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lundi 28 mars 2011
Un sérieux avertissement
Cette fois l’avertissement est sérieux. En s’abstenant de nouveau massivement, les Français confirment leur apathie. Désintérêt ou désamour ? Le message envoyé à tous les partis est plus clair que la confusion qui a régné dans l’entre-deux-tours. À 13 mois de la présidentielle, chacun peut faire ses comptes. Le PS, avec ses alliés de gauche, progresse sous la houlette d’une Martine Aubry qui aimerait bien capitaliser personnellement sur cette victoire. Tout comme le Front national qui confirme sa poussée et démontre qu’il faut désormais compter avec lui. Le grand perdant reste l’UMP qui sort très affaibli de ce scrutin comme il l’a été lors des municipales et des régionales. Avis de tempête dans le clan de la majorité d’autant que les voix dissonantes sur la stratégie à adopter face à la montée du FN vont laisser des traces.
Les regards vont se tourner demain vers Nicolas Sarkozy que tous les derniers sondages éliminent du 1 er tour de la présidentielle. Certains se demandent s’il n’est pas en train de perdre son statut de candidat naturel pour ce scrutin majeur ? Les élus et parlementaires de la majorité, qui craignent en outre l’éventualité en septembre de la perte du Sénat, ont peut-être la réponse entre leurs mains. 2012, ça commence demain !
lundi 28 février 2011
Le Premier ministre bis
Nicolas Sarkozy pensait en avoir fini avec les remaniements. Ne parlait-on pas en novembre d’une équipe de combat resserrée à dix-huit mois de l’échéance suprême ?
Le Président était convaincu d’avoir fait le plus dur. Au même titre que la crise est venue dérégler il y a un peu plus de deux ans toutes les économies mondiales, la révolte du monde arabe vient à son tour de bouleverser l’échiquier planétaire. Au-delà de la seule personnalité de Michèle Alliot-Marie, coupable d’une relation mal venue avec la Tunisie du président déchu Ben Ali, le “printemps arabe” a révélé le profond malaise qui couvait dans la diplomatie française.
Nicolas Sarkozy a convaincu Alain Juppé, qui avait refusé ce poste il y a trois mois, de quitter le ministère de la Défense pour se muer en pompier de service au Quai d’Orsay, là où il a si bien réussi entre 93 et 95 et redonner du crédit à la France. Ainsi revient aux Affaires et en grâce ce Chiraquien qui, pourtant, n’épargne jamais le chef de l’État, critiquant ses méthodes et sa politique sécuritaire.
D’ailleurs, la mise à l’écart de Brice Hortefeux, après l’éviction récente de Christian Estrosi, deux bons soldats du sarkozysme, et l’assurance que Claude Guéant s’occupe de l’Intérieur plus que de “l’extérieur”, font d’Alain Juppé le nouvel homme fort de cette fin de quinquennat. Autant dire un Vice-Premier ministre. Le couple Sarkozy-Juppé pourrait bien éclipser le tandem Sarkozy-Fillon…
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