TOUT EST DIT

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jeudi 10 octobre 2013

Requiem pour une France chrétienne

Dans le titre, il est question d’une France et non pas de la France en général. Le choix de l’indéfini n’a rien de fortuit, il découle de la simple volonté de montrer que la France vit aujourd’hui un moment de scission douloureux et crucial déterminant l’avenir de son héritage spirituel, donc, de son identité.

Moi qui ne porte pas Rousseau dans mon cœur, je me permettrai cependant de démarrer ce réquisitoire en citant une pensée que je n’aurais su formuler plus exactement qu’il ne l’a fait : « Quand un peuple ne défend plus ses libertés et ses droits, il devient mûr pour l’esclavage ». Cet assujettissement que les Lumières comprenaient dans un sens propre au nihilisme révolutionnaire procède aujourd’hui de ce même nihilisme suicidaire qui touche à son point culminant. Au lieu de dire du Front National qu’il est un parti patriote, on préfère prétendre qu’il est un parti d’extrême-droite simplement sur le fait que patriotisme et fascisme, au détriment du Robert et du Larousse, sont déclarés synonymes. Au lieu de dire la France est chrétienne par essence, on préférera dire qu’elle est tout sauf telle, mélangeant subtilement le principe ô combien louable de laïcité avec celui de christianophobie. Les valeurs judéo-chrétiennes définissant viscéralement le code déontologique de n’importe quel Français, la christianophobie fait toujours pendant à la francophobie, corrélation que l’on retrouve d’ailleurs sous sa forme la plus saillante dans les quartiers chauds.
Beaucoup d’experts, de sites nationalistes ou identitaires, de blogs contestataires ont tendance à répertorier les cas de nouveaux venus non-assimilés perpétrant des horreurs prescrites par la Charia ou s’obstinant à pratiquer la prière des rues. Ce n’est qu’un symptôme. En réalité, ces gens-là qui essayent d’imposer à la France un système de convictions incompatible avec les fondements spirituels de l’Europe ne le font que pour la simple et bonne raison que notre pays s’est renié. Or, la nature se défiant du vide, elle tend à le remplir dès que l’occasion se présente, quitte à se parer de mauvaises herbes. Ainsi, au lieu de répéter à longueur de journée que la France est laïque – et elle l’est, arrêtons d’enfoncer les portes ouvertes – il faudrait peut-être enfin scander ceci : la France sera chrétienne ou ne sera pas.
Il faudrait peut-être rétablir le principe de suprématie du catholicisme punissant vigoureusement toute atteinte à l’Eglise et à la foi de manière plus générale. Voici quelques chiffres prégnants mentionnés par Bernard Antony dans Observatoire de la Christianophobie. J’ai compilé, dit-il, les manifestations de christianophobie en France parmi les 1243 articles publiés et lus 1,4 millions de fois, entre le 1er janvier [2013] et le 30 septembre [2013], c’est-à-dire pendant les seuls 9 premiers mois de 2013.
Interruption ou perturbation de Messes ou de cérémonies religieuses : 4 cas.
Piratages informatiques de sites ou de blogs chrétiens : 6 cas.
Discrimination sociales ou professionnelles contre des chrétiens en raison de leur religion : 8 cas.
Agressions contre des prêtres ou des religieux : 8 cas.
Articles ou propos injurieux pour les chrétiens et la religion chrétienne dans les médias de la « bienpensance » : 11 cas.
Tentatives d’incendies et incendies d’églises ou de lieux de culte chrétiens : 17 cas, quasiment deux par mois !
Profanation et actes de vandalisme de cimetières chrétiens : 25 cas, soit environ un tous les dix jours !
Profanations d’églises et actes de vandalisme contre et dans les lieux chrétiens ; 70 cas, un peu plus de deux par semaine !
Insultes publiques contre les chrétiens, blasphèmes publics contre le christianisme, vandalisme ou destructions de symboles ou d’objets chrétiens : 109 cas, environ un tous les deux jours !
Je remercie M. Antony d’avoir dressé ce bilan, précisant qu’il ne s’agit bien sûr que de données officielles, les chiffres réels étant bien plus considérables.
Quel constat formuler ces statistiques devant les yeux ? Que la christianophobie est une nouvelle idéologie dont on parle à peine tant elle paraît absurde mais que l’on retrouve pourtant à travers une accumulation inquiétante de faits divers illustrateurs dont les acteurs sont souvent eux-mêmes français. Qu’un professeur qui est athée militant ait sanctionné un élève de cinquième parce que celui-ci avait osé se signer lors d’une visite de la cathédrale Saint-Just est un fait divers avoisinant l’anecdote et n’engageant que la responsabilité de ce professeur. Or, à moins d’en rester là, on se rend compte que son étrange caprice n’a pas été dénoncé par le proviseur, pas plus que par l’équipe pédagogique dans son ensemble. Voici un exemple à petite échelle qui sous-tend des initiatives autrement plus emblématiques. C’est ainsi que l’Observatoire de la laïcité – institution inutile, un ministre de l’Intérieur suffisant amplement – propose de remplacer deux fêtes chrétiennes par le Yom Kippour et l’Aïd, soit une fête juive et une fête musulmane. Va encore s’il s’agissait de rajouter deux jours fériés mais pourquoi remplacer des points de repères ancestraux ? Allez donc poser la question à Madame Bouzar ou à Monsieur Bianco. En réalité, cette mesure jésuite visant soi-disant à établir une illusion d’égalité entre les religions présentes en France a vocation à préparer les Français à une suppression progressive de toutes les fêtes chrétiennes, ce qui est par ailleurs le rêve le plus délicieux de messieurs Bergé et Delanoë (quoique ce dernier fasse plutôt l’apologie d’une réduction et non pas d’une suppression immédiate des fêtes en question). Quand on sait que le marché de Noël d’Amiens, le plus grand du nord de la France, a été rebaptisé en marché d’hiverpour ne pas froisser les sentiments religieux de certaines communautés musulmanes non intégrées, on ne s’étonne plus des suggestions de l’Observatoire et de ses sympathisants.
Ce fléau d’auto-déni qui massacre la France par le biais de ses propres dirigeants et avec la contribution à degrés divers des brebis qui leur sont soumises est l’effet direct d’une religion de remplacement très mal nommée : la religion laïcarde. Longuement considérée comme salutaire, on ne s’est pas aperçu comment, au fil des époques, elle a désimmunisé la France en particulier, l’Occident en général. Sacralisée comme l’on sacralise une religion, on a voulu l’appliquer à la politique, donc au temporel, donc, à l’immanent et au faillible. Or, selon Jean-Louis Harouel, professeur d’histoire du droit à Paris II, « le vrai génie du christianisme a (…) consisté, [dans la mesure où il a dissocié le temporel et l’idéologie] à favoriser la naissance de l’individu, lequel a inventé, chemin faisant, la liberté ». Cette thèse appartient initialement à Jean Fourastié, éminent économiste qui a montré comment le christianisme avait conditionné le développement économique européen. Croyant se libérer par les préceptes négateurs de la Révolution, la France a projeté son propre programme de destruction dont la crise identitaire et le remplacement ethnique est le summum.
Quand un peuple ne défend plus son héritage, permettez-moi de reformuler, il devient mûr pour l’esclavage. Est-ce cela que nous voulons pour nos enfants, un asservissement à d’autres cultures plus viables, plus bellicistes ? Je ne le pense pas. 

dimanche 8 septembre 2013

Syrie. Comment l’intox républicaine se joue des chiffres

Les jours passent et l’angoisse syrienne est loin de diminuer. On croyait finir par s’habituer aux lâches versatilités des autorités actuelles françaises, mannequins d’une politique qui se joue bien au-delà de l’Atlantique. C’est peine perdue.

Ce tumulte vaniteux des peuples n’est pas sans rappeler les prophéties d’Isaïe dont l’un des oracles clamait ceci : Voici, Damas ne sera plus une ville. Elle ne sera qu’un monceau de ruines. Les villes d’Aroër sont abandonnées (…). C’en est fait de la forteresse d’Ephraïm, Et du royaume de Damas, et de la Syrie : Il en sera comme de la gloire des enfants d’Israël, Dit l’Eternel des armées. En ce jour, la gloire de Jacob sera affaiblie, Et la graisse de sa chair s’évanouira (…). Oh ! Quelle rumeur de peuples nombreux ! Ils mugissent comme mugit la mer. Quel tumulte des nations ! Elles grondent comme grondent les eaux puissantes (…). Quand vient le soir, voici, c’est une ruine soudaine ; Avant le matin, ils ne sont plus ! Voilà le partage de ceux qui nous dépouillent, Le sort de ceux qui nous pillent » (Isaïe, 17).
Je ponctue ici cette citation du prophète pour me demander, une fois de plus, jusqu’où le déraisonnement de la coalition anti-syrienne pourrait bien aller, jusqu’où, en principe, le mensonge peut aller quand la majeure partie de ceux qu’on essaye de tromper de la façon la plus effrontée se savent leurrés.
Les chiffres sont peut-être d’une éloquence on ne peut plus plate du moment qu’on se dispense de les interpréter sous un angle profitable aux médias mainstream. C’est ainsi que M. Jérôme Fourquet, Directeur du Département Opinion et Stratégie d’Entreprise de l’IFOP, explique le clivage social des opinions quant à une éventuelle frappe contre Damas par le niveau d’études des sondés, estimant que les mal instruits (car le contexte est bien celui-ci) sont excessivement focalisés sur leurs difficultés sociales et le bien-être matériel de toute une société qui risquerait de se retrouver sous le coup. Aucun sens des valeurs démocratiques chez eux. Côté clivage politique, le Front National se prononce contre l’ingérence française en Syrie parce que l’extrême-droite a toujours été hostile à l’envoi des troupes françaises en terre étrangère. Merveilleux ! M. Fourquet, aurait-il oublié que Mme. Le Pen avait applaudi notre engagement au Mali au nom de la France, au nom du peuple malien, en proie aux hordes islamistes et aux tribus touaregs enfin menues de renforts ? Les termes choisis dans l’exposé sont eux aussi tendancieux puisque, peut-on lire, les Français seront forcément plus nombreux à rejoindre la cause de l’Etat par « réflexe patriotique » (Flag effect ou effet du drapeau) comme ce fut le cas à l’époque de l’intervention libyenne où les avis favorables sont passés de 30 % avant le début de la campagne à 66 % une fois celle-ci entamée. Or, si ce chiffre a en effet doublé, M. Fourquet préfère expliciter la nature du phénomène par un simple réflexe (condescendance avérée à l’égard des masses amoindrissant leur degré de responsabilité consciente) plutôt que par la désinformation croissante des médias après les premières frappes en Lybie, désinformation crédible pour qui ignorait les véritables motifs du gouvernement Sarkozy.
Bref, l’intox fait parler les chiffres nous gavant de jugements aussi dénigrants vis-à-vis des Français eux-mêmes que partiaux. M. Greffe Louis-Benoît, journaliste indépendant, nous donne son appréciation de la longue campagne de désinformation menée par le gouvernement français et ses médias féaux.
La VdlR. « M. Greffe, je viens de prendre connaissance du compte-rendu de M. Jérôme Fourquet (IFOP). Selon lui, l’analyse des ventilations du sondage fait ressortir des clivages de deux ordres. Tout d’abord, il relève un clivage sociologique reflétant la part de conscience des cadres supérieurs (51 % se prononcent pour une ingérence en Syrie) et le désintéressement presque coupable des classes ouvrières (seules 37 % d’entre elles approuvent la politique syrienne de M. Hollande), car cette catégorie très terre-à-terre perçoit la libération du peuple syrien « comme une dépense de moyens et d’énergie injustifiée alors que le chômage et la dégradation du pouvoir d’achat sévissent ». Est-ce que vous rejoignez M. Fourquet dans ses explications ? Ce clivage qu’il évoque est vraiment ce qu’il est à l’image des chiffres présentés ?
Louis-Benoît Greffe. Les explications de M. Fourquet sont liées à un contexte politique assez particulier. Cela fait quand même deux ans en France que les médias français font la promotion, voire la propagande honteuse et injustifiée d’une intervention en Syrie. Un autre aspect est à relever. En général, la population française est partagée entre deux réactions assez typiques ces derniers temps : d’une part, la Syrie, mais quel Bachar ?!, de l’autre, en parallèle, pourquoi aller mourir pour Damas ? On a déjà eu le Mali, on a déjà eu l’Afghanistan, ça suffit. Etant donné qu’il existe un bon proverbe français qui s’y applique, ventre affamé n’a pas d’oreilles, en l’occurrence, c’est bel et bien le cas. Le pays est en crise, on ferme une usine par jour, le pouvoir, quel qu’il soit, droite ou gauche, ne sait pas comment pallier la crise. On est à la remorque de l’UE et de l’Amérique et là, au surplus, on nous colle la Syrie. On en est réduit à une situation où une partie de notre armée qui est au Mali n’a plus de quoi assurer son ordinaire et doit échanger ses rations sèches contre des munitions, des vêtements et de la nourriture auprès des populations civiles maliennes qu’ont est censées aider. C’est merveilleux, on est à la remorque des Maliens.
La VdlR. Mais à quoi songe M. Hollande à ce moment-là ? Serait-il schizophrène ?
M. Louis-Benoît Greffe. M. Hollande n’a pas le sens des priorités mais cette tendance est celle des gouvernements qui savent très bien qu’ils ne peuvent pas répondre à la crise sans entreprendre de grandes démarches pour lesquelles ils ne sont tout simplement pas taillés, notamment, remettre à plat tout le système des taxes et des aides à l’entreprise ! On donne 200 milliards d’euros aux entreprises chaque année, si on additionne toutes les aides données par l’ensemble des collectivités locales (merci au « mille-feuilles » territorial), ce qui fait des entreprises françaises un secteur presque entièrement subventionné. C’est le cas pour certaines entreprises. D’autres au contraire se retrouvent complètement abandonnées. On a un pays où il y a une foultitude de choses à mettre à plat et un gouvernement qui n’est pas fait pour. Du coup, on opte pour des aspects sociaux qui ne sont en aucun cas prioritaires comme le mariage gay, par exemple. Alors pendant qu’on en parle ou qu’on parle d’intervenir en Syrie, l’ensemble des sujets cruciaux mis de côté demeurent occultés. Les Français en ont parfaitement conscience tout comme ils comprennent très bien qu’il y a une forte manipulation médiatique autour de la Syrie. Ils le comprennent d’autant mieux qu’une grande partie des Français, notamment jeunes et même d’ailleurs la génération des 30-40 ans, ne lisent plus la presse quotidienne, regardent peu la télé et quand bien même ils la regardent, c’est pour voir ce qui se passe et non pas pour le comprendre. Pour avoir un peu plus de compréhension, ils vont consulter des sites spécialisés, ils vont lire les médias sur internet, surtout que quelqu’un uns d’entre eux sont indépendants et connus comme tels, quoique même ces derniers – comme Canard enchaîné ou Mediapart – se montrent plutôt pro-bellicistes par rapport à la Syrie. Il n’y a que Rivarol qui est parfaitement indépendant, proche des idées de l’extrême droite et contre l’ingérence. Il y a donc plus de diversité sur internet, or, c’est elle qui est recherchée.
La VdlR. Côté clivage politique, on relève que jamais les partis n’ont été à ce point divisés sur la question de l’intervention. Par exemple, comment expliquer cet éclatement au sein même de ce parti à l’époque va-t-en guerre qu’est l’UMP ? N’y aurait-il pas un certain essoufflement de leur bellicisme suite aux effets secondaires de la Libye tel que la campagne malienne ?
Louis-Benoît Greffe. Il y a en effet un sentiment d’essoufflement au cœur de l’UMP et puis, il faut garder en vue que ce parti est coincé dans l’image que s’est forgé le sarkozysme car le bilan du mandat UMP sous Sarkozy a été assez catastrophique pour la France, bilan qui explique assez bien la situation économique actuelle et les difficultés dans lesquelles se débat François Hollande, car on ne peut pas mettre tous les malheurs du pays sur le dos des socialistes. Par ailleurs, Sarkozy a lui aussi demandé à ce qu’il y ait une intervention en Syrie en se basant sur son exemple libyen. Le problème, c’est que même avec l’immense autocensure qui régit la presse, les informations qui ont été diffusées par les médias russes il y a presque deux ans et même, un peu plus tardivement par quelques médias indépendants en France il y a un an et demie-un an, commencent à gagner la presse nationale. J’ai récemment trouvé dans des médias comme Le Monde que la Libye après l’intervention sarkozyste devait être ramassée à la petite cuillère. Il n’y a plus une Libye, il y a des régions qui se font la guerre, un état central qui n’arrive pas à rattraper tout le reste, qui n’arrive pas à intégrer les miliciens, l’arsenal libyen est parti à travers toute l’Afrique, enfin, bref, on a abouti au désordre le plus complet. L’UMP en a conscience. Cet aspect retient bien les catégories « instruites » qui ignorent ce qui va se passer à la longue si on rentre en Syrie. Si la Syrie est à ramasser à la petite cuillère, c’est le chaos dans tout le Moyen-Orient. Il y a donc une conscience assez pointue du fait que la Syrie, c’est un peu la Yougoslavie du XXIème siècle.
La VdlR. Y-a-t-il en ce moment une recrudescence des mouvements de protestation en France ? Quid de la Bretagne où vous vous trouvez ? Quelle est la réaction du gouvernement à ces mouvements ?
Louis-Benoît Greffe. Le gouvernement ne tient compte de rien. Cela fait environ neuf mois qu’il y a des protestations contre le mariage gay avec un million de manifestants hostiles à la loi Taubira. Les ministres, dès qu’ils se rendent quelque part, se font bien souvent accueillir par des huées. Malgré cela, le gouvernement persiste à ne pas vouloir prêter l’oreille à son peuple. Je ne vois donc pas pourquoi le gouvernement écouterait ses citoyens au niveau de la Syrie quand il s’est gardé de le faire avec l’adoption de la loi sur le mariage pour tous, de la PMA et du reste. Cela dit, il n’y a pas vraiment de grands mouvements de protestation rassemblant des milliers de personnes. Il y a eu en revanche des manifestations à l’appel de l’organisation de gauche, notamment de la CGT, d’une partie des Verts qui refuse cette intervention ne voulant pas être à la remorque du gouvernement. Ces manifs restent cependant très locales. Il y a en outre une autre manif, bien plus importante, qui est prévue le 7 septembre à l’appel du Printemps Français et de l’Action Française, place Dauphine à Paris. Par contre, il faut remarquer une chose que j’ai pue récemment constater, Jean-Marc Ayrault étant venu à Orléans. Il y avait la CGT. Entre autres. Celle-ci donnait à qui lui semblait bon sa pétition à signer contre la guerre en Syrie. Il y a aussi trois sites d’information catholiques, la Riposte catholique, l’Observatoire de la christianophobieet le Salon Beige qui ont lancé leurs propres pétitions. Il y a en fait pas mal de pétitions qui circulent en général et on peut dire que dans la réalité – je ne veux pas dire dans le monde politique de Paris qui vit de façon assez déconnectée de la France – même parmi les gens et les mouvements qui sont politisés, il n’y a pas vraiment de clivage. De l’extrême-gauche à l’extrême-droite, on relève une certaine méfiance, si ce n’est un refus complet, de l’intervention en Syrie, soit parce qu’ils sont formellement contre toute intervention quelle qu’elle soit (ce qui est la cas d’une certaine partie de la droite ou des classes populaires), soit parce qu’ils ne veulent pas intervenir en Syrie dans ces conditions-là, estimant comme les républicains américains que les conditions récoltées ne sont pas suffisantes ou que le processus va trop vite »
Le tumulte de nos gouvernements fait pendant à leur état de délire incurable. Les USA échappent au diagnostic dans la mesure où, se croyant loin des événements et par conséquent invincibles, ils ont leur propre vision du remodelage moyen-oriental. Le seul problème, c’est qu’Israël payera l’addition au même titre, à terme, que les puissances occidentales. La France, vassalisée, espère récolter les quelques miettes que lui laissera peut-être Washington. Et même à supposer qu’elle festoiera à ses côtés … le prix, en vaut-il la peine ?

mercredi 4 septembre 2013

La théorie du genre ou le nouvel ordre sexuel républicain


Que ce soit en Russie, en France ou ailleurs, la rentrée des classes a une fois de plus rapproché les générations, laissant vaquer les aînées à leur douce nostalgie des années insouciantes et faisant regretter aux plus jeunes ces grandes vacances qui passent toujours trop vite. Une collègue russe était toute émue d’avoir vu sa petite fille qui vient d’entrer en CP accueillie par des vétérans de la Grande Guerre, le grand rassemblement ayant été suivie par ce qu’on appelle en Russie un cours de patriotisme. En somme, une rentrée classique où l’on voit des gamins en uniformes, bien élégants, bien souriants et des fleurs à foison.

Les rentrées françaises ont elles aussi leur charme, leurs couleurs et … dès cette année, leur nouveau goût de mixité. Non, bien sûr, je n’entends pas par là la mixité des écoles que j’ai toujours applaudie. Par mixité, nous entendons aujourd’hui, fondamentalement, la confusion anthropologique des catégories du genre qui fait que toute identité sexuelle est a priori discutable.
Telle petite fille ramène en classe sa poupée et se montre toute fière de porter un magnifique serre-tête surplombée d’une rose. Cette pauvre enfant ignore en fait qu’elle est la victime innée d’un modèle patriarcal répressif qui lui a inculqué ce goût essentiellement culturel, donc, en partie contre-nature, des poupées ou des serre-tête. Certes, la culture est une deuxième nature, on le sait depuis voilà trois cents ans, mais il s’agit bien de traiter les préférences de la petite sous un angle préférentiellement et surtout partialement culturel, donc, relativement artificiel.
Quel genre de théorie ? 
Imaginons à présent un petit garçon qui persiste à vouloir jouer à la dinette en essayant, en cachette, les robes ou les escarpins de maman. Non, il ne fait pas le pitre, une simple observation pédagogique s’avère insuffisante, puisque, en réalité, il désire ressembler à maman en tout point, il s’agit pour lui d’un besoin vital. L’identification père-fils (le père, précisons-le, étant présent) a échoué. Que feriez-vous, chers auditeurs ? Au risque de paraître intolérante, j’aurais conseillé aux parents du petit un bon pédopsychologue susceptible de leur donner quelques édifiants conseils en matière d’éducation. Or, dès aujourd’hui, ma volonté de consulter une personne compétente avoisinerait presque le crime. Mais comment donc ! Je viole le droit du garçon à s’identifier, donc, à se former en tant que fille. Mais comment donc ! Je fais montre d’homophobie, préventive en ce cas, puisqu’il n’est pas dit que ce gamin, une fois pubère, n’optera pas pour des relations de type homo au sein desquels il adoptera une attitude passive.
Je dois par conséquent, si on pousse le raisonnement à plus loin, abdiquer en tant que parent dans mon rôle d’éducateur abandonnant l’enfant qui m’est confié(e) à ses représentations déformées sans oser les dénoncer comme telles.
Je dois par conséquent, restant dans la logique dudit raisonnement, en déduire que la maternité ou la paternité ne sont rien moins que l’obscur résultat d’un conditionnement social détestable, m’insurgeant automatiquement contre leurs aspects injustes. Pourquoi enfanter si je peux m’en dispenser au même titre que les hommes qui sont physiologiquement privés de cette faculté ? Pourquoi irais-je faire l’amour à une femme si la possibilité de louer un ventre féminin m’est grande ouverte ? C’est précisément de cette façon que la problématique de l’adoption de la PMA (Procréation médicalement assistée) et de la GPA (Gestation médicalement assistée) secoue de plus en plus intensément les milieux médicaux.
Il existe deux fondements à ces pratiques dont on projette d’empoisonner nos enfants. Primo, le fondement consumériste, ce dernier ayant deux volets. Le volet capitaliste débridé, car consommer les ventres d’autrui revient à consommer n’importe quel autre produit du moment qu’il est reconnu commercialisable. Le volet moral, si je puis me permettre, car il y une tentative certaine, via les PMA et GMA, de mécaniser le sacré. Je ne dis pas rationaliser, car l’insémination artificielle assistée qui intervient en cas d’impasses physiologiques ou sociales ne fait que rationaliser le processus de fécondation. En revanche, la mécanisation de la conception et de la maternité au nom des minorités concernées dévalorise dans l’absolu le statut de parent. Or, le noyau d’une société, n’est-ce pas la famille ? Navrée, mais ce n’est pas une paire de seins louée par un couple homo masculin pour allaiter le bébé qu’ils ont commandé comme on commande une couette aux 3 Suisses.
Secundo, l’aspect consumériste évoqué se double d’une approche à la fois curieusement laxiste et totalitaire. Oui, le laxisme peut être totalitaire du moment qu’il est imposé comme seule norme envisageable. Si je veux, je peux. Je ne dois rien à la société, mais elle me doit tout. Du moment que je me permets de rappeler que toute relation sociale est régie par un code déontologique défini, on me reproche de porter atteinte à la République, à l’esprit démocratique qui en est l’essence, aux droits les plus élémentaires qui la cimentent. La théorie du genre sous-tend une politique anti-déontologique, et, en conséquence, déconstructive. Le nihilisme verbal est dépassé. Nous en sommes à un nihilisme en acte, à un nihilisme effervescent, à un nihilisme totalitaire.
Certains psychiatres, M. Serge Hefez en est l’exemple le plus typique, ont tendance à édulcorer ce qu’ils appellent Le nouvel ordre sexuel, comme s’il pouvait y avoir un nouvel ou un ancien ordre dans ce que la nature a conçu comme étant immuable. Il n’est pas question de répartition sociale des rôles, ce qui serait une chose, mais bel et bien de la sexualité pure et dure. Inutile de citer Simone de Beauvoir sans tenir compte du contexte historique et sociale qui l’avait poussé à écrire ceci : on ne naît pas femme, on le devient. Doit-on rappeler que, jusqu’en 1970 grosso modo, les Françaises étaient considérées comme étant d’éternelles mineures ? Pourquoi s’étonner qu’une intellectuelle formée à une époque où les femmes n’avaient même pas le droit de voter ait pu énoncer cette thèse aujourd’hui archaïque qui a motivé l’écriture de son essai clé, le Deuxième Sexe? Mais M. Hefez joue sur les termes les arrachant à leur véritable contexte. C’est ainsi, malignement, que l’on procédera dans les écoles mais avec encore plus de franchise. Si papa porte une robe et Jean a deux mamans, alors, pour paraphraser Dostoïevski, tout est permis. Si on veut insérer un étrange cocktail de psycho et de socio dans les programmes de biologie, alors il n’est plus question d’enseigner à l’école des matières bien différenciées, mais d’y prêcher une idéologie. Je vous renvoie au témoignage de Mme. Isabelle Ami, professeur d’SVT, témoignage que vous pouvez consulter sur youtube.
La révision du genre s’inscrit dans une longue tradition de remodelage éthique ambiant. Rappelez-vous les débats encore tout récents sur l’euthanasie, car le principe, au fond, est le même. On lègue le droit à l’individu de disposer de son corps comme bon lui semble, cela en vertu d’une liberté de conscience sans frontières. Or, cette liberté est une liberté acquise face à la mort (euthanasie), face au dépérissement progressif du genre humain (identité sexuelle discutable). Laissera-t-on l’Education nationale enseigner à nos enfants cet espèce de nécro-humanisme ?

mardi 23 juillet 2013

Hollandie. La schizocratie, c’est maintenant

Le changement, c’est maintenant. Enfin, le changement à la sauce socialo. L’extrême-gauche se préparerait à une insurrection armée dans ce style à peine périmé qu’à connu 1791. Mieux encore. Elle s’y prépare main dans la main avec la farouche racaille des banlieues tant chérie par Mesdames Belkacem et Dati. Nos aïeux révolutionnaires auraient beaucoup donné pour être si bien encadrés.


Et la gauche dite modérée qui alimente notre Hollandie ? Elle semble mollasse, traînassante, aveugle, en fin de compte. Or, c’est précisément sous couvert de cette image presque rassurante, presque normale qu’elle détruit la République d’une façon aussi ciblée que multilatérale. François Hollande est souvent assimilé à la dernière goutte dans cette coupe imaginaire qui déborde depuis quelques années. Le ras-le-bol, ça date, mais à quand est-ce que ce sentiment remonterait au juste ? La question est légitime même si elle introduit le plus souvent des réponses aussi émotionnelles qu’intuitives. En réalité, le processus de destruction est parfaitement localisable dans le temps. François Asselineau en parle d’une manière assez détaillée dans une conférence récente intituléeMais où est passée la République ? Deux dates fondamentales sont à retenir. Le 27 juillet 1993, lorsque le traité de Maastricht fut voté, la notion de « complot contre la sûreté de l’Etat » disparut sans laisser aucune trace dans la Constitution. Quatorze ans plus tard, en 2007, quelques mois avant l’entrée en fonction de Nicolas Sarkozy, c’est l’article 68 de cette même Constitution qui est réécrit. Voici ce qui était énoncé dans l’ancien article antérieurement à son réarrangement cosmétique : « Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison ». Ladite formulation date de la France gaullienne. Voici maintenant ce que stipule le nouvel article : « Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». La notion de haute trahison n’existe plus, point barre.
En français courant, je dirais presque vulgaire mais au moins franc, cette chinoiserie stylistique sous-entend que le Président ne peut trahir le pays qu’il représente. Il est par conséquent infaillible sur le plan hautement moral. Tout au plus peut-il négliger pour « x » raison ses obligations présidentielles mais cette négligence, si grave fut-elle, ne peut découler d’un acte de traîtrise, donc, d’un acte pernicieusement prémédité.
On comprend mieux, dès lors, pourquoi le terreau constitutionnel est particulièrement favorable aux agissements novateurs de l’équipe socialiste. Par ces agissements, longs et lourds comme des convois ferroviaires, j’entends les aspects suivants :
Suppression des effectifs militaires, coup porté à l’armement. Moi qui aime les chiffres, voici des exemples précis. 24.000 postes seront supprimés dans l’armée de Terre entre 2014 et 2019, le nombre de chars Leclerc passera de 250 à 200, le nombre d’hélicos de manœuvre de 130 à 115, le nombre de frégates de premier rang de 18 à 15, le nombre d’avions de chasse diminuera de 25%. Ca ne tourne pas rond non plus niveau rémunérations, même si ce problème était déjà de mise aux alentours de 2009-2010, c’est-à-dire sous Sarkozy. Suite à l’installation du logiciel Louvois, les choses ne se sont pas arrangées puisque les erreurs de paiement des soldes des militaires semblent aller crescendo. Le démantèlement progressif de l’armée française auquel nous assistons sans pouvoir y remédier me rappelle celui de l’armée russe dans les années 90, lorsque le pays était sur le point de perdre toute souveraineté. Est-ce cela que nous souhaitons à la France qui se dit souveraine tout en détruisant son armée ? La logique est à chercher entre les murs de la Sainte-Anne.
Economies réalisées sur le niveau de vie des campagnards au profit des cités. Les premières visées sont les campagnes françaises et non pas les banlieues comme aiment le répéter les grands théoriciens de l’intégration et du multiculturalisme enclins à voir le mal dans l’oppression (imaginaire) des cités. Naturellement, comme la France rurale ne brûle pas les voitures, ne s’attaque pas aux forces de l’ordre, ne s’engage pas à trafiquer la drogue, son cas ne suscite aucun intérêt particulier. Il s’avère en définitive que moins on aime la République, plus celle-ci nous aime. Conclusion : le pouvoir est masochiste, or, le masochisme est un état chronique maladif apparenté aux déviances schizotypiques.
Déni du catholicisme au nom d’une spiritualité profondément étrangère. Il y a peu, on conjurait encore le mauvais sort catholique en lui opposant les sermons irréfragables de la laïcité. Cette démarche, quoique très discutable, paraissait avoir un certain sens. Or, voici que M. Valls, pourtant juif de confession, nous confie que le Ramadan fait désormais « partie de notre calendrier commun », que « c’est un moment profondément républicain ». Je ne sais à quelles profondeurs abyssales le Ministre de l’Intérieur faisait en l’occurrence allusion, mais il n’en demeure pas moins que le tour de France des mosquées qu’il effectue en compagnie de Valérie Pécresse (UMP) ne donnera jamais lieu – l’égalité des confessions étant une notion orwellienne – à un tour de France des églises. Pourtant, il semblerait normal que M. Hollande et ses acolytes fassent au moins le tour de quelques églises durant la période de l’Avent et de Pâques. Il semblerait de même normal que M. Valls associe toute atteinte au christianisme à une atteinte directe portée à la République. Hélas, par un étrange concours de circonstances, il vaut mieux tabasser un chrétien que blesser un musulman dans ses sentiments religieux. Le jour où des mesures analogues mais en mode inversé seront prises dans un pays du Maghreb, peut-être réviserai-je mon idée de la norme. En attendant, selon la juste expression de M. Pierre Cassen, la France serait en train de devenir « la fille aînée » de l’islam. Rien de plus vrai, sauf que je me permettrais bien une petite remarque : pas aînée, cadette. On sait avec quelle passion souvent dégradante les petits derniers sont traités.
Soutien des pires racailles au détriment de la sécurité nationale. Des cadavres sont détroussés à Brétigny-sur-Orge le 12 juillet. Les vautours triomphent. La presse préfère nier les faits évoquant un portable dérobé au passage. A son arrivée sur les lieux, la CRS a dû affronter une meute de charognards équipée de projectiles. Là encore, la presse se réfugie dans ce mutisme veule qui sied si bien à la République de Hollande. Le cirque poursuit ses divers spectacles à Trappes, dans les Yvelines, où le contrôle d’identité d’une femme intégralement voilée a viré à des émeutes de taille très difficilement contrôlables. Dans cette affaire presque banale, seul un suspect a été retenu. Les autres, bien qu’ayant roué de coups trois policiers, ont été immédiatement relâché, car il ne s’agit pas d’assombrir les jours de ramadan, mieux vaut ignorer la loi de 2011 sur le niqab.
Dégradation du système scolaire. Le culte de la médiocrité favorise toute forme d’obscurantisme. Comme disait Albert Camus, « tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude ». M. Vincent Peillon devrait relire ses classiques avant d’abaisser à 4 sur 20 la barre d’admissibilité aux concours de professeurs des écoles. Pourquoi pas un 2 sur 20 ou un zéro pointé pour favoriser l’égalité des chances et mettre en valeur la discrimination dite positive ? Le dilemme est simple : M. le Président avait promis d’embaucher 60 000 personnels supplémentaires durant son quinquennat. Or, seules quelques centaines de candidats seraient recrutables si la barre était fixée à la moyenne traditionnelle, soit à 10 sur 20.

L’effacement de l’identité française, de son excellence acquise au cours des siècles est le résultat d’une politique traîtresse dirigée contre le République. Que l’on réécrive ou non la Constitution, la réalité reste ce qu’elle est sous les jours « manifestement » schizocratiques de ses multiples expressions. Aux Français de se mobiliser lors des prochaines élections. Il n’y aura plus de session de rattrapage et c’est sur le champ qu’il faudra faire ses preuves.