jeudi 3 février 2011
Rupert Murdoch a dévoilé son « Daily »
Belle accélération de l'histoire. Il y a un an, c'était une piste ouverte par quelques économistes considérés comme farfelus. En mai dernier, le président Nicolas Sarkozy l'avait inscrite à l'ordre du jour. En juin, l'ancien patron du FMI, Michel Camdessus, remettait un rapport sur la question. Demain, la règle d'or qui impose le retour à l'équilibre des finances publiques sera un projet de loi. Et, à l'automne peut-être, un article de la Constitution.
Ce projet est logique. Le paysage budgétaire européen a basculé avec les crises grecque et irlandaise. Les Etats sont descendus de leur piédestal financier. Ils deviennent des emprunteurs comme les autres. Sur les marchés, les investisseurs se protègent de leur faillite. Les agences de notation ont commencé à dire, à raison, que la dette publique pourrait ne plus être considérée comme le produit financier le plus sûr au monde. Les taux d'intérêt à long terme frémissent à la hausse. Dès lors, le gouvernement doit redoubler de vigilance. Quand son déficit continue de dépasser largement 5 % des richesses produites dans le pays, quand il emprunte 25 centimes chaque fois qu'il dépense 1 euro, quand il se garde de serrer la vis trop violemment pour préserver la flamme de la croissance, il doit en échange prouver la sincérité de ses belles intentions d'économies. Aux yeux des prêteurs, un gros déficit est acceptable aujourd'hui si, et seulement si, il est assorti d'un engagement sans faille de redressement des comptes demain.
La décision vient au bon moment. L'étau budgétaire se resserre en sortie de crise. Les instances européennes vont bientôt scruter le budget de la France, avec la nouvelle procédure du « semestre européen ». Paris et Berlin poussent les feux sur la création du gouvernement économique européen. Autant de raisons qui justifient un nouveau geste français.
Mais cette décision est aussi un pari politique. Car l'adoption de la loi est loin d'être assurée. La voie du référendum semble a priori bouchée : à moins d'un an de l'élection présidentielle, et sur un sujet d'apparence aussi technique, le risque de l'échec est trop grand. Il faudra donc obtenir une majorité de 60 % au Congrès, qui réunit députés et sénateurs. Et donc convaincre des élus socialistes, qui peuvent estimer à bon droit que le texte liera les mains du prochain gouvernement. Mais la règle d'or est le « prix de la garantie de notre indépendance », comme l'a dit Michel Camdessus. En cas d'échec, le retour de bâton sur les marchés financiers risquerait d'être violent.
Sanglante bataille au Caire entre pro et anti-Moubarak
22h42 : Un nouveau bilan officiel fait état de 3 morts, 639 blessés mercredi au Caire.
22h03 : La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, réclame au vice-président Omar Souleimane une enquête sur les violences survenues dans les manifestations mercredi au Caire.
22h00 : Les accrochages se poursuivent place Tahrir. Des coups de feuont été entendus par un journaliste de l'AFP qui a vu une personne blessée par balle.
21h58 : Une centaine de personnes manifestent devant l'ambassade d'Egypte à Paris pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak et dénoncer les violences survenues dans la journée au Caire.
21h55 : L'armée égyptienne est intervenue place Tahrir pour exfiltrer de la foule en colère un caméraman de la télévision publique Radio-Canada, sans quoi toute l'équipe «aurait été battue à mort», a raconté l'un des journalistes présents. Pour le reporter Jean-François Lépine «les étrangers, mais surtout les journalistes, sont des cibles absolument directes et on a l'impression qu'il y a même un ordre qui a été donné à ces manifestants violents».21h49 : Le ministre des Affaires étrangères britannique William Hague annonce à la BBC que Gamal Moubarak, le fils cadet du président égyptien, se trouve actuellement en Egypte et non à Londres.
21h39 : Sur son compte Twitter, le journaliste Charles Enderlin assure qu'une équipe de France 2 a été attaquée au Caire. Il décompte au moins deux blessés.
21h13 : Reporters sans frontières «condamne sans appel» les violences commises par les partisans du président Moubarak, auxquels se seraient mêlés des policiers en civil, contre plusieurs journalistes de la BBC, d'Al-Jazeera, de CNN, d'Alarabiya et d'ABC News.
20h54 : Le vice-président Omar Souleimane appelle les manifestants à rentrer chez eux et à respecter l'appel des forces armées au respect du couvre-feu. Selon lui, les manifestations doivent cesser avant la mise en place de tout dialogue.
20h47 : Un nouveau bilan établi par la ministère de la Santé fait état d'un mort et de 611 blessés.
Protesters hurt in Tahrir Square
envoyé par CNN_International. - L'actualité du moment en vidéo.
16h22 : Mohamed ElBaradei a demandé à l'armée d'intervenir «aujourd'hui et de ne pas rester neutre» pour protéger des vies après les affrontements entre partisans et adversaires du président Hosni Moubarak sur la place Tahrir.
16h17 : Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, juge «inacceptables toutes attaques contre des manifestants pacifiques» .
15h40 : Le journaliste belge Serge Dumont a été «tabassé» alors qu'il couvrait une manifestation pro-Moubarak au Caire. «J'ai reçu une volée de coups à la figure. J'ai reçu un verre d'eau, du Nil, m'ont-ils dit, pour que j'attrape la diahrrée. Je suis sous la garde de deux militaires, avec kalachnikovs et baïonnettes. Ils disent que je vais être emmené auprès des services secrets. Ils me reprochent d'être un espion», a expliqué le journaliste lors d'un bref contact téléphonique avec la rédaction du Soir. Par ailleurs, deux journalistes suédois du quotidien Aftonbladet ont été pris à partie, ainsi que le journaliste vedette de CNN, Anderson Cooper.Les Etats-Unis ont fait état de leur inquiétude suite «aux arrestations et aux attaques» contre les médias couvrant la crise égyptienne
15h29 : L'Égypte refuse les appels à une transition immédiate du pouvoir, déclare le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, après les appels répétés en ce sens de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis. Ces demandes «des parties étrangères visent à enflammer la situation intérieure en Égypte», dénonce le ministère de l'Intérieur égyptien.
» Moubarak ne cède pas à la pression internationale
15h23 : Selon un correspondant d'al-Jezira, l'armée égyptienne tire en l'air pour disperser des manifestants. Les manifestants ont salué cette intervention par une explosion de joie, certains montant sur les chars au côté des militaires. «Armée et peuple main dans la main», scandaient-ils. D'après la chaîne d'information, des centaines de personnes ont dû être évacuées de la place Tahrir. Un garçon de huit ans aurait été gravement blessé.
15h15 : Trois camions militaires, saisis sur les pro-Moubarak, ont été mis en travers de la route pour dresser des barricades contre leurs adversaires. L'armée n'a pas protesté.
14h54 : Le ministère égyptien de l'Intérieur réfute les allégations de manifestants anti-gouvernementaux selon lesquelles des policiers en civil seraient impliqués dans des heurts
14h38 : L'opposant Mohamed ElBaradei accuse le gouvernement d'Hosni Moubarak de recourir à «la tactique de la peur» après les heurts survenus au Caire entre des pro et anti-Moubarak. «J'ai peur que cela tourne au bain de sang», a-t-il précisé, en qualifiant de «bande de voyous» les manifestants pro-Moubarak.
De leur côté, les Frères musulmans, principale force d'opposition, refusent que le président Hosni Moubarak reste à la tête de l'État jusqu'à la fin de son mandat en septembre.
» Égypte: l'opposition éclatée face au défi de la transition
14h21 : La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton appelle le président égyptien Hosni Moubarak à agir «le plus vite possible» pour réaliser la «transition» politique demandée par les manifestants.
14h03 : Des partisans du président égyptien ont chargé des manifestants anti-Moubarak dans le centre du Caire à cheval et à dos de chameau, avant d'être encerclés et désarçonnés. Au moins six personnes ont été jetées à bas de leur monture, frappées à coups de bâtons et traînées au sol, alors que leur visage était en sang.
Certains militaires appellent au calme debout sur leur char, sans s'interposer, tandis que d'autres s'abritent des projectiles. Un véhicule militaire a par ailleurs été endommagé.
13h35 : Des dizaines de personnes ont déjà été blessées au cours des violences qui ont éclaté entre pro et anti-Moubarak place Tahrir, au Caire. Les manifestants se battent à coups de poings, de bâtons et de jets de pierres autour des chars de l'armée gardant les entrées de la place.
13h17 : Trois mouvements de la coalition anti-Moubarak affirment que des policiers en civil sont entrés en force place Tahrir, au Caire, où des heurts ont éclaté entre des partisans du président Hosni Moubarak et des manifestants qui réclament son départ.
13h07 : Le premier ministre britannique David Cameron estime que «la transition doit être rapide, crédible, et démarrer maintenant».
13h04 : La Commission européenne se dit prête «à renforcer son assistance» à l'Égypte pour l'aider à effectuer une «transition» politique pacifique et «ordonnée». «Nous demandons instamment la mise en oeuvre de réformes nécessaires, y compris que des élections libres et équitables soient organisées dans les meilleurs délais», affirme la Commission sans se prononcer sur une date précise pour des élections et sans nommer le président Moubarak.
13h01 : De violents accrochages ont éclaté place Tahrir, au Caire, entre des milliers de partisans d'Hosni Moubarak et des manifestants réclamant son départ, sans que l'armée présente sur place n'intervienne, selon des journalistes de l'Agence France Presse.
12h54 : Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, appelle à la tenue d'«élections libres et équitables» en Égypte, assurant que «l'ère Moubarak est révolue».
» Le système Moubarak
12h10 : L'appel à manifester massivement vendredi contre le régime du président Hosni Moubarak est maintenu malgré l'ordre de l'armée intimant aux manifestants de rentrer chez eux, affirme un dirigeant du mouvement de contestation.
11h34 : Les manifestants pro-Moubarak organisent la riposte dans les rues du Caire, en haranguant des manifestants devant la place Tahrir. Des milliers d'autres font l'éloge du président égyptien dans un autre quartier de la capitale, aux cris de «Oui à Moubarak, oui à la stabilité».
11h26 : Le Parlement égyptien suspend ses séances jusqu'à la révision des résultats des dernières élections législatives, entachées par des accusations de fraude et de violences, selon l'agence de presse officielle Mena.
«Le président de l'Assemblée, Fathi Sorour, a chargé le secrétaire général du Parlement, Sami Mahrane, de contacter la haute commission électorale pour obtenir les noms des députés visés par des décisions de justice», ajoute l'agence. Avant de préciser : «Le Parlement déclarera nulle l'élection des députés visés par la cour d'appel et annoncera un nouveau scrutin dans les circonscriptions concernées».
11h16 : La ministre espagnole des Affaires étrangères souhaite que l'Égypte engage de «vraies réformes, avec des changements en profondeur». «Il doit y avoir un gouvernement, qui peut être d'union nationale», «qui dirige ce processus jusqu'à la convocation d'élections générales», souligne la ministre.
11h15 : Le couvre-feu en vigueur depuis vendredi dans la capitale égyptienne du Caire, ainsi qu'à Alexandrie et à Suez, est allégé, selon la télévision d'Etat. Il commencera à 17 heures locales (16 heures à Paris) au lieu de 15 heures actuellement et se terminera à 7 heures (6 heures à Paris) contre 8 heures jusqu'ici.
11h02 : Après plus de cinq jours de coupure, l'accès à Internet est au moins en partie rétabli en Égypte, selon des journalistes de l'Agence France Presse (AFP). Au Caire, des reporters de l'AFP ont accès au Web en utilisant un serveur égyptien. Des citoyens contactés indiquent également avoir réussi à naviguer sur la toile.
» Face à la révolte, l'Égypte muscle sa censure du web
11h01 : La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, juge «souhaitable» que le président égyptien Hosni Moubarak quitte le pouvoir, soulignant que «c'est à l'évidence ce que le peuple lui demande». «Hosni Moubarak ne permet pas la liberté démocratique, ni les élections libres, ni la liberté de la presse», affirme-t-elle.
10h51 : Costa Croisières, leader européen du secteur, annonce l'annulation des escales prévues en Égypte et en Tunisie en raison des troubles dans les deux pays. La compagnie italienne «confirme le déroulement régulier de ses croisières aux dates prévues, les modifications apportées aux itinéraires étant dues à des cas de force majeure».
10h41 : L'armée égyptienne appelle les manifestants à rentrer chez eux, dans un communiqué lu à la télévision d'Etat.
Un manifestant réagit mercredi au discours d'Hosni Moubarak :
«Liée à l'Égypte par une ancienne et profonde amitié, la France renouvelle son appui aux aspirations des Égyptiens pour une société libre, démocratique et diverse. Elle sera aux cotés de tous ceux qui entendent conserver un caractère pacifique et exemplaire à l'expression et à la satisfaction de ces attentes légitimes», conclut Nicolas Sarkozy.
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» L'avenir de l'Égypte entre les mains de l'armée
10h01 : Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle se félicite qu'Hosni Moubarak «veuille ouvrir la voie à un renouveau politique». «Il va nous falloir maintenant voir quel rôle il veut et il peut jouer lui-même», a-t-il expliqué, affirmant qu'il est «crucial que les annonces soient suivies d'effet, très concrètement».
9h47: Quelque 500 partisans du président égyptien sont rassemblés dans le centre du Caire pour clamer leur allégeance à Hosni Moubarak, dont le départ est réclamé depuis plus d'une semaine. Certains manifestants pro-régime ont également exprimé leur intention de marcher sur la place Tahrir, où les opposants au régime de Moubarak sont rassemblés.
8h55 : Au Caire, des milliers de manifestants, dont beaucoup campent depuis des jours sur la place Tahrir, devenue emblématique de la colère des Égyptiens, ont repris dès leur réveil les slogans réclamant le départ du président : «Allez, allez, Hosni dehors».
8h10 : Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, estime insuffisante l'annonce d'Hosni Moubarak de rester au pouvoir jusqu'à la présidentielle de septembre, affirmant qu'un départ immédiat serait la seule option pour satisfaire les revendications de son peuple.
02h24 : La Grande-Bretagne réitère son appel aux autorités égyptiennes à procéder à un «changement réel, visible et complet», après qu'Hosni Moubarak a annoncé qu'il resterait au pouvoir jusqu'à la présidentielle de septembre.
00h47 : Dans une intervention solennelle à la Maison Blanche, le président américain, Barack Obama, indique avoir dit à son homologue égyptien, Hosni Moubarak, qu'une transition politique pacifique et calme devait débuter «maintenant» en Égypte, s'abstenant toutefois de lui demander d'écouter les appels exigeant son départ immédiat. Barack Obama s'est entretenu au téléphone pendant 30 minutes mardi soir avec Hosni Moubarak.
Le chef d'État américain félicite également l'armée égyptienne d'avoir permis que des manifestations pacifiques aient lieu, et déclare aux jeunes Egyptiens: «Nous entendons votre voix».
Mardi soir : Le président Moubarak a assure dans un discours à la télévision égyptienne qu'il ne se représentera pas à la prochaine présidentielle, qui doit avoir lieu en septembre. «Je ne voulais pas être candidat aux prochaines élections», a assuré celui qui termine son cinquième mandat.
Hosni Moubarak ne renonce toutefois pas au pouvoir dans l'immédiat. «Je tiens à finir mon travail, mon oeuvre au service de la patrie, pour que ceux qui me suivront assurent à l'Égypte sa sécurité et sa sûreté, affirme-t-il. Au cours des mois qui restent de mon présent mandat, je ferai tout pour qu'il y ait une transition du pouvoir pacifique».
Hosni Moubarak demande aux deux chambres du Parlement d'alléger les conditions de candidature à la présidentielle pour assurer la participation de toutes les forces politiques. Il appelle par ailleurs la police à «assurer la sécurité des citoyens avec loyauté, honneur et en respectant le droit et la liberté du peuple». Les forces de sécurité devront «prendre les mesures nécessaires pour poursuivre ceux qui sont à l'origine des pillages et des destructions». «C'est mon pays. C'est ici que je vis. Je me suis battu pour défendre ce territoire, sa souveraineté et ses intérêts, et je mourrai ici», conclut le chef d'Etat. Les manifestants, regroupés sur la place Tahrir, au Caire, ne sont toutefois pas convaincus par son discours et continuent de réclamer son départ sans délai.
La crise perdure
En même temps, on multiplie à petits pas les mesures tendant à rassurer. Les forces de la police, disparues la nuit du vendredi meurtrier, ont commencé lundi à faire leur apparition dans les rues. Les Etats-Unis, une attitude incertaine
« Nous souhaitons voir une transition en bon ordre. Nous demandons instamment au gouvernement Moubarak, qui est toujours au pouvoir (...), de faire ce qui est nécessaire pour faciliter ce genre de transition », a affirmé la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton pour dire qu’enfin, les Etats-Unis ont décidé d’être plus fermes et plus présents.
Auparavant, des réunions ont eu lieu sans cesse à la Maison Blanche. Objectif : discuter la crise politique en Egypte. Des meetings qui durent pour de longues périodes. Samedi dernier, durant deux heures, Hillary Clinton, le conseiller du président américain pour l’antiterrorisme John Brennan, le directeur du renseignement américain James Clapper, le patron de la CIA Leon Panetta et le conseiller à la Sécurité nationale Tom Donilon. L’ambassadrice américaine en Egypte Margaret Scobey et le vice-président américain Joe Biden ont également participé à cette réunion par liaison vidéo. Des déclarations qui montrent toujours une position confuse mais souple de l’Administration américaine. « J’appelle le gouvernement égyptien à profiter de l’occasion pour faire des réformes sur le plan social et économique (…) les USA espèrent que l’Egypte pourra récupérer rapidement sa stabilité et sa sécurité car elle représente une force équilibrée dans la région », dit le président Barak Obama. Des hésitations même dans les déclarations. La chef de la diplomatie, Hillary Clinton, a qualifié au début des manifestations le régime Moubarak de « stable ». Quatre jours après, devant les manifestations toujours violentes, elle change un peu de ton, demandant au régime de « faire tout ce qui est en son pouvoir pour réfréner les forces de l’ordre ».
Des positions qui ne sont pas suffisantes aux yeux des manifestants. En effet, il y a une grande différence entre la position américaine envers les événements qui ont eu lieu en Tunisie et ce qui se passe en Egypte. Le ton américain était très fort envers Ben Ali pour réaliser des réformes. Obama a même envoyé plusieurs délégués américains en Tunisie lors des manifestations, pour discuter de la crise. Pour l’Egypte, ces délégués ont été jusqu’à ces jours absents.
Les USA à la recherche de compromis
Pour plusieurs analystes, Obama tente un compromis. Hosni Moubarak est le principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe. Le rôle régional de l’Egypte est toujours accusé qu’il est au service des intérêts américains dans la région. L’armée égyptienne a bénéficié l’an dernier de subventions américaines à hauteur d’1,3 milliard de dollars.
Les organisations représentant la communauté arabe aux Etats-Unis ont même critiqué cette position américaine. « Il est temps pour le gouvernement américain de se mettre du côté du peuple (...) M. Moubarak partira, c’est une question de temps ».dit l’imam Aly Lela, membre d’une organisation islamique de Detroit, où vit la plus importante communauté arabe aux Etats-Unis. Emad Hammad, le responsable du Comité arabo-américain contre la discrimination, indique : « J’espère que les Etats-Unis soit sensible aux intérêts et aux besoins du peuple égyptien, et pas seulement à ceux de son gouvernement ».
Selon Yousri Al-Ezabawy, politologue au Centre des Etudes Stratégiques et Politiques (CEPS) d’Al-Ahram, la position de Washington est très ambiguë. Il est évident que les Etats-Unis insistent à soutenir le régime jusqu’à la dernière minute.
« Il y a plusieurs déterminants qui précisent la relation entre Washington et l’Egypte ».
Le déterminant principal, selon Ezabawy, c’est la sécurité d’Israël. Le lobby israélien mène des pressions en faveur du régime actuel. Son changement représente un cauchemar pour l’Etat hébreu. Un haut responsable sécuritaire cité par la radio publique a exprimé sa préoccupation devant une « montée en force d’éléments extrémistes en Egypte », en allusion aux Frères musulmans, opposés aux accords de paix entre ce pays et Israël.
« Un tel développement obligerait Israël à réviser de fond en comble ses conceptions stratégiques militaires », en déployant des forces sur la frontière avec l’Egypte.
L’alternance c’est la confrérie. C’est la propagande avec laquelle le régime actuel a tant effrayé Washington. Il existe, selon les spécialistes, des craintes du gouvernement de l’après-Moubarak, surtout s’il comprend des figures des Frères musulmans qui refusent catégoriquement la politique américaine. Donc, l’Administration américaine ne se positionne pas complètement contre le régime de Moubarak, peut-être dans l’espoir que celui-ci puisse se rattraper.
La nomination de Omar Soliman au poste de vice-président d’Egypte les rassure un peu. C’est l’homme-clé qui a joué un rôle clé dans les contacts israélo-palestiniens et qui est hautement considéré par Israël, ce qui leur a donné du soupir.
Mais de l’autre côté, un autre camp exerce des pressions inverses sur Obama pour la part de la rue. Selon Hussein Abdel-Razeq, secrétaire général du parti du Tagammoe, le Congrès et le Parti républicain exercent des pressions continuelles sur Obama pour prendre des positions sévères contre le régime égyptien.
Alors, soutenir ces révoltes du peuple égyptien ou soutenir un allié assez important dans la région, il est actuellement difficile de décider.
Moustapha Kamel Al-Sayed, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, explique le comportement américain actuel comme étant diplomatique : « Les Etats-Unis agissent de manière assez diplomatique entre le gouvernement et les manifestants. Sans faire des déclarations directes contre Moubarak, les USA appellent à respecter les libertés, à ne pas accéder à la violence et critiquent la coupure des services de communications ».
Sans aucun doute, la chute du régime égyptien est la chute de toute la politique étrangère. Selon les spécialistes, aucun nouveau régime ne réalisera des gains pour les Américains.
Inquiétude autour des antiquités du Musée égyptien du Caire
En marge des manifestations pour le départ du président égyptien, Hosni Moubarak, du pouvoir, des pillards se sont introduits, vendredi, dans le Musée égyptien du Caire, qui abrite quelque 150 000 pièces, dont l'incomparable trésor de Toutankhamon. Mercredi, des cocktails Molotov ont atterri dans les jardins du musée, sans faire de dégâts a priori, lors d'affrontements entre partisans et opposants à Hosni Moubarak."Le musée a été épargné jusqu'à présent, mais nous ne savons pas comment les choses vont évoluer, car les partisans de Moubarak échappent à tout contrôle", a dit, sous couvert de l'anonymat, un égyptologue en contact avec le Conseil suprême des antiquités en Egypte. L'armée tentait d'éteindre les flammes, a indiqué le ministère de la défense.
"LES GENS SONT TRÈS FIERS DE LEUR HÉRITAGE"
Les égyptologues gardent en mémoire le chaos survenu à Bagdad en 2003 après la chute de Saddam Hussein. Des milliers de pièces millénaires avaient alors été pillées ou détruites. "La situation survenue lors de la chute de Bagdad est le pire scénario possible, mais nous pensons qu'il ne se produira pas, car il y a un tel élan pour protéger les antiquités", a déclaré mercredi Karen Exell, présidente de la Société britannique d'exploration égyptienne et conservatrice de la collection Egypte au musée de Manchester.
Pro-Moubarak vs Anti-Moubarak
envoyé par lemondefr. - L'info video en direct.
Le Musée Petrie d'archéologie égyptienne, à Londres, a pour sa part publié ce communiqué: "Nous tous qui sommes des amis de l'Egypte pouvons contribuer aux efforts destinés à empêcher le pillage des sites archéologiques, des collections et des musées, en portant notre attention sur le commerce international des antiquités." Karen Exell dit qu'une alerte internationale a été lancée pour déceler d'éventuelles pièces volées. Certains archéologues, notamment une équipe espagnole, ont proposé leur aide pour recenser les objets volés.
Le Parlement européen commémore le génocide des Roms sous le nazisme
Le gouvernement pour une hausse "juste et contrôlée" des prix alimentaires
La hausse des matières premières agricoles est due en partie à des aléas climatiques et, selon Paris, à la spéculation, un argument qui lui a valu un différend avec Bruxelles. Sous la pression de Paris, la Commission européenne a d'ailleurs reconnu mercredi un lien entre certaines activités financières et l'envolée des prix des matières premières, notamment agricoles, mais refuse néanmoins d'expliquer cette dernière par la seule spéculation financière.
LA VIANDE EN LIGNE DE MIRE
Mais les prix augmenteront bien, en particulier pour la volaille et la viande porcine et bovine, a confirmé Bruno Le Maire, soulignant que les produits issus de l'alimentation animale avaient augmenté de près de 40 % en un an et représentaient de 60 à 70 % du coût de production dans l'élevage. "L'enjeu de cette répercussion des prix sur les produits de l'élevage, c'est la survie des producteurs agricoles en France, c'est la survie de milliers d'éleveurs dans notre pays", a-t-il dit.
"On ne peut accepter tout type de hausse", a rétorqué Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat chargé de la consommation, soulignant que la partie des matières premières était infime dans un certain nombre de produits comme la baguette de pain. Les deux ministres ont indiqué qu'ils réuniraient à nouveau en février l'ensemble de la filière "pour vérifier que les négociations ont bien abouti sur les autres produits transformés".
Une proposition de loi pour imposer plus de transparence dans les sondages
La commission des lois du Sénat a adopté, mercredi 2 février, à l'unanimité une proposition de loi de Hugues Portelli (UMP) avec pour rapporteur Jean-Pierre Sueur (PS) comportant une série de mesures pour rendre plus transparents et rigoureux les sondages politiques. Si le texte est adoptée par le Sénat, le 14 février, puis par l'Assemblée nationale, il modifierait les obligations des sondeurs et des médias.
Etendre les obligations liées aux "sondages politiques". Cette appellation "sondages politiques" serait définie et appliquée, pour ne pas induire en erreur la population. En effet, actuellement, certaines études échappent aux obligations appliquées par exemple aux sondages d'intentions de vote : échantillon représentatif, publication d'une notice méthodologique... Ces obligations s'appliqueraient désormais à tous les "sondages politiques", y compris ceux sur le bien-fondé de réformes, beaucoup utilisés dans la presse. Le rapport des deux sénateurs citait l'exemple d'une étude Ipsos de juin 2009 sur la future réforme des collectivités territoriales. Mais aussi sur le vaccin contre la grippe ou sur l'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie. Les études qui ne correspondraient pas aux critères – des simples "consultations" du type "question du jour" ou "votre avis nous intéresse" ne pourraient s'appeler "sondages" indûment. "C'est la sincérité du débat politique dans son ensemble qu'il convient ainsi de préserver", estiment les rapporteurs.
Préciser l'acheteur et le commanditaire d'un sondage. Les rapporteurs prévoyaient la publication d'une mention obligatoire "dans l'éventualité – assez rare il est vrai – où l'acheteur du sondage est différent du commanditaire". Il semble que cette mesure soit en une réponse à l'affaire des sondages de l'Elysée : la Cour des comptes s'était étonnée que la présidence ait commandé des études alors que leurs résultats étaient également publiés dans la presse. La société des rédacteurs du Figaro avait estimé qu'il existait une forme de "coproduction" des sondages, dangereuse ; accusation démentie à l'époque par le directeur, Etienne Mougeotte.
En se gardant de citer l'affaire des sondages de l'Elysée, les rapporteurs écrivaient : "Il a pu arriver que la personne qui achète le sondage ne soit pas celui qui l'a commandé, cette dernière souhaitant rester discrète et s'abriter, par exemple, derrière une association." Et préconisaient que "toute la chaîne" soit désormais connue du public, notamment dans le cas des études "omnibus", dont les questions sont payées par des donneurs d'ordre différents, pour réduire les coûts.
Publier les données non "redressées". C'est un point très polémique. Il s'intéresse aux méthodes de redressement, un sujet sensible depuis des années. Ces techniques permettent aux sondeurs de corriger les "données brutes" des réponses des sondés, pour prendre en compte notamment leur propension à ne pas dire la vérité dans certains cas. Le plus emblématique étant le score du Front national, toujours revu à la hausse a posteriori. Pour ce faire, les sondeurs expliquent qu'ils utilisent les scores des vrais scrutins, comparés aux données brutes, et qu'ils arrivent à de bons résultats.
Les rapporteurs veulent obliger les instituts à publier leurs méthodes de redressement, voire leurs données brutes. Une proposition déjà vivement combattue par certains sondeurs et politologues, dont Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). "Il peut y avoir des débats sur la manière de redresser, mais pourquoi publier des chiffres bruts dont on sait de manière absolue qu'ils sont faux", fait valoir Jean-François Doridot, directeur général de Ipsos Public Affairs, interrogé par Slate.fr. Pour certains sondeurs, il est illusoire de chercher des biais cachés dans les chiffres des études, et beaucoup d'erreurs viennent des interprétations faites, notamment dans la presse.
Mais les méthodes de redressement sont réellement un point sensible, qui touchent aux "recettes" de chaque institut, gardées jalousement sur un marché concurrentiel. Elles ont parfois fait l'objet de vrais débats, notamment lors de la présidentielle 2007, lorsque l'institut CSA donnait des intentions de vote pour Jean-Marie Le Pen supérieures aux autres instituts.
Interdire la "gratification" des sondés. C'est un autre point polémique. Le rapport préconise d'interdire "aux personnes interrogées de recevoir une gratification de quelque nature que ce soit". Il arrive parfois, notamment lorsque l'enquête est effectuée par Internet, que les sondés reçoivent des bons d'achats pour leur participation. L'idée des rapporteurs serait de partir du principe que répondre à un sondage est un geste "citoyen". Cette proposition est jugée "idiote" par Pascal Perrineau, cité par le JDD.fr : "Nous leur demandons un vrai travail, c'est normal qu'il y ait une rémunération, même légère, mais une rémunération, qui est un instrument de fidélisation."
"Dans les enquêtes sur Internet notamment, il est important de réguler cette pratique, estime la députée socialiste Delphine Batho. Des gens m'ont raconté qu'ils vivaient presque grâce aux rémunérations des études, ce qui en fait des professionnels du sondage plus que des personnes représentatives de la population."
Réglementer les sondages de second tour. C'est un point également sensible depuis longtemps, mais probablement moins difficile à faire adopter. Un cas récent a été commenté : un sondage donnait Martine Aubry battant Dominique Strauss-Kahn au second tour de la primaire socialiste, mais elle n'aurait pourtant pas été qualifiée au premier tour, arrivant troisième, selon ce même sondage. "C'est trompeur", estime Delphine Batho. Les partisans de Ségolène Royal, mais ils ne sont pas les seuls, se rappellent aussi les sondages de second tour qui, lors de la campagne présidentielle de 2007, testaient François Bayrou, alors que celui-ci restait troisième au premier tour.
Les rapporteurs proposent de ne plus faire des sondages de second tour sur des hypothèses qui ne correspondent pas aux résultats du premier tour.
Renforcement des contrôles des sondages a priori. Il est également proposé de ne plus contrôler les sondages seulement a posteriori, dans la période sensible du dernier mois avant le premier tour. Les instituts devraient donc envoyer, avant publication dans la presse, les données de leurs études à la Commission des sondages. Celle-ci pourrait émettre des avis que les médias seraient obligées de publier en même temps que le sondage.
Etendre les pouvoirs et l'indépendance de la Commission des sondages. Les parlementaires Sueur et Portelli préconisent une modification de la composition de cette institution, dont l'action est jugée trop timide : six magistrats – au lieu de neuf aujourd'hui – et cinq personnalités qualifiées (contre deux). Delphine Batho salue également l'interdiction faite aux membres d'avoir travaillé pour l'industrie des sondages dans les trois années précédentes, pour éviter que le contrôle soit une "autorégulation".
Le texte demande également que les mises au point soient largement diffusées, et envisagent un délit d'entrave à son action. Ils veulent également établir son autonomie budgétaire, garant de son "indépendance".



















