TOUT EST DIT

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mardi 23 novembre 2010

Une vision du développement


Le dernier rapport du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) apporte un lot de bonnes nouvelles. On se souvient que, depuis 1970, les travaux statistiques du PNUD portent sur un concept de développement qui inclut non seulement les revenus mais aussi une mesure de la santé via l'espérance de vie à la naissance et une mesure du niveau culturel via la durée moyenne de scolarisation. La vision du développement ainsi conçue est nettement plus large et complète que celle donnée par les seuls indicateurs économiques traditionnels. C'est pourquoi on l'appelle IDH, indice de développement humain. A cette aune, sur 169 pays évalués, la Norvège est numéro 1, les Etats-Unis numéro 4, la France numéro 14, la Chine numéro 89. Parmi les trente derniers, hélas, 28 pays africains.


Plus largement, le rapport 2010 livre deux enseignements positifs : d'une part, l'IDH a progressé en moyenne de 41 % dans le monde depuis 1970, dont 18 % depuis 1990. D'autre part, l'amélioration très nette des indicateurs relatifs à la santé et à l'éducation n'est pas corrélée avec l'indicateur de revenus, ce qui signifie que les facteurs de gouvernance, d'organisation, de culture, peuvent améliorer une situation même lorsque les capacités financières sont affectées par la conjoncture. Ce point est confirmé par le fait que les trois seuls pays dont l'IDH a régressé depuis 1970, la République démocratique du Congo, la Zambie et le Zimbabwe, sont des pays qui ont connu, soit des guerres civiles, soit des gouvernances désastreuses.


Parmi les nombreuses indications passionnantes de ce rapport, on relèvera aussi qu'il avoue ne pas être capable d'affirmer si oui ou non les inégalités ont progressé au cours des dernières décennies. Il cite très honnêtement des études qui concluent en sens opposé. Sur ce sujet hautement conflictuel au plan politique, un tel aveu ne manque pas d'étonner. Enfin, il faut hélas terminer sur un sujet inquiétant. Le rapport souligne maintes fois que la soutenabilité à long terme du modèle actuel de développement économique est hautement improbable.

Un smiley n'est pas une preuve d'humour

Vendredi 19 novembre, le conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt a tranché en faveur de la société Alten dans une affaire dite de "licenciement Facebook" : trois salariés de l'entreprise, qui s'étaient moqués de leur hiérarchie sur le réseau social, avaient été mis à pied, puis licenciés pour "incitation à la rébellion" et "dénigrement de l'entreprise".
La décision du conseil des prud'hommes actait le fait qu'une page Facebook n'est pas de nature privée, du moins si l'on utilise les réglages par défaut qu'offre le site. Les propos qui ont valu à trois salariés un licenciement ont été publiés sur la page de l'un d'entre eux, qui était accessible aux "amis de ses amis" ; dans sa décision, le conseil des prud'hommes a estimé que cette page ne pouvait donc pas être considérée comme privée.
Mais au-delà des débats sur les limites du domaine privé en ligne et de la liberté d'expression des salariés, la décision des prud'hommes fixe une autre limite : une émoticône, ou smiley, n'apporte pas la preuve qu'un propos a un caractère humoristique.
C'était en effet le deuxième argument utilisé par les salariés et leurs avocats : outre la nature privée, estimaient-ils, de la page, ils expliquaient que ces propos étaient une simple plaisanterie : "Si ces propos pouvaient être un motif de licenciement, ils ne constituaient pas un dénigrement de l'entreprise et n'avaient qu'un but humoristique, démontré par l'usage du smiley et d'onomatopées dans le cadre d'échanges entre salariés et anciens salariés", résume l'exposé du litige, que Le Monde.fr a pu consulter.
UNE PONCTUATION DE L'HUMOUR
La paternité de l'émoticône est attribuée à Scott Fahlman, aujourd'hui professeur d'informatique à l'université de Carnegie Mellon. Au début des années 1980, confronté à d'interminables débats sur les forums de discussion de l'université, Scott Fahlman crée une sorte de signe de ponctuation qui pourrait être utilisé pour marquer l'ironie et le second degré, dans le but de limiter les incompréhensions sur des forums aux fonctionnalités très basiques. Le signe ":-)" est né, et sera suivi par de nombreuses variantes censées exprimer la tristesse, la joie, la colère…
Mais pour le conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt, l'utilisation seule du smiley ne prouve pas le caractère humoristique d'un propos : tout écrit doit s'analyser dans un contexte. Dans le fil de discussion qui a entraîné les licenciements, un salarié décrivait un "rite" permettant d'entrer dans un "club des néfastes", consistant à se moquer et à "rendre la vie impossible" à une responsable de l'entreprise. En écrivant pour l'une qu'elle allait s'assurer du respect du "rite", pour l'autre "bienvenue dans le club", les deux salariées ayant saisi les prud'hommes ont cautionné ces propos, a estimé le conseil.
"Dans ce contexte, l'usage des smileys et d'onomatopées dans les propos échangés ne peut en rien permettre de les qualifier d'humoristiques", détaille la décision, qui fait également allusion à une phrase se terminant par "hi hi hi", qui "ne peut être interprétée comme humoristique dans ce contexte".
Dès lors, où se situe la limite entre l'humour et les propos abusifs ? En dernier recours, c'est toujours le tribunal qui tranche, en appréciant un contexte dont l'émoticône n'est qu'un élément. "Les salariés doivent faire extrêmement attention à ce qu'ils disent de manière humoristique ou pas", résumait vendredi Me Grégory Saint-Michel, l'avocat des deux salariées.
 

L'acteur Julien Guiomar est mort

L'acteur Julien Guiomar, qui a joué dans une soixantaine de films ainsi qu'au théâtre, est mort dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 82 ans, a annoncé son agent. Il était le colonel Vincent dans Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré (1983), le commissaire Bloret dans Les Ripoux (1984) et Jacques Tricatel dans L'Aile ou la Cuisse (1976), deux films de Claude Zidi.

L'acteur s'était fait connaître en incarnant un colonel grec dans Z, de Costa-Gavras, en 1969. La même année, il incarnait le curé espagnol dans La Voie lactée de Luis Buñuel et jouait aussi dans La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan. Il joue également dans Les Mariés de l'an II de Jean-Paul Rappeneau en 1971, puis dans Souvenirs d'en France d'André Téchiné (1975), Mado de Claude Sautet (1976). Il a également tourné plusieurs films avec Philippe de Broca.


UN ACTEUR POLYVALENT

Né à Morlaix (Finistère) le 3 mai 1928, il avait suivi des cours de comédie et participé à l'aventure du Théâtre national populaire avec Jean Vilar, notamment au Festival d'Avigon en 1959 dans Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare et Mère Courage de Bertold Brecht.

Il a continué de monter sur les planches en même temps qu'il tournait pour le cinéma. Julien Guiomar a aussi joué à la télévision Le Capitaine Fracasse de François Chatel ou La Case de l'oncle Tom de Jean-Christophe Averty dans le cadre du Théâtre de la jeunesse ou dans des feuilletons.

lundi 22 novembre 2010

L’iPad à moitié prix pour Noël



L'UE au chevet de l'Irlande


Karachi: ce que peut Sarkozy




Bruxelles élabore un catalogue pour la sécurité intérieure de l'Union

La Commission de Bruxelles a présenté, lundi 22 novembre, sa "stratégie de sécurité intérieure pour l'Union européenne". Un texte qui comprend, affirment ses promoteurs, "quarante et une actions ciblées" mais qui s'apparente aussi à un vaste catalogue, dont il n'est pas certain qu'il pourra être totalement concrétisé.
L'objectif fixé est ambitieux : après la mise en place d'un service d'action diplomatique chargé de l'action extérieure, il conviendrait, cette fois, de renforcer la sécurité intérieure, celle "des citoyens, des échanges et des entreprises". Les principales cibles désignées sont les réseaux criminels transfrontaliers – dont le Fonds monétaire international (FMI) estime qu'ils génèrent des profits équivalant à 5 % de la richesse mondiale – les groupes terroristes ou les cybercriminels, qui menacent tous les réseaux informatiques, publics et privés.
Ces diverses formes de criminalité sont évidemment déjà réprimées au niveau des Etats. Ou visées par plusieurs mesures coordonnées au niveau européen (le mandat d'arrêt européen, les équipes conjointes d'enquêteurs, la coordination judiciaire, policière ou antiterroriste, etc.). "Toutefois, il n'y a jamais eu de tentative pour relier toutes ces pratiques et les inclure dans une stratégie cohérente et globale", affirme la Commission. D'où sa proposition, qui sera discutée avec le Conseil et le Parlement européens.
CINQ OBJECTIFS MAJEURS
Cinq objectifs majeurs sont retenus et parfois assortis de propositions concrètes. Pour aider les Etats à mieux combattre l'activité des réseaux criminels, Bruxelles proposera, en 2011, une directive organisant une confiscation plus rapide des biens des trafiquants.
Elle suggère aussi, à l'instar de ce qui existe aux Etats-Unis, une banque de données sur les passagers (PNR) et entend mieux aider les Etats membres à lutter contre la corruption.
Dans le domaine du terrorisme, en s'inspirant aussi de l'exemple américain (le programme TFTP), la stratégie évoque la mise en place d'un programme européen de repérage des flux financiers et d'un nouveau réseau censé coordonner et promouvoir la lutte contre la radicalisation. Une nouvelle politique sur la sécurité des transports (aériens et terrestres) devrait également voir le jour.
LUTTE CONTRE LA CYBERCRIMINALITÉ
Soucieuse du développement de la piraterie informatique, Bruxelles veut créer un centre européen de lutte contre la cybercriminalité en 2013, mettre en place des équipes de riposte rapide, ainsi qu'un réseau d'alerte commun aux Vingt-Sept.
Le contrôle des frontières extérieures devrait être également renforcé, avec la création d'un système commun de surveillance (Eurosur) dès 2011, une meilleure prévention de certain trafics et la possibilité pour Frontex, l'actuelle agence de surveillance, d'accéder à un réseau de données sur les personnes entrant et sortant de l'UE.
Enfin, la Commission veut développer les capacités de riposte commune en cas de désastre naturel ou de catastrophe avec, à la clé, une clause d'assistance mutuelle qui obligerait tous les Etats à aider celui qui, parmi eux, serait en difficulté.

A Bruxelles, "l'égérie du Web djihadiste" condamnée à huit ans de détention

Malika El-Aroud, principale inculpée dans un procès de terrorisme islamiste a été condamnée, lundi 10 mai, à huit années de détention par le tribunal correctionnel de Bruxelles. Les complices de celle qui a été appelée "l'égérie du Web djihadiste", pour ses appels à la guerre sainte et son soutien à Oussama Ben Laden, était jugée en même temps qu'un groupe de huit personnes dont la plupart ont écopé de peines s'échelonnant de quarante mois à huit années de détention.

Moez Garsallaoui, le mari de Malika El-Aroud, en fuite et probablement actif dans la zone pakistano-afghane, a été condamné à la même peine que son épouse. Hicham Beyayo, dont la justice pense qu'il avait préparé à un attentat de type kamikaze en Belgique, a été condamné à cinq années de détention.
Comme Mme El-Aroud et son époux, ce jeune homme qui a séjourné en Afghanistan et en serait rentré "déçu" a été jugé coupable d'avoir co-dirigé et financé une filière d'envoi de combattants islamistes dans la zone frontalière entre le Pakistan et l'Afghanistan.
LIENS DIRECTS AVEC AL-QAIDA
Deux autres membres du groupe ont admis avoir subi un entraînement militaire au Pakistan, mais ont nié tout projet d'action terroriste. Un seul prévenu a été relaxé, sa participation consciente aux actions de la cellule n'ayant pu être prouvée.
Le tribunal correctionnel, dans un très long jugement, a conclu que le groupe avait des liens directs avec Al-Qaida. Il aurait préparé des attentats en Afghanistan et peut-être ailleurs. La cellule avait été démantelée à la fin de l'année 2008, à un moment où les autorités belges évoquaient une attaque terroriste imminente.
Mme El-Aroud, une Belge d'origine marocaine, avait affirmé, durant les audiences qu'elle était " ontre le terrorisme sous toutes ses formes mais pour le djihad". Ses avocats avaient évoqué un "djihad défensif", un "devoir des musulmans". Ils niaient que leur cliente ait fourni de l'argent ou apporté une quelconque aide logistique à des combattants d'Al-Qaida.
Dans son réquisitoire, le procureur avait en revanche estimé qu'il ne s'agissait pas, pour le groupe, de défendre le peuple afghan mais de mener la guerre sainte à l'échelle mondiale. Et pour le magistrat, la propagande virulente de Mme El-Aroud avait bel et bien contribué au conditionnement de combattants, dont Hamza El-Alami, un jeune homme de 20 ans, originaire d'Annecy et mort en Afghanistan.
Huit années de détention "au minimum" avaient donc été réclamées contre la militante islamiste, connue depuis 2001 pour avoir été, par ailleurs, l'épouse de l'un des assassins du commandant Ahmed Shah Massoud, leader de la résistance antitalibans en Afghanistan. La peine maximale prévue par le droit belge dans des affaires d'appartenance à un groupe terroriste est de dix années.
Jean-Pierre Stroobants

Primaire socialiste : la longue liste des prétendants

À dix-huit mois de l'élection présidentielle, seuls Manuel Valls et Arnaud Montebourg ont pour l'instant confirmé leur candidature à l'investiture socialiste. Mais derrière eux, une dizaine de prétendants est déjà en lice.

● Les favoris

Dominique Strauss-Kahn. Candidat malheureux à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007, DSK est aujourd'hui le grand favori des sondages. L'actuel directeur du FMI se voit toutefois très contesté au sein de la gauche, où de nombreux cadres et militants lui reprochent des positions trop libérales. Astreint à un devoir de réserve, Dominique Strauss-Kahn ne devrait lever le voile sur ses intentions qu'au tout dernier moment, lorsque le dépôt des candidatures sera officiellement ouvert, en juin 2011. 

Martine Aubry. Patronne des socialistes depuis deux ans, la maire de Lille n'exclut rien pour la présidentielle. Une chose semble toutefois acquise : à moins d'un rebondissement de dernière minute, Martine Aubry ne devrait pas être candidate si DSK décide de se présenter. «Ce sera Aubry ou Strauss-Kahn, Strauss-Kahn ou Aubry», a ainsi indiqué à plusieurs reprises l'un de ses proches, le député Claude Bartolone. Selon un sondage Ifop, elle est en tout cas perçue comme la présidentiable «la plus fidèle aux valeurs de la gauche».

Ségolène Royal. En s'inclinant face à Martine Aubry au Congrès de Reims de 2008, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 a considérablement perdu du terrain face à sa rivale, mais conserve de nombreux adeptes au sein du Parti, et continue de cultiver son jardin personnel, «Désirs d'avenir». Si elle n'exprime pour l'instant que peu d'envie de se représenter, Royal n'a encore rien écarté, et espère remonter dans les sondages en jouant le jeu de l'unité prôné par Martine Aubry.

François Hollande. Il n'a pas encore déclaré officiellement sa candidature, mais l'ancien numéro un du PS ne fait que peu de mystères de ses intentions, et tente pour l'instant de soigner son image. «Je ne suis pas dans le calcul des probabilités. Je fais en sorte de pouvoir être candidat», affirme-t-il sans détour. Son pari : jouer une musique différente de celle de Martine Aubry, qu'il rêve d'affronter si Dominique Strauss-Kahn ne se présente pas.

● Les candidats déclarés

 Manuel Valls. Pour combler son important déficit médiatique sur ses probables concurrents, le député maire d'Evry a fait un choix : se déclarer candidat dès juin 2009, soit près de trois ans avant l'échéance. Classé dans «l'aile droite» du PS, Valls, 48 ans, veut représenter «une nouvelle génération à gauche, moderne et imaginative». L'élu essonnais espère se démarquer en convaincant les Français que son projet est «plus crédible» que ceux de ses concurrents.

Arnaud Montebourg. Ardent promoteur de la primaire socialiste,le député de Saône-et-Loire ne se contentera pas d'en être le principal architecte. Après quinze années passées à l'Assemblée nationale, celui qui s'était interrogé en 2007 sur ses chances personnelles, avant de rallier le camp Royal, «rêve» cette fois de passer à l'étape supérieure.
 ● Les observateurs et les indécis

Jean-Louis Bianco. Ancien lieutenant de Ségolène Royal, le député plaidait en début d'année en faveur d'une «vaste coalition de progrès» dans la perspective de 2012. «Le temps n'est plus aux pusillanimités politiciennes», écrivait-il notamment dans un texte cosigné par dix-sept personnalités socialistes. Quelques mois plus tard, ses intentions personnelles ont quelque peu évolué. Jugeant qu'«il n'y a pas d'idées fortes dans le projet d'Aubry», l'auteur de Si j'étais président n'exclut pas de se présenter. J'ai «une voix à faire entendre pour développer des idées et une méthode qui me sont propres», répète l'ancien secrétaire général de l'Elysée.

Benoît Hamon. Principal représentant de «l'aile gauche» du PS avec Henri Emmanuelli, le porte-parole de la Rue de Solférino n'a aucune envie de devoir soutenir DSK si celui-ci venait à se présenter à la primaire socialiste et à en sortir gagnant. A tel point que si le directeur du FMI se porte candidat et que Martine Aubry lui laisse le champ libre, Hamon pourrait décider de l'affronter lui-même, assurent ses proches. En attendant, les strauss-kahniens reprochent à Martine Aubry d'inciter en coulisses Benoît Hamon à mettre la barre à gauche, pour compliquer la candidature de son rival et ainsi de faciliter sa tâche.

Pierre Moscovici et Gérard Collomb. Ils sont les plus ardents défenseurs d'une candidature Strauss-Kahn, mais le député du Doubs et le maire de Lyon ont déjà annoncé chacun que si leur favori renonçait à revenir en France, il faudrait compter sur eux. Et Moscovici d'accuser la direction du PS de «faire des promesses que l'on sait ne pas pouvoir tenir», ou Collomb d'appeler DSK à «envoyer des signaux maintenant» pour «faire bouger la ligne du PS, pour ne pas qu'elle soit trop proche de Besancenot».
 ● Les improbables

Christian Pierret. Ancien secrétaire d'Etat à l'Industrie dans le gouvernement Jospin, le maire de Saint-Dié-des-Vosges a créé la surprise en annonçant, courant septembre, sa candidature. «Porteur d'une social-démocratie décomplexée», cet inconnu du grand public dit avoir «des idées nouvelles» et promet d'aller «jusqu'au bout».

Daniel Le Scornet. Initiateur de la Couverture maladie universelle (CMU), cet ancien président des Mutuelles de France s'est déclaré candidat dans une étonnante vidéo postée début octobre sur Youtube. Son ambition, elle, semble encore floue : «Sortir d'une certaine hypocrisie» et «prendre part à une véritable révolution démocratique».

Hacène Mezrag. Militant à Tourcoing, il se dit prêt à «symboliquement» se porter candidat «s'il n'y a pas de candidature de la diversité». Ancien partisan de Ségolène Royal, Hacène Mezrag, 34 ans, dit avoir reçu le soutien d'élu locaux et d'un député européen, et tente de combler son déficit de notoriété en mettant en avant dans la presse lilloise ses études à la London Business School, «la meilleure école du monde selon le Financial Times».

Jean Mallot. Député de Saint-Pourçain-sur-Sioule, en Allier, il est le candidat du web. Dans une vidéo postée fin septembre sur Dailymotion et titrée «Jean Mallot 2012», l'élu socialiste raillait sur un ton improbable la politique de Nicolas Sarkozy, et se présentait comme «un grand président pour la France». Début novembre, Jean Mallot récidive en postantune seconde vidéo, dans laquelle il affirme cette fois n'avoir «aucun humour». «Les médias ne s'intéressent pas encore au candidat sérieux. Et pourtant, je suis prêt à me dévouer, pour vous», lançait-t-il. Alors est-une simple blague ? L'intéressé a beau démentir, les observateurs en sont persuadés.




OUF !! IL MA FAUDRA UN SACRÉ CADDIE POUR Y METTRE TOUT ÇA !!!!

Alain Juppé



Chargé des Armées et des Anciens Combattants dans le nouveau gouvernement Fillon, le maire de Bordeaux va pouvoir prouver que ses capacités en matière de défense ne sont pas réservées aux seuls tribunaux. A peine achevée la période de purgatoire au Québec que lui a value sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac avait renoncé à sa « Tentation de Venise » et réactivé les canaux de son ambition. Quatre ans après sa résurrection municipale sur les bords de la Garonne, et malgré un premier retour manqué sur la scène nationale en 2007, le Landais a choisi de remonter dans la capitale, reprenant le chemin qu'il avait suivi jadis pour venir faire Normale sup et l'ENA. Avoir débuté au cabinet de Jacques Chirac à Matignon en 1976 avant de se faire élire député de Montmartre et de tâter de trois ministères vaut son pesant d'expérience, mais c'est vers son propre avenir que regarde toujours, à soixante-cinq ans, celui qui fit savoir au printemps dernier qu'il était si besoin disponible pour la prochaine présidentielle. Prudent, l'admirateur de Montesquieu a effacé sur son blog les articles trop critiques envers le locataire de l'Elysée. Il peut en revanche se flatter, en ayant été un des tout premiers à droite à s'en prendre au bouclier fiscal, d'avoir fait preuve d'un belle prémonition en même temps que d'un intérêt précoce pour les équipements à vocation militaire

Montebourg candidat au PS : Audrey Pulvar privée d'i-TELE

Audrey Pulvar doit composer avec les ambitions nationales de son compagnon, . Son émission politique sur i-TELE, «Audrey Pulvar Soir», a été suspendue par la chaîne «en raison de la déclaration de candidature d'Arnaud Montebourg (ndlr, son compagnon) aux primaires du PS » pour la présidence de la République en 2012, a annoncé lundi i-TELE.


  Sur le site de l'Express.fr, Pierre Fraidenraich, directeur général d’i-TELE, assure que «l’impartialité d’Audrey Pulvar ne peut être, naturellement, mise en cause, mais il était de notre responsabilité d’éviter une confusion des genres préjudiciable, tant pour l’intéressée que pour la chaîne». Dans un communiqué, la chaîne indique également travailler à «l'élaboration d'un nouveau format pour la chaîne» et la présentatrice.
Dans le passé, avait elle aussi abandonné la présentation de l’émission 7/7 de TF1 en 1997, avec l’arrivée de son époux Dominique Strauss-Kahn au ministère des Finances du gouvernement de Lionel Jospin. Plus récemment, Béatrice Schönberg, épouse de Jean-Louis Borloo, avait quitté la présentation du journal de 20 heures de France 2 lorsqu'il était devenu ministre.

Audrey Pulvar s'est déjà défendue de tout conflit d'intérêt peu après son arrivée à France Inter l'été dernier. Pour l'heure, la radio - sur laquelle travaille également la journaliste - n'a pas exprimée de position quant à un possible retrait de l'antenne d'Audrey Pulvar.

ENCORE UNE PREUVE DE LA COLLUSION DE LA POLITIQUE AVEC LES MEDIA. 
MAIS..SARKOZY N'EST PAS AVEC UNE JOURNALISTE, LUI, NON, C'EST DSK...QUEL IDIOT SUIS-JE DONC POUR ME TROMPER AINSI.

Un pas papal sans bulle

Benoît XVI est un habitué des petites phrases qui font tilt. Celle qu’il glisse dans son livre d’entretiens sur l’utilisation du préservatif « dans certains cas » est retentissante. C’est aussi la première, depuis son élection en 2005, qui choquera les fondamentalistes et non la frange de l’Église ouverte sur le monde. Jusqu’à présent, le pape avait toujours heurté de front les progressistes, en réhabilitant des évêques intégristes, voire négationnistes, en fustigeant l’Islam ou, à l’inverse de ce qu’il prône désormais, en affirmant que l’utilisation du préservatif aggravait l’épidémie de sida. Le changement de ton n’est pas anodin, même si le petit pas effectué est hésitant.


Pas d’homélie, pas de bulle : à Rome, on refuse – explicitement – de parler de « tournant révolutionnaire ». Rien, dans les propos du pape, ne permet d’ailleurs d’entrevoir un assouplissement de la morale officielle de l’Église, ce qui oblige le Vatican à un grand écart inconfortable : le préservatif n’est pas admis en tant que moyen de contraception, mais seulement pour protéger la vie de l’autre. C’est spécieux, comme pourrait dire un exégète… jésuite.


En résumé, l’ouverture papale consiste à entrebâiller une petite lucarne sur le monde plutôt que d’écarter en grand les portes du Vatican. C’est un geste contraint : Benoit XVI a pu constater, lors de ses voyages, que les positions les plus fermées ne sont pas tenables. En Afrique australe, où le sida fait des ravages, ses propos anti-préservatif avaient choqué jusqu’aux plus fervents chrétiens ; en Grande-Bretagne, les progressistes ont mobilisé des milliers de personnes pour exiger l’assouplissement de la doctrine vaticane, et même dans le fief catholique espagnol, il a été pris à partie. De toute façon, la grande majorité des Européens, même croyants, ne tient plus aucun compte, depuis belle lurette, des consignes religieuses prétendant régenter la vie privée.


Il était temps de donner un peu d’air à l’Église et de redorer le blason d’un pape qui a du mal à rassembler. L’exercice, même très prudent, est cependant risqué : il suffit parfois d’ouvrir un tout petit peu une fenêtre pour qu’un coup de vent vous l’envoie dans la figure. Pour les traditionnalistes purs et durs, le pape en a déjà trop fait, alors que pour les progressistes, il est urgent d’aérer en grand la doctrine de l’Église. Entre les deux, Benoît XVI se prépare des arbitrages délicats.

Karachi : Villepin revient sur ses déclarations




Le commentaire politique de Christophe Barbier


Novembre noir

« Mizdu ». Les Bretons appellent comme ça « le mois noir ». Celui où l'obscurité prend l'ascendant sur la lumière. Le temps des brumes assassines, des vents déchaînés et de la tempête. Novembre. Il faut croire que le climat politique s'est mis à l'heure de cet épisode hivernal sombre, froid, et peuplé de soupçons rôdant comme des elfes et des korrigans sur les territoires désolés de notre république.
Nulle complaisance neurasthénique dans ce constat clinique. La presse, et les éditorialistes en particulier, ne sont pas saisis par les effets secondaires d'on ne sait quel pessimisme congénital. Il faut bien s'y résoudre : notre démocratie ne va pas fort. L'ignorer n'y changera rien. Pire : la politique de l'autruche ne fera qu'aggraver une situation déjà délétère.
Chaque jour, l'actualité apporte son petit lot de révélations et d'accusations. Après le procès Clearstream et l'affaire Woerth-Bettencourt à peine essoufflée, voici que surgit le scandale Karachi, qui a pris ce week-end une ampleur inquiétante. La France, sidérée, le découvre par bribes successives sans parvenir à distinguer où passe la frontière, floue, entre la corruption et les suppositions. Entre le réel et le fantasme.
Notre pays découvre, un peu surpris quand même, les turpitudes ordinaires de son statut de vendeur d'armes planétaire et les conditions de l'inévitable troc engins-de-mort contre emplois. Mais le dégât le plus insidieux, c'est l'opacité qui le cause. Secret défense contre transparence, démentis lénifiants contre exaspérations des familles de victimes : l'impression de dissimulation est ravageuse. Imprégnée de cette certitude que l'essentiel reste caché, elle entretient le doute malsain qui mine la relation entre le citoyen et le pouvoir. La coupure profonde entre ceux qui savaient et les autres. Entre ceux qui feignent de ne pas avoir su et ceux qui leur demandent des comptes sur les rétrocommissions. Entre un État qui s'auto-protège jusqu'au bout et la quête de la vérité.
Les déchirements entre Sarkozystes et Villepinistes noircissent un peu plus encore ce tableau écorché par les états d'âme des centristes, et noyé dans l'ombre des interrogations anxiogènes d'une UMP effarée : jusqu'où ce règlement de comptes peut-il aller désormais, à coup de ministres désignés à la vindicte ?
La gauche aurait-elle fait mieux que la droite ? Rien n'est moins sûr tant la raison d'État - un concept de plus en plus contesté - est bien commode pour couvrir, sous tous les régimes, des pratiques inavouables. Derrière ses rodomontades de circonstance, le PS ne semble guère à l'aise sur ce dossier, divisé comme jamais avec cette liste de candidatures aux primaires qui s'allonge, et s'allonge encore jusqu'à lui barrer l'horizon.

Vous avez dit Mizdu ?


Dominos


La verte Irlande broie du noir. Ses rugbymen ont pris hier une déculottée contre les Blacks néo-zélandais. Et son économie est au bord du chaos. Et alors ? direz-vous, c'est loin, l'Irlande. Sans doute, mais puisque nous partageons la même monnaie, l'Irlande, c'est la France, et ses malheurs risquent à tout moment de devenir les nôtres. Ils se résument d'un mot, rigueur. On connaît, répondrez-vous… Certes, mais la rigueur « irlandaise » n'a rien de commun : baisse des salaires de fonctionnaires et du salaire minimum, hausses des impôts, réductions des allocations familiales et chômage… L'Irlande est loin, mais déjà plus proche que la Grèce, première touchée. Et après, dans la file des dominos, il y a le Portugal, l'Espagne, puis la France. « Nous sommes confrontés à une crise pour notre survie », dit le président de l'Europe, Herman Van Rompuy. Ce n'est malheureusement pas exagéré.

Un optimisme de combat


C'est bien connu, en France, nous sommes portés à nous dénigrer nous-mêmes. « Les Français se méprisent eux-mêmes », notait, il y a trente ans, l'écrivain Maria-Antonietta Machiocchi. Les choses n'ont guère changé. Ce trait révèle moins de la modestie qu'une réelle difficulté à estimer justement notre situation et nos capacités à relever les défis. Est-ce de l'idéalisme ou la marque d'un infantilisme qui susciterait une perpétuelle insatisfaction ? Difficile de dire. Le fait est que l'air du « tout va mal » revient comme une complainte.


Là, vous provoquez, dira-t-on. Oubliez-vous la gravité des temps actuels ?


Au contraire. C'est justement l'ampleur inédite des problèmes qui empêche de gémir sur tout. Car, ainsi, on confond la situation des personnes qui ont de vraies raisons de se plaindre de leur sort et celle des groupes, les plus nombreux, qui sont, eux, totalement ou relativement épargnés ? Si chacun s'érige en victime, sous quelque prétexte que ce soit, que deviennent les vraies victimes : les jeunes piétinant à la porte de l'emploi, les sans-emploi ou menacés de le perdre, les 12 millions de travailleurs pauvres et les mal-portants dont l'avenir risque de se clore... ? Si l'on mélange les catégories et les problèmes, on ne prêtera pas attention aux cas justifiant une mobilisation. À propos des retraites, par exemple, si la protestation avait porté exclusivement sur la pénibilité et non sur les 60 ans pour tous, elle eût été beaucoup plus efficace. Car c'était bien cela le vrai problème, tout de même !


Alors, faut-il adopter la devise du bon docteur Coué - « Tous les jours et à tout propos, tout va de mieux en mieux » - ou se convaincre que « tout va très bien, madame la marquise » ?


On a dit de l'optimiste que c'est quelqu'un qui manque d'informations. Il est aussi vrai que le pessimiste en sait trop jusqu'à s'en accabler. Et à force de s'obnubiler des problèmes, à commencer par les siens, il est du genre à regarder des deux côtés avant de traverser une rue à sens unique. Bref, la prudence désabusée finit en paralysie. L'optimiste de méthode, lui, n'est pas un bisounours. Le tragique ne lui échappe pas. Mais il en relève le défi en se disant, avec Péguy, que « ça ira mieux demain, demain matin », à condition de s'y mettre.


Ce qui suppose de faire la part des choses, de voir aussi ce qui marche et apporte de l'air frais, et de savoir relativiser nos problèmes par empathie (1), altruisme (2) et tout simplement décence. Satisfait ? Non. Inquiet ? Oui, mais de cette vraie inquiétude qui faisait dire à Newman : « Quand je suis heureux, je commence à être inquiet. » Et a fortiori lorsque les « conditions du bonheur » ne suffisent plus. Selon une enquête publiée en 2008, le revenu réel par habitant a triplé aux États-Unis depuis 1950, mais le pourcentage des personnes se disant heureuses a à peine augmenté. Au-delà de 15 000 dollars de revenu annuel, le taux de satisfaction n'augmente plus, voire régresse.


Talleyrand a dit que Chateaubriand, depuis qu'il n'entendait plus parler de lui, pensait être devenu sourd. Cette surdité n'est-elle pas aussi la nôtre ?



(1) Serge Tisseron, L'empathie au coeur du jeu social, Albin Michel.


(2) Philippe Kourilsky, Le temps de l'altruisme, Odile Jacob.

Les amis de mes amis...

La phrase s'affiche ces temps-ci sur les frontons des cinémas : « On ne peut pas avoir 500 millions d'amis sans se faire quelques ennemis. » C'est l'accroche de « The Social Network », le (remarquable) film retraçant la genèse de Facebook. Elle prend une nouvelle résonance au moment où un tribunal des prud'hommes vient de valider le licenciement de deux salariés d'Alten pour avoir « dénigré leur entreprise » sur le réseau social. Ce jugement est une première - le nombre d'articles et l'émoi qu'il suscite en sont la preuve -, mais, comme le rappelle un avocat spécialisé dans le droit du travail, « Facebook ne ressemble à rien d'existant ». Et avec lui tous les réseaux, de Twitter à Linkedin, en passant par Foursquare et d'innombrables autres. Au-delà de la problématique du droit ou non de critiquer ou de dénigrer son entreprise (qu'on se gardera bien de trancher ici en quelques lignes), ce jugement livre un enseignement majeur. Il rappelle l'impérieuse nécessité pour n'importe quel salarié, notamment d'une SSII, et plus largement pour n'importe quel citoyen, adulte, adolescent ou enfant, non pas tant de mesurer sa parole - chacun a heureusement le droit de penser ce qu‘il veut du président, de son patron, de son prof, de ses parents -, mais de savoir la livrer au bon endroit et aux bons interlocuteurs. Mes amis sont mes amis, mais les amis de mes amis peuvent parfois être mes ennemis, donc autant anticiper les risques… N'importe quel « surfer » sur Internet doit déjà, en permanence et en priorité, se poser une question simple mais fondamentale : qui me parle ? Tout « facebooker » ou « twitto » doit également se poser une deuxième question : à qui je parle ? L'usage du Web et des nouvelles technologies, celles-là même qui ont aboli nombre de frontières entre vie professionnelle et vie privée, ne peut se faire intelligemment sans le souci permanent de répondre à ces deux questions. Cette bonne pratique du Web et des réseaux sociaux, encore plus cruciale avec le développement de la géolocalisation, peut servir à nous rendre plus responsables et moins vulnérables, on l'espère. Donc je fais et dis ce que je veux entre les murs et sur les murs (intérieurs) de ma maison. Mais sur mon « wall », comme on dit en langage Facebook j'essaie de réfléchir avant de parler. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, finalement. Qui a dit qu'Internet n'était qu'une machine à décérébrer ?

La Russie impuissante face au cancer de la corruption


Corruption, détournement de fonds, racket, arrestation illégale, voire meurtre. Les crimes commis en Russie, en toute impunité, par des fonctionnaires mafieux qui semblent phagocyter l'Etat chaque jour davantage pourraient ne préoccuper que la population et les seuls entrepreneurs, locaux ou étrangers, menacés de voir confisquer à tout moment le fruit de leur travail. Mais la criminalisation d'un Etat bureaucratique et policier devenu le prédateur de sa propre nation peut affecter aussi ses relations avec des pays occidentaux pourtant enclins à une certaine indulgence envers le principal exportateur mondial d'hydrocarbures. Ainsi, Barack Obama, qui tenait à appuyer sur le bouton « remise à zéro » des relations avec Moscou, endommagées par la période Bush, doit tenir compte d'une démarche inhabituelle : Ben Cardin, un sénateur démocrate, vice-président de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), demande que pas moins de 60 officiels russes impliqués dans la mort en prison d'un juriste de trente-sept ans, Sergueï Magnitski, soient interdits de visa aux Etats-Unis. Première mondiale dont la Russie se serait bien passée : un documentaire sur cette affaire a été projeté simultanément devant les Parlements européen, britannique, allemand, canadien et américain (mais pas en France, pourtant prompte d'habitude à s'inquiéter des violations des droits de l'homme). Et, entre deux discussions sur le traité START de désarmement nucléaire, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a même demandé à Dimitri Medvedev de faire toute la lumière sur l'affaire.


Rappel des faits. Ce défenseur d'Hermitage Fund, le premier fonds d'investissement occidental à avoir misé sur la Russie, est décédé il y a exactement un an en prison, où il avait été jeté en novembre 2008 et privé de soins et de visites depuis lors, malgré un cancer. Son crime ? Avoir témoigné peu auparavant contre des juges, fonctionnaires du fisc et officiers du ministère de l'Intérieur dirigés par un colonel, Artyom Kuznetsov, liés sans doute au département K (renseignement économique) du FSB. Il les accusait d'avoir soutiré 230 millions de dollars au fisc russe via un montage complexe (« Les Echos » du 7 août 2008) à grand renfort de registres d'actionnaires falsifiés, d'actions en justice lancées par des détenteurs de passeports volés et de documents, sceaux et ordinateurs dérobés lors de perquisitions illégales au siège russe d'Hermitage. On n'est jamais mieux servi que par soi-même : l'enquête lancée suite aux dépositions de Sergueï Magnitski avait été confiée… aux policiers mis en cause, lesquels s'étaient empressés d'arrêter leur accusateur.


Apparemment, le président russe, Dimitri Medvedev, est conscient du problème que représente la criminalité des « hommes à épaulettes », « principale menace pour la Sécurité nationale », lui qui reconnaissait candidement il y a un an que « des officiels corrompus mènent le pays. Ce sont eux qui ont le vrai pouvoir. La corruption est de nature systémique, avec de profondes racines historiques ».


Lors de son entrée en fonctions, en mai 2008, le président, qui est un juriste de formation, avait présenté un programme limpide visant à lutter contre la corruption, faire « respecter véritablement la loi et surmonter le nihilisme juridique qui entrave gravement le développement du pays ». Si le dynamisme de la Russie, où sont lancés régulièrement de nouveaux chantiers, est indéniable, toutefois le courage commence à manquer chez les entrepreneurs devant les atteintes au droit de propriété. Les flux d'investissements étrangers ont chuté l'an dernier au quart du niveau atteint avant la crise mondiale, à 15,9 milliards de dollars, un niveau décevant pour la 10 e économie de la planète.


Aujourd'hui, l'engagement de Dimitri Medvedev contre le « nihilisme légal » sonne de plus en plus creux. Il ne peut se targuer que de la mise en place d'un Conseil national anticorruption et d'un projet de loi obligeant les proches des hauts fonctionnaires à divulguer leur patrimoine (projet d'ailleurs retoqué par le ministère des Finances). Les enquêtes d'opinion confirment une aggravation de la corruption dans ce pays où tout, contravention, diplôme ou permis de construire, se monnaie. La Russie figure désormais au 154 e rang sur 178 dans l'index de Transparency International, au même niveau que la PapouasieNouvelle-Guinée ou le Kenya. Elle a reculé de 8 places en un an.


Ceux qui dénoncent la corruption risquent leur vie : 6 journalistes ont ainsi été tués depuis le début de l'année et aucun de leurs meurtriers n'a été retrouvé. Le dernier tabassage en date visait un collaborateur du quotidien économique « Kommersant », Oleg Kachine, au demeurant courtois avec le régime mais « coupable » d'avoir enquêté sur un chantier controversé d'autoroute. Le fait qu'il ait été attaqué devant des caméras de surveillance à dix minutes à pied du Kremlin révèle le sentiment d'impunité de ses agresseurs, voire sonne comme un défi à Dimitri Medvedev.


La question qui se pose désormais aux Russes comme à leurs partenaires étrangers est de savoir simplement si ce pays peut se doter d'un Etat de droit. On peut en outre se demander si le président russe n'est pas finalement qu'un leurre, chargé de conserver la place au chaud pour Vladimir Poutine jusqu'à l'élection présidentielle dans dix-huit mois. Un indice ? Suite à l'affaire Magnitski, après avoir limogé quelques responsables… des services pénitentiaires, Dimitri Medvedev a ordonné une enquête, qui n'a abouti à rien. La veille de l'anniversaire de la mort du juriste, cinq des principales personnes qu'il accusait ont été promues par le ministère de l'Intérieur pour services exceptionnels…

Livret A : les vases communicants


Le piège du Livret A va-t-il se refermer sur les banques ? Il y a près de deux ans maintenant, elles ont obtenu de haute lutte de pouvoir vendre dans leurs agences le placement préféré des Français, un privilège réservé jusqu'alors à trois d'entre elles (La Banque Postale, les Caisses d'Epargne et le Crédit Mutuel). Et le succès a été au rendez-vous. Mais elles risquent aujour-d'hui de payer cette conquête au prix fort. Le temps est en effet venu de trancher définitivement la question du taux de centralisation du Livret A, c'est-à-dire la part de la collecte que les banques doivent reverser à la Caisse des Dépôts et Consignations, fixée actuellement à 63 %. Réglé de manière temporaire en 2008, le sujet peut paraître technique. Il est pourtant primordial. A en croire les protagonistes, en fonction de l'endroit où sera placé le curseur - au minimum 70 %, demande la CDC, 50 % au maximum, réclament les banques -, ce sera soit la solidité du secteur bancaire qui en sera gravement affectée, soit le financement du logement social qui en pâtira.


A première vue, le combat est inégal. Que peuvent bien peser les arguments de quelques établissements de crédit prospères et à la popularité incertaine face à l'une des priorités nationales, le logement des Français ? Car les 160 milliards d'euros centralisés actuellement à la Caisse des Dépôts sont destinés au financement des organismes HLM. Que l'on réduise le taux, explique sur tous les tons le patron de la Caisse, et l'institution n'aura plus les moyens de remplir sa mission. La crise du logement s'aggravera encore. L'établissement public joue donc sur du velours. D'autant qu'il peut compter sur la bienveillance de l'Etat. Une part non négligeable des sommes centralisées est placée en obligations françaises…


Les pouvoirs publics auraient toutefois tort de se précipiter. D'abord, il y a de la marge avant que le financement du logement social soit en danger. La moitié seulement des fonds d'épargne y est investie. En clair, une baisse limitée du taux de centralisation n'aurait pas les effets dévastateurs redoutés. Mais, surtout, augmenter ce taux reviendrait à coup sûr à siphonner les dépôts du Crédit Agricole, de BNP Paribas, Société Générale et autres au profit de la CDC. L'essentiel des sommes déposées sur leurs Livrets A provient en effet de comptes déjà ouverts dans leurs agences. Après tous les efforts déployés depuis deux ans pour s'assurer que nos banques continuent à financer correctement l'économie, il y aurait quelque chose d'aberrant aujourd'hui à les « saigner ». Certes, les nouveaux réseaux distributeurs ont échoué à faire du Livret A une machine à conquérir des parts de marché. Ce n'est pas une raison pour leur appliquer une double peine dont le pays dans son ensemble subirait les effets.

L'euro grimpe après l'annonce du soutien à l'Irlande

La monnaie européenne progresse ce lundi sur les marchés des changes après l'annonce du plan d'aide à l'Irlande. L'Union européenne et le Fonds monétaire international ont accepté dimanche soir de verser jusqu'à 90 milliards d'euros. De son côté, l'Irlande a officiellement demandé un soutien financier.
L'annonce d'un plan de soutien à l'Irlande a fait grimper l'euro ce lundi sur les marchés des changes. Fragilisée pendant des semaines par la crise des finances publiques et du secteur bancaire en Irlande, la monnaie unique européenne s'est ressaisie lundi. Elle s'échangeait à environ 1,3745 dollar à 3h15 GMT contre 1,3683 dollar vendredi soir à New York.

Les investisseurs attendent désormais la réaction des marchés européens avant de décider ou non de prolonger la hausse de l'euro. L'Union européenne et le Fonds monétaire international ont accepté dimanche soir de fournir un soutien financier à l'Irlande sous la forme de prêts.

L'Irlande a officiellement demandé dimanche une aide financière internationale pour faire face à sa crise bancaire et budgétaire, ce qui constituera le deuxième renflouement d'un pays de la zone euro en un an, après celui de la Grèce en mai dernier.

"Les autorités européennes ont accédé à notre demande", a déclaré dans la soirée le Premier ministre irlandais, Brian Cowen. "J'espère que l'accord sera finalisé prochainement, dans les semaines à venir".

Le montant de l'aide financière qui sera débloqué par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) devra être négocié, mais il est vraisemblable qu'il sera inférieur à celui du plan de renflouement de la Grèce en mai.

"Je dirais que nous parlons d'une somme comprise entre 80 et 90 milliards d'euros", a-t-on déclaré de source européenne haut placée, à Bruxelles, en ajoutant que cette somme comprendrait des fonds destinés à soutenir le secteur bancaire irlandais.

Des experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI devront boucler d'ici la fin novembre un plan de prêts à l'Irlande, qui sera échelonné sur trois ans, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.

"Accorder une aide à l'Irlande est justifié par le besoin de préserver la stabilité financière de l'Europe", a dit Rehn à Reuters. "Le plan en préparation devra répondre de façon décisive aux défis budgétaires de l'économie irlandaise et aux besoins potentiels en capitaux à l'avenir dans le secteur bancaire", a-t-il ajouté.

La Banque centrale européenne, qui a favorablement accueilli la demande irlandaise, a fait savoir que l'aide financière serait assortie de conditions strictes.

Les dirigeants européens craignent que les problèmes de l'Irlande ne se propagent à d'autres membres de la zone euro ayant un déficit budgétaire important, comme l'Espagne ou le Portugal, menaçant l'UE d'une crise systémique.

Contagion ou pas contagion ?

Mais à Berlin, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a minimisé le risque d'une contagion à d'autres membres affaiblis de la zone euro. "Si nous apportons maintenant la bonne réponse au problème irlandais, nous aurons de grandes chances d'éviter des effets de contagion", a-t-il dit à la chaîne allemande ZDF.

Certains, comme l'économiste portugais Filipe Garcia, de la société de consultants Informaçao de Mercados Financeiros, ne sont pas du même avis: "Je pense que cela veut dire (le plan d'aide) que le Portugal sera le prochain (à demander une aide). J'ignore si cela se produira avant la fin de l'année ou après, mais c'est presque inévitable, maintenant".

En mai dernier, l'UE et le FMI ont mis en oeuvre un plan d'un montant de 110 milliards d'euros, le premier du genre dans la zone euro, pour éviter à la Grèce une faillite. En échange, Athènes s'est engagé à mettre en oeuvre des mesures d'austérité draconiennes, qui ont provoqué d'importantes manifestations.

Brian Cowen a indiqué dimanche soir que le gouvernement irlandais allait annoncer désormais un plan d'austérité sur quatre ans, qui visera à réduire le déficit budgétaire de 15 milliards d'euros d'ici 2014.

"La prochaine étape dans le processus sera la publication du plan de quatre ans du gouvernement (irlandais) pour résoudre les problèmes des finances publiques", a poursuivi Cowen.

"Le plan sur quatre ans permettra une réduction du déficit budgétaire de l'ordre de 15 milliards d'euros d'ici 2014", a-t-il continué. L'objectif assigné à l'Irlande est de ramener son déficit budgétaire à 3% du PIB en 2014.

Selon des médias irlandais, les mesures d'austérité devraient comprendre une nouvelle taxe foncière, une réduction du salaire minimum, des allocations familiales et des indemnités aux demandeurs d'emploi. Certaines exonérations fiscales dont bénéficient les hauts revenus pourraient également être supprimées.

Cowen sur la sellette

Les ministres des finances de l'UE ont accueilli favorablement la demande d'aide irlandaise, tout comme le FMI dont le directeur général, Dominique Strauss-Kahn, a indiqué que les experts du FMI d'ores et déjà présents en Irlande allaient entamer "sans attendre" des discussions avec les autorités du pays.

Les ministres des Finances de l'UE ont indiqué pour leur part que le plan d'aide à l'Irlande devrait être financé via le mécanisme européen de stabilité financière et le Fonds européen de stabilité financière (FESF), et qu'il pourrait être renforcé par des prêts bilatéraux négociés par les Etats membres de l'UE. La Grande-Bretagne et la Suède ont indiqué qu'elles étaient disposées à envisager un prêt bilatéral avec Dublin.

La BBC a rapporté dimanche soir que la Grande-Bretagne fournirait une aide de 8,15 milliards d'euros, au titre de l'assistance à "un ami dans le besoin".

L'officialisation de la demande d'aide irlandaise est intervenue dans un contexte de crispation alors que de plus en plus de voix souhaitent que la gestion de la crise change de mains à Dublin.

Les critiques ne viennent désormais plus seulement de l'opposition et l'unité du parti du Premier ministre Brian Cowen, le Fianna Fail, se lézarde tandis que la presse relaye l'inquiétude grandissante des irlandais.

"Vous avez menti, vous nous avez laissé tomber. Pour le salut de l'Irlande, partez maintenant", réclame le Sunday Independant en une.

Le mécontentement populaire s'est accentué au cours de la semaine dernière, l'opinion publique reprochant au gouvernement sa communication sur la question de la crise. A plusieurs reprises, le gouvernement a assuré qu'il n'y avait aucune négociation alors que des discussions informelles se déroulaient.

Karachi: les démons de la droite

 Karachi: les démons de la droite

Le réveil des vieilles haines politiques, à dix-huit mois de la présidentielle, fait courir un risque mortifère à la droite

« Intime conviction », dit l'ancien ministre de la Défense Charles Million à propos des supposées rétrocommissions sur certains marchés d'armement passés en 1994. « Aucune preuve », rétorque l'actuel ministre de la Défense, Alain Juppé. Que les familles des victimes de l'attentat de Karachi de mai 2002 veulent la vérité sur les causes de ce drame est normal. Quatre juges d'instruction s'attellent à cette enquête et pourront travailler sur tous les documents qui leurs seront communiqués « en temps et en heure », comme l'a promis samedi Nicolas Sarkozy.
Autre chose est le réveil des vieilles haines politiques qui, à dix-huit mois de la présidentielle font courir un risque mortifère à la droite. Règlement de compte à retardement entre les amis de Jacques Chirac et les fidèles d'Edouard Balladur ? Un paradoxe au moment où le remaniement vise à refermer la parenthèse de la fracture de 1995. Le retour d'Alain Juppé, la promotion de François Baroin et le maintien de Michèle Alliot-Marie sont autant de signes d'unité retrouvée de la famille gaulliste. Le maire de Bordeaux, qui a au moins autant de titres de chiraquisme à fournir que Dominique de Villepin, ne s'est pas trompé sur le danger de cette polémique : « je ne veux pas m'immiscer dans cette bagarre », a-t-il prévenu hier sur Canal plus.
Aucun observateur étranger au dossier n'a aujourd'hui les informations permettant de connaître l'exacte vérité ni sur les conditions des ventes de sous-marins au Pakistan ou de frégates à l'Arabie saoudite en 1994 ni sur le lien avec l'attentat de Karachi. La campagne de 1995 s'est déroulée en un temps où les fonds secrets à disposition de Matignon n'étaient pas supprimés. Premier ministre, Edouard Balladur avait-il besoin de recourir à des procédés plus risqués pour financer sa campagne ? Des attentats terroristes étaient « quotidiens » au Pakistan comme l'a rappelé hier le ministre de la Défense, ce qui doit rendre prudent sur le lien entre l'attentat de Karachi et l'arrêt, décidé par Jacques Chirac, du versement des commissions.
Sur un plan politique on assiste à une déflagration qu'aucun des acteurs ne saurait maitriser. L'altercation à distance entre Dominique de Villepin, affichant ses « très forts soupçons » et Nicolas Sarkozy, soulignant qu'il n'a été « que » porte-parole de la campagne de Balladur augure d'un « remake » de l'affaire Clearstream . En pire car des victimes bien réelles sont cette fois concernées. Les chiraquiens -Jacques Chirac lui-même ? -seront d'utiles casques bleus pour prévenir les démons suicidaires de la droite.

Nicolas Dupont-Aignan candidat pour 2012

Le président de Debout la République entend «rendre le pouvoir aux Français» en sortant la France de la zone euro.

«Mes chers compagnons…» Voilà des mots qu'on n'avait plus l'habitude d'entendre. Nicolas Dupont-Aignan a recouru à ce vocabulaire gaulliste, dimanche, lorsqu'il s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle de 2012. Le président de Debout la République, qui s'efforce de construire un parti entre l'UMP et le Front national, est la première personnalité politique à annoncer officiellement qu'il brigue l'Élysée.
Lorsqu'une présidentielle pointe à l'horizon, les outsiders, qui ont tout à gagner à une campagne longue, se dévoilent en général les premiers. Lors du discours de clôture du deuxième con­grès de son parti, qui s'est déroulé à Paris devant environ mille personnes, Nicolas Dupont-Aignan a justifié sa décision par sa volonté de «rendre le pouvoir aux Français». «Je veux symboliquement vous présenter le poison qui est en train de tuer la France : l'euro !», a lancé le candidat à l'Élysée.
Soignant ses effets, Dupont-Aignan a alors montré à l'assistance une effigie de la monnaie européenne. «L'euro, c'est la vie chère, a accusé le président de Debout la République. L'euro, ce sont les délocalisations ! L'euro, c'est le chômage ! L'euro, c'est la misère ! Et bien moi, je serai candidat à l'élection présidentielle de 2012 pour en finir avec ce poison !» Aux sceptiques, Dupont-Aignan a lancé : « Ne vous laissez pas impressionner par ceux qui vont prédire l'apocalypse. La Suède, le Danemark, la Grande-Bretagne, la Pologne et bien d'autres (qui ont conservé leur monnaie nationale, NDLR), sont-ils en enfer ?»

Les faux rebelles 

Le député de l'Essonne a ensuite fustigé «une classe politique misérable tant elle a oublié ses devoirs vis-à-vis du peuple». Il a renvoyé dos à dos Nicolas Sarkozy, «au service de cette mondialisation inique», et Ségolène Royal, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, «mondialistes convaincus solidaires de la purge infligée aux Grecs par le FMI».
Dupont-Aignan s'est distingué de François Bayrou et Dominique de Villepin, qui ambitionnent eux aussi de s'adresser à un électorat contestataire. Le candidat à l'Élysée a regretté que ces deux hommes «épousent les choix européistes» de l'UMP et du PS. En somme, des personnalités «attachantes», mais, à l'en croire, des faux rebelles, contrairement à lui. Le député de l'Essonne a ensuite tendu la main aux «républicains des deux rives» et a salué la présence, dans l'assistance, d'ex-proches de Jean-Pierre Chevènement ou de Philippe de Villiers.
Le président de Debout la République a tenu à se démarquer du FN. Il a jugé que le parti fondé par Jean-Marie Le Pen «puise son énergie dans la faiblesse de la classe politique. Une énergie qu'il dit mettre au service de la France. Mais il n'a pas compris qu'on ne redresserait pas la France en opposant les Français les uns aux autres».

GRANDE IDÉE D'UN HOMME QUI PENSE QUE LE FRANC AURAIT RÉSISTÉ À LA CRISE MONDIALE. IL N'AURAIT CESSÉ DE SE DÉVALUER, ENCORE ET ENCORE.
Y'A QUAND MÊME DES CRÉTINS DE DROITE !