne du "oui" alarmiste et estiment que les garanties ne changent "pas une seule virgule" au traité, selon le mot de Gerry Adams, leader du parti nationaliste Sinn Fein. D'autres parient sur un vote sanction contre un gouvernement impopulaire et qui a eu bien du mal à faire passer un plan de sauvetage des banques ayant coûté 54 millions d'euros.
"Oui, les gens sont très en colère… mais je pense qu'ils sont capables de faire la différence", a assuré M. Roche. Les maisons de paris, elles, ont déjà voté : elles prévoient la victoire du "oui" à 60-65 %. "Ça semble couru d'avance", déclare Leon Blanche de Boylesports, qui a déjà commencé à payer ceux qui ont misé sur le "oui".
jeudi 1 octobre 2009
Londres veut faire fermer un site consacré à la prostitution
"Ça ne devrait pas être bien difficile pour Terminator de mettre un terme à ce site." Harriet Harman, la secrétaire d'Etat britannique aux droits des femmes, a interpellé directement le gouverneur de Californie, l'ancien acteur de f
ilms d'action Arnold Schwarzenegger. La cause de sa colère : le site Punternet, hébergé en Californie, qui répertorie les prostituées actives au Royaume-Uni et permet aux utilisateurs de laisser des commentaires.
La prostitution est légale au Royaume-Uni, mais le racolage ne l'est pas. Le gouvernement prépare également un projet de loi qui rendrait illégal le fait d'avoir des rapports sexuels avec un ou une prostituée dépendant d'un proxénète. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une grande campagne de lutte contre la prostitution, les autorités britanniques craignant que les Jeux olympiques de 2012 ne provoquent un regain d'activité dans ce commerce.
De par son hébergement, le site est soumis à la loi californienne, qui interdit la prostitution. Mais Punternet traitant de la prostitution dans un pays où cette dernière est légale, il n'enfreint aucune loi, estime l'administrateur du site dans une lettre ouverte à la secrétaire d'Etat. "Aux Etats-Unis, il y a un principe constitutionnel, appelé 'liberté d'expression' […] qui existe justement pour éviter les abus de pouvoirs comme celui que vous souhaitez commettre. Ni le gouverneur, ni le président n'ont le droit de faire fermer un site qui n'enfreint pas la loi."
Aux Etats-Unis, en dehors de considérations de sécurité nationale, seuls les tribunaux peuvent ordonner la fermeture d'un site Internet. Généralement, les contentieux similaires se règlent devant les tribunaux des pays concernés, et non dans les pays hébergeurs. L'entreprise eBay s'était ainsi vu ordonner de cesser de proposer à la vente des objets du IIIe Reich en Allemagne et en France par les tribunaux de ces pays, mais pouvait continuer d'en proposer au Etats-Unis. L'entreprise avait par la suite décidé d'interdire purement et simplement la vente de ces objets sur son site.
SUJET SENSIBLE EN CALIFORNIE
La demande de la secrétaire d'Etat touche un sujet sensible pour Arnold Schwarzenegger, qui n'a pas encore réagi. Lors de sa première campagne électorale, plusieurs femmes l'avaient accusé de harcèlement sexuel, le poussant à présenter des excuses publiques. Depuis, "Terminator" a promulgué plusieurs lois soutenues par les défenseurs des droits des femmes, dont un texte de 2008 qui fait des prostituées mineures des victimes d'exploitation sexuelle, alors qu'elles étaient jusque-là considérées comme des délinquantes.
La prostitution est un sujet de débat fréquent en Californie. L'an dernier, les habitants de San Francisco ont voté contre une proposition de loi qui visait à la légaliser. Plus récemment, le gouverneur de Californie a demandé une enquête sur le scandale Acorn, qui touche un bureau de l'Association d'aide aux nécessiteux, proche des démocrates, en Californie. Une vidéo très controversée, diffusée par des militants conservateurs, laisse entendre que l'association soutiendrait l'organisation de réseaux de prostitution. Acorn a expliqué que la vidéo, tournée par des militants conservateurs déguisés, était une déformation d'une conversation humoristique. Toute prise de position du gouverneur sur le sujet est donc délicate.
Au final, si la demande de Mme Harman a peu de chances d'aboutir, elle a toutefois donné un coup de projecteur sur son programme de lutte contre les violences faites aux femmes. Revers de ce "coup" de communication : la demande de la secrétaire d'Etat a également fait une gigantesque publicité à Punternet. Dans sa lettre ouverte à Mme Harman, l'administrateur du site la remercie d'ailleurs pour cette publicité inespérée.
DSK ET LE SYNDROME DE BUSH
En visite dans une université d'Istanbul (Turquie), le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn a été visé par un étudiant protestataire qui a lancé sa chaussure. La vidéo de l'incident.
Un étudiant a lancé une chaussure contre le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, qui intervenait jeudi à Istanbul devant des étudiants d'université.
L'étudiant est descendu en courant des gradins en vociférant "FMI, va-t-en de la Turquie", en se dirigeant en direction de M. Strauss-Kahn qui terminait son intervention sur le campus de l'Université Bilgi, dans le quartier de Dolapdere, sur la rive européenne de la ville, lors d'une séance de questions-réponses.
Il a ensuite lancé une chaussure de sport blanche qu'il avait dans la main, mais il n'a pas touché le chef du FMI qui est resté calme et a tenté de garder le sourire, sur l'estrade, avec un micro dans la main.
Cet étudiant, qui semblait imiter le geste du journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi qui avait lancé ses chaussures en direction de l'ancien président américain George W. Bush en décembre 2008 à Bagdad, était accompagné d'une dizaine d'autres camarades membres du Parti communiste turc (TKP).
Ceux-ci ont tenté de déployer une banderole avant de crier des slogans dénonçant une collusion entre le FMI et le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir en Turquie.
"FMI voleur, AKP complice", ont-il scandé avant d'être eux aussi conduits en dehors de la salle par les forces de l'ordre.
Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan négocie depuis l'an dernier un nouveau prêt du Fonds qui devrait remplacer un précédent prêt accordé en 2005 par le FMI qui avait permis au pays d'éviter l'effondrement financier après une grave crise survenue en 2001.
Une porte-parole du FMI Caroline Atkinson a affirmé que le directeur général du Fonds avait ironisé sur l'incident, disant que "les étudiants ont été au moins assez polis pour attendre la fin de la discussion" pour faire cette protestation.
M. Strauss-Kahn s'est en outre félicité d'avoir
eu une "bonne conversation" avec les étudiants présents dans la salle, selon la porte-parole.Selon le recteur de l'Université privée Bilgi, Halil Güven, il s'agit d'une protestation "normale". S'exprimant sur la chaîne d'information NTV, il a indiqué que le jeune homme interpellé par la police n'était pas un étudiant de son établissement mais d'un établissement universitaire public.
M. Strauss-Kahn est à Istanbul pour assister aux réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, les 6 et 7 octobre.
Le référendum test d'Aubry
Les militants socialistes sont appelés à voter ce jeudi sur la rénovation du PS. Non cumul des mandats, primaires, ... l'avenir du parti se joue derrière les questions soumises aux votants. En voici les principaux enjeux.
La "révolution" du PS
Martine Aubry l'avait annoncé comme "l'an I de la rénovation". La consultation des militants socialistes ce 1er octobre était la mesure phare de l'université d'été de La Rochelle. Martine Aubry doit rassurer les militants et asseoir son autorité face aux trurbulents quadras du PS (comme Arnaud Montebour
g ou Vincent Peillon). L'objectif de cette consultation? Donner "un mandat clair à la direction du PS pour rénover ses pratiques, ses délibérations, ses votes" résume le député de Paris Christophe Caresche. "Une révolution rénovatrice" selon les mots d'Arnaud Montebourg, pour un parti régulièrement taxé d'immobilisme.
Le non-cumul des mandats
Les militants vont devoir se prononcer sur l'impossibilité de cumuler un mandat de parlementaire avec une présidence d'exécutif local (communes, intercommunalité, conseil général, conseil régional) ou la participation à un exécutif (vice-président, maire-adjoint). Un changement de statut vivement souhaité par la première secrétaire: "les élus socialistes comprennent bien qu'à l'époque de la décentralisation, il est très difficile d'être maire d'une grande ville, président du conseil général, député ou sénateur" justifie-t-elle.
Mais les barons locaux sont réticents. Certains cumulards refusent une règle limitée au parti socialiste: Gérard Collomb, maire de Lyon, a annoncé qu'il ne votera "sans doute pas" sur le non cumul des mandats à l'instar de François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon. "Le non-cumul, c'est une machine à fabriquer des battus et des dissidents", a affirmé l'électron libre Pierre Moscovici, dans Le Point.
La démocratie interne
Autre enjeu du vote: "choisir les dirigeants en cohérence avec les orientations politiques". Autrement dit, donner des règles communes au parti pour éviter les discordances. Ce vote doit également permettre de désigner les têtes de liste aux régionales
Les primaires ouvertes
La désignation du candidat socialiste par des primaires ouvertes aux citoyens pour la présidentielle de 2012 fait grincer des dents au parti. C'est "une opportunité, non un problème" avait scandé Martine Aubry à La Rochelle.
Si le "oui" l'emporte, encore faut-il définir les projets politiques que devra porter le candidat choisi. Le système même des primaires manque de clarté: qui votera? Comment ? Ces questions devront être tranchées.
La participation
Si 200 000 militants socialistes sont appelés à voter, la participation risque d'être nettement plus faible. Seuls 64 000 d'entre eux sont à jour de cotisation. Les autres vont devoir régulariser leur situation à l'occasion du vote ce jeudi soir.
Malgré les nombreuses tentatives de Monterbourg, Peillon et Aubry pour mobiliser les troupes, l'enthousiasme manque. Martine Aubry, en chef de clan, a multiplié les messages: "Je fais confiance aux militants pour venir ce soir et être cette avant-garde démocratique" a-t-elle assuré, tout en se défendant d'anticiper le nombre de votants. "Je n'ai jamais fait de pronostic. Je souhaite simplement que les militants se rendent compte de l'importance de l'enjeu".
Son prédécesseur François Hollande, toujours prêt à dégainer, ne cache pas son scepticisme. "Le vote de ce soir apparaît simplement comme une adhésion à des principes, d'où le fait qu'il n'y a pas une mobilisation considérableé. Pas de campagne, des questions floues, des débats préparatoires loin de susciter l'enthousiasme... Comme Hollande, nombreux sont les militants qui peinent à saisir l'enjeu du vote.
Problème, une faible participation infligerait un camouflet à la première secrétaire. Sans plébiscite, Martine Aubry pourra difficilement imposer son autorité face à des ténors du parti qui aiment cultiver leur différence. Et le parti sera durablement affaibli. éTous les conservatismes internes pourront en prendre prétexte pour ralentir, voire remettre en cause, le processus même de rénovationé, met en garde Vincent Peillon.
Par ailleurs, certains concurrents de Martine Aubry pourront appeler à une nouvelle consultation des militants en vue de la convention de juin 2010 sur la rénovation du Parti socialiste. "Le vrai débat politique va commencer après", présage François Hollande avant l'ouverture du vote.
RÉVOLUTION, RÉNOVATION, MOBILISTION, PARDON ?
Garmin lance son propre smartphone Nüvifone orienté GPS
Garmin, le spécialiste américain des solutions GPS, délivre son premier smartphone 3G+ à écran tactile, le Nüvifone G60, dédié à la navigation par satellite. Mais uniquement aux Etats-Unis dans un premier temps.
Confronté à la montée des smartphones équipés de puces A-GPS, Garmin a décidé de s’implanter sur l
e secteur des mobiles en lançant un terminal sous sa marque, baptisé Nüvifone G60, dès le 4 octobre.
Dans un premier temps uniquement commercialisé aux Etats-Unis par l’opérateur AT&T, Garmin précise que ce terminal mobile 3G+ à écran tactile de 3,5 pouces sera un “navigation phone”, essentiellement tourné vers la géolocalisation : il embarquera ainsi nativement des cartes Garmin GPS. Intégrant le Wi-Fi et le Bluetooth, il dispose d’une capacité de stockage de 4 Go et d’un appareil photo numérique de 3 Mégapixels.
Le spécialiste américain des solutions GPS précise que le Nüvifone G60 pourra s’intégrer au tableau de bord d’un véhicule, pour se transformer en véritable système de navigation par satellite, le cœur de métier de Garmin, couplé à un guidage vocal. Seul obstacle : son prix, fixé à 299 dollars avec deux ans d’abonnement, soit le même prix que l’iPhone 3G S 32 Go, la version la plus complète du terminal d’Apple.
Pour compléter les fonctionnalités du Nüvifone G60 dédiées à la navigation, les mobinautes pourront souscrire à un abonnement de 6 dollars par mois pour reçevoir sur leur mobile Garmin des informations concernant les prix de l’essence dans les stations-services, l’info trafic ou la météo.
Le Nüvifone G60 orienté GPS de Garmin
Gouvernance Internet : l’ICANN prendra-t-il son indépendance ?
L'accord liant l'ICANN et le département américain du commerce touche à sa fin : l'organisation chargée de la gestion du nommage Internet pourrait gagner un peu plus d'indépendance.
L’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), une structure de droit californien à but non lucratif qui prend en charge depuis 1998 la régulation Internet et la supervision d’extensions stratégiques de noms de domaine comme le “.com ou le “.net”, pourrait acquérir plus d’indépendance dès demain, mercredi 30 septembre.
C’est en effet à cette date que prendra fin l’accord, datant de plus de dix ans, liant l’organisation à la National Telecommunications and Information Administration (NTIA), une division rattachée au ministère du commerce américain (Department of Commerce ou DoC).
Bruxelles plaide pour un ICANN indépendant
L’ICANN pourrait profiter de la fin de son “contrat” avec le gouvernement pour recouvrer sa liberté et se couper en partie de ses liens avec le gouvernement américain en devenant une institution autonome pour ainsi aboutir à une nouvelle gouvernance de l’Internet, qui serait “plus démocratique, plus transparente et plus multilatérale”, comme l’a souligné Viviane Reding, la commissaire européenne en charge de la Société de l’Information et des Médias.
“Il n’est pas défendable qu’un ministère d’un pays ait la tutelle d’une fonction internet utilisée par des centaines de millions d’internautes dans tous les pays du monde”, avait-elle précisé il a quelques semaines.
La Commission européenne souhaiterait en effet que l’ICANN devienne rapidement indépendante. Bruxelles a ainsi lancé l’idée d’un “G12 pour la gouvernance d’Internet”, qui comprendrait deux représentants par continent (trois pour l’Asie et l’Océanie) et le président de l’ICANN comme membre non votant.
Conserver malgré tout “une relation formelle à long terme” avec le gouvernement américain
Rien ne dite que l’administration Obama écoutera la demande de l’Union Européenne. En tout cas, le nouveau modèle de fonctionnement entre l’ICANN et le département américain du commerce devrait être connu dès demain, via la présentation du Joint Project Agreement, qui règlemente les relations entre le gouvernement américain et l’organisme de la gestion du nommage Internet.
Pour autant, l’indépendance totale de l’ICANN à l’égard du gouvernement américain reste peu probable, mais il pourrait s’ouvrir à l’accueil de nouveaux acteurs, qui pourrait passer par l’instauration de plusieurs commissions intégrant des représentants d’autres pays.
L’ICANN se dirigerait donc vers seulement une semi-indépendance : même le nouveau président de l’organisation, Rod Beckstrom, nommé en juin dernier, n’est pas favorable à son autonomie. Il a ainsi écrit au Congrès pour annoncer au gouvernement Obama que l’ICANN entendrait préserver “une relation formelle à long terme avec le gouvernement des Etats-Unis”.
Viviane Reding : "Vers un Internet libre de toute intervention politique"
Viviane Reding est commissaire européenne, chargée de la société de l'information et des médias. Elle représente notamment l'Union européenne dans les négociations sur le contrôle de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), la principale autorité de régulation de l'Internet, dont le contrat arrive à échéance le 30 septembre. Dans un entretien exclusif au Monde.fr, Mme Reding juge que "le contrôle du gouvernement américain sur l'Icann se termine".
L'accord entre l'Icann et le département du commerce américain (Joint Project Agreement ou JPA) arrive à échéance le 30 septembre. Quels éléments contient le nouveau document, qui doit être présenté au début du mois d'octobre ?
Si l'accord demeure le même que celui dont nous avons pris connaissance, le contrôle unilatéral des Américains sur l'Icann se termine. L'Icann devient indépendant par rapport au gouvernement. En mai, j'avais appelé à une sorte de "tribunal", une instance à laquelle on peut s'adresser, en cas de problème avec les décisions de l'Icann. Nous aurons à présent quatre review panels indépendants, c'est-à-dire quatre mini-tribunaux, un s'occupant de la concurrence, l'autre de la sécurité des réseaux, le troisième de la gestion des données par les détenteurs des noms de domaine (registrants) et un quatrième sur l'intérêt public. Ces quatres panels doivent vérifier si le principe du droit et de la gestion équitable sont respectés.
J'avais aussi demandé l'internationalisation et une approche multilatérale. C'est le cas : les personnalités qui vont être nommées dans ces quatre instances le seront par le Governmental Advisory Committee (GAC) [ndlr : composé de représentants des Etats et d'organisations internationales, rouage essentiel dans la nomination du bureau directeur de l'Icann], et par le directeur de l'Icann. Ceci suppose donc aussi une réforme du GAC, afin de rendre toutes ces mesures opérationnelles.
Comment analysez vous l'initiative américaine ?
Il s'agit d'une ouverture historique, qui vient après de longues années, où il ne se passait rien. Lorsque d'un côté l'Europe parle d'une seule voix et que de l'autre un nouvel état d'esprit anime les Américains, les choses commencent à marcher. Depuis le président Clinton, la Commission et l'Union européenne négocient avec les Américains pour mettre fin à ce contrôle unilatéral d'un gouvernement sur l'Icann. Pendant tout le mandat de George W. Bush, toutes ces négociations n'ont mené à rien et, lorsque le président Obama a obtenu sa victoire, j'ai lancé un message aux Américains. Il a été suivi par l'Union européenne à l'unanimité, par la voix de son conseil des ministres des télécommunications et de ses négociateurs, qui sont allés à Washington pour parler avec l'administration Obama. Ce mouvement historique laisse entrevoir un Internet libre de toute intervention politique, et des mesures qui permettent aussi à la société civile ou économique d'avoir un droit de regard.
En mai, vous appeliez à l'instauration d'un "G12 de la gouvernance de l'Internet", un groupe informel de représentants des gouvernements qui pourrait formuler des recommandations à l'intention de l'Icann. Cette idée a-t-elle été abandonnée ?
Ce que je voulais, c'est qu'il y ait une supervision multilatérale, et donc je considère que ces review panels indépendants vont dans cette direction. J'ai fait une proposition, on peut en faire une autre. Ce qui est important, c'est qu'il y ait une supervision. Il faut savoir qu'il n'y a pas seulement ceux qui pensent comme l'Union européenne et comme les Américains, il y a maintenant d'autres approches, comme celles de la Chine ou de la Russie. Nous voulons qu'il y ait dans le monde une grande majorité de nations qui s'engagent pour la liberté de l'Internet.
Il sera désormais très important de faire le pont entre le forum de la gouvernance de l'Internet (IGF), qui a été voulu par l'Union européenne lors du sommet de Tunis en 2005, et qui est ouvert à la société civile, et le GAC. La prochaine réunion de l'IGF, à Charm el-Cheikh (Egypte) en novembre, sera d'une grande importance pour créer des liens entre les deux institutions.
Le JPA ne prend pas en compte une fonction cruciale de l'Icann, la fonction dite IANA, qui porte sur la gestion du serveur racine, au cœur du fonctionnement d'Internet. Comptez-vous aborder cette problématique avec le gouvernement américain ?
Nous allons sûrement aborder ces questions, mais dans un second temps. Ce qui est très important, pour le moment, c'est que les choses évoluent dans le bon sens. Il y a finalement une ouverture, et nous sommes en train d'établir des bases pour que ce réseau mondial puisse rester indépendant et que la liberté de l'Internet soit garantie.
J'ai toujours demandé que l'on tienne compte de la manière dont Internet est organisé, de la réalité multiculturelle du monde. L'Internet ne peut pas être seulement anglais, il doit être aussi arabe, bulgare et grec, iranien, chinois… La prise en compte de toutes les communautés de l'Internet doit se faire.
Quelles sont les prochains rendez-vous de la gouvernance d'Internet ?
Le prochain pas est la mise en place du nouveau système. Si les annonces ont lieu le 1er ou le 2 octobre, il faudra à ce moment-là songer à leur mise en pratique. Le GAC va alors se réunir. Il y aura le sommet de Charm el-Cheikh, où l'on va écouter la société civile, et établir ce pont avec le GAC. Ce que l'on a souvent voulu obtenir les uns contre les autres, à Tunis notamment, est en train de devenir réalité.
Propos recueillis par Laurent Checola
Qui va gouverner le web ?
L'organisme de gestion des noms de domaine devrait bientôt gagner en autonomie. L'Icann, qui était jusqu'à présent sous la houlette des Etats-Unis, pourrait s'ouvrir aux autres nations. La structure devrait cependant conserver des liens privilégiés avec l'Oncle Sam
(Rédaction Internationale) - Le contrat de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), la principale autorité de régulation de l'Internet, avec le gouvernement américain est arrivé à échéance le 30 septembre. La structure californienne à but non-lucratif gère depuis 1998 les noms de domaine sur Internet (AFP) à l'instar des ".com" ".gov" et autres ".net". Le gouvernement américain via son département du Commerce en a obtenu dès sa création un contrôle unilatéral. Si l'annonce n'est pas encore faite, il est très probable que l'organisme gagne très bientôt en indépendance.
Dans quel but ?
Pour le reste du monde, et en particulier l'Union européenne, cette main mise des Etats-Unis sur Internet n'est pas normale. “Il n’est pas défendable qu’un ministère d’un pays ait la tutelle d’une fonction internet utilisée par des centaines de millions d’internautes dans tous les pays du monde”, a ainsi déclaré Viviane Reding. La commissaire européenne en charge de la Société de l'Information et des Médias est d'ailleurs à l'origine de l'appel fait à l'administration américaine pour la privatisation de l'organisme. Ce changement de statut rendra, selon elle, la structure “plus démocratique, plus transparente et plus multilatérale".
Quels seront les changements ?
Selon The Economist, le nouveau contrat baptisé "affirmation d'engagement" modifie le fonctionnement de l'Icann pour une période indéterminée. Le nouveau statut prévoit la mise en place de commissions, en forme de mini-tribunaux, pour surveiller que ses décisions restent toujours équitables. Elles seront de quatre ordres : un review panel pour la concurrence, la sécurité des réseaux, la gestion des données par les détenteurs de noms de domaine et enfin la protection de l'intérêt commun. Cette ouverture des commissions à des représentants d'Etats et d'organisations étrangers permettra l'internationalisation de l'Icann et la possibilité d'un droit de regard de la part de la société civile ou économique. Le directeur du collectif NetChoice, Steve DelBianco, espère que l'arrangement "reflète ce qui était demandé dans l'enquête publique: des mécanismes permanents qui permettent de faire en sorte que l'Icann ait des comptes à rendre".
Une réelle indépendance ?
L'indépendance proclamée de l'Icann ne serait pourtant pas totale. La structure dépend en effet toujours du droit californien. Son nouveau directeur Rod Beckstrom, qui n'est pas favorable à son autonomie, a également annoncé dans une lettre au Congrès qu'il souhaitait préserver "une relation formelle à long terme avec le gouvernement des Etats-Unis". De plus, l'Icann conserve encore jusqu'en 2011 un contrat avec le gouvernement américain concernant la fonction dite IANA, qui porte sur la gestion du serveur racine. Cette petite victoire de la diplomatie étrangère devrait tout de même permettre une redistribution de la gouvernance d'Internet aux autres nations mais aussi à la société civile. Bon nombre de pays critiquaient en effet l'hégémonie des Etats-Unis et de l'Icann dans un domaine aux enjeux économiques importants. La Chine tente d'ailleurs de le concurrencer en possédant déjà son propre DNS, système de nom de domaine, en chinois.
Damien Bouhours











