TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

lundi 16 août 2010

À droite... shoot !

La polémique sur l'ouverture de centres de consommation de drogues est intéressante à plusieurs titres. La dépendance à la drogue et la propagation des virus du VIH et de l'hépatite constituent un problème de santé publique assez grave pour qu'on ne néglige aucune solution nouvelle de limitation des risques. D'où l'idée, déjà expérimentée en Europe, de centres spécialisés dans lesquels, sous de strictes conditions, des toxicomanes pourraient consommer proprement leurs drogues. Les uns, favorables, appellent ces lieux des « centres d'injection (ou de consommation) supervisés ». Les autres - Matignon est en première ligne -, hostiles, parlent de « salles de shoot ». Le poids des mots !

C'est à droite que les divergences s'expriment dans une cacophonie d'autant plus sympathique qu'elle nous change du bras de fer droite-gauche dans lequel chacun s'efforce de tenir son rang en prévision de 2012. Rien d'étonnant d'ailleurs si, sur une question de société aussi sensible, le traditionnel clivage s'estompe. Comme au temps de Simone Veil ou, plus récemment, lors du débat sur l'échange de seringues.

Deux visions de la société resurgissent à cette occasion. Les uns soulignent qu'une prise en charge médicalisée des toxicomanes les plus atteints et les plus fragiles est préférable à leur abandon sur la voie publique. Les autres estiment que tout accompagnement de la dépendance risque de conduire à la dépénalisation. Que ces deux visions contraires traversent surtout la droite, cela n'a rien de surprenant. Car cette dernière n'est pas aussi monolithique que d'aucuns l'espèrent en forçant les doses de « shoots » sécuritaires.

Le noyau dur de droite que l'on voit tant à la manoeuvre pour Nicolas Sarkozy puise dans un sondage opportun et une petite vague d'adhésions matière à illusion. Même à une arrogance certaine quand, pour discréditer toute critique, on oppose ceux qui agissent à ceux qui pérorent. Ou alors, pourquoi ne pas opposer ceux qui agissent à ceux qui réfléchissent ? Puisque la polémique sur la drogue divise surtout la droite, certains hésiteront peut-être maintenant à s'envoyer à la figure ce pitoyable argument d'autorité.

XAVIER PANON

Le jungle rock de l'insécurité

Elvis, à sa façon, créait de l'insécurité. Son déhanché pelvien bousculait tous les conservatismes de la société américaine des années 50, et inspirait les anathèmes les plus délirants. Pour un peu, on aurait volontiers coffré cette graine de délinquant en blouson de cuir qui dévoyait la jeunesse. L'Amérique hésitait : devait-elle s'abandonner à la modernité ou céder aux diktats de la peur ?
Trente-trois ans après sa mort, on pleure toujours le King, aussi, de ce côté-ci de l'Atlantique, pendant que sur les ondes l'été français 2010 semble obsédé par la petite musique de la crainte distillée jour après jour par certains membres du gouvernement et de la majorité UMP. Une espèce de Jungle rock de l'insécurité où les motivations électoralistes ébouriffent des discours de plus en plus échevelés.
Voilà maintenant qu'il faudrait mettre à l'amende les maires coupables de laxisme dans la lutte contre les voyous ! C'est de la grosse caisse mais elle peine à couvrir cet arrangement trop facile qui consiste à rejeter sur les municipalités la responsabilité des échecs de la politique de sécurité menée depuis 2002.
En dépit de la loi de 2007 qui leur donne un rôle de prévention accru, les maires disposent d'un pouvoir extrêmement limité en matière de police judiciaire, et nul en matière de maintien de l'ordre ou de répression. L'immense majorité d'entre eux - droite et gauche confondues - dépense beaucoup d'énergie et de moyens pour assurer à leurs communes une atmosphère paisible. Les mettre en cause de façon aussi grossière et par pur intérêt stratégique - il faut dédouaner le pouvoir exécutif d'un bilan non satisfaisant - n'est ni très juste, ni très malin. C'est à la fois méconnaître leur travail de terrain opiniâtre, et le lien de confiance qui les unit à la population.
Christian Estrosi a simplement cru faire un bon coup. A en juger par les réactions qui ont répondu à son appel martial pour sanctionner les édiles qui, aux yeux de l'État, ne joueraient pas le jeu, son boomerang risque de lui revenir en pleine figure. « L'Union sacrée » des maires qu'il propose n'a aucun sens tant ces élus de proximité, pragmatiques par nécessité autant que par tempérament, ne l'ont pas attendu pour dépasser les frontières partisanes quand il doivent faire face à leurs responsabilités. Il suffit d'avoir assisté - ne serait ce qu'une seule fois - à un de leurs congrès pour comprendre que cette polémique artificielle n'a aucune chance de prospérer.

Olivier Picard

La Chine dérangée par les Chinois

Ce n'est plus un grand événement, comme Tiananmen en 1989, mais il jalonne la naissance en Chine d'une opinion publique, c'est-à-dire qui s'exprime. A Canton, des centaines de manifestants ont protesté contre les projets du gouvernement central de multiplier les émissions télévisées en mandarin, au détriment de la langue cantonaise, parlée dans la province et à Hong Kong. La manifestation a été naturellement réprimée brutalement, ce qui n'enraye en rien la « contamination démocratique », l'expérience l'a prouvé. Certes, depuis quelques années, les révoltes n'ont pas manqué dans les provinces pour dénoncer les injustices, la corruption et l'oppression des potentats locaux, ou l'insupportable exploitation de la main-d'oeuvre industrielle. Ces dernières ont d'ailleurs abouti à des relèvements substantiels de salaires. Mais il s'agit cette fois d'une revendication d'identité, et non d'émeutes de la misère. Aux révoltes pour la nécessité de survivre succède ainsi la manifestation pour la liberté d'être.

L'apparition d'Internet en 1994 a infligé au gouvernement un grand dérangement de son entreprise de formatage collectif. Après de vaines tentatives pour tarir le flot il a habilement opté pour l'endiguement, à travers son « bureau d'Internet » et son « centre d'étude de l'opinion publique ». Ces euphémismes désignent un dispositif de contre-intoxication, de domestication et d'influence dont la compétence technique est reconnue par les experts. Mais le demi-milliard d'internautes de la Chine se canalise aussi difficilement que ses grands fleuves. Hu Jin Tao, dit-on, reçoit de ces officines des rapports périodiques qu'il examine avec attention. Cela au moins le rapproche de nos politiques affamés de sondages, même si l'objectif est ici non de suivre, mais d'espionner l'opinion. Il n'empêche : quand un Premier ministre est contraint d'ouvrir un dossier « opinion publique », c'est que sa Chine commence à être dérangée par les Chinois.

La rude réalité de 2011

Mme le ministre peut continuer à plonger tranquille : l'économie française a bien la tête hors de l'eau. La production nationale progresse à un rythme voisin de 1,5 % (0,8 % au premier semestre), comme l'a indiqué l'institut de la statistique. Ce n'est pas flambant mais, en ces temps de crise, il faut savoir se contenter de peu. Il est même possible de trouver cinq raisons d'espérer. D'abord, les chiffres sont un peu meilleurs que prévu. Ensuite, ils couvrent un printemps particulièrement agité, où la tempête s'est portée sur les dettes publiques européennes. Troisième raison, la baisse de l'euro n'a pas encore relancé les exportations ; il y a donc encore des impulsions positives à venir dans les prochains mois. Et puis les signes d'une confiance retrouvée dans les entreprises se multiplient - embauches, accroissement des investissements pour la première fois depuis deux ans, reconstitution de stocks. La meilleure nouvelle se situe d'ailleurs sur le front de l'emploi. Les entreprises ont moins licencié qu'on ne pouvait le redouter au plus fort de la crise, même si la saignée a été terrible dans une industrie qui a perdu 10 % de ses effectifs. Et elles ont recommencé à recruter alors même que la croissance est faible. Dernière raison : la France n'a pas à rougir de la comparaison avec l'Allemagne, qui vient d'enregistrer un taux de croissance à la chinoise. Par rapport au pic de l'activité au premier trimestre 2008, la production au deuxième trimestre 2010 a été inférieure de 2,2 % en France et de 2,8 % en Allemagne.

Mais Mme le ministre a d'autant plus intérêt à profiter de ses vacances corses que la rentrée va être rude. Les signes d'espoir restent fragiles. Après avoir acheté des voitures pour profiter de la prime à la casse, puis des téléviseurs pour regarder les Bleus s'effondrer en beauté lors du Mondial de football, les consommateurs vont regarder ce qui leur reste au fond de leur portefeuille - et il ne reste pas grand-chose, sauf à moins épargner. Les exportateurs auront peut-être du mal à profiter d'un euro moins fort au moment où la demande ralentit dans les pays émergents. Les industriels ne vont pas faire monter leurs stocks jusqu'au ciel - or cette accumulation de stocks expliquent l'intégralité de la croissance de 0,6 % observée au printemps. L'activité demeure bridée.

Or le gouvernement avait bâti son scénario de rééquilibrage des finances publiques sur l'hypothèse d'une pente de croissance forte (2,5 %) à partir de l'an prochain, un objectif désormais inaccessible. Il va devoir l'admettre lors de la préparation du budget 2011. Et donc préparer de nouvelles mesures de rigueur, à l'orée d'une campagne présidentielle, sans casser la machine. Intelligence et doigté requis.



JEAN-MARC VITTORI

dimanche 15 août 2010

L'embellie jalousée

Quel tonitruant cocorico vendredi parce que la France a atteint 0,6% de croissance au deuxième trimestre et se place ainsi en tête des pays du « Club Med », les Etats du sud de l'Europe ! Mais l'Allemagne affiche fièrement 2,2% en profitant pleinement de la timide reprise mondiale.
Pourquoi ? Parce que l'économie allemande, grâce à la chimie et aux machines-outils, est structurellement orientée vers l'exportation ? C'est vrai, elle a su exploiter à fond la baisse de l'euro, une baisse pourtant décriée et redoutée outre-Rhin, alors qu'en France, elle était attendue comme le messie pour galvaniser nos ventes. Ce qui, paradoxalement, n'a d'ailleurs pas empêché le gouvernement d'expliquer les mauvais chiffres de notre commerce extérieur par cette même baisse de l'euro. Apparemment, quand rien ne va, on ne sait plus quel bouc émissaire charger...
L'exportation seule n'explique pas la reprise allemande. La demande intérieure est repartie et jamais nos voisins n'ont autant importé, notamment de France. Le chômage se stabilise à 7,5% et le chômage partiel a pratiquement disparu. Ce système de « Kurzarbeit » (chômage partiel), généralisé dans les grandes entreprises avec des indemnités allant jusqu'au salaire plein, est certes à court terme plus coûteux que le recours immédiat à l'assurance-chômage. Mais il est payant à moyen terme et, pour les salariés, psychologiquement plus acceptable par une flexibilité entrée dans les mœurs. Quand les commandes arrivent, le personnel répond présent. Inutile de réembaucher, de refaire des formations perdues d'avance avec de nouveaux licenciements au premier coup de froid...
Évidemment, tout n'est pas rose, et de loin, outre-Rhin. L'embellie actuelle dépend pour une large part d'une reprise mondiale fragile. Et l'Allemagne connaît des disparités sociales grandissantes avec de plus en plus de laissés-pour-compte tributaires des aides « Hartz IV ». Quant au gouvernement, il ne profite guère de la situation davantage due au dynamisme de l'économie qu'à l'action politique.
Néanmoins, toute l'Europe devrait se réjouir de cette croissance, dans l'espoir de s'accrocher à la locomotive allemande. Avec toutefois un risque de crises de jalousie suivies d'étalages égocentriques aux prochains sommets européens. Car les « grands » de l'UE ne jouent plus dans la même cour. Traditionnel aiguillon de l'Europe, le « couple » franco-allemand avance en claudiquant. Avec la France traînant la jambe et au discours discrédité par les « affaires » politico-financières qui font les choux gras de la presse allemande...


Jean-Claude Kiefer

Stars du ballon rond, regardez les nageurs !

Si le sport contemporain est le miroir de l'esprit des nations, c'est à n'y plus rien comprendre. Au mois de juin, les professionnels aguerris de l'équipe de France de football rentraient de la Coupe du monde sud-africaine avec pour tout bilan un fiasco moral et sportif. Leur trop fameuse grève de l'entraînement, le 20 juin, symbolisait le premier. Leur piteuse élimination, deux jours plus tard, soldait le second.







Quelques semaines ont passé et voilà d'autres sportifs français qui collectionnent les prouesses. Les athlètes d'abord, qui rentrent des championnats d'Europe de Barcelone auréolés de dix-huit médailles (un record) et de huit titres continentaux, y compris dans la discipline reine du 100 mètres. Et paradent joyeusement sur les Champs-Elysées, à l'instar des champions du monde "Blacks, blancs, beurs" du - lointain ! - Mondial de football 1998.

Les nageurs ensuite, qui collectionnent ces jours-ci, eux aussi, titres et performances et éclaboussent de leur talent les bassins des championnats d'Europe de Budapest. Certains, presque trentenaires, trouvent là le couronnement de longues années d'abnégation, d'autres, encore juniors, font irruption dans le palmarès international, d'autres encore confirment leurs exploits des Jeux olympiques de Pékin de 2008.

Bref, athlètes, nageurs et nageuses français réussissent là où les footballeurs ont totalement échoué : transmettre une conception du sport de haut niveau alliant travail et passion, intelligence et plaisir ; et incarner un esprit d'équipe et une solidarité collective d'autant plus méritoires qu'ils pratiquent, pour l'essentiel, des sports individuels.

Le contraste est trop saisissant pour ne pas s'interroger sur l'échec des uns et le succès des autres. Au-delà des individus - un entraîneur, Raymond Domenech, enfermé dans ses erreurs et ses entêtements, des stars du ballon rond aux ego surdimensionnés -, c'est bien l'industrie planétaire du football et l'ahurissante spirale commerciale et financière dans laquelle elle est prise depuis des années qui semblent en cause.

On nous opposera les footballeurs espagnols, logés à la même enseigne mais champions du monde, eux. On nous objectera, de même, que les publicitaires lorgnent depuis quelques années sur ces icônes populaires que sont devenus quelques champions de la piste et de la piscine.

Il n'empêche. L'argent roi a bouleversé les systèmes de formation des footballeurs, couvés dès 13 ans dans des usines à champions, montés en graine trop vite et coupés du monde, quand la plupart des athlètes et nageurs restent attachés à leur famille, leur région et leurs études. Et l'argent fou a détraqué les esprits. Comment pourrait-il en être autrement, quand un Thierry Henry gagne quelque 8 millions d'euros par an, alors qu'un double champion d'Europe de natation touchera environ 30 000 euros de primes de la fédération ?

Croissance - l’Europe mène la danse

Les chiffres du deuxième trimestre montrent une activité de la zone euro supérieure aux Etats-Unis. Avec 0,6 % de croissance, la France n’est pas en reste. Une heureuse surprise.

L’Europe, facilement taxée de « vieillissante », montre les crocs. Habituée aux queues de peloton quand on évoque la croissance ou le chômage, elle affiche pour la période avril-juin, contre toute attente, un dynamisme bienvenu. Avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 1 %, elle fait même mieux que les Etats-Unis, qui revendiquent une progression de 0,6 %. Mieux encore, la bonne tenue de la zone euro n’est pas seulement due à un seul pays, mais bien à une majorité d’entre eux : derrière l’Allemagne et ses 2,2 % de croissance, les Pays-Bas (+ 0,9 %), l’Autriche (+ 0,9 %), la Belgique (+ 0,7 %) et la France (+ 0,6 %) affichent tous des performances équivalentes, voire supérieures à celles d’outre-Atlantique. Seuls restent à la traîne quelques pays dits de la « périphérie », essentiellement à cause de dettes publiques faramineuses : Espagne et Portugal ont un PIB quasi stable et la Grèce est même passée dans le rouge, à – 1,5 %.

La France retrouve des couleurs

Sur le territoire français, la croissance de 0,6 % est perçue comme une bonne nouvelle, à juste titre : au premier trimestre justement, la reprise est portée par deux principaux piliers. D’abord la consommation des ménages. Incertaine après un premier trimestre stable et la disparition progressive de la prime à la casse, elle réussit à s’améliorer entre avril et juin de 0,4 %. Le deuxième facteur d’importance est l’activité des entreprises. Profitant d’une consommation en hausse, ces dernières semblent avoir retrouvé confiance dans l’avenir. Cela se traduit par de nouvelles dépenses d’investissement et par des créations nettes d’emploi : 35.000 nouveaux postes sont ainsi apparus sur la période, après 23.900 au cours du premier trimestre. Face à ces bonnes perspectives, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, s’est dite « convaincue que la France tiendrait son objectif de 1,4 % de croissance en 2010 ».

Pour autant, les économistes incitent à la prudence. Ils redoutent un essoufflement de cette reprise et mettent en cause les plans d’austérité budgétaires en place un peu partout et le retrait progressif des mesures de soutien accordées pendant la crise. Mais le plus préoccupant est encore l’importance du commerce extérieur dans cette croissance : « La reprise reste dépendante des exportations des principales économies, qui ne devraient pas mettre longtemps à ralentir », justifie ainsi Jennifer McKeown, du cabinet Capital Economics. En clair, si l’Europe ne trouve pas de clients pour ses produits, la récession pourrait faire son retour avant la fin de l’année.

Les sex toys sont-ils encore tabous?

Gadgets, salons, sites Internet, cours particuliers, etc., l'érotisme décomplexé s'invite dans l'intimité conjugale. Jusqu'où?

Au diable les bluettes et les romances édulcorées! "Les trois quarts de nos quelque 200 000 visiteurs annuels viennent en couple", assène l'organisateur des plus grands salons de l'érotisme en France, Eropolis. Mieux: près de la moitié sont des femmes. Il y a quelques années encore, l'attraction licencieuse était pourtant quasi réservée aux hommes célibataires... Les derniers barrages ont cédé.

Sous les lumières électriques des showrooms de lingerie comme devant les spectacles de strip-tease les plus hot, maris et femmes déambulent désormais main dans la main. La plupart observent les nouveautés, "par curiosité", explique le responsable d'Eropolis. D'autres brisent "leurs derniers tabous". De Lille à Besançon en passant par Arras, les habitants des villes grandes et moyennes sont chaque année plus nombreux à venir admirer les dernières nouveautés -toujours plus osées- exposées par les professionnels d'un marché florissant. Lingerie fine, "jouets" dernier cri, atelier point G et autres cours de strip-tease intégral en direct peuvent attirer, sur un week-end, plusieurs dizaines de milliers de badauds sans complexes. "Personne ne se cache plus pour venir", confie le directeur, souriant.

Depuis que la très chic styliste Nathalie Rykiel les a affiché en vitrine, les canards vibrants ne se rangent plus au fin fond des tiroirs! Acheté en grande surface, par correspondance ou dans un "lovestore" de luxe, l'accessoire coquin est devenu le must de tout couple balbutiant, mûr ou sur le déclin. C'est d'ailleurs la dernière nouveauté: le "sexe à piles" n'est plus seulement destiné aux femmes en mal de plaisir, mais se pratique désormais le plus souvent à deux. Le soir de la Saint-Valentin, les ventes battent même tous les records...

"Même en déplacement, le conjoint peut continuer à faire plaisir à sa femme"

Le romantisme a vécu, place au concret! Les soirées Tuppergode, copiées sur les réunions Tupperware, font elles aussi école. Autour d'un thé entre copines ou d'une tisane entre voisines, on compare, on tripote, on papote tout en admirant les objets de plaisir dernier cri. Ici, les célibataires sont rares. Et les hommes ne sont jamais loin: "Beaucoup encouragent leur femme à se rendre à ces réunions, quand ils ne s'y invitent pas avec leur moitié", raconte Sophie Giral, gérante d'Amour et Bagatelle, qui organise un peu partout en France ces séances de ventes à domicile.

Car, devant le succès de ces coteries, les fabricants se sont diversifiés: canards vibrants, boules de geisha colorées et autres vibromasseurs multifonctions - tel le fameux rabbit, rendu célèbre par la série Sex and the City et qui est encore cette année en tête des ventes. Mais le produit phare actuel est réservé aux couples: l'oeuf vibrant déclenchable par Internet. Il en existait déjà une version télécommandée: désormais, l'objet peut se manipuler par écran interposé, à l'aide d'un simple code. "Même en déplacement, le conjoint peut continuer à faire plaisir à sa femme", s'enthousiasme Sophie Giral. Entre deux mails sur Blackberry?

Pour ceux qui préfèrent toutefois conserver le contact charnel, une autre philosophie du plaisir se développe à son tour, le tantrisme. La psychologue Christine Lorand, professeure de tantra, propose des journées, des soirées et des stages entiers d'initiation aux plaisirs ancestraux de cette forme de yoga en duo. Et ici, dit-elle, les couples ne viennent pas toujours pallier une libido en berne. "C'est la recherche d'autre chose qui intrigue, souligne la thérapeute. Une façon d'être en relation avec l'autre plus totale et plus profonde." Loin des diktats de la performance sexuelle. Enfin!

samedi 14 août 2010

La fin triste et perdue du Retour du Jedi

Si vous êtes fan de Star Wars, vous connaissez la fin du Retour du Jedi. Luke se recueille devant le bûcher où brûle Dark Vador (son père, bien sûr). Après cette séquence émotion, il se retrouve dans une grande fête Ewok, tout le monde s’embrasse et danse follement. The End.
Eh bien, figurez-vous que tout aurait pu être différent. Et nettement plus triste, comme nous l’apprend le LA Times qui a rencontré le producteur Gary Kurtz à l’occasion de la Star Wars Celebration V conférence en Floride. Dans un premier temps, il avait été imaginé que Han Solo meurt au milieu du film, tué lors d’un raid sur une base impériale. La fin aurait donc dû être la suivante :

«Les forces rebelles en lambeaux, Leia aux prises avec ses nouvelles fonctions en tant que reine et Luc marchant tout seul, tel Clint Eastwood dans les western spaghetti.»

S’il n’en a rien été, c’est à cause du merchandising. Star Wars marque le début de l’influence des produits dérivés dans l’amortissement financier des films à gros budget.

«A la place d’un final dous-amer, [George Lucas] voulait une fin euphorique dans laquelle tout le monde est heureux. […] George a décidé qu’il ne voulait qu’aucun personnage principal ne soit tué. A l’époque, il y avait de grosse vente de figurines, voilà la raison.»

Doit-on le regretter? Stuart Heritage, du Guardian, se pose la question. Peut-être que George Lucas a eu tort:

«Après tout, L’Empire Contre-Attaque est largement considéré comme le meilleur film Star Wars, et le fait que cet épisode se termine de la façon la plus pessimiste qui soit ne peut pas être une coïncidence. Peut-être qu’envelopper toute la trilogie d’une couverture de mort et de misère l’aurait renforcée.»

Et le Britannique de citer les films qui n’auraient jamais connu le succès sans une fin triste: Million Dollar Baby, Seven (imaginez Brad Pitt ouvrant une boîte pleine de délicieux gâteaux concoctés pour lui par Kevin Spacey pour s’excuser)…

Mais l’histoire du cinéma est aussi marquée par des films qui finissent bien, et du coup, Stuart Heritage ne sait plus quoi penser. Il invite d’ailleurs ses lecteurs à venir partager avec lui leurs opinions…

Aubry-Lagerfeld, drôle de rencontre

Leur rencontre, il y a deux ans, a marqué le début d'une relation singulière. La n°1 du PS et Karl Lagerfeld, deux personnalités que tout oppose, ont su s'apprécier.
"Un coup de foudre!" En privé - et en riant - Martine Aubry n'a pas peur des grands mots pour résumer sa rencontre avec Karl Lagerfeld, couturier, photographe, éditeur, auteur... L'une des personnalités les plus hype du moment dans l'univers du luxe. Créateur à tous crins, qui pose aussi facilement assis sur une machine à laver pour le catalogue des 3 Suisses qu'à la Une de Libération - le 22 juin dernier, un autoportrait croqué de sa main pour le quotidien s'affichait en grand format. La première secrétaire du PS, qui n'a sûrement pas vu les 3 Suisses mais qui n'a pas raté Libé, s'est même fendue d'un mot doux pour le féliciter. "Ce que j'aime, résume-t-elle, c'est qu'il est fin, intelligent et cultivé. Il a un avis sur tout, mais c'est un avis qui apporte toujours quelque chose."
Pourtant, ces deux-là ne se sont vus qu'une fois: c'était au vernissage de l'exposition One Man Shown, à Lille, le 12 juin 2008. Aux photos (650 portraits du même homme), Karl Lagerfeld; au micro pour quelques mots, Martine Aubry. Mme la maire se souvient qu'elle s'est amusée à imiter les poses du monsieur, lequel joue souvent la caricature de lui-même: le buste raide, la tête légèrement tournée, le visage sévère, les deux pouces rentrés dans le pantalon. "Ça l'a fait rire, glisse-t-elle. Je lui ai demandé pourquoi il se donnait l'air si méchant et sérieux, alors qu'il me paraissait être quelqu'un de drôle et de gentil. Il m'a répondu qu'il avait horreur des gens gentils, et que d'ailleurs j'étais comme lui, l'air méchant et gentille au fond..."

Comme lui, vraiment? Lui, qui est arrivé dans un Hummer entièrement doré? Lui, qui est descendu de son "tank" cerné par une grappe de jeunes éphèbes tous pareil habillés, grosses chevalières et lourdes croix au cou accrochées? Cette fois, c'est elle qui a ri.

Il voulait la photographier, elle lui a confié qu'elle préférait attendre la fin de son régime. Personne n'a soufflé à "Monsieur Lagerfeld", ainsi qu'on dit chez lui, que, ce régime, Martine Aubry ne l'a jamais commencé: compliqué d'être portraiturée par le nabab des défilés, l'empereur de la futilité, l'image de Chanel réincarnée, quand on est à la tête du premier parti d'opposition à Nicolas Sarkozy et candidate potentielle du PS à l'élection présidentielle.

L'hiver dernier, l'heure était aux orchidées

Depuis deux ans, donc, ils ne se sont pas revus. Mais "Karl", ainsi qu'elle dit, elle, sait rester cher au coeur d'une femme politique longtemps éreintée par la critique: il lui fait régulièrement parvenir des bouquets. "Enfin, des bouquets... des trucs énormes, témoigne une collaboratrice de la Rue de Solferino. On peut à peine les tenir dans les bras tellement il y en a!" L'hiver dernier, l'heure était aux orchidées, par brassées. Cet été, Monsieur Lagerfeld préfère les roses.
Il envoie aussi des messages de soutien. Ou une lithographie de lui, la tour Eiffel, accrochée au mur du bureau de Martine Aubry. Et, s'il ne souhaite pas évoquer cette amitié avec une journaliste politique, indiquant qu'il ne veut pas être "récupéré", il s'était montré plus disert, bien avant les élections, avec la journaliste chargée de la mode à L'Express Styles: "Pour moi, la politique n'est drôle que si on en fait, avouait-il alors. J'adore Martine Aubry. Une femme à grande gueule, elle vous envoie des vannes mais vous pouvez lui répondre!"

Le 10 septembre 2009, elle lui a souhaité son anniversaire. Très touché, il lui a envoyé une longue lettre, plusieurs pages couvertes d'une grande écriture penchée. "Accro", on vous dit.

C'EST EN FAIT UN TEUTON EMMODÉ QUI PART À LA RENCONTRE D'UN SAC À MERDE !!

Dette de droite et dette de gauche...

C'est une petite note d'une trentaine de pages, publiée au début de l'été mais passée inaperçue pour cause d'affaire Woerth. Intitulée Dette publique, inquiétude publique, celle-ci n'est certes pas du genre que l'on feuillette distraitement sur une serviette de bain au bord d'une plage. Elle mérite pourtant que l'on s'y arrête, et qu'on la décortique. La note se concentre sur la perception qu'ont les Français de la dette publique. Son auteur, Jérôme Fourquet, est le directeur adjoint du département opinion publique de l'Ifop. Et si cette étude (elle brasse une quantité impressionnante de sondages d'opinion) lui a été commandée par la fondation pour l'innovation politique qui appartient à la sphère de l'UMP, celle-ci est sans complaisance pour la majorité. Un exemple, le grand emprunt : Fourquet démontre que Nicolas Sarkozy s'est totalement fourvoyé en le défendant. Car les Français, dans leur immense majorité (65 % d'entre eux), l'ont d'abord vu comme une décision qui alourdissait la dette publique. Et pas du tout comme un outil pour relancer la machine économique.

Outre une foultitude de chiffres croustillants - comme celui-ci : entre novembre 2007 et novembre 2009, le pourcentage de fonctionnaires "enthousiastes" à l'idée d'une réforme de l'État a été divisé par deux -, le principal enseignement de cette étude, c'est que les Français sont, aujourd'hui, quelle que soit leur appartenance politique, extrêmement préoccupés par l'aggravation de la dette publique, ce qui n'était pas du tout le cas il y a encore quelques années (les trois quarts des Français se déclarent aujourd'hui inquiets de la montagne de dettes qu'eux ou leurs descendants devront rembourser).

Les Français sont inquiets, soit, mais, et c'est là que les chiffres prennent une saveur toute particulière : selon qu'ils sont de droite ou de gauche, leur inquiétude n'a pas les mêmes causes. Les sympathisants de l'UMP jugent (à 52 %) que la flambée de la dette publique a pour origine les déficits des organismes sociaux. Tandis que les sympathisants PS estiment (à 73 %) que la faute en revient d'abord à l'État. Décryptage : pour les premiers, le modèle social français est trop coûteux, trop généreux, trop laxiste, etc. Pour les seconds, ce sont les exonérations fiscales en tout genre (bouclier fiscal, niches fiscales, allègements de charges aux entreprises, etc.) qui ont généré les déséquilibres budgétaires.

Voici donc un vrai clivage politique. Il rend davantage surréaliste le débat sémantique du printemps - rigueur/relance/rilance entre l'UMP et le PS. Il prouve une chose : les Français savent que cette dette ne s'évaporera pas toute seule. Ils ont réellement envie de débattre de la meilleure façon de s'en débarrasser. Quel dommage que les politiques n'y soient, eux, absolument pas disposés.


LA CRASSE MENTALE DES GAUCHISTES AJOUTE UNE DIFFICULTÉ DANS LA PÉDAGOGIE DE LA DETTE

Ground Zero, une mosquée peut-elle être une colombe ?

Le projet de construction d'une mosquée proche de Ground Zero ouvre un terrain d'affrontement dans les commentaires: d'un côté, ceux qui, animés par l'idée de tolérance, y voient un facteur de réconciliation religieuse et d'ouverture au monde musulman: "Ce qui est attendu des Américains et des Occidentaux en général, c'est une main tendue aux musulmans" (Makhtar Kc); de l'autre côté, ceux qui perçoivent l'édification comme une provocation, un affront fait aux victimes du 11 septembre 2001, à leurs familles, au monde occidental, alors plongés dans une reviviscence des souffrances: "Pourquoi construire une mosquée à cet endroit qui a endeuillé le monde. Ça sera une pure provocation de la part des musulmans. Respectons au moins la mémoire de ceux qui sont morts. Le monde entier va faire un deuxième deuil en voyant une mosquée sur ce site" (lorris).

"Un lieu symbolique, un projet provocateur" (Canac)

"Un tel défi à leur chagrin !" (dr)

Ceux qui condamnent le projet de mosquée craignent que la présence d'un tel édifice en ces lieux n'apporte crédibilité et récompense aux actes commis par les criminels : "La construction d'une mosquée sur le site de Ground Zero serait incontestablement une victoire pour Al-Qaeda" (arlet), "un monument au triomphe du terrorisme" (Arowolo). "Il est vrai que remplacer le World Trade Center, symbole de la puissance économique américaine, par une mosquée, peut apparaître comme la victoire de l'Islam sur le modèle occidental" (Girondin). "C'est l'expression d'une prise de pouvoir" (Johann35), qui peut retentir au-delà du sol américain: "Après les évènements du 11-Septembre, je me souviens avoir vu aux infos des images de foules en liesse applaudir, dans certains pays arabes, l'effondrement des tours jumelles. Ces mêmes personnes y verront certainement une forme de victoire si une mosquée y est construite"(droujok56).

Différents parallèles historiques sont alors évoqués pour que chacun mesure le degré de l'injure que renverrait la réalisation du projet: "Imaginons que l'on construise un institut Goethe à côté d'Auschwitz" (AlexMoby). "On imagine la tête des Japonais si l'on plantait le drapeau américain sur le monument commémorant le bombardement d'Hiroshima" (rompifeste).

"La tolérance, oui, mais réciproque" (paula 156)

Autre argument, très récurrent dans les commentaires, la non-réciprocité: en Occident, la construction de lieux de culte dédiés à l'islam dans les agglomérations où les musulmans sont nombreux ne soulève, dites-vous, que peu de polémiques, alors qu'en terre d'Islam, il est impossible de construire églises, synagogues ou salles de prière, de recueillement destinées à une foi autre que musulmane: "La base des relations est la réciprocité des rapports. Il est interdit non pas de construire une église en Arabie saoudite mais partout dans le monde arabo-musulman et dans la plus grande partie des autres pays musulmans. Les églises présentes dans les pays arabes sont celles qu'a léguées l'histoire. Quant au christianisme, il est encadré strictement au mieux, réprimé le plus souvent" (patrice17).

Face à ces oppositions au projet de mosquée près de Ground Zero, s'élèvent d'autres voix: "Cela ne change pas mon avis sur les vrais musulmans modérés, et une mosquée fera bien de calmer les esprits empoisonnés" (c_clair). "Les États-Unis doivent continuer cette politique d'ouverture et ne pas sombrer dans le populisme émotionnel joué par Sarah Palin, Paladino et Lazio" (Toshiro Mifune).

"Ben Laden n'a jamais été un représentant des musulmans" (c_clair)

Les internautes qui optent pour la tolérance avancent que l'action de quelques extrémistes détournant à leurs fins la religion n'est pas représentative de la foi sincère de millions de fidèles, et condamnent l'amalgame: "Ce n'est pas l'islam qui a détruit les Twin Towers, ce sont les extrémistes religieux" (Megabuck), "cet épisode n'est pas le fait des milliards de musulmans qui vivent leur foi sereinement".

Ils expliquent en même temps combien les actes terroristes et leur médiatisation nuisent à l'image de la religion musulmane, au point que le monde se voit divisé en deux blocs, l'Occident cible et victime, et un Islam expansionniste. "J'espère que les Américains sauront ne pas laisser l'Islam conquérant s'immiscer dans tout leur pays" (Six). Etre favorable à la construction de la mosquée, c'est, majoritairement, aussi demander une grande vigilance dans la lutte contre une islamisation forcée des sociétés occidentales.

"Pourquoi pas un centre oecuménique ou d'échanges culturels entre religions du livre ?" (LaurePauline001)

Plusieurs internautes, pour tenter de trouver un terrain d'entente et ériger, en ces lieux marqués par une discorde, un symbole d'unité des peuples sous la bannière du partage et de la paix, proposent un élargissement du projet: "La meilleure solution serait de construire un temple, une mosquée et une église côte à côte. Puissent un jour les gens vivre en paix tous ensemble" (Megabuck). "Construisez une église, une synagogue et une mosquée sur Ground Zero et voilà une preuve de tolérance et de bon sens" (point_barre). "Et si mosquée, pourquoi pas, aussi, une église, un temple et un lieu de réflexion, de recueillement laïque ? N'y avait-il que des croyants chez les victimes ?" (konifl).

D'autres commentaires, enfin, détectent derrière l'idée de mosquée de tout autres enjeux. "C'est dans la ligne des excuses d'Obama en Égypte pour ce que l'Amérique n'avait pas fait, ou sa demande que la Nasa fasse la promotion de la contribution des musulmans à la science" (chicagoan).

"Voilà une mosquée qui empeste le pétrole à vingt lieues ! Les Américains sont décidément prêts à tous les reniements pour quelques barils d'or noir" (Briscard)

Au-delà des idées de partage, ou de la colère spontanée qui voit dans ce projet une victoire du fanatisme, certains internautes perçoivent dans les motifs de la décision un enjeu politique et économique : un refus du président Obama risquerait d'être mal perçu par le monde musulman et pourrait exposer l'Amérique à une complexification de ses relations avec ces pays. Ainsi le peuple débattrait de l'importance de la tolérance et de la part de provocation, pendant que les haut placés réfléchiraient, abrités par le débat, au moyen de faire fructifier les capitaux.

Juppé, opposant de l'intérieur

L'ancien Premier ministre Alain Juppé met en garde, sur son blog, la majorité sur des "exagérations" en matière de lutte contre l'insécurité. Visant la déchéance de la nationalité, il ne veut pas d'un texte de loi qui soit "de pure circonstance" et "peu compatible avec nos valeurs fondamentales".

Le virage sécuritaire du gouvernement n'en finit plus de susciter des oppositions au sein de la majorité. Et, après quelques voix discordantes issues de la droite, ce sont désormais les "figures" de la majorité qui affichent leur droit à la "nuance". Discrètement et depuis son lieu de villégiature, Alain Juppé a rejoint Gérard Larcher et Eric Besson en publiant une longue tribune sur son blog. Un texte dans lequel l'ancien Premier ministre estime que la politique sécuritaire, si elle est une priorité, ne doit pas conduire à des "exagérations" et qu'un durcissement de la loi peut se justifier, à condition que le nouveau texte "ne soit pas de pure circonstance". Dans le viseur du maire de Bordeaux, la volonté du président de la République de déchoir de leur nationalité les personnes d'origine étrangère ayant attenté à la vie d'un représentant de l'autorité publique.

L'ancien membre du premier gouvernement Fillon se démarque sans en faire trop. Il dit vouloir s'exprimer sur le sujet "avec mesure": "La sécurité est bien la première des libertés, ou, en tout cas, une liberté fondamentale", concède-t-il d'entrée de jeu. Mais la France "n'est pas à feu et à sang" et a accompli "des progrès indéniables" dans la lutte contre l'insécurité depuis quelques années, ajoute-t-il. Et, donc, "la priorité sécuritaire ne doit pas non plus conduire à des exagérations, peu compatibles avec nos valeurs fondamentales", avance l'édile girondin.
Rocard "perd le sens commun"

Un durcissement de la loi peut selon lui s'avérer nécessaire "à condition que la loi nouvelle ne soit pas de pure circonstance et surtout qu'elle soit applicable et appliquée dans la durée". "Je ne suis pas sûr que ce soit toujours le cas. Souvent les textes en vigueur suffiraient, s'ils étaient vraiment appliqués", ajoute-t-il en citant l'exemple, invoqué par Gérard Larcher dans une interview au Figaro, des textes existants sur les motifs de déchéance de la nationalité. Et Alain Juppé de citer un Bordelais célèbre, Montesquieu: "Quand il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire".

Autre manière de prendre ses distances sur la question de la sécurité, critiquer la façon dont certains au gouvernement ou à l'UMP se sont réjouis du sondage Ifop pour le Figaro montrant qu'une large majorité des personnes interrogées approuvait les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy. "L’argument selon lequel une mesure recueille la faveur des 'sondés' est à manier avec modération", explique ainsi l'ancien Premier ministre. "Il est probable que, si au lendemain d’un crime odieux, on demandait, par sondage, aux Français leur opinion sur le rétablissement de la peine de mort, leur réponse serait sans ambiguïté. Faudrait-il pour autant suivre la tendance majoritaire? Ou croyons-nous toujours qu’il existe des principes eux aussi 'fondamentaux'?".

Equilibriste, le maire de Bordeaux s'indigne de la "démesure" des critiques émises par la gauche, et notamment par Michel Rocard: "Malgré toute l'estime et même l'amitié que j'ai pour lui, je trouve que Michel Rocard, lorsqu'il évoque Vichy et le nazisme, perd le sens commun". Un numéro de funambule qui ne fera pas oublier le scepticisme de l'ancien Premier ministre.

Brigitte Bardot : "Je m'en fous, le ramadan, je m'assieds dessus"

La présidente de la Fondation de défense des animaux juge sur Europe 1 jeudi que la viande halal a "envahi la France". BB a aussi son opinion sur la politique sécuritaire.
Nouveau coup d'éclat pour BB. L'ex star de cinéma, désormais coutumière des attaques frontales à l'égard des musulmans de France, en a remis une couche jeudi matin. "Je m'en fous, le ramadan, je m'assieds dessus", a déclaré l'ancienne starlette dans la matinale d'Europe 1, alors que le mois de jeûne a débuté mercredi. Fervente protectrice des animaux, Brigitte Bardot s'en est pris, une nouvelle fois, à la méthode d'abattage rituelle de la viande chez les musulmans pratiquants. "Je trouve ca scandaleux. Donc il y a une dérogation française qui laisse la viande casher et la viande halal avec des sacrifices religieux traditionnels épouvantables. Mais maintenant, c'est elle qui a envahi la France, la viande halal. " La star a assuré que 80% des abattoirs français coupaient la viande selon cette coutume "parce que ça va plus vite et qu'on peut en vendre partout pour les musulmans". Ces-derniers "n'ont pas besoin de choisir un restaurant halal. Ils savent que la viande qu'on va leur donner est de la viande halal." , a-t-elle lancé.
Côté politique, la Bardot approuve les projets gouvernementaux sur la sécurité et la déchéance de la nationalité. "Pourquoi ils continueraient d'être français quand ils font des conneries, des saloperies ? Quand on est français, il y a une certaine dignité à avoir (...) J'irais en Suisse ou en Angleterre ou en Allemagne, j'essaierais de respecter les lois et les façons de vivre de ces gens là."

Mais l'approbation à l'équipe Sarkozy s'arrête là. Car selon la présidente de la Fondation, le chef de l'Etat a multiplié les promesses non tenues "depuis trois ans". "Qu'est-ce qu'ils foutent nos ministres ? A part nous vendre des piqûres contre la grippe H1N1 qui fait chier le monde ?" Le 29 juillet, Brigitte Bardot avait écrit une lettre à Jean-François Copé pour s'associer à une proposition de loi visant à interdire la corrida, à l'image de la Catalogne. "Ils s'en tamponnent le coquillard", "malgré ma présence en France et la renommée que j'ai dans le monde", s'emporte la septuagénaire. "Je sais que Sarkozy est un aficionados avec la grosse dondon de Roselyne Bachelot. Avec Fillon, avec DSK, avec Ségolène Royal, avec Mamère." Et pour dissiper les derniers doutes, la Bardot d'expliquer à ceux qui pourraient être choqués par ses déclarations : " J'ai le courage de mes opinions. Je n'ai pas une langue de bois et je suis bien la seule dans ce putain de pays. "

EH NON, POUR UNE FOIS VOUS N'ÊTES PAS SEULE MADEMOISELLE BARDOT, J'AI OUBLIÉ L'HISTOIRE DE L'ÂNE.

MERCI.

JE VOUDRAIS DIRE MERCI À MON (ou mes) LECTEURS DE ROUBAIX QUI, AUJOURD'HUI EST À L'HONNEUR SUR MON COMPTEUR, MERCI.

Des élus de gauche prônent la fermeté face aux Roms

Malgré l'indignation du PS, des maires demandent l'expulsion de camps illégaux de gens du voyage.

La gauche s'indigne mais expulse quand même. Après le haut-le-cœur provoqué au PS par la décision de Nicolas Sarkozy d'évacuer 300 camps illégaux de Roms, certains maires de gauche se retrouvent coincés entre leur attachement aux valeurs humaines et le pragmatisme de terrain qu'ils revendiquent.

Vendredi à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, la préfecture a ainsi annoncé l'expulsion d'un camp de gens du voyage. Une intervention décidée après une requête devant la justice du maire socialiste de la ville, Jean Espilondo. «Il a tout fait pour qu'ils partent d'eux-mêmes. Il les a appelés, il les a reçus dans son bureau, mais rien n'y a fait», déplore-t-on à la municipalité d'Anglet. Dans l'équipe du maire, on précise que cette décision a été prise parce que les gens du voyage occupaient illégalement un terrain, alors que la ville tient à leur disposition une «aire de grand passage», obligation légale pour les villes de plus de 5000 habitants. «Il n'y a aucun discours de stigmatisation, juste une volonté de faire respecter la loi», explique Jean Espilondo. Bref, il s'agit avant tout d'un problème local sans rapport avec la polémique nationale sur les camps de Roms.

«Les collectivités locales n'ont pas attendu que Nicolas Sarkozy s'empare de cette question pour tenter d'y répondre», fait valoir un proche du maire d'Anglet, a l'unisson du PS, qui a dénoncé vendredi l'«agitation frénétique» du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. «Il vient de faire un premier bilan des camps de Roms évacués (…) En quoi ces actions règlent-elles le problème? La constatation de l'illégalité de ces occupations était souvent très ancienne, mais les préfectures, lucides sur la stérilité de l'action, avaient différé l'exécution», déplore le PS.

À gauche, certains semblent pourtant apprécier la décision du chef de l'État. À l'instar du maire PRG de Carrières-sous-Poissy (Yvelines), Eddie Aït, qui a écrit cette semaine à Nicolas Sarkozy pour lui demander d'évacuer les camps de Roms installés dans son département. «En tant qu'élu de gauche, et dans un souci de salubrité et de sécurité publique, je demande leur évacuation et leur expulsion dans les meilleurs délais», explique Eddie Aït.

«Cambriolages»

Rue de Solferino, on est conscient des problèmes de sécurité que peuvent poser les camps de Roms. Un membre de la direction, maire d'une ville confrontée à ces questions, le reconnaît: «On sait bien que lorsque l'un de ces camps s'installe, la courbe des cambriolages augmente.» Mais hors de question d'emboîter le pas du chef de l'État, dont les socialistes ­dénoncent «l'approche communautariste qui stigmatise injustement et indistinctement des Français, des étrangers, une écrasante majorité de citoyens et de résidents sans histoire, un mode de vie qu'il convient de respecter». Car, avec ou sans succès, les élus de gauche s'emploient sur le terrain à gérer les Roms. La communauté urbaine de Lille, que préside Mar­tine Aubry, s'est ainsi engagée à en héberger quelque 200 dans des villages d'insertion. Ils ne sont aujourd'hui qu'à moitié occupés.

À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, la municipalité dirigée par Dominique Voynet (Verts) a elle aussi mis en place un programme d'insertion des Roms qui coûte presque un million d'euros par an à la ville. «Cette politique n'est pas toujours facile à expliquer et le discours tenu au sommet de l'État ces derniers jours la met clairement en danger», dénonce-t-elle. Parallèlement, la municipalité a expulsé à la fin juillet des familles de Roms qui occupaient illégalement un terrain.

EXISTERAIT-IL DES GENS LUCIDES À GAUCHE ??

Aux États-Unis, une campagne contre «l'islamisation»

La construction d'une mosquée près de Ground Zero y est stigmatisée.

Dans le monde idéal de Pamela Geller, l'islam n'existerait pas en Amérique et l'implantation d'une «mégamosquée de Ground Zero», rejetée par une majorité d'Américains d'après les sondages, serait interdite. La blogueuse conservatrice est la présidente du groupe American Freedom Defense Initiative à l'origine d'une affiche controversée qui circulera dès lundi sur les bus de New York. On y verra, juxtaposés sur une même image, l'une des tours jumelles du World Trade Center détruites en 2001 et un gratte-ciel géant orné d'un croissant de lune, censé représenter le futur centre culturel islamique. Celui-ci doit être construit à deux pâtés d'immeubles de Ground Zero, sur treize ou quinze étages (les tours en comptaient 110).

Pour mieux marquer les esprits, Pamella Geller insiste, sans crainte des amalgames entre radicaux islamistes et musulmans. Sous le titre Why there ? («Pourquoi là ?»), deux phrases : «11 septembre 2001 : l'attaque du djihad contre le WTC» et «11 septembre 2011 : mégamosquée du WTC».

L'affiche avait été initialement refusée par la MTA. Mais cette autorité, qui gère les transports à New York, a finalement renoncé à s'opposer à Pamela Geller, lorsque celle-ci lui a intenté un procès au nom de la liberté d'expression garantie par la Constitution.

Obama participe à un «iftar»

Pamela Geller, qui est aussi présidente du groupe Stoppez l'islamisation de l'Amérique, est une habituée des affiches controversées. Au printemps, son groupe avait financé une campagne d'affiches sur les bus de New York, intitulée : «Une fatwa contre vous ? Des menaces de votre famille ? Quitter l'islam ?». Elle fait partie de ceux qui voient l'islam comme une menace pour les valeurs de liberté de l'Amérique. Le public, choqué par les attentats ou tentatives perpétrés ces derniers mois au nom de l'islam sur le sol américain, est de plus en plus réceptif à ce genre de discours, entretenu par certains commentateurs qui font de Barack Obama l'agent d'un vaste complot d'islamisation de l'Amérique. La participation du président américain, vendredi soir à la Maison-Blanche, à un repas de rupture du jeûne (iftar) observé par les musulmans pendant le ramadan, ne manquera pas d'être utilisé dans cette bataille. Depuis sa prise de fonctions, Obama, dont le père kényan était musulman, a déjà participé à un iftar et à deux seder, ce repas marquant le début de la Pâque juive. Mercredi dernier, il a souhaité «un mois béni» au 1,5 milliard de musulmans du monde en évoquant le ramadan, «ce rite qui nous rappelle les principes que nous cultivons en commun et le rôle de l'islam en faveur de la justice, du progrès, de la tolérance et de la dignité de tous les hommes».

LAIT ÉCRÉMÉ



Le centre culturel islamique de Manhattan fait ressurgir certains sentiments islamophobes

Ne glorifiez pas les meurtriers de 3 000 personnes. Non à la mosquée de la victoire du 11-Septembre." Sur la pancarte brandie devant la Commission de préservation du paysage, qui arbitrait sur le statut du terrain prévu pour accueillir un centre culturel islamique près du site des attentats de 2001, le message est révélateur de la violence du débat qui secoue les Etats-Unis. Manifestations publiques, batailles dans la presse par chroniqueurs interposés, engagement personnel du maire de New York : les tensions autour du projet de construction ont pris de l'ampleur.
L'implantation d'une mosquée tout près de Ground Zero a provoqué chez certains un malaise immédiat. Comme le montre cette infographie du New York Times, le centre se situerait dans une rue très proche de l'emplacement des tours détruites par les attentats. Certains parlent de "terre sacrée" pour ce carré désert du sud de Manhattan, qui a vu périr près de 3 000 personnes en quelques heures.

Dans une tribune intitulée "Sacrilège à Ground Zero" publiée par le Washington Post, le chroniqueur politique Charles Krauthammer explique ainsi : "[Par sacré], on entend ici que ce lieu appartient à ceux qui ont souffert et sont morts ici, et que cette appartenance nous oblige, nous les vivants, à préserver la dignité et la mémoire de ce lieu." "Personne n'a rien contre les centres culturels japonais, ajoute le chroniqueur, mais en construire un à Pearl Harbor serait une offense." En bref, "le lieu choisi a son importance".

L'ISLAM, "DONT LES TERRORISTES SE SONT RÉCLAMÉS"

Les motivations des opposants confinent parfois à l'islamophobie. Dans une tribune publiée par USA Today, Julia Vitullo-Martin, directrice du Centre pour l'innovation urbaine à l'Association régionale du plan de New York (qui milite notamment pour des dépenses d'infrastructures dans la ville afin de relancer l'économie locale), explique son point de vue en ces termes : "Les New-Yorkais ont été choqués de découvrir [au moment du 11-Septembre] que tant de valeurs qu'ils revendiquaient et chérissaient – liberté, ouverture d'esprit, tolérance des différences – avaient aidé les attaques à se produire. Aujourd'hui les New-Yorkais se voient demander plus de complaisance ; et un certain nombre se demande pourquoi il faudrait être généreux envers un groupe ou des individus rattachés à l'islam, dont les terroristes se sont réclamés." Des opposants au projet ont, par ailleurs, été autorisés à afficher des publicités au graphisme agressif sur les bus de la ville, qualifiant le centre de "mosquée du 11-Septembre".

Le débat a largement dépassé le simple cadre local. Dans plusieurs Etats du pays, des manifestations ont été organisées pour protester contre l'installation du centre ou des projets similaires. Et elles sont parfois extrêmes : le Guardian donne l'exemple d'une église de Floride, le Dove World Outreach Center, qui appelle à brûler des exemplaires du Coran le jour du 11 septembre.

DES SENTIMENTS ISLAMOPHOBES PLUS PROFONDS

Pour John Esposito, directeur du Centre pour la compréhension entre chrétiens et musulmans à l'université de Georgetown, cité par le Guardian, ce type de réaction est révélateur de tensions profondes : "L'affaire autour du World Trade Center a montré que ce qui était jusqu'à présent un problème local est devenu général et qu'il a fourni aux gens un paravent pour étaler librement leurs objections contre l'islam. Historiquement il y a eu des problèmes dans le Mississippi, en Géorgie, dans l'Etat de New York, partout où quelqu'un veut installer une mosquée."

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a donné une conférence le 3 septembre pour affirmer son soutien au projet.
Une hostilité qui heurte des valeurs très ancrées dans la culture américaine : la liberté de culte et le respect des minorités religieuses. Une tribune du chroniqueur Greg Sargent dans le Washington Post souligne ainsi "l'absurdité du camp anti-mosquée", qui a qualifié l'autorisation de la campagne d'affichage sur les bus de "victoire pour la Constitution" au titre de la liberté d'expression. "Cette même Constitution qui garantit la liberté de religion."

La position du maire de New York, Michael Bloomberg, qui soutient fermement le projet, s'inscrit dans cette tradition. Il puiserait sa motivation dans son histoire personnelle, qui est aussi celle de toute une partie de l'Amérique. Selon le New York Times, à l'époque où ils se sont installés dans le Massachussetts, les parents du maire de New York, juifs, auraient demandé à leur avocat, chrétien, d'acheter leur maison en leur nom. Ils craignaient d'être mal accueillis dans un Etat hostile envers la communauté juive.

Marion Solletty

Un climat très politique

Nul ne peut affirmer avec certitude que les inondations au Pakistan, en Inde et en Chine, ou l'exceptionnelle canicule en Russie sont les produits meurtriers du réchauffement de la planète. Les scientifiques manquent encore de modèles pour parvenir à des conclusions aussi mécaniques. Il faudrait pouvoir mettre en évidence une augmentation significative, sur une longue période, de la fréquence des sécheresses extrêmes ou des précipitations exceptionnelles avant de mettre en cause l'augmentation des rejets de gaz à effet de serre.
Mais la concomitance de ces catastrophes naturelles apparemment « anormales » rappelle aux grandes nations l'impératif climatique. Depuis l'échec du sommet de Copenhague, en décembre dernier, il s'était dilué dans les espoirs de reprise. Avec la croissance revenue, le monde allait repartir comme avant. L'environnement pouvait attendre...
Les tragédies asiatiques, les incendies de la région de Moscou ou le détachement, au Groenland, d'un iceberg de la taille de la Belgique cinglent comme un avertissement pour nos sociétés occidentales et celles des pays émergents : elles mettent en lumière les dangers d'un attentisme doublement destructeur.
Le soin que l'humanité apporte dès aujourd'hui à sa planète ne conditionne pas seulement le bien-être des générations futures. Il est aussi le garant des équilibres géopolitiques du présent. On découvre que les catastrophes écologiques peuvent avoir autant d'impact que des guerres parce qu'elles ont un pouvoir de déstabilisation considérable sur les régimes en place.
L'impuissance de l'Etat russe face au feu est en train de ruiner les discours conquérants et allégoriques de Poutine et Medvedev. La Chine, elle, s'aperçoit que la course au développement effrénée peut provoquer des ravages extrêmement coûteux, et pas seulement en vies humaines. Mais c'est dans le très stratégique Pakistan que les conséquences pourraient être les plus immédiates et les plus lourdes. Dans cette démocratie fragile où le président est contesté et l'armée soupçonnée de double jeu dans ses relations avec le terrorisme islamique, les pluies diluviennes et le chaos qu'elles charrient pourraient être plus périlleux que les bombes.
Efficaces sur le terrain, proches des victimes, les ONG islamiques fondamentalistes savent parfaitement profiter des situations de détresse et prospérer sur la misère. Elles l'ont déjà montré à Gaza, où elles ont permis au Hamas de gagner les élections et de régner en maîtres sur la population palestinienne de ce territoire à la dérive. Dans un Pakistan nucléaire, on imagine les risques pour le monde qu'entraînerait ce processus du pire.

Olivier Picard

Etats-Unis : les ménages seuls à porter la croissance

Le consommateur américain va porter seul le fardeau de la reprise économique aux Etats-Unis, cette dernière ayant perdu deux de ses principaux soutiens.
Les économistes s'attendaient à ce que la croissance marque le pas au deuxième semestre à mesure que le soutien des dépenses de relance publique se tarit et que les entreprises achèvent la reconstitution de leurs stocks.
Ils n'avaient cependent pas prévu que la croissance ralentirait avant même l'entrée dans la seconde moitié de l'année, contraignant la Réserve fédérale à revoir sa copie sur les perspectives de l'économie américaine et à annoncer de nouvelles mesures de soutien.
"Déjà anémique, la reprise a encore ralenti", a noté Jay Bryson, économiste chez Wells Fargo.
Les statistiques publiées ces derniers temps suggèrent que la croissance du deuxième trimestre a été bien inférieure à ce qui a été annoncé en première estimation.
Une série d'indicateurs publiés vendredi est à nouveau venue livrer une impression mitigée de la santé de l'économie américaine.
Pour répondre aux inquiétudes provoquées par ces chiffres, la Fed a annoncé mardi qu'elle allait réinvestir en bons du Trésor le produit du remboursement de certains des titres obligataires qu'elle détient.
L'une des dernières sources d'inquiétudes en date provient des chiffres inquiétants du commerce extérieur, faisant ressortir un bond des importations en juin qui a porté le déficit commercial à un pic depuis octobre 2008, au plus fort de la crise.
Et puisque les chiffres du produit intérieur brut ne mesurent que la production américaine, les importations sont soustraites des chiffres de la croissance.
Certains économistes estiment désormais que la croissance au deuxième trimestre a été limitée à 1,2%, soit moitié moins que la première estimation du département du Commerce.
D'autres sont encore plus pessimistes. Peter Newland, économiste chez Barclays Capital, a abaissé son estimation de croissance à seulement 0,3% au lieu de 1,6% auparavant.
LE CONSOMMATEUR SEUL EN PISTE
La balle est donc désormais dans le camp des consommateurs.
S'il continue de consommer, le rythme de la croissance du deuxième semestre pourrait dépasser celui du trimestre précédent.
S'il décide de suspendre ou de reporter ses dépenses, la hausse des importations gonflera les stocks des entreprises et les contraindra à réduire leurs effectifs, agitant le spectre d'une nouvelle récession.
Avec un taux de chômage qui atteint 9,5%, un taux anormalement élevé pour l'économie américaine, il y a peu de chances que le consommateur se remette sous peu à consommer autant qu'il le faisait avant le déclenchement de la crise.
La morosité du marché de l'emploi conjuguée à la pression baissière exercée sur les salaires est l'une des raisons qui conduit certains économistes à craindre une phase de déflation.
Les économistes anticipent une progression de la consommation des ménages par rapport à la hausse de 1,6% enregistrée au deuxième trimestre.
Les dépenses publiques et la reconstitution des stocks sont à l'origine de la sortie de crise des Etats-Unis, représentant à eux deux 80% de la croissance du PIB au cours du dernier trimestre.
Ces contributions vont nettement diminuer.
Le plan de soutien à l'économie, d'un montant de 862 milliards de dollars, mis en place en février 2009, était censé expirer au bout de deux ans, et l'essentiel des fonds a déjà été dépensé.
Les administrations fédérales et locales réduisent parallèlement leurs dépenses, tenant de combler leur déficit budgétaire, tandis que les sociétés ont reconstitué l'essentiel de leurs stocks. La question de l'évolution du rythme des importations reste posée.
Certains économistes pensent que la hausse considérable affichée en juin est à imputer aux exportateurs chinois qui auraient tenté de profiter d'une remise de TVA valable jusqu'au 15 juillet pour doper leurs exportations.
Si cette hypothèse se vérifie, les importations pourraient diminuer au cours des mois à venir et peser moins lourdement sur le PIB.

La croissance reprend, mais...

La santé de l'économie allemande a dopé au deuxième trimestre la croissance de la zone euro, qui a même dépassé celle des Etats-Unis, mais les économistes craignent d'y voir seulement un sursaut avant un nouveau ralentissement en fin d'année.


Le Produit intérieur brut (PIB) des 16 pays partageant la monnaie européenne a augmenté de 1% au deuxième trimestre, un plus haut depuis quatre ans et mieux que prévu par les économistes, selon une première estimation hier de l'Office européen des statistiques Eurostat.
L'accélération est nette, comparée aux deux trimestres précédents où la croissance avait calé (0,1% puis 0,2%) tandis qu'à peine sortie de la pire récession de son histoire, la zone euro était ébranlée par la crise de la dette.
La bonne forme de l'Allemagne

C'est mieux aussi que les performances de l'économie américaine qui a nettement ralenti au deuxième trimestre avec un PIB en hausse de seulement 0,6%, souligne Eurostat.
L'Allemagne, première économie européenne, a encore joué son rôle de locomotive avec une croissance de 2,2%, la plus élevée depuis la Réunification en 1990. Elle profite de la reprise mondiale et ses exportations ont renoué en juin avec leur niveau d'avant la crise.
L'impressionnant chiffre allemand cache toutefois une reprise très inégale, comme en témoignent les chiffres publiés dans les différents pays de la zone euro.
En France, le PIB progresse de 0,6%, trois fois mieux qu'au premier trimestre (voir ci-dessus), en Italie la croissance est stable à 0,4%.
L'accélération est sensible en Belgique (+0,7% après 0% au 1er trimestre), aux Pays-Bas (0,9% après 0,5%), en Autriche (0,9% après 0%) ou en Slovaquie (1,2% après 0,8%).
Mais la situation est moins rose dans les pays dits « périphériques », considérés comme les maillons faibles de la zone euro durant la crise de la dette.
La croissance reste molle en Espagne (+0,2% après +0,1% au premier trimestre), s'effondre au Portugal (+0,2% après +1,1%).
La Grèce est même passée dans le rouge avec un PIB en recul de 1,5% au deuxième trimestre après +1% au premier, à cause d'une chute des investissements et de la réduction significative des dépenses publiques pour réduire les déficits.
Les économistes qui mettent en garde depuis des mois contre les disparités à l'intérieur de la zone euro, craignent toujours un essoufflement de la croissance vers la fin de l'année, sur fond de plans d'austérité budgétaire et de réformes difficiles comme celles des retraites.
Dépendante des exportations

« La reprise reste dépendante des exportations des principales économies, qui ne devraient pas mettre longtemps à ralentir », souligne Jennifer McKeown, économiste chez Capital Economics. Le boom allemand notamment pourrait être de courte durée.
S'y ajoutent l'abandon progressif des mesures adoptées pendant la crise pour soutenir l'économie et la consolidation annoncée des finances publiques.
Au final, le défi tient en une question, selon Chris Williamson, le chef économiste de la société Markit qui publie chaque mois l'indice PMI considéré comme un bon indicateur avancé de la conjoncture : « Il faudra voir si la vigueur du centre de la zone euro s'étend à la périphérie, ou si la périphérie entraîne le centre dans sa chute ».

Est-il possible de réglementer les risques systémiques ?


Au cours des deux dernières années, l’économie mondiale a été frappée de plein fouet par une instabilité financière et des modifications soudaines des dynamiques de marché. D’autres événements de ce genre sont probables, parce qu’au sortir de la crise, l’économie globale est déséquilibrée sous bien des aspects, en particulier du point de vue des dettes souveraines et de la structure de la demande globale.
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