TOUT EST DIT

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dimanche 9 juin 2013

Démographie médicale : les nouvelles données du CNOM au 1er janvier 2013


Lors de la conférence de presse organisée le 4 juin 2013  par le CNOM (Conseil national de l'Ordre des médecins), les Drs Michel Legmann, président  de l’Ordre, et Patrick Romestaing, président de la section Santé publique et démographie médicale, ont présenté les données de la situation démographique en France au 1er janvier 2014.
L’analyse des chiffres du Tableau de l’Ordre fait état d’un nombre de médecins jamais encore atteint avec 271 970 inscrits au tableau au 1er janvier 2013, dont 215 865 actifs et 56 105 retraités.
"Bien que la France n’ait jamais recensé autant de médecins, ce sont les retraités qui augmentent les effectifs" précisait le Dr Legmann. 
En effet, en 1 an, l’effectif de ces retraités actifs a augmenté de 8 % alors que l’effectif total de médecins inscrits en activité accusait une baisse 0,13 % sur la même période. 
Retraite active : une variation spectaculaire des effectifs
Au 1er janvier 2013, le nombre de médecins retraités actifs était de 10 952 médecins, chiffre qui correspond à une croissance de 300 % en 6 ans (2007 – 2013) ! 
Le Dr Legmann, qui s'est beaucoup impliqué sur la question des médecins retraités, pense qu'ils peuvent "permettre de palier le problème de démographie médicale dans certains territoires et rendre une meilleure accessibilité et des soins plus équitables aux patients. Ils sont parfaitement aptes à exercer les fonctions de maître de stage grâce à leur expérience [...] leurs consultations sont plus longues, leurs prescriptions sont donc moindres et donc, au total, leur exercice est plus économique pour la société".
Et, selon les études prospectives, leur nombre est amené à progresser de manière spectaculaire dans les prochaines années pour atteindre 29 389 d’ici à 2018, ce qui représentera 40 % des effectifs des médecins retraités.
En grande majorité représentés par des hommes (80,2 %), les médecins retraités actifs sont en moyenne âgés de 68,6 ans et plus de la moitié d'entre eux déclare exercer une activité libérale/mixte (64 %).
Diplômes européens et extra-européens : 24 % des nouveaux inscrits
L’arrivée de médecins à diplômes européens et extra-européens participe également pour une large part  à l’importance du nombre de médecins inscrits au tableau au 1er janvier 2013.
Le Dr Romestaing précisait que "le quart des médecins nouvellement inscrits sont détenteurs d’un diplôme soit européen ou soit extra européen"
 
Au nombre de 17 835, les médecins titulaires d’un diplôme européen (7 958) et extra-européens (9 877), en activité régulière sur le territoire français, ont vu leur effectif croître de 43 % entre 2008 et 2013 ; cette augmentation est amenée à continuer, le nombre de ces médecins devant atteindre 23 971 d’ici à 2018 (+ 43 %).
 
Ce sont des hommes pour 62 %, âgés de 49,3 ans en moyenne, qui viennent principalement  du Maghreb pour le 1/3 d’entre eux (Algérie : 22,2 %, Maroc : 5,8 %, Tunisie : 2,7 %), de  Roumanie (17,7 %) et de Belgique (8,9 %). Ils exercent majoritairement une médecine salariée (63,5 %) alors que les médecins à diplôme français pratiquent pour 46,6 % d'entre eux en mode libéral et pour 43,1 % en exercice salarié.

Attractivité des régions : la donne change
Certaines régions voient diminuer le nombre de médecins inscrits au tableau de l’ordre en activité régulière entre 2007 et 2013. Ce sont en premier lieu l’Ile-de-France avec – 4,8 %, suivie par la région Champagne-Ardenne (- 3,4 %) et la région Centre (- 3,4 %), comme l'illustre la carte ci-dessous sur les variations entre 2007 et 2013 du taux de médecins inscrits au tableau de l'ordre en activité régulière à l'échelle régionale.
 

Parallèlement, l’attractivité des régions à forte densité médicale est en net recul, notamment les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Ile-de-France.
A contrario, 3 régions font montre d’une hausse significative des effectifs, les Pays-de-la-Loire occupant la 1re place (+ 5,2 %), suivis de l’Alsace et de la région Rhône-Alpe, avec + 4,5 % et + 4,2 % respectivement. 
Seuls les effectifs de la région Lorraine sont stables sur cette période 2007-2013. 
Exercice libéral : encore attractif pour les jeunes générations
Entre 2007 et 2013, les modes d’exercice des médecins inscrits au tableau de l’Ordre sont quasi stables avec :
  • une légère baisse pour l’exercice libéral (47,6 % versus 46,6 %) ;
  • et une hausse modeste pour l’activité salariale (41,7 % versus 43,1 %).
Concernant le mode d’exercice des jeunes générations de médecins, le Dr Romestaing indique que, "si seulement 9,8 % d’entre eux choisissaient l’exercice libéral en 2007 lors de leur 1re inscription à l’Ordre, 35 % exerçaient en libéral/mixte après 5 années de pratique".
"C’est une note d’optimisme dans les constats généraux, c’est plutôt rassurant pour les années à venir" soulignait le Président de l’Ordre.
Et demain…
Comme l’indiquait le Dr Michel Legmann, "le nombre de médecins inscrits à l’ordre va continuer de croître d’ici à 2018", mais toujours à la faveur des médecins retraités et des médecins détenteurs d'un diplôme européen ou extra-européen.
Dans son communiqué de presse, le CNOM souligne  l’importance de faire connaître aux jeunes générations l’exercice libéral au cours de leur cursus universitaire, grâce aux stages et au compagnonnage.
Sources et ressources complémentaires



vendredi 15 mars 2013

Traitement de l'hypertension artérielle essentielle : point d'information de l'ANSM


Le 13 mars 2013, l'ANSM a publié un point d'information sur les médicaments anti-hypertenseurs agissant sur le système rénine-angiotensine (SRA) dans lequel elle préconise, dans la prise en charge de l'HTA essentielle, de prescrire en première intention plutôt un IEC qu'un ARA II, et de réserver les ARA II aux patients présentant une tous sous IEC.
S'appuyant sur les résultats d'une méta-analyse récente (1) remettant en cause l'efficacité du "double blocage" du système rénine-angiotensine, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) rappelle, dans un point d'information publié le 13 mars 2013, que les associations entre IEC ou ARA II avec l'aliskirène, ou entre IEC et ARA II, sont dangereuses.

IEC ou ARA II + aliskirène ou IEC + ARA II : danger !
Selon cette étude, l'association IEC + ARA II n'apporte pas de bénéfice par rapport à la monothérapie sur la mortalité totale.
En outre, les résultats de l'analyse par sous-groupes montrent une surmortalité dans le groupe des patients sans insuffisance cardiaque traités par cette association.
Des risques de complications liés au double blocage s’ajoutent à cette absence de bénéfice avec une augmentation de 66 % du risque d’hypotension, de 55 % du risque d’hyperkaliémie, de 41 % du risque d’insuffisance rénale et de 27% du risque d’arrêt de traitement.
 
Déjà en 2012, l'EMA (Agence européenne du médicament), s'appuyant sur les résultats de l'étude ALTITUDE (2) ayant conduit à son arrêt, avait décidé de : 
  • contre-indiquer l'association aliskirène + IEC et aliskirène + ARA II chez les patients diabétiques de type 2 ou insuffisants rénaux, 
  • déconseiller ces associations chez les autres patients.
 
Privilégier les IEC en première intention
L'ANSM fait par ailleurs référence aux résultats de deux autres méta-analyses récentes, comparant les IEC aux ARA II, dans l'HTA essentielle pour l'une (3) et sur la mortalité totale chez des patients sans insuffisance cardiaque pour l'autre (4). 
Les résultats de ces analyses en faveur d'un effet bénéfique des IEC sur la mortalité totale ne semblent pas pouvoir bénéficier aux ARA II .
Ils confortent donc les recommandations de bon usage de la HAS en vigueur (octobre 2008, mises à jour septembre 2010), préconisant de prescrire un IEC, plutôt qu'un ARA II, en première ligne dans l'HTA essentielle et de réserver les ARA II pour les patients hypertendus présentant une toux sous IEC.

Pour mémoire :
Trois classes thérapeutiques agissant sur le système rénine-angiotensine sont actuellement disponibles en France :
  • les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC), indiqués dans le traitement de l'hypertension artérielle (HTA) essentielle et dans l'insuffisance cardiaque,
  • les antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II (ARA II ou sartans), indiqués dans le traitement de l'HTA essentielle et dans l'insuffisance cardiaque,
  • les inhibiteurs directs de la rénine (aliskirène), indiqués uniquement dans le traitement de l'HTA essentielle.

Sources et ressources complémentaires :
(2) Essai conduit dans 39 pays chez des patients diabétiques de type 2, présentant une altération de la fonction rénale et au moins un facteur de risque cardiovasculaire, traités par aliskirène ou placebo.
(3) Van Vark et coll. Angiotensin-converting enzyme inhibitors reduce mortality in hypertension : a meta-analysis of randomized clinical trials of renin–angiotensin–aldosterone system inhibitors involving 158 998 patients. Eur Heart J 2012 (fichier PDF) et Ruschittzka F et Taddei S. Eur Heart J 2012.
(4) Savarese G. et coll. 
A meta-analysis reporting effects of angiotensin-converting enzyme inhibitors and angiotensin receptor blockers in patients without heart failure. J Am Coll Cardiol. 2013 Jan 15;61(2):131-42abstract sur le site du National Center for Biotechnology Information (NCBI)