TOUT EST DIT

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vendredi 31 décembre 2010

2011, année charnière pour les quotidiens nationaux

Sous l'impulsion de nouveaux actionnaires ou dirigeants, « Le Monde », « Libération », « Le Parisien » ou « France Soir » sont engagés dans une nouvelle étape de leur histoire, qui devrait connaître un tour décisif l'an prochain.
Après une année 2010 mouvementée dans la presse, 2011 s'annonce comme une année décisive pour plusieurs quotidiens d'information nationaux.

« Le Monde » : une parution le matin ?
Première urgence pour « Le Monde », qui a changé de mains le 2 novembre 2010 : trouver un nouveau directeur pour le journal. Les nouveaux propriétaires, Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, ont révoqué Eric Fottorino de ce poste mi-décembre tandis que le directeur général, David Guiraud, était remplacé par Louis Dreyfus, un proche de Matthieu Pigasse. L'objectif est d'avoir désigné un directeur début février, sachant que la Société des rédacteurs du Monde (SRM) doit l'approuver à 60 %. Trois candidats internes se sont déclarés, parmi lesquels Sylvie Kauffmann, actuelle directrice de la rédaction, serait donnée favorite. Un candidat externe s'est aussi déclaré, mais son nom n'a pas été dévoilé.

D'autres changements sont attendus : la fusion des régies publicitaires, le lancement en septembre d'une offre renforcée du week-end, et le passage de la rédaction du site Lemonde. fr sous l'autorité de celle du quotidien du soir. La question du rapprochement des rédactions Web et papier reste toutefois ouverte, et une réflexion est engagée sur une parution du journal le matin. Le sort de l'imprimerie devra également être tranché rapidement.

« Libération » : rapprochement avec le « Nouvel Obs » ?
Lancée depuis plus de huit mois, la recapitalisation de « Libération » n'attend plus que d'être signée : le groupe immobilier Colbert Foncier, dirigé par Bruno Ledoux, va apporter 12 millions d'euros pour une participation équivalente à celle d'Edouard de Rothschild, principal actionnaire actuel avec 36 %. Cet apport permettra au quotidien d'investir dans les abonnements et le numérique, alors qu'il devrait dégager un résultat net positif pour 2010.

La véritable inconnue est l'issue de la mission confiée à Laurent Joffrin, actuel codirigeant de « Libération » : après avoir refusé la direction du « Nouvel Obs » en remplacement de Denis Olivennes, parti début décembre à Europe 1, il a été chargé par Claude Perdriel, propriétaire de l'hebdomadaire, d'étudier un rapprochement des deux titres. Mais chez « Libération », certains estiment que cette mission n'est qu'un leurre avant un départ annoncé. En coulisses, on murmure qu'Edouard de Rothschild cherche déjà un remplaçant. Laurent Joffrin se contente de répondre qu'il décidera seulement une fois sa mission achevée. Rendez-vous début mars.

« Le Parisien » : quel projet numérique ?
Arrivé début octobre 2010, le nouveau directeur général du groupe Amaury, Philippe Carli, a convaincu sa propriétaire, Marie-Odile Amaury, de renoncer à vendre le quotidien populaire qui diffuse 467.607 exemplaires par jour et « ne perd pas d'argent ». Mais l'avenir du « Parisien-Aujourd'hui en France », dont Philippe Carli veut faire le quotidien multimédia de référence en France, passe par de profonds bouleversements. Il mise sur le numérique et veut renforcer l'offre sur le Web et les tablettes, du « Parisien » comme de « L'Equipe ». Ce projet nécessitera d'adapter les structures et, sans doute, de supprimer des postes. Philippe Carli se donne au moins six mois pour élaborer un projet. Il n'annoncera rien avant la seconde moitié de l'année.

« France Soir » : atteinte des objectifs ?
2011 sera décisive pour « France Soir ». Après avoir relancé le quotidien à grand frais en mars, son propriétaire, Alexandre Pougatchev, a recruté fin août Rémy Dessarts, ex-directeur de la rédaction de « L'Equipe », pour imaginer une nouvelle « nouvelle formule », prévue pour janvier. Objectif : dépasser les 100.000 exemplaires en 2011 et 140.000 en 2012, après être passé de 22.000 à 76.000 exemplaires.

vendredi 24 décembre 2010

Distribution de la presse : Presstalis et le syndicat du Livre trouvent un accord

Après trois semaines de conflit entre la messagerie et les ouvriers du Livre, journaux et magazines devraient être à nouveau distribués normalement.
Un accord a été signé ce jeudi après-midi entre la direction de SPPS (la filiale de Presstalis chargée de la distribution de la presse à Paris) et les ouvriers du Livre CGT-SGLCE. Le travail va donc reprendre et la distribution de la presse, très perturbée depuis trois semaines à Paris, devrait être à nouveau assurée normalement.

Selon cet accord, SPPS gardera 104 ouvriers sur 185 aujourd'hui. La société continuera d'assurer la distribution des quotidiens. Celle des magazines sera partiellement sous-traitée, ce qui permettra de conserver une équipe de jour. Une nouvelle organisation sera mise en place. Ces mesures permettront de réduire sensiblement le déficit de la société : de 24 millions d'euros par an actuellement, celui-ci devrait tomber à moins de 10 millions d'euros annuels grâce à ces mesures. La direction affirmait au départ vouloir supprimer totalement ce déficit.

Les cadres de SPPS, également affiliés au syndicat du Livre, ont de leur côté signé un accord de méthode. Selon le protocole, les discussions devraient reprendre en janvier. SPPS compte actuellement 103 salariés dans l'encadrement.

Les discussions sur la restructuration de SPPS étaient engagées depuis la rentrée entre la direction de Presstalis et le syndicat du Livre. Alors qu'il était question, au départ, d'une fermeture pure et simple de cette filiale, la direction de Presstalis avait dans un premier temps accepté de maintenir son activité de distribution des quotidiens, mais en sous-traitant totalement la distribution des magazines, ce à quoi s'opposait le Livre. En s'accordant sur une sous-traitance partielle, chacun semble donc avoir fait une concession.

Ces négociations occasionnaient de sévères perturbations dans la distribution des magazines à Paris et en proche banlieue depuis trois semaines. La distribution des quotidiens nationaux a elle aussi été bloquée à plusieurs reprises, parfois seulement sur Paris mais aussi parfois sur la France entière.