jeudi 7 novembre 2013
Mieux vaut être Suisse ou Norvégien plutôt que Portugais ou Grec
mercredi 26 janvier 2011
mardi 25 janvier 2011
vendredi 8 octobre 2010
L'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) qui se tient aujourd'hui à Washington s'annonce des plus tendues. Les 184 représentants des pays membres vont en effet y débattre de la réforme de la gouvernance de l'institution multilatérale, dans le but de l'adapter aux défis du XXI e siècle. Les grands pays émergents réclament, à juste titre, une plus grande influence dans la conduite de la politique du Fonds. La volonté des pays d'Asie et d'Amérique est d'autant plus légitime qu'ils ne veulent plus être les victimes d'une institution dominée par les pays industrialisés, qui leur ont si longtemps imposé leur diktat. Il en va de la crédibilité internationale du FMI. La réforme revêt deux aspects. Le premier tient aux droits de vote de chacun des membres. Le second est lié à la composition du conseil d'administration.
Au sujet des droits de vote, les négociations en cours visent à transférer 5 % des voix des pays riches vers les pays émergents. Un premier transfert portant sur environ 3 % des droits est intervenu en 2008 au profit de la Chine, du Mexique, de la Corée et de la Turquie. En l'état actuel de la situation, le pourcentage de droits de vote d'un pays dépend d'une formule mathématique compliquée, prenant en compte la valeur de son PIB mais aussi son degré d'ouverture économique, l'importance de ses réserves… Cette formule ne satisfait personne et sa simplification est à l'étude. Là encore, les négociations sont ardues. Les Etats-Unis plaident pour que le PIB ait une importance prépondérante. Les pays émergents, eux, plaident plutôt pour un PIB en parité de pouvoir d'achat, et non en valeur nominale. Ce qui aboutirait à renforcer fortement leur poids. Selon les dernières propositions faites en juillet, la nouvelle formule proposée n'aboutirait qu'à un transfert de moins de 3 % des droits de vote vers les pays émergents. On est loin du compte. De plus, comble de l'horreur, que l'on prenne en compte l'ancienne formule ou la nouvelle, certains pays émergents ont des droits de vote trop importants par rapport à leur poids économique. C'est le cas de l'Arabie saoudite, de l'Argentine, de l'Afrique du Sud et de l'Inde. Inversement, des pays riches comme l'Espagne, le Luxembourg et l'Irlande sont sous-représentés. Dès lors, l'équation se complique et chacun des pays membres devra faire des concessions afin d'aboutir à un transfert de 5 % des droits de vote des pays surreprésentés vers des pays sous-représentés. Dans ce jeu digne des marchandages du Grand Bazar d'Istanbul, une seconde composante s'est invitée. La composition du conseil d'administration, l'organe de direction du FMI.
Il comprend, à ce jour, 24 chaises, bien que les statuts du Fonds n'en prévoient que 20. Dans les faits, le maintien des 24 sièges nécessite donc, tous les deux ans, d'être reconduit par un vote. En juillet dernier, les Etats-Unis, à la surprise générale, ont jeté un pavé dans la mare en ne votant pas cette reconduction. Leur but : réduire, par un coup force, la présence des Européens au conseil, où ils occupent 9 sièges sur 24. Comme le remarque ironiquement un diplomate, « les Etats-Unis se sont tirés une balle dans le pied. Le retour à 20 sièges aboutirait à la disparition des plus faibles, c'est-à-dire le Brésil, l'Inde, l'Argentine et un des sièges des pays africains ». On aboutirait à l'effet inverse de celui qui est recherché. Impensable politiquement.
Devant la pression croissante de Washington, les Européens, accusés d'avoir une présence trop ostensible dans le conseil, se sont déclarés prêts à des concessions en offrant l'abandon de deux sièges. En contrepartie, ces mêmes Européens souhaiteraient que les Etats-Unis ne disposent plus de leur fameux droit de veto. Sa disparition requiert un changement des statuts du FMI, qui veulent que les décisions soient approuvées avec 85 % des voix. Les Etats-Unis disposant de 17,5 % des droits de vote, ils peuvent donc bloquer toute décision qui ne leur sied pas. La probabilité que Washington abandonne ce privilège est proche de zéro. D'autant que les quatre grands pays émergents rassemblés au sein des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) n'y sont pas favorables sous prétexte qu'à eux quatre, lorsque la redistribution des voix sera effective, ils auront le même pouvoir d'obstruction en disposant de plus de 15 % des droits de vote. Quant à l'idée défendue par le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, de créer une chaise représentant tous les pays de la zone euro afin de libérer de la place à d'autres pays, elle a peu de chance de voir le jour. En effet, les pays de la zone euro disposeraient dans ce cas d'un peu plus de 28 % des droits de vote, ce qui en ferait les premiers actionnaires du Fonds. Statutairement, son siège devrait alors être transféré en Europe ! Difficile d'imaginer que les Etats-Unis renoncent à l'implantation sur leur sol de l'institution.
La réforme de la gouvernance du FMI avance donc difficilement, et sans doute trop lentement. Une chose est sûre cependant, le renforcement du rôle des pays émergents en son sein va compliquer la tâche de l'institution. Le remplacement du G8 par le G20 n'a pas simplifié les choses. Il en sera de même pour le FMI. Malheureusement.
mercredi 29 septembre 2010
Le FMI renforce son rôle dans la surveillance financière
L'examen de la solidité des systèmes financiers par l'institution multilatérale est désormais obligatoire pour 25 pays. Ceux-ci représentent 90 % de la finance mondiale et 80 % de l'activité économique internationale.
Ce sera désormais obligatoire. Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, lundi soir, l'obligation pour vingt-cinq de ses pays membres de se soumettre à l'examen de la solidité de leur système financier. Cette évaluation, créée dans le sillage de la crise asiatique de 1997-1998, était jusqu'à maintenant effectuée à la demande des pays sur une base volontaire et non contraignante. Plus communément appelé « programme d'évaluation du secteur financier », cette revue, qui sera réalisée au moins tous les cinq ans, fera désormais partie du rapport effectué régulièrement par le Fonds sur la politique économique de ses membres, le fameux « article IV ».
Les vingt-cinq pays concernés par cette nouvelle approche représentent, selon l'institution, près de 90 % du système financier global et environ 80 % de l'activité économique internationale. Parmi eux, quinze pays sont membres du G20. L'ensemble des membres du G7 auxquels se rajoutent douze pays d'Europe de l'Ouest et l'Australie, les économies asiatiques nouvellement développées comme la Corée du Sud ou Singapour et d'autres économies émergentes à l'instar du Brésil, de la Chine et de l'Inde devront donc passer régulièrement sous les fourches Caudines des experts du FMI.
Sur le plan pratique, les experts mandatés par l'institution étudieront, entre autres, le mode de gestion des crises des pays, effectueront leurs propres « stress tests » des établissements financiers, analyseront les facilités pour les banques d'accéder aux liquidités fournies par la banque centrale tout en évaluant les modalités nationales de mise en faillite des établissements financiers. Les liens existant au niveau transfrontalier entre établissements financiers, les flux de capitaux entrant et sortant d'un pays et l'impact d'une éventuelle crise locale sur les autres pays seront également abordés.
C'est donc une véritable mise à nu d'un système financier qui sera mise en oeuvre afin d'éviter, autant que faire se peut, la répétition d'une crise comparable à celle qui sévit depuis plus de trois ans. Ce renforcement du rôle de surveillance du FMI s'inscrit en droite ligne des engagements des leaders du G20 de ne plus permettre un tel séisme et de mieux réguler l'activité du monde financier. La nouvelle approche de l'institution internationale est d'autant plus significative qu'avant la crise économique et financière actuelle les Etats-Unis s'étaient toujours opposés à ce que leur système financier soit évalué par le Fonds. Comme l'a révélé le FMI, plus des trois quarts des pays membres avaient pourtant demandé une telle évaluation de leur système financier avant la crise. Sans préjuger des résultats, les experts du FMI auraient peut-être pu détecter la dangerosité du développement du marché des « subprimes » et appeler à une réorganisation du marché aux Etats-Unis. Crise aidant, des programmes d'évaluation sont actuellement menés en Indonésie, en Chine et aux Etats-Unis. Reste à savoir quel sera l'accueil de l'avis donné par le FMI sur le système financier d'un pays. En 2009, lorsque l'institution avait donné sa propre évaluation des pertes potentielles des banques européennes au regard de leurs portefeuilles de créances, bon nombre de leaders politiques et économiques avaient contesté la méthode utilisée. S'inspirant des standards américains, celle-ci avait été fortement mise en cause puisqu'elle ne tenait pas compte des spécificités européennes. Verra-t-on les mêmes reproches adressés aux évaluations des systèmes financiers ?












