mercredi 29 juillet 2009
lundi 27 juillet 2009
samedi 25 juillet 2009
Les mauvais comptes de Julien Dray
Les enquêteurs de la brigade financière ont mis fin, le 13 juillet, à leurs investigations concernant le train de vie du député socialiste de l'Essonne, Julien Dray. Des mouvements suspects sur ses comptes bancaires avaient été relevés en 2008 par l'organisme anti-blanchiment Tracfin, et une enquête préliminaire avait été ordonnée dans la foulée par le parquet de Paris. Dans un rapport de synthèse auquel Le Monde a eu accès – le site Mediapart en fait aussi état –, les policiers dressent un bilan de leur enquête. Avec ce constat de base : entre 2005 et 2008, M. Dray a perçu 1 631 417 euros, tous revenus confondus. Dans la même période, il a dépensé 2 087 678 euros. "Je ne suis pas un irresponsable dépensier, je ne suis en rien un homme qui vit dans la luxure", a certifié aux policiers M. Dray.
L'élu, lors de ses auditions, a longuement expliqué ses problèmes financiers : "A partir de janvier 2006, j'ai eu une charge supplémentaire de 2 000 euros [le remboursement d'un prêt accordé par Pierre Bergé]. A cela va s'ajouter quelques charges familiales supplémentaires…" D'où, selon lui, ce besoin de recourir à ses proches, en obtenant des prêts de leur part, et ce dans une période professionnelle très agitée. Depuis sa mise en cause, il a lancé un vaste processus de remboursement. Et devant les enquêteurs, il a protesté de son innocence : "Il n'y avait aucune suspicion possible (…), je ne me suis livré à aucun enrichissement et à aucune malversation." Les policiers ont pu établir que cinq associations, souvent en difficulté financière, ont contribué à alimenter les comptes de l'élu, huit particuliers lui ont consenti des prêts, sans pour autant rééquilibrer ses finances.
Outre des procédures incidentes (soupçons de fausses factures, fraudes au fisc…), le parquet va devoir déterminer si l'argent décaissé au profit de M. Dray, via des intermédiaires proches de l'élu et salariés par ces associations, est constitutif d'un abus de confiance. Le député pourrait alors faire l'objet d'une citation directe devant le tribunal correctionnel, de même qu'une demi-douzaine de personnes citées dans le dossier, dont Dominique Sopo, le président de SOS-Racisme. La piste d'un financement politique a en revanche été écartée.
DEUX INTERMÉDIAIRES PRINCIPAUX
Les policiers se sont intéressés aux associations suivantes, dont l'élu était très proche : la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), SOS-Racisme, Les Parrains de SOS-Racisme, Stop-Racisme Val d'Orge, et enfin l'Association de la 10e circonscription de l'Essonne. Toutes, à des degrés divers, ont décaissé des sommes importantes au profit de M. Dray. Deux personnes sont directement impliquées : Nathalie Fortis, chargée de mission au conseil régional d'Ile-de-France pour le compte de M. Dray, ex-salariée de la FIDL, comme Thomas Persuy, ancien permanent du syndicat lycéen.
La FIDL connaît de graves problèmes financiers, au point d'avoir été expulsée de ses locaux en 2006. En l'absence de toute comptabilité, les policiers ont suivi la trace des chèques. Entre 2006 et 2008, Mme Fortis perçoit 22 783 euros. Bon nombre de chèques encaissés par cette permanente sur son compte font immédiatement l'objet d'un versement du même montant sur les comptes de M. Dray. En guise d'explication, Mme Fortis a fait valoir qu'elle avait acquis auprès du député une montre de valeur, une Rolex James Bond, et qu'il s'agissait de le rembourser. "J'ai investi dans une montre comme certains investissent dans l'immobilier", a-t-elle indiqué aux policiers. M. Dray a confirmé l'achat de cette montre. Elle a également perçu 33 053 euros de l'association Les Parrains de SOS-Racisme, une structure proche de SOS-Racisme. De nombreux chèques, là aussi, ont été décaissés simultanément au profit de M. Dray. Les policiers s'interrogent sur la réalité des prestations fournies par Mme Fortis pour l'association Les Parrains de SOS-Racisme. "Cela correspond sans doute à des prestations réalisées pour SOS", a-t-elle indiqué.
M. Persuy, lui, a obtenu de la FIDL 78 599 euros sur trois ans, qu'il a en partie reversés à M. Dray. Des prêts, a-t-il expliqué, destinés à soutenir l'élu dans sa campagne pour prendre la tête du Parti socialiste. Même principe pour Les Parrains de SOS-Racisme, dont il a obtenu 12 750 euros en 2008, somme intégralement redistribuée à Julien Dray. M. Persuy, pour justifier ces chèques adressés à M. Dray, a également expliqué qu'il avait acheté des stylos Mont-Blanc appartenant au député, ce que ce dernier a confirmé.
Au total, Mme Fortis a versé 38 300 euros à M. Dray. M. Persuy, lui, a déboursé 35 750 euros. M. Dray s'est défendu, devant les policiers : "Je n'ai pas à connaître l'origine des fonds", dit-il, au sujet des versements d'argent sur ses comptes. Et il précise : "J'étais surchargé de travail (...). Je me suis donc beaucoup appuyé dans la gestion quotidienne sur l'ensemble de mes assistants." Il rappelle qu'en 2007, il a beaucoup œuvré pour la candidate socialiste Ségolène Royal, ce qui, lâche-t-il, "n'est peut-être pas la chose la plus intelligente que j'ai faite...".
DES CIRCUITS DE FINANCEMENT PARFOIS PLUS COMPLEXES
Cindy Fischer, autre permanente de de la FIDL pendant deux ans, a reçu du syndicat 6 500 euros, pour s'être occupée du mouvement lycéen en 2005 contre la réforme Fillon. Elle avait alors reversé 6 400 euros à Mme Fortis, qui, quatre jours plus tard, signait un chèque de 6 000 euros à Julien Dray. Commentaire de M. Fischer, l'époux de Cindy Fischer, lors de son audition : "Il y a un truc bizarre, c'est clair. Nathalie Fortis semble avoir collecté des fonds à cette époque pour les reverser à M. Dray."
Les enquêteurs ont aussi retrouvé la trace d'un vrai-faux rapport commandé en décembre 2008 par la FIDL à Geneviève de Kerautem, chargée de mission pour M. Dray au conseil régional d'Ile-de-France. Celle-ci perçoit 6 000 euros pour ce travail, somme reversée dans son intégralité à M. Dray parce que, a-t-elle relaté en garde à vue, ce dernier était "en galère financière". Lors d'une perquisition au bureau de Mme de Kerautem, les policiers ont bien mis la main sur un pré-rapport, mais ne comportant que huit pages, rédigées en mars 2009, alors que l'auteure se savait convoquée par les enquêteurs. "Nous pouvons nous poser la question sur la réalité de cette prestation…", ironise la brigade financière.
Autre cas suspect, la mission commandée à Odile Gaston, la belle-sœur de Julien Dray, par Dominique Sopo, président de SOS-Racisme. Mme Gaston perçoit, le 13 août 2008, 5 000 euros provenant des Parrains de SOS-Racisme. Elle reverse six jours plus tard 2 040 euros à Julien Dray. Sa mission, la mise en place de chantiers de solidarité au Mali, n'a jamais été réalisée. Concernant la somme versée à M. Dray, elle a expliqué avoir remboursé ainsi sa participation aux vacances organisées dans la maison du député, à Vallauris (Alpes-Maritimes).
M. Dray s'est défendu d'avoir donné des instructions aux associations concernées, mettant en exergue leur indépendance : "Je ne donne aucune instruction, ou alors cela veut dire encore une fois que c'est moi qui dirige ces associations et que les gens sont des pantins." Autre cas particulier, celui de Georges Sebag, un ami de M. Dray, distributeur de vêtements dégriffés Gérard Darel dans le sud de la France. Vingt-six chèques signés par les clients de M. Sebag ont été versés sur les comptes de M. Dray, pour un montant de 11 840 euros. Il s'agissait, selon M. Sebag, de prêter de l'argent à son ami pour sa campagne interne au PS. Il assurait avoir remis au total une quarantaine de chèques, dont il ne renseignait pas l'ordre, en laissant le soin à l'élu. Mme Fortis, comme M. Persuy, ont aussi reçu ces chèques.
UNE COMPTABILITÉ INEXISTANTE DANS LES ASSOCIATIONS
Le travail d'enquête n'a pas été facilité par les pratiques en vigueur dans les associations. A la FIDL, il n'y avait donc aucune comptabilité. Et les enquêteurs ont découvert, dans la galaxie SOS-Racisme, de curieux comportements. L'argent affluant sur les comptes de l'association Les Parrains de SOS-Racisme était utilisé en toute opacité : "Pour ces actions pour lesquelles nous ne pouvons avoir de justificatifs, nous utilisons les fonds privés des Parrains de SOS-Racisme", a reconnu Martine Guillaume, la directrice financière de SOS-Racisme. "Ces actions sont le ménage au black, les petites dépenses comme les billets de train et petits achats divers, des pots à des militants, des bombes de peinture." A la suite des investigations policières, elle a eu ce commentaire : "Nous allons faire en sorte de rentrer dans la légalité." Sur 280 849 euros collectés entre 2005 et 2008 par Les Parrains de SOS-Racisme, avec des donateurs tels que Pierre Bergé ou Arte, seuls 10 000 euros ont été officiellement versés sur les comptes de SOS-Racisme. L'ordre des chèques adressés à l'association principale était souvent retouché, et l'argent était ainsi versé sur le compte-support des Parrains. Une technique jugée "regrettable" par Pierre Bergé.
Par ailleurs, les enquêteurs trouveront d'autres irrégularités. Comme ces sept fausses factures imputées à la société Cdiscount, sans qu'il y ait jamais eu la moindre prestation en faveur de SOS-Racisme. Plusieurs factures vierges à l'en-ête de différentes sociétés ont même été découvertes dans le bureau de Mme Guillaume. Enfin, il y a le cas Assane Fall, compagnon de Nathalie Fortis. Licencié par SOS-Racisme, il touche 5 800 euros d'indemnités le 12 septembre 2008. Trois jours plus tard, Mme Fortis signe un chèque de 5 300 euros en faveur de Julien Dray.
TABLEAUX, MONTRES ET TEE-SHIRTS
Les policiers ont découvert d'autres étrangetés dans ce dossier. Comme l'affaire des tableaux. Le 16 septembre 2008, l'Association de la 10e circonscription de l'Essonne, créée pour faire connaître l'action politique de M. Dray, vend des tableaux à SOS-Racisme, pour une somme de 9 000 euros. 7 000 euros sont ensuite reversés à M. Dray. Celui-ci a indiqué qu'il avait besoin d'argent, et donc décidé de vendre ces tableaux, initialement destinés à égayer sa permanence. Une vente très éloignée de l'objet social de l'association, assurent les policiers, qui s'interrogent : pourquoi M. Dray n'a-t-il pas vendu directement ces œuvres d'art, en son nom ? "Il n'y avait pas de volonté de cacher quoi que ce soit, a déclaré M. Dray, mais pour Sopo et pour moi-même, c'était mieux comme ça." L'Association de la 10e circonscription connaissait de sérieuses difficultés financières, au point de contraindre Pierre Bergé, proche de M. Dray et président des Parrains de SOS-Racisme, à effectuer en 2008 un don de 100 000 euros. Une situation délicate qui n'a pas empêché M. Dray de débiter 7 000 euros des comptes de cette association pour acheter une montre Rolex en or à sa suppléante, Fatima Ogbi, récompensée pour ses bons services électoraux. Le député a indiqué aux policiers qu'il avait reversé de l'argent à cette association pour compenser cette dépense.
Enfin, la brigade financière s'est penchée sur une étrange coïncidence. M. Sebag, l'ami de M. Dray, distributeur de Gérard Darel, avait reçu de SOS-Racisme la commande de 5 000 tee-shirts, pour une somme de 15 548 euros, via un chèque émis, selon la police, en mai 2008. Cette période correspond très exactement à la vague des premiers chèques "clients" adressés par M. Sebag à M. Dray, pour une somme de 15 000 euros. Il ne faut y voir aucun lien de cause à effet, a assuré le député.
DES AMIS FORTUNÉS ET GÉNÉREUX
Pas moins de huit particuliers, proches de l'élu socialiste, lui ont prêté de grosses sommes d'argent, en particulier en 2008. Les remboursements sont aujourd'hui en cours, et M. Dray envisage de vendre sa maison de Vallauris pour les honorer. Pierre Bergé est le plus gros contributeur, avec près de 340 000 euros. Les policiers ont aussi enquêté sur les prêts accordés par François Malisan, architecte dans l'Essonne, ou ceux consentis par Robert Zarader, publicitaire. Selon les policiers, ils n'ont obtenu aucune contrepartie, telle que l'éventuel octroi de marchés publics dans le département. Pour rembourser ses amis, M. Dray leur donnait, parfois, des montres, lampes, ou même une sculpture chinoise. Lors de ses auditions, Julien Dray a souhaité qu'il n'y ait pas d'"extrapolation" de la part des policiers, expliquant ceci : "Si j'avais besoin d'argent, j'aurais pu solliciter directement mes amis, et je n'ai pas besoin de passer par Les Parrains de SOS-Racisme ou autre montage."
vendredi 24 juillet 2009
EDF n'est pas seul à miser sur les panneaux solaires en France
Dans la communauté de Communes de Vitry-le-François, l'usine de panneaux solaires Empowersun sortira de terre dans 18 mois et emploiera 900 personnes au départ. Un projet qui fait écho au partenariat signé entre EDF Energies Nouvelles et l'américain First Solar.
La France s'attaque sérieusement à la filière solaire avec l'objectif de devenir un leader mondial des énergies renouvelables. EDF Energies Nouvelles, filiale à 50% d'EDF, vient de signer u
n partenariat avec l'américain First Solar. Ensemble, ils vont investir 90 millions d'euros pour construire une usine de panneaux solaires en France d'une capacité de production de plus de 100 mégawatt crête (WWc) qui devrait entrer en fonctionnement en 2011 et employer 300 personnes.
Jusqu'à 3000 embauches?
Mais EDF n'est pas le seul à faire le pari du solaire. En octobre 2010, une autre usine intégrée qui réunira toutes les étapes de production, à partir du silicium acheté jusqu'aux panneaux solaires photovoltaïques, sortira de terre dans la communauté de communes de Vitry-le-François en Champagne- Ardenne. Empowersun emploiera 900 puis 3 000 personnes dans quatre ans et occupera d'abord 25 000 m2 de locaux puis 90 000 m2. Le coût de l'investissement : 170 millions d'euros. La technologie utilisée est éprouvée, une technologie choisie par plus de 80 % de l'industrie solaire mondiale. Elle diffère du projet annoncé par EDF Energies Nouvelles et First Solar qui s'appuie sur la technologie des couches minces, pointée du doigt par le député Serge Poignant dans son rapport de la Commission des Affaires Economiques de l'Assemblée nationale. Celui-ci met en avant la dangerosité du tellurure de Cadmium pour la santé.
Pour l'heure le projet a le soutien de la Communauté de communes, du Conseil Général de la Marne et celui du Conseil Régional Champagne-Ardenne. Les trois collectivités territoriales se sont engagées à participer au financement de la deuxième phase de l'implantation, celle qui consiste à accompagner le porteur du projet dans la conception de l'usine et dans la levée des fonds, soit 70 millions d'euros. Et pour le reste du financement, le cabinet de Patrick Devedjian, ministre de la mise en place du plan de relance, est à pied d'oeuvre tant l'enjeu économique est de taille. En effet, l'usine prévoit de produire 100 MW et l'équivalent de la puissance d'une centrale nucléaire, soit 800 MW, dans cinq ans et promet de réanimer une ancienne région industrielle.
Le projet Empowersun expliqué en exclusivité par son co-fondateur, Pascal Perez
Dray épinglé par l'enquête de la brigade financière
Après sept mois d'enquête préliminaire, la brigade financière a rendu un premier rapport de synthèse faisant état de mouvement de fonds au profit de Julien Dray.
Le député PS de l'Essonne Julien Dray a bénéficié d'un système de mouvements de fonds issus de plusieurs organisations, via ses proches collaborateurs, décrivent policiers et parquet dans l'enquête préliminaire dont Médiapart et Le Monde publient ce vendredi des extraits.
Cette enquête, ouverte le 10 décembre 2008 pour "abus de confiance" et "faux et usage de faux", vise les mouvements de fonds suspects, évalués au total à environ 350 000 euros, entre notamment la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) et les Parrains de SOS Racisme, deux proches de Julien Dray et l'élu socialiste.
Les enquêteurs soupçonnent ainsi la Fidl d'avoir versé entre 2005 et 2008 quelque 23.000 euros sous la forme de neuf chèques à une proche collaboratrice de Julien Dray. Dans leur rapport de synthèse, les policiers relèvent que "certaines sommes encaissées ont été suivies d'un décaissement au profit" de l'élu socialiste.
Fausse facturation
Plusieurs avocats de personnes mises en cause dans ce dossier, dont ceux de Julien Dray, Mes Florence Gaudillière et Léon-Lef Forster, ont dénoncé ce vendredi cette publication dans deux médias d'extraits de l'enquête et ont annoncé leur intention d'intenter de nouvelles actions en justice.
Dans ce rapport, écrit à l'issue de sept mois d'enquête menée par le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, les enquêteurs épinglent également Les Parrains de SOS Racisme, émanation de l'organisation antiraciste destinée, de l'aveu même de SOS Racisme, à régler les dépenses en espèces de l'association.
Deux proches collaborateurs de Julien Dray auraient ainsi perçu des Parrains des virements pour des prestations non établies et en auraient reversé une importante partie au député. Ils auraient même, selon les enquêteurs, bénéficié d'un système de fausse facturation.
Au cours de leurs auditions, Julien Dray et ses deux personnes auraient justifié ces versements par des prêts à des périodes où Julien Dray rencontrait des difficultés financières.
Au total, les policiers et membres du parquet estiment sur les quatre dernières années les dépenses annuelles moyennes de Julien Dray à 521 919 euros, un train de vie (43 500 euros par mois) à mettre en regard de ses revenus: en moyenne 407 854 euros (34 000 euros par mois).
Le regard des socialistes européens sur le PS
La gauche européenne scrute avec inquiétude les déboires du parti socialiste français.
ALLEMAGNE - Le SPD pointe «l'abîme» persistant entre les socialistes français
À quelques semaines des élections législatives de septembre, le SPD allemand ne fait pas figure beaucoup plus reluisante que son homologue français. Pour autant, les problèmes entre les deux formations sont bien différents, selon Monika Griefahn, député SPD en Basse-Saxe : «Il existe en France un abîme entre les socialistes traditionnels et ceux qui sont sociaux-démocrates et, de toute évidence, ce fossé n'a pas été comblé depuis la dernière élection présidentielle et l'élection du premier secrétaire ; en Allemagne, cette différence n'existe pas.»
Une des raisons tient selon Griefahn, membre du groupe parlementaire franco-allemand au Bundestag, aux personnalités à la tête du PS : «On voit qu'en France le succès dépend toujours de la personne à la tête du parti. Au contraire de ce qui passe au SPD, le PS possède deux personnalités très contradictoires avec Martine Aubry et Ségolène Royal, mais elles divisent plus le PS qu'elles ne le réunissent.»
Le SPD, qui appartient encore à l'Internationale socialiste, continue de travailler avec ses collègues français. Malgré le choix du vocable de social- démocrate, le programme du parti «reste socialiste», selon Monika Griefahn, qui pense que le mot «est celui qui représente le mieux notre principe d'égalité des chances pour tous». Cela ne semble pourtant pas convaincre les électeurs : selon un sondage du magazine Focus, le candidat SPD Frank-Walter Steinmeier est tombé en juillet à 18 % d'opinions favorables, soit 40 points derrière la chancelière.
ANGLETERRE - Les travaillistes conseillent un renouvellement des idées
La crise que traverse le parti socialiste français ressemble à la situation du labour en Grande-Bretagne. Les travaillistes britanniques ont eux aussi réalisé un score affligeant aux élections européennes, et leur chef, Gordon Brown, est contesté au sein du parti. Mais à la différence du PS, le Labour est au pouvoir depuis 12 ans. «Les gens veulent du changement et c'est très difficile de lutter contre ça», affirme au Figaro Margaret Prosser, de la Chambre des lords. Pour elle, «au contraire, la gauche est dans l'opposition en France, elle devrait donc avoir de vraies idées neuves. Clairement, quelque chose ne va pas».
Pour l'ancien député travailliste et pionnier des blogs sur Internet lord Soley, «les socialistes français n'ont pas fait les changements qui auraient dû avoir lieu il y a bien longtemps, comme accepter l'économie de marché. C'est pour cela qu'ils n'arrivent pas à accéder au pouvoir et qu'on ne peut pas s'appuyer sur eux.» Denis MacShane partage l'idée que le PS doit connaître une indispensable évolution, comme celle du Labour au début des années 1990. Pour y arriver, selon l'ancien secrétaire d'État à l'Europe de Tony Blair, «la gauche française ne devrait pas marginaliser ses talents comme Manuel Valls, Jack Lang ou Bernard Kouchner». Cependant, Margaret Prosser estime que, sans leader sûr de l'emporter largement, il vaut mieux ne pas diviser un parti en organisant de nouvelles primaires. Quant au changement de nom, les travaillistes ne l'estiment pas nécessaire. Certes, le parti travailliste s'est bien rebaptisé «New Labour» avec Tony Blair. Mais Denis MacShane précise que les démocrates américains ont gardé le même nom pendant 150 ans et les socialistes espagnols, 100 ans. Changer de nom pour le PS français, ce serait «comme repeindre une vieille voiture».
ESPAGNE - Le PSOE s'inquiète de l'impact européen de la crise
«Nous sommes très inquiets de voir comment le PSF ne parvient pas à sortir de cette crise qui dure depuis tant d'années», affirme Elena Valenciano, secrétaire générale de la politique internationale du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Pour la gauche espagnole, ces conflits internes sont très négatifs pour l'image du parti en France, mais aussi au niveau européen. «L'opinion publique punit par le vote les formations politiques qui ne montrent pas une image homogène. Comment voulez-vous qu'un parti divisé inspire confiance ?», lance-t-elle.
Pour les socialistes espagnols, au pouvoir depuis 2004, le débat autour du référendum européen a été le point d'orgue de la division au sein du PS. «Toutes ces positions différentes au sein d'une même famille ont déconcerté les électeurs». À cela s'ajoute selon Elena Valenciano, les querelles entre barons. Aux yeux de la gauche ibérique, il est urgent que les socialistes français «fassent un grand effort» pour retrouver une unité non seulement autour d'un leader commun, mais aussi autour d'un programme d'idées. On s'étonne ici que les idées défendues par les Verts français n'aient pas été incluses dans le programme des socialistes et que les deux partis ne soient pas parvenus à former un ensemble gauche écologique lors du scrutin européen de juin. Mais ce qui inquiète surtout le PSOE, ce sont les répercussions européennes d'une telle division française. «Pour le bien des socialistes européens, qui ne sont pas les mieux lotis après les élections européennes, il est urgent que les Français donnent une image de cohésion, car leurs problèmes portent aussi préjudices aux autres socialistes d'Europe.»
ITALIE - La gauche italienne se console en regardant Paris
Tout aussi déchirée, sans idées et humiliée par ses défaites électorales que les socialistes français, la gauche italienne cherche en vain du côté de Paris un motif de réconfort. Sans se faire toutefois beaucoup d'illusions. L'un de ses représentants les plus lucides, Enrico Letta, l'un des dirigeants du Parti démocrate, a consacré un livre saisissant Construire une cathédrale au «mal obscur» qui ronge les deux gauches, italienne et française. Se référant à Emmanuel Todd, il attribue ce mal au fait que «l'ambition de gouverner leur est venue à manquer». Face à des leaders comme Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, les gauches des deux pays auraient dû réaliser l'alliance la plus ample possible entre progressistes et modérés. Une alliance, qui, selon Letta, devrait aller en France jusqu'à François Bayrou et probablement aussi Daniel Cohn-Bendit.
Assez curieusement, la gauche italienne se montre très pudique dans ses critiques des socialistes français. Sans doute sa propre situation ne lui fournit guère d'arguments pour donner des leçons. La «guerre des femmes» entre Martine Aubry et Ségolène Royal a été vue avec une inquiétude teintée d'ironie. L'entrée de transfuges venant des rangs socialistes dans le gouvernement de François Fillon, à commencer par Bernard Kouchner, est perçue comme un coup de maître de Nicolas Sarkozy. Et la seule à défendre en France les valeurs traditionnelles de la gauche lui paraît être… Carla Bruni-Sarkozy, dont les progressistes italiens ont pris la défense quand elle a été accusée de «snobisme de gauche» lors du G8 par Il Giornale, un quotidien de la famille Berlusconi.
IL MANQUE L'AVIS DE PAPANDREOU...LE GREC.
L'Islande candidat officiel à l'UE
Membre de l'espace Schengen et de l'espace économique européen, le pays applique déjà près des trois quarts des directives européennes, ce qui devrai
t accélérer les négociations d'adhésion à l'Union.
Objectif 2012. Après en avoir décidé vendredi, l'Islande a déposé formellement ce jeudi sa candidature d'adhésion à l'Union européenne auprès de la présidence suédoise de l'UE, une adhésion que le gouvernement islandais vise d'ici trois ans.
Si l'UE accepte la candidature de l'Islande puis donne son feu vert à l'adhésion, les Islandais devront encore se prononcer par référendum.
L'Islande, membre de l'espace Schengen et de l'espace économique européen, applique déjà près des trois quarts des directives européennes, ce qui devrait accélérer les négociations d'adhésion.
Össur Skarphedinsson, ministre islandais des Affaires étrangères, a, lui, reconnu que les négociations pourraient être plus compliquées que prévu: «J'ai bien conscience que deux questions difficiles doivent être réglées, avec la pêche et l'agriculture. Beaucoup de gens pensent que ce seront des négociations très rapides. Je ne suis pas si sûr, je pense que ce pourrait être des négociations difficiles.»
L'Islande peut déjà compter sur le soutien
actif de la Suède, qui préside l'Union européenne depuis le 1er juillet. «Je pense que la candidature islandaise renforcera la dimension nordique de l'Europe», chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt.
Mardi, devant le Parlement européen, ce dernier avait souligné que «l'adhésion de ce pays permettrait à l'UE d'être en contact direct avec la région arctique, importante en matière environnementale comme en termes de nouvelles voies de transport maritime». Avec la fonte des glaces liée au réchauffement climatique, l'Arctique devient un enjeu pour les ressources naturelles et les voies commerciales.
L'Islande fait-elle vraiment partie de l'Europe ?
Le scénario Norvégien se reproduira, l'Islande n'a besoin de l'Europe que pour les subventions qui lui seront accordées.
jeudi 23 juillet 2009
L'euro touche un plus haut depuis juin face au billet vert
L'euro faisait une pointe face au dollar jeudi 23 juillet en fin d'échanges européens et touchait un plus haut depuis début juin, suivant les bourses qui remontaient vigoureusement après des résultats de sociétés américaines meilleurs que prévu.
Vers 16H00 GMT (18H00 à
Paris) jeudi 23 juillet, l'euro s'échangeait à 1,4266 dollar contre 1,4219 dollar mercredi vers 21H00 GMT, après avoir touché un plus haut depuis le 3 juin à 1,4291 dollar. L'euro remontait également face à la monnaie nippone, à 135,17 yens contre 133,00 yens la veille. Le dollar était aussi en hausse face au yen à 94,88 yens contre 93,56 yens mercredi.
L'euro s'envolait face au billet vert, suivant le Dow Jones, indice phare de la Bourse de New York, qui est repassé jeudi au dessus de la barre des 9.000 points, pour atteindre son plus haut niveau depuis le début janvier, dans un marché dopé par des résultats de sociétés américaines meilleurs que prévu.
Autre nouvelle positive, la Banque du Canada a estimé jeudi que l'économie canadienne était en train de sortir de sa pire récession depuis 1991 et que la croissance serait de retour dès ce troisième trimestre. Le dollar canadien a fait ausitôt une percée face au billet vert et aux autres monnaies, à des niveaux plus vus depuis début juin.
Pendant les échanges européens, les indicateurs ont également été un motif de soutien pour les monnaies considérées comme risquées (euro, livre sterling, dollars canadien, néo-zélandais et australien) avec la publication jeudi de chiffres indiquant un nombre d'inscriptions hebdomadaires au chômage conforme aux attentes.
Les reventes de logements anciens aux Etats-Unis ont augmenté plus que prévu en juin, de 3,6% par rapport à mai, alimentant les espoirs de voir le marché immobilier repartir après plus de deux ans de crise. "Les ventes de maison anciennes ont été meilleures que ce qu'attendait le marché et les prix des obligations ont chuté directement après la publication" observait Sireen Hajj, de Calyon.
Les analystes mettaient cependant en garde contre tout enthousiasme excessif : "Les facteurs de risques (pour l'euro, ndlr) incluent l'indice Ifo allemand et les enquêtes européennes PMI, publiés demain (vendredi). Le débat concernant l'étendue de la crise du crédit en Allemagne continue, mais les enquêtes du secteur financier montrent que la confiance semble retourner à la baisse. Des chiffres décevants de l'Ifo et des autres enquêtes en zone euro pourraient mettre fin au rebond de la monnaie unique" selon les analystes de BNP Paribas.
mercredi 22 juillet 2009
Taxe carbone: les écolos dénoncent une prime au nucléaire
Le réseau Sortir du nucléaire dénonce l'exonération de l'électricité issue de la fission de l'atome dans le projet de contribution climat énergie proposé par Michel Rocard. Les Verts saluent un "un petit pas" mais regrettent le manque d'ambition du projet compte tenu de "l'urgence climatique et sociale".
Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire : "Le projet de CCE favorise l'industrie du nucléaire"
"En l'état, tel qu'il semble être défini dans le rapport en cours de finalisation par le groupe d'experts présidé par Michel Rocard, le projet de contribution climat énergie se focalise uniquement sur les énergies fossiles et ne prend pas en compte l'électricité issue de la fission de l'atome, même si à titre personnel M. Rocard s'y est déclaré favorable. Ceci est inacceptable car si l'objectif est de préserver l'environnement, il faut s'attaquer non pas seulement aux émissions de gaz à effets de serre, mais également aux pollutions radioactives et chimiques de l'industrie atomique.
Car le nucléaire est extrêmement polluant, en raison de ses déchets mais aussi de ses fuites d'uranium et de ses rejets radioactifs. C'est d'autant plus absurde que l'industrie nucléaire dans son ensemble, de la mine d'uranium au démantèlement des installations, émet aussi des gaz à effet de serre de façon non négligeable. Enfin, quand il y a des pics d'utilisation de chauffage électrique, une grande partie est produite par des centrales au charbon.
C'est pourquoi nous sommes pour la mise en place d'une contribution environnement énergie, et non pas seulement d'une taxe carbone, qui taxerait toutes les énergies polluantes, y compris le nucléaire donc l'électricité. Si ce projet de CCE est appliqué, il empêchera la France d'atteindre son objectif européen de 23% d'énergies renouvelables en 2020."
Djamila Sonzogni, porte-parole des Verts : "Le projet n'est pas à la hauteur de la crise actuelle tant du point de vue climatique que social"
"Ce projet d'une contribution climat énergie est positif car il va dans le sens de ce que réclament Les Verts et les écologistes depuis des années. Un autre point positif est que Michel Rocard souhaite aller vite en l'instaurant dès 2010. Mais les préconisations de la commission manquent d'ambition et ne sont pas à la hauteur de la crise actuelle tant du point de vue climatique que social.
D'abord parce que l'électricité, issue des centrales à charbon ou nucléaires, est exclue du dispositif de taxation. Ensuite parce que les industries les plus polluantes, comme la sidérurgie, le ciment, le papier, etc., en seront également exonérées sous prétexte qu'elles sont déjà soumises au système européen des quotas de CO2. Or selon ces quotas, la tonne de CO2 émise est taxée à hauteur de 15 euros et non pas 32 euros comme le prévoit le projet Rocard.
Pire : la facture de cette taxe pourrait s'élever à 8 milliards d'euros, dont la moitié supportée par les ménages. C'est problématique car les conditions de compensations peu claires et soumises à des critères géographiques et d'équipement, mais pas de ressources. Nous demandons à ce qu'un chèque vert soit reversé à tous les ménages et que son utilisation soit orientée vers l'achat de produits et services visant à limiter les émissions de CO2 comme les transports en commun ou le renouvellement de la chaudière."
Il vaut mieux le nucléaire que nous pourront certainement un jour "nettoyer", si l'homme devient sage (?), que de continuer avec les gaz à effet de serre.
Taxe carbone: l'UFC-Que Choisir crie au hold-up fiscal des ménages
Le projet de contribution climat énergie, ou taxe carbone, issu du groupe de travail présidé par l'ancien Premier ministre Michel Rocard, est un prétexte pour l'Etat à ponctionner l'argent des ménages pour le reverser aux entreprises, accuse l'association de défense des consommateurs.
François Carlier, directeur des études à l'UFC-Que Choisir : "Restituer l'ensemble des recettes fiscales aux consommateurs"
"Sur le fonds, nous ne sommes pas convaincu de l'efficacité du mécanisme de taxe pour faire baisser la consommation d'énergie polluante : les ménages ne vont pas du jour au lendemain modifier leurs déplacements ou leurs habitudes de chauffage. Il existe selon nous des incitations financières plus efficaces, comme le bonus malus pour l'automobile.
Si les consommateurs réagissent au prix, ce sera peut être sur le long terme. Mais à court terme, c'est un coût supplémentaire pour les ménages qui amputera leur pouvoir d'achat : 300 euros par an de facture en plus, ce n'est pas rien ! C'est pourquoi nous demandons que cette mesure soit neutre pour les ménages. La seule voie de passage acceptable est le dispositif du chèque vert forfaitaire, où l'ensemble des recettes fiscales est restitué aux consommateurs, sous forme d'une allocation qui maintient une incitation individuelle tout en tenant compte des disparités des ménages.
Mais sur ce sujet, il ne faut pas faire confiance au gouvernement, qui va essayer, comme avec la TVA sociale, de ponctionner de l'argent aux particuliers pour le reverser aux entreprises. De fait, le rapport Rocard préconise des compensations partielles et transitoires. Ce qui signifie que sur les quatre milliards d'euros prélevés aux ménages, peut être la moitié seulement leur sera restituée. Le reste servira à financer des allègements de charges pour les entreprises, comme la suppression de la txe professionnel par exemple. Selon nous, cette taxe carbone est un hold-up fiscal des ménages !"
C'est peut-être un hold-up mais il va bien être nécessaire de nous prendre en main, pour ne pas que les choses s'aggravent
La taxe carbone coûterait 300 euros par an aux ménages
La commission sur la "contribution climat-énergie" présidée par Michel Rocard prône une facturation de la tonne de CO2 émise à 32 euros dès 2010. Cette taxe, qui s'appliquerait aux énergies fossiles et peut être aussi à l'électricité, rapporterait pl
us de 8 milliards d'euros par an, dont la moitié à la charge des ménages.
La Contribution Climat Energie (CCE), ou "taxe carbone" devrait s'appliquer aux énergies fossiles -pétrole, gaz, charbon - ainsi qu'à l'électricité dès l'année 2010, a indiqué mercredi Michel Rocard, qui préside la conférence d'experts sur le sujet.
"On va taxer un certain nombre de comportements, principalement celui qui consiste à utiliser des énergies d'origine fossile" émettrices de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, a indiqué l'ancien premier ministre de François Mitterrand sur France Inter mercredi 22 juillet.
Annoncée dans un premier temps comme ne devant s'appliquer qu'aux énergies fossiles, la CCE pourrait s'appliquer également à l'électricité. Michel Rocard y en à titre personnel favorable. "La table ronde n'est pas arrivée à un accord (sur l'électricité) et je vais prendre moi la responsabilité de dire qu'il vaut probablement mieux étendre" la CCE à ce secteur, a-t-il indiqué à l'AFP.
8,3 milliards d'euros par an.
"Quand une lampe est allumée, vous ne savez pas si le courant qui vous arrive est principalement de source nucléaire, hydraulique ou charbonnière", explique Michel Rocard qui note que pour faire face aux périodes de pointe, par exemple en fin de journée, ce sont les installations au charbon qui sont généralement sollicitées. "Si on sort de tout ça (la CCE) avec une incitation à se tourner vers l'électricité plutôt que vers le gaz, par exemple pour le chauffage, on va à contre-emploi parce qu'on aggrave le phénomène de pointe et donc on aggravera la consommation d'énergie fossile. Il faut se débarrasser de cet effet-là", juge-t-il.
Selon le quotidien Les Echos, qui a publié mercredi des extraits d'une version provisoire du rapport de la conférence d'experts, Michel Rocard préconise également de facturer la tonne de CO2 émise à 32 euros dès 2010 et à 100 euros en 2030. un surcoût de 7,7 centimes par litre de carburant sans plomb et à 8,5 centimes par litre de gazole. En revanche, la production d'électricité et les entreprises déjà soumises au système européen des quotas de CO2 (sidérurgie, ciment...) seraient exonérées.
Cette taxe rapporterait ainsi près de 8,3 milliards d'euros, affirment Les Echos, dont 4,3 milliards à la charge des ménages. La facture s'établirait ainsi autour de 300 euros par an pour un peu plus de la moitié des ménages. Pourtant, martèle Michel Rocard, "ce n'est pas une charge destinée à améliorer les finances de l'Etat". Cette taxe est prévue "à prélèvement constant parce que l'essentiel de son produit sera utilisé pour compenser les entreprises qui se retrouveraient en difficulté sur le plan de la compétition internationale et les ménages", a-t-il insisté.
Des pistes vagues envisagées pour compenser lcette taxe
Côté compensations, toutefois, le rapport est très laconique. Certes, une redistribution doit être envisagée : "Il est largement prévu de compenser la taxe, mais en termes de pouvoir d'achat, de manière à garder intact le signal prix, l'incitation aux gens à se déplacer moins, à avoir petit à petit des voitures électriques, à mettre des doubles vitres ou à faire des économies sur le chauffage", précise l'ancien Premier ministre.
Comment ? Ces compensations devront être partielles, "le plus forfaitaire possible" et transitoires, estime Michel Rocard. Pour les ménages, deux critères "discriminatoires" seraient pris en compte : la situation géographique, pour ne pas pénaliser par exemple les ruraux obligés de prendre leur voiture, et le type de chauffage. En revanche, le rapport ne tranche pas sur la forme de cette compensation, entre chèque vert - proposition formulée notamment par la Fondation Hulot et reprise à son compte par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, - , aides ciblées ou aides fiscales à la transition énergétique.
L'ancien Premier ministre devait rendre les conclusions de sa commission d'experts vendredi au ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo, et à la ministre de l'Economie Christine Lagarde. "C'est un avis, le gouvernement reste maître de sa décision qu'il prendra au moment de la rédaction du projet de loi de finances 2010", cet automne, a-t-il rappelé.
Apple a trouvé la recette miracle de la croissance
Le mythe Apple est bien installé. Chaque lancement d'un nouveau produit est un événement à lui tout seul, et garantit à la société une source de revenus et de marges importante. Un succès issu du savant mariage de l'innovation, du design et du marketing, mais qui reste le fruit d'un seul homme : son fondateur.
Il est revenu. Steve Jobs a été aperçu à la fin du mois de juin au siège d'Apple, après six mois d'absence dus à « des problèmes de santé complexes ». Il reprend donc les rênes du groupe qu'il a créé en 1976, avec l'aide de Stephen Wozniak, et qu'il a porté au firmament depuis. La planète high-tech peut respirer. Les investisseurs également. Depuis plusieurs mois, ils avaient l'oeil fixé sur la feuille de santé du P-DG d'Apple, l'action variant au gré du diagnostic des médecins - il a subi une greffe du foie en avril. Désormais, ils vont pouvoir se concentrer de nouveau sur les courbes de ventes et de résultats.
Sans Steve Jobs, Apple ne serait plus vraiment la même entreprise. A 54 ans, il demeure le maître à penser... et à gagner de l'argent. Depuis son retour aux commandes de l'entreprise, en 1996, après dix années d'exil forcé, Steve Jobs a démontré combien il était indispensable. De 1998 à 2008, les ventes ont ainsi été multipliées par plus de cinq, pour s'établir à 32,5 milliards de dollars. Les pertes ont laissé place à un bénéfice net proche de 5 milliards, avec les marges les plus fortes dans le secteur des nouvelles technologies. La trésorerie approche les 30 milliards de dollars. Apple est devenue une marque incontournable dans l'univershigh-tech. Elle fait quasiment partie de notre quotidien, alors que plus de 200 millions de baladeurs iPod ont été vendus à ce jour dans le monde depuis leur lancement, en 2001, et que plus de 20 millions d'iPhone ont été écoulés en moins de deux ans.
« Think different »
La firme à la pomme a réussi là où ses concurrents se sont cassé les dents : marier un design innovant et séduisant avec des logiciels performants et des services de qualité. « C'est la recette gagnante dans le secteur des nouvelles technologies », confirme Leslie Griffe de Malval, analyste gérant chez IT Asset Management. L'innovation a évidemment sa part de responsabilité dans le succès des produits Apple, mais elle n'explique pas tout.
La société n'est pas réputée pour être la plus innovante de la Silicon Valley. « La seule chose qui compte, c'est de faire des super- produits », a pour habitude de dire Steve Jobs. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'ils doivent être techniquement révolutionnaires. « Apple prend le temps d'améliorer les idées déjà existantes », précise Leslie Griffe de Malval. L'iPod ne fut pas le premier baladeur MP3 arrivé sur le marché. Mais sa simplicité d'utilisation a rapidement conquis le grand public. Même constat pour l'iPhone, dont le succès ne se dément pas, malgré une offre de plus en plus large de téléphones à écran tactile chez les concurrents. Les investissements en recherche-développement ne sont pas exceptionnels : 3,5 % du chiffre d'affaires en moyenne. En revanche, ils sont très ciblés et très efficaces. Apple ne se disperse pas dans le développement d'une multitude de produits. Dans les magasins Apple Store, le nombre de références demeure d'ailleurs assez faible.
Créer le phénomène de rareté
La vraie force d'Apple réside également dans son esprit visionnaire et sa connaissance du marché. « Apple est un véritable créateur de tendance, capable de créer le produit qui va devenir la norme », souligne Michael Nique, consultant à l'Idate.Dans le secteur des nouvelles technologies, l'adéquation du produit au marché et à la demande est essentielle. Ainsi, le lancement de l'iPhone, en 2007, a parfaitement coïncidé avec la montée en puissance de l'Internet mobile. Apple a su adapter les fonctionnalités de son smartphone pour rendre la navigation sur Internet plus intuitive et plus efficace.
Le marketing est une autre carte maîtresse dans les mains de la société californienne, qui vient concrétiser les efforts d'innovation et de design dans les chiffres de ventes. En dix ans, Steve Jobs et ses lieutenants ont su faire évoluer la marque Apple, auparavant réservée à un cercle d'initiés, pour en faire un nom reconnu par le grand public tout en restant élitiste. Chaque lancement d'un nouveau produit fait figure d'événement. Le mystère est savamment entretenu, créant ainsi un phénomène d'attente et d'engouement qui se concrétise en achat lorsque les nouveautés sont dévoilées.
« L'effet de rareté permet à Apple de cibler un marché haut de gamme et de s'afficher comme un fabricant de produits électroniques de luxe », commente Michael Nique. Les consommateurs sont par conséquent prêts à payer la « prime » Apple. En 2008, le prix moyen d'un ordinateur portable Apple se situait à 1.350 dollars, quand la moyenne du marché s'établissait autour de 800 dollars. Et les résultats suivent : en deux ans, la marge opérationnelle a bondi de 12,7 % à 19,3 %.
L'innovation n'est pas simplement technique. Elle réside aussi dans l'évolution du modèle économique du groupe, et notamment des services proposés. En créant, en 2003, la plate-forme de téléchargement de musique en ligne iTunes, Apple s'est assuré non seulement un nouveau relais de croissance, mais aussi la garantie de convertir de nouveaux adeptes à ses produits. Car iTunes fonctionne en vase clos et uniquement avec l'iPod ou un ordinateur utilisant le logiciel iTunes. Même phénomène avec l'AppStore, la plate-forme de téléchargement des applications disponible sur l'iPhone exclusivement. Plus de 1 milliard d'applications (payantes et gratuites) ont été téléchargées depuis le lancement de l'iPhone en 2007. Apple perçoit 20 % des revenus issus des téléchargements et reverse le reste aux développeurs, de plus en plus nombreux à travailler pour l'iPhone.
Apple sans Steve Jobs
La machine Apple est bien huilée. La concurrence a beau se ragaillardir, le groupe continue de croître, faisant même fi de la crise (lire encadré). Mais tous ces succès sont quasiment à l'initiative d'un seul homme : Steve Jobs. D'où la question récurrente de sa succession, d'autant plus pertinente lorsque ses problèmes de santé s'accumulent. L'intérim de six mois qui vient de se terminer s'est, certes, déroulé sans heurt, et le directeur opérationnel, Tim Cook, a parfaitement tenu la barre, assurant même avec succès le lancement du nouvel iPhone. Mais « Steve Jobs demeure le visionnaire de cette société, confirme Michael Nique. Et la question reste en suspens quant à l'évolution de la stratégie sans lui ».
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Apple snobe la crise
La firme américaine a publié hier son meilleur bénéfice hors fêtes de fin d'année, porté notamment par le succès de l'iPhone.
Apple traverse la crise sans encombre. Le fabricant high-tech a publié ce mercredi de très bons résultats
pour le deuxième trimestre de l'exercice en cours (période avril-juin), tirés notamment par les ventes de son iPhone qui ont quasiment septuplé sur la période. Les investisseurs ont salué l'annonce, le titre Apple ayant bondi de plus de 2% en après Bourse à Wall Street.
Il faut dire que la firme américaine a fait état d'un bénéfice en nette hausse, de 14,6% après un bénéfice net de 1,07 milliards lors du deuxième trimestre de l'année précédente. Ces résultats, largement supérieurs aux attentes des analystes qui n'espéraient qu'environ 1,18 dollars par action, démontrent toute la solidité financière de la firme fondée par Steve Jobs. Les analystes ne cachent d'ailleurs par leur joie face à la vue des résultats d'Apple et soulignent la performance opérationnelle du groupe. Pour Apple, il s'agit là d'une très belle performance alors que le secteur informatique subit de plein fouet le ralentissement de l'activité économique.
Seules les ventes d'iPod sont en repli
Les ventes du groupe, iPhone en tête, affichent également une belle progression, avec un chiffre d'affaires trimestriel qui progresse de 11,7% à 8,3 milliards de dollars, contre 8,16 milliards attendus. Apple a vendu plus de 5 millions d'iPhone (3G et 3GS) au cours du trimestre, soit un bond de 626% en volume par rapport à l'an passé, et plus de 10 millions d'exemplaires de son baladeur iPod, malgré une baisse en volume de 7% des ventes. Enfin, les ventes des ordinateurs Mac ont, elles, grimpé de 4% à 2,6 millions d'unités, une performance à relier avec les importantes baisses de prix consenties par la firme. Le PDG du groupe, Steve Jobs, ne s'y trompe d'ailleurs pas en déclarant que ses «produits sont plus novateurs que jamais et les consommateurs y répondent».
Pour le trimestre en cours, Apple prévoit une nouvelle progression par rapport à l'an passé, et selon les prévisions, prudentes, du groupe, le chiffre d'affaires du 3ème trimestre devrait se situer entre 8,7 et 8,9 milliards de dollars. Des prévisions inférieures à celle du marché, qui espère des ventes de 9,04 milliards.
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JE N'EN REVIENS PAS
Le chantre de la bonne bouffe, de la cuisine aux petits oignons, du jardinage, de la confiture faite maison et qui a dit : "Quand on congèle de la merde on décongèle de la merde." nous fait de la publicité pour une enseigne qui ne respecte aucun des preceptes que cet homme nous a inculqué en d'autres temps, je crie à la trahison.
Honte à toi JP Coffe !












