TOUT EST DIT

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mercredi 2 février 2011

L'euro grimpe à 1,38 dollar avant la réunion de la BCE

L'euro s'est apprécié de 2,7 % depuis le début d'année. Le ton plus ferme de la Banque centrale européenne sur l'inflation conduit les opérateurs à anticiper une hausse des taux avant la fin 2011. Le marché attend le discours de Jean-Claude Trichet jeudi.


 La monnaie unique a franchi le seuil de 1,38 dollar en séance, grimpant de 0,78 %, à 1,3804 dollar au plus haut mardi 1er février. Depuis le début de l'année, l'euro s'est apprécié d'environ 3 %. Il a renoué avec ses niveaux de novembre 2010 -avant la crise irlandaise -du fait d'anticipations de hausse des taux plus agressives dans la zone euro.

Actuellement, les marchés estiment que la Banque centrale européenne (BCE) procédera à un premier tour de vis de 25 points de base (0,25 %) en septembre et à un deuxième en début d'année 2012. Jusqu'à la réunion de l'institut d'émission, le 13 janvier dernier, les opérateurs ne s'attendaient à aucun resserrement de la politique monétaire dans la zone euro cette année. Reflet des anticipations du marché, l'Euribor à 3 mois s'est fortement tendu depuis cette date et atteint désormais ses niveaux de juillet 2009, à 1,082 %.
Le discours de Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a été à l'origine de ce virage brutal. Celui-ci a durci le ton au sujet de l'inflation, suivi dans cette voie par Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la banque centrale. La publication, lundi, d'un chiffre d'inflation de 2,4 % en janvier, supérieur aux estimations de marché et à l'objectif de la BCE, a enfoncé le clou. L'analyse de Trichet jeudi est donc très attendue par les intervenants de marchés.

Le sentiment grandit qu'il existe bien une volonté politique de sauver l'euro

« Voici comment nous interprétons la stratégie de la BCE à ce stade : elle sait qu'une remontée prochaine du loyer de l'argent risque de heurter les pays de la ‘périphérie' et la confiance des marchés, donc elle essaie par un langage plus ferme d'empêcher que les anticipations d'inflation ne dérapent, ce qui serait son pire cauchemar », explique Marco Valli chez Unicredit.
L'euro a aussi bénéficié de l'apaisement des craintes envers la dette souveraine, grâce au succès des émissions obligataires des Etats « périphériques » et à celui, plus spectaculaire, des emprunts européens pour l'Irlande : les investisseurs se sont arrachés les papiers émis en janvier par le Mécanisme de stabilité européen (MESF) et le Fonds de stabilité (FESF). Par ailleurs, bien que l'incertitude ne soit pas levée -et ne le sera sans doute pas avant mars -le sentiment grandit qu'il existe bien une volonté politique de sauver l'euro. Ceci devrait se traduire par un renforcement du Fonds de stabilité européen.
En attendant, certains préconisent la prudence. « Le vrai problème c'est que la plupart des gouvernements de la zone euro empruntent à des taux plus élevés que leur taux de croissance nominal et, dans des cas comme la Grèce ou l'Irlande, à des taux nettement supérieurs, » rappellent ainsi les spécialistes Devises de Morgan Stanley, qui craignent que l'optimisme retombe.

lundi 25 octobre 2010

Le dollar repart à la baisse après le G20 Finance

L'euro grimpe au-dessus de 1,40 dollar. Les déclarations des argentiers confortent la baisse du billet vert, d'autant qu'elles ne remettent pas en cause la reprise de l'assouplissement quantitatif aux Etats-Unis.

Pour les intervenants du marché des changes, le communiqué de la réunion des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20 n'est pas si tiède qu'il y paraît. Plusieurs d'entre eux se disent « surpris » par l'exposé « détaillé » fait à Séoul et estiment que le sujet des devises n'avait jamais occupé une telle place dans le débat des vingt grands argentiers.
Pour autant, les engagements pris pour réduire les déséquilibres, notamment celui de favoriser davantage la logique de marché dans la fixation des taux de changes, ne bouleverse pas la donne. Ils tendent même plutôt a conforter la tendance observée ces derniers mois : le dollar fléchit, les monnaies émergentes ou des pays exportateurs de matières premières bondissent. A la mi-journée, le billet vert s'apprécie ainsi de 0,75% contre un panier de devises. Parmi les fortes hausses, le dollar australien s'offre 1,60% contre le dollar, le won coréen 1,08%, la couronne norvégienne 1,08% également. L'euro n'est pas en reste : il gagne 0,8% à 1,4034 dollar.
La monnaie unique risque de poursuivre sa course au-delà. « Comme on a pu le constater au cours des deux derniers mois, les pays d'Asie vont continuer d'utiliser leurs réserves de changes de manière à recycler les dollars investis dans leurs actifs financiers vers des euros », indique ING. D'autre part, en attendant le sommet du G20 du 11 novembre, l'attention revient sur la Réserve fédérale américaine, qui doit adopter des mesures de soutien la semaine prochaine. « Nous ne pensons pas que les déclarations du G20 modifient le scénario de la Fed et les attentes du marché à cet égard », affirme Barclays. La banque centrale américaine a préparé les opérateurs à une reprise des achats de titres sur les marchés, ce qui a pour effet de déprécier le billet vert.
Les argentiers ont déclaré le week-end dernier que, dans l'intérêt de l'économie mondiale, une politique monétaire assurant la stabilité des prix était la meilleure option…la Réserve fédérale peut toujours se défendre en disant que l' « assouplissement quantitatif » ne remet pas en cause ce principe.