mercredi 6 mars 2013
Déesse K
Déesse K
Elle était vieille, elle était grosse, elle était moche. Elle était misanthrope, elle était vulgaire, elle était insensible et elle était mesquine. Elle était égoïste, elle était brutale et elle n'avait aucune culture. Et j'ai été fou d'elle. (...) Je n'ai jamais cessé de la voir telle qu'elle était : une truie. C'est ma compassion pour ces animaux si décriés qui a éveillé mon intérêt pour elle. Elle était la grande persécutée, la chèvre émissaire. Je me suis senti obligé de prendre sa défense pour dire : "Les truies ont le droit d'être des truies. Une société qui met ces créatures en prison aux seuls motifs qu'elles ont des goûts propres à leur espèce n'est pas une société libre et juste." (...) C'est parce qu'elle était une truie que je suis tombé amoureux d'elle. Cela a été l'expérience la plus poétique, la plus dense, la plus cruelle, la plus puissante de ma vie. La truie a un rapport au présent que les humains n'ont pas. Elle ne cesse de se réjouir de la chance inouïe qu'elle a d'être vivante, de manger, de courir, de salir, de blesser, de ressentir. (...) La liste de ses amants, de ses conquêtes d'un jour, de ses victimes, de ses gigolos successifs et concomittants, dont la presse ne cessait de s'horrifier et de se régaler, montrait un autre aspect émouvant de sa vie de truie. Ces hommes étaient laids et vulgaires. Comme si en chercher de beaux était une manière d'être plus femme que truie. (...) Je pensais, ébahi : "Plus ils sont moches et vulgaires, plus ils doivent lui plaire." Certains prétendent qu'elle n'avait pas le physique pour trouver mieux. Mais je ne me suis jamais rallié à cette hypothèse mesquine. J'étais sûr que, si on la faisait choisir entre Brad Pitt et un laideron, elle aurait choisi le laideron. Son désir de laideur était pour moi un signe de son appartenance à cette race férocement antiaristocratique, tragiquement démocratique des truies. (...) Ce qui s'est passé dans cette chambre [du Novotel, NDLR] devenue légendaire ne peut se comprendre si l'on ne se met pas dans la tête d'une truie authentique et véritable. D'une truie qui prend un homme de ménage pour Alain Delon dans Le Guépard. Seule une truie peut trouver normal qu'un misérable immigré africain lui suce la chatte sans aucune contrepartie, juste pour lui faire plaisir, juste pour rendre un humble hommage à sa puisssance. Et le pauvre est revenu dans la chambre pour voir si elle avait laissé un pourboire mais il n'y avait rien. Même pas un mot, même pas une fleur. (...) Très peu de gens savaient que son mari avait fait d'elle une chienne. (...) Elle ne pouvait pas envisager de le quitter parce que cette vie de luxe-là, c'était impossible d'y renoncer. Impossible une fois qu'elle y avait goûté. (...) C'est pourquoi il la possédait, c'est pourquoi elle était devenue sa chienne, une féministe qui se sent une misérable chienne. Et plus il faisait semblant de ne pas se rendre compte qu'elle était enchaînée à lui pour son argent, plus il la possédait, plus il la soumettait à cette humiliation, à cette terrible prostitution.
Remerciements spéciaux à Marcela Iacub et aux éditions Stock.
Une philosophie homosexuelle de fond en comble
Une philosophie homosexuelle de fond en comble
On ne peut bien comprendre et combattre la révolution (homo)sexuelle que nous subissons aujourd’hui, que si l’on saisit combien « la philosophie contemporaine est homosexuelle de fond en comble », comme le disait Marcel De Corte :« L’autre en tant qu’autre est banni, et il n’existe plus pour elle que l’autre en tant que moi, en tant que construction de la pensée autonome. »
Le déni de l’altérité sexuelle tel qu’il est promu aujourd’hui par la théorie du genre et le « mariage » gay du même au semblable (pair) trouve son origine dans cette incapacité narcissique de la pensée contemporaine à concevoir une réalité et un ordre extérieurs autres que ce qu’elle prétend construire de son propre chef. Selon une funeste révolution copernicienne, ce n’est plus l’autre en tant qu’autre, c’est-à-dire le réel, qui informe mon intelligence et mon cœur, mais mon esprit (avec ses idées innées ou ses catégories a priori) qui informe la réalité : l’autre en tant que moi !
Cette philosophie contemporaine ou post-moderne trouve elle-même sa filiation en effet dans le vieux « couple » homoparental dunominalisme (Ockham) et de l’idéalisme (Descarte, Kant…) à l’origine de l’individualisme et du subjectivisme par une déconnexion indocile de l’intelligence avec la réalité intelligible. Comme l’expliquait Marcel De Corte dans son maître-livre L’intelligence en péril de mort : « La maladie dont l’intelligence contemporaine est atteinte, trouve son origine dans la rupture des relations que l’intelligence noue avec la réalité dans son repliement sur elle-même. En ce monde intérieur, elle agence à loisir dans une indépendance aussi grande que possible vis-à-vis du réel et de son principe, avec les débris du monde disloqué, un univers idéologique et imaginaire. »
Si, pour paraphraser Bossuet, le plus grand dérèglement de l’esprit est de considérer et croire les choses non comme elles sont en effet mais comme on voudrait qu’elles soient, on comprend que nous sommes en plein dedans. Dans cette schizophrénie métaphysique d’un fou prométhéen qui aurait tout perdu (de sa dépendance au réel) sauf la raison, selon le mot de Chesterton ! Quand on prétend par exemple qu’une paire de même sexe est semblable à un couple formé par un homme et une femme. Quand on se fait ainsi une représentation de la sexualité centrée sur soi, du même au même ou au semblable, au détriment de la vraie sexualité, réaliste, fondée sur la différence et le don de soi, source du lien social.
L’homme contre lui-même
Après sa vérité, l’homme s’invente sa loi et son droit comme un fakir jette sa corde dans le vide. Il s’invente jusqu’à son être qu’il entend produire désormais comme un artefact (selon l’aveu et le vœu de Jacques Attali qui sont plus qu’un songe !) : l’existence précède l’essence. Reniant sa nature (homme et femme), il n’est plus qu’une histoire, celle de son évolution, se construisant son monde et sa fin comme l’araignée tisse sa toile : de son propre fonds… révolutionnaire. Il fait et, ce faisant, se fait, comme dit Merleau Ponty. Sorte deself-made-man ontologique sans consistance sérieuse. Tout n’a de sens que par l’homme mais l’homme n’a plus de sens. Disjoint de la réalité parce lui-même disjoint, délié (ab-solutus) de la loi naturelle. La séparation de l’homme avec lui-même va jusqu’à ce reniement de ses origines dans la chaîne de la vie : « Homme et femme, Il les créa. » Que ce soit pour l’espèce avec ce conte de fée pour grandes personnes (Jean Rostand) qu’est l’évolutionnisme. Ou pour l’individu qu’il dépossède de sa nature et de sa dualité originelle pour reconstruire « une créature humanoïde sexuellement indifférenciée », dont le « genre » est appelé à se répandre et à se perpétuer à la faveur des avancées de la biotechnologie. En attendant la promotion de la zoophilie et des chimères : dissoudre et coaguler jusqu’au métissage ontologique !
« L’homme contre lui-même » : son nom est personne, pourrait-on ironiser à propos de cette auto-destruction ontologique par une culture de mort de plus en plus effrayante. On aperçoit aussi de quelle lignée philosophique, « homosexuelle » dès l’origine, provient cette culture radicalement raciste, fermée à la différence et au mystère de l’autre en tant qu’autre, et donc fermée à l’amour véritable et fécond comme à la contemplation. On ne pourra la renverser, cette funeste idéologie narcissique, qu’en renouant avec le réel par une philosophie de l’être digne de ce nom. Parce que la vie de l’homme vient de plus haut et va plus haut que l’homme lui-même, celui-ci ne peut impunément isoler et rompre les anneaux de cette chaîne naturelle et sacrée qu’est sa filiation, sans commettre un sacrilège et sans s’autodétruire lui-même. Pour retrouver sa fin dernière, la voie qui va de l’homme à Dieu passe par un retour au réel et l’annonce de l’Evangile de la Vie.
Allemagne : un nouveau parti anti-euro
La crise de l'Euro fait grandir l’euroscepticisme. Dernier exemple en date, l'Allemagne, avec un nouveau parti anti-euro.
C'était probablement juste une histoire de temps : un parti allemand anti-Euro vient tout juste d'entrer en scène.
Le Deutsch Wirtschafts Nachrichten (DWN) rapporte ainsi que le nouveau parti se lancera en Avril sous le nom de "Alternative pour l'Allemagne". Le parti semble être un rejeton du groupe "Wahlalternative 2013" (Alternative pour l'élection 2013), groupe composé principalement d'universitaires mais qui inclut également Hans-Olaf Henkel, l'ancien patron de la fédération allemande des industries (BDI), connu pour sa franchise.
Malgré le large scepticisme de l'opinion allemande envers les sauvetages des pays en difficulté de l'Eurozone – 63% des Allemands sont ainsi contre un renflouement de Chypre, et certains sondages montrent qu'environ deux tiers des Allemands estiment qu'ils se porteraient mieux s'ils avaient encore le Deutschmark – il n'y a encore aucun parti politique en Allemagne ouvertement sceptique envers l'euro, contrairement à la plupart des pays eux aussi créditeurs, comme l'Autriche, les Pays-bas ou la Finlande. La nouvelle formation a comme objectif clair de remplir ce vide.
Mais quel est précisément leur credo ? Selon leur site internet :
- En accord avec le traité de Maastricht, l'Allemagne ne doit plus garantir les dettes des autres États membres.
- La monnaie unique doit être abandonnée. Chaque État doit pouvoir être libre de quitter l'Euro ou d'entrer dans une autre association monétaire selon ce qui l'arrange (comme un Euro du Sud ou un Euro du Nord) ou même introduire une monnaie propre en parallèle.
- Un référendum doit être organisé si l'Allemagne souhaite abandonner trop de souveraineté à l'Union Européenne.
Sur Facebook, le groupe précise qu'il va faire campagne pour un retour à "aux monnaies nationales, ou à des unions monétaires plus petites". Aussi, à strictement parler, ce ne sera pas un pur Deutschmark Party.
Va-t-il néanmoins avoir un impact immédiat – une sorte de Beppe Grillo allemand ? Cela semple peu probable. S'il veut entrer au parlement, ce parti doit réunir plus de 5% des votes – ce qui, en l'absence d'événement majeur, n'arrivera pas (même 1% serait un résultat honnête). Peut-être l'élection européenne de 2014 – où il n'y a pas cette limite des 5% et où les votants sont en général moins contraints à taire leurs frustrations envers l'Europe – pourrait être la plate-forme du parti, mais même ça serait peu évident.
Il est intéressant de noter qu'un email rédigé par l'un des fondateurs, le professeur d'économie de Hambourg Bernd Lucke, et rendu public, révélait que la direction des Free Voter – un mouvement politique basé principalement en Bavière, apparemment acquis aux idées anti-euro et qui parvint à collecter 10% des suffrages lors des dernières élections locales – refusa d'unir ses forces à Alternative pour l'Allemagne. Le DWN note qu'il semble que les forces politiques allemandes anti euro soient divisées avant même qu'elles n'existent vraiment.
mardi 5 mars 2013
Vous avez dit « flexisécurité » ?
Vous avez dit « flexisécurité » ?
Des syndicats qui signent un accord sur l’emploi avec les représentants patronaux : en Allemagne ou au Danemark, un tel compromis serait banal. Pas en France, où la « démocratie sociale » est difficile à mettre en œuvre. Le 11 janvier dernier, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC d’un côté, le patronat de l’autre, avaient pourtant paraphé un texte sur la « flexisécurité ». Un gros mot ? Non, un terme qui veut réunir fluidité du marché du travail et protection des salariés. Cet accord doit être transcrit dans une loi, étape qui est en cours et constitue une fenêtre de tir opportune pour le Front de gauche – de Jean-Luc Mélenchon ou du communiste Pierre Laurent –, toujours prompt à s’échauffer contre des socio-démocrates, jugés trop sensibles aux thèses patronales. L’accord du 11 janvier est ainsi qualifié de « made in Medef ». La sévérité est tout aussi grande à la CGT et à FO, frères ennemis rassemblés pour la circonstance. Ces opposants, parti et organisation de travailleurs, manifestent ensemble aujourd’hui – et plusieurs élus PS comptent se joindre à eux –, afin de faire barrage à un projet qui, malgré ce mouvement hostile, devrait aller à son terme.
Le chef de l’État veut montrer qu’il peut faire bouger la France, à travers cet accord sur l’emploi dont le pouvoir souligne le caractère « historique », terme sans doute exagéré. Sur le plan de la méthode existe, en effet, un précédent : en 2009, un accord sur la formation avait été paraphé par tous les syndicats, y compris… la CGT et FO. Le débat actuel prouve, par ailleurs, la persistance d’un double clivage au sein de la gauche : d’une part, sur le syndicalisme « réformiste », dénoncé pour sa tiédeur (comme si le syndicalisme révolutionnaire avait encore un sens aujourd’hui). Et d’autre part, sur le rôle du législateur : pour une partie de la gauche, en effet, force doit rester au Parlement, qui n’a pas à entériner telles quelles les volontés des partenaires sociaux. De surcroît, cette salve de critiques se déploie sur fond d’un antilibéralisme qui monte dans tous les pays européens.
François Hollande espérait remporter une victoire solide grâce à la « flexisécurité ». Victoire sans doute il y aura, mais elle n’aura pas la dimension emblématique qu’il escomptait.
Grand corps malade
Grand corps malade
Hier, Marisol Touraine a lancé sa réforme de l'hôpital public. Encore un rude défi pour la ministre de la Santé. C'est qu'à l'image des cordonniers dont on dit qu'ils sont les plus mal chaussés, l'hôpital est un grand corps malade ne parvenant pas à se soigner. Il souffre de multiples troubles : surmenage, déprime, congestion, insuffisances financières, déficit chronique. Et malgré cela, l'hôpital soigne (plutôt bien) les autres, tous les autres. Au risque d'y laisser sa peau. Voilà pourquoi Marisol Touraine, à son tour, s'est penchée à son chevet en demandant un rapport à un haut fonctionnaire.
Le plan dévoilé (ou plus exactement esquissé), hier, par la ministre, repose cependant davantage sur des mots que sur des moyens. Il s'agit plus, pour l'heure, de « bobologie » que de véritables mesures curatives. Marisol Touraine entend « décrisper » la situation et redonner à l'hôpital public « confiance » et dignité en restaurant la mission nouvelle de « service public territorial de la santé » notion qui avait disparu dans la réforme précédente.
On l'a compris, le remède de Marisol Touraine est d'abord un antidote à la loi Bachelot de 2009, baptisée « Hôpital Patient Santé et Territoire » (HPST). Une loi qui, avec sa tarification par activités (T2A) et le pouvoir absolu donné à un « chef unique », a engendré une dérive vers « l'hôpital-entreprise » d'abord soucieux de rentabilité. Marisol Touraine entend bien redonner un rôle aux médecins dans une gouvernance qui s'ouvrira aussi plus largement aux patients.
Voilà qui repose sur de très bonnes intentions mais en appellera au sens des responsabilités de tous. Le savoir médical ne confère pas forcément des qualités de gestionnaire. Ajoutons qu'avec une population supérieure de 25 % à la nôtre, l'Allemagne compte 50 % d'hôpitaux en moins que la France. Loin de nous l'idée de tirer sur l'ambulance. Ne conviendrait-il pas plutôt de revoir notre offre globale de soins ? En France, l'hôpital souffre d'accueillir tous les maux. En urgence.
Macroéconomie, micropolitique
Macroéconomie, micropolitique
Les données macroéconomiques pour l'Europe sont médiocres, celles pour la France, franchement mauvaises. La croissance 2013 sera quasi-nulle et celle de 2014, à peine meilleure. Le chômage dépasse les 11 % et aucune embellie n'est en vue. La balance commerciale fait apparaître un déficit abyssal (alors que des pays également en crise comme l'Italie ou l'Espagne ont réussi à la redresser). Le budget reste déficitaire et ce déficit restera supérieur aux 3 % requis par les traités européens.
Si rien n'est fait, il en sera de même en 2014, rendant la promesse d'un équilibre en 2017 bien aléatoire alors que l'Allemagne et même l'Italie ont déjà pratiquement atteint l'objectif. La dette, qui représentait la même proportion du PIB (Produit intérieur brut) en Allemagne et en France en 2010, soit 82 %, évolue de manière opposée dans les deux pays : la française aura atteint 95 % en 2014 tandis que notre puissant voisin l'aura abaissée aux environs de 78 %.
Tout ceci devrait donner le sentiment de l'urgence. Il y a le feu à la maison et, comme l'ont avoué successivement François Fillon et Michel Sapin avant de se rétracter précipitamment, nous sommes dans un État en faillite. Certes, la France honore ses engagements et rembourse ses emprunts. Il n'y a pas de risque d'une vraie faillite sur le modèle argentin, mais pour sûr, la France vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs décennies et est surtout riche de... ses dettes ! Une telle situation devrait mobiliser les énergies politiques, y compris celles de l'opposition, à 100 % !
« It's the economy, stupid ! »
Or, qu'observe-t-on ? D'abord une situation de déni invraisemblable, et même insupportable, car c'est prendre les citoyens pour des enfants que de penser qu'ils n'ont pas conscience de la gravité de la situation. Certes, on ne veut pas affoler les masses et inciter encore davantage les Français à se réfugier dans l'épargne de précaution. Mais leur expliquer que les temps ont changé, que des sacrifices sont indispensables, que des dépenses devront être taillées est la mission même d'un homme politique responsable, du moins de qui n'a pas comme but unique et ultime sa réélection.
Or, on constate qu'il n'y a ni pédagogie ni mobilisation des esprits sur ces questions. Bien au contraire, on dépense des trésors d'énergie sur des sujets, certes intéressants, mais mineurs au regard du caractère dramatique de la situation économique et sociale : « Que feront les bambins de l'école primaire entre 12 h et 13 h ou entre 16 h et 17 h ? », « Les vacances d'été seront-elles organisées en deux ou trois zones ? » Pendant ce temps, Mme la Marquise, le bâtiment, pour ne parler que de lui, a perdu 100 000 emplois.
Rarement comme actuellement la politique aura semblé si loin des problèmes réels et concrets. Faut-il rappeler la réponse cinglante de Clinton à l'un de ses conseillers -« It's the economy, stupid ! » - pour rappeler à son interlocuteur que les électeurs américains se prononceraient en fonction de l'état de l'économie et non pas de telle ou telle mesurette politique ?
La situation délicate de nos démocraties, en ce début de XXIe siècle, s'explique en partie par cette incapacité des politiques à parler vrai, à prendre la mesure des changements en cours, à proposer des réformes permettant d'affronter les défis du futur. À l'heure des macrochangements, la micropolitique, la politique à la petite semaine, n'a pas d'avenir et nous conduit droit dans le mur.
Le goût retrouvé du Flanby
Le goût retrouvé du Flanby
La riposte de MM. Hollande et Ayrault face à la crise économique est ambiguë, donc faible.
Il y avait la semaine dernière au supermarché une promotion intéressante sur les Flanby (0,99 euro les 4 pots de 100 grammes). L'occasion de faire des économies, mais aussi de goûter au plus politique des desserts depuis que Laurent Fabius l'a gentiment choisi pour surnommer son camarade François Hollande. L'occasion d'en retrouver la saveur, un peu perdue depuis la guerre au Mali, mais redécouverte avec la riposte - pour l'instant - flasque du gouvernement face à la panne sèche de croissance, à l'envolée du chômage et au dérapage incontrôlé du déficit budgétaire. Démoulé, un Flanby ressemble comme deux gouttes de caramel à la politique économique de la France. Aucune tenue, aucune consistance, un nappage de belles paroles et de fausses promesses enrobant un contenu au goût improbable s'affaissant sur lui-même au fond de l'assiette. Beurk.
Par manque de gélifiant, de cohérence et de ligne directrice claire, la stratégie économique suivie par M. Ayrault depuis dix mois est elle aussi dépourvue de toute texture. Le gouvernement est libéral les jours pairs, antilibéral les jours impairs, ouvert aux réformes le matin, fermé l'après-midi. Le Premier ministre expliquait hier que sa "priorité absolue"était de ramener le déficit public à 3 % en 2013 ; il admet aujourd'hui que l'objectif ne sera pas atteint mais que ce n'est pas si grave et surtout pas sa faute. Le gouvernement insulte les patrons le lundi mais les caresse dans le sens du poil le mardi. Il prétend favoriser l'esprit d'entreprise pour créer des richesses le mercredi, mais souhaite la mort des riches le jeudi. Il exclut la rigueur le jeudi, mais annonce une "gestion rigoureuse" le vendredi. De quoi avoir des haut-le-coeur aussi sûrement qu'en avalant trop vite son Flanby.
Même quand elles vont dans le bon sens, les mesures économiques prises par le gouvernement sont d'une telle mollesse qu'elles en perdent toute efficacité. Incapables de guérir les deux grands maux dont souffre l'économie française et desquels découlent tous les autres : le délabrement de ses finances publiques (87,2 milliards d'euros de déficit en 2012 quand l'Allemagne est à l'équilibre), et la ruine de son commerce extérieur (67 milliards d'euros de déficit en 2012 quand l'Allemagne dégage un excédent de 188 milliards et l'Italie, dont on aime tant se moquer en France, un surplus de 11 milliards).
L'économiste Patrick Artus le résume parfaitement bien. "Le problème français ne se traitera pas avec de l'homéopathie." Louis Gallois souhaitait un choc de compétitivité de 30 milliards d'euros à travers des baisses de charges concentrées sur un ou deux ans. Au lieu de cela, le gouvernement a construit une usine à gaz, le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), à l'efficacité incertaine. Qui au mieux réduira à terme les impôts des entreprises industrielles de 5 milliards d'euros quand, selon M. Artus, un effort de 75 milliards d'euros serait nécessaire pour ramener les marges bénéficiaires de l'industrie française au niveau de sa rivale allemande.
Quant à l'accord "historique" du 11 janvier sur le marché du travail signé entre le patronat et les syndicats, il consiste pour l'essentiel à pouvoir baisser les salaires dans les entreprises en grande difficulté pour sauver des emplois. Bref, il ne réglera en rien le problème global du manque de profitabilité des entreprises françaises et encore moins celui du coût du travail (35,30 euros, charges sociales incluses, pour le salaire horaire dans l'industrie en France, contre 29,90 euros en moyenne dans la zone euro).
Le seul domaine, malheureusement, où le gouvernement français ne se montre pas du tout Flanby, où il fait preuve d'une détermination sans faille et d'une grande audace, c'est en matière de matraquage fiscal : 32 milliards d'euros cette année de hausse des prélèvements obligatoires, qui atteindront un record absolu, à 46,3 % du PIB.
Rien ou presque rien (6 milliards), en revanche, du côté de la maîtrise des dépenses, au grand dam de la Cour des comptes et de son président, Didier Migaud, socialiste aussi éclairé qu'isolé. Sans doute par peur de modifier son propre ADN, la gauche continue de repousser la réduction des dépenses... on allait écrire aux calendes grecques, mais on a peur que cette expression soit tristement prémonitoire.
Comme un symbole, le gouvernement vient même d'annoncer la suppression du jour de carence pour les fonctionnaires instauré par M. Sarkozy. Coût : entre 120 et 200 millions d'euros pour les finances publiques (voir Le Point, n° 2111, p.38). Mme Lebranchu évoque une mesure "humiliante", mais c'est plutôt son abrogation qui, vis-à-vis de toutes les personnes travaillant dans le secteur privé et menacées par le chômage, est honteuse. Malgré cela, la Commission continue de fermer les yeux sur les errements français. Elle n'a en vérité pas le choix. Dire aujourd'hui tout haut ce qu'elle pense tout bas de la politique économique française, ce serait à coup sûr faire repartir la crise financière dans la zone euro.
Dans sa conférence de presse du 13 novembre, François Hollande avait lancé : "L'économie n'aime pas les chocs." De fait, si la formule résume très bien la politique économique du gouvernement, elle contient aussi son échec annoncé. Cette fausse quiétude et cette vraie mollesse, cette volonté de ne surtout pas brusquer les choses, en pariant sur le retour improbable de la croissance économique mondiale, nous mènent tout droit au naufrage. Les sauveteurs en mer le savent : pour secourir un bateau et son équipage, il faut agir vite et prendre des risques.
Avec la politique, ou plutôt la non-politique économique de MM. Hollande et Ayrault, non seulement la France va continuer à prendre du retard sur les pays d'Europe du Nord, où la compétitivité est depuis longtemps une religion, mais elle va aussi se laisser distancer par les pays d'Europe du Sud, qui viennent de s'y convertir. On sait pourtant depuis juin 1940 comment se termine une guerre de mouvement pour des troupes maintenues immobiles par des dirigeants aveugles derrière une ligne Maginot. Par une débâcle.
Pagaille au RSI
Pagaille au RSI
On s'en doutait avant l'accession des socialistes officiels au pouvoir et on a pu le mesurer précisément depuis :le gouvernement actuel hait profondément les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs, et fait tout ce qu'il lui est possible pour saboter ces deux statuts. Et ces derniers jours, les petits pédaleurs collectivistes en charge de dissoudre le tissu social ont passé le braquet supérieur.
Concernant les auto-entrepreneurs, ce n'est évidemment pas nouveau puisque les différents aménagements budgétaires qui ont été mis en place depuis moins d'un an gomment peu à peu tous les avantages de ce statut pour le rapprocher de celui des indépendants. Et pour compléter le mouvement, le statut des indépendants est, à son tour, assommé de taxes et de cotisations sociales dont le calcul est rendu, à dessein, particulièrement complexe : lorsque le système est à ce point complexe que l'administration doit vous épauler pour que vous y compreniez quelque chose, vous devenez totalement dépendant de son bon vouloir, ce qui est fort pratique pour contrôler des professions qui se voulaient, au départ, indépendantes...
Et pour arriver à ce prodigieux résultat, l’État emploie l'arme du RSI.
Le RSI, c'est le Régime Social des Indépendants, autrement dit, la version "Indépendants" de la Sécurité Sociale, avec globalement les mêmes attributs que la sécurité sociale des salariés, en pire (oui, c'est possible) : une souplesse administrative parfaitement nulle et qui servirait d'étalon à la rigidité cadavérique s'il y en avait besoin et une opacité des comptes parfaitement en ligne avec l'ensemble des administrations françaises. Opacité d'ailleurs fort commode puisque l'argent de ce régime est ponctionné sur une population majoritairement composée de petits artisans et d'entrepreneurs unipersonnels, donc parfaitement captive et totalement incapable de trouver le temps de suivre, jour après jour, les obstacles administratifs qui leurs sont lancés dans les pattes. Cette capacité réduite de réaction des ponctionnés et des tondus offre toute latitude au RSI pour abonder (aussi discrètement qu'illégalement) aux autres régimes (notamment spéciaux), largement déficitaires et dont les craquements sourds commencent à se faire entendre.
Idéologiquement, on comprendra aussi pourquoi ce régime ne peut espérer aucune mansuétude du pouvoir. Par définition, il concerne des indépendants, c'est-à-dire, essentiellement, des gens qui se débrouillent très bien sans l'état et sans un tuteur. Pire : l'indépendant sait ce que lui coûte cette sécurité sociale obligatoire et mafieuse, ce service public aussi monopolistique que catastrophique, au contraire d'un salarié qui, finalement, ne voit jamais la couleur de ses cotisations (les multiples lignes de petits chiffres cryptiques sur les longues feuilles de salaires françaises ont beau faire halluciner tout étranger qui débarque dans le pays, la réalité est que personne ne prend le temps de les lire vraiment).
Si l'on ajoute que la masse des indépendants n'a pas la bonne idée de voter Socialiste, on comprend sans problème pourquoi l'artisanat est la première entreprise de France mais, de loin, la moins écoutée et, toujours de loin, la plus taxée.
On ne s'étonnera dès lors pas du tout de "découvrir" la dernière invention fiscale concernant les indépendants : en substance, le régime réintègre comme revenu du travail les dividendes du capital. Toute échappatoire aux cotisations sociales calculées à la grosse louche est impossible. C'est aussi ça, la magie des systèmes collectivistes Demaerd : ils sont tellement équitables, tellement justes et bien pensés que chacun fait tout ce qu'il peut pour les fuir (toute ressemblance à certains pays et certains murs n'a finalement rien de fortuit).
Bien évidemment, à ces extensions ininterrompues de l'assiette des cotisations, ponctions, taxes et perversions fiscales habituelles, il faut ajouter l'habituel incompétence crasse des personnels responsables de ces administrations dont l'ordre de mission n'est pas de détruire leurs assujettis seulement parce que cela ferait officiellement mauvais genre. Et c'est donc avec une pagaille complète et qui perdure depuis des années que les indépendants doivent composer. C'est le cas, par exemple, de Pascal Geay, plaquiste peintre indépendant, qui explique lui-même :
"J'ai reçu vingt-quatre appels à cotisation en un an, tous avec un montant différent, au lieu d'un par trimestre"
À cette gestion comptable catastrophique s'ajoute une intendance déplorable de la relation clientèle, qui ne serait étonnante qu'en oubliant que pour cette administration, ceux qui payent ne sont pas -- justement -- des clients mais de simples cotisants, oscillant entre l'usagé et la vache à lait. Impossibilité d'avoir un interlocuteur au téléphone, accords verbaux non suivis d'effets, déclenchement intempestif de procédures contentieuses, l'habituelle panoplie des administrations déshumanisées dont la mission de service public s'est perdue entre la photocopieuse de l'étage 5 et la machine à café du lobby. Et on ne parle pas ici d'une petite pétouille qui touche l'un ou l'autre des cotisants mais bien d'une méthode générale de gestion qui englue un bon quart des victimes de ce régime foutraque.
Certains, j'en suis sûr, liront mes précédents paragraphes et s'écrieront, un tantinet outrés : il exagère, à l'évidence, et les problèmes rencontrés par les indépendants ne sont, finalement, que d'habituelles mésaventures dans un pays où la bureaucratie est un peu bedonnante ; mais tout le monde sait qu'en France, tout se termine en chanson. Pas de quoi, en définitive, s'alarmer...
Sauf que ce qui est constaté par les indépendants au travers de leur régime si mal géré est relaté ici sans exagération, et que ce n'est pas fortuit. Si l'impression qui se dégage est une volonté sournoise de détruire ce statut, ce n'est pas faux : c'est exactement le but recherché. Entendons-nous bien, il n'y a nul complot, nulle entente cachée pour obtenir ce résultat. Comme le dit un vieux proverbe anglais, il n'y a pas besoin d'expliquer par la malice ce qui peut l'être par l'incompétence. C'est cette incompétence et ce jmenfoutisme généralisé qui a été instillé par défaut dans ces administrations, avec une accélération depuis que le socialisme officiel est au pouvoir. Il n'y a pas besoin de s'occuper correctement de ces pourceaux : le petit entrepreneur et l'indépendant sont peu (ou pas du tout) mobilisables pour la politique au contraire du salarié, et certainement pas aussi corruptibles ou dodus, et prêts à graisser des pattes que le traditionnel patron de moyenne ou grande entreprise française pour qui l'arrangement avec le politicien du cru est un passage sinon obligé au moins très fréquent (rares sont les héros).
D'ailleurs, Hollande l'avait laissé entendre lorsqu'il avait dit qu'il n'aimait pas les riches. Certains s'étaient focalisés sur un rang de salaire. En réalité, le président Hollande n'aime pas les riches, mais il n'aime pas non plus les gens indépendants, libres d'esprits. Il est énarque, après tout. Et finalement, tout tombe bien : il n'aime pas les riches, et avec tout ce que lui et son gouvernement entreprennent contre eux, il n'y en aura bientôt plus aucun en France.
La France "RDA", c'est maintenant ?
Portrait-robot des musulmans en France
Une majorité de musulmans cherche le juste milieu ente appartenance citoyenne et appartenance à l’islam, même s’il faut pour cela faire des concessions. À la fois citoyens et musulmans, ils considèrent caduque la dichotomie entre sphère publique et sphère privée : ils sont musulmans dedans et dehors, de la même manière qu’ils sont citoyens à l’intérieur et à l’extérieur. Loin d’opposer l’islam à leur citoyenneté, ils s’en servent pour mieux investir le champ politique. On l’a vu récemment avec la question du « mariage pour tous » : c’est bien en tant que musulmans et citoyens qu’ils se sont opposés à ce projet de loi et qu’ils sont, pour une part, descendus dans la rue.
Ces musulmans ont conscience de leur double héritage, et font en sorte de garder un lien minimal avec le pays d’origine. Dans cette optique, la maison est le lieu privilégié de transmission de la culture et du dialecte. Toutefois, par le biais des enfants, la langue de Molière s’impose et continue de s’imposer.
Ce sont des musulmans pratiquants, qui observent le dogme avec scrupule. Ils entretiennent des liens avec, non le pays, mais la culture d’origine, sans pour autant se voiler la face : ils ne sont ni Algériens ni Marocains ni Tunisiens. Ils n’envisagent guère leur avenir ailleurs qu’en France. Jamais, pour eux, il n’a été question de « retour au pays ». D’ailleurs, il est difficile de retourner dans son pays quand on y est déjà depuis sa naissance. S’ils ne se l’avouent pas encore, ils ont dépassé le statut de citoyens, pour atteindre celui de patriotes.
Il y a aussi les « invisibles », ces musulmans pour qui l’appartenance à la nation supplante toutes les autres, y compris la Oumma. Ils ne se sentent pas de solidarité particulière avec le pays d’origine ; d’ailleurs, toute la famille a émigré en France. Pour eux, l’accession à la propriété est assimilatrice. En s’installant dans des quartiers à mixité sociale, ils sont entrés en contact avec des Français de longue date (par opposition à Français récents) et se sont efforcés de leur ressembler. Dans ces familles musulmanes surintégrées, il n’est pas rare que les enfants boivent de l’alcool, fument et mangent non halal. On a un rapport à la religion qui est plus culturel que cultuel. On s’autorise, par exemple, à fêter la naissance du Christ. Ainsi, plus les générations passent, moins l’attachement à la religion et à la culture d’origine est fort.
Il y a une séparation claire, pour eux, entre sphère privée et publique : ils sont musulmans au foyer, citoyens dehors. Ils n’affichent pas leur islam dans la Cité, et ne font pas de leur croyance un moteur citoyen. Ils cherchent au contraire à se fondre dans la masse.
Ce sont des musulmans qu’on pourrait dire « enracinés ». Ils ne se posent pas la question de savoir s’ils sont Français ; ils le sont, c’est une évidence. Ils ne se voient pas vivre ailleurs. Leur histoire est ici ; leur destin également. Même s’ils ne sont pas français « de souche », s’ils ne plongent pas leurs racines loin dans le sol français.
Les « néo-communautaires » se distinguent des autres par un retrait vis-à-vis de la Cité. Français, musulmans, citoyens, ils ne reconnaissent qu’une seule appartenance, l’appartenance spirituelle à la Oumma. En effet, ils sont étrangers aux affaires du pays : ils ne votent pas, et, lorsqu’ils se déplacent, c’est pour « faire barrage au Front », signe de leur immaturité politique. Ils ne se sentent pas représentés ; ils ne se sentent pas partie intégrante de la nation. Ils seraient en outre victimes de racisme. Exclus du marché du travail, exclus de la société : « Ils s’excluent d’eux-mêmes de ce dont ils se sentent exclus. »
Ni Français, ni Maghrébins, ils comblent le vide identitaire par l’appartenance religieuse, qui, elle, ne connait pas la frontière. Les « néo-communautaires », loin de s’identifier à la France, la rejettent. Ils sont nés ici comme ils auraient pu naître ailleurs. Ils ne partagent pas une communauté de destin avec le reste du peuple. Ils entretiennent toutefois un lien avec le pays d’origine, même si celui-ci est plus fantasmé qu’autre chose. Il s’agit d’un pays de cœur, non d’une patrie. Le seul endroit où ils se sentent chez eux, c’est celui, transnational, de la Oumma, et l’autre, local, de la mosquée.
Les « néo-communautaires » ne voient pas l’intérêt d’une séparation entre sphères privée et publique. Leur islam est un et indivisible ; nul ne peut s’interposer entre l’individu et son Créateur. Ils sont musulmans dedans et dehors ; avec eux, aucune concession n’est possible. Leur islam peut être qualifié d’intégral : c’est plus qu’une religion, c’est un mode de vie à part entière. Ils sont favorables au modèle anglo-saxon de communautés ethnico-religieuses vivant chacune dans son coin, à l’opposé de l’acculturation à la française.
Encore un mot, un message aux musulmans de France : plus vous continuerez à vous considérer Algériens, Marocains ou Tunisiens, plus vous vous éloignerez de la vérité. J’ai envie de dire de l’évidence : vous êtes Français.
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