TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 13 juillet 2012

EADS aime les femmes

Le groupe européen a annoncé ce jeudi qu'il comptait embaucher 1.000 femmes en 2012. Au total, cela représentera un cinquième des recrutements à durée indéterminée prévus cette année. EADS s'est engagé à porter à 25 % la part des femmes dans l'entreprise d'ici à 2020.
"La femme est l'avenir de l'homme", chantait Jean Ferrat en 1975. Une certitude que partage sûrement Louis Gallois, qui a quitté le 31 mai  le groupe. Sous sa direction, il souhaitait alors voir la gente féminine représenter 25 % des effectifs de l'entreprise d'ici à 2020. Un objectif entériné par le conseil d'administration qui a ainsi fait de la diversité dans l'entreprise, et en particulier de la parité hommes-femmes, une priorité. Les femmes représentent actuellement environ 18 % des effectifs contre 15,2 % en 2006. Malgré le changement de direction, le nouveau PDG Tom Enders devrait toutefois continuer sur la voie tracée par son prédécesseur.
5.000 embauches en CDI prévues pour 2012
Dans ce cadre et à l'occasion du salon de l'aéronautique de Farnborough en Angleterre, EADS a annoncé ce jeudi qu'il prévoyait le recrutement de 1.000 femmes cette année. Un chiffre à relativiser toutefois puisque le groupe avait affiché en janvier son intention d'embaucher 9.000 personnes en 2012 au niveau mondial, dont 5.000 en contrat à durée indéterminée. C'est Airbus qui en recrutera le plus (4.000 CDI), l'avionneur avait déjà recruté 4.500 employés l'année dernière, portant l'effectif total de l'avionneur civil à 55.000 salariés sur les 133.000 personnes, qui travaillent au sein du groupe EADS.
Aucune femme au conseil d'administration d'EADS
Aux postes de direction, EADS envisage de porter la part des femmes à 20 % en 2020. Si aucun chiffre ne circule sur le niveau actuel, un accord passé entre les syndicats et les ressources humaines en 2010 rappelait l'objectif en France "d'atteindre à fin 2012 un niveau d'effectif féminin d'au moins 25 % dans la catégorie cadres et d'au moins 12,5 % dans celle des cadres supérieurs". Si, selon le groupe, une femme est présente au sein des comités exécutifs de toutes les filiales, aucune ne figure au conseil, qui compte onze membres. Une situation certainement appelée à évoluer...

Une technique de reconstruction mammaire sans implant, le mécanisme des coups de soleil enfin élucidé, regarder la télé diminue l'espérance de vie...

VIH : Quad, le médicament 4 en 1 contre le Sida jugé efficace

Le Quad, un médicament combinant quatre molécules en un comprimé, vient de passer avec succès un second essai clinique le comparant à un traitement usuel contre l’infection au VIH, dont l'efficacité est comparable. L’agence américaine du médicament (FDA) décidera ou non de son autorisation de mise sur le marché fin août prochain. Quelques petits points noirs sont à signaler malgré tout.
Il s’appelle Quad. Un nom un peu trompeur qui pourrait laisser penser que le temps des trithérapies contre le cancer est révolu. Le nouveau médicament de Gilead Sciences se compose effectivement de quatre molécules actives, mais seules trois sont des antirétroviraux : l’embriticitabine, le ténofovir (les deux composés du Truvada, autre fleuron de la compagnie américaine) et l’elvitégravir, dont l’efficacité est amplifiée par le cobicistat. Il ne s’agit donc pas d’une quadrithérapie au sens strict du terme, mais plutôt de ce que l’on appelle une trithérapie fixe. Mais cela relève du détail.

Reconstruction mammaire : une technique définitive et sans implant

Certaines femmes atteintes d’un cancer du sein ont parfois recours à une reconstruction mammaire après avoir subi une mastectomie. Plusieurs solutions existent mais une technique moderne encore très peu pratiquée, appelée Diep flap, pourrait bien s’imposer dans les années à venir car elle est définitive et ne nécessite aucun implant. Explications.
Le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme. En 2011, l’Institut national du cancer (Inca) dénombrait 53.000 nouveaux cas en France. Pour stopper la maladie, les médecins recourent une fois sur trois environ à la mastectomie, l’ablation du sein en même temps que la tumeur. Une épreuve toujours difficile à vivre pour les femmes qui, souvent, ont le sentiment de perdre une partie de leur féminité.

Plus de 2 heures devant sa télé, c’est un an et demi de vie en moins

Si on sait qu’il est mauvais pour la santé de passer trop de temps en position assise, quel en est l’impact réel sur notre espérance de vie ? Selon des chercheurs américains, rester assis moins de 3 heures par jour allongerait de 2 ans l’espérance de vie et regarder la télé moins de 2 heures quotidiennement prolongerait l’existence de 1,4 an. À vos marques, prêts, bougez !
Les États-Unis sont les champions de l’obésité. Outre-Atlantique, un habitant sur trois est touché par l’épidémie de surpoids. Il n’existe pas une cause unique mais la maladie s’explique par un ensemble de facteurs, parmi lesquels une mauvaise alimentation et un manque d’activité physique.

Coups de soleil : le mécanisme vient d’être élucidé !

Pourquoi attrape-t-on des coups de soleil ? Jusque-là, on en ignorait les mécanismes physiologiques fondamentaux, mais des scientifiques viennent de montrer comment des microARN altérés par les rayons UVB du soleil déclenchent une réaction inflammatoire. Une découverte qui pourrait avoir de nombreuses applications…
C’est l’été. Et même si l’astre du jour n’inonde pas équitablement la France de ses rayons chaleureux, les coups de soleil ont déjà frappé quelques corps et continueront d’agresser les peaux les plus claires toute la saison durant. Mais au fait, comment naissent les coups de soleil ?

Les chiens, plus que les chats, protègent les bébés des infections

Les chiens sont de meilleurs gardiens que prévu : ils protègent même les bébés dans leur première année contre des infections de l’oreille et des affections de l’appareil respiratoire. Les chats aussi, mais dans une moindre mesure. C’est donc une nouvelle étude qui démontre l’intérêt d’avoir des animaux de compagnie.
Les bébés au contact de chiens de compagnie attrapent moins d'infections de l'oreille et d'affections respiratoires que ceux dont les domiciles n'abritent aucun animal, conclut une étude américaine publiée ce lundi dans la revue américaine Pediatrics. Elle n'en explique pas les raisons, mais suggère que vivre au contact d'un chien qui passe au moins une partie de sa journée à l'extérieur pourrait renforcer le système immunitaire d'un enfant dans la première année de sa vie. Les chats, également, semblent fournir une certaine protection aux bébés, bien que l'effet observé ait été plus faible qu'avec les chiens.



Hollande-Trierweiler : Ne me tweete pas !

« Ça brûle rouge au château », comme on dit dans mon pays du Lot-et-Garonne. Ça chaufferait dur à l’Elysée entre Valérie et François. Ils ne se seraient pas adressé la parole pendant des jours. On ne l’a plus vue en public depuis des semaines. Ni pour la réception de la chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, qui lui tenait spécialement à cœur, ni pour la visite privée chez la reine d’Angleterre. François et Valérie vont-ils se séparer à l’issue de cette grave crise et Hollande se mettre en couple avec la chanteuse Vanessa Paradis en cours de mandat ? On a vu ça déjà.
Le Point qui est en train de devenir un magazine de gare du niveau de Voici et Closer donne la parole à Thomas Hollande pour qu’il « se lâche » sur sa marâtre. (Confidences privées en réalité de l’aîné et en quelque sorte porte-parole des enfants, qui en avait gros sur le cœur et que la délicate journaliste s’est empressée de publier après lui avoir mouché le nez et tapoté l’épaule.)
C’est le fils qui parle et il dit « mon père » et « ma mère » et plus « Ségolène » et « François » comme il le faisait toujours avec la presse.
« Ce que je reproche au tweet (ndlr : le message de soutien de Trierweiler à Olivier Falorni, rival et vainqueur de Ségo à La Rochelle) c’est d’avoir fait basculer la vie privée dans la vie publique. Ça m’a fait de la peine pour mon père, il déteste tellement que l’on parle de sa vie privée. Ça a détruit l’image normale qu’il avait construite. »
Il décrit un François Hollande « ahuri » par le geste de sa compagne. Et on l’imagine bien en effet, Hollande, on le visualise dans cette posture.
Le fiston poursuit : « Je savais que quelque chose pouvait venir d’elle un jour, mais pas un si gros coup. C’est hallucinant. »
Thomas Hollande ne veut plus voir Valérie Trierweiler. Son frère et ses sœurs non plus :
« C’est logique, non ? Et puis, ce qui compte, c’est qu’on normalise les relations avec notre père. » Ce qui n’a pas l’air gagné.
Après le coup de sang de Trierweiler, François et Thomas ont dîné en tête à tête. Le président a demandé à son fils de « ne pas alimenter le feuilleton ». Thomas a reçu de son père la promesse qu’il s’exprimerait sur le tweet et clarifierait le rôle de la première dame, sans doute lors de son interview du 14 Juillet. Ses enfants lui « mettent la pression dans ce sens », comme on dit à la télé.
Ses quatre enfants, son ex, sa nouvelle, on est très loin de l’Etat là, de la fonction du chef de l’Etat, du sens de l’Etat. On est dans « Amour, Gloire et Beauté » à l’Elysée. Lui qui reprochait tant à son prédécesseur d’étaler sa vie privée au grand jour et de mélanger avec indécence vie publique et sphère intime.
« Soit elle est journaliste, soit elle a un cabinet à l’Elysée », sinon « c’est un facteur d’instabilité », tranche Thomas Hollande, qui supplie : « Et surtout pas de deuxième tweet ! », et ne semble pas rassuré du tout à ce sujet. La première dame est un facteur d’instabilité.
Imaginant la rentrée du PS à La Rochelle, fin août, il pense que Falorni, exclu du parti pour sa dissidence, ne sera pas le bienvenu et cherchera sans doute à faire parler de lui : « Peut-être qu’il s’affichera en terrasse avec Valérie ! » ironise Thomas.
Quant à Ségolène, son fils la voit « ministre, pourquoi pas, dans quelques mois. En politique, on n’est jamais mort ». Ça nous promet encore de sacrés moments.
Ce que les journalistes, les alliés et les ennemis politiques n’avaient pas réussi à faire, les enfants vont l’obtenir. Ils vont parvenir à faire sortir le président de sa réserve, lui « qui déteste tellement parler de sa vie privée ». Et à lui faire arbitrer la rivalité féminine qui se joue dans les plus hautes sphères de l’Etat. Que va nous dire François samedi à ce sujet ? Valérie sera-t-elle bien placée à la tribune ? Que va-t-elle encore nous sortir de son chapeau ?
Vous le saurez dès 9 heures du matin en suivant le défilé des troupes…

André Bercoff : “La repentance, ça suffit !”

Longtemps proche de la gauche, le journaliste et écrivain s’attaque aujourd’hui aux ravages de la “pensée unique” de nos politiques face à l’islamisme.
“Le succès actuel des journalistes et écrivains “politiquement incorrects” est d’abord le résultat, en plus de leur talent, du ras-le-bol des Français à l’encontre de quarante ans de pensée unique aussi convenue qu’oppressante. Ses trois piliers : “vivons à droite, indignons à gauche”, “les minorités ont toujours raison, la majorité a toujours tort”, “l’Occident doit une repentance éternelle au tiers-monde”. Qui osait transgresser ces dogmes était jusqu’alors aussitôt mis au ban de la société ! Mais au fond d’eux-mêmes les Français, qui ont des yeux et des oreilles, n’en pouvaient plus de cette bien-pensance imposée, de ces silences et de ces mensonges : il fallait bien qu’à un moment le couvercle saute ! Aussi, dès que la parole s’est libérée, à la faveur notamment des nouveaux médias, qui ne permettent plus d’enfermer la liberté de penser, l’engouement a été immédiat. Et les grands médias, et les grandes maisons d’édition, ont bien été obligés d’en tenir compte…
Il y a un autre phénomène qui explique ce succès du non-conformisme, c’est l’irruption de l’islamisme radical, qui n’a rien à envier au fascisme ou au stalinisme, et les réponses non adaptées de nos politiques – qui pratiquent trop souvent la politique de l’autruche : “Cachez ce sein, ou plutôt ce voile, qu’on ne saurait voir…” Il y a, de la part des “fous d’Allah”, une volonté assumée d’asservissement, d’écrasement de toute liberté dans le monde. Et le décalage est tel entre ce que les Français observent et ressentent et le discours compatissant et “arrangeant” de leurs dirigeants (défausse, culture de l’excuse, horaires aménagés dans les piscines, abstention lors du vote sur la burqa, etc.) qu’ils sont allés chercher ailleurs que dans la “parole officielle” ces vérités que l’on cherche à taire. Il y a trente ans, on n’avait pas le droit d’être anticommuniste, au nom du “On ne doit pas désespérer Billancourt” ; aujourd’hui, on n’a pas le droit de dénoncer l’islamisme – qui n’a rien à voir avec la pratique de l’islam – au nom du “On ne doit pas désespérer le 9-3”.”

Arnaud Montebourg, le ministre inutile ?

Arnaud Montebourg, qui critiquait les relations entre pouvoir politique et médias est en couple avec une journaliste. Mais c'est loin d'être le plus gros problème auquel est confronté ce ministre inutile, voire néfaste.
Pauvre Arnaud de Montebourg ... On peut dire que l'ex-premier secrétaire du Parti Socialiste, alias Flanby moi-président-de-la-République, lui a donné une sorte de cadeau empoisonné en lui confiant le Ministère du Redressement Productif (et non pas de l'érection fructueuse, n'est-ce pas h16 !).
Notez, il n'y a pas que les super giga ultra libéraux fous qui se demandent ce que Montebourg est allé faire dans ce pédalo cette galère. Il y a aussi David Desgrouilles, blogueur chez Causeur et Marianne. Il y a aussi, très certainement, Audrey Pulvar, qui a troqué la fierté d'être la compagne d'un Ministre contre ses positions féministes et anti-connivence (voir le blog de Jean Quattremer). Il faut dire que Montebourg avait scié par avance la branche sur laquelle il aurait pu rester tranquillement assis.
Maintenant, Montebourg est ministre. Il promet, à défaut de démondialiser la France (et ce alors que 25% du PIB français est lié à l'international), un plan de reconquête industrielle, dixit l'Usine Nouvelle.

Nicolas Doze, le journaliste de BFM, pose de bonnes questions :
  • l'Etat (c'est à dire VOTRE argent, chers lecteurs) va t-il racheter toutes les entreprises en difficulté ?
  • l'Etat va t-il acheter les voitures made in France que les Français n'achètent plus (faute d'envie ou faute d'argent) ?En fait, les socialistes vivent dans un mythe : celui de la supposée supériorité de l'Etat et du public par rapport aux entrepreneurs, quand il s'agit de faire fonctionner l'économie. Les socialistes et les étatistes en général ne croient pas en l'ordre spontané, et ils pensent, même quand les recettes keynésiennes ont prouvé leur inefficacité (lire Croissance et Gouvernements : la grande illusion, sur le blog de Georges Ugeux).
    Que chacun comprenne : il n'y a pas de meilleur moyen que l'entrepreneur pour créer des richesses. Si les Etats pouvaient se substituer au marché, alors, l'URSS, qui avait totalement éliminé le marché, et détenait tous les moyens physiques de gérer l'économie, aurait été un succès. Pour que chacun soit convaincu, il n'y a qu'à comparer la RFA et la RDA en 1989. Parties du même point de départ, ces deux pays ont, d'un coté, été un échec total, de l'autre, le pays de la Golf GTI, de la colle Uhu et du freinage ABS. Plus frappant encore, la Silicon Valley.
    En France, nous avons des écoles d'ingénieurs de top niveau, des chercheurs techniquement très fort et des financiers bien armés. Mais le plateau de Saclay n'est pas la Silicon Valley. Pourquoi ? Parce que l'innovation ne surgit jamais là où on l'attend. Le succès du Sentier n'avait rien de planifié, pas plus que celui d'autres beaux succès Made in France, y compris au sein du CAC 40 (Cap Gemini, Essilor ...).
    Arnaud de Montebourg et sa bande ont beau être très intelligents, ils ne pourront pas remplacer les ingénieurs de Peugeot qui ont crée la 205 des années 80, les marketeurs de Bouygues Telecom qui ont lancé le concept de forfait dans les années 90, les geeks d'Iliad qui ont lancé le concept de box avec Free dans les années 2000, et les milliers d'inventeurs qui créent, échouent, recommencent quelque part chez eux dans leur petit coin de France.
    Les libéraux ne prétendent pas mieux savoir que les socialistes de gauche ou de droite ce qui est mieux pour les autres et pour le pays, ils disent qu'étant donné qu'il est impossible de savoir où émergera le prochain Steve Jobs, alors le rôle de l'Etat devrait se limiter à la création d'un environnement favorable à l'entrepreneuriat.
    Enfin, les libéraux notent que si les consommateurs, partout dans le monde, préfèrent rouler en Audi plutôt qu'en Renault, alors des plans de soutien à l'industrie automobile française sont inutiles. Laissons jouer les préférences du consommateur et la libre concurrence, et que le meilleur gagne !

Elisabeth Lévy : “Tout le monde rêve d’être de gauche !”

Dans “la Gauche contre le réel”, la fondatrice de “Causeur” revient sur le fond des polémiques qui opposent les “néoréacs” et les tenants de la pensée dominante.
Comment la gauche est-elle devenue l’ennemie du réel ? C’est une longue histoire, souvent glorieuse – dont je ne prétends nullement avoir décrypté tous les soubassements. Pour aller vite, la gauche naît en 1789 comme le parti du mouvement, quand la puissance est du côté de l’ordre – l’Église, la monarchie. Pendant un siècle et demi, l’issue du combat reste incertaine : c’est seulement en 1945 que le camp de la réaction est défait, même s’il bougera encore, sous les traits de l’OAS notamment.
En même temps, le changement révolutionnaire a accouché de l’ordre communiste, d’où l’émergence d’une gauche antitotalitaire, appelée “deuxième gauche”, qui lutte sur deux fronts : pour la liberté à l’Est, pour la justice sociale à l’Ouest. La fin du communisme achève de rebattre les cartes. Privé de l’ennemi qui l’obligeait à être meilleur, le capitalisme n’a pas le triomphe modeste.
Comme le résume Alain Finkielkraut, le changement n’est plus ce que nous voulons, mais ce qui nous arrive. Le mouvement devient l’essence du monde – c’est ce que Taguieff a baptisé “bougisme”. Et la gauche est nue : n’ayant plus aucune alternative à proposer, elle feint d’organiser les mystères qui la dépassent. Puisqu’on ne peut rien changer à ce qui arrive, on décrétera que ce qui arrive est formidable. Et, comme il n’y a plus d’ordre ancien à abattre, on l’inventera. C’est à cela que servent le discours de recouvrement du réel et la rhétorique antiréactionnaire.
Pouvez-vous donner un exemple ? Oui, si vous me pardonnez d’y aller à très grands traits. Puisque le capitalisme détruit les frontières, on applaudit à la disparition des frontières et, dans la foulée, à l’accélération des flux migratoires qui en est le corollaire. C’est le sens du slogan “l’immigration, une chance pour la France”. En réalité, un enfant de 10 ans peut comprendre qu’un phénomène aussi complexe et multiforme que l’immigration ne peut être seulement positif ou seulement négatif. Et on ne voit pas pourquoi les mouvements de population seraient en soi une chose admirable. Mais peu importe, seul l’enthousiasme est autorisé et tout bémol est disqualifié sous les espèces du racisme.
Cela présente un autre avantage : privée à la fois d’ennemi à combattre et d’avenir radieux à espérer, la gauche n’a plus d’autre identité que le sentiment de sa supériorité morale. Nous sommes bons parce que nous sommes du côté des faibles. Dans cette perspective compassionnelle, l’étranger sans papiers est une figure de la victime bien plus gratifiante que l’ouvrier en lutte.
En somme, le camp du mouvement devient le camp du bougisme. Cela explique-t-il que les identités, en tout cas certaines d’entre elles, soient tenues pour une chose détestable ? Sans doute, mais ce n’est pas la seule explication. Les sottises de l’antiracisme idéologique ne sauraient justifier la moindre complaisance à l’égard du racisme réel, ou alors on n’aura rien gagné. Nous avons de bonnes raisons de nous défier des conceptions fixistes ou essentialistes de l’identité qui ont engendré des catastrophes.
Du coup, l’Europe en est arrivée à nier l’existence même de son identité, ce que résume la phrase extraordinaire du philosophe et député européen italien Gianni Vattimo : « La définition de l’Europe, c’est l’hospitalité. » L’identité européenne, ce serait d’accueillir toutes les autres identités.
Les cris d’orfraie et glapissements indignés qui ont accueilli le débat sur l’identité nationale ont empêché que soit posée la question essentielle qui est celle du modèle français : “Notre indéfectible attachement à l’égalité des hommes nous impose-t-il de conférer des droits égaux à toutes les cultures ou peut-on considérer qu’il existe une culture d’accueil à laquelle les nouveaux arrivants doivent plus ou moins s’adapter ? ” Les partisans du multi-culturalisme ont des arguments légitimes ; encore faudrait-il que l’on puisse échanger des arguments plutôt que des invectives.
Le plus étonnant, c’est que ce postulat en faveur d’une ouverture inconditionnelle a conduit la gauche à tolérer ou à encourager ce qui devrait lui faire horreur : l’obscurantisme religieux, l’inégalité entre les hommes et les femmes, le refus de la laïcité… Et c’est là qu’il devient impératif d’escamoter le réel au profit d’un récit compatible avec l’idéologie du Progrès et du sens de l’Histoire. Dans cette opération, le rôle des médias est stratégique, car ce sont eux qui élaborent et imposent ce récit.
Le contraste entre l’affaire Merah et l’affaire Breivik n’est-il pas particulièrement révélateur de ce rapport dévoyé aux faits ? De fait, j’ai rédigé la conclusion de mon livre le jour de l’assaut du Raid contre Mohamed Merah. Les réactions d’une grande partie de la gauche et au-delà constituaient une confirmation éclatante de mon propos : tant qu’on ne savait rien, qu’on se plaisait à penser que le tueur était un Breivik français et qu’on pouvait accuser ceux qui avaient “armé le bras” et “fait le lit de”, l’affaire était hautement significative. Quand on a connu la vérité, les meurtres de Merah sont devenus un fait divers, les actes d’un fou isolé. Au prétexte de ne pas stigmatiser l’ensemble des musulmans, ce que personne ne faisait, pas même Marine Le Pen, on a voulu interdire toute question sur l’islamisme radical.
Il est évident que l’islam, qui est la culture de millions de nos compatriotes, ne se confond pas avec l’islamisme et encore moins avec le terrorisme. Mais comment celui-là peut-il, chez certains, se dévoyer en ceux-ci ? Qu’avons-nous raté pour que l’ancien élève de l’école Ernest-Renan rêve de mettre son pays à genoux ? Il serait absurde de nier que le chômage et l’exclusion sociale jouent un rôle, mais tout aussi absurde de prétendre qu’ils sont la seule explication. Je crois pour ma part que le renoncement à l’assimilation est largement en cause.
Escamoter le réel, c’est aussi tenter d’escamoter la parole de ceux qui s’obstinent à le décrire tel qu’il est, aimablement qualifiés de “nouveaux réacs”. D’où ce paradoxe d’une gauche qui ne cesse de dénoncer “la libération de la parole”… L’épisode “nouveaux réacs” a été le point de départ de ce livre. Durant quelques mois, on a entendu de nombreuses et éminentes voix protester parce que quelques trublions avaient le droit de parler. Au-delà de l’anecdote, cette levée de boucliers a de quoi inquiéter quant à l’avenir du pluralisme. Que les héritiers de Voltaire se mobilisent pour faire taire ceux qui ne pensent pas comme eux témoigne d’un étrange renversement.
Je m’empresse de préciser que, contrairement à certains de mes camarades en réaction, je ne crois nullement que l’on devrait pouvoir tout dire. Aucune société ne peut se passer d’interdits. Seulement, j’ai l’impression, peut-être exagérée ou fausse, ce qui serait une bonne nouvelle, que le domaine de l’interdit ne cesse de s’étendre. De plus, il n’est pas certain que les paroles mènent aux actes ; peut-être que, parfois, les paroles empêchent les actes.
Si la gauche est l’ennemie du réel, pourquoi la droite n’est-elle pas le camp du réel ? Dans un monde pacifié, l’affrontement entre la gauche et la droite est largement surjoué. La droite est aussi bougiste que la gauche, comme en témoignent les proclamations de Nathalie Kosciusko-Morizet : « Je suis tout sauf conservatrice ! » ou encore : « Être de droite, c’est être pour le mouvement. »
Christian Vanneste dit que « la droite, c’est la gauche avec vingt ans de retard » – quoiqu’on ait souvent l’impression que c’est plutôt vingt minutes que vingt ans… On dirait que la droite a intégré le sentiment de son indignité morale et que, dans le fond, la plupart de ses représentants rêvent d’être de gauche. Je les comprends ! Moi aussi j’aimerais être de gauche. Il doit être bon de se sentir bon ! Propos recueillis par Laurent Dandrieu

La Gauche contre le réel, d’Élisabeth Lévy, Fayard, 324 pages, 19 €.

Pourquoi les journalistes sont de gauche

Une nouvelle étude le confirme : la majorité des journalistes penche à gauche. Enquête sur les fondements culturels de ce phénomène politique.

« On le subodorait. On le devinait à mille petits signes : les journalistes votent à gauche, sont de gauche et, naturellement, soutiennent la gauche. » Il faut avoir soit le goût de la provocation soit un certain courage pour être aussi catégorique sur un sujet aussi polémique. Fondateur de Reporters sans frontières (dont il a été secrétaire général jusqu’en 2008) et de la revue Médias, journaliste sur iTélé et Sud Radio, Robert Ménard ne manque ni de l’un ni de l’autre. Mais comme il sait qu’on ne peut briser un tabou sans s’exposer à la critique, il a pris soin de commander à l’institut Harris Interactive une enquête sur le vote de ses confrères – et des nôtres. Pas un sondage, car « cela coûte cher », admet-il dans l’entretien qu’il nous accorde, mais une consultation : « Il s’agissait d’interroger les journalistes présents sur Twitter », précise Jean- Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion de Harris Inter active.
Cent cinq journalistes ont répondu à l’intégralité de cette enquête, publiée dans le dernier numéro de Médias. Ses résultats sont éloquents. « Les journalistes ayant pris part à la consultation déclarent un vote beaucoup plus marqué à gauche que le corps électoral français », constate Jean-Daniel Lévy. En tête, François Hollande – comme au premier tour, mais avec 10 points de plus que les Français ne lui en ont accordé. Le deuxième ? Jean-Luc Mélenchon (+ 8 points), devant Nicolas Sarkozy ( – 9). Marine Le Pen n’arrive qu’en sixième position, avec 3 %, soit six fois moins que le 22 avril. Hollande recueille 74 % des suffrages au second tour.
Cent cinq journalistes ne forment qu’un mince échantillon et l’on pourrait contester ces résultats si d’autres enquêtes, plus anciennes, n’allaient dans le même sens. Par exemple, le sondage réalisé par l’Ifop pour l’hebdomadaire Marianne en avril 2001, avant une autre élection présidentielle. À l’époque, 63 % des journalistes consultés avaient l’intention de voter à gauche (dont 32 % pour Lionel Jospin, qui fut éliminé dès le premier tour). La droite ne recueillait que 6 % des voix, les autres ne se prononçant pas. « Il faudrait être quelque peu naïf, après cela, pour s’étonner du fossé abyssal qui se creuse entre la caste journalistique et la population », concluait l’auteur de l’article, Philippe Cohen.
Les simulations électorales réalisées cette année dans plusieurs écoles de journalisme sont elles aussi intéressantes. Au Centre de formation des journalistes (CFJ), les étudiants de première année ont choisi, dans l’ordre : Hollande, Mélenchon, Bayrou. À l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille : Hollande, Mélenchon, Joly. Au Celsa : Hollande, Mélenchon, Sarkozy et Bayrou (troisièmes ex æquo). La droite est éliminée dès le premier tour.
Directeur du CFJ depuis 2008 (et bientôt de Reporters sans frontières), Christophe Deloire souligne que ces consultations concernent moins de cinquante étudiants – l’effectif moyen d’une pro motion de ces écoles. « J’ai su, ajoute-t-il, que certains élèves avaient voté Sarkozy le jour de l’élection alors qu’ils avaient voté blanc à l’école. » Il rappelle aussi que « les étudiants en France sont assez largement de gauche » : ceux des écoles de journalisme ne se distinguent pas de leurs condisciples. Reste qu’ils se distinguent des Français quand ils en sont sortis.
Les élections professionnelles en fournissent un autre indice. Les dernières ont eu lieu en juin. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a recueilli la majorité absolue des suffrages (51,3 %), devant la CGT et la CFDT. Or, même si ce ne fut pas toujours le cas, ses prises de position classent aujourd’hui le SNJ nettement à gauche : il figure parmi les fondateurs de l’Union syndicale Solidaires, adepte d’un « syndicalisme de luttes ». « Les salariés, les chômeurs, les retraités n’ont pas à faire les frais du désastre économique et social dans lequel nous ont plongés les politiques néolibérales et les marchés financiers », pouvait-on lire en janvier dans un communiqué de Solidaires, relayé par le SNJ sur son site.
À cette inclination pour la gauche, on peut trouver des raisons historiques et générationnelles – au moins jusqu’au début des années 2000. « L’histoire de la presse française n’est faite que de jeunes qui ont tâté de la politique et qui ont pour politique suivi dans le journalisme, expliquait en 2002 un journaliste du Monde cité dans un livre de Christophe Nick, les Trots kistes (Fayard). De 1960 à 1980, les militants étaient tous à l’extrême gauche. À une certaine époque, chaque groupuscule avait son quotidien ou son hebdomadaire. Des centaines de journalistes se sont ainsi formés sur le tas », avant d’être accueillis au sein d’autres rédactions, celle de Libération d’abord, puis du Monde – entre autres.
Ce n’est pas le résultat d’une stratégie d’entrisme, expliquait un ancien de la LCR et de Libé, Basile Karlinsky : « La réalité, c’est que le trotskisme, sans le vouloir ni le savoir, a réussi à être une (pas trop mauvaise) école de journalisme. » Parce qu’ils avaient dans leur bagage politique trois outils très efficaces pour s’imposer au sein des rédactions : « une appréhension intellectuelle du monde », le sens de l’organisation et « le goût du pouvoir
symbolique », soulignait Yves Roucaute dans Splendeurs et Misères des journalistes (Calmann-Lévy). Cette génération, qui avait 20 ans en 1968, est en train de passer la main, mais elle a fait école en faisant carrière sans rien abdiquer de ses convictions libertaires.
D’autres complètent cette approche historique par des éléments sociologiques et culturels. « Les journalistes se rapprochent des catégories sociales et intellectuelles les plus intégrées à la culture de gauche, les enseignants et les chercheurs », note le politologue Roland Cayrol dans la revue Médias. « Les étudiants qui présentent notre concours sont, pour beaucoup, issus de cursus d’histoire, de lettres, de sciences politiques. Des catégories sociales plutôt orientées à gauche », constate Christophe Deloire, du CFJ. Ce que confirment diverses enquêtes parues sur les étudiants de Sciences Po – dont beaucoup deviennent journalistes.
« La sensibilité politique des étudiants de Sciences Po se situe assez nettement dans le camp de la gauche. Ce positionnement s’accompagne d’un répertoire de valeurs privilégiant l’universalité, le libéralisme culturel, ainsi que la tolérance et l’ouverture aux autres », écrivait la sociologue Anne Muxel en 2004. Le règne de Richard Descoings n’y a évidemment rien changé. Les étudiants de Science Po ont, eux aussi, organisé une simulation électorale avant la présidentielle : François Hollande devance Nicolas Sarkozy de douze points au premier tour et l’écrase au second avec 63,6 %des voix.
En France, « les grands journalistes sont souvent issus des mêmes écoles que beaucoup de responsables gouvernementaux », remarquait l’ambassade des États-Unis dans une dépêche diplomatique révélée par WikiLeaks. « S’il y a une homogénéité du milieu, au niveau des dirigeants, c’est pour des raisons internes de formation, d’éducation, de milieu social, de mode de vie », avançait Régis Debray, en 2005, dans la revue Médias. Cette connivence intellectuelle favorise la diffusion d’un credo qu’on ne peut discuter sans risquer l’excommunication – comme l’a montré la condamnation d’Éric Zemmour. Laurent Fabius en a résumé les articles d’une formule éclairante : « La politique est une éthique, les droits de l’homme sont la jeunesse du monde et l’antiracisme est l’âme de la France. »
Nul ne conteste que « les droits de l’homme, dans leur acception classique, demeurent un appréciable instrument de lutte contre l’arbitraire des pouvoirs », écrit Élisabeth Lévy dans les Maîtres censeurs. Mais leur manipulation par des minorités réputées opprimées (culturelles, sexuelles, ethniques) menace d’éclatement une société privée de transcendance. « Voué au ministère des justes causes et des bons sentiments, le “machiavélisme du bien” [selon l’expression du philosophe Marcel Gauchet] n’en est pas moins un machiavélisme », conclut Élisabeth Lévy. Et, serait-on tenté d’ajouter, un manichéisme auquel la droite s’est soumise de peur d’être rejetée dans le camp du mal. Une nouvelle illustration en est fournie par la polémique sur la “droitisation” de l’UMP, récusée par d’ex-ministres de Nicolas Sarkozy. Pourtant, la droite ferait bien de méditer cette réflexion : « Les valeurs défendues par l’intelligentsia exercent un ascendant sur toute la société. L’enseignement, la culture ou l’information ne sont jamais neutres », rappelle Jean Sévillia, écrivain et journaliste. À l’inverse, « la gauche valorise le combat politique et la controverse intellectuelle – donc le journalisme – tandis que la droite a déserté le champ des idées pour les métiers de la finance. Les valeurs d’argent l’ont emporté sur le bien commun, l’esprit bourgeois a eu raison des idéaux », analyse le journaliste Marc Baudriller, auteur des Réseaux cathos (Robert Laffont).
Où l’on voit qu’il est nécessaire à la droite, pour reconquérir le terrain des idées, non seulement de ferrailler contre la gauche mais de batailler aussi contre la tentation de sérieux qui l’a gagnée. En opposant à l’esprit bourgeois (bohème ou non) cet “esprit français” que la bienséance commandait autrefois d’opposer aux fâcheux ? C’est le remède que préconisait le philosophe Philippe Muray et qu’appliquent certains humoristes – ceux qu’on n’entend pas souvent sur le service public. « Comment se fait-il que, quand l’Europe de l’Est s’est libérée, tous les gens n’aient pas foncé vers l’est ? », demande Gaspard Proust. Une question à soumettre aux étudiants en journalisme.  Fabrice Madouas
A  lire:
Entretien avec Robert Ménard : "La gauche est le bain naturel des médias", propos recueillis par Fabrice Madouas,
Une profession complexe et exposée, par François d'Orcival

jeudi 12 juillet 2012

Eloge de la Parisienne par temps islamiste

Il est parfois bon de se reposer de l’Orient à Paris et d’y admirer le visage féminin sans masque et sans peur. Notre liberté des femmes y est une histoire ancienne que l’on retrouve narrée avec humour par Louis-Sébastien Mercier, merveilleux auteur du XVIIIème siècle. « Les femmes de Paris à l’époque des Lumières » (éditions Tallandier) est un livre pétillant pour des vacances françaises. En ces temps d’assassinat de femmes (en Afghanistan) et de voilement général des espérances ; en ces temps où les révolutions arabes - que leurs héroïnes  espéraient universalistes et féministes- se muent en contre-révolutions obscurantistes, il y a quelque chose de fascinant à relire un délicieux ouvrage sur les Parisiennes d’un certain Louis-Sébastien Mercier. Ecrit à la fin de l’Ancien régime puis après la Révolution, cet adorable  tableau de mœurs m’a été récemment très utile dans quelques capitales où être femme pose des problèmes de plus en plus compliqués. Glissé dans ma valise au Caire, je l’ouvrais pour respirer un peu d’air frais au soir de journées poisseuses passées à cahoter entre niqabs et hidjabs, insultes et tumultes. J’en savourais également quelques pages à Tunis où le ténébreux spectacle des salafistes adulés par le gouvernement au pouvoir a de quoi obscurcir, hélas, le beau sourire des filles de Carthage. Je suis sûre que Habib Bourguiba, qui aimait et respectait tant le visage des femmes libres, avait lu Mercier !

Ecrivain, dramaturge et journaliste, ce dernier a fait une part bien méritée aux femmes dans son Tableau de Paris qui court sur 2000 pages. L’extrait republié chez Tallandier est un chef-d’œuvre car il donne la clé principale de l’irrésistible liberté qui garde le teint si frais aux Parisiennes jusque dans un âge où toutes les autres femmes de la terre ont remisé depuis longtemps leurs charmes et leurs espérances. Car entre la Seine, Montmartre, la Bastille et le Palais-Royal, l’indépendance féminine, c’est historique ! Mercier ne peut que constater : « Les femmes à Paris, accoutumées dans les lieux publics à se mêler avec les hommes, ont leur fierté, leur audace et presque leur démarche ». Flânant dans les magasins, le nez collé aux vitrines, il s’émerveille du charme des vendeuses et des marchandes, aussi roses que leurs fleurs et aussi brillantes que leurs parures. « Les femmes d’artisans travaillent de concert avec les hommes et s’en trouvent bien » se félicite ce badaud inspiré  qui ajoute, complètement bluffé, : « Les femmes de Paris recèlent les femmes les plus gaies, les mieux portantes et les moins bégueules ! ». Inquiet, cependant, du sort des plus pauvres, ces grisettes qui ont la taille aussi mince que leurs ressources, le bon Mercier supplie le législateur point encore convaincu des bienfaits du travail féminin : « Que les filles soient autorisées à exercer le métier qu’elles choisiront sans maitrise, sans gêne ni contrainte, sans taxe quelconque.../ Que l’on donne aux femmes la même liberté dont jouissent les hommes, avec qui elles sont incessamment mêlées... »

Où l’on voit que notre liberté de Parisiennes remonte à loin, tout comme l’humeur gracieuse des hommes qui nous aiment ! Cette aisance à se mouvoir dans la capitale française qui est par ailleurs l’une des villes les plus féminines au monde, nous a été enviée par les femmes du monde entier. Quant aux mâles exotiques, russes ou orientaux, il est clair que le charme légendaire qui les attirait vers la Parisienne tenait moins à sa beauté- peu classique- qu’à son impertinence, fruit spirituel, nacré et dodu des libertés individuelles et collectives.

Lire ces pages lointaines et si modernes est aussi agréable aujourd’hui que nécessaire. En effet, il m’arrive de plus en plus souvent de croiser sur mes chemins parisiens des visages tristement voilés et comme en deuil. Qui enterre-t-on dans le métro, l’autobus, sous les platanes, de la place Clichy à la place de l’Etoile ? Pour qui sont ces fichus noirs, serrés collés sur un front juvénile ? Ne sont-elles pas Parisiennes, elles aussi, ces porteuses de chiffon sévère importé de cieux affreux où l’on flagelle, censure et torture à tour de gros bras ? N’ont-elles pas compris, ces jeunes et moins jeunes femmes, l’avantage immense qui est le nôtre, le leur, le mien : celui de marcher, nez au vent, dans une ville qui, historiquement, n’a jamais séparé hommes et femmes ! Ne savent-elles pas que leur façon d’obéir à une propagande religieuse fabriquée en dépit du bon sens humain, sous des cieux opaques, constitue une véritable faute de goût dans notre Paris, capitale de la liberté ?

Chères sœurs parisiennes, la démocratie primordiale, celle de l’espace partagé, est ici, voyez-vous, une réalité si ancienne qu’elle nous est devenue comme instinctive. C’est pourquoi, épuisée par le spectacle des linceuls qui s’abattent ailleurs, je me ranime à lire Louis-Sébastien Mercier, témoin de la beauté des vies féminines parisiennes. Il eût sûrement été aussi navré que moi par les voiles qui tentent aujourd’hui d’en attrister le ciel !   

PSA : les politiques rivalisent d'indignation

Du PS à l'UMP, en passant par les syndicats, les réactions se multiplient après l'annonce de la suppression de 8 000 emplois en France.
Le constructeur a annoncé qu'il allait supprimer 8 000 emplois en France et arrêterait la production de véhicules à Aulnay en 2014. Réactions.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif : "Nous n'acceptons pas en l'état le plan."
Jean-Marc Ayrault, Premier ministre : "Il est nécessaire que soient approfondies les causes de la situation actuelle du groupe qui conduisent à ce plan, les conséquences d'un tel plan sur les territoires et la filière automobile, ainsi que les garanties que peut offrir le groupe sur le maintien à long terme de l'activité industrielle des sites du groupe."
Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale : "Je souhaite que l'État soit au rendez-vous de la protection des salariés : il serait immoral de laisser ces travailleurs seuls face à eux-mêmes. C'est pourquoi je salue la démarche du Premier ministre, qui vient d'exiger de PSA une concertation sans délai avec les partenaires sociaux vouée à maintenir une activité industrielle sur tous les sites français."
Marisol Touraine, ministre des Affaire sociales : "Une onde de choc pour notre pays."
Benoît Hamon, ministre délégué chargé de l'Économie sociale et solidaire : "C'est insupportable de voir aujourd'hui ces saignées dans l'emploi industriel."
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : "Nous n'allons pas prendre pour argent comptant cette annonce brutale de suppression d'emplois."
Franck Don, de la CFTC : "La baisse des effectifs en recherche et développement est gravissime et n'augure rien de bon pour l'avenir."
Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts (EE-LV) : "Le gouvernement (de François Fillon) n'a pas anticipé, pas aidé, pas posé les conditions à un futur possible."
Gérard Ségura, maire PS d'Aulnay-sous-Bois : "PSA Aulnay, c'est 3 300 emplois mais aussi 9 000 avec les sous-traitants : nous n'avons pas la capacité d'accuser ce choc tout seuls."
Jean-Louis Borloo, président du Parti radical : "En aucun cas, les difficultés partielles rencontrées aujourd'hui ne peuvent avoir pour seule réponse une réduction drastique des effectifs qui détruirait les compétences et le savoir-faire de l'entreprise."
Xavier Bertrand, ancien ministre UMP du Travail : Il faut "très, très vite un plan massif de soutien à toute la filière automobile".
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP : "La cote d'alerte est dépassée. Je suis extrêmement préoccupé par cette annonce (...). Il faut que le gouvernement sache que, dans ce domaine, l'opposition, au nom (de laquelle) je m'exprime ce matin, sera à ses côtés s'il s'agit d'assumer enfin que la priorité absolue pour notre pays, c'est la compétitivité de notre industrie."
Marine Le Pen, présidente du Front national : "L'État doit (...) mettre immédiatement en place un plan national de soutien à la filière automobile française (...), quitte à monter au capital de PSA."
Nicolas Dupont-Aignan, député non inscrit de l'Essonne : "Je demande la création immédiate d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale pour que mes collègues députés comprennent enfin les vraies raisons de ce désastre industriel."

Emprunts à taux négatifs : les prémices d'une explosion de l'euro?

La France a pour la première fois bénéficié de taux d'emprunt négatifs, lundi 9 juillet, à l'occasion d'émissions d'obligations à très court terme d'un montant de près de 6 milliards d'euros, confirmant sa place dans le club très fermé des pays vertueux de la zone euro. Mais si ces taux négatifs baissent la charge de la dette, ils augmentent aussi le risque de récession.
C'était la Une de toutes les radios mardi 10 juillet : la France emprunte à des taux réels négatifs. Des 6 milliards d'euros d'obligations à trois et six mois émis lundi par la France, les investisseurs n'en récupèreront pas la totalité, les taux d'intérêt étant de - 0,005 % et - 0,006 %. Autrement dit, la France gagne de l'argent en empruntant ! Qui l'eût cru, six mois après la perte du triple A et quelques semaines seulement après l'arrivée au pouvoir de François Hollande ? Force est de constater que les marchés n'ont pas attaqué l'Hexagone et qu'ils semblent même avoir une certaine confiance dans la dette française. 

Immédiatement le gouvernement et l'opposition se sont renvoyés la balle sur le sujet. Côté gouvernement, cette marque de confiance montrerait que la politique économique de François Holllande s'est rendue crédible auprès des investisseurs. Côté opposition, Valérie Pécresse s'est empressée de percevoir dans cette performance le résultat de la politique de Sarkozy. Mais les uns comme les autres semblent se réjouir de la nouvelle. Ils n'ont pas forcément raison. Voyons pourquoi.

D'abord, nombreux sont les économistes à insister sur le caractère très relatif de cette confiance accordée à la France par les marchés. Il s'agit de très court terme (trois et six mois), même si les obligations à dix ans bénéficient également de taux favorables (2,4% environ). L'économiste et ancien expert du MEDEF Jean-Luc Gréau considère qu'il y a «une dimension de pari» dans ces taux négatifs proposés à la France. Il n'hésite pas à rappeller qu'en 2006, juste avant la crise économique, «la Grèce et l'Irlande avaient obtenu sur les marchés des taux d'emprunt plus avantageux que l'Allemagne, preuve que les investisseurs ne sont pas infaillibles.»

Les investisseurs qui ont des liquidités à placer n'ont plus aucune confiance dans le système bancaire, pouvant théoriquement rapporter plus d'argent mais présentant trop de risques. C'est dans cette perspective que, mardi 10 juillet, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a parlé de «dysfonctionnement des marchés » : le secteur bancaire apparaît fermé aux investisseurs car trop instable. Ceux-ci préfèrent se réfugier vers les titres d'Etat. En quelque sorte, prêter à la France revient pour eux à choisir la sécurité pour leurs placements, comme s'ils louaient un coffre-fort...

Cette confiance dans la dette française doit également s'interpréter au regard de la très grande inquiétude suscitée par les pays du Sud, la Grèce, l'Espagne et l'Italie notamment.
Pour l'économiste Paul Jorion, l'un des rares commentateurs économiques à avoir anticipé la crise des subprimes américains de 2007, «ces taux d'emprunt sont certes une bonne nouvelle pour la France car ils vont faciliter l'objectif de retour à 4,5% de déficit public à la fin de l'année. Mais ils témoignent de l'état de dégradation de la zone euro. Les marchés viennent clairement de couper l'Europe en deux : ceux qui peuvent survivre avec l'euro et les autres. L'Espagne emprunte aujourd'hui à des taux avoisinant les 7% (sur 10 ans), c'est une situation impossible.» Et selon lui, si la France se retrouve dans le cercle des pays vertueux, c'est parce que François Hollande a «totalement capitulé face à l'Allemagne et s'est aligné sur la vision d'Angela Merkel et de son traité de discipline budgétaire. Avec Sarkozy, la France et l'Allemagne étaient unis à 80%, avec Hollande il y a fusion à 95%.» En visite à Londres, le Président Hollande semble confirmer cette analyse en prônant, devant le Premier ministre anglais Cameron, une Europe à plusieurs vitesses.  

Un mécanisme pervers

Si, d'un point de vue franco-français, ces emprunts à taux négatifs se présentent comme une bonne nouvelle, ils pourraient très rapidement se transformer en cadeau empoisonné pour la France. C'est l'avis de Dominique Garabiol, directeur à la BPCE (organe central commun aux Caisses d'épargne et aux Banques populaires) : «Plus les investisseurs font confiance aux pays du Nord, plus ils sont méfiants vis-à-vis des pays du Sud, qui voient donc leurs taux d'emprunt s'envoler et leur capacité à se refinancer se réduire considérablement. Dans quelques mois, il n'est pas impossible que la France et l'Allemagne soient obligées, par solidarité européenne, de dépenser beaucoup d'argent pour aider l'Espagne ou l'Italie, sachant que dans les caisses de l'Europe il n'y a pas de fonds suffisants pour sauver les deux pays en cas de difficulté.» Pour lui, on est loin de pouvoir parler de bonne nouvelle ou pire de sortie de crise : «Le mécanisme est très pervers, et finalement ces taux favorables entretiennent la crise. Prêter à la France augmente les difficultés de l'Espagne par exemple, ce qui à terme pourrait rejaillir sur l'Hexagone.»

En outre, cette confiance dans la dette qui place la France parmi les pays vertueux, ne doit pas occulter un autre problème, celui de la compétitivité et du déficit commercial, s'élevant environ à 70 milliards d'euros par an. Si les marchés sont myopes et n'ont pas regardé l'avenir au-delà des six mois pour les émissions d'obligations, les difficultés ne doivent pas être masquées, selon Jean-Luc Gréau : «Les recettes sont en baisse et l'emploi est de plus en plus fragilisé. D'ici l'automne, le pays risque d'entrer en récession, les chiffres de la production ont de grandes chances d'être très mauvais. La crise est loin d'être terminée et 2013 sera peut-être semblable à l'année 2008. Mais l'avenir économique est pour l'instant imprévisible...»

Bruxelles veut nous imposer toujours plus d’immigration 


Le jour de sa rencontre à Paris avec le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, mardi 10 juillet, la Suédoise Cecilia Malmström, commissaire européenne aux Affaires intérieures, proclamait dans Le Monde : « L’immigration sera nécessaire pour l’Europe. » Une façon claironnante d’annoncer la couleur. Ou plutôt la teneur du message que la commissaire européenne venait transmettre à son homologue français. Bruxelles ne connaît ni la crise ni le chômage, ni les tensions communautaires. Rien d’autre que son idéologie euro-mondialiste exigeant la disparition des identités nationales pour les remplacer par le maelström vorace de la globalisation. Un maelström d’individus indifférenciés, rassemblés non plus dans des nations mais dans des espaces économiques, pour lequel Mme Malmström vient plaider auprès du gouvernement socialiste, normalement tout acquis à cette cause internationaliste de la libre installation des individus. Des individus qui préfèrent généralement, surtout les moins qualifiés d’entre eux, venir s’installer en Europe, avec armes et bagages, plutôt qu’en Chine ou dans d’autres pays émergents où se trouvent pourtant aujourd’hui les gisements d’emplois. Mais où les systèmes sociaux sont moins généreux.
Manuel Valls avait, lors de son premier Conseil européen à Luxembourg, en juin dernier, approuvé la demande faite par Nicolas Sarkozy d’un éventuel rétablissement des contrôles aux frontières de l’espace Schengen, en cas de circonstances « exceptionnelles ». Ce qui lui valu d’être aussitôt accusé par le député européen Daniel Cohn-Bendit de « chausser les pantoufles de Claude Guéant ». Par rapport aux souliers à clous de jadis cela constitue déjà un progrès… Cecilia Malmström est donc venue mardi à Paris expliquer au ministre français, au nom de l’Union européenne, qu’il se trompait : l’espace Schengen doit être ouvert à tous…Vive le sans-frontiérisme où l’on rentre comme dans un moulin à brasser les peuples !
Et pour commencer, Mme Malmström, grande prêtresse du maelström tourbillonnaire des races et des cultures, exprime ses reproche pour l’attitude trop « défensive » adoptée par certains pays européens – suivez son regard désapprobateur – lors des révolutions qui se sont déroulées l’année dernière dans les pays arabes. « Qu’avons-nous dit à ces gens qui se réclamaient de nos valeurs ? Que nous étions en crise et que nous avions peur de vagues bibliques d’immigrés. »
Croissance… de l’immigration !
La bonne Mme Malmström, prêcheuse du grand maëlstrom humain (que d’autres nomment melting-pot), nous ressort la vieille antienne que nous chantaient déjà les socialistes mitterrandiens dans les années 1980 : « L’immigration n’est pas une menace pour l’Europe, mais une chance » et même, argument supplémentaire adapté à l’air du temps, « un facteur de croissance ». Si cette dernière est en panne chez nous, c’est sans doute parce que la France n’importe pas assez d’immigrés. Que la belle Suédoise aille donc expliquer cela aux prolétaires européens, et aux Français en particulier, contraints de côtoyer dans leurs quartiers des bandes de voyous ethniques ou d’extrémistes islamiques et quotidiennement en butte à toutes sortes d’« incivilités ». Je nique les gaulois étant l’une des plus douces. Ou de se voir concurrencés dans leur recherche d’un emploi ou d’un logement par des vagues sans cesses renouvelées de migrants venus d’ailleurs… Qu’elle aille expliquer son point de vue de technocrate bruxelloise surpayée aux policiers qui se font tirer dessus par des « sauvageons » de plus en plus ensauvagés (et surarmés) que plus rien n’arrête dans leur haine et leur mépris de la France, de sa civilisation et de ses lois. Et de ses habitants…
Cette position immigrationniste de la missionnaire bruxelloise va à contre-courant de l’opinion des peuples dans les pays européens ? La commissaire européenne en a bien conscience. Mais, comme disait Edith Cresson lorsqu’elle était Premier ministre (1991-1992), elle n’en a rien à cirer. « Le rôle de la Commission de Bruxelles est d’envisager les problèmes sur le long terme et de s’élever au-dessus des contingences nationales. » D’ailleurs Madame Maelström, non, excusez-moi, Malmström, réclame « une supervision des situations nationales par la Commission… ». Autrement dit, le droit pour les technocrates de Bruxelles de répartir selon leur bon vouloir dans les différents pays européens des contingents d’immigrés par centaines de milliers. Enfin, tous ceux que les fonctionnaires de l’UE jugeront nécessaires à notre bonheur. Ce n’est plus l’immigration choisie, mais bien l’immigration imposée… Par Bruxelles ! Il reviendra sans doute à ces mêmes eurocrates de fixer le montant des prestations auxquelles ces migrants auront droit ? Et aux contribuables nationaux de les régler…
Nations englouties
Les eurocrates veulent profiter des effets catastrophiques de l’euro sur les emplois et le pouvoir d’achat de nombreux Européens pour « fédéraliser » ce qui reste aux Etats nations de pouvoir en matière d’économie et de finances. Avec la Cour de Justice de l’Union européenne (renforcée par la Cour européennes des Droits de l’Homme), les mêmes eurocrates effacent les codes pénales nationaux pour leur substituer leurs lois abstraites, systématiquement favorables aux délinquants. Souvenons-nous, en septembre 2010, de l’intervention intempestive de la commissaire luxembourgeoise Viviane Reding (surnommée par certains de ses collègues la Raide dingue) comparant la France, à propos d’un discours de Nicolas Sarkozy un peu musclé sur les réseaux de malfaiteurs Roms œuvrant à Paris, à l’Occupation hitlérienne. Le président français avait d’ailleurs plié devant l’outrageante commissaire européenne, soutenue pour l’occasion par le Premier ministre luxembourgeois et grand ponte de l’UE, Jean-Claude Juncker. Aujourd’hui une autre commissaire de la même aberrante boutique veut ouvrir toutes grandes les vannes de l’immigration et déverser à son gré un maelström de nouveaux arrivants sur les pays de la vieille Europe. En y faisant entrer de concert la Turquie et ses 60 millions d’habitants. Afin sans doute de submerger les Etats nations de l’Union européenne, ceux-ci ressemblant de plus en plus à des villages engloutis au fond d’un grand lac artificiel : celui du globalisme financier. Un maelstrom, prôné par Mme Malmström, où toutes les identités nationales se perdraient.
Pour échapper à ce sort funeste, une seule solution : sortir de cette union mortifère. C’est aussi le seul moyen de rebâtir une Europe viable et durable : l’Europe des nations, où les génies des uns et des autres s’ajouteraient et se complèteraient au lieu de se dissoudre dans l’acide de l’idéologie mondialiste.

mercredi 11 juillet 2012

Nuances 

 
On s’en doutait un peu, la conférence sociale l’a confirmé: il faudra repasser à la caisse pour notre protection sociale. La douloureuse devrait prendre la forme d’une hausse de la CSG. C’est une piste, a concédé hier soir le Premier ministre, manière de reconnaître qu’elle est déjà sur le toboggan à mauvaises nouvelles. Evidemment, ça critique, ça regrette, ça discute... Mais avec M. Wauquiez, ça flingue: cette hausse, dit-il, est «criminelle». Oui, vous avez bien lu, criminelle. Le même M. Wauquiez avait naguère dénoncé le «cancer» de l’assistanat. Et si l’on suivait son exemple, si l’on piétinait enfin les nuances du politiquement correct ? Les critiques de M. Fillon contre M. Copé, c’est un assassinat. Jean-Pierre Jouyet, passé de Sarkozy à Hollande, un traître à fusiller. Le Tour de France, un repère de toxicos... Mortel, non ? comme dirait le jeune Wauquiez.

Tempérament et rationalisme politique

Comment expliquer que l'on devienne libéral et non socialfachocommuniste ? Le milieu culturel et l’éducation ne suffisent pas à comprendre ces orientations. N’y aurait-il pas quelque chose du tempérament personnel mais aussi du rationalisme intellectuel pour expliquer le destin mental de nos choix sociétaux et politiques.

Dès la sortie de l’utérus, de quelle liberté naturelle disposai-je ? J’aimerais supposer qu’à cet instant je savais pouvoir bientôt contempler librement les sphères du cosmos, au-delà des premières étoiles de la doxa, bien au-dessus de la mer de nuages recouvrant l’obscurantisme et la servitude politiques. D’où vient que je sois devenu libéral et non socialfachocommuniste ? D’où vient que j’ai choisi la voie terrestre et rationaliste d’Aristote en sa Politique pour aboutir au libéralisme, plutôt que celle utopique de Platon en sa République totalitaire ? On pourrait s’étonner que depuis la même origine cosmique et animale les humains proposent de telles différences en termes de convictions politiques et de contrat social. Il faut croire que le milieu culturel et l’éducation ne suffisent pas à expliquer ces orientations, puisque, si diverses, leurs déterminismes vont jusqu’à permette qu’un individu s’en affranchisse. N’y aurait-il pas là quelque chose du tempérament personnel mais aussi du rationalisme intellectuel pour expliquer, tant que faire se peut, le destin mental de nos choix sociétaux et politiques…
On me pardonnera je l’espère ce soupçon d’autobiographie. Né dans une famille modeste passablement inculte, quelle chance avais-je de devenir, sans en faire un titre de gloire, un intellectuel libéral ? Mes parents, pour l’une était dépourvue de tout discours politique, pour l’autre était vaguement de droite conservatrice, par atavisme paysan, quoique irréligieux, attaché à Jacques Chirac pour cause d’âge commun, attaché aux valeurs du travail et de la propriété terrienne. Ma seule chance fut d’habiter dans une ville universitaire. Pourquoi réclamai-je des livres, des encyclopédies, alors que l’on lisait si peu ou pas du tout autour de moi, même si l’école obligatoire y a peut-être contribué ? Pourquoi découvris-je Jules Verne et le romantisme allemand, France Musique, Schumann et Bach, alors que l’on se limitait à RTL et aux variétés d’usage ? Pourquoi encore, stimulé par mon enseignante de philosophie qui proposa l’étude de Marx et de Nietzsche, me sentais-je cette différence, cette indépendance… Certainement de par une répugnance à la fois innée et intellectuelle envers tout enfermement dans un concept de classe, de masse, de nation, dans tout déterminisme sociologique, qu’il soit conservateur ou marxiste. Quant à cette pulsion aristocratique, peut-être orgueilleuse, qui me poussait vers l’élection des arts et de la littérature, d’où me venait-elle ? Finissant ainsi bientôt par me persuader que la démocratie était devenue pour moi : « une aristocratie qui s’est élargie au point de devenir une aristocratie universelle » [1].
Un tempérament éthique et esthétique serait alors plus ou moins à l’œuvre en chacun de nous de façon à nous différencier. Si l’on ne peut remettre en question le rôle prépondérant et invariablement nécessaire de l’éducation, il n’en reste pas moins que la nécessité de l’acquis n’écarte en rien le caractère originel d’une innéité. Sans aller jusqu’à prendre le pari plus que risqué d’une inscription génétique des goûts et des philosophies, on peut imaginer que nos biochimies ne nous proposent pas à tous les mêmes chemins. Sans recourir à la théorie des humeurs des Anciens, une approche neuronale et psychologique des tempéraments politiques peut être effleurée. Ainsi, entre le libéral, le socialiste et le totalitaire, que ce dernier soit communiste, fasciste ou théocrate islamiste, les différences sont criantes.
À peine au-delà du roi philosophe platonicien, du socialiste magistrat philosophe égaré par l’hubris intellectuel, l’homme totalitaire a quelque chose du tempérament sanguin, du coléreux, sans cesse aiguillonné par la libido dominandi, par la foi en son concept politique englobant et salutaire, voire miraculeux. Il ne supporte pas que qui que ce soit échappe à sa doxa, à sa bienfaisance, à sa horde de préjugés, à sa tyrannie, familiale, étatiste, nationaliste ou théocratique, dans une sorte de crispation mimétique où l’autre est sommé d’être comme soi, sinon rendu esclave… Nombreux par ailleurs sont ceux qui adhèrent à un totalitarisme du groupe, de l’instinct grégaire, de la corporation professionnelle, syndicale ou de parti, par goût de la servitude volontaire, par paresse et passivité, mais aussi par envie et ressentiment envers les nantis, envers ceux qui savent réussir, par goût de l’égalité contrainte, par nécessité intime de se sentir rassurés en les rails d’une idéologie, qu’elle soit marxiste ou religieuse, et par la chaude communauté de destin d’une confrérie. À moins que la foule, la meute, permettent de libérer les instincts les plus brutaux, les plus violents, sous couvert de la force collective et d’une pseudo légitimité révolutionnaire ou théologique.
Le libéral quant à lui est un indépendant paisible, un individualiste entreprenant respectant l’individualisme de ses partenaires, un amant du doux commerce selon Montesquieu, un qui a le goût du risque, de la responsabilité et de l’indépendance, sans craindre l’acuité de la solitude. Depuis l’animal politique libre aristotélicien et dans la tradition humaniste du libre arbitre de Saint Thomas d’Aquin, il s’affranchit de la fatalité divine et de la grâce augustinienne pour valoriser son thymos [2], son soi fier, et satisfaire son désir de reconnaissance, reconnaissant du même coup celui de tout homme. En passant par les Lumières, de Locke à Voltaire, il tolère ainsi la liberté d’autrui, que ce soit par indifférence ou par cet égoïsme et ces vices privés (avarice et cupidité) qui contribuent aux vertus publiques de la prospérité, pour reprendre l’argumentation de Mandeville dans la Fable des abeilles [3], ou de par le soin de la « main invisible » [4] du marché conceptualisée par Adam Smith. De même, en s’appuyant sur des valeurs d’étude, de travail et de mérite, dans le cadre du respect de la propriété, et du pluralisme dynamique du marché, voire de la capacité d’association, il éprouve le juste respect d’un contrat social cohérent avec son profil psychologique et intellectuel. Il sait la nécessité, pour jouir de ses propres libertés, d’accorder et d’encourager ces mêmes libertés économiques, d’expression et de mœurs à autrui, que ce soit par empathie ou par calcul rationnel…
Car à en rester à cette voie du tempérament politique, il n’y aurait plus qu’à baigner dans le relativisme et abandonner toute prétention à faire du libéralisme politique un universalisme. Sauf qu’une démarche intellectuelle rationnelle simple (c’est alors qu’intervient l’éducation) permet de départager le libéral du totalitaire plus ou moins doux et plus ou moins bien intentionné. Certes, on peut imaginer que parmi ceux qui choisissent un socialisme, qu’il soit rose, rouge, brun ou vert, qu’il soit national ou international, il en est quelques-uns animés du sens de l’utopie, et d’une empathie au service de l’humanité. Mais l’on sait que l’enfer est pavé des meilleures intentions, et que les généreuses planifications d’un bonheur à tous imposé par la gestion prétendument rigoureuse d’un parti, d’un État ou d’un orwellien gouvernement mondial ne peuvent qu’écraser les individus sous le marteau de l’égalité. Et bientôt exacerber les insupportables inégalités et les frustrations qu’une culture du ressentiment contribue à surexploiter par ces « banques de la colère » [5] que sont les partis révolutionnaires. C’est ainsi que l’Histoire a montré que l’égalité de la pauvreté parmi les États communistes, hors pour quelques oligarques et apparatchiks, reste la moins pire des conditions, avant la concentration meurtrière des goulags …
Il faut alors porter un regard objectif sur les conditions de la prospérité économique. Où et à grâce à quelle culture, quelle démocratie, quelle éthique économique fondée sur le marché et la concurrence est-on le mieux parvenu à libérer le maximum d’humanité des tyrannies de la pauvreté et de la censure, sinon dans les démocraties libérales occidentales ? Un simple examen permet de constater par exemple que ce sont des politiciens qu’il est de bon ton de décrier, comme Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui ont permis que sous leurs mandats, grâce à une politique libérale de diminution considérable des impôts pour les particuliers et les entreprises, le chômage fut divisé par deux, pour être ramené autour de 5%, ce que l’on appelle d’ailleurs un chômage structurel. De constater qu’avec les mêmes conditions de mondialisation et de concurrence internationale que la France malheureuse, l’Allemagne, le Canada et la Suède surfent allègrement sur les voies de la prospérité économique… À l’observateur rationnel ne peut manquer la sagacité qui permet de constater que les politiques de dette, de déséquilibre budgétaire, de contrôle des loyers, de relance keynésienne et d’interventionnisme étatique, de redistribution et de delirium fiscal, fussent-elles animées des meilleures intentions de la justice sociale et de la libido dominandi, sont non seulement contreproductives mais attentatoires aux droits de propriété et à la liberté d’entreprendre, donc foncièrement immorales. Car « contrôle économique et totalitarisme » [6] vont bientôt de pair. Devons-nous accuser nos gouvernants du seul aveuglement idéologique, ou de cet appétit de pouvoir qui les voit préférer un absolutisme colbertiste et socialiste supporté par la démagogie, ou de cynisme mortifère et suicidaire ? À moins que le rationalisme économique et politique soit parfaitement étranger à leur système neuronal…
Ce serait évidemment, en me parant du titre de libéral issu des Lumières, autant par tempérament que par rationalisme, me tresser une couronne de lauriers moraux que la modestie m’interdit de porter… Ainsi l’amant des libertés, quoique en se gardant de tout « dogmatisme libéral » [7], trouvera-t-il une pensée aussi cohérente qu’efficace au service du développement de l’humanité. Et, auprès d’une bibliothèque des écrivains et philosophes choisis, un sommet montagneux où s’isoler des nuisances totalitaires, à moins que ces dernières ne lui laissent que l’abri précaire de l’isolement d’un sommet intérieur.
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Sur le web.
  1. Leo Strauss : Le Libéralisme antique et moderne, PUF, 1990, p 15. ↩
  2. Ce terme, venu de La République de Platon, a été repris par Francis Fukuyama en tant que « désir de reconnaissance », ce dans le cadre de la démocratie libérale comme aboutissement ; dans La Fin de l’Histoire et le dernier homme, Flammarion, 1992. ↩
  3. General Books, 2012. ↩
  4. Adam Smith : Enquête sur la nature et les causes de la Richesse des nations, PUF, 1995, p 513. ↩
  5. Peter Sloterdijk : Colère et temps, Hachette Littérature, 2009, p 87. ↩
  6. Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 2010, p 68 et suivantes. ↩
  7. Raymond Aron : Essai sur les libertés, Calmann-Lévy, 1965. ↩

PSA : Sapin accuse Sarkozy d'avoir «retardé» de «mauvaises nouvelles»

Alors que PSA Peugeot Citroën doit dévoiler jeudi des mesures visant à redresser le groupe, les syndicats s'attendent un plan supprimant entre 8 000 et 10 000 emplois, soit près de 10% des effectifs en France, au lieu de 6 000 prévus jusqu’à présent. préoccupations : le site d'Aulnay (Seine-Saint-Denis), dont la fermeture est redoutée depuis un an.

A la veille de ce Comité central d'entreprise extraordinaire (CCE), le ministre du Travail, Michel Sapin, dit s'attendre à de «mauvaises nouvelles». Interrogé par Inter, il met en cause l'ancien président de la République qui aurait, selon lui, demandé à ce que les annonces de licenciement soient repoussées à l'après-présidentielle. Le plan redouté pour le site d'Aulnay-sous-bois est «typiquement un de ces plans» que Nicolas Sarkozy a «demandé de retarder plutôt que de trouver des solutions», accuse Michel Sapin. «Je pense que vous avez remarqué que M. Varin (le président du directoire de PSA Peugeot Citroën) avait été plusieurs fois convoqué dans le bureau de Nicolas Sarkozy. Vous pensez que c'était pour parler du nouveau modèle qui allait sortir chez Citroën ou chez Peugeot ? Non, c'était pour parler de ces sujets là, en lui disant : Tu verras ça plus tard», ironise le ministre.


Interrogé sur l'hypothèse d'une fermeture d'Aulnay, Sapin dit «exiger de PSA que le dialogue soit exemplaire et que les contreparties soient à la mesure des problèmes rencontrés». «Si Aulnay ne conserve pas de production de PSA, quels sont les efforts faits par PSA pour qu'il y ait de l'activité à l'emplacement d'Aulnay, ce qu'on appelle de la réindustrialisation ? Voilà typiquement une responsabilité qui incombe à une entreprise», prévient le ministre, estimant qu'il devait «y avoir des propositions en matière de reclassement».

BEN VOYONS !  UN MINISTRE DU TRAVAIL AUSSI NUL QUE ÇA, 
C'EST UNE PIÈCE À CONVICTION !!!

PS : les savants calculs de Martine Aubry

La première secrétaire cosigne une contribution avec Jean-Marc Ayrault en vue du congrès.

Martine Aubry a-t-elle levé le doute sur ses intentions à la tête du PS? Mardi soir, à l'issue du bureau national du parti, la première secrétaire a annoncé qu'elle déposerait, en vue du congrès de Toulouse programmé fin octobre, une contribution commune avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. «Ce texte trace les perspectives d'avenir pour le PS et la gauche au pouvoir: soutenir le gouvernement dans la mise en œuvre des soixante engagements du président du programme présidentiel», assurent les deux cosignataires.
Ils demandent en outre «à l'ensemble des dirigeants du PS, comme aux membres du gouvernement, de soutenir de façon exclusive cette contribution générale». Un message adressé en particulier à l'aile gauche du PS, qui hésite ces derniers temps à déposer elle-même une motion.
Lundi, des proches de Martine Aubry ont apposé leur signature, aux côtés de celles de proches du leader de l'aile gauche Benoît Hamon, au bas d'un texte publié dans Libération. Intitulé «Pour une gauche durable», il esquisse une critique de la politique du président de la République en assurant que «l'appel à la croissance pour relancer l'emploi ne suffira pas». Or, du côté de l'Élysée, on souhaite un PS à l'image de ce qu'il fut de 1997 à 2002, lorsque, avec François Hollande à sa tête, il était chargé d'accompagner la politique de Lionel Jospin et en aucun cas de gêner le premier ministre.
Les grandes manœuvres n'ont pas échappé à François Hollande, dont l'un des plus proches lieutenants et désormais ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, s'est fendu d'une tribune dans Le Monde pour lancer une mise en garde contre la division et appeler, en creux, à une motion unique de soutien au président de la République lors du prochain congrès. Selon lui, le PS doit désormais accompagner l'action du chef de l'État en choisissant «une ligne politique claire». Comprendre: hollando-hollandiste.

Poser ses «conditions»

Pour autant, le geste de Martine Aubry n'en dit pas plus sur sa volonté, ou non, de briguer un nouveau mandat à la tête du parti. Fin mai, elle avait assuré que finalement elle ne partirait que «si toutes les conditions (étaient) réunies», mais sans préciser outre mesure quelles étaient ces «conditions». Elles sont désormais plus claires: Martine Aubry partira à la seule condition que le PS adopte la motion unique qu'elle cosigne avec Jean-Marc Ayrault. En quelque sorte, elle remet son sort à la tête du PS entre les mains de l'aile gauche du parti. Que le courant de Benoît Hamon décide de présenter une motion et Martine Aubry pourrait décider de se représenter.
Dans la logique du PS, le fait de signer une contribution n'est pas un acte anodin. Il s'agit du premier pas vers la constitution d'une motion dont le premier signataire est généralement le candidat au poste de premier secrétaire. Le doute subsiste d'autant plus que, la semaine dernière, Harlem Désir avait annoncé au Figaro qu'il ne serait pas candidat si Martine Aubry se présentait, comme pour anticiper l'annonce.
La chef du PS reste dans l'ambiguïté. Mais les socialistes sont habitués à décoder ce genre de message de la maire de Lille. À lire du Martine Aubry dans le texte, on relève mieux l'ambiguïté de ses propos. «J'ai toujours pris mes responsabilités, les Français le savent, et je les prendrai là aussi», déclarait-elle l'année dernière à propos de sa candidature à la primaire du PS, qui ne faisait pas de doute. Alors, maintenant qu'il s'agit de signer une contribution…