TOUT EST DIT

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vendredi 9 avril 2010

Des huissiers à la SNCF

Pour la première fois, la direction de l'entreprise fait appel à des huissiers pour éviter les polémiques avec les syndicats sur le comptage des grévistes.

A la SNCF, on ne plaisante pas avec les chiffres. Surtout pas avec ceux des grévistes ! Pour la première fois lors du conflit social entamé mardi à l'appel de la CGT-cheminots et de SUD-Rail, la direction de l'entreprise de transports a décidé d'appeler à la rescousse... des huissiers pour s'assurer de la validité du décompte. Car à chaque grève, c'est la même histoire : munis de leurs calculatrices, syndicats et direction n'arrivent jamais au même résultat. Et la polémique enfle : qui manipule les chiffres ?

Depuis mardi, une cinquantaine d'huissiers (environ 2 par régions) sont donc à l'oeuvre à la SNCF «pour qu'il n'y ait aucune contestation possible» sur le taux réel de participation à la grève, a fait valoir le directeur des ressources humaines, François Nogué. Lors du point presse organisé mercredi par la direction de l'entreprise, les journalistes ont même eu droit à un petit film montrant ces braves huissiers au travail. Des méthodes qui ne sont évidement pas du goût des syndicats. «C'est un signal négatif qui ne peut que radicaliser les positions», a ainsi jugé Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots.

Auparavant, la direction de la SNCF avait aussi commandé un audit au cabinet de conseil Algoé afin d' « évaluer le dispositif de comptage et de suivi des jours de grève ». « La CGT et SUD-Rail n'ont pas souhaité rencontrer [les consultants] d'Algoé », a précisé le DRH. Le rapport du cabinet fait état de la « solidité », de la « fiabilité » et de la « sincérité » du dispositif.

En attendant, audit ou pas, huissiers ou pas, la grève continue à la SNCF, même si le trafic des trains était légèrement meilleur jeudi que mercredi.

La triple peine des sinistrés


On devrait tous se sentir, ce matin, Vendéens et Charentais de coeur, frères et soeurs de sinistrés. Certains ont reçu, hier, un second coup de massue, attendu certes, prévisible sans doute, inéluctable peut-être, en tout cas jamais asséné en France avec une telle rapidité et ampleur. Ce sont donc 1 395 maisons qui vont être rasées dans les zones à risque maximum d'inondation. Les zones noires. Un trait de crayon, quelques mètres d'écart, une hauteur d'eau un peu plus forte, ici, la nuit fatidique du drame, et votre patrimoine, chichement constitué parfois, âprement préparé en vue d'une retraite radieuse en bord de mer, est une deuxième fois englouti.

C'est une seconde peine infligée aux plus fragiles des sinistrés. Triple peine en réalité, car l'avenir reste, quoi qu'on en dise, angoissant. D'où un légitime sentiment de colère parfois, d'incompréhension souvent. Quand toucheront-ils leurs indemnités ? Où pourront-ils reconstruire ? L'État et les assureurs promettent d'agir sans délai, d'indemniser sans chipoter. Mais parle-t-on en semaines, en mois, en trimestres ?

Le gouvernement aurait-il dû, dans ces conditions, prolonger la concertation avant toute annonce ? L'équité n'exigeait-elle pas de donner du temps au temps ? En tranchant le débat, en appliquant dans toute sa rigueur le principe de précaution, l'État a voulu se projeter, sans tarder, dans l'avenir. Ces terres urbanisées souvent à la va-vite, conquises sur la mer à l'abri de digues éphémères, objet de convoitises spéculatives, risquaient à nouveau de dramatiques inondations dans dix, vingt, cent ans. Ou un jour prochain. Prolonger la réflexion, hésiter, c'était aussi maintenir les habitants dans la pire des incertitudes.

Cette décision lourde, massive, sans équivalent dans le passé, souhaitée par le président de la République, marque, d'évidence, un changement de méthode dans la prévention des risques en France. En bon pays latin, un brin fataliste et oublieux des leçons du passé, on se pensait à l'abri des grands sursauts de la nature. On s'est beaucoup moqué, jadis, de ce pauvre Mac Mahon, contemplant, en 1875, les crues de la Garonne, et qui se serait exclamé : « Que d'eau, que d'eau ! » avant de tourner les talons.

Face aux risques, on a souvent tourné les talons. Fermé les yeux. Certes, depuis une dizaine d'années, consigne est à la mise en oeuvre de plans de prévention. Mais que d'atermoiements et de délais interminables. Ce fut le cas en Vendée. Trop d'intérêts en jeu. Trop de résistances. Trop de procédures. Trop d'indifférence de la part des habitants eux-mêmes, il est vrai souvent très mal informés des vrais risques.

Ces événements de Vendée et de Charente-Maritime marquent, en fait, la fin de l'inconscience. La fin de ce laxisme qui favorise l'anarchie immobilière en bord de mer. On ne tranchera pas ici le débat entre les tenants du réchauffement climatique et leurs adversaires « climato-sceptiques ». Mais les comptes sont faits. Les catastrophes naturelles ne relèvent plus de l'exceptionnel en France. Elles ont coûté 30 milliards d'indemnisations en vingt ans ! Ce chiffre devrait doubler dans les vingt ans à venir. De quoi plomber un peu plus les comptes de la nation et creuser la dette publique. L'indifférence aux risques naturels n'est donc plus de mise. Le laisser-faire serait criminel.


Bernard Le Solleu

jeudi 8 avril 2010

Le patron du renseignement contredit Carla Sarkozy

Mercredi soir, la première dame a démenti l'existence d'une enquête sur l'origine des ragots sur son couple. Or le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur assure le contraire.

A l'Elysée, «on a tourné la page» des rumeurs «depuis belle lurette». Tel est le message que devait faire passer et qu'a répété Carla Bruni-Sarkozy, mercredi soir. «Je considère que nous ne sommes victimes d'aucun complot. Il n'y a pas de vengeance. Les rumeurs sont inhérentes à l'être humain», a martelé la première dame, lors d'une interview de moins de dix minutes à Europe 1. Une mise au point destinée à dissiper le trouble causé par les déclarations de Pierre Charon. Le proche conseiller de Nicolas Sarkozy, a attribué dimanche les bruits incessants sur les prétendues liaisons extraconjugales du couple présidentiel à une conspiration visant à déstabiliser le président français.

«Pierre Charon a parlé avec l'emportement de l'amitié», a observé l'ex- mannequin, qui a manifestement pris ses distances avec lui. «Il a pris cela plus avec cœur que nous». Carla Bruni-Sarkozy a également démenti l'existence d'une enquête des renseignements sur l'origine des ragots. «Il n'y a aucune enquête de police. C'est inimaginable. Il y a une plainte dont je ne connais pas la suite», a -t-elle insisté. Pas plus qu'il n'y a eu de pressions sur le Journal du Dimanche, dont la société éditrice, le Groupe Lagardère, a déposé ce week-end la plainte contre X pour «introduction frauduleuse de données dans un système informatique». Un billet sous pseudonyme publié sur un blog hébergé par le site Internet du journal avait relayé les rumeurs, aussitôt présentées comme authentiques par les médias étrangers.

Toutefois dans la soirée, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini a affirmé au site Internet Mediapart que ses services avaient bel et bien enquêté en mars sur ces rumeurs, après saisine du «directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard». Et de préciser : «Nous avons mené des investigations techniques, notamment informatiques, afin d'essayer de déterminer d'où étaient parties ces rumeurs. Mais nous n'avons pas été plus loin car dès la fin du mois de mars, la direction du Journal du Dimanche (JDD), sur le site duquel la rumeur avait été mise en ligne, a déposé plainte contre X. L'affaire est alors devenue judiciaire», a-t-il souligné.

«Désormais, je ne croirai plus jamais aucune rumeur»

Autre incendie à éteindre pour la première dame, les allégations de conflit entre Nicolas Sarkozy et Rachida Dati, accusée par l'entourage du président d'être à l'origine des ragots sur la vie conjugale du couple Sarkozy, selon le Canard enchaîné. L'ex-Garde des Sceaux reste «tout à fait notre amie», a assuré Carla Bruni-Sarkozy. «L'accusation qui dirait que Rachida Dati a propagé ces rumeurs est une rumeur. Je n'y crois donc pas. Désormais, je ne croirai plus jamais aucune rumeur», a-t-elle insisté. Interrogée sur un éventuel coup de téléphone du président à l'eurodéputée, la première dame est restée évasive : «Peut-être on l'a fait».

«Je suis venue pour relativiser, pour éviter qu'une affaire qui n'a aucune importance prenne des proportions que je trouve ridicules», s'est justifiée Carla Bruni-Sarkozy. «Ces rumeurs sont pour mon mari et pour moi-même insignifiantes, même si elles ne sont pas agréables». Ces bruits, «qui nous tirent vers le bas, n'intéressent personne : les préoccupations de mon mari, ce sont les Français et la France, et celles des Français, c'est la crise», a conclu la chanteuse.

Verte Antigone


Le vert est délavé et c’est une régression dans ce printemps pluvieux, comme si au doigt mouillé on décrétait le danger écarté et nous ne mourrons plus, ni de chaleur ni de fonte des glaces, et le climat ne va pas resserrer ses griffes - il nous épargnera, le climat, il n’abusera pas de notre impuissance?

Le succès de Claude Allègre et de ses alliés, ce jeu des médias que tout nourrit, le désarroi des scientifiques etl’apathie de l’opinion, tout cela laisse rêveur. Il y a moins d’un an la France communiait devant Home, nous étions le plus conscientisé des pays occidentaux pour conjurer le mal, un Président de droite défiait son camp en taxant les énergies fossiles, le sursaut était là. Et tout a disparu, dans une opinion zappeuse ou simplement découragée?

On peut raconter la déconstruction d’une conscience collective. Commencer par la démagogie d’une gauche - Royal la première - incapable de soutenir une juste taxe carbone, puisque proposée par l’ennemi; poursuivre par le coup de bambou de Copenhague, quand les maîtres du monde n’ont affiché que leur impuissance verbeuse; en finir par la fatigue d’une droite finalement contente de ne plus s’embêter avec des carabistouilles, et cette tristesse rageuse du pouvoir, actant sa défaite pour sauver sa peau. Il ne faut pas en vouloir à Sarkozy dans cette histoire, qui se sera beaucoup battu contre lui-même, et sa culture, et ses amis et tous les autres, mais qui refuse de se suicider pour une cause devenue perdue. On n’est pas président pour être Antigone et mourir d’une vérité…

Dans cette défaite, le désarroi des scientifiques est troublant, qui en appellent au pouvoir pour qu’il les revalide contre les charges d’Allègre. Comme s’ils avaient besoin de cela, l’adoubement princier. On touche ici à la peur des guetteurs, à leur erreur tactique peut-être. Détenteurs d’une vérité dramatique pour l’humanité, ils sont descendus dans l’agora, ont entrepris de conquérir les esprits - mais en sont devenus les otages de l’opinion commune: et quand celle-ci se retourne…

Ils se trompent pourtant, les scientifiques, s’ils pensent que la parole des politiques les sauvera. Elle ne changera rien aux catastrophes à venir. Sarkozy peut défendre le Giec et Pécresse soutenir les chercheurs anti- Allègre, on ne leur demande pas ça: leur domaine n’est pas le verbe, mais l’action. C’est leur échec d’abord, aux gouvernants, leur incapacité à répondre à l’urgence écologique, qui incite les gens à se réfugier dans l’aboulie mentale: on ne peut pas gagner cette bataille, faisons comme si elle n’avait pas existé, lisons Allègre et advienne que pourra… Tout est à reprendre donc, entre les taxations carbone, les "Fonds verts" à l’international, les deals à passer avec la Chine… Tout ce qu’il faut faire, qui a été raté, qu’il faut pourtant reprendre, puisque la vérité est inchangée. Que les hommes de pouvoir prennent notre destin au sérieux, même sans nous, même contre nous, et même au risque d’eux-mêmes.

Ni ange ni maton

Muscler les sanctions ne sera pas plus efficace à sanctuariser l'école que les trop visibles et bruyantes opérations sécuritaires n'ont réussi à empêcher les violences en banlieue et l'incivilité générale. La formation des maîtres et la stabilité des équipes pédagogiques sont un bien meilleur moyen que les fouilles des cartables et les portiques. C'est là une certitude fondée sur l'observation scientifique dont il n'est que marginalement tenu compte depuis des années. On a, dès lors, bien du mal à imaginer que les politiques prennent plus leurs responsabilités cette fois qu'ils ne l'ont fait par le passé et s'approprient les conclusions des États généraux avec la volonté de mettre en oeuvre des stratégies à long terme. D'autant que les experts sont les mêmes qu'avant et leurs avis connus.

Il faut renforcer le respect pour l'institution scolaire si l'on veut redonner à l'école son caractère exceptionnel. L'école ne peut être un sanctuaire dans la société que si elle redevient un lieu de respect et d'intérêt partagés par tous. On ne sanctuarise que les lieux à part, ceux où les moins favorisés peuvent grandir aussi bien que les autres et trouver là les moyens de leur émancipation. Les lieux où l'on forme des citoyens en leur inculquant le goût du progrès, de la justice et le respect de ceux qui les servent. L'école laïque doit rendre libre hors de tous les dogmes sociaux.

L'école doit être sacralisée pour ne pas devenir un endroit comme un autre, comme un stade ou un grand magasin où se déchaînent les violences et dans lequel ne prime plus la loi. Pour faire régner l'ordre, l'adulte doit accompagner et si besoin punir pour faire respecter l'espace d'éducation et de réussite où l'on ne peut entrer, ou sortir, que sous contrôle.

Il est vain de penser que l'on sortira de cette spirale brutale par le zèle répressif, les mesures d'exclusion et moins encore par l'angélisme permissif. Le traitement de la violence nécessite que soit redéfinie la place de l'école dans la société et celle de l'encadrement pendant les temps de loisirs. Peut-être en redonnant du sens à l'éducation populaire et en rétablissant les centres d'animation ? Cela voudrait alors dire l'école redevient une priorité nationale et que l'on arrête la saignée des personnels.

DANIEL RUIZ

Zapping


Décidément, la majorité a la main sur la zappette depuis quelque temps. Après la taxe carbone et le bouclier fiscal voici la suppression totale de la publicité sur France Télévisions qui est remise en question. Ça commence à faire beaucoup. Pour un électorat de droite qui a réclamé, semble-t-il, de la stabilité et de la constance dans les urnes des régionales, un nouveau revirement sur un dossier majeur du quinquennat risque de donner, un peu plus encore, le tournis.
A vrai dire, les téléspectateurs ne comprennent pas grand-chose aux rebondissements de la vente de la régie publicitaire. Toute cette agitation fait plutôt mauvais effet, l'électricité de l'argent venant tout à coup court-circuiter le sens et la portée d'une décision politique. La fin de la réclame sur l'audiovisuel public, c'est un changement qui touche directement l'imaginaire du téléspectateur, ses habitudes et sa conception personnelle de l'offre de chaînes pour lesquelles il paie une redevance.
Les soirées sans spots, et le début des programmes dès 20h35, les Français s'y sont facilement habitués. Et dans leur grande majorité, avec plaisir. Si l'annonce de la disparition totale de la pub à la fin de 2011 est soutenue, c'est parce qu'elle répond aux attentes d'une antenne différente, débarrassée d'objectifs de pdm (parts de marché). C'est précisément cet argument choc qui a permis à l'Élysée de « vendre » à l'opinion l'autre volet de la réforme : la nomination directe du président de France Télévisions par le président de la République. Cette nouvelle règle du jeu correspondait à une logique : si l'État paie intégralement les dépenses de la télé publique, alors il est normal que le chef de l'État contrôle directement le président de la télé publique. CQFD.
Cette vision - politiquement discutable - avait le mérite d'être claire et transparente. L'Élysée affirmait d'ailleurs, non sans une certaine franchise, qu'elle mettait fin à l'hypocrisie. C'était donnant-donnant. Cet équilibre entre le principe de la recherche de qualité et la stratégie de reprise en main présidentielle serait rompu si les termes de l'échéance de 2011 étaient modifiés.
Quand Jean-François Copé minimise à l'avance l'arrêt du processus engagé au motif que l'essentiel est fait, il n'a pas complètement tort : le sort de Patrick de Carolis, élu par le CSA en 2005, est entre les mains du chef de l'État. Sur le papier, le sortant - volontiers rebelle - a peu de chances d'être reconduit. Il avait planifié son action sur dix ans, en deux parties. Le temps nécessaire pour réformer en profondeur France Télévisions. Il sera peut être contraint de s'arrêter à la fin du premier épisode. Mais la volonté de l'Élysée peut encore changer. Elle vire de bord si brutalement, parfois, qu'elle en devient imprévisible.

La mise au point de Carla Sarkozy

Invitée mercredi sur Europe 1, Carla Bruni-Sarkozy a pour la première fois mis les choses au point sur les rumeurs qui visent le couple présidentiel, assurant que ces dernières n'avaient "aucune importance" pour eux. La première dame a pris le contre-pied des propos de Pierre Charon, conseiller de Nicolas Sarkozy, et de Thierry Herzog, avocat du chef de l'Etat. Le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur a toutefois confirmé qu'il y avait bien eu une enquête de la part de ses services.


Les rumeurs n’ont "aucune importance pour nous". Le ton est clair. Carla Bruni-Sarkozy s'est expliquée pour la première fois mercredi soir sur Europe 1 au sujet des rumeurs qui visent depuis plusieurs semaines le couple présidentiel. "Je suis venue pour relativiser, pour éviter qu’une affaire qui n’a aucune importance prenne des proportions que je trouve ridicules, insignifiantes", a expliqué la première dame de France. "Il est vrai que nous avons été victimes de rumeurs, il est vrai que ce n’est pas très agréable. Il est vrai aussi que ça n’a aucune, mais aucune importance pour nous", a-t-elle insisté. Et de tempérer: "Je pense que les rumeurs ont toujours existé, qu’elles sont inhérentes à l’être humain malheureusement".
"Je vous parle au nom de mon mari"

Contrairement à ce que Pierre Charon, conseiller de Nicolas Sarkozy et Me Thierry Herzog, avocat du chef de l'Etat avaient envisagé, Carla Bruni estime pour sa part qu'"il n’y a pas de complot, il n’y a pas de vengeance". "Pierre Charon a parlé avec l’emportement de l’amitié […] Quant à Thierry Herzog, je pense qu’il a répondu à une question que lui posait un journaliste en donnant son opinion", a nuancé la première dame.

Et de prendre ses distances avec les positions adoptées par les deux hommes: "Quelle que soit l’amitié, l’affection, le respect que j’ai pour Pierre Charon et pour Thierry Herzog, ils ne sont ni moi, ni mon mari", a-t-elle rappelé. Et d'insister: "Et là c’est moi qui vous parle. Et je vous parle au nom de mon mari". La première dame a par ailleurs assuré que l’Elysée n’avait pas demandé une enquête dans cette affaire, alors que plusieurs médias assuraient le contraire. "On ne fait pas une enquête sur des commérages", a-t-elle justifié.

Interrogé par Mediapart, le patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), Bernard Squarcini, a toutefois confirmé mercredi qu'il y avait bien eu une enquête de la part de ses services. La DCRI a" mené des investigations techniques, notamment informatiques, afin d'essayer de déterminer d'où était parties ces rumeurs", a-t-il expliqué, précisant que ces recherches avaient pris fin avec l'ouverture d'une enquête judiciaire, après le dépôt de plainte.
"Une page tournée depuis bien longtemps"

Au sujet de Rachida Dati, soupçonnée d'être à l'origine de ces rumeurs, Carla Bruni-Sarkozy s'est montré sans ambigüité: "L'accusation qui dirait que Rachida Dati a propagé ces rumeurs est une rumeur. Je n'y crois donc pas. Elle reste tout à fait notre amie", a-t-elle résumé. D’après le JDD, une enquête des services de renseignement français tendrait à montrer que l’ancienne Garde des Sceaux aurait eu un rôle "dans la diffusion d’informations jugées malveillantes à l’Elysée". "Maintenant ça suffit, il faut que ça s'arrête", s'est agacée Rachida Dati mercredi matin sur RTL. Et de promettre qu'il y a entre elle et le locataire de l’Elysée "de la loyauté et de la confiance".

Mercredi l'intention de Carla Bruni-Sarkozy était claire: dissiper le malaise autour de cette affaire: "Mon mari n’a qu’une seule préoccupation, ce ne sont pas les commentaires, ce ne sont pas les rumeurs, ce sont les Français et la France qui traversent une crise très difficile", a-t-elle lancé, comme un rappel à la réalité. "En fait, depuis déjà trois semaines, un mois, on ne tient plus compte de ces rumeurs", a confié la première dame. "Pour nous, c’est une page tournée depuis bien longtemps", a-t-elle encore promis. Et de suggérer que tout le monde en fasse de même.

Détente nucléaire entre Russie et États-Unis


Au début des années 1990, le monde comptait près de 60 000 bombes nucléaires, réparties essentiellement entre Américains et Soviétiques. Depuis, leur nombre a été réduit de plus de moitié, grâce notamment au traité Start de 1991, que Barack Obama et Dmitri Medvedev vont renouveler, aujourd'hui, à Prague, réduisant encore les arsenaux des deux pays. Mais vingt ans après la chute du Mur de Berlin, l'héritage de la guerre froide se compte encore en ogives nucléaires.

Il y a tout juste un an, à Prague, Obama avait planté le décor de ce qui doit définir la gestion des armements nucléaires au XXIe siècle. « La menace d'une guerre nucléaire mondiale a diminué, disait-il, mais le risque d'une attaque nucléaire a augmenté. » Le cauchemar de l'apocalypse a cédé la place aux risques terroristes. Cela exige une redéfinition des priorités. C'est tout l'enjeu des débats et des négociations, actuellement en cours, entre les principales puissances nucléaires.

Mardi, l'administration américaine a dévoilé sa nouvelle doctrine, qui restreint les conditions d'utilisation de l'arme nucléaire de la part de Washington. Aujourd'hui, Obama et Medvedev signent un accord de réduction des têtes nucléaires, qui accompagne le mouvement engagé depuis vingt ans. La semaine prochaine, près d'une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement se retrouveront à Washington pour parler de la sécurisation des stocks et des transports de matière fissile. En mai, l'application du traité de non-prolifération fera l'objet d'un examen à New York. Parallèlement, on s'active à l'Onu pour une nouvelle résolution contre l'Iran et ses ambitions nucléaires.

Sur ce dossier nucléaire, c'est l'Amérique qui donne le tempo. Obama en a fait l'un des axes majeurs de son mandat. Si le XXe siècle a été caractérisé par ce que les experts appellent la prolifération verticale, autrement dit la course aux armements d'un nombre réduit de puissances, le XXIe risque d'être le siècle de la prolifération horizontale, de la contagion sans contrôle. Depuis Hiroshima et l'utilisation de la première bombe atomique par les États-Unis, huit autres nations ont acquis l'arme fatale. La crainte de tous est de voir l'Iran devenir le numéro dix.

En affirmant, l'an dernier, vouloir oeuvrer à un monde « sans armes nucléaires », Obama a pu paraître idéaliste aux yeux de beaucoup. De nombreux républicains s'inquiètent, outre-Atlantique, de l'image de faiblesse que peut comporter ce type de discours. C'est pourtant un objectif élaboré en toute discrétion, depuis plusieurs années. Début 2007, quatre stratèges de tous bords politiques avaient publié un article dans le Wall Street Journal, intitulé déjà « Un monde sans armes nucléaires ». Ils mettaient en garde contre les « terribles dangers » que les armes nucléaires font peser sur le monde. Parmi ces experts des questions de défense, il y avait un certain Henry Kissinger, l'ancien secrétaire d'Etat de Nixon. Peu connu pour être un idéaliste.

Car l'enjeu est de taille pour l'administration américaine. Il s'agit, pour elle, de reprendre politiquement la main en dictant l'agenda nucléaire. Dans le même temps, d'impliquer stratégiquement ses partenaires pour agir efficacement contre la prolifération. Le sommet au Château de Prague, aujourd'hui, aura tous les atours rassurants d'une consécration de l'après-guerre froide. Mais c'est surtout au monde terriblement dangereux de l'après-11-Septembre que la nouvelle doctrine nucléaire américaine entend répondre.
Laurent Marchand

Les robots deviennent encore plus humains

Le fantasme du robot à tout faire vient de passer un nouveau cap. La semaine dernière, deux nouveaux prototypes ont vu le jour au Japon. Chacun d'entre d'eux s'est vu assigner par son créateur une fonction bien particulière, Le premier, qui a l'apparence d'une femme, pourrait pourrait devenir un garde-malade dans un hôpital. Pour sa part, le second, qui prend la forme d'un ourson en peluche, a pour objectif de tenir compagnie aux personnes âgées, ou participer à l'éveil des enfants.

Le professeur Hiroshi Ishiguro, qui a déjà imaginé une famille de robots à figure humaine, a présenté samedi un robot d'apparence féminine, portant le nom de "Geminoïd-TMF". Lors de sa première démonstration, l'androïde aux longs cheveux bruns, vêtu d'une jupe noire, a souri et froncé les
sourcils en signe de colère, imitant presque simultanément une jeune femme d'une vingtaine d'années qui lui servait de modèle. Une caméra filmait les expressions, les transmettant ensuite au robot par signaux électriques.

Cet androïde va être embauché à titre expérimental dans un hôpital, pour tenir compagnie aux malades et les apaiser. Le robot devrait aussi bénéficier d'un poste à l'essai dans un musée de la science.

Dans un domaine plus ludique, des chercheurs du groupe électronique japonais Fujitsu ont imaginé un ourson en peluche robotisé, au petit minois espiègle, qui pourrait tenir compagnie aux personnes âgées, ainsi que contribuer à l'éveil des enfants. L''équipe de chercheurs souhaite proposer dans le futur « un objet qui puisse entrer dans les familles, les maisons de repos ou les écoles ».

Encore à l'état de prototype, cet ourson, qui ne porte pas encore de nom, a un regard, des gestes, des attitudes et des murmures qui inspirent d'emblée confiance. A tel point qu'on ne remarque même pas que sa truffe est une caméra, sorte de troisième œil destiné à repérer la présence d'êtres humains, et répond à leur comportement par des mimiques adaptées. Une bibliothèque de 320 postures a été mise à disposition du robot, afin qu'il puisse réagir au mieux à l'attention qui lui est portée.

L'ourson de Fujitsu, qui se met parfois à somnoler de façon inopinée en ronflant, rigole et pousse des petits cris, est chaleureux au premier abord. Il est en effet couvert de peluche et non de métal, contrairement à beaucoup de robots de compagnies déjà présentés au Japon. « Nous envisageons de le tester prochainement dans des maisons de repos pour qu'il divertisse et apaise les personnes âgées » précise un membre de l'équipe de recherche.

L'ourson-robot pourrait également se retrouver dans les écoles, afin d'aider les enfants à communiquer, et à prendre confiance en eux. Les vidéos prises par les caméras pourraient servir de base à l'analyse de leurs réactions. Cet ourson pourrait aussi être au sein du foyer un médiateur sympathique entre de froids appareils électroniques sans âme et leur propriétaire.

Une quantité d'utilisations qui, si elles prennent sens au Japon, ne seront pas forcément adaptables partout. Les japonais sont en effet beaucoup plus tolérants que les occidentaux face à la présence de robot dans leur quotidien, car ils ne les considèrent pas comme une menace, et leur prêtent parfois des sentiments.

POLEMIQUE – "Les Infiltrés", 22 v'là France 2 !

Le médecin est tenu au secret médical ; le juge au secret de l'instruction et le journaliste ? C'est toute la question qui se pose suite à la diffusion du magazine d'investigation "Les Infiltrés" sur France 2 mardi dernier. Laurent Richard, journaliste, s'est infiltré dans le milieu pédophile en se faisant passer pour une petite fille, et les a ensuite dénoncés à la police. Un journaliste peut-il, dans des circonstances extrêmes, dénoncer les criminels rencontrés dans le cadre de son enquête ?
Ce sont 23 personnes qui ont été arrêtées suite à la dénonciation du journaliste de l'agence Capa, Laurent Richard. "Certains pédophiles avaient l'intention d'abuser d'enfants ; d'autres étaient déjà passés à l'acte. La décision de signaler leurs pseudonymes aux policiers a été prise au cours de l'enquête dans un souci de protection des enfants. Moralement, il était impossible d'agir autrement. Si j'étais rentré chez moi sans rien dire, je n'aurai plus jamais dormi de ma vie.", justifie Laurent Richard.

Le droit de dénoncer, pas l'obligation
L’agence Capa explique que la loi contraint tout citoyen à dénoncer quand il s'agit d'affaires ayant trait à l'enfance. Maître Pierre-Olivier Sur, spécialiste en droit de la presse et l’un des avocats de France Télévision explique qu’il existe en France un principe selon lequel ne pas dénoncer les crimes est un délit. Mais que les journalistes n’y sont pas tenus. Qu’il existe effectivement une spécificité des affaires concernant l’enfance; que les journalistes ont alors le droit de dénoncer, mais en aucun cas l’obligation.

Le secret des sources, l'essence même du journalisme
Le secret des sources, qui permet d'instaurer une relation de confiance, est un gage de crédibilité du journaliste. Si ce secret n'est plus respecté, c'est la confiance du lecteur qui disparait. Aux yeux de Me Jean-Yves Dupeux, spécialiste du droit de la presse, la démarche relève d'un "regrettable mélange des genres". "En se faisant auxiliaire de police, le journaliste sort de son rôle, estime l'avocat. Son devoir est d'informer le public, mais son obligation déontologique, issue de toute la tradition de son métier, est de ne pas dénoncer ses sources."

Quelques contre-exemples
Après la diffusion d'un reportage sur la prostitution infantile il y a quelques semaines dans Envoyé Spécial (France 2), la police a voulu saisir les rushes. L'agence de presse Comiti a refusé de les leur remettre, en invoquant le secret des sources.
En 1975, la presse s'extasiait devant le New York Times qui préférait laisser un de ses journalistes (Myron Farber) en prison pendant 40 jours plutôt que de livrer à la justice ses notes confidentielles concernant un médecin qui assassinait ses patients. Les temps changent…

Information ou délation?
Tout journaliste en situation d'enquête peut et doit avoir des problèmes de conscience qu'il résout au cas par cas, en franchissant parfois certaines limites. Dominique Pradalié du Syndicat national des journalistes (SNJ) commente qu’il est "hypocrite de dire qu'il était contraint. Quand on enquête sur des pédophiles, on ne pense pas tomber sur des fraises des bois. Laurent Richard savait à quoi s’attendre." Alors où poser les limites ? Pourquoi ne pas décréter qu'en ces temps de crise un journaliste doit dénoncer à la police les criminels en col blanc à qui il aurait parlé ? Qui décide de la nature du crime à dénoncer ? Quand le secret des sources doit-il "sauter" et qui a le droit de passer outre ? Il semble qu'il y ait bien un mélange entre deux professions : journaliste et policier, comme le précise Dominique Pradalié : "Journaliste ou policier, les deux professions sont respectables, mais il faut choisir. A cause de cela, les journalistes vont tout le temps être suspectés." Les journalistes ne sont pas habilités à rendre justice. Leur métier consiste à témoigner de l'actualité. Aux institutions de faire le reste.



Claire Largillière

CANNABIS – Faut-il dépénaliser pour renflouer les caisses ?

Légaliser les drogues douces, le meilleur outil fiscal anticrise ? Le débat fait rage en Californie où l'on propose d'autoriser l'usage "récréatif" du cannabis pour en récolter les taxes. Et en France, à quand la marijuana dans les bars-tabacs ?
Les vertus médicales du cannabis pour calmer les douleurs des patients souffrant terriblement suite à un accident ou une maladie, sont reconnues depuis 1996 en Californie, qui en autorise l'usage pour ces raisons. La consommation "récréative" y est en revanche prohibée. Peut-être plus pour longtemps car la Californie pourrait être le premier Etat américain à dépénaliser la marijuana. C'est en tout cas ce que demande le Tax Cannabis act, un texte qui sera soumis au vote des Californiens en novembre prochain. La proposition prévoit que toute personne majeure puisse posséder jusqu'à 28 grammes de cannabis et même faire pousser la plante dans leur jardin !

Un débat fumant
Des voix s'élèvent pour que cette loi ne passe pas. La légalisation du cannabis étant pour certains élus démocrates et républicains, ainsi que les associations de lutte contre la toxicomanie, la porte ouverte à la banalisation et la légalisation de toutes les drogues, et donc à une augmentation de la consommation. Mais selon l'initiateur du projet, le pape du chanvre, Richard Lee, la taxation de la drogue douce permettra une levée de fonds de plus d'un milliard de dollars par an, un argument de poids pour un Etat dont les finances sont au rouge (19 milliards de dollars de déficit). Le gouverneur Arnold Schwarzenegger apporterait d'ailleurs son soutien au projet. Bizarrement, les forces de police seraient également solidaires. La répression actuelle coûterait trop cher pour de maigres résultats et accaparerait les policiers aux dépens d'autres crimes plus sérieux."Nos policiers passent trop de temps à poursuivre des consommateurs non-violents. Ils n'ont plus le temps de protéger les citoyens contre les meurtriers et les pédophiles", déplore Jack Pole, président de l'association des policiers opposés à la pénalisation.

Une politique répressive inutile
La répression face au cannabis serait-elle plus dangereuse que sa dépénalisation ? Pour certains policiers californiens cela ne fait pas de doute. L'approche actuelle"mène à des cartels violents, des dealers dans nos écoles et nos rues, coûte des millions de dollars et n'a pas fait chuter la consommation". D'après un rapport des Nations unies : malgré la prohibition, la consommation de stupéfiants ne diminue pas. Les mesures répressives lourdes (peines de prison voire de mort) ainsi que les sanctions financières (contre le blanchiment de l'argent) n'ont pas eu les effets escomptés. L'Afghanistan, le Mexique ou bien la Colombie restent des plaques tournantes de la drogue mondiale. La violence des cartels et des gangs, contrôlant ce marché noir se fait de plus en plus intense. Des personnalités politiques d'Amérique du Sud comme les anciens présidents Ernesto Zedillo (Mexique), Fernando Henrique Cardoso (Brésil), Alejandro Toledo (Pérou) ou Carlos Gaviria (Colombie) se sont déclarés favorables à la dépénalisation de la drogue.

Possible en France ?
En France, le maire du 18ème arrondissement de Paris, Daniel Vaillant (PS), a crée un groupe parlementaire sur la légalisation du cannabis. "Ne faudrait-il pas prendre le pari de légaliser la consommation personnelle de cannabis à travers un contrôle de la production et de l'importation, comme c'est le cas avec l'alcool ?", s'est-il interrogé dans les colonnes du Parisien. Les violences récentes dans les banlieues d'Ile-de-France ainsi que la consommation de plus en plus importante de drogue dans les campagnes françaises appuient ce besoin d'un contrôle étatique des stupéfiants. Pourquoi ne pas alors traiter le cannabis comme le tabac ou l'alcool, deux substances également addictives et nocives ? Au 19ème siècle, l'Etat français tirait de nombreuses recettes de la vente de l'opium. Aujourd'hui, avec un déficit budgétaire important, la France ne cracherait peut-être pas sur cette nouvelle manne fiscale. La Californie pourrait en tout cas montrer l'exemple. Selon un sondage réalisé fin 2009, 56% des Californiens se disent favorables à la légalisation.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Faut-il dépénaliser les drogues douces comme c'est déjà le cas aux Pays-Bas ? Cela permettrait-il un contrôle plus accru des stupéfiants ou au contraire cela inciterait-il à une plus grande consommation de ces substances au demeurant dangereuses ? Votre avis nous intéresse ! Laissez-vos commentaires en bas de cet article.
Damien Bouhours

mercredi 7 avril 2010

"Nicolas Sarkozy ne peut pas cautionner les propos de Pierre Charon", selon Rachida Dati

Rachida Dati se défend d'avoir une quelconque implication dans les rumeurs qui ont trait au couple présidentiel. Alors que la presse publie mercredi 7 avril les déclarations de proches du président mettant en cause l'ex-garde des sceaux, elle a fermement récusé leurs attaques sur RTL.
"Les éléments matériels ou tout ce qui peut être mentionné dans la presse, que ce soient des enquêtes ou que ce soient des écoutes téléphoniques, c'est absolument impossible, donc je n'y crois absolument pas", a-t-elle dit. Cité mercredi matin par Le Parisien, un conseiller aurait dit d'elle : "Elle est complètement carbonisée, le président ne veut plus jamais lui parler." Mais répondant à Jean-Michel Aphatie, elle a dit avoir encore toute la confiance du président. "Nicolas Sarkozy ne peut pas cautionner les propos de Pierre Charon", estime-t-elle. Selon Le Parisien, le conseiller en communication de l'Elysée aurait évoqué des "éléments matériels" de son implication au cours d'un déjeuner avec des élus parisiens.

"Moi, je fais la différence entre l'entourage du président de la République et le président de la République lui-même", a-t-elle ajouté. A la question de savoir si elle était au courant d'une enquête des renseignements généraux, Rachida Dati a répondu : "On est dans un Etat de droit, cela ne peut pas exister." "Les rumeurs, les calomnies, les ragots sur la vie personnelle et en général sont absolument inadmissibles et scandaleux. Je suis mise en cause indirectement et donc je trouve ça extrêmement scandaleux", a déclaré Mme Dati.

"DE LA LOYAUTÉ ET DE LA CONFIANCE"

"Je connais assez bien le président de la République (...), il a toujours combattu ce genre de pratique et donc ça ne peut pas exister." "Je n'ai peur de rien", a-elle lancé mais "il faut que ça cesse et il faut que ça s'arrête". Elle a souligné qu'on avait dit "des choses atroces" sur elle, qu'elle n'avait "jamais réagi" mais que "maintenant ça suffit". La maire du 7e arrondissement de Paris a indiqué qu'elle n'avait "pas vu récemment" le chef de l'Etat mais espérait "le voir très bientôt". Selon elle, avec Nicolas Sarkozy, "il y a de la loyauté et de la confiance". "La confiance, elle persiste et elle durera."

Rachida Dati a engagé l'avocat Georges Kiejman pour menacer de poursuites ceux qui la désignent comme la responsable de la diffusion des rumeurs sur le couple présidentiel. Selon plusieurs organes de presse, dont Le Canard enchaîné, un rapport des services de renseignements a conclu à sa responsabilité dans l'affaire, et c'est ce qui aurait conduit au retrait, le 14 mars, d'une escorte de quatre policiers dont elle bénéficiait comme ex-ministre. Me Kiejman conteste qu'elle ait eu un rôle dans la rumeur. "C'est impensable que Mme Dati ait pu participer à une entreprise de déstabilisation d'un président auquel elle sait devoir beaucoup, voire tout", a dit Me Kiejman sur RTL. "Si on continue à imputer à Mme Dati un rôle dans la diffusion de cette rumeur, on porte atteinte à son honneur. Si on porte atteinte à son honneur, on fait un délit de diffamation qui peut être poursuivi comme tel", a-t-il ajouté.

La police judiciaire a été saisie par le parquet de Paris d'une enquête préliminaire visant à déterminer l'origine des rumeurs visant le couple présidentiel publiées le 10 mars sur le site Internet du Journal du dimanche. Plusieurs proches du président de la République soutiennent qu'il est possible que l'opération ait été montée de toutes pièces pour lui nuire. Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a avancé une explication dans des déclarations à des journalistes rapportées mercredi par Le Canard enchaîné. "Le fait que ces rumeurs aient été relayées dans la presse en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suisse peut faire penser à un complot alors que la France s'apprête en 2011, à prendre la présidence du G20", a-t-il dit selon l'hebdomadaire.

L'honneur du journalisme d'enquête


Si le journalisme est un très beau métier, c'est qu'il s'impose des exigences sans lesquelles il perdrait de son intérêt et de sa crédibilité. L'aimer, c'est connaître ses frontières et les assumer. Le respecter, c'est accepter sans états d'âme de le désacraliser, de le démythifier pour le débarrasser des fantasmes qu'il suscite bien au-delà des limites du raisonnable.
Ni James Bond, ni Rambo, ni chevalier blanc de la justice : le journaliste n'a pas à se prendre pour ce qu'il n'est pas. Informer - en toute liberté et les yeux grands ouverts- est un engagement suffisamment lourd et suffisamment exaltant pour ne pas le surcharger de missions impossibles.
Au diable la religion du scoop, du coup, de l'audience, cette perversion de la profession. Mieux vaut ne pas franchir certaines frontières quand on sait que l'investigation obligera à transgresser de précieuses limites éthiques. La charte des devoirs du journaliste, presque centenaire, est sans ambiguïté : il « s'interdit d'invoquer un titre ou une qualité imaginaire, d'user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque (...) ; il ne confond pas son rôle avec celui du policier ».
Les règles sont donc claires - et contraignantes. Elles signifient : pas de caméra cachée, pas de fausse identité, pas de dissimulation... Cette transparence a un prix. Elle privera le journaliste, et sa rédaction, d'une révélation ou d'une vérité qu'il ne pourrait atteindre que par des moyens biaisés. Et alors ?
Gare à la prétention ! L'enquête est un genre noble ; elle a écrit les plus belles pages de l'histoire de la presse des pays libres. Mais les journalistes doivent prendre soin de ne pas mélanger les genres en se prenant pour des justiciers, comme l'ont fait les équipes du magazine « Les Infiltrés », sur France 2. Elles ont voulu faire concurrence aux gendarmes et aux policiers en traquant des pédophiles, mais contraintes par la loi, pour protéger des enfants en danger, à dénoncer ceux qui s'étaient livrés à elles.
Orgueil fatal. Il a mis en péril le respect absolu du secret des sources d'information, condition fondamentale et valeur non négociable de la confiance qu'on accorde aux journalistes. Mieux vaut, pour ces derniers, rester observateurs méticuleux de certaines affaires que d'en devenir des acteurs imprudents, piégés par leur vanité au point d'y noyer leur âme.

La chevauchée numérique

La tablette mobile d’Apple renvoie nos ordis vieux d’à peine quelques années à l’âge où, gamins, nous nous parlions dans des téléphones fabriqués avec des boîtes de petits pois reliées par de la ficelle à saucisson. Familiarisés à son ergonomie par le smartphone de la même marque, les millions d’adeptes de ce nouvel ordinateur, communicant et divertissant, seront au rendez-vous du succès entrevu ces derniers jours aux États-Unis. Ils confirmeront ainsi que la révolution du multimodal poursuit sa chevauchée numérique. Au déchaînement consumériste qui marque la sortie de la tablette tactile, s’ajoute l’irrationnelle fascination des moments de jonction entre la science, la technique et le rêve. Celle du temps des premières images de la lanterne magique, avant le cinématographe.

La bibliothèque d’Alexandrie, les tablettes de Confucius… Les lieux ont toujours existé où l’on gardait et ordonnait les savoirs et la sagesse. Dans l’Antiquité, dans les sociétés traditionnelles africaines et jusque dans nos villages, c’était le sage, l’ancien, qui était la bibliothèque portable. Il possédait le savoir, on le consultait, il était la mémoire. Le savoir, en devenant marchandise, s’est dissocié de la sagesse et aujourd’hui c’est l’internet que l’on consulte. Exit le virtuel, notre réalité quotidienne est numérique. Le voisinage est mort, vivent les liaisons !

Ne soyons pas rabat-joie, tous ces phénomènes révèlent une véritable soif de connaissance et une rassurante confiance dans l’autre. Bien sûr, cela n’occulte pas les questions d’éthique et de rigueur que pose l’internet et qui font que, plus que jamais, il est nécessaire de travailler l’information et de repérer dans ce magma ce qui est essentiel pour le transmettre en lui ajoutant du sens.

Le vrai savoir est celui de l’humanité, il est dans chacun des hommes de l’univers. Rassembler les idées éparses et les expériences profitables, c’est faciliter la quête de la relation à l’autre, à cet inconnu dont nous n’avons plus peur puisque nous avons en commun avec lui la haute technologie. En faisant partager tous ces savoirs, l’internet permet de relier les individus et de les faire communiquer entre eux à travers le monde. Reste à produire à nouveau de la sagesse.

Daniel RUIZ

Les conseils généraux déclarent la guerre à l'Etat

Dépenses sociales en hausse, financements en baisse: les départements veulent alerter sur leur situation...

Dans la guerre des conseils généraux contre l’Etat, Claude Bartolone sonne la charge. Le président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis a annoncé ce week-end qu’il voulait présenter jeudi un budget en déséquilibre pour protester contre les charges transférées aux collectivités territoriales sans compensation assurée.

Une décision provocatrice, puisque prohibée par la loi, qui attire les foudres. Le secrétaire d'Etat aux collectivités territoriales, Alain Marleix, a averti lundi que le département de la Seine-Saint-Denis serait placé sous tutelle du préfet s'il présentait un budget en déséquilibre alors que le groupe UMP-Nouveau Centre au conseil général demandé tout simplement ce mardi la démission de son président.
Le principe de libre administration des collectivités territoriales invoqué

Mais Claude Bartolone n’est pas seul. Coincés entre la hausse de leurs charges sociales et la baisse de leurs recettes, plusieurs départements multiplient les contentieux avec l'Etat. En s’appuyant sur les travaux d'un constitutionnaliste, les présidents de sept conseils généraux -dont deux de droite- envisagent également de soulever la question prioritaire de constitutionnalité.

Car le principe de libre administration des collectivités territoriales, posé par la Constitution, exige «des moyens suffisants et garantis» pour que les collectivités puissent agir de façon autonome. Ce que le manque de garanties financières met en péril.
Un déficit de 3,5 milliards d’euros en 2008

En effet, pour financer le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et la prestation compensatoire du handicap (PCH), les départements ont du dépenser en 2008 plus de 11 milliards d’euros, selon Le Parisien. L’Etat n’a compensé qu’à hauteur de 7,5 milliards, soit un déficit de 3,5 milliards. Conséquence: des coupes dans les dépenses non obligatoires comme les subventions aux associations, et des hausses d’impôt.

En tout, une vingtaine de départements ont eu de grandes difficultés à boucler leurs budgets 2010 et d’ici la fin de l’année, 25 départements pourraient ne plus pouvoir verser les allocations de solidarité. Pire, en 2011, ils pourraient être 62 départements, alors que la taxe professionnelle -qui constituait 50% des recettes des départements - a été supprimée le 1e janvier et que la taxe carbone, censée un temps la compenser, est aux oubliettes.

La bataille s’annonce difficile mais l’enjeu est de taille alors que le gouvernement -qui a mandaté un expert pour étudier la situation des départements en difficulté- entend continuer sa réforme des collectivités locales.
Maud Noyon

LA FRANCE EST DEVENUE UNE RÉPUBLIQUE FÉODALE, OÙ LES RÉGIONS SONT DES DUCHÉS, LES PRÉSIDENTS DE RÉGIONS DES DUCS QUI PARTENT EN GUERRE CONTRE L'ÉTAT DU SOUVERAIN POUR DÉFENDRE LEURS FIEFS, LEURS MANANTS ET LEURS GUEUX!.

Rumeur sur son couple: la stratégie de com du président en deux étapes

Nicolas Sarkozy prouve encore une fois qu'il est excellent en communication de crise...

«Je ne peux pas exclure que ce soit une machination.» La phrase est de Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy. Après avoir refusé de communiquer sur la rumeur qui circulait sur Internet concernant le couple présidentiel au mois de mars, l’Elysée semble avoir changé de stratégie. Mais il n’en est rien, selon Thierry Libaert, directeur scientifique de l'Observatoire international des crises (OIC). Le chef de l’Etat fonctionne avec cohérence: il a dans un premier temps désamorcé la rumeur, et tente désormais de s’assurer une protection pour qu’une telle crise ne se reproduise plus à l’avenir.

«Le problème avec les rumeurs, c’est qu’elles ne reposent sur rien, explique Thierry Libaert. Elles sont intangibles et ne sont donc pas vérifiables. Le fait de les démentir n’est donc pas très efficace, et peut même avoir l’effet inverse et leur donner de l’ampleur, dès lors qu’on ne peut apporter des preuves de ce qu’on avance.»
Première étape: ne pas répondre pour couper court à la rumeur

Ne rien dire pour temporiser, ou intervenir et risquer d’amplifier la rumeur. Nicolas Sarkozy a choisi son camp. A Londres, le 12 mars dernier, il indique d’un air dédaigneux aux journalistes qu’il n’a «pas une seconde, même une demi-seconde, à perdre avec ces élucubrations». Le fait de ne pas répondre est une stratégie de dévalorisation, qui coupe court à la rumeur: l’Elysée tente de changer la perception qu'a le public de cette rumeur en en dévalorisant le porteur et l’instigateur.

Le fait que le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon, s’est publiquement félicité de la plainte contre X déposée par la société éditrice du Journal du dimanche (groupe Lagardère) pour «introduction frauduleuse de données dans un système informatique», est un des indices de cette stratégie. Cette plainte permet au plus haut sommet de l’Etat de dire que celui ou ceux qui ont propagé cette rumeur étaient mal intentionnés. Dimanche, Pierre Charon affirmait ainsi que l’Elysée enquêtait pour «voir s'il n'y a pas une espèce de complot organisé» dans le but de déstabiliser le président.
Deuxième étape: mettre en garde pour l’avenir

Et, en même temps, la communication présidentielle est passée ce week-end à la deuxième phase. Pierre Charon qui déclare au Nouvel Obs: «Nous faisons de cette ignominie un casus belli. Nous voulons aller jusqu’au bout pour que cela ne se reproduise plus jamais», c’est une «mise en garde contre les ennemis potentiels du président», explique Thierry Libaert.

«Nicolas Sarkozy en est désormais à la stratégie de balisage, du "plus jamais ça ". Il prévient "ne vous amusez plus à ça, car nous ne ferons pas de cadeau à l’avenir, et les châtiments seront exemplaires".» Une façon pour le chef de l’Etat d’anticiper une nouvelle crise de ce type, et de ne plus se retrouver en position défensive en matière de communication.
Bérénice Dubuc

École : la tentation du sanctuaire


En vingt ans, dix plans ! La violence à l'école devrait être, depuis longtemps, réduite à rien. Les plans se succèdent au rythme des faits divers les plus graves. À celui de Jospin succède celui de Bayrou, qui lance l'idée de « l'école sanctuaire ». Plans Allègre, Lang, Ferry, Darcos, on en oublie, et, aujourd'hui, Luc Chatel. Il convoque à Paris, ce matin, des états généraux. On sonne le tocsin face à l'insupportable litanie des bagarres entre élèves, viols, rackets, coups de couteau, règlements de comptes entre bandes, professeurs violentés.

Collèges et lycées ne sont pourtant pas, chaque matin, à feu et à sang. Les historiens de la chose observent avec une certaine philosophie que la violence scolaire est aussi vieille que l'école elle-même. Que, sous le célèbre Jules Ferry, on assistait à des révoltes massives contre le lycée caserne napoléonien et ses châtiments corporels. Il fallait que la maréchaussée s'en mêle. Simplement, cette violence, au gré des époques, change de registre et de nature.

Tenues pour simples faits divers, passées sous silence afin de préserver la réputation des établissements concernés, les « castagnes » scolaires sévères sont analysées comme des faits de société symbolisant tous les malaises de l'Éducation nationale. Les politiques se sentent sommés d'y répondre, face à l'inquiétude exacerbée des parents et des enseignants. C'est la règle désormais. Un fait divers médiatiquement retentissant engendre des déclarations martiales et tonitruantes, avec promesses miraculeuses. Portiques, fouilles, patrouilles, caméras... La violence ne passera pas, foi de ministre, même si, par ailleurs, par souci de gestion des finances publiques, le même ministre supprime postes de surveillants et d'enseignants. Et si le ministre n'y suffit pas, on lui adjoint un « Monsieur sécurité ».

Les plans se succèdent ainsi en vain, puisqu'à une question particulièrement complexe on offre des solutions de court terme, difficilement applicables. La première de toutes est la tentation du sanctuaire, façon Bayrou, ou plutôt de la ligne Maginot. La violence est extérieure à l'école : empêchons-la de passer. Barricadons-nous derrière nos grilles. L'établissement se métamorphose en bunker, ce qui a pour effet premier d'accroître l'autre violence, la violence interne, engendrée par un système très sélectif, qui trie les élèves et en oriente vers des filières professionnelles malheureusement dévalorisées. On observe ainsi la masse montante des jeunes décrocheurs, psychologiquement en souffrance, pour qui la violence, disent les spécialistes, est une réponse à leur propre angoisse.

L'autre illusion est de croire que cette question ne concerne, après tout, que les établissements des quartiers dits sensibles. Les statistiques affirment que la moitié des incidents les concernent. Mais on passe sous silence le fait majeur qui n'est pas la violence physique, mais toutes ces incivilités qui gâchent la vie scolaire et dépriment les enseignants.

Ce dont on parle le moins dans ce débat permanent sur les violences à l'école, c'est de l'essentiel, de l'affaiblissement de l'institution elle-même, de la dévalorisation des savoirs, des pertes d'autorité et de respect. Cet affaiblissement est accentué dans les établissements les plus fragiles, en banlieue, là où les enseignants, jeunes, souvent mal formés, ne restent pas. L'élève y est chez lui. Le professeur est de passage.

BOUCLIER FISCAL – Faut-il le supprimer ?

Le bouclier fiscal, l'une des contestations politiques favorites de la gauche, engendre aussi des discussions à droite. Alors que le PS demandait sa suppression, treize députés UMP ont indiqué qu'ils souhaitaient eux aussi élaborer une proposition de loi pour faire suspendre ce dispositif. Seul Nicolas Sarkozy s'accroche encore à sa réforme qui vise à favoriser le retour des capitaux expatriés et à dissuader le départ de nouveaux contribuables à l'étranger. Et vous, qu'en pensez-vous ?

Qu'est-ce que c'est ?

Mis en place en 2008, le bouclier fiscal était une des promesses de campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Ce dispositif limite à 50% des revenus annuels l'impôt maximal payé par un contribuable, qui doit ensuite lui-même se préoccuper de son remboursement. Les impôts concernés par le plafonnement sont notamment l'impôt sur le revenu, l'impôt sur la fortune, la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).


Les arguments ''contre''
Beaucoup estiment qu'il s'agirait d'un amplificateur d'inégalités. En effet, le revenu pris en compte dans le calcul du bouclier est un revenu net déduit de divers allégements. Ces exonérations correspondant à des ''niches fiscales'', les contribuables les plus riches ne seraient, par conséquent, pas concernés par le CSG. Il n'existerait d'ailleurs que 16.350 bénéficiaires du bouclier fiscal. 47% d'entre eux sont redevables de l'ISF et bénéficient tout de même de 99% des sommes restituées par le procédé. Le coût du dispositif, avancé récemment par Christine Lagarde, ministre de l'Economie, dénote d'une importante disproportion par rapport au manque à gagner estimé de l'évasion fiscale. Le nombre de contribuables profitant du bouclier fiscal ayant augmenté, la mesure aurait coûté environ 586 millions d'euros à l'Etat en 2009. Une somme astronomique et des inégalités qui provoquent aussi la réaction de la Commission des Finances qui soumettra ses questions à François Baroin, ministre du Budget : ''Il devra nous expliquer comment il est possible que 14 foyers fiscaux aient un revenu fiscal de référence compris entre 3.000 et 3.500 euros par an, alors qu'ils disposent d'un patrimoine supérieur à 16 millions d'euros !''


Les arguments ''pour''
Nicolas Sarkozy a bien précisé qu'il était hors de question qu'il revienne sur la question du bouclier fiscal : "Nous ne changerons pas de politique économique" a t-il martelé. Pour le Président, ce dispositif est le meilleur moyen d'empêcher la superposition de différents impôts, qui absorberait une proportion excessive des revenus, Ainsi, l'adoption de cette limitation de l'impôt aurait considérablement diminué l'exode fiscal des plus riches, et incité au retour des expatriés fiscaux. Conséquence logique, les entreprises sont encouragées à investir sur le territoire et donc à participer à sa croissance économique. Et, selon Stéphane Jacquin (Lazard Frères Gestion), il serait de toute façon néfaste, à l'Etat comme au contribuable, de remettre en cause cette mesure de défiscalisation alors que les conditions qui ont conduit à sa mise en place n'ont pas entièrement disparu.

Qu'en pensez-vous ?
D'après un sondage du CSA, 67 % des Français contestent ce dispositif, 39 % réclament sa suppression définitive, et 28 % sa suspension. Et vous, que pensez-vous de ce dispositif ? Considérez-vous le bouclier fiscal comme une mesure inégalitaire, ou trop coûteuse ? Ou pensez-vous que ce soit le meilleur moyen de régler le problème des évadés fiscaux ?

UNE CHOSE EST SURE, CE DISPOSITIF EST IMPOPULAIRE PARCE QUE LES FRANÇAIS N'ONT RIEN COMPRIS.
LE B.F N'A PAS ÉTÉ EXPLIQUÉ, LES GENS CROIENT ENCORE QU'ILS DONNENT 50% DE CE QU'ILS GAGNENT EN IMPÔTS, ALORS QUE C'EST LE PLAFOND QUI SE SITUE À 50%....MAIS ALLEZ LEUR FAIRE COMPRENDRE !!!

Sarkozy défendra les revenus agricoles dans le cadre du G20

Le chef de l'Etat veut davantage trouver les moyens de réduire les sources d'accident que garantir des aides.
En se rendant dans une exploitation céréalière de l'Essonne à Buno-Bonnevaux, Nicolas Sarkozy a aujourd'hui répondu à l'invitation des jeunes agriculteurs d'Ile-de-France, céréaliers pour la plupart, qui avaient mené en décembre des actions spectaculaires sous la neige pour attirer l'attention sur leur situation. Il n'a toutefois pas répondu à leur principale revendication : l'annulation du redéploiement d'une partie (1 milliard d'euros) des aides européennes dont ils pouvaient auparavant bénéficier en tant que céréaliers -au profit des éleveurs et des agriculteurs de montagne.

Le chef de l'Etat a été clair sur la question : il n'est pas question de revenir sur le dispositif, une telle initiative risquant d'introduire une nouvelle source de désaccord entre les pays membres de l'Union européenne, si difficiles à mobiliser en faveur de la protection de la politique agricole commune. Mais s'il apparaît, lors du comité de suivi du bilan de santé de la PAC, qui se réunira en décembre, que la situation est devenue trop défavorable aux céréaliers, des mesures pourront être envisagées, a voulu rassurer Nicolas Sarkozy.

Dans ce contexte, deux propositions du chef de l'Etat doivent aujourd'hui particulièrement retenir l'attention. D'abord, Nicolas Sarkozy a indiqué que la France serait prête à accepter une baisse des aides agricoles à l'horizon 2013 en échange du maintien de la préférence communautaire et d'une garantie de prix équivalent aux prix de revient des producteurs. Une question à laquelle il faudra rallier ses partenaires européens, dont certains comme le Royaume-Uni sont allergiques à la notion de garantie, qui va avec celle de dépenses budgétaires.

Ensuite, le Président de la République a dit souhaiter profiter de la présidence française du G20 à compter de novembre 2010 jusqu'au mois de novembre 2011 pour réunir un sommet sur les problèmes de volatilité des cours des matières premières, dont les matières premières agricoles. Il montre là une nouvelle fois l'attention qu'il porte à la question des «prix agricoles» et l'importance qu'il souhaite donner aux moyens qui permettraient de réduire les sources d'accident. Après les élections régionales très défavorables à la droite le mois dernier, il avait déclaré «être prêt à aller à une crise en Europe plutôt que d'accepter le démantèlement de la Politique agricole commune et plutôt que de laisser la spéculation fixer de façon erratique des prix agricoles, qui ne permettraient pas aux agriculteurs de vivre décemment du fruit de leur travail».

Qui sont les "créationnistes" ? par Dominique Lecourt

L'article publié par Le Monde daté du vendredi 26 mars sous le titre "Les climato-sceptiques américains à l'assaut des écoles" laisse rêveur un lecteur non prévenu. Les "climato-sceptiques" y apparaissent comme des émules des créationnistes hostiles à la théorie darwinienne de l'évolution. Une expression suffit à faire le lien : "traitement équilibré". De fait, les "créationnistes scientifiques" américains font pression depuis plus de vingt ans pour que l'enseignement de la biologie fasse place à une version du récit biblique de la Création comme à une hypothèse scientifique concurrente de la théorie de la sélection naturelle. Nombreux sont les Etats où les militants ont réussi, appuyés sur des associations de parents d'élèves, à faire adopter des dispositions en faveur de "ce traitement équilibré", arguant de ce que l'évolution n'est qu'"une théorie" et non pas un fait.
Les auteurs de l'article font état d'une offensive qui, disent-ils, "rappelle celle des créationnistes". Pourtant, les deux controverses (évolutionniste et climatique) n'ont rien à voir. Dans le cas de la théorie de l'évolution, c'est le socle intellectuel de la biologie contemporaine qui est visé au bénéfice d'une version du dogme de la Création. La campagne en faveur de l'enseignement de l'Intelligent Design dans les écoles, plus subtile que le créationnisme des années 80, se donne le même objectif. Ce que les auteurs de l'article appellent la "question climatique" n'a pas une telle portée épistémologique. La climatologie est une science récente et composite. Les bases des sciences physiques contemporaines ne sont pas menacées. L'essentiel de la controverse ne porte au demeurant même pas sur la réalité du réchauffement de la planète. Il s'agit d'une hypothèse scientifique largement admise fondée sur un faisceau d'observations et de calculs même si elle mérite visiblement discussion. Et ce n'est pas le nombre des chercheurs favorables à cette hypothèse qui est de nature à la transmuer en "fait avéré" (le fameux consensus du GIEC) ; pas plus que le nombre de ceux qui la rejettent ne saurait l'invalider.

La question autour de laquelle se développe la "guerre du climat" est celle de la part que prennent les activités humaines à ce réchauffement, supposant qu'il soit effectif. Accessoirement, elle est celle d'estimer l'ampleur et la vitesse prévisible d'un processus qui, dit-on, mènerait l'humanité à la catastrophe de par sa propre faute. On ne saurait que donner raison à ce professeur de SVT qui souligne la difficulté qu'il y a à enseigner dans les classes un sujet aussi "complexe, politique et médiatisé". Les auteurs de l'article ne se satisfont pourtant visiblement pas de sa prudence et de ses scrupules. Ils trouvent "un peu lisse" la démarche des enseignants français. Ils leur demandent de "s'engager". Cet engagement n'est pas exactement "l'engagement rationaliste" que Gaston Bachelard appelait autrefois de ses vœux, mais celui de militants qui rejoindraient la position des "réchauffistes" défendue par l'American Association for the Advancement of Science et la revue Science. Serait-ce "discréditer la science" que de refuser un tel enrôlement, de récuser l'argument d'autorité et de faire valoir les droits du doute ? On commence à savoir aujourd'hui ce que valait le consensus du GIEC. Les ruses, les tricheries et les pressions au prix desquelles il a été obtenu et maintenu. Pourquoi vouloir à tout prix que l'apocalypse soit pour demain ? Quelle outrecuidance d'accorder à l'homme le pouvoir absolu de modifier la nature à sa guise, transmuant le rêve généreux et naïf des Lumières en cauchemar catastrophiste ! Appuyer sur l'autorité d'une science de la nature, une thèse métaphysique et idéologique qui se traduit bientôt par des mesures pratiques concrètes, économiques, fiscales, morales et politiques, visant à modifier le comportement des êtres humains par une saine épouvante, telle est la démarche des "réchauffistes" ! Défendez cette thèse sur l'avenir du climat, vous serez dans le vrai, et vous prendrez de surcroît rang parmi les sauveurs de l'humanité. L'intolérance réchauffiste ne va pas sans messianisme. On peut vraiment se demander qui, des sceptiques ou des réchauffistes, sont les "créationnistes" ?

Dominique Lecourt est secrétaire général de l'Institut Diderot, fonds de dotation pour le développement de l'économie sociale.

Un étonnant effet collatéral du changement climatique, par Jean-Louis Fellous, Jean-Charles Hourcade...

On savait que le changement climatique se traduirait par des modifications du cycle hydrologique. On n'avait pas prévu qu'en plus des inondations, sécheresses et autres phénomènes extrêmes, on assisterait à des épisodes de brouillard intense dans les médias et à une pluie de désinformation climato-sceptique. La publication d'articles de presse sur la science du climat, sous la plume de personnages réputés dans leurs disciplines respectives, tels le philosophe François Ewald ou le biologiste Henri Atlan pour n'en citer que quelques-uns, ne laisse pas d'interroger. On attend avec impatience l'avis d'autres éminents non-spécialistes. Pourtant, un bon maître-nageur ne fait pas forcément un bon guide de haute montagne. Dans tous ces articles, on retrouve certains procédés et constantes qui ont fait le succès des interventions médiatiques d'un Claude Allègre : amalgame, confusion volontaire ou non, vocabulaire dépréciatif, démagogie flatteuse. Au fond, de quoi est-il question ?
Amalgame : climatologues et écologistes politiques sont supposés avoir partie liée. L'écologie politique est née, notamment en France, du constat des "dégâts du progrès" et d'un combat contre le nucléaire militaire et civil. La prise de conscience du changement climatique est venue des scientifiques, qui ont mesuré la modification de la composition de l'atmosphère due aux activités humaines et déterminé qu'en résulteraient un accroissement de l'effet de serre naturel et une altération du climat global. Pour limiter les émissions, d'autres sources d'énergie doivent remplacer progressivement les énergies fossiles. L'énergie nucléaire peut faire partie de ces solutions. Nombre d'écologistes politiques ont été rétifs à reconnaître les risques climatiques, de peur d'être otages des "pro-nucléaires". L'amalgame entre climatologues et écologistes, entre scientifiques et militants idéologiques est insupportable.

SCIENCE DU CLIMAT ET VULGATE

Confusionnisme : on mélange allègrement météorologie et climat, et surtout on confond la science du climat et sa vulgate répandue par les ONG, les médias ou les politiques. Les scientifiques ont fait beaucoup d'efforts pour rendre accessible leur science auprès du grand public, sans en voiler la complexité. Ce faisant, ils ont donné prise à la banalisation d'un ensemble de disciplines qui ne sont pas moins dignes de respect que la biologie, la génétique ou la géophysique interne. Chacun se croit suffisamment compétent pour avoir son opinion. Assimiler la science du climat à sa représentation dans les médias est un procédé inédit dans le débat scientifique. Les spécialistes du climat n'ont pas attendu monsieur Atlan pour apprendre à cerner les limites de leurs modèles qui, on l'oublie très souvent et très étonnamment, s'appuient sur une physique solide. Que penserait-il si l'un d'entre eux s'avisait de lui apprendre à tenir son crayon ? Et s'il a des remarques pertinentes à soulever, que ne le fait-il dans les journaux scientifiques, en s'adressant à ses pairs, plutôt qu'en prenant à témoin un public désarmé ? Lorsque Henri Atlan écrit : "Des changements [climatiques] du même ordre se sont produits dans le passé", cette formule vague rejoint l'idée naïve ambiante que "le climat a toujours changé". Or rien ne permet de comparer les cycles climatiques passés étendus sur des dizaines de milliers d'années ni les changements rapides localisés du passé au changement global rapide actuel. Joue-t-il à dessein de cette confusion ou en est-il lui-même victime ? Est-il conforme à l'éthique scientifique de mobiliser un savoir très approximatif pour disqualifier, en jouant de son autorité, un pan de la science afin de mieux caresser dans le sens du poil des citoyens inquiets pour leur avenir économique ?

CATASTROPHISME ET PRINCIPE DE PRÉCAUTION

Vocabulaire dépréciatif : les qualificatifs employés pour décrire la communauté scientifique du climat ont de quoi faire frémir. Prophètes de malheur, mafia, camarilla, religion de la catastrophe, dogme, etc. sont parmi les mots rencontrés le plus souvent. Messieurs Atlan ou Allègre ont-ils, ne serait-ce qu'une fois, assisté à la réunion du Comité scientifique du programme mondial de recherche sur le climat, à un congrès scientifique de cette communauté ? Pensent-ils qu'il s'agit de messes noires ? Ont-ils lu les milliers de pages de publications des revues à comité de lecture qui paraissent sur ces sujets, analysé l'une quelconque des séries de données de plusieurs téraoctets que les satellites déversent quotidiennement et qui alimentent les travaux des chercheurs ? Quant au principe de précaution, assimilé à un catastrophisme vulgaire, le brandir comme un épouvantail en toute occasion est un procédé rhétorique douteux pour disqualifier des éléments d'appréciation fondés scientifiquement. En dépit des travestissements, il consiste à rechercher une position raisonnable entre panique et indifférence dans des situations marquées par l'incertitude scientifique et de façon proportionnée à la plausibilité des hypothèses considérées. Ni dictature du futur sur le présent au nom des menaces de catastrophes futures, ni insouciance qui préempte l'avenir et produit des dévastations, comme celle de la Nouvelle-Orléans par Katrina.

CLIMAT ET SOCIÉTÉ

Démagogie flatteuse : si changement climatique il y a, ce n'est pas le problème le plus grave ni le plus urgent, voyez la faim dans le monde, la pauvreté, le chômage, la peste et le choléra. Avec ce genre de propos, les climato-sceptiques font d'une pierre deux coups. Un, on rassure le public qui ne voit plus de raison d'envisager de modifier ses comportements. Deux, on le flatte en le faisant se sentir généreux, à moindre coût puisque rien n'assure que les sommes qui ne seront pas investies dans la lutte contre le changement climatique le seront vraiment pour faire reculer la pauvreté et les maladies. Pourquoi mettre en balance la prise au sérieux de la question climatique et l'accès à l'eau ou aux soins et pas, par exemple, les dépenses d'armement ou les milliards dépensés en jeux vidéo ou en alimentation pour chiens et chats ? De plus, l'argument escamote l'interconnexion entre le changement climatique et tous les problèmes mis en avant, qu'il s'agisse de l'accès à l'eau, à l'énergie et aux soins, ou de la pauvreté, et de la vulnérabilité, qu'il risque fort d'aggraver et dont il compliquera les solutions. Depuis 1992, la Convention climat s'inscrit "dans la perspective du développement soutenable", jargon diplomatique certes mais qui rejette clairement la "décroissance" et souligne l'attention à porter au contenu même du développement. Monsieur Atlan s'instruirait certainement en lisant les rapports du groupe III du GIEC et l'importante littérature sur les politiques climatiques. Il y verrait comment des politiques dites "sans regrets" visent la recherche de complémentarités entre baisse des émissions de CO2, réduction de la pollution atmosphérique locale, recherche d'alternatives énergétiques, gestion des ressources non-renouvelables et créations d'emplois. Il y verrait comment des réformes fiscales peuvent présenter un "double dividende" en combinant baisse des émissions et allègement des charges directes sur le travail, tout en améliorant la couverture des besoins des plus démunis et en préservant les dispositifs de sécurité sociale.

POURQUOI MAINTENANT ?

Le débat aujourd'hui lancé dans les médias en France et dans d'autres pays n'est pas un débat scientifique, même s'il en emprunte la forme, mais une bataille qui a pour enjeu la fabrique de l'opinion publique. Il s'agit de délégitimer les politiques du climat au moment où elles commencent péniblement à se mettre en place et où la communauté des Etats est encore dans une phase d'hésitation devant l'engagement. Le quatrième rapport du GIEC paru en 2007 n'a fait que renforcer le diagnostic posé dès le premier rapport de 1990, diagnostic que l'évolution en vingt ans du climat et des connaissances a confirmé et précisé. Que des intérêts immenses se sentent menacés n'est guère surprenant. Mais il faut bien situer la controverse sur son vrai terrain : en dépit de ses incertitudes et de ses imperfections, la science du climat, y compris dans ses aspects socio-économiques, n'est pas en cause. Elle ne règle pas par elle-même la question du "que faire ?" Il revient à la société de décider si elle veut ou non tenir compte de la meilleure connaissance disponible à un moment donné pour orienter son développement et veiller aux intérêts des générations futures. C'est d'un débat honnête et sérieux sur l'orientation collective de l'humanité que l'épidémie climato-sceptique cherche à détourner les citoyens.

Signataires : Jean-Louis Fellous, ancien responsable des programmes d'observation de la Terre du CNES et ancien directeur des recherches océaniques de l'Ifremer ; Jean-Charles Hourcade, économiste, directeur de recherche au CNRS, directeur d'études à l'EHESS ; Sylvie Joussaume, climatologue, directeur de recherche au CNRS ; Olivier Godard, économiste, directeur de recherche au CNRS, école Polytechnique ; Catherine Gautier, géographe, professeur à l'Université de Californie à Santa Barbara ; Stéphane Hallegatte, chercheur, Météo-France

C'EST L'HOMME, LE PLUS GRAND FLÉAU DE LA PLANÈTE, C'EST À CAUSE DE LUI-MÊME QU'IL DISPARAITRA.

ISF : le nombre d'exilés fiscaux s'est accru en 2008

821 redevables à l'ISF ont quitté la France en 2008, contre 719 en 2007. Et ce malgré le bouclier fiscal.

Le bouclier fiscal empêche t-il vraiment l'exil fiscal ? En 2008, où le bouclier fiscal a été abaissé à 50% des revenus, 821 redevables à l'ISF ont quitté la France, d'après les chiffres du ministère du Budget que le Figaro s'est procuré.

En 2007 où le bouclier était pourtant de 60% - seuls 719 contribuables avaient quitté la France et son ISF ! Néanmoins, le flux des exils était plus important avant l'instauration du bouclier. Ainsi en 2006, 846 redevables à l'ISF se sont exilés.

Par ailleurs, 312 expatriés fiscaux sont revenus en France en 2008. C'est mieux qu'en 2007 où ils étaient 246.

C'EST À CAUSE DE CELA QUE CEUX QUI GAGNENT 3000€/MOIS SE FONT ASSOMMER D'IMPÔTS

Les paris en ligne désormais légaux en France

L'Assemblée a voté mardi l'ouverture à la concurrence des paris sportifs et hippiques et des jeux de poker en ligne. L'État compte récupérer 100 millions d'euros d'impôts par an qui lui échappaient jusqu'à présent.
La Coupe du monde de football en Afrique du Sud, qui démarrera dans deux mois, a donné un coup d'accélérateur à la libéralisation des jeux en ligne dans l'Hexagone.

Les casinotiers et les nouveaux acteurs des jeux d'argent sur Internet militaient depuis des années pour être autorisés à ouvrir aux internautes français leurs sites de paris sportifs et de jeux de poker. Mardi, le Parlement leur a donné son feu vert définitif. À l'Assemblée, le projet de loi ouvrant à la concurrence les jeux de paris en ligne a été voté à 299 voix contre 223.

Les agréments accordés début juin

Jusqu'à présent, les joueurs français ne se privaient pas de miser sur la Toile. Ils pouvaient soit parier en toute légalité sur les sites de La Française des jeux ou du PMU, soit se rendre sur les sites de grands groupes européens de manière illicite. La plupart des opérateurs de jeux en ligne leur donnaient la possibilité de jouer depuis la France tout en affichant un avertissement sur le caractère illicite de ce type de paris. Mais cette menace n'a guère freiné leurs ardeurs : on estime à 3,5 milliards d'euros le marché des paris en ligne en France, dont un tiers seulement est réalisé par les opérateurs légaux. Le reste est engrangé par des sociétés souvent cotées en Bourse (bwin, Unibet), enregistrées à Malte ou Gibraltar et sur lesquelles le fisc français n'a pas de prise. L'État estime à 100 millions d'euros par an les recettes qui rejoindront ses caisses du Trésor grâce à à la légalisation de certains jeux.

Dans les semaines qui viennent, les opérateurs et les membres de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), la nouvelle autorité constituée pour examiner les demandes des prétendants, n'auront pas de temps à perdre. Les décrets devraient paraître d'ici à la fin du mois et les demandes d'agrément seront examinées en mai par l'Arjel. Leurs délivrances seront accordées début juin à quelques jours seulement du lancement de la Coupe du monde.

Pour les gros acteurs du jeu nés sur la Toile tels que l'autrichien Bwin, le suédois Unibet ou le français Mangas Gaming - dans lequel Stéphane Courbit et Louis Dreyfus SAS ont investi -, cette ouverture à la concurrence est un premier pas. Mais ils attendent avec impatience que les jeux de casino en ligne (roulette, black-jack…) soient à leur tour légalisés. Ils fustigent toutefois le niveau de fiscalité qui sera supérieur à celui pratiqué outre-Manche ou en ­Italie.

L'État français prélèvera 7,5% des mises des joueurs pour les paris hippiques et sportifs et 2% des mises pour le poker.

De leur côté, les casinotiers (Partouche, Barrière et Tranchant) qui ont récemment assisté à une chute régulière de l'activité de leurs établissements «en dur» espèrent que la Toileleur apportera un relais de croissance.

TOUT BÉNEF POUR L'ÉTAT QUI S'EN MET PLEIN LES FOUILLES !!