lundi 17 février 2014
Le Florentin de San Francisco
Le Florentin de San Francisco
François Hollande n’a plus droit au flou. Président le plus impopulaire de la Ve République, il sait qu’il joue gros avec le « pacte de responsabilité ». Que demi-mesures, double langage et zigzag permanents lui sont plus que jamais interdits. Car c’est à l’aune de cette réforme qu’il sera jugé. Jugé sur la crédibilité de son virage social-démocrate. Jugé sur la cohérence de sa politique de l’offre. Jugé sur son autorité vis-à-vis de la majorité. Jugé sur son aptitude à ramener la confiance.
Bien sûr, l’Elysée a tort de laisser accroire que cette seule baisse des charges constitue la solution au chômage de masse : et le droit social kafkaïen, et la folle valse des normes, et l’étouffoir fiscal, et les rigidités du marché du travail…? L’exécutif se berce aussi d’illusions en pensant que le bras de fer surréaliste engagé avec le Medef sur les contreparties l’exonérera, en cas d’échec, de ses propres responsabilités.
Solennisé tout autant que le pari de l’inversion de la courbe, ce pacte sera un test, un révélateur, un clarificateur. Le chef de l’Etat ne peut plus être à la fois le Monsieur 75 % qui n’aime pas les riches et l’homme du « hug » qui célèbre la French touch dans la Silicon Valley. A la fois le VRP d’un site France ancré dans la mondialisation et le défenseur d’un nationalisme ringard avec DailyMotion. A la fois l’avocat de l’attractivité made in France devant un aréopage d’investisseurs étrangers et – le même jour ! – le parrain d’une « loi Florange » repoussoir. Entre arbitraire idéologique et réalisme économique, le Florentin de San Francisco devra démontrer qu’il a choisi. En clair, sortir de l’ambiguïté pour sortir de la crise.
dimanche 16 février 2014
Les grands rêveurs ont le sommeil plus léger
Il y a ceux qui se souviennent de leur rêves tous les matins et ceux qui sont sûrs de ne pas avoir rêvé. D'après une étude, la différence serait liée à l'activité de deux zones du cerveau.
Pour bien rêver, il faut savoir se réveiller. C'est la conclusion d'une étude dirigée par Perrine Ruby, chercheuse à l'Inserm. Son équipe du centre de recherche en neurosciences de Lyon avait déjà montré l'an dernier que les «grands» rêveurs comptabilisaient deux fois plus de phases de réveil pendant la nuit que les «petits» rêveurs. Le crâne bardé d'électrodes enregistrant leur activité cérébrale, les premiers se réveillaient durant la nuit en moyenne trente minutes en temps cumulé, contre 15 pour les seconds. «Ce sont des réveils courts, physiologiques, explique Perrine Ruby. Le dormeur n'en est pas forcément conscient.»
Pour cette nouvelle étude publiée dans la revue Neuropsychopharmacology, l'activité cérébrale des dormeurs a été observée en tomographie par émission de positons (TEP): un examen plus lourd que le «simple» électro-encéphalogramme (EEG) de la précédente recherche, mais permettant d'observer le débit sanguin cérébral régional. La machine utilisée ressemble un peu à celle qui permet de passer une IRM, en moins bruyante. Pas de quoi cependant passer une bonne nuit: après 36 heures de privation de sommeil et un repas léger, les dormeurs piquaient un somme de deux petites heures à peine… Avec un cathéter dans le bras , des électrodes sur la tête et une immobilité forcée, pas évident de rester au pays de Morphée. «Ces machines ne sont pas conçues pour être confortables, on n'est pas censés s'y installer plus de 10 minutes, admet la chercheuse. De fait, les études sur le sommeil sont limitées par la technique car les machines qui nous donnent des informations ne sont pas faites pour dormir.»
Quarante-et-un volontaires se sont néanmoins pliés à l'exercice: 21 étaient capables de raconter leurs songes en moyenne 5,2 fois par semaine, tandis que les 20 autres en rapportaient à peine 2 par mois. La seule «manipulation» infligée aux participants était la privation de sommeil, mais aucun médicament ne leur était donné pour faciliter le sommeil, «afin de ne pas ajouter d'interférence», précise Perrine Ruby.
Chez les «grands» rêveurs, deux zones du cerveau ont présenté une activité spontanée plus intense: le cortex préfrontal médian et la jonction temporo-pariétale. Le premier participe, explique Perrine Ruby, à «la lecture des états mentaux, nous permettant d'attribuer des pensées et intentions à autrui. Dans le rêve, cette zone peut servir à animer des personnages.» Quant à la jonction temporo-pariétale, elle est impliquée dans l'attention aux stimuli extérieurs. Sa suractivité nocturne chez les grands rêveurs pourrait expliquer pourquoi ceux-ci se réveillent davantage.
Ces résultats concordent, estime la chercheuse, avec une hypothèse posée en 1976: le cerveau endormi ne mémoriserait rien, que les stimuli viennent de l'extérieur (ce qui se passe autour de nous) ou qu'ils viennent de l'intérieur (ce qui se passe dans nos rêves). «Nos résultats, comme ceux que nous avions obtenus l'an dernier, collent bien à cette hypothèse», se réjouit Perrine Ruby.
Prochain projet de la chercheuse: s'intéresser à «l'inertie» du sommeil, en enregistrant l'activité électrique du cerveau au moment précis du réveil. «Notre hypothèse est que les grands rêveurs se réveillent plus vite que les autres». Elle précise néanmoins que le réveil n'explique pas tout, et nul n'a encore prouvé ni infirmé que ceux qui ne se souviennent pas de leurs rêves ont une activité onirique moins intense que les autres: «Si on réveille de manière contrôlée des gens qui disent ne jamais se souvenir de leurs rêves, on constate qu'ils racontent plus de rêves que d'habitude. Mais quand même moins que les grands rêveurs.» Après tout, notre cerveau n'est pas obligé de toujours nous dire ce qu'il fait de ses nuits…
Mme Taubira doit démissionner
Non seulement la garde des Sceaux fait preuve d’un esprit partisan insupportable dans les fonctions qu’elle occupe mais, en plus, elle incarne l’incompétence en politique.
Qui se souvient encore que, pendant le débat opposant Nicolas Sarkozy à François Hollande, ce dernier, dans sa ridicule anaphore, avait notamment déclaré : « Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante » ? Quelle promesse insupportable à relire alors qu’au cours des vingt mois écoulés, jamais la justice n’a été autant instrumentalisée au service d’une clique socialiste qui n’a cherché qu’à régler de vieux comptes. Car Mme Taubira ne se comporte pas comme la gardienne scrupuleuse de codes s’appliquant selon que l’on soit “puissant ou misérable”, elle est la sombre exécutante d’un cabinet noir destiné à salir le quinquennat écoulé et l’instigatrice d’une nouvelle justice de classe.
À peine était-elle installée Place Vendôme qu’une curieuse affaire des sondages visant différentes enquêtes d’opinion sollicitées par l’Élysée avant 2012 a prospéré à toute vitesse devant les tribunaux. Jusqu’à ce que certains esprits avisés s’aperçoivent que l’association qui avait porté plainte comptait dans son comité de parrainage une certaine Christiane Taubira. Heureusement, la ficelle était trop grosse pour certains juges intègres de la cour d’appel, qui ont déclaré recevable la plainte de Patrick Buisson contre la garde des Sceaux. Accusée d’être “juge et partie”, celle-ci va donc être inévitablement entendue par la justice.
Plutôt que de se faire oublier après cette sinistre bévue, la ministre a fait convoquer le procureur général près la cour d’appel de Paris, un magistrat dont tout le monde salue le professionnalisme, afin de l’inciter gentiment à prendre une retraite dorée à la Cour de cassation, sous prétexte qu’il n’avait pas la bonne sensibilité. Heureusement, l’intéressé, François Falletti, n’a pas cédé et a pris soin d’alerter les médias de manière à se protéger et à montrer quelles sont les méthodes usuelles d’un pouvoir qui promettait de faire fonctionner la justice de manière indépendante. À condition, sans doute, d’avoir sa carte du Parti socialiste ou celle du Syndicat de la magistrature.
Prise “la main dans le pot de confiture”, la locataire de la Place Vendôme a eu bien du mal à se justifier, comme elle avait eu grand peine à occulter la présence d’un cabinet noir à l’Élysée en novembre dernier. Mais celle qui, il y a treize ans, alors députée de Guyane, avait tenté de faire annuler la condamnation d’un de ses fils pour complicité de vol, a une nouvelle fois reçu le soutien de cette gauche de la gauche qui voit en elle la pasionaria « d’un changement de civilisation », souhaité par les enfants attardés de Mai 68 qui ne pensent qu’à déconstruire la société, pierre par pierre.
Mais voilà, non seulement cette garde des Sceaux fait preuve tous les jours d’un esprit partisan insupportable dans les fonctions régaliennes qu’elle occupe ; non seulement elle est devenue un nouvel emblème de cette gauche immorale et cynique ; mais en plus de cela elle est maintenant le symbole même de l’incompétence en politique. Car la semaine dernière, le 5 février, un certain Amadou F., principal suspect dans le meurtre d’un disc-jockey en 2011 en Seine-Saint-Denis, a été remis en liberté… parce que le tribunal de Bobigny, connu pour son laxisme, voire sa complaisance à l’égard des délinquants, n’avait pas procédé à l’entretien des fax, et notamment au changement des cartouches d’encre, empêchant ainsi de donner suite à l’appel de ce présumé criminel.
La veuve de la victime a aussitôt fait part de son indignation, qui est celle de tous les Français stupéfaits par tant de légèreté, voire d’irresponsabilité, et n’a pas exclu de « demander des comptes à la justice ». Qu’un tribunal, important par le nombre des affaires qu’il traite, se comporte de cette manière est insupportable pour tous les Français qui assistent, impuissants, à la montée de la criminalité, des vols ou des braquages. Mais il ne peut pas se produire une faute aussi grave dans notre système judiciaire sans qu’il y ait un et un seul responsable en dernier ressort. Même si c’est sans doute toute une chaîne de négligences qui est en cause. Aucun Français ne comprendrait que la garde des Sceaux se déclare “responsable mais pas coupable”. Aucun citoyen et contribuable ne saurait supporter une telle défausse, surtout de la part d’une ministre qui passe son temps à intervenir ici ou là pour son fils, pour une association amie ou pour faire muter un magistrat trop inflexible. On savait que Christiane Taubira était dangereuse et malveillante. La voilà maintenant clairement incompétente. C’en est trop pour l’un des ministères les plus importants de cette République qui se voulait « irréprochable ». Pour sauver la justice, elle doit démissionner.
Le mépris
Le mépris
Travaillant depuis des années parmi ce qu’il est convenu d’appeler les "élites", les directions des ministères, les cabinets, n’ayant cessé de fréquenter le monde politique et médiatique , je crois profondément, sans démagogie ni populisme, et avec toute ma sincérité, qu’une partie du mal français tient au mépris affiché par "la France d’en haut" dans son ensemble (sans généraliser) envers les Français qui forment un vieux peuple intelligent, avide de paix et d’unité, attaché à sa dignité et à ses valeurs, comme le montre un sondage sofres le Monde selon lequel 71% d’entre eux pensent "qu’on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France". Ils n’ont rien à envier à des élites qui se montrent souvent sectaires, hargneuses, obtuses, vaniteuses et froussardes, surtout froussardes, n’existant que par la conviction de leur supériorité sur un peuple hébété qui aurait besoin d’ être instruit, éclairé de leurs lumières et qui peut être aisément manipulé. Les Français peuvent se tromper dans leurs choix électoraux, il ne sont évidemment pas infaillibles et l’infaillibilité des peuples est un mythe aussi absurde que celui de la supériorité des élites. Mais grosso modo, l’hyper manipulation médiatique du peuple ne fonctionne plus. Un exemple dont je certifie l’authenticité, sur mon honneur. Il y a quelques jours, un haut fonctionnaire socialiste (encarté je crois), avec lequel je déjeune, me dit: "Nous sommes absolument certains de l’emporter de nouveau en 2017, quels que soient nos résultats, grâce à la montée du fn, avec la certitude d’un duel Hollande-Le Pen aux présidentielles". Or, malgré l’effroyable crise sociale, économique, morale, intellectuelle que subit la France, malgré la mobilisation médiatique en faveur du fn – pas un jour sans qu’il ne soit à l’honneur des télés et radios – on ne décèle pas vraiment un engouement populaire et poussée irrésistible en faveur du parti de M. Le Pen: 20% d’intention de votes aux Européennes selon le dernier sondage, soit un niveau moyen depuis des années, certes très élevé, mais stabilisé. Je pense tout simplement que les Français ont compris la manipulation qui est en train de se jouer. Cela n’exonère en rien les autres formations de leur responsabilité dans le climat de défiance envers les politiques: 11% des Français, selon le sondage CEVEPOF de janvier dernier leur font confiance. Mais je crois qu’il suffirait de peu pour commencer à rétablir un climat respirable, que les élites dans leur ensemble (il y a des exceptions bien sûr), cessent de prendre les gens pour des simples d’esprit à éclairer de leurs lumières, et écoutent enfin ce qu’ils ont à leur dire sur l’Europe, l’économie, l’immigration, la sécurité; sans excès, sans extrémisme, avec réalisme et humanité. Mais franchement, et encore une fois sans verser dans la démagogie ni le populisme, je ne sais pas si les cercles dirigeants, les milieux d’influence, que je connais pour les cotoyer jour après jour, peuvent avoir la lucidité le courage et l’intelligence, de comprendre enfin cette évidence: ils devraient être au service du peuple et non l’inverse… Leur vocation est de le représenter, de l’écouter, et non d’essayer de le manipuler. La première personnalité politique qui aura compris cela aura pris 20 ans d’avance sur tous les autres.
samedi 15 février 2014
La Terre a connu 5 extinctions de masse, voilà ce qui nous attend avec la 6e qui vient de débuter
Changement climatique, exploitation excessive des ressources... Autant de phénomènes qui modifient rapidement la Terre. Comme 66 millions d'années auparavant avec les dinosaures, il se pourrait que le XXIe soit marqué par la 6e extinction de masse de notre planète.
Dans son ouvrage The Sixth Extinction, Elizabeth Kolbert estime que nous pourrions être à l'aube de la 6ème extinction de masse. A quoi reconnaît-on une extinction de masse ? Quelles en sont les caractéristiques ?
Romain Julliard: L'extinction de masse, c'est ce que l'on a observé dans les données paléontologiques au cours de cinq périodes du passé. Ces dernières ont été caractérisées par une diminution très importante du nombre d'espèces présentes avant ces extinctions. Ces taux d'extinction sont généralement compris entre le tiers et près de 90 %. Selon la précision des données, certaines de ces extinctions se sont étalées dans le temps, parfois sur plusieurs millions d'années. Néanmoins, ces extinctions sont généralement des évènements très brutaux à l'échelle de notre Histoire.
Un rapport de 2007 de l'Intergovernmental Panel on Climate Changeestime entre 20 et 30 % la proportion d'espèces végétales et animales qui pourraient disparaître au cours de ce siècle. La principale raison invoquée est celle du réchauffement climatique. Quels autres facteurs contribuent à ce risque d'extinction ?
Parmi les différents facteurs pouvant contribuer à ce risque d'extinction, il y a, en premier, la transformation des habitats naturels à cause des activités humaines, à chaque fois par exemple que l'on construit une ville, ou bien que l'on transforme une forêt en zone d'agriculture ou qu'on la décime pour son bois, etc.
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La deuxième cause, généralement vraie pour les océans, concerne les prélèvements effectués dans ces zones qui contribuent à déstabiliser le fonctionnement de ces écosystèmes. Environ 30 % de la production océanique est prélevée par les hommes à des fins de consommation.
Un autre phénomène contribue à renforcer ce risque de nouvelle extinction : le déplacement de certaines espèces de leur habitat naturel, qui concerne en particulier les espèces des îles ou des grands lacs africains, ravagées par leur déplacement dans des zones dans lesquelles elles ne peuvent pas survivre comme la Nouvelle-Zélande par exemple.
A ces trois facteurs précédemment énumérés, il convient bien évidemment d'ajouter le réchauffement climatique qui complique davantage la situation. La réponse naturelle de certaines espèces au réchauffement climatique, notamment des oiseaux, est de partir à la recherche de zones au climat similaire à ce qu'elles ont pu connaître avec le réchauffement. Pour d'autres en revanche, la seule issue possible aux modifications de leur environnement à cause du réchauffement climatique est leur disparition. Cela est notamment le cas de certaines espèces de papillon qui ont l'habitude d'évoluer au sommet de certaines montagnes de la péninsule ibérique, mais dont les pelouses sont en train de disparaître.
Quelles sont les principales espèces concernées par ce nouveau risque d'extinction de masse ?
Les extinctions les mieux documentées sont celles liées aux introductions d'espèces invasives dans les villes. Les connaissances sont nombreuses et solides en ce qui concerne les oiseaux tout particulièrement, moins en revanche pour ce qui concerne les invertébrés. Les espèces d'oiseaux ayant totalement disparu se sont généralement retrouvées confrontées à des espèces de prédateurs introduites dans leur milieu naturel.
D'autres espèces sont sur le point de connaître des extinctions spectaculaires, généralement celles qui sont surchassées ou qui n'ont pas su s'adapter rapidement à des changements d'écosystème dus aux précédents facteurs présentés. On peut citer notamment, parmi ces espèces, l'ours polaire dont l'habitat naturel est complètement dépendant du réchauffement climatique; certains grands prédateurs comme les tigres en Inde ou les éléphants en Afrique, victimes d'une persécution à outrance, etc.
La précédente extinction de masse était celle des dinosaures, il y a 66 millions d'années. On en garde l'image d'un déroulé plutôt dramatique mais celle qui s'annoncerait prendrait-elle nécessairement la même forme ?
Par rapport aux dinosaures, il y a ici un drame supplémentaire qui est que nous allons en subir directement les conséquences, tant notre qualité de vie dépend de la richesse de notre biodiversité. En ce qui concerne les océans, nous avons atteint, depuis une dizaine d'années, le maximum de ce que nous pouvions tirer des ressources océaniques; la phase descendante est d'ailleurs déjà amorcée.
Une autre source de richesse, qui dépend de cette biodiversité, est la productivité des sols. Certaines zones sont complètement surexploitées, caractérisées désormais par une culture hors-sol.
Pour ce qui concerne les extinctions du passé, il est vrai que, quelques années après, la biodiversité s'est reconstituée.
Pendant très longtemps, la communauté scientifique, Charles Darwin et Charles Lyell en tête, ont clamé que notre planète changeait à un rythme très lent. Aujourd'hui, il est reconnu que des périodes de rapides changements, auxquels les organismes peinent à résister, peuvent survenir. Comment expliquer ce changement de paradigme ?
La science progresse, et les découvertes faites au cours du temps ont permis ce changement de paradigme. Selon le modèle de Darwin, le taux de transformation était relativement constant dans le temps. Le modèle actuel comprend davantage de phases d'accélération de ce taux de transformation liées en particulier à ces phénomènes un peu extrêmes pouvant causer une extinction de masse, tels que le réchauffement climatique, le changement d'habitat naturel, etc.
Au regard des facteurs à l'origine des précédentes extinctions au cours de notre histoire, est-il possible de prévenir celle qui pourrait prochainement survenir ? Plus généralement, comment l'éviter ?
Il conviendrait de modifier en profondeur notre manière d'exploiter le vivant. Le modèle actuel est construit selon l'idée qu'il y a des ressources finies qui doivent rapidement être exploitées pour pouvoir passer à l'exploitation d'une autre ressource. Pour le vivant, il conviendrait d'aborder cette problématique sous l'aspect du renouvelable; l'exploitation doit être réalisée de telle sorte qu'elle n'entrave pas le renouvellement des ressources, des espèces, etc. Cela concerne notamment la pêche qui, pratiquée comme elle l'est en état actuel, épuise les ressources marines. Notre économie globalisée ne tient pas compte de cette contrainte de la biodiversité dont nous dépendons.
Economies drastiques en vue : mais avant de couper à la hache, les dépenses publiques françaises pèchent-elles vraiment le plus là où on le croit ?
La réduction des dépenses publiques est le nouveau cheval de bataille de François Hollande : des fonctionnaires aux collectivités en passant par la santé, tous les postes doivent être passés au peigne fin.
Source OCDE
Il n’en reste pas moins que ce poste est trop important en France. Selon Eurostat, les dépenses publiques de santé sont 3 points au-dessus de la moyenne européenne, à 8% du PIB. Ce chiffre est à mettre en relation avec un niveau de dépense totale de 11% du PIB (public et privé réunis) contre 17% aux Etats Unis (public et privé réunis). Afin de tempérer ce constat, il convient de constater que ces dépenses ne sont pas vaines car la France dispose d’une espérance de vie élevée à 82,2 ans, et ce, comparativement aux autres pays de l’OCDE. L’Allemagne par exemple dépense tout autant dans ce domaine tout en ayant une espérance de vie plus faible à 80,8 ans. Ici encore, des économies sont possibles (remboursements ; encore les taxis ??), mais voici un domaine où la France est plutôt considérée comme un modèle.
Reste un poste. Les retraites. Ici, il sera bien difficile d’argumenter car les chiffres sont sévères. Le titre de champion du monde est incontestable. En premier lieu, le nombre d’années passées à la retraite atteint 28 ans pour les femmes, 24 ans pour les hommes :
Source OCDE
50 milliards d’euros. Voici le casse-tête de la baisse des dépenses publiques auquel le gouvernement est aujourd’hui confronté, c’est-à-dire 2.5% du PIB du pays. Dans un pays qui s’approche des 57% de dépenses publiques dans le PIB, la tâche semble presque facile. D’autant plus que la dépense publique c’est un peu comme le football, chacun a son avis sur l’équipe à mettre en place, ou la dépense à raboter. Le problème est que la réalité de cette dépense publique française révèle quelques surprises, et que le rabot n’est pas si évident à manier.
Tout d’abord, il ne sert à rien d’argumenter, la France dépense beaucoup. Les différents classements en la matière font du pays une sorte de champion absolu en la matière.Seuls quelques Etats dont la taille ne permet pas de comparaison raisonnable (le Danemark et ses 5 millions d’habitants ?) peuvent s’enorgueillir de dépasser la France d’une courte tête sur ce terrain-là. Mais la réalité est là, la France dépense près de 7 points de PIB de plus que ses partenaires de l’Union Européenne. Le fait de dépenser beaucoup est un problème car un niveau de dépenses élevé suppose un niveau de recettes élevé. Et la France revient ainsi en haut des classements internationaux sur une autre catégorie, le niveau d’imposition par rapport au PIB qui atteint 44%. En ajoutant les autres revenus de l’Etat, celui se retrouve dans l’obligation d’emprunter à hauteur de plus de 4% de son PIB pour financer son « train de vie ».
>>>> A lire également : Retraites, le modèle qui venait de loin : ce que la France pourrait gagner à s’inspirer du système australien
Mais à regarder de plus près, certains points doivent être pris en compte. Tout d’abord, et selon les données Eurostat 2011, les dépenses relatives à l’administration centrale ne sont pas plus élevées qu’ailleurs, soit 22,4% du PIB contre 22,6% dans le reste de la zone euro. Il est bien évident que des économies peuvent y être réalisées, mais il ne s’agit pas là d’une anomalie. La part relevant des services généraux représente ainsi 6,4% du PIB contre 6,8% pour les autres partenaires européens. La défense ? 0.5% de PIB de plus que ses partenaires, ce qui va de pair avec un poids géostratégique qui reste prépondérant. L’éducation ? Avec 6% du PIB, la France dépense plus que la moyenne, pour un point, mais dispose d’une croissance démographique également plus forte et donc d’un nombre de jeunes plus important. La police ? Ici la France dépense bien moins que l’Italie ou le Royaume Uni, avec 1% de PIB consacré à ce domaine. Les dépenses de fonctionnement de l’exécutif et du législatif ? Toujours rien, avec un niveau bien plus faible qu’en Allemagne. Dans l’ensemble de ces domaines, il s’agit bien plus de problèmes d’efficacité que de niveaux de dépenses.
Concernant les collectivités locales, une différence de plus de 1 point de PIB est à mettre au débit de la France par rapport à ses voisins. Un écart qui doit être une source d’interrogations et qui représente enfin une réelle opportunité d’économie. Chaque point de PIB représentant 20 milliards d’euros, cela fait cher le point.
Au bout du compte, Etat et collectivités locales réunis, ces sources d’économies ne sont pas si évidentes à trouver. Ne reste que la protection sociale pour comprendre la principale source d’écart entre la France et les autres pays. Selon Eurostat cette différence atteint 6 points de PIB, soit l’exacte différence entre la somme totale des dépenses françaises et celle de ses voisins. 6 points de PIB qui représentent 120 milliards d’euros. Mais ici encore, le calcul et la comparaison ne sont pas aisés. Alors que d’autres pays ont pu faire le choix des dépenses privées pour la protection sociale, la France s’est engagée dans la voie du tout service public. Bien qu’à titre individuel, la différence n’est effectivement pas très évidente. Payer des impôts pour assurer une protection sociale ou payer un acteur privé pour qu’il assure le même service ne change pas le problème de fond : il faut payer. Lorsqu’une famille américaine dispose de revenus plus importants après impôt, elle doit tout de même payer de nombreuses charges supplémentaires par rapport à une famille française (et ce aussi bien pour la protection sociale que pour l’éducation des enfants par exemple). C’est ainsi que derrière la France, championne du monde de la protection sociale, se trouve un challenger inattendu : les Etats Unis. La différence tient effectivement au fait que les dépenses privées des ménages américains comptent pour une bien plus large part dans le total, et sont ainsi naturellement extirpées du calcul de la somme des dépenses publiques totales. En prenant en compte l’intégralité des coûts, privés et publics, les différences se resserrent sensiblement :
Source OCDE
Source OCDE
En conclusion ; collectivités locales, efforts de fonctionnement dans les services de l’état, (statut de la fonction publique ? absentéisme ? etc..), dépenses de santé, et un système de retraite à revoir largement sont les principales pistes pour permettre un ajustement cohérent du budget de la France.
Reste un point essentiel. Pour ajuster les dépenses, l’arme absolue reste la croissance. L’efficacité d’un gouvernement qui souhaite réformer le pays dépend avant tout de sa capacité à restaurer la croissance dans un pays qui ne sait même plus ce que c’est. La croissance comme moteur de la baisse des dépenses ; ce qui permettra également de réduire énergiquement la fiscalité et ainsi d’entrer dans un cercle économique vertueux. Car sur la base des taux de croissance connus en France jusqu’en 2007, et la volonté actuelle du public d’ajuster le poids de l’Etat dans l’économie; la tâche en serait presque facile.
A titre de comparaison, et malgré une espérance de vie plus élevée qu’en France, les hommes Japonais passent 10 ans de moins à la retraite que les Français, et 7 ans de moins pour les femmes.
C’est ainsi qu’en France, à 58.7 ans d’âge effectif pour partir à la retraite, une espérance de vie en constante hausse, et un système tout public (à 85% pour les retraites), le système semble bien mal parti. Au total, 13% du PIB sont consacrés aux retraites contre 10% en moyenne, soit une différence de 60 milliards d’euros. Avec un nombre d’heures travaillées par année parmi les plus faibles au monde, la France est ici engagée dans un régime de « sous-travail » difficilement soutenable. Ce système est d’autant plus néfaste que les pensions versées aux retraités sont inférieures à la moyenne de l’OCDE, comme le démontre le graphique suivant :
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