TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO
Affichage des articles dont le libellé est OLIVIER FIGUERAS : present. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est OLIVIER FIGUERAS : present. Afficher tous les articles

dimanche 4 mars 2012

L’Europe s’enfonce dans les dénis démocratique et économique  
 
Un sommet chargé, cette fin de semaine, à Bruxelles – mais ne le sont-ils pas tous, depuis qu’Europe rime avec crise, et euro avec dette ? Chargé, parce qu’il fallait gérer le sauvetage grec, les pays qui frappent à la porte, ceux qui accusent de nouvelles difficultés, le nouveau pacte budgétaire par lequel on nous donne l’austérité comme règle, etc. et tout cela sans agacer (pour ne pas dire pire…) des opinions publiques qui voient rouge, dans leur grande majorité, dès qu’on leur parle de Bruxelles, et descendent dans la rue dès qu’on les incite à se serrer la ceinture. Alors, les contraindre, vous pensez bien, est un jeu dangereux…
Aussi, avant toute chose, s’emploie-t-on à calmer ces peuples, qui sont décidément des empêcheurs de mondialiser en rond. Il est vrai que le peuple croit encore, le pauvre !, en la démocratie ; croit encore être souverain.
Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne reconduit, facilement en cette occasion (il n’y avait ni autre candidat, ni opposition), dans ses fonctions pour un nouveau mandat de deux ans et demi, l’a joué nuancé : « Je ne dis pas qu’on est sorti de l’ornière, mais il y a un tournant dans la crise. »
Son comparse de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a certes souligné que la crise de la dette est « encore là ». « Mais maintenant nous avons la possibilité d’un changement de perspectives, a-t-il ajouté. Avec l’adoption dans son principe du nouveau programme [de sauvetage] de la Grèce, qui est un point essentiel, avec la pression réduite sur d’autres pays exposés, nous avons maintenant des conditions nous permettant de nous concentrer sur une question essentielle, la croissance et l’emploi. »
C’est un peu le serpent qui se mort la queue : ce sont les nouvelles avancées évoquées qui permettent d’envisager une sortie de crise, mais c’est parce qu’on envisage cette sortie de crise qu’on peut se permettre ces nouvelles avancées…
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas Nicolas Sarkozy, trop empêtré dans ses contradictions et engagé dans une campagne électorale moins flamboyante qu’il ne l’espérait (voir ci-dessous), qui viendra dire le contraire !
Les milliards grecs
La zone euro donc a ouvert la voie au déblocage du deuxième plan de soutien à la Grèce, soit 130 milliards d’euros d’aide publique et un effacement partiel de la dette détenue par les banques, à hauteur de 107 milliards d’euros. Les ministres des Finances de l’Eurogroupe ont en effet estimé qu’Athènes avait rempli toutes les conditions exigées avant tout déboursement, en termes d’économies budgétaires et de réformes économiques.
On ne voit pas – en tout cas : on ne nous dit pas… – ce qui a changé. La Grèce, si on arrive à faire l’impasse de la violente opposition populaire, affirme depuis des semaines que tout est en place, et qu’elle satisfait bien aux conditions (qui sont des abandons de souveraineté, une fois de plus) nécessaires pour obtenir cette nouvelle aide. Hier, Bruxelles ne voulait pas l’admettre. Aujourd’hui, elle acquiesce.
Hormis le fait que le Parlement grec avait donné son aval (une nouvelle fois) au dit plan d’austérité, la seule réelle différence, semble-t-il, c’est que Berlin est désormais satisfait des garanties. « Si les conditions fixées sont remplies… », a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble à l’ouverture de la réunion. Et tous les autres (à l’exception des seuls, semble-t-il, Pays-Bas qui ont osé émettre un doute) se sont engouffrés dans la brèche ainsi ouverte par l’Allemagne qui, une fois encore, fait la pluie et promet le beau temps.
La seule certitude, dans tout cela, c’est que l’argent ainsi accordé à Athènes est donné à fonds perdu, puisque les Européens ne le reverront pas. Ce n’est pas du pessimisme contre l’optimisme, voire l’euphorisme dont fait preuve Bruxelles. C’est l’avis d’un analyste semble-t-il autorisé, puisque le FMI a cru bon de publié son commentaire…
Discipline budgétaire
Autre point important : la signature, vendredi matin, de vingt-cinq des vingt-sept pays de l’Union européenne du nouveau traité instaurant plus de discipline budgétaire en Europe.
Qu’on me permette une nouvelle fois d’exprimer ma satisfaction qu’un sujet aussi délicat, au point que pendant des mois personne n’arrive à s’accorder sur cette question budgétaire, soit réglé en quelques heures, simplement parce qu’on a décidé de se réunir à Bruxelles pour signer un traité.
Chacun (ou presque) oublie donc ses griefs et ses oppositions ? Admet une règle d’or considérée comme insupportable par les peuples – surtout au moment-même où on apprend que le chômage a encore augmenté ? Ou croit le mensonge de Nicolas Sarkozy qui ose affirmer devant les Français qu’en donnant plus de pouvoir à Bruxelles (il est vrai qu’il ne le dit pas comme ça…) la France recouvrera davantage de souveraineté budgétaire ?
Cela paraît beaucoup plus complexe, mais c’est, en un sens, beaucoup plus simple. Et c’est encore l’Allemagne, par la voix d’Angela Merkel, qui, en consentant désormais au mécanisme de sauvegarde européen, a donné un signal fort, en direction des marchés, pour montrer « que nous souhaitons un avenir avec une Europe politiquement unifiée ». Dans laquelle les Etats-membres, censés être souverains, auraient de moins en moins la possibilité de s’exprimer…
Et ce déni de démocratie serait bon pour nous, Nicolas ?
Nous y reviendrons…

jeudi 9 février 2012

De la civilisation au nazisme… Et puis quoi encore ? 

La polémique autour des propos de Claude Guéant sur les civilisations (Présent du 7 février) a pris un tour violent mardi, à l’Assemblée, lorsque le député apparenté PS de la Martinique Serge Letchimy a attaqué bille en tête Claude Guéant. Il est vrai que, depuis dimanche, la gauche ne digère pas les propos du ministre de l’Intérieur sur les civilisations, malgré ses dénégations et les assurances adressées, notamment, aux musulmans français. Mais Serge Letchimy a été plus loin encore en se lançant dans une longue et virulente diatribe contre Claude Guéant : CITATION « Nous savions que pour M. Guéant la distance entre immigration et invasion est totalement inexistante et qu’il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique. « Ça n’est pas un dérapage, c’est une constante parfaitement volontaire. En clair, c’est un état d’esprit et c’est presque une croisade. M. Guéant vous déclarez du fond de votre abîme, sans remord ni regret, que toutes les civilisations ne se valent pas. Que certaines seraient plus avancées voire supérieures. « Non M. Guéant, ce n’est pas “du bon sens”, c’est simplement une injure qui est faite à l’Homme. C’est une négation de la richesse des aventures humaines. C’est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations. « Aucune civilisation ne détient l’apanage des ténèbres ou de l’auguste éclat. Aucun peuple n’a le monopole de la beauté, de la science du progrès ou de l’intelligence. « Montaigne disait “chaque homme porte la forme entière d’une humaine condition”. J’y souscris. Mais vous, M. Guéant, vous privilégiez l’ombre. « Vous nous ramenez jour après jour à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. « Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ? « Il existe, M. le Premier ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque, que vous tentez de récupérer sur les terres du FN. (…) » FIN DE CITATION François Fillon n’en écoutera pas davantage. Le brouhaha est devenu indescriptible, et il quitte l’hémicycle suivi de l’ensemble du gouvernement, avant que le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, qui réunira spécialement le bureau de l’Assemblée sur le sujet, ne coupe la parole à l’orateur. Depuis, droite et gauche jouent au petit jeu des « excuses », chacun estimant la déclaration de l’autre intolérable, et appelant à la rescousse les victimes des pires horreurs que l’humanité ait eu à connaître. Et chacun refuse, au nom de ses origines et du bon sens, de faire quelque démarche que ce soit en ce sens. François Bayrou jubile, qui renvoie dos à dos les responsables de cette « escalade ». Certes ! la parole est « libre » à l’Assemblée, comme le rappelle Ségolène Royal. Ce qui n’oblige en rien à dire tout et n’importe quoi ! On peut en effet s’interroger, comme l’a fait le conseiller spécial du chef de l’Etat, Henri Guaino, sur le rapport avec le nazisme… Avant de quitter l’Assemblée, le Premier ministre aurait pu, effectivement, poser la question, souligner, avec Talleyrand, que « tout ce qui est excessif est insignifiant », et rappeler à une gauche qui se pique d’histoire que le nazisme était avant tout – et le revendiquait – un socialisme.