TOUT EST DIT

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mardi 28 décembre 2010

De l’humour


Jusqu’où peut-on aller ? Vieux débat qui agite depuis longtemps les médias, s’agissant des humoristes. A France Inter, Stéphane Guillon a eu sa réponse et son ex-patron, Philippe Val, la sienne. Pourtant, le second a lui-même longtemps dirigé Charlie Hebdo où l’on n’y allait pas toujours avec des pincettes (il n’est qu’à lire le dernier album de Wolinski, La Sexualité des Français, de De Gaulle à Sarkozy, pour s’en persuader). L’humour, c’est aussi ce qu’avait plaidé un internaute qui avait inondé Rachida Dati d’e-mails égrillards après son étrange lapsus sur la fellation. Cent euros, a tranché le tribunal. Avec sursis. En revanche, on aura du mal à suivre l’argumentation du supporteur du PSG qui a reconnu avoir peint et introduit la fameuse banderole « Pédophiles, chômeurs, consanguins ; bienvenue chez les Ch’tis », déployée au Stade de France avant la finale de Coupe de la Ligue face à Lens. « On voulait faire de l’humour, du Charlie Hebdo, du Coluche, du Desproges. » Les deux derniers sont morts. Laissons-les en paix.

mercredi 15 décembre 2010

What ?


Jean-François Copé m’inquiète. Voilà un homme intelligent, sympathique et qui a au moins le mérite d’annoncer la couleur : depuis plus de cinq ans il nous annonce qu’il sera candidat à la présidentielle de… 2017 ! Un homme politique qui se projette avec autant d’assurance dans un avenir à quinze ans ne doit pas être négligé.


Mais si la France qu’il imagine dans dix ans doit être aux couleurs de son langage d’aujourd’hui, on a intérêt à s’inscrire dès maintenant à des cours d’anglais intensif. Dans le même discours, il commence par nous annoncer qu’il « veut être de la task force de 2012 » et qu’« il veut agréger autour de lui une myriade de clubs et de think tanks » – What do you mean, dear Jean-François ?


Pas de réponse mais une formule définitive destinée à nous clouer au sol (par un uppercut, of course) : « Désormais, à l’UMP, ce sera bench marking, matin, midi et soir. » Quèsaco, Mister Copé ? Un fast-food ? Ça va nous rester sur l’estomac. Dans cette même rubrique, il y a six mois, nous avions gourmandé Martine Aubry pour son usage bourratif du mot « care ». Elle n’en parle plus.

mardi 7 décembre 2010

Droit de retrait

Eric Cantona sera-t-il aujourd’hui à la sortie des banques comme d’autres acteurs se retrouvent à celle des salles de cinéma lorsque le mercredi sort leur dernier film ? Il y a peu de chances. L’acteur tourne lui-même en ce moment avec Isabelle Adjani et, dans sa bulle artistique, n’a sans doute pas idée de ce qu’il a déclenché sur la Toile en émettant il y a plusieurs semaines une théorie qui semble l’avoir dépassé. Je ne suis pas d’ailleurs sûr qu’il ait souhaité ce qui se passe aujourd’hui.

Son propos était plus général, et peut-être même plus généreux. Il a en tout cas rencontré l’adhésion d’une partie du public qui adore l’idée des complots et du contre-pouvoir par le Net. Au risque de l’attrister, parions que Cantona ne sera pas pris au sérieux, et qu’on ne se retrouvera ni dans le contexte de la banqueroute de Law, sous Louis XV, ni dans celui de 1929. Mais les banques auraient tort de balayer l’épisode d’un simple revers de manche. Elles devraient s’interroger sur les raisons de leur impopularité. Les gouvernements du monde entier sont venus à leur secours il y a deux ans, quand elles étaient en difficulté, et elles doivent montrer à leurs clients qu’elles ont tiré les leçons de leurs excès.

vendredi 26 novembre 2010

La dinde et le tigre

C’est le président du pays le plus puissant au monde. A quoi a-t-il passé sa journée d’hier, jour de Thanksgiving ? A gracier une dinde, et même deux, nous dit-on, dans sa grande bonté. On a suffisamment souri en voyant George Bush se prêter à ce cérémonial nunuche, face aux caméras du monde entier à la Maison-Blanche, pour se priver de le faire quand son successeur Barack Obama perpétue la tradition.

Barack Obama qui a été désigné le même jour « président le plus pollueur au monde » par le magazine écologique Terra Eco. Et ce pour la troisième année de suite. Avec 20.000 tonnes d’équivalent C02 dépensées en voyages, il surclasse ses rivaux, à commencer par notre président qui n’arrive qu’en 6e position avec 2.900 malheureuses tonnes…

La France n’est décidément plus une grande puissance ! Mais que dire alors de ce pauvre Tigre celtique (le surnom donné jusqu’alors par les économistes à l’Irlande) qui se retrouve aujourd’hui en descente de lit à cause des risques inconsidérés pris par ses banques ? Alors même que Vladimir Poutine organisait à Saint-Pétersbourg un sommet sur la sauvegarde du grand fauve…

samedi 13 novembre 2010

Supplice chinois


Le président chinois nous a quittés. Et pourtant le supplice du même nom demeure. Pour nos ministres. Qui ne savent toujours pas à quelle sauce ils vont être mangés au prochain remaniement. Chinoise ? Coréenne, puisque sommet du G20 il y a à Séoul ? Ou encore Portugaise, après la rencontre de l’Otan à Lisbonne ?


De sommets en rencontres, mine de rien, nos excellences grattent encore quelques jours sur l’inéluctable. Elles en profitent pour prendre la pose, pour se livrer à des concours de beauté ou de flatteries. D’autres rasent les murs, afin de ne pas se faire remarquer : pour vivre heureux, vivons cachés. Mais ne pas se faire remarquer, c’est aussi courir le risque d’être biffés au dernier moment sur la liste fatale. Quelle angoisse pour nos ministres : ne pas lâcher son portable, de jour comme de nuit, attendre la fumée blanche, une sortie de Claude Guéant sur le perron de l’Elysée, une moue d’un conseiller présidentiel, une tape affectueuse du Président lui-même…


Supplice, vous dit-on.

mercredi 10 novembre 2010

On n'arrose plus

On a déjà beaucoup glosé sur la défaite de Barack Obama et de ses amis démocrates aux élections de mi-mandat. Dans ce pays où règne le café américain – qu’on appelle gentiment café allongé chez nous –, c’est le thé qui fut à l’honneur, comme outre-Manche. L’heure était aux tea-parties, avec des candidats qui disparaîtront bientôt du paysage aussi vite qu’ils sont apparus : c’est contre « Washington » qu’ils ont été élus mais c’est à Washington qu’ils vont se trouver pour voter les lois de la Chambre des représentants ou du Sénat.
Le thé peut vite devenir amer. Un nuage de lait ne suffira pas. Pas davantage que les millions de dollars dont certains candidats ont abusé pour arroser leurs électeurs. Ainsi Meg Whitman, l’ancienne PDG d’eBay, la compagnie de vente aux enchères en ligne, qui, pour essayer de succéder à l’emblématique Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de Californie, a dépensé 141 millions de dollars (un peu plus de 100 millions d’euros !). Mais l’argent ne fait pas toujours le bonheur : c’est son adversaire démocrate, le vieux cheval de retour Jerry Brown, qui lui a soufflé la place. Belle économie : il n’a dépensé « que » 25 millions de dollars…

vendredi 5 novembre 2010

Dépaysé

Il est un pays où le maquis est si épais que chacun peut s’y cacher à sa guise. Ce n’est pas la Corse, mais la justice. Un pays où l’on n’est jamais « dépaysé… » Ce joli mot, appliqué aux dernières péripéties de l’affaire Bettencourt-Woerth, en dit long sur les pratiques de l’administration judiciaire : pour éviter de se prendre les pieds dans le maquis, on fait traiter la chicane par une autre juridiction et on retarde d’autant la solution au problème.


Il y a d’ailleurs belle lurette que le commun des mortels ne sait plus ce qu’est le problème, tant ils se sont multipliés au fil de cette affaire protéiforme, mais peu importe, la justice suit son cours bien tortueux, à l’image des oueds qui s’assèchent avant d’être envahis par les crues. Dépaysons donc si le paysage est trop raviné, mais évitons les ornières. On a encore envie de croire en la droiture de la justice.

jeudi 4 novembre 2010

Dépaysé

Il est un pays où le maquis est si épais que chacun peut s’y cacher à sa guise. Ce n’est pas la Corse, mais la justice. Un pays où l’on n’est jamais « dépaysé… » Ce joli mot, appliqué aux dernières péripéties de l’affaire Bettencourt-Woerth, en dit long sur les pratiques de l’administration judiciaire : pour éviter de se prendre les pieds dans le maquis, on fait traiter la chicane par une autre juridiction et on retarde d’autant la solution au problème.

Il y a d’ailleurs belle lurette que le commun des mortels ne sait plus ce qu’est le problème, tant ils se sont multipliés au fil de cette affaire protéiforme, mais peu importe, la justice suit son cours bien tortueux, à l’image des oueds qui s’assèchent avant d’être envahis par les crues. Dépaysons donc si le paysage est trop raviné, mais évitons les ornières. On a encore envie de croire en la droiture de la justice.

mercredi 3 novembre 2010

Trève

Mais pourquoi donc Nicolas Sarkozy tarde-t-il tant à rendre public ce fameux remaniement qu’il nous avait annoncé début juillet ? Plusieurs hypothèses. La première, c’est qu’en agitant la menace, il a créé une sacrée électricité au milieu de la fourmilière. C’est à qui se contorsionne le plus pour donner l’impression au chef de bien travailler. Et accessoirement en le couvrant d’éloges dont il a bien besoin en ces périodes de basses eaux.

Pourtant la manœuvre est risquée. En annonçant trop tôt la nomination de Bernard Laporte au portefeuille des sports, un mois après son arrivée à l’Elysée, il l’avait rendu fébrile et, patatras, sa Coupe du monde de rugby a été plutôt ratée. Deuxième piste : le Président est bien gêné par la fameuse trêve des expulsions qui a pris effet avant-hier. Comment expulser de son logement le ministre du même nom, comment pousser à l’extérieur celui de l’Intérieur, comment virer Eric Besson dont la mission est entre autres d’expulser les autres ? Vite, une nouvelle trêve !

mardi 2 novembre 2010

Halloween

Halloween a du plomb dans l’aile. Du moins en France. Nos amis américains avaient essayé d’exporter cette tradition toujours vivace outre-Atlantique mais en dépit d’un habillage néocelte – pour flatter les Bretons – et de pratiques commerciales agressives, la transplantation n’a pas vraiment marché. La Toussaint restera donc chez nous l’objet d’une grande confusion puisque c’est la fête de tous les saints et qu’on a logiquement toutes les raisons de s’en réjouir. Il fallait garder ses larmes pour aujourd’hui, jour des défunts. Pourtant, au détour d’une dépêche d’actualité politique, se confirme l’idée que les fantômes ont encore la peau dure.


On apprend en effet qu’une noble Assemblée de la République, la troisième protocolairement, ne se réunissait plus depuis un mois. Le très hétéroclite Conseil économique, social et environnemental n’élira son nouveau président que dans quinze jours. Apparemment, en plein débat social dans le pays, ça ne gênait personne.